3 choses qu’on devrait importer du Japon (et 2 choses qu’on devrait laisser là-bas)

« On dirait que les Japonais sont encore plus obsédés que moi à mettre des toilettes partout. »

En décembre dernier, j’ai eu la chance d’aller passer deux semaines au Japon.


Ça c’est moi ben trop excité devant la boutique Pokémon

Et par « j’ai eu la chance d’aller au Japon », je veux dire « j’ai décidé de m’acheter un billet d’avion au lieu de rembourser mes dettes d’études ». Toujours est-il que je ne regrette rien. C’était un rêve depuis que je suis tout-petit, et j’ai enfin pu aller visiter le pays sur lequel j’avais tant lu au fil des années.

En fait, j’avais tellement lu que je ne m’attendais pas nécessairement à être surpris. Je pensais savoir à quoi m’attendre.

Sauf que dans les guides de voyage, on vous parle des grosses affaires, genre : « Faites pas le saut, mais à Paris il y a une grosse tour qui s’appelle la Tour Eiffel ». On vous dit moins souvent : « Faites pas le saut, mais à Paris, les jeunes fument la clope comme s’ils savaient pas respirer autrement ».

C’est pourquoi j’ai finalement eu pas mal de surprises lors de mon périple au Japon. Je vous ramène donc les 3 meilleures choses qu’on devrait importer du Japon… et les 2 autres qu’on devrait laisser là-bas.

1. ON PREND : Des toilettes PARTOUT

J’ai un problème d’anxiété dans la vie, aux conséquences absurdes : le fait d’être stressé me donne envie d’aller aux toilettes, et avoir envie d’aller aux toilettes me rend stressé. Et c’est comme ça que j’ai déjà fait une crise de panique parce que j’ai eu envie d’aller libérer le trop-plein pendant que je parlais au téléphone.

Donc dans la vie, j’aime pas mal ça savoir qu’il y a une salle de bain proche. Je craignais un peu que ça soit difficile au Japon, parce que si j’avais appris par cœur la phrase pour demander où sont les toilettes (Toire wa doko desuka?), j’étais sweet fuck all capable de comprendre la réponse.

Heureusement, c’était une crainte infondée. On dirait que les Japonais sont encore plus obsédés que moi à mettre des toilettes partout. Dans les rues, des toilettes publiques. Dans les dépanneurs, des toilettes publiques. Même dans le métro, il y avait des toilettes publiques!

Si on faisait ça dans le métro de Montréal, elles seraient vite remplies d’aiguilles souillées jusqu’au plafond, mais au Japon, tout ce qu’on retrouve c’est une toilette chaude et douillette pour nos moments de solitude.

Parce que oui, on dirait que les toilettes japonaises ont été conçues par les gars de Pimp mon char. On trouve habituellement un siège chauffant, un bidet, un jet d’air chaud pour sécher les gouttelettes d’eau, et même un bouton pour que la toilette se mette à jouer de la musique pour cacher notre symphonie intestinale.

2.ON LAISSE : leurs poubelles cauchemardesques

Si vous faites partie de ces gens qui trouvent ça compliqué devoir rincer leurs canettes d’aluminium pour les mettre au recyclage, ben à côté de ça, les poubelles du Japon c’est comme le message féministe dans Les Simone : c’est vraiment pas clair.

Le Japon, c’est un tout petit pays géographiquement, mais très densément peuplé. Si on ajoute à ça le fait que le suremballage semble être leur sport national, les Japonais se retrouvent avec beaucoup de déchets et peu de place pour les enterrer.

Alors, ils incinèrent une partie de leurs déchets, et c’est toi qui dois faire le tri entre la poubelle à brûler et pas à brûler. Y’en a des faciles : ton journal, ça brûle, le jouet de ton chien en caoutchouc, non. Mais y’en a des plus difficiles. Ton emballage qui est en papier, mais on dirait un peu plastifié, ton cadre qu’on dirait du bois, mais qui est plein de peinture? Euh….

Et là vous vous dites : « Mais qu’est-ce qu’ils font pour les poubelles dans les rues? Le monde doit tout mélanger! » Ils ont trouvé une excellente solution à ça : ils n’ont pas mis une crisse de poubelle dans tout Tokyo. Si tu manges un petit nigiri au poisson pour déjeuner, sache que tu vas traîner ton papier qui sent le thon toute la journée.

