Urbania - canauxhttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationMon, 02 Mar 2015 19:34:27 EST60Suzanne Binet-Audet, ondisteComment avez-vous découvert cet instrument?

En 1963, j’étudiais l’orgue à Paris quand je suis tombée sur un concert qui mettait les ondes Martenot en valeur. C’était la Turangalîla, de Messiaen, une symphonie pour piano et ondes. Je suis tombée en amour. J’ai pris des cours avec Jeanne Loriod, une ondiste réputée, Jean Laurendeau, qui était lui aussi à Paris à l’époque, et même avec Maurice Martenot, l’inventeur des ondes Martenot. 

Comment a-t-il inventé ça?

Martenot était violoncelliste et ingénieur, et pendant la première guerre mondiale, la grande découverte, c’était les ondes. C’était un nouveau son et comme Martenot était musicien, il a compris que ça pouvait être un instrument. D’autres avant lui faisaient de la musique avec les ondes, mais lui a trouvé un moyen de contrôler l’intensité et la hauteur du son grâce à un clavier, une touche et un ruban. 

Comment décririez-vous cet instrument? 

Martenot le voyait comme l’instrument du XXe siècle, parce que c’est l’instrument de l’électricité. Tu joues avec quelque chose d’immatériel, et tu donnes corps à ça. On peut partir de zéro son et obtenir très rapidement une grande intensité, avec toutes les nuances entre les deux. Aucun instrument n’arrive à faire ça. Moi, ça me permettait d’exprimer quelque chose que j’avais en moi et que je ne savais même pas qui existait. L’instrument était très populaire dans les années 70. Des musiciens comme Jean-Pierre Ferland, Marie Bernard, André Gagnon et François Dompierre l’ont beaucoup utilisé. C’était un nouveau son qui fascinait tout le monde. 

C’est le synthétiseur qui a causé son déclin?

Si vous saviez le nombre de musiciens qui ont perdu leur emploi avec l’arrivée des synthétiseurs! Mais après 40 ans de synthétiseur, on réalise que les ondes sont un vrai instrument. C’est quand ils ont voulu faire un son «ondes Martenot» au synthétiseur qu’ils ont réalisé que ça sonnait comme… du synthétiseur! C’est un peu comme la voix, ça ne se reproduit pas. Des musiciens comme Jonny Greenwood, de Radiohead, se le réapproprient aujourd’hui. 

Est-ce que vous avez espoir qu’il y ait une relève pour les ondes Martenot?

Pour ça, il faudrait qu’il y ait un programme dans une institution comme le Conservatoire, qui a cessé d’offrir des cours d’ondes depuis 20 ans. La plus jeune ondiste au Québec a 50 ans! C’est important pour le patrimoine québécois, parce que plusieurs de nos compositeurs, par exemple Claude Champagne, ont composé pour les ondes. Si personne ne peut en jouer, ça sera perdu. 

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http://urbania.ca/canaux/conversations/5667/suzanne-binet-audet-ondisteMon, 02 Mar 2015 15:42:09 ESTJudith Lussierreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5667/suzanne-binet-audet-ondiste
Art de rue – Les murales de Montréal (première partie)À Montréal il y a MU, Mural, Under Pressure et des dizaines d’autres raisons pour les artistes de rue de s’exprimer légalement sur ces canevas géants. En voici 8 qui sont plutôt difficile à manquer et qui font de Montréal une ville incontournable quand il est question de Street Art.


Artistes : Labrona et Gawd
Lieu : Clark / Mont-Royal


Artiste : Pixel Pancho
Lieu: Clark / Marie-Anne


Artiste : Omen
Lieu : René-Lévesque / Bishop


Artiste : ROA
Lieu : Clark / Rachel


Artiste : El Mac
Lieu : Rosemont / Christophe-Colomb


Artiste : Gaia
Lieu : William / Canning


Artiste : Inti
Lieu : Saint-Laurent / Prince Arthur


Artiste : Richard Morin
Lieu : Laurier / Drolet


Pour plus de photos d’art de rue à Montréal, suivez Street Art in Montréal sur Facebook ou Instagram!

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http://urbania.ca/blog/5665/art-de-rue-les-murales-de-montreal-premiere-partieMon, 02 Mar 2015 11:54:21 ESTDavid Tremblay Monfettestreet artbloguehttp://urbania.ca/blog/5665/art-de-rue-les-murales-de-montreal-premiere-partie
Aidez Les Millionnaires!On est vraiment fiers de vous présenter le pilote de notre nouvelle websérie Les Millionnaires, créée en partenariat avec ICI tou.tv! 


Mais on a besoin de vous: si vous voulez voir la suite, partagez, tweetez, plussez, commentez, faites aller vos réseaux! Facebook, Twitter, Myspace, Google+, Ello, PARTOUT. C'est grâce à vous qu'on pourra faire financer la série Les Millionnaires

Les acteurs Félix Tanguay et Jean-François Provençal chérissent le même rêve depuis longtemps : devenir millionnaires. Découragés du manque de financement en télé, ils décident d’abandonner leur carrière devant la caméra pour se concentrer sur leur nouveau projet : se lancer dans le sociofinancement. Ils se donnent le défi de soumettre, chaque semaine, une nouvelle idée à faire financer par la communauté. Peu importe l’idée. Et c’est comme ça qu’ils comptent devenir millionnaires.

Auteurs: Julien Corriveau, Jean-François Provençal, Félix Tanguay
Comédiens: Jean-François Provençal, Félix Tanguay
Réalisateur: Hervé Baillargeon
Une production URBANIA

Nos amis chez ICI tou.tv proposent aussi une autre série qui a l'air pas mal chouette: ça s'appelle Drabes et vous pouvez voir le pilote ici

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http://urbania.ca/blog/5666/aidez-les-millionnairesMon, 02 Mar 2015 11:01:16 ESTUrbania MillionnairesKickstarterbloguehttp://urbania.ca/blog/5666/aidez-les-millionnaires
Le logo de Patate HenriVous avez peut-être vu notre appel à tous hier soir sur les réseaux sociaux. On voulait savoir ce que représentait le logo de Chez Henri à Joliette, parce que ça nous empêchait de dormir la nuit et que les séances d'ostinage à ce sujet menaçaient sérieusement la bonne entente dans les bureaux d'Urbania. 

Vous avez été plusieurs à répondre à l'appel, mais ce qui est merveilleux, c'est qu'on a enfin eu la réponse officielle, gracieuseté de Monsieur Benoit Liard. 

C'est mon père Michel Liard qui à fait le logo!  C'est Henri le roi de la patate! Un H pour Henri une couronne pour le roi et un casseau de patates pour patate!  L'histoire est belle en plus!  

Alors merci messieurs Liard, et nous sommes soulagés que la lumière soit enfin faite sur cette question qui a soulevé une grande polémique, depuis trop d'années. 

Et merci, Internet! 


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http://urbania.ca/blog/5664/le-logo-de-patate-henriFri, 27 Feb 2015 15:50:41 ESTUrbania roi de la patatejolietterestaurant henrichez henripatate henrihenribloguehttp://urbania.ca/blog/5664/le-logo-de-patate-henri
Top 3 des « vrais » Frank Underwood3. Richard Nixon

Évidemment, impossible de parler de crooked politicians américains sans mentionner le nom du 37e président des USA. D’ailleurs, on peut facilement imaginer Frank Underwood en train de planifier une opération à la Watergate. Mettre sous écoute le Q.G du parti rival, envoyer ses thugs faire le sale boulot; clairement le genre de stratégies dont l’anti-héros de House of Cards serait capable. Le seul problème, c’est que contrairement à Nixon, on imagine mal Underwood se faire prendre la main dans le sac. On l’imagine encore moins crouler sous la menace de l’impeachement pour ensuite démissionner dans la honte. Pour cette raison, Tricky Dicky ne se place malheureusement qu’au troisième rang de ce palmarès.

