Urbania - conversationshttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationThu, 21 Aug 2014 19:55:31 EDT60La surfeuse et la rasta - Portraits de Montréal














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http://urbania.ca/canaux/conversations/5224/la-surfeuse-et-la-rasta-portraits-de-montrealMon, 21 Jul 2014 09:46:25 EDTPortraits de Montréalphotoshumains de montrealportraitsportraits de montréalreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5224/la-surfeuse-et-la-rasta-portraits-de-montreal
Du colibri au chevalier - Portraits de Montréal
















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http://urbania.ca/canaux/conversations/5210/du-colibri-au-chevalier-portraits-de-montrealMon, 14 Jul 2014 10:33:46 EDTPortraits de Montréalphotoshumainshumains de montrealportraits de montréalreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5210/du-colibri-au-chevalier-portraits-de-montreal
De l'unijambiste à la mère qui ne vieillit pas - Portraits de Montréal
« J’ai voyagé une bonne partie de l’année dernière, je suis allée dans l’ouest canadien et ensuite à Hawaii. Je suis revenue il y a 15 jours et je repars dans un mois pour Barcelone pour rendre visite à la famille de mon copain. Le voyage m’a appris la valeur des choses ; il y a toujours moyen d’être autosuffisante et de faire assez d’argent pour vivre. Je ne suis pas une grande dépensière et je crois qu’on peut faire beaucoup avec peu. J’aime aussi prendre conscience des petites choses qui nous entourent et qu’on oublie souvent. Par exemple, je peux rester plusieurs minutes à observer l’opalescence d’une labradorite ou d'une goutte d'eau dans l'herbe. L’opalescence, c’est les couleurs qui sont reflétées sur une surface translucide, un peu comme un arc-en-ciel. »



« Maman s'est arrêtée de vieillir à 25 ans, mais en vrai elle a 33 ans ! »


« Est-ce qu'il y aurait moyen de vous prendre en photo ? »
« Quand tu veux ! Ici c'est bien. »
« Comment c'est de grandir en tant que juif hassidique ? »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? Nous on est simplement nés comme ça. »
[Malheureusement, leur bus scolaire est arrivé juste à ce moment-là et ils ont du me dire au revoir avant que j'ai pu en apprendre plus sur eux.]


« Qu'est-ce que tu peux faire que personne ne pourra jamais faire avec deux jambes ? »
[En équilibre sur une jambe, il se met à faire tourner sa prothèse à 360 degrés.]
« Je dis toujours aux enfants de ne pas essayer de faire ça à la maison ! »
[Pour voir l'action au complet, c'est par ici]


« Si tu devais te donner un conseil à toi-même plus jeune, qu'est-ce que ce serait ? » 
« Ne fais pas attention au regard des autres et suis tes aspirations, quoiqu'il arrive. L'année prochaine j'entre à l'université pour devenir travailleur social. J'ai été témoin de situations difficiles touchant les jeunes de mon entourage, et je veux pouvoir les aider. »

« Si tu recherches un équilibre, il faut que tu saches d'où tu viens. Au fur et à mesure que tu te libères de ton histoire familiale - pas parce qu'elle n'est pas belle, mais parce qu'elle ne t'appartient pas - tu peux rayonner. Au fur et àmesure que j'ai pu faire le ménage dans mon histoire, et pu comprendre d'où je venais, j'ai pu me permettre d'avoir des rêves qui correspondaient à l'état dans lequel j'étais, et de poser les gestes pour les réaliser. Il y a à peu près trois ans j'ai senti que j'étais rendue à me féminiser. Avant j'étais garçon manqué, je faisais beaucoup de compétitions de tennis, j'étais toujours en entraînement sportif, j'étais plus musclée. Je suis au début d'une métamorphose ; plus je suis lumineuse, plus je crois que le monde s'ouvre à moi, plus l'univers m'est possible. Depuis que j'ai mes dreads, je suis comme devenue visible. »

« Je rejette complètement les valeurs d'aujourd'hui. Moi je regarde à l'époque de mes grands-parents, dans les années 60, quand les valeurs c'était la paix, l'amour, le partage, la justice sociale. Cette époque-là, si on le veut, on peut continuer à la vivre aujourd'hui, c'est juste une question de choix. Personnellement j'écoute seulement la musique de cette époque-là, les films de cette époque-là, et les séries de cette époque-là : c'est drôle, il n'y a pas de violence, et c'est rempli de rêves. Je n'essaie pas de faire vivre aux autres ce que je vis, mais je conseille aux jeunes d'adhérer aux valeurs 'Peace and Love', ça ferait un meilleur monde : pas de guerre, pas de violence, pas de haine, pas de viol, pas de meurtre. C'est une question de choix personnel, il suffit de s'abreuver de la philosophie 'Peace and Love'. Les gens ont juste à écouter John Lennon, The Doors, Jimi Hendrix, etc. S'ils s'abreuvent de cette musique ils vont peut-être finir par être inspirés. »


« Qu'est-ce que tu préfères chez elle ? »
« J'aime qu'elle soit geeky et nerdy, toujours dans ses livres. Elle a beaucoup de savoir et ça c'est sexy. »



