15 femmes nous racontent leur avortement

Parce qu’il faut en parler (et surtout, les écouter).

CW (content warning): avortement, grossesse

Le test de grossesse était positif. J’ai murmuré tabarnac, puis j’ai fondu en larmes. J’étais très jeune et amoureuse d’un homme que je ne connaissais que depuis quelques mois. Ce n’était pas le bon moment. À la clinique, on m’a accompagnée avec bienveillance et douceur. Après l’avortement, j’ai vomi. J’ai pleuré souvent pendant les mois qui ont suivi. Des enfants, j’en voulais. J’en veux toujours, mais je suis heureuse de pouvoir choisir de ne pas les mettre au monde aussi.

Les femmes de l’Alabama, elles, n’ont désormais plus ce droit. Ce sont 25 sénateurs, tous des hommes, qui ont entrepris de sceller leur sort de mère. Logique, hein? En réponse à cette injustice, j’aimerais bien humblement nous offrir le récit de femmes qui ont choisi de prendre le contrôle de leur propre corps.

Parce que l’avortement, ça ne se résume pas à une loi, mais à un lot d’expériences humaines aussi complexes que légitimes. Légitimes, je le répète.

Voici donc les mots de 15 femmes qui reviennent sur leur expérience en toute franchise, qu’elle soit source de douleur, de pouvoir, de doutes, de confiance, de tristesse, de libération. Ou de tout ça en même temps.

Triste et soulagée

« J’avais 22 ans. L’âge de ma mère quand elle était enceinte de moi. Je ne savais pas qui était le père. J’avais eu quelques rapports sexuels non protégés dans un court laps de temps, toutes des expériences sous l’effet de l’alcool (l’une d’elles était une agression sexuelle quand j’y repense). C’était l’hiver, je me sentais seule et isolée. Ma famille était loin et ma mère avait pris du recul, à cause d’un traumatisme lié à un avortement qu’elle avait elle-même vécu. J’avais juste besoin d’un câlin, mais Tinder ne m’a pas accordé cette grâce. Je me suis fait avorter dans une clinique, à Montréal. Mon meilleur ami m’a accompagnée. Je me sentais comme un numéro, mais j’étais heureuse d’avoir recours à cette procédure gratuitement. Je ne voulais pas d’enfant. Après l’avortement, je me suis sentie triste, mais soulagée. Aujourd’hui, j’y repense et j’ai les mêmes sentiments. »

– Isabelle

La vie, parfois

« J’étais en couple depuis 10 ans et mère de deux jeunes enfants. Je suis tombée en amour avec un gars qui avait deux fils. En plein processus de séparation, je suis tombée enceinte de mon nouvel amoureux, même si on faisait ultra attention. Pour ne pas brusquer les enfants, on a décidé d’opter pour l’avortement. L’intervention s’est super bien passée. J’avais les photos de nos quatre petits trésors devant moi pour me rappeler pour qui je prenais cette décision. Moi qui adore être enceinte et qui avais toujours dit que jamais je ne me ferais avorter… La vie, parfois. »

– Jeanne

Un échec personnel 

« J’ai actuellement 35 ans et j’ai (très mal) vécu un avortement à l’âge de 28 ans. Il m’a été imposé par des traitements de chimiothérapie que je devais absolument suivre, alors que j’en étais à 11 semaines de grossesse. Je l’ai pris comme un échec personnel, même si, de l’extérieur, on peut sûrement voir ça autrement… »

– Marie-Pierre

La maternité comme une tâche

« J’avais 19 ans. Je me suis sentie responsable. Triste. Mais j’ai aussi senti que je me choisissais. Si j’avais à le refaire je le referais, même si j’ai décidé d’en garder un autre pas plus tard que six mois après. Ne serait-ce que pour le sentiment de ne pas m’être sentie contrainte de le garder. Jamais la maternité n’a été vécue chez moi comme une tâche. Je ne sais pas si ça aurait été le cas si je ne m’étais pas fait avorter à ce moment-là. »

– Laurie

Le droit de se choisir

« J’ai eu un avortement il y a trois ans. J’avais déjà eu deux enfants-surprises sans trop avoir mon mot à dire… C’était à la fois horrible et empowering de pouvoir enfin me dire : « Je sais c’est quoi avoir un enfant et celui-là, il n’adonne pas dans ma vie. J’ai le droit de ne pas juste subir mon utérus. »

Je ne peux pas croire qu’une loi aurait pu m’obliger à avoir un enfant après un one-night imprudent avec un gars qui ne s’est pas retiré comme promis. C’est dégueulasse. Ça change toute une vie, des enfants. On a le droit de se choisir, crisse.

