Urbania - canauxhttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationWed, 16 Apr 2014 06:26:42 EDT60Coke en stock« Depuis que quelqu’un trouve un ballot, n’importe qui le prend», me racontait-il hier, pas loin de Jacmel en Haïti.

La conversation a commencé par une histoire de terre, achetée l’année où le ballot était tombé du ciel. J’ai évidemment voulu en savoir plus.

La consommation de drogues chimiques n’est pas très commune dans ce pays. Encore aujourd’hui, mais surtout à l’époque, beaucoup de la coke colombienne transitait par Haïti. À ce jour, il y a encore des hôtels fantômes un peu partout sur les côtes haïtiennes.

La semaine dernière, je demandais à une amie qui habite à proximité de l’un d’eux qu’est-ce qui se passait avec cet hôtel.

« Parfois, on voit des lumières clignoter à l’horizon, puis un petit bateau à moteur sortir face à l’hôtel pour rejoindre l’autre bateau en mer. Je n’ai jamais vu de clients à l’hôtel, mais personne n’ose poser de questions. »

Les passeurs en Haïti sont extrêmement discrets. Moins on parle d’eux, mieux ils s’en portent. La population évite le sujet, surtout par peur de représailles. Le marché n’est pas local, le pays et ses frontières poreuses ne servent que de transition avant l’Europe ou l’Amérique du Nord. Pour les mêmes raisons, les journalistes aussi (j’en suis) n’enquêtent jamais sur la dizaine de pistes d’atterrissage privées, peut-être même plus, disséminées un peu partout sur le territoire, dans le sud du pays en particulier.

Suite à la découverte du lot de coke en 1998, la police a bastonné un peu tout le monde. « Il y en a même qui ont été battu sans jamais avoir finalement eu leur part. Gérard a pris des gros coups à la tête, mais dit n’avoir rien trouvé. »

Faubert apprenait à pêcher à l’époque. Il trouvait ça beaucoup plus intéressant monétairement que l’école.

« Je suis allé à la mer un jour, puis le lendemain matin, quand je suis retourné, il n’y avait personne. La mer était vide, aucun pêcheur. Je trouvais ça un peu étrange. J’ai laissé mon sac d’oranges sures sur la plage (appâts pour poisson) et suis remonté tout de suite chez moi, dans la montagne. »

Ce matin-là, un hélicoptère est passé au-dessus de la plage pendant que Faubert s’y trouvait, ajoutant à sa frayeur.

« C’est ça qui m’a fait le plus peur, et qui m’a fait remonter le plus vite. Je pensais à l’époque que les hélicoptères volaient les enfants. »

En remontant chez lui, Faubert a rencontré un vieil homme du coin sur sa route. Il lui a dit que quelque chose était tombé dans la mer et qu’il s’arrangerait pour toucher sa part. Il ne l’a jamais reçue.

Dans les jours suivants, tous les pêcheurs du coin sont allés faire du « marronnage » pour se cacher des autorités et des voleurs. La plupart sont partis plus haut dans la montagne, dans des villages plus éloignés des grandes routes.

« Un peu effrayé, j’ai quand même décidé de partir à Saint-Domingue, où habitait mon oncle », me dit Faubert. Il n'est revenu qu'en 2011.

« Tout le monde était caché, je ne savais pas trop quoi faire. À mon âge, peut-être qu’ils ne m’auraient pas battus comme les autres, mais j’ai décidé de partir quand même. »

La légende veut que chaque pêcheur impliqué ait pris sa part pour la cacher quelque temps avant de tenter de la revendre, et parfois d’en consommer un peu.

« Il parait qu’après avoir pris un peu de coke, tu te mets de la glace sous les couilles, et tu bandes comme jamais », d’ajouter un ami moqueur qui est avec nous. Celui-ci dit n’avoir jamais tenté la chose. « J’étais à l’extérieur du pays quand ça s’est passé », nous jure-t-il.]]>
http://urbania.ca/blog/5009/coke-en-stockTue, 15 Apr 2014 11:45:33 EDTÉtienne Côté-PaluckstupéfianttraficjacmelhistoireHaïticokedroguehttp://urbania.ca/blog/5009/coke-en-stock
Dans la voûte du Musée McCord : Les loisirs d'antan au Québec en 15 imageshttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5006/dans-la-voute-du-musee-mccord-les-loisirs-dantan-au-quebec-en-15-imagesTue, 15 Apr 2014 10:58:39 EDTMusée McCordphotosskiloisirsmusee mccordreportage_mediahttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5006/dans-la-voute-du-musee-mccord-les-loisirs-dantan-au-quebec-en-15-imagesVickie

Je l'ai pas connue beaucoup, et je n'étais pas terriblement proche. On a commencé sur le mauvais pied, pas rien qu'un peu, je trouvais qu'elle savait pas écrire et je lui ai dit, je me suis fait lancer des roches par elle et ben du monde, et je le méritais quand même un peu, aussi. Parce que même si elle faisait des fois des fautes de é/er et qu'elle avait de la misère avec ses règles d'accord de participes passés, je le savais qu'elle écrivait bien. J'aurais juste aimé ça qu'elle fasse un peu d'effort pour respecter les règles. 

Ça en dit pas mal sur moi, mais encore plus sur elle. Vickie était pas le genre de fille qui faisait des efforts pour respecter les règles. Elle s'en sacrait pas mal, dans le fond. 

Et c'est comme ça qu'elle a écrit Testament, son premier roman, et c'est comme ça aussi qu'elle a écrit Drama Queens, son deuxième, et c'est comme ça qu'elle vivait. 

C'était sa fête, hier. Il y a plein de ses amis qui lui ont souhaité bonne fête, sur son wall, comme si de rien n'était. Avec, sûrement, un petit motton dans le fond de la gorge. 

Moi, je ne lui ai pas souhaité bonne fête sur son wall. Je ne suis pas non plus allé voir la pièce de théâtre qu'on a faite avec Testament. On m'a dit qu'elle me nommait, à la fin de la pièce. Que j'étais en train de boire du vin, dans un parc, avec une personne qui est sortie de ma vie depuis maintenant longtemps. Anyways. This is not about me. 

