Urbania - conversationshttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationMon, 20 May 2013 12:47:57 EDT60Gaby Dufresne-Cyr : prof de dogaQu’est-ce que c’est le doga?
Il y a plusieurs pratiques de yoga pour chien. Aux États-Unis, on va se servir du chien comme accessoire de yoga. D’autres prennent le chien et le mettent dans des postures de yoga. Moi, je fais carrément du yoga avec mon chien : mes mouvements sont des «cues» pour mon chien. Quand je fais adho mukha svanasana, mon chien fait la même chose devant moi.

Fou! Mon chien ne serait jamais capable de faire ça!
Tous les chiens peuvent apprendre, à n’importe quel âge. On procède par petits groupes de 3-4 chiens. Les cours sont divisés en trois : 20 minutes de yoga humain pour que les chiens se calment, 20 minutes où le maître montre une pose à son chien, et 20 minutes de méditation/massage. Chaque pose est divisée en étapes : pour se rendre à la position du bateau, j’amène le chien à se coucher, puis à se coucher sur le côté, et ensuite sur le dos. Ensuite il s’améliore, essaie des variantes, s’étire les pattes.

Est-ce que les chiens aiment ça?
Oui. Ça les relaxe beaucoup. Quand un chien s’étire, c’est signe qu’il est relaxe, qu’il évacue son stress. Ça travaille aussi sa concentration et ça améliore beaucoup la relation maître/chien. Il doit me faire confiance pour faire des affaires de même! Ça peut aider des chiens qui ont été battus. Albear, lui, peut passer des heures dans la position du bateau!

Combien de positions connaît-il?
Une quinzaine, pas toutes maîtrisées. Et comme il n’est pas très flexible des épaules, quand on fait le guerrier ensemble, c’est plus moi qui m’adapte pour ne pas qu’il se blesse.

Comment vous faites pour que les chiens ne soient pas énervés par les autres chiens dans un cours de doga?
C’est un peu ça le but de la pratique! Les chiens arrivent ici très énervés, et ressortent de la pratique plus relaxes. D’une séance à l’autre, ils arrivent ici plus détendus parce qu’ils savent qu’ils sont ici pour se calmer.

Quel est votre background pour enseigner le doga?

Je suis comportementaliste animale. Au lieu de trouver un moyen pour qu’un chien arrête de creuser des trous, comme les éducateurs canins, moi, j’essaie de comprendre pourquoi il fait ça.

Vous êtes comme une psychanalyste pour chiens?

Oui, c’est à peu près ça!]]>
http://urbania.ca/canaux/conversations/3982/gaby-dufresne-cyr-prof-de-dogaFri, 17 May 2013 13:25:40 EDTgaby dufresne-cyranimauxyogaanimaldogachienreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/3982/gaby-dufresne-cyr-prof-de-doga
Noel Biderman, entremetteur pour gens mariésPourquoi les gens ont-ils des aventures extraconjugales?
Chez les hommes, c’est une question de sexe. Chez les femmes, évidemment, c’est beaucoup plus complexe. Elles veulent se sentir aimées différemment. Beaucoup d’hommes mariés utilisent aussi AshleyMadison.com pour avoir des aventures homosexuelles. On appelle ça le «down low».

Vous, avez-vous déjà trompé votre femme?
Pas encore! Ma femme sait que si je me lève un matin et que je lui fais remarquer qu’on n’a pas fait l’amour depuis un bout, je pourrais aller voir ailleurs. J’aurais une aventure bien avant de demander le divorce.

Vous trouvez qu’il est plus important de sauver un mariage que de ne pas tromper sa femme?

Les obligations liées au mariage sont beaucoup plus importantes que le sexe. J’ai des enfants à élever, des responsabilités financières, je ne me dédouanerais pas de ces obligations simplement parce que je ne suis pas satisfait sexuellement.

Savez-vous combien coûte un divorce en moyenne?
Le mien coûterait des millions! Mon service coûte 49$, c’est beaucoup moins cher.

Ok, mais si vous vous faites prendre, votre divorce vous coûtera encore plus cher!
Tromper comporte deux défis : trouver un amant, et ne pas se faire prendre. C’est pourquoi chez AshleyMadison.com, on vous propose une expérience super discrète. C’est beaucoup plus sûr que d’avoir une aventure avec quelqu’un sur Facebook ou au travail.

Comment ça marche?

On ne vous demande jamais votre nom, et on ne vous facture jamais en notre nom. Vous indiquez vos attentes et vous décidez du niveau de confidentialité que vous désirez maintenir avec votre amant. Par exemple, vous pouvez cacher votre photo.

Ok, et si mettons vous tombez sur votre «douce moitié»?

Ça n’est jamais arrivé parmi les 19 millions de membres que nous avons, et je crois que si ça arrivait à des conjoints de se trouver sur AshleyMadison.com, ça en dirait long sur leur mariage!

Pourquoi vous présentez-vous comme l’homme le plus détesté d’Internet?

C’est un journaliste qui m’a collé cette étiquette, et je m’en fais une certaine fierté. Les gens me détestent parce que je représente leur crainte d’être trompé. Quand on apprend que quelqu’un a commis un adultère, que ce soit Bill Clinton ou Kristen Stewart, on les range du côté des méchants, des briseurs de ménage. Mais il y a toujours deux côtés à une médaille, et je pense qu’on devrait faire preuve de tolérance envers ces gens-là.]]>
http://urbania.ca/canaux/conversations/3966/noel-biderman-entremetteur-pour-gens-mariesFri, 10 May 2013 13:29:39 EDTextraconjugalextraconjugalrelationmariemariagemadisonashleyreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/3966/noel-biderman-entremetteur-pour-gens-maries
Simon Bertrand, brasseur de kombuchaÇa vient d’où, la culture de kombucha?
On n’a pas vraiment de réponse à ça. On dit à la blague que quelqu’un a dû oublier une tasse de thé sucré et que, en contact avec les bactéries ambiantes, ça aurait créé ça, mais il y a d’autres hypothèses peut-être plus scientifiques. Ça reste quand même un mystère.

