Urbania - canauxhttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationThu, 18 Dec 2014 02:22:42 EST606 restos portugais de qualité pour vous faire oublier à jamais le Piri Piri
Ce billet est présenté par les Vins du Portugal

6 –Douro 
6581, boul. Saint-Laurent
À ceux qui pensaient juste manger des pennes Arrabbiata en allant dans la petite Italie : détrompez-vous tout de suite. À quelques mètres du toujours élégant Bar Populaire se trouve un restaurant portugais digne de ce nom, à la carte des vins recherchée et à l’ambiance «confortable, chic et moderne». Même si un seul coup d’œil rapide à leur site web peut vous faire douter de leur définition de «modernité», le Douro épate par sa cuisine traditionnelle portugaise, des plats de base bien exécutés, comme les calmars grillés, les crevettes grillés, les sardines grillées et, bien sûr, les grillades grillées.

Puisqu’il est impossible de télécharger les photos de leur splendide galerie , en voici une plus modeste, gracieuseté du toujours pertinent Trip Advisor.


Sur Facebook, Christiane va même jusqu’à lui octroyer l’audacieuse note de 4 «+».


5 – Casa Minhota
3959, boul. Saint-Laurent

Ouverte depuis 34 ans, la Casa Minhota a su traverser les années avec une tradition soutenue, sans modifier inutilement le menu en fonction des saveurs tendances du mois.  Voilà donc une cuisine gastronomique portugaise savoureuse et pas trop chère (en bas de 18$ pour une table d’hôte trois services le midi), incluant des menus diversifiés comme les côtelettes de porc grillées au charbon de bois, la morue fraîche maison et la darne de bar grillée. 

En plus, le décor est solidement champêtre…

(Crédit : Facebook Casa Minhota)

…et le verre de vin est gratuit à l’achat de deux tables d’hôte et d’une imprimante.

(Crédit : Facebook Casa Minhota)

Enfin, que dire du personnel qui garde toujours en tête les trois mots d’ordre de la philosophie du restaurant, «Plaisir – Ambiance – Finesse» ?

(Crédit : Facebook Casa Minhota)

Conseil : réservez votre 13 septembre pour avoir la chance d’y croiser Marie-Claude.



4 –Jano
3883, boul. Saint-Laurent
À 13 secondes de marche des morceaux de viande défraichis empilés les uns par-dessus les autres dans vitrine du Schwartz’s, on retrouve les fameuses grillades portugaises du Jano, toutes marinées à la perfection puis servies par un personnel courtois, poli, aimable et autres synonymes gentils de même. Les indécis de ce monde seront conquis par la grilhada mista, une assiette reconnue pour son potentiel de variette incommensurable, tandis que les amateurs de vins portugais seront ravis d’y déguster autre chose qu’un bon vieux Cortes de Cima.

Les internautes ne seront toutefois pas très impressionnés par le site web  qui, à défaut d’avoir obtenu un domaine renouvelé, peut toutefois se targuer d’avoir le bonhomme cool de GoDaddy sur sa page d’accueil.


Heureusement, les clients satisfaits assurent au restaurant une présence web assez dynamique sur Urban Spoon, en lui décernant l’incroyable note de 92%. On ne peut toutefois pas être aussi généreux sur l’évaluation de leurs photos, qui ne méritent pas vraiment plus qu’une note de 53,6%.


 

3 – Portus Calle
4281, boul. Saint-Laurent

Ceux qui pensaient que la bouffe portugaise se résumait à un sandwich au poulet carbonisé qui goute les oignons vont carrément virer su’l top en passant au Portus Calle, un restaurant réputé depuis son ouverture, il y a un peu plus de 10 ans. Ici, ce sont les poissons et les fruits de mer qui règnent comme des princes, notamment la lotte, la pieuvre, les crevettes et les calmars, le tout en mode tapas, histoire de pouvoir goûter un peu pas beaucoup à toute. 

Le menu change souvent, mais les classiques restent : la soupe caldo verde, les plats à base de morue et la salade de pieuvre, qui ressemble à ça lorsqu’elle est accompagnée de crevettes et de chou kale.

(Crédit : Facebook Portus Calle)

Côté alcool,  le Portus Calle s’impose parmi les restaurants montréalais avec la cave à vin la plus garnie. En tout, 7000 bouteilles de portos/vins portugais, dont 95% d’importation privée, sont disponibles dans l’espace cellier. Pour vous aider dans vos mariages de goûts et vous donner des conseils, une gang de sommeliers experts est présente sur place, midi et soir. 

L’occasion rêvée pour faire un «tchin» avec Audrey.


Rendez-vous là-bas, dans un mois, pour célébrer le tout premier anniversaire de la fois où Anne a voulu s’y prendre d’avance pour la Saint-Valentin mais est restée dans le doute.


Spécial notable : Faim de soirée, un menu trois services à 25$, entre 21h et 23h.

2 – Helena
438, rue McGill

Propriété de la même chef que le Portus Calle, Helena Loureiro, la nouvelle coqueluche des restos montréalo-portugais a tout ce qu’il faut pour plaire : un décor épuré, une ambiance chaleureuse et (vraiment) moderne, une carte des vins raffinée  et une cuisine délicieuse, fine, recherchée. Évidemment, ça va vous prendre un petit budget pas piqué des vers pour la soirée si vous voulez être capable de vous pogner assez de tapas pour avoir goûté à pas mal d’affaires. À cet effet, le menu de groupe dégustation à 60$ par personne le soir ou 22$ le midi, en vigueur durant le temps des fêtes, peut sans doute être une bonne idée. 

En plus du menu de base, Helena se permet quelques excentricités au quotidien, notamment ce champignon portobello farci aux crevettes.

(Crédit : Facebook Helena)

Récemment, Allan a eu le trip de sa vie là-bas.


Dans un tout autre ordre d’idées, Karine a fait une grosse batch de blé d’inde à la bière «à l’apricot».


1 – Romados
114, rue Rachel Est
Moins cher et aussi digne que les autres du top, le Romados a 20 ans d’expérience dans le toupet et peut se targuer d’être le seul resto portugais de Montréal à avoir une chanson en son nom . La wannabe salle à manger peut s’avérer déprimante pour plusieurs, alors vaut mieux apporter le poulet à maison ou aller le manger sur un banc de neige dans le parc du mont Royal. Mettez-vous un manteau préférablement.

(Crédit : Facebook Romados)

La plus grande force du Romados, c’est sa capacité à tourner le poulet comme du monde pour qu’il soit parfaitement grillé.

(Crédit : Alex Geoffrion)

Zohra semble d’accord avec ça, mais profite tout de même de sa tribune sociale pour émettre une nuance.  «Et les œufs ! Il y en avait !!!», nous apprend-elle, avec intensité.


Profitons de l’occasion pour faire la job du Romados et répondre à Louis : oui et oui.


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http://urbania.ca/blog/5551/6-restos-portugais-de-qualite-pour-vous-faire-oublier-a-jamais-le-piri-piriWed, 17 Dec 2014 19:57:09 ESTOlivier Boisvertvins.du.portugalreportagehttp://urbania.ca/blog/5551/6-restos-portugais-de-qualite-pour-vous-faire-oublier-a-jamais-le-piri-piri
Pourquoi personne ne chante? - Portraits de Montréal
















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http://urbania.ca/blog/5550/pourquoi-personne-ne-chante-portraits-de-montrealWed, 17 Dec 2014 13:45:22 ESTPortraits de Montréalhttp://urbania.ca/blog/5550/pourquoi-personne-ne-chante-portraits-de-montreal
Léo ou le Big Bang

Le Gewürztraminer était au frais.

Ton père a dit : « Léo, je te présente Émilie, ma nouvelle amoureuse. Émilie, Léo. ». 

J’avais rencontré ton papa quelques mois plus tôt, par le biais d’un réseau de rencontre internet (j’aurais préféré un coup de foudre incandescent sur le trottoir ou dans le bus, mais bon…). Nous avions attendu un peu avant de nous présenter nos enfants. Ce soir-là, c’était le grand soir, pour toi et moi!