2. Bill Clinton

Bon, je vous entends déjà dire « Quoi! Non! Impossible! Bill il était cool, il jouait du saxophone et il était smatte! » À ce, je vous répondrai que c’est exactement pour ça qu’il est sur cette liste : parce qu’il est non seulement passé maître dans l’art de faire boire de la pisse à ses supporteurs en leur faisant croire que c’est du jus de pomme, mais il trouvait aussi toujours le moyen de s’assurer que ceux-ci en redemandent après. 

À titre d’exemple, on peut penser à la communauté homosexuelle, dont il s’assure du vote électoral en 1992 avant de leur passer, non pas un, mais bien deux cigares avec son appui au Defense Of Marriage Act, ainsi que son superbe projet d’inclusion des gais dans l’armée intitulé Don’t Ask Don’t Tell (ou, en français, si t’es fif garde-le pour toi). Qu’est-ce que vous vouliez qu'ils fassent, les gais? Voter Républicain? 

Il y a aussi sa décision très House of Cardsesque de bombarder une usine pharmaceutique du Soudan sans solliciter l’opinion de ses conseillers (qui lui auraient tous assuré qu’il n’y avait aucune raison légitime de choisir cette cible là), tout ça pour avoir l’air un peu plus présidentiel en ces temps de baisse de popularité (#Lewinsky). 

Mais le vrai talent du Clint - et ce qui le rapproche le plus de Frank Underwood - était sa capacité à faire croire à ses ennemis (ou victimes) qu’ils étaient ses amis, et de faire croire au public que ses amis étaient ses ennemis. Le meilleur exemple de ce don pour le sneaky remonte à 1992, en pleine campagne électorale présidentielle. Voulant attirer le vote des pauvres chômeurs, Clinton ose une promesse pas piquée des vers : réformer l'aide sociale aux États-Unis! En gros, l’idée est de faciliter le passage des chômeurs sur le marché du travail, tout en leur promettant des bénéfices sociaux supplémentaires « en attendant » qu’ils se trouvent une job. Sauf qu’une fois élu, et avec le soutien d’un congrès majoritairement Démocrate, Clinton décide plutôt d’attendre 1996 (et un congrès Républicain) avant de passer une version tellement diluée du projet que même dans ses wet-dreams les plus fous, le plus conservateur des Républicain n’aurait pas pu l’imaginer. Pourquoi? Parce qu’il connaît bien ses électeurs et il sait qu’il peut s’en tirer auprès d’eux tout en allant chercher du soutien à sa droite. D’ailleurs, cette année-là, beaucoup de donneurs important du parti Républicain vont tourner leur générosité vers Clinton, au détriment du pauvre Bob Dole. Et parce que Bill aime mieux nager dans un océan de Républicains, il va s’assurer de ne surtout pas appuyer ses collègues Démocrates dans leurs démarches pour se faire élire au congrès. 

Finalement, Clinton a réussi l'un des plus grands tours de passe-passe de l'histoire de la politique contemporaine : faire oublier aux gens que c'est lui qui s'est débarassé du Glass/Steagall Act, une mesure qui empêchait les banques de gambler comme elles le voulaient avec l'argent des particuliers. La plupart des économistes disent aujourd'hui que cette action de Clinton est une des causes les plus importantes de la crise économique de 2008, que l'on blâme pourtant généralement entièrement sur son successeur. 

Well done, Bill Clinton!

1. Henry Kissinger

L’ancien conseiller et secrétaire d’État de Nixon et Ford mérite entirèrement la première place de notre liste. En effet, ce wannabe Bismarck version Guerre froide démontre plusieurs caractéristiques communes avec le personnage de Kevin Spacey, la plus évidente étant bien sûr son talent pour assassiner impunément. À ce niveau-là, le CV de Kissinger est assez impressionnant, avec une série de bombardements illégaux au Cambodge, le sponsoring du meurtre et du kidnapping de plusieurs opposants de Pinochet au Chili, ainsi que diverses atrocités au Bangladesh et au Timor Oriental. 

Mais la plus grande réussite de Kissinger, c’est sans aucun doute la guerre du Viêt Nam et le sabotage des accords de Paris de 1968. On se rappellera alors que Kissinger, par le biais de diplomatie illégale, avait réussi à convaincre le leadership sud-vietnamien de ne pas accepter la proposition de paix offerte par le président L.B. Johnson, pour ainsi diminuer les chances de réélection de celui-ci face à Nixon, qui est alors le boss de Kissinger. Résultat : les accords de Paris ont échoué, Nixon a gagné ses élections, et la guerre a continué, ajoutant des milliers de morts à la (déjà longue) liste de victimes du conflit. Puis, quatre ans plus tard, Kissinger est retourné à Paris avec une proposition identique à celle de Johnson, et la paix avait finalement été signée. Kissinger allait être récompensé avec un prix Nobel de la paix, quelques mois plus tard. 

C'est ce qu'on appelle s'en tirer pas trop mal. 
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http://urbania.ca/blog/5663/top-3-des-vrais-frank-underwoodFri, 27 Feb 2015 11:53:34 ESTFrancis Baumansbloguehttp://urbania.ca/blog/5663/top-3-des-vrais-frank-underwood
Tomber, mais pas comme dans la toune de Laurence JalbertIl y a certes saisons plus clémentes à la dignité. Le printemps et son entente tacite avec l’équinoxe pour porter des shorts taille haute en mars. L’été et ses pratiques sandales Teva qui épousent les aspérités du terroir. L’automne et ses chapeaux.

Mais l’hiver, oh l’hiver, c’est mince. Entre dégager dans le même manteau pendant quatre mois (échantillons olfactifs disponibles sur la ligne verte) et changer de couleur de ti-ca’sse tous les jeudis pour te donner le feeling d’être autre chose que scandaleusement misérable, les options se font discrètes comme une maxi-serviette.

- Adeptes de télémark avec passe de cafétéria au Mountain Equipment Coop, ce billet s’adresse aussi à vous. Même si vous exultez furieusement devant toute perspective de m’entretenir goretex, prévention des engelures sur fond de Kumbaya ou de me remontrer vos diapositives de ce weekend de trek-camping d’hiver passé à taquiner le grésil -

S’accrocher à l’accessoire hivernal relève certes du domaine du profond désespoir; mais entre le moment où tu pénètres dans un café où l’on vient invariablement de sortir une batch de puffs aux fruits qui dégagent un geyser de steam, et celui où tes barniques se tapissent de cette buse équatoriale qui ne commencera à s’éclaircir que par le centre de ta lentille - TRÈS LENTEMENT - donnant à tout coup l’impression au commis que tu portes une carte avec ton adresse, le nom de ta mère et ta clé de maison dans le cou, le fait d’être coiffée d’un élégant bibi de cachemire comme la petite Buissières dans Blanche, ça aide à la contenance. Ça aide.

C’est pourquoi quand j’ai aperçu cet homme bien coiffé, un septuagénaire au torse bombé sous son Kanuk fluffé comme un rêve, l’œil vif et le pas-sautille, traverser la rue en s’accrochant à son pain baguette comme lustre à la chevelure de Pierre Curzi , j’ai reconnu en lui cet esprit guerrier, ce petit moment qu’il avait dû avoir en se regardant dans le miroir du portique en disant: « Herbert, ça va être une sucrée de belle journée. HANG IN THERE ».

