Urbania - conversationshttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationFri, 31 Oct 2014 15:53:13 EDT60Manon Tourigny, pro du zipper


J’ai entendu dire que toutes les fermetures éclair du monde entier provenaient d’une seule et même entreprise. C’est vrai?
La plus grosse compagnie de fermetures éclair est YKK. C’est vrai qu’ils ont pas mal le monopole. Ils ont une succursale ici, à Ville Saint-Laurent. Ce sont les meilleures, les plus solides. À l’œil, ça ne se voit pas, mais elles vont durer plus longtemps.

Qu’est-ce qui fait la qualité d’une fermeture éclair?
Le facteur principal est le matériau – plastique, nylon, métal – et la taille. Un numéro dix, une grosse taille, sur un manteau, ça ne va jamais briser. 

Comme les gros zip en métal qu’on avait sur nos manteaux dans les années 80?
Oui, mais les fermetures en métal, ça fait parfois du vert-de-gris et ça finit par coincer. La technologie des fermetures a énormément évolué depuis. Par exemple, aujourd’hui, il y a des fermetures résistantes à l’eau pour les vêtements techniques. C’est plus dur à remplacer par contre, parce que les couleurs sont souvent faites sur mesure pour le fabriquant. 

Ça se remplace facilement, une fermeture éclair?
Oui. La plupart du temps – quand la fermeture ne ferme plus ou qu’elle s’ouvre après avoir été fermée, c’est seulement le curseur qui est à remplacer. Il n’est plus assez serré et n’accroche plus les dents entre elles. C’est très facile à remplacer et pourtant, plusieurs jettent leurs vêtements parce qu’ils pensent que ça coûtera trop cher à réparer. 

Est-ce que votre métier est en voie de disparition, comme les cordonniers?
Pas du tout. Je ne manque pas de clientèle, je fais des journées de 14 heures! Comme il n’y a plus beaucoup de couturières, tout le monde vient ici. Malheureusement, j’ai du mal à assurer la relève. Les jeunes ne veulent pas travailler dans le vêtement usagé. Ils pensent que c’est sous-payé, ce qui a longtemps été le cas, mais je gagne très bien ma vie. Et j’aime ça!

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans la couture?
C’est créatif. Vous allez me dire que c’est juste un bord de pantalon, mais quand arrivent les robes, il faut trouver des solutions pour que ce soit bien ajusté. 

Est-ce que c’est rentable, de faire réparer des vêtements?
Ça dépend du vêtement. La plupart du temps, les gens font réparer leur vêtement parce qu’ils y tiennent, ils veulent le garder. La qualité est de moins en moins là. Je le vois quand j’ouvre un vêtement pour travailler dedans.

Où avez-vous appris à coudre?
C’est ma mère qui m’a tout montré. Dans ce temps-là, les femmes n’avaient pas le choix de maîtriser la couture. J’étais la septième de la famille!


Photo: Daphné Caron
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http://urbania.ca/canaux/conversations/5436/manon-tourigny-pro-du-zipperMon, 27 Oct 2014 15:56:03 EDTJudith Lussierjournal.metroconversationshttp://urbania.ca/canaux/conversations/5436/manon-tourigny-pro-du-zipper
Michel Duchesne, écrivain public
Comment êtes-vous devenu écrivain public? 
J’ai toujours été auteur dans le milieu culturel. À un moment donné, j’ai eu envie d’être plus utile. J’ai réalisé que mon aptitude à écrire, que j’ai toujours prise pour acquis, n’allait pas de soi pour d’autres et pouvait servir. 

Qui sont les personnes que vous aidez?
Je ne suis pas spécialiste, mais je sais qu’il y a plusieurs degrés d’analphabétisme. Il y a ceux qui ne savent pas lire du tout, mais la majorité sait lire, avec toutefois beaucoup de difficultés. C’est abstrait à comprendre, mais quand ils lisent devant toi, tu comprends comment ils décomposent tous les mots, syllabe par syllabe. À la fin de trois phrases, ils sont épuisés et ils n’ont rien retenu. 

Comment les aidez-vous?
J’arrive avec mon portable au Chic Resto-Pop ou au centre communautaire, et les gens viennent me raconter leur histoire. Parfois, ils doivent remplir un formulaire, écrire une lettre à la Régie du logement, envoyer une mise en demeure. Un jeune homme m’a demandé de mettre sur papier un poème qu’il avait mémorisé pour sa blonde. C’est comme une consultation d’une heure, mais au lieu de repartir avec une prescription, ils repartent avec un texte, un formulaire rempli. Pour eux, souvent, c’est une montagne. Il y en a certains qui savent écrire au son, mais même avec le correcteur, il reste encore des fautes. Si tu veux faire une mise en demeure ou une plainte à la Régie du logement et que tu as une faute à tous les deux mots, tu perds de la crédibilité. 

Ils sont conscients du pouvoir des mots même s’ils ne les maîtrisent pas?
Absolument. Un monsieur qui avait un dossier à la CSST était content parce que sa demande allait être plus percutante parce qu’elle était bien écrite. Tsé, quand Céline Dion dit «donne-moi des mots qui sonnent, des mots qui cognent» c’est un peu ça!

Les conseillez-vous aussi sur leur message? 
Un peu, oui. Chacun vient avec son petit lot de colère, mais j’agis comme un filtre. J’ai un regard extérieur parce que je ne suis pas émotivement impliqué dans leur situation, même si parfois, leur histoire me fend le cœur parce que je sais que quelqu’un a voulu profiter de la personne parce qu’elle était démunie. 