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http://urbania.ca/canaux/conversations/5197/de-lunijambiste-a-la-mere-qui-ne-vieillit-pas-portraits-de-montrealTue, 08 Jul 2014 12:27:03 EDTPortraits de Montréalsociétéhumains de montrealportraitsreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5197/de-lunijambiste-a-la-mere-qui-ne-vieillit-pas-portraits-de-montreal
Du travesti à l'ancien combattant - Portraits de Montréal
« Qu'est-ce que vous aimez le plus l'un chez l'autre ? »
« J'aime qu'on s'arrange toujours pour accorder son turban avec ma robe, alors qu'on ne le fait pas exprès ! »
« J'aime le fait qu'elle ait de la mangue partout sur le visage en ce moment. »
« J'aime qu'il aime ça chez moi ! »


« Je suis mathématicien de formation, écrivain de profession et flâneur le dimanche. Depuis deux ans, je sors toujours nippé comme ça, je me sens bien comme ça. Et tant pis pour les autres. Mais Montréal c'est bien pour ça, c'est une ville ouverte, je ne ferais pas ça dans un petit bled perdu, je me ferais écoeurer. Ça arrive ici, mais bon deux fois par année c'est pas beaucoup. »

« Vous vous êtes senti comment la première fois ? »
« Je me suis senti un peu à l'étroit : c'est quand même pas évident à porter ! »


« Je ne savais pas quoi me mettre ce matin. »


« C'est Mister Harley, il sort avec moi tous les jours. »

« C'est quoi ton secret pour qu'il reste en place ? »
« De l'amour man. Je lui donne de l'amour tous les jours depuis qu'il a six semaines. »


« Je suis vétéran, j'étais bombardier pendant la Seconde Guerre Mondiale. Je ne peux pas en être certain mais je crois que j'ai tué des nazis. L'Air Force était strictement volontaire. J'ai lu les journaux et appris ce qu'il se passait en Allemagne, j'avais 18 ans et j'étais fou de rage contre les nazis donc je me suis enrôlé. Je me disais 'Il faut que je leur rende la monnaie de leur pièce.' J'ai combattu jusqu'à mes 22 ans, j'ai perdu les meilleures années de ma vie. »

« Quel est votre souvenir le plus fort de la guerre ? »
« Un mois après la victoire, après avoir repoussé les nazis en Allemagne, j'ai visité Dachau, le camp de concentration. Je suis entré dans une chambre à gaz. Elle était vide, mais je suis resté là et j'ai pleuré. Je ne leur pardonnerai jamais ce qu'ils ont fait. »

Il ne voulait pas que sa photo soit publiée, mais il m'a laissé en prendre une de son épingle poppy, symbole des vétérans.


« Il voyage depuis cinq ans et moi depuis deux ans. Maintenant on voyage ensemble. On a des amis mais la plupart du temps on est juste tous les deux. »

«Qu'est-ce qui vous a poussé à vivre sur la route ? »
« Je fumais un joint un jour, et j'en ai eu marre de fumer dans ma chambre, j'avais envie de fumer sur une plage donc je suis partie en Floride. Je suis rentrée chez nous quelques mois après, mais j'avais encore envie de voyager donc je ne suis pas restée longtemps. »

« Qu'est-ce que tu aimes le plus dans ce style de vie ? »
« Faire du train-stop (train hopping) c'est une des choses que j'aime. Tu peux profiter des vues panoramiques, et souvent il n'y a aucune route dans les parages, t'es juste au milieu de nulle part où ils ont décidé d'installer les rails. C'est vraiment génial. »


« Je suis venue rendre visite à ma fille, elle s'est installée ici il y a 14 ans. Elle était partie pour étudier un an, et finalement elle n'est jamais rentrée. Je suis fière qu'elle se soit construite une vie intéressante, elle a trouvé une belle qualité de vie ici. Ma devise en France c'est 'Ma fille est loin, mais je l'aime mieux heureuse loin que malheureuse si je l'avais gardée ici.' Et moi ça me donne une bonne raison de voyager ! »


« Je viens du Michigan, j'ai emménagé ici en mars. La météo est la même mais la culture est 360 degrés plus riche ici, il y a quelque chose de nouveau à découvrir à chaque coin de rue. Nos enfants sont plus âgés maintenant, ma femme et moi cherchions un peu d'aventure ; ça en a été une très bonne jusqu'à maintenant. »

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http://urbania.ca/canaux/conversations/5183/du-travesti-a-lancien-combattant-portraits-de-montrealTue, 01 Jul 2014 11:44:03 EDTPortraits de Montréalsociétéhumainmontrealportraitsreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5183/du-travesti-a-lancien-combattant-portraits-de-montreal
Isabelle Michaud, parfumeuse à l’eau de céleriQu’est-ce qui vous a donné l’idée de faire un parfum au céleri?
Le céleri, j’adorais ça jusqu’à ce que je fasse une grosse réaction allergique. Mais le souvenir est resté, un souvenir idéalisé, avec des notes de fraîcheur, que j’ai voulu traduire dans mon parfum. Ça ne pourrait pas juste sentir le céleri sinon ça ne serait pas un parfum. C’est donc mon interprétation du céleri.

Comment vous faites ça, des parfums? 
J’ai mon « orgue », comme on dit en parfumerie, qui contient toutes sortes de notes. Au fond, c’est un frigo avec toutes sortes d’ingrédients, des huiles essentielles ou des molécules. J’essaie des mélanges. Des fois, j’ai des idées vraiment précises de ce que je veux, mais souvent, je tombe sur des combinaisons par hasard, qui m’évoquent quelque chose. 

