Urbania - reportageshttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationSat, 30 Aug 2014 06:09:47 EDT60Éric Samson refait le trajet Place-des-Arts - JolietteCe n'est pas par morbidité qu'Éric Samson, qu’on lira sporadiquement cet automne sur le blogue d'Urbania, a entrepris ce périple. Comme tant d'autres, il a été secoué par la tragédie et il a voulu comprendre, tenter de se mettre à la place de ces victimes.

Il a voulu se replonger dans le contexte où se sont précisément trouvés les 298 malheureux passagers qui ont accusé un retard d'une trentaine de minutes dans leur plan de soirée suite à une porte bloquée, causée par un journal 24H coincé dans le mécanisme d'ouverture. 



«J'ai revécu, minute par minute, ce que les passagers ont vécu durant leur trajet. Je voulais avoir le «feeling» à bord d'un wagon de la ligne verte», a expliqué le blogueur en entrevue téléphonique avec Urbania, jeudi, quelques minutes après la fin de son aventure.

Le trajet était pratiquement une copie conforme du tragique itinéraire: départ de la même station, rebaptisée De La Place-des-Arts (comme dans le cas de 19 autres stations de la STM, le nom des stations a été modifié depuis la tragédie), même entrée, rue De Bleury, même terminus, Honoré-Beaugrand, et même type de wagon de la série Vickers MR-63.



«De l'embarquement au débarquement, j'ai fait probablement les mêmes gestes qu'ont faits les passagers de cette soirée-là, prendre le premier repas après une heure et demie pris dans le métro, essayer de se dégourdir les jambes, lire un peu. C'était un peu surréaliste de refaire la même chose à mon tour», a-t-il évoqué.

Sécurité accrue
La sécurité était accrue à l'embarquement comme durant le trajet, ce qui a compliqué la tâche d'Éric Samson pour documenter son aventure en photos et vidéos. Il a d'ailleurs dû supprimer une partie de son matériel à la demande du changeur.

«On m'a demandé à trois reprises si j'étais reporter, a dit le blogueur. Je me suis identifié comme un fanatique de transports en commun. C'est vrai, j'aurais voulu être conducteur de métro quand j'étais jeune, c'est vraiment ma grande passion. Il faut être fou pour faire ce que j'ai fait ! J'ai roulé 20 minutes sur un voyage de 23 minutes.» Parti du Quartier des spectacles jeudi matin, il est revenu au bercail un peu plus tard jeudi matin.

«J'ai senti le personnel non pas nerveux, mais forcément ébranlé. Étonnamment, le wagon était complet, il y avait des familles, pas de nervosité chez les passagers. Certains se sont fait photographier devant le métro, sur le quai, mais c'est tout.»

«Retour sur le blogue» à Urbania
Le blogueur passionné de transports en commun a plusieurs cordes à son arc, aussi rejoindra-t-il dès cet été l'équipe d'Urbania dans la section «opinions» du blogue du populaire site web.

«C'est vrai que j'avais quitté l'équipe de blogueurs, mais dorénavant, de temps en temps, je vais sortir des textes d'opinion en marge de l'actualité, non pas une chronique régulière, mais afin de donner une dimension à un texte de Marie-Claude Lortie, par exemple, ou quand quelque chose dans l'actualité m'a paru particulièrement cave », a-t-il précisé.
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http://urbania.ca/canaux/reportages/5249/eric-samson-refait-le-trajet-place-des-arts-jolietteThu, 31 Jul 2014 10:04:46 EDTUrbania paul houdereportagehttp://urbania.ca/canaux/reportages/5249/eric-samson-refait-le-trajet-place-des-arts-joliette
300 ans et un référendum
Toujours est-il, le 11 septembre 2014, les Catalans souligneront le tricentenaire de la chute de Barcelone et par la même occasion, les 300 ans de leur annexion au Royaume d'Espagne. Un préambule qui donnera une perspective historique à la consultation référendaire du 9 novembre 2014, alors que les Catalans se prononceront sur leur autodétermination. Seulement deux mois séparent ces deux événements qui auront des répercussions majeures sur la scène internationale, un situation très peu thématisée dans nos médias.

Pourtant, le vent favorable à l'indépendance catalane n'y était pas il y a à peine cinq ou six ans. Avec un taux de soutien oscillant entre 15 et 25% depuis la mort du dictateur Francisco Franco en 1975 et le retour à la démocratie en Espagne en 1978, bien malin était celui qui aurait pu prédire que ce soutien dépasserait les 55% en 2014.

Ce renouveau du sentiment indépendantiste ne vient pas du contexte historique causé par les célébrations du tricentenaire, mais bien d'un achoppement constitutionnel qui peut rappeler aux Québécois les épisodes du Lac Meech et de Charlotetown. 

La constitution espagnole, signée à la hâte suite au décès de Franco, était censée jeter les bases sur lesquelles allait se construire peu à peu une nouvelle Espagne en voie de fédéralisation. Mais ces bases sont restées pratiquement immuables depuis.

Bien qu'elle ait été approuvée par les parlements catalan et espagnol, puis par référendum en Catalogne (73,9 % d'appuis) en 2006, la nouvelle constitution régionale (nommée Statut d'autonomie de la Catalogne) renouvelant la relation politique entre Madrid et Barcelone  fut lourdement amputée  par le Tribunal constitutionnel espagnol en juin 2010. Résultat : 1,5 million de Catalans prennent d'assaut les rues de Barcelone en scandant Som una nació. Nosaltre decidim (Nous sommes une nation. À nous de décider) pour manifester leur désapprobation du jugement qui élimine toutes les références à la nation catalane et invalide le statut préférentiel accordé à la langue catalane dans la fonction publique et l'enseignement.  Le détricotage constitutionnel du Statut d'autonomie fait passer plusieurs acteurs politiques traditionnellement autonomistes dans le camp des indépendantistes, tels Jordi Pujol (président de la Catalogne de 1980 à 2003), qui a fait sa profession de fois souverainiste en 2011. Un peu comme si Robert Bourrassa avait décidé de prendre le camp des souverainistes suite à l'échec de l'accord du Lac Meech.

