3-5 ans
On déconstruit les plus gros mythes sur la douance chez les enfants
On déconstruit les plus gros mythes sur la douance chez les enfants
« Un enfant qui sait lire à quatre ans a probablement une douance. »
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On le sait : comme parent, on se fait donner un peu trop conseils. Et parmi ceux-ci, plusieurs sont malheureusement erronés. Dans la série Mythe ou réalité, on invite des expert.e.s reconnu.e.s à donner l’heure juste sur leur spécialité, histoire de distinguer le vrai du faux.
Marie-Josée Caron, neuropsychologue, a répondu à toutes nos questions sur la douance chez les enfants.
Un enfant qui sait lire à quatre ans a probablement une douance.
C’est faux, même s’il y a un fond de vérité là-dedans. C’est vrai que plusieurs enfants peuvent avoir un talent particulier, par exemple un enfant qui apprend à lire vers l’âge de quatre ou cinq ans, un autre qui s’intéresse au fonctionnement d’un grille-pain, ou encore un qui mémorise toutes sortes de dinosaures. Mais il faut distinguer cela – être bon dans quelque chose ou avoir un talent – de la douance intellectuelle, qui elle se mesure à travers des outils psychométriques. La douance concerne environ deux à cinq pour cent des enfants.
La douance, c’est avoir un gros QI.
C’est vrai, mais ça ne se résume pas à ça. Il est important de voir l’enfant tant dans ses forces – dont le QI peut faire partie – que dans ses défis, ses émotions et son fonctionnement global, afin de pouvoir l’accompagner. Réduire la douance uniquement à une valeur de QI serait trop réducteur.
On reconnaît facilement un enfant doué.
C’est faux. Certains enfants doués se remarquent facilement : ils s’expriment très bien, posent des questions profondes et riches. Mais d’autres sont discrets, assis au fond de la classe, et on ne réalise pas toujours toute la richesse qu’ils portent en eux. Il faut aussi faire attention de ne pas confondre performance scolaire et douance intellectuelle. Un élève peut être premier en lecture et en orthographe sans avoir de douance intellectuelle, alors qu’un enfant doué peut présenter des troubles d’apprentissage et ne pas afficher de bons résultats scolaires, tout en ayant bel et bien une douance.
Les enfants doués ont du mal à se faire des amis.
C’est à la fois faux et vrai : cela dépend des enfants. Certains sont très allumés et créent rapidement des liens avec les autres, alors que d’autres sont plus timides, réservés, avec parfois de l’anxiété sociale ou un peu de maladresse dans leurs relations. Il faut distinguer la douance intellectuelle de la personnalité, du tempérament et des habiletés sociales de l’enfant, qui sont deux choses distinctes.
Un enfant doué peut avoir des difficultés scolaires.
C’est vrai. Ce n’est pas parce qu’un enfant a une douance intellectuelle qu’il est épargné par des troubles d’apprentissage. Il peut très bien avoir une dyslexie, une dyspraxie ou d’autres troubles spécifiques qui s’ajoutent. C’est ce qu’on appelle la double exceptionnalité : avoir à la fois une douance intellectuelle et un trouble associé. On peut comparer cela à une voiture de Formule 1 qui a un moteur très puissant mais dont la direction ou les freins fonctionnent mal, ce qui rend la conduite chaotique, difficile et stressante.
Les enfants doués sont plus heureux que les autres.
C’est en partie vrai. La douance intellectuelle peut être un facteur de protection et faciliter la vie scolaire et les apprentissages. Mais les études montrent que ce qui compte le plus, c’est l’entourage de l’enfant : sa famille et son milieu. Ce sont eux qui déterminent s’ils peuvent répondre à ses besoins affectifs, psychologiques et de stimulation.
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