Urbania - villehttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationSat, 25 May 2013 20:14:07 EDT60La ville de la semaine: MalarticAh oui, la ville avec la grosse mine là! ». Bien oui, c'est ça! En effet, depuis 2006, une minière s'est installée. Près de 246 maisons et 6 institutions ont dû être déménagées pour laisser place à un trou béant où l'on extirpera du sol plus de 11 millions d'onces d'or. À Malartic, citoyens et industrie partagent un même territoire. Survol de la vie quotidienne des Malarticois et des Malarticoises.

1. Une ville minière
Avant que la minière se loge à Malartic, on disait de cette municipalité qu'elle était un trou puisque les activités culturelles et sociales y étaient peu nombreuses. Nous devions utiliser notre imagination pour nous amuser. Enfants, nous allions glisser sur les montagnes de résidus miniers abandonnés dans les bois tout près de Malartic. (la « slam » jaune et la « slam » grise). On essayait même de grimper les clôtures pour aller voir les trous causés par les anciennes mines qui ont été en activité à Malartic. C'était dangereux, mais on cherchait des pépites d'or oubliées. On s'amusait aussi à aller jouer sur la sculpture de Jacques Pelletier, une oeuvre érigée pour rendre hommage aux mineurs, située dans l'espace vert à côté de l’hôtel de ville. On s'est amusé sur les vieilles machineries minières exposées devant le Musée minéralogique. Tout près, il y avait aussi la cabine téléphonique (qui n’est plus vraiment utilisée), on passait quelques fois par jour pour s'assurer qu'il n'y avait pas de 25 cents oubliés. Depuis les années 1930, nous en sommes en notre septième ruée vers l'or et cela marque nos souvenirs d'enfance et l'imaginaire collectif.  

Maintenant c'est officiel, nous avons le plus gros trou à ciel ouvert du Canada en plein dans notre ville. On estime que dans 15 ans, lorsque tout l'or sera prélevé du sol, la fosse de la mine aura une profondeur de 380 mètres (on pourra y loger la Tour Eiffel!) Cette fosse est protégée par un mur « vert » de 15 mètres de hauteur. En fait, il est plutôt brun, car même en saison estivale, le gazon n'y pousse pas vraiment. L'une des activités communes à Malartic et d'aller prendre une marche ou de jogger sur la piste cyclable le long de cette fosse, que l'on nomme le Parc linéaire. Au bout de la piste cyclable, on peut observer une œuvre d'art insolite de l'artiste Danielle Boutin-Turgeon: un cimetière de poteaux de téléphone où est apposé le nom des rues qui n'existent plus à Malartic ainsi que les numéros civiques des maisons déménagées.

2. La terre y tremble deux fois par jour
On s'y habitue, mais on ne s’y fait pas totalement. Deux fois par jour, lorsque les vents sont favorables, la mine procède à des sautages qui font trembler le sol, les murs et la vaisselle dans nos armoires. Ce sont des secousses pouvant aller jusqu'à 15 secondes où tout s'arrête un instant. On arrête même de bouger. On dit que dans l'église, c'est là que ça brasse le plus. Ici, les sautages miniers on appelle ça des « blastes ». Suite à ces « blastes », il est arrivé de voir au-dessus de la fosse un nuage orange, du dioxyde d'azote. On entend même dans les nombreux salons de coiffure de la place qu'on pourrait offrir aux touristes montréalais de vivre un tremblement de terre en direct lorsqu'ils viendront visiter notre ville. Nous avons aussi un belvédère qui permet aux curieux de voir l'intérieur de la fosse et les gros Tonkas avec des roues de 12 pieds.  

3. Le frigidaire à bière du C.J.M.S.
On ne peut pas parler de Malartic sans parler du mythique dépanneur C.J.M.S. Il s'agit d'un minuscule endroit hyper achalandé où le frigidaire à bière fait deux fois (si ce n'est pas trois fois) la superficie du dépanneur. On retrouve toute sorte de bières importées et de microbrasserie. C'est un « must » à Malartic! C'est tout petit, mais il y a deux caisses enregistreuses. Et pour 4$, on te livre ta bière, ton chip ou tes cigarettes directement à la maison.

4. La Lichette, le rendez-vous estival
Dès le premier mai, le « hot spot » de Malartic devient sans contredit La Lichette, le comptoir de crème à glace. Il n'est pas rare de voir des dizaines de personnes, accompagnées bien souvent de leurs chiens, en attente de commander un délice glacé. On peut même te servir la nutritive poutine glacée. Après ça, pour brûler les calories, on fait la Royale, c’est-à-dire marcher sur la rue principale qui prend au maximum 15 minutes à faire d'un bout à l'autre de la ville. Comme nous avons le printemps tardif en région, il est possible de voir les voisins de La Lichette en train de passer la souffleuse à la fin de mois d'avril dans un banc de neige qui ne veut pas fondre.

5. Les bars et la nuit à Malartic

Pour prendre une bière ici, il faut aller au Bar chez Dédé ou au Bar Malartic. Ce sont des tavernes de région typique. La bière n’est pas chère et il y a une série d’habitués. Pour s’imprégner de la place, c'est préférable de se commander une grosse 50. C'est possible de voir des bagarres, il faut juste éviter de parler de mine ou de politique. Après 21 heures, très peu de gens circulent en ville, c'est plutôt désert. Par contre, on peut entendre les cris festifs de ceux ayant pris trop girafes au bar, accompagnés du ronronnement des camions de 240 tonnes qui sont en action de l'autre bord du mur « vert ». On ne peut pas dire que le silence existe à Malartic.

6. La fontaine à savon
Devant l’hôtel de ville, il y a une fontaine d'eau qui y est depuis des lustres. Chaque été, des petits comiques s'amusent à mettre une grande quantité de savon dans la fontaine. Cela produit énormément de mousse, ce qui bloque parfois la vue aux voitures qui passent sur la Royale. La mousse est présente pendant quelques jours et les jeunes de la ville reçoivent un sérieux avertissement de ne plus recommencer cela.

7. Le « crique à marde » et la track de chemin de fer
Il y a un cours d'eau qui divise la ville en deux. L'eau est très brune et parfois nauséabonde. Par contre, ce ruisseau brun est source de jeu pour les enfants. C'est un point de rencontre, dans le sens on se rejoint au crique à midi. C'est une place pour lancer des roches et regarder des objets non identifiés flotter. J'ai même vu des gens essayer de pêcher!  La track de chemin de fer est un peu le « rack à bécyk » de notre ville. Il n'est pas rare d'entendre les jeunes crier je vais t'attendre à la track à 4 heures!  C'est un peu là que se règlent les querelles d'ados. Ce fut aussi une source de plaisir pour les plus jeunes de mettre des sous noirs sur les rails en attendant que le train passe et écrase le métal.

8. Le rond de course
À la sortie de la ville, vers Rivière-Héva, on peut emprunter un chemin de gravier qui nous mène vers le champ de tir, le « pit » de sable, la transmission. Au « pit » de sable, c'est là que se déroulent bien des après-bals de finissants et c'est un endroit où les jeunes amoureux vont y découvrir leurs corps. Dans la transmission (en fait c'est une ligne de transmission de l'électricité), il y a des poteaux d'Hydro, des arbustes et du sable de plage, c'est dans ce bout-là qu'on va cueillir des bleuets en août. En marchant un peu dans le sable jaune, on croise des quatre-roues et des motocross et on peut y découvrir le mythique rocher des cinq voleurs. Une grosse roche au milieu de nulle part qui tient tranquille les enfants pendant que les parents cueillent des bleuets. Au rond de course, on était même censé avoir notre aéroport, mais ce n’est jamais arrivé.  

9. Faits inusités

— Il parait que dans l'église, il y aurait une piscine juste pour le curé! Certains l'ont vu, certains s'y sont baignés et d'autres disent que la piscine n'existe plus.
— Ici, nous avons trois quincailleries et une dizaine de salons de coiffure, mais il faut faire 20 minutes de char et se rendre à Val-d'Or pour s'acheter des bas et des bobettes, car nous n'avons aucun magasin à rayon.
— On fait bouger nos vieux à Malartic! Dans le parc du Belvédère, il y a une série de modules pour que les aînés puissent faire des exercices.
— Plusieurs familles passent l'été au Camping de Malartic dans leurs roulottes, lieu situé à moins d'un kilomètre de la municipalité. C'est un comme un petit village à la sortie de la ville.

10. La faune locale
— Dans le temps du Festival western à la fin juin, Malartic se met un décor de bottes de foin et on se prépare à accueillir des dizaines de cowboys. On se rend sur la Royale pour regarder passer la traditionnelle parade western. Ici, la danse en ligne est bien populaire! Je crois que pas mal tout le monde possède son chapeau de cowboy. Et après avoir bien fêté, rien de mieux que d'aller frencher au Parc Lion en habit boomtown (comme le Parc Lion n'existe plus, je parie que les jeunes iront faire de même au parc du Belvédère).

— À Malartic, il y a un hôpital psychiatrique. Cela mène à une cohabitation avec des gens différents et aux modes de vie hors norme. Il est arrivé de voir, très tôt le matin, des personnes en jaquette d’hôpital cherchant à retrouver l'air frais et la liberté. Ce sont des gens amusants qui colorent nos promenades sur la Royale. Des mauvaises langues disent que dans le dernier sous-sol de l’hôpital il y aurait des mi-humains/mi-animaux. On nous accole parfois l'affectueux sobriquet les « malarticulés ».

— Par les beaux dimanches après-midi ensoleillés, il n'est pas rare de voir des dizaines de personnes astiquer leurs chars ou leurs gros pick-up. Ici, les gens sont bien fiers de leurs machines et dans notre coin, on lave ses « bébelles » assez souvent. Faut bien enlever la poussière de mine sur nos véhicules.

Le slogan de notre ville c'est Moi c'est Malartic! Et vous, êtes-vous Malartic?

Malartic en images

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La ville de la semaine: Beloeil1. Urbanisme
Inconnue de plusieurs Montréalais, la ville de Beloeil est trop éloignée de la métropole pour être considérée comme une banlieue de la première couronne.  Or, elle est également trop près de Montréal (35 km) pour la qualifier de ville de région.  Fondée sur les rives pittoresques de la rivière Richelieu, elle a également droit à ses bouchons de circulation matinaux, notamment sur l’autoroute 20.  Banlieue dortoir pour certains, elle a également ses résidents qui ne visitent Montréal qu’une ou deux fois par année.  Cet urbanisme hybride « banlieue – région » marque une différence notoire par rapport aux banlieues de la première couronne, comme Brossard ou Longueuil.

2. Résidents notoires
On pourrait parfois méprendre Beloeil pour Beverly Hills.  Non seulement s’y déroule l’action dans « Maman est chez le coiffeur » ainsi que des scènes de « Dérapages », mais certaines célébrités y ont résidé à un moment ou un autre de leur vie.  Cette liste comprend le Capitaine Bonhomme (alias Michel Noël), Marcel Sabourin, Gilles Duceppe, Serge Dupire, Gump Worsley (4 fois gagnant de la Coupe Stanley et recrue de l’année en 1953) et André St-Laurent (auteur de 129 buts dans la LNH et qui donna son nom à l’aréna de la ville).  C’est d’ailleurs dans cet amphithéâtre que je marquai mon premier but dans les rangs mineurs.  Cette rubrique serait incomplète sans mentionner des Beloeillois ayant déjà flirté avec les sommets du billboard québécois : Julie Masse avec « C’est zéro », Vincent Peake, du groupe Groovy Aardvark, avec « Dérangeant », Lara Fabian avec l’album « Carpe Diem » et bien sûr KC L.M.N.O.P. avec « Ta yeul vis ta vie pis reste en vie ».

3. Rivalité
Si la Californie a sa rivalité entre San Francisco et Los Angeles et l’Australie entre Sydney et Melbourne, la Vallée-du-Richelieu a également la sienne avec Beloeil et Mont-Saint-Hilaire.  Bien que les historiens ne soient pas unanimes sur la question, le nom même de Beloeil viendrait du fait que l’endroit était « bel à l’œil » du mont Saint-Hilaire, situé sur l’autre rive de la rivière Richelieu.  Beloeil la populaire, Mont-Saint-Hilaire la snob et coquette...  J’ai grandi à une époque où tels étaient les préjugés qui meublaient cette (saine) rivalité.  Si Beloeil est plus populeuse, plus près de Montréal et plus « banlieue » avec son centre commercial et son golf en plein centre-ville, Mont-Saint-Hilaire offre un cachet différent avec ses pommes à l’automne, son Manoir Rouville-Campbell, son Centre de la Nature et son quartier cossu à flanc de montagne.  Au début des années 2000, quand le Québec connût de nombreuses fusions municipales, je me souviens avoir entendu parler d’une éventuelle fusion entre les deux villes.  Il semble que la volonté populaire n’ait pas été au rendez-vous…

4. L’arbre
Toute ville au Québec a ses endroits de prédilection où jeunes, graffiteurs et moins jeunes se réunissent pour fêter le soir venu (parc, etc.).  À Beloeil, l’un de ceux-ci était connu sous le nom de « l’arbre », soit en fait le terrain situé tout juste en face de l’église St-Mathieu dans le Vieux-Beloeil, avec vue sur le mont St-Hilaire.  Situé sur le bord du Richelieu, on y retrouvait un arbre sur lequel les gens n’hésitaient malheureusement pas à disposer de leurs restants de fête.  Ainsi, des capsules de bière soigneusement accrochées aux branches de l’arbre lui donnaient parfois des airs de peuplier en raison du poids…  Au fil des ans, le Vieux-Beloeil s’est développé davantage et j’ai cru noter que les gens avaient maintenant opté pour des débits de boisson plus traditionnels…

5. Le Masters
Bien que techniquement localisé dans la municipalité voisine de McMasterville, le bar Masters a connu ses heures de gloire vers le milieu des années 90.  Musique dance, Boomerang, Tornade et Tommy Hilfiger pour les plus jeunes, billard, Labatt 50 et coupes Longueuil d’époque chez les plus vieux, ce débit de boisson réussissait étonnamment à attirer toutes les clientèles, pour le meilleur et pour le pire.  Ressemblant à un mélange de Dooly’s et de Fuzzy, la Rive-Sud entière s’y donnait rendez-vous certains soirs, donnant parfois lieu à des bagarres disgracieuses entre clients éméchés dans le stationnement.  Certains diront que ceci faisait quelque peu « 450 » ou douchebag comme format de divertissement, mais il faut savoir que ce code régional et cette expression n’existaient pas encore à cette époque…  Au début des années 2000, le Masters organisait également les « Dimanches de l’humour », soirées animées par un dénommé Louis-José Houde.  Je me souviens notamment y avoir vu Laurent Paquin et les Chik’n Swell, alors présentés comme la relève de l’humour, dans le cadre de ces soirées.

6. Le bonbon
Du début au milieu des années 90, le paquet de cigarettes se détaillait aux alentours de 6 $, une fortune à l’époque pour le fumeur de la Polybel (comme dans « Polyvalente Beloeil »).  À deux pas de l’école, la Polyfrite, temple du hot dog et des jeux d’arcade, avait développé un ingénieux système pour vendre des cigarettes à l’unité, une pratique interdite.  En allant au comptoir, l’étudiant fauché pouvait ainsi demander un « bonbon », soit le mot « secret » à utiliser pour commander une cigarette à l’unité à 0,25 $.  Selon la légende, le stratagème fut découvert plus tard par les autorités, ce qui fit disparaître le bonbon des environs de la Polybel, du moins dans sa version nicotine.  La Polyfrite connut hélas le même sort quelques années plus tard...

7. Ponts de Beloeil
Trois ponts traversent le Richelieu entre Beloeil et Mont-Saint-Hilaire : le pont Jordi-Bonet (route 116), le pont Arthur-Branchaud (autoroute 20) et le pont de Beloeil.  Les deux premiers sont davantage connus des automobilistes, le pont de Beloeil étant en fait un pont ferroviaire, mieux connu sous son sobriquet local de « pont des trains ».  En 1864, il y eut ce qui encore aujourd’hui constitue le plus gros accident ferroviaire au pays.  À l’époque, une partie du pont s’ouvrait pour laisser passer les bateaux qui naviguaient entre Montréal et New York via le Richelieu, le lac Champlain et la rivière Hudson.  Or, cette année-là, un train en direction de Montréal rata le signal d’arrêt pendant cette ouverture et effectua un plongeon en plein Richelieu.  Une centaine de personnes périrent dans l’accident, principalement des immigrants d’origine allemande et polonaise.  Dans ma jeunesse, il n’était pas rare d’entendre parler de gens qui empruntaient le « pont des trains » à pied ou en vélo pour éviter les deux autres ponts et ainsi profiter d’un « raccourci » vers Mont-Saint-Hilaire ou Otterburn Park.

8. Centre culturel

Arrêt habituel des artistes en tournée au Québec, le Centre culturel fut également mon fournisseur de choix pour les billets de spectacle.  Il fut une époque où dénicher de bonnes places pour des concerts était un art véritable.  Afin d’éviter revendeurs usuraires et annonces classées, camper à la belle étoile était souvent la seule option pour avoir accès aux premières rangées.  De nos jours, cette pratique est quelque peu révolue avec la prédominance du web, les préventes exclusives et nombreux sites de revente.  Trouver le comptoir Admission où l’on anticipait une courte file d’attente était critique afin d’avoir droit aux meilleures places, voire de simples places pour de grosses têtes d’affiche.  Chibougamau et le sac de couchage étant exclus d’office, j’ai ainsi toujours misé sur le comptoir Admission du Centre culturel de Beloeil, même lorsque j’habitais Montréal.  Que de bonheur !  Deux sur deux pour U2 au Centre Bell, en arrivant à peine 30 minutes d’avance.  À deux autres reprises, j’ai eu droit à la toute première rangée du parterre au Centre Bell (The Tragically Hip, Bush) et une autre fois la deuxième (The Fugees).  Le bon vieux temps…

9. Saint-Mathieu-de-Beloeil

Cette municipalité voisine de Beloeil est généralement connue pour son petit aéroport, situé tout juste à côté de l’autoroute 20.  Certains écrasements d’avion y ont fait la manchette au cours des dernières années.  À l’époque, je me souviens qu’on y offrait des « tours de Montréal » en avion, pour une durée totale d’environ 30 minutes.  Les bouchons de circulation ayant nettement empiré sur l’autoroute depuis mon départ de la ville en 2001, c’est à se demander si cette offre ne devrait pas être réactualisée dans une formule « navette », matin et soir…

10. Politique

(Circonscriptions : Borduas au Québec, Chambly-Borduas au fédéral)
Depuis la première victoire du Parti québécois en 1976, Beloeil a toujours été considérée comme un château fort souverainiste, ce qui, sauf exception, réserve habituellement peu de surprises aux élections.  Les politiciens les plus généralement connus de la région sont Jean-Pierre Charbonneau, Pierre Curzi et, plus récemment, Pierre Duchesne.  Si le suspense est rarement au rendez-vous en campagne électorale, Beloeil a tout de même réussi à fournir quelques notes intéressantes sur la scène politique au fil des années.  Lors de son élection dans Outremont en 2007, certains médias avaient indiqué – à tort – que Thomas Mulcair était ainsi devenu le premier candidat NPD à être élu au Québec.  Or, c’est Philip Edmunston, journaliste né aux États-Unis, qui fut le premier élu du NPD au Québec, en remportant l’élection partielle dans Chambly en 1990.  Après une 4e place aux élections municipales de Montréal en 2001, l’animateur de radio Luc « Super » Cauchon obtint 0,8 % des suffrages dans Borduas aux élections provinciales de 2007.  Enfin, aux élections fédérales de 2011, l’humoriste Jean-François Mercier avait obtenu 11 % dans Chambly-Borduas, en promettant notamment un nouveau pont Mercier réservé aux véhicules utilitaires.  Il s’est incliné devant Matthew Dubé, le candidat NPD alors âgé de 22 ans.