Le président actuel, Artur Mas, est à la tête d'un parti de coalition – Convergència i Unió (CiU), la même que dirigeait Pujol – qui n'était pas indépendantiste au moment de son élection en novembre 2010. Mais ceci devait être appelé à changer en raison de la gronde populaire. Sous le thème Catalunya, nou estat d'Europa (Catalogne, nouvel état d'Europe) la commémoration annuelle de la défaite de 1714 se transforme le 11 septembre 2012 en la plus grande manifestation pro-indépendance qu'ait connu la Catalogne. Pour l'occasion, plus de 1,5 millions de Catalans descendent dans les rues de Barcelone pour réclamer leur indépendance.

Suivant la volonté populaire, Artur Mas remet en jeu son gouvernement quelques jours plus tard et déclenche des élections anticipées, prévues pour le 25 novembre 2012. S'il est réélu, il s'engage à tenir un référendum sur l'autodétermination de la Catalogne avant 2016. Même s'il perd quelques députés au profit de la très indépendantiste Esquerra Republicana de Catalunya (Gauche républicaine de Catalogne, ERC), Artur Mas reprend la tête de la région autonome en s'alliant à ceux-ci.

Ce n'est que peu de temps avant Noël, le 12 décembre 2013, qu'Artur Mas annonce la tenue du référendum qu'il a promis durant la campagne. Celui-ci aura donc lieu le 9 novembre 2014, une date en forme de palindrome au côté de la diada historique du tricentenaire : 11/9 et 9/11. Il s'engage à poser deux questions :

-Voulez-vous que la Catalogne soit un État?
-En cas de réponse affirmative, voulez-vous que cet État soit indépendant?

La double question s'adresse à deux groupes distincts, une problématique particulière du débat entourant la souveraineté catalane. Ce ne sont pas tous les Catalans qui sont en faveur de l'indépendance pure et simple. Selon les derniers sondages, ils sont maintenant plus de 55%. Pourtant, une grande portion de la population souhaite que l'Espagne évolue vers un système fédéral dans lequel la Catalogne se ferait reconnaître un statut asymétrique et distinct. Ce sont ceux qui se disent « fédéralistes », dans l'esprit d'une autonomie accrue et d'un partage stricte des compétences constitutionnelles, un aspect central du fédéralisme que certains Canadiens ne conçoivent pas toujours.  

Si on additionne ces deux tranches de la population, on obtient un support à une souveraineté catalane accrue de l'ordre de 80%.

De l'autre côté du spectre, il y a une portion de nationalistes espagnolistes, qui au contraire des deux groupes précédents, voudraient voir la Catalogne assimilée au reste de l'Espagne, ou qu'on y limite étroitement la portée des droits linguistiques et culturels (NB : au cours des derniers 300 ans, la langue catalane fut interdite pendant près de 200 ans, dont la dernière période eu lieu sous la dictature de Franco, soit pendant près de 40 ans). Ce groupe oscille entre 10 et 12%, constitué principalement de partisans du Partido Popular (PP), un parti centraliste très nationaliste, réfractaire aux revendications des minorités ayant parfois des positions xénophobes à propos de l'immigration extra-européenne. Le PP est actuellement au pouvoir dans toute l'Espagne, à l'exception de quelques régions, dont la Catalogne et le Pays Basque.

Voilà la trame de fond du documentaire 300 ans et un référendum que j'irai tourner l'automne prochain à Barcelone. Le film que nous proposons de faire profite de cette conjoncture extraordinaire pour explorer le thème de l’identité minoritaire, vue au travers des prismes québécois et catalans. Le contexte social et politique particulier de l’antichambre référendaire est impossible à recréer. Il s’agit d’une fenêtre unique pour explorer ce thème sensible. Nous dresserons ainsi les parallèles et les divergences entre deux identités qui se définissent à l’intérieur d'entités plus grandes et l’impact que cette situation peut avoir sur les individus.

Article écrit avec la collaboration de Rémi Carbonneau, doctorant en science politique à l'UQAM
Crédit photo: By ca:User:amadalvarez (Own work, amb el suport de Blanca i Rosa.) [CC-BY-SA-3.0], via Wikimedia Commons

Pour soutenir la production du documentaire, visitez notre campagne Indiegogo. Vous pouvez aussi joindre notre page Facebook.

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http://urbania.ca/canaux/reportages/5184/300-ans-et-un-referendumWed, 02 Jul 2014 09:38:48 EDTAlexandre Chartrandréférendum sur la souverainetéreferendumsouverainetécatalognereportagehttp://urbania.ca/canaux/reportages/5184/300-ans-et-un-referendum
Comment avoir son album nommé au Prix Polaris1. Avoir un label
Et enregistrer sur une étiquette de disque connue, si possible. Par exemple, Bonsound, Grosse Boîte / Dare to care, Audiogram et quelques autres ont su placer leurs titres dans la liste au fil des dernières années, à coup de rappels médias… alors qu’un label tout vert comme Coyote (qui avait des chances en 2013 avec Karim Ouellet et, cette année, surtout Klô Pelgag de même que le sublime Les ombres longues d’Antoine Corriveau) n’a pas pu accéder au palmarès… Mais ça ne saurait tarder, je vous en passe un papier.

Dans le cas des indés, de ceux pour qui le crédo DIY sied à leur démarche, le sommet Polaris en est un qui est franchissable, mais qui sera assurément parsemé d’embûches. Alaclair ensemble y est parvenu l’an dernier. Il faut dire que leur galette était particulièrement réussie et répondait à plusieurs autres critères énoncés dans ce texte. 

Pour ce qui est des labels anglophones, faire affaire  avec des gros noms comme Paper Bag (assuré d’un ou deux titres, parfois trois dans la liste depuis la création du prix), Arts & Crafts (idem) vous assure un capital de sympathie probant, alors qu’être sous contrat sous une étiquette sélective comme Secret City qui, cette année, a fait un tour du chapeau en plaçant ses trois parutions de l’année (Owen Pallet, Thus Owls et Basia Bulat) dans le top du top, assure d’emblée à ton album un certain renom. 

