Le petit lexique des mensonges

Tous les mensonges ne se valent pas.

LE  MENSONGE BLANC

Surnommé « le moins sérieux » de tous les mensonges, il ne cause pas de tort… ou, du moins, pas de tort significatif. C’est l’excuse trouvée pour ne pas aller à une soirée qui nous tente moyen (« désolé, je dois aider ma cousine à enlever la tapisserie dans son appart ! Bye ! »), ou celle pour expliquer un retard au bureau (« il y a eu une panne d’électricité chez moi la nuit passée : mon réveil n’a pas sonné »). Allez, levez la main si vous plaidez coupable… (Mais pas tous en même temps, là !)

LE MENSONGE ALTRUISTE

C’est le mensonge qu’on commet pour ne pas peiner un ami, un enfant, l’être aimé, etc. Il est indispensable pour préserver les relations sociales… mais on doit en user avec parcimonie afin que la relation demeure authentique. L’exemple-type : répondre « mais non, voyons ! » au collègue qui a pris un peu de bide et qui demande si ça se voit, ou « WOW ! C’est magnifique ! » au Fiston qui nous fait cadeau d’une étonnante sculpture de style postminimaliste (mais dangereusement bancale) en nouilles confectionnée en colonie.

LE MENSONGE PARTIEL

C’est LA stratégie mensongère la plus courante : faire une affirmation qui n’est ni tout à fait vraie, ni tout à fait fausse. Certains politiciens en sont les rois, par exemple quand ils minimisent les répercussions de certaines coupes budgétaires auprès de la population… Dans un contexte quotidien, la grande majorité de ces demi-vérités se révèlent inoffensives et peuvent même prendre une tournure fonctionnelle, comme répondre « oui, oui, ça va, j’ai juste quelques petits ennuis »… alors que, dans les faits, avec la copine qui vient de nous plaquer et l’emploi qu’on a perdu il y a deux semaines, on a coulé des jours meilleurs, merci.

LE PLAGIAT

Mensonge doublé d’un vol qu’on trouve surtout dans le domaine des arts et qui consiste à copier un créateur (ou à s’approprier son œuvre) sans le citer, ou encore à s’inspirer fortement d’un modèle sans le désigner. Comme si l’humble auteur de ces lignes passait sous silence qu’il s’est grandement inspiré de la définition de Wikipédia du mot « plagiat » pour rédiger ce paragraphe. ¯\_ (ツ)_/¯

LE MENSONGE PAR OMISSION

Lorsqu’on camoufle volontairement une information importante, on profère ce qu’on appelle un mensonge par omission. C’est le cas du particulier qui passerait sous silence que la voiture usagée qu’il met en vente a jadis été impliquée dans un énorme accident de la route, ou celui de l’enfant qui, au moment où ses parents s’informent de sa journée à l’école, ne leur révèle pas qu’il a été puni après avoir été impliqué dans un léger accrochage avec le petit Jean-Dylan.

LE MENSONGE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

Trois mots : « J’aime », « LOL » et « J’y vais » (en réponse à un événement Facebook).

LA PUBLICITÉ MENSONGÈRE

Elle consiste, pour un commerçant ou une entreprise, à diffuser des informations inexactes à propos de ses produits et/ou services. On parle aussi de publicité trompeuse — c’est la même chose — quand le produit prétend avoir des qualités qu’il n’a pas. Un exemple parmi tant d’autres (car, avouons-le, ils ne manquent pas…) : la multinationale Ferrero, qui, en 2012, a dû rembourser jusqu’à quatre dollars par pot de Nutella acheté aux États-Unis pour avoir présenté cette pâte à tartiner comme « un exemple de petit-déjeuner équilibré et savoureux ». (On le sait tous que c’est mensonger, mais ça se tartine pareil, pas vrai ?)

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