Qu’est-ce que ce métier vous a appris?
Ça m’a donné une meilleure compréhension des problèmes de la société : l’accès à l’emploi, la protection du consommateur, les problèmes de logement. Si t’as pas la richesse des mots, t’as pas les moyens de t’exprimer, de décrire ta souffrance. Malheureusement, je suis le seul à faire ça à Montréal, mais le problème est beaucoup plus grand, d’autant que je n’ai pas le temps de leur «apprendre à pêcher». Je suis un diachylon sur une hémorragie. 

Crédit photo: Daphné Caron
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http://urbania.ca/canaux/conversations/5421/michel-duchesne-ecrivain-publicMon, 20 Oct 2014 15:00:06 EDTJudith Lussierecrivain publicreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5421/michel-duchesne-ecrivain-public
Inside the tounes: Loud Lary Ajust - Blue Volvo<a href="http://gullywood.bandcamp.com/album/blue-volvo" mce_href="http://gullywood.bandcamp.com/album/blue-volvo">Blue Volvo by Loud Lary Ajust</a>
Rien ne va plus

Ajust  J’ai travaillé avec Ruffsound sur la plupart des titres. C’est le premier beat qu’on a eu mais c’est le dernier beat qu’on a fini. 

Lary  On savait que c’était le beat d’intro mais on savait que c’était la toune qu’on ferait sur la fin. 

URBANIA  C’est un peu un manifeste, non? 

Lary: C’est tellement une bonne manifestation de ce qu’LLA est. Y’a Ajust qui prend un sample pis qui en fait une toune de brute. T’as Loud qui fait un verse technique de fou. T’as moi qui dit n’importe quoi pis qui s’énerve pour rien. Cette chanson-là, elle est très LLA. 


Hotel Hell

Ajust  C’est probablement le plus vieux beat qu’on a enregistré. 

Lary  Les gars ils viennent de se plaindre pendant 6 minutes, pis tout d’un coup on fait un banger simple où tout va bien. 

URBANIA  Mais en même temps tout ne va pas si bien que ça, il y a des références à Kurt Cobain et une certaine remise en question là-dedans. 

Loud  Je trouve pas que c’est dépressif. C’est pas si dark que ça. 

Lary  Tout ce qui nous importe, c’est le crescendo. Si tu mets trop d’émotion dans la musique, ça devient vite vraiment quétaine et on veut pas du tout aller là. 


XOXO

Loud  C’est la première chanson qu’on a fini. C’est aussi le même genre de crescendo que sur l’intro. Avec le refrain et les drops comme ça. 

Lary  Il faut absolument parler de la ligne de Loud, « I’m on that real shit qui se boit tout seul, I ain’t sharin’, non rien chérie, qu’est-ce que je viens de dire, ça se boit tout seul. » C’est ridicule cette ligne-là! 


Van Gogh

Loud  Mes paroles à moi sont en gros juste une réécriture de « I sold my soul », c’est encore le personnage que je me suis créé qui parle. 

Lary  Moi aussi c’est le personnage, et j’annonce que je suis le seul au Québec qui parle de choses comme ça, la drogue, le fric le linge. C’est un peu mon domaine. 


Tiens mon drink

Ajust  C‘est carrément la club song de l’album. C’est assez direct... Pis ça joue dans les clubs de danseuses en région… on est pas mal down avec ça! 


 
Mort lente

URBANIA  Le refrain dit « Que le rap queb étouffe lentement sous le poids de ses fausses légendes ». Quelles sont ces fausses légendes-là? 


Personne

Ajust  Le beat a été réalisé avec Kaytranada. 

Lary  Chacun de mes verse se termine avec le cri « Je m’appelle Jeune Homme », c’est une des signatures de Loud Lary Ajust depuis le début. Cette jeunesse-là, elle est perdue, on la recherche, mais si on la retrouve, on sait pas ce qu’on va faire avec. Probablement lui réclamer de l’argent. 



14AM 

Lary  C’est peut-être la chanson la plus sombre de l’album… parce que même si on dit que ça va bien, au fond, ça va pas tant que ça. 

Loud  On parle à un range de gens, et on représente leurs moments les plus extrêmes. 


Blue Volvo

Loud  Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’y a pas de référence à David Lynch dans Blue Volvo. 

Lary  C’est en référence à notre ami de l’époque, Giovanni, qui avait vraiment une Volvo bleue et on faisait les 400 coups avec ça… 



Automne feat. Karim Ouellet

URBANIA  C’est le seul featuring de l’album, et c’est Karim Ouellet… pourquoi?

Loud  Ça n’aurait pas de sens d’avoir un feature de rap sur l’album parce que c’est vraiment notre univers. Il est vraiment rentré dans notre monde. 

Lary  Et la fin de l’album fait le pont avec le début! 



Achetez l’album en prévente sur iTunes et obtenez tout de suite les extraits «Tiens mon drink» et «XOXO». Le lancement aura lieu le 21 octobre, présenté par URBANIA.


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http://urbania.ca/canaux/conversations/5397/inside-the-tounes-loud-lary-ajust-blue-volvoWed, 08 Oct 2014 15:00:00 EDTÉric Samsonloud lary ajustconversationshttp://urbania.ca/canaux/conversations/5397/inside-the-tounes-loud-lary-ajust-blue-volvo
Évelyne, missionnaire du cheveu Comment êtes-vous devenue coiffeuse en milieu hospitalier? 
J’étais tannée des salons de coiffure, de leur côté glamour et superficiel, mais je ne me voyais pas changer de métier. Un jour, un ami m’a demandé d’aller coiffer sa mère, à l’unité de gériatrie. D’autres patients ont demandé le service et ça m’a permis de me lancer à mon compte. 

