Urbania - villehttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationWed, 23 Jul 2014 12:06:42 EDT60La ville de la semaine: Saint-Basile-le-GrandPour voir St-Basile en images, c'est par ici!

Un trou qui accueillait les visiteurs avec un dépanneur Perrette (ce qui ne devait pas aider). Chez Lauzon, Mathieu, Taillon, Stéphanie ou Francyne, on appelait les commerces par le nom de leur propriétaire, et peu importe la direction où on regardait, il y avait un champ de blé d'Inde ou une ville qui se targuait d'être plus excitante. 

Aujourd'hui – et j'en profite pour souligner le beau travail de branding – on dit de St-Basile que c'est un endroit « où il fait bon vivre au naturel, entre rivière et montagnes ». C'est-tu juste une autre façon de dire les choses?

« St-Basile, c'est les pneus, ça? »
Non. Ça, c'est St-Amable. St-Basile, c'est les BPC. Sur la rive sud de Montréal, on se met sur la mappe avec des accidents écologiques. Dans les années 80, les scouts ramassaient les vieux journaux, qu'ils allaient ensuite trier dans un hangar en bordure de la 116. Du recyclage en 1985? On était ben avant-gardistes. En 1988, ledit hangar a brûlé, et 35 000 gallons d'huiles contaminées aux BPC qui y étaient entreposés illégalement aussi. Pendant des années, on avait donc été un paquet d'enfants à classer des piles d'Oeil Régional à côté de quelques centaines de barils toxiques. On n'a pas chialé, parce que la rentrée a été reportée d'un mois, mais on se mijote peut-être des maladies spéciales. On s'en reparle.

L'autre bord de la track
La ville est séparée par la 116 et une voie ferrée. On appelait « l'autre bord de la track » le secteur au pied du mont St-Bruno, en sous-entendant que c'était le mauvais bord. Peut-être parce que c'était le bord du Perrette. Le petit centre-ville était du bon côté, qui semblait être un peu plus surélevé. Comme quoi le concept de haute et de basse ville s'applique même aux proverbiaux trous. Aujourd'hui, l'autre bord de la track est sans contredit tout aussi apprécié que le bon bord; il y a même une école et un développement récent avec un lac artificiel. Un lac artificiel, ça, ça te renippe un quartier.

Monsieur Taillon 
Le local de la rue Principale en voie de devenir une garderie était autrefois la quincaillerie Taillon. Monsieur Taillon avait tout ce qui se trouvait sur nos listes de fournitures scolaires. En fait, monsieur Taillon avait tout. Véritable magasin général, son commerce – et sa moustache – était digne d'un film de Claude Jutra. Il y a quelques années, j'ai revu cette scène où Passe-Carreau et Fardoche partent en raquettes chercher du mastic. J'ai mal avalé ma chips quand j'ai réalisé qu'ils se rendaient à notre quincaillerie. Ben voyons, comment ça personne nous l'avait dit? Quelle ville autour pouvait se vanter d'avoir servi de décor à Passe-Partout? Si on se cherchait un 15 minutes de gloire autre qu'un incendie toxique, en voilà un excellent.

De la Chanterelle vs Jacques-Rocheleau
Dans les années 80, on a construit l'école de la Chanterelle près du secteur des oiseaux, où on a envoyé une partie des enfants qui habitaient du bon bord de la track. Il y avait un certain clivage entre les deux écoles, parce que l'une était vieille et l'autre toute neuve. Ainsi, les enfants de la Chanterelle croyaient que ceux de Jacques-Rocheleau n'étaient rien de moins que des motards. On n'était pas vraiment plus smattes à la Chanterelle, mais on avait Georges Dion, la rockstar des professeurs, un grand barbu qui nous sortait dans la cour d'école pour faire voler des cerfs-volants de compétition et avec qui on faisait des vivariums. Quand ta 4e année demeure l'année la plus marquante de tes 20 ans de scolarité, le travail de ton professeur mérite d'être souligné. Merci, Georges. 

Chez Lauzon, chez Mathieu, et Le Nid
Notre enfance a tourné autour des dépanneurs. On partait chercher un popsicle comme on part faire Compostelle. J'ignore les noms officiels des dépanneurs en question, mais on allait chez Lauzon, le jumelé le plus glauque de la Rive Sud, et chez Mathieu, qui n'existe plus. C'était toute une aventure pour le crew de la Chanterelle, qui s'arrêtait ensuite au parc Leblanc, devenu parc de la Seigneurie, pour s'ouvrir les coins de bouche avec des Mister Freeze et se casser des bras dans les jeux en bois. Quand on a annoncé la construction d'un dépanneur dans notre coin, c'était comme annoncer que Bryan Adams allait devenir notre prof d'éducation physique. Comme un miracle de Compostelle, on pouvait enfin aller perdre nos après-midis juste à côté de chez nous, au dépanneur Le Nid.

Le Grec et la Casquette
On l'appelait le Grec et on y mangeait de l'italien et du chinois, comme dans « St-Basile, ville multiethnique ». La pizza avec un pain au centre était une oeuvre d'art, et on suppliait nos parents pour des combos spare ribs. C'était l'équilibre parfaitement parfait entre gras et sucre, un bord de banquettes et un bord chic de tables avec des nappes, une machine à cigarettes qui nous faisait de l'oeil et des paquets de Thrills à la caisse, parce que qui dit pepperoni dit gomme savon. La Casquette juste derrière était un casse-croûte typique. Devenu l'épicerie fine Bières & Délices, l'endroit a toujours la crèmerie Pompon en annexe, haut lieu de la crème glacée molle trempée dans le chocolat. Le combo des deux commerces est peut-être un peu moins pertinent aujourd'hui, par exemple... 

La clinique 
Il fut un temps où il était possible d'avoir un rendez-vous chez le médecin avant que notre maladie se guérisse d'elle-même. À cette époque, la clinique était dans cette bâtisse à l'architecture peut-être contemporaine, peut-être baroque, sur la rue Longueuil, qui abrite aujourd'hui la clinique dentaire. Il y avait les docteurs Cocle, Perrier, Lamoureux et Laferrière, qui suivaient et suivent encore des familles complètes. L'avantage des petites villes, c'est la relation privilégiée avec un médecin de famille. Difficile d'être cynique au sujet des soins de santé quand on a le même médecin depuis 30 ans. (La secrétaire ne souriait pas beaucoup, par exemple.)

L'aréna et la St-Jean
St-Basile a certainement eu l'aréna le plus laid de la Montérégie. Aujourd'hui rénové, l'ancien bâtiment recouvert d'aluminium jaune et brun – qui aurait eu lui aussi le look parfait pour entreposer des BPC – ne fait plus honte, et son stationnement demeure le site des festivités de la St-Jean. Dans le temps, on venait des petites villes autour pour souligner le 24 juin, et on était ben fiers. Il y avait des manèges mobiles qui, étonnamment, n'ont jamais fait de morts, des spectacles de ballet jazz, mais surtout beaucoup, beaucoup d'alcool et de substances illicites (et d'endroits propices pour frencher – ou être malade). Il y a une bonne façon de fêter la St-Jean, et à St-Basile, on l'avait compris.

Faire du bike
Il n'y a pas d'école secondaire à St-Basile. On va donc étudier ailleurs et nos amis habitent un peu partout dans la région. Ton père ne veut pas te faire de lift? Rien là, tu prends ton bike. Il n'y a pas toujours eu de pistes cyclables, et encore moins de service d'autobus. Rouler en bike dans la garnotte jusqu'à St-Bruno, sur le bord de la 116 ou de la rue Principale, sans casques ni réflecteurs? Ben quin. Descendre le sommet des Trinitaires saoul? Je ne me souviens pas l'avoir descendu autrement. À partir d'un certain âge, on partait à jeun et on rentrait de St-Bruno, St-Lambert ou même Boucherville bien imbibés. On n'était peut-être pas brillants, mais on avait des cuisses d'enfer.

Ici, c'était un champ
Quand on vient de St-Basile, il y a de fortes chances qu'on en ait eu un dans sa cour. Les champs de St-Basile ont vu grandir une tralée d'enfants qui passaient l'été à manger des blés d'Inde crus et ouvrir des cosses vertes avec du poil dedans, assis sur leurs vélos. Depuis des années maintenant, on y plante des maisons, des blocs en rangées et des commerces. 

J'ai roulé jusqu'au bout d'un développement de maisons en plastique pour trouver ce qui reste de mon petit bout de champ. Il y avait les mêmes fleurs bleues et blanches, la vue sur les monts St-Hilaire et Rougemont, et un fossé où on se plantait solide à vélo. J'ai été prise d'une grande nostalgie. Une madame sur son terrain paysagé a dû se demander pourquoi une fille avec un iPhone s'essuyait les yeux entre deux quenouilles. Mais pendant un instant, j'ai retrouvé ma ville. 

Il est bien, votre nouveau St-Basile. Vous avez le train, une SAQ et le monstro IGA de circonstance. C'est tout bon. Mais je pense que notre St-Basile, avec ses champs comme terrains de jeu, ses vieux quartiers avec des fossés et sa mauvaise réputation, n'aurait pas dû nous faire honte non plus. J'espère que vos enfants y sont aussi heureux qu'on l'a été, même avec des casques de vélo sur la tête.

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http://urbania.ca/canaux/ville/5216/la-ville-de-la-semaine-saint-basile-le-grandWed, 16 Jul 2014 15:35:39 EDTTanya Henririve-sudMontérégiesaint-basile-le-grandville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/5216/la-ville-de-la-semaine-saint-basile-le-grand
Centre d'achats du mois: Carré DécarieCe repaire multiethnique a beau détonner des riches quartiers anglophones qu’il laisse entrevoir, il pique la curiosité par son imprévisibilité et ses immenses espaces vides. Visite guidée sélective de ce vacillant Carré Décarie.

À l’entrée, au rez-de-chaussée, le Carré a l’air à peu près d’un centre d’achats normal. Quelque peu défraîchi, oui, mais somme toute normal, avec ses colonnes blanches aux pentures rouges et son effort de verdure. 


Rapidement, certains magasins attirent l’attention. Ne serait-ce que pour son nom distingué et sa somptueuse signature, cette grande designer intermondiale mérite une mention spéciale.


Digne représentant d’une époque où le multitasking règne, ce magasin fait trois affaires en même temps : nettoyer, doubler des clés et, surtout, altérer.


Ce qui manquait au Québec : un magasin qui fait de la protection d’enfants.


Compagnie de l’année ?


Malheureusement pour les investisseurs, le «Centre Médicale Décarie» est déjà loué. 


Au fond à gauche, le Cinéma Dollar git avec une stature incroyable. Même après dix ans d’existence, il semble toujours aussi pétulant, malgré la crasse vive de ses toilettes et les taches qui ornent son tapis. Son propriétaire, Bernie, se donne corps et âme pour programmer les meilleurs films «entre-deux» : ceux qui sont pas assez cools pour être encore au cinéma, mais qui sont encore trop nices pour sortir en vidéo. Le légendaire Tommy Wiseau, réalisateur et vedette du pire film de l’histoire, The Room, y a d’ailleurs mis les pieds, plus tôt cette année, pour une représentation spéciale de son œuvre. En bonus, des prix dérisoires (2,50$ l’entrée, 1$ le pop-corn), de l’air climatisé et une ambiance globale SANS PAREILLE.



Partir à l’aventure aux extrémités du Carré est un plaisir à expérimenter. Aperçu des endroits déserts du rez-de-chaussée :




Zoom sur la plante décorative qui, on le rappelle, s’attèle à décorer un couloir vide.


En mettant les pieds au deuxième étage, on comprend assez rapidement que la game vient de changer. Aucun magasin, juste un Centre d’emploi et une variété de bureaux sans grande résonance. Seul attrait : le reflet des néons qui fait shiner les murs blancs.


Wow !


Descente furtive vers le sous-sol, là où on trouve les bijoux les plus sensationnels du Carré, à commencer par la boutique « la famille » qui, après maintes vérifications, ne vend que des vêtements pour femmes. Assez discriminatoire comme « famille ».


À ceux qui pensaient que tous les Sears du Québec étaient standardisés et faits sur le même frame, vous n’avez jamais mis les pieds ici. 



Amateurs de souliers d’été pour femmes, oubliez ça pour cette année.


Malgré l’effort de traduction au moins à moitié fait, va falloir annoncer au Sears que le verbe «seperate» n’existe pas.


Tout comme le verbe «enelver».


Ces fameux tapis dangereux qui, lorsque vérifiés, peuvent blesser les gens.


Au cas où vous ne le saviez toujours pas, un système de télévision possède maintenant les capacités techniques pour surveiller un endroit.


Petit tour à l’extrémité du Carré niveau sous-sol. Un vide resplendissant.




Le clou du spectacle : le bar Jillys. En temps normal, le gars à l’entrée dort, la tête penchée par en avant. Cette fois-ci, vu que c’est le Mundial et que le Brésil joue contre la Colombie, il pète le feu. « Si le Brésil gagne pas, va y avoir une révolution », dit-il à un de ses clients, pas mal certain, anyway, que la FIFA achète les arbitres. Tanné d’être debout à son bar, il s’assoit à une table pour regarder la game, tout en continuant de watcher les nombreuses personnes qui jouent aux machines. « IT’S NOT A FUCKING PARKING HERE !! », hurle-t-il à qui veut bien l’entendre, en référence à un client parti une vingtaine de minutes, qui a eu le cran de réserver sa machine avec une feuille mobile.
Le voici, le voilà.



Juste à côté se trouve un autre phénomène : le Bistro à Lina. Les nostalgiques de l’Hippodrome s’y donnent rendez-vous pour prendre des paris sur des courses de chevaux. Ça ressemble à la bourse, mais en mieux.


Pour terminer la visite, recueillons-nous devant cette fontaine d’eau décorative qui, vous l’aurez deviné, s’attèle à décorer un espace de repos vacant.


Contemplons également ce bureau avant-gardiste pour cardiologues futuristes. 


Avez-vous envie d’aller y prendre un verre ?


Avez-vous envie d’aller y passer votre dimanche après-midi ?


Si oui, rendez-vous au 6900 Décarie pour toujours plus d’aventures. (ou si vous êtes paresseux, CLIQUEZ ICI pour plus de photos).
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http://urbania.ca/canaux/ville/5203/centre-dachats-du-mois-carre-decarieThu, 10 Jul 2014 14:20:51 EDTOlivier Boisvert-Magnendécariesquarecarré décarieachatscentrereportagehttp://urbania.ca/canaux/ville/5203/centre-dachats-du-mois-carre-decarie
Centre d’achats du mois : Carrefour LangelierÀ l’entrée, un homme au pas décidé sort d’une Civic blanche. «Manque pas ta shot man !» lui adresse son comparse au volant. Plus primé que jamais, l’envoyé spécial ouvre la porte principale avec une assurance imperturbable, comme s’il allait commettre un acte répréhensible. Une chose est certaine : il n’est pas venu au Carrefour Langelier pour flâner, contrairement à cet homme complètement détruit par la vie. 


