Urbania - villehttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationThu, 17 Apr 2014 00:10:40 EDT60La ville de la semaine: VancouverPour voir Vancouver en images, c'est par ici!
Pour revoir Blainville ici!

L'odeur
Je suis déménagée à Vancouver durant l’été depuis Montréal en pleine vague de chaleur. En débarquant de l’avion, j’ai été marquée par l’odeur « fraîche » de la ville et l’absence de smog. Pour de vrai, Vancouver ça sent le cèdre. C’EST MALADE!

C'est vert
Visuellement parlant, la ville est très verte. J’habite tout près de Stanley Park, aka un parc Lafontaine meets les arbres de Twilight meets l’océan, et toutes les rues de mon quartier explosent sous le poids (métaphorique) des fleurs de cerisier. Gregor Robertson, notre maire hottie, s’est donné comme défi de faire de Vancouver la ville la plus verte du monde d’ici 2020. Je lui donne une médaille pour l’aménagement paysager.

Mais pas trop
Vancouver est dans une bulle immobilière où les condos poussent sans trop de considération pour le développement durable. Le gouvernement provincial explique à l’industrie pétrolière comment contourner les lois pour passer des pipelines dans les parcs nationaux. Pis on a toujours pas de compostage municipal. Chouuuuuu!

C’est santé
Mon kale est local. Pour vrai. Je peux acheter du kale éthique qui a poussé en plein centre-ville de Vancouver. On passe notre temps à parler des rabais au Whole Foods pis que le freekeh, c’est le nouveau quinoa. Tout le monde jogge, partout, tout le temps. À mon travail, les activités de team building consistent à s’inscrire à un marathon en gang, à mon grand désarroi. Peu importe, mon smoothie est définitivement plus vert que le tien. Take this, Marilou.

C’est weird
Le mélange de cultures venues du monde entier et de la culture tellement white privilege de la côte Ouest créé une vibe plutôt étrange, selon moi. On y croise des couples d’adolescents lolitta-goth-manga-emo-latex-cowboy. Les gens manifestent contre un tracé de piste cyclable. On se donne rendez-vous au Dude Chilling Park. On y parle de lait biologique tout en joggant dans un suit Lululemon qui flashe. Douglas Coupland construit une sculpture nommée Infinite Tire pour le terrain d’un Canadian Tire. Vancouver, c’est comme Los Angeles sans le fame, ou Portland vraiment plus mainstream.

La Vancouver Duck Lady 
C’EST PAS UNE JOKE! JE L’AI DÉJÀ VUE! Cette madame-là est magique.

Main Street
Notre Main et les environs, c’est un peu l’équivalent du Mile-End en moins cool. On y retrouve autant de hipsters, de sous-sols d’église ukrainienne, de boutiques indépendantes, de beaux appartements et honnêtement, le café est souvent meilleur qu’à Montréal. BOOM. West Coast represents.

Downtown Eastside
Ce quartier, qui est le quartier le plus pauvre au Canada, est moins effrayant qu’on le pense. Probablement parce que le DTES englobe aussi la vieille partie de la ville, Gastown, aka le Vieux-Port mais en plus yuppie (et moins douchebag). Il y a tellement de belles affaires à voir dans ce ‘hood, qu’on cherche à soutenir des entreprises sociales, des artistes locaux ou juste acheter un t-shirt Prada. Toutefois, je ne crois pas qu’on puisse s’habituer à la disparité quasi-décadente entre les classes sociales. Dans ma vie, je ne pensais pas croiser une Lamborghini stationnée à côté d’un hobo sur le meth gisant sur le sol, mais ouain, ici c’est possible. Yay?

Wreck Beach
Wreck Beach est la plus grande plage nudiste en Amérique du Nord. Elle est située sur le campus de l’université de la Colombie-Britannique, dans le parc provincial Pacific Spirit, à la pointe de la région métropolitaine. Des groupes militants (radical nudists? radnud?) luttent pour la préservation de son caractère unique depuis les années ’70. Et ma foi, ils ont réussi. Wreck Beach est l’une des plages les plus achalandées du pays, l’une des plus belles, et probablement la seule où vous pouvez voir une gang de boomers nus danser autour d’un gars qui jam Around the Universe, mais juste avec une basse. Les bénévoles de la Wreck Beach Preservation Society publient également des cartes postales contre le bullying.

On finit tous par jamais vouloir s’en aller
J’ai beau trouver ma ville d’adoption un peu poche, pas aussi culturellement excitante que Montréal, j’ai beau chialer contre le fait que c’est IMPOSSIBLE de sortir un mardi et plus encore, mais y’a des soirs où je vais regarder le soleil se coucher sur la baie des Anglais (située à 15 minutes de chez moi à pied, #humblebrag) et je me dis que je n’ai plus vraiment envie de partir voir le monde. Pis chez nous, on est trop occupés à parler de kale local pour se préoccuper du PQ ou des Libéraux. Je vous dis ça de même. 

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http://urbania.ca/canaux/ville/4994/la-ville-de-la-semaine-vancouverThu, 10 Apr 2014 13:19:01 EDTMarie-Hélène GouletVancouverville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/4994/la-ville-de-la-semaine-vancouver
La ville de la semaine: OutremontC'est donc un peu dans cet esprit que je vais vous présenter les dix participants de Outremont Shore. Parce que j'ai la plume pas mal game, pis que les figures de style de genre de comme, je trouve que ça fait vraiment plusse culturé.

Pour voir Outremont en images, c'est par ici! 

1. Côte-Sainte-Catherine
La première candidate, c'est la cousine bourge de la rue Sainte-Catherine. Elle s'est tiré du centre-ville assez jeune pour pouvoir flasher sur le bord de la montagne pis se faire poser des vraiment très grosses maisons. Tellement grosses d'ailleurs que les rumeurs disent que ce sont même pas des vraies. Elle a évidemment reçu une éducation de qualité au Pensionnat Saint-Nom-de-Marie, même si elle passait plus de temps à penser aux petits gars de Brébeuf qu'à étudier. Remarquez, ça ne l'a pas empêché de se trouver une bonne job à l'Hôtel de Ville d'Outremont. Sinon, elle porte encore courrament la petite jupe verte et le polo blanc, et quoiqu'elle passe la plupart de son temps avec son amie fancy madame Laurier, on sait tous qu'elle est secrètement prise dans une relation à distance avec un gars un peu bum de Côte-des-Neiges.

2. Saint-Viateur
Malgré ses apparences de gars tranquile qui visite parfois la synagogue pour revisiter ses racines juives, Saint-Viateur, c'est le sportif de la gang. Il boit des shakes pis se stretch jusqu'au YMCA de l'avenue du Parc. Après son work-out matinal, il se rend à l'école secondaire Paul-Gérin-Lajoie d'Outremont, où il travaille comme prof de gym sous le pseudonyme de Jiri. Son plaisir le plus plaisant, c'est de regarder ses élèves jogger dans le parc Outremont. Sinon, il fut adepte de curling pendant longtemps, avant de se rendre compte qu'il ne comprenait rien pantoute aux règles du sport. Finalement, même si le parc Beaubien le gosse profondément, Saint-Viat ne se gêne jamais pour lui quêter son terrain de soccer (#défiscolaire #MonÉcoleEstPlusseForteQueLaTienne #ceuxquisaventsavent ).

3. Outremont
Un des plus vieux participants à notre émission, Outremont aspire à être... prêtre. Même qu'il s'est fait construire une belle église au beau milieu du quartier qui lui a donné son nom, où il ne se gêne pas pour afficher ses signes ostentatoires. C'est donc avec un niveau de surprise assez surpenant que les adolescents fumant du weed dans ses escaliers ont réalisé qu'il était, finalement, quand même assez libéral pour un fan de Jésus. En effet, Outremont sait fort bien que seul Dieu peut juger des affaires qui sont pas les siennes, et donc, il est très tolérant avec les frencheurs précoces qui viennent, été après été, se lêcher les plombages de la yeule devant sa maison du bon Dieu.

4. McEachron
Avec son nom fucking impossible à prononcer et qu'on arrive jamais à épeller correctement du premier coup, ce beau scandinave d'origine donne une petite touche ethnique à notre show. Ayant grandi dans un container à poubelle en quelque part près d'un fjord, ce jeune hockeyeur n'eut donc aucune difficulté à adopter l'aréna d'Outremont. D'ailleurs, lorsque celle-ci eut droit, il y a quelque années, à une chirurgie esthétique complète, il fut ravi de découvrir qu'à l'intérieur, l'aréna avait gardé son bon vieux charme de dompe. Par contre, il nous a avoué qu'il s'ennuie beaucoup du vieux snack-bar et de la machine à stickers à une piasse.

5. Parc Beaubien
Évidement, il en fallait ben un pour chanter du Oasis avec un accent épais comme celui de Pauline autour d'un feu de camp, avec son esti de guitare pas-accordée. T'sais, le gars qui a passé toute son enfance au camp soleil et qui y travaille maintenant comme moniteur depuis six ans (#boomatchikaboom) ? Celui qui se fait un devoir sacré de ne jamais révéler son vrai nom devant les campeurs ? « Euh, chérie, quand tu viens me voir ici, il faut que tu m'appelles Bazooka s'il te plaît ». Ben ce gars-là, c'est Parc Beaubien. Il n'a absolument aucune tolérance pour la drogue et l'alcool juvénile, et c'est chez lui que se prennent toujours les amendes pour flânage les plus salées.

6. Van Horne
Le tough guy du groupe. Le bum de service. Le Ryan Atwood du hood. Van Horne, c'est le gars qui traîne avec des pushers et qui push lui aussi desfois. Il s'alimente presque exclusivement de pizza, et ce malgré le mouvement constant des pizzerias du coin. Il a toujours la police au cul, évidemment, et tellement que le poste de quartier s'est installé juste en face du métro, son spot habituel. Sinon, ses trop fréquentes escapades de sexualité avec Saint-Just—qui, derrière son image de rat de bibliothèque, s'est fait passer dessus par tous les pompiers de la caserne—ont eu comme résultat de donner naissance à un nombre alarmant de petites ruelles indésirables.

7. Lajoie
Elle veut être maman. Elle veut avoir un shitload de beubés. Tellement, qu'elle s'est quêté deux écoles primaires, juste pour elle. Les comportements déliquants de sa petite soeur, qui participe aussi à l'émission, l'inquiètent beaucoup dernièrement...

8. La cour de l'école Lajoie
Elle passe la majeure partie de ses nuits à fumer de la drogue marijuanaise avec ses amis, en se penchant sur les grandes questions de la vie, telles que : who the fuck is Nico, et pourquoi a-t-il choisi si jeune de devenir un dessinateur de tigres notoire. Son passe-temps d'automne préféré est le pètage de citrouilles.

9. Bernard
Frère jumeau de la belle Laurier, cet enfant terrible a également un goût assumé pour le fancy. Il aime le bon vin ponctuel en bouche, les décorations d'intérieur couleur moutarde, ainsi que les sorbets servis dans des vieux jouets vintage. Par contre, il a aussi une bonne âme, ouvrant récement chez lui un comptoir Renaissance pour venir en aide aux gens dans le besoin d'affaires. Aussi, son petit côté relax le poussait souvent à passer ses vendredis soir devant des films loués au Movieland (maintenant il stream sur Netflix, c'est plus simple) et son amour des livres nous a permis de connaître Roland, un homme qui n'est malheureusement plus vivant depuis quelque temps, mais qui était un peu beaucoup le best.
J'aimerais d'ailleurs profiter de l'occasion pour te dire merci, Roland. Merci d'avoir été aussi swell avec moi. Je prenais jamais de petit sac pour les livres que je t'achetais, mais je te trouvais vraiment smatte de me l'offrir à chaque fois. Dors bien.

10. Candidats considérés mais non-retenus
Rockland, l'enfant divorcé qui habite Outremont la semaine mais qui passe ses fins de semaine chez son père à Ville Mont-Royal (cause du refus : trop jeune) ; Hutchison, le hipster qui dit à tout le monde qu'il habite dans le Mile-end même si en fait il habite du côté d'Outremont (cause du refus : Hutchison n'est pas une rue, il existe pour de vrai).

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http://urbania.ca/canaux/ville/4973/la-ville-de-la-semaine-outremontThu, 03 Apr 2014 15:26:02 EDTFrancis Baumansville de la semaineoutremontoutremontshoreville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/4973/la-ville-de-la-semaine-outremont
La ville de la semaine: Notre-Dame-de-GrâceNotre-Dame-De-Grâce était au départ une forêt qui commençait au pied du Mont-Royal, avec en prime des marécages et des ruisseaux. On est très loin de la chic rue Queen-Mary et de l’autoroute Décarie, disons. NDG c’est pas mal la place où habiter si tu veux élever tes enfants tranquille, ne pas être loin du centre-ville, avoir des petits commerces un peu bobos mais sans la maudite rue Mont-Royal et si tu aimes les immenses arbres centenaires.

Pour voir NDG en images, c'est par ici

1) NDG vs le Ghetto NDG
Je n’ai jamais rencontré quelqu’un capable de me dire exactement quelles sont les limites du quartier. C’est un peu comme le Plateau: tout le monde y va avec ses limites personnelles. Dans ma tête et dans celle de mes amis, à NDG, y’a deux clans; si tu habites en haut ou en bas de Sherbrooke. En bas, c’est le ‘ghetto’ avec les drôles de commerces où tu peux te faire faire des tikouris pis acheter des feux de Bengale et ce, au même endroit. Les loyers y sont moins chers, alors il y a plus d’étudiants et moins de maisons qui valent un salaire avec beaucoup de zéros à la fin.  En haut de Sherbrooke, c’est plus cute. On y retrouve la poissonnerie, les cafés fancys (oui je sais que c’est pas fancy un Second Cup pis un Starbucks), une quincaillerie où les vis sont rangées dans la bonne boîte, une épicerie, des magasins de madame, une pâtisserie trop chère et etc…

2) Le parc Girouard
Situé entre le Ghetto et le pas-Ghetto, le parc Girouard est un peu à NDG ce que Central Park est à New-York (UN PEU). C’est l’endroit où tout le monde se retrouve. C’est aussi legit aller faire du skate, fumer un joint et boire de la bière à la statue  que d’aller promener son golden retriever et son bébé. Je crois que tout le monde qui a déjà eu entre 13 et 17 ans à NDG a déjà passé une journée à juste rien faire dans le parc et profiter du soleil. Quand j’étais au primaire, on a fait une pièce de théâtre sur le stage du skate park et c’était un peu le plus beau jour de ma vie. Chaque fois que n'importe qui qui a grandi à NDG passe devant le parc, c’est clair qu’il a mille souvenirs en tête.

