3 des pires commentaires jamais reçus

Dans la vie je publie des textes. Je le fais humblement, en sachant pertinemment que je n’ai pas toujours raison, que je ne connais pas tout et que je ne suis pas meilleur que personne. J’accepte facilement que les gens ne soient pas d’accord et j’adore en discuter avec eux, respectueusement. Cependant, dans la vie, c’est pas tout l’monde qui a le même tact. En voici 3 exemples.

Je tiens à préciser que j’ai masqué le nom des auteurs parce que je n’encourage pas l’intimidation, que je ne souhaite pas qu’ils soient dérangés et que le but de l’exercice est seulement de divertir. Aussi, je n’en veux pas personnellement à ces gens, je ne me considère pas meilleur qu’eux et je ne cherche pas à me venger. J’veux seulement montrer aux gens quoi ne pas faire sur Internet. Lol.

Esti de pauvre

Le commentaire a été publié sur mon avant-dernier billet qui parlait des choses absurdes dans la crise sociale que le Québec vit présentement. J’accepte qu’une personne ne soit pas d’accord avec moi, c’est ben correct, mais mon cher petit être humain adorable, comment en es-tu arrivé à la conclusion que j’étais un père de famille sans le sou vivant dans un 3 ½ de Montréal ? C’est quand même incroyable de prétendre que l’on reconnaît le portrait de quelqu’un simplement par sa plume. Ça, c’est intelligent.

Je me suis frotté à la bonne personne.

La personne menace de me poursuivre parce que j’ai publié une photo où on peut la voir écrire le commentaire le plus idiot de tous les temps. J’avais publié la photo en disant, de façon sympathique “Incroyable les commentaires”.

Voici le topo : Le tsunami qui a frappé le Japon l’année dernière a été dévastateur et a laissé des tonnes de débris dans l’eau, quand celle-ci s’est retirée des terres, ils se sont mis à dériver vers la côte ouest américaine. TVA Nouvelles l’expliquait dans un de leurs articles publié sur Facebook. Dans les commentaires, on pouvait lire, de la part de cette personne : “Les tabarnaks de Japonais, le Québec a pas juste ça à faire ramasser vos déchets, vous devriez envoyer ça ailleurs, là c’est nous autres qui paie pour ça…”

Mon coloc avait fait une capture d’écran et par la suite plus de 4000 personnes, dont moi, avaient publié la photo. Y’avait aussi 4 autres commentaires dans la photo et jamais j’ai publié ça pour qu’on rie des individus, mais plutôt pour qu’on se dise que c’est grave quand t’es rendu à pas être capable de regarder une carte du monde adéquatement ou de lire un article sur lequel tu commentes, bout d’viarge (chaque fois que j’dit ça, j’imagine le chanteur de La Bottine Souriante). J’attends toujours ma mise en demeure.

Mon crisse de bicycle de fif bête et éhonté au regard vide.

Celle-là m’a fait mourir de rire. Je me suis acheté un vélo récemment parce que j’ai découvert les joies du «fixie». C’est un vélo que j’ai fait monter à mon goût et que je ne lâche pas deux secondes depuis mon achat. Il constitue la seule possession matérielle pour laquelle j’ai de l’affection pour de vrai. Le reste peut brûler demain matin et je n’en aurai rien à foutre. Mon vélo par contre, il est précieux, pis j’avais envie de le montrer pour discuter vélo et en parler sur ma page Facebook. Pas pour flasher, pas pour me penser bon, juste pour parler de vélo.

Et là, POW ! Ce commentaire.

J’ai trouvé ça plate pour cette personne là. Plate parce que j’me suis dit que sa vie devait pas être super intéressante pour avoir le temps d’écrire un commentaire qui non seulement était totalement inutile mais qui n’avait pas du tout de substance. Une espèce de crise d’adolescence en puissance sur mon nouveau vélo.

Calice, t’es fâché contre mon vélo. Pas contre le prix du gaz, notre gouvernement de morons, la pauvreté, l’état de notre système de santé. Non, contre mon vélo.

Depuis ce temps, je ne le barre plus dehors, j’ai trop peur que quelqu’un l’insulte. En plus, il est angoissé depuis l’évènement. Il était si fier de remplacer ma voiture et de ne pas polluer, et là, voilà que quelqu’un l’intimide. C’est encore plus tragique que la famine.

————

Encore une fois, ce billet n’est pas pour moi une thérapie où je rabaisse des gens pour me prouver que j’suis meilleur qu’eux. Il s’agit seulement d’une observation et d’un questionnement profond sur la tendance des gens à haïr plutôt que de passer leur chemin devant quelque chose qui ne leur plaît pas. Pourquoi préférer haïr, vouloir blesser, insulter au lieu de simplement s’en foutre et chercher ce qui nous plaît afin de se satisfaire positivement ?

Je vais continuer à me questionner et à recueillir ces perles rares pour les partager avec le monde entier, dans le but que l’on réfléchisse et qu’on essaie de mettre un peu plus de respect et d’intelligence dans notre comportement Internet. Mission probablement impossible étant donné le simple fait que des caves, y’en aura toujours mais t’sais, si j’peux au moins encourager quelqu’un (ou moi-même) à faire une pause d’une seconde avant de réagir comme un abruti sur un truc qui ne vaut pas la peine que je dépense mon énergie, j’vais être content. Pis c’est hot quand j’suis content, parce que j’lance de l’argent pis j’adopte des enfants.

Du même auteur