Beloeil en images

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La ville de la semaine: La Sarre
1. Plus loin que l'île Moukmouk
La Sarre, c'est la dernière ville au nord-ouest du Québec suffisamment peuplée pour porter ce titre. Une fois à La Sarre, si tu fais 30 minutes de char plus au nord, tu te retrouves sur le territoire de la Baie James. Et si tu fais 20 minutes de char vers l'ouest, tu traverses la frontière du temps et tu reviens 20 ans en arrière, dans l'Ontario profonde (genre Cochrane, Kapuskasing et Timmins)... Vous connaissez l'expression « aller aux îles Moukmouk»? On dit ça quand on s'en va à un endroit très éloigné. Bin La Sarre, c'est encore plus loin au nord que l'île Moukmouk! Parce que oui, cette île existe pour vrai. Elle est située sur le Lac Duparquet, au sud de La Sarre. Cette île a appartenu à la famille Perron, des hommes d'affaires lasarrois qui ont fait fortune grâce à la forêt. La prochaine fois que Richard Martineau utilise cette expression pour dénigrer un propos, vous saurez où est l'île Moukmouk et lui, sûrement pas. Lecteurs d'Urbania : 1. Martineau : 0.

2. La forêt
La Sarre s'est construite dans le bois, pour le bois et avec le bois. La forêt a longtemps été le moteur économique de la région. En 1989, la ville a été nommée Capitale forestière du Canada, première à recevoir le titre au Québec. À l'époque, La Sarre possédait les deux plus importantes scieries de l'Est du pays. Pour l'occasion, une grosse cabane en bois rond a été construite en plein cœur de la ville, et dans laquelle on retrouve le centre d'interprétation de la forêt et le bureau d'information touristique. La cabane a passé au feu en 2011, mais elle a été reconstruite pour accueillir les visiteurs. Fumeurs, soyez vigilants : ça brûle vite du vieux bois sec...

3. Blanche est débarquée à 100 mètres de chez nous

Vous connaissez Blanche, le personnage de la série télévisée du même nom? C'est dans le but de refaire sa vie qu'elle est débarquée à La Sarre dans les années 1930, pour devenir garde-malade dans un village plus au nord. Elle était venue rejoindre son frère Émilien, qui tenait un magasin de vêtements tout près du chemin de fer. Homme d'affaires, il a possédé la compagnie de téléphone et un commerce d'avions. Il a vendu La Sarre Telephone Inc. à Northen Telephone (aujourd'hui Bell Aliant) et il est devenu millionnaire. Sa compagnie d'aviation, Propair, existe toujours aujourd'hui et est détenue par une famille de la région, les Lambert, et leur partenaires. Parlant de millionnaires, il paraît qu'à une époque, La Sarre avait tellement de millionnaires grâce à ses ressources naturelles que c'était la ville québécoise avec le plus de millionnaires par habitants.

4. Nos députés
Je sais pas trop pour quelle raison, mais la région de La Sarre semble être souverainiste et de gauche! Depuis 1976, le député François Gendron du PQ est réélu, toujours avec une écrasante majorité devant ses adversaires. Après 37 ans de service, le doyen de l'Assemblée nationale est actuellement ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation et vice-premier ministre. Parlant de politicien qui tiennent à leurs idées, la députée Christine Moore, de La Sarre, a été élue pour le NPD alors qu'elle se présentait pour la troisième fois sous cette bannière. Foglia était tellement excité d'avoir trouvé un député «non-poteau» du NPD qu'il a écrit une chronique complète sur la charmante politicienne (je sais qu'elle est sympa, on est allés au secondaire ensemble). Je n'ai pas pu voter pour elle aux dernières élections mais je sais qu'elle fait son travail avec dévouement, alors je l'appuie autant que je peux! Go Christine, go! L'article de Foglia : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/pierre-foglia/201105/04/01-4395925-cest-pas-un-raton-laveur.php

5. Des gens qui ont le goût de l'eau
On ne peut pas parler d'une ville en Abitibi sans parler de ses lacs et ses rivières. La Sarre s'est établie autour de la rivière La Sarre, qui a longtemps servi de dépotoir aux scieries qui s'implantaient le long des berges. Son eau est brune parce que le sol est argileux dans le coin. Et pendant longtemps, de fortes odeurs émanaient du cours d'eau. J'aurais tendance à croire qu'une majorité de gens n'aiment pas leur rivière à cause de ça. Pourtant, des efforts ont été faits pour améliorer la perception qu'en ont les gens. On a notamment installé une petite fontaine sur la rivière près du pont menant au centre-ville. Résultat : les piétons reçoivent l'eau de leur rivière en pleine face quand le vent est du mauvais côté. Non, si tu veux vivre une expérience hors de l'ordinaire avec une étendue d'eau à La Sarre, il faut se rendre au petit lac dans le rang 7 Est pour pêcher une ou plusieurs des 3200 truites arc-en-ciel qui y sont ensemencées chaque année.

6. Attachez vos enfants

Le lac ensemencé ainsi que trois autres petits lacs à proximité, on les dit «sans fond». Mes frères et moi allions souvent jouer là quand mes grands-parents habitaient à côté de l'ancien dépotoir. Oui, oui, mes grands-parents habitaient à côté d'un ancien dépotoir! Il était situé sur une grosse colline et tout le flanc nord avait été creusé pour enlever les détritus. Cela avait créé un très haut «pit» de sable jaune qu'on s'amusait à escalader. Chez nous, c'était pas mieux. On habitait sur le bord de la track de chemin de fer, en face de deux commerces d'entreposage d'essence. Les garçons les plus téméraires du quartier passaient par-dessus la clôture des commerces pour monter sur un des gros réservoirs de mazout. Moi, j'étais trop pissou pour faire ça, je préférais aller au bout de l'avenue du Chemin de fer Est pour me rendre à la cour à scrap de vieux chars. J'avais 10 ou 11 ans et c'est dans ces endroits-là que j'ai découvert les rudiments de la photographie. Mes parents nous laissaient jouer à des places «dangereuses» mais sans ça, j'aurais peut-être jamais su quoi faire dans la vie!

7. Presque comme à New York
À La Sarre, tout est comme à New York. Pour faire du lèche-vitrine, la principale artère commerciale, c'est la cinquième avenue! On y trouve des commerces de luxe comme la bijouterie Créations Gilles ou le designer Couturier Daniel. Pour le théâtre musical, la Troupe à Cœur Ouvert, nous prépare chaque année une comédie musicale présentée pendant l'été. Pendant sept ans, elle nous avait ébloui avec le spectacle à grand déploiement «Le Paradis du Nord». Les textes avaient été écrits par l'auteure d'Unité 9, qui a longtemps habité Dupuy, un village à cinq minutes de La Sarre. Vous n'avez pas vu le spectacle? Vous avez sûrement vu la publicité à LCN ou sur les autobus Maheux, non? Cette année, la Troupe nous prépare la comédie musicale «Hairspray». Gageons que leur mouture sera meilleure que celle de Denise Filiatrault, qui monte aussi «Hairspray» cet été... Je ne blague pas, je déteste tout ce que fait Denise Filiatrault...

8. Des vedettes?
Vous voulez du namedropping? Désolé, vous en aurez pas. Ou bien La Sarre n'a pas mis au monde de vedettes, ou bien les vedettes ont honte de dire qu'elles viennent d'ici! Il y a eu Dany Aubé, celle qui chantait «Ma casquette», mais personne se rappelle d'elle aujourd'hui! Il y a Edith Cochrane, qui a grandi à La Sarre. Mais, elle est partie à l'adolescence, c'est normal qu'elle ait oublié. Les vedettes originaires d'ici sont peu nombreuses mais de célèbres personnages de RBO ont été inspirés par une anecdote survenue durant un de leurs spectacles à La Sarre. Il paraît qu'un soir, une grosse famille qui avait des sièges à l'avant est arrivée en retard, tous vêtus de leur plus belle «suit de ski-doo». RBO, fascinés par leur impolitesse et leur accoutrement, les ont immortalisés : les Slomeau étaient nés! Source sur les Slomeau : http://rbo.radio-canada.ca/rbopedia/familleslomeau/

9. Un des cinq fromages d'ici

On mange où à La Sarre? On est quand même assez «big» pour avoir des chaînes comme un McDo, un PFK, un Mike's, un Tim Hortons, un Subway et un Double Pizza. Sinon, vous pouvez manger dans les six autres casse-croûtes, les trois restaurants de «cuisine canadienne», dans le restaurant canadien-mais-qui-fait-aussi-des-fajitas ainsi qu'au buffet chinois. Si l'eau ne vous vient pas à la bouche, vous pouvez cuisiner avec des produits locaux. Proche de La Sarre, La Fraisonnée offre une gamme de tartinades aux fruits sans sucre ajouté. Ils produisent aussi les confitures pour la marque Minçavi. De plus, la fromagerie La Vache à Maillotte fabrique des fromages de type cheddar et des fromages fins dont certains font partie des Sélection Caséus. Leur fromage en grain est si bon que Maxim Martin l'a écrit dans un statut Facebook. Statut Facebook de Maxim Martin : https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=10151532240769114&id=49570139113

10. Une tartinade sur du bon pain

Je vous l'ai déjà mentionné, je travaille en communications visuelles dans la vie et je ne peux m'empêcher de dire que j'aime beaucoup le sac du défunt pain Palmarolle. Je dois pas être le seul à m'ennuyer parce que quelqu'un a créé une page Facebook en son honneur. Page du Pain Palmarolle : https://www.facebook.com/PainPalmarolle

11. Les jeunes sont pas propres propres
À notre époque hyper-rapide et où tout le monde vit chacun pour soi, les gens des grandes villes rêvent de retrouver un esprit plus humain et plus communautaire. La Sarre, elle, n'a jamais perdu cette capacité à s'unir pour bâtir son quotidien. Moi qui avait toujours trouvé la ville monotone lorsque j'y vivais, je me plais à découvrir qu'aujourd'hui, le groupe de jeunes qui reste crée une vie culturelle et sociale active. Ils sont peu nombreux mais ils brassent la cage! Plusieurs festivals sont organisés pour faire sortir les lasarrois mais celui qui m'intrigue le plus, c'est le Festival des langues sales! C'est un festival qui met en valeur la langue française par l’entremise des arts de la scène: musique, chanson à répondre, poésie, conte, théâtre, humour, cinéma… Le Festival a même remis sur pied une ligue d'impro dans la ville, après une vingtaine d'années d'absence. Ces soirées se passent au Bistro La Maîtresse, un bar-spectacles où de nombreux chansonniers et groupes de la relève se produisent. Le clou des Langues Sales est un concours régional de bitchage de villages! La sixième édition du festival cet hiver a tellement été un hit que le Journal de Montréal en a parlé et Matthieu Dugal l'a Facebooké.

Article du JdM partagé par Matthieu Dugal : https://www.facebook.com/matthieu.dugal/posts/136532603184220

Liens YouTube:

La Sarre en 2009: https://www.youtube.com/watch?v=n4l--NftW6I
La Sarre en 1989: https://www.youtube.com/watch?v=2HvQPTESpmg
La Sarre en 1976: https://www.youtube.com/watch?v=7akxAUJi2Y0

La Sarre en images

NDLR: Urbania mettant LA SARRE à l'honneur cette semaine, offre 10% de réduction sur les abonnements à tout résident de la ville! Écrire à pauline@urbania.ca]]>
http://urbania.ca/canaux/ville/3963/la-ville-de-la-semaine-la-sarreThu, 09 May 2013 14:52:38 EDTFrancois Gendronchristine moorehairspraymoukmouktemiscamingueabitibiville de la semainelasarrela sarrereportagehttp://urbania.ca/canaux/ville/3963/la-ville-de-la-semaine-la-sarre
La ville de la semaine: Havre-Saint-Pierre
1) Les Cayens et leur accent
Pour mieux comprendre le Havre, il faut connaître le peuple qui y habite : les Cayens, les individus les plus chaleureux du monde. Ces gens savent recevoir, ils ont toujours un sourire aux lèvres et parfois, une Coors Light à la main. On peut facilement reconnaître les Cayens par leur fort accent. En fait, les Cayens ne prononcent pas les « r ». La rumeur veut qu’ils aient décidé d'enlever la lettre de leur vocabulaire dans une forme de rébellion pacifique : les Acadiens voulaient montrer leur désaccord face à la déportation et le fait qu'ils devaient tout donner aux seigneurs qui vivaient sur leurs terres. Donc, ils auraient banni à jamais de leur vocabulaire les mots « roi » et « reine », en les prononçant « woi » et « weine ». La rumeur veut aussi qu’ils aient décidé de ne plus prononcer du tout les « r » après ça! Aujourd’hui encore, les Cayens ont ce drôle d’accent propre à eux seuls. Les « r » sont devenus des « g » ou des « k ». Comme dans cette phrase, qu’on entend souvent en hiver : « Tabagnak qui fait fwette! »

2) L'archipel de Mingan
Au Havre, tu veux avoir un bateau – ou du moins être ami avec quelqu'un qui en a un – pour te rendre à l’un des plus beaux endroits du Québec (selon moi) : l'archipel de Mingan. L'archipel, c'est une trentaine d'îles et plus de mille îlots au large du village. L'été, les gens se rejoignent au quai avec leur guitare et leur sac de couchage, partent au large, accostent sur une île, soupent entre amis, font un feu et dorment à la belle étoile. Quoi demander de mieux? Peut-être des aurores boréales, si t’es à la bonne place au bon moment. En plus, certaines îles (Quarré, Niapiska, Marteau, l'île du havre) ont des installations avec des cabanes, du bois précoupé et des poêles. Pis tant qu'à se rendre sur les îles, il faut en profiter pour aller voir les monolithes, créations très originales de mère Nature, ainsi que les macareux, ces petits oiseaux-pingouins-lol, emblèmes du Havre et dignes du National Geographic.

3) Festival de la famille

Le Festival de la famille est un incontournable. C'est là qu'on comprend le mieux l'esprit festif des Cayens. Chaque année, le festival accueille une moyenne de 8 000 personnes, soit deux fois plus d’habitants que la population totale du Havre. C'est aussi l’événement québécois qui vend le plus de bière par visiteur unique! C’est peu dire. Une des principales activités du festival est la course de petits bateaux. Un peu à la Red Bull Flugtag, les participants doivent pour se construire un navire et faire un aller-retour large-terre ferme sans moteur. Bien souvent, les équipes préfèrent l’originalité à la rapidité. Le tout se passe juste après la bénédiction des motos. Oui, oui. Ça existe pour vrai.

4) La Raguidou et la musique
Le samedi, à partir de 16 h, un rituel commence : les gens allument leur radio pour écouter religieusement « Les Amis du country ». C’est l'émission la plus écoutée de la chaîne locale (la radio communautaire qui est aussi diffusée à la TV), animée par Léonard Prévéreau, mieux connu sous le nom de La Raguidou. La Raguidou est présent sur les ondes du Havre depuis maintenant 28 ans, tous les samedis sans exception (bon, il a peut-être manqué une ou deux fois) et ce, bénévolement. Les Cayens aiment le country et la musique acadienne, c’est connu. D’ailleurs, une chose frappante quand on arrive au Havre, c’est qu’on dirait que tout le monde est musicien. L’oncle joue de la guitare, le voisin du violon, le beau-frère du drum. C’est à croire qu’ils sont tous nés avec un instrument din’ mains. C’est plus fréquent d’entendre des jeunes chanter du Cayouche que du Lady Gaga, et ça fait du bien. Ça et du Billy Talent, ou ce genre de band-là, mais ça, c’est une autre histoire. Pour les curieux, vous pouvez aller écouter l'émission « Les Amis du country » sur le site web de la radio communautaire. www.cilemfcom

5) Les coques
Comme dans la p’tite toune « Les coques, les coques, qui c'est qu'aime pas les coqs? », chantée par La Pompe du groupe Cap Blanc. On parle ici d'un mollusque, la mie commune, que les gens pêchent à la pelle sur le bord de la mer. Au Havre, ce n’est pas rare d'entendre des hommes et des femmes dire : « On a pogné pas mal de coques hier. » La première fois, ça peut sonner drôle à l’oreille, mais on s'habitue vite. La plupart des gens vont à la pêche aux coques en famille ou entre amis, au printemps et à l'automne, lors des grandes marées. Le meilleur endroit pour aller aux coques, c’est à Saint-Charles. On y va en quatre-roues à partir du village. Pour les fines bouches, je vous conseille une soupe aux coques, cuisinée avec amour par les Cayens. Ça peut même remplacer la poutine pour contrer les hangovers.

6) L'Écoutille
Si tu te demandes où sont tes amis, un vendredi soir, ils sont probablement à l'Écoutille. C’est le seul bar au Havre et le lieu de prédilection où les habitants peuvent se retrouver, un peu comme le spot dans Watatatow. Ce n’est pas une place juste pour les jeunes ou juste pour les vieux : c'est LE BAR. Tout le monde y va, les cégépiens de 18 ans comme l'oncle de 50 ans. L’ambiance est très festive, puisque d’une manière ou d’une autre, les gens se connaissent. L’Écoutille devient un party de famille qui a lieu chaque semaine de ta vie. Comme le bar est face à la mer, c’est l’endroit parfait pour relaxer un après-midi d’été, sur la terrasse. Fait important pour les touristes : il n’y a pas de DJ au bar. Il y a plutôt des chansonniers, plus habitués de chanter du Kaïn et du Denis à Maurice que du Justin Timberlake.