3) L’École Notre-Dame-de-Grâce vs l'Étoile Filante
À NDG y’a pas 10 000 choix côté école primaire. Tu vas à l’école plate normale ou à l’école alternative. L’école normale est grande, imposante, crissement peuplée et la cour est juste trop immense. À mon école, on était 90 ish élèves répartis sur 6 années, 2 niveaux par classe en plusse de ça! (Avec la quantité de fois où j'ai fait de la peinture dans les fenêtres, vous comprendrez que je suis allée à l'autre. La « le fun », celle où l’on fait plus de pièces de théâtre que d’examens.) On a toujours été un peu les freaks du quartier quand on arrivait au service de garde à la Grande École Normale. Les amis de mon cousin, qui étaient à l’école plate, m’ont même déjà demandé en 4e année si je savais lire. COME ON GUYS

4) Villa-Maria vs Villa Maria
Si t’es une fille et que tes parents n'avaient pas envie que tu passes un détecteur de métal à tous les matins, y’a de bonnes chances que tu aies abouti à l’école Villa Maria. Dans mon temps, la directrice était une soeur et notre professeure de math de secondaire 1 était Soeur Andrée. L’école est située juste à côté du Métro qui porte-le-même-nom-mais-avec-un-trait-d’union. Affilié à un bâtiment qui est classé monument historique (oui Monsieur), elle est si belle en haut de l’hostie de côte à monter tous les matins. Jadis très loin y’a très longtemps, il y avait un bassin où il était possible de faire du pédalo sur son heure de lunch, mais apparence qu’une collégienne s’y serait noyée... L’histoire ne dit pas si c’est vrai, mais maintenant c’est un beau tas de béton pas d’eau. L’école est divisée en deux secteurs; le secteur anglophone et le secteur francophone. Laissez-moi vous dire que c’était toujours le fun de rentrer « sans faire exprès » dans les anglos quand on les croisait dans le corridor qui séparait les deux côtés. Aussi, comme il s’agit d’une école chrétienne, nous devions assister aux célébrations eucharistiques pour y chanter des chansons religieuses et lire des passages de la Bible toutes ensemble, en prenant soin de bien s’arrêter aux virgules. C’était plate, mais t’sais, on manquait des cours pour partager notre amour de Jésus. 

5) Le JavaU, le Bagel St-Viateur et le Second Cup
Comme toute bonne collégienne qui se respecte, après l’école, nous allions dans des débits de café. Nos parents pensaient qu’on allait étudier, mais c’était pré-2006 fait qu’on allait boire trop de café et fumer trop de clopes au Java U (sorry Papajean). C’était clairement important qu’on se raconte notre journée dans les moindres détails, même si on était ensemble depuis 8h10. C’est aussi dans les cafés qu’on rencontrait nos amis des autres écoles pis qu’on faisaient nos frais sur la terrasse et qu’on parlait de nos #firstworldproblem d’ados.

Sur Monkland, le Mont-Royal de NDG, il y a un Second Cup et un Starbucks littéralement l’un en face de l’autre .Tu t’en souviens si t’as bien lu le point 1. Ce qui était le fun, c’était de voir à quel point chaque clique avait son café. J’y pense encore et je me trouve nouille et je me dis que j’ai clairement passé trop de temps à boire des venti-café-déca-moka-latté-machin-soya-slim à 6 piasses, mais reste que dans la vie d’une adolescente de 15 ans, ben c’est ça #labellevie.

6) Être cool
On a tous eu notre phase « fuck that , je bois de la Boomerang aux fruits sauvages et je commence à fumer ». 
Je parlais avec mes amis qui viennent du quartier, et LA place pour acheter des clopes et de la bière de marde pis des Smirnoff à la pomme verte, c’était au dépanneur IN sur Décarie, à côté de Villa. Y’avait aussi le Monoprix sur Monkland... il faudrait d’ailleurs que quelqu’un m’explique why the fuck que les commis vendaient cette ribambelle d’items aux jeunes en uniforme.
Pour ceux qui ont eu une phase plus granole, la boutique Rock sur Sherbrooke c’était un peu the place to be. On a tous achetés un poster de Bob Marley ou de Pink Floyd là-bas et quelques paquets de beedies (t’sais les « cigarettes indiennes » que dans le fond, c’était des vieilles feuilles mortes enrobées d’une feuille d'eucalyptus(?) qui sent le vieux patchouli).

6) Le nightlife
NDG, on s’entend, c’est pas le festival du nightlife pis des bars. Quand t’as passé l’âge des house partés avec beaucoup trop de monde dans une maison de la rue Marcil, ben, tu te diriges vers les bars. Le meilleur spot reste le Ye Old Orchard: pour boire une Guinness trop chère et manger des plats bruns dans lesquels il y a toujours de la bière, c’est là que ça se passe. Okay, ça se peut que tu croises les parents de tes amis du secondaire en train de se faire un p’tit 5 à 7, mais on s’en tape... C’est bon et c’est gras. Pis si t’es game de prendre la 162 ou de marcher un brin, il y a toujours le fameux Typhoon, un peu plus loin sur Monkland. Je pense qu’un jour ils ont essayé d’être un lounge jazzé ou quelque chose, mais allô le petit fail.

7) Le manger
Tu veux faire ton fancy pis amener une date manger pas trop loin de chez toi, comme ça si c’est de la marde t’as pas à prendre de taxi: tu vas au Mikado manger des sushis. J’ai pas besoin de parler plus longtemps de sushis parce que ça reste du riz, des cossins dedans pis une algue tough à croquer. Aussi, on a tous été manger au Pizzédélic avec nos parents à l’époque où il y avait une balance et que pour chaque livre qu’on pesait, nos parents payaient une cenne et c’était le prix de notre pizz’. Genre, ton enfant pèse 49 livres ben la pizz’ est 49 cennes. Fou de même

La crème de la crème de la restauration va très certainement au Dad’s Bagel sur Sherbrooke. Man, c’est un bagel shop 24/7 qui vend de l’esto de bonne bouffe indienne. Genre meillleure que celle que tu commandes quand t’es lazy un samedi soir.

Tu peux dip ton bagel dans du poulet au beurre!!! J’sais pas pour vous, mais dans mon livre à moi, c’est un peu ÇA la définition d’un snack de roi à 4h du matin.

8) Les autres affaires swell
Quand tu viens de NDG, c’est certain que  tu as passé trop de temps chez Kidlink à tout regarder et à espérer secrètement que toi aussi à ton anniversaire, tu auras un paquet emballé dans du beau papier avec trop de ruban.

Et comment passer à côté du Ben & Jerry gratuit, aka la-plus-belle-journée-de-ta-vie. Quoi de mieux que de foxer un cours pour aller attendre 2 heures pour une crème glacée et ce, en se tapant 5-6 fois un CD de Dance Mix 1997 sur un ghetto blaster qui sonne drôle et beaucoup trop fort.

PS: Le Ben & Jerry gratuit, c’est le 8 avril. Je lance ça de même...
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http://urbania.ca/canaux/ville/4949/la-ville-de-la-semaine-notre-dame-de-graceThu, 27 Mar 2014 11:15:55 EDTCharlotte Lamoureuxdipper ton bagel dans du poulet au beurrenotre-dame-de-grâceNDGville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/4949/la-ville-de-la-semaine-notre-dame-de-grace
La ville de la semaine - St-EustacheQu’elle soit présentée comme le berceau historique de la couronne nord ou le royaume de la Civic jackée, la ville de la semaine mérite d’être découverte. Surtout si tu te magasines un char.

Pour voir St-Eustache en images, c'est par ici!

1. L'empire Mathers
Si Pierre Charron en est le maire démocratiquement élu et Koriass le maire honorifique, il n'en demeure pas moins que le vrai boss de St-Eu, c'est Jean-Guy Mathers. Cet homme d'affaires -- qui bizarrement préfère habiter à Boisbriand, de l'autre bord de la 13 -- a au fil des années creusé une carrière, puis construit un centre sportif, un ciné-parc, un cinéma, un marché aux puces, des restaurants et un spa. Mettons que le gars est pas à ‘cenne et que, en tant que garçon natif de St-Eustache, je suis pas mal certain que je lui appartiens dans une quelconque mesure. Notons par ailleurs que ce magnat de la couronne nord est également toute qu'une carte de mode : la seule fois que je l'ai croisé (j'en conviens, l'échantillon est peu scientifique), il était vêtu d'un ensemble de cowboy entièrement conçu de cuir rouge (bottes, pantalons, chemise, veste, chapeau). De quoi inciter tout homme d'affaires à y penser deux fois avant de le provoquer en duel.

2. Le ciné-parc
Si tu veux être quelqu'un, à St-Eustache, t'es mieux de pas te promener en bicycle à pédales. Ça te prend un char, un beau kit de jupes et des néons qui mettent en valeur la qualité de l'asphalte Mathers™. Et ce char-là, faut pas qu'il reste dans l'entrée de chez tes parents : faut que tu le donnes à voir. Si t'as passé les deux dernières années de ta vie à faire des shifts de nuit au feu Patio Vidal pour te payer ton beau pick-up peinturé or dont les portes s'ouvrent comme celles d’une DeLorean (ce véhicule existe réellement dans l'écosystème eustachois), tu mérites de te donner en spectacle. Pour ce faire, cache tes amis dans ta valise et va te pavaner au ciné-parc. Après 4-5 Cold Shots aux pieds d'un Paul Walker surdimensionné, tu en viendras assurément à croire que les regards obliques des familles qui t'entourent ne sont pas dus au fait que t'es vraiment loud, mais bien à de la jalousie, preuve que tu as réussi ta vie.
 
3. Le marché aux puces
Le problème avec un ciné-parc, c'est que, de jour, c'est pas mal juste un tôrieux de gros stationnement. Notre chum Jean-Guy, soucieux de maximiser les bénéfices générés par ses terrains, permet ainsi aux brocanteurs et autres vendeurs de caps de roue d'y tenir boutique sous le soleil. Bien que les nombreux kiosques de fruits, légumes et fleurs valent véritablement le détour, ils n'égalent jamais le pouvoir d'attraction de ceux se spécialisant dans la vente de serviettes de plage Jack Daniels. #fuckyeahPointe-Calumet
 
4. L'église
La façade de ton église municipale est-elle, elle aussi, marquée d'authentiques trous de boulets de canon datant de la rébellion des Patriotes de 1837? Non? Bin FARME-TOUÉ! Le siège de Saint-Eustache s'est peut-être bien terminé par une défaite pour les troupes bas-canadiennes de Jean-Olivier Chénier, il n'en demeure pas moins que ces cicatrices font la fierté de bon nombre d'Eustachois, heureux de vivre à proximité d'un édifice aussi important dans l'histoire du Québec. En plus d'être un lieu de culte pour les membres de la Société St-Jean-Baptiste, l'église Saint-Eustache demeure aujourd'hui un haut lieu de la spiritualité rive-nordienne, autant pour les dévots en quête du Salut éternel que pour les potheads considérant que le stationnement arrière de la maison de Dieu est un endroit tout indiqué pour élever leur esprit.
 
5. Le vieux St-Eustache
La susmentionnée église s'avère en fait le cœur de la vieille ville, pittoresque certes, mais pas au point d'y passer un 36 poses. En une marche de 10 minutes, le touriste constatera que le moulin Légaré meule encore, que le manoir Globensky existe, que la Petite Église est plus petite que la grosse église, que les maisons sont plus vieilles que dans le reste de la ville, pis c'est pas mal ça. Petite suggestion au bureau du tourisme de St-Eustache : faites une statue de Jean-Olivier Chénier, découpez-la en morceaux et, en l'honneur du traitement réservé à sa dépouille par les troupes britanniques, répartissez ses membres sur le territoire de la vieille ville. Ou encore mieux : organisez des chasses au trésor dominicales et permettez aux enfants de trouver la tête, les jambes et les bras sectionnés de ce patriote tombé au combat. Du plaisir pour toute la famille!

6. L'autodrome
Les chaudes soirées d'été de ma jeunesse furent bercées par un viril ronronnement mécanique qui me rappelait sans cesse que, plutôt que l'amour, l'entraide, le partage et la famille, la conduite automobile trône sans conteste au sommet des valeurs eustachoises. Même si j'habitais à l'autre extrémité de la ville, il m'était impossible de profiter du silence lorsque j'invitais mes amis à venir boire la bière de mon père sur le deck de la piscine ; toujours ce bruit de machines en compétition, subtil mais coriace, comme une acouphène. La légende* prétend même que les frontières du territoire de St-Eustache ont été établies par nos pères fondateurs en fonction des limites jusqu'où voyageait le bruit des chars qui coursaient à l'autodrome. Ça ne s'invente pas.
* Par « légende », j'entends « moi qui essaie de faire 100 mots sur un endroit où je ne suis jamais allé ».

7. Le mont St-Eustache
Assurément, les Eustachois se réjouissent de cette inespérée tempête de fin d’hiver : ça fait plus de temps pour dévaler la montagne sur des pancartes électorales! Et c’est pas parce que la souffleuse fait des tas de neige plus hauts sur le coin de mon terrain que le mont St-Eustache mérite de subir vos commentaires dérisoires.

8. Le St-Eustache rural
Beaucoup de voitures, ça fait beaucoup de monoxyde de carbone. Quoi de mieux pour bien s’aérer les poumons qu’une petite escapade au nord de la 640, le long de la 25e avenue ou du boulevard Arthur-Sauvé? L’odeur d’exhaust  y est avantageusement supplantée par une, plus bucolique, de selles d’autruches*. L’Exotarium vous permettra de flatter des tarentules en famille et le vignoble de la Rivière du Chêne vous permettra de vous mettre gorlot sur du bon vin de chez nous. On attend par contre toujours la création d’un service de raccompagnement à dos d’autruches, car rien dans le code criminel ne stipule qu’il est illégal de boire et de rider un oiseau.
* La companie Nid’Otruche, en plus d’offrir des safaris dans la savane eustachoise, vous permet d’y célébrer votre enterrement de vie de garçon. T’es pas game.
 
9. La rivière des Mille-Îles
Y’a tu vraiment quelqu’un qui les a comptées, les îles? La dernière fois que j’y ai fait un tour de canot, j’en ai vu genre six. Sinon, ma mère m’a toujours dit qu’il était dangereux de boire l’eau de cette rivière, probablement parce qu’elle ne voulait pas que je découvre qu’elle a en fait un merveilleux goût de mayo/ketchup/relish/Worchestershire.
 
10. H. Grégoire
Si j’ai présenté l’église St-Eustache comme étant encore visitée par les fidèles, c’était essentiellement par politesse et désir de ne pas froisser mes aïeux ; le véritable temple, à St-Eu, il a une salle de montre brillante en guise de nef et la bonne nouvelle qui y est scandée est un rabais de 5% sur ta Jetta parce que t’as l’air d’un bon jack (mais faut pas que tu le dises à mon boss parce que hein). Ce n’est d’ailleurs sûrement pas un hasard que ce super-concessionnaire se soit initialement installé juste en face de l’empire Mathers, de l’autre côté de l’autoroute : Greg Hairabedian est probablement le seul homme d’affaires de la ville à ne pas être intimidé par le costume rouge de Jean-Guy. Parions que lorsque le duel fatidique aura lieu, à la base de la grosse guitare du Texas Star, Greg sera celui qui restera debout.
 
Crédit photo de M. Mathers lui-même: Dans le clip de St-Eustache de Koriass (7ieme Ciel).
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http://urbania.ca/canaux/ville/4931/la-ville-de-la-semaine-st-eustacheThu, 20 Mar 2014 14:28:28 EDTMathieu Poulinst-eustachekoriassbas-canada libre4-5 Cold Shots au ciné-parcville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/4931/la-ville-de-la-semaine-st-eustache
La ville de la semaine: Saint-Henri
Pour voir Saint-Henri en images, c'est par ici!