Tu m’as regardée avec ton petit sourire charmeur, la tête penchée, trop mignon avec tes cheveux blonds-blancs comme la lune et tes yeux bleus: « Allo! », as-tu dit. À ce moment précis, j’ai pensé: « Oh my god. Je pourrais trop l’aimer ce petit gars-là. » Et pendant que tu m’emmenais voir tes jouets de grand de 5 ans dans ta chambre, je me suis dit : Attention, Émilie. Danger!

J’ai passé les premiers mois de ma relation avec ton père à me protéger. De lui et un peu de toi. De l’amour en fait. C’est beaucoup ça les débuts amoureux, non? Une alternance entre élan et peur. J’étais bien avec ton père, comme je ne l’avais pas été depuis longtemps. J’étais bien quand tu étais là aussi. On jouait au hockey-pichenotte sur le plancher du corridor, et tu comptais pas mal de buts. 

Mais par moments, la peur venait me transpercer le ventre. Une voix intérieure me chuchotait : Va-t’en! FUIS!!!! C’est dangereux ici. Il y a comme une explosion de beau qui pourrait t’être fatale… 
Je prenais une gorgée d’alsacien, et j’attendais que ça passe.

***

Puis, ton père a rencontré mes filles. La plus jeune, qui avait 4 ans, le regardait sourcils froncés : « C’est ma maman ».  S’il fallait qu’il me prenne la taille, elle venait se placer entre lui et moi et le poussait. Ton père a été habile et patient, il tournait ça à la blague : « Mais non, c’est MA maman ».  Ma fille finissait par rire... 

Quand elles t’ont rencontré, toi, tout a été facile. Tu es « entre les deux » : plus jeune que mon aînée et plus vieux que ma cadette. Et même si tu détestes le rose (et ses dérivées-couleurs-de-filles violet et turquoise), si tu n’aimes pas trop dessiner ni patiner, tu as le bon goût d’apprécier Marie-Mai dans l’auto.  Mais il y a plus que cela. Quand je dis « Léo sera là ce soir », c’est toujours « YÉÉÉÉÉ! » qui fuse chez nous. 

Un jour, ma plus jeune m’a dit dans un élan du cœur : « Léo, c’est mon meilleur ami! » Puis, elle a hésité : « Est-ce que ça se peut, un meilleur ami garçon? »

***

Les mois ont passé. Toute une année, même.

Chaîne de moments. Des beaux, des plus difficiles parfois (quand vous manquiez de sommeil, surtout…).  

Ça m’a pris du temps avant de te donner un bisou avant le dodo. J’avais comme une pudeur. 

Un soir, il n’y a pas si longtemps, après qu’on ait regardé un film dans lequel il y avait des dragons, tu m’as dit en te couchant que tu avais peur. Ton père était occupé à faire la vaisselle, et je t’ai demandé si tu voulais que je m’allonge un peu à tes côtés pour t’aider à t’endormir. Tu as dit oui. Les filles dormaient déjà.

Je suis restée quelques minutes avec toi. Au moment où je t’ai senti assoupi et calme, j’ai mis mon corps en mouvement pour me relever et tu t’es accoudé tout net dans le lit. « Émilie! » Oui, Léo? « Savais-tu… savais-tu qu’on est faits de débris d’étoiles et d’atomes? », m’as-tu dit d’une voix granuleuse déjà remplie de dodo… 

Oui, mon grand, ai-je menti doucement. Fais de beaux rêves… 

Et j’ai déposé un bec sur ton front en remontant tes couvertures. 

Il est vraiment incroyable, ai-je dit à ton père, une fois dans la cuisine. C’est-tu vrai cette affaire de poussière d’étoiles?

***

Il s’est passé quelque chose.

Au fil du temps, de cette chaîne de moments passés ensemble, il s’est passé quelque chose.

Quelque chose qui me donne un petit vertige, parfois.

Comprends-tu, Léo, les adultes ont des vies souvent compliquées. 

On ne peut pas être sûrs que ton père et moi on va s’aimer longtemps. Encore moins qu’on va s’aimer très longtemps. 

Et votre vie à vous, les enfants, elle est parfois suspendue à celle des grands.  

***

C’est sûr que c’est risqué d’embarquer dans cette danse. De laisser se déployer ce grand Big Bang de douceur… 

La peur est légitime. Il y a plus que le risque de se casser le cœur, il y a celui de casser le cœur de nos enfants. Qui n’ont rien demandé, que je sache.

Rien pantoute.

Petits débris d’étoiles fragiles dans un univers en expansion... 

Émilie, des RoseMomz
Illustration: Pierre-Nicolas Riou
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http://urbania.ca/blog/5549/leo-ou-le-big-bangWed, 17 Dec 2014 11:47:46 ESTLes RoseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5549/leo-ou-le-big-bang
La pourriture : Récit d'un espion (2e partie)
Emile Jutras-Laframboise raconte dans le magazine URBANIA spécial Anonymat son infiltration dans l'univers des grandes-surfaces.



Ensuite, je vais trouver sa vieille mère, me cracher dans la paume et lui retentir une bonne gifle pour avoir élevé une telle pourriture d’être humain.   Faut toujours garder une distance émotive, me disait le patron.  Rester froid et objectif.  Mais pas cette fois.  Pas pour lui.  Dans le cul.  Je vais lui monter la facture la plus salée de sa vie.
     
Moi aussi je croyais que ce serait tout.  Un truc de jeunesse, à vivre une seule fois.  Comme voter pour le Bloc Pot.  Mais la vérité est que, honte à moi, j’ai aimé l’expérience.  Le défi, l’adrénaline.  Et le magot que j’y ai récolté en empochant deux salaires.  J’ai pu acheter mon sofa bleu.  Celui sur lequel je roupille parfois, lorsque l’amoureuse tient à me raconter sa journée.  Le patron en était ravi.  Il souhaitait me voir renouveler le plus tôt possible.  Et comme tous les sofas bleus du monde se sentent seuls sans téléviseur à écran plat, je n’ai pu que replonger.    

En région ?  Oui, à quelques heures de Québec.  Un bel endroit, d’où tu pourras admirer le Fleuve qu’il me dit.  Et j’habiterai où ?  T’inquiète pas, tout est arrangé.  On t’a loué une maison, un truc meublé, avec piscine.  La grande classe.  Et le boulot lui-même, c’est quoi ?  Préposé aux bénéficiaires.  J’en suis perplexe, avec le pli de front pour appuyer.  Préposé du genre à couper les ongles d’orteil d’un vieux après lui avoir donné son bain ?  Le patron hoche.  Une noble profession qu’il ajoute.

Ça exige un cours classique en accéléré.  Un condensé de compétences que je prends deux semaines à parfaire.  Me dis-je qu’à ce rythme, on ferait de moi un avocat de la défense valable en moins d’un an.  Me voilà donc professionnellement adéquat.  S’agit maintenant de préciser la mission, la cible.  Que le patron me montre le bobo.  

Il n’y a rien de très concret qu’il précise.  Comment rien ?  Je fais quoi alors ?  Je vais te le dire.  Tu vas entrer en douce, faire ton boulot, puis devenir la putain de vedette de cet hôpital.  Tu vas devenir le roi de la montagne, le chef de la meute.  Le président de la classe, tu piges ?  Oui, mais je le fais comment ?  À toi de me le dire qu’il répond.  Prends les moyens qu’il faut.  Séduit-les, charme-les.  Vas-y comme tu veux.  Ensuite, tu ouvres tes yeux et tes oreilles.  Et tu renifles un bon coup.  Et de là, tu me fais un rapport quotidien.  Y’a des trucs pas nets à cet endroit, et je veux que tu puisses m’en extraire toute la morve.  Ça me paraissait aussi clair qu’un jus de pruneaux.

La maison, en effet, met un baume sur mes incertitudes.  Un lieu magique, à trois chambres à coucher, trois salles de bains et deux cheminées.  Une centenaire aux abords du St-Laurent qui contraste drôlement avec mon demi-sous-sol de la rue Berri.  Pas mal du tout.  Je me surprends à vouloir inviter mes potes.  Et des gonzesses.  Après tout, on n’emprunte pas une Ferrari pour la laisser dans le garage.  Mais rapidement, je reviens à mes oignons.  Un hôpital.  Je commence demain.  Le quart de travail du soir.  Je vais rater Piment fort. 