2. Créer le consensus
Les journalistes francophones qui prennent part au jury du Prix Polaris ne composent que 25% de l’ensemble de ses membres, le consensus autour de votre parution se révèle on ne peut crucial. Dans le cas des plus récents opus d’Alex Nevsky, des Hay Babies ou de David Giguère, ces opus ont connu un accueil plus qu’amical de la critique, mais le manque de consensus a nui à leurs chances de se placer au sein des glorieux 40.  Tout le contraire, donc, de Philippe B et de son sublime Ornithologie, la nuit qui a été encensé par tout un chacun, et ce, dans une proportion supérieure à tout ce qui a été lancé cette année. Un atout, particulièrement lorsqu’il est question de chanson à texte. 

3. Séduire le rest-of-Canada
Certains albums qui bénéficient d’un rayonnement minime dans la Belle Province auraient tout intérêt à partir en campagne de séduction auprès de la presse anglophone canadienne. Envoyer copies promo, proposer moult concerts exclusifs, mousser sa réputation auprès de ces membres du jury qui, autrement, n’aura pas le réflexe d’aller écouter ce magnifique album de, disons, Viviane Audet. Ou de Forêt
l’an dernier.

Jimmy Hunt, par sa dégaine très dandy british et ses sonorités disco-pseudo-Gainsbourg-rencontre-Bowie-sur-les-mush, se distingue grandement aux oreilles de celui qui ne comprend pas les nuances de la langue de Molière, encore moins de la poésie Québ’. La même chose s’est produite avec le solide second opus de Peter Peter l’an dernier. Les journalistes anglos ont embarqué. Cela a été le cas aussi des Sœurs Boulay, à qui l’on prêtait des accointances esthétiques et mélodiques à celles des Sœurs McGarrigle. 


4. Engager Emmanuel Éthier à la réalisation
On le voit partout, ce talentueux garçon. Sur scène, avec Passwords, dans le band de Cœur de Pirate et Jimmy Hunt et parfois avec Kandle. Les trois albums qu’il a réalisés (ou coréalisé dans le cas de Peter Peter) se sont retrouvés dans la longue liste respectivement en 2012, 2013 et 2014 (Cœur de pirate, Blonde ; Peter Peter, Une version améliorée de la tristesse ; Jimmy Hunt, Maladie d’amour).

Il est top, ce mec. Et a plus d’un projet dans son baluchon (notamment le EP – in English please – de Lisa LeBlanc). 


5. Faire du hip-hop
Potentiellement parce que le mole hip-hop se révèle plus aisément malléable et, du coup, permet à ses idéateurs d’émerger facilement du lot par sa créativité de réalisation, par sa langue plus près de l’anglais (sans doute: Radio Radio et Dead Obies) trois albums hip-hop se sont placés dans la longue liste au cours des quatre dernières années. 

Tu fais de la chanson folk ou de la pop ? Garoche ta guitare en bas du pont Jacques-Cartier et tente ta chance dans le hip-hop. 


6. Sortir du lot
Que vous soyez de la communauté LBGT, issue de l’une ou l’autre des premières nations, que votre band soit composé à 95% de manchots et d’artistes du cirque, il appert évident que le caractère unique d’une proposition musicale permet à son ou ses créateurs de se démarquer.

Prenez l’exemple du trio A Tribe Called Red (finaliste l’an dernier), Tanya Tagaq (chanteuse de gorge d’originine inuit en lice cette année), Rae Spoon (artiste transgenre en lice cette année), Zaki Ibrahim (chanteuse soul/world basée en Afrique du Sud en lice l’an dernier), YAMANTAKA // SONIC TITAN (projet artrock qui amalgame arts visuels, jeu vidéo et musique), Radio Radio (qui a piqué l’attention de tous avec leur hip-hop mélodique chanté en chiac)… 

7. Faire un bon album
Si simple, mais si compliqué. Pas vrai ?


PS : Oh, aussi. Habiter Montréal ou Toronto


AD MEMORIAM
Ces talentueux artistes que l’on aurait aimé voir dans la liste 2014 : 






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http://urbania.ca/canaux/reportages/5164/comment-avoir-son-album-nomme-au-prix-polarisFri, 20 Jun 2014 12:58:40 EDTGuillaume Moffet pour BRBRrecette du succèsmusiquepolarisbrbrbloguehttp://urbania.ca/canaux/reportages/5164/comment-avoir-son-album-nomme-au-prix-polaris
Montréal n’est pas le centre de l’univers (dernière partie)Hésitations.

Réflexion.

Réponse définitive : non. (Pas de haters cette semaine, aussi).

Voici ma troisième (et ultime) partie de cette série dans laquelle je vous propose le meilleur de la musique hors-Montréal.

Débutons avec l’Ontario français (parce qu’il y a des francophones en Ontario. Oui oui) :

Pandaléon
Depuis leur passage aux Francouvertes en 2012 et, pour être honnête, même avant ça, on se plaisait d’imaginer Pandaléon, ce trio de l’Est ontarien, accomplir de grandes choses avec leur rock indé à mi-chemin entre l’efficacité dramatique de Karkwa et des débordements tout en retenue de Grizzly Bear.
Après des mois de spéculation et de tergiversation, le trio a lancé son premier album – qu’on appelle EP parce qu’il n’a que 8 chansons, mais qui s’écoute vraiment comme un long-jeu – chez Audiogram le mois dernier. Pas une révélation, parce qu’on l’a venu venir de loin ici, mais plutôt une confirmation de toute l’attention qu’on leur prête depuis leurs débuts.



Mehdi Cayenne Club
Trio composé – officiellement – Olivier Fairfield (Timber Timbre, Ferriswheel), du claviériste François Gravel et du leader énergumène et charismatique Mehdi Hamdad, le Mehdi Cayenne Club se révèle être sans doute le band qui se permet les choses les plus weird au public franco-ontarien. Et par weird, j’entends structures musicales tronquées, détours stylistiques originaux et trouvailles sonores saugrenues. 
«Na Na Boo Boo », leur seconde parution, s’écoute avec joie; tant les fans de Sonic Youth que ceux de, disons, Karim Ouellet pourront trouver leur compte dans cette galette mélodique et férocement atypique.