Mais tu vois, j’essaie d’avoir un bébé depuis 7 mois et malgré ces trois grossesses-surprises, ça ne pogne pas. Je ne peux pas m’empêcher de culpabiliser, de me dire que j’ai brisé quelque chose ou que c’était peut-être ma dernière chance de tomber enceinte… Bref, même en étant très sûre de mon choix, je réalise qu’il va tout le temps m’ébranler un peu. »

– Anne

En paix de A à Z

« J’avais 22 ans lors de mon avortement. Ça fera donc 5 ans le 5 août. Même si j’étais mariée à l’époque, j’ai tout de suite su que je ne voulais pas mener cette grossesse à terme. Mon couple n’était pas prêt à accueillir un enfant et je ne voulais pas devenir maman maintenant – je ne sais toujours pas, d’ailleurs, si j’aurai ou non des enfants un jour. Dès que j’ai vu que le test de grossesse était positif, ma décision était prise. J’étais alors au bac en sexologie à l’UQAM et j’avais eu la chance, quelques mois auparavant, de visiter le Centre de santé des femmes de Montréal dans le cadre de mes études. L’approche féministe et respectueuse des femmes y oeuvrant m’avait particulièrement touchée, donc il était clair pour moi que c’était l’endroit où je souhaitais me rendre pour mon avortement. J’avais aussi eu la chance d’étudier cette intervention dans mon cours sur la contraception et la fertilité, une session auparavant, ce qui, je crois, m’a beaucoup aidée dans ce processus.

Un avortement n’est jamais facile, mais je me suis sentie en paix de A à Z, que ce soit au moment de prendre une décision, pendant l’intervention ou quand j’y repense depuis. Comme je savais exactement à quoi m’attendre, je sentais que j’étais en contrôle, et à aucun moment je n’ai ressenti de jugement de la part de mon entourage. J’y songe encore de temps en temps, car j’ai une nièce qui a l’âge qu’aurait eu mon enfant si j’avais décidé de poursuivre ma grossesse à terme, mais je n’ai jamais regretté mon choix. Au contraire, pour moi, ç’a été une situation où je me suis sentie « empowered » et, surtout, incroyablement chanceuse de vivre dans un pays où j’avais ce droit de décision sur mon corps et ma vie – même si ça devrait être la norme.

Souvent, je trouve que l’avortement est dépeint comme étant automatiquement difficile ou empreint de regrets, que ce soit dans la fiction ou dans les médias. Selon moi, il est extrêmement important d’entendre des histoires comme la mienne et, surtout, d’offrir les informations justes aux femmes qui souhaitent interrompre leur grossesse afin qu’elles puissent le faire de la meilleure façon possible : en paix. »

– Théo

La responsabilité d’un humain

« Je trouve qu’on ne m’a pas assez parlé de la procédure ni des étapes qu’on traverse après, comme la baisse d’hormones à gérer ou encore le plus grand risque de tomber enceinte (ce qui m’est arrivé trois mois plus tard, alors que j’étais encore sur les contraceptifs). Bref, ce n’est pas une promenade au parc, mais quand la décision, tu la sens dans tes tripes, c’est important de la suivre. C’est quand même quelque chose mettre un enfant au monde (je le sais) et c’est important de réfléchir à ce que ça prend comme énergie d’avoir la responsabilité d’un humain pour le reste de sa vie. »

– Josiane

L’ironie

« J’avais 23 ans. J’étais avec mon amoureux formidable depuis trois ans déjà. Pendant le temps des fêtes, on a fait le party pas mal. Beaucoup de drogue, mais LA pilule que je devais prendre, je l’ai oubliée quelques jours faut croire… Je me souviens vivement être dans mon bain, pis trouver que mes seins étaient donc ben tight, voyons? Avec le recul, je donnerais cher pour me voir, toute nue, dans ma p’tite salle de bain crade du Centre-Sud, faire 1+1… ” Câlisse. Je suis enceinte. ” Je l’ai dit à Benoit, il est devenu livide. Je suis allée m’acheter un test. J’ai vu le + et je me suis mise à pleurer. Cette nuit-là je n’ai pas dormi. Je savais qu’on en n’était vraiment pas là dans notre vie. Je savais. Mais c’était dur.

Jusqu’au dernier moment, j’ai pensé à une mauvaise blague. J’ai pensé que le docteur allait me dire: ” Ben voyons, y’a pas de bébé dans ce ventre-là, madame! ” Mais il n’a rien dit. En fait, il m’a dit : ” Relaxe, ça ne fera pas mal. ” C’est pas vrai que ça fait pas mal. Ça fait mal à l’âme. Aux entrailles. Au coeur. À la tête.