C’est à la quatrième semaine que j’ai fait un peu de bruit.  Les gens étaient sympas, pour l’ensemble, mais j’étais loin de mes objectifs de vedettariat.  Jusqu’à ce que, sans le vouloir, j’étire ma pause-repas pour me rendre à la toilette.  Le superviseur en a pris note, et le soir même, devant les autres préposés rassemblés avant le départ, m’en a fait le blâme.  Devant public.  MON public.  Ça m’a comme qui dirait noué le sentiment d’humiliation, ce à quoi je devais répondre, question de ne pas perdre la face.  C’est « va chier » qui est sorti.  Pas violemment, non, mais un va chier tout de même.  Fallait entendre  le silence.  Les gueules ouvertes, sans mot.  Qu’est-ce que t’as dit ?  J’ai dit va chier, si t’as un problème avec mes pauses ou avec mon travail en général, aie la décence de me le dire en privé, plutôt que de me rabaisser devant tout le monde.  Le superviseur en a rapetissé d’un mètre, et a disparu dans le couloir pendant que les employés commençaient à se diriger vers l’extérieur.  

Célébrité instantanée vous-dites ?  J’en suis devenu une légende.  Après coup, pas un soir ne  passait sans une invitation pour un verre ou pour un repas.  J’avais terrassé Goliath.  Les plus vieux s’en souviennent encore.  Et j’acceptais avec le sourire.  Le petit bar de la rue principale en est devenu mon repère, mon oasis.  Et c’est là où la puce m’a sauté à l’oreille.

Un des préposés s’appelle Steve, un type primitif et bruyant, mais avec une mollesse de caractère qui lui coule des aisselles.  Un malpropre qui paye comptant par liasse, invitant les collègues à des tournées sans fin de shooters de région, laissant sa barmaid préférée ensevelie d’un pourboire trop gras.  Ça me titille.  Le pognon de Steve autant que la barmaid.  Je connais déjà son salaire, mais puisque les gens grossiers tendent à se vanter de leurs avoirs, Steve me dit tout sur sa maison, son Pick-up, sa moto, son VTT, son Ski-doo et sa Corvette décapotable.  Un viril que je vous dis.  Et un viril qui vit beaucoup trop pour ses moyens.  C’est donc ma première piste.  Je me mets à le talonner, à le suivre dans ses beuveries.  Je m’allume de la liqueur d’aneth dans la bouche, pour l’amuser, et lui fais de la grivoiserie en forme de blague, ce qu’il adore.  Le dilemme, quant à Steve, est cependant de choisir entre devenir son subalterne, ou assumer mon rôle d’étalon et prendre la tête.  La psychologie est importante ici, car il serait facile de me le mettre à dos, d’en faire un rival si je me mets à piler sur ses gros pieds d’argile.  Je n’ai pas eu à choisir, au final.  La barmaid l’a fait pour nous.  Ouais, encore une fille.  Encore une alliée sans le savoir, un accès au vestiaire des hommes par celui des femmes.  Freud vous l’expliquerait sans doute mieux que moi.  Elle s’est amourachée.  De moi et de mes pitreries.  De mon exotisme de jeune homme de la ville, aussi.  Ça crève les yeux de tout le monde, y compris ceux de Steve, qui n’a d’autre choix que de s’incliner devant plus chromé que lui.  Le roi est mort, vive le roi.  Et le superviseur qui nous installe sur la même aile puisqu’il nous déteste tous les deux, et qu’il souhaite nous avoir le plus loin possible de son bureau.  Exactement là où je veux être.
  
Le boulot de préposé en est un qui vous gonfle d’humilité.  Jour après jour, vous aidez des gens jadis solide, jadis pimpant dans l’accomplissement de leur besoin primaire.  Vous les aidez à faire des trucs que l’on tend à considérer comme acquis.  Et la tristesse devient votre compagnon de route.  Je suis un espion, mais surtout un homme.  Un homme tout comme lui, Monsieur Langevin, robuste en son temps, ex-bucheron et père de treize enfants, réduit à se faire laver les fesses par un inconnu, sans trop d’amour ou de délicatesse.  On discute parfois, lui et moi.  De sa vie, de la mienne.  Ça me touche.  J’aurais aimé le prendre dans mes bras, le réconforter.  Je ne l’ai jamais fait.  Je l’ai vengé, par contre.

Steve veut me plaire, m’impressionner.  Il y va à grande léchée depuis sa destitution par la barmaid.  Il me montre sa cachette.  Une petite trappe d’air derrière le lavabo de la conciergerie.  Deux vis à tête plate et bingo.  Le trésor.  Une chaine en or, et une bonne pile de billets.  Ça, c’est la cagnotte de cette semaine qu’il me dit.  Il compte l’argent devant moi.  575 $.  La chaine, j’en obtiendrai un autre 200 $.  Il met le tout dans un petit sac en plastique, et se le fourre en poche.  C’est ma tournée ce soir, qu’il dit.  C’est ta tournée tous les soirs que je corrige.  Il sourit.  Et t’as pris ça où mec ?  Viens, je vais te montrer.  Y’a une nouvelle patiente dans la 312.  Toi, tu t’occupes d’elle, et moi je fais le reste qu’il me dit.  Dans la chambre, une vieille dame en piteux état, abimée par la vieillesse.  Steve prend son dossier.  Madame Chaput, c’est l’heure d’aller à la toilette.  Elle acquiesce, et se lève péniblement avec mon aide, se trainant la carcasse jusqu’à l’étroite salle de bain.  Je la tiens pendant qu’elle baisse son pantalon.  Elle tremble comme une feuille.  À moitié nue, elle gémit de douleur juste à se mettre en position.  Je lui demande si ça va.  Elle fait oui.  Je me sors la tête de la salle de bain.  Steve est là à lui faire les poches.  J’en reste ahuri.  Le culot de ce type.  Telle une petite crapule de fond de ruelle, il lui fait les poches.  Ses vêtements, son sac à main.  Il tire quelques billets en me regardant.  Il est si fier, ce gros porc.  Je retourne à la dame qui en a terminé.  Je l’aide.  Je la ramène à son lit.  Elle ne se doute de rien.  Elle nous remercie pour notre dévouement.  Steve lui fait des façons.  J’ai un peu envie de vomir.  De me battre, aussi.  D’extérioriser cet atroce sentiment d’abus, d’injustice, de lâcheté qui me tenaille le digestif.  Il vole une dame âgée, malade, probablement pauvre et seule.  Un champion.  Et moi, je dois le féliciter.  Dieu que ça va sonner faux.  Bravo Steve.  Combien t’as eu ?   Il me montre les 80 $.  T’es rusé que je lui dis.  Il est content,  comme l’enfant qui montre son dessin à papa.  Il m’explique que l’idéal, c’est les gens âgés en occupation simple.  Parce que les gens âgés, contrairement au plus jeune, n’adhèrent pas au concept d’achat par carte, et conséquemment, tiennent encore beaucoup de liquide.  Sans compter qu’ils sont un peu dans la brume, pour la plupart, ce qui facilite les choses.  Brillant.  Une belle théorie.
 
Le médecin de garde est avec moi.  Il est chouette.  On échange des paroles.  Il me parle des patients de l’étage, de cet homme à qui il n’en reste plus pour longtemps.  Une histoire affligeante où aucun de ses enfants n’est venu le voir mourir.  Un naufragé de la famille.  Triste, en effet.  Et c’est lequel ?  La 329 qu’il dit.  Merde, Monsieur Langevin ?  Oui.  Ça me fout un frisson, un truc froid qui me longe le vertical.  Une question de jour ajoute le toubib.  Je ne sais que dire.