Tu la connais peut-être, Vickie. Tu l'as peut-être vue à Tout le monde en parle, tsé, c'est elle qui était danseuse nue pis qui a eu le cancer pis qui a érit un roman. Ouais. Elle avait le cancer, du cerveau en plus. Une belle tumeur en nuage, pas opérable ou rien. Elle a fini par en mourir, le 11 mai 2013; on l'a su le matin, j'avais câllé mon party de fête pour le soir même parce que c'était un samedi et que ma fête c'était lundi le 13, et on s'est tous réunis au Cheval Blanc pour prendre un verre à midi et ça a été peut-être la plus longue brosse de ma vie mais encore là, merde, this is not about me

Son deuxième roman, donc, Drama Queens, est lancé demain. Et contrairement à la pièce, où je ne suis pas allé, contrairement à la vidéo de la lecture publique de son roman, que je n'ai toujours pas regardée (même si, oui, j'y étais), cette fois, je ne vais pas manquer ça. Parce que je n'ai pas manqué son premier lancement, alors qu'elle dédicaçait péniblement les livres qu'on lui donnait et que je lui ai donné ce soir-là, avec des amis, un foulard en soie avec des imprimés de fennecs dessus. Vickie aimait beaucoup les fennecs, tsais. Vickie aimait beaucoup le dubstep fâché, aussi, à la fin, et comme on se parlait exclusivement par Google Chat, elle me demandait de lui faire des playlists pour finir d'écrire son roman. J'ai encore le dossier partagé dans mon Dropbox, comme j'ai encore son numéro de cell dans mes contacts, parce que dans ces cas-là, on ne sait jamais trop quand c'est correct, finalement, d'annoncer à son ordi qu'il n'y a plus personne à l'autre bout du fil. 

Fait que c'est ça. Je vais y aller, pis peut-être que tu devrais y aller aussi, ou au moins essayer de te pogner son livre d'une manière ou d'une autre. 

Parce que même si j'ai commencé à la connaître en ne l'aimant pas trop, dès que je l'ai connue, je l'ai aimée, beaucoup. Et que c'est pas mal la dernière fois où je vais pouvoir dire à mon amie que je l'aime, même si elle ne sera pas là pour l'entendre. 
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http://urbania.ca/blog/5005/vickieMon, 14 Apr 2014 23:18:30 EDTÉric SamsonVickie Gendreaubloguehttp://urbania.ca/blog/5005/vickie
Charlie Krief : Dératiseur à Paris
Il faut dire que son « produit », Charlie le chérit. Avec son K-gel, le dératiseur de Stalingrad (NDLR: pas la ville soviétique, mais bien la place publique parisienne) promet d'éradiquer les rats du 19e. Mais aussi les punaises, avec K-punaise, et un peu tous les autres insectes avec K-insecticide… En fait, il y a un K pour à peu près tout. Et Charlie le promet, la gamme K – pour Krief, 
« c’est vraiment le K-top ! »

D’ailleurs, notre orfèvre de la mort aux rats, qui n’a que la « satisfaction » du client à la bouche, n’hésite pas à comparer son savoir-faire maison à « une marque comme… Dior ».

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http://urbania.ca/blog/5004/charlie-krief-deratiseur-a-parisMon, 14 Apr 2014 14:34:47 EDTJacques Torrance et Ani Gregory / STREETPRESSDératiseurparisratsbloguehttp://urbania.ca/blog/5004/charlie-krief-deratiseur-a-paris
Alexandre Morin, inventeur à temps perduD’où t’es venue l’idée de créer une porte automatique pour ta chienne ? 
J’étais dans le salon, j’écoutais la télé et elle n’arrêtait pas de me demander la porte. C’est là que je me suis dit que ça serait l’fun d’avoir une manette pour lui ouvrir. À force de réfléchir, j’ai réalisé que je pouvais faire encore mieux, que tout était possible.

Quelles sont les fonctions de ta porte à chien ?
À l’aide d’un capteur, ma chienne peut l’ouvrir de l’intérieur et de l’extérieur. Elle se referme automatiquement selon un minuteur. Je peux aussi l’ouvrir avec une manette qui fonctionne par radiofréquences, donc le signal passe à travers les murs. Quand la porte de la cour est ouverte, ça ferme le système, pour éviter que ma chienne se sauve. J’ai un détecteur d’obstacle qui fonctionne par ultrasons, donc la porte ne peut pas s’ouvrir dans les jambes de quelqu’un. Il y a plein d’autres fonctions manuelles, dont un bouton qui éteint le système quand on quitte la maison.

As-tu une formation pour faire ça ?
Je suis étudiant en génie électrique, mais je suis technicien en électronique avant tout. Je me suis rendu compte que c’était une façon d’appliquer des notions que j’avais apprises à l’école. Mais j’ai fait ça à temps perdu, pour le fun. Au début, l’idée c’était juste de faire une porte automatique, mais après je me suis mis au défi d’ajouter plein de fonctions qui impliquaient de la programmation.

Voudrais-tu être inventeur ?
C’est sûr que j’aimerais ça, mais je vise un domaine plus stable, la haute tension. J’ai toujours des idées d’inventions, mais c’est la première fois que j’en mets une à exécution. Ça donne le goût d’en faire d’autres. Disons que la robotique, c’est une porte que je me laisse ouverte.

Comment les gens réagissent à ton invention ?
La plupart des gens trouvent ça cool. Certaines personnes m’ont dit qu’elles en voudraient une, mais mon invention n’était pas destinée à la commercialisation. Côté coût, ça ne reviendrait pas en bas de 1000$, et il y aurait des améliorations esthétiques à apporter. Sur tous les commentaires, il y en a 2% qui me traitent de lâche parce que je veux pas ouvrir la porte à ma chienne. Mais si on calcule tout le temps que ça m’a pris, c’est clair que c’était pas de la paresse. Depuis que ma porte est posée, ma chienne est tout le temps dehors. Elle est vraiment heureuse d’avoir ça !


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http://urbania.ca/canaux/conversations/5003/alexandre-morin-inventeur-a-temps-perduMon, 14 Apr 2014 13:30:56 EDTJudith LussierreportageinventionchienPorte à chienhttp://urbania.ca/canaux/conversations/5003/alexandre-morin-inventeur-a-temps-perdu
Le monde selon J : Je t’aime ma chum
Étant le roi du malaise et ne sachant jamais quoi dire dans une situation de décès, j’ai mis mon angoisse de côté pour aller dire un vrai adieu à la mère de ma chum, mais aussi pour la soutenir, lui démontrer mon amour et honorer tout le courage qu’elle a eu en accompagnant sa maman l’autre bord du pont, dans le 450 de l'au-delà. Il se peut qu’aujourd’hui vous ne riez point en lisant ce texte et c’est bin correct. Je veux vous parler d’amour, de vie, de tristesse et de joie mais aussi de courage.

On le savait depuis un bout, D avait le cancer des poumons. Grimée comme pas une pour aller en chimio, c’est avec l’attitude de Céline sur les Plaines qu’elle allait religieusement à l’hôpital pour ses traitements, pour attendre le pire.