Tricia Foster
Au-delà du fait que la demoiselle se révèle une machine à citation coup-de-poing intarissable – le journaliste en moi jubile à chaque fois que vient le temps de saisir dans mon dictaphone quelques minutes de son temps – et que ces goûts vestimentaires se révèlent parfois à discuter, il reste que, entre ce que Tricia Foster dit et ce qu’elle est, au plus profond de son âme, il n’existe à peu ou à peu près pas de différences. Du moins, on aime le supposer. Tricia est vraie. Ce qu’elle dit, elle l’affirme comme quelqu’un peut affirmer aimer le soleil. Je suis. Voilà. And shut the fuck up if you can’t handle it.
“Négligée”, son album de post trip-hop paru en 2012 reste encore l’un de ces albums qui auraient mérité une meilleure vie. Faute de savoir où la caser, Foster tombe entre les craques, là justement où elle s’est bâtie une carrier on ne peut plus enthousiasmante. 


Toronto (deuxième partie)
Comme c’est la métropole du ROC, quatrième ville en importance en Amérique du Nord, je m’en voulais de passer sous silence d’autre noms qui font de la Ville Reine, mon chez-moi du moment, une ville chouette.

Pup
En spectacle, c’est comme aller voir Weezer du temps du Blue Album : y’a les crowdsurfer, les mosh pits… Sur scène le quatuor se démènent à grands coups d’hymnes mélodiques et d’accords plaqués solides. Sur album, PUP se révèle peut-être un croisement entre la rage cérébrale de METZ et les sensibilités pop de Hollerado. Un opus qui fait jaser sur le forum du Prix Polaris, je ne serais pas surpris de le voir parmi les Arcade Fire, Jimmy Hunt et autres Owen Pallett lors du dévoilement de la liste longue du prix 2014 le 19 juin prochain.
Adorables comme des petits chiots avec les crocs déjà forts bien développés, pour tomber dans l’analogie journalistique à deux cennes. Genre?


Megan Bonnell
Ce que la Torontoise Megan Bonnell perd en originalité — y’en a une trâlée de dames qui font du folk, hein? –, elle gagne en maîtrise du langage folk, rappelant parfois les filles les plus indie de la cohorte Lilith Fair (le nom de Tracy Bonham nous vient en tête), mais aussi Joni Mitchell et Laura Marling. Si son album Hunt and Chase est paru en 2013, 2014 sera assurément l’année révélation pour la jolie musicienne.


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http://urbania.ca/canaux/reportages/5134/montreal-n-est-pas-le-centre-de-l-univers-derniere-partieFri, 06 Jun 2014 13:34:44 EDTGuillaume Moffet pour BRBRbrbrreportagehttp://urbania.ca/canaux/reportages/5134/montreal-n-est-pas-le-centre-de-l-univers-derniere-partie
Là où les abeilles vont danserUrbania a décidé de s'associer au webdocumentaire DIY Manifesto, écrit par Hélène Bienvenu et Nora Mandray. Ce webdocumentaire interactif explore le mouvement du Do It Yourself comme une nouvelle manière collaborative de vivre en société et de penser la communauté. Nous avons envoyé notre blogueur Olivier Morneau visiter la ruche urbaine de la Fonderie Darling à Montréal. 

On sait que les abeilles fabriquent du miel, mais les ruches dans lesquelles vivent ces insectes peu aimés possèdent un potentiel artistique qui n’est exploité que par Alice Berthe et ses acolytes du collectif interdisciplinaire Les aiguilles tournent à l’envers, et ce, depuis l’année dernière. 

Bien que 35 kilos de miel ont été récoltés après uniquement un été, ce n’est pas pour jouer à Winnie l’ourson que l’apicultrice en herbe a construit un domicile pour abeilles sur l’ancien bâtiment industriel. « Le miel n’est pas au centre du projet. Le but est de proposer aux artistes d’utiliser les produits des abeilles ou de la ruche pour leurs projets », explique la fondatrice de l’initiative.

En septembre dernier, Félix-Antoine Morin a exposé une installation sonore interactive dans laquelle des bruits d’abeilles ont été mixés à de la musique électronique. Pour 2014, le collectif a reçu des demandes de collaboration d’artistes issus de nombreux horizons. Ils espèrent pouvoir installer de nouvelles ruches, question d’accueillir un plus grand nombre de ces citadines volantes noires et jaune.



On n’est jamais mieux servi que par soi-même

À une époque où les métiers sont de plus en plus spécialisés, Alice Berthe, qui n’a nullement étudié pour devenir apicultrice de carrière, a sauté à pieds joints dans cette passion de façon autodidacte. « Je suis allée à la bibliothèque emprunter une pile de livres grosse « comme ça » (son mouvement de main indiquait une GROSSE pile de livres) », explique-t-elle. Parce qu’élever des abeilles ne se fait pas en claquant des doigts, la jeune femme s’est ensuite inscrite à un cours donné par Miel Montréal. 

Puisqu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, Alice a pris son destin en main en contactant la Fonderie Darling pour leur demander d’installer des ruches sur leur toit. La galerie d’exposition a rapidement accepté l’initiative et les ruches ont pu élire domicile sur l’ancien bâtiment industriel.

« Les abeilles, c’est un peu comme une métaphore de la vie urbaine. Elles doivent créer des liens entre elles pour survivre, un peu comme les gens en ville », croit l’apicultrice amatrice. 

La prochaine fois que vous croiserez une abeille dans les rues de Montréal, ne soyez pas surpris. Il y a plus de 270 ruches installées un peu partout sur les toits de la ville. C’est une bonne chose, selon Alice Berthe, puisque les abeilles constituent une sorte de baromètre de qualité de vie. « Si la ville est saine pour les abeilles, elle l’est pour les humains », selon la jeune femme. 

photos cordialement prêtées par Heri Photography
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http://urbania.ca/canaux/reportages/5095/la-ou-les-abeilles-vont-danserWed, 04 Jun 2014 13:00:00 EDTOlivier MorneauDIYabeillesartsfonderie darlingbloguehttp://urbania.ca/canaux/reportages/5095/la-ou-les-abeilles-vont-danser
De la pudeur à 300$ l'heureJeune et Jolie, comme le nom d’un magazine pour adolescentes, raconte une année dans la vie d’Isabelle, qui décide de devenir prostituée et apprivoise amour et sexe, le temps de quatre saisons, traversées de chansons de Françoise Hardy. Le film m’a fait penser à moi, quand j’avais de petits seins et que des mecs plus vieux les caressaient ou les mordillaient pour cent dollars.