Comme le cuir et le tabac dans votre parfum Aviation club?
Oui, ces mélanges me faisaient penser à ce club de poker mythique en France : la fumée, le cuir des banquettes, le tapis vert des tables de jeu, le café, ce qui en fait, comme mes autres parfums, une fragrance très masculine. Mais pour moi, tous mes parfums sont unisexes. 

Sentez-vous des choses que nous, simples mortels, ne sentons pas?
Non! Je sens exactement les mêmes choses que vous, mais moi, je suis capable de mettre le nom d’une molécule sur une odeur. Si on se promène sur le bord de la mer, vous allez trouver que ça sent la mer. Moi je peux décortiquer ça et repérer l’odeur de calone, une molécule qui sent l’huître fraîche. 

Je remarque que vous n’avez pas le plus gros nez du monde. Est-ce que c’est mal vu dans votre métier?
Non, mais ce n’est pas la première fois qu’on me fait la remarque! La taille n’a rien à voir. Ce qu’il faut, pour faire des parfums, ce sont des idées, des coups de cœur et de la curiosité. Souvent, les parfums commerciaux sont des copies de parfums populaires auxquelles on a ajouté une twist pour ne pas se faire accuser de plagiat. Moi, au-delà de créer des parfums, j’aime pouvoir créer des émotions, raconter une histoire. 

Par exemple?
Mon parfum Vol 870 YUL-CDG, c’est l’histoire d’un voyage qui commence avec la forêt canadienne, ensuite, on sent des notes plus aériennes d’ylang-ylang, qui représentent le vol dans les nuages, puis on tombe dans le côté plus lugubre de l’Europe. 

On peut trouver ses parfums à la boutique Jamais assez sur Saint-Laurent.
Son site internet: http://monsillage.com

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http://urbania.ca/canaux/conversations/5181/isabelle-michaud-parfumeuse-a-l-eau-de-celeriTue, 01 Jul 2014 09:48:12 EDTJudith Lussierentrevueisabelle michaudcéleriparfumconversationreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5181/isabelle-michaud-parfumeuse-a-l-eau-de-celeri
De l'éboueur à la vapoteuse - Portraits de Montréal

Maman : « Qu'est-ce qu'il y a là-dedans ? »
Enfant : « Un bébé ! »

« Est-ce qu'il réalise qu'il va avoir une petite soeur ? »
« Non, je ne crois pas qu'il comprenne. J'ai l'impression qu'on l'a entrainé à dire "il y a un bébé là-dedans !" »




« Un jour, une vieille dame m'a demandé, très sérieusement, si j'avais de la crème glacée au Viagra. Je lui ai répondu, très sérieusement, que nous n'en avions pas et elle est repartie, très sérieusement. »




« Je vis dans la rue par choix, je suis pas là à dire "ouh c'est dur la vie, c'est la faute de la société". Tout va bien dans le meilleur des mondes, je ne suis pas du genre à m'apitoyer sur mon sort. Je n'ai jamais eu de problème pour trouver une job, mais pour l'instant je n'en veux pas, je vis en nomade. Mais là ce n'est pas normal que j'ai dormi en ville en plein milieu de la populace sur un banc, je me sentais comme de la scrap tout à l'heure, ça m'a donné un coup de vitalité de te parler. »




« J'ai toujours dit à mon fils 'soit bon avec tout le monde, peu importe qui ils sont'. Et c'est ce qu'il fait : un jour quelqu'un est venu chez moi et m'a dit "Monsieur, j'étais au secondaire avec votre fils. Il m'a aidé, j'étais à l'hôpital et il m'a apporté des médicaments quand je n'avais pas d'argent." Je n'étais même pas au courant, il ne m'en avait jamais parlé. C'est ce jeune homme qui me l'a appris. J'étais très fier de mon fils. »




« Quand les gens écoutent de la musique avec leurs écouteurs, ils s'enferment dans une bulle, et je ne pense pas que c'est à ça que sert la musique. Donc on fait des 'silent disco squads' : les gens écoutent le même mix avec leurs écouteurs, on se synchronise tous et on danse ensemble, pour faire éclater nos bulles. »




« J'ai eu quatre cancers et je suis encore de ce monde. Je n'ai jamais été métastasé, mon corps se défend bien contre les attaques. »




« Pourquoi ce masque ? »
« Parce que je suis le boss ! »




« À 41 ans je suis arrivée aux alcooliques anonymes en pièces détachées. Là ça fait 16 ans que je ne touche plus à rien. Pour moi ce n'est pas de l'abstinence, c'est juste de la sobriété : j'ai perdu la soif. On est juste 3% comme ça apparemment, pour les autres c'est un combat de tous les jours. »

« Comment tu as fait pour perdre la soif ? »
« J'ai la foi, et un jour j'ai prié : 'Mon Dieu aide-moi à m'en sortir, et je te promets de me mettre à ton service.' Depuis c'est un peu ce que je fais. J'aide les alcooliques à s'en sortir à leur tour. Je ne leur dis pas quoi faire, mais je me prends comme exemple et ils s'ouvrent beaucoup à moi. »



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http://urbania.ca/canaux/conversations/5169/de-leboueur-a-la-vapoteuse-portraits-de-montrealMon, 23 Jun 2014 15:45:28 EDTPortraits de Montréalhumainsociétémontrealportraitreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5169/de-leboueur-a-la-vapoteuse-portraits-de-montreal
Richard Mardens, ambassadeur du Saint-LaurentEn quoi consiste l’expédition Coup de pagaie?
Le 15 juillet, nous parcourrons les 1300 km du fleuve en autonomie partielle : nous nous poserons en camping le soir et compterons sur de la nourriture que nous aurons caché le long du parcours. Nous pensons arriver à Gaspé au début septembre. Nous allons tout documenter sur les réseaux sociaux, sur notre blogue et à l’aide de vidéos de nos observations. 