3. ON PREND : Les restaurants à volonté

Oui, on a ça des restaurants all-you-can-eat. Mais avez-vous déjà vu un all-you-can-drink? Au Japon, il y en a partout. Des centaines et des centaines. Quand j’ai vu ça, ma première réaction a été de me dire waaaaaaaaaaaaaaat? Ma seconde réaction a été de me répéter waaaaaaaaaaaaat?!?

Éventuellement, j’ai suffisamment repris le contrôle de mes fonctions cognitives pour aller essayer, tout en craignant le piège. Ça doit être cher? Non, environ 50 CAD pour 1 h 30 de nourriture et d’alcool à volonté. Ça doit être dégueu? Non, c’est de la viande, marinée ou non, que tu fais griller toi-même à ta table sur la grille au centre. Et pour ce qui est de l’alcool, ben il rend saoul.

Sûrement, le service serait archi-lent. Genre c’est à volonté, mais après ton deuxième verre, les serveurs ont la vitesse d’un couple qui prend toute la largeur de l’escalier roulant dans le métro. Non, en fait t’as une tablette à ta table, quand tu veux un verre ou de la nourriture, t’entres le code sur ta tablette et pouf, ta commande arrive à ta table une minute plus tard.

Pour vous faire une critique concise, je vous dirais que t’as pas vécu tant que t’as pas été couché à terre à rire dans le milieu de la rue à Kyoto avec ton vélo en guise de couverture.

4.ON LAISSE : Pour très peu de choses, il y a MasterCard.

La plus grosse conception qu’on a du Japon, c’est que c’est un pays futuriste. Ça doit être à cause d’Astro pis de Goldorak, mais on a tous l’impression que le Japon vit en 2118. Curieusement, pas tant.

Tout se fait en argent comptant. Heureusement que le taux de criminalité n’est pas élevé, car vous allez devoir traîner beaucoup d’argent comptant. En fait, quand vous payez par carte de crédit, attendez-vous à la même réaction qu’ici quand une vieille dame au Provigo sort son carnet de chèques. Genre, t’as le droit, mais pourquoi tu fais ça?


Peut-être pas de crédit, mais de jolis cafés de Sangoku

Et votre carte de débit ne risque pas de trop marcher non plus. Les caisses pop sont plus rares à Tokyo.

La solution qu’il vous reste quand vous êtes à court d’argent, à part vendre votre corps et commencer une vie de débauche parmi les yakuzas, c’est de trouver un dépanneur (heureusement, il y a plus d’un 7-11 par habitant au Japon) et de faire une avance d’argent sur votre carte de crédit qui va vous coûter votre premier-né.

5.ON PREND : La sainte paix en public

Vous avez tous déjà vécu la scène : vous entrez dans le bus et coup de chance, il y a un siège libre au fond du bus. Vous vous installez confortablement, livre à la main, pour relaxer jusqu’à votre destination… puis deux adolescentes viennent s’asseoir en face de vous pour HURLER que « OMG, genre là Rosalie a dit à Patricia que Steve avait dit que y’avait pas de fentanyl dans son popper sauf que là… » Bref, vous n’aurez pas la paix.

Ben au Japon, ça n’arrive pas. J’ai fait l’exercice de prendre le train le matin à l’heure de pointe, m’attendant à être engouffré dans une masse bruyante. Et finalement, non. Bien sûr, il y a beaucoup de gens. Mais ils sont tellement silencieux. C’est peut-être qu’on joue en boucle dans les transports publics des messages bilingues pour rappeler aux gens qu’il est interdit de parler au téléphone, de garder sa sonnerie ou de parler fort pendant la durée du trajet. Mais les gens chuchotent, et encore là, pas longtemps. Un délice.

En fait, la seule personne dérangeante que j’ai croisée pendant mes deux semaines était une Québécoise inconnue qui tentait de convaincre un japonais mal à l’aise d’écouter du Émile Bilodeau en le faisant jouer sur ses haut-parleurs de téléphone.

J’aimerais dire que j’ai inventé cette histoire, mais malheureusement pour la carrière en sol nippon d’Émile Bilodeau, c’est 100 % véridique

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