Été - L’amour d’un garçon
Pour elle, ça commence à la plage, avec sa bouche plus jolie que la mienne, son cou, plus long, ses épaules, pas aussi frêles. Quand j’avais dix-sept ans, je n’étais déjà plus vierge depuis trois ans. Je ne pensais pas devenir pute, je pensais surtout à tout ceux qui ne tombaient pas en amour avec moi, je pensais à ceux qui me donnaient leur bouche pour que je les maquille avec mon rouge à lèvres. Elle, la Isabelle de Jeune et Jolie, à dix-sept ans, elle était vierge. Elle aimait un Allemand, un amour de vacances, un amour qui ne dure pas longtemps, un amour qui l’a prise, juste avant, juste avant ses dix-sept ans, juste avant qu’elle décide qu’elle voulait ça, qu’elle voulait quelqu’un qu’elle ne connaissait pas tant que ça, qu’elle voulait quelqu’un, comme ça, pour la changer, pour lui apprendre, pour la prendre pour un amour d’une saison ou un amour à trois cent euros. 

« J’ai jamais vu une fille comme elle. » Moi aussi, parfois, j’entendais ça, quand on parlait de moi. Je ne l’entends plus, parce que je n’ai plus dix-sept ans. Elle est plus jolie que moi, elle se masturbe avec un oreiller entre les jambes, et elle n’a plus peur de rien, comme le suggère la chanson de Françoise Hardy, devant un gâteau d’anniversaire.

Automne - À quoi ça sert
Son premier client a les cheveux blancs, le dos courbé, le visage creusé. Elle, elle est très maquillée, elle fait à la fois étudiante et femme qui se déguise en tailleur et chemisier, pour jouer. Elle dit qu’elle a vingt ans et elle joue avec ses mains, ses mains montrent sa gêne. Elle demande un verre d’eau, elle l’avale péniblement. Elle ne regarde pas l’homme qui l’interroge, qui la complimente. 

Moi, j’étais moins gênée. J’embrassais dans les premières secondes, je souriais quand la porte s’ouvrait, j’étais peut-être angoissée, un peu, mais surtout enthousiaste, je riais, je voulais que l’autre soit bien, je voulais aussi montrer que j’étais bien, que j’étais vraiment là, pour ça, pas pour un verre d’eau, j’étais là pour l’argent, oui, le jeu, aussi, mais pour ouvrir mes jambes, surtout, et aimer ça. 

Son premier client, il demande à la revoir. Moi aussi, mon premier client m’aimait bien. Je le rejoignais dans un motel sur la Rive-Sud trois ou quatre fois par semaine, jusqu’à ce que je saigne sur un condom. Ce n’était pas grave, qu’il ne veuille plus me voir, j’avais réussi à sauver assez d’argent pour mes cadeaux de Noël. 

Je cachais mon argent dans des enveloppes, et sur les enveloppes, j’écrivais ce que je souhaitais acheter. Isabelle, elle, cache son argent sans sembler le dépenser. Elle le cache dans sa chambre, pour ne pas éveiller la curiosité de sa maman et de son beau-père. Son beau-père trouve tout de même qu’elle passe beaucoup de temps sous l’eau, à se laver. 

Quand elle travaille, elle dit s’appeler Léa et étudier la littérature à la Sorbonne. Ses clients lui crient ce qu’ils veulent, caresse-toi, regarde pas ma queue, montre-moi ton cul. Un refuse de lui donner les trois cent euros sur lesquels ils s’étaient entendus, tu les vaux pas. Moi non plus, les clients, je ne les aimais pas tous, j’avais peur, au début, de tous les détester, ou de trop les aimer. J’avais alors l’habitude de tomber en amour avec tout ceux qui me donnaient leur queue. Finalement, les clients, je ne les aimais pas tous, mais ils étaient plus polis avec moi qu’avec Isabelle. Ils me payaient, me baisaient et s’excusaient souvent, quand ils m’insultaient pour mieux jouir, ou quand ils ne réussissaient pas à rester dur. 

Isabelle ne fait pas que se déshabiller, elle mange avec son frère et ses parents, elle demande à son frère s’il regarde des pornos sur le net, elle va à l’école, elle s’invente une histoire d’amour quand une amie lui parle de son petit copain, et elle va au théâtre. Au théâtre, elle voit sa maman se faire caresser le visage par un ami. Cette caresse, cette tromperie, ressort plus impudique et amorale que les moments passés avec des inconnus dans des chambres d’hotel.



Hiver - Première rencontre
Ce ne sont pas que les clients qui insultent Isabelle. Sa maman, quand elle apprend que sa fille a un autre passe-temps que de fumer des clopes avec des copains, la frappe, l’appelle pute, puis mon bébé, lui dit qu’elle est dégueulasse, puis lui demande si elle utilisait des condoms, au moins

Ma maman, quand elle a su, elle m’a dit je t’aime. Et mon père aussi, quand il a su, il m’a dit je t’aime. Si j’avais eu dix-sept ans et que j’avais vécu encore chez eux, peut-être qu’ils m’auraient trouvé un psychologue et qu’ils auraient souhaité que je choisisse l’alcool plutôt que le foutre pour me désennuyer. 

Après avoir été escorte, j’ai travaillé dans un bijouterie. Quand des clients cherchaient un collier pour leur femme, j’étais heureuse de revoir des hommes, mais j’étais gênée, presque moche, à porter que des cols roulés et des pantalons mal ajustés. Isabelle, elle, est devenue babysitter, à dix euros l’heure, réduite à tenter de découvrir le mot de passe de l’ordinateur des pères pour mieux les connaître et à tenter de séduire, mutine, son beau-père. Pour en retirer quoi? Un bref amusement, des limites à dépasser, à tester, mieux se connaître, peut-être. 

À une fête, Isabelle regarde une adolescente se faire embrasser et toucher par deux garçons. Quelqu’un vomit dans les toilettes. Et à un garçon, qui lui propose de venir chez lui, elle répond pas le premier soir. Qu’est-ce qui serait plus normal qu’avoir été pute? Qu’elle boive trop et s’évanouisse sur un canapé, pour que des mecs de son âge la prennent en photo et lui parlent de la grosseur de ses seins, le lundi matin?

