3 choses que vous ne saviez pas sur le centre-ville de Montréal

Un trésor, des crimes… et pas de bateaux dans le Vieux-Port

La longue rue Sainte-Catherine, trois universités, des salles de spectacle, des magasins partout, un réseau de tunnels souterrains et un accès au fleuve. Ça résume bien le centre-ville de Montréal, non?

Oui, mais évidemment, il y a plus que ça. Voilà trois choses qui passent sous le radar, mais qui font partie de la réalité du centre-ville montréalais…

1. Il y a un vrai trésor d’enterré au centre-ville

Ou en tout cas, c’est presque sûr. On sait qu’il est là, mais on ne sait pas où, exactement.

Explication: en 1982, l’original auteur américain Byron Preiss lance un livre intitulé «The Secret» (non, ça ne parle pas d’envoyer des pensées positives dans l’univers), qui est en fait une grande chasse au trésor. Le livre contient 12 tableaux et 12 poèmes étranges, et en amalgamant tous les indices, il est possible de trouver 12 trésors qui ont été cachés par Preiss lui-même à travers des grandes villes d’Amérique du Nord.

Et beaucoup de gens sont pas mal certains que l’un des trésors se trouve à Montréal!

(Le trésor, c’est chaque fois un coffre contenant une clé, échangeable contre une pierre précieuse valant approximativement 1000 $.)

Byron Preiss s’attendait à ce que tous les trésors soient trouvés pas mal tout de suite après la publication du livre. Mais en tout, seulement deux ont été retrouvés: un à Chicago en 1983, et un autre à Cleveland, seulement en 2004! Pour les autres, ça reste un mystère (Preiss est décédé en 2005 sans divulguer l’emplacement des trésors, mais sa veuve confirme que les pierres précieuses sont toujours disponibles si des curieux arrivent à les trouver).

Évidemment, il reste encore beaucoup d’enthousiastes qui passent leur temps libre à analyser les indices laissés par Byron Preiss sur des forums. Et ils sont pas mal certains que l’un des trésors se trouve à Montréal.

Voici le tableau correspondant au trésor de Montréal.

L’emplacement exact du trésor est évidemment sujet à débat. Certains parlent du parc Jean-Drapeau, mais ce qui semble le plus plausible est qu’il soit enterré en quelque part au square Dorchester, en plein centre-ville.

Avant de sortir vos pelles, retenez-vous un instant: les indices sont très difficiles à analyser. Le genre de choses qui indiquent que le trésor se trouve à Montréal? Le nez et la bouche du personnage rappellent la forme des îles de Montréal et Laval, il semble y avoir le chiffre «67» (comme notre chère expo) dans la rose, le motif du col semble avoir la même forme que le Saint-Laurent à la hauteur de Montréal.

Ce n’est pas évident, donc. Mais les passionnés mettent tout ce qu’ils trouvent sur internet, parce qu’ils se préoccupent peu au fond de qui va vraiment avoir le trésor: c’est la quête qui importe.

Si jamais vous avez un éclair de génie, on vous souhaite bonne chance pour obtenir la permission de la ville pour creuser dans le square Dorchester.

2. Montréal au temps du gambling

Montréal a déjà été un endroit plus glauque qu’il l’est actuellement. On vous parlait l’autre jour de l’ancien Red Light, mais ce n’est pas le seul quartier où ça brassait.

Prenons l’exemple d’Harry Davis, qui fut assassiné au centre-ville dans un scénario à la Al Capone. Après avoir passé plus d’une dizaine d’années en prison pour trafic de morphine, Davis est devenu pratiquement dès sa sortie le edge de la ville, c’est-à-dire un criminel impliqué auprès des gamblers, des politiciens ET des policiers. Comme les anglophones, qui ont le don de la formule dramatique, le disent sur sa page Wikipédia: il était le «undisputed boss of all vice in the city» en 1946.C’est cette sordide affaire qui a d’ailleurs sonné le réveil dans la population, qui jusqu’ici vivait bien avec la réputation de ville criminelle qu’avait Montréal.

C’est cette sordide affaire qui a d’ailleurs sonné le réveil dans la population, qui jusqu’ici vivait bien avec la réputation de ville criminelle qu’avait Montréal.

Il avait toutefois repris les affaires un peu trop vite, et avec trop de prétention, ce qui a irrité ses rivaux. Et irriter ses rivaux, quand on est un gangster, ça peut mal tourner: pas même un an après son retour dans la société, Louis Bercovitch a tué Davis en lui tirant dessus en plein centre-ville.

Dans un merveilleux élan dramatique, Bercovitch a appelé le journaliste Ted McCormick du Montreal Herald pour se confesser à lui avant de se rendre à la police (on peut imaginer que si ça c’était passé aujourd’hui, il aurait fait un post Facebook).

Harry Davis a été tué devant sa maison de gages du 1224 rue Stanley.

C’est cette sordide affaire qui a d’ailleurs sonné le réveil dans la population, qui jusqu’ici vivait bien avec la réputation de ville criminelle qu’avait Montréal. Pacifique Plante a été nommé à l’escouade de la moralité peu après, renvoyé pour excès de zèle, et avec les années les choses se sont calmées.

Harry Davis a été tué devant sa maison de gages du 1224 rue Stanley: on y retrouve aujourd’hui un cabinet d’avocats, qui côtoie dans l’immeuble un studio photo, un restaurant italien et une mosquée.

Pensez la prochaine fois que vous serez dans ce coin qu’à une époque, on s’y serait cru à Chicago…

3. Les bateaux ne vont pas tant dans le Vieux-Port

Le Vieux-Port, c’est l’endroit où on va si on veut manger des cupcakes incroyablement chers et vivre un espèce de fantasme «Nouvelle-France» en marchant dans les petites rues pavées. On se met sur le bord du fleuve, et on attend les bateaux qui viennent accoster sur nos rives à partir de notre mythique Saint-Laurent.

Non? Non. C’était vrai jusqu’en 1976, mais depuis, les activités portuaires ont été déplacées plus à l’est, dans le nouveau port de Montréal.

En 1990, le Vieux-Port a été redéveloppé pour devenir le beau lieu historique et touristique que l’on connaît aujourd’hui.

Le Vieux-Port au 19e siècle. Pas aujourd’hui.

En 1990, le Vieux-Port a été redéveloppé pour devenir le beau lieu historique et touristique que l’on connaît aujourd’hui, mais mis à part quelques bateaux de croisière et le merveilleux traversier pour Longueuil, y a pas vraiment de bateaux, à moins que vous y veniez pendant le Festival des Grands Voiliers.

Quelques exceptions.

Brisons encore plus notre plaisir: à partir de 1959, les bateaux transocéaniques peuvent accéder directement aux Grands Lacs sans s’arrêter à Montréal, ce qui pousse notre métropole à se réorienter vers, roulement de tambour: la manutention de conteneurs (marchandises, céréales, pétrole).

Ça ne sonne pas très excitant. Et comme ce n’est pas très beau, un parc de conteneurs, les Montréalais se sont plaints et on a déplacé les activités du port vers l’est.

Bon, il n’est pas très spectaculaire le nouveau port (quand en avez-vous entendu parler pour la dernière fois?), mais c’est quand même 16 000 emplois et 2 milliards de revenus annuels.

Un peu plus lucratif qu’un fantasme de Nouvelle-France, quand même.

Pour lire un autre texte de Camille Dauphinais-Pelletier: «3 quartiers de Montréal… qui ont disparu».

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