Urbania - conversationshttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationWed, 17 Dec 2014 18:16:57 EST60Francis Pouliot, ambassadeur des BitcoinsPouvez-vous nous expliquer en une phrase simple: c’est quoi au juste, des Bitcoins?
Non! Ça ne s’explique pas facilement. Des Bitcoins, ce n’est pas tant une monnaie qu’un protocole, une technologie, un réseau pair-à-pair. L’invention principale, c’est la chaîne de blocs, un journal de toutes les transactions de Bitcoins partagé par tous les utilisateurs et visible par tous. 

Mais ça reste quand même une monnaie, non?
Oui. C’est un système monétaire et financier qui permet le transfert d’argent sans tierce partie. Vu que le système est géré par tout le monde, c’est comme s’il était géré par personne. 

Qui décide de la valeur d’un Bitcoin?
Personne. Si tu décides de vendre un Bitcoin 5$ et que quelqu’un est prêt à te l’acheter à ce prix-là, c’est ça le prix. Il y a donc un cours du Bicoin, comme pour les actions en Bourse, basé sur la moyenne des transactions. 

Pour être l’ambassadeur de Bitcoins, avez-vous un background de geek ou d’économiste?
D’économiste! Avant, j’étais analyste de politiques publiques pour l’Institut économique de Montréal et pour l’Institut Fraser. Mais la technologie Bitcoin attire des gens de divers horizons, des gens qui s’intéressent aux problèmes informatiques à ceux qui s’intéressent à la politique ou à la philosophie libérale du 17e siècle. C’est un concept très libertarien, quand on y pense. Nous, on veut donner aux gens un moyen de transiger sans que le gouvernement ne s’en mêle. C’est un outil qui rend la mondialisation possible sans intermédiaire, qui peut démocratiser les finances. 

C’est aussi un outil qui permet l’évasion fiscale et les transactions louches, non?
C’est très difficile de fuir l’impôt avec Bitcoin parce que tout est transparent. Il y a maintenant des enquêteurs sur le réseau et les gens se font prendre. Pour ce qui est des transactions louches, à moins que l’on vive dans un système totalitaire, le gouvernement n’a pas à savoir ce que l’on fait avec notre argent. 

Et qui émet les Bitcoins?
Le réseau génère lui-même les Bitcoins selon une formule mathématique, et les remet à ceux qui participent à la validation des transactions (le minage) selon l’effort qu’il y met. Pour participer au minage, ça prend des ordinateurs très puissants. Ici, on en a tellement en fonction que c’est ça qui chauffe notre bâtisse en hiver!

bitcoinembassy.ca
Crédit photo: Daphné Caron
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http://urbania.ca/canaux/conversations/5533/francis-pouliot-ambassadeur-des-bitcoinsMon, 08 Dec 2014 15:54:52 ESTUrbania reportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5533/francis-pouliot-ambassadeur-des-bitcoins
Laurent Proulx, entrepreneur communautaire hors-pair

La dernière fois, c'était probablement en parlant de Jack Layton il y a trois ans, et la demie fois, c'était sûrement pour évoquer la maladie que mon grand-père a eu quand j'étais trop jeune pour comprendre. J'avoue donc être complètement étranger au sujet, mais toujours prêt à mettre en application le conseil que m'a bien inculqué un quelconque personnage de Sesame Street durant mon enfance: «Ouvre-toi!»

C'est donc sans appréhension et la mémoire interne de mon téléphone bien vide que je me suis pointé dans un café d'Outremont pour rencontrer celui qui est, depuis 2013, directeur général de PROCURE, seul organisme québécois entièrement consacré à la lutte contre le cancer de la prostate. (OK, je mens. J'avais une appréhension. Rencontrer ce gars-là. )

Laurent Proulx est un jeune cinquantenaire, grand, athlétique, au regard vif et surtout, animé par une vive passion d'annihiler la maladie qu'il a lui-même combattue, le cancer de la prostate. Entretien...

U: Bonjour Laurent, peux-tu nous expliquer brièvement la mission de PROCURE?

LP: Bonjour! Procure a été fondé en 2003. C'est un organisme qui comporte trois volet: recherche, sensibilisation, et aussi, information et soutien. Pour ce qui est de l'aspect recherche, PROCURE s'est distingué des autres organismes en investissant dans la création d'une bio-banque à laquelle participent 4 centres hospitaliers québécois: le CHU de Sherbrooke, le CHU de Québec, le CUSM, et le CHUM. Deuxième volet, la sensibilisation. En plus de Noeudvembre sur lequel on reviendra, on a plusieurs événements au courant de l'année, dont un important à la Fête des Pères (une marche et un tour cycliste). Il y a aussi au moins 2 conférences: une en français, une en anglais. Pour ce qui est de l'information, on a un site web en français, une première, qui contient des renseignements sur la maladie qui sont mis à jour par des urologues. On a une ligne 1-800, et c'est spécial, je te dirais que 8 fois sur 10, ce sont des épouses d'hommes atteints qui appellent pour avoir des informations. Donc on n'essaie pas d'avoir un seul modèle de soutien.

U: Et Noeudvembre, qu'est-ce que c'est?

LP: C'est un moyen pour nous de nous distinguer de Movember et de faire comprendre aux gens que PROCURE est un organisme de proximité, local, et que les dons récoltés ici serviront les patients d'ici. Tu peux donner à Movember, c'est bien. Mais tu peux aussi donner à PROCURE, c'est encore mieux. Avec Jean Pagé, notre porte-parole, on a eu l'idée du noeud papillon, qui permet d'attirer l'attention d'une autre manière.

U: Est-ce que tu permets que je te demande ce que tu faisais avant de t'impliquer au sein de cette cause?

LP: Certainement. Je suis un entrepreneur. J'ai fondé une compagnie, Nstein, qui est allée à la bourse en 2000. Je suis informaticien de formation. La compagnie a par la suite été revendue à une autre entreprise canadienne, mais moi, je l'avais quittée en 2008. Je suis devenu consultant et j'ai fait beaucoup de mentorat auprès de jeunes entrepreneurs, parce que je crois beaucoup à ça, redonner aux autres. Finalement, c'est un an après, en mai 2009, que j'ai appris que j'avais le cancer de la prostate. Je devais me faire opérer en septembre de la même année. J'avais plein de questions à ce sujet. J'ai appellé PROCURE et j'ai pu rencontrer Jean Pagé, qui m'a dit que l'organisme était constamment à la recherche de fonds. J'ai dit: «Pas de problème, je suis un entrepreneur. Je vais vous aider. Je vais faire un événement cycliste.» La première année, on a ramassé 150 000$. Deuxième année, 250 000$. Troisième année, 325 000$. Finalement, puisque je donnais déjà trois mois par année à PROCURE, on m'a demandé si je voulais m'impliquer de façon permanente, de structurer l'ensemble des levées de fonds et d'aider l'organisme à se positionner, ce que j'ai accepté en juin 2013. 