La tension monte jusqu’à sa destination, la boutique Tapage, repaire ultime de linge adulescent et de snapbacks à 30 piasses. «Esti, tu m’croiras pas», lance-t-il au caissier, saisissant au passage une paire de shorts beiges dernier cri 2009. «J’ai passé la moppe en épais pis je me suis renversé de l’eau de javel dessus.»

Au Carrefour, ce genre de proximité franche et sans détour entre le commerçant et le client est chose commune. Les gens s’y retrouvent pour se parler dans leur langue d’origine et, parfois, pour acheter. C’est particulièrement le cas dans les mini boutiques comme la Cordonnerie Langelier. «Dans le temps, les portes de chez nous étaient même pas barrées», raconte à la caissière un vieil homme à moitié assis en dehors du magasin. «À c’t’heure, c’est rendu que j’ai peur de m’faire voler le logement ! Sincèrement, je sais pu où on s’en va…»

Juste à côté, le vendeur du gracieux Meubles Idées Flash tente de vendre à une madame la chaise sur laquelle elle est assise depuis un bon 30 minutes. «J’suis pas encore certaine», dit-elle, inerte. Pourtant, c’est «beau, bon, pas cher», comme nous le rappelle si justement le slogan original.




L’apparat de surface est une tendance lourde au Carrefour. Dans le genre, la devanture outrancière du Frissoni a le mérite d’exister.



Si c’est marqué dans la fenêtre que c’est élégant et qu’en plus ça flashe en trois couleurs toute la journée, ça doit être vrai.

Ce cinéma a bien saisi la mode actuelle : remplacer les «s» par des «z».


Côté magnificence, le « magasin de cadeaux » asiatique Vase Caravan est, de loin, le plus éblouissant. On peut y trouver des lumières, des bougies, des fausses fleurs, des ramen et, surtout, un bureau Western Union - pour ceux qui aimeraient envoyer de l’argent à un héritier congolais.



En plus, c’est également le magasin le plus poli de tout le centre d’achats.


Suivi de très près par le kiosque Tarot Diane Côté, une voyante hors pair qui nous salue  constamment.



Malheureusement, tous les commerçants n’ont pas la même rigueur courtoise. Le Carrefour abrite en son centre le magasin Ardene le plus délabré de tous les temps, comme s’il peinait à se remettre d’un violent bumrush d’adolescentes en journée pédagogique. 



Un magasin qui tutoie ses clients : «Sincèrement, je sais pu où on s’en va…»

Impossible de parler du Carrefour Langelier sans mentionner le Wal-Mart, qui s’étend sur près de la moitié de la superficie totale. Ici, on perd facilement patience face à l’immensité du magasin. «Trouve ton esti de pâte à dents à marde qu’on s’en aille», signale avec finesse une mère exaspérée à son enfant.

Ce qui frappe le plus, c’est la rencontre culturelle, le point de ralliement multiethnique tacite. Compartimentées/segmentées à la grandeur du Carrefour, les communautés se côtoient ultimement au Wal-Mart parce que – c’est bien connu – les bas prix, ça n’a pas de frontières.



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http://urbania.ca/canaux/ville/5131/centre-d-achats-du-mois-carrefour-langelierThu, 05 Jun 2014 15:59:07 EDTOlivier Boisvert-Magnencentre d'achats du moiscarrefour langelierville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/5131/centre-d-achats-du-mois-carrefour-langelier
La ville de la semaine: Pointe-Claire
Bien que je n’y réside plus depuis quelques années, j’y ai grandi pendant 20 ans et j’apprécie toujours autant retourner dans mon Pointe-Claire, cette ville hétéroclite avec son village pittoresque, ses grands centres commerciaux impersonnels et la magnificence de son fleuve. Plusieurs facettes, plusieurs raisons de l’aimer.

Pour voir Pointe-Claire en images, c'est par ici

1. Bienvenue à/Welcome to Pointe-Claire 
La ville est bordée par le Lac St-Louis (là où le fleuve s’élargit). C’est fort joli comme en témoignent les têtes grises qui se baladent en vieilles décapotables, les hordes de cyclistes et les promeneurs de chiens dès qu’il y a un dimanche ensoleillé; scène typique de ce 5 km fluvial. Ce parcours ravissant est d’autant plus remarquable par la splendeur architecturale qui se dresse derrière la pancarte de bienvenue lorsqu’on arrive de Dorval. Le bâtiment barricadé et couvert de graffitis, un des seuls édifices abandonnés dans cette « ville modèle », est définitivement une incongruité du paysage. J’ai dans mes souvenirs que jadis c’était une école primaire. Jusqu’à tout récemment, il y avait d’ailleurs une pancarte : « A loué. Ècole ou Èglise. » Tous les francophones du quartier sont déçus qu’elle soit désormais enlevée mais, vu l’état des lieux, je ne pense pas qu’il y ait de nouveau locataire. Des preneurs? La vue est magnifique, je vous jure! 

2. Une ville archétype  
Si je savais jouer à SimCity et que je voulais créer une ville bien pratique pour ses citoyens, je m’inspirerais certainement de Pointe-Claire. Son centre civique 5 étoiles comprend un amalgame de tous les services municipaux possibles. Mise en situation très réaliste d’une famille le samedi matin : L’aînée fait du tutorat à l’école secondaire anglophone et du bénévolat à l’hôpital Lakeshore (situé à deux minutes), le père passe à l’hôtel de ville et va assister à la pratique de hockey du cadet à l’aréna, la benjamine suit son cours de natation au centre aquatique pendant que la mère lit à la bibliothèque. Tous vont ensuite au spectacle des élèves de l’école primaire francophone. S’ajoutent le poste de police et la caserne de pompier qui ne cadraient pas vraiment dans mon histoire. Le tout dans le même quadrilatère en plein cœur névralgique de la ville! Pointe-Claire, une ville efficace. 
P.S. Mea culpa, j’ignore où est passé le skate park qui a dû céder sa place au 2e bassin olympique. 

3. Le Village
À Pointe-Claire, quand on dit qu’on va dans le Village, personne ne pense à l’est du Quartier Latin montréalais, mais plutôt à quelques petites rues charmantes longeant le bord du lac à l’extrémité ouest. Des boutiques, des restaurants, des cafés, des salons de coiffure, des maisons ancestrales, des librairies, des artisans, un vrai village dans une ville! Parmi les commerces dignes de mention, on pense entre autres à la pizzeria Gigi, à la Première Compagnie de Paniers (l’endroit où tu trouvais un cadeau pour la fête des mères) et, bien entendu, au Wild Willy’s, notre institution de crème glacée faite maison (je n’en reviens pas encore qu’un Bilboquet se soit installé à 300m de là). Parfois, on y allait pour le King Kong, un chapeau contenant 15 boules qu’on partageait avec famille et amis. Le personnel prenait alors une photo de nous arborant fièrement notre délice glacé et la mettait dans sa vitrine. Le défi c’était d’essayer de reconnaître nos amis en attendant en file. La tradition persiste encore, mais le Wall of Fame est dorénavant sur Facebook. Wild Willy’s 2.0. s’est d’ailleurs fait refaire une « beauté » : le zébré cédant la place au jaune et aux palmiers en plastique. Les goûts ne se discutent pas. Ah oui, votre compagnon pourra également y avoir une surprise, car ils font de la crème glacée pour chiens!

Parce qu’un village chaleureux et invitant était apparemment insuffisant, il y en a un second, le Village de Valois, qui est assez peu glorieux. À part quelques exceptions, les commerces aux allures et noms douteux semblent lutter pour leur survie. Je leur souhaite bonne chance. 

4. Ces endroits préférés de nos aînés
Comme toute bonne ville qui se respecte et qui veut créer un espace de climatisation pour ses amis de l’âge d’or, on a notre Plaza Pointe-Claire. Bien que récemment agrandie de façon plus moderne, la Plaza qu’on connaît c’est le Ted’s (le magasin de jouets où on achetait des billes dans le temps), le magasin de bonbons en vrac (Papillon, qui est en fait une épicerie bio), le Club vidéo old school qui occupe toujours le 2e étage au complet et les racks de linge pour très jeune ou très âgé en plein milieu du corridor. 

Un autre lieu propice aux retraités est le Centre culturel du Stewart Hall, une sorte de grand manoir au bord du lac. J’admets qu’il y a quand même une pléthore d’activités pour toute la famille qui peuvent être très agréables tels des concerts, des spectacles pour enfants, des expositions d’art, une chorale, des cours de musique, de poterie, de tissage… Mais le Club des Philatélistes du Lakeshore (un des plus importants au Québec avec 170 membres) et le Club des Numismates du Lakeshore a quand même sa clientèle cible. On s’entend. 

5. Une ville qui t’encourage à te mettre en forme
Il faut savoir que la ville est divisée par l’autoroute 20 et plusieurs voies ferrées. Pour se rendre du Nord au Sud ou vice-versa, un système fort élaboré de tunnels et de passerelles a été conçu. À chaque kilomètre environ, il y a un moyen pour traverser de l’autre bord. Dit de même, vous pouvez penser wow comme c’est pratique! À tort. Admettons que vous viviez dans Pointe-Claire Sud et que vous vouliez aller au dépanneur le plus près, situé dans Pointe-Claire Nord. Le dépanneur est juste derrière vous. Un oiseau s’y rend en deux temps, trois mouvements. Vous n’êtes pas un oiseau. À votre droite, 500m de marche et il y a un tunnel. À votre gauche, 500m de marche et il y a une passerelle. Quoi que vous choisissiez, vous aurez ensuite un autre 500m de marche pour revenir sur vos pas, mais de l’autre côté. Tout ça pour un paquet de gomme et un Mr. Freeze? C’est un pensez-y bien. Au moins, pendant la canicule estivale, les tunnels sont toujours frais et la vue du haut de la passerelle est quand même le fun!

6. Yo, on a des clubs! (Mais pas de nightlife)
En effet, bonne chance pour trouver une piste de danse endiablée à 1h du matin. À la place, voilà ce que la ville propose à condition d’être bon avec les acronymes. C’est pas mal un pré-requis avant de se lancer dans une discussion sur le sujet. Je vais tenter de vous clarifier tout ça : 

  • D’abord, il y a le PCYC (Pointe-Claire Yacht Club), puis le PCCC (Pointe-Claire Canoë Club). Attention de ne pas le confondre avec le PCC (Pointe-Claire Curling)! 
  • e PCSC (Pointe-Claire Swim Club) et le PCDC (Pointe-Claire Diving Club) s’entraînent au PCAC (Pointe-Claire Aquatic Center). 
  • Juste à côté à l’aréna, on retrouvera le PCFSC (Pointe-Claire Figure Skating Club), le PCIHL (Pointe-Claire Intermediate Hockey League) et le PCOT (Pointe-Claire Old Timers, du hockey pour les 35 ans et plus).
  • Finalement, on retrouve le PCASA (Pointe-Claire Amateur Soccer Association). J’en oublie probablement, mais ce sont les plus importants à connaître pour faire partie du PCPLNC (Pointe-Claire Pour Les Nuls Club, seul groupe fictif et francophone du lot).

Mention honorable aussi au Club de Golf Beaconsfield (qui est bel et bien situé à Pointe-Claire) et, particulièrement, une pensée pour sa pente qui rappelle de bons souvenirs hivernaux avec luges et crazy carpets. 

7. La pointe de Pointe-Claire 
Minute historique. D’accord, ce n’est pas la partie la plus intéressante, mais tout Pointe-Clairais connaît et apprécie l’endroit. Pointe-Claire s’appelle clairement ainsi à cause de la visibilité sur le paysage lacustre que l’on a à la pointe du  village s’avançant dans le lac. On va d’ailleurs y retrouver le logo de Pointe-Claire : le moulin à vent! Il vient avec tout son attirail patrimonial comme l’église St-Joachim, le presbytère, le couvent et l’école primaire Marguerite-Bourgeoys. On dirait que je vous décris ce petit patelin du 17e siècle mais, pour de vrai, au bord de l’eau, ça vaut le détour. Ce que la Seine est à Paris, ce que le Tibre est à Rome, ce que la Tamise est à Londres, ce que le Fleuve St-Laurent à la pointe est à Pointe-Claire. C’est clair?

8. Es-tu sauveteur ou travailles-tu au Fairview?
Avec ses 7 piscines extérieures et ses 3 piscines intérieures (pour 30 000 habitants), Pointe-Claire regorge de sauveteurs et de moniteurs de natation. C’est sûr que tu n’as pas à aller plus loin que le cousin du meilleur ami du fils de ton voisin pour en trouver un. Gros maximum. Si c’est l’emploi étudiant par excellence, il y en a qui finissent aussi par y passer leur vie.

L’autre option, c’est d’aller porter des C.V. au Fairview. Oui, ce centre d’achats-là. Nomme-moi une chose que tu connais du West Island? Le Fairview sortira 4 fois sur 5. Ado, les chances d’y croiser une connaissance sont de 99,9%. Le terminus de bus du Fairview s’est bâti une solide réputation également avec ses jeunes bums et gang de thugs. Lorsqu’un article sort sur quelqu’un de grièvement blessé qui s’est fait frappé, il y a de fortes chances que ce soit là. Quand je suis allée le photographier, un agent de sécurité de la STM et un policier montaient la garde. À 14 heures. Un dimanche. Pour vous dire.

9. Sortir à/de Pointe-Claire
Sortir à Pointe-Claire ne fera jamais les manchettes, mais on peut passer de bonnes soirées dans certains établissements. La brasserie Le Manoir sur le Boul. St-Jean (ou comme les gens disent « boul. St-John », wonder why) est un incontournable : cet espèce de gros shack a une ambiance fort agréable les soirs de match ainsi que l’été sur l’immense terrasse. Dans le village, on a assisté à la renaissance du resto-bar Le Pionnier qui a repris sa place sur le défunt Clydes. Si vous êtes fan de spectacles amateurs de vieux rock, c’est la place où aller. Si vous êtes trop dépaysé par les landes hostiles du West Island, vous pouvez vous rassurer dans des valeurs sûres comme le McKibbin’s ou Les 3 brasseurs. Et si vous vous sentez téméraire, essayez le Bar Hymus et la Taverne du Green Hornet qui requièrent une certaine connaissance de la faune des environs avant de s’y hasarder.

Les habitants aiment la familiarité de leur partie occidentale de l’île et auront tendance à rester dans les bars des environs. Songer sortir à Montréal est pratiquement exotique et, à moins d’y étudier ou d’y travailler, on tente de l’éviter. Il faut dire que le dernier train de banlieue quittant le centre-ville est à 21h15. C’est tôt en maudit, même pour les baby-boomers qui veulent aller au festival de jazz. Et inutile de mentionner le taxi, hors de prix.  