Attendre le pire à l’hôpital, ça doit être justement la pire angoisse en ville, après peut-être celle d’attendre à l’urgence avec un morceau de saucisse hot-dog perdu dans le fond de l’entrejambe après avoir fait sa cochonne un soir de beuverie, mais bon, je m’égare comme d’habitude. Courageuse et combattante, D savait pourtant qu’elle était condamnée. Malgré les hauts et les bas de la maladie, elle est demeurée positive, sereine, fière et droite. D, tu es assurément la Tomb Raider des cancéreuses.

Ma chum M fut présente jusque dans les derniers moments de sa maman, la trimbalant en limousine pour aller souper, rigolant avec la perruque de Normand Lester prêtée par la Fondation canadienne du cancer, magasinant du nouveau linge avec elle comme si elle avait un « catwalk » le lendemain, mais surtout en apprenant à l’aimer telle qu’elle était, imparfaite et complexe, mais ô combien plus près d’elle qu’elle ne le soupçonnait, découvrant un peu plus chaque jour qu’elle est identique à sa mère sur pleins d’aspects, qu’elle le veuille ou non. Dieu sait que l’on ne veut pour rien au monde ressembler à ses parents lorsqu’on est ado, lorsqu’on croit qu’on fera mieux qu’eux, lorsqu’on pense que l’on a tout compris et qu’eux non, mais force est de constater que la pomme ne tombe jamais bien loin de l’arbre et qu’on n’est pas atterri ici dans un chou tel que veut nous faire croire la légende ridicule.

Je t’ai observé jongler entre ton boulot en intervention sociale, ta maman malade, ton amoureux et tes amis et j’ai appris beaucoup. J’ai appris que tu es une battante, tout comme elle et qu’avec toi, je serai en sécurité peu importe où on ira sur la planète lors de nos prochains voyages. Passant du fou rire aux larmes suite à sa mort, c’est avec le plus grand sens de l’humour que tu m’as raconté que la nutritionniste de l’hôpital est entrée dans la chambre, vous, tous assis autour du corps et pleurant à chaudes larmes et elle, vous demandant le plus sérieusement du monde si votre mère avait besoin d’aide pour manger… J’ai récemment fait un texte sur les pires malaises et celui-ci est, à mon avis, de loin le plus grand. Tu as su bien évidemment en rire, tout comme l’arnaque de l’urne à 600 piasses, car tu es comme ca, tu ris pour dédramatiser, tu ris pour mieux te battre, tu ris car tu aimes à la vie, tu ris toujours et c’est ce que j’aime de toi.

Évidemment, c’est dans des moments comme celui-ci que l’on repense à notre vie, à ceux qu’on aime, ceux qu’on devrait aimer plus, ceux qu’on a trop passé de temps à pas aimer, ceux avec qui on veut faire la paix, ceux qui souffrent plus que nous, ceux qui souffrent moins, la liste est longue de questionnements, de remords et de tourments. Je pense à ma grand-mère que j’aime tant, qui se bat elle aussi comme un Ninja Turtle contre la fatalité, hospitalisée pour un cancer du cerveau. Je pense aussi à ma mère, la femme de ma vie, celle à qui je dois tout : à la simple idée de la perdre, je rush déjà ma vie.

D et M, vous me donnez envie de vivre pour vrai, de croquer dans la vie comme l’expression quétaine le dit si bien, de prendre le taureau par les cornes et de me « garocher » dans le bonheur comme jamais. Faites que ce goût de vainqueur que j’ai en ce moment dans la bouche perdure demain matin, que je cesse de me plaindre officiellement et que je réalise enfin mes rêves comme le petit Jérémy a su le faire. 

Merci pour ce moment au salon funéraire, qui était si beau, lumineux, oui plein de tristesse, mais aussi plein d’amour et de promesses. Je termine en te demandant pardon d’avoir eu pendant la cérémonie, des pensées grivoises pour le gars inconnu en face de moi qui se trouvait en fait à être le fils de ton frère, donc ton neveu de 22 ans. T’aurais dû me briefer en bonne et due forme sur ça, tu sais comment je suis, le roi des malaises. Je t’aime ma chum.



J.
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http://urbania.ca/blog/5002/le-monde-selon-j-je-t-aime-ma-chumMon, 14 Apr 2014 10:44:10 EDTJordan Dupuisvieadieucouragechumamourbloguehttp://urbania.ca/blog/5002/le-monde-selon-j-je-t-aime-ma-chum
Jésus est de retour
Prisonnier du maudit trafic sur le pont Victoria, j’observais le fleuve. Il était paisible et puissant, j’étais nerveux et minuscule. On pouvait sentir la force infinie de l’eau, dans son mouvement ininterrompu. Des millions de blocs de glace s’entrechoquaient. Certains, empêchés dans leur course, étaient paralysés et mourraient sous la force du courant. Avant de disparaître, ils perdaient leur teinte blanche et devenaient parfaitement transparents. Des diamants de plusieurs mètres parfois. Plusieurs mois d’hiver éclatés en particules fragiles sur la surface de l’eau. Ironiquement, c’est la nature qui voyageait sous les voitures immobiles. Le spectacle était divin. Comme nous, les rayons bienveillants du soleil avaient attendu l’issue des élections. Cette semaine, il était évident que Dieu était de retour parmi nous.

La fin de la chasse aux fidèles avait sonné. Une semaine entre deux eaux, coincée entre des semaines de laïcité forcée et une semaine sainte. Une semaine qui aurait disparu dans le flot, si je n’avais pas pris le temps de vous la raconter.

C’était une semaine entre la pâque et Pâques. Une semaine entre un Jésus et un autre.

Entre ces deux Jésus, c’est le Romain Ponce Pilate qui doit trancher. On est en l’an trente- trois. Pilate est alors gouverneur de Judée. On fête Pessa’h, la pâque juive. La tradition veut qu’on libère un prisonnier, et Ponce hésite.

Il y a d’abord Jésus Barabbas. Une sorte de fauteur de trouble, qui aurait défié l’autorité romaine. On dit — Marc 15 le dit — qu’il aurait même commis un meurtre. Pilate n’est pas un grand défenseur de Barabbas. De nombreux insoumis sont déjà tombés sous le jugement du gouverneur. Un de plus, un de moins... Non, dans son petit coeur de Romain, c’est Jésus de Nazareth qui l’emporte. Pour être plus pragmatique, il faut savoir que la loi ne peut pas grand-chose contre cet illuminé qui se prend pour le roi des Juifs. En soit, se prendre pour le fils de Dieu n’est pas un crime au strict sens légal. Pilate va libérer ce Jésus-là, en son âme et conscience.