U: Se positionner, c'est notamment par le biais de Noeudvembre?

LP: Mais oui! Pas le choix! C'est là que les gens ont les oreilles grandes ouvertes et qu'ils sont prêts à se laisser sensibiliser sur le sujet. Ça a bien marché pour cette première année. Les gens ont aimé le concept original. On a tout vendu les noeuds papillon. Le fait d'avoir des ambassadeurs issus des trois équipes sportives de Montréal (les Canadiens, les Alouettes et l'Impact) a aussi beaucoup aidé. Faut pas se le cacher, c'est une affaire d'hommes. Ça prend des modèles masculins. Le maire Coderre nous appuie aussi, et ce, depuis avant qu'il soit maire. Bref, c'est important qu'on ait aussi un point d'ancrage au mois de novembre.

U: Et est-ce que c'est indiscret de nous demander de nous parler de ce qui s'est passé lorsque tu as reçu ton diagnostic?

LP: Pas de problème. Alors que j'étais toujours chef de la technologie à la compagnie que j'ai créée, les actionnaires ont demandé à avoir une assurance sur moi. Je devais donc me soumettre à un bilan de santé annuel. Je suis un gars en forme: un marathonien et un triathlète. Je n'avais absolument pas le profil typique. Je ne faisais pas d'embonpoint, je ne fumais pas. J'ai envisagé ne pas me faire opérer parce que je n'y croyais pas. Je n'avais aucun symptôme! Finalement, je me suis fait opérer, c'est-à-dire que j'ai subi l'ablation de la prostate. Quatre mois plus tard, je courais le marathon de Boston! Je veux faire les six plus grands marathons du monde. Il m'en reste deux à faire... La vie n'arrête pas après le cancer. Même cinq ans plus tard, les différents urologues que je consulte me confirment que j'ai pris la bonne décision en me faisant opérer. 

U: Et l'opération, concrètement, ça consiste en quoi?

LP: Moi, j'ai eu la laparoscopie. C'est 4 petits trous. Ils sortent la prostate, la mettent dans la sac et c'est fini. Ce qui arrive quand tu n'as plus de prostate, c'est que tu n'éjacules plus. Tu vas avoir aussi une certaine période de un à trois mois sans pouvoir avoir d'érection. Tu vas aussi avoir de la misère à te retenir. C'était ma crainte pour le marathon de Boston. Ça prend au moins un an pour se remettre complètement.

U: As-tu une idée des taux de guérison suite à l'opération?

LP: Je te dirais que si c'est fait à temps, 95% des chances que tu vas être guéri. S'il n'y a pas d'incidence de retour du cancer après 5 ans, on peut dire qu'il y aussi de très bonnes chances que ça ne revienne jamais. C'est un cancer qui peut bien se traiter si c'est fait à temps. Mais c'est sûr qu'il y a des conséquences...

U: Et quelles sont les techniques de dépistage?

LP: Il y en a deux: par le sang, celle-là est contestée, et par le toucher rectal. On va toucher pour voir si la prostate a des nodules, entre autres. Ce qui est drôle, c'est quand on demande aux hommes «C'est quand la dernière fois que vous avez fait faire un check-up sur votre voiture?» Ils vont répondre 5-6 mois. Quand tu leur demande c'est quand la dernière fois qu'ils sont allés chez le médecin, ils vont te répondre 2-3 ans! C'est n'importe quoi! Je me considère pas meilleur que les autres. J'ai juste été chanceux. Y'a quelqu'un qui m'a envoyé chez le médecin juste au bon moment.

U: Si on revient à l'aspect plus financier de la fondation, aimerais-tu qu'elle connaisse le même genre de croissance que la compagnie d'informatique que tu as lancée?

LP: Non, je ne suis pas tellement fan des grosses entités. Je préfère la proximité et l'énergie des petites entités. Ce que j'aimerais, c'est donner à PROCURE les moyens de bien vivre les cinq prochaines années. Et puis si on n'a pas besoin d'aller chercher de l'argent, je te le dis, on n'ira pas en chercher. On a des projets. Quand on a besoin d'argent, on le cherche. Quand on n'a pas de projet, on en cherche pas. On n'a pas l'ambition d'étendre PROCURE mondialement.... C'est une entreprise sociale, c'est du communautaire. Si tu voyais le travail que je fais... Bien des entrepreneurs ne feraient pas le travail que je fais parce que ce n'est pas glamour. Mais moi, ça me mobilise. Un homme qui vient me voir et qui me raconte comment on a pu l'aider, ça me touche! Après avoir été Personnalité de la semaine dans La Presse, j'ai commencé à recevoir des appels des État-Unis et d'un peu partout, de gars qui me demandaient s'ils pourraient continuer à faire du sport après l'opération, et tout... Si je peux juste leur dire «Ta vie n'arrête pas!»...  Parce qu'il y en a pour qui c'est fini quand ils reçoivent leur diagnostic. C'est faux. La vie continue!

***

Et c'est sur cette note que s'est conclue ma rencontre avec Laurent Proulx, un entrepreneur admirable et dévoué, qui a su me sensibiliser, moi jeune inconscient, à cette terrible maladie que je croyais encore bien loin de moi. Ce que je retiens le plus, c'est que nul n'est à l'abri et que nous, les messieurs, à partir de la quarantaine, on devrait aller se faire vérifier la prostate presque aussi souvent qu'on fait un changement d'huile sur notre auto...

Et juste avant de vous faire lire le point final de ce texte, j'aimerais juste souligner qu'entre ma rencontre avec Laurent Proulx et le moment où vous lisez ces lignes, l'Assemblée Nationale a adopté une motion qui fait du 19 novembre de chaque année, la Journée québécoise de sensibilisation au cancer de la prostate. Une belle victoire pour tous les acteurs qui se mobilisent pour lutter contre ce fléau.

