3 conseils de Michelle Blanc pour Michelle Blanc

Parce qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même.

Depuis que la campagne électorale a officiellement été déclenchée le 23 août dernier, Michelle Blanc, la candidate du Parti Québécois dans Mercier, a beaucoup fait parler d’elle dans les médias, et pas toujours de façon positive. Au cours des dernières semaines, des tweets faits il y a quelques années par celle qui se présente sur son site web comme étant une consultante en Marketing Internet, conférencière et auteure ont été déterrés et disons que certains d’entre eux (sur plus de 82 000 tweets au total, quand même) ne sont pas chic-chic.

Par exemple, à peine une semaine après le début de la campagne, Blanc a eu à présenter des excuses officielles à Xavier Camus, un enseignant en philosophie au Collège Ahuntsic et blogueur, qui avait partagé une caricature la mettant en vedette aux côtés de Muguette Paillé, dans laquelle les deux femmes étaient dessinées et disaient « Les Mugnulmanngs c’tutes des teurrôriss!!! ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que Blanc n’a pas apprécié cette insinuation et l’a fait savoir sur son compte Twitter en insultant le blogueur avant de prétendre qu’il avait une attirance pour les adolescentes.

Le lendemain de cette attaque, elle se rétractait.

Le chef du Parti Québécois Jean-François Lisée a tenu à distancer le parti des propos de sa candidate en mentionnant qu’un(e) politicien(ne) en début de carrière devait apprendre à dealer avec les insultes sur le web. De son côté, Camus a envoyé deux mises en demeure — une à Michelle Blanc et l’autre au Parti Québécois — suite à ces insinuations qu’il juge être potentiellement très néfastes pour sa carrière d’enseignant.

Tout ça pour dire que ça a brassé pas pire dans la cabane Twitter.

D’autres écrits du passé de la détentrice d’une Maîtrise en gestion du commerce électronique à HEC Montréal ont aussi causé passablement de problèmes pour le PQ. Pas plus tard que cette semaine, un tweet datant de 2011 qui se lisait ainsi « Merde, j’ai oublié de fêter l’anniversaire de Hitler la semaine passée! » a aussi beaucoup fait jaser. Alors que Jean-François Lisée a défendu sa candidate en disant qu’il s’agissait d’humour noir et que ses propos avaient été pris hors contexte, le chef du Parti libéral a de son côté mentionner que Blanc avait franchi une ligne rouge et que c’était très douteux si c’était de l’humour.

DRAMA!

Avec toutes ces histoires, disons que le chef du PQ a certainement passé plus de temps qu’il l’espérait à défendre la nouvelle politicienne plutôt qu’à parler du programme de son parti.

Des petits conseils

Pour éviter que madame Blanc ne se remette dans le trouble d’ici le jour officiel du vote, le 1er octobre prochain, je me suis dit qu’elle pourrait certainement bénéficier de quelques conseils d’un(e) pro en médias sociaux. Et qui de mieux placer pour lui venir en aide qu’elle-même? C’est dans cette optique que j’ai ressorti son livre Les médias sociaux 101, publié en 2010 — livre que je m’étais procuré parce que très intéressé par la gestion de communauté — pour tenter de trouver les meilleures astuces du web. Bon, je le concède : depuis 8 ans, la game a beaucoup changé sur internet, comme dirait le personnage de France Castel dans Les jeunes loups, mais j’ai quand même réussi à trouver quelques trucs qui devraient lui être particulièrement utiles — et non, ils n’ont pas été pris hors contexte.

Les voici :

1- Attention à l’humour en ligne

Dans la section « D’autres principes à considérer en ligne » suivant celle nommée très justement « Les grands principes qui feront que vous serez bons (ou poches) sur les médias sociaux » du chapitre 1, Blanc aborde le sujet de l’humour. Voici ce qu’elle y écrit : « En ligne, l’humour est difficile à saisir et peut aisément se retourner contre son auteur. Ce que l’internaute voit, ce sont des mots qui ne sont pas explicités par le ton de celui qui parle ou son langage non verbal. Le premier degré est souvent celui qui saute au visage du lecteur. »

Comme quand on fait des jokes sur Hitler, genre.

2- Les paroles s’envolent et les conneries restent

Dans la même section, Blanc mentionne qu’il faut éviter d’écrire sans réfléchir. « Si vous écrivez une connerie en ligne, elle restera inscrite dans différentes archives web assez longtemps. […] Et parfois, quelques minutes sont suffisantes pour copier le texte et le publier ailleurs. Faites bien attention à ce que vous publiez. »

J’ajouterais que les captures d’écran peuvent aussi être très redoutables et qu’un petit ménage occasionnel de ses comptes de médias sociaux ne peut pas faire de tort. Surtout quand on se lance en politique.

3- Passer à autre chose

On doit savoir mettre fin à une querelle, selon Blanc de 2010. « Il faut être capable d’accepter le blâme, de s’excuser et de réparer publiquement ce qu’on met en ligne et qui a été jugé inconvenant. »

Oui, et vaut mieux le faire plus tôt que tard.

Fait que voilà. Je pense que ces trois petits conseils pourraient donner un grand coup de main à madame Blanc.

En lui souhaitant de terminer la campagne dans le calme et la sérénité. Et de relire son livre.

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