Écoutes vieux, y’a un type qui va crever dans la 329.  Je n’ai jamais osé me le faire parce qu’il est trop alerte.  Encore trop lucide.  Il me regarde bizarrement.  Mais toi, il t’aime bien, alors on devrait y aller.  Non.  Juste non.  Le patron dira ce qu’il veut, mais à ce moment précis, l’espion disparait.  J’ai dit non.  Mais pourquoi, il est plein de frics ce vieux tas d’os !  Steve, il va mourir.  Et alors !  Alors je ne volerai pas un mourant.  T’es chiant mec !  Steve se révolte.  Il est furieux et quitte le local.  M’en fiche.  Je veux m’en aller.

Le lendemain, je fais intrusion dans la chambre de M. Langevin.  Je lui demande s’il a besoin de quelques choses.  Oui ma bague.  Juste là sur la commode.  Un cadeau de mon grand-père que j’adorais qu’il murmure d’une voix faible.  Tu sais, je vais mourir.  Mon tour de piste est terminé.  Un homme extraordinaire, mon grand-père.  Je pars le rejoindre, et je veux porter cette bague pour le grand saut.  Je comprends M. Langevin, je comprends.  Je lui tends la bague, mais il ne la met pas à son doigt.  Il la garde dans sa paume, serrée.  Elle me fait mal parce que mes doigts sont enflés qu’il m’explique.  Je la mettrai au dernier moment.  Je lui sers un verre d’eau, et quitte la pièce.  J’ai une poussière dans l’œil.

Hey vieux !  Faut que tu viennes voir !  Steve sautille comme une truite.  Il m’ouvre la cachette.  Tu sais le vieux de la 329 ?  Celui que tu ne voulais pas voler parce qu’il mourrait ?  Et bien tu vas regretter.  Regarde-moi ça.  Le vieux avait 400 $ dans sa poche !  400 $ d’un coup !  Et regarde !  Steve me sort la bague de M. Langevin.  Je vais exploser.  

Pour le reste, laissez tomber.  L’espion, le vol, les rapports détaillés, les pièces à conviction, la perte d’emploi, l’arrestation.  Laissez tomber.  Ne vous attardez pas non plus sur l’enflure des jointures de ma main droite.  Ni sur les questions auxquelles j’ai dû répondre à propos des bosses sur le visage de Steve.  Pas plus que sur la chaudière de réprimandes du patron, et de mon renvoi potentiel de l’agence.  Oubliez tout ça.  Il y a des trucs plus importants, plus essentiels.  Comme monsieur Serge Langevin qui est mort le soir du 18 août 1997.  

Et avec sa bague au doigt. 

Illustration: Emory Allen
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http://urbania.ca/canaux/enquetes/5548/la-pourriture-recit-dun-espion-2e-partieWed, 17 Dec 2014 10:12:37 ESTÉmile Jutras-Laframboiseespionreportagehttp://urbania.ca/canaux/enquetes/5548/la-pourriture-recit-dun-espion-2e-partie
Le chialage

J'ai détesté Noël pendant longtemps. J'ai utilisé toutes les excuses: ma famille est plate, Noël c'est trop commercial, ma famille est trop petite, j'ai pas d'argent pour faire des cadeaux, j'ai de l'argent pour faire des cadeaux mais personne me fait des bonnes suggestions, Noël c'est trop religieux, le porridge est trop chaud, le porridge est trop froid.

En fait, j'ai détesté beaucoup de choses pendant beaucoup de temps. J'étais bougonne, chialeuse, pessimiste, négative. Tellement, que ça devenait drôle. Tellement, que c'est lentement mais surement devenu mon trademark. Une marque de commerce, même si c'est un trait négatif, ça fait de toi quelqu'un. Les gens disent: ben oui, Marie est comme ça. Et moi je disais: ben oui, je suis comme ça, alors je vais bien jouer mon personnage. Je vais me rouler dans la négativité, je vais vous donner le show que vous voulez. Alors je bougonnais, je chialais, j'étais pessimiste, j'étais négative. C'était cool, c'était un bon personnage à avoir. Sauf qu'un personnage, c'est temporaire. En fait: il faut que ce soit temporaire, parce que sinon, ça colle à la peau pour toute la vie.

Le personnage de la chialeuse me fait un peu penser au personnage de la bad bitch, qu'on retrouve un peu partout depuis quelque temps. C'est une façon de faire un fuck you semi-déguisé aux gens, d'être subversive tout en étant acceptée socialement. Sauf qu'en fait, le personnage de la bad bitch me fait un peu peur. Quand j'entends, par exemple, Marina & The Diamonds chanter «How to be a heartbreaker», je me dis que les millions de jeunes filles qui citent cette chanson sur Tumblr y croient, elles. Elles croient en l'archétype de la fille pas-fine qui s'assèche le coeur pour avoir l'air tough. C'est un «donnez au suivant» inversé: tu me fais mal, je fais mal à tous les autres. Tu me tiens par la barbichette, je te tiens par la barbichette pis je vais te donner un criss de grosse tapette. Ça, c'est pour le personnage de la bad bitch. Pour celui de la chialeuse, le mantra serait plutôt une citation de April dans Parks and Recreation. Ou la toune Paint It Black des Rolling Stones. Bref, les exemples dans la culture populaire ne manquent pas. Parce que ça paye d'être bougon, et pas seulement pour la carrière d'Antoine Bertrand.

D'ailleurs, du côté du divertissement, j'ai souvent refusé de regarder des comédies. Pas de films drôles, pas de shows d'humour, pas de téléséries absurdes. Moi, rire? Voyons donc, je suis trop dark pour ça. Moi, j'aime les films obscurs qui parlent des «vraies affaires», les histoires qui te hantent encore trois jours après le visionnement parce qu'elles te grattent des bobos imaginaires. Une amie à moi, ayant à peu près la même vision des choses, me faisait récemment part d'une nouvelle règle qu'elle s'était donné pour sa consommation de divertissement: ne choisir que des choses légères. Pour faire changement. Pour se donner un break de reine du chialage. Quand elle m'a dit ça, j'ai tout de suite pensé au positivisme de psycho-pop, du style Le Secret et autres patentes vendues par des gourous en jaquettes. Mais la vérité, c'est que mon amie me dit que depuis qu'elle regarde des films niaiseux avec Adam Sandler, elle se sent plus légère. Pour vrai. Il semblerait que le comique du divertissement vient peser dans la balance de sa noirceur personnelle.

Ce n'est pas fou. Après tout, pourquoi se rajouter des sources de mal-être? Quand on est une personne de nature chialeuse/pessimiste/grognonne/cynique, peut-être est-il effectivement bon de se donner un break. Parce que, même si les chialeux ont un bon public, il reste que quand les spots ne sont pas dirigés vers eux, ils se retrouvent seuls avec leurs crottes sur le coeur. Avec leur haine de la race humaine, leur écoeurantite des détails autrement banals, leur venin dirigé à n'importe quel détail de n'importe quel degré d'importance. Peut-être faut-il donc se forcer un peu pour rejoindre la lumière, tel le chanterait Nana Mouskouri. Après tout, le Grinch finit par aimer Noël. Et Grumpy Cat, lui, sourit peut-être lorsque personne ne le regarde. C'est déjà un début.
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http://urbania.ca/blog/5547/le-chialageTue, 16 Dec 2014 16:03:50 ESTMarie DarsignynégativitéchialageGrinchbloguehttp://urbania.ca/blog/5547/le-chialage
Les anecdotes de Stefano
Ce billet est présenté par  Les Éditions du Trécarré

-- Il faut que je raconte des anecdotes de restauration, Isa, pour un papier dans Urbania…
-- Raconte-leur l’épopée avec les fonctionnaires de la Ville qui t’ont fait niaiser pendant deux mois pour te donner ton permis d’alcool.
-- Je suis pas sûr que c’est une bonne idée de parler de la Ville de Montréal… J’ai quand même deux restos.
-- Ouin. Pourquoi tu racontes pas comment t’as trouvé ça dur, de faire des recettes pas italiennes dans ton nouveau livre ?

Elle parlait du livre Dans la cuisine avec Stefano Faita, conçu dans le cadre d’une émission quotidienne à la CBC et paru récemment en français. Comme je tenais à présenter au public un ouvrage varié et utile au quotidien, j’ai eu la bonne (mauvaise ?) idée de sortir de ma zone de spécialité italienne en y proposant des recettes inspirées des traditions culinaires asiatique, mexicaine, berbère et ainsi de suite… Laissez-moi vous dire que, même si mon nom de famille sonne comme fajita, je suis beaucoup plus à l’aise avec la pasta qu’avec la tortilla ! Disons que nous avons avancé à coup d’essais et d’erreurs, mais, qu’au final, ça a donné un bon livre.