10. Sans oublier
Le parc naturel Terra Cotta est décrit comme un « îlot naturel de 45 hectares ayant pour vocation la conservation et sillonné par plus de 6 km de sentiers » et blablabla. Allô, c’est une forêt (avec des moustiques) au milieu de la ville. Nul ne sait ce que tu peux y faire et y retrouver une fois le crépuscule tombé… Attention quand même, car à Pointe-Claire, il y a des couvre-feux. Tu as beau faire du tai-chi, du frisbee ou vendre des substances illicites, si tu te trouves dans un parc à partir de 23h, une amende de 75$ tu auras. Pointe-Claire, une ville d’oiseaux de nuit.


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http://urbania.ca/canaux/ville/5114/la-ville-de-la-semaine-pointe-claireThu, 29 May 2014 14:05:14 EDTCatherine Lerouxpointe-claireville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/5114/la-ville-de-la-semaine-pointe-claire
La ville de la semaine: MonctonMais au-delà de tout ça, Moncton c’est surtout le centre urbain de l’Acadie (sorry Caraquet), la birthplace du chiac, et une maudite belle place à vivre si tu peux endurer les maringouins.
 
J’aime ma ville natale pour mille et une raisons. En voici dix.

Pour voir Moncton en images, c'est par ici

1. Moncton est chill
Moncton, c’est une ville relaxe. Tu veux aller à l’école en pyjama ? Vas-y fort. La lumière est verte et tu bouges pas? Pas de trouble, on va attendre la prochaine. Pas la peine de sortir le klaxon pour ça.
 
À Moncton, on se soucie assez peu des formalités. Pas de vouvoiement ni de monsieur/madame ici. À preuve, notre ancienne députée accueillait les dignitaires avec des hugs enthousiastes au lieu de poignées de main. Au diable le protocole, bienvenue à Moncton.
 
Mais attention, n’allez pas croire qu’on est mous pour autant. En 1968, quand le maire a refusé de reconnaître la communauté francophone de la ville (presque 40% de la population), il s’est réveillé avec une tête de cochon sur le perron. Faique choque-nous pas trop, parce qu’on risque de virer Godfather ben assez vite.
 
 
2. On a la rue St George
La St George a le double honneur d’être à la fois la rue la plus douteuse et la plus branchée en ville. Que t’aies le goût de prendre une microbrew artisanale sur une terrasse ou de chanter du karaoke avec des motards, la Saint-George est là pour toi. C’est le type d’endroit où tu peux magasiner ton crack en buvant un smoothie au wheatgrass bio du resto vegan installé dans l’ancien sex-shop. Tu vois le genre.
 
À noter qu’à Moncton, quand on dit d’une femme qu’elle « travaille sur la Saint-George », on n’a pas besoin de préciser de quel métier on parle (mais c’est pas « faiseuse de smoothies au wheatgrass »).
 
 
3. Et le Frenchy’s
On a peut-être le plus gros centre d’achats en Atlantique, mais on s’en fout, parce qu’on a le Frenchy’s. Plus qu’une simple friperie, c’est l’endroit où l’on fait tomber les barrières entre les classes sociales autour d’un bac de vêtements usagés. Tout le monde magasine chez Frenchy’s, peu importe le contenu de son portefeuille, et on n’a pas honte de partager nos meilleures trouvailles. Mentionne le Frenchy’s près d’un groupe de madames, et t’auras droit sans faute à l’histoire de la fois où Ginette a trouvé une paire de Levi’s à 2$ avec l’étiquette encore dessus. Essaye, tu verras.
 
Il y a plusieurs Frenchy’s, mais on sait tous lequel est le meilleur (à Shédiac, près de l’autoroute), quand y aller (au tournant de chaque heure, quand ils remplissent les bacs), et quelle technique utiliser (on pousse tout du même bord, et on procède par élimination).
 
 
4. C’est une ville avec de l’ambition
Après une série de creux économiques successifs assez profonds depuis son incorporation en 1875 (la devise de la ville, « Resurgo », veut dire « Je me relève », si ça te donne une idée), Moncton est finalement dans une bonne passe, et se permet de voir grand pour la première fois depuis des décennies. Maintenant, chaque fois qu’on réussit à avoir un gros événement (genre un show de U2 ou des Rolling Stones), tout Moncton se félicite haut et fort d’être devenu une destination internationale de première classe pour des groupes du genre. Mais entre nous, on se targue surtout d’être plus hot qu’Halifax. 
Pendant ce temps, dans la capitale néo-écossaise, personne ne semble être au courant qu’il existe une rivalité entre nos deux villes. C’est assez unilatéral notre affaire.
 
 
5. On loue nos films au Spin-It
Ici, on a un magasin de location de DVD qui fonctionne à la planche. Non, c’est pas parce qu’on n’a pas encore découvert Netflix, c’est parce que le Spin-It est mille fois mieux. Nomme un film et ils l’ont. C’est aussi simple que ça. T’aimes le art-house suédois des années 40 ? Spin-It. T’es dans la mood pour un chick-flick coréen en noir et blanc au sujet d’une gang de cannibales ? Spin-It. Un western spaghetti de l’espace avec une distribution composée entièrement de Burkinabés nains ? Spin-It.
 
 
6. « T’es la fille à qui ? »
À Moncton, comme dans n’importe quelle communauté acadienne, toute conversation avec quelqu’un de plus de 65 ans comprend immanquablement la phrase suivante :
« T’es la fille à qui, toi? ».
Parce qu’ils aiment ça savoir s’ils connaissent tes parents, mettons.
 
Le problème, c’est que Moncton c’est quand même une assez grande ville, où des gens viennent de partout pour s’établir. Ça fait qu’une conversation qui durerait 30 secondes dans un village de 200 habitants (« Ah, t’es la fille à Gerry ! ». Fin.) devient un exercice assez ardu de défrichage d’arbre généalogique dans une ville qui en compte 140 000:
 
- Ah, t’es une petite Cormier toi, hein ??
- Ouaip.
- Les Cormier de Caraquet, ça ?
- Non, de Cap-Pelé
- Ah bon. T’es la fille à qui ?
- Gerry pis Suzanne
- Hmm. Gerry, le frère à Clément qu’a marié la nièce à Joe LeBlanc ?
- Non, Gerry, le garçon à Eusèbe, qui travaillait dans la shop à Donald.
- Donald… Donald Saulnier, ça ? De Saumarez?
- Non, Donald Doiron. Du Cap de Cocagne.
 
…et ainsi de suite jusqu’à ce que vous retrouviez finalement le cousin de la nièce de ta mère qui a fréquenté le Collège de Bathurst en même temps que son oncle. Et croyez-moi, ça peut prendre du temps.
 
 
7. La Kamikaze, c’est du sérieux
Les gens à Moncton sont divisés en deux groupes : ceux qui ont déjà fait la Kamikaze, et les moumounes. J’assume pleinement mon adhésion au groupe numéro deux.
 
La Kamikaze, c’est la plus haute glissade d’eau du parc aquatique Magic Mountain. Elle descend à la verticale (ou à peu près). Elle transforme tout maillot en monokini, tous les shorts en g-string. On finit la Kamikaze avec du linge en moins, mais avec un ou deux poils de chest en plus. Parce que la Kamikaze, c’est plus qu’une simple glissade d’eau, c’est un rite de passage. Quand t’es un jeune garçon à l’aube de la puberté, la meilleure façon de prouver ta virilité devant les filles de ta classe, c’est de descendre la Kamikaze. On y monte garçon, mais on en redescend homme.
 
 
8. À Moncton, l’eau est brune
Au plein cœur de la ville, il y a la Petitcodiac. Ok, c’est peut-être une rivière brune pleine de bouette, mais c’est NOTRE rivière brune pleine de bouette. Et on l’aime, bon. Avec ses paniers d’épicerie pris dans la vase pis toute.
 
Après avoir souffert pendant 40 ans du barrage d’un pont-chaussée, le mascaret (une grosse vague qui remonte la rivière d’un bout à l’autre deux fois par jour) est de retour en force depuis 2010. Grâce à lui, Moncton est récemment devenue une destination de surf, à la grande surprise de quiconque a déjà vu la rivière Petitcodiac ou une destination de surf.

 
9. Le Hynes
Si tu viens de Moncton, t’as déjà mangé chez Hynes. Tes grands-parents ont mangé chez Hynes. Tes petits-enfants et tous leurs descendants mangeront chez Hynes. C’est là tu sortais pour des hot chicken avec les grands-parents quand t’étais petit, puis où t’es allé vivre tes premiers lendemains de brosse comme adolescent quelques années plus tard. 
 
Si un jour t’as envie d’aller chez Hynes un dimanche matin, je te signale que c’est juste en face de l’église et qu’il est donc primordial d’arriver AVANT LA FIN DE LA MESSE. Parce qu’à dix heures pile, la paroisse St Augustine au grand complet entame sa migration collective de la nef vers le Hynes pour digérer son hostie avec une pointe de tarte au citron quadruple-meringue. Et t’es mieux d’être déjà assis, parce que sinon tu vas te ramasser au Deluxe en bas de la rue avec un fish n’ chips graisseux en maudissant le troupeau de fidèles qui a réussi à avoir une banquette avant toi.
 
 
10. Ici, personne n’utilise l’expression « Ma p’tite madame »
PERSONNE. Ça ne s’est jamais dit dans l’histoire de la ville. Ça vaut quasiment le déplacement juste pour ça.

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http://urbania.ca/canaux/ville/5066/la-ville-de-la-semaine-monctonThu, 08 May 2014 14:49:57 EDTJulie Cormiermonctonville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/5066/la-ville-de-la-semaine-moncton
La ville de la semaine: Centre-SudPour voir Centre-Sud en images, c'est par ici

1 - C'est où?! 
Centre-Sud est un tampon entre le Plateau, le centre-ville et Hochelaga-Maisonneuve. Contrairement au Plateau où tout le monde y va de ses propres estimations afin d'y inclure son chez-soi, les limites du Centre-Sud sont très claires: Saint-Hubert à l'ouest, le Fleuve au sud, le pont Jacques-Cartier à l'est et Sherbrooke au nord. Tu retrouves là-dedans: Radio-Can, la promenade des stars de TVA, Télé-Québec, le Village, l'usine Molson, beaucoup de pawn shops et quelques parcs à poudre.

2 - Histoire
Au début, le Centre-Sud était un quartier ouvrier, assez pauvre, surnommé « le Faubourg à m’lasse » à cause des fortes émanations de ses usines à (vous l’aurez deviné) mélasse. Aux mauvaises langues qui disent que cette description de 1981 n'est pas très éloignée de la réalité actuelle je dirais: vous avez 50% raison. Bien que le quartier reste encore un endroit en bonne partie habité par des familles à faible revenu, il s’y passe depuis quelques années une subtile gentrification à-la Hochelaga-Maisonneuve. Évidemment, personne ne parle du Centre-Sud comme un nouveau-nouveau-Plateau, mais il est toutefois désormais possible aux habitants du quartier de payer 3.50 $ pour un café filtre ou de faire la file pour bruncher trop cher un dimanche.

3 - Vivre
Mes parents sont partis de Québec pour venir s’installer dans Centre-Sud en 1996. J’avais 5 ans et contrairement à mes grand-mères, je me foutais pas mal de la réputation de « place de tout-croches » du Centre-Sud. La place est pourtant très safe et les gens assez sweets en général. Les seules fois où j’ai eu des problèmes avec des habitants du quartier sont quand j’ai traité un crust punk de crotté (j’avais pas tort) devant Dans la rue et qu’il m’a couru après, (la seconde fois c’est quand) et quand un bonhomme de 50 ans m’a dit « ça te tentes-tu de t’faire 20 piasses?! ». Comme j’avais autour de 8 ans et aucune idée de quoi le bonhomme parlait, je me suis dit que 20$ ça faisait quand même beaucoup de Joe Louis et de chips au vinaigre. J’eu cependant la présence d’esprit de refuser, même si j’avais très faim.

4 - Les breuvages
Pas de bars très fancys dans Centre-Sud, et ce n’est pas plus mal. Les clubs se font rares également : c’est plus dans le Village que ça se passe de ce côté-là. Si t’es du genre boisson artisanale, tes meilleurs choix sont soit le Cheval Blanc, Le Yer’mad ou Station Ho.st. Les locaux passent davantage leurs soirées (parfois leur journées aussi) dans des tavernes de quartier plus conventionnelles, tel le chic Bar Panet ou le Fun Spot « Bar à Sensation(s) ».

5 - Manger
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, y’a du bon manger dans Centre-Sud, comme Chez Ma Grosse Truie Chérie (idéal pour une première date où tu veux dépenser la moitié de ta paye) ou Au Petit Extra. Cependant, c’est vraiment plus au Palais Montcalm, au Lafayette ou au Club Sandwich qu’il est possible d’admirer la faune locale. La bouffe est peut-être pas A-1, mais au Club Sandwich y a une vraie Harley pis des guitares pointues de collées su’l mur, et au Lafayette tu peux commander pour 2.50$ de frites et en avoir assez pour tes lunchs de la semaine. 

6 - Mauvaise réputation
Probablement le claim to fame du Centre-Sud, les pawn shops sont partout. Si tu veux vendre tes trucs le 1/8 de leur valeur, c’est la place. Il y a évidemment une importante corrélation entre le crime et les pawns shops (toujours la première place à checker si tu te fais dévaliser), mais c’est aussi là que tu peux trouver des saisons de Watatatow à 5$ ou des instruments de musique pour des peanuts parce que le commis s’y connait fuck all. Entre encourager le crime et réaliser une économie d’importance le choix est parfois déchirant.

7 - Le Pat & Robert
Tabagie légendaire pour les habitants du quartier, ouverte depuis crétacé, le Pat & Robert se spécialise en cigares et tabac à pipe. La boss de la place est particulièrement l’fun, un mot sur trois qui sort de sa bouche est un sacre, et le t-shirt bedaine est l’uniforme officiel du staff. Quand j’étais petit, les clientes restaient là à jaser avec les caissières en espérant voir Roy Dupuis venir acheter du tabac à rouler (ma mère était tellement contente).

8 - Sortir
Ça peut être tough de convaincre tes amis de sortir dans le coin, mais si t’es capable t’es pas mal certain d’avoir au moins une bonne anecdote à raconter le lendemain. Mélange idéal entre une belle terrasse et un tripot, le Citibar est LE spot pour jouer au vidéo poker avec des shemales. Y’a même un motel au-dessus du bar pour les plus aventureux. Si tu aimes chanter devant des inconnus en état d’ébriété y’a le Normandie dans le village ou L’Astral 2000. Le seul hic, c’est que depuis que c’est redevenu cool de faire du karaoké, y a vraiment beaucoup de monde à L’Astral et c’est donc assez long avant que ce soit ton tour de chanter. Pour sortir et se coucher moins niaiseux, y a l’Espace Libre,  l’Usine C ou le Théâtre Prospero; les pièces présentées à l’Usine C sont plus weirds, mais anyways c’est du théâtre donc y‘a des costumes, ça crie et c’est bizarre peu importe la salle.  