7) La plage
Au Havre-Saint-Pierre, on peut voir la plage de partout. Elle fait littéralement partie de la ville. En fait, la plage est plus longue que le village en soi. La plupart en profitent pour prendre des marches, faire du jogging, du canoë et diverses autres activités. Si vous n’êtes pas peureux, vous pouvez vous baigner dans la mer lors des journées chaudes d’été (où il fait maximum 25 Celsius) : ça fait du bien. Sachez, par contre, que l’eau est glaciale. Pour les passionnés de machines à moteur, il y a aussi des gens en quatre-roues et en motocross. Pas mal de monde ont des machines à moteur, en fait. Généralement, si tu as un char, tu as aussi une machine. Ceci étant dit, tous font un effort pour faire attention et ne pas rouler à 200 km/h. Depuis quelques années – et parce qu’il vente en « tabagnak » au Havre – plusieurs personnes pratiquent le kite surfing. Bien sûr, les gens portent tout de même un wetsuit et tout le kit pour ne pas mourir de froid.

8) Les chalet/l'hiver
En hiver, un peu comme pour les bateaux, tu veux avoir un ami/un voisin/un membre de la famille qui a un ski-doo à te prêter. Faire du ski-doo dans le grand-nord, c'est spectaculaire. Tu te sens petit dans tes shorts quand, pendant des kilomètres, il n’y a autour de toi que de la neige par-dessus la toundra. Le blanc total. C'est aussi en ski-doo qu'on se rend au chalet en hiver : la plupart des gens ont accès à un chalet au nord du Havre. Pour la grande majorité, c'est leur lieu de détente, un peu comme les Montréalais qui ont un chalet à une heure de la grand-ville. Pour eux c'est la même chose, sauf qu'au lieu d'aller à Rawdon, ils vont à leur chalet qui donne sur le bord de la mer.

9) Les chutes Mingan

Pour se rendre aux chutes Mingan, il faut demander l'aide de quelqu'un qui est déjà allé. Une route pas très élaborée à travers la forêt mène à une plage entourée de la rivière Mingan. Les jeunes y vont l'été pour boire, faire du sport et relaxer en toute tranquillité. C’est un endroit coupé du monde, entouré de forêt. Un secret bien gardé.

10) Autres :
- La montagne ronde, un endroit magnifique qui offre un beau panorama du village.
- Quelques classiques locaux, côté nourriture : le restaurant Le Capayou offre son « cheese Capayou » : rondelles d'oignon, frites et fromage en grains, direct dans le burger. Chez Julie et le Restaurant de la promenade sont des classiques pour tout ce qui est fruits de mer, fraîcheur garantie. Ils offrent même un menu spécial avec les noms des bateaux des pêcheurs du coin.
- Le quai est un véritable Facebook vivant : les gens y vont pour se rencontrer et se tenir au courant des nouvelles de la ville et de ses habitants.
- Plusieurs lacs se trouvent non loin du village : le lac La Peur, le lac Bourassa, le lac Piachti, le lac 3 M, le Lac à l'ours, etc. Plusieurs beaux coins pour la chasse et la pêche.

Havre-Saint-Pierre en images

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La ville de la semaine: Edmonton
C’est vrai que pour l’architecture, on repassera. Quoique avec ses cow-boys en pick-up montés jusqu’aux adeptes du mouvement grassroot, en passant par le coureur des bois de la Whyte, Edmonton affiche des charmes insoupçonnés…

1. Edmonton, la Cité des champions
C’est comme ça qu’on t’accueille quand tu rentres dans la ville. Et pourquoi les champions? Parce que même si ça date des années 80, Edmonton se souvient du valeureux Wayne Gretzky. La ville a déjà été tristement célèbre pour ses températures froides à l’extrême et son taux d’homicide le plus élevé au Canada. Ce qui lui a valu des surnoms comme Deadmonton ou encore Edmonotone. Et comme toute bonne ville traversée par une rivière, la rivière Saskatchewan (c’est pour vous faire réviser votre géographie du Canada), ceux qui habitent la rive nord sont persuadés que le ghetto est au sud, et si tu viens du sud, ben c’est clair que tu ne te promènes pas au nord, parce que ce n’est pas un quartier respectable.

2. The cowboys are in town
Parce que les stéréotypes, ça ne sort pas de nulle part, alors aussi bien aborder le sujet dès le départ, même si vraiment, les cowboys, on les trouve plutôt à Calgary. Oui, y’a une petite ambiance western qui flotte dans l’air à Edmonton et il est tout à fait normal de croiser du monde en chemise à carreaux qui porte allègrement chapeau et bottes de cowboys. Même le centre-ville a quelques allures du far-west avec ses tempêtes de sable printanières.
En octobre, les moissons sont finies. C’est là que les cowboys sortent en ville. C’est le temps de sortir son chapeau, ses chaps pis ses spears pis d’apprendre un set carré pour pas perdre la face au Cook County, ou au Ranch. Sinon, tu peux toujours essayer d’impressionner les filles en mesurant ton agilité sur le taureau mécanique du bar, si tu ne peux pas les inviter à danser le two-step. Croyez-moi, tout le monde se découvre une fibre de cowboy enfouie quelque part.

3. Boom pétrolier
Dire qu’Edmonton est en pleine expansion est un euphémisme. Certains quartiers et autoroutes n’existaient même pas il y a 10 ans. Les anciennes banlieues sont maintenant des quartiers résidentiels et Edmonton se chicane avec la ville de Beaumont, au sud, pour savoir c’est qui qui va avaler le comté de Leduc entre les deux (pour l’instant, c’est des champs pis un aéroport). Pour le transport en commun, disons que c’est en développement jusqu’en 2040. Mais ça fait d’Edmonton une ville très multiculturelle, même si on a l’impression que ça se traduit parfois par des restos indiens à chaque coin de rue. Et depuis que la ville s’est dit qu’il faudrait faire quelque chose pour que le monde qui vienne se faire une piastre dans l’huile ait envie de s’y établir, la ville met l’accent sur l’aspect culturel. Sauf peut-être pour l’architecture.

4. Whyte Ave.
Aussi connue comme la 82e avenue, mais entre la 99 et la 109e rue (parce que toute la ville est découpée en rues pis en avenues) on l’appelle la Whyte. C’est là que se concentre une bonne partie de la vie culturelle, le nightlife et le shopping tendance d’Edmonton. C’est aussi là que se passent beaucoup de festivals et d’activités culturelles dans la ville et bien sûr le farmer’s market le samedi. T’en trouves pour tous les goûts, pis les budgets. En veux-tu des théâtres, des salles de spectacle, des boutiques branchées, vintage ou gothiques, alors là attache ta tuque (parce que oui y vente en siouplait, on est quand même dans les prairies). La fin de semaine, c’est envahi des jeunes de 20 ans des banlieues. L’été, le Tim Horton est LE point de ralliement des bikers en ville. Pour prévenir les lendemains de veille, t’arrêtes au p’tit shack du Fat Frank’s (l’original, parce qu’il se promène en ville) pour un hot-dog à 5 $ à 2 h 00 du matin. Tout ça, c’est dans un des plus vieux quartiers de la ville, Old Strathcona. Un des seuls endroits de la capitale où tu peux admirer un peu d’architecture, après la législature. Aujourd’hui, c’est le quartier universitaire et celui où vivent les profs, les anciens hippies, les bobos pis pas mal de francophones, et aussi le seul comté non conservateur au fédéral de toute la province.

5. Nightlife
Y’a pas juste Whyte Ave. Au centre-ville, plein de clubs, lounges et pubs irlandais ouvrent chaque année. La ville a quelques bars gay où l’on tient des concours de drag queen. Pour les amateurs de musique électronique, la scène techno est hyper développée avec plein de DJ locaux qui tiennent souvent des soirées à la Yellowhead Brewery (aussi une microbrasserie d’Edmonton). Ça, c’est quand ils sortent en public. Sinon, en parlant à gauche ou à droite, tu vas sûrement tomber sur un de leurs partys privés. Y’a même des festivals qui ont émergé du mouvement.  
Pour les bonnes tables, faut fouiller, mais tu peux sûrement trouver un bon petit resto caché entre deux mégachaînes de restaurants. À Edmonton, tu sais que tu es tombé sur une perle rare si tu dois attendre 1 h 30 pour avoir une table.
Sans oublier le West Edmonton Mall. C’est pas juste un centre d’achat, c’est un centre récréatif, un parc d’attraction et un aréna. Là où tu peux sortir le samedi soir sur la Bourbon Street après avoir passé la journée dans les glissades d’eau du parc aquatique (oui oui, on parle toujours du centre d’achat là).

6. Le ruban vert
Si tu veux te sentir dépaysé, t’as 160 km de sentiers pédestres et pistes cyclables, plus ou moins aménagés autour de la rivière Saskatchewan, celle qui traverse la ville là. À certains endroits, tu peux même oublier que t’es en ville. C’est le plus gros parc urbain en Amérique du Nord (oui, c’est plus gros que Central Park à New York, je vous voyais venir). On y trouve des lièvres — comme partout en ville d’ailleurs —, mais aussi des coyotes. C’est aussi l’endroit où les jeunes Edmontoniens/nes vont vivre leurs premiers émois amoureux et caler leurs premières bouteilles de rye. Sauf que la nuit, ça devient un vrai refuge pour les sans-abri de la ville. C’est plutôt déconseillé d’y faire un tour une fois le soleil couché. Y’a des histoires de fantômes qui y rôdent la nuit.

7. La ville écolo

Oui, Edmonton est traversé par une rivière qui sent autre chose que la rose sauvage et t’as une vue sublime des raffineries à mesure que tu te déplaces à l’ouest, mais son système de recyclage est un des secrets les mieux gardés en Amérique du Nord. Même si ce n’est pas tout le monde qui trie ses vidanges dans des sacs bleus, pas grave. La ville récupère les déchets organiques pour en faire du compost et une usine de biomasse est en construction pour convertir le reste des déchets en énergie d’ici 2014. Edmonton espère pouvoir récupérer jusqu’à 90 % de ses rebuts. Mais ça, ici tout le monde le sait parce qu’ils ont tous visité le centre de recyclage au moins une fois dans leur vie, durant une sortie à l’école. Et pour les contenants consignés, si ce n’est pas toi qui les rapportes, un itinérant va se charger de les apporter au Bottle dépôt pis récupérer la consigne.

8. Mon pays c’est l’hiver
Quand il neige à partir du 8 octobre, pis que les costumes d’Halloween des enfants sont faits pour s’enfiler par-dessus leurs manteaux d’hiver, tu sais que tu te rapproches du nord canadien. Qui dit hiver, dit déneigement des routes… mais non. Oui, les autoroutes et les grandes artères sont déneigées, mais c’est tout. Si tu pensais être capable de conduire dans la neige, et sur la glace, c’est à Edmonton que tu passes le vrai test, surtout si t’as arrêté au 7-eleven pour aller te chercher une slurpee en plein mois de janvier pour la boire en t-shirt dans ton char. Pis la cerise sur le sundae, c’est que presque personne ne croit aux bienfaits des pneus d’hiver, parce qu’un bon quatre-saisons, ça fait la job. C’est peut-être pour ça qu’on compte 236 sorties de route la première fin de semaine de neige de l’année.

L’été par contre, le soleil ne se couche pas avant 22 h 30. De quoi rattraper le temps perdu sur les terrasses (ici, on dit patios). C’est qu’Edmonton a un des taux d’ensoleillement les plus élevés au Canada: près de 2299 heures par année.

9. L’université en français
Pour ceux qui ne s’en doutaient pas (pis j’suis sûre que vous êtes plusieurs), l’Université de l’Alberta a un campus francophone, le Campus Saint-Jean, qui était là ben avant l’université, même avant que la ville ne se développe. C’est une des plus vieilles institutions, tellement vieilles que les plans de la ville ont eu le temps de changer depuis sa construction. On sait pas trop ce qui s’est passé, mais y’a du monde qui ne se sont pas parlé dans cette histoire-là parce que la porte d’entrée du vieux pavillon donne dans la cour arrière du Campus et c’est finalement le derrière de l’édifice qui fait face à la rue. C’est peut-être Feng shui aussi remarque.

T’as beau entendre pas mal d’anglais dans les corridors, tout ce beau monde se rassemble à la terrasse du Devaney’s pour une bonne bière irlandaise, et là tu vas entendre du français.

10. La Cité francophone
C’est la forteresse des francophones d’Edmonton. En fait, c’est le nom du centre communautaire situé dans le quartier francophone de la ville, juste en face du Campus Saint-Jean (parce que qui se ressemble s’assemble). Ici, la communauté francophone est bien ancrée et là pour y rester, surtout avec la panoplie de travailleurs qui débarquent des quatre coins du pays pour venir y travailler. C’est plein d’associations francophones partout en province qui travaillent ben fort pour développer le fait français et le garder dynamique, comme on dit par ici. La province a aussi deux journaux communautaires, en plus du service français de Radio-Canada. Mais surtout, la communauté anglophone démontre une belle ouverture envers les francophones, même si ça se résume souvent à une citation célèbre : I wish I could speak French. Quand même, l’Alberta compte le plus grand nombre d’élèves en écoles d’immersion francophone au Canada: près de 37 000.

Comme beaucoup d’Edmontoniens, je ne suis pas née ici, mais venue en Alberta pour le travail. Ce texte a été rédigé avec la collaboration de gens qui y habitent depuis plusieurs années, et quelques locaux, qui ne sont, faut se le dire, pas en majorité. J’espère vous avoir donné envie de découvrir cette ville et ses habitants qui m’ont touché par leur gentillesse, et même cette province qui a beaucoup plus à offrir que ce qu’on en entend.

Edmonton en images

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La ville de la semaine: Amosspotlight, et on peut y manger à l’infini Party mix et Ringolos GRATUITEMENT!

Pour s’y rendre :
D’abord, il faut commencer par expliquer que la 117 ne s’arrête pas à Tremblant. Elle continue après. Donc, pour aller à Amos, tu fais comme si tu allais à Tremblant, mais tu continues après. Tu continues plus ou moins quatre heures en été, cinq si t’es en hiver, six si t’es en hiver la nuit, trois si t’es un de ces « épeurants » qui ne respectent pas la limite de vitesse. Là, tu vas arriver à Val-d’Or. Au rond-point, tourne à droite. Attends deux autres ronds-points, et au deuxième, tourne encore à droite. Roule 45 minutes. Quand tu aperçois à ta droite quelque chose qui ressemble à une grosse mosquée, tu es à Amos!!!!

1. « À Amos, il fait pas froid parce que c’est sec »

Quiconque ayant déjà abordé le traditionnel sujet du froid avec un ressortissant de « Richard Desjardins’s land » s’est automatiquement fait répondre opiniâtrement qu’en Abitibi, on a plus chaud qu’à Montréal, « parce qu’à Montréal, l’humidité passe en dessous! » Comme si l’humidité était une espèce de monstre vaporeux qui se faufile d’intérieur de manteau à intérieur de manteau pour frigorifier les gens. Il faut toutefois le concéder aux abitibiens, une fois devenu adepte de laine mérinos, du Canada Goose (en Abitibi, personne ne se fait juger ou regarder avec dédain pour « port de Canada Goose », c’est même une pratique encouragée, mais personne n'ose le porter avec des joggings gris et des UGGS ) et de la classique botte de poils de chez Fourrures Grenier (remarquez-la, elle est partout!), n’importe qui peut rester une bonne heure dehors sans bouger dans les temps les plus froids et être encore de bonne humeur après, « ça passe pas en dessous! »

2. Amos, prise comme modèle par Washington

En 2002, Ulrick Chérubin, natif d’Haïti, est élu maire d’Amos. C’est la première fois qu’un maire noir est élu au Québec (il y en a eu un avant, à Gagnon, mais cette municipalité n'existe plus, alors ça ne compte pas vraiment, tsé). Cette réalisation a su insuffler le courage qu’il manquait à Barack Obama pour croire en son rêve. The Rest Is History.   

3. Le toton d’Amos: ce n’est pas une mosquée
Bien qu’Amos soit une ville fort accueillante pour tout nouvel arrivant, ce serait quand même too much d’avoir une mosquée pour LA musulmane connue de la ville (celle qui travaille au Canadian Tire). L’énorme affaire visible de n’importe où en ville qui rappelle le Dôme du Rocher de Jérusalem est donc en fait une cathédrale de style romano-byzantin (ou « le toton d’Amos »). La cathédrale, c’est le symbole évident de la mentalité « sky is the limit » de l’amossois du début de 20ème siècle. Elle se construit en seulement 16 mois (entre 1922 et 1923), alors qu’Amos ne compte que 2000 habitants. Dans un élan d’avant-garde et d’ « over-enthousiasme », l’architecte la construit entièrement en béton pour qu’elle résiste aux feux de forêt. Il en fait ainsi un abri anti-feu, l’église pouvant alors abriter tous les habitants de la ville. Et toi Régis, ton colisée, il va pouvoir contenir tout Québec? Amos : 1. Québec : O.

4. Amos, ville de la « pédale à clip »
À Amos, c’est anormal de ne pas avoir de vélo avec les souliers qui se « clippent » aux pédales. Pour ceux qui ne maîtrisent pas le « clippage », mieux vaut dire que vous n’avez jamais fait de vélo, car de toute façon, c’est de ça que vous aurez l’air au début. Le réflexe du « déclippage » n’est pas inné chez la plupart des humains, ce qui fait que lorsque vient le moment de freiner, l’habitué du Bixi risque de rester les 2 pieds « clippés » aux pédales et d’opérer une gracieuse chute au ralenti sur le côté. Mais il faut essayer quand même. Tout le monde finit par dire « ça va tellement mieux avec des « clips », et à Amos il fait pas froid parce que c’est sec! » Cette culture de la « clip » porte ses fruits : Amos produit un nombre impressionnant de champions internationaux de cyclisme. Ils ont tous, comme Louis Garneau, déjà compétitionné au Tour de l’Abitibi, une course internationale junior reconnue par l’Union cycliste internationale, la plus importante en son genre en Amérique du Nord.

5. Chez Frid, là où t’as du popcorn, des crottes de fromage, des pretzels, des Ringolos, des Doritos, des peanuts et du Party Mix à volonté!
Avec la mode des bars style « de région » à Montréal, « le Frid » se taillerait une place de choix. Aller « fridder » s’élèverait probablement au rang d’expression platoïdienne trendy. Chez Frid accueille ses convives avec le classique : le panache tête d’orignal. Le martini lychee ne s’y commande pas souvent, mais l’accommodement de la clientèle citadine s’y fait toujours avec le sourire (et un regard dubitatif). La grosse bière n’y est pas chère, le pool et les machine à 30 sous sont toujours disponibles, et surtout, on peut y manger infini popcorn, crottes de fromage, pretzels, Ringolos, Doritos, peanuts et Party Mix. C’est fort excitant, mais il y a toujours quelqu’un qui finit par s’étouffer disgracieusement avec un grain de popcorn. Toujours. L’hiver, on peut observer en pleine nuit des ski doos arriver de Saint-Marc-de-Figuery (15 km d’Amos) par la rivière Harricana pour venir « fridder »… et on peut les voir repartir de la même manière après le « friddage »…

6. Se désaltérer dans la joie
En 2001, Amos a remporté le prix de la meilleure eau au monde dans une compétition internationale. On dit que c’est peut-être pour ça que les amossois ont la réputation d’être les snobs d’Abitibi (ils chient quand même dans la meilleure eau au monde). Il faut l’admettre : l’eau de notre robinet goûte bon (ou rien, ce n’est jamais vraiment évident de savoir si une eau doit goûter bon ou rien pour être considérée super bonne). L’usine Eska, située à 20 km d’Amos, l’embouteille et en fait même des versions pétillantes (les Québécois doivent cesser d’acheter du Perrier). Maintenant, il faut observer les dérives causées par ce prix. Un visiteur ne peut plus passer 24 heures à Amos sans que 12 personnes tentent de lui vendre la ville en parlant de son eau, tous convaincus que l’affaire est dans le sac. L’argument béton « notre eau c’est la meilleure » est passé, le visiteur emménagera à Amos. Il faut que ça arrête!

