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5 apprentissages en 34 jours de canot-camping

5 apprentissages en 34 jours de canot-camping

Parce que l’appel du bois peut être pas mal plus enrichissant qu’on le pense!

6 octobre 2026
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Cet été, j’étais censée partir pendant 34 jours en canot-camping avec 13 autres personnes du camp Minogami sur la rivière Broadback. Notre trajet consistait à partir du milieu du Québec, puis à pagayer plus de 500 km jusqu’à la baie de Rupert. Sauf que dame Nature avait d’autres plans : les rives de la rivière Broadback étaient en feu. Encore les maudits changements climatiques !

Nous avons donc plutôt emprunté des chemins forestiers jusqu’au milieu du Québec, à l’est du lac Mistassini. De là, on a descendu trois différentes rivières avant de s’arrêter à une cinquantaine de kilomètres du lac Saint-Jean, 20 jours plus tard. Enfin, c’était la journée du ravitaillement. C’est là qu’on recevait toute la nourriture nécessaire pour les 14 jours suivants, de quoi rendre mon baril encore plus pesant !

C’est aussi à ce moment qu’on a pu reprendre la route en direction de la rivière Broadback. Il avait plu, alors les feux n’étaient plus un problème. Je mettais enfin le cap sur cette rivière mythique dont je rêvais depuis tant d’années.

Comme quoi, en expé, mieux vaut prévoir un plan B.

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Cette adaptation n’était que la pointe de mes apprentissages. En voici 5 autres.

  1. L’adversité nous rapproche

Les premières journées ont été pas mal mouvementées : il a plu pendant 12 jours, la météo n’allait jamais au-delà des 5 degrés et on a vu le soleil qu’à la dixième journée.

Par contre, ces journées où notre polar et notre imperméable étaient indispensables nous ont permis de nous rapprocher. Les pieds de Marianne sont devenus tout blancs, alors on a dansé pour les réchauffer. Alexia était toute mouillée parce qu’elle a perdu pied en tirant son canot, alors on a parti un feu pour qu’elle puisse se sécher.

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La fatigue se faisait sentir après avoir porté nos canots et nos barils sur plusieurs centaines de mètres pour contourner des chutes, alors on a plongé dans l’eau et on a chanté pour rester motivés. Ce sont ces moments-là qui m’ont fait comprendre qu’on pourrait compter les uns sur les autres pour la suite de notre aventure.

  1. Le plein air, terrain de partage de connaissances

En termes de canot, barils, bâche et coup de pagaie, on avait pas mal tous le même niveau de connaissances. Après tout, on avait tous déjà fait une expédition de ce type.

Malgré tout, on avait beaucoup à apprendre les uns des autres. Roxane nous a partagé son amour pour la photographie, Zach nous a expliqué plein de théories politiques super intéressantes et Adèle, qui fait une technique en physiothérapie, nous a rassurés quand nos muscles étaient pas mal endoloris.

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C’est le genre de choses qu’on apprend quand on est ensemble longtemps, sans distractions. J’étais prête à m’ouvrir aux autres quand il n’y a aucun appel ou notification pour nous déranger.

  1. Apprivoiser ses peurs

Sur notre trajet, on a rencontré plusieurs obstacles, dont des rapides. Ce sont des portions de la rivière où des roches bloquent certains passages et où l’eau crée des vagues et des remous. Les rapides sont même classés selon leur niveau de difficulté, passant de R l à R Vl. Au fil des jours, mes camarades m’ont enseigné à lire ces rapides, à analyser le terrain pour trouver le meilleur chemin et à comprendre les différents courants dans l’eau. J’ai aussi appris les techniques pour entrer dans le courant, en ressortir et même traverser la rivière d’une rive à l’autre, en plein rapide.

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Au début, ces nouvelles manœuvres m’intimidaient, mais, avec de la pratique, j’ai pu gagner en confiance. Je comprenais comment bien planter ma pagaie, l’angle à former avec le canot et de quel côté gîter. À la fin de l’aventure, tous ces éléments techniques me venaient naturellement. Je me sentais à l’aise de descendre les rapides, les mêmes qui, quelques semaines plus tôt, m’effrayaient tant.

  1. Vivre à 14 : pas toujours simple

Pendant 34 jours, j’étais tout le temps entourée de 13 autres personnes : on mangeait ensemble, on dormait ensemble, on pagayait ensemble, on allait presque à la latrine ensemble. (Ça, c’est le trou qu’on creuse et dans lequel on fait nos besoins.) Évidemment, nous avons fini par nous lier d’amitié, mais j’avais quand même besoin de moments pour moi.

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La clé : faire des corvées de bois. En arrivant sur le site, après avoir fait ma tâche, comme monter les tentes ou creuser une latrine, je m’éclipsais dans la forêt pour aller chercher du bois pour le feu, joignant ainsi l’utile à l’agréable. C’était un moment pour réfléchir à ma journée tout en accomplissant une tâche utile pour tout le groupe.

  1. La bienveillance et l’ouverture d’esprit sont la clé d’une expé réussie

En 34 jours, à force de descendre des rapides, de vivre sous la pluie et de sortir de notre zone de confort, on a créé des liens. Des barrières sont tombées pour nous permettre de connecter. Ce fut le cas, entre autres, de deux membres de notre groupe : le premier, un militant pour les droits des locataires, et la deuxième, la petite-fille d’un homme qui a fait fortune dans l’immobilier et qui est elle-même très impliquée dans cet univers. Au fil des jours, chacun a fait preuve de bienveillance et d’ouverture d’esprit pour saisir la réalité de l’autre.

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De plus, notre aventure s’est terminée sur les berges de la baie de Rupert dans la communauté crie de Waskaganish. On a eu la chance d’y passer une journée complète et notre accueil fut si chaleureux que j’ai eu les larmes aux yeux. La communauté nous a ouvert les portes de leur espace de rassemblement pour que nous préparions un repas traditionnel avec eux. Une dame m’a expliqué comment dépecer une oie et j’ai pu jaser avec un homme de son amour pour la pêche. Leur ouverture m’a profondément marquée et je suis reconnaissante d’avoir partagé ce moment avec eux, même si nos chemins risquent de ne jamais se recroiser.

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Je me permets d’ajouter un sixième apprentissage : l’importance de prendre son temps. Pendant un mois, j’ai vécu au rythme de la lumière et de la rivière. J’ai pu contempler ce qui m’entourait. J’ai découvert une nature qui regorge de bleuets, de framboises, de poissons et même de quelques ours. Par-dessus tout, j’ai découvert un groupe qui s’aimait profondément. Je souhaite que ces apprentissages me servent au quotidien et laisser aller les petits aléas de la vie. Après tout, la rivière coulera toujours, n’est-ce pas ?

Quelle que soit votre aventure, je vous souhaite de sortir de votre zone de confort. Je vous le garantis, les apprentissages et les souvenirs en vaudront la peine !

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