9 - Magasinage
Pas de gros centre d’achats ou de H&M, mais c’est tant mieux, t’as le Marché aux Puces Ontario. C’est un peu comme si huit colocs qui se ramassent pas vivaient dans un 2 et demi; tu sais jamais quelle pile de cochonneries/trésors est à quel vendeur et y a rien de classé, mais toute façon fouiller c’est la moitié du fun.

10 - L’Église Vie et Réveil 
Le pasteur Alberto Carbone fonde l’Église Vie et Réveil à Montréal en 1974 et s’installe dans un local coin Papineau et Sainte-Catherine, sorte de secte évangélique dont les messes attiraient des centaines de gens chaque semaine dans les années 80 et 90. Quand j’étais plus jeune, mon père m’emmenait là voir des shows d’hommes forts qui pliaient des barres de fer ou se cassaient des briques sur la tête. Malheureusement de l’Église Vie et Réveil ne reste plus que le logo accroché après une bâtisse condamnée, à côté d’un ancien Subway qui a explosé et un magasin pour DJs qui a inévitablement fermé.



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http://urbania.ca/canaux/ville/5046/la-ville-de-la-semaine-centre-sudThu, 01 May 2014 13:31:06 EDTPerceval BarryShemaleCentre-sudvillereportagehttp://urbania.ca/canaux/ville/5046/la-ville-de-la-semaine-centre-sud
La ville de la semaine: La page Facebook d'UrbaniaPour voir la page Facebook d'Urbania en images, c'est par ici

Il était une fois sur Facebook
Au début, il n’y avait rien. Puis, Facebook est arrivé. Comme plusieurs, au début, on était confus. On a tout d’abord fait un groupe Facebook parce que, si vous vous souvenez bien, les fan pages n’ont pas toujours existé. Quand les fameuses Pages sont nées, c’est notre gestionnaire de communauté de l’époque, Fred Gx, qui a créé la nôtre. Il ne devait pas se douter qu’il créait alors une véritable mégalopole qui allait un jour attirer plus de 40 000 citoyens. Après son règne, c’est la sulfureuse Marion Megglé qui a pris les commandes de la ville. Elle est restée en poste jusqu’en octobre 2011, moment où elle a cédé les rênes du pouvoir à l’intrépide Frédéric Guindon. Après presque deux ans à la barre, celui-ci a à son tour passé le flambeau au jeune loup Olivier Morneau.  Véritable Antonio Barrette du Facebook-jeu, le gradué de l’École Urbania ne fut finalement en poste que pendant un court quatre mois. Et finalement, depuis le 6 janvier 2014, c’est le poly-talentueux Éric Samson qui dirige le navire. (Oui, ça veut dire que c’est lui qui trouve les #gifdujour…)
 
En avant su’l perron
Si vous ne l’aviez pas encore remarqué, Facebook c’est un peu le début du village global imaginé par Marshall McLuhan. Et qui dit village, dit église. Et qui église, dit parvis de l’église. Chaque fois qu’on sort un article sur Facebook, y’a une pléiade de villageois qui se réunissent devant notre église pour en discuter. (Comprenez-vous la métaphore?) La très grande majorité de ces personnes sont bien intentionnées et contribuent à faire vivre nos publications sur Internet. Pour ça, on les en remercie. Et parmi tout ce beau lot de personnes, on a su distinguer des archétypes bien précis. On en apprécie certains; mais d’autres nous gossent vraiment. Les voici, dans le désordre :
-ceux qui commentent juste pour dire que ce qu’on publie, c’est de la marde.
-ceux qui participent à tous les concours.
-ceux qui commentent sans lire les articles, en se fiant juste aux titres.
-ceux qui écrivent des commentaires plus longs que les articles.
-ceux qui écrivent des commentaires plus longs que les articles, sans les lire, en se fiant juste aux titres.
-ceux qui tagguent leurs amis.
-ceux qui disent qu’ « Urbania c’était mieux avant ».
-ceux qui disent, pour les Villes de la semaine, « Vous avez oublié ceci. Vous auriez dû mentionner cela. »
-ceux qui nous reprennent sur notre grammaire (et qui ont tort, 97 fois sur 100) 
-ceux qui sont allergiques aux anglicismes et aux tournures de phrases inventives

Dans la prison de notre page Facebook Tam di de li le lam (bis)
Comme dans toute ville, il y a des lois sur notre page FB. Celles-ci ont pour but d’assurer la sécurité de la collectivité. Et quand quelqu’un contrevient aux lois, c’est comme dans la vraie vie : il va en prison. La prison sur notre page, c’est le bannissement. Heureusement, les bannis ne sont pas très nombreux. On ne leur fera pas l’honneur de les nommer; ça ferait trop plaisir à ces trolls de bas étage. On va plutôt citer en exemple le cas le plus étrange de mise au ban : le gars qui venait,  à TOUS LES JOURS, poster des photos de la ville d’Urbania, en Italie. Un m’ment d’nné, ça va faire, l’agace-voyage!

L’école du statut d’argent
Urbania, c’est connu, c’est un magazine pour les jeunes urbains. (Rien n’est moins vrai, mais ça, on aura beau le crier haut et fort à partir du sommet du Mont-Royal, personne ne va nous croire). Les jeunes urbains, ça fait quoi? Ça va à l’université pour apprendre des choses (et ça fait le party…un peu… des fois…). Conscients qu’une bonne partie de notre communauté est composée d’étudiants, on a notamment pensé à mettre sur pied l’École Urbania, un projet en collaboration avec l’UQAM. On procède actuellement à l’appel de candidatures pour la 3ème cohorte de l’École Urbania, mais les 2 premières qui sont déjà passées ont mis au monde ce qui constitue notre page-sœur (ou notre page club-école, comme vous voulez) la page Facebook de l’École Urbania. Parfois, on est même jaloux surpris de ce qu’ils font.

Une culture riche
Une particularité de la page Facebook d’Urbania, c’est que l’expression artistique se passe presque exclusivement sous forme de gif. Cette forme d’art a pris de l’importance peu après la disparition inexpliquée des googlages, des collages appropriatifs d’inspiration pop-dadaïste qui avaient fait la renommée de la ville depuis ses débuts. En remplaçant l’appropriation warholienne de texte par la diffusion de found art animé, les artistes de la page Facebook d’Urbania inscrivent leur ville comme une des plus avant-gardistes du milieu de l’art contemporain. 

Les rivalités
Comme toute ville qui se respecte, la page Facebook d’Urbania entretient des rivalités plus ou moins ouvertes avec ses voisins. Une certaine animosité s’est installée avec la municipalité de Voir-sur-le-lac, qui semble elle aussi réduire de plus en plus son industrie de papeterie pour « prendre le virage numérique » et dont les habitants plus récents tendent à causer certains troubles. De plus, il semble y avoir une légère animosité chez les plus nouveaux Projets-Langelier qui, bien qu’ils ont tendance à regarder les Face-urbaniens de haut, demeurent moins nombreux. 

L’hôtel-de-ville
Le centre névralgique de la page Facebook d’Urbania se trouve en plein dans le Quartier des spectacles de Montréal. C’est d’ici que le maire règne sur ses sujets, à l’aide de son Mac et de beaucoup (beaucoup) de caféïne. 
Et parfois d’un peu d’aide de son casque de viking.

Les expressions
Une des expressions les plus connues de la page Facebook d’Urbania est le fameux Bonne journée à tous, qui apparaît dans le lexique vers 2013. C’est en 2014 que son usage se répand davantage, servant à tous les matins d’hymne national pour les Face-Urbaniens, accueillant les gens dès le moment où ils ouvrent Facebook pour débuter leur journée de procrastination productivité intense au bureau. 

BINGO!
Tu le sais cher Urbanien, on aime te gâter. Pour ça notre commune met en place le plus souvent possible des concours. On te fait gagner des places pour toutes sortes de spectacles parce qu’on veut que tu te cultives. C’est un peu notre bingo à nous, sauf que t’as pas d’entrée à payer, pas de chiffres à aligner et encore moins de voisins à supporter. Car oui, Urbania c’est une ville nice parce qu’il y a pas de voisins à supporter.
(Tu peux crier « BINGO » quand même si tu as la bonne réponse, car OUI c’est le fun)

Démographie
Même si on a recensé dans « le parvis de l’église » les nombreux cas que vous êtes, on est quand même fiers de vous et on vous aime. Notre habitant type est une femme cultivée de 25/34 ans vivant à Montréal parlant le Français. Mais ne faisons pas de généralités : nous jouissons d’une ville cosmopolite. On vous salue donc, vous autres venus d’ailleurs. On a aussi remarqué la présence de 77 face-Urbaniens au Pérou, devant les 41 Suisses alors que ces derniers sont partiellement francophones. Bravo le Pérou.

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http://urbania.ca/canaux/ville/5016/la-ville-de-la-semaine-la-page-facebook-durbaniaThu, 17 Apr 2014 11:31:54 EDTUrbania ville de la semainefacebookville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/5016/la-ville-de-la-semaine-la-page-facebook-durbania
La ville de la semaine: VancouverPour voir Vancouver en images, c'est par ici!
Pour revoir Blainville ici!

L'odeur
Je suis déménagée à Vancouver durant l’été depuis Montréal en pleine vague de chaleur. En débarquant de l’avion, j’ai été marquée par l’odeur « fraîche » de la ville et l’absence de smog. Pour de vrai, Vancouver ça sent le cèdre. C’EST MALADE!

C'est vert
Visuellement parlant, la ville est très verte. J’habite tout près de Stanley Park, aka un parc Lafontaine meets les arbres de Twilight meets l’océan, et toutes les rues de mon quartier explosent sous le poids (métaphorique) des fleurs de cerisier. Gregor Robertson, notre maire hottie, s’est donné comme défi de faire de Vancouver la ville la plus verte du monde d’ici 2020. Je lui donne une médaille pour l’aménagement paysager.

Mais pas trop
Vancouver est dans une bulle immobilière où les condos poussent sans trop de considération pour le développement durable. Le gouvernement provincial explique à l’industrie pétrolière comment contourner les lois pour passer des pipelines dans les parcs nationaux. Pis on a toujours pas de compostage municipal. Chouuuuuu!

C’est santé
Mon kale est local. Pour vrai. Je peux acheter du kale éthique qui a poussé en plein centre-ville de Vancouver. On passe notre temps à parler des rabais au Whole Foods pis que le freekeh, c’est le nouveau quinoa. Tout le monde jogge, partout, tout le temps. À mon travail, les activités de team building consistent à s’inscrire à un marathon en gang, à mon grand désarroi. Peu importe, mon smoothie est définitivement plus vert que le tien. Take this, Marilou.

C’est weird
Le mélange de cultures venues du monde entier et de la culture tellement white privilege de la côte Ouest créé une vibe plutôt étrange, selon moi. On y croise des couples d’adolescents lolitta-goth-manga-emo-latex-cowboy. Les gens manifestent contre un tracé de piste cyclable. On se donne rendez-vous au Dude Chilling Park. On y parle de lait biologique tout en joggant dans un suit Lululemon qui flashe. Douglas Coupland construit une sculpture nommée Infinite Tire pour le terrain d’un Canadian Tire. Vancouver, c’est comme Los Angeles sans le fame, ou Portland vraiment plus mainstream.

La Vancouver Duck Lady 
C’EST PAS UNE JOKE! JE L’AI DÉJÀ VUE! Cette madame-là est magique.

Main Street
Notre Main et les environs, c’est un peu l’équivalent du Mile-End en moins cool. On y retrouve autant de hipsters, de sous-sols d’église ukrainienne, de boutiques indépendantes, de beaux appartements et honnêtement, le café est souvent meilleur qu’à Montréal. BOOM. West Coast represents.

Downtown Eastside
Ce quartier, qui est le quartier le plus pauvre au Canada, est moins effrayant qu’on le pense. Probablement parce que le DTES englobe aussi la vieille partie de la ville, Gastown, aka le Vieux-Port mais en plus yuppie (et moins douchebag). Il y a tellement de belles affaires à voir dans ce ‘hood, qu’on cherche à soutenir des entreprises sociales, des artistes locaux ou juste acheter un t-shirt Prada. Toutefois, je ne crois pas qu’on puisse s’habituer à la disparité quasi-décadente entre les classes sociales. Dans ma vie, je ne pensais pas croiser une Lamborghini stationnée à côté d’un hobo sur le meth gisant sur le sol, mais ouain, ici c’est possible. Yay?

Wreck Beach
Wreck Beach est la plus grande plage nudiste en Amérique du Nord. Elle est située sur le campus de l’université de la Colombie-Britannique, dans le parc provincial Pacific Spirit, à la pointe de la région métropolitaine. Des groupes militants (radical nudists? radnud?) luttent pour la préservation de son caractère unique depuis les années ’70. Et ma foi, ils ont réussi. Wreck Beach est l’une des plages les plus achalandées du pays, l’une des plus belles, et probablement la seule où vous pouvez voir une gang de boomers nus danser autour d’un gars qui jam Around the Universe, mais juste avec une basse. Les bénévoles de la Wreck Beach Preservation Society publient également des cartes postales contre le bullying.

On finit tous par jamais vouloir s’en aller
J’ai beau trouver ma ville d’adoption un peu poche, pas aussi culturellement excitante que Montréal, j’ai beau chialer contre le fait que c’est IMPOSSIBLE de sortir un mardi et plus encore, mais y’a des soirs où je vais regarder le soleil se coucher sur la baie des Anglais (située à 15 minutes de chez moi à pied, #humblebrag) et je me dis que je n’ai plus vraiment envie de partir voir le monde. Pis chez nous, on est trop occupés à parler de kale local pour se préoccuper du PQ ou des Libéraux. Je vous dis ça de même. 

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http://urbania.ca/canaux/ville/4994/la-ville-de-la-semaine-vancouverThu, 10 Apr 2014 13:19:01 EDTMarie-Hélène GouletVancouverville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/4994/la-ville-de-la-semaine-vancouver
La ville de la semaine: OutremontC'est donc un peu dans cet esprit que je vais vous présenter les dix participants de Outremont Shore. Parce que j'ai la plume pas mal game, pis que les figures de style de genre de comme, je trouve que ça fait vraiment plusse culturé.

Pour voir Outremont en images, c'est par ici! 