Est-ce que c’est difficile, physiquement? 
J’ai fait récemment une expédition de deux jours et j’étais exténué à la fin, donc oui, c’est un défi. Près de Gaspé, les vagues peuvent être très hautes. Ce n’est pas l’exploit physique qui nous intéresse, mais le fait de sensibiliser les gens à l’importance de ce cours d’eau.

Qu’a-t-il de si important, le fleuve?
Il est important sur le plan historique, sur le plan économique et sur le plan environnemental. Le fleuve a une biodiversité très riche, les baleines viennent s’y nourrir. Les milieux humides, par exemple, sont super importants, parce qu’ils permettent de filtrer l’eau et c’est un habitat riche pour les poissons, oiseaux, amphibiens et insectes. 

Comment allez-vous faire pour percer la nonchalance de ceux qui ne sont pas déjà vendus à la cause du Saint-Laurent?
C’est la question qui nous empêche de dormir! Nous avons pour ça trois volets. Un volet éducatif, qui implique les jeunes, avec qui je vais communiquer par Skype, un volet artistique – des artistes s’inspireront de notre expérience pour créer des œuvres - parce que nous voulons rejoindre le plus de monde possible, pas juste des activistes, et nous avions aussi un volet scientifique, qui est tombé à l’eau parce qu’il est de plus en plus difficile pour les chercheurs de documenter la pollution dans le fleuve. Surtout quand ça pourrait nuire au développement de projets comme le port de Cacouna. 

Comment ce projet nuit-il à l’environnement?
Le port de Cacouna est situé en face du parc marin, là où les mères bélugas mettent bas et élèvent leurs enfants l’été. Si en plus on explore Anticosti, qui se trouve à être leur habitat d’hiver, on détruit leur habitat d’été et d’hiver. Ça n’ira pas bien pour eux! 

Je détecte un accent belge, qu’est-ce qui vous sensibilise tant au fleuve Saint-Laurent?
Nous sommes en effet trois Belges dans l’expédition. Je suis biologiste de formation, et quand je plonge dans le fleuve, je suis surpris de voir à quel point c’est beau. C’est aussi coloré que dans la mer des Caraïbes, mais plus vert. En travaillant comme guide naturaliste, j’ai réalisé que les gens connaissaient peu la richesse qu’ils ont, ce qui explique que des décisions politiques dommageables puissent être prises dans l’indifférence. Je ne veux pas faire la morale aux Québécois, je veux juste montrer comment le fleuve est beau. 

www.coupdepagaie.com

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http://urbania.ca/canaux/conversations/5168/richard-mardens-ambassadeur-du-saint-laurentMon, 23 Jun 2014 13:54:59 EDTJudith Lussierkayaksportsaint-laurentquebecportraitreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5168/richard-mardens-ambassadeur-du-saint-laurent
Catherine Fouron, blogueuse nocturneDepuis quand blogues-tu? 
Depuis quatre ans, mais je suis insomniaque depuis bien plus longtemps. Je crois que c’est la naissance de ma fille aujourd’hui âgée de 11 ans qui a complètement déréglé mon sommeil. À force de me réveiller aux deux heures, mon corps a enregistré ce rythme. Mais si je n’ai pas réglé mon problème depuis, c’est aussi en raison de mon hamster.

Le hamster que tu surnommes Guy?
Oui, je lui ai donné ce nom pour aucune raison en particulier. Le hamster qui court dans sa roue représente l’hyperactivité cérébrale. Au fond, c’est mon surmoi. Avec le temps, je suis arrivée à le dompter. Quand je relis mes premiers billets de blogue, je réalise qu’au début, il était très sévère, très dur envers moi. J’étais en plein divorce à l’époque : je vivais une de crise de la quarantaine typique. Ce blogue m’a permis de ne pas sombrer dans la dépression. 

Mais ça n’a pas réglé ton problème d’insomnie…
Non. J’ai une prescription pour une clinique du sommeil en poche depuis trois ans, mais je n’ai aucun intérêt d’aller là. Je suis comme les fumeurs qui ne veulent pas arrêter de fumer. J’ai trouvé un canal d’expression qui valorise mon insomnie, j’en tire trop de satisfaction pour vouloir m’en défaire, malgré tous les inconvénients que ça implique, comme le fait d’être toujours fatiguée. Mon insomnie m’a permis d’écrire, ce que j’ai toujours rêvé de faire. 

Et tu ne pourrais pas écrire de jour? 
J’ai toujours aimé écrire, mais je n’écrirais pas sur n’importe quel sujet : je ne tiendrais pas un blogue sur l’environnement ou la nourriture, par exemple. Là, mon canal, c’est l’insomnie. Et puis la nuit m’inspire. C’est calme et j’ai l’impression que je peux puiser dans l’énergie des gens qui dorment. 