-- C’est un peu plate, tu trouves pas ? Les anecdotes envoyées par les lecteurs sont plus croustillantes que ça ! 
-- Ben, va voir les cuisiniers de ton resto, alors… À la gang, ils vont sûrement réussir à te sortir des bonnes histoires.

Bonne idée ! Je me suis alors dirigé vers Impasto, le restaurant que j’ai ouvert l’an dernier en compagnie du chef Michele Forgione. Il faisait la mise en place du soir avec quelques cuisiniers de la brigade. Les serveurs préparaient la salle.

-- Eille, les gars, prenez une pause, venez prendre un café ! Avez-vous des bonnes histoires de restos à conter ? Des trucs drôles ou olé olé…
-- Mets-en ! Moi, un gars avec qui je travaillais venait de brancher un frigo à son poste de travail, mais la mise à la terre fonctionnait pas. Quand il a touché son comptoir en inox en même temps que son frigo, il s’est électrocuté et il a tellement fait le saut qu’il s’est cassé le gros orteil sur son maudit frigo. Haha !
-- Moi, je travaillais dans un resto italien un peu boboche et le gros trip du proprio, c’était de se faire donner une petite douceur buccale par la gérante en dessous du comptoir-caisse pendant que les clients payaient ! Il était pas chic. Il était vraiment fier de lui, en plus ! Quand sa femme pis ses enfants débarquaient, on trouvait ça un peu bizarre, mettons…
-- Moi, c’était dans un resto grec qui allait pas trop bien. Le chef devait avoir 102 ans et il voulait tellement couper partout qu’il réutilisait sa vieille huile à frites pour sa vinaigrette maison. Le problème, c’est qu’il buvait son 26 onces de brandy avant le service ! Café Chemineaud, genre. Une fois, une cliente avait demandé son filet mignon saignant et il l’avait servi très bien cuit, par oubli. Quand on a ramené le steak en cuisine, il a pété les plombs. Il est retourné à la table de la dame et lui a hurlé, en lançant l’assiette sur la table : « C’est trop cuit, malaka ? On n’est pas à la maison, ici ! Il est parfait, ton steak. Mange ! » Malaise généralisé dans le restaurant. Il avait bien le droit de boire, par contre, le pauvre vieux. Il faisait un peu pitié. Sa femme, la gérante, était en train de sniffer l’entreprise au complet ! Elle faisait tellement de coke que, des fois, elle saignait du nez devant les clients ! Une belle place.
-- Moi, c’était le sommelier où je travaillais qui aimait bien son petit boire. Une fois, il a fini à l’urgence pour des engelures aux pieds parce qu’il avait perdu ses bottes dans une tempête de neige en rentrant chez lui. On n’a jamais compris pourquoi et, lui, il se rappelait plus rien. 
-- Bon, ben… Merci, les boys. Je vais voir ce que je peux faire avec ça. On va quand même essayer d’éviter que des affaires de même arrivent dans notre resto !

Je suis retourné chez moi en me disant que la petite anecdote que j’avais en tête au départ était bien pépère comparativement à toutes les jolies histoires que je venais d’entendre !

En effet, j’avais d’abord pensé vous raconter mon anecdote du gâteau quand j’avais 5 ans. À l’époque, j’avais décidé de préparer moi-même un dessert pour l’anniversaire de mon oncle Rudy, en refusant toute aide extérieure. On s’entend que je ne réinventais rien en pâtisserie, mais je savais à peu près où je m’en allais pour assembler un gâteau de base s’apparentant au quatre-quarts. Voyant ma détermination, ma mère avait décidé de me laisser faire. Oh que j’étais fier de mon expertise ! Sans peur du lendemain, je cuisinais mon premier gâteau. Les convives sont arrivés et nous sommes passés à table. Fébrile, je trouvais que le repas était interminable comme la messe de minuit tellement j’avais hâte de savourer mon œuvre. Ma mère a finalement apporté le gâteau en précisant à tous que c’était moi qui l’avais préparé. En distribuant les assiettes, j’étais au sommet du monde. Tout le monde y a goûté. Un ange est passé. Il y avait quelque chose de bizarre. Puis toute la famille s’est mise à rire d’un coup. L’erreur classique : j’avais utilisé du sel au lieu du sucre dans ma préparation. C’était infect. Une excellente leçon pour le cuisinier en herbe que j’étais.

Je n’ai pas osé raconter cette mignonne petite mésaventure à mes cuisiniers du resto, de peur qu’ils me disent de retourner cuisiner avec ma mère !

C’est comiques et délicats, les cuisiniers, vous savez. 

*****

Les anecdotes de nos lecteurs: 

Il y a quelques années pendant mes études au cégep, je travaillais dans un PFK à la caisse. Une dame est revenue avec l’un de ses morceaux de poulet et celui-ci avait encore une plume! En le voyant encore attaché, tout gluant, sous la couche de panure, je n’ai pu m’empêcher d’éclater de rire! Ce n’était pas l’époque de Facebook et Instagram, mais j’aurais tellement mis ça sur un de ces réseaux sociaux!

***

Je suis serveuse depuis quelques années et j'en ai vu passer de drôles d'affaires en cuisine...

1- La fois où mon cuisinier a mis du ketchup dans le burger de mon client alors qu'il voulait tout sauf ça. Je le retourne en cuisine et au lieu d'en faire un autre, il passe la boulette à l'eau et la refait chauffer sur la plaque... 

2- La fois où la pelure du cantaloup a été laissée dans le mix à salade de fruits ! 

3- La fois où j'ai moi-même échappé tous mes contenants de ketchup que je venais tout juste de remplir et donc qui n'avaient pas leur bouchon. Imaginez la scène de ketchup PARTOUT dont dans mes yeux et cheveux... une belle journée à sentir le ketchup.

4- La fois où le cuisinier a échappé un pogo par terre et qu'il l'a remis dans la friteuse pour "enlever les saletés"... 

***

Voici une histoire qui m'est arrivée quand je travaillais dans un petit resto asiatique:

Ce jour-là, un client non-voyant me demanda de le guider jusqu'aux toilettes. Il me tient le bras, et je le guide en lui décrivant le trajet:

"Alors, à gauche, à droite, attention à la marche, à droite, je vous ouvre la porte, voilààààà, allez-y. C'est bon? Oh, j'ai failli oublier de vous allumer la lumière, c'est vrai que ça sera mieux avec."

J'allume la lumière en question, je fais entrer le client dans le cabinet, je ferme la porte, puis repars, fier de moi, avant de me rappeler que le client ne voit pas. Malaise...

***

Au resto où je travaille, les cuisiniers sont des tannants. Dernièrement, ils ont ramassé 3-4 cannes de nourriture pour chats, ils les ont mises en boules, panées, sacré dans la friteuse et servies avec des légumes pis d'la sauce aux serveurs pour leur repas d’employé. On a eu que des bons commentaires et des remerciements. Ce soir-là, j'ai vu des cuisiniers brailler de rire dans le dish pit


Je travaille dans un théâtre ou l'on sert des banquets. De mon poste au bar, j’ai la chance de voir tout ce qui est imaginable de se faire dans le milieu de la restauration. Par exemple... Ce samedi-là, on recevait des étudiants d'Université. Le cocktail était prévu pour 18h. Réputés pour faire le party, les étudiants nous ont montré de quoi ils étaient capables. Après une heure et demie en salle à manger, on ramassait le premier vomi jusqu’au lavabo de la salle de bain des hommes. On se demandait pourquoi autant de monde était malade. La réponse était pourtant si simple : ils mélangeaient le vin rouge avec le blanc pour faire du rosé vu qu'on en avait pas sur la carte des vins...

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Vous avez d'autres histoires? N'hésitez pas à nous en faire part dans les commentaires! 