7. Le DRAME

En août 2012, le pont du centre-ville d’Amos ferme pour être reconstruit. Le drame. Les commerçants craignent la banqueroute : leurs clients devront désormais emprunter le deuxième pont d’Amos et ainsi allonger leur trajet d’un bon quatre minutes (ce qui fait plus que doubler le temps de transport!!). Heureusement, le ministère des Transports a écouté leurs craintes; un pont d’appoint à sens unique a été installé à côté du pont en travaux pour minimiser les dégâts… Cette nouvelle dramatique a eu des répercussions partout en Abitibi. Dans un élan de solidarité, tout le monde s’est senti inquiet et concerné par les pauvres citoyens d’Amos. Pour preuve, la première chose qu’un joli garçon de Rouyn qui tentait de me draguer m’a dite fut : « Et puis? Comment tu t’en sors avec le pont? » Heureusement, j’ai quitté la ville une semaine après le début des travaux, FIOU!

8. Pour le « frencheur » romantique : belvédères et autres endroits qui mettent dans le mood

Le premier belvédère à considérer est le stationnement de l’hôpital. De là, on peut voir les deux ponts d’Amos en même temps, et ainsi sentir l’ampleur du drame décrit précédemment. Devant cette vue de la ville en désarroi, l’être désiré se sentira vulnérable et aura besoin de protection. Ensuite, le haut des escaliers à l’arrière du cégep offre une vue (je n’irais pas jusqu’à dire une belle vue, mais une vue) sur Pikogan, la rivière Harricana et la prison d’Amos. Il ne reste plus qu’à attendre d’être surpris par un étudiant en résidence qui regarde par la fenêtre pour profiter de la panique du moment afin de traîner le « frencheux » potentiel jusqu’au bord de la rivière. Si le « frencheux » est « chiâleux » et n’aime pas la bouette, le petit sentier qui mène à une section de rivière à l’abri des regards indiscrets derrière le bâtiment des sœurs de l’Assomption de la Ste-Vierge est une bonne option. (On a les sentiers de « french » qu’on peut!)

9. Le SUCRE
Toute ville à saveur rustique du terroir se doit de fournir ses citoyens en sucreries maison. À Amos, pour ça, il y a la boulangerie La Gourmandine qui fait un super job (les macarons au chocolat sont orgasmiques). De plus, la propriétaire est mince et sportive, cela me déculpabilise de manger autant de leurs trucs car j’en déduis que ce sont des pâtisseries « santé ». Mais pour ceux qui ont parfois besoin de changement, le kiosque de la salle d’attente de l’hôpital regorge de desserts délectables : biscuits glacés aux carottes (ils fondent dans la bouche), carrés aux dattes, muffins aux framboises… c’est définitivement un must. Seul hic : le stationnement d’en face est réservé aux malades… il faut marcher un bon deux minutes pour s’y rendre, et on n’a pas l’habitude de si longs déplacements! Il faut vouloir.  

10. Le Chat-O : là où tous les vins sont au prix de la SAQ+10$

Le Chat-O, c’est un de ces restaurants où tous les serveurs viennent chanter le bonne fête à toute personne à qui ça s’applique (mais attention, préparez votre carte d’identité, pas de passe-droit pour les fêtés de la veille ou du lendemain). Il est toujours surprenant de voir chacun de ses repas interrompus par au moins trois fêtes. Comment une ville d’à peine 14 000 habitants peut-elle produire autant de fêtés allant au même endroit? À ce jour, le mystère plane toujours. Ce mystère, et celui de l’excitation instinctive qui, lorsque la musique d’ambiance habituelle s’éteint pour laisser place à la musique d’anniversaire, envahit et force tous les clients du restaurant à cesser leurs confidences, conversations et plans d’affaires pour taper des mains et accompagner les serveurs chantants. L’excitation atteint ensuite son paroxysme lorsque le fêté a le privilège de tourner la ROUE D’ANNIVERSAIRE! Que gagnera-t-il? Une nuit à l’hôtel? Une girafe de bière? Ou prendra-t-il part au tirage du GROS LOT mensuel????

11. Mon propriétaire
Le gros must de mon propriétaire, c’est qu’à 87 ans, il incarne à lui-seul l’histoire d’Amos. Il y a peu d’endroits au Québec où on peut trouver des gens qui ont vu naître et évoluer une région entière. À Amos, on peut. Et sans vouloir tomber dans le « chaque fois qu’une personne âgée meurt, c’est une bibliothèque qui brûle », mon proprio m’a quand même donné la seule version féministe de l’histoire d’Amos que je n’entendrai jamais. Il est catégorique: « C’est les femmes qui ont construit l’Abitibi! ». Pour preuve, sans sa femme à lui, conquise grâce au fameux truc du « tour de machine », il aurait probablement « fait un ivrogne ». Mais malgré toute cette admiration, il estime aussi que des fois, on se complique la vie pour rien. C’était mon cas lors d’une conversation pré-élection fédérale 2011. Alors que je lui discourais des grandes questions existentielles qui me tracassaient quant à choisir à qui accorderais-je l’honneur de mon vote, il a su me ramener à l’essentiel:

« Pis vous monsieur? Avez-vous décidé pour qui vous allez voter? »
« L'anglais la, Gnatieff »
« Pourquoi? »
« J'aime son air »   
« Qu'est-ce qu'il a son air? »
« J'sais pas j'aime son air. Ya l'air poli »
« Et Harper? »
« Non non non lui j'aime pas son air »

Comment ne pas être d’accord devant le gros bon sens?  

Amos en images


NDLR: Urbania mettant AMOS à l'honneur cette semaine, offre 10% de réduction sur les abonnements à tout résident de la ville! Écrire à pauline@urbania.ca

*** Un immense merci à la photographe Jenny Corriveau, à Marie-Ève Langlois, à Véronique Naud et à Gabrielle Rivest pour leur précieuse aide pour les photos, mes amitibiennes c’est les meilleures!]]>
http://urbania.ca/canaux/ville/3919/la-ville-de-la-semaine-amosThu, 18 Apr 2013 15:07:07 EDTfriddome du rocher de jerusalemulrick chérubinrichard desjardinsharricanaabitibiamosreportagehttp://urbania.ca/canaux/ville/3919/la-ville-de-la-semaine-amos
La ville de la semaine: Waterloo
Portrait de la meilleure « partenaire de vie » EVER. (Je voulais vraiment vous partager le slogan de ma ville).

1. Waterloo c’t’un trou

On m’a si souvent balancé cette rime trop facile (et de très mauvais goût), qu’aujourd’hui, ça me fait le même effet que d’entendre un « si j’aurais » : ça me sille dans les oreilles. Parce que Waterloo c’est PAS un trou.
Géographiquement parlant, avant que Waterloo devienne Waterloo, on retrouvait une belle grande plaine plate. Puis, les maisons se sont mises à pousser sur la plaine. Pas des petits bungalows deux chambres avec un sous-sol fini. Non. Plutôt des manoirs victoriens de 15 pièces pour des banquiers fortunés. De nos jours, les somptueuses demeures se tiennent encore debout avec classe et sont là pour nous rappeler que les premiers Waterlois étaient tout sauf dans l’trou. Maintenant, que plus personne ne vienne me dire que Waterloo c’t’un trou, parce que mes ancêtres étaient riches en tabarnak.

2. Le Manoir Maplewood
Parlant de grosses baraques…Vous souvenez-vous de la maison de Casper, le gentil petit fantôme? Eh bien, le film aurait pu être tourné à Waterloo même, dans le mythique Manoir Maplewood. Construit en 1864, cet ancien couvent épeurant pourrait accueillir (et effrayer) les Alouettes au grand complet, cheerleaders comprises, avec ses 40 pièces. Je me rappelle y avoir déjà passé une nuit avec le camp de jour… Je gage 5 piastres que les footballeurs auraient mouillé leur jackstrap eux aussi. Récemment, deux Madelinots qui n’ont pas peur des spectres ont acheté le manoir pour 350 000 $. Ils s’affairent présentement à le dépoussiérer pour le transformer en auberge de 10 chambres d’ici 2014. Il vous reste donc un an pour préparer votre road trip à Waterloo et faire un petit dodo dans ce château. Pas game!

3. La rue Foster

La rue Foster, c’est notre main. Voici un top 5 des phénomènes qui la caractérisent :
1. Une madame s’est déjà promenée toute nue sur la rue par un beau dimanche matin.
2. En été, si vous entendez un canard cancaner en plein centre-ville, c’est Coin-Coin, un gentil monsieur souvent rond qui porte bien son surnom.
3. À l’autre bout de la principale, y’a le monsieur au garage rouge. Une fois le beau temps arrivé, il ouvre son garage, allume ses télés, met sa casquette et s’installe dans sa chaise de parterre pour regarder le trafic passer.
4. L’ampoule des lampadaires de la principale tient dans un cube de verre jauni.
5. Les quatre bars de Waterloo sont sur la rue Foster : Chez Norm’s, L’Alexandra, Bière-ô-Loo et le Café Bistro.

4. Le Musée de la pêche à la mouche
Saviez-vous que vous n’aviez pas besoin de traîner votre tapette en bateau pour pêcher à la mouche? C’est entre autres ce que j’ai découvert en visitant le Musée de pêche à la mouche du Canada. Depuis 2007, cette institution muséale très inusitée se cache dans le sous-sol de notre petite bibliothèque municipale. Des centaines de mouches célèbres comme la Rusty Rat, la Grenade et la 13A sont exposées dans ce minuscule musée d’une pièce. La ville a même une mouche à son nom : la Waterloo Spey. C’est tout de même assez comique que l’unique musée sur la pêche à la mouche en territoire canadien soit situé à Waterloo, la ville dont le lac remporte des médailles d’or dans la discipline mon-lac-est-plus-pollué-que-le-tien. Une autre preuve que Waterloo n’est pas un trou!

5. La maison de la culture
Ce qui me rend le plus fière d’être d’origine waterloise, c’est sûrement notre maison de la culture. Cette ancienne église a été transformée en coquette et intimiste salle de spectacle. La programmation est digne de celle d’Osheaga (j’exagère peut-être un peu), mais on ne retrouve ni hippies ni filles en bikini, et les billets ne coûtent pas la peau des fesses. La maison de la culture, c’est le genre de place où t’as l’impression qu’Ariane Moffat, Half Moon Run ou Patrick Watson jouent juste pour tes beaux yeux. Et on est plusieurs à pouvoir se vanter d’avoir foulé les mêmes planches que ces artistes-là pour jouer les rôles de nos vies dans les pièces de théâtre du secondaire. Ah, les plaisirs des p’tites villes!  

6. L’adolescence waterloise
Être ado à Waterloo, ça signifie louer un film au Vidéo Flash et se faire cuire du popcorn au micro-onde le vendredi soir parce que le cinéma Star a brûlé depuis belle lurette. C’est aussi passer ses soirées d’été à faire des up en ville avec son nouveau/vieux char qui fait boom boom (c’est-à-dire gaspiller son gaz en faisant des allers-retours sur la principale). La première job étudiante de presque 110 % des ados, c’est de travailler chez Métro. Le record du plus long service étudiant revient à mon amie Marika, qui a passé 8 ans à « caisser »! Les jeunes qui fréquentent l’école secondaire Wilfrid-Léger traversent la rue à la récré et vont se ruiner pour un paquet de gomme au dépanneur chez Pauline. Quand j’étais encore adolescente, elle vendait son sac de chips trois fois plus cher qu’ailleurs et souffrait d’amnésie concernant l’âge légal des jeunes quand venait le temps de leur vendre des cigarettes… Les spots des ados en bref : la crèmerie, le stationnement du Dollo, le carré Foster, les escaliers du bureau de poste et le skateparc.

7. L’église St-Bernardin
Anglicane, baptiste évangélique, catholique… les églises à Waterloo, c’est pas ce qui manque! Celle que tout le monde trouve laide, c’est l’église St-Bernardin. Après qu’un incendie ait ravagé l’originale dans les années 70, la paroisse n’a pas niaisé avec la puck quand est venu le temps de la reconstruire. Résultat : les catholiques de Waterloo vont manger des hosties et donner leur p’tit change dans une église en béton avec un toit plat. Mais la St-Bernardin a beau ressembler davantage à une polyvalente qu’à une maison de Dieu: elle a un sous-sol d’église comme toutes les autres qui sent bon la boule à mites avec son bazar à prix mini. C’est aussi dans cette cave-là que beaucoup de Waterlois ont frenché pour la première fois et dansé leur premier slow sur My Heart Will Go On. C’était à la « petite danse » du vendredi soir pour les 6 à 14 ans.

8. Capitale canadienne du vélo
C’est pas pour rien que Waterloo est considérée comme la Capitale canadienne du vélo : trois pistes cyclables passent par chez nous (l’Estriade, la Montagnarde et la Campagnarde) et la Raleigh fait notre renommée. Quand j’étais jeune, la ville organisait le Festival du vélo. C’était un peu comme Noël en plein été : les patios étaient décorés de vieux vélos pimpés et presque tout le monde enfourchait sa bicyclette pour le fameux tour de nuit. Aujourd’hui, la chaîne de notre titre de Capitale canadienne du vélo est sur le point de débarquer. Le festival n’existe plus depuis longtemps, et Raleigh Canada a décidé de mettre fin à la production de vélos à l’usine de Waterloo. Mais les pistes cyclables, elles, sont là pour rester.

9. Le Dollo
Il y a plusieurs années, les moteurs économiques de la ville étaient les nombreuses usines : la Vogue, la Roxton, les Champignons de Waterloo, la Raleigh, la Laiterie Chagnon, les Bouchons Mac… Aujourd’hui, les cossins à une piastre faits en Chine ont remplacé les brassières et les meubles made in Waterloo. Chez nous, le Dollarama est presque aussi grand que l’épicerie, et les files sont souvent longues devant les caissières sympathiques. Dans ma jeunesse, il s’appelait Explosion et c’est là que j’achetais mes Barbies. Quand tu vas au Dollo, c’est certain que tu croises un p’tit Marois, ta matante ou un Anglais. À Waterloo, le magasin à une/deux/trois piastres a remplacé le parvis d’église : c’est devant le Dollo que les potins circulent et que les vieilles connaissances s’envoient la main.

10. Se régaler à Waterloo
Si Anne-Marie Withenshaw s’intéressait à la gastronomie waterloise, je lui suggérerais de commencer sa journée par un déjeuner au célèbre Royaume du Steak. Steak-œufs-patates, s’il vous plaît. Pour dîner, c’est à l’Express (les habitués disent Chez Suzanne) que ça se passe. Pour faire partie de la gang, il faut s’asseoir à la grande table du milieu, celle des travailleurs. On commande le spécial du midi, et on ressort une heure plus tard le ventre plein et bien heureux d’avoir avalé un bon cigare au chou maison pour 8,85 $. Et surtout, on en a ri une beurrée à écouter les blagues bien salées de nos compagnons de table. Puis, pit-stop obligé au P’tit Poulet (un shack gros comme un poulailler) pour découvrir que monsieur Kentucky peut aller se rhabiller. On ressort cinq minutes plus tard avec notre boîte bien graisseuse en main et on va s’éclater la panse à la plage juste à côté. Autres restos qui valent le détour : le Maurice Pizzeria, le Café Miches et Délices, et la boulangerie Beignes d’Autrefois Phil’s.

Waterloo en images

NDLR: Urbania mettant Waterloo à l'honneur cette semaine, offre 10% de réduction sur les abonnements à tout résident de la ville! Écrire à pauline@urbania.ca]]>
http://urbania.ca/canaux/ville/3903/la-ville-de-la-semaine-waterlooThu, 11 Apr 2013 14:36:51 EDTmuséemanoirvéloraleighfosterville de la semainewaterlooreportagehttp://urbania.ca/canaux/ville/3903/la-ville-de-la-semaine-waterloo
La ville de la semaine: Lauzon1. Lauzon, c’est pas Lévis. O.K.?
La fusion municipale, c’est ben beau pour économiser sur les pancartes vertes le long de la 20, mais ça ne donne pas le droit de tout mélanger et d’annexer à Lévis 200 ans d’histoire, un cégep, un site national historique, une meurtrière célèbre et une brasserie mythique qui ne lui appartiennent pas. Lauzon, c’est pas Lévis, c’est Lauzon. Bon, c’est peut-être pas sans raison qu’il y a souvent confusion : aucune frontière géographique claire comme, par exemple, 10 km de champ de patate, une rivière ou une raffinerie de pétrole, n’a jamais séparé clairement les deux entités. Ça n’a jamais empêché les Lauzonnais de se sentir Lauzonnais, d’être fier de l’être et d’ha-gu-ïr les maudits Lévisiens, notamment parce que, pour expliquer d’où ils viennent, les Lauzonnais devaient toujours expliquer que Lauzon, c’est juste à côté de Lévis. Oui, oui, juste en face de Quibèèèèc!

2. Lauzon, c’est vieux
Non, non, je ne parle pas juste de la population pendant l’été, quand le cégep est fermé. Avant d’être une ancienne municipalité fusionnée, un village, une municipalité de paroisse pis le diable-à-sa-patte, c’était une seigneurie. Lauzon, c’est le nom du bonhomme à qui le roi de France donna un grand terrain pour qu’il puisse se partir une business d’écotourisme, genre « survivor camp ». Peu désireux de se les geler en regardant ses dents tomber, il aurait donné le projet en sous-traitance à Guillaume Couture, valeureux colon qui aurait vite remplacé son shack avec toilettes extérieures par un village digne de ce nom, parsemé ici et là de magnifiques constructions, église, couvent, collège, chapelles, qui forment aujourd’hui un patrimoine bâti dont les Lauzonnais peuvent être fiers. Car la Seigneurie de Lauzon, fondée en 1636, fait de cette charmante localité l’une des plus anciennes du pays, presque aussi ancienne... que Quibèèèèc!