C’est quoi les étapes de brassage?
En gros, on infuse du thé, on le sucre, on y ajoute de la culture de kombucha, puis on le laisse fermenter de sept à dix jours. Après une semaine, on peut commencer à développer le goût, à ajouter de la saveur. La recette est très simple et on la donne sur notre site Internet, risekombucha.com. Nous, on a perfectionné notre technique et en mélangeant des fermentations plus jeunes et plus anciennes, on peut obtenir un goût moins vinaigré.

Qui boit ça?
À la base, c’était un breuvage que les hippies faisaient chez eux. Même moi, les premières fois qu’on est allés chercher du financement, j’avais des dreads. Aujourd’hui, c’est un marché de 400 millions de dollars en Amérique du Nord, depuis que des vedettes comme Madonna, Halle Berry et Pamela Anderson se sont mises à en boire. Lindsay Lohan, on a su qu’elle buvait du kombucha parce qu’elle a dit que c’était ça qui avait déclenché son bracelet détecteur d’alcool.

Y a de l’alcool, dans le kombucha?

Il peut y en avoir, selon le degré de fermentation, mais nous, on contrôle vraiment bien notre produit. On le maintient à moins de 0,1% d’alcool, on est les seuls à faire ça aussi bien. Par contre, si vous voulez le mélanger avec de l’alcool, ça fait des super bons cocktails. Et en plus, ça aide à ne pas avoir de gueule de bois.

Quelles sont les autres propriétés du kombucha?

C’est antioxydant, ça aide la digestion, ça contient des électrolytes qui favorisent l’hydratation, ça soutient le système immunitaire et on peut dire, dans un sens plus large, que ça détoxifie parce que les acides gluconiques que ça contient aident la glucoronidation des toxines.

Es-tu microbiologiste, pour savoir tout ça?
Non, mais j’ai étudié en herboristerie et je suis champion d’Expo-sciences!]]>
http://urbania.ca/canaux/conversations/3943/simon-bertrand-brasseur-de-kombuchaFri, 26 Apr 2013 13:19:36 EDTantioxydantpétillantalcoolherbeinfusionthékombuchareportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/3943/simon-bertrand-brasseur-de-kombucha
David Goranitis, peintre éboueurSi je dis que tu es éboueur, est-ce que c’est péjoratif?
Je pense que ça décrit ceux qui ramassent la merde, mais moi, ça ne m’offusque pas. En réalité, je ramasse le recyclage pour la Ville de Montréal. C’est un peu différent, parce qu’on ne ramasse pas le même style de déchets. Le recyclage, ça ne pue pas, et l’ergonomie est complètement différente. Les vidanges, c’est des sacs, tu peux l’agripper et utiliser la force d’inertie. Nous, c’est plus des mouvements carrés vu qu’on ramasse des bacs. On peut en ramasser 900 dans une run, à la longue, on développe nos stratégies.

T’as l’air passionné par ton métier, alors que pour plusieurs, c’est à peu près le pire métier du monde!
C’est pas le pire métier du monde. C’est très demandant, ça peut être abrutissant, mais moi j’associe ça beaucoup à la danse. C’est un peu comme si on dansait avec les bacs, avec le camion et avec notre partenaire, comme une chorégraphie. Je rêve de voir un chorégraphe contemporain s’inspirer de ça, parce que c’est vraiment beau.

Tellement beau que ça t’a inspiré des toiles?
Comme j’ai un background en art, je vois ça avec mes lunettes d’artiste. D’autres le voient comme un sport. Ça nous permet d’accepter cette réalité qui est assez dure. Je voulais dépeindre ça. C’est gars-là sont forts mentalement et démontrent une intelligence physique aussi pour ne pas se blesser. Je les trouve résilients.

Pourquoi les trouves-tu beaux?
Je ne les trouve pas vraiment beaux, mais c’est ma réalité. Les toiles que j’ai peintes les représentent dans les journées les plus froides de l’hiver. Ce sont deux partenaires.

Est-ce que les partenaires, en ébouage, c’est comme dans la police?
Oui, ce sont des équipes très fortes. Les gars apprennent à travailler ensemble et à communiquer. Si tu t’entends pas bien avec ton partenaire, la job se fait très mal et il y a beaucoup plus de risques de blessures.

Les pires conditions, c’est quoi?

Quand il fait extrêmement froid ou extrêmement chaud, ou quand il fait environ zéro Celsius et qu’il pleut. Le froid te prend jusqu’aux os.

Comment on se sent après un quart de travail?
Les quarts durent 9h et notre parcours fait en moyenne 10km. On est épuisés.]]>
http://urbania.ca/canaux/conversations/3940/david-goranitis-peintre-eboueurThu, 25 Apr 2013 16:08:53 EDTtoilerecyclageDavid Goranitisartordureseboueurpeintrereportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/3940/david-goranitis-peintre-eboueur
Olivier Bernard, le pharmachienPourquoi t’es-tu donné la mission d’éduquer les gens sur les médicaments?
Avec les pharmacies en ligne, où tu peux obtenir des médicaments parfois sans ordonnance, les gens doivent être plus responsables par rapport à leur santé, mais avec Internet, c’est difficile de trouver une source d’informations fiable. Moi, j’ai toujours aimé communiquer. J’étais rédacteur en chef du journal de pharmacie à l’école. Ce que je préfère, c’est défaire les mythes.

C’est quoi la pire niaiserie que tu entends derrière ton comptoir de pharmacien?