Crédit photo: Darren Goldtein, Vanessa Heins et Tim Leyes

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http://urbania.ca/blog/5546/les-anecdotes-de-stefanoTue, 16 Dec 2014 12:14:35 ESTStefano Faitabloguehttp://urbania.ca/blog/5546/les-anecdotes-de-stefano
Joyeux Noël sucre d’orge

À l’aube de cette fin d’année, je t’écris quelques mots d’abord pour te souhaiter un joyeux Noël. Je me disais qu’en ce temps de recueillement, tu méritais un peu mieux du camp du oui que des menaces de mort.  

L’année 2014 en aura été une très productive pour toi : ta propre télésérie. Un one-man-show applaudi à travers la province. Un Olivier. Un Gémeau. Le succès sourit aux gens talentueux et ce beau bouquet de réussites en est probablement la preuve.

Je ne saurais toutefois éviter le sujet du controversé cadeau de Noël que tu as si sagement demandé il y a quelques semaines. En enfant gâté, tu l’as même reçu bien à l’avance. À peine rendu à mi-chemin dans notre calendrier de l’avent, tu as obtenu cette plainte de l’OQLF qui t’aura, comme anticipé, fait office de publicité des semaines durant. 

Force est d’admettre que la stratégie, sur le plan marketing, a été fructueuse. La controverse t’aura permis de vendre un peu plus de billets. Sur le plan créatif, je salue aussi l’effort. L’usage de l’anglais dans ce contexte était assez ingénieux, puisqu’il permettait à la forme et le fond de se rejoindre. J’ai trouvé la publicité audacieuse et certainement subversive. 

Mais j’ai pas vraiment aimé.

Faut dire que je n’étais pas ton public cible. Toi et moi, on ne se ressemble en rien. Tu as grandi dans Côte-des-Neiges, quartier déjà assez multiethnique au moment de ta naissance. T’es assez vieux pour avoir connu deux référendums, et même pour avoir milité pour le maintien fédéral en 1995. 

Moi en 1995, j’apprenais tout juste à écrire en lettres attachées. Je commençais l’école à Saint-Georges de Beauce, là où multiethnicité est un qualificatif qu’on pouvait seulement prêter au resto chinois sur la première avenue. Tu l’auras deviné, il s’agit d’une ville unilingue francophone. L’enfant de la loi 101 que je suis a grandi à plusieurs heures de route des tensions entre les deux solitudes.

C’est une chose acceptable de se moquer de la loi 101. C’en est une autre de se positionner au-dessus de celle-ci en grand bourgeois. J’ai trouvé ça mesquin de tourner en dérision une institution aussi importante, pilier de la société québécoise, dans un contexte où le français bat de l’aile. Mais liberté d’expression oblige, rien ne pourra t’empêcher de faire de l’argent en capitalisant sur ce bobo que tu aimes tant gratter. 

De toute façon, je dois t’avouer que je suis de ceux qu’on étiquette souvent en «frileux» qui ne pense pas qu’on peut rire de tout. Je crois pourtant, et c’est à ta défense, qu’on peut bien rire de la politique et peut-être aussi des mouvements sociaux. Tu le fais très bien. 

C’est donc pas tant la publicité que j’ai détestée mais plus le faux débat qu’elle allait nécessairement engendrer. Tout le monde, incluant les chroniqueurs politiques, qui étend leur opinion sur la question linguistique. D’autres humoristes qui récupèrent ton gag. Le sujet d’une grande discussion familiale enflammée autour de la dinde de Noël. Probablement que le Bye-Bye en fera un sketch de type Epic Rap Battle entre toi et Mathieu Bock-Côté. Qu’est-ce qui va ressortir de tout ça? Bof. Pas grand-chose. Le débat n’avance pas. On va revoir les mêmes arguments remâchés. 

Dont celui que je déteste le plus : l’occasion, pour une énième fois, de raccrocher bien à la vue ce vieux portrait au vitriol des indépendantistes, dépeints en protectionnistes repliés sur eux-mêmes.

Puisque certains, toi y inclus, ont réduit ce coup de pub en un simple piège à con à nationalistes. J’ai sacré car encore une fois, on véhiculerait une fausse idée de ce que représente le combat pour la protection du français. Encore une fois, on l’associerait de facto à un nationalisme xénophobe.

Falardeau disait que défendre le français, c’est défendre toutes les langues du monde. En francophile je ne supporte pas qu’on attaque une langue déjà affaiblie parce que je crains de la voir disparaître. Je ne pense pas que cette peur soit irrationnelle. Le Québec est une chaloupe francophone qui brave les intempéries d’un océan anglais, et qui perd peu à peu ses rames.

Mais il existe une nouvelle voix chez les indépendantistes. Celle de ma génération, née dans la loi 101, pourtant ouverte et branchée sur le monde. Fasciné par l’autre, animé par un désir de communiquer avec celle-lui. Quand la loi 101 est apparue, on disait qu’elle priverait les Québécois de voyager, de s’exprimer avec l’étranger. C’est tout le contraire qui s’est produit : elle leur a permis de voyager et de partager la diversité. 

Je suis bilingue. Ma blonde est anglophone. J’ai vécu trois ans dans une résidence universitaire multiethnique où on retrouvait plus de saveurs dans le frigo collectif qu’au Buffet des continents. J’ai voyagé. J’ai fait la promotion du français. 

Je continue de le faire systématiquement. Pour sa poésie. Pour sa précision. Par souci de préserver cette richesse. Parce que certaines expressions avec une signification si fine n’existent seulement que dans l’imaginaire francophone (comme c’est la même chose pour d’autres mots en anglais, en allemand, en espagnol, etc.) 

Ce serait un abrutissement collectif que de s’en priver graduellement. Aussi parce que j’aime faire découvrir une culture différente quand je voyage et quand je reçois. Car je souhaite être dépaysé. 

Ta publicité était-elle une menace à tout cela? Probablement que non. Mais elle n’était pas inoffensive. Je suis suffisamment lucide pour apprécier l’apport de la loi 101; une qui contredit l’Histoire. L’Histoire qui a réservé jusqu’ici un triste sort aux langues minoritaires en contexte de coexistence linguistique.

Tu sais ce que permet notamment la survie du français en Amérique, Sammy?

Prenons en exemple un jeune humoriste talentueux et polyglotte. Il connait sa part de succès dans un milieu anglophone, mais peine à se démarquer dans la masse, parmi des milliers d’autres jeunes comiques. 

Si sa carrière vient qu’à battre de l’aile pour cette raison, il peut aller voir ailleurs. Profiter d’une autre vitrine, avec un répertoire culturel différent, un vocabulaire renouvelé et un public nouveau. 

Et connaître un succès inédit jusque-là. 

Joyeux Noël. 

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http://urbania.ca/blog/5545/joyeux-noel-sucre-d-orgeTue, 16 Dec 2014 11:57:27 ESTKeven Bretonsugar sammybloguehttp://urbania.ca/blog/5545/joyeux-noel-sucre-d-orge
Hobes Hernandez, pirate de Montréal Pourquoi vous habillez-vous en pirate?
À l’âge de cinq ans, j’ai perdu une jambe dans un accident d’auto. Je me faisais beaucoup regarder pour ça. J’ai eu envie de faire un personnage de moi-même avec ça. Depuis ce temps-là, les gens me regardent aussi, mais pour d’autres raisons. 

Quand est-ce que ça a commencé?
J’ai commencé il y a 20 ans à me déguiser en pirate pour l’Halloween. Les gens trouvaient mes costumes très originaux. Une fois, même, je m’étais fait une vraie jambe de bois. Mais depuis sept ans, je m’habille en pirate tous les jours. Je fais tout en pirate. Ça fait partie de qui je suis. 

Quelle est la réaction des gens quand ils vous voient? 
Ils trouvent ça original. Il y a des gens qui pensent que je suis fou, mais ça ne me dérange pas. Sauf que pour trouver un appartement, c’est plus difficile. Et à l’aéroport, quand je me promène avec mes fausses armes de pirate, ça ne passe pas vraiment. Je dois les mettre dans ma valise. 

