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3 jours de bikepacking à Charlevoix
Pour les 3 prochains jours, mon but est de franchir à vélo les montagnes, plateaux et vallées de trois zecs, deux pourvoiries et un territoire libre. Je parle ici du circuit de bikepacking de 155 kilomètres et 2870 mètres de d+ qui entoure le fameux cratère d’impact charlevoisien.
En découvrant l’itinéraire sur le site de Vélo Charlevoix, il était bien écrit : « Classé comme difficile, chemins forestiers avec sections pouvant comporter pierres, sable et boue selon la quantité de précipitations reçues ou leur absence, et sentiers à double trace abrupts et rocailleux, où il faudra peut-être pousser le vélo à certains endroits. Bien vous préparer est votre responsabilité! » Malgré tout, mon engouement pour aller était trop grand pour me laisser ainsi effrayée par cet avertissement. En fait, je l’ai ignoré, en plus de convaincre mon copain d’embarquer, 2 jours avant le départ!
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Voici donc le récit de notre aventure.
Jour 1, départ de Clermont jusqu’au Lac Épinglette, 56 km
Jeudi soir, départ de notre cocon en Estrie pour rejoindre la belle région de Charlevoix. Point de départ pour le lendemain, nous avons passé la nuit tout près de la rivière Malbaie à Clermont, dans notre Pontiac Vibe!
Vendredi, départ officiel sur la piste cyclable de Clermont. Rapidement, nous empruntons un chemin de terre pour entrer dans la zec du Lac-au-Sable via le chemin d’Auteuil et la Passe des Monts avec un bon D+. Entre les lacs des Marais, nous quittons le chemin principal de la zec et c’est là que nous entamons une nouvelle ascension jusqu’au lac des Panses. Tout au long, nous sommes impressionnés par la beauté de ce qui nous entoure.
Les kilomètres s’enchaînent lentement étant donné leur technicalité. Après une vulgaire chute dans le sable, je commence à remettre en question la faisabilité du projet. Finalement, on décide de continuer, quitte à faire demi-tour le lendemain.
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Nous avons droit à de superbes vues le long du lac de l’Orignal, qui donne sur le versant du mont Élie. L’énergie est bonne, ravivée par la beauté du territoire L’itinéraire se poursuit dans la zec du Lac-au-Sable alors qu’on suit le chemin des Marais, puis de la pourvoirie Club des Hauteurs de Charlevoix. Tandis que nous sommes accompagnés d’un bon vent, le lac Bazile s’étend à droite du chemin. La fatigue commence à se faire sentir tandis qu’on arrive à la zec du Lac-Brébeuf. Enfin arrivés, nous pouvons enfin planter notre tente sur la plage, à proximité du lac à l’Épinglette.
Dépendamment de la zec, le camping est permis à certains endroits sans avoir à se soucier de réserver un terrain avant l’arrivée. C’est simple et relativement peu coûteux.
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Une fois installés, on mange un délicieux macaroni au fromage agrémenté de fromage en grains, création de mon copain! Une fois rassasiés, on se détend autour d’un feu avant d’aller dormir. Le bonheur dans la plus grande simplicité!
Alors que notre première journée tire à sa fin, on se sent comblés et optimistes pour la suite.
Jour 2, lac à l’Épinglette jusqu’à la rivière du Gouffre, 58 km
Le samedi matin, nous décidons de partir tôt, car nous avons une meilleure idée de ce dans quoi on s’est embarqués. Les premiers kilomètres se déroulent assez bien, jusqu’à ce que nous traversions la rivière Malbaie et qu’on entre à nouveau dans Charlevoix. À partir de là, on entreprend une longue montée, le défi de la journée.
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C’est au beau milieu de cette ascension qu’on fait la rencontre d’une légende locale : Ernest. Après nous avoir demandé si nous avions besoin d’aide, il nous montre son camp de chasse où se trouvent suffisamment de lits pour toute sa famille : ses enfants, ses petits-enfants, leurs amis et ses amis. On profite de son hospitalité pour remplir nos gourdes et jaser de notre amour du territoire.