Mais la foule gronde. Elle veut libérer Barabbas, symbole d’une révolte politique réprimée qui gronde. Plus dangereuses, les autorités religieuses qui viennent d’arrêter celui de Nazareth ne veulent pas un jugement lapidaire et défavorable, qui remettrait dans le rue un Jésus trop dangereux pour la paix des fidèles. D’un côté la pression religieuse, de l’autre une pression politique, laïque. Des cris se soulèvent. « Libérez Barabbas! Libérez Barabbas! » Pour protéger l’ordre public, Pilate va faire deux choses. D'abord il libère Barabbas sous les hourras de la foule. Ensuite, il va se libérer lui-même. Se défaire du poids de sa décision en se lavant les mains, pour se purifier symboliquement du sang de Jésus de Nazareth, tant voulu par la foule. « Je m’en lave les mains ».

Jésus de Nazareth est crucifié. La suite on la connaît. Pâques. Un lapin vient planquer des oeufs dans le jardin et nos enfants deviennent hyperactifs.

Sommes-nous tous des Ponce Pilate ? Nous avions le choix entre deux mauvaises décisions. Élire un gouvernement anciennement de gauche et devenu d’extrême droite pour des raisons électoralistes, ou élire un gouvernement gangrené par les affaires que nous avions privé de pouvoir il y a seulement dix-huit mois. Comme Pilate, nous avons fait le choix de l’ordre public. Comme Pilate, nombre d’entre nous ont décidé à contrecœur. Comme Pilate, nous avons libéré un trouble-fête et crucifié une illuminée qui se sentait investie de pouvoirs divins. Et comme Pilate, on s’en lave les mains.

Mais la fiction est toujours mieux arrangée que la réalité. Il faudra plus que trois petits jours au PQ pour ressusciter.

Je regardais les blocs de glace filer au-dessous du pont, comme autant de commentaires, d’avis d’experts, de billets de blogueurs, de statuts Facebook, d’émissions spéciales ou de tweets. Sous mes yeux, le passage immuable d’artefacts fragiles et inutiles d’un instant passé et déjà disparu.

Comme ma chronique ici, les preuves de cet instant vont disparaître dans le flot puissant d’une nature plus belle et plus forte que nous, dans le courant qui impose l’amnésie et redonne des couleurs au paysage. Alleluia, le printemps est là !
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http://urbania.ca/blog/5001/jesus-est-de-retourMon, 14 Apr 2014 09:34:10 EDTGaëtan NamouricPilatepâquesretourJésusbloguehttp://urbania.ca/blog/5001/jesus-est-de-retour
La star du vendredi: Matt Charlandhttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5000/la-star-du-vendredi-matt-charlandFri, 11 Apr 2014 16:05:25 EDTUrbania Star du vendredimatt charlandreportage_mediahttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5000/la-star-du-vendredi-matt-charlandTom à la ferme: comme dans la vraie vie Les films de Xavier Dolan, je les aime et c’est même à travers eux que je me suis construit mes premières images de Montréal. Et quand il y a une semaine une amie m’a proposé d’aller voir Tom à la ferme, j’étais très impatiente.

Évidemment, je n’ai pas été déçue et en rentrant chez moi, dans le bus, je pensais à mille choses en même temps.

Depuis toujours, je suis de ceux qui observent plutôt que de ceux qui participent. Il m’est arrivé bon nombre de fois de me faire raconter un évènement où j’étais en fait présente, et on me demande souvent de rappeler mon nom. Je ne suis pas de celles qui marquent les esprits et si j'ai passé le cap d'envier la fille la plus populaire du lycée, je reste fascinée par ceux pour qui les small talks semblent être une promenade de santé.

Ceci pour dire que j'adore les histoires et je m’intéresse à ces « autres » avec passion, au point de m’oublier souvent et de devenir aussi discrète qu’une toile sur laquelle on projette un film. De celui-ci, je suis la spectatrice privilégiée, assise aux premières loges. Les scènes explosent à l’intérieur de moi, s’agrippent à mon estomac et le retournent comme un ballon crevé. Je me rapproche tellement de l’image que je vois trouble mais je m’abandonne totalement à cet autre qui me conduit.

Dans la vie comme devant un film, parfois, je presse le bouton pause et me contente de regarder le plan. Et ça m’arrive d’avoir envie de pleurer tellement je trouve ça beau. Beau parce que tout fait sens, tout a une raison d’être à un instant précis. Un ensemble de riens dont jaillirait le sublime. C'est peut-être un peu niais de dire ça mais c’est comme si l’univers tout entier vibrait en moi. Je me crois clairvoyante et je me sens m’élever très haut. Même quand je sais que le danger me guette, je suis trop curieuse de connaitre le suite. Je veux m’approcher encore du projecteur, assez pour le toucher du bout des doigts. Et c’est seulement quand je me brûle que j’arrache la prise, que je change de chaîne, que je sors prendre l’air.

Mais dehors, comme Tom, ce sont les mêmes visages que j’aperçois à chaque coin de rue. Et c'est pour ça que, souvent, je préfère rester chez moi et regarder un film. 

Parfois pour penser à autre chose et parfois parce que je cherche à raviver ces émotions. Des émotions violentes, irraisonnées, laides et en même temps très belles. Et c’est ce que je trouve chez Xavier Dolan. Parce qu’au cinéma des histoires aussi riches, on n’en croise pas tous les jours. Comme dans la vraie vie d’ailleurs.
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http://urbania.ca/blog/4998/tom-a-la-ferme-comme-dans-la-vraie-vieFri, 11 Apr 2014 14:10:36 EDTElisabeth Meur-Ponirisémotionsxavier dolanTomcinémabloguehttp://urbania.ca/blog/4998/tom-a-la-ferme-comme-dans-la-vraie-vie
La fin d'une époque?

Je n’écris pas ici pour basher sur Roy. Je n’écrirai pas non plus ici pour en faire l’apologie. Le Voir possède en Joseph Elfassi un chroniqueur de talent, dont je salue l’ouverture d’esprit et l’audace, et il a déjà consacré une chronique-fleuve à l’hagiographie du personnage, que je vous invite à lire, ne serait-ce que pour réaliser à quel point l’internet au Québec est pluriel. Tout comme Ogden a du mal à trouver des gens qui votent Libéral parmi ses cercles d’amis, je ne peux pas dire que je connais beaucoup de gens pour qui le nom de Jonathan Dragon évoque quoi que ce soit. Même Matthieu Bonin ne suscite, au mieux un vague « ah, ouin, c’pas lui qui se fâche sur Youtube, là? », au pire un hochement d’épaules et un changement de sujet. 

C’est peut-être l’âge. 