Et soudain, comme toute personne heureuse de véhiculer des produits de la boulange quand il fait -30, Herbert a disparu. La chute. Cette violente et chorégraphique mise au tapis agrémentée d’un astucieux coup de bassin qui ne permit pas d’éviter le pire, la baguette et le comb-over qui revole en un menuet qui se termine dans une marre de marde et de neige, sans cette possibilité de se vider une chaudière d’eau sua tête en pointant la patte devant une tablée de juges conquis.

Herbert venait de sacrer le camp sur une plaque de glace.

Comme le triste (mais nourrissant) spectacle s’est déroulé à quelques mètres de moi, j’ai accouru. J’ai été élevée chez les sœurs: on ne laisse pas bébé dans un coin, mais on ne laisse certainement pas 
Herbert dans une mare de marde.

Le pauvre homme.

Oh, 
Herbert n’était pas blessé de son corps dandy, mais plutôt blessé à l’âme. DÉVASTÉ. Une paupiette honteuse d’avoir perdu pied dans l’hiver. Sa gerbille Guertie serait morte qu’il n’aurait pas été si désœuvré.

Je l’aide à se relever et lui redonne sa baguette humectée-brune pendant qu’il se recoiffe dans l’apparente panique que je découvre que la chevelure de ses vingts ans n’est plus.

« Je ne comprends pas ce qui s’est passé », de me confier, après de longues secondes où la détresse sur son visage faisait place à une mélancolie qui aurait certainement décroché un rôle phare dans Downton Abbey, le vieillard à la vertigineuse couette qui ondulait vers l’est, en berne.

IL VOULAIT me donner une explication.
M’envoyer un faire-part à frills avec RSVP pour assister à sa présentation powerpoint, m’éclairant avec graphiques, sondages et pommes au sucre, sur les raisons exhaustives de cet inélégant affront à une promenade pourtant vouée au succès.

On tombe, en hiver. Vous, 
Herbert et moi (mais préférablement vous), se fendons, de temps à autre, la chute de reins sur le frimas en sacrant. Toute lutte ou vaillante tarentelle est vaine; quand tu sacres le camp, tu sacres le camp et c’est tout.

Et c’est ben rare que ça ne se passe pas devant la vitrine d’un chic bistro où tout le monde regardait par la fenêtre au moment précis où le trou dans le fond de culottes de tes collants est révélé à l’air frais. C’est comme ça.

Alors pourquoi tant de détresse? C’est-tu SI gênant que ça?

Ça l’est.

Même seule au beau milieu du parc à la brunante, je jette huit regards furtifs pour faire bien sûr que personne n’a assisté À LA GRANDE HUMILIATION de n’avoir su utiliser la force G pour me maintenir sur pattes. Parce que c’est bien connu: seuls les gens bien ne perdent jamais pied (et surtout, applaudissent la chute d’autrui, la moustache pleine de gras de canard).

Le désarroi d’
Herbert m’a touchée.

Après m’être assurée qu’il se rendrait intact à son déjeuner des canotiers, j’ai remis mes mitaines et je n’ai fait que deux pas, parce que je n’apprends pas, quand quelqu’un glisse sur une plaque de glace, à contourner le risque. JE FENDS LE VENT AVEC CONVICTION. Ça fait que j’ai sacré le camp à mon tour. Même givre, même marde.

Et le septuagénaire m’a vue. Je le sais, non pas parce qu’il a couru à mon secours, me tendant sa canne à pommeau d’or et une peau de daim, mais bien parce qu’il m’a envoyé la main avec un rire de Lady Oscar en s’éloignant. UNE JEUNE FILLE AU RIRE DE CRISTAL. Oh! qu’il était satisfait.

Il n’était plus seul.

Et moi, j’ai besoin d’une nouvelle paire de jeans.

La bise.
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http://urbania.ca/blog/5662/tomber-mais-pas-comme-dans-la-toune-de-laurence-jalbertFri, 27 Feb 2015 09:58:38 ESTCatherine Ethierle désarroi d'Herberthivercomb-over en berneplaque de glaceune nouvelle paire de jeansbloguehttp://urbania.ca/blog/5662/tomber-mais-pas-comme-dans-la-toune-de-laurence-jalbert
Je ferai ce qu'il faut pour la protéger - Portraits de Montréal












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http://urbania.ca/blog/5661/je-ferai-ce-quil-faut-pour-la-proteger-portraits-de-montrealThu, 26 Feb 2015 15:04:41 ESTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5661/je-ferai-ce-quil-faut-pour-la-proteger-portraits-de-montreal
Le petit guide du mépris à l’usage des trollsL’art de bien mépriser autrui ne doit pas faire exception à la règle. Ce ne serait pas poli pour le mépris et on ne veut pas insulter le mépris: il pourrait se venger. Donc. Si tu veux être le champion des trolls, imbibe-toi des conseils avisés qui suivent.  

1. 
Trouve-toi une cible facile. Plus elle le sera, plus tu auras d’appuis. C’est une loi de base, un classique, de l’intimidation : tape sur le faible, l’isolé, celui qui ne semble pas avoir d’amis. Ou encore celui qui n’a pas trop de voix. Ou celui qui ne pourra pas se défendre. Ou celui dont le statut est déjà malmené par les préjugés. Ça, c’est gagnant. Tu auras « l’opinion publique », on va postuler qu’elle existe et omettre Bourdieu deux instants, de ton bord. Même que ladite « opinion publique » risque d’en ajouter une couche ou deux. Ou trois.  En fait, assure-toi de juste mettre la marde sur la table et que d’autres, par après, jouent avec. Ils vont le faire, tu auras allumé le feu crépitant du « je dois aussi donner mon avis » dans leur cœur. Diviser pour mieux régner, la fin justifie les moyens, l’homme est un loup pour l’homme, etc. Et entre nous, dans l’intime, dire que tu intimides quand tu fais ça, c’est vraiment réducteur et ça ne te rend pas justice, parce que tu es plutôt un rassembleur. Tu permets la cristallisation des opinions et la fixité des idées. Ce n’est pas rien. Donne-toi une petite tape sur l’épaule.  

2. 
Vois grand. Si, par exemple, tu trouvais le moyen d’insulter 127 000 personnes, disons l’ensemble d’un corps de métier comme des enseignants et ceux et celles à qui ils enseignent, on jase, là, personne ne ferait jamais une telle chose, quelqu’un devrait te dire « tayeule », mais c’est justement tellement là que réside ta force, champion : tu dois ratisser large, balancer tes briques, ton fanal, tout ton riche vocabulaire à la de vastes majorités. Qui resteront silencieuses. Ce sera tellement énorme que #lesgens vont se dire que ce doit être vrai. Et ceux visés seront écrasés sous le poids de ton courage et n’oseront pas se lever contre toi. 

3. 
Mélange le plus d’affaires possible. Tu auras l’air de connaître beaucoup de choses et le savoir, c’est le pouvoir et le pouvoir, c’est toi qui l’a au bout de tes doigts qui fracassent ton clavier à la vitesse de ta solipsiste intelligence. Mais c’est bien que tu la recouvres d’un peu de bouette, ton intelligence, question qu’elle ne paraisse pas tant, voire pas du tout. Le monde, il n’aime pas trop ça, les gens qui se pensent bons et à chaque fois que tu scores dans le but de l’idiotie, je te trouve fin renard. C’est Machiavel qui doit te faire des petites minauderies de sa tombe. Toi et la virtù, même combat.  

4. 
Fais des associations libres, mais assure-toi que ça n’ait vraiment pas de sens. Écris des mots sur des petits bouts de papier, mets-les dans un chapeau et tire s’en une dizaine. Et ne te décourage pas. Même si ce sont des mots comme : éducation, Hollywood, oppression, voile, Congo, accent circonflexe et fuck. C’est un petit défi pour un si grand esprit. #Lesgens vont le chercher, tu sais, le sens. Ils vont se croire cons de ne pas en trouver et ils abdiqueront. Magie.  

