Urbania - chroniqueshttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationSat, 19 Apr 2014 00:21:04 EDT60Nous sommes à un coup de pied au cul près... de tout
Personnellement, je préfère être pauvre avec le potentiel d’être riche, que moyen sans possibilité de m’en sortir.

Le chemin est souvent long pour croire en ce que l’on écrit et c’est un processus que l’on doit faire en grande partie seul. 

Comme tout le monde, je ne connais que ce que je connais alors, il y a peut-être d’autres façons. Comment peut-on aider les écrivains à en devenir? Y a t’il des trucs, des mentors?  Tous à vos contacts et connaissances!

Parmi les projets des gens qui m’ont écrit, beaucoup veulent voyager autour du monde et travailler à l’étranger. Il y a des gens qui semblent avoir déjà trouvé la solution et celle-ci se trouve, comme anticipé, dans l’action. L’action libère de beaucoup d’angoisses et de soucis. Il y a Jonathan qui, après avoir été vivre à Vancouver pendant quelque temps pour échapper à toutes les attentes sociales que nous nous imposons, caresse maintenant le projet de visiter l’Océanie en partant de Bangkok pour aller jusqu’à Perth en Australie. C’est plus que faisable.

Dans la même veine que lui, il y a Joyce qui semble avoir aussi trouvé la paix dans l’action en faisant une liste de toutes les choses qu’elle voulait accomplir. Parmi celles-ci, il y a : acheter une propriété pour la rénover et démarrer une entreprise. (Le domaine n’a pas été spécifié)

Pour elle, la question n’est pas de trouver quoi faire, mais de plutôt de comment et quand le faire.

Il y a aussi Marie, qui travaille 4 emplois pour se permettre de ramasser des sous pour son projet d’enseigner l’art culinaire en s’inspirant de sa culture et de celle des autres pays. Son prochain projet serait d’aller en Irlande apprendre à faire du bon boudin. Quelqu’un connaît quelqu’un?

Quant à eux, Léo et Cécile ont des rêves un peu moins précis, mais tout aussi grands. Léo veut tout, devenir artiste, écrivain, humoriste bilingue, trouver le grand amour et profiter de la vie. Pour lui, il s’agit de trouver par lequel de ses rêves commencer. Cécile, quant à elle, veut voyager autour du monde et se donner le coup de pied au cul nécessaire pour quitter la sécurité de son emploi et le faire. 

Il est vrai que nous sommes tous à un coup de pied au cul près de tout.

Nathalie, infirmière de formation, tannée de se sentir impuissante par notre situation politique et économique au Québec qui prive la communauté de beaucoup d’argent au profit de bandits à cravate, a déjà eu le courage de changer de carrière pour travailler pour une compagnie qui est plus en accord avec ses valeurs. J’ai trouvé cocasse de constater que cette compagnie en question est la même qu’a choisi ma soeur pour s’investir a 100%. Ma soeur n’a pas encore quitté son emploi stable, mais envisage le faire un jour.

Pour terminer, j’ai bien aimé le témoignage et l’ambition de Jean-Michel, un menuisier de 26 ans, dont le rêve est de bâtir des éco-quartiers entièrement autonomes énergétiquement. Je crois que ce projet c’est l’avenir de l’humanité et c’est aussi l’une des choses que j’aimerais aussi réaliser. Je me suis toujours dit que, quand je serai riche, contribuer à rendre l’humanité verte serait l’une des façons avec laquelle j’occuperai mon temps et investirai mon argent. Peut-être que c’est plus facile de faire l’inverse, devenir riche en rendant les hommes plus verts. Quelqu’un a des idées?

Personnellement, j’aimerais beaucoup aller à Masdar, une écoville des Émirats Arabes Unis, pour écrire un blogue sur la vie dans les villes vertes et être payé pour le faire.

Néanmoins, je crois que pour aider Jean-Michel, ça prend de l’argent et des subventions. Quelqu’un parmi vous serait déjà un millionnaire philanthrope? Quelqu’un sait comment obtenir des subventions pour un projet de la sorte? Manifestez-vous!!

Voilà ce que j’ai reçu comme interaction cette semaine avec mon projet de réunir ceux qui veulent et ceux qui peuvent. Afin d’orienter vos prochaines réflexions et d’optimiser l’efficacité de cette expérience, j’aimerais que vous me formuliez vos vouloirs de façon plus concise, idéalement en une seule phrase.

« Je veux__________ »

Ceux qui peuvent aider les gens qui ont exprimé leurs vouloirs cette semaine, écrivez-moi et je vous mettrai en contact avec les personnes concernées.

Plus le rêve est clair, plus la solution l’est aussi.

Merci à tous ceux et celles qui ont pris le temps de m’écrire cette semaine et je vous souhaite à tous et à toutes de bons vouloirs.

J’ai hâte de vous lire.

David Malo
aventureshommemoyen@gmail.com
Twitter : @HommeMoyen
https://www.facebook.com/HommeMoyen

]]>
http://urbania.ca/canaux/chroniques/4801/nous-sommes-a-un-coup-de-pied-au-cul-pres-de-toutTue, 04 Feb 2014 10:23:17 ESTDavid Maloréaliserentraideprojetsreportagehttp://urbania.ca/canaux/chroniques/4801/nous-sommes-a-un-coup-de-pied-au-cul-pres-de-tout
La classe qui ne veut rien, mais qui peut toutDans la classe moyenne, nous sommes coincés entre deux réalités impossibles à concilier. D’un coté, il y a ce besoin de sécurité et de prévu, de l’autre, il y a la croyance que l’ont peut réaliser tous nos rêves les plus fous. L’un ne va malheureusement pas avec l’autre. Pour avoir du grand, il faut être capable de sacrifier un peu de petit. Du moins pour un moment.

Nous avons tous une vague idée des choses que l’on veut accomplir dans la vie. Nous savons très bien ce que serait notre extraordinaire bien à nous. Il y a autant de rêves que d’humains.

Une chose qui est certaine c’est que cette meilleure version de nous-mêmes n’implique jamais que nous allons travailler pendant des dizaines d’années avec comme seule consolation d’avoir des fins de semaine de congé et une retraite confortable. Nous voulons tous contribuer à quelque chose de plus grand à la communauté, trouver une cause pour laquelle il est facile de s’investir et être en mesure de devenir philanthropes afin de pouvoir aider ceux qui en ont besoin. Nous ne voulons jamais prendre notre retraite, car cette meilleure version de nous ne vit que de passion et ne se retire qu’au dernier souffle. 

Ça, c’est le rêve immaculé de tout le monde qui habite encore chez ses parents et qui n’a pas encore quitté ce sécurisant système scolaire où nous sommes formatés pour devenir comme tout le monde, du moins comme les autres moyens. Après l’école, on se cherche du travail et on quitte le nid familial. C’est là que commencent les dettes et les obligations. Nous prenons des engagements financiers sans être dans notre véritable domaine, ce qui nous oblige à travailler beaucoup et à être responsables de tout, mais aussi de rien.

On travaille pour travailler et c’est cool. C’est la première fois que l’on a de l’argent à nous et que l’on goûte à la liberté que nous procure notre nouvelle autonomie. On sort dans les bars, dans les restaurants et on a les moyens d’aller en voyage chaque année. 

C’est une vie qui peut durer encore bien longtemps que l’on se dit.


Au fil du temps, les années passent et, à l’aube de la trentaine, s’installe peu à peu l’urgence. L’urgence de faire quelque chose en accord avec la perception que l’on a de notre propre potentiel, et ce, peu importe si elle est juste ou non. La paix que nous procure une profession approuvée socialement ne suffit plus, la paix intérieure doit venir d’ailleurs. Au lieu d’être validé par les autres, nous avons besoin d’être validés par nous-mêmes. 

C’est à ce moment-là que l’on va dans les cafés pour écrire, faire des plans et qu’on organise des rencontres d’affaires avec des amis. On commence à faire à temps perdu ce qu’on aurait toujours dû faire à temps plein dès le début.

On constate ainsi que ce qu’on fait à temps perdu ne donne jamais rien de grand. Nous sommes davantage définis par ce à quoi l’on consacre la majorité de notre temps et par ce qui nous fait vivre que par ce que l’on veut faire. Ce que l’on veut faire ne vaut rien si l’on passe tout notre temps à faire autre chose.

Un comptable qui veut peindre des toiles, mais qui travaille à temps plein dans un bureau aura beaucoup plus de chances d’être défini comme tel : un excellent comptable qui peint dans ses temps libres et non un grand peintre qui est habile avec les chiffres.


Dans cette recherche de paix intérieure, je vais dans les cafés presque tous les jours et en regardant tous ces gens qui écrivent, qui lisent et qui étudient, parfois, je me dis :  

« Voilà des gens qui prennent le temps, qui ont des projets, des rêves et qui préparent leur plan d’action. »

D’autres fois, quand je regarde les mêmes gens dans les mêmes cafés en train de faire les mêmes affaires, je vois les choses de façon complètement différente :

« Quelle perte de temps! Voilà des gens qui gaspillent leur vie à recommencer leurs projets à zéro et qui s’arrêtent toujours à la même étape. »

Cette étape, vous la connaissez tous, c’est celle qui se situe à la limite de la théorie et de l’action. La limite entre ce qui est facile et que tout le monde peut faire, et la partie difficile qui demande effort et engagement. 

Beaucoup d’entre nous sont dans la facilité, l’éphémère et l’immédiat. Notre zone de confort ne laisse que bien peu de place aux grands potentiels. Nous nous mettons de préférence dans des situations ou nous savons exactement ce qui va nous arriver. Ce sera acceptable, au mieux plaisant. Un bonheur modéré, constant et prévu.

En écrivant cette chronique, mon intention première était justement de franchir cette ligne entre la théorie et l’action. Pour moi ce fut un grand pas que de me décider à envoyer mes textes à Urbania et d’être lu par d’autres gens que mes amis Facebook. Après plus d’un an, je me retrouve parfois à écrire pour écrire, sans but vraiment précis, un peu comme ma vie. J’ai écrit des textes que je saurais populaires d’avance, car ils parlent de relations entre les hommes et les femmes. Parfois, quand je veux être moins lu, j’écris de la philosophie, de la théorie, mais ce que j’ai toujours voulu faire c’est d’inciter le plus de gens possible à passer de la théorie à l’action. 

Souvent en voulant aider les autres, on veut s’aider soi-même. 

L’une des choses que j’ai apprises, c’est que les gens veulent fondamentalement aider les autres à réaliser leurs objectifs. Une autre chose que je sais c’est que les gens ne savent pas toujours exprimer ce qu’ils veulent. Souvent ils n’en ont même pas une idée claire eux-mêmes. En ne demandant rien, ils ne peuvent donc pas être aidés par ceux qui sont en mesure de le faire.

À partir de maintenant, mon plus grand souhait serait que Les aventures de l’homme moyen migrent vers ce que vous voulez et ce que vous pouvez faire pour aider.