Peut-être aussi que nous sommes devant un phénomène plus populiste que populaire. Bien qu’il s’en soit toujours défendu, pointant du doigt ses quelques éditoriaux de plus de 500 mots aux argumentaires bien construits, la popularité de Roy ne se sera pas construite sur une suite de textes posés et de réflexions profondes. Bien que sa renommée ait commencé avec ses capsules Mon point de vue, elle s’est étendue bien plus largement quand il s’est lancé dans l’arène de la provocation, à la manière d’un Howard Stern ou, oui, d’un Jeff Filion. Les shock-jocks radiophoniques utilisent depuis longtemps les mêmes tactiques que Roy, qui n’a finalement rien inventé. Ceci dit, l’adaptation des pratiques de trash-talkradio au trash-humour était particulièrement réussie, et le public a été au rendez-vous. 

On a voulu voir quelque chose d’anticonformiste, ou même de punk, à l’idée d’intégrer une fille qui squirt à un show d’humour. Certains ont même cru que la disruption du concept de one-man-show par l’arrivée sur scène d’une star du X qui éjacule sur commande avait quelque chose du commentaire subversif sur l’humour en général, et sur l’humour québécois en particulier. On s’est probablement trompé: si Roy intégrait une pornstar dans son show, les chances sont bonnes qu’il savait pertinemment que, dans le fond, les gens ont envie de voir une pornstar sur scène. 

Peut-être, au fond, que son intention était de subvertir le concept même de spectacle d’humour. On ne le sait pas, et ce n’est pas moi qui irai lui demander. Ce ne serait pas la première fois où Roy aurait vu trop grand pour lui. Car il faut un talent hors du commun pour réussir de l’anti-humour et de la telle subversion de haute voltige, et au-delà du charisme et du talent d’animateur de foules naturel qui fait de Roy un personnage étonnamment rassembleur, il m’apparaît comme un homme qui, souvent, n’était pas conscient de ses limites. Un homme qui avait parfois de très bonnes idées (et parfois de très mauvaises), mais qui n’était pas toujours équipé pour les mener à bien. 

C’est, selon moi, ce qui explique ses multiples déboires, de l’Affaire Kia à l’Affaire MLW en passant par toutes les autres Affaires qui ont miné sa carrière. 

C’est dommage, et c’est ce qui me fait croire à l’importance pour tout artiste de bien s’entourer. Un bon gérant aurait évité à Roy à peu près 90% de ses mauvais coups, et il ne serait pas aujourd’hui dans cette disgrâce qu’il a certes mérité jusqu’à un certain point, mais où on oublie ses bons coups. Sur ça, je rejoins tout à fait Elfassi, qui dit que « la lecture d’un misogyne puni n’est pas erronée, elle est seulement incomplète. Son histoire est plus longue et riche qu’on ne l’imagine ». 

Je ne conclurai pas ce texte par un « Salut, pourriture » bien senti, comme l’avait fait Falardeau au décès de Claude Ryan. Ni, non plus, ne pleurerai-je sur la dépouille de la page Facebook d’un homme qui, bien qu’il ait à quelques reprises été purement odieux envers moi, ne mérite pas plus d'animosité que de larmes. 

Je terminerai plutôt en disant ceci: le moment où MusiquePlus met à l’avant-scène des gens comme Mathieu St-Onge, Jay St-Louis et d’autres webstars (qui naviguaient souvent, forcément, dans le sillage de Roy) signale bien plus la fin d’une ère marquante sur le web que la mise au rancart de son visage le plus controversé et polarisant. 

Je n’ai qu’à espérer, encore une fois, que les prochains à venir vont utiliser, en plus de leur tribune et de leur popularité, un peu plus de leur intelligence.
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http://urbania.ca/blog/4999/la-fin-dune-epoqueFri, 11 Apr 2014 12:01:14 EDTÉric Samsongab royrip le lolbloguehttp://urbania.ca/blog/4999/la-fin-dune-epoque
École Urbania 2014-2015 - Une websérie sur la créativitéLE PROJET : créer une websérie sur la créativité
À la suite de l’expérience fructueuse des deux premières incarnations de l’École Urbania, l’UQAM et Urbania lancent le 3e volet de l’École Urbania : la production d’une websérie sur la créativité en recherche et création. 

L’École Urbania invite les étudiants de l’UQAM à vivre de l’intérieur le réel processus d’une production télévisuelle, calqué sur le monde professionnel : encadrée par des mentors d’Urbania, une équipe de huit étudiants devra conceptualiser, produire, réaliser et mettre en marché une websérie de dix épisodes. La ligne directrice : la créativité à la base du processus de recherche et de création.

L’équipe de huit étudiants mettra en images l’originalité, l’intensité et l’esprit non conformiste de la créativité à l’UQAM. Les artistes comme les chercheurs repoussent les limites de leur univers : comment s’incarne la créativité à l’UQAM?

PROFILS RECHERCHÉS
Pour constituer notre cellule de création vidéo, nous recherchons les huit profils suivants :

Producteur
Assure la bonne gestion du projet : gestion du budget et du calendrier de production.

Réalisateur
Pilote créatif du projet : scénarisation (en collaboration avec le journaliste) et réalisation.

Journaliste-recherchiste
Responsable du contenu, des contacts avec les invités, de la scénarisation (en collaboration avec le réalisateur). 

Directeur de la photographie
En charge de l’aspect visuel du projet et de l'opération de la caméra.

Concepteur sonore
Responsable de la prise de son, de la création musicale, de l’habillage sonore, et du mix sonore.

Monteur
Responsable du montage. Travaille en étroite collaboration avec le réalisateur.

Designer graphique
Responsable de l’habillage graphique, assure le look général de la série. Création d'animation, si besoin est. 

Responsable des communications
Stratégie de diffusion, gestion et animation de communauté, relations de presse.

PROCESSUS DE SÉLECTION
Un comité UQAM-Urbania sélectionnera les candidats sur la base de leur expertise et de leur motivation.
À fournir :

        - Un curriculum vitæ
        - Une lettre de motivation (500 mots)
        - Un portfolio, un démo, quelques exemples de réalisations passées
        - Le ou les postes convoités sur l’équipe de production. 

Sur la base des documents reçus, l’UQAM et Urbania procèderont à des entrevues de sélection.

Les candidats doivent être inscrits à l’un ou l’autre des programmes suivants :

        - Baccalauréat en animation et recherche culturelle
        - Baccalauréat en communication cinéma, journalisme, médias interactifs, relations publiques,
        stratégie de productions culturelles et médiatiques, télévision.
        - Baccalauréat en communication marketing
        - Baccalauréat en design graphique
        - Baccalauréat en musique 

En plus d’une rémunération liée à leurs tâches sur le projet, les étudiants recevront une bourse de 500$ de la Fondation de l’UQAM.

CALENDRIER
Entre mai et décembre 2014, l’équipe devra produire dix capsules vidéo de 2 à 3 minutes chacune.