Qu’est-ce que ça t’a appris sur le sommeil?
Chaque personne a son rythme, qui ne correspond pas nécessairement à celui qui nous est imposé. J’ai lu qu’avant l’électrification, le sommeil était divisé en deux : les gens se réveillaient au milieu de la nuit, effectuaient des tâches, puis retournaient se coucher. Moi, je ne me couche jamais avant minuit, et si je me couchais à 19h pour bien faire, je me réveillerais assurément à minuit! 

Pour lire le Journal d’une insomniaque : catoufou.wordpress.com
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http://urbania.ca/canaux/conversations/5153/catherine-fouron-blogueuse-nocturneMon, 16 Jun 2014 13:40:21 EDTJudith Lussierreportagehamsterportraitmetroinsomniaquebloghttp://urbania.ca/canaux/conversations/5153/catherine-fouron-blogueuse-nocturne
Urban Miles, lutteur hipsterTu as plutôt l’air d’un intello que d’un combattant. Qu’est-ce qui t’as attiré dans la lutte?
Je suis prof de littérature au CÉGEP, j’ai toujours aimé le théâtre et j’ai toujours été athlétique. Pour moi, la lutte, c’est le parfait amalgame de tout ça. 

Donc on peut dire que c’est assumé, aujourd’hui, que vous faites semblant?
Oui, partout dans le monde, les gens sont conscients que la lutte est un mélange de sport et de jeu. On ne fait pas seulement des prises, on raconte une histoire. 

Comment raconte-t-on une histoire dans un ring?
Avant les matchs, on prépare un scénario selon la même structure classique que dans tous les films américains. Il y a le gentil, le méchant qui prend le dessus jusqu’à ce que la foule soit tannée de voir le gentil manger une volée, et ensuite le gentil gagne ou le méchant l’emporte d’une façon malhonnête.

Toi, tu incarnes le gentil ou le méchant?
Presque toujours le méchant!

Qu’est-ce qui détermine le vainqueur? 
C’est la réaction de la foule. La première qualité d’un bon lutteur est de ne pas laisser la foule indifférente. Soit les gens t’adorent, soit ils te détestent. Ce n’est pas pour rien que j’ai choisi un personnage de hipster! À l’extérieur de Montréal, personne n’aime les hipsters. Dès qu’on annonce que je viens du Plateau Mont-Royal, les gens commencent à me huer. En région, et SURTOUT à Québec. C’est pour ça que je joue sur les traits qui dérangent le plus des hipsters et que je les grossis.

Comme?
Le fait que les hipsters soient toujours sur leur téléphone intelligent, qu’ils capotent sur les réseaux sociaux – d’ailleurs, j’invite les gens à me suivre sur Instagram et sur Twitter -, qu’ils ne soient pas athlétiques et qu’ils trouvent cool ce qui n’est pas connu. Ironiquement, ça fait de la lutte un sport très hipster! Il y a d’ailleurs de plus en plus de hipsters qui viennent voir la lutte. Et ils prennent un malin plaisir à me détester eux aussi. 

Est-ce que ça procure à la lutte un regain de popularité?
La lutte a toujours maintenu un certain intérêt. Les gens ne le savent pas, mais presque chaque fin de semaine, quelque part au Québec, il y a un gala de lutte. 

Est-ce que tu pourrais gagner ta vie comme ça?
J’aurais pu espérer être signé si j’avais fait le sacrifice de prendre des stéroïdes. Le physique est important, même pour un lutteur hipster : je m’entraîne quatre fois par semaine. 

As-tu une prise qui est devenue ta signature?
Oui, le Air Miles : je saute de la deuxième corde et je mets mes genoux dans la face de mon adversaire avant de retomber sur le dos. 
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http://urbania.ca/canaux/conversations/5138/urban-miles-lutteur-hipsterMon, 09 Jun 2014 13:33:11 EDTJudith Lussiertheatrehipstercatchluttereportageshttp://urbania.ca/canaux/conversations/5138/urban-miles-lutteur-hipster
Lucie Grégoire, modisteC’est quoi la différence entre modiste et chapelière? 
Au Québec, tout le monde dit « chapelière », mais modiste, c’est plus créatif. On fait un chapeau à la fois, pas en série. 

Au fond, c’est de l’art?
Non, c’est pas de l’art! C’est de l’artisanat. Il y a des gens qui méprisent l’artisanat, mais moi je ne lève pas le nez là-dessus. C’est un métier, qui comprend à lui seul plusieurs métiers. 

Comme?
Tu vois, le bloc de bois sur lequel on établit la forme du chapeau, c’est fait par un formier. Il ne s’en fait plus au Canada. Ceux que j’ai sont importés ou je les ai achetés du Collège Marie-Victorin lorsqu’on a cessé d’y enseigner la chapellerie. La paille, c’est une plante, quelqu’un la fait pousser, une autre personne la tisse. Le feutre, c’est fait avec la laine de mouton ou du poil de lapin, ensuite, on le teint. Une usine de feutre a dû fermer ses portes à Chazel-sur-Lyon quand son teinturier est tombé malade. Ça a complètement freiné la production! Les plumes, ce sont des plumassiers qui les font. J’ai fait un stage de quatre jours en plumasserie en France. Ce sont tous des métiers qui vont disparaître. Moi, je m’accroche!

Comment êtes-vous devenue modiste?
Par hasard. J’étais prof d’arts plastiques au primaire, puis j’ai décidé de prendre des cours de haute couture, chez Cotnoir-Capponi, une école montréalaise très réputée, fondée dans les années 30. Elle a fermé ses portes en 1989. Ensuite, j’ai appris à faire des patrons de chapeaux et des chapeaux sur mesure. Ma première collection s’est retrouvée chez Ogilvy. Dans le temps, ils avaient un vrai département de chapeaux. 