Prenez le temps de penser à ce que vous voulez essayer et que vous n’avez pas encore fait et écrivez-moi à mon adresse courriel : aventureshommemoyen@gmail.com

Je partagerai ensuite ce que j’ai reçu par le biais de cette chronique qui servira de lien entre les gens qui veulent et les gens qui peuvent.

On verra bien ce qui se passe.

Il n’y a plus rien à dire, il n’y a qu’à faire.

David Malo
aventureshommemoyen@gmail.com
Twitter : @HommeMoyen

]]>
http://urbania.ca/canaux/chroniques/4787/la-classe-qui-ne-veut-rien-mais-qui-peut-toutTue, 28 Jan 2014 14:14:26 ESTDavid Malohomme moyenreportageréaliserprojetsdire et fairehttp://urbania.ca/canaux/chroniques/4787/la-classe-qui-ne-veut-rien-mais-qui-peut-tout
Vouloir une relation sérieuse ou rien(Aviez-vous lu le 60e épisode?: )

Comme j’ai toujours été un gars de zone grise et de fréquentation, il y a des choses que je ne comprends pas de ce que les gens cherchent dans une relation. Parmi ces choses, il y a ceux qui cherchent une relation sérieuse ou rien et ce, avant même d’avoir rencontré quelqu’un.

J’espère que les célibataires qui s’affichent comme cherchant une relation sérieuse à tout prix utilisent cette formulation simplement pour dire que le sexe froid, mécanique et sans complicité ne les intéressent pas du tout. C’est la seule explication logique que je peux y voir, mais ça, c’est quand même une évidence, qui peut bien être intéressé par le sexe sans complicité?

On n’a jamais entendu quelqu’un dire :

« Ah non, moi je ne veux pas du sérieux, je préfère me faire des soucis avec ma performance et me questionner sur combien de temps je dois rester avant de pouvoir partir en plein milieu de la nuit sans être impoli »

On tient donc pour acquis que ceux qui ne veulent pas de relation sérieuse veulent aussi un minimum de complicité.

Est-ce que cette complicité doit obligatoirement venir avec une promesse d’éternité? J’espère que non. 

Même par la magie d’un site de rencontre en ligne, sur lequel il est possible de définir avec les moindres détails le type de relation que l’on recherche, je ne vois pas comment deux personnes qui s’avouent l’une et l’autre vouloir du sérieux font pour sauter l’étape des fréquentations ou rien n’est promis? Est-ce qu’ils font un genre de décompte?

« OK dans 3-2-1 c’est du sérieux
— 3-2-1
— Yé! Une relation sérieuse! 
— Je suis content qu’on n’ait pas eu besoin de se fréquenter avant que ça devienne sérieux
— Oui moi aussi, ils sont tellement superficiels ces gens qui se fréquentent »

En guise de parallèle, je me suis toujours demandé comment les gurus qui prédisent la fin du monde font pour expliquer à leurs disciples que ce n’est pas arrivé. C’est sans doute pour se prévenir de donner cette explication qu’il y a souvent des suicides collectifs d’organisés lors des événements apocalyptiques.

« Désolé, la fin du monde est annulée, j’pense qu’au final, je suis juste un débile qui manipule les gens!
— ahhhhh, dommage »

Je me demande, de la même façon, comment deux personnes qui se sont garantis du sérieux font pour expliquer leur séparation après quelques mois. (Ce qui est, par le plus grand des hasards, la durée des fréquentations avant que celles-ci se transforment en relation plus sérieuse ou ne finissent).

« T’es juste un menteur, tu m’avais dit que c’était sérieux que tu voulais!
— Ouais moi aussi je pensais ça, mais les choses ont changé.
— Tu voulais juste coucher avec moi, c’est ça!
— Ben non, ne dis pas ça! »

OK peut-être que j’infantilise un peu ceux qui cherchent du sérieux dès le départ, mais pour moi c’est impensable que l’on puisse faire de telles promesses a quelqu’un qu’on ne connaît pas du tout. 

Je crois qu’une relation ne peut être vraiment sérieuse qu’avec le temps et qu’on ne doit pas la définir, on doit la laisser le devenir par elle même.

Mais bon, on peut chercher n’importe quoi et se faire croire ce que l’on veut dans la vie. 

Pas obligé que tout le monde comprenne! 

David Malo
aventureshommemoyen@gmail.com
Twitter : @HommeMoyen
https://www.facebook.com/HommeMoyen
]]>
http://urbania.ca/canaux/chroniques/4767/vouloir-une-relation-serieuse-ou-rienTue, 21 Jan 2014 09:37:01 ESTDavid Malohomme moyenrelation sérieusefréquentationreportagehttp://urbania.ca/canaux/chroniques/4767/vouloir-une-relation-serieuse-ou-rien
Les meilleures façons de ne pas tenir ses résolutionsNous sommes tous à distance de sueur d’avoir un corps comme Ryan Gosling. Nous sommes à une idée près de devenir millionnaires et à distance d’un « Bonjour » du grand amour. Nous sommes à un CV près d’un changement de carrière, à une épicerie près de mieux manger et à un baccalauréat près d’avoir la paix sociale. Si tout est si simple, pourquoi est-ce si difficile? Parce que nous connaissons seulement ce que nous connaissons.

En ce début d’année, je vous propose donc les meilleures façons de ne pas tenir vos résolutions les plus communes. Beaucoup d’entre vous le font déjà très bien, car c’est bien plus facile de rester comme on est que de changer.

Mieux manger : allez à l’épicerie et achetez seulement des légumes et des fruits. Affamé parce que vous n’avez mangé que des pommes et des bananes depuis deux jours, vous allez finir par vous nourrir avec la bouffe du dépanneur du coin et manger des spaghettis aux saucisses à hot dog pour souper tous les soirs. C’est comme de la vegan boulimie.

Se remettre en forme : allez vous inscrire au gym, mais ne vous entrainez pas le jour même. Dites-vous que vous commencerez demain ou le lundi suivant. Y aller demain c’est la meilleure façon de ne jamais y aller. Vous donnerez ainsi raison à tous les habitués qui sont au gym le premier janvier :

« Tous ceux qui se sont inscrits aujourd’hui, on ne les reverra jamais!
- Hahaha oui c’est vrai, nous on est pas mal meilleur qu’eux, regardes nos bras! »

Devenir millionnaire : si vous êtes dans la classe moyenne, que vos parents et amis sont dans la classe moyenne, la meilleure façon de ne pas devenir millionnaire est de continuer à faire exactement ce que vous faites. Travaillez pour quelqu’un d’autre, vivez au-dessus de vos moyens et laissez vous décourager par les autres et l’adversité quand vous avez des idées originales. Ce sont toutes de très bonnes façons de ne pas tenir cette résolution.

(J’utilise cette méthode depuis des années et je ne suis toujours pas millionnaire.)

Changer de carrière : rédigez votre CV en mettant l’emphase sur votre expérience dans la carrière même que vous désirez changer. Appliquez pour les postes avec lesquels vous êtes confortable avec la description de tâches et ceux que vous croyez être en mesure de faire sans rien apprendre de nouveau. Aussi, envoyez votre CV par courriel et ne faites aucun suivi par la suite. Attendez qu’on vous rappelle. Lorsque vous n’avez pas les qualifications ni de motivation hors norme, les employeurs potentiels on tendance à ne pas avoir d’intérêt particulier pour votre candidature.

Si un poste vous intéresse, mais que vous n’avez pas tous les prérequis, il est toujours bon de présumer qu’il y a plein de gens mieux que vous pour ce poste et dites-vous que vous devez retourner à l’école avant de pouvoir appliquer. Ces méthodes devraient vous garantir encore quelques années de statu quo.

Rencontrer le grand amour : allez dans un bar et n’allez pas voir la fille que vous trouvez la plus intéressante parce que vous vous dites trop timide, que vous n’avez rien à lui dire et que vous avez peur de paraitre con. Ne lui dites pas qu’elle est belle, car vous pensez qu’elle doit entendre ça mille fois par jour. Si ce n’est pas suffisant, vous pouvez toujours présumer qu’une fille comme elle doit avoir un chum. C’est sûr! Soyez hésitants et attendez toujours que les circonstances soient parfaites avant de vous compromettre.

Faire son Baccalauréat : ne sachant pas trop quoi faire de votre vie, vous avez arrêté les études et, par moments, vous vous sentez mal de ne pas avoir une meilleure éducation. Retournez à l’école juste pour y retourner. Les gens ne posent pas de question existentielle aux étudiants.

« J’étudie en communication.
- Oui, mais tu veux faire quoi avec ça?
- Ben…des communications
- Ah ouais c’est évident »

Inscrivez-vous dans un programme le plus général possible et qui ne donne aucune connaissance spécialisée. Étudier avec comme seul but d’étudier, sans avoir d’objectif précis de carrière, devrait être suffisant pour vous faire abandonner en plein milieu de la session.

Voilà, si vous suivez tous ces conseils, vous devriez être en mesure de refaire toutes les mêmes résolutions l’année prochaine.

Bonne année 2014 à tous.

David Malo
Twitter : @HommeMoyen

]]>
http://urbania.ca/canaux/chroniques/4752/les-meilleures-facons-de-ne-pas-tenir-ses-resolutionsTue, 14 Jan 2014 15:51:40 ESTDavid Maloreportage2014résolutionshttp://urbania.ca/canaux/chroniques/4752/les-meilleures-facons-de-ne-pas-tenir-ses-resolutions
Il n'y a pas de fille facile(Aviez-vous lu le 58e épisode?: Comment sortir avec une vedette)

La semaine dernière, une lectrice m’a suggéré d’écrire une chronique sur les filles faciles. J’ai trouvé que c’était une bonne idée, mais je dois vous avouer que c’est un terme que je n’utilise pas vraiment dans mes conversations sur le sujet avec les autres garçons.

Entre nous les gars, on ne divulgue pas vraiment de détails sur la nature de nos relations ni ne posons de jugement sur ces dernières. Généralement ce qui nous intéresse, c’est que nos amis soient heureux et ça s’arrête souvent à ça:

« T’as tu couché avec?
— Ouais
— Cool
»

Après, on élabore brièvement sur nos intentions de la revoir ou non et sur son potentiel de devenir notre blonde un jour. C’est pas mal tout. Je ne veux pas parler pour tout le monde, mais moi, c’est ça. Je suis généralement assez secret sur les détails.

Dans mes expériences passées avec les filles, il m’est arrivé de coucher avec une fille le premier soir, le deuxième, le troisième ou même le dixième soir. Il m’est arrivé aussi de ne jamais coucher avec certaines autres même après avoir passé plusieurs soirées avec elles. Malgré tout ça, il ne m’est jamais arrivé que je définisse ces relations avec un coefficient de difficulté.