3. La Corriveau
On n’y pense pas souvent, mais c’est sans doute la raison pour laquelle à Lauzon, c’est don’ tranquille. Car c’est à Lauzon – pas à Lévis –, à l’angle du boulevard de l’Entente et de la rue Saint-Joseph (la « main » du Vieux-Lauzon), où trône maintenant une maison en forme de pointe de tarte dont on aurait mangé le bout de la pointe, qu’a été suspendu pendant plusieurs semaines le cadavre de la pauvre femme, pour faire exemple. Les gens ont compris vite... et longtemps. Point de taux d’homicide élevé dans cette petite communauté où on soupe à 17 h et on se couche à 21 h. Bon, c’est vrai, excepté ceux qui fréquentent le Baraka ou la Boulathèque, et les soirs où on sort... à Quibèèèèc!

4. La bus
Un moment donné, à Lauzon (bon, o.k., à Lévis aussi), est arrivé un service de transport en commun. C’était quand même effronté de détourner ainsi ce qualificatif pour décrire un service public qui ne rendait pas service à grand monde. Car après avoir dû marcher, pour se rendre à l’arrêt de bus, près de la moitié de la distance entre chez soi et sa destination finale, il fallait attendre longtemps, à moins d’être vraiment chanceux, pour pouvoir enfin embarquer dans sa bus. Ce qui en faisait bien davantage un transport pour le commun qu’un transport en commun, du genre à donner envie de s’acheter un char ou de déménager dans une ville où la bus passe plus fréquemment... comme à Quibèèèèc!

5. Chantier maritime Davie
L’une des plus grandes cales sèches au Canada, la Davie a certes déçu autant de gens qu’elle en a nourris au fil de ses déboires financiers, mais elle fait indéniablement partie de l’ADN des habitants de Lauzon : pas un qui ne connaisse un père, un oncle, un grand-cousin ayant travaillé à la Davie, s’étant blessé sur le chantier de la Davie ou s’étant fait crisser dehors de la Davie. Le boom économique provoqué par l’installation de cette grande entreprise à Lauzon explique sans doute en partie le labyrinthe de rues minuscules qui, perpendiculaires à la rue Saint-Joseph, accueillent un nombre impressionnant de petites maisons qui s’étendent vers la falaise, face au fleuve. Comme le chantier, elles ont connu des jours meilleurs, mais ajoutent encore au charme du Vieux-Lauzon. Un p’tit coup de pinceau, une bonne job de maçonnerie, des trottoirs, des calèches et des bus de touristes : il suffirait d’un rien pour s’y sentir comme à Quibèèèèc!

6. Éducation supérieure
Permettre les échanges culturels et génétiques entre les jeunes citadins de la rive-sud et la jeunesse rurale des Chaudières-Appalaches, voilà l’un des nombreux bienfaits apportés par l’ouverture – à Lauzon, pas à Lévis – du cégep Lévis-Lauzon. En prime : une belle piscine intérieure tout équipée, qui a permis à des enfants comme moi d’apprendre à nager sans devoir aller à Lévis. On néglige beaucoup, dans le débat actuel sur l’accès à l’université, l’influence que peut avoir la proximité d’un cégep sur l’avenir professionnel des jeunes en région. Je me revois à 11 ans, entrant dans ce temple du savoir pour ma première leçon de natation, contournant ces étudiants aux cheveux longs qui méditaient, pupilles dilatées et air béat, et me disant « Moi aussi, j’irai au cégep! ». Et ce qui est chouette, avec le cégep, c’est qu’après, tu peux aller à l’université... à Quibèèèèc!

7. Harlaka
Tantôt village, souvent banlieue, parfois urbaine - version boulevard Taschereau -, Lauzon abrite encore quelques vestiges de son passé agricole dans ce que ma mère appelait Harlaka. Débutant vaguement à hauteur du chemin des Forts (ou désignant tout ce qui se trouve plus au sud) et se terminant à la limite nord de Pintendre, Harlaka est une plaine fertile coupée en son centre, d’est en ouest, par l’autoroute 20. Des granges exsangues y rivalisent tant bien que mal avec une épidémie de constructions cossues de style néo mortuaire. Les temps changent, c’est certain, et il faut bien se loger; sis à deux pas de l’autoroute, le dernier territoire encore vierge de tapons d’unifamiliales est en voie de devenir le refuge douillet et abordable de ceux et celles qui travaillent dans la Capitale nationale et qui n’ont pas les moyens d’acheter une maison... à Quibèèèèc!

8. Les galeries du Vieux-Fort
On trouve de tout au Jean-Coutu? Eh bien, aux galeries du Vieux-Fort itou. Situé à 5 minutes du cégep (20 minutes si vous êtes soûl), ce centre d’achats bien garni offre, entre autres services essentiels, un supermarché, une pharmacie, une librairie, une bijouterie, du linge de madame, un salon de coiffure et le comble : une succursale de la SAQ, ouverte il y a quelques années après que les dirigeants de la société d’État aient enfin compris qu’il y a belle lurette que les étudiants du cégep ne se contentent plus de Molson Ex. Bien qu’ayant changé de local et d’administration, on y trouve encore le dépanneur où j’ai acheté des jujubes toute seule et, peu après, mes premières cigarettes (10 cents l’unité). Si vous êtes écolo et désirez consommer local, vous pourrez vous y procurer toute la gamme des chips Lays, fabriquées à moins d’un kilomètre de là. Oui oui, à Lauzon, pas à Quibèèèèc!

9. La Mrg-Bourget, ou comment expier ses fautes en revenant à pied du Vieux-Lauzon
Lauzon s’est construite progressivement de la falaise surplombant directement le rivage du fleuve vers la plaine d’Harlaka. Entre les deux, ça monte en titi, surtout au petit matin, quand tu ne trouves pas de taxi. Pour admirer le relief lauzonnais, rien de tel qu’une descente de la route Mrg-Bourget, entre la 132 et la rue Saint-Joseph, en voiture, à pied... ou en ski! Le dénivelé est tellement important qu’un centre de ski alpin a été aménagé juste à côté, avec remonte-pente, chalet et tout’ le kit. Des pistes bien courtes, il va sans dire, mais quoi de mieux qu’une pente tout près de chez soi pour se pratiquer de temps en temps, et éviter d’avoir l’air fou quand t’as enfin les moyens de t’acheter un char pour aller skier... à Quibèèèèc!
 
10. La marre à pompon
Jouxtant l’entrée du Fort-No-1, entouré de bungalows discrets, sommeille un petit étang bordé d’un bel espace vert, espace qu’on prendrait vaguement pour un lopin oublié par les promoteurs immobiliers si ce n’était de l’authentique avion de combat qui y trône en permanence depuis la nuit des temps, nez pointé vers le ciel, pour une raison qui m’a toujours échappé. Que peut bien faire un artéfact guerrier si agressif dans une ville où chacun aspire à une vie tranquille, où il ne se passe jamais rien? Parait que ce terrain aurait accueilli pendant des années un camp militaire, et qu’il ne suffisait pas aux Lauzonnais d’avoir hébergé la dépouille en putréfaction de la Corriveau : tous les jours, en se rendant à l’école primaire par la route Mrg-Bourget, leur progéniture se verrait rappeler la nature belliqueuse de l’Homme et l’omniprésence du Mal sur Terre. Et ça s’appelle le parc de la Paix. Un avion comme ça, ils en ont même pas, à Québec.

Lauzon en images


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http://urbania.ca/canaux/ville/3847/la-ville-de-la-semaine-lauzonThu, 21 Mar 2013 14:32:14 EDTmrg bourgetharlakaboulathequebarakaquebecpas lévislauzonville de la semainereportagehttp://urbania.ca/canaux/ville/3847/la-ville-de-la-semaine-lauzon
La ville de la semaine: Baie-Comeau
J’y ai habité près de 20 ans et je peux vous dire que les Baie-Comois sont des toughs. Ce monde-là a appris à conduire des quatre-roues avant même de savoir pédaler. Ils savent partir des feux sans rien, caler de la bière en courant un rallye ou affronter n’importe quel froid sibérien grâce à leur suit de skidoo Polaris. Ce n’est pas surprenant, ils se sont baignés toute leur jeunesse dans les lacs pollués par la Reynolds (aujourd’hui l’Alcoa). Ça les a endurcis!

Laissez-moi maintenant vous parler des secrets de cette place où on met des frocs, pas des manteaux et où on arsout plutôt que d’arriver.

1- Le frette
Commençons par régler la question que tout le monde se pose : fait-il vraiment froid sur la Côte-Nord ? Bien entendu, durant l’hiver il fait froid, comme partout au Québec. Est-ce plus froid qu’ailleurs ? Je ne pense pas. Mais une chose est sûre par exemple, les étés sont beaucoup plus frais! Saison tellement courte qu’elle semble parfois n’être qu’un mirage, l’été nord-côtier s’échelonne entre la St-Jean et la Fête du Travail, si on est chanceux. L’été est court et venteux, personne ne peut le nier. Le soir, la petite laine est de mise. Le jour, la crème solaire « 15 » est suffisante. Mais on s’y fait! La Côte-Nord est le seul endroit que je connaisse où on mange sa crème molle dans la voiture parce qu’il fait trop froid dehors. C’est également le seul endroit où on a toujours le vent dans la face en vélo et où il fait plus chaud dans la piscine qu’en dehors de l’eau. Ceci dit, je ne pense pas me tromper en affirmant qu’aucun habitant de Baie-Comeau n’envie les canicules accablantes des grandes villes!

2- Le Parc des Pionniers

Le Parc des Pionniers est l’endroit tout indiqué pour commencer votre visite touristique de Baie-Comeau. Longtemps un vaste terrain de garnotte sous-utilisé, le Parc des Pionniers peut maintenant être qualifié de coquet, avec ses pistes cyclables et ses appareils sportifs en plein-air. C’est à la fois le plus bel endroit de la ville pour admirer le fleuve et le lieu de tournage du film « La turbulence des fluides ». N’hésitez pas à admirer les berges où fut tourné ce long métrage mettant en vedette Pascale Buissières et qui avait pour prémisse les marées. L’arrêt obscur de ces dernières provoquait d’étranges événements et rendaient les gens de la ville un peu simplets. Pour finir la visite du Parc, retournez-vous et admirez la légendaire usine de pâte et papier née Quebec North Shore, ou le moulin pour les intimes. Si vous êtes chanceux, vous pourrez peut-être sentir ses effluves, qui donnent à ce secteur de Baie-Comeau un charme odorant unique.

3- La statue du colonel McCormick
Tout voyage culturel doit avoir sa série de photos cocasses avec des statues. Ça fait toujours rire, n’est-ce pas? Qui ne rêve pas de poser aux côtés d’un vrai explorateur qui a marqué l’Histoire? La statue de McCormick, fondateur de Baie-Comeau, vous en donnera pour votre argent. Bien assis dans son canot, le colonel rame pour ainsi dire, vers les territoires inexplorés de la Côte-Nord. Prenez place dans son canot et vous aussi, laissez-vous envahir par l’appel des contrées lointaines, tout en faisant bien rire les locaux qui passeront par là en même temps! Ville fondée officiellement en 1937 et qui était destinée à un avenir prospère à l’époque (grâce à l’abondance de ses ressources naturelles), Baie-Comeau a préféré le nom de Napoléon-Alexandre Comeau, un naturaliste de la région à celui de McCormick. Mais somme toute, c’est la statue de ce dernier qui en est un symbole.

4- La 2e Baie
Dans le secteur Mingan, « en bas de la côte », on trouve une plage au bord de la rivière Manicouagan qui a fait bien jaser dans mon temps. Ce joli bout de plage devenait pendant certaines nuits, un lieu de déchéance et de beuverie. Quand l’appel était lancé, tels les Mangemorts devant la Marque des Ténèbres, les fidèles fêtards s’engouffraient dans le sentier menant à la 2e Baie pour enligner quelques bières autour d’un grand feu de joie. Aujourd’hui, l’endroit est redevenu une simple plage paisible où il fait bon se détendre. Pour ceux qui visiteraient le coin pendant le jour et qui seraient tentés de s’y baigner, je vous le déconseille fortement. La légende raconte qu’il y aurait eu tellement de bouteilles de bières lancées dans la rivière que le verre cassé couvrirait le fond l’eau.

5- Le Cap
Vous aimez les sensations fortes? Venez sauter du cap, un précipice formé avec l’écoulement des eaux des canaux de déviation des barrages de la Manic. Personne ne connait l’élévation exacte du cap, mais c’est haut. On raconte que ce serait aussi élevé qu’un lampadaire ou un lampadaire et demi. On dit aussi que l’eau est sans fond. Il paraît que plusieurs y ont pris les plus gros « flats » de leur vie, que la chute est tellement intense que d’autres se seraient évanouis en entrant dans l’eau ou qu’un de leur bras se serait cassé. Oui, c’est très dangereux, mais si vous avez un esprit insouciant et téméraire, demandez à un local de vous amener là-bas (le trajet fait partie de l’expérience puisqu’il n’est pas rare de croiser des animaux tels des hérissons ou oursons). Mais attention! Après avoir rassemblé votre courage pour tenter le grand saut, il faut pouvoir regrimper la paroi de roche (aucun aménagement ne facilitera votre remontée). Comme quoi le développement hydroélectrique est aussi très palpitant.

6- La Place Lasalle
Le « centre-ville » revampé de Baie-Comeau est un peu comme le Plateau-Mont-Royal de la ville, mais sans les problèmes de déneigement. C’est la place branchée pour trouver des produits fins et bios, du café fraîchement moulu, du linge griffé, des œuvres d’art locales, des restaurants et des bars. La Place Lasalle héberge également L’Ouvre-Boîte culturel, un organisme à but non lucratif ayant pour mission la promotion des arts et de la culture régionale. Une belle initiative locale qui fait bouger cette ville trop souvent qualifiée de « plate ». En tout cas, comme dirait un vieux grincheux : dans mon temps, on n’en avait pas des endroits aussi intéressants! Je suis également contente de constater que beaucoup de jeunes retournent vivre à Baie-Comeau après leurs études, contrant ainsi un peu l’exode rural et amenant du dynamisme!

7- Les écoles

Il y a deux polyvalentes à Baie-Comeau, la Polyvalente des Baies ou PDB située dans le secteur Marquette et l’École secondaire Serge Bouchard (anciennement la Polyvalente des Rives ou PDR) située dans le secteur Mingan. Deux grosses écoles du style « Breakfast Club » qui cultivent une bonne rivalité entre elles, surtout dans les équipes sportives. Il y a aussi une minuscule école anglaise et une privée, mais la plupart des jeunes vont à la poly, dans leur secteur de résidence. C’est seulement au Cégep que nous commençons à vraiment connaître les étudiants provenant des autres écoles secondaires. Le Cégep offre tous les programmes préuniversitaires et quelques techniques dont certaines touchant à la foresterie. Des étudiants de partout au Québec viennent étudier à Baie-Comeau dans ce domaine (les fameux TACH). Il y a même des résidences pour ces étudiants « étrangers » qui sont un lieu d’histoires et d’anecdotes pas toujours catholiques. Le petit Cégep de Baie-Comeau a une grande vie étudiante, avec chaque année, une compétition entre les concentrations, le Festi-Fun. Une semaine d’activités telles que Dames Shooters ou Bercethon (de bières) et plusieurs autres défis qui à l’occasion ne concernent pas l’alcool. C’est après le Cégep que la ville se vide de ses jeunes qui vont étudier à l’université dans les grands centres urbains et qui trop souvent, ne reviennent jamais y vivre.

8- Le hockey
Baie-Comeau est définitivement une ville de hockey où l’odeur des arénas est sacré patrimoine culturel. La ville a son lot d’équipes mineures menant une grande rivalité contre les autres équipes locales et nord-côtières. De plus, tel Montréal et ses Canadiens, Baie-Comeau a les Drakkar, une équipe de Hockey de la ligue Junior Majeure du Québec (LHJMQ). Tout comme les Montréalais, les Baie-Comois ont la chance d’entendre à la radio les commentaires d’analystes et de partisans enflammés par la performance de leur équipe fétiche. Le Drakkar, qui signifie « bateau de viking », a usé tous les jeux de mots touchant à la « navigation vers la victoire » et a fait « ramer » les spectateurs dans le vide en guise d’expression de leur immense joie devant un but marqué par leurs héros sur lame. Oh oui, Youppi n’a qu’à aller se rhabiller puisque le Drakkar a Snorri la mascotte de viking qui sait comment faire enflammer le Centre Henry-Leonard!

9- Sports d’hiver
Dans une région comme la Côte-Nord, le Baie-Comois se doit de développer une passion pour l’hiver s’il veut être heureux. Par chance, la Manicouagan est un terrain de jeu rêvé pour l’amateur de sports d’hiver : motoneige (l’activité de prédilection dans la région), le patinage, le hockey, la raquette, le ski de fond : tout est possible et à une fraction du prix des « grandes villes ». Et si vous avez le goût de faire des tours de télésiège, rendez-vous au Mont Ti-Basse, la station de ski du coin. Petite montagne où on se doit de descendre les pentes en ligne droite pour se rendre en bas sans patiner et où on retrouve encore un T-bar en bois, très apprécié des planchistes. Lieu de socialisation plutôt que de performance, le centre de ski propose un excellent après-ski avec foyer, bière et poutine. Le décor est enchanteur et figé dans le temps, mais il fait toujours bon s’y réchauffer quand le nordet se fait aller à l’extérieur.

10- Cueillir des bleuets
Le Saguenay-Lac-St-Jean prétend avoir les plus beaux bleuets du Québec. Eh bien, c’est faux! Faites un tour à Baie-Comeau au mois d’août pour vous convaincre du contraire. Prenez la route vers l’aéroport et arrêtez-vous sur le bord du chemin muni de vos petits pots de plastique. Il est certain que vous allez apercevoir des talles de ces petits fruits bleus autour de vous. C’était une activité synonyme de calvaire lorsque j’étais jeune. Mais aujourd’hui, rien n’est plus valorisant que remplir un pot de margarine de bleuets en 4 heures en compagnie des mouches noires pour ensuite cuisiner de délicieux desserts aux bleuets, comme le faisaient nos grands-mères, pas vrai ?

11- La route
Faire de la route fait partie des gènes des Baie-Comois. On a été élevé à endurer les longs trajets (normal, se rendre à Québec prend 5 heures et Montréal, 8 heures). Se « taper » de longues distances ne nous effraie pas. On aime tellement faire de la route qu’il n’est pas rare de voir des gens partir magasiner une journée aller-retour à Chicoutimi. Aller passer un jour à Québec et revenir le lendemain est tout à fait normal. Mais quand on roule autant sur la 138, on développe des mauvais plis. Madame Jérôme-Forget a longtemps parlé du « syndrome de la pépine », les Nord-Côtiers eux, souffrent du « syndrome de la traverse ». Pour ceux qui l’ignorent, la rivière Saguenay se jette dans le fleuve St-Laurent à la hauteur de Tadoussac. À cet endroit, il n’y a pas de pont mais un traversier qui fait la navette en continu. L’escale peut sembler charmante pour les vacanciers qui en profitent pour observer les baleines, mais pour les résidents, ça peut tourner à l’obsession. Rien ne fâche plus un aguerri de la 138 que de manquer le bateau! Les gens de la Côte-Nord connaissent le timing du traversier. Trente minutes avant d’arriver, ça commence à les fatiguer. Ils accélèrent pour arriver plus vite. Et à la sortie du bateau, c’est bien pire! Tasse-toi matante, il faut rattraper le temps perdu. Soyez averti!