Sinon, les patients de l’hôpital ne sont pas coiffés?
C’est un service qui a déjà été offert, ils appelaient ça les unités mobiles : ils envoyaient de jeunes coiffeuses, mais à un moment donné, ça a cessé de fonctionner. Il faut dire que ce n’est pas simple. Les patients ne sont pas tous mobiles. Les grands accidentés, par exemple, sont alités. Il y a aussi des patients plus vulnérables aux bactéries, ceux qui ont le cancer du sang, par exemple. Je dois désinfecter tout mon matériel. 

Quelle sorte de services offrez-vous? 
Ça dépend des patients. Ceux qui subissent des traitements de chimiothérapie, je les rase. C’est douloureux, perdre ses cheveux, en plus d’être dur psychologiquement. Sinon, je fais des coupes, des teintures, des mises en pli. La seule chose que je ne fais pas, c’est des permanentes. Quand je leur explique ça, les madames qui sont habituées d’avoir ce que j’appelle une «boule» sur la tête me demandent d’essayer quelque chose de nouveau. C’est l’fun! Mais parfois, les patients ont seulement besoin d’un shampoing de base. Certains d’entre eux ne se sont pas lavé les cheveux depuis deux semaines. Parfois, ils ont encore la tête pleine de sang et de gravelle. 

Ça veut dire que les préposés ne les lavent pas?
En fait, les préposés ne lavent pas les cheveux. Que les corps. Elles apprécient quand je viens parce qu’elles voient que ça fait du bien à leurs patients. Une fois, je suis entrée dans la chambre d’une patiente et j’allais partir quand j’ai vu qu’elle était avec son psychiatre, mais il m’a dit : «Entre, tu vas lui faire plus de bien que moi!»

Est-ce que c’est dur sur le moral, travailler avec des gens malades? 
Au début, j’avais peur de devenir hypocondriaque ou de trouver ça dur, mais finalement, je trouve surtout que c’est très valorisant. Pour une femme qui a été fière toute sa vie, c’est très important d’être belle, c’est sa dignité. Après que je les aie coiffées, certaines dames vont se mettre du fard à joues et une touche de rouge à lèvres en attendant leur visite. Elles me disent que je leur fais du bien à l’âme. J’aime mieux ça que de me faire dire «dépêche-toi j’ai un 5 à 7!»

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http://urbania.ca/canaux/conversations/5382/evelyne-missionnaire-du-cheveuMon, 29 Sep 2014 16:05:37 EDTJudith LussierJournal Métrorencontrereportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5382/evelyne-missionnaire-du-cheveu
Samuel Gagnon-Tremblay, designer d’armuresQuel genre d’armures faites-vous? 
On se spécialise dans les armures en cuir, avec parfois des ajouts en métal. On a des modèles standards, mais on fait aussi du sur-mesure, et là, les possibilités sont infinies. 

Les armures en métal, c’est pas plus réaliste? 
La plupart des grandeurs natures sont fantastiques, alors ce n’est pas nécessaire de respecter le réalisme des époques. De toute façon, la grande armure en métal, ça n’a duré que 50 ans à la fin du Moyen Âge. Pour porter ça, il faut mettre un gambison en-dessous, un vêtement protecteur rembourré qui est vraiment chaud.

C’est quoi les critères de sélection d’une armure?
C’est surtout le look qui est important pour les joueurs. Et plus ton armure est solide, plus ça prend de coups avant que ton personnage meure. Ça fonctionne par points, par exemple, une armure en cuir vaut tant de points, et chaque activité a ses propres règles de pointage. Mais les gens n’achètent pas juste les armures pour les points. Ils veulent se transformer, jouer quelqu’un qui n’est pas eux. Les gens mettent en moyenne 1000$ par année sur leur costume. 

C’est quoi le costume le plus fou que tu aies fabriqué?
Une armure futuriste à 4 000$ pour du cosplay, même si ce n’est pas notre spécialité. Un des défis, dans le cosplay, est qu’il faut que le costume corresponde en tout point au personnage qu’on essaie de reproduire. Il n’y a pas de passe-droit. 

Qu’est-ce que tu recommandes à quelqu’un qui veut commencer en grandeur nature?
Si quelqu’un me dit qu’il n’a rien et qu’il veut une épée à 200$, je vais plutôt lui proposer de prendre une épée moins chère, mais avec une tunique, pour ne pas qu’il se rende là en T-shirt!

Qu’est-ce que tu penses de ceux qui rient des jeux de rôle médiévaux? 
Depuis 3-4 ans, les préjugés à l’égard des grandeurs natures ont vraiment diminué. Premièrement, c’est plus connu, ensuite, c’est moins broche à foin, on est loin de l’épée en duct tape, mais surtout, ceux qui étaient geeks au secondaire et qui se faisaient niaiser à l’école, aujourd’hui, ils ont 25-30 ans. On est rendus cool, et on a les moyens de nos passe-temps. 

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http://urbania.ca/canaux/conversations/5365/samuel-gagnon-tremblay-designer-d-armuresMon, 22 Sep 2014 16:10:16 EDTJudith Lussiermedievalarmuresreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5365/samuel-gagnon-tremblay-designer-d-armures
Nadjib Deliba, conservateur du patrimoine lessivielD’où vient le nom de votre buanderie?
Je ne sais pas, c’est les vieux du coin qui l’appelaient «la Bendix», j’ai décidé de garder le nom quand j’ai acheté il y a quinze ans. À l’époque, j’avais eu droit à toute une page dans La Presse. Nathalie Petrowski avait vu les deux jardinières que j’avais installées dans des bains sur pattes et elle disait que ça voulait dire que les artistes commençaient à s’installer dans Hochelaga-Maisonneuve. 