Comment tirez-vous votre épingle du jeu aujourd’hui?
Les gens sont attirés par les chapeaux pas chers faits en Chine. C’est sûr que je ne peux pas rivaliser. Mais dès qu’une personne a une tête un peu différente, elle vient me voir. Combien de femmes entrent ici en me disant qu’elles n’ont pas une tête à chapeau? C’est sûr qu’avec le peu de choix qu’il y a en magasin, peu de gens ont une tête à chapeau. Je donne aussi des cours de confection. Il y en a pour les professionnels de la mode, d’autres pour débutants, comme mon cours de chapeaux de sorcières, que j’offre chaque année à l’Halloween. 

Faites-vous des chapeaux pour les films?
Oui. Quand ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchent, ils m’appellent. J’ai fait le chapeau de Johnny Depp dans Secret Window. Le chapeau a un rôle très important dans le film et il devait avoir des caractéristiques très précises. 

Avez-vous espoir qu’il y ait un regain d’intérêt pour les chapeaux?
En 23 ans de métier, je n’ai jamais senti un regain d’intérêt. Mais pour la première fois, je pense que oui. Plusieurs chanteurs et acteurs se remettent à porter des chapeaux. Regarde Pharrell, par exemple! 

http://commeunchapeau.com
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http://urbania.ca/canaux/conversations/5122/lucie-gregoire-modisteMon, 02 Jun 2014 12:30:35 EDTJudith LussierchapelièremodisteartisanatChapeaureportageshttp://urbania.ca/canaux/conversations/5122/lucie-gregoire-modiste
Jean-François Berthiaume, câlleurComment es-tu devenu câlleur?
À la base, j’étais danseur. J’aimais le break dance quand j’étais petit, je trippais sur les vidéoclips de Michael Jackson. Comme personne ne donnait des cours de break dance à Laval, mon père m’a inscrit à des cours de danse traditionnelle russe après s’être fait dire que ça se ressemblait. 

Te faisais-tu niaiser à l’école avec tes cours de danse? 
Pantoute! Quand j’intégrais mes pas de danse russe au break dance, mes amis capotaient! Ils n’avaient jamais vu ça à la télé, des moves de même! Après, je suis devenu un pro de danse hongroise, et en voyageant, j’ai découvert les danses irlandaises. J’ai réalisé que les danses étaient différentes d’une région à l’autre et qu’elles racontaient l’histoire du pays. Je me suis donc intéressé aux danses québécoises. Aujourd’hui, je connais toutes les danses de toutes les régions du Québec.

Ça doit t’aider pour être câlleur?
En fait, ça ne change pas grand-chose, parce qu’au Québec, de toute façon, les gens ne savent pas danser. Les gens ont arrêté de danser dans les maisons quand on s’est mis à installer du prélart dans les cuisines: les souliers laissaient des traces sur le plancher et les ménagères étaient tannées de les nettoyer! Les danses se sont déplacées dans les hôtels. Puis, avec le catalogue Sears, les gens ont cessé de fabriquer eux-mêmes leurs meubles et se sont mis à faire plus attention aux meubles qu’ils achetaient. Avant, dans les veillées, on installait les musiciens sur les tables et on mettait les autres meubles dehors dans la neige pour faire de la place pour danser. 

Comment ça se fait que toi, tu danses toujours? Y a pas de prélart chez vous?
Chez nous, ça a toujours dansé et chanté. Mon grand-père joue du violon, mon père de l’accordéon, et tous mes oncles connaissent au moins une chanson à répondre. Avant, chaque événement familial -baptême, mariage- était l’occasion de danser un set carré. Avec l’émission Soirée canadienne, tous ceux qui ont entre 45 et 60 ans aujourd’hui se sont mis à trouver ça quétaine. Les jeunes, eux, veulent essayer ça parce qu’ils n’ont pas de préjugés. 

Comment fais-tu pour leur montrer?
Ce sont des danses marchées, ça fait que je dis « Va à gauche, va à droite, prends la main de ton voisin. » Ce qu’il y a de beau, c’est que chaque câlleur a sa façon de faire. Moi, au lieu de dire « Swing la compagnie », je préfère dire « Swing par la pine pis balance par la ganse! »
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http://urbania.ca/canaux/conversations/5105/jean-francois-berthiaume-calleurMon, 26 May 2014 13:28:23 EDTJudith LussierreportageCâlleurportraitdanseswinghttp://urbania.ca/canaux/conversations/5105/jean-francois-berthiaume-calleur
Robert Lindblad – Trouveur d’enfants perdusComment faites-vous pour trouver les enfants disparus?
J’utilise une carte. Je passe ma main au-dessus et ça tire à l’endroit où chercher. J’utilise aussi un pendule ou un bout de bois en Y. Je trouve tout avec ça : des clefs, des porte-monnaie, des chiens perdus, des enfants. Grâce aux vibrations propres à chacun, je sais tout sur la personne: son passé, son avenir, si la personne est morte ou vivante. Si c’est une fugue, je le sais tout de suite, mais je ne dis pas nécessairement aux parents où se trouve leur ado. 

Pourquoi?
Si l’enfant est en sécurité, je le laisse vivre sa vie. Des fois, les parents ont des leçons à apprendre. 