1. Le restaurant A.A.
André Anousos (vous voyez d’où vient le nom?) tient la barre de ce restaurant depuis 50 ans (les banderoles de la fête sont encore sur les murs). Il en a maintenant 70 et des poussières. Il arrive vers 7-8 heures en chignant un peu et ferme la place, et ce, pratiquement tous les soirs. On aime ou on déteste sa poutine sauce brune (un peu sucrée, avec un petit goût de cannelle) mais on ne peut résister à la poutine italienne (surtout généreusement arrosée de la sauce spéciale à sous-marins) et au cheese bacon. La steam dans les vitres, la game du Canadien à l’écran, l’air un peu bourru d’André et les weirdos qui chambrent en haut et qui tuent le temps au resto contribuent à faire de cet endroit un incontournable. Et si vous avez une p’tite soif, le bar Pierre juste à côté (le nom de son fils, qui travaille aussi au resto – on voit un thème ici) vous offre rafraîchissements, karaoké et machines à vidéopoker.

2. La bouffe en général 
Ici, j’opterai pour une simple énumération pour illustrer mon point : Tuck Shop. Campanelli. Le H4C.Grumman 78. Léché Desserts. Ludger. Café Saint-HenriSatay Brothers. ‘nuff said. 

Mention spéciale au Miracle, au Green Spot et bien entendu à AA.

3. La rue Notre-Dame et ses contrastes
Boutique de faux cheveux (avec mannequins aux seins monstrueux dans la vitrine pour attirer la clientèle (?)), restaurant fusion fancy, magasin d’entraide communautaire, salon de « massage », microtorréfacteur, église latino, les Assurances Lafaille (cordonnier bien chaussé?), boutique vintage, ancien commerce barricadé : ce qui fait la beauté de la rue Notre-Dame (et de Saint-Henri au complet), c’est sa diversité. Les endroits plus branchés y côtoient les endroits les plus crades (c’est aussi valable pour les individus), et personne ne bronche. On y trouve de plus en plus de commerces (notamment le barbershop Notorious, la boutique du Campanelli, la boutique Bonfire et Allo Vélo) qui reflètent la nouvelle crowd du quartier mais qui ne tentent pas d’oblitérer le passé.

4. Le Fattal
Les lofts Fattal, c’est un peu comme un timewarp : tu te croirais transporté en plein milieu d’un squat du Lower East Side dans les années 80. Il y a des lofts, des annexes raboutées, des graffitis et des chars enneigés jusqu’à la moitié des fenêtres. Des gens y vivent, d’autres y jouent de la musique, d’autres y tiennent des vernissages ou des ventes, et plusieurs font tout ça à la fois. Tout le monde connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui reste au Fattal (dans le doute, y’a toujours Zombie Boy.)

5. Les édifices (commerciaux comme résidentiels) et l’histoire
Saint-Henri, c’est un peu The Land That Time Forgot. On sent que le quartier est vieux (en fait, il portait auparavant (genre au 17e siècle) le nom des Tanneries - un arrêt important de la route des fourrures - puis Saint-Henri-des-Tanneries, pour finir en Saint-Henri) et qu’il roule sa bosse depuis un bout déjà. Tout est un peu patché tout croche. Chaque promenade te fait découvrir plein de racoins (genre l’îlot perdu en dessous de Turcot). Plein de petites maisons qui ont l’air de rien sont en fait patrimoniales. Et au beau milieu de tout ça poussent moult projets de condominums (y viennent d’où, ce monde-là?), qui respectent plus ou moins le style de l’endroit. Qu’on soit pour ou contre la gentrification, on doit avouer que ça cadre avec l’éclectisme de Saint-Henri. C’est peut-être juste dans ma tête, mais j’ai l’impression qu’ici, les gens se côtoient sans problème. Si t’achètes un condo à Saint-Henri, t’acceptes de facto de dealer avec les weirdos qui pleurent la fermeture des Bas prix Taty.

6. Le verdissement
Les projets de verdissement fleurissent à Saint-Henri et dans l’arrondissement du Sud-Ouest. Parmi eux, on compte des projets de ruelles vertes ainsi qu’un projet unique à Montréal : le woonerf Saint-Pierre (mot qui veut dire « rue conviviale » en néerlandais). Inauguré à la fin de l’été dernier, ce projet a transformé une ruelle plutôt décrépie en espace vert dont toute la collectivité pourra profiter. Transformer un îlot de chaleur en îlot de fraîcheur où on pourra circuler, jardiner, se mettre en forme sur des exerciseurs urbains (je prévois aller traîner dans le coin uniquement pour cette source infinie de lol), se promener et se reposer, tout ça en tenant compte de l’avis des citoyens? C’est ici que ça se passe. On espère que cette initiative entraînera les autres arrondissements dans le droit chemin.



7. La track de chemin de fer
Saint-Henri est traversé par le chemin de fer. Ce que ça signifie? Peu importe où tu dois te rendre et combien pressé tu es, tu vas immanquablement rester pogné à attendre que le train finisse de passer. Si ça t’arrive, pogne pas les nerfs. Profite plutôt de ce moment pour te laisser bercer par le doux son du train, et pense à tes réussites, à des chatons ou des lapins, aux raisons qui font que la vie est belle… et ne pense surtout pas aux accidents ferroviaires, près comme loin. Je te l’assure, ça fait du bien.

8. Le marché Atwater
Idéalement situé, le marché Atwater est tout simplement parfait. On le reconnaît de par son superbe bâtiment art déco (que l’on doit à Ludger et Paul-Marie Lemieux, duo père-fils d’architectes ayant conçu plusieurs édifices à Saint-Henri, dont la caserne de pompiers et le Bain Saint-Henri). Un de mes moments préférés de la vie, c’est m’y rendre à vélo pour ensuite m’écraser sur le bord de l’eau et lire en mangeant un sorbet du Havre-aux-glaces. (J’y ai toutefois aussi vécu mon moment le moins préféré de la vie, soit me faire pogner aux gags Juste pour rire.) Mes seules doléances : pourquoi, mais POURQUOI fermer à 18 h le lundi-mardi-mercredi? On vit dans un quartier ouvrier, nous autres! 

9. Le canal de Lachine
Le canal, c’est l’une des choses que j’aime le plus. Comme il a longtemps été la plus grande voie maritime de la région (avant que le Saint-Laurent vienne faire son frais chié), il est responsable de l’industrialisation et de l’urbanisation de l’arrondissement. Les explorateurs européens qui voulaient tant trouver un chemin vers la Chine l’ont donc ainsi nommé (leur quête, quant à elle, a eu les résultats qu’on connaît). Je vous ferais bien un résumé de toute son histoire, mais la seule chose que j’ai retenu, c’est le LAC À LA LOUTRE. Ce lieu historique national (ben oui toi!) nous offre une piste cyclable de 15 km (dont la plus belle qualité est son absence de dénivellation), des activités nautiques (merci aux gens qui font du paddleboard pour le divertissement), plein de verdure, des tours guidés, du camping, des activités, parfois de la bouffe de rue, l’Esplanade du Centenaire... J’ai aussi vu des gens y pêcher, mais je ne vous le recommanderais pas. 

10. Son emplacement idéal
Saint-Henri est délimité par la 720 au nord, le canal de Lachine au sud, la rue Atwater à l’est et l’autoroute 15 à l’ouest, ce qui signifie qu’on peut se rendre pas mal partout en peu de temps. Envie d’aller chez Joe Beef/Liverpool House/Vin papillon/Nora Grey/Patrice Pâtisserie? 5-10 minutes vers l’est. Au centre-ville? 5 minutes (pis une pas pire côte) vers le nord. On est proche de l’eau, proche des principaux accès aux autoroutes, proche de tout le reste du Sud-Ouest, pis on peut se rendre à Hochelaga rapidement par la 720. (Toutefois, une chance qu’il n’existe aucune raison valable d’aller à Villeray pis à Saint-Léonard, parce que c’est loin.)

P.S.: Pour mieux comprendre ce qu’est mon quartier, je vous conseille le classique de cinéma-vérité À Saint-Henri le cinq septembre d’Hubert Aquin (et un peu moins la suite-hommage À Saint-Henri le 26 août, mais ça, c’est mon avis à moi), ainsi que le roman Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy, dont la maison en coin figure dans la galerie photo (je vous rassure : c’est moins plate que dans vos souvenirs de cours de français de secondaire IV.)

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http://urbania.ca/canaux/ville/4892/la-ville-de-la-semaine-saint-henriThu, 06 Mar 2014 10:26:35 ESTAnne-Marie Vennevennetasticbonheur d'occasionHubert Aquinst-henriville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/4892/la-ville-de-la-semaine-saint-henri
La ville de la semaine: BromontBromont c’est le nouveau St-Sauveur, c’est aussi un village entre le zoo de Granby et Sherbrooke et c’est surtout la Montagne de ski. C’est principalement en hiver et en été qu’il y a du mouvement par ici, mais c’est tout au long de l’année qu’on y tombe un peu plus sous le charme. Bienvenue dans MA ville!

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1- Habiter dans une montagne, c’est possible?
Commentaire pertinent dans toute première conversation: « tu fais comment pour aller chez toi? » J’entends cette phrase interrogative depuis une vingtaine d’année et je ne peux me contenir à chaque fois : je ris. C’est aussi approprié que de me demander si nous avons l’électricité. Oui, je peux prendre la voiture jusque chez moi et ce, même s’il m’est possible de dévaler la pente de ski simplement en sortant de ma maison! 

Deuxième question : « C’est ton chalet là-bas? » Soyons clairs, Bromont est une ville touristique gravitant autour d’un centre quatre-saisons, mais où il également possible d’y vivre à l’année. La seule différence, c’est que la plupart des bromontois se connaissent au moins de nom et que tout le monde connaît un potin croustillant entendu par le voisin qui le sait d’un ami qui connaît la personne en question (ouf!). Le mot d’ordre : discrétion. Parce que par ici, tout se sait, et vite. 

2- La fameuse montagne ouverte 360°
Bromont et ses sept versants où il est possible d’exploiter ses pentes dans un rayon de trois cent soixante degrés et ce, tant de jour que de soir. Si ce n’est pas impressionnant! C’est une caractéristique alléchante pour des milliers de touristes chaque année et créatrice de centaines d’emplois. En fait, Ski Bromont est un passage quasi-obligatoire pour les jeunes travailleurs. Néanmoins, pour ses habitants, c’est un peu plus que cela. C’est aussi l’endroit de prédilection pour tous les adolescents qui connaissaient par cœur les sous-bois et les recoins de leur montagne. Et oui! Tous ceux et celles qui ont vécu leur adolescence à Bromont ont commis leurs premières illégalités dans la montagne. À l’abri des regards de papa et maman et de l’autorité : nos sous-bois regorgent de souvenirs et de secrets bien gardés!

3- La Débarque
Dernièrement, on me demandait si le bar dans la station de ski existe encore. La Débarque? Très certainement. Durant la saison de ski, environ huit soirées sont au calendrier de Ski Bromont où il est possible d’y rester jusqu’à deux heures du matin, le tout accompagné des fameuses soirées au Bistro-bar. 

Que vous parliez à des bromontois âgés d’une trentaine d’années ou de ceux dans la vingtaine ; tous y associent des souvenirs mémorables. Depuis quelques années, il faut être détenteur d’un billet ou d’un abonnement pour y accéder, ce qui rend l’entrée un tout petit peu plus difficile (entre nous, ça leur donne bonne conscience, simplement). En fait, nous y sommes tous allés avant la majorité (pour ne pas dire à toutes les soirées); nous y avons tous vécu des moments embarrassants (batailles de gars, chicanes de filles, baisers non-désirés, photos compromettantes)... et plusieurs d’entre nous y avons vécu notre première descente de police. 

4- Les Désourdy
Je m’étais promise de ne pas donner de noms, mais je me dois de faire une exception. En plus d’être la famille fondatrice de Bromont, les Désourdy continuent encore aujourd’hui à occuper, tant physiquement que par leur personnalité, notre ville. C’est LA famille d’ici. Nous avons tous une amie, connaissance ou sœur qui est en couple avec quelqu’un de cette famille et ce, parfois sans le savoir. Ils ont la montagne, des terres, des restaurants, des centaines de relations et surtout, le nom! Quand on vous dit que les murs ont des oreilles… les Désourdy en ont tout autant. Ils occupent toutes les générations et continueront encore d’alimenter les potins de Bromont pour des siècles des siècles… amen!

5- Bromont c’est un peu de Granby et de Cowansville
Bien que nous ayons les épiceries, les restaurants, les magasins, la SAQ (faut pas l’oublier), notre établissement d’éducation se limite à une école primaire – qui d’ailleurs ne cesse de s’agrandir… à ce rythme, elle deviendra une ville à elle seule –. Ainsi, le parcours scolaire des bromontois se continue dans une des deux villes avoisinantes. Les adolescents d’ici sont en garde partagée : à l’extérieur la semaine et à Bromont, principalement à la montagne, la fin de semaine. Traîner dans la cafétéria, à l’Altitude ou au Club de ski : nous avons tous passé par là. Ainsi, pendant les deux saisons mortes, les parents se transforment en chauffeurs de taxi pour parcourir les quelques quarante kilomètres séparant les extrémités des villes (et c’est sans compter les habitants un peu perdus dans Sutton, Knowlton et autres villages anglophones voisins!) 

Ce qui m’amène au point six…

6- Devenir adulte à Bromont… ou avoir son permis de conduire!
Je le répète, malgré le petit nombre d’habitants, Bromont est vaste. Aller à pied jusque chez son ami n’est donc pas envisageable. Prendre le vélo? Peut-être. Considérant les pentes et routes sinueuses, moins. Nous rêvons donc du jour où nous devenons adultes : le jour où nous obtenons notre permis de conduire. Pas celui où l’accompagnement d'un adulte est encore nécessaire. 

Le vrai. 

Le principe est simple : plus il y a de voitures accumulées devant une maison, plus les personnes qui s’y trouvent sont jeunes. En vieillissant, on comprend le principe du covoiturage; à la fleur de l’âge, on préfère se pavaner dans notre véhicule pour montrer qu’on a obtenu notre permis. L’été de mes seize ans. Je ne m’en souviens pas pour ma première… mais bien pour ma liberté. En région, c’est ça qu’on fait : on se promène en auto entre les chalets et on planifie nos soirées à la Gatsby. 

7- LE taxi
Je vante Bromont et le fait qu’on peut y vivre à l’année, mais j’oublie LE détail : nous n’avons qu’un seul taxi. Ne vous imaginez pas qu’ils sont cinq chauffeurs à se le partager. Un taxi, un chauffeur. Et nous savons son numéro et où il habite. L’avantage? La fois où arrivé chez toi tu as pris conscience que tu n’avais pas d’argent ou la fois que ton chauffeur désigné a décidé de boire finalement : cet homme est devenu ton héros. Le chauffeur le plus clément sur terre, c’est lui. Et oui! Il est même possible d’aller le payer le lendemain, à court de liquidité. 

UN seul taxi peut être un fait drôle pour ceux de l’extérieur, mais c’est aussi une histoire de fin de soirée pour ses habitants. La prochaine fois que vous passez par Bromont, parlez du taxi et je vous promets les histoires les plus farfelues.