5. 
Tu es un créatif, c’est pour ça que ton propos passe si bien. Ça demande beaucoup d’imagination pour faire dire ce qui n’a pas été dit ou tronquer des citations. À répétition. Et c’est pour cela que tu es un incompris. Ça prend un certain sens du méta pour apprécier finement tout le arts and crafts que tu peux produire. Et ce n’est pas donné à tout le monde, on va se le dire. On devrait militer, voire même manifester, pour que « troller » figure sur les demandes de subvention du Conseil des Arts. Je lèverais mon poing, pour ça. 

6. 
Qui ne dit mot consent, dit-on. Pars ton truck à côté de ton ordinateur et engage une fanfare pour jouer juste à côté de tes oreilles. Comme ça, même si quelqu’un s’objecte, tu pourras toujours dire que tu ne l’as pas entendu. En théorie, ton bruit ambiant, celui que tu fais à être, devrait suffire, mais ne prends pas de chances.  

7. 
Clairement, le vent de la pensée a tout balayé dans ta tête alors, ne parle plus, mais souffle.  « Prévenant toi » pensera tout de même à se traîner un petit sac de papier brun, dans sa poche de jeans. Au cas où il hyperventilerait. 

8. 
Sois content de toi-même, surtout si tu sévis dans un grand média et sur plusieurs tribunes et que tu trépignes fort à l’idée que tes « idées », à chaque fois qu’elles heurtent le ventilateur, éclaboussent un bout de l’espace public. Tu sais, dans le zoo humain, tu es celui qui garroche les peanuts. Tu es le nanane que #lesgens attendent. Impatiemment. Tu les nourris. Tu es un peu comme Jésus avec les pains et les poissons. Sauf que tu le fais avec tes solides et soutenues et justifiées et pertinentes et crédibles opinions. Ça te prendrait un macaron. Que dis-je. Commande-toi une panoplie : t-shirt, tasse, tapis de souris, avec l’inscription en Comic Sans :  « Je suis un troll et ceci sont mes idées livrées pour vous. ». Le sens du sacrifice, du don de soi, j’ai du respect pour ça. Et alors que ça se perd depuis la nuit des temps et le début de l’humanité et depuis que l’homme est homme, toi, tu as le souci d’incarner tout ça. On ne peut que s’incliner. Vraiment.    

9. 
Exige des remerciements. À la fin de tes interventions. Tu meubles le vide avec plus de vide. FAUT LE FAIRE. Ça demande beaucoup d’adresse. Tu devrais déjà songer au monument qu’on va t’ériger, nécessairement.  

10. 
Et n’oublie pas, même si Richard Martineau a dit « Il faut arrêter de juger le monde » et que « c’est un vieux réflexe […] que […] de […] décourager […] les cégépiens [,…] les profs […] et […] les pauvres » ou encore « Pensez [avant de] parle[r] », ne te laisse pas influencer. Ton mépris vaut plus que ça. Pense à tous ceux et celles qui n’attendent que ton cri du cœur pour déverser tout le petit qu’ils ont en dedans sur autrui. Tu ne voudrais tout de même pas être responsable du fait qu’ils se soient contenus. Je te dis « viarge » et « égoiste, sors de ce corps », le cas échéant. Et tu pourras toujours t’en sortir avec l’une des phrases suivantes : « J’ai été mal compris », « J’ai été mal cité », « Je t’ai blessé? Non, tu t’es blessé toi-même en étant ce que tu es. Sois responsable.», « Ça devait être pris au deuxième degré. », « C’est de l’humour », « Je suis pour les vraies affaires. C’est vraiment triste que toi, tu ne le sois pas. », « Je suis une victime. », « C’est un complot. ». 

Voilà. Flotte au gré des flots du mépris. Sois un bon ambassadeur. Yolo. 


Illustration: Cath Laporte

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http://urbania.ca/blog/5660/le-petit-guide-du-mepris-a-l-usage-des-trollsThu, 26 Feb 2015 11:57:29 ESTVéronique Grenierbloguehttp://urbania.ca/blog/5660/le-petit-guide-du-mepris-a-l-usage-des-trolls
Le « lobby » qui veut faire taire la nuit à Paris

« Ce qu’ils sont ? Des aigris, des grincheux, des pétainistes. » Aïe ! Jean-Bernard Meneboo, représentant du bar Le Cox à Paris, l’a mauvaise quand StreetPress lui demande ce qu’il pense de l’association « Vivre le Marais ! ». La pilule n’est toujours pas passée dans son équipe, gérante d’un micro-empire de clubs gay dans le Marais. Car en janvier, l’association de riverains « Vivre le Marais ! » a réussi son plus beau coup en faisant annuler leur permis de construire pour l’ouverture d’une boîte de nuit, rue Pierre-au-Lard (4e arrondissement). Un joli projet qui devait faire danser sur 350 mètres carrés et qui sonne comme une nouvelle défaite pour les proprios d’établissements de nuits. Et ce, au moment où ils sont toujours aussi nombreux à dénoncer le poids des associations dites « de riverains » sur la vie nocturne parisienne.

Car la situation est toujours aussi tendue à Paris entre résidants et noctambules. En 2010, la mairie de Paris avait lancé ses Etats Généraux de la Nuit, censés concilier amateurs de gin tonic et de verveine. Une réaction au beau succès de la pétition « Quand la nuit se meurt en silence », qui avait recueilli 17000 signatures. Initiée par des clubbeurs et des pros du milieu, elle dénonçait « la loi du silence généralisée » qui transformait Paris « en ville morte. »

Leurs résultats : Des fermetures de bars à gogo

Mais deux ans plus tard et malgré plusieurs initiatives, comme les étonnants Pierrots de la nuit (des clowns qui demandaient aux noctambules de faire « chuut ») c’est toujours la guéguerre. En janvier, ce sont 5 bars dans la rue du Faubourg Saint-Denis (10e arrondissement) qui ont encore connu des fermetures administratives pour tapage nocturne, après les très populaires Zéro Zéro (11e) ou le Point Ephémère (10e) les mois précédents. Encore plus fort : Depuis juin 2011 dans le quartier de la Butte-aux-Cailles, très fréquenté par les étudiants universitaires, un arrêté préfectoral (NDLR: l'équivalent français d'un règlement municipal) interdit toujours la consommation d’alcool dans les rues à partir de... 16 heures. « Une mesure digne des mormons! », s’offusque Francis Combrouze, pourtant adjoint au maire du 13e et farouche opposant au règlement.

Leurs méthodes

Joint par StreetPress, Ian Brossat, président du groupe communiste au Conseil de Paris qui avait poussé les « Etats Généraux de la Nuit », est catégorique : c’est d’abord à cause des associations de riverains que toutes ces décisions sont prises et que Paris devient « une ville musée ». Armelle Trouche, à la tête d’une association créée en réaction à l’arrêté de la Butte-aux-Cailles, fulmine, elle, contre « un petit lobby » dont elle dénonce « les méthodes de harcèlement »:  

« Ils écrivent, ils écrivent, ils écrivent! Au maire, à la préfecture! Les gens de la mairie en privé, ils nous disent : “Ils nous emmerdent, on n’en peut plus”. Mais en public, ils ne font rien. » Les buveurs d’apéro sont persuadés que la mairie est à plat ventre devant « lobby », trop soucieuse de perdre les voix de ces résidants « à forte capacité de nuisance ». Comme lorsqu’ils mettent aux fenêtres de leur propriété d’immenses banderoles pour dénoncer la qualité de vie du quartier.