« Et puis comment c’était avec telle fille?
— Ah avec elle, c’était de facile à modéré.
— Et avec une telle?
—    Ah elle, c’était de moyen à difficile
»

Également, si un ami me raconte qu’il a couché avec une fille à leur première rencontre je ne dis pas:

« Ah, c’était donc une fille facile! »

Je dis plutôt:

« Ah, vous avez passé une belle soirée alors! »

Il y a aussi ce mythe, entretenu principalement par les filles, que les gars vont perdre intérêt si elles couchent avec eux le premier soir. Certaines filles croient que les gars ne les rappelleront pas parce qu’ils ont atteint leur seul et principal objectif: le sexe. Voir qu’on est simples de même! Franchement.

Il est de la croyance de certaines filles que si elles prennent leur temps et font courir les garçons un peu, cela va changer l’intérêt ou le respect que les garçons vont avoir pour elles. Il n’y a rien de plus faux.

Le sexe ne change pas l’intérêt ni le potentiel d’une relation et ce n’est pas l’objectif principal à atteindre. Selon moi, le sexe est un complément à une belle soirée ou une marque de complicité avec une personne avec qui on s’entend bien et que l’on désire. Si le garçon ne rappelle pas la fille, ce n’est pas décidé parce qu’il a couché avec elle ou non. C’est plus complexe que ça. De grâce, ne vous privez pas simplement par convenance sociale ou en suivant une stratégie à cinq cennes sur comment plaire sans faire peur à l’autre. Si ça tente aux deux, je ne vois pas l’intérêt de se priver encore une fois pour avoir un futur idéal et immaculé.

Dans la société, on nous enseigne déjà beaucoup trop qu’il faut se priver et se préserver pour un avenir beaucoup trop éloigné. Il faut économiser pour la retraite, il ne faut pas être mal vu par les autres, il ne faut pas dépenser, il faut se préserver pour le grand amour, etc.

Qu’est ce que ça donne?

Pourtant, nous sommes tous voués à mourir un jour et combien d’entre nous vont se rappeler de toutes les fois ou nous nous sommes privés par souci de ce que pourraient penser les autres?

Si ce n’est pas maintenant, quand?

Ce n’est pas pour rien que tous les grands sages nous ramènent à l’importance du moment présent qui est, d’une certaine manière, le seul moment qui existe.

De toute façon, ce qu’on fait dans le lit, ça se fait à deux, il n’y a pas de filles faciles, pas plus qu’il n’y ait de gars crosseurs. Personne ne prend quelque chose à l’autre. Le stéréotype de dire que le gars qui se pogne plein de filles est cool et que la fille qui se pogne plein de gars soit une traînée est tellement désuet que ça fait peur.

L’important dans tout ça, c’est que tout soit fait dans un respect mutuel et ce que ce soit le premier soir ou le dixième, que ce soit le troisième gars de la semaine ou le premier.

Le respect, c’est de bien communiquer ses attentes pour ainsi donner le choix à l’autre, que l’autre sache parfaitement dans quoi il s’embarque.

« Tu me plais vraiment, mais moi je veux être la seule!
- OK bon, je pense que c’est mieux qu’on arrête là, je n’ai pas vraiment le goût d’être en couple pour le moment.
»

Si une personne s’attend à de belles promesses d’amour éternel avant d’avoir une relation intime, c’est à elle de l’exprimer et à l’autre d’être honnête avec elle.

Voilà ce que je pense des filles faciles, mais comme chaque semaine je me demande si je suis le seul à penser comme ça, je suis allé sur des forums pour voir ce d’autres gens en pensent et voici quelques-uns de ces commentaires:

Qu’est-ce qu’une femme facile :

« C'est une femme qui ne va pas passer à côté d'un moment de plaisir si le consentement est mutuel. »

« Une femme qui ne se prend pas la tête avec les préjugés! Peut-être qu'un jour, ce sera une qualité? »

« Une femme facile est une femme qui sait profiter de la vie. Un homme qui la traite de salope est un connard. »

« Une femme facile est une femme franche physiquement et mentalement. Elle ne met aucun préjugé dans ses relations avec les autres. Il suffit qu'elle trouve un peu de compatibilité avec un mec pour qu'elle entre en harmonie avec lui, sans avoir à respecter des délais protocolaires de temps!!!!
La femme facile c'est la femme avec qui la communion est facile, la vie est facile!!!
Mais est-ce qu'il en existe?????
»

Voyez comment c’est facile, il n’y a pas de fille facile.

* Les commentaires de ce texte ont été recueillis sur ce site.


David Malo
aventureshommemoyen@gmail.com
Twitter : @HommeMoyen
https://www.facebook.com/HommeMoyen]]>
http://urbania.ca/canaux/chroniques/4713/il-ny-a-pas-de-fille-facileTue, 17 Dec 2013 15:42:49 ESTDavid Malopréjugéfille facilerelationsexereportagehttp://urbania.ca/canaux/chroniques/4713/il-ny-a-pas-de-fille-facile
Comment sortir avec une vedette(Aviez-vous lu le 57e épisode?: Tromper poliment)

Les gens connus, c’est comme des humains. Ils sont parfois en couple et parfois seuls. Ils ont des goûts, des désirs et des besoins. Une chose que les vedettes ont en commun avec les filles qui ne sont pas des personnages publics, c’est qu’elles ne sont jamais sorties avec des garçons qui ne sont pas allés leur parler.

Nous sommes de bien pauvres juges quand vient le temps de définir les goûts des autres. Il n’en revient pas à nous de déterminer si nous sommes le genre de quelqu’un où non. Présumer que nous ne sommes probablement pas du type de telle ou telle personne est une erreur trop fréquente et très nigaude. La majorité du temps, on ne se donne même pas la chance de se faire dire « non », on se dit « non » nous-mêmes pour les autres. On se rejette préventivement en ne faisant rien.

Pourtant, par le passé, combien de fois avons nous été surpris de la réceptivité de certaines personnes et de la réticence de d’autres?

C’est comme la fois où cette fille qui me plaisait vraiment beaucoup m’a proposé un pari que je ne pouvais pas refuser :

« Si tu perds, tu payeras le souper et si je gagne, c’est moi qui vais payer. »

Euh, parle-moi d’une situation gagnant/gagnant! Si je perds, j’ai un souper avec elle et si je gagne, j’ai un souper avec elle! J’étais surpris et j’ai super bien dormi.

Tout ça, c’est sans parler de toutes ces opportunités manquées à cause des gestes que l’on n’a pas osé faire et des mots que l’on n’a pas dits par timidité. Honnêtement, je pense que c’est une bonne chose qu’on ne puisse jamais savoir toutes les chances qu’on a manquées, on s’en voudrait beaucoup trop.


C’est comme la fois ou je n’ai même pas osé toucher à la fille qui était venue dormir dans mon lit. Je pensais qu’elle me voyait comme un ami et qu’elle ne pouvait pas être intéressée par moi autrement. Nous avons juste dormi. Elle devait bien se demander ce qui se passait, ou surtout, ce qui ne se passait pas. D’autant plus qu’à l’époque, j’avais un lit simple.


« Je pensais que t’étais gai », m’a-t-elle révélé par la suite.


Aujourd’hui, je sais que ce n’est pas si bête de présumer que si la fille est dans ton lit, elle est au moins un minimum intéressée. Je m’humilie peut-être un peu en disant ça, mais bon, pour ma défense, j’étais jeune et con, comme dans la chanson de Saez. C’est mieux que d’être vieux et fou.

Donc, s’il y a une chose que notre expérience nous a apprise, c’est qu’on ne comprend pas grand-chose de ce qui plaît aux autres. Une bonne partie de l’attirance se passe à un autre niveau que le conscient. C’est sans doute pour ça que la plus belle fille du monde et que le plus bel homme du monde ne sont pas les mêmes pour tous.

À Montréal, les vedettes sont dans les mêmes cafés, restaurants et bars que nous. Elles sont, comme tout le monde, à distance d’un circonstanciel : « Salut, ça va? »

Dans un documentaire où la séduction est approchée scientifiquement, la conclusion des chercheurs était la suivante : les hommes sont mieux d’essayer et d’échouer que de présumer qu’ils ne sont pas assez bien pour la femme qu’ils convoitent.

On ne sait jamais.

Pour résumer cette pensée, ce n’est pas parce qu’on trouve une fille trop bien pour nous que nous ne sommes pas son genre.

La seule chose qui ne nous rend pas assez bien pour n’importe quelle fille, c’est notre manque de confiance en nous. La timidité, la gêne et le manque d’estime de soi sont des « turn off » majeurs pour beaucoup de femmes et c’est encore plus vrai pour les femmes de tête.

La vedette, c’est comme n’importe quelle fille, on ne connaît pas sa situation, ni ses goûts. Le plus gros de l’effort qu’on a à faire c’est d’oser.

Pourquoi pas vous?

L’important, c’est de laisser à l’autre la chance de vous dire oui ou non et ce, qu’elle soit connue ou non.

Pour paraphraser Wayne Gretzky : « On manque 100 % des chances que l’on ne prend pas. »

David Malo
aventureshommemoyen@gmail.com
Twitter : @HommeMoyen
https://www.facebook.com/HommeMoyen]]>
http://urbania.ca/canaux/chroniques/4697/comment-sortir-avec-une-vedetteTue, 10 Dec 2013 15:44:51 ESTDavid Malowayne gretzkyrelationamourvedettereportagehttp://urbania.ca/canaux/chroniques/4697/comment-sortir-avec-une-vedette
Tromper poliment(Aviez-vous lu le 56e épisode?: Opinion d'urinoir)

Ici au Québec, notre conception du couple est basée sur les contes de fées, les films d’amour et sur les vestiges de la religion catholique. Un couple, c’est fidèle, exclusif et c’est pour toujours. Afin éviter les tentations interdites ou la damnation éternelle, nous avons développé un langage parallèle afin que le couple corresponde mieux à notre nature d’humain tout en gardant intacte la pureté de ce modèle d’amour.

« On a pris un break quelques mois avant de revenir ensemble, j’imagine qu’il voulait me tromper poliment. »

C’est ce qu’une amie m’a dit en me parlant de l’une de ses anciennes relations. Sous le prétexte d’avoir besoin d’un peu de temps pour soi et de faire le point sur le couple, on peut alors aller voir ailleurs sans s’embarquer dans un labyrinthe composé de mensonges et de grandes omissions de détails. C’est parfois dur sur la conscience de tromper une personne qui s’attend à notre fidélité. On se questionne sur si on le dit ou pas et une fois que l’on embarque dans ce jeu-là, c’est bien difficile de s’en sortir avec une bonne réputation et sans blesser les gens.

Quand le délai du break se termine, après avoir vu que la nouvelle personne n’était pas vraiment faite pour nous, on revient vers l’autre en disant :

« Finalement, j’y ai bien pensé et je me sens bien avec toi, j’aimerais vraiment que ça marche nous deux, on recommence? »

Ça, c’est la version plus polie, même si tout le monde sait très bien ce qui se passe pendant ces soi-disant « breaks ». On peut dire que l’on reste quand même intègre. On avait le droit et on n’a pas de compte à rendre.

Il y a aussi les trucs un peu moins honnêtes qui ont tendance à prendre les autres pour des nigauds. Il y a ces petits mensonges qui ne paraissent plus qu’on pense : le temps supplémentaire récurant au travail et les voyages d’affaires de plus en plus fréquents.