1. Côte-Sainte-Catherine
La première candidate, c'est la cousine bourge de la rue Sainte-Catherine. Elle s'est tiré du centre-ville assez jeune pour pouvoir flasher sur le bord de la montagne pis se faire poser des vraiment très grosses maisons. Tellement grosses d'ailleurs que les rumeurs disent que ce sont même pas des vraies. Elle a évidemment reçu une éducation de qualité au Pensionnat Saint-Nom-de-Marie, même si elle passait plus de temps à penser aux petits gars de Brébeuf qu'à étudier. Remarquez, ça ne l'a pas empêché de se trouver une bonne job à l'Hôtel de Ville d'Outremont. Sinon, elle porte encore courrament la petite jupe verte et le polo blanc, et quoiqu'elle passe la plupart de son temps avec son amie fancy madame Laurier, on sait tous qu'elle est secrètement prise dans une relation à distance avec un gars un peu bum de Côte-des-Neiges.

2. Saint-Viateur
Malgré ses apparences de gars tranquile qui visite parfois la synagogue pour revisiter ses racines juives, Saint-Viateur, c'est le sportif de la gang. Il boit des shakes pis se stretch jusqu'au YMCA de l'avenue du Parc. Après son work-out matinal, il se rend à l'école secondaire Paul-Gérin-Lajoie d'Outremont, où il travaille comme prof de gym sous le pseudonyme de Jiri. Son plaisir le plus plaisant, c'est de regarder ses élèves jogger dans le parc Outremont. Sinon, il fut adepte de curling pendant longtemps, avant de se rendre compte qu'il ne comprenait rien pantoute aux règles du sport. Finalement, même si le parc Beaubien le gosse profondément, Saint-Viat ne se gêne jamais pour lui quêter son terrain de soccer (#défiscolaire #MonÉcoleEstPlusseForteQueLaTienne #ceuxquisaventsavent ).

3. Outremont
Un des plus vieux participants à notre émission, Outremont aspire à être... prêtre. Même qu'il s'est fait construire une belle église au beau milieu du quartier qui lui a donné son nom, où il ne se gêne pas pour afficher ses signes ostentatoires. C'est donc avec un niveau de surprise assez surpenant que les adolescents fumant du weed dans ses escaliers ont réalisé qu'il était, finalement, quand même assez libéral pour un fan de Jésus. En effet, Outremont sait fort bien que seul Dieu peut juger des affaires qui sont pas les siennes, et donc, il est très tolérant avec les frencheurs précoces qui viennent, été après été, se lêcher les plombages de la yeule devant sa maison du bon Dieu.

4. McEachron
Avec son nom fucking impossible à prononcer et qu'on arrive jamais à épeller correctement du premier coup, ce beau scandinave d'origine donne une petite touche ethnique à notre show. Ayant grandi dans un container à poubelle en quelque part près d'un fjord, ce jeune hockeyeur n'eut donc aucune difficulté à adopter l'aréna d'Outremont. D'ailleurs, lorsque celle-ci eut droit, il y a quelque années, à une chirurgie esthétique complète, il fut ravi de découvrir qu'à l'intérieur, l'aréna avait gardé son bon vieux charme de dompe. Par contre, il nous a avoué qu'il s'ennuie beaucoup du vieux snack-bar et de la machine à stickers à une piasse.

5. Parc Beaubien
Évidement, il en fallait ben un pour chanter du Oasis avec un accent épais comme celui de Pauline autour d'un feu de camp, avec son esti de guitare pas-accordée. T'sais, le gars qui a passé toute son enfance au camp soleil et qui y travaille maintenant comme moniteur depuis six ans (#boomatchikaboom) ? Celui qui se fait un devoir sacré de ne jamais révéler son vrai nom devant les campeurs ? « Euh, chérie, quand tu viens me voir ici, il faut que tu m'appelles Bazooka s'il te plaît ». Ben ce gars-là, c'est Parc Beaubien. Il n'a absolument aucune tolérance pour la drogue et l'alcool juvénile, et c'est chez lui que se prennent toujours les amendes pour flânage les plus salées.

6. Van Horne
Le tough guy du groupe. Le bum de service. Le Ryan Atwood du hood. Van Horne, c'est le gars qui traîne avec des pushers et qui push lui aussi desfois. Il s'alimente presque exclusivement de pizza, et ce malgré le mouvement constant des pizzerias du coin. Il a toujours la police au cul, évidemment, et tellement que le poste de quartier s'est installé juste en face du métro, son spot habituel. Sinon, ses trop fréquentes escapades de sexualité avec Saint-Just—qui, derrière son image de rat de bibliothèque, s'est fait passer dessus par tous les pompiers de la caserne—ont eu comme résultat de donner naissance à un nombre alarmant de petites ruelles indésirables.

7. Lajoie
Elle veut être maman. Elle veut avoir un shitload de beubés. Tellement, qu'elle s'est quêté deux écoles primaires, juste pour elle. Les comportements déliquants de sa petite soeur, qui participe aussi à l'émission, l'inquiètent beaucoup dernièrement...

8. La cour de l'école Lajoie
Elle passe la majeure partie de ses nuits à fumer de la drogue marijuanaise avec ses amis, en se penchant sur les grandes questions de la vie, telles que : who the fuck is Nico, et pourquoi a-t-il choisi si jeune de devenir un dessinateur de tigres notoire. Son passe-temps d'automne préféré est le pètage de citrouilles.

9. Bernard
Frère jumeau de la belle Laurier, cet enfant terrible a également un goût assumé pour le fancy. Il aime le bon vin ponctuel en bouche, les décorations d'intérieur couleur moutarde, ainsi que les sorbets servis dans des vieux jouets vintage. Par contre, il a aussi une bonne âme, ouvrant récement chez lui un comptoir Renaissance pour venir en aide aux gens dans le besoin d'affaires. Aussi, son petit côté relax le poussait souvent à passer ses vendredis soir devant des films loués au Movieland (maintenant il stream sur Netflix, c'est plus simple) et son amour des livres nous a permis de connaître Roland, un homme qui n'est malheureusement plus vivant depuis quelque temps, mais qui était un peu beaucoup le best.
J'aimerais d'ailleurs profiter de l'occasion pour te dire merci, Roland. Merci d'avoir été aussi swell avec moi. Je prenais jamais de petit sac pour les livres que je t'achetais, mais je te trouvais vraiment smatte de me l'offrir à chaque fois. Dors bien.

10. Candidats considérés mais non-retenus
Rockland, l'enfant divorcé qui habite Outremont la semaine mais qui passe ses fins de semaine chez son père à Ville Mont-Royal (cause du refus : trop jeune) ; Hutchison, le hipster qui dit à tout le monde qu'il habite dans le Mile-end même si en fait il habite du côté d'Outremont (cause du refus : Hutchison n'est pas une rue, il existe pour de vrai).

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http://urbania.ca/canaux/ville/4973/la-ville-de-la-semaine-outremontThu, 03 Apr 2014 15:26:02 EDTFrancis Baumansville de la semaineoutremontoutremontshoreville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/4973/la-ville-de-la-semaine-outremont
La ville de la semaine: Notre-Dame-de-GrâceNotre-Dame-De-Grâce était au départ une forêt qui commençait au pied du Mont-Royal, avec en prime des marécages et des ruisseaux. On est très loin de la chic rue Queen-Mary et de l’autoroute Décarie, disons. NDG c’est pas mal la place où habiter si tu veux élever tes enfants tranquille, ne pas être loin du centre-ville, avoir des petits commerces un peu bobos mais sans la maudite rue Mont-Royal et si tu aimes les immenses arbres centenaires.

Pour voir NDG en images, c'est par ici

1) NDG vs le Ghetto NDG
Je n’ai jamais rencontré quelqu’un capable de me dire exactement quelles sont les limites du quartier. C’est un peu comme le Plateau: tout le monde y va avec ses limites personnelles. Dans ma tête et dans celle de mes amis, à NDG, y’a deux clans; si tu habites en haut ou en bas de Sherbrooke. En bas, c’est le ‘ghetto’ avec les drôles de commerces où tu peux te faire faire des tikouris pis acheter des feux de Bengale et ce, au même endroit. Les loyers y sont moins chers, alors il y a plus d’étudiants et moins de maisons qui valent un salaire avec beaucoup de zéros à la fin.  En haut de Sherbrooke, c’est plus cute. On y retrouve la poissonnerie, les cafés fancys (oui je sais que c’est pas fancy un Second Cup pis un Starbucks), une quincaillerie où les vis sont rangées dans la bonne boîte, une épicerie, des magasins de madame, une pâtisserie trop chère et etc…

2) Le parc Girouard
Situé entre le Ghetto et le pas-Ghetto, le parc Girouard est un peu à NDG ce que Central Park est à New-York (UN PEU). C’est l’endroit où tout le monde se retrouve. C’est aussi legit aller faire du skate, fumer un joint et boire de la bière à la statue  que d’aller promener son golden retriever et son bébé. Je crois que tout le monde qui a déjà eu entre 13 et 17 ans à NDG a déjà passé une journée à juste rien faire dans le parc et profiter du soleil. Quand j’étais au primaire, on a fait une pièce de théâtre sur le stage du skate park et c’était un peu le plus beau jour de ma vie. Chaque fois que n'importe qui qui a grandi à NDG passe devant le parc, c’est clair qu’il a mille souvenirs en tête.

3) L’École Notre-Dame-de-Grâce vs l'Étoile Filante
À NDG y’a pas 10 000 choix côté école primaire. Tu vas à l’école plate normale ou à l’école alternative. L’école normale est grande, imposante, crissement peuplée et la cour est juste trop immense. À mon école, on était 90 ish élèves répartis sur 6 années, 2 niveaux par classe en plusse de ça! (Avec la quantité de fois où j'ai fait de la peinture dans les fenêtres, vous comprendrez que je suis allée à l'autre. La « le fun », celle où l’on fait plus de pièces de théâtre que d’examens.) On a toujours été un peu les freaks du quartier quand on arrivait au service de garde à la Grande École Normale. Les amis de mon cousin, qui étaient à l’école plate, m’ont même déjà demandé en 4e année si je savais lire. COME ON GUYS

4) Villa-Maria vs Villa Maria
Si t’es une fille et que tes parents n'avaient pas envie que tu passes un détecteur de métal à tous les matins, y’a de bonnes chances que tu aies abouti à l’école Villa Maria. Dans mon temps, la directrice était une soeur et notre professeure de math de secondaire 1 était Soeur Andrée. L’école est située juste à côté du Métro qui porte-le-même-nom-mais-avec-un-trait-d’union. Affilié à un bâtiment qui est classé monument historique (oui Monsieur), elle est si belle en haut de l’hostie de côte à monter tous les matins. Jadis très loin y’a très longtemps, il y avait un bassin où il était possible de faire du pédalo sur son heure de lunch, mais apparence qu’une collégienne s’y serait noyée... L’histoire ne dit pas si c’est vrai, mais maintenant c’est un beau tas de béton pas d’eau. L’école est divisée en deux secteurs; le secteur anglophone et le secteur francophone. Laissez-moi vous dire que c’était toujours le fun de rentrer « sans faire exprès » dans les anglos quand on les croisait dans le corridor qui séparait les deux côtés. Aussi, comme il s’agit d’une école chrétienne, nous devions assister aux célébrations eucharistiques pour y chanter des chansons religieuses et lire des passages de la Bible toutes ensemble, en prenant soin de bien s’arrêter aux virgules. C’était plate, mais t’sais, on manquait des cours pour partager notre amour de Jésus. 

5) Le JavaU, le Bagel St-Viateur et le Second Cup
Comme toute bonne collégienne qui se respecte, après l’école, nous allions dans des débits de café. Nos parents pensaient qu’on allait étudier, mais c’était pré-2006 fait qu’on allait boire trop de café et fumer trop de clopes au Java U (sorry Papajean). C’était clairement important qu’on se raconte notre journée dans les moindres détails, même si on était ensemble depuis 8h10. C’est aussi dans les cafés qu’on rencontrait nos amis des autres écoles pis qu’on faisaient nos frais sur la terrasse et qu’on parlait de nos #firstworldproblem d’ados.

Sur Monkland, le Mont-Royal de NDG, il y a un Second Cup et un Starbucks littéralement l’un en face de l’autre .Tu t’en souviens si t’as bien lu le point 1. Ce qui était le fun, c’était de voir à quel point chaque clique avait son café. J’y pense encore et je me trouve nouille et je me dis que j’ai clairement passé trop de temps à boire des venti-café-déca-moka-latté-machin-soya-slim à 6 piasses, mais reste que dans la vie d’une adolescente de 15 ans, ben c’est ça #labellevie.

6) Être cool
On a tous eu notre phase « fuck that , je bois de la Boomerang aux fruits sauvages et je commence à fumer ». 
Je parlais avec mes amis qui viennent du quartier, et LA place pour acheter des clopes et de la bière de marde pis des Smirnoff à la pomme verte, c’était au dépanneur IN sur Décarie, à côté de Villa. Y’avait aussi le Monoprix sur Monkland... il faudrait d’ailleurs que quelqu’un m’explique why the fuck que les commis vendaient cette ribambelle d’items aux jeunes en uniforme.
Pour ceux qui ont eu une phase plus granole, la boutique Rock sur Sherbrooke c’était un peu the place to be. On a tous achetés un poster de Bob Marley ou de Pink Floyd là-bas et quelques paquets de beedies (t’sais les « cigarettes indiennes » que dans le fond, c’était des vieilles feuilles mortes enrobées d’une feuille d'eucalyptus(?) qui sent le vieux patchouli).

6) Le nightlife
NDG, on s’entend, c’est pas le festival du nightlife pis des bars. Quand t’as passé l’âge des house partés avec beaucoup trop de monde dans une maison de la rue Marcil, ben, tu te diriges vers les bars. Le meilleur spot reste le Ye Old Orchard: pour boire une Guinness trop chère et manger des plats bruns dans lesquels il y a toujours de la bière, c’est là que ça se passe. Okay, ça se peut que tu croises les parents de tes amis du secondaire en train de se faire un p’tit 5 à 7, mais on s’en tape... C’est bon et c’est gras. Pis si t’es game de prendre la 162 ou de marcher un brin, il y a toujours le fameux Typhoon, un peu plus loin sur Monkland. Je pense qu’un jour ils ont essayé d’être un lounge jazzé ou quelque chose, mais allô le petit fail.

7) Le manger
Tu veux faire ton fancy pis amener une date manger pas trop loin de chez toi, comme ça si c’est de la marde t’as pas à prendre de taxi: tu vas au Mikado manger des sushis. J’ai pas besoin de parler plus longtemps de sushis parce que ça reste du riz, des cossins dedans pis une algue tough à croquer. Aussi, on a tous été manger au Pizzédélic avec nos parents à l’époque où il y avait une balance et que pour chaque livre qu’on pesait, nos parents payaient une cenne et c’était le prix de notre pizz’. Genre, ton enfant pèse 49 livres ben la pizz’ est 49 cennes. Fou de même

La crème de la crème de la restauration va très certainement au Dad’s Bagel sur Sherbrooke. Man, c’est un bagel shop 24/7 qui vend de l’esto de bonne bouffe indienne. Genre meillleure que celle que tu commandes quand t’es lazy un samedi soir.