Les gens pensent que quand c’est chimique c’est mauvais, et quand c’est naturel c’est bon. Ils ne réalisent pas que les médicaments sont d’origine naturelle et que des tonnes de substances naturelles peuvent tuer. Les vitamines, par exemple, ça peut nuire à la santé.

Ah oui?
Trop de vitamine A, c’est neurotoxique, ça atteint le cerveau. Tu peux faire une hypervitaminose, c’est super dangereux. À peu près n’importe quel produit naturel sur les tablettes, si t’en prends trop, ça va te tuer.

T’as aussi une dent contre l’homéopathie, pourquoi?
Je pense que c’est l’arnaque du siècle. Ce sont des placebos. C’est pareil comme boire un verre d’eau du robinet. C’est super utile pour les gens qui ont trop d’argent et qui cherchent un moyen de s’en débarrasser.

Pourquoi vous en vendez alors?

L’homéopathie, les colliers de noisetiers, les produits détoxifiants, les pharmacies en vendent parce que les clients en demandent. Les pharmaciens propriétaires veulent faire plaisir à leur clientèle. Moi, j’éduque les gens sur mon blogue pour que les gens cessent d’en demander et que ces produits-là meurent par eux-mêmes.

Et les suppositoires, ça fonctionne?
Oui, mais c’est moins populaire au Québec qu’en Europe, par exemple. Ici, on n’est pas super confortable avec ce procédé, on dirait. 

Pourquoi utilises-tu la bande dessinée pour traiter d’un sujet aussi sérieux?
Moi, personnellement, pour apprendre, je dois m’amuser. Être assis et lire des textes qui n’en finissent plus, ça m’ennuie. Pour moi, la bande dessinée c’est un moyen de rendre les choses accessibles. Même si je sais pas dessiner, je persiste parce que quand je regarde le produit fini, moi-même ça me fait rire.

lepharmachien.com]]>
http://urbania.ca/canaux/conversations/3923/olivier-bernard-le-pharmachienFri, 19 Apr 2013 11:56:29 EDTmedicamentpharmaciebloguepharmachienolivier bernardreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/3923/olivier-bernard-le-pharmachien
Jeffrey Mogil, généticien et expert en douleurCe texte est extrait du Spécial ROUX, en kiosque dès maintenant ou disponible en version PDF sur la Boutique Urbania

Or, en 2003, le Dr Jeffrey Mogil, directeur de la Chaire de recherche sur la douleur de l’Université McGill, a fait une découverte très étonnante sur la question. Rousseur, douleur, ADN et génétique : les roux, nouvelle race de X-Men?


D’abord, peut-on dire qu’il existe un gène de la rousseur?
Oui, tout à fait, mais il n’est pas responsable de la rousseur de tous les roux, seulement de celle de 85 % d’entre eux — le 15 % restant, nous n’en sommes pas certains! Ce gène, on l'appelle MC1R. Cependant, il présente de nombreuses mutations, ou variantes, ce qui explique pourquoi les roux n’ont pas tous la même rousseur.

Quelle est la découverte que vous avez faite relativement à ce fameux MC1R?
Au départ, nous voulions déterminer quel gène était responsable de la différence de réponse à un analgésique en particulier. Nous avons découvert que le MC1R jouait un rôle certain dans la perception de la douleur. Mais ce gène serait également lié à plusieurs autres choses, comme les taches de rousseur, l’inflammation, les risques de cancer, la réponse à l’anesthésie ou à certains antidouleurs... 

Et puis, est-ce vrai que les roux sont plus douillets que les autres ?
Justement, non! Nous avons découvert, d'une part, que les roux étaient moins sensibles à la douleur, et d'autre part, qu'ils étaient plus réceptifs à une certaine forme d’analgésique. Deux bonnes choses, non?

Donc, c'est comme si les roux étaient des X-Men avec une génétique étanche à la douleur?
Non, vraiment pas.

Mais vous pulvérisez tout de même le mythe qui veut que les roux sont plus sensibles à la douleur...
Je ne sais pas trop d’où ce mythe provient, d'ailleurs. L’émission Mythbusters a consacré un segment à ce sujet, et en effet, ils ont présenté ça comme si les roux étaient prétendument plus sensibles à la douleur.

Comment ça se fait?

Il y a un groupe de recherche américain, le Sessler Group, qui a découvert que les roux répondaient moins bien à l’anesthésie. Les anesthésistes suspectaient d’ailleurs ce phénomène depuis longtemps, puisqu’en se parlant entre eux, ils avaient réalisé que les roux étaient généralement plus difficiles à « geler »... Ces chercheurs sont donc arrivés à des conclusions contraires aux nôtres. On ne sait pas trop pourquoi; peut-être est-ce dû au fait que nous, on étudiait la sensibilité aux décharges électriques, et eux, à la chaleur, ce qui a créé des variations dans la définition même de la résistance à la douleur.

Mais dans leur vie concrète de tous les jours, les roux sentent-ils vraiment une différence? S’ils se blessent, le ressentent-ils « moins »?
Probablement pas. Dans notre étude, par exemple, sous conditions contrôlées, les roux semblaient tolérer 25 % plus la douleur que les non-roux. Mais qu’est-ce qu’une différence de 25 %, en réalité? C’est relatif. Je crois qu’à travers l’histoire, les roux ont davantage été perçus comme des toughs, avec un fort tempérament, chose qu’on pourrait attribuer à une plus grande tolérance à la douleur... But who knows!

Stylisme:
Anne Fafard-Blais
Maquillage et coiffure:
Léonie Lévesque-Robert

Le Spécial ROUX est en kiosque dès maintenant ou disponible en version PDF sur la Boutique Urbania

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http://urbania.ca/canaux/conversations/3916/jeffrey-mogil-geneticien-et-expert-en-douleurWed, 17 Apr 2013 10:14:06 EDTdouleurgeneticiengenetiquerousseurrousserouxreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/3916/jeffrey-mogil-geneticien-et-expert-en-douleur
KANAVAL : « purement authentique »
Cheryl Sim, commissaire adjointe à la Fondation DHC/ART, a collaboré avec l’artiste et le Centre PHI pour présenter l’exposition à Montréal. Elle s’entretient avec nous des résultats de cette fructueuse collaboration.