Le pire de tous, c’est quand la batterie du cellulaire tombe à plat dans un moment stratégique.

« Scuse moi si je ne t’ai pas répondu hier soir, ma batterie de cell est morte et je n’avais pas de chargeur. »

C’est un peu dur à croire quand l’autre sait très bien que vous êtes scotché sur votre cellulaire à temps plein, que vous avez trois chargeurs de rechange, une batterie de secours externe et que votre meilleur ami est avec la même compagnie que vous afin que vous puissiez insérer votre carte SIM dans son téléphone au besoin.

Ça, c’est un peu moins poli, mais les gens ne posent pas trop de questions. C’est assez plausible pour que ce soit vrai, même si on n’y croit pas deux secondes. D’ailleurs, avons-nous encore le droit de poser des questions sans être associés aux jaloux?

Personne ne veut être le jaloux.

Malgré tout ce qui ne fonctionne pas avec ce modèle, les célibataires sont persuadés que c’est ce qu’ils recherchent : l’amour pour toujours et tout de suite. C’est beaucoup de pression. Les gens seuls se disent que dans le fond, ils n’en ont rien à foutre de cette liberté si c’est pour finir seul au bout de la ligne. Il devient lassant de recommencer à zéro, relation après relation, de raconter ce qu’on fait dans la vie, nos rêves, nos peurs et nos envies. Pour connaître quelqu’un depuis deux ans, ça prend deux ans et deux ans en couple, c’est long. (Du moins pour moi)

Dans une relation stable, l’autre sait déjà que notre vie n’est pas uniquement composée de faits saillants comme dans le résumé que l’on fait aux inconnus. L’autre sait que l’on passe beaucoup plus de temps devant la télé qu’au gym. L’autre sait que l’on se trouve un peu incompétent à la job, que l’on est paresseux avec nos projets et insécure avec l’argent. L’autre sait que notre véritable place n’est pas dans le monde des condos, des assurances et des REER et elle sait ce qu’on raconte quand on parle de la vie l’échelle des étoiles. L’autre nous aime sans que l’on porte le moindre masque. 
 
La seule chose où l’autre ne peut pas nous aider dans le couple, c’est pour notre désir de retrouver cette liberté du célibataire et la tentation de rencontrer à nouveau ce potentiel du présent. Malgré notre bonheur apparent, c’est difficile de concevoir que jamais nous ne revivrons l’excitation des débuts de relations. Ne pas rentrer à la maison toujours à la même heure, aller prendre un café avec une collègue de bureau qui nous plaît, pas nécessairement pour baiser ou pour bâtir une meilleure relation, mais simplement pour retrouver cette spontanéité que l’on perd parfois dans les habitudes d’un couple stable.


Joindre l’aventure à la stabilité est quelque chose de bien difficile à concilier pour certains. D’autres n’en ont aucunement besoin. Parfois, c’est en allant voir ailleurs qu’on se rend compte qu’on ne manque rien de si extraordinaire, qu’on est bien chez nous. Est-ce que je vais brûler en enfer pour avoir dit ça?

Autour de moi, je vois beaucoup de couples qui semblent s’aimer pour vrai, mais je vois aussi beaucoup de gens qui se fréquentent en attendant de trouver l’amour comme ce modèle de perfection que l’on nous montre depuis si longtemps.

Les gens en couple envient la liberté des célibataires et les célibataires envient la stabilité que procurent les longues relations. Une histoire de gazon plus vert chez les voisins encore.

Peut-être aussi que la responsabilité revient à nous de créer un couple à notre image et de le communiquer avec l’autre.

L’important, c’est de rester poli.


David Malo
aventureshommemoyen@gmail.com
Twitter : @HommeMoyen
https://www.facebook.com/HommeMoyen]]>
http://urbania.ca/canaux/chroniques/4675/tromper-polimentTue, 03 Dec 2013 14:59:55 ESTDavid Maloinfidelitétromperrelationreportagehttp://urbania.ca/canaux/chroniques/4675/tromper-poliment
Ma vie sur quatre roues
Il est difficile de réaliser à ce moment-là qu’on passera les quatre prochains mois en fauteuil roulant, telle une paraplégique. Qu’on vivra à l’hôpital, avec une atrophie musculaire complète du nombril aux orteils et des plâtres aux deux pieds. Que nos bras deviendront notre seule façon de nous mouvoir et qu’un fauteuil roulant deviendra notre seul et unique symbole de liberté, une extension de notre corps, une partie de nous-mêmes. Que nos colocataires auront tous plus de 75 ans, mais surtout, que notre vision de la liberté sera à jamais changée : pour une accro du sport repoussant les limites, une simple marche devient infranchissable.  

Un nouvel apprentissage s’ensuit : ouvrir une porte n’est plus aussi facile et les fermer non plus (parfois je ne peux me retourner faute de place!). Les boutons d’ouverture automatique sont souvent défectueux, m’obligeant à demander de l’aide pour les portes plus lourdes. Les rampes d’accès sont souvent trop à pic, rendant la descente risquée, et comme mon fauteuil n’est pas calibré à ma personne, il dérape facilement et je me retrouve de côté. Les trottoirs sont légèrement inclinés vers la rue (écoulement des eaux), ce qui est exigeant pour le bras côté rue, alors je change de bord tous les 250 mètres. Parfois je dois descendre des trottoirs à reculons pour éviter d’embrasser l’asphalte…

Mes douze travaux
Traverser la rue aussi est différent : je pars sur la lumière verte, mais suis beaucoup plus lente. La lumière vire au jaune. Déjà? La rue est en pente, la chaise prend de la vitesse, elle vibre… Bang! Les freins enclenchent d’eux-mêmes, me stoppant en plein milieu de la rue. La lumière tourne au rouge. Hein? Les automobilistes me regardent, moi et mes plâtres, personne ne bouge… Je déclenche les freins et finis ma traversée. Arrivée au guichet bancaire, autre prise de conscience : comment à la fois mettre ma carte dans le lecteur, ouvrir la porte et manœuvrer mon fauteuil roulant? Un passant vient tenir la porte… Je rentre au bercail, brûlée…

Je découvre le transport adapté qui, pour des questions logistiques, doit être réservé 24 à 72 heures à l’avance selon la région. S’il vous débarque au mauvais endroit, prenez votre mal en patience : c’est minimum une heure d’attente et vous risquez de « squatter » le transport adapté d’un autre et ainsi faire du tourisme montréalais le temps d’aller le porter à destination.

Et que dire des toilettes… Ne plus se voir que le haut du front, trop basse pour les miroirs…  laisser la porte du cabinet ouverte, incapable de la fermer… réaliser qu’il n’y a plus de papier, mais ne pouvoir en prendre à côté, la toilette trop petite… penser littéralement se pisser dessus devant public rue Saint-Denis à 1h00 du matin… Ce soir-là, j’avais pourtant fait mon repérage préventif et trouvé des toilettes accessibles au Cinéma du Quartier Latin. La bière faisant effet, c’est les « yeux jaunes » que je délaisse mes amis pour retrouver les toilettes. Mais voilà que je frappe porte closes, les films étant terminés… Ma voix intérieure me dit: « tu vas te pisser dessus! », mais la raison refuse d’y croire. 30 minutes de recherche infructueuse plus tard, le constat se fait malgré moi : je vais vraiment devoir me pisser dessus devant tout le monde, parce qu’il n’y a pas de toilette accessible !!%$%! Ma dignité humaine prend le bord. Je vois un restaurant encore ouvert et m’attaque à sa marche : jambes et petites roues en l’air, je fais un « wheelee » et me hisse à l’intérieur à bout de bras : « Où sont vos toilettes ?», « Au sous-sol madame». Mon regard leur suffit : je retrouve finalement ma dignité dans une toilette condamnée du fond de leur entrepôt après qu’ils en aient retiré pots de peinture et moppes sales.

Mes hauts, mes bas
Un tel accident apporte aussi son lot de stress psychologique. « Vais-je remarcher? », « vais-je recourir? ». Des questions auxquelles seul le temps répond, quand on voit notre mobilité et nos forces revenir petit à petit. Le stress monétaire également… Étant travailleuse autonome, je n’ai eu ni chômage, ni CSST, ni SAAQ, ni assurances, ni même de bien-être social! Je me retrouve dans un « no man’s land » ou la seule chose sur laquelle j’ai le contrôle est ma volonté de guérir.

Côté vie sociale, plusieurs amis viennent me voir, certains faisant le trafic d’alcool (une bouteille de vin cachée dans un deux litres de jus d’orange vous donne une sangria d’hôpital assez géniale!). Je m’inscris sur un site de rencontre, ayant du temps pour magasiner les fiches… Mais quand vient le temps de rencontrer l’autre en personne, comment expliquer que 1) on est en fauteuil roulant 2) qu’on porte le même linge depuis trois mois 3) qu’on n’a plus que la peau et les os (au diable les cuisses fermes) et que 4) on a une repousse capillaire de 3’’ faute d’avoir trouvé une coiffeuse accessible! Un courageux a accepté de me rencontrer, mais les autres se sont désistés!



Plus la guérison avance, plus je sors dehors, particulièrement à la Place des festivals où je découvre les hallucinantes toilettes sèches accessibles! Au diable l’odeur, vive ces cabines bleues sans marches! Être en fauteuil roulant est également idéal pour observer le popotin de messieurs… mais quand vient le temps de regarder le spectacle, ces mêmes popotins me bloquent la vue! Inversement, quand Loco Locass demande à la foule de s’asseoir pour une minute de silence, je me retrouve tout d’un coup au-dessus de tous, incapable de « m’asseoir » plus bas! J’ai aussi l’impression d’être Moïse qui sépare les eaux du fleuve, alors que la foule se tasse pour me laisser passer. Enfin, on vit un choc, celui de réaliser qu’on est rendu l’été, alors que je me suis blessée en hiver : l’impression d’avoir manqué une saison complète de ma vie…

Après un mois en résidence pour personnes âgées, je suis transférée en centre de réadaptation. Neuf semaines après l’accident, le vrai travail commence : atrophie musculaire du nombril aux orteils, je fais des nœuds avec ma peau flasque et vide de muscles. Mes orteils de droite ne bougent plus et mes chevilles ont perdu toute leur mobilité. Au début, exercices passifs. Puis, 5 heures d’exercices par jour, 7 jours semaine, afin de regagner en masse musculaire, en mobilité, en force et flexibilité. Je mets graduellement du poids sur mes chevilles pour réhabituer mon corps à se supporter lui-même… Un jour, j’arrive à me tenir debout toute seule, et je retrouve ma vue d’avant, celle de 5’9’’ au lieu de celle de 4’. Je réalise alors ce à travers quoi je viens de passer… Viennent ensuite les barres parallèles, où comme dans les films, je dois littéralement réapprendre à marcher.