Tu peux dip ton bagel dans du poulet au beurre!!! J’sais pas pour vous, mais dans mon livre à moi, c’est un peu ÇA la définition d’un snack de roi à 4h du matin.

8) Les autres affaires swell
Quand tu viens de NDG, c’est certain que  tu as passé trop de temps chez Kidlink à tout regarder et à espérer secrètement que toi aussi à ton anniversaire, tu auras un paquet emballé dans du beau papier avec trop de ruban.

Et comment passer à côté du Ben & Jerry gratuit, aka la-plus-belle-journée-de-ta-vie. Quoi de mieux que de foxer un cours pour aller attendre 2 heures pour une crème glacée et ce, en se tapant 5-6 fois un CD de Dance Mix 1997 sur un ghetto blaster qui sonne drôle et beaucoup trop fort.

PS: Le Ben & Jerry gratuit, c’est le 8 avril. Je lance ça de même...
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http://urbania.ca/canaux/ville/4949/la-ville-de-la-semaine-notre-dame-de-graceThu, 27 Mar 2014 11:15:55 EDTCharlotte Lamoureuxdipper ton bagel dans du poulet au beurrenotre-dame-de-grâceNDGville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/4949/la-ville-de-la-semaine-notre-dame-de-grace
La ville de la semaine - St-EustacheQu’elle soit présentée comme le berceau historique de la couronne nord ou le royaume de la Civic jackée, la ville de la semaine mérite d’être découverte. Surtout si tu te magasines un char.

Pour voir St-Eustache en images, c'est par ici!

1. L'empire Mathers
Si Pierre Charron en est le maire démocratiquement élu et Koriass le maire honorifique, il n'en demeure pas moins que le vrai boss de St-Eu, c'est Jean-Guy Mathers. Cet homme d'affaires -- qui bizarrement préfère habiter à Boisbriand, de l'autre bord de la 13 -- a au fil des années creusé une carrière, puis construit un centre sportif, un ciné-parc, un cinéma, un marché aux puces, des restaurants et un spa. Mettons que le gars est pas à ‘cenne et que, en tant que garçon natif de St-Eustache, je suis pas mal certain que je lui appartiens dans une quelconque mesure. Notons par ailleurs que ce magnat de la couronne nord est également toute qu'une carte de mode : la seule fois que je l'ai croisé (j'en conviens, l'échantillon est peu scientifique), il était vêtu d'un ensemble de cowboy entièrement conçu de cuir rouge (bottes, pantalons, chemise, veste, chapeau). De quoi inciter tout homme d'affaires à y penser deux fois avant de le provoquer en duel.

2. Le ciné-parc
Si tu veux être quelqu'un, à St-Eustache, t'es mieux de pas te promener en bicycle à pédales. Ça te prend un char, un beau kit de jupes et des néons qui mettent en valeur la qualité de l'asphalte Mathers™. Et ce char-là, faut pas qu'il reste dans l'entrée de chez tes parents : faut que tu le donnes à voir. Si t'as passé les deux dernières années de ta vie à faire des shifts de nuit au feu Patio Vidal pour te payer ton beau pick-up peinturé or dont les portes s'ouvrent comme celles d’une DeLorean (ce véhicule existe réellement dans l'écosystème eustachois), tu mérites de te donner en spectacle. Pour ce faire, cache tes amis dans ta valise et va te pavaner au ciné-parc. Après 4-5 Cold Shots aux pieds d'un Paul Walker surdimensionné, tu en viendras assurément à croire que les regards obliques des familles qui t'entourent ne sont pas dus au fait que t'es vraiment loud, mais bien à de la jalousie, preuve que tu as réussi ta vie.
 
3. Le marché aux puces
Le problème avec un ciné-parc, c'est que, de jour, c'est pas mal juste un tôrieux de gros stationnement. Notre chum Jean-Guy, soucieux de maximiser les bénéfices générés par ses terrains, permet ainsi aux brocanteurs et autres vendeurs de caps de roue d'y tenir boutique sous le soleil. Bien que les nombreux kiosques de fruits, légumes et fleurs valent véritablement le détour, ils n'égalent jamais le pouvoir d'attraction de ceux se spécialisant dans la vente de serviettes de plage Jack Daniels. #fuckyeahPointe-Calumet
 
4. L'église
La façade de ton église municipale est-elle, elle aussi, marquée d'authentiques trous de boulets de canon datant de la rébellion des Patriotes de 1837? Non? Bin FARME-TOUÉ! Le siège de Saint-Eustache s'est peut-être bien terminé par une défaite pour les troupes bas-canadiennes de Jean-Olivier Chénier, il n'en demeure pas moins que ces cicatrices font la fierté de bon nombre d'Eustachois, heureux de vivre à proximité d'un édifice aussi important dans l'histoire du Québec. En plus d'être un lieu de culte pour les membres de la Société St-Jean-Baptiste, l'église Saint-Eustache demeure aujourd'hui un haut lieu de la spiritualité rive-nordienne, autant pour les dévots en quête du Salut éternel que pour les potheads considérant que le stationnement arrière de la maison de Dieu est un endroit tout indiqué pour élever leur esprit.
 
5. Le vieux St-Eustache
La susmentionnée église s'avère en fait le cœur de la vieille ville, pittoresque certes, mais pas au point d'y passer un 36 poses. En une marche de 10 minutes, le touriste constatera que le moulin Légaré meule encore, que le manoir Globensky existe, que la Petite Église est plus petite que la grosse église, que les maisons sont plus vieilles que dans le reste de la ville, pis c'est pas mal ça. Petite suggestion au bureau du tourisme de St-Eustache : faites une statue de Jean-Olivier Chénier, découpez-la en morceaux et, en l'honneur du traitement réservé à sa dépouille par les troupes britanniques, répartissez ses membres sur le territoire de la vieille ville. Ou encore mieux : organisez des chasses au trésor dominicales et permettez aux enfants de trouver la tête, les jambes et les bras sectionnés de ce patriote tombé au combat. Du plaisir pour toute la famille!

6. L'autodrome
Les chaudes soirées d'été de ma jeunesse furent bercées par un viril ronronnement mécanique qui me rappelait sans cesse que, plutôt que l'amour, l'entraide, le partage et la famille, la conduite automobile trône sans conteste au sommet des valeurs eustachoises. Même si j'habitais à l'autre extrémité de la ville, il m'était impossible de profiter du silence lorsque j'invitais mes amis à venir boire la bière de mon père sur le deck de la piscine ; toujours ce bruit de machines en compétition, subtil mais coriace, comme une acouphène. La légende* prétend même que les frontières du territoire de St-Eustache ont été établies par nos pères fondateurs en fonction des limites jusqu'où voyageait le bruit des chars qui coursaient à l'autodrome. Ça ne s'invente pas.
* Par « légende », j'entends « moi qui essaie de faire 100 mots sur un endroit où je ne suis jamais allé ».

7. Le mont St-Eustache
Assurément, les Eustachois se réjouissent de cette inespérée tempête de fin d’hiver : ça fait plus de temps pour dévaler la montagne sur des pancartes électorales! Et c’est pas parce que la souffleuse fait des tas de neige plus hauts sur le coin de mon terrain que le mont St-Eustache mérite de subir vos commentaires dérisoires.

8. Le St-Eustache rural
Beaucoup de voitures, ça fait beaucoup de monoxyde de carbone. Quoi de mieux pour bien s’aérer les poumons qu’une petite escapade au nord de la 640, le long de la 25e avenue ou du boulevard Arthur-Sauvé? L’odeur d’exhaust  y est avantageusement supplantée par une, plus bucolique, de selles d’autruches*. L’Exotarium vous permettra de flatter des tarentules en famille et le vignoble de la Rivière du Chêne vous permettra de vous mettre gorlot sur du bon vin de chez nous. On attend par contre toujours la création d’un service de raccompagnement à dos d’autruches, car rien dans le code criminel ne stipule qu’il est illégal de boire et de rider un oiseau.
* La companie Nid’Otruche, en plus d’offrir des safaris dans la savane eustachoise, vous permet d’y célébrer votre enterrement de vie de garçon. T’es pas game.
 
9. La rivière des Mille-Îles
Y’a tu vraiment quelqu’un qui les a comptées, les îles? La dernière fois que j’y ai fait un tour de canot, j’en ai vu genre six. Sinon, ma mère m’a toujours dit qu’il était dangereux de boire l’eau de cette rivière, probablement parce qu’elle ne voulait pas que je découvre qu’elle a en fait un merveilleux goût de mayo/ketchup/relish/Worchestershire.
 
10. H. Grégoire
Si j’ai présenté l’église St-Eustache comme étant encore visitée par les fidèles, c’était essentiellement par politesse et désir de ne pas froisser mes aïeux ; le véritable temple, à St-Eu, il a une salle de montre brillante en guise de nef et la bonne nouvelle qui y est scandée est un rabais de 5% sur ta Jetta parce que t’as l’air d’un bon jack (mais faut pas que tu le dises à mon boss parce que hein). Ce n’est d’ailleurs sûrement pas un hasard que ce super-concessionnaire se soit initialement installé juste en face de l’empire Mathers, de l’autre côté de l’autoroute : Greg Hairabedian est probablement le seul homme d’affaires de la ville à ne pas être intimidé par le costume rouge de Jean-Guy. Parions que lorsque le duel fatidique aura lieu, à la base de la grosse guitare du Texas Star, Greg sera celui qui restera debout.
 
Crédit photo de M. Mathers lui-même: Dans le clip de St-Eustache de Koriass (7ieme Ciel).
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http://urbania.ca/canaux/ville/4931/la-ville-de-la-semaine-st-eustacheThu, 20 Mar 2014 14:28:28 EDTMathieu Poulinst-eustachekoriassbas-canada libre4-5 Cold Shots au ciné-parcville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/4931/la-ville-de-la-semaine-st-eustache
La ville de la semaine: Saint-Henri
Pour voir Saint-Henri en images, c'est par ici!

1. Le restaurant A.A.
André Anousos (vous voyez d’où vient le nom?) tient la barre de ce restaurant depuis 50 ans (les banderoles de la fête sont encore sur les murs). Il en a maintenant 70 et des poussières. Il arrive vers 7-8 heures en chignant un peu et ferme la place, et ce, pratiquement tous les soirs. On aime ou on déteste sa poutine sauce brune (un peu sucrée, avec un petit goût de cannelle) mais on ne peut résister à la poutine italienne (surtout généreusement arrosée de la sauce spéciale à sous-marins) et au cheese bacon. La steam dans les vitres, la game du Canadien à l’écran, l’air un peu bourru d’André et les weirdos qui chambrent en haut et qui tuent le temps au resto contribuent à faire de cet endroit un incontournable. Et si vous avez une p’tite soif, le bar Pierre juste à côté (le nom de son fils, qui travaille aussi au resto – on voit un thème ici) vous offre rafraîchissements, karaoké et machines à vidéopoker.

2. La bouffe en général 
Ici, j’opterai pour une simple énumération pour illustrer mon point : Tuck Shop. Campanelli. Le H4C.Grumman 78. Léché Desserts. Ludger. Café Saint-HenriSatay Brothers. ‘nuff said. 

Mention spéciale au Miracle, au Green Spot et bien entendu à AA.

3. La rue Notre-Dame et ses contrastes
Boutique de faux cheveux (avec mannequins aux seins monstrueux dans la vitrine pour attirer la clientèle (?)), restaurant fusion fancy, magasin d’entraide communautaire, salon de « massage », microtorréfacteur, église latino, les Assurances Lafaille (cordonnier bien chaussé?), boutique vintage, ancien commerce barricadé : ce qui fait la beauté de la rue Notre-Dame (et de Saint-Henri au complet), c’est sa diversité. Les endroits plus branchés y côtoient les endroits les plus crades (c’est aussi valable pour les individus), et personne ne bronche. On y trouve de plus en plus de commerces (notamment le barbershop Notorious, la boutique du Campanelli, la boutique Bonfire et Allo Vélo) qui reflètent la nouvelle crowd du quartier mais qui ne tentent pas d’oblitérer le passé.

4. Le Fattal
Les lofts Fattal, c’est un peu comme un timewarp : tu te croirais transporté en plein milieu d’un squat du Lower East Side dans les années 80. Il y a des lofts, des annexes raboutées, des graffitis et des chars enneigés jusqu’à la moitié des fenêtres. Des gens y vivent, d’autres y jouent de la musique, d’autres y tiennent des vernissages ou des ventes, et plusieurs font tout ça à la fois. Tout le monde connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui reste au Fattal (dans le doute, y’a toujours Zombie Boy.)

5. Les édifices (commerciaux comme résidentiels) et l’histoire
Saint-Henri, c’est un peu The Land That Time Forgot. On sent que le quartier est vieux (en fait, il portait auparavant (genre au 17e siècle) le nom des Tanneries - un arrêt important de la route des fourrures - puis Saint-Henri-des-Tanneries, pour finir en Saint-Henri) et qu’il roule sa bosse depuis un bout déjà. Tout est un peu patché tout croche. Chaque promenade te fait découvrir plein de racoins (genre l’îlot perdu en dessous de Turcot). Plein de petites maisons qui ont l’air de rien sont en fait patrimoniales. Et au beau milieu de tout ça poussent moult projets de condominums (y viennent d’où, ce monde-là?), qui respectent plus ou moins le style de l’endroit. Qu’on soit pour ou contre la gentrification, on doit avouer que ça cadre avec l’éclectisme de Saint-Henri. C’est peut-être juste dans ma tête, mais j’ai l’impression qu’ici, les gens se côtoient sans problème. Si t’achètes un condo à Saint-Henri, t’acceptes de facto de dealer avec les weirdos qui pleurent la fermeture des Bas prix Taty.

6. Le verdissement
Les projets de verdissement fleurissent à Saint-Henri et dans l’arrondissement du Sud-Ouest. Parmi eux, on compte des projets de ruelles vertes ainsi qu’un projet unique à Montréal : le woonerf Saint-Pierre (mot qui veut dire « rue conviviale » en néerlandais). Inauguré à la fin de l’été dernier, ce projet a transformé une ruelle plutôt décrépie en espace vert dont toute la collectivité pourra profiter. Transformer un îlot de chaleur en îlot de fraîcheur où on pourra circuler, jardiner, se mettre en forme sur des exerciseurs urbains (je prévois aller traîner dans le coin uniquement pour cette source infinie de lol), se promener et se reposer, tout ça en tenant compte de l’avis des citoyens? C’est ici que ça se passe. On espère que cette initiative entraînera les autres arrondissements dans le droit chemin.