8- Nos Bars : l’ancien et le nouveau
Le Brouemont c’est la micro-brasserie qui produit la meilleure bière de la région. Il faut également s’y arrêter pour ses burgers décadents, c’est un must. C’est un endroit chaleureux, parfait pour y passer de belles soirées. Nous y allons pour tous les anniversaires (au deuxième étage), les vendredis et tous les soirs d’été. Bref, tu t’y rends avec la certitude d’y rencontrer une personne que tu connais et où tous y avons vécu des soirées bien arrosées. 

Ensuite, tu traverses la rue au Edgar Hyperlogde. Pour ceux qui viennent de la région de Montréal, c’est la version 2.0 du Edgar HyperTaverne sur l’avenue Mont-Royal. Depuis un an, il est devenu le seul bar qui est ouvert jusqu’à trois heures du matin : tout le monde s’y retrouve en fin de soirée. Quand je dis tout le monde... c’est qu’il est probable que tu y croises la mère de ton amie le vendredi soir qui se déhanche dans son plus beau haut à paillettes et que ton voisin retraité soit assis au bar.

9 - Le marché aux puces
Ce n’est pas quelque chose dont nous aimons nous vanter, mais ainsi situé à l’entrée de la ville, on ne peut le manquer. Soyons francs : il est i-m-m-e-n-s-e ! Il est ouvert six mois par année et nous y trouvons de l’usagé, du neuf, des fruits et légumes frais et même des fleurs! Je suis toujours impressionnée de voir les gens s’y diriger en troupeaux. Tous les dimanches, en matinée, les bromontois savent qu’il faut éviter d’aller dans ce coin étant donné le chaos qui y règne. Motos, roulottes, décapotables, mini-van : la file d’attente s’étend jusque dans la bretelle de l’autoroute! Et le dimanche soir, un homme et son pick-up arpentent les rues de Bromont (le soir où nous sortons les poubelles) pour faire la collecte des meubles-et-ou-accessoires en bon état qu’il rafistole durant la semaine et vend au marché le dimanche!

10 - Nos Fantômes
- À Bromont, tout le monde connaît Monsieur Buck. Tellement qu’en septembre dernier, alors qu’il rejoignait sa femme au ciel, un article de journal complet lui a été dedié. Depuis une dizaine d’années, à l’angle des rues Shefford et Compton, il passait ses journées entières, douze mois par année, beau temps mauvais temps, dehors assis sur sa chaise blanche à saluer tous les passants!

- Le Golden pub était aussi l’endroit de prédilection pour s’arrêter le temps de quelques bières depuis les vingt dernières années. C’est le bain de cacahouètes qui a forgé sa réputation… parlez-en à tous ceux et celles âgés entre 30 et 50 ans. Tous y ont fait un tour! Sa fermeture nous a donc un peu attristés. 


Bromont, c’est ma ville : c’est la ville parfaite. Et encore aujourd’hui, même si je travaille et étudie à Montréal la semaine, j’y retourne toutes les fins de semaine (d’ailleurs tous les jeunes-adultes bromontois le font). Lors d’un prochain congé, venez visiter notre ville et notre montagne, et nous rencontrer !
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http://urbania.ca/canaux/ville/4792/la-ville-de-la-semaine-bromontThu, 30 Jan 2014 13:55:24 ESTMarie-Claude Barrettemarche aux pucestaxi au singuliermontagneskibromontbrouemontville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/4792/la-ville-de-la-semaine-bromont
La ville de la semaine: CowansvilleC’est souvent comme ça que j’explique d’où je viens : en nommant deux villages deux fois plus petits que ma ville mais qui ont l’avantage d’être construits au pied d’une montagne. 

À mi-chemin entre Montréal et Sherbrooke, Cowansville est dans la région administrative de la Montérégie et dans la région touristique des Cantons de l’est. Si bien qu’on ne se sait jamais vraiment de quelle région on vient.  Bienvenue chez nous.

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1-Histoire et architecture 
En 1800, le loyaliste Jacob Ruiter est le premier homme à s’établir ici et nomme l’endroit Nelsonville. Plusieurs années plus tard, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec son égo, le marchand de poste Peter Cowan décida de donner son propre nom à la ville.  Grâce à l’architecture de l’époque, il y a donc ici du très beau… et du très laid. 
De magnifiques maisons construites par des loyalistes au 19e siècle et un quartier de blocs appartements à moitié abandonnés un peu à l’extérieur de la ville. Une église de style néogothique à côté d’un Tigre Géant. Un pont couvert construit en 1870 et un Walmart.

2-Massey-Vanier : deux écoles, une bâtisse
Pour tous les jeunes de notre région bilingue, l'École secondaire Massey-Vanier est un passage obligé. Sinon, la Massey-Vanier High School. Deux écoles secondaires dans la même bâtisse, le rêve de Trudeau et un seul grand corridor mitoyen que tu ne veux pas prendre sur l'heure du midi – surtout à l’automne 95, m’a-t-on dit. 

Pourtant, on l’a tous fait en secondaire 1. 

-Hey les gars, ce midi, on va du bord anglais.

Stressés et craintifs, en groupe de trois, on marchait pour la première fois de l’autre côté de l’école et on était certains que tout le monde nous regardait et savait qu’on était des français. On était des explorateurs.  

3- Le bois McClure – l’endroit des premières fois
Maintenant à moitié peuplé de semi-détachés – une plaie qui se répand à 100 kilomètres à la ronde de Montréal – le bois McClure est depuis des décennies le terrain de jeu des ados du coin et le lieu des afters-partys de toutes les St-Jean-Baptiste. C’est là qu’on allait tirer de la carabine à plomb et qu’on faisait des gros partys autour d’un feu. Première cigarette. Première bière. Premier joint. Et même pour les plus romantiques: première baise. Le bois McClure est incontestablement l’endroit des premières fois.

4- Le YAM
Depuis plus de 40 ans, c’est au YAM que ça se passe. Le jeudi, seulement. Le YAM est en fait l’hôtel Yamaska (Un resto, un bar et par le passé, des chambres aux étages). C’est là que nos parents ont dansé quand ils étaient jeunes : c’était à l’époque où les DJ n’avaient pas volé le job des orchestres. Parce qu’à cette époque, tu jouais pas dans un band, tu jouais dans un orchestre. 

Endroit un peu miteux, le YAM se transforme encore et toujours en club le jeudi soir. Comme tout le monde, on y a passé pas mal tous les jeudis de l’été de nos 18 ans… et même un peu plus. Au YAM, le DJ s’appelle Coucou. Il a l’âge de mon père et mixe chaque jeudi depuis maintenant 25 ans. Vous pouvez rire du YAM, mais pas de DJ Master C.

5- Textile, alcool et autres usines fermées
Il y a eu l’usine Vilas, qui a fabriqué des meubles de 1893 à 1970, maintenant à moitié démolie. La J.J. Barker, qui dégageait une forte odeur de peinture, démolie depuis peu. Et une autre usine qui a fabriqué des planches pour Burton pendant 21 ans.  Cowansville a aussi été un pôle majeur de l’industrie du textile : la première usine de soie au Canada fut la Bruck Mills. Et il y a aussi eu la Consoltex et deux usines Albany. 

Aujourd’hui, il reste de vastes terrains vagues et de grandes usines à louer. C’est dans ce genre de locaux réaffectés que la Vodka PUR et le Gin UNGAVA sont maintenant distillés. Voilà une excellente façon d’avoir un peu de Cowansville en vous !

6- En arrière du centre d’achat et autres endroits bien fréquentés
Pour faire place à la modernité, il y a quelques décennies, on a détruit une partie de la rue Principale pour y construire un centre d’achat. C’est difficile à expliquer comme ça, mais une partie du bâtiment est en dessous de la rue, mais pas complètement. Si bien qu’à Cowansville, en plein cœur du centre-ville, il y a un pont qui passe par-dessus rien. Cet endroit, couvert des intempéries, est rapidement devenu le lieu de rassemblement des jeunes. Un endroit pour fumer, boire et faire des graffitis. 

Quand on était jeune, on pouvait aller dans le bois, à la plage, à la maison des jeunes, jouer au basket à St-Léon, on pouvait même aller sauter du pont Hillcrest (qui lui est au dessus du lac, je vous rassure), mais aller « en arrière du centre d’achat », non. 

7-Petit cowboy et autres personnages
Dans une ville de 12 000 habitants, tout le monde se connait pas mal. Et les différents se font remarquer. Un homme devenu femme. Un vétéran de la guerre de Corée qui nous crie d’aller se mettre à l’abri. Une petite personne qui s’improvise agent de sécurité un peu partout. Un homme qui ramasse les mégots de cigarette et qui se vante d’avoir le don de fixer le soleil. Et Henri. 

Il marchait. Toute la journée et tous les jours. Sur la rue Sud, sur la Principale, au centre d’achat, il semblait infatigable. Vêtu de bottes de cuir, d’une paire de shorts beaucoup trop sexy pour un homme de son âge et d’un chapeau de cowboy, il marchait. Il était tout petit et les gens l’appelaient « Petit cowboy ». Je ne le connaissais pas, mais je savais qu’il s’appelait Henri. Repose en paix. 

8-La prison
Quand quelqu’un te dit : « Ah oui, j’ai un oncle qui reste dans ce coin-là. » Méfie-toi, tu parles peut-être au neveu d’un Hells. 

Ouverte en 1966, la prison de Cowansville est un établissement fédéral de sécurité moyenne, dernier niveau avant le max. Accueillant plus de 400 criminels plutôt dangereux, la prison est un des gros employeurs de la ville. Alors n’en déplaise aux amateurs de Richard Desjardins, mais se promener ici en chantant Le screw n’est peut-être pas l’idée du siècle.


9-Les indémodables K-Way 
On va s’entendre sur quelque chose : porter un sac banane, c’est pas cool. À moins bien sûr, que le sac soit en fait un superbe imperméable K-Way ! Vestige d’une époque ou on avait vraisemblablement très peur de la pluie – peut-être parce qu’elle était acide – le K-Way était parfait pour être cool et être toujours près à faire face à une fâcheuse averse. Et bien si je vous parle de ça, c’est parce que c’est à Cowansville que K-Way Canada s’est installé à la fin des années 70. Aujourd’hui, il ne reste qu’une pancarte À LOUER dans une fenêtre de l’immeuble et bien qu’on ait retiré l’enseigne, on peut toujours voir le logo délavé de K-Way sur la tôle usée par le temps. 

10- Cowansville… en rafale !
-Il fait bon de naître à Cowansville. Sans blague, notre hôpital a été le premier au Canada à recevoir l’accréditation «Ami des bébés» en 1998.
-Si quelqu’un de la ville vous invite aux Musiciens de rue, il veut dire au Festival Musique en Vue. S’il vous dit qu’il travaille à la Moore, il veut dire à la RR Donnely. Et s’il vous raconte que notre Palais de justice a déjà été dans la même bâtisse que la cour à bois du Rona… bien croyez-le.
-Le boulevard Jean-Jacques Bertrand rend hommage à l’ex-premier ministre québécois qui vivait sur la rue Principale. Vous ne le connaissiez pas ? Nous non plus. 
-En 1990, Serge Lavertu a été le premier chef d’orchestre au Québec à fonder une harmonie avec des jeunes du primaire. Fuck la flûte à bec, à 9 ans j’étais saxophoniste dans l’Harmonie cadette St-Léon !
-Ah oui, en finissant, on dit Co-wans-ville, pas Ka-wanzz-ville.

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http://urbania.ca/canaux/ville/4774/la-ville-de-la-semaine-cowansvilleThu, 23 Jan 2014 12:53:29 ESTMarc Daniska-wanzz-villebilinguismek-waycowansvilleville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/4774/la-ville-de-la-semaine-cowansville
La ville de la semaine: AhuntsicMalgré ces délimitations peu édifiantes, le quartier fait le bonheur de ses citadins qui y voient un endroit tranquille, pas encore trop touché par la connerie mensuelle du 3 ½ à 800$. Ce sont particulièrement les contrastes qui font d’Ahuntsic un fourre-tout saisissant, où les appartements crasses de Henri-Bourassa côtoient sans trop de violence les palaces à 1 million du boulevard Gouin. Aperçu de 10  trucs à connaître pour être un apprenti Ahuntsicois de prestige. 

Pour voir Ahuntsic en images, c'est par ici

1 – La confrontation tranquille entre les deux Fleury
On ne se mentira pas : Fleury est la seule rue qui a un quasi-potentiel touristique dans A-Town. Alors que le côté Est surfe encore sur sa réputation « chic » à grands renforts de magasins de cossins chers et de bistros wannabe-européens, le versant Ouest (« FLO » pour les intimes) tente de faire oublier son passé avec l’implantation de boulangeries, restos et bars branchés. On se rappelle qu’il y a à peine cinq ans, ce coin carburait aux magasins douteux et insalubres, comme le Marché en or qui vendait à la fois de la viande et des valises. 

2 – Le parc Ahuntsic : baseball et drogues
Voilà un parc multidisciplinaire qui se déguste en tout temps. L’hiver, on peut solidement slider sur la colline glacée et se pêter le dos sur un arbre, tandis que l’été, on peut perdre un après-midi à manger des roteux en regardant des équipes dont on se câlice jouer au baseball. Ce n’est pas tout : on peut aussi se baigner dans l’étang avec les mouettes et trouver des substances de piètre qualité au skate park, et ce, même si le poste de police est était juste en face.

3 – Jo, l’ultime homme de fer des dépanneurs québécois
Jo est une figure mythique du quartier. Dans le coin, tout le monde le connaît. Propriétaire du Marché Legendre, il y travaille 135 heures par semaine depuis la mort de son père, qui avait acquis l’établissement au tournant des années 1960. Le SEUL congé qu’il a pris, il s’en rappelle, c’était le 6 janvier 1993 5 janvier 1994 quand il est allé voir les Canadiens de Montréal jouer contre les Nordiques de Québec… à Phoenix. « Les Nordiques étaient supposés déménager là-bas, se rappelle-t-il. Je ne serais plus capable de partir comme ça. Le dépanneur, c’est mon habitude, ma routine. »

4 – Les tavernes VS les bars à la mode
Ça a pris du temps pour que #lesgens du quartier trouvent une alternative aux vieilles tavernes pour partir sur la brosse. À l’époque, t’avais deux choix pour passer une soirée de breuvages entre mineurs : le Bar Salon (B.S. pour les intimes) ou le Tonneau d’or (judicieusement situé en face d’un poste de police). Il y avait aussi le somptueux Colors, mais je ne connais personne qui est allé là après y avoir réfléchi plus de sept secondes. Maintenant, la gente ahuntsicoise a plusieurs choix branchés pour satisfaire sa soif : le 132 bar vintage (et ses gentils cocktails artisanaux),  les Incorruptibles (resto bistro tapas correct) et le déjà légendaire Überbar Cafbar, un nouveau classique pour piliers de bars 18-35 ans.

