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10 choses qu’on ne voit pas quand on visite une maison

Une inspectrice en bâtiment vous fait ses recommandations.

Par
Marie-Ève Martel
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Magasiner une première maison, c’est très excitant – mais il ne faut pas que cet élan porte ombrage à votre vigilance. Parce que même si les pièces sont grandes et lumineuses, que le jardin est bien aménagé ou que les armoires de cuisine vous ont charmé, il y a peut-être des détails qui échappent à votre regard et qui pourraient vous faire déchanter. On en a parlé avec une experte à l’œil averti.

C’est après avoir acquis une résidence aux multiples vices cachés qu’Anastasia Luckenuick a décidé de suivre une formation pour devenir inspectrice en bâtiment. « Je ne voulais pas que personne d’autre n’ait à subir la même chose que moi », relate la Bromontoise, qui a aussi développé une formation et un guide d’entretien à l’attention des acheteurs.

« Acheter une maison, c’est tellement émotif, relève Anastasia. Les attentes des gens sont élevées, mais ils ne sont pas préparés quand ils arrivent à l’étape de l’inspection. Ils ne savent pas lire une déclaration de vendeur. » Ni utiliser leurs cinq sens, souligne-t-elle.

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Pour cette raison, les acheteurs ne remarquent pas certains détails qui pourraient leur en apprendre davantage sur la propriété qu’ils souhaitent acquérir.

#1. Une odeur âcre au sous-sol

« C’est un signe de moisissure », prévient Anastasia. That’s it.

#2. La présence de tuyaux en fonte pour l’entrée et la sortie d’eau vers les égouts

« Si c’est en fonte, c’est le signe que la durée de vie de ces tuyaux est atteinte, indique l’inspectrice. En plus, c’est une des choses les plus chères à remplacer, on parle de 25 à 30 000 $ d’emblée. »

#3. Le nombre de propriétaires qu’a eu la maison depuis sa construction

La propriété peut avoir changé de mains plusieurs fois, pour diverses raisons. Il peut être intéressant de poser des questions au voisinage pour savoir si des problèmes, tant au niveau de la maison que du quartier, ont pu motiver les anciens propriétaires à déménager. « Même dans les plus beaux quartiers, il peut y avoir des problèmes de voisinage ou de bruit », prévient Anastasia.

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#4. Le bruit

Pour la même raison, l’inspectrice recommande d’explorer le quartier à différents moments de la journée pour voir si la rue est passante, s’il y a du bruit susceptible de nuire à votre quiétude

#5. L’usure du bardeau de toit

« Une des choses que les acheteurs ne font que rarement, c’est de prendre le temps d’observer la maison de loin, de l’autre côté de la rue, par exemple, indique Anastasia. On pense que de voir la maison de très près est la meilleure façon d’en remarquer les défauts, mais parfois, un peu de distance peut révéler d’autres problèmes, comme une mauvaise structure ou des coulisses, des signes de drainage ou la décoloration du bardeau du toit. Généralement, ce sont là des signes qui indiquent qu’il y a une surchauffe ou de la moisissure dans l’entretoit en raison d’une ventilation déficiente. »

#6. Des signes de drainage sur le revêtement extérieur ou la maçonnerie

« Ça aussi, ça veut dire qu’il y a eu de l’infiltration d’eau », indique Anastasia. Ce n’est pas compliqué : dès que de l’eau s’est infiltrée à l’intérieur, il y a des risques de moisissure. C’est important que le tout soit bien isolé.

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L’inspectrice invite aussi pour bien regarder le pourtour des fenêtres : des traces noires sont signe d’un problème d’étanchéité.

#7. De la peinture là où il ne faudrait pas

Anastasia met les acheteurs en garde face à des murs de brique ou des soffites peints.

« C’est une grosse problématique que les gens négligent, parce que c’est à la mode, mais une brique peinturée signifie une détérioration prématurée des joints de mortier, ce qui est propice à une infiltration d’eau ou à de la condensation qui peut faire pourrir l’ossature du bâtiment. »

En ce qui a trait aux soffites, une ou plusieurs couches de peinture peuvent couper la circulation d’air dans l’entretoit.
« Ça crée de la surchauffe et le bardeau se détériore plus vite, en plus d’entraîner des coûts énergétiques plus élevés. »

#8. Les responsables des rénovations précédentes

Il est normal qu’une propriété fasse l’objet de rénovations et de travaux d’entretien au fil des années. Mais sait-on qui a fait les travaux? « C’est quelque chose d’invisible, alors il faut poser des questions. Est-ce que ça a été fait par un professionnel ou un bricoleur? La réponse peut nous en dire long : vous ne voulez pas d’une maison ‘’arrangée’’ par un bricoleux », explique Anastasia.

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#9. Le constructeur du bâtiment

L’inspectrice est catégorique : les autoconstructions sont à éviter. « Ce sont des maisons qui n’ont aucune garantie légale et qui, la majorité du temps, recèlent des problèmes majeurs derrière les murs : pas d’étanchéité du pare-vapeur, isolation insuffisante… énumère-t-elle. La majorité des gens qui font de l’autoconstruction n’ont pas les connaissances nécessaires. Il faut donc s’attendre à des travaux majeurs pour corriger leurs erreurs. »

#10. Les problèmes dans les aires communes

Pour ceux et celles qui envisagent d’acquérir un condo, il importe de voir au-delà de l’unité que vous comptez occuper. Les aires communes, dont l’entretien et les rénovations sont des dépenses communes, pourraient receler quelques surprises.
« Si vous achetez un condo, vous devez faire inspecter les parties communes. C’est généralement là que je trouve des dépenses majeures à considérer », indique Anastasia.

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Quelques conseils supplémentaires

En somme, Anastasia Luckenuick recommande aux acheteurs d’être bien organisés. « Les plus compétents en inspection sont généralement disponibles de 10 à 15 jours à l’avance, souligne-t-elle, et parfois, mais c’est plus rare, à une semaine d’avis. En étant plus pressé, tu risques de ne pas avoir l’inspecteur que tu aurais souhaité. »

L’inspectrice recommande de visiter la propriété plus d’une fois, de jour comme de soir. Elle suggère aussi de discuter avec les actuels propriétaires pour en apprendre davantage sur l’historique de la résidence.

« La majorité des courtiers demandent aux vendeurs de ne pas être présents pour permettre aux acheteurs de se projeter dans la maison, mais on peut en apprendre beaucoup en parlant avec eux », avance Anastasia.

« Un propriétaire qui ne tente pas de cacher des défauts sur sa maison sera confiant et calme en parlant de son bien ; au contraire, ceux qui ont des choses à cacher seront plus nerveux », ajoute-t-elle.

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Pour un premier achat, Anastasia recommande de visiter avec une personne ayant déjà pris part à une transaction immobilière et qui sera détachée émotionnellement de la décision. Elle suggère aussi de faire appel à des professionnels et d’avoir un courtier pour être bien représenté.

« Comme j’ai moi-même vécu une mésaventure immobilière en tant qu’acheteuse, je ne saurais assez vous conseiller de prendre le temps nécessaire avant de vous engager dans une transaction! », lance-t-elle.

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