7. La track de chemin de fer
Saint-Henri est traversé par le chemin de fer. Ce que ça signifie? Peu importe où tu dois te rendre et combien pressé tu es, tu vas immanquablement rester pogné à attendre que le train finisse de passer. Si ça t’arrive, pogne pas les nerfs. Profite plutôt de ce moment pour te laisser bercer par le doux son du train, et pense à tes réussites, à des chatons ou des lapins, aux raisons qui font que la vie est belle… et ne pense surtout pas aux accidents ferroviaires, près comme loin. Je te l’assure, ça fait du bien.

8. Le marché Atwater
Idéalement situé, le marché Atwater est tout simplement parfait. On le reconnaît de par son superbe bâtiment art déco (que l’on doit à Ludger et Paul-Marie Lemieux, duo père-fils d’architectes ayant conçu plusieurs édifices à Saint-Henri, dont la caserne de pompiers et le Bain Saint-Henri). Un de mes moments préférés de la vie, c’est m’y rendre à vélo pour ensuite m’écraser sur le bord de l’eau et lire en mangeant un sorbet du Havre-aux-glaces. (J’y ai toutefois aussi vécu mon moment le moins préféré de la vie, soit me faire pogner aux gags Juste pour rire.) Mes seules doléances : pourquoi, mais POURQUOI fermer à 18 h le lundi-mardi-mercredi? On vit dans un quartier ouvrier, nous autres! 

9. Le canal de Lachine
Le canal, c’est l’une des choses que j’aime le plus. Comme il a longtemps été la plus grande voie maritime de la région (avant que le Saint-Laurent vienne faire son frais chié), il est responsable de l’industrialisation et de l’urbanisation de l’arrondissement. Les explorateurs européens qui voulaient tant trouver un chemin vers la Chine l’ont donc ainsi nommé (leur quête, quant à elle, a eu les résultats qu’on connaît). Je vous ferais bien un résumé de toute son histoire, mais la seule chose que j’ai retenu, c’est le LAC À LA LOUTRE. Ce lieu historique national (ben oui toi!) nous offre une piste cyclable de 15 km (dont la plus belle qualité est son absence de dénivellation), des activités nautiques (merci aux gens qui font du paddleboard pour le divertissement), plein de verdure, des tours guidés, du camping, des activités, parfois de la bouffe de rue, l’Esplanade du Centenaire... J’ai aussi vu des gens y pêcher, mais je ne vous le recommanderais pas. 

10. Son emplacement idéal
Saint-Henri est délimité par la 720 au nord, le canal de Lachine au sud, la rue Atwater à l’est et l’autoroute 15 à l’ouest, ce qui signifie qu’on peut se rendre pas mal partout en peu de temps. Envie d’aller chez Joe Beef/Liverpool House/Vin papillon/Nora Grey/Patrice Pâtisserie? 5-10 minutes vers l’est. Au centre-ville? 5 minutes (pis une pas pire côte) vers le nord. On est proche de l’eau, proche des principaux accès aux autoroutes, proche de tout le reste du Sud-Ouest, pis on peut se rendre à Hochelaga rapidement par la 720. (Toutefois, une chance qu’il n’existe aucune raison valable d’aller à Villeray pis à Saint-Léonard, parce que c’est loin.)

P.S.: Pour mieux comprendre ce qu’est mon quartier, je vous conseille le classique de cinéma-vérité À Saint-Henri le cinq septembre d’Hubert Aquin (et un peu moins la suite-hommage À Saint-Henri le 26 août, mais ça, c’est mon avis à moi), ainsi que le roman Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy, dont la maison en coin figure dans la galerie photo (je vous rassure : c’est moins plate que dans vos souvenirs de cours de français de secondaire IV.)

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http://urbania.ca/canaux/ville/4892/la-ville-de-la-semaine-saint-henriThu, 06 Mar 2014 10:26:35 ESTAnne-Marie Vennevennetasticbonheur d'occasionHubert Aquinst-henriville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/4892/la-ville-de-la-semaine-saint-henri
La ville de la semaine: BromontBromont c’est le nouveau St-Sauveur, c’est aussi un village entre le zoo de Granby et Sherbrooke et c’est surtout la Montagne de ski. C’est principalement en hiver et en été qu’il y a du mouvement par ici, mais c’est tout au long de l’année qu’on y tombe un peu plus sous le charme. Bienvenue dans MA ville!

Pour voir Bromont en images, c'est par ici

1- Habiter dans une montagne, c’est possible?
Commentaire pertinent dans toute première conversation: « tu fais comment pour aller chez toi? » J’entends cette phrase interrogative depuis une vingtaine d’année et je ne peux me contenir à chaque fois : je ris. C’est aussi approprié que de me demander si nous avons l’électricité. Oui, je peux prendre la voiture jusque chez moi et ce, même s’il m’est possible de dévaler la pente de ski simplement en sortant de ma maison! 

Deuxième question : « C’est ton chalet là-bas? » Soyons clairs, Bromont est une ville touristique gravitant autour d’un centre quatre-saisons, mais où il également possible d’y vivre à l’année. La seule différence, c’est que la plupart des bromontois se connaissent au moins de nom et que tout le monde connaît un potin croustillant entendu par le voisin qui le sait d’un ami qui connaît la personne en question (ouf!). Le mot d’ordre : discrétion. Parce que par ici, tout se sait, et vite. 

2- La fameuse montagne ouverte 360°
Bromont et ses sept versants où il est possible d’exploiter ses pentes dans un rayon de trois cent soixante degrés et ce, tant de jour que de soir. Si ce n’est pas impressionnant! C’est une caractéristique alléchante pour des milliers de touristes chaque année et créatrice de centaines d’emplois. En fait, Ski Bromont est un passage quasi-obligatoire pour les jeunes travailleurs. Néanmoins, pour ses habitants, c’est un peu plus que cela. C’est aussi l’endroit de prédilection pour tous les adolescents qui connaissaient par cœur les sous-bois et les recoins de leur montagne. Et oui! Tous ceux et celles qui ont vécu leur adolescence à Bromont ont commis leurs premières illégalités dans la montagne. À l’abri des regards de papa et maman et de l’autorité : nos sous-bois regorgent de souvenirs et de secrets bien gardés!

3- La Débarque
Dernièrement, on me demandait si le bar dans la station de ski existe encore. La Débarque? Très certainement. Durant la saison de ski, environ huit soirées sont au calendrier de Ski Bromont où il est possible d’y rester jusqu’à deux heures du matin, le tout accompagné des fameuses soirées au Bistro-bar. 

Que vous parliez à des bromontois âgés d’une trentaine d’années ou de ceux dans la vingtaine ; tous y associent des souvenirs mémorables. Depuis quelques années, il faut être détenteur d’un billet ou d’un abonnement pour y accéder, ce qui rend l’entrée un tout petit peu plus difficile (entre nous, ça leur donne bonne conscience, simplement). En fait, nous y sommes tous allés avant la majorité (pour ne pas dire à toutes les soirées); nous y avons tous vécu des moments embarrassants (batailles de gars, chicanes de filles, baisers non-désirés, photos compromettantes)... et plusieurs d’entre nous y avons vécu notre première descente de police. 

4- Les Désourdy
Je m’étais promise de ne pas donner de noms, mais je me dois de faire une exception. En plus d’être la famille fondatrice de Bromont, les Désourdy continuent encore aujourd’hui à occuper, tant physiquement que par leur personnalité, notre ville. C’est LA famille d’ici. Nous avons tous une amie, connaissance ou sœur qui est en couple avec quelqu’un de cette famille et ce, parfois sans le savoir. Ils ont la montagne, des terres, des restaurants, des centaines de relations et surtout, le nom! Quand on vous dit que les murs ont des oreilles… les Désourdy en ont tout autant. Ils occupent toutes les générations et continueront encore d’alimenter les potins de Bromont pour des siècles des siècles… amen!

5- Bromont c’est un peu de Granby et de Cowansville
Bien que nous ayons les épiceries, les restaurants, les magasins, la SAQ (faut pas l’oublier), notre établissement d’éducation se limite à une école primaire – qui d’ailleurs ne cesse de s’agrandir… à ce rythme, elle deviendra une ville à elle seule –. Ainsi, le parcours scolaire des bromontois se continue dans une des deux villes avoisinantes. Les adolescents d’ici sont en garde partagée : à l’extérieur la semaine et à Bromont, principalement à la montagne, la fin de semaine. Traîner dans la cafétéria, à l’Altitude ou au Club de ski : nous avons tous passé par là. Ainsi, pendant les deux saisons mortes, les parents se transforment en chauffeurs de taxi pour parcourir les quelques quarante kilomètres séparant les extrémités des villes (et c’est sans compter les habitants un peu perdus dans Sutton, Knowlton et autres villages anglophones voisins!) 

Ce qui m’amène au point six…

6- Devenir adulte à Bromont… ou avoir son permis de conduire!
Je le répète, malgré le petit nombre d’habitants, Bromont est vaste. Aller à pied jusque chez son ami n’est donc pas envisageable. Prendre le vélo? Peut-être. Considérant les pentes et routes sinueuses, moins. Nous rêvons donc du jour où nous devenons adultes : le jour où nous obtenons notre permis de conduire. Pas celui où l’accompagnement d'un adulte est encore nécessaire. 

Le vrai. 

Le principe est simple : plus il y a de voitures accumulées devant une maison, plus les personnes qui s’y trouvent sont jeunes. En vieillissant, on comprend le principe du covoiturage; à la fleur de l’âge, on préfère se pavaner dans notre véhicule pour montrer qu’on a obtenu notre permis. L’été de mes seize ans. Je ne m’en souviens pas pour ma première… mais bien pour ma liberté. En région, c’est ça qu’on fait : on se promène en auto entre les chalets et on planifie nos soirées à la Gatsby. 

7- LE taxi
Je vante Bromont et le fait qu’on peut y vivre à l’année, mais j’oublie LE détail : nous n’avons qu’un seul taxi. Ne vous imaginez pas qu’ils sont cinq chauffeurs à se le partager. Un taxi, un chauffeur. Et nous savons son numéro et où il habite. L’avantage? La fois où arrivé chez toi tu as pris conscience que tu n’avais pas d’argent ou la fois que ton chauffeur désigné a décidé de boire finalement : cet homme est devenu ton héros. Le chauffeur le plus clément sur terre, c’est lui. Et oui! Il est même possible d’aller le payer le lendemain, à court de liquidité. 

UN seul taxi peut être un fait drôle pour ceux de l’extérieur, mais c’est aussi une histoire de fin de soirée pour ses habitants. La prochaine fois que vous passez par Bromont, parlez du taxi et je vous promets les histoires les plus farfelues.

8- Nos Bars : l’ancien et le nouveau
Le Brouemont c’est la micro-brasserie qui produit la meilleure bière de la région. Il faut également s’y arrêter pour ses burgers décadents, c’est un must. C’est un endroit chaleureux, parfait pour y passer de belles soirées. Nous y allons pour tous les anniversaires (au deuxième étage), les vendredis et tous les soirs d’été. Bref, tu t’y rends avec la certitude d’y rencontrer une personne que tu connais et où tous y avons vécu des soirées bien arrosées. 

Ensuite, tu traverses la rue au Edgar Hyperlogde. Pour ceux qui viennent de la région de Montréal, c’est la version 2.0 du Edgar HyperTaverne sur l’avenue Mont-Royal. Depuis un an, il est devenu le seul bar qui est ouvert jusqu’à trois heures du matin : tout le monde s’y retrouve en fin de soirée. Quand je dis tout le monde... c’est qu’il est probable que tu y croises la mère de ton amie le vendredi soir qui se déhanche dans son plus beau haut à paillettes et que ton voisin retraité soit assis au bar.

9 - Le marché aux puces
Ce n’est pas quelque chose dont nous aimons nous vanter, mais ainsi situé à l’entrée de la ville, on ne peut le manquer. Soyons francs : il est i-m-m-e-n-s-e ! Il est ouvert six mois par année et nous y trouvons de l’usagé, du neuf, des fruits et légumes frais et même des fleurs! Je suis toujours impressionnée de voir les gens s’y diriger en troupeaux. Tous les dimanches, en matinée, les bromontois savent qu’il faut éviter d’aller dans ce coin étant donné le chaos qui y règne. Motos, roulottes, décapotables, mini-van : la file d’attente s’étend jusque dans la bretelle de l’autoroute! Et le dimanche soir, un homme et son pick-up arpentent les rues de Bromont (le soir où nous sortons les poubelles) pour faire la collecte des meubles-et-ou-accessoires en bon état qu’il rafistole durant la semaine et vend au marché le dimanche!

10 - Nos Fantômes
- À Bromont, tout le monde connaît Monsieur Buck. Tellement qu’en septembre dernier, alors qu’il rejoignait sa femme au ciel, un article de journal complet lui a été dedié. Depuis une dizaine d’années, à l’angle des rues Shefford et Compton, il passait ses journées entières, douze mois par année, beau temps mauvais temps, dehors assis sur sa chaise blanche à saluer tous les passants!

- Le Golden pub était aussi l’endroit de prédilection pour s’arrêter le temps de quelques bières depuis les vingt dernières années. C’est le bain de cacahouètes qui a forgé sa réputation… parlez-en à tous ceux et celles âgés entre 30 et 50 ans. Tous y ont fait un tour! Sa fermeture nous a donc un peu attristés. 


Bromont, c’est ma ville : c’est la ville parfaite. Et encore aujourd’hui, même si je travaille et étudie à Montréal la semaine, j’y retourne toutes les fins de semaine (d’ailleurs tous les jeunes-adultes bromontois le font). Lors d’un prochain congé, venez visiter notre ville et notre montagne, et nous rencontrer !
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http://urbania.ca/canaux/ville/4792/la-ville-de-la-semaine-bromontThu, 30 Jan 2014 13:55:24 ESTMarie-Claude Barrettemarche aux pucestaxi au singuliermontagneskibromontbrouemontville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/4792/la-ville-de-la-semaine-bromont
La ville de la semaine: CowansvilleC’est souvent comme ça que j’explique d’où je viens : en nommant deux villages deux fois plus petits que ma ville mais qui ont l’avantage d’être construits au pied d’une montagne. 

À mi-chemin entre Montréal et Sherbrooke, Cowansville est dans la région administrative de la Montérégie et dans la région touristique des Cantons de l’est. Si bien qu’on ne se sait jamais vraiment de quelle région on vient.  Bienvenue chez nous.

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1-Histoire et architecture 
En 1800, le loyaliste Jacob Ruiter est le premier homme à s’établir ici et nomme l’endroit Nelsonville. Plusieurs années plus tard, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec son égo, le marchand de poste Peter Cowan décida de donner son propre nom à la ville.  Grâce à l’architecture de l’époque, il y a donc ici du très beau… et du très laid. 
De magnifiques maisons construites par des loyalistes au 19e siècle et un quartier de blocs appartements à moitié abandonnés un peu à l’extérieur de la ville. Une église de style néogothique à côté d’un Tigre Géant. Un pont couvert construit en 1870 et un Walmart.