De retour chez moi, je réalise à quel point je vivais dans un cinq étoiles. Je dois maintenant marcher, sans en être encore vraiment capable. Je me roule de mon lit à ma cuisine ou ma toilette à l’aide d’une planche à roulette et dois cuisiner assise. Je monte mes 48 marches à quatre pattes et fait livrer mon épicerie. Il me faudra six mois pour être capable de prendre l’autobus, et neuf pour le métro. 20 mois et une seconde opération plus tard, je marche à nouveau normalement, même si certains jours je claudique. J’ai dû dire adieu à la majorité des sports (impliquant tous la course), mais pense débuter certains sports en fauteuil roulant! Je suis beaucoup moins en forme, j’ai le souffle court et j’ai l’impression d’avoir vieilli de 10 ans… Mais je me réjouis : ça aurait pu être bien pire si le choc avait frappé au niveau du bassin…

Suite à cette expérience, j’entrepris de régler une problématique majeure pour les personnes handicapées : si j’ai failli me pisser dessus en seulement quatre mois, je n’ose imaginer la vie de ceux qui vivent avec un handicap à l’année longue. J’ai ainsi conjugué ma compétence professionnelle à l’expérience vécue pour développer www.onrouleauquebec.ca, un portail ressource interactif et participatif dédié aux personnes à mobilité réduite. Il comprend un répertoire des commerces accessibles en fauteuil roulant, des ressources dédiées et des logements accessibles à louer. Mon but ultime : créer une application mobile qui pourra indiquer où se trouve la toilette accessible la plus près… encore ouverte à 1h00 du matin!

Page Facebook OnRouleMontréal

Aujourd'hui, le 3 décembre 2013, OnRouleMontréal a mis sur pied une oeuvre collective pour souligner la Journée internationale des personnes handicapées. C'est à voir ICI.]]>
http://urbania.ca/canaux/chroniques/4673/ma-vie-sur-quatre-rouesTue, 03 Dec 2013 12:01:22 ESTCatherine Blanchette-Dallaireonroulehandicapfauteuil roulantmobilité réduiteaccessibilitéchaise roulantereportagehttp://urbania.ca/canaux/chroniques/4673/ma-vie-sur-quatre-roues
Opinion d'urinoir(Aviez-vous lu le 55e épisode?: J'avais des plans pour cette voiture-là)

Samedi soir passé, combat de George St-Pierre, je vais aux toilettes après la décision supposément controversée des juges.

Mon voisin d’urinoir me dit :

« C’est un vrai vol!
- Tu prenais pour Hendricks?
- Non, mais je me sens mal du verdict »

(C’est connu, nous les gars, on parle souvent à des inconnus quand on fait pipi dans les bars.)

Je ne suis pas vraiment d’accord avec ce qu’il me dit et ça m’outre un peu d’entendre qu’un Québécois aurait préféré que GSP perde le combat. Si la décision pouvait aller d’un bord où de l’autre, je préfère de loin qu’elle soit allée du nôtre. À ce que je sache, les juges n’étaient pas Québécois, alors on peut présumer qu’ils étaient impartiaux. Il ne faut pas uniquement se fier à la face de George, il a l’air de faire des bleus facilement.

« Pour battre le champion, il faut que ce soit sans équivoque. » Disent les gens qui connaissent ça plus que moi.

J’ai peut-être une acuité visuelle hors du commun (malgré ma forte myopie), mais je crois bien pouvoir affirmer que j’ai bel et bien vu une équivoque pendant le combat. C’était assez serré et dans un combat serré, le champion en titre est toujours favorisé. C’est ce que je comprends de l’histoire.

De surcroît, le lendemain, on apprend que Hendricks souffre d’une sévère blessure au genou qui le tiendra à l’écart du combat pendant six mois alors que St-Pierre serait en mesure de remonter dans l’octogone dans un mois et demi.

C’est ce qu’on appelle une équivoque après combat.

Bravo George!

En parlant d’équivoque, il n’y a aucun doute que plus je vieillis, plus je sais apprécier le chaos. Au moment où j’écris ce texte, je suis au café du Marché Jean-Talon. Quelqu’un que je n’ai pas remarqué est assis derrière moi. Il se met soudainement à émettre un long et fort râlement, un peu comme le dernier soupir d’un mourant, mais en plus exprès. Je me retourne et je m’attends à voir une vieille dame en difficulté ou à confronter un hurluberlu, mais au lieu de cela, je vois un homme dans la quarantaine avec de légers troubles moteurs s’excuser de la main. Ce n’était peut-être pas par exprès finalement. Néanmoins, s’il n’avait pas fait de bruit, il serait passé inaperçu.

Peu de temps après, mon voisin immédiat se met à siffler. Dans notre société, c’est un peu inhabituel de faire un bruit que tout le monde peut entendre, et ce, volontairement.

On nous dit depuis que nous sommes tout petit qu’il ne faut pas, sous aucun prétexte, déranger les autres et cet après-midi, je suis entouré de bruiteurs.

Peut-être que quelqu’un plus loin va dire au siffleur qu’il siffle bien. Du moins, il y a plus de chance qu’il suscite une réaction en sifflant qu’en ne faisant rien.

Personne ne va voir les gens qui ne font rien pour leur dire :

« Scusez moi, je veux juste vous dire que vous faites vraiment bien rien. »

Peut-être aussi qu’on lui dira de fermer sa gueule, car il dérangera quelqu’un d’autre. On ne sait jamais comment on va toucher les gens par ce que l’on fait à l’avance.

Il est parti en sifflotant et je le mentionne dans mon texte. S’il n’avait pas fait de bruit, il aurait été plus vite oublié.

Même si souvent on préfère éviter les interactions avec des gens qui peuvent sembler hors norme, je me demande bien qu’est-ce que ça peut bien nous apporter de toujours être dans le rang, de ne pas faire de bruit. Pourquoi sommes-nous tant obsédés par l’idée de ne pas déranger les autres et de garder profil bas? Nos interactions sont presque entièrement régies par un ensemble de formalités et de conventions qui nous gardent à distance les un des autres. Tout devient attendu, prévu, confortable.

« S’il vous plaît, excusez-moi, merci. »

Qu’ont en commun toutes les personnes que l’on admire et les grands champions comme GSP? Que ce soit des intellectuels, des références spirituelles, des politiciens ou des athlètes de haut niveau, nous admirons ces gens-là, car ils font du bruit. Ils ne nous laissent pas indifférents, ils ne se fondent pas dans le décor.

Certes, on ne peut pas plaire à tout le monde et être admiré de tous. Faire du bruit nous met en contact avec l’amour autant que la haine, mais je crois qu’au final il risque de nous arriver de plus grandes choses dans la vie, si l’on fait du bruit que si on se suit toujours en ligne comme des moutons.

« Plaire a tout le monde, c’est plaire à n’importe qui. » -Sacha Guitry

Tout ça pour dire que de plus en plus, j’aime être dérangé et j’espère un jour être en mesure de vous déranger positivement, et ce, même si je suis aux urinoirs.]]>
http://urbania.ca/canaux/chroniques/4647/opinion-durinoirTue, 26 Nov 2013 15:10:04 ESTDavid Malodérangerchaossacha guitryurinoirufcGSPreportagehttp://urbania.ca/canaux/chroniques/4647/opinion-durinoir
J'avais des plans pour cette voiture-là(Aviez-vous lu le 54e épisode?: Je n'ai pas le « je t'aime » facile?)

Mon rêve en tant qu’homme de la classe moyenne qui ne travaille que trois jours par semaine était d’avoir une voiture qui ne me coûte rien. J’y vais peut-être un peu fort en utilisant le mot rêve, disons plutôt que ça serait bien. Mon vrai rêve étant bien sûr de connaître la liberté absolue.

Afin de réaliser ces rêves, je fais des démarches allant vers cette direction. Pour devenir riche, je joue au poker en ligne et pour avoir une auto qui ne coûte rien, je suis allé chez un concessionnaire. J’avoue que c’est un peu paradoxal, mais bon, on apprend de la classe dans laquelle on vit. Par ces démarches, j’ai réalisé que pour devenir riche au poker, il faut être bon, mais surtout, aussi très chanceux. À ce jour je ne suis aucun des deux. Passons à la voiture.

En 2007, je me présentais chez Toyota, fier d’avoir trouvé un emploi qui me donne la paix sociale, 40 heures par semaine, payé 30 000 par année, compte de dépense de 300 $ par mois et 400 $ d’allocation pour une voiture. Inutile de préciser que je n’ai pas gardé cet emploi bien longtemps, c’est fou de travailler autant pour quelque chose qui ne nous appartient pas. Ma carrière corporative n’est pas des plus reluisantes. Passons.

Sans magasiner et ne sachant pas vraiment négocier, j’ai loué une Toyota Yaris sans poser de question. Le vendeur devait m’aimer, je paye probablement plus cher que les gens qui sont capables de ne pas se montrer intéresser du premier coup!

« OK ça c’est la Yaris.
— Génial, je la prends!
— Tu ne veux pas l’essayer avant?
— Bah si tu veux »

C’est un contrat de location de cinq ans au coût de 285 dollars par mois, pour un total au terme de 17 100 dollars. C’est déjà pas mal plus que rien.

Je vais en prendre soin que je me suis dit. Je faisais attention à la transmission, n’abusais pas des freins et je changeais mon huile tous les 5 milles kilomètres.

Cinq ans plus tard, en 2012, mon bail prenait fin et j’ai décidé d’en faire l’achat. Je m’embarquais donc pour un autre 3 ans de paiements, un peu moins élevés, soit 245 $ par mois. Ce n’est encore pas près du montant idéal, mais au moins j’en vois la fin.

Pour résumer, après huit ans, en tout et partout, ma Yaris m’aurait coûté 25 920$. Ne dites rien, je le sais que c’est cher pour une Yaris. On apprend de ses erreurs. Mais malgré tout, j’étais bien heureux et j’envisageais qu’elle me durerait bien longtemps après que j’eu finis de la payer en 2015.

La semaine dernière, j’étais cependant très loin de me douter que tous mes plans concernant cette voiture tomberaient à l’eau. Lundi soir, 23h30, je fus impliqué dans un carambolage sur le pont Papineau-Leblanc et ma voiture s’est retrouvée en plein milieu d’un tapon de 7 voitures. La Yaris fut déclarée perte totale et irrécupérable.






Moi je m’en suis sorti sans une seule égratignure, j’avais des bons points de Karma en banque, j’imagine. Il aurait été très ironique et hollywoodien que ce soit la fin pour moi une semaine après avoir commencé à dire « je t’aime » au monde de mon entourage.

« C’est juste de la tôle », c’est ce qu’on dit!

C’est de la tôle qui cause quand même beaucoup d’inconvénients.

Il faut appeler les assurances, magasiner une autre voiture (en essayant de ne pas se faire fourrer encore), aller à la SAAQ et raconter plusieurs fois la même l’histoire à tout le monde.

Il faut également prendre les blagues des coéquipiers dans le vestiaire :

« Tu ne m’avais pas dit que tu voulais une voiture plus compacte. »

J’avoue qu’elle est quand même drôle un peu.