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http://urbania.ca/blog/5502/laurent-proulx-entrepreneur-communautaire-hors-pairTue, 25 Nov 2014 14:48:46 ESTFrédéric Guindonreportagehttp://urbania.ca/blog/5502/laurent-proulx-entrepreneur-communautaire-hors-pair
Catherine Gaumerd, relieuseComment êtes-vous devenue relieuse?
J’ai commencé par un bacc en histoire et un certificat en archivistique. À un moment donné, on a eu une conférence sur la reliure. Je suis retournée au cégep deux ans pour apprendre ça! Ça combine ma passion pour l’art et le travail manuel. Je suis aussi passionnée que lorsque j’ai commencé il y a 25 ans. 

Y a-t-il des applications contemporaines à la reliure?
Oui, je relie les archives des journaux comme le vôtre, et ces temps-ci, je suis en train de relier la BD d’un garçon de 11 ans. Son père a fait imprimer les planches chez Bureau en Gros, et moi je leur assemble un produit qui ressemble à une vraie bande dessinée. Et bien sûr, il y a toujours des livres anciens à restaurer. 

Comment faites-vous?
Je commence par découdre le livre et je refais la couture comme au Moyen-Âge, avec un cousoir. On repasse le fil dans chaque cahier. Après, on refait la couverture. Il y a deux écoles de pensée pour ça : les institutions, qui veulent que ça paraisse, pour éviter que l’ouvrage soit revendu pour un livre à son état d’origine, et certains particuliers, qui préfèrent que ça ne paraisse pas. Dans ce temps-là, on peut même faire de la patine pour reproduire l’aspect vieilli. 

Ça prend plusieurs aptitudes, donc. 
Oui. Ça comporte plusieurs métiers. En France, ils ont des relieurs, des enlumineurs et des doreurs pour faire les titres. Nous, ici, il faut tout faire. En même temps, c’est valorisant. 

Quel est l’avantage d’une reliure cousue? 
Ça s’ouvre bien mieux, et c’est plus durable. Je n’ai rien contre les reliure collées : ça donne du travail aux relieurs! La colle, c’est une technique moderne beaucoup moins chère, mais ça brise facilement. Pour garder un livre à reliure collée en bon état, le mieux est de ne pas l’ouvrir plus qu’à 90o. 

Vous avez plusieurs spécimens de vieux ouvrages. Quel est votre livre le plus ancien?
Celui-ci date de 1672. Mozart n’était même pas né à l’époque! La reliure était super solide et le papier était fait de chiffon (souvent un mélange de coton, de lin ou de chanvre). C’est ma grand-mère qui me l’a donné. 

Et vous nous laissez le manipuler sans gants?!
Oui, il y a deux écoles pour ça aussi : il y en a qui disent qu’il ne faut pas salir les vieux livres,  mais quand on met des gants, on a une moins bonne dextérité donc on fait moins attention. 

Qu’est-ce que vous aimez le plus de votre métier?
J’aime le résultat final. Vous savez, la satisfaction que l’on a quand on fait le ménage et que c’est très poussiéreux? C’est la même chose quand je répare un livre très amoché. 


Crédit photo: Daphné Caron
 

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http://urbania.ca/canaux/conversations/5500/catherine-gaumerd-relieuseMon, 24 Nov 2014 15:19:18 ESTJudith Lussierhttp://urbania.ca/canaux/conversations/5500/catherine-gaumerd-relieuse
Corey Narsted, photographe immobilierComment êtes-vous devenu photographe pour AirBnB?
Ils cherchent des photographes immobiliers locaux partout. Quand j’ai vu leur annonce sur Craigslist, j’ai envoyé mon portfolio et j’ai été engagé. Les gens qui mettent leur appart’ sur AirBnB peuvent demander un photographe professionnel, c’est gratuit. 

Pourquoi AirBnB offre ça?
Pour eux, j’imagine que c’est une dépense marketing. Plus les photos sont belles, plus le logement sera loué, et plus le logement est loué, plus vous faites de l’argent, et plus ils en font. Quand les photos sont prises par un professionnel, c’est écrit «verified by AirBnB» sur la photo. Ça veut dire que quelqu’un d’AirBnB est physiquement allé à l’endroit et qu’il a constaté que l’appartement était réellement tel que décrit dans l’annonce. Ça génère 2-3 fois plus d’activités sur l’annonce. 

Qu’est-ce qui fait qu’une photo d’appart est bonne? 
Souvent, ce qu’un amateur fait, pour que tout entre dans le cadre, c’est de pointer vers le haut ou vers le bas, ce qui déforme l’angle. Je préfère prendre plusieurs photos d’une même pièce ou un grand angle. 

C’est pour ça que les pièces ont toujours l’air 16 fois plus grandes sur les photos?
Les agents d’immeuble font beaucoup ça, prendre des angles exagérés! Moi, je me limite à 17 mm. Sinon, ça donne une impression trop fausse de la réalité et en bout de ligne, ça ne fait que créer des déceptions. 

Comment faut-il se préparer pour recevoir un photographe immobilier?
Si c’est pour vendre, il faut dépersonnaliser le logement en enlevant les photos par exemple. Idéalement, il faut faire le ménage! Parfois, on joue à ce que j’appelle «follow the leader» (suivez le guide) : j’attends que la personne nettoie une pièce pour prendre la photo, ensuite, j’attends qu’elle face l’autre pièce. Si j’ai cinq logements à photographier ce jour-là, c’est long! 

Quelle est la chose la plus étrange que vous ayez vu dans un logement?
Une fois, je suis arrivée dans la chambre et il y avait des anneaux de métal à chaque poteau du lit. C’est tout ce que je vais dire, je laisse le reste à votre imagination! Disons que cette fois-là, je n’ai pas photographié de détails, même si on nous encourage à le faire à l’occasion. 

Quels trucs donneriez-vous à ceux qui veulent s’essayer à prendre eux-mêmes leurs photos?
Utiliser une vraie caméra, pas un iPhone. Une caméra capte plus de détails, de contrastes, une plus grande gamme de luminosité. Et si vous travaillez avec la lumière naturelle, ne pointez pas directement le soleil. Souvent, les gens pensent que les journées grises sont moins bonnes pour prendre des photos parce qu’à l’œil c’est moins beau, mais c’est plus facile pour la caméra. Mais prendre de bonnes photos, ce n’est pas aussi simple qu’appuyer sur un bouton! 

www.cmimages.ca
Crédit photo: Daphné Caron
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http://urbania.ca/canaux/conversations/5483/corey-narsted-photographe-immobilierMon, 17 Nov 2014 16:02:43 ESTJudith Lussierairbnbphotographereportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5483/corey-narsted-photographe-immobilier
Chloé Wannaz-Martel, mécanicienne socialeQu’est-ce qui vous a donné l’idée de fonder un atelier de mécanique à l’UQAM? 
Il y avait déjà des ateliers de vélo communautaires sur les autres campus universitaires. Par exemple, celui de Concordia, La Voie libre, existe depuis 17 ans. On a décidé de fonder BQAM, qui a aussi sa version mobile, un atelier sur roue qui nous permet d’assurer une présence dans les autres pavillons de l’UQAM.