Aujourd’hui je ne suis plus avec Benoit, mais on est encore super proches. On parle assez souvent de comment c’est fou de penser qu’on aurait un jeune adulte ensemble, de comment notre vie serait différente. On n’a jamais regretté, mais cette épreuve nous a beaucoup éloignés. Je pense que ce petit bébé a fait en sorte qu’on a compris qu’on n’était pas faits pour être des amoureux. Et l’ironie a voulu qu’un peu plus de 10 ans plus tard, alors que je voulais plus que tout fonder ma famille, ça aura pris 3,5 ans et 4 in-vitro pour me remplir le bedon une autre fois. Une personne m’a déjà demandé si je pensais que la vie me punissait pour mon avortement. Je n’ai pas su quoi lui répondre. »

– Michèle

Zéro prévu

« Je viens de découvrir que je suis enceinte, à 37 ans. C’était zéro prévu.

J’avais une aventure avec quelqu’un pour essayer de panser un coeur blessé… J’ai décidé de ne pas avoir le bébé, même si j’en veux un depuis des années. J’étais même suivie en fertilité pour en avoir un toute seule, juste avant de connaître le gars qui a mené au coeur brisé qui, lui, a mené à l’aventure qui, elle, va mener à un avortement au début juin.

C’est tout un cheminement de te dire que tu pourrais avoir quelque chose que tu veux depuis si longtemps, mais que tu ne l’auras pas parce que tu dois penser à plus grand que toi. Je suis certaine d’avoir pris la bonne décision, mais j’ai quand même le coeur chamboulé entre la colère (contre moi, contre lui aussi) et une espèce de tristesse qui me pèse sur les épaules comme une chape de plomb.

Je ne veux pas que mon enfant soit au mieux toléré par son père et amené dans sa famille une fois de temps en temps, et au pire juste rejeté. Je ne veux pas non plus avoir à affronter mes proches, mes amies, devoir expliquer l’aventure, le (mauvais) choix de géniteur.

Finalement, c’est un choix qui s’est imposé. Je me demande sans cesse si c’est celui de la facilité. Ou si au contraire c’est le plus difficile. »

– Julie

L’accompagnement

« J’avais 21 ans lors de mon premier avortement. Je pensais que j’étais la seule de mon entourage à devoir passer par là. Je l’ai relativement bien vécu, mais isolée, ce qui a fait en sorte que je me suis ramassée à subir ça dans un hôpital froid où la secrétaire médicale me jugeait clairement. Je n’en garde aucun regret, sauf celui d’avoir cru que j’étais seule dans cette situation.

J’ai eu mon deuxième avortement à 29 ans. Je suis allée au Centre des femmes, un endroit crissement plus humain que l’hôpital. Aucun regret non plus. Dans les deux cas, je suis convaincue à 100% que c’était la bonne décision à prendre. Depuis, j’ai accompagné trois amies au Centre des femmes quand elles ont eu à passer par là, en me disant que j’aurais aimé ce genre d’accompagnement quand ça m’est arrivé. »

– Catherine

 

Pas de deuil particulier

« Je n’ai jamais voulu d’enfant. À 19 ans, je suis malencontreusement tombée enceinte sur la pilule, que je prenais pourtant régulièrement. Ça a été un méchant choc, mais la décision que j’allais prendre était claire dès le départ. J’ai contacté Grossesse Secours, qui m’a référée à l’hôpital de Lasalle où les délais étaient les plus courts.

Ça a peut-être changé depuis, mais à ce moment-là on pratiquait les avortements à la clinique familiale de l’hôpital. On partageait la salle d’attente avec les nouvelles mamans et les femmes enceintes qui faisaient leur suivi de grossesse. Ce n’était pas difficile de se reconnaître entre nous, celles qui allions avorter. On se faisait accueillir pas mal sèchement.

Rendue dans la salle d’opération, c’était pas vraiment mieux. Les infirmières n’avaient pas beaucoup d’empathie, se faisaient peu rassurantes et me faisaient sentir comme l’irresponsable qui n’avait pas fait attention. Ce fut excessivement pénible et douloureux. En sortant de l’hôpital, je me suis dit que je ne repasserais plus jamais par là. Faudrait vraiment pas que je retombe enceinte, je capoterais.

Je n’ai jamais regretté, cependant. Je n’ai pas vécu de deuil particulier et je ne me souviens pas de la date où ça s’est produit. Je garde quand même en mémoire ces amis plus conservateurs qui n’ont pas voulu m’appuyer dans les jours suivants où j’avais besoin de soutien affectif, car ils désapprouvaient mon choix. Y a un bon ménage qui s’est fait naturellement sur ce plan-là par la suite.