Les photographies de la série Kanaval ont déjà été exposées dans plusieurs musées et galeries, à Londres et à Paris entre autres. Comment l’idée de les présenter à Montréal est-elle venue?

C’était l’idée des organisateurs de l’évènement de Kanpe, une fondation établie à Montréal qui aide des familles en Haïti à reconstruire des maisons et à sortir de la pauvreté. Le Centre PHI a accepté de présenter un évènement de levée de fonds pour la fondation. Le titre de l’évènement était Kanaval tout comme l’exposition de Leah Gordon. Les organisateurs la connaissant bien, ils ont suggéré que le Centre PHI accueille aussi l’exposition. Je suis donc entrée en communication avec elle à ce sujet en novembre dernier.

Novembre! C’est très rapide pour monter une exposition!

 Oui effectivement, ça s’est fait très rapidement car Leah connaît très bien ses œuvres. Elle a déjà monté cette exposition plusieurs fois, donc ce fut très simple de s’échanger les fichiers photos par Internet. On a un très bel espace d’exposition mais il n’est pas si grand. C’était donc également facile de connaître le nombre d’œuvres que l’on pouvait montrer et de les sélectionner par la suite.



Comment s’est faite la sélection des œuvres?

Leah a produit énormément de photos sur le sujet, il y en a plus de 80, mais on ne pouvait en présenter que 12 parce qu’elles sont jumelées à des histoires orales. Les personnes photographiées parlent de leur costume, du personnage qu’elles jouent pendant le carnaval. Les histoires sont aussi des œuvres en elles-mêmes. Il fallait donc réserver un espace sur le mur pour accueillir le texte. On a travaillé ensemble pour sélectionner 12 photos et cinq textes mais c’est principalement Leah qui les a choisies en fonction de ses préférées du moment. Je crois qu’au fil des années, elle s’est particulièrement attachée à certaines œuvres.

Dans votre travail artistique on retrouve plusieurs thèmes communs avec celui de Leah Gordon, particulièrement le post-colonialisme, l’identité et la représentation. Pouvez-vous nous en parler?
Oui, Leah explore des idées et des thèmes liés au colonialisme. Je fais de même à travers mes recherches donc j’étais très heureuse de connaître son travail. La question de la représentation est centrale. À chaque fois que l’on représente le corps, on projette des idées. C’est pour cela que Leah a tenu à rajouter les histoires orales. Sans quoi, ça risque de devenir un spectacle, le regard est fixé mais l’image reste superficielle. Les Haïtiens sont souvent représentés dans les médias de façon très simpliste; il faut travailler plus fort, plus en profondeur, pour présenter une image d’un peuple ou d’un évènement complexe qui a plusieurs dimensions, plusieurs facettes, pour que ça ne devienne pas un autre stéréotype.

Pour Leah, le plus important était de montrer que les habitants de Jacmel sont résilients mais aussi ultra-créatifs. C’est une ville d’artistes, on y trouve énormément de créativité. Leah a été très impressionnée par le carnaval car ça vient véritablement du cœur du peuple, de son histoire. Les carnavaliers fabriquent leur costume avec à peu près n’importe quelle trouvaille. Aussi, le carnaval n’est généralement pas subventionné. Ce n’est pas un défilé structuré, ça vient vraiment du peuple. Il est important pour elle de montrer au monde occidental qu’il est possible de faire quelque chose de purement authentique.



Les photographies ont un aspect très documentaire, presque ethnographique.
Dès qu’une personne venant de l’extérieur documente un évènement ou des peuples d’une autre culture que la sienne, il s’agit d’ethnographie. Il y a une tradition, dans les anciens pays impérialistes, de voyageurs qui décrivaient l’« autre » à partir de leurs propres yeux. Il faut comprendre qu’encore aujourd’hui, le contexte d’où vient la personne qui documente aura inévitablement un impact sur la lentille, sur sa façon de photographier.
 
Leah prend cela en considération. Certains qualifient son travail d’« ethnographie de performance ». En effet, en acceptant de poser pour elle, ses sujets deviennent complices. Le processus de prise de photo est long. Elle utilise une caméra analogue moyen format. La captation dure environ 30 secondes. Donc, les gens qui posent doivent rester immobiles pendant tout ce temps. Elle explique qu’il se développe alors un lien entre elle, photographe, et eux, sujets. Ils se retrouvent comme transportés de la rue où le carnaval bat son plein à un studio où ils partagent ensemble un moment unique. Cela se remarque dans ses photos. Le rajout des histoires orales les rend encore plus dimensionnelles. Elles dépassent la simple ethnographie à l’européenne. On sent vraiment l’œil singulier de l’artiste. Il y a beaucoup d’amour et d’admiration dans sa façon de présenter les sujets.

Il y a aussi un aspect candide. Leah arrive à établir un réel lien de confiance avec ses sujets. Elle a créé cette série au cours de 13 années pendant lesquelles elle a fait plusieurs allers et retours entre Londres et Jacmel. Un tel projet requiert beaucoup de temps. Elle s’est réellement insérée dans la communauté. Ce n’est pas comme si elle était allée y faire un reportage, avait pris quelques photos en vitesse et n’y avait plus jamais remis les pieds.

Il y a une importante communauté haïtienne au Québec, et plus particulièrement à Montréal. Savez-vous quelles sont les réactions face à l’exposition?