Devant son expresso matinal, Anne Penneau, boss de l’association des résidants de la Butte-aux-Cailles, n’est pas peu fière d’avoir « participé pendant presque un an au travail d’enquête de la préfecture » qui a abouti à la mise en place du fameux règlement interdisant la consommation d’alcool dans le quartier à partir de 16 heures. Celle qui est aussi prof de droit, d’expliquer qu’ elle constitue depuis 10 ans « des dossiers » contre les bars. Avec dedans des photographies d’attroupement et surtout les mesures au sol des terrasses.

Des petits dossiers envoyés au tribunal dont Idris Boukhtouche, patron depuis 22 ans de la Taverne de la Butte, s’estime être la victime : « Il y a eu plus de 4 procès. Ce qui monte au moins à 8 ou 10 avec les appels ! »


En tout, ce sont plus d’une dizaine de bars de la Butte-aux-Cailles qui ont été convoqués au tribunal suite aux plaintes de l’association. Une des plus belles victoires d’Anne Penneau : Avoir réussi à faire fermer la terrasse d’Idris parce qu’elle s’étendait sur un trottoir trop petit de… 1 centimètre par rapport au règlement. Et ce, malgré un avis favorable de la mairie.

« Ce n’est pas du pinaillage! Et puis de toute façon des terrasses de 0,60 centimètres comme autorisé aujourd’hui, c’est beaucoup trop grand », se justifie la quinquagénaire.

Idris, qui a dû « gratter son mur », pour réinstaller une terrasse, envisage de porter plainte pour « harcèlement » devant « l’acharnement » de Mme Penneau.

S’endormir un samedi soir à Paris avant 1 heures du mat’ peut effectivement relever de l’exploit dans certains quartiers. L’association de résidants Accomplir a mis en ligne des textos de voisins envoyés à des gérants de bars qui sentent bon le coup de carabine à plombs à cause du manque de sommeil :

« Faites taire ce connard de barbu : qu’il nous fiche la paix et vous aussi ! » ou encore: « Méfiez-vous des riverains : on en a juste marre de vous, ça va très mal se passer. »

Ambiance assurée... Car si certaines associations de résidants en font trop, les patrons de bars qui font payer 8€ la pinte ne sont pas des anges non plus.

Mais c’est un projet messianique qui dépasse largement le sujet du tapage nocturne que portent certaines associations de riverains. Anne Penneau, par exemple, de se voir comme « le jardinier qui prend soin des arbres, pas pour lui, puisqu’il va mourir, mais pour les générations futures. » Une bataille qui se mène pêle-mêle contre « la mondialisation » :

« On est inféodé à une concurrence mondiale quand on nous dit que Paris n’est pas assez attractif par rapport à Berlin. »

...Et aussi contre la finance :

« En ces temps de crise, il faut mieux que les gens se bourrent la gueule plutôt qu’ils réfléchissent. »

Un discours à la limite de la paranoïa qui ressurgit quand il est question des pouvoirs publics :

« Ils parlent tous d’une même voix ! La police, la mairie, les gens d’affaires. C’est évident qu’ils marchent ensemble! Ils ne veulent pas qu’on touche à leurs espoirs de poule aux œufs d’or. »

Un petit noyau de résistants face à l’empire de la mondialisation... C’est d’ailleurs en parodiant le village d’Astérix, qu’Anne Penneau présente son association dans ses tracts.

Extrémistes

« Le problème, c’est qu’il y a un certain nombre d’extrémistes qui ont un point de vue inconciliable avec un peu de conversation », se désole Francis Combrouze de la mairie du 13e arrondissement, longtemps correspondant municipal dans le quartier de la Butte-aux-Cailles. Ian Brossat, qui vient d’être débouté dans une affaire de diffamation contre l’association de riverains Accomplir, fait lui valoir qu’il n’y a pas de « réelle procédure contradictoire » quand ces collectifs déposent plainte :

« C’est l’arbitraire qui règne sans que les gérants aient leur mot à dire. »

Car c’est au « jugement des agents de police » que sont distribués les contraventions qui peuvent entraîner les fermetures forcées. Joint par StreetPress, Serge Quilichini, commissaire du 13e arrondissement, explique être soumis à une forte pression puisque « systématiquement, ce sont presque toujours les mêmes personnes qui nous avisent chaque week-end. Et souvent après coup, avec des photos. » Et les décisions sont « compliquées » à prendre, compte tenu de la difficulté de mesurer les infractions liées au bruit.

« Une des solutions, ce serait de condamner l’abus de recours aux numéros d’urgence pour tapage nocturne », propose Ian Brossat qui fait référence ici à une proposition de loi de décembre 2011 de la députée Socialiste de Paris, Sandrine Mazetier.

Combien sont-ils? 

Mais c’est surtout la légitimé de ces associations hyperactives qui est remise en question par les activistes de la nuit. Car quand ils ne gonflent pas le nombre de leurs membres, c’est le flou le plus total sur leur poids. Anne Penneau revendique 200 adhérents dans l’association des riverains de la Butte mais refuse d’apporter la moindre preuve. Un chiffre qui amuse beaucoup Armelle Trouche, militante anti-règlement municipal :

« C’est un tout petit groupe. Elle, elle présente bien : elle est plutôt belle femme, une prof de droit. Mais autour d’elle il n’y a que des vieux avec un discours incohérent! »
Encore plus cocasse, « Vivre le Marais ! » clame réunir 1 600 riverains. Mais dès que l’on creuse la lecture des comptes-rendus de conseil d’administration, consultables à la mairie, le responsable de l’association n’évoque plus qu’un « ordre de grandeur estimé ». Il explique aussi avoir recours à des « adhésions collectives » d’un conseil syndical, qui comptabilise de facto tous les habitants d’une copropriété.

Le responsable de l’association « Vivre le Marais! » n’en dira pas plus sur son nombre d’adhérents mais continue à se poser des questions métaphysiques sur les us et coutumes des jeunes d’aujoud’hui :

« Intellectuellement j’ai beaucoup de mal à comprendre les gens qui achètent un pack de bière et le boivent sur un banc dégueulasse. »
Jean-Pierre Meneboo, représentant du Cox, insiste lui sur les intrigues personnelles, qui sont parfois à l’origine de ces guerres de voisinage : « Yvon Le Gall était surtout un ancien habitué d’un de nos établissements. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. » 

D’ailleurs, Le Gall, porte-parole de « Vivre le Marais ! » est aussi le boss du syndicat de copropriétaires de l’immeuble du Cox. Et c’est contre les établissements de l’équipe de Meneboo que se concentrent les plaintes de son association.


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http://urbania.ca/canaux/enquetes/5659/le-lobby-qui-veut-faire-taire-la-nuit-a-parisWed, 25 Feb 2015 11:19:23 ESTRobin D'Angelo / STREETPRESSbruitrésidantsnightlifereportagehttp://urbania.ca/canaux/enquetes/5659/le-lobby-qui-veut-faire-taire-la-nuit-a-paris
Petit guide pour tout comprendre du soccer en Amérique du NordDiffusion commanditée par l'Impact de Montréal




Infographie: Laurent Pinabel
Contenu: Olivier Morneau
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http://urbania.ca/blog/5658/petit-guide-pour-tout-comprendre-du-soccer-en-amerique-du-nordTue, 24 Feb 2015 14:57:39 ESTOlivier Morneauimpactimfcinfographiebloguehttp://urbania.ca/blog/5658/petit-guide-pour-tout-comprendre-du-soccer-en-amerique-du-nord
Il faut organiser un 5 à 7 avec tout le mondeJ’ai eu cette idée en réfléchissant aux dernières manchettes: fusillades, attentats et exécutions. Plus que jamais, on assiste en live et en HD à un choc des civilisations. Cinquante ans plus tard, je crois que les prémisses du chercheur Marshall McLuhan sur le « village global » se révèlent fausses – la technologie n’aura pas rapproché les cultures, elle les aura simplement exposées davantage. Mais au lieu d’établir une prise de conscience commune, soutenue par une ouverture d’esprit, cette (sur?)-exposition aura simplement alimenté une méfiance envers «l’autre» et «l’inconnue».