5 – Le quartier industriel / The Dark Side of the Marché Central
Pas besoin d’aller à Detroit pour voir une ville fantôme à moitié abandonnée : l’axe Chabanel-Meilleur de l’autre côté du Marché Central fait la job en masse. Heureusement, vous retrouverez le goût de vivre à la vue de certains magasins de linge renommés comme Pudding Jeans, Cream Soda, Aladin en gros, Place de la mode et le très délicat Dépôt de entrepôt. C’est également le meilleur endroit pour aller vider des quilles entre chums sur des toits d’usine en profitant d’une vue imprenable sur le Tim Hortons du boulevard Saint-Laurent. Avis aux intéressés : c’est à 5 minutes à pied du Solid Gold aka la meilleure place du quartier pour se faire péter la yeule par un doorman.

6 – La rivière des Prairies aka STEP YOUR KNOWLEDGE GAME UP 
Ahuntsic était le surnom que les Hurons avaient donné à un Français qui accompagnait le père Nicolas Viel dans ses missions. Il trouva la mort dans la partie de la rivière des Prairies désormais nommée Sault-au-Récollet avec son mentor en 1625. Sans vous cacher que cette formulation est copiée telle quelle de Wikipédia, je peux vous assurer que le détour à l’extrême nord-est du quartier en vaut la peine. À l’endroit pas mal précis de la tragédie de notre héros noyé se trouve le Parc-nature de l’Île-de-la-Visitation, un grand espace vert génial où cohabitent des bonnes femmes qui font du ski de fond l’hiver et des grosses familles indiennes sur le party pendant 16-17 heures en ligne l’été.

7 – Le boisé Saint-Sulpice, la rencontre entre deux mondes opposés
Finir sa soirée dans le boisé Saint-Sulpice (ou sur un quelconque toit du Cégep Ahuntsic juste à côté) est signe d’une soirée qui a mal viré. C’est toujours l’expédition de trop qu’on regrette le lendemain matin, en regardant ses jambes scratchées à cause d’une game de vérités ou conséquences un peu trop hard (true story). Reste que pour la période transitoire, entre 5 et 6 heures AM, ça vaut la peine d’y rester pour voir des génies matinaux courir avec détermination en promenant leur(s) pitou(s).

8 – Le centre d’achats de marde en face du Adonis
Tous les pires magasins se sont passés le mot pour se rassembler dans cet immense couloir sans envergure, situé coin Sauvé et Acadie, à la frontière de Ville Saint-Laurent. Aucun mot ne pourrait décrire avec justesse l’état de morosité qui nous envahit lorsqu’on entre, la tête baissée, dans cette morne oubliette. En passant, je fais partie de ceux qui haïssent le magasin Bedo pour aucune raison.

9 – Le langage hybride 
Sans dire que les Ahuntsicois ont un accent ou une langue propre à eux, on peut assurer qu’ils sont substantiellement influencés par leurs voisins. Le penchant anglophone des citadins de Ville Saint-Laurent et Cartierville, combiné au métissage linguistique de Montréal-Nord et Saint-Michel, donne à Ahuntsic des outils pour triturer avec ingéniosité la langue québécoise. Pas étonnant, donc, que des figures importantes d’un langage hybride renouvelé comme Robert Charlebois, Daniel Boucher et Loud & Lary aient passé une bonne période de leur vie dans le quartier. Je ne sais pas en quoi ça peut appuyer mon point, mais Martin Deschamps a fait ses études en graphisme au Cégep Ahuntsic.

10 – AHUNTSICRÉSISTANCE#
L’héritage Maurice Richard (qui habitait tout proche de la rivière, sur Péloquin) pèse lourd dans la balance ici. On dirait que rien ne peut venir troubler le quotidien des résistants ahuntsicois : aucune mode passagère, ni vague orange, ni hausse catastrophique des loyers, comme si la 40 venait tout bloquer pour nous laisser vivre dans notre cocon. AHUNTSICRÉSISTANCE# everyday, le seul quartier qui abrite, à une distance de deux coins de rue, un Rino Pizzeria et un Roni Pizza. 332-1-332, si t’avais oublié le numéro bro.
 

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http://urbania.ca/canaux/ville/4758/la-ville-de-la-semaine-ahuntsicThu, 16 Jan 2014 11:45:42 ESTOlivier Boisvert-Magnenhaïr le magasin Bedojohn sept-grainshuronsquartier industrielrivière des prairiesahuntsicville de la semaineville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/4758/la-ville-de-la-semaine-ahuntsic
La ville de la semaine: VerdunIl n’y a pas les termes « nouveau-plateau » ni « ancien-hochelag » qui s’y rattachent : c’est Verdun, tout court. Une ville qui ne cesse d’évoluer, et ce pour le mieux, mais créant des écarts sociaux de plus en plus grands; les riches côtoient les pauvres.  Auparavant nommé la « capitale du bien-être social », l’arrondissement en séduit désormais plusieurs et les condos s’y développent à vue d’œil.

Pour voir Verdun en images, c'est par ici

1. Tout est swell sur La Well
La rue Wellington se transforme l’été en vente-trottoir, le printemps en érablière et l’hiver en quartier de Noël. Une rue sur laquelle automobiles, cyclistes, skateurs, motocyclistes et triporteurs recouverts circulent sans problème. Depuis 1997, la société de développement commercial Wellington, un OBNL, veille à mousser cette artère à fort potentiel. Cette dernière est merveilleusement active sur les réseaux sociaux tout en contribuant au dynamisme économique de la ville. C’est aux abords de cette rue que restaurants, épiceries fines, cafés et librairies forment une agglomération telle moules sur corde. La fameuse Église patrimoniale représente le cœur de la Wellington; on ne peut la manquer.  

2. Le quartier général  
On se croirait au Boxing Day à l’année au Dollorama du 4041 rue Wellington. La file d’attente parcourt l’allée des plats en plastique et les clients se bousculent pour se procurer des biens. De nombreux quêteux se regroupent à l’entrée sous la trame « avez-vous deux dollawes? ». À croire que plusieurs se sont procurés le livre  « Survivre avec une poignée de change » et effectuent la fameuse diète trois ans au Dollorama. On dénote aussi une effervescence autour de la Fripe-Prix Renaissance et du Tim Hortons (c’est tout le temps plein et ça jacasse). 

3. Le fleuve
L’aspect paradisiaque de cette ville est certainement cette vue imprenable sur le fleuve. Avec une promenade piétonne qui longe le fleuve, tout est en place pour une marche de santé en fin de soirée ou bien un jogging matinal. Le smog du matin est à couper le souffle et le soleil couchant l’égalise de près. Le midi, travailleurs et travailleuses forment un réel club de marche rapide; un lieu de prédilection pour se changer les idées au milieu de la journée de travail. En empruntant cette piste cyclable, on peut se rendre partout, vraiment partout. Direction Ouest, on visite Lachine; direction Est, on va flâner à l’Île-des-Sœurs. Le Crescendo est le restaurant de prédilection sur le bord du fleuve et déborde lors des brunchs du dimanche. 

4. Le réseau de restaurateurs
Hé oui, y’a toujours un p’tit nouveau qui s’installe à Verdun. Les restaurants ont tous leurs touches et semblent collaborer entres eux pour créer une synergie autour de la bonne bouffe. Les adresses qu’on adore : le Tripes & Caviar, la Station W et le Blackstrap BBQ. Le p’tit dernier, la Station W, est un café simple et accueillant ayant la formule café & Grilled-Cheese bien implantée. Les propriétaires semblent penser à tout pour combler parfaitement leur clientèle et l’achalandage en témoigne du succès : bravo. Le Tripes & Caviar, également nommée le Castle, est le pignon sur rue d’un food club cuisinant les abats. Les soirées sont toujours enflammées au Castel lors des évènements (soirée lors de laquelle les montres et les cellulaires sont confisqués). Nommons aussi le fameux dessert à la Pollock ou le cochon dans la crèche; de quoi en impressionner plusieurs. On se déplace au Blackstrap BBQ pour une dose de grill servi dans un plat en inox et dégusté à la table communautaire. Ces restaurants sont représentatifs du nouveau courant qu’a pris la ville mais il ne faut point oublier les autres excellentes adresses telles le Wellington, le Baobab, le Piquillo, la Nu Art café ainsi que le Garage. Chose certaine; il y en a pour tous les goûts : passant du stand à patates au restaurant distingué et branché. 

5. Un panier d’épicerie comblé 
En trois marchés, on a un panier d’épicerie diversifié et vraiment pas cher.  Premier arrêt : la fruiterie Vert Pomme. C’est un véritable paradis pour les frugivores et végétariens de ce quartier. Avec des bananes qui tombent à 0.29$/lb en été, ça en fait déplacer une trolée. L’endroit est petit mais bien garni. Un p’tit clin d’œil à la caissière qui réussit toujours à mettre un peu de bonheur lors de votre passage; « t’es bien sympathique toi ».  Second arrêt : Copette & Cie. Sous ce nom mignon et cette façade turquoise, on y sert fromages, charcuteries, pains et viennoiseries. L’endroit s’inspire du modèle d’affaires de Costco pour vous faire goûter leurs délices (juste pour ça, le détour en vaut la peine). Un arrêt chez Copette en vous dirigeant vers le fleuve et hop le panier de pique-nique n’aura jamais été aussi gourmet. Et finalement, le dernier et non le moindre : le marché Inter-Asia. Oui, ça pue! Mais l’odeur se fait détrôner par les produits qui sont donnés (quand même, on peut s’y procurer des méduses). En plus d’être la place pour acheter du kale, du poisson et tout pour faire de la soupe tonkinoise, cette épicerie asiatique offre de bons produits frais pour quelques sous. 

6. Des citoyens sur roues 
Délimitée par deux pistes cyclables (une longeant le canal, l’autre le fleuve), Verdun est une ville cycliste. La bicyclette est certainement le moyen de transport le plus utilisé puisqu’elle y est facilement accessible. Quelques coups de pédales et on se retrouve en plein centre-ville, sans trafic ni lumière rouge; formidable! Le panorama est à rêver quand on circule sur la piste cyclable du fleuve; une ambiance apaisante. Le Bénélux a également une bière à l’effigie de cette forte tendance, La Vélo (ce n’est pas surprenant, compte tenu du grand nombre de bicyclettes stationnées à l’entrée de l’ancienne banque). 

7. La quasi-fin du « régime sec »  
En 1875, le conseil municipal d’antan de Verdun a voté une réglementation sur la vente et l’exposition de vins et de spiritueux divers qui a par la suite introduit le « régime sec ». Une réglementation en vigueur jusqu’a la fusion de la ville avec Montréal en 2002. C’est donc en mai 2013 que le Benelux ouvrit avec un permis exclusif de vendre la bière que cette dernière brasse. Cette brasserie artisanale occupe l’édifice d’une ancienne banque rappelant des souvenirs à plusieurs clients verdunois qui discutent autour du feu de camp de l’immense terrasse arrière. Cheers à la Tempérance! Cette loi qui est maintenant le nom d’une bière. 

8. Un code vestimentaire farfelu
Je n’ai jamais vu tant de personnes en robe de chambre et en pantoufles sur leur balcon à deux heures de l’après-midi.  C’est fréquent de voir une voisine aller porter son enfant à l’arrêt d’autobus en jaquette ou un homme allant chercher du lait au dépanneur en boxer et pantoufles. À croire qu’un pyjama party se déroule en permanence à Verdun. Peut-être sont-ils travailleurs autonomes ou bien de grands dormeurs? Chose certaine, le stress est peu ressenti au fil des rues se prolongeant vers le fleuve.    

9. La proximité du Canal Lachine et du Marché Atwater 
Environnant les quartiers St-Henri et Pointe-St-Charles, le Canal Lachine et le Marché Atwater sont voisins. St-Henri, on va se le dire, on l’aime à Verdun. C’est l’amour entres quartiers qui crée cette dynamique. On aime peut-être moins Griffintown par contre, mais bon, c’est ça la ville-condos (voir le graffiti sous l’autoroute 20). Pouvoir se rendre à pieds au Marché Atwater pour acheter ses fines herbes en été ou bien son sapin en hiver; c’est un réel bonheur. Et quand le fleuve nous plonge trop dans un univers rural, on monte vers le canal Lachine où pédalos et food trucks y défilent. 

10. Propageons le #VerdunLuv 
Terme créé par Murphy Cooper (Le Détesteur), ce mot représente parfaitement l’amour dont témoigne tout verdunois et verdunoise à ce quartier; un amour qui ne flashe pas trop. On l’aime Verdun et on ne se sent pas obligé de le crier sur tous les toits de la Well parce que pour comprendre, ils n’ont qu’à venir s’y installer! Habiter à Verdun c’est aussi se faire dire que c’est loin par les habitants  du Plateau ou d’Hochelaga, mais avec 3 stations de métro et un autobus de nuit miraculeux et bien sûr les pistes cyclables, Verdun est une ville près de tout, tout en étant éloignée de l’action parfois pas reposante du centre urbain. 

Montréalais et Montréalaises, partez à la découverte de « Verdin ».  

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http://urbania.ca/canaux/ville/4739/la-ville-de-la-semaine-verdunThu, 09 Jan 2014 13:26:05 ESTMaude Bourcier-Bouchardvente trottoirmontrealville de la semainewellingtonverdunville de la semainehttp://urbania.ca/canaux/ville/4739/la-ville-de-la-semaine-verdun
La ville de la semaine: le village du père Noël(Pour voir le village du père Noël en images, c'est par ici.)

Le pôle Nord, c’est loin. C’est rempli de neige, il fait froid et ça prend trois épaisseurs de manteau Canada Goose pour être certain de ne pas se geler les artères. Mais une fois qu’on a trouvé le village du père Noël, dissimulé entre les dunes blanches, notre coeur ne peut qu’être réchauffé. Qui ne serait pas heureux à l’idée de boire une bière avec des LUTINS?

1- Se réchauffer au bar le St-Traineau
Les Montréalais connaissent bien les classiques comme le St-Bock, mais le pôle Nord est le lieu résidence du mythique St-Traineau, le lieu de prédilection des lutins après une dure semaine de labeur. Tu peux t’asseoir au bar et jaser avec Sylvie, la fille de mère Noël (oui, elle est célibataire), ou te déplacer à l’étage pour danser au son des platines du très peu célèbre DJ Slick Renne. La rumeur veut que le père Noël lui-même aurait déjà bouché la toilette des hommes après avoir bu trop rapidement son habituel gin tonic. Une ambiance digne des bonnes vieilles années du défunt Loft, qui trônait coin St-Laurent et Ste-Catherine, à Montréal.

2- La météo
Si vous trouvez qu’il fait froid, au Québec, venez faire un tour au Nord. Le vrai Nord. Le jour, en hiver, la température est trop froide pour que n’importe quel thermomètre accepte de se présenter au travail. Malgré ce froid plus que glacial, il ne neige pratiquement jamais. Alors il fait beau, tout le temps, matin, midi, soir et la nuit. C’est parfait pour inviter la fille de tes rêves à marcher sous le clair de lune, à condition de porter une suit de ski digne des meilleurs laboratoires militaires canadiens, des lunettes pour éviter que tes yeux gèlent et une bonne paire de bottes Sorel.

3- Les lutins

On a tous joué avec des petits gnomes aux cheveux longs quand on était jeunes. Moi, je volais ceux de ma soeur pour m’en servir comme victime pour mes Transformers et autres G.I. Joe. Eh bien, devinez quoi : les vrais lutins du père Noël ne ressemblent EN RIEN à ces jouets farfelus inventés par je-ne-sais-qui. En fait, on dirait bien plus des Hobbits, les pieds poilus en moins. Ils sont relativement sympathiques, mais toujours trop concentrés dans leur travail. Ça ne doit pas être facile de gérer toute cette sous-traitance de fabrication de jouets à des entreprises asiatiques qui exploitent des petits enfants.