La nuit de l’incident, j’ai mal dormi. J’étais en deuil de ma voiture, en deuil de mes plans. C’était comme irréel. Je me réveillais souvent. J’étais un peu post-traumatique. Encore là quand je conduis j’ai peur de me faire rentrer dedans.

Les gens les plus zen disent qu’il faut essayer de voir le positif dans toutes les situations, même les pires. Sur le coup, c’est difficile d’imaginer qu’est ce qu’il y a à apprendre d’un tel événement, voici quelques hypothèses :


Il ne sert à rien de faire des plans à trop long terme, car on ne sait jamais ce qui va nous arriver?
Est-ce encore une histoire pour nous dire qu’il faut vivre au présent le plus possible?

Peut-être que si je n’avais pas eu cet accident là, plus loin sur la route il me serait arrivé quelque chose de pire encore?

On ne sait pas, il n’y a pas de façon de savoir.

Pour le moment, je suis reconnaissant de pouvoir encore jouir de la chose la plus précieuse de la vie : la santé. La liberté absolue sans la santé est une bien vaine commodité.

J’ai trouvé une voiture usagée aujourd’hui. Au final, j’aurai investi vingt-cinq mille dollars pour finir avec une voiture qui n’en vaut même pas deux. J’ai déjà vu mieux comme rendement.

L’autre jour, je suis sorti d’un tournoi de poker avec 7 $. J’y ai consacré 4 heures. J’ai déjà vu mieux comme salaire horaire.

Mais, au moins, je suis encore en pleine forme.

David Malo
aventureshommemoyen@gmail.com
Twitter : @HommeMoyen
https://www.facebook.com/HommeMoyen]]>
http://urbania.ca/canaux/chroniques/4616/javais-des-plans-pour-cette-voiture-laTue, 19 Nov 2013 15:42:33 ESTDavid Maloleçon de viecarambolageyarisToyotapokervoitureaccidentreportagehttp://urbania.ca/canaux/chroniques/4616/javais-des-plans-pour-cette-voiture-la
Je n'ai pas le « je t'aime » facile(Aviez-vous lu le 53e épisode?: Le meilleur truc pour égoïstes?)

Quand on me le dit, je suis plus du type à répondre « moi aussi ».

J’ai toujours eu un blocage quand vient le temps de dire « je t’aime ». Je ne sais pas pourquoi, je ne suis jamais allé en psychanalyse. J’imagine que ça remonte aux premières fois où on a dit « je t’aime » à quelqu’un qui ne voulait pas de nous ou bien parce que ça implique de faire une promesse d’éternité qu’on ne se sent pas capable de tenir. En plus, dans le temps, l’amour c’était pour toujours et du premier coup. Aimer est toujours venu avec beaucoup de pression pour moi.

« Si je t’aime, est-ce que je dois être avec toi pour toujours?
-    ben, ouais, c’est ça le but non?
-    Euh… bin oui!! Dans ce cas, moi aussi!
-    Toi aussi quoi?
-    Ça là
»

J’ai toujours eu peur de m’engager, de me compromettre, mais beaucoup de facilité à fuir et à garder les choses ambiguës.

Par contre, comme tous ceux qui dédient leur vie à mieux se connaître, il arrive parfois que je comprenne des choses sans avoir besoin d’étaler tous les détails de mon passé à quelqu’un qui est allé à l’école spécifiquement pour ça. On peut arriver aux mêmes résultats par soi-même, mais il se peut que ça prenne beaucoup plus de temps. Vous allez sans doute le remarquer avec mon témoignage d’attardé, beaucoup de gens ont déjà compris depuis belle lurette ce que j’exprime dans mes textes.

Tout ce que j’apprends, c’est majoritairement par l’expérimentation du nouveau. Ceux qui ont des petites zones de confort comprendront.

La semaine dernière, je me suis surpris, c’est sorti tout seul.

Il y avait ma filleule qui m’a envoyé une carte pour l’Halloween le 13 octobre. Le 3 novembre, quand je suis allé à la boîte aux lettres, j’étais déjà en retard pour répondre à temps. Je me sentais mal d’avoir laissé ma filleule sans réponse si longtemps. En temps d’enfant, 3 semaines c’est comme un an.

Dans la carte, c’était écrit :
« Des bonbons, ou la mort. » 

C’était un peu surprenant venant d’une petite fille de huit ans (peut-être neuf). Proposer la mort, j’ai toujours trouvé ça un peu « hard core », et ce, venant des adultes aussi.

Dans ce cas-ci, j’ai bien sûr choisi les bonbons. Je suis déjà assez tourmenté existentiellement à l’idée de mourir un jour alors si j’ai la possibilité de garder ma vie en échange de bonbons, le choix est simple.

Le lendemain, un colis contenant des bonbons était envoyé par la poste, direction St-Hyacinthe. Pour prévenir les parents qu’un colis plein de bonbons arriverait éminemment, j’ai envoyé un courriel à la mère. (Les parents ont parfois tendance à être méfiants avec les colis de bonbons adressés à leurs enfants, pour des raisons évidentes)

Tout ça pour dire que j’ai terminé le courriel par cette phrase :

« Bonne soirée, je vous aime! xxx »

J’ai écrit que j’aimais. Ça n’a pas fait trop mal. C’était même un très bon sentiment. Nouvel apprentissage : laisser savoir aux autres qu’on les aime, c’est mieux que rien. N’oubliez pas que rien, c’est toujours pire que tout. (Théorie de base)


Sur la même lancée, mercredi soir, une bonne amie à moi ne se sentait pas trop bien à cause d’une histoire de coeur et de logistique. Au téléphone, je tente de la réconforter du mieux que je peux.

Le lendemain, elle m’écrit pour me dire que je lui avais vraiment remonté le moral et qu’elle m’en remerciait.

Je lui ai répondu :

« Je suis bien content d’avoir pu le faire, je t’aime beaucoup, tu sais! »

Encore!! Je l’ai dit encore. Deux fois dans la même semaine, c’est fou! Qui suis-je?

C’est sûr que c’est plus facile de prononcer ces mots à des gens où l’amour est sans condition : parents, amis, enfants, mais, qu’en est-il des gens avec qui nous sommes en relations intimes? C’est avec eux que c’est plus dur, que ça fait le plus peur, car on le dit souvent avec l’attente d’un retour plutôt que de l’offrir en cadeau. Je crois qu’il faut simplement s’enlever de la tête que dire « je t’aime », c’est de promettre l’éternité. Il est très possible d’aimer ses ex même une fois la relation terminée.  J’aime mes ex, mais je ne leur ai jamais dit quand j’étais avec! (ça, c’est la portion comportement attardé)

Maintenant, je sais qu’aimer n’a rien à voir avec l’amour! (euh…ouais, mettons)

Au final, dire je t’aime, c’est encore un autre de ces sujets où l’on n’a réellement pas grand-chose à perdre et beaucoup plus à gagner.

Je pense que dorénavant, j’aurai le je t’aime plus facile. (même si vous répondez par moi aussi)

P.S Papa et maman, je vous aime!

Boom, 3 fois cette semaine! (c’est le score à battre)

****

David Malo
aventureshommemoyen@gmail.com
Twitter: @HommeMoyen
https://www.facebook.com/HommeMoyen]]>
http://urbania.ca/canaux/chroniques/4589/je-nai-pas-le-je-taime-facileTue, 12 Nov 2013 15:42:36 ESTDavid Malol'homme moyenrelationaimeaimerreportagehttp://urbania.ca/canaux/chroniques/4589/je-nai-pas-le-je-taime-facile
Le meilleur truc pour égoïstes(Aviez-vous lu le 52e épisode?: Ce qui doit être fait?)

Ce texte s’adresse principalement aux égoïstes, aux individualistes, aux idéalistes et aux gens désireux d’avoir une vie moins terne. Il renferme des notions pour les nuls de l’effet boomerang, ce principe selon lequel tout ce que l’on donne, nous le recevons d’une manière où d’une autre. En termes plus agricoles, nous récoltons ce que nous semons.

Je m’entraîne au gym depuis quelque temps déjà et personne ne me parle. C’est plate, qui va au gym juste pour s’entraîner? On se croise comme on croise les gens dans la rue, avec un désir sans cesse inassouvi d’entrer en contact, ne serait-ce que par un sourire. Les rares fois où l’on montre nos dents aux inconnus, on aimerait secrètement que ce sourire devienne une conversation et ultimement, que cette nouvelle relation nous apporte quelque chose de nouveau. Ici au gym, en revoyant sans cesse les mêmes personnes, ça devient parfois plus gênant de ne rien dire que de dire quelque chose. C’est donc avec une voix cassée à force de ne pas parler que j’ai salué deux filles qui s’entraînent souvent ensemble en passant à côté d’elles. Devinez quoi, elles m’ont répondu. Ça ressemblait à ça.

« Salut!
— Salut! »

J’entrais ainsi en contact avec la notion numéro un de l’effet boomerang : pour être salué, il faut saluer. Les nuls peuvent commencer avec ça.

Maintenant que la barrière du premier contact est franchie, se saluer est devenu la nouvelle base. Nette amélioration. Mercredi soir, entre deux séries, j’ai poussé la chose encore plus loin, j’ai posé à l’une d’entre elles quelques questions communes de gym du genre : « Tu bench combien? » et « T’es sur la sauce? ». Elle m’a répondu et posé quelques questions à son tour :

« Tu fais ton chest?
— Non les bras. »

(ce dialogue est bien sûr une dramatisation)

Tout ça pour dire que je connais maintenant son prénom et elle connaît aussi le mien.

Notion numéro 2 : Pour intéresser les gens, il faut s’intéresser aux gens. Avis aux égocentriques, ce principe est de l’or en barre.

N’est-ce pas enthousiasmant de savoir que pour obtenir tout ce que l’on veut, il suffit de trouver comment le donner? Savoir quoi vouloir est souvent la partie la plus difficile, mais c’est une autre histoire, cela ne concerne pas le principe en question.

L’autre jour, j’étudiais au complexe Desjardins dans l’aire de restauration et un vieil homme m’accoste en me disant :

« Monsieur, j’ai de la misère. »

Sans m’enquérir du pourquoi, j’ai dit ce qu’on répond trop souvent par automatisme :

« Non désolé. »

J’ai regretté de ne pas lui avoir donné ne serait-ce qu’un dollar. J’ai méprisé ma propre froideur. Si c’est comme ça que je traite un membre de la race humaine dans le besoin, un jour arrivera où quelqu’un me traitera ainsi quand ce sera moi qui aurai vraiment besoin. Un synonyme de l’effet boomerang très populaire est Karma. C’est comme dire La Vie à la place de Dieu. Ça veut dire la même chose.

Quelques minutes plus tard, une femme m’aborde en disant :

« Monsieur, je suis dans la rue depuis 3 jours. »

On ne me dira pas ça deux fois. Je serais fou de vouloir revivre encore et encore le même regret. (Surtout seulement 2 minutes après)

Je lui ai donné 1 dollar. Ce n’est pas grand-chose. Je me suis senti mal de ne pas donner et bien de donner, faites le calcul. Certains disent même que c’est le geste qui compte, pas le montant.