2-Massey-Vanier : deux écoles, une bâtisse
Pour tous les jeunes de notre région bilingue, l'École secondaire Massey-Vanier est un passage obligé. Sinon, la Massey-Vanier High School. Deux écoles secondaires dans la même bâtisse, le rêve de Trudeau et un seul grand corridor mitoyen que tu ne veux pas prendre sur l'heure du midi – surtout à l’automne 95, m’a-t-on dit. 

Pourtant, on l’a tous fait en secondaire 1. 

-Hey les gars, ce midi, on va du bord anglais.

Stressés et craintifs, en groupe de trois, on marchait pour la première fois de l’autre côté de l’école et on était certains que tout le monde nous regardait et savait qu’on était des français. On était des explorateurs.  

3- Le bois McClure – l’endroit des premières fois
Maintenant à moitié peuplé de semi-détachés – une plaie qui se répand à 100 kilomètres à la ronde de Montréal – le bois McClure est depuis des décennies le terrain de jeu des ados du coin et le lieu des afters-partys de toutes les St-Jean-Baptiste. C’est là qu’on allait tirer de la carabine à plomb et qu’on faisait des gros partys autour d’un feu. Première cigarette. Première bière. Premier joint. Et même pour les plus romantiques: première baise. Le bois McClure est incontestablement l’endroit des premières fois.

4- Le YAM
Depuis plus de 40 ans, c’est au YAM que ça se passe. Le jeudi, seulement. Le YAM est en fait l’hôtel Yamaska (Un resto, un bar et par le passé, des chambres aux étages). C’est là que nos parents ont dansé quand ils étaient jeunes : c’était à l’époque où les DJ n’avaient pas volé le job des orchestres. Parce qu’à cette époque, tu jouais pas dans un band, tu jouais dans un orchestre. 

Endroit un peu miteux, le YAM se transforme encore et toujours en club le jeudi soir. Comme tout le monde, on y a passé pas mal tous les jeudis de l’été de nos 18 ans… et même un peu plus. Au YAM, le DJ s’appelle Coucou. Il a l’âge de mon père et mixe chaque jeudi depuis maintenant 25 ans. Vous pouvez rire du YAM, mais pas de DJ Master C.

5- Textile, alcool et autres usines fermées
Il y a eu l’usine Vilas, qui a fabriqué des meubles de 1893 à 1970, maintenant à moitié démolie. La J.J. Barker, qui dégageait une forte odeur de peinture, démolie depuis peu. Et une autre usine qui a fabriqué des planches pour Burton pendant 21 ans.  Cowansville a aussi été un pôle majeur de l’industrie du textile : la première usine de soie au Canada fut la Bruck Mills. Et il y a aussi eu la Consoltex et deux usines Albany. 

Aujourd’hui, il reste de vastes terrains vagues et de grandes usines à louer. C’est dans ce genre de locaux réaffectés que la Vodka PUR et le Gin UNGAVA sont maintenant distillés. Voilà une excellente façon d’avoir un peu de Cowansville en vous !

6- En arrière du centre d’achat et autres endroits bien fréquentés
Pour faire place à la modernité, il y a quelques décennies, on a détruit une partie de la rue Principale pour y construire un centre d’achat. C’est difficile à expliquer comme ça, mais une partie du bâtiment est en dessous de la rue, mais pas complètement. Si bien qu’à Cowansville, en plein cœur du centre-ville, il y a un pont qui passe par-dessus rien. Cet endroit, couvert des intempéries, est rapidement devenu le lieu de rassemblement des jeunes. Un endroit pour fumer, boire et faire des graffitis. 

Quand on était jeune, on pouvait aller dans le bois, à la plage, à la maison des jeunes, jouer au basket à St-Léon, on pouvait même aller sauter du pont Hillcrest (qui lui est au dessus du lac, je vous rassure), mais aller « en arrière du centre d’achat », non. 

7-Petit cowboy et autres personnages
Dans une ville de 12 000 habitants, tout le monde se connait pas mal. Et les différents se font remarquer. Un homme devenu femme. Un vétéran de la guerre de Corée qui nous crie d’aller se mettre à l’abri. Une petite personne qui s’improvise agent de sécurité un peu partout. Un homme qui ramasse les mégots de cigarette et qui se vante d’avoir le don de fixer le soleil. Et Henri. 

Il marchait. Toute la journée et tous les jours. Sur la rue Sud, sur la Principale, au centre d’achat, il semblait infatigable. Vêtu de bottes de cuir, d’une paire de shorts beaucoup trop sexy pour un homme de son âge et d’un chapeau de cowboy, il marchait. Il était tout petit et les gens l’appelaient « Petit cowboy ». Je ne le connaissais pas, mais je savais qu’il s’appelait Henri. Repose en paix. 

8-La prison
Quand quelqu’un te dit : « Ah oui, j’ai un oncle qui reste dans ce coin-là. » Méfie-toi, tu parles peut-être au neveu d’un Hells. 

Ouverte en 1966, la prison de Cowansville est un établissement fédéral de sécurité moyenne, dernier niveau avant le max. Accueillant plus de 400 criminels plutôt dangereux, la prison est un des gros employeurs de la ville. Alors n’en déplaise aux amateurs de Richard Desjardins, mais se promener ici en chantant Le screw n’est peut-être pas l’idée du siècle.


9-Les indémodables K-Way 
On va s’entendre sur quelque chose : porter un sac banane, c’est pas cool. À moins bien sûr, que le sac soit en fait un superbe imperméable K-Way ! Vestige d’une époque ou on avait vraisemblablement très peur de la pluie – peut-être parce qu’elle était acide – le K-Way était parfait pour être cool et être toujours près à faire face à une fâcheuse averse. Et bien si je vous parle de ça, c’est parce que c’est à Cowansville que K-Way Canada s’est installé à la fin des années 70. Aujourd’hui, il ne reste qu’une pancarte À LOUER dans une fenêtre de l’immeuble et bien qu’on ait retiré l’enseigne, on peut toujours voir le logo délavé de K-Way sur la tôle usée par le temps. 

10- Cowansville… en rafale !
-Il fait bon de naître à Cowansville. Sans blague, notre hôpital a été le premier au Canada à recevoir l’accréditation «Ami des bébés» en 1998.
-Si quelqu’un de la ville vous invite aux Musiciens de rue, il veut dire au Festival Musique en Vue. S’il vous dit qu’il travaille à la Moore, il veut dire à la RR Donnely. Et s’il vous raconte que notre Palais de justice a déjà été dans la même bâtisse que la cour à bois du Rona… bien croyez-le.
-Le boulevard Jean-Jacques Bertrand rend hommage à l’ex-premier ministre québécois qui vivait sur la rue Principale. Vous ne le connaissiez pas ? Nous non plus. 
-En 1990, Serge Lavertu a été le premier chef d’orchestre au Québec à fonder une harmonie avec des jeunes du primaire. Fuck la flûte à bec, à 9 ans j’étais saxophoniste dans l’Harmonie cadette St-Léon !
-Ah oui, en finissant, on dit Co-wans-ville, pas Ka-wanzz-ville.

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http://urbania.ca/canaux/ville/4774/la-ville-de-la-semaine-cowansvilleThu, 23 Jan 2014 12:53:29 ESTMarc Daniska-wanzz-villebilinguismek-waycowansvilleville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/4774/la-ville-de-la-semaine-cowansville
La ville de la semaine: AhuntsicMalgré ces délimitations peu édifiantes, le quartier fait le bonheur de ses citadins qui y voient un endroit tranquille, pas encore trop touché par la connerie mensuelle du 3 ½ à 800$. Ce sont particulièrement les contrastes qui font d’Ahuntsic un fourre-tout saisissant, où les appartements crasses de Henri-Bourassa côtoient sans trop de violence les palaces à 1 million du boulevard Gouin. Aperçu de 10  trucs à connaître pour être un apprenti Ahuntsicois de prestige. 

Pour voir Ahuntsic en images, c'est par ici

1 – La confrontation tranquille entre les deux Fleury
On ne se mentira pas : Fleury est la seule rue qui a un quasi-potentiel touristique dans A-Town. Alors que le côté Est surfe encore sur sa réputation « chic » à grands renforts de magasins de cossins chers et de bistros wannabe-européens, le versant Ouest (« FLO » pour les intimes) tente de faire oublier son passé avec l’implantation de boulangeries, restos et bars branchés. On se rappelle qu’il y a à peine cinq ans, ce coin carburait aux magasins douteux et insalubres, comme le Marché en or qui vendait à la fois de la viande et des valises. 

2 – Le parc Ahuntsic : baseball et drogues
Voilà un parc multidisciplinaire qui se déguste en tout temps. L’hiver, on peut solidement slider sur la colline glacée et se pêter le dos sur un arbre, tandis que l’été, on peut perdre un après-midi à manger des roteux en regardant des équipes dont on se câlice jouer au baseball. Ce n’est pas tout : on peut aussi se baigner dans l’étang avec les mouettes et trouver des substances de piètre qualité au skate park, et ce, même si le poste de police est était juste en face.

3 – Jo, l’ultime homme de fer des dépanneurs québécois
Jo est une figure mythique du quartier. Dans le coin, tout le monde le connaît. Propriétaire du Marché Legendre, il y travaille 135 heures par semaine depuis la mort de son père, qui avait acquis l’établissement au tournant des années 1960. Le SEUL congé qu’il a pris, il s’en rappelle, c’était le 6 janvier 1993 5 janvier 1994 quand il est allé voir les Canadiens de Montréal jouer contre les Nordiques de Québec… à Phoenix. « Les Nordiques étaient supposés déménager là-bas, se rappelle-t-il. Je ne serais plus capable de partir comme ça. Le dépanneur, c’est mon habitude, ma routine. »

4 – Les tavernes VS les bars à la mode
Ça a pris du temps pour que #lesgens du quartier trouvent une alternative aux vieilles tavernes pour partir sur la brosse. À l’époque, t’avais deux choix pour passer une soirée de breuvages entre mineurs : le Bar Salon (B.S. pour les intimes) ou le Tonneau d’or (judicieusement situé en face d’un poste de police). Il y avait aussi le somptueux Colors, mais je ne connais personne qui est allé là après y avoir réfléchi plus de sept secondes. Maintenant, la gente ahuntsicoise a plusieurs choix branchés pour satisfaire sa soif : le 132 bar vintage (et ses gentils cocktails artisanaux),  les Incorruptibles (resto bistro tapas correct) et le déjà légendaire Überbar Cafbar, un nouveau classique pour piliers de bars 18-35 ans.

5 – Le quartier industriel / The Dark Side of the Marché Central
Pas besoin d’aller à Detroit pour voir une ville fantôme à moitié abandonnée : l’axe Chabanel-Meilleur de l’autre côté du Marché Central fait la job en masse. Heureusement, vous retrouverez le goût de vivre à la vue de certains magasins de linge renommés comme Pudding Jeans, Cream Soda, Aladin en gros, Place de la mode et le très délicat Dépôt de entrepôt. C’est également le meilleur endroit pour aller vider des quilles entre chums sur des toits d’usine en profitant d’une vue imprenable sur le Tim Hortons du boulevard Saint-Laurent. Avis aux intéressés : c’est à 5 minutes à pied du Solid Gold aka la meilleure place du quartier pour se faire péter la yeule par un doorman.

6 – La rivière des Prairies aka STEP YOUR KNOWLEDGE GAME UP 
Ahuntsic était le surnom que les Hurons avaient donné à un Français qui accompagnait le père Nicolas Viel dans ses missions. Il trouva la mort dans la partie de la rivière des Prairies désormais nommée Sault-au-Récollet avec son mentor en 1625. Sans vous cacher que cette formulation est copiée telle quelle de Wikipédia, je peux vous assurer que le détour à l’extrême nord-est du quartier en vaut la peine. À l’endroit pas mal précis de la tragédie de notre héros noyé se trouve le Parc-nature de l’Île-de-la-Visitation, un grand espace vert génial où cohabitent des bonnes femmes qui font du ski de fond l’hiver et des grosses familles indiennes sur le party pendant 16-17 heures en ligne l’été.

7 – Le boisé Saint-Sulpice, la rencontre entre deux mondes opposés
Finir sa soirée dans le boisé Saint-Sulpice (ou sur un quelconque toit du Cégep Ahuntsic juste à côté) est signe d’une soirée qui a mal viré. C’est toujours l’expédition de trop qu’on regrette le lendemain matin, en regardant ses jambes scratchées à cause d’une game de vérités ou conséquences un peu trop hard (true story). Reste que pour la période transitoire, entre 5 et 6 heures AM, ça vaut la peine d’y rester pour voir des génies matinaux courir avec détermination en promenant leur(s) pitou(s).

8 – Le centre d’achats de marde en face du Adonis
Tous les pires magasins se sont passés le mot pour se rassembler dans cet immense couloir sans envergure, situé coin Sauvé et Acadie, à la frontière de Ville Saint-Laurent. Aucun mot ne pourrait décrire avec justesse l’état de morosité qui nous envahit lorsqu’on entre, la tête baissée, dans cette morne oubliette. En passant, je fais partie de ceux qui haïssent le magasin Bedo pour aucune raison.

9 – Le langage hybride 
Sans dire que les Ahuntsicois ont un accent ou une langue propre à eux, on peut assurer qu’ils sont substantiellement influencés par leurs voisins. Le penchant anglophone des citadins de Ville Saint-Laurent et Cartierville, combiné au métissage linguistique de Montréal-Nord et Saint-Michel, donne à Ahuntsic des outils pour triturer avec ingéniosité la langue québécoise. Pas étonnant, donc, que des figures importantes d’un langage hybride renouvelé comme Robert Charlebois, Daniel Boucher et Loud & Lary aient passé une bonne période de leur vie dans le quartier. Je ne sais pas en quoi ça peut appuyer mon point, mais Martin Deschamps a fait ses études en graphisme au Cégep Ahuntsic.

10 – AHUNTSICRÉSISTANCE#
L’héritage Maurice Richard (qui habitait tout proche de la rivière, sur Péloquin) pèse lourd dans la balance ici. On dirait que rien ne peut venir troubler le quotidien des résistants ahuntsicois : aucune mode passagère, ni vague orange, ni hausse catastrophique des loyers, comme si la 40 venait tout bloquer pour nous laisser vivre dans notre cocon. AHUNTSICRÉSISTANCE# everyday, le seul quartier qui abrite, à une distance de deux coins de rue, un Rino Pizzeria et un Roni Pizza. 332-1-332, si t’avais oublié le numéro bro.
 

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http://urbania.ca/canaux/ville/4758/la-ville-de-la-semaine-ahuntsicThu, 16 Jan 2014 11:45:42 ESTOlivier Boisvert-Magnenhaïr le magasin Bedojohn sept-grainshuronsquartier industrielrivière des prairiesahuntsicville de la semaineville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/4758/la-ville-de-la-semaine-ahuntsic