C’est vrai qu’il y a un côté artistique à votre commerce.
C’est moi qui ai peint le décor! Je m’amuse. Je ramasse des vieilles laveuses depuis le début.  Chaque fois que j’en ai l’occasion, j’aime arrêter dans les marchés aux puces et acheter des machines anciennes. Pour le plaisir et pour l’histoire. 

Quelle est votre plus vieille machine?
J’ai des machines ici qui datent d’avant l’électricité. J’ose pas dire en bas de 1980, parce que je ne suis pas expert, mais il y en a qui sont très vieilles. Ça nous apprend comment les gens lavaient à l’époque. Regarde celle-là, par exemple, le linge passait entre deux planches : ils n’avaient pas encore compris que le linge devait tourner! 

Votre commerce en soi est assez vieux, non?
Oui, on lave du linge ici depuis au moins 70 ans. J’ai trouvé une vieille pancarte qui indique le prix d’un lavage à l’époque – 25¢ – et qui précise que la machine essore et s’arrête automatiquement. C’était un exploit à l’époque! 

De plus en plus de personnes ont une machine à la maison. Est-ce que ça met votre commerce en péril?
J’ai des clients qui ont des machines à la maison, mais qui n’ont pas le temps de faire leur lavage. Pour 8 à 10$, ils déposent leurs sacs ici et Raymond s’en occupe. Ils ramassent leurs vêtements propres et pliés le soir. 

C’est pas cher!
Non. Ce n’est pas avec la buanderie que je gagne ma vie! C’est un à côté. Je la garde parce que j’aime ça. J’aime que les gens viennent ici et se sentent chez eux. Et j’aime le quartier. Quand je suis arrivé, ce n’était que drogue et prostitution, mais j’étais impressionné par la largeur des rues, la grandeur des appartements et la concentration d’éléments historiques. Avant, c’était un quartier riche. Ça s’est dégradé avec les années, mais il y a encore ici des maisons qui sont comme des châteaux. 

Est-ce que vous avez un truc pour enlever une tache de mon t-shirt si je l’ai déjà lavé?
Malheureusement, une tache déjà lavée, c’est fini! Mais pour le reste, et il y a des tas de produits de tous les jours, comme la fécule de maïs ou le Coca-Cola, qu’on peut utiliser pour enlever une tache.

Crédit photo: Daphné Caron
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http://urbania.ca/canaux/conversations/5351/nadjib-deliba-conservateur-du-patrimoine-lessivielMon, 15 Sep 2014 15:59:30 EDTJudith LussierbuanderielessiveJournal Métroreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5351/nadjib-deliba-conservateur-du-patrimoine-lessiviel
Anita McCarthy, la «madame des plantes»Est-ce que l’entretien des plantes peut vraiment vous occuper à temps plein?
Oh oui! Aujourd’hui, c’était une petite journée. J’ai fait à la marche les différents bureaux de mon secteur pour arroser en tout 175 plantes, mais il y a des journées où je reste de 9 à 5 dans la même tour à bureaux. Et ça, ce n’est que pour quatre étages! Les gens ne réalisent pas à quel point il y a beaucoup de plantes dans les milieux de travail. 

Est-ce que ça prend un pouce vert pour faire ça ou est-ce que vous n’avez qu’à suivre un protocole précis? 
Ça prend un pouce vert parce que chaque plante a des besoins différents, selon le style de plante, le pot, son emplacement, la présence de soleil ou d’air climatisé. Et je ne fais pas qu’arroser les plantes. Je les trime, je les époussète et je les fertilise. 

Est-ce que les gens semblent apprécier votre travail?
Oui. Les travailleurs sont très attachés à leurs plantes car elles humanisent l’ambiance et améliore la qualité de l’air. Ils ne s’en rendent peut-être pas compte, mais dès qu’on les déplace, ça les dérange! Ils aiment aussi me poser des questions sur l’entretien de leurs propres plantes. Et comme je suis une des rares personnes de l’extérieur qu’ils voient régulièrement, ils me reconnaissent parfois dans la rue et me crient «Heille! C’est la madame des plantes!» 

Vous, vous attachez-vous aux plantes de vos clients?
Je dois admettre que oui. Surtout à celles dont je m’occupe depuis longtemps. J’aime les voir s’épanouir. Mon but, c’est de les mettre belles. J’ai installé un mur végétal avec mon patron dans une entreprise : c’est mon bébé! Il s’arrose à l’aide d’un système automatisé, mais une fois de temps en temps, je le trime et je le vaporise d’eau. 

Quelles sont les plantes qui vous donnent le plus de fil à retordre?
Les arbres, car ils doivent toujours avoir l’air beaux. Je dois donc les trimer régulièrement. 

Est-ce que c’est pire de trop arroser ou de ne pas arroser assez? 
Trop. On peut toujours récupérer une plante qui a souffert de sècheresse, mais quand une plante se met à pourrir à cause d’un surplus d’eau, c’est fini. 

Quels sont vos accessoires de travail?
Un arrosoir, un sécateur, une pompe sur roulettes pour les plus grands espaces, et du vernis de couleur, pour cacher la terre sous mes ongles!