Le village global n’a pas eu les effets souhaités ou escomptés parce que ces idéaux reposent uniquement sur la technologie plutôt que sur le contact personnel. Facebook et Skype ne pourront jamais remplacer la chaleur humaine que dégage une discussion à vive voix. Voilà pourquoi je propose d’organiser ce 5 à 7 où TOUS seraient présents. Et contrairement aux autres réunions mondiales, comme celles organisées par l’ONU, celle-ci ne se limiterait pas aux élites politiques ou culturelles. Tout le monde serait invité.   

C’est un projet que je caresse depuis longtemps, mais que j’ai trop longtemps gardé pour moi. Il suscite toujours trop d’opposition. Quand j’en parle, on me traite de « minable utopiste » ou de « lunatique ». Mais en y réfléchissant bien, organiser un événement qui rassemble la population mondiale n’est pas un projet bien plus fou que celui d’aller sur la lune, …  

Je vous rappelle que lorsque le maire Drapeau souhaitait organiser l’Exposition universelle, en 1967, plusieurs l’avaient alors traité de fou. Et pourtant, l’événement a connu un succès retentissant. 

Je sais, je sais – certains défis logistiques se posent. Il y a d’abord la question de l’emplacement : quel endroit pourrait possiblement être suffisamment grand pour accueillir 7 milliards d’humains, tout en procurant aussi une ambiance chaleureuse et décontractée?  Montréal me semble une destination logique,  en raison de son nightlife reconnu mondialement. Aucun bar ne possède toutefois la superficie nécessaire pour accueillir ce genre d’événement. Puis je me suis dit dream big : pourquoi pas le Stade olympique? Techniquement, il pourrait faire l’affaire. 

Je sais, je sais : vous allez me dire que l’intérieur est un peu laid. Mais avec de la décoration, on peut lui procurer un cachet spécial.

Le Big O d’Hochelaga peut accueillir, selon sa fiche technique, 80 000 spectateurs – pas suffisant, vous me  direz. Mais ces chiffres ne tiennent pas en compte le terrain, le Jardin botanique et le mât du stade.  Si on enlève en plus tous les bancs, je pense qu’il y aurait bien emplacement d’espace pour que sept milliards de Terriens circulent librement!

Maintenant, les sceptiques habituels me diront que ce genre d’événement coûterait beaucoup trop cher au fonds public. Bien que je sois d’accord qu’il faudrait une implication des trois paliers de gouvernement, rien n’empêcherait des investisseurs privés de s’impliquer dans le projet. La Ville de Montréal doit voir cela du bon côté et envisager toutes les retombées économiques que procurait la venue de milliards de touristes dans ses restos et commerces!  

Il y a aussi toutes les difficultés liées à l’organisation. Par exemple, je sais qu’il sera difficile – voire, impossible – de concorder l’agenda de tous les êtres humains. Avec l’aide d’un Doodle, on pourrait toutefois trouver une date qui convient à un maximum de gens possible. Évidemment, je ne suis pas dupe, je sais bien que ce n’est pas toute la population qui répondrait à l’appel – mais même un taux de participation pessimiste de 50 % représenterait un vif succès à mes yeux.

Imaginez : quatre milliards d’humains, venus de partout dans le monde (en covoiturage si possible) échanger en buvant du vin dans un gros brouillon culturel qui mélangerait ethnies, nationalités et religions. 

Comment avons-nous pu vivre tout ce temps sans s’être rencontrés au moins une fois tous? C’est comme ça, qu’on va pouvoir se rapprocher, comprendre l’autre, ses différences et mieux les apprécier. Que nous allons pouvoir grandir comme race unique, en développant un esprit de cohésion qui devrait aider à atténuer guerres et tensions géopolitiques. 

Combien de fois avez-vous rêvé, en vous couchant la nuit, à votre âme sœur? Avant d’être grugé par cette angoisse si inhérente à l’humain : et si cette personne recherchée habitait à l’autre bout du monde? En Italie? En Alaska? 

Et si vous aviez la chance de la rencontrer, bientôt? Je n’ai pas encore prévu de date, pour l’événement, mais il faudra se donner suffisamment de temps pour tout planifier. Peut-être que mai 2016 serait un objectif réaliste. Il pourrait aussi y avoir des prestations musicales de différents groupes (j’ai pensé à Jimmy Eat World, Kendrick Lamar et Les sœurs Boulay), Mais avant tout, j’ai besoin de savoir :

Êtes-vous avec moi? 

Photo: MDV
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http://urbania.ca/blog/5657/il-faut-organiser-un-5-a-7-avec-tout-le-mondeTue, 24 Feb 2015 11:52:33 ESTKeven Bretonle plus gros 5 à 7bloguehttp://urbania.ca/blog/5657/il-faut-organiser-un-5-a-7-avec-tout-le-monde
Chuck à la Cuvée d’Hiver : une soirée arrosée qui a changé la vie d’un jeune homme timideCe billet est présenté par La Cuvée

Chuck aime : Les smoothies à la fraise, classer ses livres par ordre alphabétique, les mangas et les Fruit Loops.

Chuck n’aime pas : Le pain blanc tranché, le pain aux raisins, le pain 12 céréales... le pain en général, pour faire une histoire courte!

Par une soirée d’hiver, froide et humide, Chuck se baladait sur le Plateau en quête de sensations fortes. Et lorsque Chuck pense aux sensations, entendons-nous, il songe à rentrer chez lui pour essayer de battre son record à Mario Kart. Et c’est ainsi qu’il errait, l’esprit à cheval entre la nostalgie candide et l’espoir d’un monde à refaire. Chemin faisant, il tentait d’éviter, sans trop changer la cadence de ses pas, les craques du trottoir semi-enneigé. Et c’est dans un soudain qui frôle l’instantanéité qu’il aperçut une affiche d’un événement – La Cuvée d’Hiver? – avec une flèche pointant vers une église (Saint-Enfant-Jésus, sur Saint-Dominique, selon des sources de fiabilité moyenne). L’entrée était illuminée, comme dans les plus grands récits de miracles et de révélations. Ça s’est passé en 2014. C’est une année qui existe: ça peut juste être vrai!

De sa main frêle, Chuck poussa la porte de l’église. La porte non-officielle, celle qui mène au sous-sol. Déjà, dans l’entrée, il pouvait entendre une musique rétro aguichante. Sans trop s’en rendre compte, il tapait du pied, à la fois pour se réchauffer et pour chasser la morosité. Le rythme swing s’est rapidement emparé de son bassin. Conquis d’avance, il sortit son porte-feuille artisanal en cuir véritable pour payer son entrée. Dès lors, on lui remit un joli verre. Chuck ne savait pas trop ce qu’il allait foutre là-bas, mais il n’avait rien à perdre. C’était ça ou Mario Kart.

Une fois à l’intérieur, il sentit son stress s’évanouir au profit d’une irrésistible frénésie. En un claquement de doigts, son verre était à moitié plein d’un liquide brunâtre aux parfums festifs. De la bière. De la foutue bonne bière! Alors que son inhibition lui annonçait qu’elle était de sortie pour la soirée, Chuck se voyait confier la responsabilité du plaisir et de l’abandon. Il était entouré de super beaux gars et de super belles filles, assoiffés par la découverte.