Difficile de tout dire en 10 points. Je n’ai pas pu parler du Jardin des Glaciers (allez voir le site Web!) ni du Vert Feuillage (le vieux bar plutôt miteux dont personne ne se remet de la fermeture). Ce sera pour une prochaine fois! D’ici là, je vous souhaite d’aller vous aussi prendre une grande bouffée d’air frais dans cette belle grande région!

Julie St-Pierre
Visitez mon blogue : lachevrerie.wordpress.com

Baie-Comeau en images


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La ville de la semaine: Yellowknife1- YYK (pourquoi Yellowknife)?
L’endroit en lui-même n’a rien de bien impressionnant pour un Québécois venu y chercher du travail ou ayant pris la mauvaise sortie à Edmonton et roulé 18 heures sans se poser de questions. C’est plutôt ses habitants, ramassis hétéroclite de bons vivants réservant aux étrangers un accueil incomparable, qui rendent YK digne que je vous la décrive brièvement, dans ses jours comme ses nuits, son calme et son tumulte, dans sa plus grande ingéniosité comme dans sa pire bêtise.

2- La vie sur le lac
Les rives du Grand lac des Esclaves, au niveau de Yellowknife, recèlent un spectacle qui saurait confondre un banlieusard blasé. C’est dans des maisons bateaux et des shacks qu’ont élu domicile les habitants les plus représentatifs de l’endroit. Ils ne sont ni raccordés à l’électricité, ni bénéficiaires du réseau d'aqueduc. Un mode de vie qui en découragerait plus d’un. Le monde qui habite là a le pied marin, sait recevoir, et ça jam autour du feu de foyer en trinquant au whisky. En plein cœur de l’hiver, lorsqu’il fait -45 Celsius avant facteur vent, certains privilégiés tels que moi sont invités à jouer au hockey sur la patinoire artisanale du lac. On doit y boire notre Trad dans les délais les plus brefs, sans quoi elle fige et nous prive de sa chaleur fortifiante. Plus tard, en mars, le plus notable de ces joyeux hommes du lac s’autoproclame le « Snow King » et érige un château de neige, ma foi, assez impressionnant. Le party poigne sévère, et les personnalités les plus éclatées de YK s’y rencontrent pour fêter comme ils savent si bien le faire. Certains diront que les « lakers » ont comme principal intérêt l’exemption de taxes municipales (le lac étant une propriété fédérale). Mais croyez-moi, si un jour vous les voyez à la fonte des neiges, un pied dans le canot et l’autre patinant sur la glace en train de céder, tentant tant bien que mal de rejoindre la rive pour se rendre au boulot, vous comprendrez vous aussi que leurs intérêts sont loin d’être financiers.

3- La dump
Le dépotoir est l’une des attractions les plus « underground » de YK (et je ne tente pas ici de verser dans l’humour puisque le dépôt est à ciel ouvert). C’est le samedi dans l’après-midi, souvent après les ventes de garage et toujours dans la bonne humeur la plus contagieuse que plusieurs locaux se rendent à la dump. C’est l’heure de pointe. Généralement, chacun y trouve son compte et peut même faire quelques découvertes inespérées. Yellowknife, c’est une ville d’aller-retour, et parce qu’on est à 18h de route du grand centre le plus près, c’est plus cher de tout déménager que de se remeubler sur place. Les gens préfèrent donc s’équiper une fois ici et repartir allégés d’un voyage à la dump, direction sud, passe de cash en poche. C’est alors un rendez-vous pour ceux qui veulent se meubler pas cher, et un petit soulagement écologique pour la région qui souffre déjà du hit-and-run des géants de l’industrie minière.

4- Le froid
J’en fais la promesse : jamais plus je ne me plaindrai de l’hiver québécois. Avant ma venue ici, j’avais tendance à m’enorgueillir de l’exploit d’avoir survécu à 24 hivers de la belle province. Toutefois, ma conception de la température allait changer. Ce n’est pas un mythe, il fait frette à YK. Fait intéressant, pour se réchauffer, les gens de l’endroit se réfugient dans un sympathique déni collectif. Lorsque j’annonce à une nouvelle connaissance que je viens du Québec, tout de suite elle me répond : « Ah oui! Montréal! J’y suis allé. L’hiver est humide, ça te traverse. Ici, tu t’habilles et tu ne le sens pas! » Et moi de rétorquer intérieurement : « Il ne fait jamais -52 à Montréal », évitant ainsi respectueusement de faire voler en éclat la comparaison fautive de mon interlocuteur, réconfortante source de chaleur chimérique.

5- Les corbeaux
Dit vite de même, ça peut faire penser à une cauchemardesque mise en scène d’Alfred Hitchcock qui se déroulerait à Yellowknife, et au fond, c’est un peu ça. Je ne sais pas si les corbeaux d’ici obéissent à la loi de déformation aux pôles en vigueur en cartographie, mais c’est franchement inquiétant. Ces volatiles communs à toute la contrée sont trois fois plus gros à Yellowknife qu’ailleurs. Aucune thèse scientifique sur le sujet; obscure manifestation des forces de la nature et il me prend parfois l’envie de donner ma démission à ma patronne et de vivre en reclus, m’adonnant à temps plein au dressage de ces mastodontes d’ébène, m’encapant de mystérieuse façon et devenant un genre de druide… ou pas. Je suis bien moins qu’un néophyte en matière de dénomination des espèces animales. Cependant, il m'apparait évident que la créature qui nous intéresse ici soit le Corvus Corax, ou grand corbeau (c’est presque un euphémisme dans le présent cas). Un conseil : faites gaffe! Si Corvus veut votre McDo, il va l’avoir. La malbouffe en plein air peut rapidement devenir un sport extrême.

6- Les lois sur l’alcool
Bon nombre d’honorables citoyens, l’humble auteur de cet article figurant parmi ceux-ci, se voient montrer la porte des bars régulièrement. En fait, je ne connais personne, aussi respectable soit-il, à qui ce n’est jamais arrivé. Cela est dû en majeure partie aux lois sur l’alcool très strictes dans tous les Territoires du Nord-Ouest, calquées sur celles de leurs voisins du sud. Vous ne trouverez pas un endroit pour vous servir de la bière le dimanche et les prix en vigueur, outrageux, si je puis dire, se veulent dissuasifs d'un phénomène de consommation excessive. Or, le biberon étant encore le meilleur moyen de se réchauffer dans ce climat nordique, l’ingestion de boisson est bien répandue, malgré les efforts de la commission des liqueurs. Yellowknife, c’est aussi une ville où tu peux voir un gars trop boire, se croire invincible, poigner des engelures, crier sur les passants et terminer son odyssée éthylique par une glorieuse envolée de 15 marches vers les bas-fonds du Harley’s Rock Saloon, seul stripper club de la ville où il s’endort paisiblement. Ce genre d’énergumène aboutit généralement dans la tank, une petite pièce du poste de police, où il rejoint pour une nuit de dégrise la quinzaine d’individus arrêtés quotidiennement pour ivresse. Malgré tout, qu’il fait bon se retrouver autour d’une Keith’s au Black Knight Pub après une dure journée de labeur, ou danser comme des fous au Gold Range dans un charmant décor de gyproc défoncé. Pour qui veut tenter l’expérience du Nord, le Yellow-Night-Life est sans conteste une expérience inoubliable.

7- Ugly truck and dog contest
Ce concours on ne peut plus rocambolesque mérite un intertitre à lui seul, vous en conviendrez. Chaque année, les amateurs de freak show de Couteau-Jaune se rassemblent dans une contemplation de concurrents très singuliers. Les participants à l’Ugly truck and dog contest doivent, comme le nom l’indique, présenter le véhicule et le compagnon canin les plus laids possible. Je trouve ça génial, parfois, de promouvoir l’antibeau; ça fait du bien! À l’occasion de cette mascarade, ils peuvent admirer des bazous ornés de graffitis, de rainures et d’une tonne d’emblèmes plus saugrenues les unes que les autres. C’est dans ce bal de l’absurde qu’il vous sera donné de voir un chien revêtant un chandail du Harley’s (mentionné plus haut); une gâterie pour l’âme.

8- La communauté francophone
Voici un fait qui risque de vous intéresser : environ 15 % de la population de YK parle français. Avec une école francophone et plusieurs programmes d’immersion, la communauté s'épanouit au fil des générations. Je n'ai encore jamais croisé de francophobes, que de sympathiques concitoyens ouverts d’esprit. On a une association qui a établi son quartier général dans la maison bleue. Elle organise une tonne d’activités culturelles où tout se déroule dans la langue de Molière. Il y a aussi un journal francophone, l’Aquilon, et si ça vous dit, syntonisez Radio Taïga. Ça m’est arrivé une fois. Je me suis fait gâter les cinq sens avec Prendre un enfant par la main d’Enrico Macias. Au moment du drame, des amis et moi allions jouer au hockey. Cette chanson a le pouvoir d’anéantir tout instinct guerrier. Était-ce un malheureux hasard ou était-ce représentatif de la programmation? Dieu seul le sait (et peut-être aussi Jésus, son fils unique), mais je n’ai jamais retenté l’expérience.

9- Et tout le reste
Parce qu’à Yellowknife, il y a aussi…
•    237 000 tonnes d’arsenic figées dans le pergélisol (qui menace de fondre),
•    2 liquor store pour desservir 20 000 habitants,
•    des permis de pêche au filet sans quota à 10 $,
•    un âge moyen de 32 ans, comparativement à 40 pour le reste du Canada,
•    des routes de glace assez larges pour 12 chars,
•    une consommation de vitamine D uniformisée à toute la population à cause des 3 petites heures d’ensoleillement en hiver,
•    le plus haut taux d’ensoleillement au Canada durant l’été,
•    des 3 et demi à peine décents pour 1800 $/mois et des cartes de Saint-Valentin à 7 $,
•    le Tim Horton’s le plus achalandé de tout le pays.

10- Une invitation

L’invitation est lancée, frères du Québec. Venez visiter ce charmant coin de pays. Venez braver la froidure, si vous l’osez, pour l’amour de l’air pur, des grands espaces, de la chasse, la pêche, la motoneige, le kite-ski, la raquette, que sais-je encore! N’hésitez plus, joignez-vous à cette accueillante communauté et faites, vous aussi, la connaissance de francophiles avenantes qui vous diront « french is so sexy! » Accourez dans la capitale des Territoires du Nord-Ouest et aussi des aurores boréales, là où plus d’un se croyait à l’abri de la séduction et d’un séjour prolongé.

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La ville de la semaine: Châteauguay
1- « Châteauguay, c’est pas vraiment sur la Rive-Sud… »
Châteauguay est une banlieue comme toutes les autres : quartier de maison qui se ressemblent toutes, construction de condos, piscine creusée, cabanon, tondeuse, boulevard centre d’achats. C’est une typique banlieue de la Rive-Sud de Montréal. Ceux qui ne viennent pas de la région diront obligatoirement « Oui, mais Châteauguay, c’est loin ! ». Faux ! Châteauguay se trouve à moins de 25 km de Montréal. Quand vous travaillez à côté de la 720 Ouest ou que vous habitez près du pont Jacques-Cartier, vous mettrez environ 25 minutes de Montréal pour vous y rendre. Et certains diront que ce n’est pas vraiment sur la Rive-Sud. Ça veut dire que ces gens là, connaissent juste Brossard et Longueuil. C’est une ville sur la Rive-Sud-Ouest si vous préférez.

2- « On prend le pont Mercier ou l’autoroute 30 ? »

Pour vous rendre à Châteauguay, vous allez probablement emprunter le pont Honoré-Mercier, que tout le monde appelle simplement pont Mercier. C’est pas le plus beau pont qui existe. Il est en rénovation depuis qu’un trou a fait son apparition par une belle journée de juillet 2010. Je vous avertis, à la sortie du pont, une chose étrange va se produire : il y aura à chaque 50 mètres, à votre gauche et à votre droite, des cabanes à cigarettes. Vous verrez également une trâlée de gros panneaux publicitaires et vous croiserez deux ou trois casinos. Ne vous inquiétez pas, vous êtes à Kahnawake, réserve amérindienne voisine de la ville. Dites-vous que vous êtes presque arrivés à destination.

Peut-être allez-vous vous sentir un peu plus « wild » et décider d’emprunter la toute nouvelle autoroute 30. Quoi ? Vous n’êtes pas au courant ? Alors c’est que vous ne venez pas de la région, car c’est un sujet de promesse électorale depuis belle lurette. Dites-vous aussi que les Châteauguois, eux, sont renseignés et que c’est inévitablement un sujet de conversation entre eux. Un vrai Châteauguois aura été tout excité d’aller essayer « la nouvelle 30 ».

3- « Reid, ça vient d’où ça ? »
Je l’ai entendu souvent celle-là et j’étais assez étonnée au début parce que des Reid à Châteauguay, il y a en pas mal, alors c’était assez rare qu’on s’étonne de mon nom de famille. C’est une des familles souches de la ville, quand elle était encore un village. Tout comme les Laberge, Bourcier, Chevrefils, Crépin, Allard, Auger, Curotte, Cécyre, Dumouchel, Dorais, Bourdon, Garant, Lefebvre, Paré, qui sont des noms de famille typiques de la ville.

4- « Es-tu allé à LPP ? »
Au primaire, l’élève ira à l’école de son quartier. Une fois au secondaire, ses parents choisiront peut-être de l’inscrire à l’école privée. Si c’est le cas, ce sera le collège Héritage, seule école secondaire privée de la ville. Sauf que la plupart iront à Marguerite-Bourgeois ou Gabrielle-Roy, toutes deux des écoles secondes publiques de premier cycle (secondaire 1 et 2). Mais le fun commence pour vrai à l’école secondaire Louis-Philippe-Paré, école de deuxième cycle (secondaire 3-4-5). À noter ici, on ne dira jamais Louis-Philippe-Paré, c’est beaucoup trop long à prononcer. On dira simplement LPP. Là, c’est comme le party, parce que non seulement ça regroupe tous les étudiants de la ville, mais c’est là que l’élève châteauguois rencontre ses nouveaux amis de Mercier et Léry. C’est là aussi que c’est un peu une gentille guerre entre Châteauguay et Mercier. Les débats commencent à savoir pourquoi « ma ville est meilleure que la tienne ».

5- «Vas-tu à l’ouverture du ciné-parc ? »

À mon époque, un ado voulait travailler au Dairy Queen. Pourquoi ? Parce que c’était une des rares places où on pouvait travailler dès l’âge de 14 ans. Ensuite, ce qui était vraiment cool, c’était être animateur à Activ’Été, célèbre camp de jour de la ville (ancêtre de la Réjac pour le boomers). Quand t’es jeune, tu y vas à contrecœur parce que ça reste un camp de jour, mais une fois ado, les gens se bousculent pour y travailler. Pour animer d’une part, mais surtout l’esprit de gang et parce que les partys étaient fameux.

L’événement saisonnier qui était attendu c’était l’ouverture du ciné-parc au début de l’été. Pas pour regarder les films, mais pour « parker ton char » pis boire de la bière. Sinon les autres partys, c’était des partys de sous-sols chez tes amis de Châteauguay et de Mercier. Ah pis quand tu voulais de la bière, mais que tu étais mineur, t’avais juste à téléphoner au dépanneur Lauzon. Il livrait et quand il arrivait, t’avais juste à dire « c’est pour mon père, qui est dans le sous-sol ». Ça marchait à tout coup.

6- « Turn around and eat you f... hamburger »

Oui ! Châteauguay c’est une ville bilingue. On y trouve plus de francophones que d’anglophones, mais il y a des deux. Et qui dit Anglais et Français ensemble dit parfois chicane. Ce n’est pas une problématique comme telle, mais c’est un fait, il existe des batailles entre les deux cultures. À l’époque où le McDonald était ouvert 24 h, il y avait souvent des batailles soit directement dans le resto, soit en face. Mais de là à trouver qui avait commencé… allez savoir !

7- « Tu viens de Châteauguay ? Je connais quelqu’un qui a accouché à Anna-Laberge ! »

Si vous connaissez Châteauguay et que vous êtes déjà allés, c’est peut-être parce que vous-même ou votre femme, ou votre cousine ou votre collègue a accouché à l’hôpital Anna-Laberge. Cet hôpital ouvert en 1989 est très réputé pour son unité des naissances. C’est très zen et ils sont pro-allaitement, donc un pourcentage élevé de femmes sortiront de là en allaitant adéquatement leur bébé. On dit même que plusieurs stars québécoises ont choisi d’accoucher à cet hôpital justement pour les bons soins… potin potin !

8- « Dimanche soir à Châteauguay… »
Impossible de parler de la ville sans mentionner cette célèbre chanson de Michel Rivard « Harmonie du soir à Châteauguay ». Il raconte que son père l’amenait pêcher dans la rivière. Ne vous avisez pas d’y pêcher aujourd’hui parce que vous risqueriez de vous intoxiquer. Oui, il y a la belle rivière Châteauguay qui traverse la ville et qui, plus loin, se jette dans le fleuve, mais elle est malheureusement polluée comme beaucoup de cours d’eau québécois. Par contre, elle fait la beauté de la ville avec ses belles maisons sur le bord de la rivière, rue Haute-Rivière et Salaberry. On trouve au cœur du vieux village, rue principale, l’église Saint-Joachim, qui a gardé son architecture d’époque et tout juste à côté, l’hôtel de ville installé dans l’ancien couvent. C’est à cet endroit où la ville n’était au début qu’un village.

Là, vous allez me demander : « Ok, mais qu’est-ce qu’on peut faire un dimanche soir à Châteauguay ? ». Je vous répondrai pas grand-chose, à part aller voir un match d’impro au « Salab ». Et là vous me direz : « Au quoi ? ». C’est le nom affectueux que donnent les gens au bar Le Colonel de Salaberry. Bien sûr, avant d’être un établissement, Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry, de son petit nom, a remporté la bataille de la Châteauguay ce qui en fait un acteur important dans l’histoire de la ville.