4- La faune et la flore
Détrompez-vous : au pôle Nord, on retrouve une très grande variété de plantes et d’animaux. Par exemple, de nombreuses variations de lichen poussent au travers toutes cette accumulation de neige digne d’un passage de déneigeuse montréalaise. On en retrouve de toutes les couleurs : gris, vert, vert-gris, vert plus pâle, vert très foncé... C’est d’ailleurs la principale alimentation des rennes qui, on le sait, servent à faire voler le traîneau du Père Noël. Ceux-ci sont élevés et entraînés dès le plus jeune âge pour accomplir cette périlleuse tâche. Imaginez une équipe de recrutement et une formation digne des méchants dans Batman Begins, mais pour des rennes.

5- L’état des routes
Parce qu’il ne neige pratiquement jamais, les routes du village du père Noël sont toujours parfaitement circulables. On est loin de Montréal et de son système de déneigement à quatre niveaux, où la ville se partage les tâches avec les arrondissements, ce qui donne des résultats parfois minables pour les automobilistes et les cyclistes hivernaux. J’imagine que l’administration municipale du père Noël est plus efficace que celle de Denis Coderre...

6- Le trafic
Grâce au point numéro 5, la circulation est toujours fluide sur les routes du village du Père Noël. Tu peux quitter ton (très peu cher d’ailleurs) bungalow cinq minutes avant le début de ton shift et arriver juste à temps pour éviter de te faire chicaner par le patron.
Parce que la population est constituée en grande partie de lutins, les petites Smart sont reines sur les routes de ce village. Il y a bien sûr la limousine rouge du père Noël qui ne passe jamais inaperçu, ainsi que le Hummer de son frère, mais la plupart du temps, les petites voitures peuvent être vues partout dans le village. Ça fait différent de Laval...

7- Le magasin général Le lutin de fer

Que tu sois à la recherche de shampoing, de tranches de bacon ou d’une ampoule incandescente 80 watts, tu peux trouver tout ça au magasin général Le lutin de fer. Administré depuis des décennies par la famille de lutins Pouneault, ce genre de Wal-Mart nordique agit comme le centre commercial du village du père Noël. Tu peux y faire tes achats, en plus d’y retrouver à peu près tous les citoyens du village le dimanche après-midi. Ce n’est pas comme si les lutins allaient à l’église le dimanche matin...

8- La SAQ Sélection
La SAQ Sélection du village du Père Noël est la seule, dans le monde, qui existe hors Québec. Et on comprend pourquoi : les lutins sont parmi les plus grands consommateurs d’alcool au monde*! À peu près toutes les variétés de scotch, gin, vodka et rhum y sont vendues, en plus d’une pas pire sélection de vins. Étant donné que les dépanneurs se font rares et que les habitants n’osent généralement pas sortir lorsqu’il fait -1000° pour acheter de la bière, on peut y trouver beaucoup de caisses de bière aussi.

*Cette statistique existe, mais ne se trouve nulle part dans la grande toile qu’est l’internet.

9- La bibliothèque
Vous pensiez que la Grande Bibliothèque de Montréal était massive? La bibliothèque du village du père Noël, cachée sous terre, a de quoi rendre jalouse la bibliothèque du Vatican. Qui croyez-vous passe son temps à concevoir les plans pour TOUS LES JOUETS DES ENFANTS AU MONDE? Les lutins ingénieurs du père Noël, évidemment. Et en bons archivistes, ils conservent tous les plans de leurs bébelles dans cette géante bibliothèque.

10- Le bonheur et l’allégresse
Le village du père Noël est l’endroit avec le plus haut taux de bonheur indexé au monde (selon leurs propres statistiques). On ne sait pas ce que ça veut dire, mais il est vrai que personne ne semble triste dans ce petit village. Ça pue le bonheur et tout le monde est accueillant. Et ce, même s’il fait -65° au soleil dehors.]]>
http://urbania.ca/canaux/ville/4721/la-ville-de-la-semaine-le-village-du-pere-noelThu, 19 Dec 2013 15:05:29 ESTUrbania village du père noëlpère noëltemps des fêtesneigefroidlolville de la semainenoëlreportagehttp://urbania.ca/canaux/ville/4721/la-ville-de-la-semaine-le-village-du-pere-noel
La ville de la semaine: Hochelaga-MaisonneuvePour voir Hochelaga-Maisonneuve en images, c'est par ici.

Pour que vous compreniez bien c’est quoi Hochelag, on va commencer par délimiter le territoire : la limite ouest, c’est le viaduc à côté de la rue Moreau (après ça, genre sur d’Iberville, t’habites dans centre-sud. Assume.) La limite nord, c’est à peu près la rue Sherbrooke. La limite sud, c’est le fleuve, pis la limite est, c’est la rue Viau. En dehors de ce quadrilatère, t’es off limits du vrai Hochelaga-Maisonneuve. Pis si le quartier fait souvent les nouvelles à cause de son embourgeoisement et de ses conséquences, il est un petit bijou caché pour tous ceux qui veulent autre chose qu’un quartier hype, mais vide (sorry le Plateau).

1- Le feel industriel
Hochelaga-Maisonneuve est un ancien quartier ouvrier qui a gardé sa vibe industrielle. Même si de trop nombreuses usines abandonnées ont été converties en condos, il en reste encore beaucoup. Ça donne une atmosphère très terre à terre au quartier. On a encore l’impression de vivre dans le Hochelaga d’il y a quelques décennies (je dis ça sans y avoir habité, mais j’imagine que). En même temps, la rue Ontario me rappelle mon Rouyn-Noranda natal, tout autant industriel grâce à l’immense fonderie au centre de la ville.

2- Le Stade...
... Saputo. Évidemment, tout le monde, sauf les touristes, se fout du Stade olympique. Et contrairement au Centre Bell, qui habite un centre-ville sans âme regorgeant de riches personnes ne vivant même pas dans le quartier, le Stade Saputo s’érige en domicile pour l’Impact de Montréal en plein centre d’un quartier résidentiel. Rien de mieux pour booster le sentiment d’appartenance des partisans locaux. Sans vouloir rien enlever aux fans du CH, l’ambiance dans le Centre Bell ne vaut rien comparé à la puissance des chants de la section 132, qui gueule ses « Nous sommes Montréalais » comme s’il n’y avait pas de lendemain, en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve.

3- La place Valois

Symbole au coeur de la controverse d’embourgeoisement du quartier, la place Valois a pourtant été le lieu de rassemblements de tous les contingents militants durant les manifestations du Printemps Érable. Chaque soir, les centaines de marcheurs issus du quartier se rassemblaient dans le square en face du Arhoma pis de la saucisserie Williams J. Walter pour prendre possession de la rue Ontario, jusqu’à la place Émilie-Gamelin. Mais, ironiquement, avec ses condos, restos et boutiques plus haut de gamme que le reste du quartier, c’est aussi un lieu honni des forces de gauche du quartier. Mais bon, on en n’est pas à une contradiction près.

4- Boire
Oublie immédiatement ta traditionnelle tournée des bars sur l’avenue Mont-Royal. Si tu veux brosser, viens dans Hochelaga. Tu démarres coin Ontario et Pie-X, tu marches vers l’ouest jusqu’à la rue St-Germain, t’es assuré de marcher croche après ça. Si tu veux brosser en crisse, tu peux même continuer jusque dans centre-sud, mais je ne suis pas responsable de vos dégâts.
Bars cools et branchés : Mr. Smith, GDB, l’Espace Public.
Bars cheaps mais dignes de mention : Le Davidson, Bar les Patriotes, Bar chez Françoise.

5- Manger
Parallèlement à l’alcool, il existe de très bons endroits dans Hochelaga pour bien, ou mal, manger. Tu pensais qu’il n’existait aucune gastronomie à l’est du Lafleur proche du métro Frontenac? Ouvre-toi les yeux avec ces endroits essentiels.
Bons restos : Le Valois, Le Chasseur, Les Canailles, La Cervoise, le Bistro In Vivo, le Sata Sushi. Il y a aussi le Arhoma et ses GODDAMN de bons croissants, mais c’est pas vraiment un restaurant.
Resto fasts, mais digne de mention : Le Miami, La Pataterie.

6- La proximité
Contrairement à Tétreaultville, qui loge loin dans l’est et se voit être voisine des raffineries de pétrole, Hochelaga-Maisonneuve est à proximité d’à peu près tous les lieux dignes de mention. Si pour une quelconque raison tu voudrais aller sur le Plateau, la 97 démarre sa course à la station Pie-IX et te débarque directement devant le St-Sacrament. Et la 29, malgré ses nombreux retards, rend accessibles le parc Lafontaine et la Banquise en un rien de temps. Le centre-ville? Même pas besoin de changer de ligne de métro. L’Oratoire Saint-Joseph? Bah là, who cares anyway?

7- Les Lofts Moreau #FREELESLOFTSMOREAU

Le quartier est rendu moins intéressant depuis que la police a violemment expulsé les artistes qui logeaient dans les lofts Moreau en septembre dernier. Pas cool Montréal, pas cool du tout. Ça a assommé une partie de la communauté culturelle du quartier, mais celle-ci va survivre.

Ah et, Montréal : tu ne peux pas te vanter d’être une ville culturelle et simplement te baser sur ton Quartier des spectacles très corpo et faire la vie dure aux artistes créatifs qui crèvent de faim dans tes quartiers populaires. Sinon, tu vas devenir une ville de show business et ça, ça serait méchamment décevant.

8- Le haut-Hochelag’
Au nord de la rue Ontario se trouve le haut-Hochelaga. Là, on y trouve surtout des appartements. Beaucoup d’appartements. C’est comme la banlieue du quartier. Si t’as la chance d’avoir un trois et demi juste en haut de la pente qui mène à la rue Sherbrooke, t’as une tabarnak de belle vue sur le bas-Hochelag’, pis par le fait même sur Longueuil. Tu peux même spotter le mont St-Hilaire au loin. Pendant la grève étudiante de 2012, on pouvait entendre les échos des casseroles résonner partout dans le quartier du haut de la côte.

9- Le bas-Hochelag’

Ici, il y a aussi beaucoup d’appartements, mais c’est le coin qui a le plus gardé son humeur industrielle. Il faut dire que la rue Notre-Dame et la proximité avec le Port de Montréal contribuent largement à faire régner une ambiance de fumée d’usine dans le coin. Au sud d’Ontario, c’est aussi le coin le plus trash d’Hochelaga-Maisonneuve, peut-être même de Montréal. Du moins, il est facilement dans le top 5. Si le cachet trop propre du Plateau te gosse, viens t’installer sur Sainte-Catherine entre Préfontaine et Darling. Tu en auras pour ton argent.

10- T’y sentir chez toi

Hochelaga-Maisonneuve n’est pas le quartier le plus accessible pour les nouveaux arrivants. C’est moins cool que le Mile-End et plus cher que centre-sud. Le coin a une réputation de marde et, même si ça change tranquillement, ça reste un quadrilatère ouvrier qui regorge de problèmes sociaux. Mais quand tu acceptes qu’il y a autre chose que des bars branchés et des magasins qui vendent des sacoches à 300$ dans la vie, tu peux docilement construire ton nid entre Préfontaine et Viau.

Pis avis à tous : non, Hochelaga-Maisonneuve n’est pas « le nouveau Plateau ». Il est bien plus que ça.

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Des fois je parle d'Hochelaga sur Twitter en plus : @olivier_morneau]]>
http://urbania.ca/canaux/ville/4703/la-ville-de-la-semaine-hochelaga-maisonneuveThu, 12 Dec 2013 14:30:53 ESTOlivier Morneaureportageville de la semainemontrealHochelaga-Maisonneuvehochelagaindustrielquartierlejeu#http://urbania.ca/canaux/ville/4703/la-ville-de-la-semaine-hochelaga-maisonneuve
La ville de la semaine: Grande-ValléePour voir Grande-Vallée en images, cliquez ici.

Grande-Vallée est une lumière au bout d’un tunnel de dix-huit kilomètres de côtes sinueuses et de courbes périlleuses. On y retrouve des paysages, mais surtout des personnages, hauts en couleur qui vivent en parfaite harmonie avec l’abondance qui les entoure.

1- Le pont Galipeault

Véritable point focal d’attention touristique pour les gens de passage à Grande-Vallée, le pont Galipeault est l’un des derniers ponts couverts gaspésiens où la circulation automobile est toujours permise. On s’y rend pour une petite ballade de dimanche après-midi bien soft en auto, une marche à l’air frais d’automne, ou pour frencher le soir bien tard à l’abri de tous les regards – ou presque. À Grande-Vallée, il y a des yeux partout. Joke, pas joke.

2- Le quai

On y retrouve en saison : du maquereau, des Asiatiques qui se battent pour des crapets-soleils, des graffitis disgracieux, des « œuvres d’art » sur les rochers, des génies qui sautent à l’eau le 1er avril, une rangée d’autos de jeunes qui viennent d’avoir leur permis probatoire, un ou deux bateaux amarrés et un tas de trucs super illicites. Ha et une fois on a vu un requin.  

3- Les quartiers

Impossible, je vous entends dire, d’établir des quartiers dans un village qui s’étend sur un peu plus de cinq kilomètres d’ouest en est. Erreur! L’origine de la provenance est un facteur déterminant dans l’identité territoriale grande-valléenne; selon le contexte, vous pourrez l’utiliser comme étendard de fierté, ou comme insulte contre quelqu’un qui ne vient pas du même quartier que le vôtre. Faisons le tour de la carte pour en comprendre les subtilités. Partant du centre du village, qu’on appelle simplement Village ou Mer, direction l’est en faisant un détour dans la rue de la Rivière pour ce qu’on appelle la Colonie. Les colonies ont été développées pendant la crise économique de 1929 où les arrière-pays ont été défrichés afin de créer de l’emploi. À Grande-Vallée, plusieurs familles s’y sont installées et y vivent d’ailleurs encore. Fait intéressant : si vous longez toute la Colonie en continuant tout droit sans ne jamais arrêter, surprise! Vous êtes rendus à Murdochville. De retour au village, en continuant vers l’est, vous traverserez l’Anse-à-Collin, où les couchers de soleil sont à couper le souffle. Au bout de votre périple vous attend l’Anse-à-Mercier où se succèdent boucanières (petits cabanons en bois où jadis étaient fumés les poissons) et chaloupes à la peinture défraîchie.

4- L’accent

Les étés durant lesquels j’ai travaillé au bureau d’accueil touristique, on me répétait : « C’est drôle! Tu n’as pas d’accent! » Ne vous méprenez pas. Non, nous n’avons pas d’accent acadien à la Kevin Parent. Cela ne nous empêche toutefois pas d’avoir une façon bien à nous de prononcer certaines syllabes. La plus courante? Les « er » et les « re » qui deviennent des « ar ». Ainsi donc, l’Anse-à-Mercier est en réalité l’Anse-à-Marcier. On ne remercie pas, on armarcie. On ne regarde pas, on argarde. On ne revient pas, on arvient. On ne retourne pas, on artourne. On n’a pas rien, on a ardjien. Que dire de varte, pardre, couvarte, ouvarte? Sans oublier le patronyme classique grande-valléen : Ep’pè. Littéralement : papa.