Il est difficile de savoir si les Haïtiens de Montréal viennent au Centre parce qu’on n’a pas fait de sondage ou de recensement. Mais on espère que le mot passe. Il faut prendre en compte que la communauté est très grande et vaste, donc il n’y a pas un seul moyen d’aborder ses membres. Il nous faut être consistants, emprunter plusieurs pistes en espérant que ça attire les gens. Jusqu’à présent, l’exposition a été populaire et elle ne s’achève qu’à la fin avril, donc il y a encore du temps!


KANAVAL de Leah Gordon est présenté au Centre PHI jusqu’au 27 avril 2013.

407, rue Saint-Pierre, Montréal, QC H2Y 2M3
(514) 844-7474
phi-centre.com



Photos: Leah Gordon]]>
http://urbania.ca/canaux/conversations/3914/kanaval-purement-authentiqueTue, 16 Apr 2013 13:29:35 EDTcentre phiHaïtijacmelkanavalleah gordonreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/3914/kanaval-purement-authentique
Judith Portier, designer de conteneursComment utilises-tu les conteneurs?
Le premier design de conteneur que j’ai fait, c’était pour les commerçants de la rue Wellington. On l’a transformé en atelier du père Noël. Sinon, on peut les transformer en pop-up shops, en librairies mobiles, ça peut être l’extension d’une institution, d’un restaurant, d’un festival, n’importe quoi. On n’a pas vu le début des possibilités encore!

Est-ce qu’il est possible de vivre dans un conteneur au Québec?

Habiter dans un conteneur, ça se fait. C’est sûr qu’au Québec, il faut isoler ça. Pour moi, le conteneur a plutôt une vocation événementielle, parce que c’est fait pour voyager. Ce qui m’intéresse c’est le côté éphémère du container. Dans mes projets, j’essaie toujours de respecter la fonction du conteneur.

Qu’est-ce que tu veux dire?

C’est un objet qui sert d’abord au transport, et j’essaie de respecter cette identité-là. Par exemple, quand j’ai transformé un conteneur en atelier du père Noël, j’ai voulu mettre l’accent sur l’aspect «shipping» du père Noël, comme s’il arrivait par bateau avec ses cadeaux.

Comment on achète ça, un conteneur?

Des gens en font la location, tu peux l’acheter neuf ou usagé, t’en faire venir un tout emménagé de Chine. Le prix varie entre 0$ et 20 000$, parce qu’il y en a de différentes grandeurs, des neufs, des usagés. C’est comme une voiture au fond.

C’est quoi les plus grandes difficultés, quand on transforme un conteneur?
C’est petit! Tout doit être fonctionnel et chaque quart de pouce compte. S’il y a un comptoir ou des électroménagers, par exemple, c’est comme un Tetris, de tout agencer ça. Et comme ça s’ouvre en façade, il y a tout un côté sur lequel on ne peut pas s’appuyer. En même temps, il y a toutes sortes de petites particularités le fun à connaître, sur un conteneur.

Comme?
Le plancher, c’est du contreplaqué marin d’un pouce d’épais. Je trouve ça super beau : tu peux le peinturer ou le laisser brut. Et aussi, il y a plusieurs configurations possibles au niveau des ouvertures.

Qu’est-ce qui t’attire, dans les conteneurs?
J’ai toujours été fascinée de voir ces gros objets qui viennent de loin. On peut parfois deviner leur provenance grâce à ce qui est écrit dessus.  MAERSK, par exemple, ça veut dire conteneur en danois. J’aime leurs couleurs éclatantes, leur forme, leur texture lignée aussi. C’est gros, c’est solide, c’est vieux, c’est usé. C’est une boîte de transport utilisable à l’infini, une petite boîte avec laquelle tu peux faire n’importe quoi. J’aime aussi son effet sur les gens : déposer cet objet-là au milieu de la rue, ça surprend!]]>
http://urbania.ca/canaux/conversations/3909/judith-portier-designer-de-conteneursFri, 12 Apr 2013 14:02:20 EDTlocationmaerskdesignerdesignconteneurcontainerreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/3909/judith-portier-designer-de-conteneurs
Maxime Baron, luthierComment devient-on luthier?
Moi, je suis passé par l’atelier Bruand, une école affiliée au Collège Édouard-Montpetit.

T’as pas appris avec un vieux luthier dans un vieil atelier plein de poussière?
Non, ça ne fonctionne pas vraiment par compagnonnage au Québec! Mais ici, je travaille parfois avec Marc Lupien, des guitares XXL. C’est une sommité au Québec. Quand je fais face à des défis, il m’aide.

C’est quoi vos plus grands défis, en lutherie?
L’approvisionnement en bois. On a beaucoup d’essences intéressantes, au Québec, mais on ne peut pas se contenter de ça. On utilise parfois six ou sept essences de bois différentes dans une guitare, comme de l’épinette, de l’acajou ou du bois de rose, qui a une qualité acoustique exceptionnelle. Comme il est toxique, ça nous prend un purificateur d’air, sinon c’est mauvais pour les poumons. Plusieurs vieux luthiers ont des difficultés respiratoires.

Est-ce que c’est un métier dangereux?

Oui. On dit que t’es chanceux si tu finis ta carrière avec tes dix doigts. On travaille avec des outils hyper tranchants, parce que ça demande beaucoup de précision. Beaucoup plus qu’en ébénisterie, parce que la moindre imperfection aura un impact sur le son.

Combien de temps ça te prend, fabriquer une guitare?

Entre trois et six mois. Comme ce sont des guitares uniques, on doit constamment fabriquer des machines pour réaliser différentes parties d’instrument. Par exemple, pour ma dernière guitare, j’ai dû bricoler quelque chose pour coller la table, qui est formée de deux pièces. C’est mon sixième instrument. On gagne surtout notre vie à réparer des guitares.