Printemps – Je suis moi
Ce n’est pas grave, de regarder le film et de ne pas savoir, ce qui serait approprié ou non pour une fille de dix-sept ans. Ce n’est pas grave, de ne pas comprendre, ce qui pousse une autre fille à se déshabiller, sans y prendre nécessairement du plaisir. Isabelle, ce qu’elle aimait, c’était noter les rendez-vous, imaginer ses clients, découvrir les chambres d’hotel. Moi je ne voulais pas ça, pas de préliminaires, quoi, je ne voulais que le bang bang chronométré, la sueur dans les draps et la salive sur ma peau. 

Le dernier regard d’Isabelle, avant le générique, est apaisé, un pâle sourire sur le visage, le menton haut. Ce n’est pas grave, de ne pas comprendre. 

Jeune et jolie sera à l'affiche ce vendredi. Cet article est présenté par Métropole Films. 


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http://urbania.ca/canaux/reportages/5126/de-la-pudeur-a-300-lheureTue, 03 Jun 2014 13:14:37 EDTMélodie Nelsonprostitutionjeune et joliereportagehttp://urbania.ca/canaux/reportages/5126/de-la-pudeur-a-300-lheure
Montréal n'est pas le centre de l'univers (deuxième partie)«Hipster » et « ridicule » ont été deux autres qualificatifs qui m’ont été attribués quelques heures après la mise en ligne dudit texte, ce qui prouve promptement que j’ai touché à quelque chose. La musique canadienne se révèle on ne peut plus captivante, et ce, pas juste sur l’île de Montréal.

Voici donc trois autres villes canadiennes et ses porte-étendards de nouvelle musique. Encore là, vous pouvez me traiter de hipster. J’en suis flatté. Pis de pédale aussi. 

Mes choix pour Moncton, Vancouver et Winnipeg.

Moncton
Ville indescriptible – je suis sérieux, il faut vraiment y rester deux-trois jours, pour comprendre ce qui s’y passe comme il faut, Moncton regorge de talent à ne pas sous-estimer.  Sa scène folk se révèle remarquable, mais elle permet à des formations qui œuvrent dans des styles musicaux un peu plus à gauche de se faire connaître. 

Danger Cat
Avec son nom inspiré du film culte FUBAR, Danger Cat n’est pas un band de poil, ni une formation qui œuvre dans le métal typé. À la place, ce quintette se plaît à parfaire un rock à la fois très poli, mais aussi qui tend joyeusement vers le slacker. Une sorte d’hybride entre Pavement et les beaux jours d’un Kings of Leon (avec quelque chose d’Anthony Kiedis), pour vous donner une idée. 

Son EP «Out of the Woodwork », paru à l’automne 2013, se révèle tout plein de promesses et inclut l’excellente pseudoballade “Jean”. 



Caroline Savoie
Premièrement, ce qu’on retient de la verdelette auteure-compositrice, c’est la voix. Une voix qui, dans les notes hautes, se transforme en un rugissement de lionne alors que les notes plus basses trahissent la jeunesse de la demoiselle qui sort à peine de son adolescence.

La chanteuse a tout récemment effectué un passage remarqué à  « The Voice : La plus belle voix », diffusé à l'antenne TF1 en France où l’on a dû la sous-titrer, ce qui était plutôt marrant. Il faut l'entendre chanter «Wasting My Young Years » de London Grammar (googlez ça pour voir) en « battle ». C’est quelque chose. 

Si ses compos ne sont pas encore à la hauteur de son talent d’interprète, il est fort à parier que la petite marchera dans les traces des Butler et LeBlanc, pour ensuite faire son propre chemin.


Vancouver
 Si la côte Ouest du pays n’a jamais été reconnue pour sa scène musicale, les choses s’améliorent d’année en année, avec moins de fermetures de salle de concert (une épidémie au tournant des années 2000) et l’émergence annuelle d’une poignée de bons bands.

Gold & Youth
Signée chez Arts & Craft (Feist, Broken Social Scene), la formation s’appelait The Racoons, puis a demandé à l’auteure-compositrice Louise Burns (anciennement membre de Lillix, sous-band de pop post-Avril Lavignesque) de se joindre à la troupe.

Ils feront paraître « Beyond  Wilderness » au printemps 2013, qui fait état du sentiment d’aliénation entre les contrastes des paysages de carte postale canadiens et l’urbanité quotidienne de leur réalité. Musicalement, ça donne un joyeux melting-pot d’influences goth à la Joy Division et Depeche Mode avec quelque chose d’un peu bonbon, notamment sur la sautillante chanson velcro « Jewel ». L’album s’est d’ailleurs valu un excellent 8/10 de la part du NME! 


Jordan Klassen
À chaque fois que je dépose l’aiguille sur « Repentence », le plus récent album de Jordan Klassen, je ne peux m’empêcher de penser à la dépression qu’il a vécue et qui a été le point de départ pour l’écriture des treize titres qui composent ce magnifique et méconnu opus. Pas que ça sonne je-veux-me-tirer-une-balle-dans-la-tête, mais plus parce que cela donne un degré de lecture important aux chansons douces-amères et superbement orchestrées de monsieur Klassen.

On évoque couramment Patrick Watson quand vient le temps de décrire le son de Klassen et avec raison. Si dans l’esprit les comparaisons tiennent la route, c’est dans sa retenue de garçon poli et sans doute souvent trop mal à l’aise dans la vie que Klassen devient attachant. Vous comprenez?


Winnipeg
Ville à la vitalité créatrice improbable, mais on ne peut plus réelle, Winnipeg se démarque par son bilinguisme prononcé, avec Saint-Boniface à quelques minutes de son centre-ville. Un peu comme Ottawa-Gatineau, les fonctionnaires en moins. 

Marijosée
Avec sa coupe de cheveux en constante évolution, Marijosée est le genre de fille qui fait comme elle l'entend. Aficionada de chanson franco, elle façonne sa musique sur des bases rythmiques plus près du r&b et du world que de la pop, alors que ses mélodies évoquent la soul et, bien sûr, la pop. Elle parle de bouffe (chose que PERSONNE ne fait en musique), de relations toutes croche, de famille et le fait en passant facilement du français à l’anglais. 