Depuis quand avez-vous le don de voyance?
C’est quelque chose que j’ai en moi depuis toujours, mais c’est un ami qui me l’a fait remarquer. Il m’a dit « toi, tu vois toujours des choses qu’on ne voit pas », mais moi je ne voulais rien savoir; je suis très sceptique. Il a fait un test : il a placé plusieurs livres par terre et a mis un 25¢ sous l’un d’eux, et il m’a fait deviner où il était. On a répété ça jusqu’à 5h du matin et j’ai deviné chaque fois. C’est là que j’ai dit : « Je vais aider les gens à trouver les enfants disparus! » Et là, mon ami m’a dit de me calmer. 

Combien de cas avez-vous résolu? 
Je fais des cas à tous les jours depuis 1991. Avant d’avoir internet, je regardais les journaux, et j’appelais les policiers pour qu’ils me faxent une photo de l’enfant à la pharmacie. Le pharmacien en a reçu des fax! Aujourd’hui, c’est plus facile. Je n’ai qu’à appeler les policiers pour leur dire où chercher. 

Et ils vous écoutent?
Certains sont sceptiques, mais la plupart m’écoutent parce qu’ils se disent qu’il vaut mieux tout essayer. Une fois, un corps policier a ri de moi quand je leur ai dit qu’une fille était en train de se faire violer sur un chantier de construction. Le lendemain, ils ont retrouvé la fille morte. Ça m’a tellement brisé le cœur que maintenant j’offre mes services gratuitement aux parents. 

Si vos dons sont si précis, pourquoi n’avons-nous pas trouvé la petite Cédrika Provencher?
Je ne discute jamais des cas en cours, par respect pour les parents. 

Photographe : Daphné Caron

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http://urbania.ca/canaux/conversations/5088/robert-lindblad-trouveur-d-enfants-perdusFri, 16 May 2014 14:18:51 EDTJudith Lussierdisparusenfantsvoyancemetroreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5088/robert-lindblad-trouveur-d-enfants-perdus
Portraitsdemontreal.com, photobaladeursEn quoi consiste votre projet?

On se balade dans les rues de Montréal, on discute avec les gens, on prend leur photo et on publie leur histoire sur notre site. Samuel fait la même chose, mais en vidéo. On fait beaucoup de small talk quand on s’adresse à des étrangers, mais nous, on essaie d’avoir des conversations plus profondes, d’emmener les gens à se révéler. 

D’où vous est venue cette idée?

On ne se cache pas de s’inspirer du site Humans of New York, de Brandon Stanton. Brandon a travaillé dans les finances pendant des années et sa seule préoccupation était l’argent. Quand il a perdu son emploi, il s’est rendu à New York avec un appareil photo. Il cherchait à faire quelque chose où l’argent était la dernière préoccupation. Le livre qu’il a tiré de son projet est maintenant un best-seller, mais à la base, ce n’était pas mercantile. 

Vous, vous avez quitté vos emplois. Espérez-vous pouvoir gagner vos vies comme ça?

Ça serait facile à rentabiliser, mais pour l’instant, on ne cherche pas à faire de l’argent avec ça. Tout ce qu’on veut, c’est rencontrer des gens, et ça nous fait du bien. C’est thérapeutique autant pour nous que pour ceux qui nous racontent leur histoire. Le charme de ce projet, c’est que si tu te promènes dans la rue la tête penchée avec tes écouteurs, t’as aucune idée de ce que la personne à côté de toi a vécu ou de ce que tu pourrais apprendre de cette personne-là. 

Combien de personnes avez-vous rencontré jusqu’à maintenant?

Ça fait un mois seulement qu’on fait ça et on a 97 portraits sur notre site. On fait ça à temps plein. Dès qu’il fait beau, on sort avec nos caméras pour rencontrer des gens. 

Est-ce que les gens sont réceptifs?

Oui. Comme dans toutes les grandes villes, on a parfois le sentiment que les gens ne veulent pas être sollicités, mais souvent, c’est juste une façade. Au pire, ils disent non et ce n’est pas plus grave que ça. 

Comment faites-vous pour choisir vos interlocuteurs?

On essaie de pas avoir de critères, parce qu’on ne sait jamais qui peut avoir une histoire intéressante à conter. C’est sûr que visuellement, si quelqu’un a des cheveux colorés ou se distingue physiquement, on sera attirés naturellement à prendre sa photo. Et on essaie d’avoir un bon ratio gars/filles même si, au début, on avait peur d’être plus gênés avec les filles!

Le site : portraitsdemontreal.com
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http://urbania.ca/canaux/conversations/5074/portraitsdemontrealcom-photobaladeursMon, 12 May 2014 14:07:02 EDTJudith Lussierreportagehistoiresportraithttp://urbania.ca/canaux/conversations/5074/portraitsdemontrealcom-photobaladeurs
Liliane Racette, humoriste « pas pareille »Qu’est-ce qui vous a incité à monter sur scène?
Je fais du théâtre amateur depuis 20 ans. J’ai aimé ça me cacher derrière des personnages, mais je trouvais que j’avais fait le tour, et je voulais parler de moi. Je me suis inscrite à l’École nationale de l’humour. Là, j’ai appris à écrire. Au début, c’était long, j’en avais tellement à dire! Je pense que tout ce qui nous arrive peut être intéressant. Moi, c’est mon accident qui m’inspire. 