Combien peux-tu les vendre?
Les miennes se vendent entre 2000 et 3000$. Les guitares de luthier, c’est moins cher qu’on pense, surtout chez un luthier en début de carrière. Les gens sont prêts à payer 3000$ pour une Gibson alors que pour le même prix, ils pourraient avoir une guitare faite sur mesure.

Est-ce que des musiciens connus jouent de tes guitares?
Je suis en pourparlers avec un artiste en ce moment, mais je ne peux pas dire son nom. Dans le domaine, c’est dur de percer auprès d’un artiste parce que les grosses compagnies leur offrent des instruments gratuitement, pour qu’ils en fassent la promotion. Mais quand un musicien essaie une de mes guitares, il voit tout de suite la différence!]]>
http://urbania.ca/canaux/conversations/3870/maxime-baron-luthierThu, 28 Mar 2013 16:29:39 EDTgibsonmusiqueinstrumentsonCadburyluthguitaremaxime baronluthierreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/3870/maxime-baron-luthier
Charles Prévost : chanteur d’hymnes nationaux pour le CanadienQu’est-ce que ça prend pour être chanteur d’hymnes nationaux?
De l’expérience. Ça a l’air facile, parce qu’on chante toujours les deux mêmes tounes, mais plusieurs personnes se plantent.

Pourquoi c’est difficile?

Avant de chanter, je suis dans le couloir avec les joueurs : ils sont gonflés à bloc comme des gladiateurs, leur énergie est intimidante. La seule fois où j’ai été aussi intimidé à l’opéra, c’est quand j’ai partagé la scène avec des chevaux et des éléphants. Mais surtout, tu ne t’entends pas. Le son est tellement fort, c’est comme être devant 100 000 flashs, tu vois rien. Et tu chantes devant 20 000 personnes, sans compter les millions de téléspectateurs, ça aussi, c’est intimidant. Même après l’avoir fait 500 fois, je ressens toujours la tension.

Comment on fait pour se réinventer, après avoir chanté les mêmes chansons 500 fois?

La plus grande difficulté, c’est ça. Trouver le moyen de la chanter comme si c’était la première fois, d’être toujours frais. Je relis les paroles avant chaque prestation, parce que c’est quand tu connais trop bien une chanson que tu as des blancs de mémoire.

Essayez-vous parfois des variantes?
Au début, je le faisais. Maintenant, je m’efforce de chanter la version la plus simple qu’il soit. Un hymne, c’est tellement grand déjà, pas besoin d’en rajouter. Je trouve qu’ailleurs, les chanteurs en mettent trop et s’accordent trop d’importance. On est quand même juste le chanteur de l’hymne national. C’est pas nous que les fans viennent voir.

Mais les gens vous reconnaissent dans la rue, non?

Oui! Je donne parfois des autographes. Il y a des baby-boomers qui me reconnaissent parce que je faisais partie des Sinners, d’autres me connaissent comme chanteur d’opéra. Mais la plupart me connaissent comme le gars qui chante l’hymne national.

Pour ceux qui ne connaissent pas, ça ressemblait à quoi, les Sinners?
À un mélange des Beatles, des Rolling Stones et de The Who. On s’habillait n’importe comment et on cassait l’équipement sur la scène. On était tellement amateurs musicalement que ça nous prenait de l’attitude pour compenser. On était super anti-establishment, mais dans le style p’tit garçon d’Outremont gâté.

C’est drôle que maintenant, vous chantiez l’hymne national.

Oui, je me suis demandé comment la communauté artistique et les souverainistes prendraient ça. Mais au Québec, l’hymne national avant le hockey, c’est de l’ordre du rituel. C’est un des éléments les plus rassembleurs entre anglophones et francophones. Le hockey, c’est bilingue.]]>
http://urbania.ca/canaux/conversations/3850/charles-prevost-chanteur-d-hymnes-nationaux-pour-le-canadienFri, 22 Mar 2013 11:42:40 EDTanglaisfrançaisCentre BellCanadienhockeynationalhymnelintonprévostcharlesreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/3850/charles-prevost-chanteur-d-hymnes-nationaux-pour-le-canadien
Julien Desforges, équilibriste Premièrement, est-ce qu’on dit slacker ou slackliner?
Je sais qu’il y a des Français qui disent « slacker », mais au Québec, c’est un peu péjoratif. Le mot « slackline » a été inventé par opposition au « tightrope », le fil de fer, qui est tendu, alors que la slackline, elle, est faite d’un matériau dynamique qui la rend moins tendue.

D’où vient cette discipline?
Ça a été développé par des grimpeurs dans les années 80, en Californie. Ils marchaient sur leurs cordes d’escalade pour passer le temps. Ça complétait leur entrainement quand ils avaient les bras fatigués, et ça travaillait leur concentration.

Comment?
Le slackline travaille les muscles stabilisateurs et améliore la posture. À la base, j’ai commencé le slackline parce que j’avais des maux de dos. Mais ça développe aussi l’attention. Si t’es sur la ligne et que tu penses à autre chose, tu vas tomber. D’ailleurs, c’est un bon indicateur de ton état d’esprit.

Il y a donc quelque chose de méditatif à ce sport?

Pour moi, ce n’est même pas un sport, c’est une discipline. Les gens pensent qu’on fait ça pour l’adrénaline, mais pour moi, c’est vraiment un exercice de concentration et de développement personnel.

Y a-t-il des styles de slackliners?

Il y a des slackliners qui font plus dans l’acrobatie et d’autres, comme moi, qui ont un style plus statique, comme du yoga. Je fais aussi de la highline : une ligne installée en hauteur, au-dessus du vide.

Qu’est-ce qui attire les gens à cette discipline?
Au départ, les gens voient quelqu’un faire ça dans le parc et ils pensent que c’est facile, puis, ils essaient et comprennent que c’est difficile. Ils accrochent parce qu’ils se donnent le défi de réussir. Je donne des cours d’initiation parce que souvent, les gens partent avec la mauvaise technique et doivent tout réapprendre.