9- « Où c’est que je peux trouver… ? »
À Châteauguay, tu achètes ton équipement de hockey chez Crépin Sport, ton dépanneur c’est le Mini-Général, tes fruits et légumes chez Marc Laberge, ta viande à la boucherie d’Ajou, tes beaux habits tu les prends chez Tisseur, la poutine, eh bien c’était aux Frites Dorées qui a fermé en octobre 2012 après plus de 40 ans de service. Tu veux manger au resto « fancy » de la ville, tu vas au Il Vicino parce que le Rustik est fermé depuis longtemps. Tu veux faire du ski de fond ou de la randonnée : tu vas au centre écologique Fernand-Séguin. Tu veux faire du canot ou du kayak : tu vas au Centre nautique de Châteauguay. Et si tu veux voir un spectacle, tu vas soit au centre culturel Vanier, soit au pavillon de l’île Saint-Bernand.

Ne vous inquiétez pas, on trouve également des grandes chaînes commerciales.

10- « À Châteauguay… »

Il n’y a pas longtemps, je parle d’il y a à peine 50 ans, Châteauguay c’était un village. Ou plutôt une petite ville où tout le monde se connaissait et savait tout sur le voisinage. Aujourd’hui, on y compte plus de 40 000 habitants.

À Châteauguay, il y a un hôpital, un centre d’achat, un McDo, un cinéma, une piste cyclable, un motel, une fromagerie au lait cru.
À Châteauguay, il n’y a pas de cégep, pas de train de banlieue, pas d’hôtel, pas de microbrasserie, pas de poissonnerie, pas de chocolaterie, pas de Costco.
À Châteauguay, il y avait un ciné-parc, il y avait jadis deux cinémas, il y avait un 222 (prononcé deux-vingt-deux, jeux d’arcades), il y avait un mini-putt. Et jusqu’au 31 janvier 2013, il n’y avait pas de Wal-Mart.

Châteauguay en images


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La ville de la semaine: Longueuil
Comme Longueuil est la plus grande ville de la rive-sud, beaucoup de gens y ont grandi. Allons-y donc avec un hommage et une commémoration de souvenirs entourant cette belle ville.

1- Étudier à Longueuil
Les deux écoles secondaires les plus populaires de Longueuil, Gérard-Fillion et Jacques-Rousseau, se font la guerre depuis la nuit des temps. À ce qu’on m’a raconté, mon père et mon parrain, qui ont fréquenté Gérard-Fillion tout comme moi, devaient parfois se battre à coup de batte de baseball contre des envahisseurs venus de Jacques-Rousseau. Les deux écoles, qui sont classées parmi les écoles avec le taux de décrochage le plus élevé au Québec, figurent tout au bas de la liste du classement des écoles selon les rendements scolaires, juste avant les écoles autochtones. C’est peu dire…  Je peux quand même affirmer que j’y ai passé tout mon secondaire et ce fût une très belle expérience. Et je n’ai pas mal tourné pour autant.

2- Se soûler à Longueuil

Grandir à Longueuil comporte aussi certains avantages, surtout pour les mineurs. J’ai viré mes premières brosses au bar Aimé et au Cactus Club bien avant d’avoir ma majorité. Ne vous méprenez pas; le Cactus Club, prononcé avec un accent anglais, n’est pas un club. C’est plutôt un bar à karaoké où l’animateur préfère chanter ses chansons plutôt que de laisser la place aux gens qui veulent chanter. Et pour rentrer dans ce bar, pas besoin d’avoir 18 ans, ni même de payer le doorman. Consommer de l’alcool suffit!

3- Le motel La Parisienne

Tout comme le chat, ce motel a eu neuf vies. Malheureusement pour lui, ses neuf vies se sont écoulées; il s’est fait tuer. Le motel La Parisienne, endroit où beaucoup de jeunes (dont je faisais partie) faisaient des open house en louant une chambre pour y inviter une cinquantaine de personnes, a passé au feu au moins cinq fois! Juste dans sa dernière année, il a été l’objet d’un incendie criminel deux fois.  En 2005, il a été incendié trois fois en cinq mois. Tout le monde trouve cette histoire louche, mais aujourd’hui, plus personne n’en parle, puisqu’il a finalement été rayé de la carte.

4- Le réservoir d’eau
Les graffers connaissent bien le réservoir d’eau, situé sur Jacques-Cartier complètement au bout de Sainte-Hélène. Le réservoir, qui donne lieu à une immense montagne dont le sommet abrite trois murs formant deux demi-cercles, était l’endroit où on allait glisser en crazy carpet après l’école. Plus tard, c’est devenu un lieu de rencontre underground où on buvait de la Colt 45 en grosse bouteille et où on faisait des graffitis en toute illégalité. Aujourd’hui, ces murs arborant de nombreuses œuvres d’art se sont transformés en musée d’art moderne, puisqu’y faire des graffitis est maintenant devenu chose légale. Pour ceux qui tiennent absolument à entretenir leur réputation de bum, faire des graffitis sur les trains demeure toujours illégal…

5- Les feux d’artifice

Nombreux sont les endroits où on peut admirer les feux d’artifice présentés à La Ronde l’été, et nombreux sont les gens qui peuvent les voir de leur balcon et te le font savoir. C’est d’ailleurs un élément d’une conversation type de Longueuil. Chaque été, je ne rate pas l’occasion d’aller les voir au moins une fois. Je me rends au bout de Sainte-Hélène (pas le bout où il y a le réservoir d’eau, l’autre bout), je cherche un stationnement pendant 40 minutes, je finis par aller dans le stationnement d’un restaurant, et je marche le reste pour aller sur le Pont Jacques-Cartier. C’est là qu’on rencontre plein de gens, aussi gentils que bizarres, et où il est courant qu’une personne engage une conversation en te shootant un truc du genre : « Hey toi, tu pourrais vraiment être mannequin si tu maigrissais un peu », ou bien en demandant à ton frère si sa blonde (en parlant de toi) a des beaux seins. Toujours une occasion en or pour faire connaissance avec ses concitoyens!

6- La base de plein air
Tous ceux qui ont grandi à Longueuil ont déjà été glisser à la base de plein air. Dans mon temps, on glissait des heures avec sa crazy carpet ou son trois-skis et ensuite, on allait prendre un chocolat chaud dans le chalet. Il y avait aussi un sentier pour faire du BMX, pour les plus aventuriers. Je tiens à le souligner : la base de plein air n’a jamais été un lieu de rencontre pour jeunes bums afin de s’adonner aux activités d’adolescents délinquants, c’est un endroit beaucoup trop respecté! Personne n’oserait faire ça quand même. Mais juste comme ça, il faut tout de même dire que la police venait rarement patrouiller dans le secteur…

7- Une ville pour les jeunes
Depuis des lustres (aussi longtemps que je me souvienne), un VR se promène continuellement dans les rues de Longueuil, errant dans le but de trouver des jeunes. Pour quelle raison? Distribuer des condoms, donner des sandwichs, offrir du soutien, donner des conseils… Le Troc est le VR le plus cool que j’aie vu; il est recouvert entièrement de graffitis. Lorsque j’étais jeune, apercevoir le Troc revenait à la même chose que trouver un trèfle à quatre feuilles; c’était un signe que la journée allait être chanceuse, puisque ça n’arrivait pas à tous les jours! Longueuil possède également plusieurs maisons de jeunes, dont Kekpart et Sac-à-Dos, ainsi que plusieurs skate park, tous très appréciés des jeunes hyperactifs casse-cou.

8- Chemin Chambly

Qui a dit qu’il fallait aller à Montréal pour se payer une masseuse louche? Le chemin Chambly est la seule rue que je connaisse à l’extérieur de Montréal où l’on peut trouver des filles qui font le trottoir. Et pas n’importe qui! On y trouve principalement des femmes ressemblant aux personnages dans Les Bougon. Et qui veut avoir une pute du chemin Chambly doit vraiment s’armer de courage et de détermination; c’est probablement la rue avec le plus de nids-de-poule que j’ai vu de toute ma vie. Peut-être le sexe acheté sur le chemin Chambly représente-t-il une aubaine, mais la facture encourue pour la réparation de ta voiture vient rapidement te désillusionner. Faut vraiment le vouloir…

9- Le Vieux-Longueuil

Un des endroits les plus charmants de Longueuil est sans contredit le Vieux-Longueuil. Avec ses petits bistros, ses terrasses et ses festivals l’été, cet endroit, situé sur les rues St-Charles et St-Laurent, s’apparente un peu à Montréal. On y trouve entre autres le bar 1957, lieu de rencontre incontournable pour jeunes adultes qui ressemble un peu au Saint-Sulpice, mais en plus petit. On y trouve également en son cœur le parc St-Mark, épicentre de tous les festivals ayant lieu dans le Vieux-Longueuil, et où il ne faut pas traîner après 23 h sous peine d’avoir une jolie contravention, situation qui arrive assez fréquemment…

10- Vive les célébrités!

Hé oui, Longueuil est une ville bien connue pour ses célébrités. C’est entre autres dans cette belle ville qu’ont grandi Pauline Marois, Xavier Dolan et Laurent Paquin. Pour ce qui est de ma part, je n’ai jamais croisé aucun de ces personnages célèbres, mais lorsque j’étais à l’école primaire, j’habitais près de la maison du maire de l’époque, Claude Gladu. Il était même courant de se menacer entre nous d’aller le dire à monsieur Gladu quand nos tits amis n’étaient pas fins avec nous. À ce que je sache, ça ne s’est jamais fait, mais j’aurais bien aimé voir sa réaction si l’un de nous avait réellement mis sa menace à exécution!

Longueuil en images

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La ville de la semaine: St-Cyrille-de-Wendover

1. Pas mal plus qu’une chanson
Quand on habite dans un village au nom aussi présent dans les références culturelles québecoises, on s’habitue à entendre fredonner Les Colocs ou les 3 Accords dès qu’on mentionne son bled natal. Oui, il n’y a pas vraiment de curves ici. Sauf une dans le rang 3, mais il y a peut-être 4 automobilistes par jour qui y passent, alors je ne tiens pas rigueur aux sympathiques membres des Trois Accords pour leur manque de rigueur narratif. Non, il n’y a pas de McDonald. Chez nous, on mange dans la cantine de l’ami du beau-frère de tante Thérèse, en prenant bien soin de demander des nouvelles de sa famille.  

2. Bouvette et Dupuis
Le centre du village, c’est la rue principale entre le rang 4 et le rang 5. Un petit 100 mètres où se situent à peu près toutes les commodités: la mairie, la caisse populaire, la pharmacie, le bar, la station d’essence/épicerie et la quincaillerie. D’aussi loin que je me souvienne, il y a toujours eu une certaine rivalité entre la quincaillerie Dupuis et le dépanneur Bouvette.  Dans un village de 4000 habitants, quand il y a deux magasins qui vendent tous deux les articles de première nécessité à moins de 20 mètres l’un de l’autre, acheter sa slush à saveur de rouge devient presque une déclaration d’allégeance. Et celle-ci change rapidement, au détour d’une chicane. Pour enfant-moi, c’était facile: M. Dupuis me donnait tout le temps 3-4 jujubes à 1 sou de plus lors de mes visites presque quotidiennes. Avec un sourire à grosse moustache (avant que tous les gars capotent au mois de novembre) et un « Oublie pas de dire bonjour à ton père! ». Je suis certaine que les Bouvette ont aussi éventuellement acheté la clientèle fidèle des enfants du coin à coup de boules surettes.  

3. La belette de St-Cyrille
Chaque village a son excentrique. Pour St-Cyrille, c’est un monsieur très gentil à la démarche boiteuse, laissant deviner les ravages d’une polyo dans son jeune temps. Mon père le surnomme « la belette », parce qu’il passait énormément de temps à se promener de long en large de la rue principale et il collectionnait les ragots précieusement. À sa retraite, sa place dans le foyer de personne âgées des Bouvette (Oui, les même que le dépanneur) a quadruplé l’étendue de ses potins, ayant maintenant accès aux déboires des neveux, cousins, brus exilées en ville [i.e. Drummondville] ou encore, à Mourial.

4. La guerre de la poutine, version St-Cyrille
L’une des institutions sacrées de St-Cyrille est la fromagerie Lemaire. Située un peu à l’écart du centre du village, c’est le pit-stop fromage en crottes en revenant de la ville. C’est de loin le meilleur fromage en crotte que la terre ait porté, et quiconque dit le contraire risque de subir les foudres et les insultes de n’importe quel natif de St-Cyrille. Et qu’est ce qui va bien avec du fromage en grain? Des frites pis de la sauce! C’est ce qu’a compris Mario, lorsqu’il a ouvert la cantine Marathon juste en face de la fromagerie. La belle histoire d’amour a duré de nombreuses années, et c’était très commun de voir un employé de la cantine avec son petit-filet-pour-pas-qu’il-tombe-des-cheveux traverser la rue en courant pour aller chercher du fromage en catastrophe. Jusqu’à la grande trahison: l’ouverture du resto Lemaire. Le brave Mario, défait mais n’ayant pas dit son dernier mot, change son fusil d’épaule et son fournisseur de squick squick pour passer au fromage Kingsey. C’était la fin de la meilleure poutine de tous les temps: le combo des grosses frites maison de Mario avec le fromage frais du jour de Lemaire.  Les nostalgiques peuvent toujours acheter le fromage et la frite sauce séparément, mais il y a quand même un petit goût de regret à chaque bouchée.

5. L’aréna de St-Cyrille
À St-Cyrille ce qui rassemble les gens, c’est l’amour du hockey.  Et qui dit hockey dit équipe locale : les Ace, fiers membres de la ligue de Hockey senior AA des Cantons de l’Est. L’aréna, c’est pas mal le hang-out spot des gens les soirs et la fin de semaine. Les petits et les grands chaussent des patins pour se donner rendez-vous sur la glace, pour une partie ou pour une des fameuses périodes de patinage libre.  La cantine de l’aréna sert de greasy spot aux étudiants de l’école primaire Cyrille Brassard, juste à côté. Ceux qui ont la permission de sortir le midi y dilapident leur allocation, à grands coups de pogos.

6. La mère Teresa locale

Je t’invite maintenant à te plonger dans tes souvenirs, cher lecteur. Souviens-toi la voix de la grand-mère de Passe-Partout (pour les plus jeunes, insérez ici quelque chose de réconfortant, du genre la voix de Cornemuse). Imaginez que cette voix est une couverture de laine franchement sortie de la sécheuse. Le sentiment de turbo-réconfort jamais égalé représente à peu près à quel point Marie-Berthe Langlois est merveilleuse. Marie-Berthe, presque tout le monde la connaît. Elle enseignait pendant de nombreuses années la troisième année à la petite école.  Non seulement c’était le genre de prof qui te donnait envie de faire tes devoirs de maths juste pour ne pas la décevoir, mais en plus, elle se souciait vraiment de chaque élève. Elle demandait des nouvelles de tes parents, ou de ton grand-frère, parce qu’elle leur avait probablement enseigné aussi. Gentille, empathique et dévouée. Comme une Mary Poppins sans l’accent british et les tounes qui gossent. À sa retraite, Marie-Berthe a commencé à travailler au salon funéraire. Elle aide les familles en deuil à travers la paperasse et l’organisation des obsèques. C’est probablement une des jobs les plus lourdes, mais elle le fait avec le même sourire que quand elle te rendait ta production écrite pleine de fautes.  Dans un combat de gentillesse et d’empathie, Marie-Berthe bat à plate couture Claire Lamarche et Dr. Phil en tag team.

7. Le bar du coin

Après l’aréna, il y a un deuxième hang-out bien connu à St-Cyrille : le Bistro. Table de pool, machine à toutous et machines à sous cohabitent candidement dans ce petit spot gros comme feu la Paryse. Le classique du bar où tout le monde se connaît et où les serveuses se souviennent de ton nom et connaissent sur le bout des doigts tes préférences de bière ou de drinks. Et ça vire au petit bar. Une fois toutes les possibilités contenant le mot « hockey » exclues, il y a toutes les célébrations, les coups durs et les occasions de se réunir. La richesse du village est un concept presque étranger à Montréal : la communauté tricotée serrée.  Ici, on partage les succès et les coups durs autant que les 3 premiers chiffres du numéro de téléphone. (397 Represent). Au mur, il y a une enseigne de néon Coors light et dans les vitres, l’affiche pour le prochain gala de lutte amateur (shout out à Pascal Laterreur, le cousin lutteur qui n’a pas besoin de changer son nom de famille).

8. Les rangs de campagne
Il y a vraiment très peu de rues avec un nom du genre : «les Mésanges» à St-Cyrille. Quand tu es un fier St-Cyrillois, il y a 80% de chances que tu habites dans un rang. Et les rangs, ça n’a pas vraiment de nom. Rang 3, 4, 5, 6, 7 et 8.  J’ignore où sont les rang 1 et 2, mais je me plais à imaginer qu’on les a perdus au poker un soir de brosse au Bistro.  Les habitants du fond du rang n’ont pas le choix de prendre la voiture pour aller au dépanneur.  Ou marcher 3 minutes jusqu’au voisin le plus proche pour emprunter une tasse de sucre.  Ou conduire le tracteur.

9. Attention, Ici le train ne siffle plus
Ce panneau routier est magique. Juste avant la voie ferrée dans le rang 4. C’est probablement l’affirmation la plus « drama queen » jamais vue sur un accessoire de sécurité public. On doit le lire avec une voix à la Clint Eastwood. J’aimerais savoir pourquoi le train ne siffle plus à St-Cyrille, mais personne ne peut répondre à cette question.  

10. En vrac
Il y a beaucoup de roux à St-Cyrille. L’église du village est une des plus belles de la province. La bibliothèque municipale est dans une jolie petite maison. Le village est bâti sur deux cantons différents. Quelqu’un a déjà essayé de voler la Caisse en défonçant le mur extérieur avec un bulldozer. Le village a déjà brisé le record Guiness du plus gros bonhomme de neige.

Bref, St-Cyrille est un joli village, avec des habitants au grand cœur et de jolis paysages de campagne.  La prochaine fois que vous devez faire la route de Montréal à Québec, faites un petit arrêt. M. Dupuis va peut-être vous donner des jujubes. 

St-Cyrille-de-Wendover en images

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La ville de la semaine: Matagami
1- Est-ce beau Matagami ?

Architecturalement parlant, Matagami c’est assez ordinaire. Les maisons ont presque toutes été construites par les compagnies minières au début des années 1960 et elles étaient louées aux travailleurs durant leurs années de service. Ce n’est que depuis tout récemment que les gens sont propriétaires de leur chez eux. Donc, depuis quelques années, les permis de rénovation abondent et les gens tentent d’embellir de plus en plus leur moitié de duplex et de se différencier de leurs dix voisins. Matagami possède aussi un superbe parc de maisons mobiles à l’entrée de la ville. Croyez-le ou non, l’une des maisons qui vaut le plus cher est une maison mobile, la grise, celle avec le gros, je veux dire l’énorme garage ! Pour agrémenter le tout, on a des sentiers pédestres, ou de motoneige selon la saison et surtout, la rivière Bell qui borde le bout de la rue des Rapides. En fait, c’est la seule rue qui nous permet de croire qu’il y a vraiment une rivière dans les parages !