Crédit photo: Daphné Caron

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http://urbania.ca/canaux/conversations/5333/anita-mccarthy-la-madame-des-plantesMon, 08 Sep 2014 16:15:43 EDTJudith LussierJournal Métrohorticultureplantesreportageshttp://urbania.ca/canaux/conversations/5333/anita-mccarthy-la-madame-des-plantes
Francine Paquet, serrurière chevronnée

Comment êtes-vous devenue serrurière?
Il y a douze ans, je travaillais dans le secteur alimentaire, et en parallèle, je faisais le ménage chez Serrurier Beaubien. À un moment donné, c’était trop d’heures. J’ai décidé de rester ici, et j’ai appris mon métier sur le tas. Les deux premières années, je trouvais ça correct, mais j’ai vraiment eu la piqûre en découvrant l’aspect minutieux du travail. Faire du cléage, c’est passionnant : on change des pins dans une serrure pour qu’une clef maître débarre plusieurs portes, mais que chaque porte ait sa propre clef. Un vrai casse-tête! Une fois, j’ai fait le cléage pour 140 portes différentes!

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier?
Le service à la clientèle. La plupart des gens ne connaissent pas ça. Ils pensent qu’ils doivent changer une serrure parce qu’ils ont perdu leurs clefs. La question qu’on me pose le plus souvent, c’est : «Faites-vous des clefs ici?» Regarde le mur derrière moi!

Qu’est-ce que vous faites pour savoir si les gens sont honnêtes?
Quand on fait faire des doubles de clefs, à moins qu’il s’agisse des grosses clefs Medeco, Abloy ou Masterlock, qui requièrent une pièce d’identité, on se fie à leur bonne foi. Ce n’est pas écrit dans leur front s’ils sont des voleurs. Mais si ils veulent m’acheter un kit de pins, que les voleurs utilisent pour entrer par effraction, là je leur demande leurs cartes du BSP, qui prouve qu’ils sont serruriers et qu’ils n’ont pas de casier judiciaire. 

Pourquoi les serrures brisent tout le temps?
La raison principale, c’est le manque de lubrification. Vous devriez toujours garder une canette de PL-100. En plus c’est un produit québécois. 

Est-ce que ça existe, un bon cadenas à vélo? 
Il n’y en a pas beaucoup qui sont vraiment difficiles à couper. Je recommande plutôt de mettre deux cadenas, pour décourager les voleurs, parce que ça leur donne le double d’ouvrage.

Est-ce qu’il y a des serrures moins sécuritaires que d’autres?
Les serrures à empreintes digitales, disons que ce n’est pas encore au point. Ça se pirate, mais aussi, j’ai une cliente qui n’était plus capable d’ouvrir sa porte parce qu’elle avait du silicone sur les doigts!

Serrurier, est-ce que c’est un métier en voie de disparition, comme d’autres métiers traditionnels? 
Non! À moins qu’il cesse un jour d’y avoir des voleurs, il va toujours y avoir des serruriers.

Quel conseil donnez-vous à ceux qui perdent toujours leurs clefs?
Je ne leur en donne pas : ce sont nos meilleurs clients!

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http://urbania.ca/canaux/conversations/5320/francine-paquet-serruriere-chevronneeTue, 02 Sep 2014 14:23:03 EDTJudith Lussierreportagesmétier traditionnelJournal Métrohttp://urbania.ca/canaux/conversations/5320/francine-paquet-serruriere-chevronnee
Trevor MacDonald, l’homme qui n’a pas peur d’allaiter en publicComment est-il possible d’allaiter quand on est un père?
C’est une question d’hormones. Techniquement, tous les hommes peuvent allaiter à condition qu’ils prennent des bloqueurs de testostérone. Quand j’ai expliqué à mon endocrinologue que je voulais des enfants, il m’a expliqué que je n’avais qu’à cesser mes traitements hormonaux pour que mon cycle menstruel redevienne régulier.

Comment avez-vous réussi à conserver votre barbe?
En cessant la testostérone, certaines personnes vont perdre leur pilosité faciale, d’autres non. Moi, j’ai conservé une pilosité faciale et une voix grave et ça fait quatre ans que j’ai cessé mes traitements. J’espère les reprendre éventuellement, parce que ça a quand même un impact sur ma masse musculaire. 

La mastectomie n’empêche pas l’allaitement? 
Ça dépend de comment elle est faite. Ça peut avoir un impact sur la quantité de lait. Moi, j’ai utilisé un dispositif d’aide à l’allaitement, un système utilisé aussi par des femmes qui ont de la difficulté à allaiter. J’ai eu l’aide de la Leche League, une organisation mondiale pour l’allaitement. Après quelques mois, mon groupe local de la Leche League m’a proposé de devenir bénévole, mais ça allait à l’encontre des règlements de l’organisation. Quelques années plus tard, la Leche League a réalisé que c’était discriminatoire et elle a changé ses règlements. Maintenant, partout dans le monde, même en Arabie Saoudite, un homme peut devenir parrain d’allaitement!

Comment les gens réagissent-ils lorsqu’ils vous voient allaiter?
La plupart du temps, ils ne comprennent tout simplement pas ce qu’ils sont en train de regarder. Une fois, une femme m’a demandé des infos parce qu’elle voyait que j’utilisais un dispositif d’aide à l’allaitement. Les commentaires en ligne sont plus violents, mais en personne, les gens sont corrects. Et je dirais que mon expérience ouvre beaucoup plus de portes qu’elle n’en ferme. 

Est-ce que le fait d’être un homme enceint suscite plus de réactions?
Non. Les gens pensent simplement que j’ai une bedaine de bière. Je ne serais pas le seul! 

Est-ce que le milieu hospitalier est ouvert à votre réalité?
Oui, mais c’est évident qu’à chaque intervenant de santé que je rencontre, je dois tout expliquer à nouveau. Les gens présument que parce que je porte un enfant, je suis une femme. C’est pourquoi j’ai préféré faire appel à une sage-femme, qui m’a suivi tout au long de ma grossesse. 