DIFFUSION
La websérie de l’École Urbania sera diffusée sur Urbania.ca ainsi que sur UQAM.tv. Le responsable de la diffusion sera en charge de trouver d’autres plateformes de diffusion.

POUR SOUMETTRE UNE CANDIDATURE
Les étudiants et étudiantes de l’UQAM intéressés à participer au projet sont invités à transmettre :
        - leur curriculum vitæ;
        - une preuve d’inscription à temps plein dans l’un des programmes mentionnés ci-dessus;
        - une lettre d’intention (500 mots maximum) dans laquelle ils indiquent clairement le ou les postes convoités;
        - et des exemples de leurs réalisations passées : un portfolio, un démo ou tout autre exemple de réalisation passée. 

à l'adresse suivante : shaida@urbania.ca avec la mention École Urbania en objet du message. Seuls les candidats retenus recevront une réponse et seront convoqués en entrevue pour la sélection finale.

Date limite pour déposer une demande de candidature : jeudi 1er mai 2014, 17 heures.
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http://urbania.ca/blog/4997/ecole-urbania-2014-2015-une-webserie-sur-la-creativiteFri, 11 Apr 2014 10:30:47 EDTUrbania sériecréativitéecole urbaniabloguehttp://urbania.ca/blog/4997/ecole-urbania-2014-2015-une-webserie-sur-la-creativite
Chez le coiffeur En cette printanière brise qui me rafraîchissait la Canadienne, j’ai décidé de me payer une petite traite : une trimette de toupet.

En myope aiguë qui distingue à peine l’âne du bœuf sans mes lunettes, chaque tentative de me tailler la frange s’est jusqu’ici résumée en un puissant moment d’angoisse pendant lequel je ne parviens JAMAIS à glisser mes gros ciseaux d’épicerie entre le miroir et mon visage ahuri (à moins de deux pouces du miroir, je me confonds aisément avec Michael Douglas ou un séquoia). Chaque fois, ça se termine couchée au sol près du siphon à compter jusqu’à dix, le temps que mes gencives redeviennent roses et que mes reins rembarquent *petites pattes qui s’agitent dans les airs*.

En matière de coupe, on peut s’aventurer à dire que je suis so-so.

C’est donc le pepperoni dressé que je me suis dandinée jusqu’au salon de coiffure à trois portes de chez moi, un salon de secours qui fait la job quand j’ai le toupet mou et longuet 9-1-1.

Une fois assise dans la chaise qu’on m’indique, je ferme les yeux (parce que j’ai vraiment hâte à ma trime). C’est alors que je l’entends: le client moyen.

Seigneur.
Ce client incarne TOUTES LES ANGOISSES DE LA TERRE (misère sur le pauvre monde incluse).

Comme j’ai les yeux fermés (chaque coup de ciseau me garnit délicatement le casseau de milliards de micro cheveux ; j’ai mis du gloss), je ne puis que m’imaginer le monsieur à ma droite: quadragénaire, espadrilles tout-terrain et parfum de Fleecy : c’est un timide. Pauvre poulet.

Il a pris rendez-vous chez le coiffeur ; il avait besoin d’une coupe.
Ça fait trois semaines qu’il anticipe. Qu’il égraine des morceaux de styromousse en fixant sa montre. Et ce matin, il a mis son casse, sa crémone et il s’est envenu, sa belle blouse repassée comme il faut.

Et là, c’est le moment précis où il doit expliquer à la coiffeuse la petite coupe qu’il aimerait avoir. Il est prêt ; il a feuilleté des magazines. Il a même fait une capture d’écran de l’acteur qui joue dans le film où Sandra Bullock culbute au ralenti dans la stratosphère.

Couéffeuse: On fait quoi, aujourd’hui ? 
Pauvre poulet: HEU... msigneu fourqch...chqsss
Couéffeuse: Han?
Pauvre poulet: ...
Couéffeuse: ...

Chaque fois qu’il pose son cul sur cette chaise, le courage fait place au klingon.

IL VEUT UNE COUPE CHAMPIGNON, VIARGE. COMME JEANNE MANCE.
C’est pourtant si simple.

Mais ça, il ne le dira jamais. Oh no.
Parce qu’on a donc de la misère, MBA en expression de ses désirs ou pas, à verbaliser nos souhaits, le moment venu de se drafter la coupe sur une chaise de coiffeuse. Une coiffeuse qui ne veut pourtant que notre bien (et qu’on lui raconte TOUS nos secrets avant de lui acheter ce rince-crème miracle).

Le client moyen avait honte de sa demande spéciale. C’est ben pour dire, il avait quasi honte D’EXISTER.

S’il avait pu faire venir sa mère pour s’encastrer dans ses jupes, à cet instant précis, il l’aurait fait. Il se serait frayé un chemin jusqu’à l’endroit où il fut conçu. La trompe de droite.

Sa bouche n’émettait désormais qu’un filet de voix et je considérais l’idée de prendre ses signes vitaux. C’est alors que, du feu de dieu, une onde d’audace lui parcourut les sphincters et qu’il se rassit bien droit. Il allait dire quelque chose d'important : (raclement de chat de gorge) Juste un peu plus court, dans le fond.

Eille, UN PEU PLUS COURT.
Là, tu parles. On se rend à Woodstock avec ces indications-là, pis rien que d’une tinque, à part ça.

J’ai gloussé. Mais calvaire ; je venais de dire exactement la même affaire à ma trimeuse. Je voulais un toupet droit. Parfaitement au niveau, rien d’extravagant, pas de petit design ni de coupe trop enthousiaste, ce qui me mène invariablement à ressembler à Dumas.

Mais elle, elle était après m’arrondir les guiches et coupait avec appétit. Normal, puisque je ne lui avais dit que « UN PEU PLUS COURT » avec une face de « je suis tellement relax et tout ce qui va se passer ici est pas vraiment important ». Des indications qui ouvraient tant la porte à une coupe chat qu’à des mèches chunky caramel et auburn en alternance. La carte blanche.

Pourquoi diable donne-t-on toujours carte blanche à une inconnue qui a nécessairement un petit quelque chose pour Chloé Sainte-Marie ?

Oh que je me la jouais baba cool. Comme si elle exauçait mon vœu le plus cher, celui d’avoir le toupet éméché et la guiche rondelette avec la précision d’un laser (je ressemblais de plus en plus à Dumas).

Une fois la tonte terminée, j’ai souri en me regardant dans la glace pour faire plaisir à la madame. Je pense que je me suis même émerveillée. Mon nom circule d'ailleurs présentement à la Paramount tellement mon émotion était on the spot; je vais jouer dans le prochain La main qui berce l’enfant, tenez-vous le pour dit.