Est-ce que c’est bizarre pour la personne qui partage sa vie avec vous?
Je suis un pirate célibataire! Je ne suis pas disponible pour une femme, je suis disponible pour toutes! On est comme ça les pirates, on aime une vie courte, mais remplie de plaisirs! 

Est-ce qu’il vous arrive de lâcher un «arrr»?
Non, ça ne me ressemble pas. Je ne porte pas non plus de patche sur mon œil, parce que je n’en ai pas besoin. Il m’arrive de le faire quand on me le demande pour un contrat ou une fête d’enfants, mais sinon, c’est pas moi. 

Est-ce que vous faites d’autres activités de pirates, comme chercher des trésors ou attaquer des bateaux? 
Le trésor, je l’ai trouvé à l’intérieur de moi : la paix. Pour le reste, tous les immigrants comme moi sont des pirates, parce que si tu regardes la définition de ce qu’est un pirate, c’est quelqu’un qui voyage pour trouver une meilleure vie. Moi, ici, j’aimerais ouvrir un musée de pirates. 

Et il y aurait quoi dedans?
Des armes, des boulets de canon, des trésors. Ça prend de la place et il m’en manque! 

Et votre affiche de pirate, c’est pourquoi?
C’est pour me faire de la publicité pour les fêtes d’enfants. Mais aussi pour mon plaisir parce que j’aime beaucoup mon personnage. Je m’aime trop!

Photo: Daphné Caron
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http://urbania.ca/canaux/enquetes/5544/hobes-hernandez-pirate-de-montrealTue, 16 Dec 2014 09:58:27 ESTJudith Lussierpiratepirate de montréalJournal Métroreportagehttp://urbania.ca/canaux/enquetes/5544/hobes-hernandez-pirate-de-montreal
L’indépendantisme au temps de la répression : Le cas du Pays basqueC’est au terme d’un voyage de huit heures en train que je suis finalement débarqué à Bilbao. C’est le cœur gros que j’ai dû quitter Barcelone, mais Bilbao aura tôt fait de me consoler! À l’instar de plusieurs autres villes européennes, les splendeurs architecturales de la ville basque ne sont pas sans nous rappeler qu’à Montréal, la vision et l’audace de nos promoteurs immobiliers et de nos élus en matière d’architecture font piètre figure. Enfin bref, inutile de tourner le fer dans la plaie, passons au vif du sujet.

Car, s’il est une raison pour laquelle je me suis rendu au Pays basque, c’est non pas pour profiter des plages chaudes et réconfortantes de San Sebastián, mais bien pour rencontrer de jeunes indépendantistes. Et tout comme en Catalogne, cette quête fut relativement facile! 

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Les similitudes entre le Pays basque et la Catalogne sont par ailleurs assez nombreuses. Outre le fait d’avoir vu un regain de leur mouvement indépendantiste au cours des dernières années, de posséder une culture et une histoire qui soient distinctes du reste de l’Espagne, ces deux États auront également fait les frais de la dictature de Franco pendant près de quatre décennies, ce qui, doit-on le mentionner, n’est pas sans avoir créé une certaine solidarité entre les deux peuples.

Toutefois, le cas du Pays basque est plus complexe que celui de la Catalogne. Le grand rêve des indépendantistes basques serait de fonder un pays avec les délimitations historiques du Pays basque, délimitations qui recoupent, entre autres, une partie du sud-ouest de la France.

En effet, le Pays basque traditionnel, c’est sept provinces réparties en trois entités politiques distinctes : le Labourd, la Soule, la Basse-Navarre (Pays basque français), la Biscaye, l'Alava et le Guipuscoa (Communauté autonome du Pays basque ou Euskadi) et finalement la Navarre. En somme, c’est un peu plus de trois millions de personnes réparties sur un territoire 80 fois plus petit que le Québec.

Or, si l’indépendance semble la voie privilégiée pour un nombre croissant de Basques espagnols, il serait faux d’en dire autant des Basques français. Il faut dire que la culture basque du côté français n’a pas résisté à l’usure du temps et au diktat des dirigeants politiques avec le même acharnement que du côté espagnol. La loi de 1902 interdisant l’usage de langue régionale et de patois en France y aura certes été pour beaucoup.

De plus, en ces temps d’incertitude économique, quitter l’Espagne, pays durement touché par la crise et par les récessions successives, est sans doute moins risqué économiquement que de quitter la France. Enfin, c’est ma perception des choses!

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Alors, verra-t-on un jour les trois entités politiques se réunir au sein d’un même État indépendant? Du moins, les Basques que j’ai rencontrés y croient. Alex, jeune militant indépendantiste, me disait que le plan de match le plus réaliste à l’heure actuelle serait l’indépendance de l’Euskadi (Pays basque espagnol), lequel tenterait par la suite, une fois indépendant, de convaincre ses confrères et consœurs de la Navarre et du côté français de les rejoindre au sein de cette nouvelle entité basque. D’une certaine façon, on espère que les vapes de la liberté seraient si douces à humer que d’aucuns ne pourraient y renoncer.

Beau projet en perspective, mais encore faut-il que les indépendantistes basques prennent le pouvoir. Car historiquement, le principal obstacle au mouvement indépendantiste basque a été d’exister politiquement. En effet, chaque fois que des partis politiques ont tenté de se former, le gouvernement espagnol les a déclarés illégaux sous prétexte qu’ils auraient entretenu des liens avec le groupe armée ETA (Euskadi Ta Askatasuna, ce qui veut dire le Pays basque et sa liberté).

Depuis trois ans toutefois, l’ETA, qui est tenu pour responsable de la mort de 829 personnes en 50 ans de lutte armée pour l’indépendance du Pays basque, a renoncé définitivement à la violence. En effet, il est désormais acquis chez une majorité de Basques que la lutte à l’indépendance devra passer par des moyens démocratiques. Conséquemment, cette renonciation à la violence a amené 6 juges sur 11 du Tribunal constitutionnel espagnol à se prononcer, en 2012, sur la légalisation d’un de ces partis, le Sortu

C’est d’ailleurs dans ce vent de légalisation qu’aux dernières élections, la coalition Euskal Herria Bildu (qu’on pourrait traduire par Réunir le Pays basque) a réussi à faire élire 21 députés indépendantistes sur 75 au Parlement basque. Pas mal pour un nouveau parti!

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Certes, l’indépendance du Pays basque n’est pas pour demain. Alex me disait qu’il s’agissait d’un objectif à moyen ou long terme, échéance que l’indépendance (prochaine?) de la Catalogne pourrait toutefois accélérer. C’est donc avec beaucoup d’intérêt (et de déception) que les indépendantistes basques ont suivi les processus menant au référendum en Écosse et à la consultation populaire en Catalogne. 

Or, d’ici à ce que survienne le Grand soir, les Basques en sont à préparer le terrain. En effet, bien que Bilbao ne soit pas la ville où l’appui à l’indépendance soit le plus marqué, il n’en demeure pas moins qu’il est plutôt difficile d’ignorer la présence d’un fort mouvement prônant l’indépendance de la région.  

En ce sens, Adriano, un Basque habitant aujourd’hui au Québec, m’a offert une visite privilégiée du Bilbao indépendantiste. Au menu, soirée musique-poésie (avec en prime un cover en basque de Marianne de Leonard Cohen), bouffe et boissons locales et bien sûr, bar indépendantiste (le nom du bar était le Herriko taberna ce qui veut dire La taverne du peuple)!

Souvent présents de façon assez discrète, les bars indépendantistes basques ont ceci de particulier qu’ils s’affichent ouvertement en faveur de l’indépendance, mais aussi en faveur de l’obtention d’un statut de prisonnier politique pour les anciens membres de l’ETA aujourd’hui derrière les barreaux, statut qui, on l’aura deviné, est refusé par Madrid. Adriano m’expliquait que les indépendantistes basques luttent depuis longtemps pour que Madrid reconnaisse la nature politique du conflit ce qui permettrait aux prisonniers, entre autres choses, d’être incarcérés plus près de leur famille.