Et est-ce que cette aventure a eu un impact sur votre façon de vous percevoir? 
Tout au long de ma grossesse, je n’ai jamais cessé de me sentir mâle. Je savais de toute façon que c’était temporaire et que c’était pour atteindre un objectif très important. 

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http://urbania.ca/canaux/conversations/5306/trevor-macdonald-l-homme-qui-n-a-pas-peur-d-allaiter-en-publicMon, 25 Aug 2014 15:50:46 EDTJudith Lussierallaitementconversationshttp://urbania.ca/canaux/conversations/5306/trevor-macdonald-l-homme-qui-n-a-pas-peur-d-allaiter-en-public
La surfeuse et la rasta - Portraits de Montréal














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http://urbania.ca/canaux/conversations/5224/la-surfeuse-et-la-rasta-portraits-de-montrealMon, 21 Jul 2014 09:46:25 EDTPortraits de Montréalphotoshumains de montrealportraitsportraits de montréalreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5224/la-surfeuse-et-la-rasta-portraits-de-montreal
Du colibri au chevalier - Portraits de Montréal
















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http://urbania.ca/canaux/conversations/5210/du-colibri-au-chevalier-portraits-de-montrealMon, 14 Jul 2014 10:33:46 EDTPortraits de Montréalphotoshumainshumains de montrealportraits de montréalreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5210/du-colibri-au-chevalier-portraits-de-montreal
De l'unijambiste à la mère qui ne vieillit pas - Portraits de Montréal
« J’ai voyagé une bonne partie de l’année dernière, je suis allée dans l’ouest canadien et ensuite à Hawaii. Je suis revenue il y a 15 jours et je repars dans un mois pour Barcelone pour rendre visite à la famille de mon copain. Le voyage m’a appris la valeur des choses ; il y a toujours moyen d’être autosuffisante et de faire assez d’argent pour vivre. Je ne suis pas une grande dépensière et je crois qu’on peut faire beaucoup avec peu. J’aime aussi prendre conscience des petites choses qui nous entourent et qu’on oublie souvent. Par exemple, je peux rester plusieurs minutes à observer l’opalescence d’une labradorite ou d'une goutte d'eau dans l'herbe. L’opalescence, c’est les couleurs qui sont reflétées sur une surface translucide, un peu comme un arc-en-ciel. »



« Maman s'est arrêtée de vieillir à 25 ans, mais en vrai elle a 33 ans ! »


« Est-ce qu'il y aurait moyen de vous prendre en photo ? »
« Quand tu veux ! Ici c'est bien. »
« Comment c'est de grandir en tant que juif hassidique ? »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? Nous on est simplement nés comme ça. »
[Malheureusement, leur bus scolaire est arrivé juste à ce moment-là et ils ont du me dire au revoir avant que j'ai pu en apprendre plus sur eux.]


« Qu'est-ce que tu peux faire que personne ne pourra jamais faire avec deux jambes ? »
[En équilibre sur une jambe, il se met à faire tourner sa prothèse à 360 degrés.]
« Je dis toujours aux enfants de ne pas essayer de faire ça à la maison ! »
[Pour voir l'action au complet, c'est par ici]


« Si tu devais te donner un conseil à toi-même plus jeune, qu'est-ce que ce serait ? » 
« Ne fais pas attention au regard des autres et suis tes aspirations, quoiqu'il arrive. L'année prochaine j'entre à l'université pour devenir travailleur social. J'ai été témoin de situations difficiles touchant les jeunes de mon entourage, et je veux pouvoir les aider. »

« Si tu recherches un équilibre, il faut que tu saches d'où tu viens. Au fur et à mesure que tu te libères de ton histoire familiale - pas parce qu'elle n'est pas belle, mais parce qu'elle ne t'appartient pas - tu peux rayonner. Au fur et àmesure que j'ai pu faire le ménage dans mon histoire, et pu comprendre d'où je venais, j'ai pu me permettre d'avoir des rêves qui correspondaient à l'état dans lequel j'étais, et de poser les gestes pour les réaliser. Il y a à peu près trois ans j'ai senti que j'étais rendue à me féminiser. Avant j'étais garçon manqué, je faisais beaucoup de compétitions de tennis, j'étais toujours en entraînement sportif, j'étais plus musclée. Je suis au début d'une métamorphose ; plus je suis lumineuse, plus je crois que le monde s'ouvre à moi, plus l'univers m'est possible. Depuis que j'ai mes dreads, je suis comme devenue visible. »

« Je rejette complètement les valeurs d'aujourd'hui. Moi je regarde à l'époque de mes grands-parents, dans les années 60, quand les valeurs c'était la paix, l'amour, le partage, la justice sociale. Cette époque-là, si on le veut, on peut continuer à la vivre aujourd'hui, c'est juste une question de choix. Personnellement j'écoute seulement la musique de cette époque-là, les films de cette époque-là, et les séries de cette époque-là : c'est drôle, il n'y a pas de violence, et c'est rempli de rêves. Je n'essaie pas de faire vivre aux autres ce que je vis, mais je conseille aux jeunes d'adhérer aux valeurs 'Peace and Love', ça ferait un meilleur monde : pas de guerre, pas de violence, pas de haine, pas de viol, pas de meurtre. C'est une question de choix personnel, il suffit de s'abreuver de la philosophie 'Peace and Love'. Les gens ont juste à écouter John Lennon, The Doors, Jimi Hendrix, etc. S'ils s'abreuvent de cette musique ils vont peut-être finir par être inspirés. »


