10 phrases à ne pas dire à un humoriste de la relève

C'pas parce que les intentions sont bonnes, que la question l'est…

URBANIA et Zoofest s’associent pour vous présenter les pires phrases à dire à un jeune humoriste.

En partant, la question se pose : c’est quoi un « humoriste de la relève »? Un humoriste qui a encore une side job ? Un humoriste qui n’a pas encore de spectacle à lui/elle? Un humoriste qui joue juste dans les bars?  Y’a pas de définitions officielles. Mais mettons qu’on s’entend que Martin Matte est pu dans la relève. Quand t’es porte-parole d’une compagnie qui emploie encore certains de tes jeunes collègues comme emballeurs, tu peux dire que t’es établi.

Pour le bien de l’article, entendons-nous sur une définition large : un humoriste de la relève, c’est quelqu’un qui fait la même job qu’un humoriste professionnel, sans sa notoriété. Avec ça, on a peu de chances d’écorcher des égos. Mais justement, puisque tout le monde a sa définition, premier conseil : éviter de demander à un humoriste s’il se considère dans la relève ou pas.

Ça, c’était la première phrase à éviter. En voilà neuf autres.



« C’est quoi ta vraie job? »

Si on considère que la grande majorité des humoristes de la relève aspirent à faire une longue et prolifique carrière, ça peut être un peu insultant de ne pas être pris au sérieux. Pour plusieurs, leur vraie job, c’est humoriste et c’est leur poste de libraire de soir au Renaud-Bray qui est considéré comme une job « à côté. »  Et attention, il n’y a pas de sots métiers, mais il y a de sottes questions.

« Veux-tu venir jouer gratis pour la fête à mon beau-père? Ça va te faire de la visibilité. »

Performer dans un salon devant des inconnus pompettes qui reluquent le buffet froid, c’est pas nécessairement la meilleure visibilité qu’un comique peut espérer. On dirait que la visibilité se monnaie juste avec les humoristes. Personne dit à un jeune plombier : « Viens déboucher le bain chez nous, j’te paye pas, mais tous mes amis vont être là pour te regarder faire ». Traitons nos humoristes comme on traite nos plombiers. (Ça ne veut pas dire non plus d’applaudir un gars qui vient vous installer votre piscine.)

« Fak tu connais Louis-José Houde? »

De réputation, on le connait tous. Mais intimement, non, c’est pas parce qu’un humoriste fait 2-3 spectacles d’open mic à Gatineau qu’il sort au glissades d’eau la fin de semaine avec les humoristes les plus connus de la province. De toute façon, voulez-vous savoir le truc le plus efficace pour savoir si un jeune humoriste connait Louis-José Houde? Ne lui demandez pas, il va vous le dire avant.

« T’es humoriste? J’te vois pas à la télé, pourtant. »

Par définition, un humoriste n’est pas nécessairement quelqu’un qui vient faire des jokes à Atomes Crochus. La télévision n’est pas non plus gage de qualité (allô le Ti-Mé Show). Un humoriste qui joue 3 à 4 fois par semaine dans les bars sans jamais apparaître à Musique Plus va peaufiner son art pas mal plus rapidement que celui qui ne sort jamais, mais qui participe à tous les quizz animés par Stéphane Bellavance.

« Hey moi aussi j’pourrais être humoriste. »

Non, tu pourrais pas. Y’a une différence entre faire rire les collègues de bureaux avec 2-3 jokes racistes sur l’heure du lunch pis aller roder du nouveau matériel chaque mois dans des bars où les gens te connaissent pas. Humoriste, c’est un métier. Être le clown de ta famille à Pâques, c’est juste cute. 

« Enwèye, raconte-moé une joke!? »

Eh lala. Encore ici, y’a juste les humoristes qui vivent ça. Personne aborde un prof de français en lui disant « Ah ouin!? Rappelle moi donc la règle du participe passé qui s’accorde avec avoir!? » Amis humoristes, si vous vous faites demandez ça, voici quoi répondre : « Tu veux une joke? OK. C’tun avocat, un garagiste pis un ambulancier qui rentre dans un bar. Les trois s’assoient à une table. Pis personne les écœure avec leurs métiers. » Fin.

« Tu me diras c’est quand ton prochain show, j’veux venir. »

OK attention, le fait de demander les prochaines dates de spectacles de l’humoriste, ça c’est très bien. Mais si vous rajoutez que vous tenez vraiment à venir le voir, ben faut y aller pour vrai. Ne faites pas aux humoristes de la relève ce qu’on fait tous quand on croise un vieil ami du secondaire dont on se contre-calisse aujourd’hui en lui disant « Faut trop qu’on aille prendre un verre » en sachant pertinemment que rendu au prochain coin de rue, vous aurez déjà oublié son existence au complet.

« C’est quoi ton style d’humour? »

Un style d’humour, c’est comme les bitcoins : c’est dur à définir. C’est-tu absurde? C’est-tu vulgaire? C’est-tu de l’humour politique? C’est-tu des observations du quotidien? Un humoriste peut faire tout ça en même temps, sans être associé à un style en particulier.  On semble être à un époque où c’est de plus en plus important de catégoriser les gens. « Toi, t’es de droite. Elle, c’est une carré rouge. Pis lui, y fait de l’humour absurde. »  Laissons au public qui se déplace le soin de définir le style de l’humoriste et souhaitons que la réponse soit : drôle. That’s it.

Il n’existe pas de meilleures façons d’encourager un humoriste de la relève qu’en allant le voir en spectacle. Et pour ça, il n’existe pas de meilleures alternatives que le Festival Zoofest qui bat son plein présentement, et ce jusqu’au 28 juillet. Chaque soir, de 19 h à minuit, partout autour de la Place des Festivals, vous pourrez assister à des dizaines de spectacles d’humour et de théâtre, tous originaux et différents de l’offre proposée le reste de l’année.

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Après 10 ans d’existence, le Zoofest est maintenant considéré comme le plus grand festival d’humour de la relève au Québec. Allez à la rencontre de ses artisans. Et peu importe ce que vous leur direz, le plus important c’est que vous ayez été là pour les voir en spectacle.

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