Pourquoi c’est nécessaire d’avoir un atelier de vélo communautaire?
Notre mission, c’est de rendre le vélo plus accessible et de rendre les gens plus autonomes par rapport à la mécanique de leur vélo pour favoriser le transport actif, écologique et à moindre coût. Certains des usagers n’ont pas beaucoup d’argent et le vélo est leur seul moyen de transport. C’est important qu’ils soient autonomes. Après tout, la mécanique vélo, c’est pas sorcier. Les gens peuvent venir ici réparer eux-mêmes leur vélo. Ils ont accès à des outils qui peuvent coûter cher et des bénévoles peuvent les aider. On donne aussi des réflecteurs usagés pour éviter les amendes de 42$. 

Est-ce que les bénévoles sont des mécaniciens?
Ils ne sont pas nécessairement formés, ils apprennent sur le tas. Il y en a qui arrivent ici avec leur bagage et le transmettent à d’autres. On apprend entre nous. Et on organise aussi des ateliers et des formations. Par exemple, le 24 octobre, on a un atelier sur le vélo hivernal. 

Êtes-vous ouverts aussi en hiver?
Oui. La communauté des cyclistes d’hiver a des besoins particuliers, parce que leur vélo requiert un entretien plus régulier. Sinon, la période la plus achalandée, c’est à la rentrée scolaire où entre 16h et 20h, l’atelier est plein. La clientèle varie de la personne qui a un vieux vélo usagé à ceux de l’école de design qui viennent faire des ajustements sur leur fixie. C’est ouvert à tous, même si on encourage les gens à prendre leur carte de membre, qui est notre principale source de financement. 

Toi, qu’est-ce qui t’a initiée à la mécanique vélo?
Une fois, j’ai subi trois bris de rayons l’un à la suite de l’autre. Les réparations étaient chères et j’avais entendu parler de BQAM. J’ai tout appris ici. 

Est-ce que tu as appris un truc pour nettoyer les mains noires?
Oui! Du savon à vaisselle avec du marc de café sec, qu’on récupère du café étudiant à côté! 

Photo: Daphné Caron

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http://urbania.ca/canaux/conversations/5467/chloe-wannaz-martel-mecanicienne-socialeMon, 10 Nov 2014 16:16:33 ESTJudith LussierbqamJournal Métroconversationshttp://urbania.ca/canaux/conversations/5467/chloe-wannaz-martel-mecanicienne-sociale
Quelques questions posées à AudiotopieVOUS ET VOTRE ENTREPRISE

Que fabriquez-vous, vendez-vous?
Des expériences sonores mettant en valeur des espaces, des lieux et des territoires.

D’où vous est venue l’idée de votre entreprise ?
Audiotopie est né de la volonté de partager une vision de la ville à l’aide du son ainsi que d’ouvrir les consciences à l’importance de la dimension sonore dans l’aménagement des espaces. Autrement dit d’amener les gens à réfléchir à cette dimension que ce soit d’un point de vue de nuisance ou bien d’ambiance et d’appréciation générale d’un lieu. 

Qu’aimez-vous le plus à propos de votre entreprise?
La conciliation entre la réflexion, la recherche et la création. La possibilité d’explorer de nouvelles manières de créer des expériences par le biais du son. La possibilité de travailler avec des créateurs d’autres domaines pour pousser encore plus loin l’expérience proposée.

ROSEMONT-LA PETITE-PATRIE

Quel est votre endroit préféré dans Rosemont-La Petite-Patrie?
Bonne question, ça dépend de la saison, du moment de la journée, de si je suis avec mes enfants et d’un paquet d’autres facteurs. 

Qu’est-ce qui vous a amené à choisir Rosemont-La Petite-Patrie comme lieu d’implantation pour votre entreprise? 
Le quartier est dynamique, nous y vivons depuis déjà plusieurs années. Nous avons vu l’évolution de Rosemont-La-Petite-Patrie durant les 10 dernières années.  Nous croyons qu’il reste encore beaucoup de potentiel de développement pour ce quartier. 

LE CONCOURS ENTREPRENEURS EN ACTION!

Un mot à propos du Concours Entrepreneurs en action?
Un coup de pouce et une raison supplémentaire de réviser son plan d’affaires et sa planification financière.

Un mot à propos de ce qu’apporte une organisation comme la CDEC en matière d’accompagnement et de soutien à votre projet d’affaires?
Une source de bons conseils et une aide précieuse pour passer à travers les temps durs.

L’ENTREPRENEURIAT

Un conseil pour les entrepreneurs en devenir?
Persévérance, organisation, communication.

Photo : Mathieu Rivard
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http://urbania.ca/canaux/conversations/5463/quelques-questions-posees-a-audiotopieFri, 07 Nov 2014 16:30:54 ESTUrbania rppbloguehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5463/quelques-questions-posees-a-audiotopie
Ignacio Piatti de l'Impact de Montréal répond à nos questions sur le cancer de la prostatePourquoi es-tu un "sensible" de prostate?
Parce que c’est un organe à risque de developer des tumeurs malignes.

Qu'est-ce qui te touche le plus dans la prostate?
En Argentine, les examens de la prostate sont conseillés à partir de 45 ans, sauf en cas de symptômes douteux.

Quand est-ce la dernière fois qu'on t'a touché la prostate?
C’est pourquoi je n’ai pas encore passé d’examen de la prostate.

Est-ce que l'examen de la prostate fait partie de la visite médicale avant de signer dans une nouvelle équipe?
Non, ce n’est pas encore obligatoire.

Quelle est la partie de ton corps à laquelle tu fais le plus attention? (et pourquoi?)
J’essaie de faire attention à ma peau et donc passer les examens nécessaires.

Quel sportif admires-tu le plus à l'extérieur du terrain? (et pourquoi?)
J’admire ceux qui pratiquent les sports individuels, notamment le tennis. J’adore le tennis.

Tu n'est pas un peu jeune pour être obsédé par ta prostate?
Je crois que pour l’instant je n’ai pas à m’en préoccuper, mais oui, en temps et lieu je passerai les examens médicaux. 