« Qu'est-ce que tu préfères chez elle ? »
« J'aime qu'elle soit geeky et nerdy, toujours dans ses livres. Elle a beaucoup de savoir et ça c'est sexy. »



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http://urbania.ca/canaux/conversations/5197/de-lunijambiste-a-la-mere-qui-ne-vieillit-pas-portraits-de-montrealTue, 08 Jul 2014 12:27:03 EDTPortraits de Montréalsociétéhumains de montrealportraitsreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5197/de-lunijambiste-a-la-mere-qui-ne-vieillit-pas-portraits-de-montreal
Du travesti à l'ancien combattant - Portraits de Montréal
« Qu'est-ce que vous aimez le plus l'un chez l'autre ? »
« J'aime qu'on s'arrange toujours pour accorder son turban avec ma robe, alors qu'on ne le fait pas exprès ! »
« J'aime le fait qu'elle ait de la mangue partout sur le visage en ce moment. »
« J'aime qu'il aime ça chez moi ! »


« Je suis mathématicien de formation, écrivain de profession et flâneur le dimanche. Depuis deux ans, je sors toujours nippé comme ça, je me sens bien comme ça. Et tant pis pour les autres. Mais Montréal c'est bien pour ça, c'est une ville ouverte, je ne ferais pas ça dans un petit bled perdu, je me ferais écoeurer. Ça arrive ici, mais bon deux fois par année c'est pas beaucoup. »

« Vous vous êtes senti comment la première fois ? »
« Je me suis senti un peu à l'étroit : c'est quand même pas évident à porter ! »


« Je ne savais pas quoi me mettre ce matin. »


« C'est Mister Harley, il sort avec moi tous les jours. »

« C'est quoi ton secret pour qu'il reste en place ? »
« De l'amour man. Je lui donne de l'amour tous les jours depuis qu'il a six semaines. »


« Je suis vétéran, j'étais bombardier pendant la Seconde Guerre Mondiale. Je ne peux pas en être certain mais je crois que j'ai tué des nazis. L'Air Force était strictement volontaire. J'ai lu les journaux et appris ce qu'il se passait en Allemagne, j'avais 18 ans et j'étais fou de rage contre les nazis donc je me suis enrôlé. Je me disais 'Il faut que je leur rende la monnaie de leur pièce.' J'ai combattu jusqu'à mes 22 ans, j'ai perdu les meilleures années de ma vie. »

« Quel est votre souvenir le plus fort de la guerre ? »
« Un mois après la victoire, après avoir repoussé les nazis en Allemagne, j'ai visité Dachau, le camp de concentration. Je suis entré dans une chambre à gaz. Elle était vide, mais je suis resté là et j'ai pleuré. Je ne leur pardonnerai jamais ce qu'ils ont fait. »

Il ne voulait pas que sa photo soit publiée, mais il m'a laissé en prendre une de son épingle poppy, symbole des vétérans.


« Il voyage depuis cinq ans et moi depuis deux ans. Maintenant on voyage ensemble. On a des amis mais la plupart du temps on est juste tous les deux. »

«Qu'est-ce qui vous a poussé à vivre sur la route ? »
« Je fumais un joint un jour, et j'en ai eu marre de fumer dans ma chambre, j'avais envie de fumer sur une plage donc je suis partie en Floride. Je suis rentrée chez nous quelques mois après, mais j'avais encore envie de voyager donc je ne suis pas restée longtemps. »

« Qu'est-ce que tu aimes le plus dans ce style de vie ? »
« Faire du train-stop (train hopping) c'est une des choses que j'aime. Tu peux profiter des vues panoramiques, et souvent il n'y a aucune route dans les parages, t'es juste au milieu de nulle part où ils ont décidé d'installer les rails. C'est vraiment génial. »


« Je suis venue rendre visite à ma fille, elle s'est installée ici il y a 14 ans. Elle était partie pour étudier un an, et finalement elle n'est jamais rentrée. Je suis fière qu'elle se soit construite une vie intéressante, elle a trouvé une belle qualité de vie ici. Ma devise en France c'est 'Ma fille est loin, mais je l'aime mieux heureuse loin que malheureuse si je l'avais gardée ici.' Et moi ça me donne une bonne raison de voyager ! »


« Je viens du Michigan, j'ai emménagé ici en mars. La météo est la même mais la culture est 360 degrés plus riche ici, il y a quelque chose de nouveau à découvrir à chaque coin de rue. Nos enfants sont plus âgés maintenant, ma femme et moi cherchions un peu d'aventure ; ça en a été une très bonne jusqu'à maintenant. »

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http://urbania.ca/canaux/conversations/5183/du-travesti-a-lancien-combattant-portraits-de-montrealTue, 01 Jul 2014 11:44:03 EDTPortraits de Montréalsociétéhumainmontrealportraitsreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5183/du-travesti-a-lancien-combattant-portraits-de-montreal
Isabelle Michaud, parfumeuse à l’eau de céleriQu’est-ce qui vous a donné l’idée de faire un parfum au céleri?
Le céleri, j’adorais ça jusqu’à ce que je fasse une grosse réaction allergique. Mais le souvenir est resté, un souvenir idéalisé, avec des notes de fraîcheur, que j’ai voulu traduire dans mon parfum. Ça ne pourrait pas juste sentir le céleri sinon ça ne serait pas un parfum. C’est donc mon interprétation du céleri.

Comment vous faites ça, des parfums? 
J’ai mon « orgue », comme on dit en parfumerie, qui contient toutes sortes de notes. Au fond, c’est un frigo avec toutes sortes d’ingrédients, des huiles essentielles ou des molécules. J’essaie des mélanges. Des fois, j’ai des idées vraiment précises de ce que je veux, mais souvent, je tombe sur des combinaisons par hasard, qui m’évoquent quelque chose. 