C’est quoi, la bonne technique?
Pour commencer, il faut regarder devant soi, même si on a tendance à vouloir regarder nos pieds, et il faut tenter de synchroniser sa respiration pour optimiser l’économie d’énergie. Un des grands enseignements du slackline, c’est que quand ça brasse, on a le réflexe de se replier sur soi alors qu’il faut plutôt s’élever, se tenir droit, ne pas avoir peur. Comme dans la vie en fait. 

slacklinemontreal.com

highliningcalifornia.com]]>
http://urbania.ca/canaux/conversations/3827/julien-desforges-equilibristeFri, 15 Mar 2013 13:29:14 EDTcordefil de feréquilibrehighlinejulien desforgesslacklinereportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/3827/julien-desforges-equilibriste
France Gingras, mère d’accueil en sérieQu’est-ce qui vous a emmenée à devenir mère d’accueil?
Ce sont mes fils. Mes deux plus vieux voulaient des sœurs, et ils voyaient des enfants qui étaient maltraités, donc ils m’ont demandé d’accueillir des filles. Une fois, nous avons eu un garçon, mais c’était une exception.

Ils sont généreux! Après vous avoir partagée avec autant d’enfants, l’ont-ils regretté?

Pas du tout. Ils n’ont jamais senti que ça leur enlevait quoi que ce soit. Quand les filles partaient pour le weekend, je leur donnais du temps, on allait souper ensemble. Quand j’ai pris ma retraite, en juillet, l’un d’eux a même accueilli les deux dernières petites. Je les aimais tellement, je ne voulais pas qu’elles se retrouvent dans une autre famille.

Vous dites « retraite », est-ce que c’était du travail?

Mon travail, ça a été d’être mère à temps plein, mais ce n’était pas très payant. On a calculé que ça me rapportait 25¢ de l’heure, et je n’ai pas de fonds pension!

Pourquoi l’avez-vous fait alors?
Mon conjoint me décrit comme mère Teresa ou folle. D’après moi, c’est un peu des deux. Une intervenante m’a dit de ne jamais m’attendre à aucune gratitude, je me suis accrochée à ça toute ma vie. Je l’ai fait parce que j’aimais les enfants. Il y en a beaucoup qui m’appellent encore pour souper. J’en ai reçu, de la gratitude, mais je ne l’ai jamais attendue. Il y en a aussi qui m’haïssent encore!

Les filles ne vous aimaient pas toujours?
Non! Y en a qui ne voulaient pas m’aimer pour pas trahir l’amour de leurs parents. On m’a traitée de tous les noms.

Qu’avez-vous trouvé le plus difficile?
Les fugues. On vit les mêmes inquiétudes qu’une mère. Je ne compte pas les nuits où j’ai dormi sur le divan parce que j’attendais qu’une rentre, ou parce que je sentais qu’une était susceptible de fuguer. Je n’ai jamais perdu une fille, mais parfois, elles étaient placées en centre d’accueil parce qu’elles se mettaient trop en danger.

Comment se prépare-t-on à voir une fille s’en aller?

Il faut se préparer à leur sortie dès leur première journée chez nous. Les jeunes peuvent rester une semaine ou sept ans. Je suis une grande émotive, mais j’ai appris.]]>
http://urbania.ca/canaux/conversations/3806/france-gingras-mere-d-accueil-en-serieFri, 08 Mar 2013 13:19:35 ESTfrance gingrasenfantpèremèreaccueilfamillereportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/3806/france-gingras-mere-d-accueil-en-serie
Diego Arnedo, chausseur d’espadrilles espagnolesC’est quoi, des espadrilles?
C’est une chaussure espagnole qui date du 13e siècle. À l’époque médiévale, les riches portaient des chaussures en cuir, les autres, ces souliers dont la semelle était en corde. La plante utilisée pour faire la corde s’appelle « esparto », et c’est devenu « espadrille ». Ce sont, en fait, des souliers en toile qui sont confectionnés dans un petit village de la région de Rioja, en Espagne.

Qui fabrique ces chaussures?

Le village d’où je les achète, Cervera del Río Alhama, possède la population la plus vieille en Espagne, et ce sont les vieux qui les fabriquent. Ils font ça comme passe-temps. Il y a un seul homme au village, qu’on appelle le soulon, qui fait les semelles en corde à la main. Il en fait 100 par année, les autres sont faites en corde et en caoutchouc.

Vous, en fabriquez-vous?

Non, nous importons les chaussures, nous ne voudrions pas enlever du travail à ce petit village. Par contre, je fais le laçage traditionnel espagnol sur les chaussures. Sur mon site, espadrillestore.com, vous pouvez choisir votre couleur d’espadrille et votre couleur et style de lacet.

Au fond, ça ressemble beaucoup à des Toms?
Ça n’a rien à voir! Nous, toutes nos chaussures sont produites à la main. Vous pouvez voir comment la pointe, typique des espadrilles, est brodée selon la technique traditionnelle. La plupart des imitations d’espadrilles sont faites en Chine pour 1$, et sont vendues 60$. Moi, je les vends le prix qu’elles valent : autour de 25$, et je fais vivre un village. 

Ok, mais les chaussures en toile, c’est pas mal la mode ces temps-ci.

Les chaussures en toile reviennent à la mode de temps en temps, mais l’espadrille espagnole, elle, est toujours là.

Et la mode des espadrilles à talon haut, ça fait aussi partie de la tradition?

C’est Yves Saint Laurent qui a emmené ça dans les années 60, de même que les couleurs. Avant, les espadrilles, c’était noir, blanc, marine ou écru.

Pourquoi j’ai toujours pensé que les espadrilles étaient des souliers de course?