Quel est ton animal totem?
Le cheval

Et pour finir, veux-tu nous raconter une joke?
- Chérie, passe moi le bébé.
- Attend qu’il pleure.
- Pleurer? Pourquoi, pleurer? 
- Parce que je ne sais pas où il est!

Pour plus d'information sur PROCURE et leurs merveilleux noeuds papillons de noeudvembre, visitez leur site web.

Crédit photo: Sandrine Castellan, Shoot Studio
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http://urbania.ca/canaux/conversations/5459/ignacio-piatti-de-limpact-de-montreal-repond-a-nos-questions-sur-le-cancer-de-la-prostateThu, 06 Nov 2014 14:19:06 ESTUrbania nacho piattiimpactprostatereportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5459/ignacio-piatti-de-limpact-de-montreal-repond-a-nos-questions-sur-le-cancer-de-la-prostate
Quelques questions posées à Marc-André Sabourin, fondateur d'inouïVOUS ET VOTRE ENTREPRISE

Que fabriquez-vous, vendez-vous?
De courtes histoires incroyables, mais vraies, à lire sur tablette, téléphone intelligent, liseuse électronique et sur le web. Pense à des films comme Argo ou Les Intouchables, mais à l’écrit et beaucoup plus rigoureux. 

D’où vous est venue l’idée de votre entreprise ?
On s’est inspiré de The Atavist, une startup de Brooklyn. Mais ils sont cools avec ça. La preuve : on utilise leur technologie et nous traduisons leurs best-sellers en français. 

Qu’aimez-vous le plus à propos de votre entreprise?
Travailler comme un fou sans faire un sou, en se disant qu’un jour on volera en hélicoptère pour se rendre à nos rendez-vous.

ROSEMONT-LA PETITE-PATRIE

Quel est votre endroit préféré dans Rosemont-La Petite-Patrie?
Pour courir : La piste cyclable qui longe la track de chemin de fer.

Votre lieu préféré où travailler?
Le Hub 305, un espace de co-working situé dans une ancienne usine de textile sur Bellechasse.

Endroit favori pour boire et rencontrer des clients?
Le bar Alexandraplatz.

Qu’est-ce qui vous a amené à choisir Rosemont-La Petite-Patrie comme lieu d’implantation pour votre entreprise?
Ça va avoir l’air d’une plogue, mais c’est la CDEC Rosemont-La Petite-Patrie. On voulait tellement travailler avec eux qu’on a failli incorporer inouï à l’adresse d’un des cofondateurs juste parce qu’il habitait à Rosemont. On a bien fait de louer un bureau à la place, car notre partenaire a déménagé à Villeray…

LE CONCOURS ENTREPENEURS EN ACTION!

Un mot à propos du Concours Entrepreneurs en action?
On était trois finalistes dans notre catégorie, il y avait deux prix, et on n’a pas gagné – sauf un coup de cœur du député Alexandre Boulerice. Mais bon, une de ces boites fabrique des bras articulés pour aider les chirurgiens!

Un mot à propos de ce qu’apporte une organisation comme la CDEC en matière d’accompagnement et de soutien à votre projet d’affaires?
Des contacts, des conseils et de l’argent. En d’autres mots : des trucs essentiels pour se lancer en affaires. 

L'ENTREPRENEURIAT

Un conseil pour les entrepreneurs en devenir?
Accroche-toi, car t’es parti pour un solide tour de montagnes russes. Une journée, tu semble parti pour la gloire. L’autre, tout va mal. Puis le lendemain ça recommence. Bref, si tu aimes les émotions fortes, tu en auras pour ton argent. 

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http://urbania.ca/canaux/conversations/5456/quelques-questions-posees-a-marc-andre-sabourin-fondateur-dinouiWed, 05 Nov 2014 14:48:40 ESTUrbania rosemont-petite-patriebloguehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5456/quelques-questions-posees-a-marc-andre-sabourin-fondateur-dinoui
Ben Henri, maître de karaokéComment êtes-vous devenu animateur de karaoké?

Je suis chanteur professionnel de métier, mais au début des années 2000, les cabarets n’avaient plus besoin de chanteurs. Au même moment, les propriétaires de bar cherchaient des gens capables de chanter et d’animer un karaoké. Depuis, je me promène d’une place à l’autre. Je suis souvent à l’Astral 2000, sur la rue Ontario.

Qu’est-ce que ça prend pour être un bon animateur de karaoké?

De la patience, parce que quand t’as 150 personnes qui attendent leur tour au tableau, ça s’impatiente. Pis aussi faut être capable de faire plus qu’une chose à la fois!

Vous avez l’air de connaître toutes les chansons. Comment faites-vous?

Ça va faire 55 ans que je chante. À la longue, on les apprend. C’est rare qu’il y en a une que je connais pas.

Est-ce que ce sont souvent les mêmes chansons qui reviennent dans les karaokés?

La plus demandée, c’est Bohemian Rhapsody, suivie de près par Total Eclipse Of The Heart. 

Ce n’est pas le répertoire le plus facile. Est-ce que les participants surévaluent leurs compétences vocales régulièrement?

Plusieurs personnes chantent bien, mais je dois les aider à pogner la tonalité. Une fois qu’ils ont la note, ils sont correct. 

Est-ce qu’il y a de meilleurs choix de chanson que d’autres?

Non. Ça peut être une bonne chanson, mais si tu sais pas la chanter, c’est moins bon. Celle que les gens ratent le plus souvent, c’est T’es mon amour, t’es ma maîtresse. Parce que c’est un duo et il y en a toujours un des deux qui chante moins bien. En même temps, le but du karaoké, c’est pas de bien chanter. C’est d’avoir du fun. 

Est-ce que vous avez un truc pour se dégêner et trouver le courage d’aller sur la scène?

Rire de soi-même. Ça, ça dégêne ben plus que l’alcool. L’alcool, les gens pensent que ça aide, mais c’est le contraire, des fois, ça peut même causer la gêne. 

Pourquoi les gens vous apprécient comme maître de karaoké?

Parce que j’ai du respect pour tout le monde. Ça prend du respect des deux côtés. 

Vous, VOTRE toune de karaoké, c’est quoi?

C’est dur à dire parce que j’en ai plusieurs, mais ma meilleure, je pense que c’est She Believes In Me de Kenny Rogers. 

Ben Henri fait partie du webdocumentaire Héros de Karaoké, sur TV5.ca à compter du 15 octobre. 

