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5 choses que j’aurais aimé savoir avant de passer à un emploi manuel
J’ai récemment célébré un anniversaire, celui d’une réorientation de carrière. Il y a un peu plus d’un an, je graduais de l’école de massothérapie. Si je n’ai pas entièrement délaissé le milieu des communications (wink wink), il n’occupe plus 40 heures par semaine.
Je passe maintenant des heures méditatives à travailler avec mon corps. Fini les courriels et les réunions; bonjour le pétrissage, le foulage et le drainage jusqu’à ce que les tensions disparaissent, et qu’ironiquement, les miennes apparaissent.
Bref, c’est une job zen, mais pas de tout repos. Car il n’est pas si évident de passer d’un travail intellectuel à un travail manuel.
Et avec l’avènement de l’intelligence artificielle et tous les autres bouleversements possibles affectant le monde du travail, je ne suis pas la seule qui risque de troquer son portable pour l’uniforme de travail.
Voici donc quelques éléments à retenir si vous, chers lecteurs, envisagez une telle transition.
1. Il y aura une difficile période de transition
Votre première journée sur les chantiers ou ailleurs ne sera pas si mal. Vous serez fatigué, mais l’adrénaline risque de faire passer les courbatures sous silence. Mais à la fin de la première semaine… c’est le choc.
« Comment des gens arrivent-ils à faire ça tous les jours, toutes les semaines ? Ils doivent être brisés ? », me suis-je dit.
Ma première vraie semaine, avec 26 heures de massage, j’avais les pouces en compote, les avant-bras raides et enflés, le bas du dos qui hurlait. Je me beurrais les bras de Deep Cold. J’ai même pris des Advil avant de commencer la journée.
Mais avec le temps, le corps s’habitue. Pas qu’il ne ressent jamais de courbatures ou de douleurs, mais jamais autant que cette première semaine, à moins d’un volume hors de la moyenne.
Donc, si vous souffrez le martyr au début, essayez d’endurer pendant le premier mois. Vous verrez qu’une fois cassé, la douleur va se calmer.
2. Vos loisirs vont changer
On m’a demandé si je m’inscrivais à un triathlon ou un marathon cette année. Quelle idée saugrenue qui appartient à une autre époque !
Il faut dire que, quand je gagnais ma vie dans des salles de rédaction, j’accumulais du stress et de l’adrénaline, tout en restant assise sur mon c**. Pas étonnant que j’avais besoin de courir après.
Aujourd’hui, viser des performances physiques en dehors du travail, pour le fun, me semble complètement étranger. Une fois que mon travail est fini, mes réserves d’énergie sont vides. Je dois profiter de mes temps libres pour les remplir, pas me brûler encore plus.
Sauf qu’après des années de loisirs actifs, je fais quoi ? Il a fallu me renouveler. Crochet, broderie, lecture, peinture, observation d’oiseaux… bref, mes loisirs connaissent leur période grand-mère.
3. L’insomnie, c’est quoi ça ?
Je ne fais pas partie de ces gens qui ne pensent à rien. C’est un univers que je ne connaîtrai jamais. Avant de changer de travail, il était fréquent que je reste allongée dans mon lit en ressassant des idées en boucle, espérant que le sommeil me gagne, en calculant les heures qui restaient avant de devoir me lever.
Est-ce qu’un emploi physique nous fait moins réfléchir ? Absolument pas. Mais il fait que le corps lâche plus tôt. S’endormir, c’est comme respirer. Même si tu t’empêches, ton corps va finir par prendre le dessus et rendre le tout inévitable.
Maintenant, la nuit venue, je pass out.
4. Le corps, un outil de travail
Travailler physiquement change tout le rapport avec son corps. Pour s’assurer une certaine longévité et prévenir les blessures, il faut une certaine maintenance. À la base, il faut bien s’alimenter, de façon régulière pour éviter les pertes d’énergie. Mais il faut aussi prendre soin de son corps, en ne laissant pas traîner les petits bobos, car petit bobo deviendra gros… et potentiellement un arrêt de travail.
Prendre soin de soi, c’est notamment faire des exercices de musculation pour compenser les déséquilibres causés par le travail, et se réserver des moments pour le physiothérapeute ou le massothérapeute (…salut !).
Oh, et la gestion de poids est beaucoup moins stressante.
5. La santé mentale s’en porte mieux
Est-ce l’effet de la réorientation elle-même ? Peut-être en partie. Mais aussi parce qu’un corps en mouvement a tendance à diminuer les pensées anxieuses ou dépressives. Ce n’est pas pour rien que l’exercice physique revient toujours dans les traitements pour les troubles de santé mentale.
L’autre avantage, c’est que l’épuisement n’est plus seulement mental ; il est physique, et ce, très vite. Il est plus facile de nier un épuisement huit heures devant son ordi. C’est dur de le repousser quand on se lève aux aurores pour lever des charges jusqu’au soir. De mon côté, j’ai aussi l’avantage (et l’inconvénient) de passer beaucoup d’heures dans le silence, et c’est là que les pensées sont assourdissantes. La massothérapie est, pour le thérapeute, une forme de méditation forcée.
Comme vous le voyez, tout n’est pas entièrement rose dans un emploi manuel. Mais pour voler les mots de l’intemporelle Édith Piaf, non, je ne regrette rien. Il faut juste se laisser du temps et être prêt à se redéfinir. Que ce soit dans nos loisirs ou dans notre rapport à la performance.
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