Notion numéro trois : On a toujours la chance de se reprendre. Éternellement jusqu’à ce que l’on comprenne.

Découlant de ce principe, il est donc permis d’affirmer que la générosité est un geste qui convient parfaitement aux égoïstes. Donner aux autres est le plus beau cadeau que l’on peut se faire à soi-même.

Plusieurs autres dérivés sont aussi applicables :

Pour être aimé, il faut savoir donner de l’amour.

Pour être un capitaliste millionnaire, il ne faut pas tout économiser dans son compte épargne.

Et pour vivre de grandes aventures, il ne faut pas tout miser sur la sécurité.

Il y a des notions plus complexes, mais la maîtrise de ces principes de base suffit amplement pour constater une bonne amélioration.

Pour voir du changement, il faut faire des choses différentes.

****

David Malo
aventureshommemoyen@gmail.com
Twitter: @HommeMoyen
https://www.facebook.com/HommeMoyen]]>
http://urbania.ca/canaux/chroniques/4564/le-meilleur-truc-pour-egoistesTue, 05 Nov 2013 10:49:51 ESTDavid Malogymnasegymégoïsmeégoïstereportagehttp://urbania.ca/canaux/chroniques/4564/le-meilleur-truc-pour-egoistes
Ce qui doit être fait(Aviez-vous lu le 51e épisode?: La belle Australienne?)

Pour ma chronique d’aujourd’hui, je vous propose un pot-pourri des choses qui ont été faites cette semaine et de celles qui doivent être faites.

Jeudi soir passé, une jolie fille que je ne connaissais pas est venue au bistro. Elle était seule et s’est assise au bar. S’asseoir au bar est, par convention, un signe d’ouverture sur les autres. Si on ne veut rencontrer personne, on prend une table en retrait où l’on amène sa zone de confort avec soi, c’est à dire des personnes que l’on connaît déjà. Un client que je connais très bien est allé se présenter à la jeune dame et a initié une conversation. Je le croyais plus timide. Voyant sa réceptivité, il s’est ensuite assis sur le banc juste à côté et ils ont discuté jusqu’à la fermeture. Il n’a pas présumé que la fille attendait quelqu’un, qu’il n’était pas assez bien pour elle ou qu’elle préférait sans doute rester seule. Il y avait des milliers d’excuses qu’il aurait pu se donner pour ne pas oser lui parler, mais il l’a fait. J’étais fier de lui. Il la trouvait jolie et avait envie de la connaître. C’est ce qui devait être fait.

Dimanche soir, j’étais dans un café en train de cogiter sur ce texte. Une éméchée se pose sur le bras de mon divan pour parler à une fille juste à côté. Elle entre dans ma bulle, mais je ne dis rien. Les gens qui ne sont pas conscients des espaces personnels des autres ne peuvent souvent pas être raisonnés. J’évite la confrontation et je me contente d’écouter la conversation. La fille qui étudiait bien tranquillement portait un chandail à l’effigie d’une équipe de basketball locale. La non-respectueuse de bulle s’excuse à la jeune fille en prétextant le basketball comme entrée en matière.

« Scuse moi, tu joues au Basketball ?
-    Oui, je joue avec mes amies de temps en temps.
-    Tu connais l’Abc de Terrebonne ? »

La conversation prend vite une tournure qui ne fait aucun sens à un point tel que la fille en fait mention à son interlocutrice et demande la vraie nature du pourquoi elle lui parle. L’éméchée lui répond alors qu’elle voulait qu’on lui paye un café et qu’elle cherchait quelqu’un à qui parler. La jeune fille, plus embêtée qu’autre chose, lui répond qu’elle n’a vraiment pas le temps et qu’elle devait remettre un travail dans quarante-cinq minutes. Dire les vraies raisons pour lesquelles on aborde les gens, c’est ce qui doit être fait. Quand on veut se faire payer un café, on demande de se faire payer un café. Je ne crois pas que l’histoire que l’on raconte pour enrober la demande change l’idée du récepteur.

L’éméchée s’est alors levée et a répété la même routine à quelqu’un d’autre. L’employée du café lui a alors indiqué qu’elle ne pouvait pas continuer de déranger tous les gens comme ça. C’est ce qui devait être fait.

L’aliénée s’est alors levée et est restée immobile quelques instants en fixant la joueuse de basket.

« Scuse moi, je ne te regarde pas les tétons hahaha. »

C’est ce qui a été dit. Pour vrai, c’était un peu malaisant.

La semaine dernière, je regardais les offres d’emplois dans le domaine des communications. Il y avait un poste d’adjoint au contenu pour un magazine qui était affiché. J’ai essayé de me convaincre que j’étais intéressé. La description de tâches, ça allait. C’était même passable au point que je puisse considérer faire plus d’heures et moins d’argent que ce que je fais au bar. L’heure de l’engagement professionnel était venue pour moi, car vivre à temps partiel ne laisse pas beaucoup de place à l’accomplissement. L’accomplissement est un besoin humain du haut de la pyramide, j’en conviens, mais ça fait longtemps que j’ai un toit et que je n’ai pas eu faim. Je suis rendu là. Je commence à écrire ma lettre de présentation et il ne me vient pas d’inspiration. En me demandant pourquoi je ne suis plus capable de postuler pour ces emplois, je me suis rappelé la dernière fois que je l’ai fait :

C’était en 2006, j’avais passé les entrevues en me disant qu’il fallait bien un jour que j’arrête de niaiser et que je fasse carrière dans quelque chose. Au premier jour de la formation sur le système informatique. Je me suis dit :

« Hé merde, dans quoi me suis encore foutu les pieds, bravo David! »

Au moment où la formation se terminait, on m’a demandé si j’avais des questions. J’ai dit non alors que j’en avais pourtant une, mais qui ne se pose pas vraiment :

« Je ne sais pas si c’est juste moi, mais la job a l’air vraiment plate. »

J’ai su dès lors que mes heures étaient comptées, avant même d’avoir commencé. Je me suis alors juré de ne plus jamais me faire reprendre dans ce piège de la pression sociale. C’est ce que j’ai fait. J’ai arrêté d’écrire la lettre et j’ai envoyé mon meilleur CV, celui pour lequel personne ne daigne m’appeler après l’avoir lu. Celui où c’est marqué que mon objectif de carrière est de devenir propriétaire des Canadiens de Montréal.

Envoyer des CV, c’est un vestige des anciens conditionnements dont j’essaie de me débarrasser. C’est plus apaisant de travailler pour la sécurité que de rechercher de grands espaces inexplorés, mais un jour on doit créer quelque chose qui vient de soi. C’est ce qui doit être fait.

Martin Luther King a un jour dit :

« La véritable grandeur d'un homme ne se mesure pas à des moments où il est à son aise, mais lorsqu'il traverse une période de controverses et de défis. »

Malgré tous les efforts que nous déployons pour nous convaincre et nous mentir, un jour arrive où nous devons briser, une par une, les peurs qui nous confinent dans une zone de confort trop petite pour nous. Tout ça afin de devenir un peu plus grand, un peu moins peureux, un peu plus nous-mêmes.

Un jour ça doit être fait.

****

David Malo
aventureshommemoyen@gmail.com
Twitter : @HommeMoyen
https://www.facebook.com/HommeMoyen]]>
http://urbania.ca/canaux/chroniques/4546/ce-qui-doit-etre-faitTue, 29 Oct 2013 15:39:18 EDTDavid Malovieemploitravailbarcafefais ce que doisbasketballhomme moyenreportagehttp://urbania.ca/canaux/chroniques/4546/ce-qui-doit-etre-fait
Triptyque, l’écho du regard
Si vous avez l’intention d’aller voir ce film, deux options s’offrent à vous, soit de cesser la lecture de cet article à l’instant et y revenir par la suite. Ou pour les curieux de la démarche, poursuivez pour vivre le regard des acteurs et avoir accès au monde intérieur des réalisateurs.

Le retour à la réalisation de M. Robert Lepage se fait grâce à Mme Lynda Beaulieu, productrice, qui a réussi le tour de force de permettre le tournage de ce film sur 3 ans avec 82 jours de tournage plutôt que les 30 jours habituels. Un gain tout à son honneur et au grand bonheur de l’équipe. Donnant ainsi une signature hautement distinctive au film, M. Pedro Pires, coréalisateur du film, précise que l’approche exceptionnelle de Robert Lepage est dans « sa façon de créer en étape qui est unique. Aussi, parce qu’il veut être unique ... depuis qu’il a 20 ans! Il ne veut pas être 1er, il veut être unique. Il trouve que c’est beaucoup plus noble d’avoir sa couleur. C’est pour cela qu’il est aussi grand … »

Il ajoute que « La façon dont on l’a fait, nous avions envie d’essayer de le faire plus comme un tableau construit où tout n’était pas prévu d’avance ou dessiné. »

Le temps alloué a permis de bien faire les choses et de prendre le temps de vivre les lieux, comme le mentionne M. Pires. « Très curieux, j’ai tiré profit des lieux, de ce qui s’y trouve. Par exemple, il y avait plein de choses comme des miroirs et on a fait quelque chose avec cela. Ce n’est pas toujours facile de prendre son temps avec une équipe de 35-40 personnes qui attend, d’habitude tu ne peux pas le faire. » L’ONF est partenaire et « le défi de ce court-métrage a commencé par Michelle, un des 9 personnages de la pièce. C’est un personnage qui fait appel aux images et après il a été pensé d’ajouter 2 personnages » précise-t-il. Par la suite, se sont ajoutés Marie et Thomas. Pedro Pires porte la fascination de démystifier et de rendre beau ce qui ne l’est pas. Allant même jusqu’à montrer des choses que les gens n’aimeraient pas voir. Ici, nous faisons référence à la séquence de la calotte crânienne soulevée lors de l’opération de Marie afin que l’on distingue bien la masse du cerveau ainsi que ses fibres et ventricules.

« C’est intrigant de savoir comment c’est fait, sinon on va vivre toute notre vie sans avoir vu cela ! » On comprend bien Robert Lepage de l’avoir choisi, pour sa vision inédite des choses. L’opération ainsi montrée n’est pas anodine, elle fait écho à moment fort (vécue par la personne ci-présente) lors de l’extase de Thomas (le neurologue) face à l’œuvre de Michel-Ange à la chapelle Sixtine. Expliqué par la distinction d’un cerveau dessiné par le contour du Royaume Céleste de Dieu où la position de chacun des anges représente une section du cerveau! Et la question se pose : est-ce que Dieu serait création …du cerveau humain ? Fort bien construit ce film, vraiment, où l’environnement sonore assure le relais des émotions non oralement exprimées. Le spectateur aux aguets captera bien des détails cachés, avec des subtilités voulues et souhaitées. Selon Lise Castonguay, interprète de Michelle et auteure du poème récité Enfant Rouge, « le plus grand défi est de doser... Quoi garder à l’intérieur et quoi montrer. Il y a des choses qui doivent rester à l’intérieur comme ces moments de frayeur où elle vit des hallucinations, des pensées irrationnelles, du chaos. » Selon l’actrice, il serait insupportable pour les autres que cela s’exprime, bien que son jeu de regard est tellement intense qu’il crée le malaise à lui seul.