Au Québec, dans les années 70, on a voulu tout franciser. Et comme il n’y avait pas de mot français pour « running shoes », on a traduit ça par « espadrilles ».

Est-ce que c’est correct de porter des bas dans des espadrilles?
Oui!]]>
http://urbania.ca/canaux/conversations/3790/diego-arnedo-chausseur-d-espadrilles-espagnolesFri, 01 Mar 2013 09:54:12 ESTarnedodiegochaussureschausseurespagnolespagneespadrillereportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/3790/diego-arnedo-chausseur-d-espadrilles-espagnoles
Isabelle Guérard, designer de gâteauxComment vous êtes-vous lancée dans le design pâtissier?
Je suis pâtissière de métier, mais des gâteaux comme ça, c’est ma fille qui m’a incitée à en faire. L’an passé, je lui ai fait un gâteau trois étages sur le thème de Némo. J’ai mis ça sur Facebook et les gens m’en ont demandé. Là, ma fille a deux ans et demie et elle a déjà passé sa commande pour son anniversaire : un gâteau de princesse. Ça va être très rose et très brillant!

À part votre fille, qui vous commande des gâteaux?
Comme je ne suis pas une entreprise, c’est du bouche à oreille. J’en fais pour les mariages et les fêtes d’enfants. C’est comme si maintenant, on reproduisait l’importance du gâteau de mariage, mais pour les fêtes d’enfant.

Est-ce que c’est beaucoup de calories?
Bien sûr! Du dessert, c’est des calories. Mais je prends juste des super ingrédients : du chocolat noir, de la crème, des œufs frais. Il n’y a pas de gras hydrogéné et tout ça.

Qu’est-ce qui est le plus difficile dans le design de gâteau?
Il y a des contraintes : je ne peux pas nécessairement mettre de la crème fouettée, faut que ça se tienne. Surtout que les gens achètent ça pour le show : ils veulent pouvoir exposer ça toute la journée. L’été, il faut que ça se tienne même à 42 degrés Celsius!

Est-ce que les gens ont de la difficulté à manger vos œuvres?

Oui, ça leur fait mal de détruire ça, mais je les convaincs de les manger parce que dans deux semaines, il ne sera plus beau, et en plus, il est bon!

Comment on coupe ça, un gâteau comme ça?
Ça dépend de la forme. Quand les gens viennent le chercher, je leur montre où sont les séparations.

Quel est le gâteau le plus fou que vous ayez fait?
Un gâteau en forme de stade olympique. C’était mon plus gros défi technique : je me suis demandée comment l’architecte s’y était pris pour que le mat tienne sur le stade. C’était tout un casse tête! J’ai fait un prototype pas mangeable, parce que tu ne peux pas faire ça deux semaines à l’avance, un gâteau. La veille, j’ai pas dormi! C’était stressant parce que c’était pour un mariage, fallait pas que ça casse. Mais la réaction des gens a valu le coup. ]]>
http://urbania.ca/canaux/conversations/3774/isabelle-guerard-designer-de-gateauxFri, 22 Feb 2013 13:34:21 ESTdesignchocolatstade olympiquepatissièrepâtisseriegâteaureportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/3774/isabelle-guerard-designer-de-gateaux
Florence-Léa Siry, experte en gestion de restantsQu’est-ce que c’est, Chic frigo sans fric?
C’est une cantine mobile qui se déplace chez les gens pour leur apprendre à réduire leur facture d’épicerie en cuisinant avec ce qu’ils ont dans leur frigo.

Alors tu fouilles dans leur frigo et tu leur offres des solutions?

Au début, je voulais faire ça, mais les gens sont plutôt frileux à ce que je vienne chez eux, alors je m’associe à des groupes de cuisine collective. Je leur montre qu’on peut faire dix mille choses juste avec un poivron ou qu’on peut faire une béchamel avec le gras de soupe.

Comment ça se fait que les gens ne savent pas ça?
On est déconnecté de comment se prépare la nourriture parce qu’on achète tout déjà tout prêt. Par exemple, les gens pensent que la pâte à tarte, c’est super compliqué, mais au fond, c’est trois ingrédients.

Vous leur montrez que c’est facile?

Oui, mais j’ai appris qu’il ne fallait jamais dire qu’une recette est « facile », parce que si c’est facile pour moi, ça ne veut pas dire que c’est facile pour tout le monde, et ceux qui trouvent ça difficile se sentent niaiseux. Et puis, c’est exigeant, cuisiner. Les gens veulent profiter du plaisir de manger, mais ne veulent pas fournir l’effort nécessaire. Ça prend du temps et de la créativité, pour cuisiner avec des restants. 

Toi, où trouves-tu tes idées?
Je suis cantinière sur des plateaux de tournage depuis l’âge de 14 ans. Parfois, on a un budget de moins de 5$ par personne pour trois repas et des collations. Il faut donc être hyper créatif pour trouver des solutions économiques. Moi, les contraintes budgétaires, ça stimule ma créativité.

Comment emmènes-tu les gens à développer la leur?
Sur notre site internet, chicfrigosansfric.com, on propose 10 commandements. Par exemple, « Je laisse mon frigo me dicter quoi manger » ou « Avant de jeter, je me demande comment je peux transformer ». Je dis aux gens de commencer par en suivre seulement un, et à intégrer les autres par la suite.

Qui suit tes formations?

Ma clientèle, c’est les familles et les personnes en réinsertion sociale. Je leur montre que ça peut être valorisant, de se faire cuire un œuf.]]>
http://urbania.ca/canaux/conversations/3760/florence-lea-siry-experte-en-gestion-de-restantsFri, 15 Feb 2013 13:14:44 ESTfacilerecetteeffortbudgetfricsanschicfrigoalimentalimentationnourriturebouffereportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/3760/florence-lea-siry-experte-en-gestion-de-restants