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Mollo | Mythe ou réalité

On déconstruit les plus gros mythes sur le développement de la masculinité chez les enfants

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On déconstruit les plus gros mythes sur le développement de la masculinité chez les enfants

15 avril 2026

« Les garçons sont naturellement plus turbulents. »

On le sait : comme parent, on se fait donner un peu trop conseils. Et parmi ceux-ci, plusieurs sont malheureusement erronés. Dans la série Mythe ou réalité, on invite des expert.e.s reconnu.e.s à donner l’heure juste sur leur spécialité, histoire de distinguer le vrai du faux.

Les superhéros donnent des modèles positifs aux petits garçons.

Ça, c’est juste un petit peu vrai, au sens où les super-héros, ils transmettent des vertus comme le courage ou la protection des plus faibles. Mais ces vertus, elles reposent aussi sur une vision très stéréotypée de la masculinité : le héros, il est fort, il est sûr de lui, il affronte seul le danger. Et dans les faits, cette masculinité, elle est quasiment inatteignable, ce qui veut pas dire qu’elle est sans effet, parce que d’abord, elle va hiérarchiser les masculinité : il y a les bons et les mauvais garçons, ce qui va pouvoir créer de la frustration chez les garçons qui s’estiment pas assez bons.

On surveille moins l’apparence des garçons que celle des filles.

Ça, c’est en partie vrai, au sens où l’apparence des filles, elle est souvent plus stéréotypée, dès la naissance. Mais là où c’est plus complexe, c’est que les garçons, ils sont surveillés sur un point, qui est le risque de féminité. Un petit garçon qui porte du rose ou de la dentelle, il va très vite attirer l’attention et il y a une longue histoire de stigmatisation, voire de violence, contre les garçons jugés efféminés. Et ce qui est en jeu, ici, c’est les frontières de la masculinité, au sens où, dans nos sociétés, aujourd’hui encore, être un garçon, c’est avant tout ne surtout pas être une fille.

Les garçons sont naturellement plus turbulents.

Ce qui est surtout faux, c’est de dire que c’est naturel. Une fille qui bouge beaucoup, on va dire d’elle qu’elle a du caractère et on va renvoyer ça à son individualité. Un garçon qui bouge beaucoup, on va dire : « Ça, c’est bien un garçon », donc on va renvoyer ça à son genre. Ce mécanisme, on l’appelle la typification et il va avoir d’abord pour effet d’exagérer les différences. Ensuite, à force de répétition dans l’éducation, il va rentrer, il va être susceptible d’entrer dans la tête des enfants et de produire des différences réelles.

Les garçons sont moins matures émotionnellement.

En fait, c’est assez simple : la régulation émotionnelle, ça s’apprend. Et dès la petite enfance, on parle davantage des émotions aux filles et on va attendre d’elles qu’elles soient attentives aux relations, là où le petit garçon va valoriser l’action ou la distance aux émotions.

Les garçons forts physiquement sont les plus populaires.

La masculinité qui domine, dans nos sociétés, elle repose surtout sur la réussite, la confiance, la capacité à parler, à occuper des positions de pouvoir et on va retrouver ça, déjà, chez les enfants. Et puis, ça va s’accentuer avec l’âge où, finalement, le garçon qui a du prestige, c’est plus celui qui va réussir à s’imposer par l’assurance que par la force.

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