5 trucs pour combattre le syndrome de la page blanche

Quelques outils pour secouer notre créativité !

Avant que je fasse le saut complet d’actuaire à humoriste, il m’arrivait d’écrire des jokes sur ma page Facebook lorsque j’avais une idée drôle en tête. J’attrapais les idées à la volée comme on peut attraper les gouttes de pluie qui tombent.

De nos jours, j’anime une soirée d’humour hebdomadaire durant laquelle je dois raconter environ 8 minutes de nouvelles blagues chaque semaine. Avec un rire aux 10 secondes, ça implique 6 gags à la minute. Je dois donc composer 48 bons gags par semaine. Et pour en arriver à autant de blagues viables, je dois donc en écrire le triple sinon plus. Pour produire autant, je ne peux plus attendre après la pluie, j’ai dû apprendre à faire pleuvoir.

Aujourd’hui, j’ai envie de partager les trucs qui marchent pour moi lorsque vient le temps d’écrire un nouveau numéro et que je ne sais pas de quoi j’ai envie de parler. Ces trucs fonctionnent pour brasser notre créativité, peu importe notre art! 

1- L’écriture automatique

La première fois que j’ai entendu parler d’écriture automatique, j’ai trouvé ça vraiment niaiseux. Je me disais «Bon, encore une affaire d’artistes qui se trouvent des raisons pour faire n’importe quoi au lieu de réfléchir et de travailler».

Puis à l’École nationale de l’humour, nous avions eu à le faire durant un exercice et holy shit que j’ai été surpris! Étant d’une nature cartésienne, éteindre mon jugement quelques minutes pour laisser couler toutes mes pensées au fur et à mesure m’a rendu tellement productif!

Évidemment, vous n’atteindrez pas l’excellence avec cette technique, mais vous vous serez débloqué. Vous vous relirez plus tard pour séparer le bon grain de l’ivraie.

Et au pire, vous pouvez le publier directement et ça devient un texte peu réfléchi de Richard Martineau.

2- Prendre une marche sans rien

Avez-vous remarqué à quel point notre cerveau est capable d’imaginer des choses incroyables lorsqu’on lui donne le temps? Malheureusement, nous ne lui accordons plus beaucoup cette liberté. Nous le stimulons sans cesse en étant toujours connectés sur nos téléphones avec nos jeux ou nos médias sociaux qui nous bombardent de notifications qui ne cessent de nous interrompre.

Je glane la plupart de mes meilleures idées lorsque mon cerveau s’y rend doucement alors que je lui permets de partir dans mes pensées. Et pour ça, il faut un équilibre étrange entre la paix et l’ennui.

Ce n’est pas pour rien qu’on bouillonne d’idées lorsqu’on est dans la douche: on se donne la chance d’être avec soi-même sans distraction pendant quelques minutes. C’est pour ça que je prends souvent des marches en laissant mon téléphone à la maison. Pas de musique, pas de podcast. Rien.

Juste un crayon et un calepin comme si j’étais un explorateur de l’Espagne qui vient noter ses observations sur le Nouveau-Monde après une dure traversée de l’océan. Définitivement, ça parait que j’en ai un peu dans le sang!

Même lorsque je joue à des jeux vidéos, je m’impose de mettre mon téléphone assez loin pour qu’il ne puisse pas me déranger. Ainsi, mon cerveau peut divaguer tant qu’il veut pour arriver à des pensées inusitées et originales.

3-  Essayez quelque chose de totalement nouveau

Il ne vous est jamais rien arrivé de spécial en restant sur votre sofa chez vous. Tentez une toute nouvelle expérience qui vous fera vivre de nouvelles émotions et réflexions qui permettront de redémarrer votre créativité.

Consultez un médium, participez à un jeu d’évasion, essayez de résoudre un Cube Rubik ou lancez-vous dans le vide! Je vous garantie qu’en accomplissant quelque chose de nouveau – et ça peut être aussi simple que d’apprendre à cuisiner – vous découvrirez de nouvelles facettes de votre personnalité.

En alignant des succès, des échecs ainsi que de nouvelles expérimentations, vous stimulerez des zones intouchées de votre matière grise qui vous apportera de nouvelles idées.

Essentiellement, ça revient à sortir de sa zone de confort. Parfois, ça peut être juste d’aller travailler dans un café. Ou de changer de café. Ou juste… de boire du café pour la première fois.

4- Le dernier changement d’humeur drastique

Notre créativité est directement liée à nos émotions et parfois, se remettre dans un état émotionnel précis peut susciter une avalanche de sentiments enfouis.

Pour identifier quelque chose qui m’a troublé, je me demande souvent : «à quand remonte mon dernier changement d’humeur soudain?». Ça peut être négatif : «qu’est-ce qui m’a déjà fait passé de très heureux à très en tabarnak?» ou positif «quelle dernière bonne nouvelle m’a rendu profondément heureux?».

Ainsi, au lieu d’essayer de m’imposer d’écrire sur un sujet qui me rejoint moyen parce que «il faut ben que j’écrive de quoi aujourd’hui», je m’autocrinque en me reconnectant avec des émotions du passé.

Nous avons tous nos moteurs créatifs préférés. Pour certains, c’est la colère, d’autres, c’est la joie. Connaissant votre émotion la plus forte créativement, rattachez-vous à la dernière fois qu’elle vous a fouetté comme un train.

Je vous le dis, ça va s’écrire tout seul votre texte/chanson/oeuvre!

5- Le tableau des valeurs

Parfois, il faut forcer ces émotions lorsqu’on n’arrive pas à les retrouver. Pour ça, j’utilise un tableau de valeurs. C’est simple, j’y écris des valeurs  auxquelles je crois.

Ça peut être aussi large que «l’amitié» ou aussi précis que «ne pas prendre une éternité lorsqu’on joue au Monopoly». À partir de ça, je me rappelle des moments où des gens ont obtempéré ou contrevenu à ces principes, selon que j’ai envie de m’infliger des émotions positives ou négatives.

Et là, c’est parti! Je peux écrire en masse sur «les crisses de joueurs de Monopoly qui prennent leur temps comme si on avait juste à ça à faire attendre après eux!!!».

Voilà, c’était mes trucs pour passer d’un document Word complètement vide à quelques pages qui permettent ensuite d’exploiter mon premier jet.

Parce que je finis par me calmer après mon ami qui prend toujours trop de temps à décider sur quelle propriété il va mettre sa crisse de nouvelle maison au Monopoly. Heureusement que ça ne se reproduira plus, j’étais tellement choqué que j’ai mis le jeu sur les petites annonces.

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