Aux divers bars sur lesquels il avait le courage de s’accouder, Chuck était accueilli avec un large sourire (avec des dents, pis toute pis toute). Chaque question qu’il posait trouvait une réponse inspirante pour remplir son verre à nouveau; de connaissances et de liquides divins. Au fil de sa soirée, trop brève aux dires de certains, il aura dégusté de bons whiskys, des bières à confondre les papilles et de la bouffe juste assez cochonne pour ébranler les mœurs des bien-pensants.

Lorsqu’il est ressorti de l’église, Chuck a poussé un soupir qui ressemblait à un gémissement. Quelque chose comme un cri de liberté. Comme une ligne dans le temps, pour lui rappeler que désormais, il y aurait sa vie avant et après cette soirée. Souriant, il a slaqué sa ceinture d’un trou. Pas parce qu’il avait trop bu et trop mangé, mais bien parce qu’il se sentait plus décontracté et serein. Chuck a appris quelque chose ce soir-là.

***

J’y étais. Je l’ai vu. J’ai même jasé un peu avec Chuck. Là, vous allez me dire que j’étais chaudaille et que je suis en train d’inventer tout ça... Nenon! Si vous ne me croyez pas, allez à la troisième édition de La Cuvée cette année. Vous allez en voir du monde qui entrent dans l’église «sûrs de rien» et qui en ressortent «convaincus de tout». L’illumination, je vous dis!

La Cuvée d’hiver
Du 26 au 28 février 2015
Église Saint-Enfant-Jésus, 5035, rue Saint-Dominique


Ne manquez pas les autres tomes des aventures de Chuck :
- Chuck à la boulangerie : les viennoiseries, c’est bien meilleur que le pain
- Chuck au Cambodge : oh mais quelle galère!
- Chuck à La Ronde : les hauts et les baaaaaaaaaaaaah!

Photo: dr.snitch
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http://urbania.ca/blog/5656/chuck-a-la-cuvee-d-hiver-une-soiree-arrosee-qui-a-change-la-vie-d-un-jeune-homme-timideMon, 23 Feb 2015 17:16:01 ESTPierre-Luc Gagnonbloguehttp://urbania.ca/blog/5656/chuck-a-la-cuvee-d-hiver-une-soiree-arrosee-qui-a-change-la-vie-d-un-jeune-homme-timide
Magislain, magicien pour enfantsÊtre magicien pour enfants, c’est moins glamour qu’être Luc Langevin, mettons. Qu’est-ce que tu aimes là-dedans?

Les gens pensent que c’est facile parce que c’est avec des enfants, parce que les gens pensent que c’est facile d’impressionner un enfant, mais c’est pas vrai. Nous souvent on pense trop loin alors qu’un enfant peut voir ton truc parce qu’il ne se pose pas 6000 questions. En plus, s’ils trouvent ça plate, ils n’auront pas la politesse de faire à semblant d’aimer ça. Ils vont s’en aller! Beaucoup de collègues m’admirent d’avoir le tour avec les enfants. 

Ça te vient d’où? 

C’est avec eux que j’ai commencé. Avant, j’étais éducateur en service de garde et une fois, lors d’une de mes nombreuses pauses, je suis tombé sur un DVD de magie au centre d’achat. T’as beaucoup de pauses quand tu travailles en service de garde et pendant mes pauses, je pratiquais mes trucs pour impressionner les enfants. À leur retour, ils capotaient. J’ai trouvé ça vraiment le fun la magie et à un moment donné, après avoir fait plusieurs spectacles dans des écoles et dans des fêtes d’enfants, j’ai décidé de ne faire que ça. Aujourd’hui, je donne aussi des cours de magie dans les écoles. 

Ok, maintenant, parlons de ton… nom.

Ouin, je sais que c’est un jeu de mot facile, à la limite quétaine. L’autre jour, un ami m’a dit que Louis-José Houde riait de mon nom dans une de ses capsules. Le pire, c’est que les enfants ne comprennent pas tant le jeu de mot parce qu’ils n’ont pas la référence de mon prénom. Alors quand ils disent à leurs parents qu’ils ont vu un magicien à l’école et qu’ils voudraient le recevoir pour leur fête ils disent que je m’appelle «Magicien». Et là les parents me cherchent sur Internet et, évidemment, ils ne tombent pas sur moi!

Est-ce que tu trouves ça difficile de travailler surtout pendant que les gens font la fête? 

Non! Moi, je travaille beaucoup dans le temps des fêtes et je trouve que c’est la plus belle période. Premièrement parce que ça me donne du travail, mais aussi parce que les gens sont déjà disposés à voir un spectacle de magie, ils sont déjà dans la magie des fêtes. J’emmène ma famille dans les hôtels de la province et c’est ça notre Noël. 

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http://urbania.ca/canaux/enquetes/5655/magislain-magicien-pour-enfantsMon, 23 Feb 2015 11:54:07 ESTJudith LussierJournal Métroreportagehttp://urbania.ca/canaux/enquetes/5655/magislain-magicien-pour-enfants
Je déteste Céline DionOn se rendait avec nos parents à la boulangerie vers 5 heures du matin, on remplissait le coffre de la voiture et ensuite on se faisait un meeting avec les coachs, les joueurs et les parents dans le parking pour se séparer la ville en district de ventes. Nous étions comme des mini Bill Gates du levain.

C’est avec mon trop grand jacket au couleur de mon équipe, ma casquette d’équipe pis mes jogging des Sharks de San José que j’ai embarqué dans la voiture de la mère de mon meilleur ami de l’époque, Éric. Éric, c’était mon best buddy. C’était l’ami chez qui j’allais jouer à NHL 95, c’était avec lui que je collectionnais les pogs. C’était l’ami chez qui j’allais dormir pis que nous attendions que les parents se couchent pour regarder des films de fesses sur Super Écran! 

Une des plus grandes qualités qu’Éric possédait n’était pas sa générosité ni son sens de l’humour, non. Sa plus belle qualité était sa mère Sylvie! Il me tuerait aujourd’hui d’apprendre que je capotais sur sa mère! C’était mon début de puberté et je trouvais sa mère beaucoup trop chaude. Les matins chez lui étaient magiques. Je mangeais mes toasts au beurre de peanuts en regardant sa mère se faire un café. J’espérais secrètement qu’elle laisse tomber sa robe de chambre et qu’elle prenne un accent de bad girl dans les films de James Bond : 

« Éric, va dans ta chambre et laisse-moi seul avec ton jeune ami de 12 ans beaucoup trop séduisant... » 

Cette journée-là, mon père ne pouvait pas venir vendre du pain avec nous. J’étais donc allé avec mon acolyte de pogs et sa mère trop chick. C’est assis dans le Dodge Colt Hatchback turquoise que nous étions partis conquérir le comté de l’Assomption avec nos miches de pain. 

Pour vrai, nous en vendions vraiment beaucoup. Même que des fois, nous devions retourner en chercher une autre cargaison à la boulangerie. Cette journée-là, je voulais être le meilleur vendeur de pain de mon équipe! Je ne voulais pas perdre une seconde. Éric et moi étions sur une lancée qui encore aujourd’hui je qualifie de MEILLEURE JOURNÉE DANS L’HISTOIRE DE LA VENTE DE PAINS!

Je me rappelle que nous nous étions arrêté dans un dépanneur et que Sylvie (ma MILF) m’avait payé un 7-Up. Wow! Une adulte me payait une liqueur, pis pas un Kiri, non, un vrai 7-Up! Dans ma tête de pré-pubère, c’était clair que je lui plaisais! Je buvais ma boisson gazeuse, j’étais assis en avant à ses côtés et l’album D’eux de Céline résonnait dans le Colt pendant que mon partner calculait notre gros cash en arrière. Crisse que la vie était belle. 

