25 choses à savoir avant de débarquer au Québec

Au lieu de hurler et de relancer le débat, on a décidé de donner quelques conseils amicaux aux envahisseurs.

Dernièrement, Montréal a détrôné Paris en tant que meilleure ville étudiante au monde. Guillaume Canet nous a présenté son film Rock’n Roll dans lequel Marion Cotillard prend l’accent québécois. PIRE ! J’ai vu la bande-annonce de la série québécoise Le chalet doublée en français européen pour la chaîne France 4. Même pas sous-titrée. Doublée.

Bref, c’est comme si la vie voulait me faire penser à la France, ces temps-ci. Comme si quelque chose se préparait. Et si les Français finissaient par en avoir tous marre du chômage, des manifestations et de la montée du FN, et qu’ils arrivaient au Québec d’un coup ?

Au lieu de hurler au débarquement et de relancer le débat sur les Français qui sont don ben désagréables et qui parlent don ben franglais, j’ai décidé de donner quelques conseils amicaux aux envahisseurs. C’est une liste de choses que j’aurais aimé savoir avant mon déménagement de Paris à Montréal à 17 ans, à l’époque où les Français payaient encore le prix d’ami pour l’université.

Aujourd’hui, je suis fière de dire que ça fait 12 ans que je n’ai pas dit « du coup », et je me sens enfin en mesure de partager mes acquis.

Avant de commencer, n’oublions jamais que nous sommes des nations cousines et amies, et que dans le fond, nous sommes aussi désagréables de ce côté de l’Atlantique que de l’autre.

  1. Le Québec, ce n’est pas un zoo ! Il n’y a jamais eu un seul moment, dans toute l’histoire de l’humanité, où ça a été correct de pointer du doigt quelqu’un qui vous parle en disant à votre pote : « Matte son accent ! ptdr ! »
  2. Au Québec, les gens ne draguent pas dans la rue. Ici, pas de sifflements ni de « salope ! » qui fusent. Passé le choc initial, vous allez voir, c’est extrêmement reposant.
  1. Ça se prononce TA-BAR-NAC. Pas « tabernacle ». Mais vous n’êtes pas obligés de sacrer non plus. N’oublions jamais ce délicieux incident diplomatique.
  1. Si vous portez un manteau de la marque Canada Goose ou North Face en octobre, tout le monde saura que vous êtes français.
  2. Les loyers sont beaucoup moins chers ici. Ne payez pas 700 $ (475 €) pour une chambre avec huit colocs, ça fait monter le prix de l’immobilier pour tout le monde.
  1. Si vous émigrez pour apprendre l’anglais, pourquoi ne pas vous installer n’importe où ailleurs dans le monde ?
  1. Prenez des pincettes, des gants blancs et tout le nécessaire pour marcher sur des œufs quand la conversation se dirigera vers la souveraineté du Québec, la langue française, le Canada ou Céline Dion. Les Québécois sont constitués à 50 % de patriotisme et à 50 % de susceptibilité. Les Québécois sont le meilleur peuple au monde.
  1. Dans les toilettes publiques, il y a d’immenses fentes entre les portes, et on a l’impression que tout le monde nous voit faire pipi.
  1. Il faut faire la queue pour monter dans le bus.
  2. En tant que Français, vous avez la responsabilité d’être trois fois plus agréables que la moyenne. Que vous le vouliez ou non, l’accent français sonne, aux oreilles de certains, comme l’aboiement d’un pitbull chichiteux. C’est triste, mais c’est comme ça. Il faut avoir l’air très gentil pour gagner la confiance des gens, parce que tout le monde s’attend à ce que les Français soient désagréables et prétentieux. Plus il y aura de Français agréables, plus les stéréotypes tomberont.
  1. La poutine, c’est très décevant. Mais il doit y avoir de la drogue dedans, parce qu’on a  toujours envie d’en manger quand même.
  1. Oubliez tout ce que vous savez : le foot, c’est pour les mauviettes qui se mettent à pleurer dès qu’on leur effleure le tibia. Le hockey, c’est la vie. Surtout pour ceux que les commotions cérébrales et la maladie d’Alzheimer ne dérangent pas trop.

    Vous n’êtes pas un « citoyen du monde » parce que vous êtes un Français vivant à Montréal. Fin de la discussion.
  1. Parlant de Montréal, c’est une ville super pratique. Au milieu, il y a le boulevard Saint-Laurent et au Sud, le fleuve Saint-Laurent. À l’Ouest, il y a les anglophones et à l’Est, les francophones (ils ne s’adressent jamais la parole). Vous, votre coin, c’est au centre. Ça s’appelle le Plateau. Il y a des souris et aucune place de stationnement.
  1. Ne nourrissez pas les ratons laveurs du Mont-Royal. Les pauvres bêtes ont déjà l’air de Gérard Depardieu, n’en rajoutez pas.
  1. Les Québécois applaudissent au cinéma et dans l’avion. Les Français frappent des mains sur les mauvais temps quand ils écoutent de la musique. Pas de jaloux, tout le monde a l’air idiot.
  1. Vous aimez ça, parler de météo ? Parce que vous allez en parler…
  1. Au Québec, les relations amoureuses ne se déroulent pas exactement de la même façon. Ici, on se « fréquente » pendant 3000 ans avant de réellement sortir ensemble. On s’embrasse, on couche ensemble pendant quelques semaines ou même quelques mois, et puis un jour, on a une grosse discussion pour décider, d’un commun accord, si on est un couple. L’anniversaire de ces négociations devient l’anniversaire du couple. Si, si, je vous jure, c’est romantique.
  1. Il faut donner minimum 15 % de pourboire aux serveur(se)s et au barman(aids) pour les remercier de leur bon service. Mais sincèrement, même si le service est mauvais, donnez quand même du pourboire, sinon vous allez vous faire traiter de maudit Français.
  1. Dans six mois, vous aussi, vous maudirez les nouveaux arrivants français. C’est le cycle de la vie !
  1. Les Québécois adorent parler de leurs enfants. Pour leur faire plaisir, n’hésitez pas à engager la conversation en leur demandant, par exemple, de vous montrer une photo de leurs gosses. (Vous comprendrez bien assez vite qu’ici, gosses n’est pas un synonyme d’enfants, mais de… couilles.)
  1. Après un hiver de pelletage et de chaussettes mouillées, vous trouverez ça beaucoup moins magique, la neige. Pour ce qui est des écureuils, deux jours suffiront pour que la magie meure.
  1. Pour un peuple aussi ouvert et positif, les Québécois ont un léger problème de négation. Pour dire qu’une chose est bien, ils disent qu’elle est « pas pire ». Pour dire qu’il n’y a personne, ils disent qu’il n’y a « pas personne ». C’est parfois difficile à maîtriser. Mon conseil : dans le doute, continuez à nier.
  1. Ici, les gens fument seulement de la beuh, et les joints sont 1000 fois plus forts qu’en France. Le shit est une denrée rare et exotique.

  2. Les bars et les boîtes de nuit ferment à 3 h. De retour en France, vous vous sentirez comme des petits vieux vers 4 h 30 du matin, quand vous serez saouls-morts, que vos pieds seront couverts d’ampoules à force de danser et que vous supplierez vos amis de vous laisser rentrer vous coucher.

Sur ce, bienvenue au Québec ! J’espère que mes conseils vous seront utiles, et je vous souhaite bonne chance pour voir des caribous !

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