Photo: Daphné Caron
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http://urbania.ca/canaux/conversations/5450/ben-henri-maitre-de-karaokeMon, 03 Nov 2014 14:48:23 ESTJudith Lussierjournal.metroconversationshttp://urbania.ca/canaux/conversations/5450/ben-henri-maitre-de-karaoke
Manon Tourigny, pro du zipper


J’ai entendu dire que toutes les fermetures éclair du monde entier provenaient d’une seule et même entreprise. C’est vrai?
La plus grosse compagnie de fermetures éclair est YKK. C’est vrai qu’ils ont pas mal le monopole. Ils ont une succursale ici, à Ville Saint-Laurent. Ce sont les meilleures, les plus solides. À l’œil, ça ne se voit pas, mais elles vont durer plus longtemps.

Qu’est-ce qui fait la qualité d’une fermeture éclair?
Le facteur principal est le matériau – plastique, nylon, métal – et la taille. Un numéro dix, une grosse taille, sur un manteau, ça ne va jamais briser. 

Comme les gros zip en métal qu’on avait sur nos manteaux dans les années 80?
Oui, mais les fermetures en métal, ça fait parfois du vert-de-gris et ça finit par coincer. La technologie des fermetures a énormément évolué depuis. Par exemple, aujourd’hui, il y a des fermetures résistantes à l’eau pour les vêtements techniques. C’est plus dur à remplacer par contre, parce que les couleurs sont souvent faites sur mesure pour le fabriquant. 

Ça se remplace facilement, une fermeture éclair?
Oui. La plupart du temps – quand la fermeture ne ferme plus ou qu’elle s’ouvre après avoir été fermée, c’est seulement le curseur qui est à remplacer. Il n’est plus assez serré et n’accroche plus les dents entre elles. C’est très facile à remplacer et pourtant, plusieurs jettent leurs vêtements parce qu’ils pensent que ça coûtera trop cher à réparer. 

Est-ce que votre métier est en voie de disparition, comme les cordonniers?
Pas du tout. Je ne manque pas de clientèle, je fais des journées de 14 heures! Comme il n’y a plus beaucoup de couturières, tout le monde vient ici. Malheureusement, j’ai du mal à assurer la relève. Les jeunes ne veulent pas travailler dans le vêtement usagé. Ils pensent que c’est sous-payé, ce qui a longtemps été le cas, mais je gagne très bien ma vie. Et j’aime ça!

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans la couture?
C’est créatif. Vous allez me dire que c’est juste un bord de pantalon, mais quand arrivent les robes, il faut trouver des solutions pour que ce soit bien ajusté. 

Est-ce que c’est rentable, de faire réparer des vêtements?
Ça dépend du vêtement. La plupart du temps, les gens font réparer leur vêtement parce qu’ils y tiennent, ils veulent le garder. La qualité est de moins en moins là. Je le vois quand j’ouvre un vêtement pour travailler dedans.

Où avez-vous appris à coudre?
C’est ma mère qui m’a tout montré. Dans ce temps-là, les femmes n’avaient pas le choix de maîtriser la couture. J’étais la septième de la famille!


Photo: Daphné Caron
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http://urbania.ca/canaux/conversations/5436/manon-tourigny-pro-du-zipperMon, 27 Oct 2014 15:56:03 EDTJudith Lussierjournal.metroconversationshttp://urbania.ca/canaux/conversations/5436/manon-tourigny-pro-du-zipper
Michel Duchesne, écrivain public
Comment êtes-vous devenu écrivain public? 
J’ai toujours été auteur dans le milieu culturel. À un moment donné, j’ai eu envie d’être plus utile. J’ai réalisé que mon aptitude à écrire, que j’ai toujours prise pour acquis, n’allait pas de soi pour d’autres et pouvait servir. 

Qui sont les personnes que vous aidez?
Je ne suis pas spécialiste, mais je sais qu’il y a plusieurs degrés d’analphabétisme. Il y a ceux qui ne savent pas lire du tout, mais la majorité sait lire, avec toutefois beaucoup de difficultés. C’est abstrait à comprendre, mais quand ils lisent devant toi, tu comprends comment ils décomposent tous les mots, syllabe par syllabe. À la fin de trois phrases, ils sont épuisés et ils n’ont rien retenu. 

Comment les aidez-vous?
J’arrive avec mon portable au Chic Resto-Pop ou au centre communautaire, et les gens viennent me raconter leur histoire. Parfois, ils doivent remplir un formulaire, écrire une lettre à la Régie du logement, envoyer une mise en demeure. Un jeune homme m’a demandé de mettre sur papier un poème qu’il avait mémorisé pour sa blonde. C’est comme une consultation d’une heure, mais au lieu de repartir avec une prescription, ils repartent avec un texte, un formulaire rempli. Pour eux, souvent, c’est une montagne. Il y en a certains qui savent écrire au son, mais même avec le correcteur, il reste encore des fautes. Si tu veux faire une mise en demeure ou une plainte à la Régie du logement et que tu as une faute à tous les deux mots, tu perds de la crédibilité. 

Ils sont conscients du pouvoir des mots même s’ils ne les maîtrisent pas?
Absolument. Un monsieur qui avait un dossier à la CSST était content parce que sa demande allait être plus percutante parce qu’elle était bien écrite. Tsé, quand Céline Dion dit «donne-moi des mots qui sonnent, des mots qui cognent» c’est un peu ça!

Les conseillez-vous aussi sur leur message? 
Un peu, oui. Chacun vient avec son petit lot de colère, mais j’agis comme un filtre. J’ai un regard extérieur parce que je ne suis pas émotivement impliqué dans leur situation, même si parfois, leur histoire me fend le cœur parce que je sais que quelqu’un a voulu profiter de la personne parce qu’elle était démunie. 

Qu’est-ce que ce métier vous a appris?
Ça m’a donné une meilleure compréhension des problèmes de la société : l’accès à l’emploi, la protection du consommateur, les problèmes de logement. Si t’as pas la richesse des mots, t’as pas les moyens de t’exprimer, de décrire ta souffrance. Malheureusement, je suis le seul à faire ça à Montréal, mais le problème est beaucoup plus grand, d’autant que je n’ai pas le temps de leur «apprendre à pêcher». Je suis un diachylon sur une hémorragie. 

Crédit photo: Daphné Caron
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http://urbania.ca/canaux/conversations/5421/michel-duchesne-ecrivain-publicMon, 20 Oct 2014 15:00:06 EDTJudith Lussierecrivain publicreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5421/michel-duchesne-ecrivain-public
Inside the tounes: Loud Lary Ajust - Blue Volvo<a href="http://gullywood.bandcamp.com/album/blue-volvo" mce_href="http://gullywood.bandcamp.com/album/blue-volvo">Blue Volvo by Loud Lary Ajust</a>
Rien ne va plus

Ajust  J’ai travaillé avec Ruffsound sur la plupart des titres. C’est le premier beat qu’on a eu mais c’est le dernier beat qu’on a fini. 