Son premier  album officiel « Pas tout cuit dans le bec » est paru en février et il est vraiment pas mal. De la chanson francophone-OVNI, différente et pleine de caractère. 


The Bros. Landreth
Les frères Joey et David Landreth ont passé la dernière décennie à jouer dans les bands de tournée de formations comme Imaginary Cities et Deric Ruttan. C’est vraiment en 2013 que les frangins ont pris le taureau par les cornes et ont décidé de créer leur propre band : The Bros. Landreth. 

Mélange habile de folk presque cajun et de ballades rock, The Bros. Landreth s’approprient la déglingue de superstars et le swag des ceux qui se scrappent la face à la fin de chaque concerts.

Oui on pourrait les confondre à ces nombreux Mumford-and-Kings-of-a-beard, mais ce qui s’entend sur « Let it Lie », leur premier long-jeu, est si honnête et bien fait qu’on ne peut que leur prêter de humbles ambitions. 


La semaine prochaine : Ontario-franco, Calgary et Toronto (deuxième partie)…
La semaine passée: Québec, Ottawa-Gatineau, Toronto (première partie)... 
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http://urbania.ca/canaux/reportages/5118/montreal-nest-pas-le-centre-de-lunivers-deuxieme-partieFri, 30 May 2014 14:23:35 EDTGuillaume Moffet pour BRBRreportagebrbrhttp://urbania.ca/canaux/reportages/5118/montreal-nest-pas-le-centre-de-lunivers-deuxieme-partie
Montréal n’est pas le centre de l’univers (Première partie)Montréal s’aime et veut se faire aimer en ne parlant que d’elle-même, la plupart du temps. Peut-être est-ce intrinsèque à sa langue, sa culture, je ne saurais dire (et je ne suis pas outillé pour me pencher comme un grand sur la question, je m’en confesse) et vous me direz que Montréal a toutes les raisons de s’aimer et de ne parler que d’elle et je vous répondrai que vous avez sans doute raison. Soit.
Reste que Montréal, en musique, n’est pas le centre de l’univers. Et que, à la suite de ces deux ans à tenter de dénicher ce qui se fait de mieux en musique à travers le pays, on peut se targuer d’être, au Canada, l’une des plus grandes forces musicales du moment.

En voici quelques preuves. Ou du moins, quelques noms, triés par ville, qui sont sur le point d’exploser. Ou qu’on aimerait voir exploser dans les prochains mois. Ou… 

Bon. Vous avez compris, je pense.

Québec. La ville.
Si Québec, en mettant toute son attention sur son sapré aréna-mutliplexe-on-se-pette-les-bretelles,  est en train de faire de la rue Saint-Jean et de son Vieux Québ’ un triste spectacle pour touristes only, elle regorge d’artistes peu ou à peu près pas connus qui méritent une attention particulière.

Men I Trust
Projet du producteur Dragos (prononcez Dragosh, et vous aurez l’air ben cool, parce que c’est comme ça qu’il faut le dire), Men I Trust est pas mal né en février dernier lorsqu’on a voulu filmer une session BRBR avec le bidouilleur et étudiant au doc en Musicologie : recherche-création à l’Université Laval. Le garçon a répondu oui à notre invitation, puis s’est monté un band avec Jessy Caron et ça a donné cela, Men I Trust.

Misant sur une poignée de synthés tout droit sortis de la fin des années 70, Dragos assoit son électro aérien tout près de ce que Air et Kavinsky font si bien, ne délaissant toutefois pas les accroches obsédantes à la Disclosure. Du bonbon et sans doute le seul à faire un truc du genre (aussi bien) dans la Belle Province. 

Un premier album complet est prévu pour la fin mai avec le gratin des chanteurs de Québec  dont Helena Deland, Marie-Renée Grondin et PE Beaudoin.  



Jérôme Charrette-Pépin
Bon. Le gaillard Charrette-Pépin s’est peut-être planté aux Francouvertes cette année. S’il avait attendu un an ou deux, il est évident que le grand bougre de 18-19 ans se serait démarqué du lot. En écoutant ses peintures à numéro de chanson folk comme la superbement absurde (mais superbe quand même) Je t’aime tellement, on ne peut pas s’empêcher qu’il y a de la graine de champion dans ce bonhomme-là. 

J’apprécie particulièrement Quand toi pis moi.


Ottawa-Gatineau 
Pour avoir vécu dans la Capitale nationale pendant huit ans, je peux vous dire que la musique se porte on ne peut plus bien dans la Ville de Monsieur «Nickelback » Harper. Voici deux noms qui font de la région un endroit à ne pas sous-estimer. 

Kalle Mattson
Originaire de Sault-Sainte-Marie, Ontario (les initiés prononceront SOU-Sainte-Marie), mais basé depuis plusieurs années, Kalle Wainio trimbale son projet Kalle Mattson aux quatre coins du pays à un rythme effarant.  Tant désarmant qu’obsédant, Someday, the Moon Will Be Gold – non, mais, ce titre ! – est paru à l’hiver 2014 et a remporté un succès surprenant auprès de la presse spécialisée internationale, dont un 7.6 chez Pitchfork. 

Aficionados de Wilco et Springsteen, vous tomberez rapidement sur le charme de Mattson.  

Fevers
Le combo électropop Fevers a lancé son tout premier long-jeu No Room for Light en septembre 2014. Et puis, pas grand-chose. On aurait aimé les voir remporter un succès instantané, tant l’album, réalisé par Laurence Currie (Holy Fuck, Sloan), regorge de brûlots pop comme Pray for Sound, rappelant parfois un Metric un «ti-peu » plus sucré, handclaps en plus.

L’album a encore tout le temps de connaître une belle vie. Ce qu’on lui souhaite.  

Toronto 
Si la Ville Reine reste souvent dans l’ombre de Montréal en termes de couverture médiatique internationale, il est clair que bon nombre de bands  torontois accotent les Random Recepie et Half Moon Run de ce monde. Et y’a certainement plus à Toronto que Drake et Broken Social Scene.