Après plusieurs heures de D+, l’arrêt au Ravage – le restaurant de la pourvoirie du Lac Moreau –, tombe à point! On y commande un burger de gibier et une poutine à l’érable, le genre de repas qui goûte encore meilleur dégusté dans la forêt avec des jambes fatiguées.
Le passage de la pourvoirie du Lac-Moreau à la ZEC des Martres s’effectue par une longue ascension vers le col du lac des Martres, point culminant du parcours. La route est durement accidentée et les pentes très pentues et, à plusieurs reprises, nous poussons nos vélos à pied. C’est également à ce moment qu’on croise un orignal. Surpris, on reste simplement là à le regarder.
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Après plusieurs heures de montée, l’arrivée au sommet est plus que satisfaisante. Tandis que le soleil se cache derrière les montagnes, on prend notre collation en admirant le paysage. On ressent une bonne dose de fierté après ces 2 870 mètres de D+ en deux jours. Pendant un moment, on tente de saisir l’ampleur de notre privilège de pouvoir traverser un territoire aussi magnifique et d’être en santé. L’énergie est encore bonne.
Alors, nous entreprenons la descente, tout aussi périlleuse!
Après quelques kilomètres, une possibilité de campement se dessine près de la rivière du Gouffre. Le terrain est plat et il y a même un endroit où faire un feu. La noirceur commence justement à se pointer le nez. Les vélos sont déposés et le feu, allumé. Au menu : des nouilles instantanées que l’on mange en observant la Grande Ourse, bien visible de notre emplacement. .
Jour 3, Rivière du Gouffre jusqu’à Clermont, 41km
Le troisième jour est beaucoup plus court. Après deux journées plutôt exigeantes physiquement, les longues descentes font du bien! Les freins sont un peu plus relâchés et notre vitesse augmente, tout en restant quand même bien à l’affût des trous et des roches.
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On s’arrête pour une collation matinale près d’un sentier de la Traversée de Charlevoix et échangeons avec quelques randonneurs. Ça nous donne encore plus le goût de revenir cet hiver pour faire la Traversée de Charlevoix en ski! Puis, direction Clermont. Après trois jours dans le bois, la civilisation réapparaît. Arrêt chez Menaud pour quelques bières, puis à la cantine Chez Mag.
Conseils d’amis
Si, comme nous, vous choisissez de parcourir ce trajet pendant la saison de la chasse, assurez-vous d’être visible, de porter un dossard et de demeurer attentif à votre entourage. Il y a aussi très peu de réseau cellulaire, il faut donc être préparé et avoir un plan d’urgence.
Le terrain étant très accidenté, investir dans une bonne suspension et des pneus larges peut rendre l’expérience bien plus confortable. Pour notre part nous avions des pneus de 700×45 et 26×2,10. Soyez prêts à pousser votre vélo dans quelques montées.
Il a assez de lacs et de rivières pour remplir son eau et la filtrer au fur et à mesure. Nous avions chacun 3L de bouteilles.
Bien évidemment, ne jamais laisser de traces! Il est important de ramener tous nos déchets. Prenez soin de cette belle nature.
Côté météo, le ciel nous a souri. Il faisait frais, juste assez pour pédaler confortablement. Les premières couleurs d’automne commençaient aussi à sortir, ce qui rendait le paysage magnifique.
C’est exactement ce genre de territoire qui me fait tomber en amour avec les zecs : des kilomètres de chemins forestiers, des lacs intouchés et des forêts matures. Honnêtement, c’est un de mes plus beaux trips de cyclo au Québec à date, et certainement pas parce que c’était facile. Loin de là. Mais pour la beauté et la vastitude de ces territoires sauvages qui nous ont profondément touchés.
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