2- Matagami, là où le docteur attend les patients (presque !)
L’un des avantages majeurs de Matagami, ce sont ses services. Il est très rare de poireauter plus d’une heure pour voir le médecin. Sinon, vous n’avez qu’à appeler la charmante réceptionniste qui vous dira de passer dans une demi-heure, et là, ce sera bien souvent le patient qui fera attendre le doc ! Le hic, c’est que si une femme doit accoucher, elle doit se rendre à Amos. Il faut donc vraiment prévoir le coup parce qu’Amos, c’est à plus de 180 kilomètres ! Il y a aussi une merveilleuse dentiste qui vous soulage rapidement quand le mal de dent pogne. Pour le reste, comme l’orthésiste, ou l’optométriste par exemple, il faut patienter jusqu’à ce qu’il vienne dans la région, une fois par mois si on est chanceux. Autrement, il faut traverser une fois de plus le merveilleux parc d’épinettes qui nous sépare de l’Abitibi-Témiscamingue.

3- Prendre un verre à Matagami
Ici, trois bars sont à la disposition de la population. Si on a envie de se mettre chic, c’est le jeudi pour le 5@7 au bar du motel Matagami. Ce sont les plus grosses soirées, avec un DJ pis toute. La 50 et les drinks exotiques, comme les gins toniques pas de lime font fureur ! La deuxième option qui s’offre à nous est le Tuctu. Ironiquement, c’est probablement le plus beau bar de Matagami, mais mal apprécié. Sinon, personnellement, mon préféré, c’est le Bell-O-Bar qui vous accueille avec son tapis à la couleur louche qui date des années ‘60 et sa tête de chevreuil accrochée au mur qui fait face aux machines à sous, occupées du matin au soir. Au Bell, on est notre propre Dj ! Le juke-box est excessivement lucratif et, souvent, on dépense presque plus en musique qu’en boisson. L’avantage de toutes ces belles places propices à la débauche, c’est qu’ils sont tous à moins de quinze minutes à pieds de partout en ville, donc pas d’excuse pour prendre la voiture ! Est-ce que je vous ai dit qu’il y avait deux voitures de police en permanence sur le territoire de la petite ville?!

4- À part boire, on fait quoi à Matagami ?
La question est mal posée. En fait, c’est plutôt : « qu’est-ce qu’on fait en même temps qu’on prend une bière ! » Une foule d’activités vous attendent, si seulement vous êtes amateurs de plein air ! Matagami, comme l’ensemble de la Baie James, est le paradis des pêcheurs et des chasseurs. Été comme hiver, on taquine le doré du Lac Matagami, qu’on prononce ici doooooré, le nombre de « o » étant proportionnel à la longueur dudit poisson pêché ! À l’automne, les trophées de chasse abondent - lire ici les têtes d’orignaux dans la boîte du pick up, ou bien en évidence juste en avant de la porte de garage. Tuer des animaux vivants ne vous dit rien, mais vous avez envie de tirer du 12 ? Il suffit de vous rendre au pit de sable de la traverse, d’escalader la plus haute butte avec l’ami qui a un gros pick up et de tirer du pigeon ((d’argile), mais juste dire « tirer du pigeon » ça fait plus cool !) En été, on fait du quatre roues, en hiver du ski doo, et si on n’en possède pas, c’est sûr qu’un de nos amis en a un !

5- L’art du romantisme

Pour impressionner sa date, il n’y a qu’un seul spot, le belvédère. Jonché sur la colline de Matagami, le belvédère offre une vue dite spectaculaire sur la ville entourée du Lac Matagami et de la Rivière Bell. C’est la place des premiers frenchs quand on est jeune adolescent. Sinon, l’endroit n’est pas l’idéal pour les rendez-vous galants. Et ce, pour de multiples raisons. D’abord, les restaurants sont des snacks, alors on oublie tout de suite le souper romantique avec les services d’un sommelier ! Pour une date typique, il n’y a pas non plus de cinéma ; il faut se rendre à Amos. Alors si on n’est pas convaincu que notre rendez-vous sera agréable, c’est un pensez-y bien parce qu’on est pris avec la personne pendant 4 heures dans une voiture ! Matagami est l’une des rares places où les filles n’ont pas besoin d’être en talon haut pour un rendez-vous galant, et même, quelques fois, la douche d’avant est déconseillée parce que le prince charmant vous amène à la pêche, et si vous sentez trop bon, ça attire les mouches ! Et si une de vos amies vous dit qu’elle a rencontré ou couché avec un mineur, elle ne parle pas de son âge, mais bien de sa profession !

6- Les pick up, pour la fierté mais aussi parce que c’est pratique
À Matagami, les pick up, de l’année pour la plupart, sont rois des entrées de garage. Le pick up a une double fonctionnalité. D’abord signe de virilité pour plusieurs, il est aussi très pratique parce que les Matagamiens font beaucoup de route et empruntent régulièrement les chemins forestiers qui ne sont pas asphaltés. De plus, comme on est loin de tout, le confort de la voiture n’est pas accessoire. Il n’est pas rare d’aller faire l’épicerie à Amos, d’aller magasiner pendant un après-midi à Val-d’Or, ou simplement de souper à Rouyn-Noranda parce qu’on a envie de sortir de la ville. Il ne faut pas oublier les conditions climatiques qui peuvent être chaotiques en hiver pour sortir de la ville.  Alors, chausser son gros pick up de gros pneus à clous en hiver, c’est en quelque sorte une bonne idée ! Fiers propriétaires d’engins à moteur, il est fréquent que les garages soient aussi gros que les maisons pour entreposer le ski doo, le quatre roues, le bateau et le camion. De plus, ici, le trafic est une légende urbaine montréalaise, étant une toute petite ville, le peak du trafic est atteint lorsqu’on est précédé de 3 voitures !

7- Le camping et la plage
Un peu à la sauce du camping St-Madeleine sur le bord de la 20, Matagami possède aussi son camping, et c’est là qu’on passe l’été, soit à moins d’une demi-heure de la maison, perdu un peu au milieu de nulle part sur la route de la Baie James ! Les fifth wheel valent de petites fortunes. Souvent, notre voisin campeur sera le même qu’à la maison, comme quoi on change de décor mais pas d’entourage. Le site est situé au km 38 de la route de la Baie James et borde l’une des dix plus belles plages du Canada, celle du lac Matagami, longue de deux kilomètres de sable doré. La plage, c’est la place en été. Et surtout, l’endroit pour fêter la St-Jean Baptiste et se réveiller mêlé le lendemain avec la face dans le sable.

8- Amis du primaire jusqu’au bal de finissants
Comme il y a une seule école primaire et une seule école secondaire dans les 100 kilomètres à la ronde, les jeunes font leur parcours scolaire au complet ensemble. Cette année, l’école secondaire Le Delta compte moins d’une centaine d’élèves. Les liens qui sont créés dès le primaire sont souvent très forts; c’est comme une véritable grande famille. Un penchant qui peut être négatif, c’est que les professeurs connaissent non seulement les élèves, mais aussi leurs parents. Il devient donc un peu plus difficile de faire des mauvais coups ! Le moment le plus émouvant est sans contredit le bal des finissants, parce que ce n’est pas seulement la fin des études secondaires, mais aussi le moment où plusieurs plieront bagage pour aller étudier dans une grande ville, souvent Québec, parfois Montréal ou Rouyn-Noranda. Beaucoup ne reviendront pas à Matagami. Je ne saurais décrire le bal de finissants mieux que Patrick Lagacé, qui a visité la communauté il y a quelques années.

9- La température
Ici, pour fermer les écoles en hiver, ça prend plus qu’une simple tempête de neige avec du verglas. Il faut qu’il fasse au minimum -45 avec le facteur vent. Il y a quelques années, alors qu’il suffisait qu’il fasse -43 pour suspendre les cours, la commission scolaire de la Baie James a changé le règlement parce que les élèves manquaient trop souvent l’école! Alors -25, c’est la température idéale pour faire toutes les activités que la nature nous offre en hiver, et comme ce n’est pas humide, on est très confortable à l’extérieur, habillé en conséquence évidemment ! Au contraire, l’été ce n’est pas très chaud et surtout, le beau temps dure environ 6 semaines, contrairement au sept mois d’hiver. Mais pire encore, l’été c’est un véritable festival de mouches noires et de maringouins affamés qui vous dévorent en permanence. On a déjà dit que les mouches noires étaient si grosses qu’elles courtisaient les corbeaux ! Alors vous comprendrez que la ville est plutôt rentable pour les vendeurs de chasse moustique. L’avantage de l’été, c’est qu’il fait clair jusqu’à au moins 22h30, mais l’hiver, le soleil se venge en se reposant énormément, offrant ses services rarement et pour quelques heures seulement !

10- Les gens

Matagami, c’est les gens qui y habitent. 1 534 âmes, sans compter les travailleurs qui font du fly in / fly out. Il y a les natifs, les vrais de vrais qui y ont passé leur vie et qui connaissent ça le nord. Et il y a les autres, qui viennent chercher de l’expérience pour le travail, ou simplement vivre l’expérience nordique. Certains s’accrochent les pieds et restent, d’autres ne sont que de passage. Des gens de tous les codes régionaux peuplent cette petite ville et c’est ce qui fait son charme. Quand on habite Matagami, on a des amis de partout dans la province ! L’intégration pour les nouveaux arrivants se fait tranquillement, souvent grâce à une rencontre impromptue au Bell-O-Bar, qui devient régulière, et l’amitié se forge tranquillement. Matagami, c’est aller à l’épicerie et en ressortir avec un mal de joue parce qu’on a souri à tout le monde ; notre coiffeuse, notre 4e voisin, la dentiste qui nous a rappelé notre rendez-vous. L’individualisme n’a pas encore atteint Matagami, et espérons que ça n’arrivera jamais.

Voilà le portrait que je dresse de ma ville adoptive. J’y suis depuis seulement 10 mois, et bien que je souhaite éventuellement retourner à Montréal pour le travail, j’aime Matagami plus que je ne l’aurais imaginé. J’ai même le goût de m’acheter un gros pick up !

J’ai composé ce texte avec l’aide de mes amies natives et d’un bleuet qui, comme moi, aime de plus en plus cette petite ville perdue au nord du 49e parallèle.

Matagami en images


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La ville de la semaine: Lebel-sur-Quévillon
Lieu rêvé pour les chasseurs, pêcheurs, amoureux de la nature et amateurs de ski-doo, cette petite ville tranquillement désertée à cause de la fermeture de son usine a un passé dynamique et rêveur.

1. Loin d’ici, c’est loin en titi!

Lebel-sur-Quévillon (seulement Quévillon pour les intimes) est une toute petite ville située non pas en Abitibi, mais dans le Nord-du-Québec. Pour vous y rendre, seulement deux choix s'offrent à vous. Vous pourrez rouler jusqu'à la « fourche » avant Val-d'Or puis rouler deux heures dans le bois ou bien passer par la magnifique et pittoresque ville de Chibougamau. Si vous choisissez la « fourche », vous passerez par Rapide-des-Cèdres, un magnifique village comptant 2 maisons et un garage abandonné tandis que si vous passez par Chibougamau, des heures et des heures de forêt vous attendent. Sur votre route, orignaux, ratons laveurs et animaux de toutes sortes vous accompagneront, alors soyez prudents! Pour ceux qui détestent faire de la route, vous pouvez toujours prendre l’avion parce que oui, il y a un aéroport à Quévillon!

2. Plus jeune que mon grand-père!
La naissance de la ville de Lebel-sur-Quévillon remonte à un temps pas si lointain. En fait, autour des années 40, de nobles bûcherons vinrent s'installer à Rapide-des-Cèdres afin de défricher « l'Or vert ». La ville tire son nom d'un entrepreneur visionnaire, le père Lebel, qui caressait alors le rêve d'avoir des installations modernes afin d'exploiter tout ce pin noir. Ce n'est qu'en 1963 que son projet se concrétisera et que la compagnie Domtar décidera d'installer une usine à pâte « kraft » moderne aux abords du lac Quévillon. Au même rythme que l'usine se construisit, une petite ville vit le jour dans la péninsule du lac Quévillon. Si vous regardez la ville du ciel aujourd’hui, vous remarquerez qu'elle a la forme d'un arbre. En effet, le centre-ville (on y reviendra!) est le « tronc » et toutes les rues (portant d'ailleurs un nom d'arbre) représentent des branches.... Concept tout de même ces pionniers! Les premiers résidents, dont mon grand-père, issus de partout au Québec, firent leur arrivée en 1966 pour venir y travailler. On peut donc dire que la ville de Lebel-sur-Quévillon est la digne « fille » de l'usine Domtar. Malheureusement, aujourd'hui, l'usine a fermé ses portes et a apporté avec elle le gagne-pain de bien des foyers. Mais bien des espoirs sont tournés vers le marché de la rayonne.

3. Le mur de Quévillon

Ce ne sont pas les loisirs qui manquent à Lebel-sur-Quévillon! Dans ce fameux centre-ville se trouvent le centre d’achat, le complexe communautaire, le parc, l'église, le terrain de baseball, les restos, les écoles et tous les autres magasins. De quoi s'amuser toute la journée! Je suis prête à parier qu'à Quévillon se trouve la seule église située sous une salle de cinéma et ce, dans un complexe communautaire! Je me rappelle le temps où j'étais jeune et que l'été nous devions nous taire dans le cinéma pendant le camp de jour (parce que oui, le camp de jour avait lieu dans la salle de cinéma) pour ne pas déranger la messe en bas. D'ailleurs, en plus d'avoir un cinéma et une église, ce bâtiment abritait l'aréna, les bureaux de la municipalité, la bibliothèque, la salle de curling, la salle de bowling et le casse-croûte servant les meilleures poutines en ville. On dirait presque une mini-version du mur à Fermont!

4. Le bonheur d’avoir du sable dans les fesses
Malgré le fait que ce soit dans le Nord-du-Québec (et non l’Abitibi!), c’est possible d’habiter à deux minutes d’une plage (et de pouvoir en profiter!) à Quévillon. Le lac Quévillon est une vraie richesse pour les habitants de la ville. L’été, en plus du festival nautique et de la prospection de « glaise » pour les jeunes, il est possible de s’y promener en bateau et de pêcher le doré ou le brochet (qu’on rejetait à l’eau parce que le vrai bon poisson était abondant). Petit fait cocasse : Je ne savais même pas que le brochet se mangeait avant de déménager en Outaouais, tellement le doré abondait!  Évidemment, la saison de baignade est un peu moins longue puisque les temps froids commencent en août. L’hiver, un vrai village s’organise sur le lac afin de pêcher sur la glace et celui-ci devient le paradis du « ski-doo ».

5. Cédez le passage!
Lebel-sur-Quévillon est l’une des rares municipalités au Québec où les panneaux stop ont été remplacés par des « cédez le passage » à des intersections à angle droit. En vrai, ça signifie que tout le tour de « la principale » (et les vrais de vrais savent ce qu’est « la principale ») il n’y a aucun stop! Et parlant de « la principale », je me rappelle que dans mon jeune temps, en faire le tour était l’un des passe-temps favori de bien des habitants. Mais attention, il fallait le faire à la marche rapide pour ne pas se faire dévorer par les maringouins!

6. Record Guiness
Les habitants de Lebel-sur-Quévillon peuvent se vanter d’avoir collectivement réussi à établir le record Guiness du plus grand feu de la Saint-Jean-Baptiste. En effet, à chaque année est organisé un gigantesque feu de joie qui s’en suit d’une fête bien arrosée qui dure toute la nuit. Pour faire un tel feu, ça prend du bois, et du bois, il y en a tout le tour de la Ville. Et là, on ne parle pas de petites bûches mais bien de troncs d’arbres au complet! Après une plainte de pollution à cause des pneus de voiture qui étaient insérés dans le grand feu pour soutenir le bois, le feu a perdu de son ampleur.

7. Les « cravings » inassouvis
À Quévillon, pas de grande chaîne de restauration rapide pour assouvir un « craving » de fin de soirée. Si une envie de McDonald ou de Tim Hortons vous prend, vous devez vous rendre à Val-d’Or, qui est à environ deux heures de route s’il fait beau! Autrement, vous pouvez toujours vous rendre au restaurant OPC Déli pour manger un bon roteux ou aller vous assoir avec les petites vieilles au resto Can-Can pour boire un petit café.

8. La meilleure place pour être malade !
Ça fait quelques années que j’ai déménagé en Outaouais où la situation dans les urgences est déguelasse (je mâche mes mots!). Si jamais je dois aller à l’urgence, je pense que je vais faire la route jusqu’à Quévillon. Faire l’aller-retour, en plus de « l’attente » à l’hôpital est moins long qu’attendre ici pour se faire dire que t’as une otite. « Je te crois pas! » me direz-vous? Je vous le jure! À Quévillon, quand t’es malade, on ne niaise pas avec ça. T’arrives dans la salle d’attente, tu attends 20 minutes ou 45 minutes si c’est ben occupé et que t’es pas chanceux, tu vois un médecin, tu as ta prescription et tu retournes te coucher dans ton lit!

9. Hôtel-môtel Quévillon, lieu de rassemblement
Un monument de la Ville, qui est malheureusement fermé aujourd’hui à cause du ralentissement économique, est l’hôtel-môtel Quévillon. C’était la place des habitués qui voulaient prendre un verre, la place où on allait bruncher le dimanche matin, la place où tu savais que des histoires  « pas catholiques » se passaient. D’ailleurs, ça me rappelle une histoire que mon oncle m’a raconté! Quand il était jeune, il allait veiller là avec ses amis et lors des fins de soirée bien arrosées, tout le monde se lançait les verres et la vaisselle. Ça, c’est sans compter les ustensiles et les verres qui étaient cachés dans les sacoches « pour se monter un trousseau ».

10. Moi?! Un accent?
Quand j’ai enfin sorti de mon trou nordique et que je suis arrivée en Outaouais, je me suis faite traitée de « fille de région ». Parce qu’à Lebel-sur-Quévillon, ça l’air qu’on a un accent! Parce que nous autres, on fait cuire nos toasts dans un « toasteur », on chauffe des « loadeurs », on porte des « soute de neige », on se « parke » pis nos chars ont des « taiyeurs ».

Après avoir écrit cet article, c’est drôle, mais je me sens un peu nostalgique de cette petite ville dans laquelle j’ai grandi et qui m’a apporté tant de beaux souvenirs! J’aurais eu bien des choses à vous dire encore, mais je vous garde sur votre appétit pour vous donner envie de faire un road-trip et d’y aller!

Lebel-sur-Quévillon en images

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http://urbania.ca/canaux/ville/3702/la-ville-de-la-semaine-lebel-sur-quevillonWed, 23 Jan 2013 11:35:26 ESTchibougamausenneterrenord du quebecville de la semainelsqlebel-sur-quevillonvillehttp://urbania.ca/canaux/ville/3702/la-ville-de-la-semaine-lebel-sur-quevillon