C’est ainsi que le client moyen et moi nous sommes retrouvés à payer à peu près en même temps, le caquet au ras de la chaussure; lui, la nuque propre propre propre (un carré parfait) et beige et moi, un toupet des années 2003 avec plein de poils sur la djeule.

La bette de bien cuit qui est pas si tant drôle qu’on affichait, fallait voir.

En franchissant le seuil de la porte, on a échangé un regard furtif. Un regard de type « veuillez me pardonner ma hâte à quitter cet endroit de choix, je dois à l’instant aller crier tout mon soûl dans un polochon, puis mourir ».

J'imagine qu'on a eu ce qu’on méritait.

La bise.]]>
http://urbania.ca/blog/4996/chez-le-coiffeurFri, 11 Apr 2014 09:08:07 EDTCatherine Ethierangoissecoupecheveuxcoiffeurbloguehttp://urbania.ca/blog/4996/chez-le-coiffeur
La ville de la semaine: Vancouver en imageshttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/4995/la-ville-de-la-semaine-vancouver-en-imagesThu, 10 Apr 2014 15:41:33 EDTMarie-Hélène GouletVancouverreportage_mediahttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/4995/la-ville-de-la-semaine-vancouver-en-imagesMa première fois : Ding et Dong, le film
Résume le film en 100 mots maximum

Ding et Dong sont deux aspirants comiques mais avant tout des amis. Ils partagent tout : le même humour, un appartement et bien entendu les mêmes emmerdes. Quand ils se retrouvent à la rue parce qu'ils n'ont pas payé leur loyer depuis des mois, ils rencontrent un vieil homme mourant dont ils héritent de la somme de 30 millions de dollars (« Canadiens, malheureusement »). À présent qu'ils sont riches, toutes les portes s'ouvrent à eux … mais non, ce pays n'est pas pour les rêveurs.

Décris les personnages principaux en quelques phrases (physique et traits de caractère).

Au début du film, il est difficile de différencier les deux personnages tant ils forment un duo bien rodé. Ce n'est qu'à environ la moitié du film que leurs deux personnalités s'affirment ou plutôt se révèlent sous l'influence de deux tierces personnes.



Ding et Sarah Bédard

Ding rencontre Sarah Bédard lors de l'inauguration du Théâtre de la Nouvelle Tragédie. Elle se définit elle-même comme une « tragédienne qui fait des annonces de kleenex pour survivre.? »
Une artiste ratée donc, qui voit en Ding une manière de se rapprocher du monde du théâtre. Très belle mais aussi très maniérée, Sarah parle avec l’accent français, d’une voix grave à la Fanny Ardent. Tout le contraire de Ding, qui a un physique plutôt quelconque et qui n’a aucune présence, preuve pour Sarah de son talent d’acteur: « J’aime beaucoup votre manière de parler, c’est naturel, on ne sent pas du tout la technique derrière. »

Sarah est intéressée par la célébrité et l’argent de Ding, même si elle s’en défend : « Tu sais bien que j’ai pas un rond, tu crois que c’est pas humiliant pour moi ? Aujourd’hui, j‘ai encore payé pour 5000 dollars de colliers et qui c’est qui paye ? C’est monsieur. »

Elle veut éloigner Ding de Dong, qu’elle considère comme un boulet pour la carrière de son fiancé : « Le problème avec ton copain, c’est qu‘il passe le temps à faire le connard. [...] C’est un clown. »



Dong et Gaétan, le manager

Toujours lors de cette même inauguration, Dong s’éloigne d’une conversation sur le Moi et le Soi pour suivre une fille qui lui fait de l’oeil. Arrivé près d’elle, il lui glisse à l’oreille : « Vous ne serez pas freudienne par hasard ? » - « Non, je suis québécoise. » Plutôt terre-à-terre donc, elle est la partenaire de Gaétan, qui se propose pour être le manager de Dong. C’est un homme plutôt grand avec une moustache qui éclate de rire à toutes les blagues de Dong. Il n’en faut pas plus à ce dernier pour s’enthousiasmer, il enchaine donc blagues sur blagues et ne prend décidemment rien au sérieux. Dong prend sa nouvelle célébrité de manière plus détendue que Ding, il enchaine les conquêtes mais est dépité quand il comprend que toutes ces femmes ne s’intéressent pas vraiment à lui. Ce qu’elles veulent vraiment, c’est le numéro de Roch Voisine.

Quel est le contexte socio-historique dans lequel se déroule l'histoire du film ? 

Sans faire de recherche et ne me basant que sur le film, je déduis que :

- Le public est de plus en plus fasciné par la France et par les États-Unis, ce qui laisse de moins en moins d'espace aux artistes québécois.

Dans l'espoir de décrocher un rendez-vous avec un producteur, Ding et Dong se font passer pour des réalisateurs hollywoodiens : «We don’t ... french – We are cinema, television, stereo. » 

La plupart des intellectuels du film ont l'accent français, comme le metteur en scène que Ding et Dong invitent dans leur théâtre pour travailler sur le Cid : « Je suis fou comme la marde, de venir faire entendre Corneille à vos oreilles de calice. »

- Les Montréalais s'embourgeoisent et se la jouent intellectuels.

Ding et Dong renomment le Théâtre National Québécois - nom simple, qui va droit au but - en Théâtre de la Nouvelle Tragédie - nom qui sonne plus ampoulé.

Discussion lors de l'inauguration : « Corneille c'est la négation du moi, alors que Freud, c’est la libération du soi. » - « Je voudrais bien être d’accord avec vous, mais je n’en suis pas capable. »

- L'écart entre les Montréalais et les Québécois est de plus en plus grand, ces derniers étant dépeints comme des rednecks. 

Scène dans le bar, le présentateur introduit Ding et Dong : « Ce sont deux grands comiques, ils sont venus de Montréal »« Niaiseux, niaiseux »« On les accueille comme vous êtes capables » – un homme dans le public dégaine une tronçonneuse.



D'après toi, quelles répliques tirées de ce film sont devenues des classiques ?

Dans le genre gros et lourd, il y en a trop pour être compté. En voici deux, piochées au hasard : « Moscou vient d’éclater »« Pourtant j’ai rien entendu ». « La ville a été complètement rasée »« ça doit sentir l'after-shave. »

D’autres répliques que j’ai notées: « C'est la première fois que vous dansez sur de la musique organique ? », « okédou » et il y a celle dont j’ai parlé plus haut, à propos des oreilles de calice.

Toujours selon toi, quelle scène du film est la plus célèbre ?

Je pense que la scène de la cascade et la scène chez le producteur sont probablement les plus appréciées du public. Pour ma part, c’est la scène d’Antoine et Cléopâtre qui m’a fait le plus rire. « Voudriez-vous un petit biscuit avec ça ? »

Pourquoi crois-tu que ce film est devenu culte au Québec ?

