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Les séries éliminatoires de la coupe Stanley battent leur plein. Alors qu’au moment d’écrire ces lignes, les Canadiens se mesurent aux Sabres de Buffalo, la fièvre des séries fait vibrer la province. Les petits drapeaux d’autos à l’effigie du CH se font aller, la bière coule à flots dans les bars sportifs et les fans du Tricolore sont prêts à vendre un rein pour assister à une partie au Centre Bell, alors que les prix des billets explosent.
Mais jusqu’où les gens qui ont le sang bleu-blanc-rouge sont-ils prêts à aller pour appuyer leur club fétiche? Loin, pas mal loin.
En voici quelques exemples.
En 2015, les parents de Bobby* lui ont proposé de choisir la prochaine destination voyage de la famille comme récompense après qu’il ait complété ses études universitaires. Sans hésitation, le jeune diplômé a choisi Boston afin de pouvoir assister à la Classique hivernale entre les Canadiens et les Bruins, qui se déroulait le 1er janvier 2016 au stade des Patriots de la Nouvelle-Angleterre. Ce petit périple a coûté au bas mot quelques 50 000 $ à ses parents, incluant notamment les billets pour le match, les billets d’avion, la réservation des chambres d’hôtel, la nourriture et le chandail de Carey Price acheté pour l’occasion. Parce qu’il faut savoir que Bobby est Australien.
Convaincre ses parents, qui n’avaient probablement aucune idée de qui est Maurice Richard, de payer un tel montant pour se les geler durant trois heures dans des estrades au jour de l’An, ça relève du miracle.
Pas mal plus impressionnant que de changer l’eau en vin.
En janvier dernier, Nathan* s’est procuré des billets pour un match des Canadiens, une dépense que plusieurs partisans se permettent de temps à autre, question de se gâter un peu. Sauf qu’une fois sur place, son ami et lui ont enfilé les bières à la vitesse du coup de patin d’Alex Newhook. À 13 $ la canette (taxes et pourboire exclus), c’est pas long que le budget en prend pour son rhume. Alors qu’il avait les facultés affaiblies, Nathan a piqué une petite visite à la boutique du CH où il est tombé en amour avec un chandail de l’excellente recrue Ivan Demidov, qu’il a acheté sur un coup de tête, sans avoir passé un alcootest une fois rendu à la caisse.
Au final, sa soirée lui a coûté 850 $, une somme qu’il n’avait pas dans son compte en banque et qu’il continue de payer quelques mois plus tard, sans aucun regret. « Je m’en fous. J’ai un chandail de Demidov pour me rappeler de cette soirée et je ne le vendrais même pas au prix que je l’ai payé. »
Parlez-moi de ça, un fan qui s’assume.
Quand il a annoncé la nouvelle à ses parents, ces derniers lui ont dit qu’ils étaient heureux pour lui… Avant de lui dire qu’ils cessaient de le soutenir financièrement pendant ses études en raison de sa gestion de budget quelque peu douteuse.
Manger des sandwichs au baloney six jours sur sept pour assister à tous les matchs locaux du CH, c’est… un choix.
Bien qu’ils n’aient pas vu le panneau Hollywood cette année-là, Robert et sa conjointe ne l’ont jamais regretté puisque Francine et ses proches ont vécu un merveilleux moment avant son décès.
*S’essuie les yeux avec des mouchoirs provenant d’une boîte à l’effigie des Canadiens.
Derek* est un passionné du Bleu-Blanc-Rouge depuis toujours. Aujourd’hui adulte et à l’aise financièrement, il s’est bâti une belle collection de cartes de hockey, qui met principalement en vedette des joueurs de l’édition actuelle de l’équipe montréalaise, en se les procurant à fort prix.
Très conscient que son hobby n’est peut-être pas l’investissement le plus judicieux, Derek est néanmoins très fier de sa possession. « Je pense que mon conseiller financier serait en maudit s’il le savait. Mais je les aime, mes morceaux de cartons fancy », comme il le dit si bien.
Une carte recrue de Lane Hutson, c’est pas mal plus le fun qu’un REER, non?
*Certains noms ont été changés pour préserver l’anonymat des personnes qui témoignent dans cet article.
Comme bon nombre de Québécois, Jean-Bernard Marchand a grandi avec un amour profond pour la Sainte-Flanelle. Il y a une vingtaine d’années, alors qu’il était encore à l’université, il a décidé de s’inscrire sur la liste d’attente permettant d’obtenir des billets de saison pour assister aux 41 matchs à domicile, un processus qui s’annonçait plutôt long. Sauf qu’un responsable des ventes de l’équipe l’a appelé pendant sa deuxième année universitaire pour lui dire que son tour était venu et qu’il ne pouvait remettre la décision à plus tard. Excité, mais paniqué, il a accepté l’offre.
Robert et sa conjointe rêvaient de visiter la région de Los Angeles, où un ami habitait. Le couple avait donc économisé un bon montant durant plusieurs mois afin de s’offrir un voyage en Californie. Or, la santé de Francine*, la belle-mère de Robert, s’est rapidement détériorée avant que les amoureux ne puissent effectuer leur périple. Plutôt que de partir pour la côte ouest des États-Unis, ces derniers ont décidé d’offrir un cadeau à la grande fan des Glorieux qu’elle était : une soirée dans la loge de Geoff Molson avec toute sa famille.