5- La fierté

Beaucoup de gens à Grande-Vallée ont l’obsession du paraître, de l’image. Au Village, les gazons sont tondus, les galeries peinturées, les chaussées asphaltées sont plus noires que noires, les pick-ups à 50 000$ brillent de mille feux. Dans les villages aux alentours, c’est une source de moquerie. Comment savoir qu’une patiente admise à l’hôpital à Gaspé vient de Grande-Vallée? Elle est maquillée, coiffée, parfumée et elle a pris le temps de mettre ses bijoux. On nous surnomme Les chromées de Grande-Vallée!

6- Le belvédère
Porte d’entrée du village, le belvédère offre un panorama extraordinaire, hiver comme été, jour comme nuit, sur Grande-Vallée. Prenez-y des photos, lunchez sur les tables à pique-nique ou joignez-vous au mouvement populaire et brulez-y vos pneus d’auto. C’est à la discrétion de chacun.

7- Les noms et noms de famille

Vous n’êtes pas Jean. Vous êtes Jean à Paul, à Roger. Cela s’applique même aux commerces. Il y a deux épiceries à Grande-Vallée : chez Jean-Pierre et chez Marcel. Il y a une station-service : chez Pierre à Paulo. Le propriétaire du bar-billard a compris l’astuce : son commerce s’appelle Chez Norm. Et pourtant, on dit qu’on s’en va au billard…

8-  Le moulin

L’exploitation forestière est au centre de l’économie grande-valléenne. Par conséquent, au moins une personne dans votre entourage travaille, a travaillé ou travaillera à la scierie du village. À ce qu’on dit, et bien que ce soit strictement interdit, la cour du moulin s’avère être un vrai petit bijou lorsque vient temps de faire du « drift » dans la première neige folle de l’hiver.

9- Le CLSC

On vient de loin pour avoir accès aux services de soins qui sont prodigués au CLSC de Grande-Vallée. Considérant le temps d’attente invraisemblable dans les hôpitaux québécois, on comprend les gens d’accepter de faire 45 minutes d’auto pour avoir un diagnostic dans des délais raisonnables. Si jamais une urgence arrivait pendant que vous attendez parce que vous vous êtes foulé un doigt, on vous avertira même de revenir plus tard parce que le médecin n’est pas disponible présentement. Pas de doute que la communauté s’est mobilisée pour empêcher le gouvernement d’y imposer d’importantes coupures.

10- Les ragots

Les potins, les rumeurs, le placotage en bons termes de chez nous. Nous y prenons un malin plaisir. Mourez à 10 h, le « bedo » sonnera les cloches à 10 h 05. On dit qu’il n’y a rien de plus rapide que la vitesse de la lumière… Erreur! La vitesse à laquelle une rumeur court à Grande-Vallée l’excède sans contredit – et de beaucoup. Peu de gens semblent réaliser, pourtant, que s’ils parlent des autres, les autres parlent aussi d’eux. C’est pourquoi ils sont si choqués lorsqu’ils réalisent qu’on colporte à leur sujet. Petit conseil? Si vous ne voulez pas que ça se sache, ne le faites pas.]]>
http://urbania.ca/canaux/ville/4688/la-ville-de-la-semaine-grande-valleeThu, 05 Dec 2013 14:42:11 ESTMaélie Bernatchez Dufresnequebecle pont galipeaultgrande-valléegaspésiereportagehttp://urbania.ca/canaux/ville/4688/la-ville-de-la-semaine-grande-vallee
La ville de la semaine: TétreaultvillePour voir Tétreaultville en image, c'est par ici.

Le Far-Est. T-Town. Le East-Side. Voyez, la dernière station à droite sur la carte de métro, Honoré-Beaugrand? C’est là. Juste de l’autre côté de la 25. J’ai dû répéter ça au moins 100 fois juste dans la dernière année, toujours empreint de ce mélange d’agacement et de fierté. Tétreaultville est une ville très éclectique pour son menu territoire; surtout que depuis 1910, c’est plutôt un quartier. Un quartier à la fois underground et underdog, qu’on apprend à aduler en vieillissant… peut-être un peu ironiquement.

1- La géographie homérique
Tétreaultville se situe au sud d’Anjou et à l’est de l’autoroute 25. De l’autre côté, le quartier est cloîtré par les raffineries et le fleuve St-Laurent borde le bas de celui-ci. Sur une poignée de kilomètres (la superficie de T-Town s’apparente en effet à celle d’Hochelag), l’ambiance se métamorphose dramatiquement alors qu’on passe d’installations pétrolières à un parc naturel énorme, aux rues résidentielles de type « banlieue-sur-l’île » à une voie de service prolongée pour les grandes artères qui bordent Tétreault. Impossible de s’ennuyer devant toute cette grandiose diversité.


2- L’accessibilité ultime
Plusieurs défendent que ce quartier est isolé et distant, mais cela est tout à fait fallacieux. En effet, il nécessite environ 30 minutes de transports en commun pour se rendre au centre-ville à partir de l’épicentre de notre paradis oriental. Pour être plus précis, exactement 17 minutes s’écoulent de la station Honoré-Beaugrand à Berri-Uqam, ce qui représente la longueur exacte de la pièce « The Decline » de NOFX. Très pratique pour les Cegepiens. Les vrais défis surviennent la nuit, lorsqu’il n’y a plus de métro. Tout jeune Tétreaultviliste se doit non seulement de mémoriser ses options d’autobus nocturnes, mais aussi de maîtriser l’art de se réveiller juste avant son arrêt, au risque de se retrouver à Pointe-aux-Trembles à 5hAM. Ça m’est arrivé une fois, plus jamais.

3- Les Raffineries du quotidien
Elles nous ont vu grandir. Nous les avons oubliées. Plusieurs ont fermé, au fil des ans. Les autres continuent de nous border de leurs gaz, fumée et étincelants phares électriques. D’ailleurs, saviez-vous que leur haute colonne munie d’une flamme éternelle sert à évacuer les déchets gazeux de l’usine? Et si le feu est anormalement gros, c’est qu’on a de la misère avec une opération; brûler ces gaz à la sortie les rend un peu moins néfastes. Ça arrive relativement souvent. Très rassurant.

Salutations à mon grand-père Norman qui a travaillé à l’Impérial (ESSO) jusqu’en 1980. C’est lui qui devait entre autres vérifier si les alertes à la bombe près de la machinerie étaient véridiques. Elles ne l’étaient pas.

4- L’épicentre alimentaire
Premièrement, et je ne comprends même pas pourquoi je n’ai pas leadé l’article avec ça, Tétreaultville a vu naître le premier restaurant La Belle Province de l’histoire. La preuve, c’est la photo dans ledit restaurant. 1971.
Sur le même coin de rue, vous retrouverez donc :
- Une Belle Province, patrimoine culinaire et restaurant historique
- Un Dairy Queen, lieu de rassemblement culte et d’échanges estivaux entre paroissiens
- Le restaurant Broadway, style « Diner », où aurait travaillé la glamoureuse comédienne Florence Longpré dès l’âge de 17 ans
- Le Jardin de l’Orchidée, restaurant oriental doté une salle à manger qui ressemble à un vestiaire huppé, mais avec une bouffe décente
- Un Grill Portugais Barroso. Il s’agit de loin de l’assiette la plus impressionnante et princière de Tétreaultville.
-Mention honorable au Double Pizza et au PFK aux coins adjacents.

Qui eût imaginé un rassemblement aussi complet? Nous n’avons rien à envier aux restos du Plateau, ou de Longueil. D’ailleurs, nul n’est vraiment #foodie sans avoir tenté une poutine Belle Province suivie d’un Blizzard DQ sans traverser une rue.

5- La très Belle Rive.
Si vous embarquez sur un skateboard à peu près n’importe où dans notre seigneurie, l’inclinaison d’inspiration San Francisco vous guidera au sud, sur le bord du fleuve. Là se trouve un trésor caché de l’île de Montréal, le parc Bellerive. Pratiquement aussi long (mais pas aussi large) que le parc du Mont Royal, le parc Bellerive est le paradis de la piste cyclable, de l’animation quinquagénaire et du post-rollerblade. J’y ai déjà suivi des cours de pêche et cette tradition se poursuit – il est habituel de distinguer des cliquetis de bières entremêlés à des dialectes de voix graves sur le bord de l’eau.

Fait important à noter, il est possible d’y prendre un traversier pour se rendre aux Îles de Boucherville, l’été. Encore plus important, lorsque j’y suis récemment allé pour photographier ce nirvana côtier, un homme seul faisait voler un hélicoptère téléguidé. Performance artistique tétreaultvillienne.

6- Personnages historiques
Tout d’abord, il y eut le Seigneur Pierre Tétreault. Celui-ci possédait un château sur le bord du fleuve. Le souvenir de ce château désormais démoli reflète maintenant un parc abritant une fontaine jamais fonctionnelle, même pas l’été. Après avoir confirmé avec ma tante, c’est notre famille qui est en possession de la table du Seigneur Tétreault. En effet, ses biens furent mis aux enchères lors de la démolition. D’après moi, nous sommes millionnaires.

Pour ce qui est des autres évènements historiques, une fois Ginette Reno a dit qu’elle allait chanter la messe de minuit dans l’église du prochain prêtre qui allait téléphoner la station de radio où elle donnait une entrevue. C’est nous qui l’avons eue. J’étais un enfant. Maintenant, cette église est le gymnase d’une école secondaire privée.

Cela dit, la personne la plus importante de Tétreaultville à ce jour est sans aucun doute notre députée fédérale, Ève “je pète une coche” Péclet, qui est probablement la seule personne dans le monde qui peut se vanter d’avoir déjà participé à “Un Souper Presque Parfait” en plus d’avoir rappelé à Stephen Harper “qu’on est des adultes, LÀ”. Je suis allé à son BBQ partisan cet été. Elle était dans le gros jus, mais il y avait des burgers végés. Merci Ève. T’es parfaite.

7- Danger d’un bout-de-ligne
On entend souvent que les stations aux extrémités des métros sont dangereuses. Apparemment, il faut se méfier des gangs de rue et des drogues. La fois où j’ai eu le plus peur, c’est quand un enfant de 12 ans m’a demandé si je vendais du pot (what?). Il faut dire que j’étais un jeune cégépien naïf aux cheveux longs-presque-dreads, je comprends sa confusion. Honnêtement, à part sentir un peu la vieille plomberie d’école primaire, ce métro me semble très pur.

8- Périphérie d’un bout-de-ligne
Dès que vous sortez de Beaugrand, vous apercevrez un mini centre d’achat avec une architecture qui rappelle les terrasses du Club Med. Bienvenue au Village Champlain :
- Un Dollar Max, qui a déjà passé au feu, où vous trouverez beaucoup de bibelots et les pires cadeaux de Noël dernière minute (c’est moins pire que le Jean Coutu, quand même)
- Le Pizza Miteux, mieux connu sous son vrai nom « Surprise Pizza », qui nourrit les adolescents téméraires à petit prix. Juste entrer à l’intérieur t’huile la face pour deux jours. Avant, il y avait un graffiti dans la toilette qui disait « Flush deux fois, les cuisines sont loin ». La grande classe.
- La Brasserie Bar Champlain. Je me souviens vaguement que lorsqu’ils ont ouvert cet établissement très douteux, mes parents ont eu peur que ça attire « la racaille » dans le quartier. Le quartier n’a pas vraiment changé, mais c’est vrai que la clientèle est impressionnante. L’âge d’or de ce bar a achevé lorsque les jeudi wet t-shirt sont morts. Je me souviendrai toujours d’une discussion surréaliste avec une des participantes qui m’a avoué faire la tournée des concours de wet t-shirt les soirs de semaine, comme source de rémunération stable. Bref, je n’ai rien de négatif à dire sur la Brasserie Bar Champlain, peut-être parce que les clients réguliers me font un peu peur.

9- Du gros luxe
Impossible de ne pas mentionner qu’à côté de Tétreaultville, il y a la Place Versailles. Ce centre d’achat rétro a gardé sa déco apaisante. Ils ont récemment innové de la meilleure manière possible : une fontaine multicolore qui dessine des fleurs de lys. #bigmoney. Aussi, on est en train de se faire construire une nouvelle piscine municipale. Je m’attends à la fine pointe.

10- Loyer divin
Parlez-en à tous les Tétreaultvilleux, ce petit coin de paradis est abordable. Le fait que ce joyau soit peu connu, et qu’il paraît distant peut contribuer à ces tarifs d’habitation avantageux. C’est un quartier tranquille, esthétique et pratique. Bien qu’il semble un peu glauque par endroits (je n’avais jamais remarqué avant de prendre les photos ci-haut), sa végétation abondante rend tout adepte du calme naturel béat. D’ailleurs, ma mère a un grand 6 et demi lumineux à louer présentement, à côté du métro. Twittez-moi si vous voulez une visite personnalisée, de l’appart ou du quartier. T-Town, c’est dans mes gènes.

PS . Merci à toute personne m’ayant un jour fait un lift jusqu’à Tétreault. Je vous dédie une part de cet article.]]>
http://urbania.ca/canaux/ville/4656/la-ville-de-la-semaine-tetreaultvilleThu, 28 Nov 2013 14:32:11 ESTFrédéric Bastien-Forrestville de la semaineniveau 1000ultimeMOJO M+banlieueestmontrealmercier-esttétreaultvillereportagehttp://urbania.ca/canaux/ville/4656/la-ville-de-la-semaine-tetreaultville
La ville de la semaine: Cap-au-Renard(Pour voir Cap-au-Renard en image, c'est par ici)

Cap-au-Renard : village entre parenthèses, parce que La Martre, c’est BEAUCOUP plus grand! Village entre parenthèses, ça sonne chinois? La prochaine fois que tu sors de chez toi (pour plus de 20 km), remarque bien les pancartes vertes le long des grandes routes qui annoncent les municipalités. Tu pourras y découvrir de nombreux villages écrits sous le nom principal, entre parenthèses. Ça s’appelle : fusions municipales!

1. Cap-au-Renard, ah ouiiiii, je suis passé par là!
Non! Dans ton tour de la Gaspésie, tu t’es arrêté à Rivière-au-Renard qui, lui, est l’entre parenthèses de Gaspé. Cap-au-Renard, c’est environ à 200 kilomètres à l’ouest de Rivière-au-Renard, près de Sainte-Anne-des-Monts. Où c’est Sainte-Anne-des-Monts? Tiens, voilà une carte, c’est plus simple.

Cap-au-Renard, c’est à peu près le seul village de La Haute-Gaspésie que tu ne vois pas en passant sur la 132, puisqu’il est situé en grande partie sur le cap, côté mer. Tu montes la côte sur la 132, tu roules sur le plat une minute et tu redescends la côte… tu viens de passer le village!

2. Cap-au-Renard, c’est là qu’il y a la commune! T’habites dedans?
Je disais donc que le village est côté mer, mais il y existe une petite gang de gens qui habitent dans les terres, ceux que les moins avertis appellent « la commune ». Rectifions un peu les faits, parce qu’il me semble aberrant qu’en 2013, un projet collectif soit nécessairement associé à une commune de tous nus! Oui, oui, on voit bien votre sourire en coin quand vous prononcez « la commune ».