Alors, ne débranchez pas totalement le cérébral parce que plusieurs parallèles s’y trouvent. Laissez le canal de l’émotionnel ouvert pour bien ressentir, entres autres, toute la sensualité de la sonorité du langage d’exploration du poème « Mon Olivine » de Claude Gauvrau. Fabuleusement interprété par Lise Castonguay qui explique « ce qui est fort dans CG, il arrive avec une constance des mots inventés et une sonorité qui exprime des choses que l’on ne serait pas capable d’exprimer autrement. C’est une écriture charnelle et sensuelle. Je sentais le poème dans mon corps. »

Pour ceux qui auront vu l’œuvre théâtrale Lipsynch dont le film est tiré, la librairie est un haut lieu d’échange aux multiples interactions. « Dans la pièce, on montrait les scènes extérieures avec l’apparition du prêtre et de la petite fille et après on les vivait de l’intérieur et on voyait que ce n’était que des hallucinations. » Dans le film, il y a un jeu semblable d’interprétation. Sachez que ceci est aussi le résultat d’un travail inconscient. Lise Castonguay avoue que Robert Lepage « de par son point de vue sur les choses, son regard et c’est la personne qui croit le plus à la puissance de l’inconscient. Parce qu’on improvise et on se demande han d’où ça sort? Lui croit à l’inconscient, que celui-ci travaille quand on ne sait pas... Hop, un moment donné avec le temps on se rend compte qu’il y a du sens. »

Confirmée par Frédérike Bédard, interprète de Marie (et c’est bel et bien elle qui chante), elle fut ravie de tourner avec 2 géants de la réalisation « parce qu’ils se servent de tout ce qu’on est ! » À l’origine, la pièce est 9 ensembles, mais la caméra a l’effet de loupe et, selon, elle il a fallu clarifier le film. Étant donné que « Robert travaille en work in progress et qu’il est arrivé avec des morceaux de création, on a mis notre grain de sel.

Essai-erreur qui en fait un film très réussi où ce ne sont pas trois courts métrages découpés, mais bien un film à trois volets I-Michelle II-Thomas III- Marie. Y aurait-il un lien entre les noms et la religion ? Marie, mère de Dieu, Thomas frère de Jésus et Michelle pour le peintre…

Spécifions que dans le film, Thomas et Marie sont liés par le destin. Thomas interprété par Hans Piesbergen, le neurologue de Marie. Dans le cas à Thomas, il est difficile de départir s’il est dans la fuite ou le déni, il semble « qu’il aie envie d’être en contact avec son âme, parce qu’il est plutôt cérébral (il est neurochirurgien). C’est pour cela qu’on le voit se rendre dans un bar pour entendre chanter sa patiente. Il a un sentiment de crise existentielle et un besoin de se retrouver » explique Robert Lepage. Puisque les vitres et les reflets sont très présents, « il y a beaucoup de dédoublement, de gens qui se regardent... Les personnages sont confrontés à eux-mêmes. Ils se regardent, se contemplent, se questionnent » souligne-t-il. Face à l’interprétation magistrale des acteurs, il n’y a aucun doute sur la démarche dans laquelle M. Lepage nous révèle que « les acteurs ont l’habitude de se faire confier un texte... Ici, les comédiens ont écrit leur propre personnage. Je n’ai rien imposé, ça sortait d’eux et les comédiens sont plus sincères quand ça vient d’eux. ». Si vous sentez un petit quelque chose de particulier, c’est peut-être dû au fait « que ce film a un aura... Dans le scénario, il y avait une tempête de neige et au 1er jour de tournage, il y avait une tempête de neige! » Effet inattendu et bien mérité.

Selon lui, « de travailler de manière organique permet de tourner un peu et de regarder. » En respectant l’intelligence des gens, Robert Lepage sait que « le plus grand défi du réalisateur c’est que les gens sentent qu’ils ont de la place, bien que c’est le réalisateur qui signe le film. »

Malgré notre acuité intellectuelle à tous, « il est bien d’avoir accès à la pensée derrière l’image », précise M. Lepage sur le dernier plan avec vue sur le Westminster de Londres. C’est après que « Marie s’est mariée, elle passe à une nouvelle vie et entre dans un autre monde, elle se trouve dans un lieu qui lui est étranger... ».

Voici une anecdote racontée par Robert Lepage avec une pointe d’amusement : « le tournage à Londres s’est fait pendant la grève. Il fallait tourner de nuit et se cacher de la police. Réussir à se déplacer avec toute l’équipe... Une nuit d’exploit assez épique que je me rappellerai toute ma vie! »

Triptyque sort en salle le 25 octobre 2013.

****

Merci tout spécial à Annexe Communication pour la tenue de ces entrevues.

Crédit-photo : Films Seville - Filiale de Entertainment One.
]]>
http://urbania.ca/canaux/chroniques/4538/triptyque-l-echo-du-regardFri, 25 Oct 2013 15:50:00 EDTFanie Lebruncritiquefilmrobert lepagereportagehttp://urbania.ca/canaux/chroniques/4538/triptyque-l-echo-du-regard
La belle australienne(Aviez-vous lu le 50e épisode?: À seize ans)

Dans ma jeune vingtaine, je suis allé travailler dans l’Ouest canadien. À Banff plus précisément. Là-bas, il y a des montagnes, des wapitis, des ours et des Australiens. Il y en a beaucoup, car eux aussi font partie de l’Empire britannique et peuvent donc venir travailler chez nous facilement. Parmi les Australiens, il y avait cette belle Australienne avec son accent tout mignon, son rire facile, ses yeux d’océan et son corps de plage.

Nous nous sommes vite amourachés l’un de l’autre. C’est facile en voyage, car il n’y a pas d’attente, de promesse ni d’obligation. C’était léger et pendant les derniers jours de notre couple de vacances, le monde des possibles est apparu. Soudainement, l’autre bout du monde ne semblait plus si loin.

« Je pourrais m’ouvrir un gym en Australie, j’ai quinze mille dollars de côté. »

Dans la vingtaine, rien ne coûte vraiment plus cher que quinze mille dollars, encore moins quand on est en amour. J’étais jeune, je n’avais rien et je croyais encore à tout alors, pourquoi pas? En ne parlant uniquement que le langage des solutions, je suis allé la reconduire à l’arrêt d’autobus, elle m’a envoyé la main de sa fenêtre, c’était la dernière fois que je l’ai vue. Avant son vol de retour, elle m’a appelé de l’aéroport de Calgary, on s’est dit que l’on s’aimait et qu’on garderait contact comme si les kilomètres étaient des millimètres. C’était la dernière fois que je lui ai parlé. Je suis retourné au Québec, loué un appartement, acheté des affaires, trouvé un travail et commencé à économiser pour ma retraite.

Quelques années plus tard, l’amour m’a mis dans un avion pour l’Argentine. Je sortais depuis six mois avec une collègue de travail qui avait déjà prévu aller étudier là-bas un an. Elle est partie quelque temps avant moi, j’allais la rejoindre pendant l’été. C’était facile de tout abandonner et surtout, c’était la seule option qui avait du sens. Que valait mon ancienneté au Casino de Montréal? Qu’est-ce que c’était que de sous-louer mon appartement et de partager mes objets? Pour trouver un emploi là-bas, je n’aurais qu’à contacter mon ambassade. Où sont les problèmes? Je retire tous mes REER en me foutant de payer la pénalité, ça donne quoi d’avoir de l’argent à 65 ans si on est vieux, grincheux et pleins de regrets? Je parle français, je pourrais l’enseigner, que je me suis dit. Je peindrai des toiles et je les vendrai, enchéris-je. Peindre, ce n’est pas si compliqué, je vois des barbeaux qui valent 500$ dans tous les cafés. Est-ce que ces toiles se vendent? C’est une autre histoire. C’est vraiment soulageant d’avoir enfin trouvé une cause plus grande que soi, j’ai redécouvert le monde où tout est possible et grand, comme c’est supposé être. C’était l’une des rares fois où j’ai eu l’impression de savoir ce que je voulais vraiment, tous domaines confondus. Tout était simple dans ma tête. Par contre, ce l’était un peu moins dans la sienne. Je suis arrivé à Buenos Aires et elle m’a quitté pour quelqu’un d’autre. Un Argentin qu’elle avait rencontré pendant les trois mois où je n’étais pas là. J’ai dû me pincer bien fort pour être bien sûr que c’est ce qui arrivait vraiment. Je suis revenu au Québec, dans mes affaires, mon emploi, mes assurances et mes REER.

Il y a quelques années, l’amour est venu de moins loin, directement dans mon appartement. C’était pratique, j’ai pu rester dans mes affaires et conserver mon emploi. J’avais une oreille pour écouter mes crises existentielles et des restants dans le frigo. J’avais une chanteuse populaire sous la douche et des plans pour la fin de semaine. Il y avait des produits inconnus autour du lavabo et des draps chauds pour faire dodo. J’allais dans les restaurants à déjeuner et dans les cafés pour travailler, toujours accompagné. Pour la première fois, c’était possible de voir pour plus longtemps. C’était la meilleure équipe, à deux, on combattait les intempéries de la vie en la créant à notre image. Un beau jour, j’ai commencé à avoir la tête ailleurs, dans les grandes choses que je n’avais pas, dans la télévision qui prenait tout mon temps et dans la peur de manquer quelque chose d’autre. Prise pour acquise, après quelque temps elle est partie, je n’ai rien dit pour la retenir. Mon coeur s’est arrêté pour toujours. J’étais à nouveau seul dans mes affaires, mes REER, mes assurances et mon appartement. Par-dessus tout,  ces choses que je ne voulais pas manquer ne sont pas plus apparues.

Malgré toutes nos histoires, notre quête du monde des possibles est infatigable. Ce monde où l’ancienneté, les assurances et les REER ne sont que des soucis pour ceux qui n’ont rien compris. Ce monde où nous ne nous contentons de rien de moins que la meilleure version possible de nous. Ce monde où nos peurs ne sont que des lointains souvenirs desquels on rit.

J’ose seulement espérer que ce monde, je ne l’ai pas perdu à jamais dans les endroits où j’aurais pu aller, les endroits où j’aurais dû aller et ceux où j’aurais aimé rester.

****

David Malo
aventureshommemoyen@gmail.com
Twitter : @HommeMoyen
https://www.facebook.com/HommeMoyen]]>
http://urbania.ca/canaux/chroniques/4525/la-belle-australienneTue, 22 Oct 2013 13:55:12 EDTDavid Malobanffouest canadienaustralienneles relationsla viehomme moyenvoyagesreportagehttp://urbania.ca/canaux/chroniques/4525/la-belle-australienne