Lary  On savait que c’était le beat d’intro mais on savait que c’était la toune qu’on ferait sur la fin. 

URBANIA  C’est un peu un manifeste, non? 

Lary: C’est tellement une bonne manifestation de ce qu’LLA est. Y’a Ajust qui prend un sample pis qui en fait une toune de brute. T’as Loud qui fait un verse technique de fou. T’as moi qui dit n’importe quoi pis qui s’énerve pour rien. Cette chanson-là, elle est très LLA. 


Hotel Hell

Ajust  C’est probablement le plus vieux beat qu’on a enregistré. 

Lary  Les gars ils viennent de se plaindre pendant 6 minutes, pis tout d’un coup on fait un banger simple où tout va bien. 

URBANIA  Mais en même temps tout ne va pas si bien que ça, il y a des références à Kurt Cobain et une certaine remise en question là-dedans. 

Loud  Je trouve pas que c’est dépressif. C’est pas si dark que ça. 

Lary  Tout ce qui nous importe, c’est le crescendo. Si tu mets trop d’émotion dans la musique, ça devient vite vraiment quétaine et on veut pas du tout aller là. 


XOXO

Loud  C’est la première chanson qu’on a fini. C’est aussi le même genre de crescendo que sur l’intro. Avec le refrain et les drops comme ça. 

Lary  Il faut absolument parler de la ligne de Loud, « I’m on that real shit qui se boit tout seul, I ain’t sharin’, non rien chérie, qu’est-ce que je viens de dire, ça se boit tout seul. » C’est ridicule cette ligne-là! 


Van Gogh

Loud  Mes paroles à moi sont en gros juste une réécriture de « I sold my soul », c’est encore le personnage que je me suis créé qui parle. 

Lary  Moi aussi c’est le personnage, et j’annonce que je suis le seul au Québec qui parle de choses comme ça, la drogue, le fric le linge. C’est un peu mon domaine. 


Tiens mon drink

Ajust  C‘est carrément la club song de l’album. C’est assez direct... Pis ça joue dans les clubs de danseuses en région… on est pas mal down avec ça! 


 
Mort lente

URBANIA  Le refrain dit « Que le rap queb étouffe lentement sous le poids de ses fausses légendes ». Quelles sont ces fausses légendes-là? 


Personne

Ajust  Le beat a été réalisé avec Kaytranada. 

Lary  Chacun de mes verse se termine avec le cri « Je m’appelle Jeune Homme », c’est une des signatures de Loud Lary Ajust depuis le début. Cette jeunesse-là, elle est perdue, on la recherche, mais si on la retrouve, on sait pas ce qu’on va faire avec. Probablement lui réclamer de l’argent. 



14AM 

Lary  C’est peut-être la chanson la plus sombre de l’album… parce que même si on dit que ça va bien, au fond, ça va pas tant que ça. 

Loud  On parle à un range de gens, et on représente leurs moments les plus extrêmes. 


Blue Volvo

Loud  Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’y a pas de référence à David Lynch dans Blue Volvo. 

Lary  C’est en référence à notre ami de l’époque, Giovanni, qui avait vraiment une Volvo bleue et on faisait les 400 coups avec ça… 



Automne feat. Karim Ouellet

URBANIA  C’est le seul featuring de l’album, et c’est Karim Ouellet… pourquoi?

Loud  Ça n’aurait pas de sens d’avoir un feature de rap sur l’album parce que c’est vraiment notre univers. Il est vraiment rentré dans notre monde. 

Lary  Et la fin de l’album fait le pont avec le début! 



Achetez l’album en prévente sur iTunes et obtenez tout de suite les extraits «Tiens mon drink» et «XOXO». Le lancement aura lieu le 21 octobre, présenté par URBANIA.


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http://urbania.ca/canaux/conversations/5397/inside-the-tounes-loud-lary-ajust-blue-volvoWed, 08 Oct 2014 15:00:00 EDTÉric Samsonloud lary ajustconversationshttp://urbania.ca/canaux/conversations/5397/inside-the-tounes-loud-lary-ajust-blue-volvo
Évelyne, missionnaire du cheveu Comment êtes-vous devenue coiffeuse en milieu hospitalier? 
J’étais tannée des salons de coiffure, de leur côté glamour et superficiel, mais je ne me voyais pas changer de métier. Un jour, un ami m’a demandé d’aller coiffer sa mère, à l’unité de gériatrie. D’autres patients ont demandé le service et ça m’a permis de me lancer à mon compte. 

Sinon, les patients de l’hôpital ne sont pas coiffés?
C’est un service qui a déjà été offert, ils appelaient ça les unités mobiles : ils envoyaient de jeunes coiffeuses, mais à un moment donné, ça a cessé de fonctionner. Il faut dire que ce n’est pas simple. Les patients ne sont pas tous mobiles. Les grands accidentés, par exemple, sont alités. Il y a aussi des patients plus vulnérables aux bactéries, ceux qui ont le cancer du sang, par exemple. Je dois désinfecter tout mon matériel. 

Quelle sorte de services offrez-vous? 
Ça dépend des patients. Ceux qui subissent des traitements de chimiothérapie, je les rase. C’est douloureux, perdre ses cheveux, en plus d’être dur psychologiquement. Sinon, je fais des coupes, des teintures, des mises en pli. La seule chose que je ne fais pas, c’est des permanentes. Quand je leur explique ça, les madames qui sont habituées d’avoir ce que j’appelle une «boule» sur la tête me demandent d’essayer quelque chose de nouveau. C’est l’fun! Mais parfois, les patients ont seulement besoin d’un shampoing de base. Certains d’entre eux ne se sont pas lavé les cheveux depuis deux semaines. Parfois, ils ont encore la tête pleine de sang et de gravelle. 

Ça veut dire que les préposés ne les lavent pas?
En fait, les préposés ne lavent pas les cheveux. Que les corps. Elles apprécient quand je viens parce qu’elles voient que ça fait du bien à leurs patients. Une fois, je suis entrée dans la chambre d’une patiente et j’allais partir quand j’ai vu qu’elle était avec son psychiatre, mais il m’a dit : «Entre, tu vas lui faire plus de bien que moi!»