Parce que les personnages de Ding et Dong représentent l'évolution du peuple québécois : un peuple sans prétention qui, du jour au lendemain, s'est aperçu qu'il avait une fortune dans le grenier et qui se retrouve tout à coup digne du regard de ses cousins éloignés états-uniens et français … qui ne l'aiment pas pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il peut leur apporter. Les deux personnages sont en proie à des influences extérieures ; l'un attrape la grosse tête, l'autre ne se prend pas jamais au sérieux. Arrêtez-moi si je vais trop loin mais c’est peut-être une métaphore du conflit intérieur qui habite les Québécois.

En même temps, des intellos aux ploucs, tout le monde en prend plein la figure, ce qui est plutôt libérateur. C'est un film simple, qui ne se la joue pas et comme le souligne la dernière réplique du film : « ce qui compte c'est d'être heureux avec le petit peu qu'on a. »



Quelle est ton appréciation personnelle ?

Les ficelles sont grosses mais ce n'est pas important ici puisqu'il ne s'agit pas vraiment d'un film à suspense. Le but est de divertir et d'être compréhensible par tous et cela fonctionne. C'est gras et bon comme le plat de nachos au fromage que l'on mange devant le film du dimanche soir à la télé.

Sans faire de recherche, crois-tu que les deux comédiens principaux ont eu du succès, par la suite, dans leur carrière ?

Je pense que quand ils ont fait ce film, ils étaient déjà connus et que ce long-métrage est une forme de statement sur leur parcours, ce qu'ils ont été et pourquoi ils sont ce qu'ils sont aujourd'hui.

En pourcentage, quelle partie du film as-tu compris ?

De l'histoire, je pense avoir tout compris ; des dialogues je miserais sur un 70%.

Pourrais-tu essayer de nous expliquer pourquoi ce film est si introuvable ?

Parce que lorsque l'on est passé du VHS aux DVD, Ding et Dong n'était pas encore assez vieux pour être culte. Le public vivait une phase de rejet et avait honte de dire que le film lui plaisait, il y a donc eu peu de demandes et donc peu d'offres. Le temps est passé, on a jeté nos vieilles cassettes et nos magnétoscopes. Une voie qui semblait sans issue donc … mais c'était sans compter la capacité inépuisable de notre société postmoderniste à créer du neuf avec du vieux. Aujourd'hui, comme nous l'indique la vitrine du H&M au coin de la rue, nous sommes en plein revival 90's. Une nouvelle vie s'offre donc à Ding et Dong et je mets ma main à couper que si l'on en faisait une version DVD, tous les hipsters de mon quartier se rueraient dessus comme sur les petits croissants français du brunch le dimanche matin. À bon entendeur donc.

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La semaine prochaine, on lui fait écouter Slap Shot, …en version québécoise bien sûr !
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http://urbania.ca/blog/4993/ma-premiere-fois-ding-et-dong-le-filmThu, 10 Apr 2014 13:08:12 EDTElisabeth Meur-Ponirisbloguefilmcultequebeccinémadongdinghttp://urbania.ca/blog/4993/ma-premiere-fois-ding-et-dong-le-film
Cher gars qui sait combien de fois sa blonde atchoume, Ou comme quand mon grand-père m’a dit : « L’amour, c’est comme un toit ouvrant dans une voiture; à la fois une bénédiction et une malédiction : tu peux vivre sans jusqu’à c’que t’en aies un. Pis une fois que tu l’as, tu voudras plus jamais d’un char qui en a pas. »

Ou encore, comme la semaine passée, quand ta blonde a atchoumé.

On est en train de souper quand soudainement son monde s’arrête; son menton se replie vers l’intérieur de son cou, ses sourcils se haussent comme s’ils essayaient de s’envoler, ses yeux se brident et s’inondent d’eau puis : atchoum !

Elle cligne ensuite rapidement des yeux (lors du clignement post-atchoum, les paupières agissent en qualité de wipers à yeux) puis érige son index en l’air, comme quand tu fais signe à quelqu’un d’attendre.

Son non-verbal laisse présager que d’autres atchoums POURRAIENT suivre. J’utilise le conditionnel, parce que s’il est en ce bas monde une science inexacte, c’est bien celle du « combien de fois vais-je atchoumer ».

Pronostic affirmatif : elle atchoume une seconde fois.

Tu nous regardes, gars qui sait combien de fois sa blonde atchoume, et tu nous dis : « Elle éternue toujours 4 fois ».

Trois. Quatre.

En plein dans le quatre.

J’ai trouvé ça fascinant que tu saches combien de fois ta blonde atchoume.

Parce que je n’ai jamais compté les atchoums de personne. Non ; l’éternuement n’a jamais déclenché en moi un réflexe de recensement.

Pour être honnête, l’éternuement déclenche plutôt chez moi un reflexe de « j’me demande si elle fait la même face quand elle a un orgasme ».

Je n’étais pas fasciné par le corps crispé pris d’attaque de convulsions d’atchoum.

Ni par ton aptitude à compter jusqu’à 4 pour chiffrer le nombre d’éternuements qu’expatrie ta blonde hors d’elle.

J’étais plutôt émerveillé par le fait qu’un jour, t’aies pris la peine de compter.

Par le fait qu’un jour, t’aies remarqué qu’elle éternue en multiples de deux et que tu te sois dit : « Ben voyons ; elle éternue toujours plus qu’une fois. J’vais compter, pour le fun ».

Par le fait qu’au fil des ans, si t’es comme moi, t’aies calculé une moyenne arithmétique basée sur le nombre de « atchoums par fois » pour ensuite établir une médiane te permettant de prédire avec quasi-exactitude combien de fois ta blonde atchoumerais, impressionnant au passage les gars qui ne savent pas combien de fois leur blonde atchoume.

Et ça marche.

À une époque où Love me Tender dérive tranquillement vers Love me Tinder, je trouve ça beau de connaître quelqu’un jusque dans son plus minuscule pli.

Jusque dans son réflexe sternutatoire.

Je trouve ça beau que tu ne t’en colisses pas.

Pis peut-être qu’au-delà des toits ouvrants et autres analogies automobiles, c’est juste ça l’amour ; l’action de ne pas s’en colisser.

À tes souhaits,

Rabii :)



crédit photo Antoine Ryan et Larissa Lognay ]]>
http://urbania.ca/blog/4992/cher-gars-qui-sait-combien-de-fois-sa-blonde-atchoumeThu, 10 Apr 2014 11:44:18 EDTRabii Rammalface d'orgasme love me Tindertoit ouvrantatchoumamourbloguehttp://urbania.ca/blog/4992/cher-gars-qui-sait-combien-de-fois-sa-blonde-atchoume