Sylvie nous proposa d’aller dans un village voisin pour étaler notre capitalisme « farinal ». Nous étions ainsi assuré qu’aucun membre de notre équipe ne soit déjà passé. En plus d’être belle... Elle était bonne en affaires. YEAHHHHH. Je lui ai levé ma liqueur avec une paille, j’ai pris mon regard de Donald Trump et j’ai acquiescé de façon prétentieuse à son idée. 

Sur le rang de campagne, mon 7-Up avait fait son chemin jusque dans ma petite vessie. J’avais une envie d’uriner très inconfortable, mais je n’avais pas de temps à perdre pour aller pisser... J’avais un business à faire rouler. J’avais l’impression que j’avais une balloune d’eau dans le bas de mon ventre et qu’elle était sur le point d’exploser. J’essayais de trouver une position confortable, un peu comme quand on se réveille la nuit avec une envie d’uriner et qu’au lieu d’aller se soulager, on combat la nature en prenant des positions pour éviter de ressentir notre vessie. 

Sylvie chantait du Céline, Éric comptait nos profits, moi je fixais l’horizon... Il commençait à pleuvoir, je ne voulais pas arrêter sur le bord de la route. J’ai donc pris ma voix en mutation et j’ai faussé quelques syllabes qui ressemblaient à : 

«Si - garage - arrête - j’ai envie.»

Au même moment, nous avons frappé un énorme nid de poule. Que dis-je? Le diable lui-même est venu me ridiculiser en installant un nid de poule directement devant la voiture. J’ai saisi la poignée intérieure de toutes mes forces et je me suis mis à me pisser dans les joggings. J’ai hurlé d’arrêter la voiture. Vous savez, comme moi, qu’une fois que le flot est engagé... Plus rien ne peut arrêter ton urine de splasher ton orgueil.

Je me rappelle que c’était la chanson Pour que tu m’aimes encore qui jouait. J’ai ouvert la portière, la voiture était encore en mouvement. Je suis parti à courir, je me suis baissé les joggings et j’ai déversé contre le vent. Mon manteau recevait le retour de gouttelettes et les paroles de Céline s’échappaient par la portière laissée ouverte et allaient se perdre dans le champ de vaches. Je me rappelle des paroles exactes que l’écho me renvoyait : 

« Les formules magiques des marabouts d'Afrique 
J´les dirai sans remords pour que tu m´aimes encore... »

J’étais dos à la voiture, je ne voulais pas me retourner et avoir à regarder mon meilleur ami qui venait de me voir me pisser dessus. Je ne voulais pas regarder sa mère, mon fantasme de kid... Je suis passé de jeune homme entrepreneur à petite pisseuse en l’espace d’une chanson de Céline. Cette journée-là, sur le bord de la 343, mon orgueil s’est fait kicker dans face... Encore aujourd’hui, je le cherche. 

Je déteste Céline, les miches de pain pis le 7-Up...
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http://urbania.ca/blog/5654/je-deteste-celine-dionFri, 20 Feb 2015 13:58:15 ESTJonathan Robergecéline dionbloguehttp://urbania.ca/blog/5654/je-deteste-celine-dion
Comme dans un moulinQue ce soit le toaster à hot-dog, l’étui de protection pour bananes, ou encore le sac se trouvant sur le côté de la tondeuse pour faire propre, l’Homo Sapiens a toujours usé d’innovation pour rendre son existence plus confortable. Les technologies de l’information ne sont pas étrangères à cette tendance.

En effet, non seulement elles nous permettent de devenir millionnaire à 24 ans en partageant des trucs beauté, mais elles nous poussent aussi à tout savoir sur tout le monde en tout temps. Car oui, si vous ne le saviez pas, exit le concept d’anonymat, rebienvenue le temps de la société vicinale! Tout le monde va savoir ce que vous faites, avec qui, quand, comment et où !

L’œil qui vous suit
J’espère que je ne vous apprendrai rien en vous disant que vos moindres faits et gestes sont désormais épiés, et ce, tout simplement en exploitant les technologies qui vous suivent au quotidien. Votre téléphone intelligent est probablement l’instrument d’espionnage le plus efficace jamais créé. Simplement en croisant les données que vous mettez volontairement en ligne à toute heure du jour et de la nuit, il est possible d’avoir une excellente idée de ce qui se passe dans votre vie.

À cela s’ajoute toutes les données que votre téléphone transmet sans que vous en ayez conscience. Parce que oui, pour fonctionner, votre appareil refile des données à tout le monde et sa mère. Sans compter les diverses applications qui vous siphonnent avec, ou sans votre autorisation.

Meh vous dites? Sachant que votre caméra de cellulaire peut être utilisée à votre insu, meh certain! On s’insurge (avec raison) de la fouille à nue effectuée dans une école, mais je me demande sérieusement combien de photos ont été prises dans les cabines d’essayage alors que les personnes visées n’en ont aucune espèce d’idée? Je vous invite à faire des recherches sur le Web si le cœur vous en dit.

Jusque chez vous
Comme si cela n’était pas assez, la surveillance s’incruste dans d’autres objets qui font partie de votre quotidien. Si vous pensiez que votre ordinateur était un bon endroit pour cacher des secrets, well, think again mofo ! Lenovo vient tout juste de nous prouver qu’il s’agit d’une pratique commerciale gagnante de foutre un maliciel espionnant ses clients directement dans l’ordinateur dès la sortie de l’usine. Mais tsé, la compagnie pensait vraiment que vous apprécieriez ça de vous faire espionner. Ça doit être ça le vrai « service à la clientèle ».

Ha, pis si jamais la compagnie qui fait votre ordinateur n’avait pas pensé vous surveiller avec un logiciel préinstallé, ce n’est pas bien bien grave. On finira tout de même par aller farfouiner dans votre disque dur. La National Security Agency (NSA) trouve que c’est une bonne idée de venir directement fouiller votre disque dur, histoire de savoir si ce que vous faites est réellement en accord avec l’intérêt national des États-Unis. Ha, et le Canada fera probablement la même chose sous peu, si on en croit le projet de loi C-51.

Bon, ok. On va lâcher l’ordinateur pis on va aller se taper quelques émissions de télé, histoire d’oublier tout ça. Ça s’adonne que quand vous regardez la télévision, il se pourrait bien qu’elle aussi vous regarde et vous écoute. Si vous avez un téléviseur intelligent récent de Samsung, ben je vous annonce que vos conversations sont constamment écoutées par le microphone chargé de contrôler les fonctions d’activation vocale de la télé. Ça, c’est sans compter les autres données qui sont envoyées à la compagnie coréenne au travers la connexion Internet demandée par ladite télé.

Pis si jamais l’idée vous passait par la tête de vous installer un système de caméras de surveillance à la maison, j’espère que vous savez ce que vous faites, parce que ça se pourrait très bien que les images captées par vos caméras finissent par se retrouver diffusées partout sur Internet. C’est une excellente source de divertissement pour les voyeurs, cela étant dit. 

Big Brother? Nah, pas pantoute. En fait, c’est toute une série de « petits Brothers » qui se mettent en gang, question de siphonner ce qui vous restait de vie privée. Dans tous les cas, je commence à me demander si ça ne serait pas plus simple que je balance la clef de ma demeure dans les poubelles. Anyway, tout le monde entre et sort de ma vie, sans même que je puisse dire quoi que ce soit.

Comme dans un moulin.

Photo: Mike Mozart
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http://urbania.ca/blog/5653/comme-dans-un-moulinFri, 20 Feb 2015 11:56:54 ESTBenoît Gagnontechnobloguehttp://urbania.ca/blog/5653/comme-dans-un-moulin