Le franglais, est-ce que c’est payant ?

Les franglais, c'est une langue belle qui se jase aussi en chiffres !

17,4 millions $

Recettes totales des 420 représentations en quatre ans (2012-2016) du spectacle bilingue You’re gonna rire, de l’humoriste Sugar Sammy, ce qui en fait le record de l’humoriste québécois ayant vendu le plus de billets pour un premier one-man show (oh, franglais alert !). Nombre de plaintes reçues par l’OQLF pour les panneaux publicitaires «For Christmas, I’d like a complaint from the Office de la langue française» (annonçant le dit spectacle en 2014 dans le métro de Montréal): 1!

28 ½

Mots en anglais qu’on a dénombrés dans la chanson Dekshoo, du groupe Radio Radio… avant qu’on arrête juste de compter parce qu’on était tannés. LOL.

23 heures

«Raison» évoquée («Il était 23 h, je ne sais pas si vous avez vu l’horaire très chargé de M. Péladeau…») par le porte-parole de Pierre-Karl Péladeau — à l’époque candidat à la succession de Pauline Marois — pour expliquer son tonitruant «EN FRANÇAIS S’IL VOUS PLAÎT !» lancé en plein concert pendant une chanson en anglais du groupe québécois Groenland. C’est ce qu’on appelle ne pas y aller avec le Doe de la cuillère…

70 %

Montant minimal de contenu dans la langue de Charlebois que doivent comprendre les textes d’un disque canadien pour obtenir une aide financière (volet «francophone») de l’organisme Musicaction, lequel relève du ministère du Patrimoine canadien. Un règlement qui a pénalisé le groupe de hip-hop québécois Dead Obies en 2016 pour la production de son deuxième album, Gesamtkunstwerk (… ou était-ce simplement parce que ce nom est juste i.m.p.o.s.s.i.b.l.e. à prononcer?).

26

Nombre de films de langue française arborant un titre «anglicisé» répertoriés dans la page Wikipédia consacrée au franglais. Parmi les œuvres citées: Being at home with Claude (de Jean Beaudin), Opération corned-beef (de Christian Clavier et Jean-Marie Poiré) et Subway (de Luc Besson). Y MANQUE À VOS MARQUES… PARTY (1ET 2), GANG!!

1990

Année où «C’est Céliiiiiiiine !» Dion a refusé le trophée de l’artiste anglophone de l’année à l’ADISQ, arguant alors qu’elle ne peut «pas accepter ce trophée-là» et suggérant au comité organisateur du gala de changer le nom de cette catégorie pour «Artiste québécois s’étant le plus illustré hors Québec» — ce qu’il a fait. Ça n’empêche pas la bilingue chanteuse d’avoir mystérieusement fait disparaître, au fil des années, le e accent aigu de son prénom dans la signature visuelle de ses albums en anglais (on jase, là…).

10 000+

Nombre d’anglicismes répertoriés dans le français québécois et énumérés dans Le grand glossaire des anglicismes du Québec, de Jean Forest, une référence dans ce domaine au Québec (… et, accessoirement, l’un des profs universitaires les plus marquants qu’a eus l’humble auteur de ces lignes!). Qui sait, par exemple, que les expressions «tomber en amour» et «donner une bonne main d’applaudissements» sont considérées comme des calques de l’anglais? Hein, QUI?

1499

Année de création de l’écriture italique, cette graphie inclinée vers la droite qui sert (entre autres) à identifier de nos jours les mots empruntés à la langue anglaise dans des textes publiés en français. Inventés par un certain Francesco Griffo, ces caractères penchés étaient à l’origine appelés «lettres vénitiennes», mais ils ont ensuite été rebaptisés «italiques»… parce qu’ils viennent effectivement du pays de Monica Bellucci.

De 1 500 à 20 000 $

Montant de l’amende qui guettent au Québec les commerçants au nom anglophone (comme Second Cup et Best Buy) refusant d’ajouter des mots en français sur leur façade. Malheureusement, à notre connaissance, une telle menace ne touche pas les marchands qui abusent du terme «bar» (à ongles, à hummus, etc.) ou des trémas non nécessaires (Casä Lolita, Nühouse…) pour identifier leur établissement d’affaires.

Pour lire la suite du magazine spécial franglais: «Discussion sur le franglais entre Gabriel Malenfant et Jean-Pierre Charbonneau».

L'on dit autour de lui qu'il sait créer de la magie avec les mots. Tout ce qu'il sait, c'est qu'il est turned on solide par une ponctuation bien maîtrisée et par certains vocables découverts au fil des années dans les descriptions de films du télé-horaire («grand-guignolesque», «bébête», «resucée») ... mais rebuté par les phrases qui commencent par «l'on».

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