Est-ce que c’est dur sur le moral, travailler avec des gens malades? 
Au début, j’avais peur de devenir hypocondriaque ou de trouver ça dur, mais finalement, je trouve surtout que c’est très valorisant. Pour une femme qui a été fière toute sa vie, c’est très important d’être belle, c’est sa dignité. Après que je les aie coiffées, certaines dames vont se mettre du fard à joues et une touche de rouge à lèvres en attendant leur visite. Elles me disent que je leur fais du bien à l’âme. J’aime mieux ça que de me faire dire «dépêche-toi j’ai un 5 à 7!»

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http://urbania.ca/canaux/conversations/5382/evelyne-missionnaire-du-cheveuMon, 29 Sep 2014 16:05:37 EDTJudith LussierJournal Métrorencontrereportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5382/evelyne-missionnaire-du-cheveu
Samuel Gagnon-Tremblay, designer d’armuresQuel genre d’armures faites-vous? 
On se spécialise dans les armures en cuir, avec parfois des ajouts en métal. On a des modèles standards, mais on fait aussi du sur-mesure, et là, les possibilités sont infinies. 

Les armures en métal, c’est pas plus réaliste? 
La plupart des grandeurs natures sont fantastiques, alors ce n’est pas nécessaire de respecter le réalisme des époques. De toute façon, la grande armure en métal, ça n’a duré que 50 ans à la fin du Moyen Âge. Pour porter ça, il faut mettre un gambison en-dessous, un vêtement protecteur rembourré qui est vraiment chaud.

C’est quoi les critères de sélection d’une armure?
C’est surtout le look qui est important pour les joueurs. Et plus ton armure est solide, plus ça prend de coups avant que ton personnage meure. Ça fonctionne par points, par exemple, une armure en cuir vaut tant de points, et chaque activité a ses propres règles de pointage. Mais les gens n’achètent pas juste les armures pour les points. Ils veulent se transformer, jouer quelqu’un qui n’est pas eux. Les gens mettent en moyenne 1000$ par année sur leur costume. 

C’est quoi le costume le plus fou que tu aies fabriqué?
Une armure futuriste à 4 000$ pour du cosplay, même si ce n’est pas notre spécialité. Un des défis, dans le cosplay, est qu’il faut que le costume corresponde en tout point au personnage qu’on essaie de reproduire. Il n’y a pas de passe-droit. 

Qu’est-ce que tu recommandes à quelqu’un qui veut commencer en grandeur nature?
Si quelqu’un me dit qu’il n’a rien et qu’il veut une épée à 200$, je vais plutôt lui proposer de prendre une épée moins chère, mais avec une tunique, pour ne pas qu’il se rende là en T-shirt!

Qu’est-ce que tu penses de ceux qui rient des jeux de rôle médiévaux? 
Depuis 3-4 ans, les préjugés à l’égard des grandeurs natures ont vraiment diminué. Premièrement, c’est plus connu, ensuite, c’est moins broche à foin, on est loin de l’épée en duct tape, mais surtout, ceux qui étaient geeks au secondaire et qui se faisaient niaiser à l’école, aujourd’hui, ils ont 25-30 ans. On est rendus cool, et on a les moyens de nos passe-temps. 

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http://urbania.ca/canaux/conversations/5365/samuel-gagnon-tremblay-designer-d-armuresMon, 22 Sep 2014 16:10:16 EDTJudith Lussiermedievalarmuresreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5365/samuel-gagnon-tremblay-designer-d-armures
Nadjib Deliba, conservateur du patrimoine lessivielD’où vient le nom de votre buanderie?
Je ne sais pas, c’est les vieux du coin qui l’appelaient «la Bendix», j’ai décidé de garder le nom quand j’ai acheté il y a quinze ans. À l’époque, j’avais eu droit à toute une page dans La Presse. Nathalie Petrowski avait vu les deux jardinières que j’avais installées dans des bains sur pattes et elle disait que ça voulait dire que les artistes commençaient à s’installer dans Hochelaga-Maisonneuve. 

C’est vrai qu’il y a un côté artistique à votre commerce.
C’est moi qui ai peint le décor! Je m’amuse. Je ramasse des vieilles laveuses depuis le début.  Chaque fois que j’en ai l’occasion, j’aime arrêter dans les marchés aux puces et acheter des machines anciennes. Pour le plaisir et pour l’histoire. 

Quelle est votre plus vieille machine?
J’ai des machines ici qui datent d’avant l’électricité. J’ose pas dire en bas de 1980, parce que je ne suis pas expert, mais il y en a qui sont très vieilles. Ça nous apprend comment les gens lavaient à l’époque. Regarde celle-là, par exemple, le linge passait entre deux planches : ils n’avaient pas encore compris que le linge devait tourner! 

Votre commerce en soi est assez vieux, non?
Oui, on lave du linge ici depuis au moins 70 ans. J’ai trouvé une vieille pancarte qui indique le prix d’un lavage à l’époque – 25¢ – et qui précise que la machine essore et s’arrête automatiquement. C’était un exploit à l’époque! 

De plus en plus de personnes ont une machine à la maison. Est-ce que ça met votre commerce en péril?
J’ai des clients qui ont des machines à la maison, mais qui n’ont pas le temps de faire leur lavage. Pour 8 à 10$, ils déposent leurs sacs ici et Raymond s’en occupe. Ils ramassent leurs vêtements propres et pliés le soir. 

C’est pas cher!
Non. Ce n’est pas avec la buanderie que je gagne ma vie! C’est un à côté. Je la garde parce que j’aime ça. J’aime que les gens viennent ici et se sentent chez eux. Et j’aime le quartier. Quand je suis arrivé, ce n’était que drogue et prostitution, mais j’étais impressionné par la largeur des rues, la grandeur des appartements et la concentration d’éléments historiques. Avant, c’était un quartier riche. Ça s’est dégradé avec les années, mais il y a encore ici des maisons qui sont comme des châteaux. 

Est-ce que vous avez un truc pour enlever une tache de mon t-shirt si je l’ai déjà lavé?
Malheureusement, une tache déjà lavée, c’est fini! Mais pour le reste, et il y a des tas de produits de tous les jours, comme la fécule de maïs ou le Coca-Cola, qu’on peut utiliser pour enlever une tache.

Crédit photo: Daphné Caron
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http://urbania.ca/canaux/conversations/5351/nadjib-deliba-conservateur-du-patrimoine-lessivielMon, 15 Sep 2014 15:59:30 EDTJudith LussierbuanderielessiveJournal Métroreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5351/nadjib-deliba-conservateur-du-patrimoine-lessiviel