Qu’est-ce qui vous est arrivé? 
À quatre ans, j’ai vécu un accident d’auto tellement fort que mes souliers ont revolé! Depuis, j’ai une paralysie cérébrale. J’ai une élocution lente et des difficultés de dextérité et d’équilibre. C’est pour ça que sur scène, je ne tiens pas mon micro : nerveuse, je pourrais l’échapper! Par contre, j’ai développé une autre compétence : vu que je ne parle pas vite, j’ai appris à parler fort, donc les gens me comprennent! 



Pourquoi avez-vous décidé de rire de votre handicap?
Faire des jokes sur moi, c’est une façon de me sentir « comme les autres ». J’ai envie de brasser les gens au sujet des différences. Souvent, on va vouloir épargner les handicapés, leur dire « reste assis, j’m’en occupe », en se disant qu’ils ne sont pas capables, mais moi, je suis capable. C’est comme quand on parle d’une grosse en disant « pourtant, elle a un beau visage ». Raconter une histoire, ça peut être triste, touchant, moi j’ai décidé d’être drôle. 

Que pensez-vous de Jean-Marc Parent, qui a longtemps été connu pour son numéro d’handicapé?
Moi, j’ai trouvé qu’il a eu du guts, parce que c’était pas accepté à l’époque : les handicapés, on les laissait dans les garde-robes. Si on peut en rire, ça veut dire que c’est accepté. C’est un idole, j’aimerais ça le rencontrer. 

Trouvez-vous ça difficile de présenter votre numéro dans les bars?
Un peu, parce que c’est tard. Moi, d’habitude, je suis couchée à 10h! Et c’est intimidant. Quand ma prof m’a donné une liste de contacts pour aller roder mes numéros dans les bars, je me disais que je ne ferais jamais ça. Mais il y a une part de moi qui est extravertie, alors je me suis lancée en me disant « au pire ils me lanceront des tomates! » En même temps, c’est l’fun d’être entourée de p’tits jeunes qui m’appellent madame, ça garde jeune. Ma fille de 22 ans est venue me voir avec ses amies. Elle était fière et elle m’encourage. 
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http://urbania.ca/canaux/conversations/5051/liliane-racette-humoriste-pas-pareilleMon, 05 May 2014 10:14:37 EDTJudith Lussierreportagemetropas pareilpareilhumourhttp://urbania.ca/canaux/conversations/5051/liliane-racette-humoriste-pas-pareille
Andrew Wojtczak, pro du garage
Êtes-vous un genre de designer de garage?
Je vends des meubles de garage, mais je peux aussi faire la planification et l’installation. J’aime bien me considérer comme un conseiller matrimonial : je fournis des solutions clé en main pour le garage et ça, ça peut sauver bien des mariages! 

Pourquoi? Parce que c’est la seule pièce où monsieur peut laisser aller sa créativité? 
En fait, 95% de mes clients sont des femmes. La raison pour laquelle je sauve des couples, c’est qu’en général, le garage, c’est la dernière pièce de la maison qu’on arrange : une fois qu’on a mis de l’ordre dans le garage, tout est à l’ordre, et tout le monde est content. Même moi, je viens d’acheter une maison et le garage n’est pas encore fait!

Qu’est-ce que ça apporte, un garage à l’ordre? 
De la paix d’esprit. Organiser son garage, ça enlève de la confusion. J’ai des clients qui ont acheté dix fois la même affaire parce qu’ils ne la trouvaient pas chaque fois qu’ils en avaient besoin. Je suis sûr que ça t’est déjà arrivé. 

À compter le nombre de pelles que j’ai, je dirais que oui! Quelle est la pire chose que les gens font quand ils essaient d’organiser leur garage eux-mêmes? 
Mettre des clous dans un 2x4 pour accrocher des affaires après! C’est super dangereux : j’ai eu dix points de suture dans la tête à cause de ça! 

Qu’est-ce que ça prend pour être un bon designer de garage?
À part un trouble obsessionnel-compulsif? Une attention aux détails. Les clients qui font appel à mes services ont généralement une obsession de l’ordre. Il faut que je me mette dans leur peau et que je sois encore plus maniaque qu’eux. Il faut aussi beaucoup d’écoute. 

Quel est le garage le plus fou que vous ayez réalisé?
Un garage de 6000 pieds-carrés sur deux étages, avec une quinzaine de voitures de collection dont aucune ne valait moins que 500 000$. On a posé un lift pour les voitures, des lumières intégrées dans les murs avec des capteurs pour qu’elles s’allument au passage des voitures, un système de son intégré, un coin pour les party, plein d’affaires. Un garage de 175 000$. D’habitude, mes clients me demandent plus des garages entre 2000$ et 8000$.

Les garages sont-ils plus à la mode depuis que l’émission Pimp mon garage est en ondes?
L’émission Pimp mon garage, c’est l’fun parce que ça donne le goût aux gens d’avoir des beaux garages. Mais je te dirais que ces temps-ci, la grosse mode c’est encore plus les caves à vin et les man caves. Quand j’ai commencé, c’était les garde-robes. Moi, ce que j’aime, c’est organiser les garages. 

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http://urbania.ca/canaux/conversations/5035/andrew-wojtczak-pro-du-garageMon, 28 Apr 2014 13:26:36 EDTJudith LussierGarage Outfitterdesigngaragebloguehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5035/andrew-wojtczak-pro-du-garage