Jessy Lanza
Nouvelle égérie de l’étiquette britannique Hyperdub (Burial, Darkstar), Jessy Lanza a lancé Pull My Hair Back à l’automne 2013. Réalisé en étroite collaboration avec Jeremy Greenspan de Junior Boys, son album est le genre de truc qui fera douter celui qui dit ne pas aimer l’électro. Grooves minimaux, chant susurré, présence diaphane, on croirait entendre une Jessie Ware sur un trip d’hélium. Superbe. 

The Strumbellas
Tannés du folk à la Mumford & Sons ? Moi aussi. J’en ai soupé des sentiments soi-disant honnêtes couverts de banjo et menés par les tapements de pieds au sol. Pourtant, le folk-pop de jours ensoleillés des Strumbellas est si bien fait que je me surprends à entamer quelques-unes de leurs chansons dans ma douche le matin. Ça révolutionne rien, mais c’est pas du tout ce que cette formation a l’intention de faire. La ferme et souris.


La semaine prochaine : Vancouver, Moncton, Calgary…
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http://urbania.ca/canaux/reportages/5101/montreal-n-est-pas-le-centre-de-l-univers-premiere-partieFri, 23 May 2014 13:48:17 EDTGuillaume Moffet pour BRBRbrbrreportagehttp://urbania.ca/canaux/reportages/5101/montreal-n-est-pas-le-centre-de-l-univers-premiere-partie
La ville de la semaine: La page Facebook d'Urbania en imageshttp://urbania.ca/canaux/reportages/5017/la-ville-de-la-semaine-la-page-facebook-durbania-en-imagesThu, 17 Apr 2014 13:20:30 EDTUrbania Ville de la semaine en imagesville de la semainefacebookfacebookistanreportage_mediahttp://urbania.ca/canaux/reportages/5017/la-ville-de-la-semaine-la-page-facebook-durbania-en-imagesDossier Élections Municipales 2013
29 octobre

Le sandwich de la honte, par @ericsamson









28 octobre


Les 12 citations les plus «LOL» de la campagne électorale, par @andredesorel









23 octobre


Entrevue Twitter avec le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron









21 octobre

Partir de loin : une journée en compagnie de François Croteau par @andredesorel









2 octobre





Montréal: ce ne sont pas les idées qui manquent par @PascalHenrard






27 septembre




Montréal doit devenir la ville étudiante par excellence par @MarcelCoteMTL






19 septembre




J'ai donné 100$ à Ferrandez par @PascalHenrard







Et noubliez pas de lire le manifeste Imaginer Montréal!






Imaginer Montréal par @ecoleurbania]]>
http://urbania.ca/canaux/reportages/4492/dossier-elections-municipales-2013Tue, 08 Oct 2013 11:08:30 EDTUrbania municipalite2013démocratiemontrealmunicipalesélectionsreportagehttp://urbania.ca/canaux/reportages/4492/dossier-elections-municipales-2013
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http://urbania.ca/canaux/reportages/4333/special-etudiantsMon, 23 Sep 2013 09:28:32 EDTUrbania watatatowcollège militairedrogueg-dolfFar Westlucien francoeurrelation prof étudiantrelationsinitiationshayder kadhimétudiantsreportagehttp://urbania.ca/canaux/reportages/4333/special-etudiants
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Dans les rues de Cork, Irlande



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http://urbania.ca/canaux/reportages/4048/special-rueWed, 12 Jun 2013 06:10:04 EDTUrbania street fightervélomessagerSesame Streetsam the wheelsmontmartreelliottgrandpaSocalledrue38urbaniamagazinereportagehttp://urbania.ca/canaux/reportages/4048/special-rue
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Youppi est-il roux?


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http://urbania.ca/canaux/reportages/3845/special-rouxSun, 24 Mar 2013 22:02:38 EDTUrbania fanny lauzierirlanderousseurrousseroux2013printemps37urbaniamagazinereportagehttp://urbania.ca/canaux/reportages/3845/special-roux
Spécial Anglos
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Les photos d'ambiance du lancement: Partie 1 & Partie 2
Le photomatron du lancement: Partie 1 & Partie 2

C'est pas la première fois qu'on parle des anglos


Témoins de la Loi 101


O Canada. O Fucking Canada


Concours de photos Instagram Montréal Bilingue


La star du vendredi: Simon Roberts

Un serpent au paradis terrestre


La star du vendredi: James Pearson Howes




Avez-vous essayé le Bilingui-Z-ator ?

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http://urbania.ca/canaux/reportages/3575/special-anglosSun, 23 Dec 2012 14:52:01 ESTUrbania canadaquebecmontrealbilinguismebilinguelangueFrancofrançaisanglais2013hiver36specialmagazineurbaniareportagehttp://urbania.ca/canaux/reportages/3575/special-anglos
C'est pas la première fois qu'on parle des Anglos...

Sorry, I don't speak French!
Un des articles les plus lus et commentés de l'histoire d'Urbania. Issu du Spécial Montréal (#17).





Josh Freed
Une rencontre avec le populaire chroniqueur de The Gazette. Aussi issue du Spécial Montréal (#17).





Dear Anglo FB Friends
Une réaction controversée à l'attentat sur Pauline Marois le soir des dernières élections.





Quand Montreal a-t-elle perdu son accent?
Une chronique d'humeur sur la situation du français à Montréal.





Parce que c'est en anglais qu'on réussit dans la vie
Un constat sur la prépondérance de l'anglais dans les hautes sphères de la société.





Tirer la langue... et montrer le poing!
Une réaction face à certaines décisions de notre bon vieux gouvernement Harper.





Y veulent pas parler not'langue
Un point de vue sur l'apprentissage (ou non) du français par les anglophones.





Faut qu'on se parle
Un peu la même chose que l'autre juste au-dessus, mais écrit différemment par une personne différente.


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Le Spécial Anglos d'Urbania sera en kiosque dès le 14 décembre]]>
http://urbania.ca/canaux/reportages/3604/cest-pas-la-premiere-fois-quon-parle-des-anglosThu, 06 Dec 2012 22:41:55 ESTUrbania urbaniaurbanglosmagazineenglishanglaisanglophoneanglosangloreportagehttp://urbania.ca/canaux/reportages/3604/cest-pas-la-premiere-fois-quon-parle-des-anglos