Bref, je suis complètement en paix avec cette décision. Et franchement, les gens qui parlent de ” l’avortement comme moyen de contraception ” n’ont absolument aucune espèce de début de commencement d’idée de ce dont ils parlent. »

– Jennifer

Vertigineuse ambivalence

« J’ai dû me faire avorter à 42 ans à cause d’un stérilet mal posé. J’ai toujours fait tout en mon possible pour éviter que ça m’arrive parce que je savais que ce serait difficile. J’étais très en colère de m’être retrouvée là contre mon gré. Je n’y repense pas tous les jours, mais c’est un souvenir qui est encore chargé de beaucoup de tristesse et de malaise. J’avais déjà deux enfants, c’était difficile de garder un regard abstrait sur mon état. Même si ma situation rendait absolument impensable de garder ce troisième, je me sens encore vaguement coupable de ne pas l’avoir laissé exister. Ce choix-là restera toujours empreint d’une vertigineuse ambivalence, mais je suis si reconnaissante de l’avoir eu. Aussi, d’avoir été accompagnée par des femmes qui comprenaient que ce choix-là ne se fait jamais le cœur léger. »

– Paméla

 

Un truc un peu ésotérique

« Je me suis fait avorter à l’été de mes 19 ans, avec les bons soins de ma maman (qui a d’ailleurs accompagné pas mal de mes amies qui ne pouvaient pas en parler à leurs parents)… J’étais aux États-Unis quand j’ai appris ma grossesse et j’ai dû attendre de rentrer en France pour me faire avorter, ce qui était atroce. J’avais l’impression d’être bloquée avec ce truc en moi et j’avais peur de m’y attacher avant de m’en débarrasser. Ce qui m’a fait le plus réfléchir, c’est de me dire qu’au même âge, ma mère n’aurait pas pu avorter car c’était illégal – ou pas encore trop possible.

Déjà à l’époque, j’étais ultra ambitieuse et j’avais envie de croquer le monde. Un bébé m’en aurait empêchée pour sûr. Cependant, ça a été vraiment dur de me dire que le jour où j’aurai mon vrai premier bébé, ça ne sera pas vraiment le premier. D’ailleurs, j’ai fait un truc un peu ésotérique : j’ai demandé à un médium de me dire le sexe de l’enfant (ça vaut ce que ça vaut) et comme ça aurait apparemment été une fille, j’ai décidé de l’appeler Alix. Maintenant je garde pour ce petit être qui ne naîtra pas une belle reconnaissance : en avortant, elle m’a permis de vivre des choses incroyables qui, le moment venu, feront de moi (j’espère) une super maman.

Aussi, le père a bien compris qu’il n’avait pas son mot à dire, même s’il était très religieux… Porter un bébé, c’est le travail le plus dur du monde, et ça dure toute une vie, donc je pense que tant qu’on n’aura pas trouvé un système où le père y met autant d’énergie, il n’aura pas trop voix au chapitre. »
– Camille

La possibilité d’un projet

« J’avais 33 ans et deux filles, dont une avec des besoins particuliers. Nous pensions avoir un autre enfant afin que, dans le futur, notre fille aînée n’ait pas seulement une soeur pour l’épauler. Après quelques semaines, on en est venus à la conclusion que ce n’était pas une raison valable pour avoir un enfant. J’ai pris un rendez-vous et à neuf semaines, j’ai subi un avortement en matinée. Je me suis rendue en réunion l’après-midi même. Aucun problème émotif ou de santé. Six ans auparavant, j’avais perdu une petite fille par erreur médicale alors je faisais et je fais toujours la différence entre le deuil d’un enfant et l’arrêt de la possibilité d’un projet d’enfant. »

– Lyne

Se respecter

« J’avais 14, 16 et 25 ans. Oui, il s’agit d’une histoire peu commune avec récidives, mais c’est ainsi. Les deux premières fois, le père était beaucoup plus âgé que moi et criminel de surcroit. J’étais amoureuse et quand j’ai appris la nouvelle, j’ai paniqué. Je me savais jeune, sans argent, démunie et je ne voulais certainement pas d’un père absent, avec de fortes propensions à la violence. J’étais consciente que la venue d’un enfant, à ce moment-là, aurait été comme une malédiction pour la suite de ma jeune vie.

La troisième fois, j’étais en fin de relation, avec un autre homme, et j’avais sauté une seule de mes pilules contraceptives. Je savais qu’il voulait être père et personnellement je n’avais pas l’énergie d’argumenter avec lui. J’ai beaucoup souffert de ce début de grossesse, parce qu’elle portait et représentait toute la difficulté de cette relation. Je sentais que mon corps m’avait trahie. Aujourd’hui, je ne regrette pas une seule seconde. Ces situations auraient été néfastes pour l’enfant et pour moi-même. Psychologiquement, je me sens grandement apaisée d’avoir eu le choix d’interrompre mes grossesses et physiquement, je sens que je me suis respectée. »

– Audrey

Pour des ressources, de l’aide ou de l’information à propos de l’avortement, voici quelques ressources pertinentes.

Fédération du Québec pour le planning des naissances

Grossesse-secours

Centre de santé des femmes du Québec

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