Comme le cuir et le tabac dans votre parfum Aviation club?
Oui, ces mélanges me faisaient penser à ce club de poker mythique en France : la fumée, le cuir des banquettes, le tapis vert des tables de jeu, le café, ce qui en fait, comme mes autres parfums, une fragrance très masculine. Mais pour moi, tous mes parfums sont unisexes. 

Sentez-vous des choses que nous, simples mortels, ne sentons pas?
Non! Je sens exactement les mêmes choses que vous, mais moi, je suis capable de mettre le nom d’une molécule sur une odeur. Si on se promène sur le bord de la mer, vous allez trouver que ça sent la mer. Moi je peux décortiquer ça et repérer l’odeur de calone, une molécule qui sent l’huître fraîche. 

Je remarque que vous n’avez pas le plus gros nez du monde. Est-ce que c’est mal vu dans votre métier?
Non, mais ce n’est pas la première fois qu’on me fait la remarque! La taille n’a rien à voir. Ce qu’il faut, pour faire des parfums, ce sont des idées, des coups de cœur et de la curiosité. Souvent, les parfums commerciaux sont des copies de parfums populaires auxquelles on a ajouté une twist pour ne pas se faire accuser de plagiat. Moi, au-delà de créer des parfums, j’aime pouvoir créer des émotions, raconter une histoire. 

Par exemple?
Mon parfum Vol 870 YUL-CDG, c’est l’histoire d’un voyage qui commence avec la forêt canadienne, ensuite, on sent des notes plus aériennes d’ylang-ylang, qui représentent le vol dans les nuages, puis on tombe dans le côté plus lugubre de l’Europe. 

On peut trouver ses parfums à la boutique Jamais assez sur Saint-Laurent.
Son site internet: http://monsillage.com

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http://urbania.ca/canaux/conversations/5181/isabelle-michaud-parfumeuse-a-l-eau-de-celeriTue, 01 Jul 2014 09:48:12 EDTJudith Lussierentrevueisabelle michaudcéleriparfumconversationreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5181/isabelle-michaud-parfumeuse-a-l-eau-de-celeri
De l'éboueur à la vapoteuse - Portraits de Montréal

Maman : « Qu'est-ce qu'il y a là-dedans ? »
Enfant : « Un bébé ! »

« Est-ce qu'il réalise qu'il va avoir une petite soeur ? »
« Non, je ne crois pas qu'il comprenne. J'ai l'impression qu'on l'a entrainé à dire "il y a un bébé là-dedans !" »




« Un jour, une vieille dame m'a demandé, très sérieusement, si j'avais de la crème glacée au Viagra. Je lui ai répondu, très sérieusement, que nous n'en avions pas et elle est repartie, très sérieusement. »




« Je vis dans la rue par choix, je suis pas là à dire "ouh c'est dur la vie, c'est la faute de la société". Tout va bien dans le meilleur des mondes, je ne suis pas du genre à m'apitoyer sur mon sort. Je n'ai jamais eu de problème pour trouver une job, mais pour l'instant je n'en veux pas, je vis en nomade. Mais là ce n'est pas normal que j'ai dormi en ville en plein milieu de la populace sur un banc, je me sentais comme de la scrap tout à l'heure, ça m'a donné un coup de vitalité de te parler. »




« J'ai toujours dit à mon fils 'soit bon avec tout le monde, peu importe qui ils sont'. Et c'est ce qu'il fait : un jour quelqu'un est venu chez moi et m'a dit "Monsieur, j'étais au secondaire avec votre fils. Il m'a aidé, j'étais à l'hôpital et il m'a apporté des médicaments quand je n'avais pas d'argent." Je n'étais même pas au courant, il ne m'en avait jamais parlé. C'est ce jeune homme qui me l'a appris. J'étais très fier de mon fils. »




« Quand les gens écoutent de la musique avec leurs écouteurs, ils s'enferment dans une bulle, et je ne pense pas que c'est à ça que sert la musique. Donc on fait des 'silent disco squads' : les gens écoutent le même mix avec leurs écouteurs, on se synchronise tous et on danse ensemble, pour faire éclater nos bulles. »




« J'ai eu quatre cancers et je suis encore de ce monde. Je n'ai jamais été métastasé, mon corps se défend bien contre les attaques. »




« Pourquoi ce masque ? »
« Parce que je suis le boss ! »




« À 41 ans je suis arrivée aux alcooliques anonymes en pièces détachées. Là ça fait 16 ans que je ne touche plus à rien. Pour moi ce n'est pas de l'abstinence, c'est juste de la sobriété : j'ai perdu la soif. On est juste 3% comme ça apparemment, pour les autres c'est un combat de tous les jours. »

« Comment tu as fait pour perdre la soif ? »
« J'ai la foi, et un jour j'ai prié : 'Mon Dieu aide-moi à m'en sortir, et je te promets de me mettre à ton service.' Depuis c'est un peu ce que je fais. J'aide les alcooliques à s'en sortir à leur tour. Je ne leur dis pas quoi faire, mais je me prends comme exemple et ils s'ouvrent beaucoup à moi. »



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http://urbania.ca/canaux/conversations/5169/de-leboueur-a-la-vapoteuse-portraits-de-montrealMon, 23 Jun 2014 15:45:28 EDTPortraits de Montréalhumainsociétémontrealportraitreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5169/de-leboueur-a-la-vapoteuse-portraits-de-montreal