À Cap-au-Renard, au milieu des années 2000, des jeunes motivés ont acheté une terre afin d’y établir leurs demeures. Oui, « leurs » au pluriel, comme dans « ils n’habitent pas tous ensemble dans la même chambre ». Le projet : un éco-hameau où seraient construits des bâtiments écologiques qui serviraient de maisons aux quelques familles qui pourraient, à terme, venir s’y établir. De même, en disposant d’une terre comme celle-là, ils pourraient en faire profiter d’autres initiatives, comme la Coopérative de solidarité du Cap. La Coop opère notamment les jardins situés sur la terre de l’éco-hameau et d’autres activités agroalimentaires et environnementales. Sa mission : permettre à ses membres de créer des emplois de proximité en cohérence avec des valeurs d’environnement, de solidarité et d’autonomie.
 
3. Cap-aux-Renardiens – Cap-aux-Renardiennes
Selon mon plus récent recensement maison, le village compte une soixantaine d'habitants, dont près de 50 % se situent sous la barre des 40 ans. Remarquez, on n’a rien contre les plus de 40 ans, bien au contraire – ils sont aussi nos amis, mais il faut bien avouer que notre situation démographique a quelque chose de particulier dans un Québec vieillissant. La plus jeune Cap-au-Renardienne a deux ans alors que le plus vieux… eh bien ce n’est pas de vos affaires! L’important, c’est que tout se beau monde se rassemble, que ce soit au « bar » chez Bert ou encore dans les soupers potluck tous plus animés les uns que les autres.

D’une généalogie à géométrie variable, le village est composé de familles d’origine, notamment les Vallée (3 souches différentes, c’est ce qu’on m’a dit!) et les Lévesque. Puis, s’en sont venues des familles de nouveaux arrivants… dont les premiers sont arrivés il y a près de 40 ans. Des noms comme Lafargue, Charland-Lallier ou Beau-Ferron… ça ne sonne pas du coin trop trop (désolé, les amis)!

4. Cap-à-le-Renard

Réglons les choses une fois pour toutes : on écrit Cap-au-Renard au singulier. Pas d’histoire de Cap-aux-Renard (ici, on n’est pas sûr, donc on ne prend pas de chance) ou de Cap-aux-Renards; le cap est fidèle à un seul renard. Sur ce point toutefois, si on réfère au renard comme étant l’homme qui habitait en réclusion, les légendes s’affrontent. Qui était-il? Qu’a-t-il fait? De quoi animer nos soirées de contes à la chapelle. Remarquez, si on pense plutôt que le nom réfère au renard l’animal, je dois bien avouer qu’en 4 ans et demi, je n’ai effectivement aperçu qu’un seul renard au Cap. Plausible!

5. La chapelle du Cap

Située au centre du village, mais pas au point le plus haut, notre chapelle est bien jolie. Elle provoque parfois les « affrontements » : sera-t-elle laissée sur le bardeau grisonnant ou la repeindra-t-on en blanc, comme à l’époque? Le tout se règle dans la bonne entente entre concitoyens qui consentent à lui garder son charme d’antan. La chapelle, c’est plus souvent qu’autrement un de nos lieux de rassemblement. Le comité « Cap-au-Renard en couleurs » la fait vivre par ses activités artistiques et culturelles : exposition de dessins d’enfants, Fête des récoltes, contes et spectacles de musique ou de danse. Il faut bien l’animer, parce que comme dans bien des villages, on se partage le curé, et ce, juste l’été.

6. Cap-au-R’nard sur la map!
Urbania dit : « pas de name droping pour vos articles », mais qui n’enfreint jamais les règles? Rendu célèbre par le conte du « P’tit Jésus de Cap-au-R’nard » de Patrice Michaud et par la présence de la comédienne Louise Portal comme citoyenne à temps partiel, notre village est un terreau fertile aux âmes artistiques. La preuve : trois romans écrits avec le village pour décor, un conte délicieux sur notre p’tit Jésus trop musclé sur la croix, une artisane verrier reconnue pour ses lampes et ses bijoux, un court métrage produit sur les grandeurs natures organisés dans la forêt, une sculpteure, une multitude de citoyens motivés et impliqués dans des projets d’arts visuels et d’arts de la scène et la présence de notre grève dans un livre sur les plages et les grèves de la Gaspésie. Tout ça avec une bonne couverture médiatique : non mais, hein?! Soixante habitants… ça en fait des artistes au mètre carré!
 
7. La plage des tout nus
À ne pas confondre avec la soi-disant commune de tantôt, la plage des tout nus, m’a-t-on dit, est le secteur accessible, à marée basse, depuis la grève où se trouvent les chalets et, à marée haute, depuis la 132, à l’embouchure du ruisseau Vallée. On dit « plage des tout nus », mais je n’en ai point vu jusqu’à maintenant. Il faut dire que s’étendre sur les galets, vêtu de son plus simple élément, pour une éventuelle baignade dans une eau qui ne se rend sûrement que très rarement près des 10o C, ça me semble peu invitant! On préférera alors les feux de grève où l’on cuisine sur le bois, habillés normalement!

8. Cap-au-Renard en pancartes
Notre village entre parenthèses s’est doté de pancartes dignes de son esprit créatif pour bien se démarquer des pancartes vertes phosphorescentes du ministère des Transports. À l’entrée et à la sortie du village, de grandes structures de bois représentant une chapelle, ornées de bois de grève et d’un renard de métal en guise de girouette, annoncent fièrement les limites est-ouest du Cap. Beau travail! Bien que village tranquille, Cap-au-Renard n’est pourtant pas à l’abri des vandales. Effectivement, non seulement une des pancartes fut vandalisée – à deux reprises, oui, oui – mais  les renards de métal furent emportés. Qui a dit que nous n’avions aucun aspect urbain?! Ha, ha!

9. La Cantine « Le petit Renard 2 »
À la limite est de l’avenue de la Chapelle, notre rue principale, se trouve la cantine du village. En Gaspésie, tout bon village a sa cantine. Chez nous, elle s’appelle « Le petit Renard 2 » et est opérée de mère en fille. Vous comprendrez donc que la mère de France, l’actuelle propriétaire, opérait « Le petit Renard », point, pas de 1. Qu’est-il advenu de « Le petit Renard »? C’est maintenant un bâtiment qui sert de « shed à bois », patrimoine bâti du village. Tenue par France, Marie-Claude et parfois Maryse, la cantine actuelle est reconnue pour son cipaille du dimanche. Entre poutines, pizzas et hot-dogs, se dresse met traditionnel délicieux et très viandeux. Toujours accompagné d’un dessert cuisiné par nos hôtesses, le cipaille hebdomadaire est un rendez-vous à ne pas manquer, dans cet autre lieu de rassemblement très prisé par les habitants du village.

10. Cap-au-Renard a fait élire un maire!

Pour finir avec un sujet d’actualité relié à nos élections municipales toutes récentes, Cap-au-Renard a fait élire un maire. Pas le maire de la parenthèse, non, non, le maire du village auquel nous sommes fusionné : La Martre. Quels projets notre nouveau maire réservera-t-il à notre municipalité? À suivre…

Bref, pour en finir avec une note à peine poétique, celui auquel tu n’aurais pas a priori porté attention est en fait un village dynamique, rempli de belles personnes qui ont à cœur de le faire vivre, de le forger et de renouveler encore et toujours sa saveur particulière. Très prisé, situé dans un lieu entouré des éléments naturels forts et même pas sur le bord de la 132 en plus de ça, je vous dis que « le Cap », de son p’tit nom, a tout le statut d’une ville de la semaine!]]>
http://urbania.ca/canaux/ville/4627/la-ville-de-la-semaine-cap-au-renardThu, 21 Nov 2013 14:46:55 ESTMaryève Charland-Lallierville de la semainevillevillagecap-au-renardgaspésiereportagehttp://urbania.ca/canaux/ville/4627/la-ville-de-la-semaine-cap-au-renard
La ville de la semaine: St-OmerPour voir St-Omert en photo, c'est par ici.

1. Gentilé
St-Omerien, St-Omerois, St-Omeranien…? Non. Audomarois!? Ce sont les clowns Audo et Marois qui m’ont appris ça en marge d’une game de balle molle amicale quand je devais avoir 11 ans. C’est à la même époque où je croyais que St-Omer était officiellement divisée en 3 quartiers : L'Ouest (ceux qui revenaient de l’école en autobus avec Pierre), l'Est (le secteur du chauffeur Roberto) et le Centre (ceux qui retournaient chez eux à pied ou en minibus). Moi j’habitais dans la rue Pichette, à l’extrême Ouest qui est « beaucoup » aux portes de Nouvelle, la municipalité voisine. J’ai d’ailleurs hérité de « somme » déviance à cause de ça…

2. La batture
Jeunes, on se donnait rendez-vous aux « grosses roches » pour aller se baigner. Entre deux barachois, la batture de sable étroite s’avançait pendant au moins un kilomètre sur la mer. En face, « l’île des goélands » nous procurait au besoin le challenge qui manquait à nos vies quand on décidait de s’y aventurer. À marée basse, il y avait toute sorte de choses visqueuses qui flottaient sur l’eau et ça sentait le pet. Je me suis toujours demandé si cette odeur était le produit du barachois semi-stagnant se vidant, ou bien s’il s’agissait du pas-de-fosse-septique du camping d’à côté… Un jour, les courants du large ont créé une incision au tout début du banc de sable, puis il s’est évanoui progressivement dans les flots, emportant avec lui l’écosystème extrêmement fragile du plus petit barachois.

3. La pavure
Il faut vivre en Gaspésie pour être habitué d’entendre « barachois » ou même « batture ». Mais je ne connais pas beaucoup de monde en dehors de St-Omer pour qui le mot « pavure » leur évoque quelque chose… même Le Robert ne catche pas. La pavure à St-Omer, c’est le long bout de route entre la « swompe » (marécage), côté terre et le barachois, côté mer, où on retrouve la halte routière. De là, on peut observer la faune particulière comme les hérons et les satyres fauves des maritimes (un papillon assez rare qui aime les marais salés).

4. Vas-tu à l’O-T à soir?
L'OTJ. L’endroit par excellence des ados tripeux de skate qui allaient faire leur social dans l’arène asphaltée de la patinoire extérieure les soirs d’été. Moi je ne me tenais pas là. Trop intimidée par les amis cool de mon frère plus vieux. Après quelques plaintes de bruit des voisins, ils ont installé une barrière métallique et instauré des heures d'ouverture. Ça a été le début de la fin. Il faut aussi dire que des peddlers faisaient parfois des mauvais coups, comme mettre le feu à des poubelles, ce qui leur a valu une couple de visites en règle de la police. Mais les champs sont vastes à St-Omer pour accueillir les fuyards et ça rajoutait toujours un peu de piquant à ces soirées.

5. St-Louis-de-Gonzague

Cet été, j’ai été surprise de constater que St-Omer était assez bien connu des jeunes touristes vagabonds (normalement, je dois me corrompre et dire que je viens de Carleton – plus connu – et que c’est « la même chose »). Pour cause : St-Louis-de-Gonzague, dans l’arrière-pays de St-Omer, et son attractivité pour les mouvements hippies. St-Louis, c’est un village dans la montagne, fermé dans les années 70, mais des habitants ont quand même persisté à y demeurer… même si le chemin n’était pas déneigé l’hiver. Quand j’étais au primaire, l’autobus se rendait le plus loin qu’il pouvait dans la route St-Louis pour y déposer deux enfants attendus par leurs parents en ski-doo. Y voulaient! Maintenant, c’est plus accessible et les citoyens qui y demeurent ne vivent pas en « communauté », comme plusieurs le croient encore. St-Louis, c’est comme le rêve américain, mais sauce gaspésienne (avec beaucoup de sauce).

6. Ça sent le brûlé
À St-Omer, il y a quelques années, par temps bas, une odeur de fumée envahissait les maisons avoisinant le dépotoir. Hé oui, les déchets locaux étaient brûlés à ciel ouvert à environ un kilomètre de la civilisation. Depuis que les lois ont changé, c'est aujourd’hui géré dans les règles de l'art.

7. La Petite cabane
Paradoxalement, le chemin du dépotoir fait aujourd’hui ressortir en moi un fort sentiment de nostalgie. Souvent mon père nous a fait passer par là pour se rendre dans le bois à notre « Petite cabane », cet euphémisme qui désignait ce château de trois étages, fait de branches de cèdre, camouflé dans un arbre sur le bord du sentier de ski de fond qu’on a construit de nos mains. On peut même la considérer comme un bien patrimonial, sachant qu’elle a été érigée à partir du shack que mon père a construit étant lui-même ado. Elle peut aujourd’hui profiter à quiconque sera capable de la trouver! Mais il n’y a pas de trésor enterré, seulement notre feu chienne, Flopy…

8. Les Arpents-Verts
En maternelle, je me suis cassée la clavicule en descendant la glissade des Arpents-Verts en tube, l’incontournable des activités familiales. On devait monter la côte à pied pendant comme 15 minutes, le cardio dans le tapis, avant de se laisser aller jusqu’à la rivière gelée. Y’en avait toujours des maudits qui avaient des ski-doos. Toute ma jeunesse, j’ai rêvé d’un remonte-pente. C’était d’ailleurs dans les projets de la ville jusqu’à tout récemment. Mais le propriétaire du terrain en location refuse de leur vendre, ce qui bloque le projet et prive tous les enfants de St-Omer d’une meilleure qualité de vie actuelle et future. D’ailleurs, il faut croire que le réchauffement climatique a des impacts jusqu’ici, puisqu’ils ont du changer le trajet de la pente pour éviter la rivière!

9. Ababa

Du plus loin que je me souvienne, il y a toujours eu Richard, alias Ababa. Un homme qu’on voit souvent longer le bord du chemin avec son bicycle et sa boîte pleine de bouts de ferraille qu’il va récupérer au dépotoir pour les revendre. C’est probablement le gars le plus vaillant de St-Omer! On le surnomme Ababa parce qu’il est sourd et que les seuls sons qui sortent de sa bouche expressive sonnent de même. Une rencontre avec lui est toujours un genre d’expérience marquante…

10. Fière de mes origines
Voulez-vous connaître le plus grand fail de Facebook? Il offre la possibilité de choisir tous les St-Omer du monde (9) comme ville d’origine, à l’exception de celui de la Gaspésie… Ça fait mal à l’orgueil. (Même qu’elle n’apparaissait pas plus sur la liste des « Villes de la semaine » de Urbania… re-ayoye.) Mais là, pas question de mettre Carleton-sur-Mer dans les informations de mon profil pour compenser, no-non. C’est ainsi que, selon les registres officiels du réseau social, je suis originaire de St-Omer, Pas-de-Calais (France). Ça m’aura valu quelques anecdotes cocasses.]]>
http://urbania.ca/canaux/ville/4599/la-ville-de-la-semaine-st-omerThu, 14 Nov 2013 14:27:34 ESTSonia Landryst-louis-de-gonzaguepavuremerst-omertgaspésieville de la semainevillehttp://urbania.ca/canaux/ville/4599/la-ville-de-la-semaine-st-omer