En ce sens, afin de démontrer leur soutien aux Basques emprisonnés, les murs des bars sont couverts de « photos » de prisonniers politiques basques. En fait, je dis photos, mais je devrais plutôt dire dessins. Jadis, les bars affichaient les photos des militants indépendantistes incarcérés, leur date de naissance ainsi que leurs adresses en prison de façon à ce que les sympathisants puissent leur écrire des messages d’encouragement et de soutien. Toutefois, au cours des années 2000, le gouvernement espagnol a interdit cette pratique et a fermé de nombreux bars « indépendantistes » pour cette raison. Or, de façon à contourner la « loi », on retrouve maintenant des dessins représentant le visage des prisonniers, manœuvre que tente d’interdire, encore une fois, le gouvernement espagnol.

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En somme, si au Canada les fédéralistes tentent d’anéantir le mouvement indépendantiste québécois à coups de drapeaux canadiens, de Minute du patrimoine et de lois sur la clarté qui n’a de clair que le nom, on est dans un tout autre registre en Espagne. Mes trois semaines en Catalogne et au Pays basque m’auront permis de constater que la démocratie est déficiente à bien des égards au pays de Dali et de Picasso. En fait, l’État espagnol aime se dire démocratique, et l’est sans doute à bien des égards, mais ce, seulement lorsque le peuple est d’accord avec ses dirigeants. 

Dans le cas contraire, la répression et la négation deviennent les réponses aux contestations. J’ignore combien de temps encore le gouvernement espagnol pourra refuser le droit d’exister à des peuples qui, de façon légitime et démocratique, veulent se prononcer sur leur destin collectif. Le cas de la Catalogne sera en ce sens très intéressant à suivre dans les prochains mois. Le président catalan Artur Mas a ouvert les négociations dernièrement avec les autres partis indépendantistes dans le but de déclencher des élections plébiscitaires dans la prochaine année. 2015 pourra donc nous donner certaines réponses.

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Pour ma part, c’est la fin de mon périple dans les régions indépendantistes d’Europe. Je n’aurai donc pas assisté à ce que plusieurs entrevoyaient il y a encore quelques mois, c’est-à-dire l’Automne des peuples, ce « grand » mouvement de libération nationale qui, porté par les espoirs de plusieurs, devait se solder par l’indépendance de l’Écosse et de la Catalogne. L’année 2014 se terminera donc comme elle a commencé, c’est-à-dire avec 193 pays.

Je terminerai donc avec les remerciements d’usage. D’abord, un gros merci à mes amies Julie Veillet et Karine Noel, la première ayant accepté bénévolement de corriger, critiquer et commenter mes textes, et la deuxième m'ayant obtenu une commandite pour ce voyage, commandite qui m’aura ainsi permis de m’enivrer davantage en vin rouge et en whisky.

Ensuite, je remercie Urbania de m’avoir offert cette plateforme. J’avais prévu depuis longtemps tenir un blogue pendant ce voyage, mais Urbania m’a permis d’étendre mon lectorat au-delà de mes amis et de mes connaissances! 

Enfin, je tiens sincèrement à remercier tous ceux et celles qui, de près ou de loin, ont bien voulu discuter indépendance avec moi et qui m’ont transmis l’attachement à leur région. Pour plusieurs, le combat pour l’indépendance continuera en 2015 avec une fougue similaire à celle qui les a animée dans les dernières années. Pour d’autres, comme les Écossais, l’heure est maintenant au bilan et la « redéfinition » d’un plan pour la suite des choses.

Un ancien premier ministre québécois disait un jour qu’il vient un temps où, pour un peuple, le courage et l'audace tranquilles deviennent, aux moments clés de son existence, la seule forme de prudence convenable. Si pour l’actuel gouvernement québécois ce courage et cet audace tranquille semblent se traduire par des compressions et des mesures d’austérité, lesquelles sont érigées hypocritement en projet de société, les derniers mois m’auront au moins permis de constater qu’il existe encore des peuples qui savent rêver.


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http://urbania.ca/canaux/enquetes/5542/l-independantisme-au-temps-de-la-repression-le-cas-du-pays-basqueMon, 15 Dec 2014 11:50:40 ESTJean-Benoit Bédardhttp://urbania.ca/canaux/enquetes/5542/l-independantisme-au-temps-de-la-repression-le-cas-du-pays-basque
Les joies de décembre

Heureusement, ce traumatisme sportif ne m’a pas fait détester l’hiver : je crois que c’est la meilleure saison pour déguster un chocolat chaud en pantoufles devant Maman j’ai raté l’avion et surtout, pour philosopher sur des éléments de la vie quotidienne, comme sur la beauté du mois de décembre.

La slush
Aussi connue sous le nom de gadoue, mot phare popularisé par Patrick Zabé (la gadoue doue doue, pousse l’ananas et moud le café), ou encore baptisée la sbloutche dégueulasse par l’OQLF, elle apparaît, si Dieu le veut, au début décembre. Plusieurs scientifiques se sont penchés sur l’étymologie du mot slush, et la conclusion est unanime : la slush est un hommage à la populaire Slush Puppie. À quelques différences près, la slush d’hiver est grise, un tantinet plus liquide et goûte la marde (je parle ici en connaissance de cause, car j’ai jadis reçu du jus de trottoir dans la bouche alors que je tentais de manger les flocons). Petit truc: tenez-vous loin des bords de rue, vous risqueriez de vous faire arroser par un automobiliste pressé qui vous enverrait la totalité d’une flaque semi-liquide en pleine tronche. Ne portez surtout pas de pantalons blancs, sauf si vous avez un tempérament artsy : les éclaboussures sur fond blanc ressemblent beaucoup aux œuvres de Jackson Pollock.

Comme quoi l’art est partout, même dans la gadoue.

Cours de hot yoga gratuits 
Détrompez-vous : l’hiver n’est pas synonyme de froid. Cette saison possède également son côté tropical, nommé Suons tous ensemble pour un avenir meilleur. L’exercice est simple. Prenez le métro et gardez votre tuque et manteau pendant votre trajet à l’heure de pointe. Faites la salutation au soleil et fermez vos yeux un instant. La position de l’enfant risque d’être un peu ardue dans un métro bondé, alors concentrez-vous sur votre respiration. Prenez conscience de toutes les craques de votre corps détrempées par votre Canada Goose dans un environnement à 40 degrés. Il fera chaud comme à Acapulco, mais vous ressortirez de cette séance en étant zen de corps, d’âme et d’esprit.

À noter que le forfait de la STM ne contient ni de buffet à volonté, ni de mariachis, ni de flirt avec le sauveteur latino de la plage, ni de sable din bobettes ou de piña colada dans un ananas coupé en 2.

Le look hivernal
L’hiver est la saison de prédilection pour être à son meilleur au niveau vestimentaire. Tel un inuit qui aurait suivi les conseils mode de Jean Airoldi, l’emmitoufflage dans une doudoune matelassée avec un foulard en laine enroulé 17 fois autour du cou n’épargnent personne. Le nez coule un peu/en permanence, mais évidemment, y’a jamais de kleenex à proximité pour essuyer la goutte qui pend à la narine et qui pourrait vite se transformer en gros filet de morve vert et gluant comme Plaxmol. Les bottes Sorel, même si elles étaient faites de verre, ne peuvent en aucun cas faire un pied de Cendrillon et avantager la région plantaire. Aussi, il est conseillé d’utiliser un mascara waterproof parce qu’il ne suffit que d’une bourrasque de vent et de violents flocons pour beurrer de noir les paupières. Il faut prioriser le port des cache-oreilles ou du bandeau en tricot parce que le brushing est vite scrappé avec une tuque. Tuque qui mériterait un bill chez Hydro-Québec parce qu’elle fait plus d’électricité statique que n’importe quoi.

En conclusion, l’hiver est la saison idéale pour dater.

L’épicerie des Fêtes
Parmi les idées de génie qu’un humain peut avoir, on retrouve en haut de la liste Faire l’épicerie le 23 décembre. N’est-ce pas tout à fait féérique de se retrouver dans un IGA avec 300 autres personnes qui ont eu la même idée de recette que toi et de zigzaguer entre les gens en tentant de ne pas faire tomber la dinde du voisin qui trône en équilibre sur le top de son chariot ? L’épicerie des Fêtes est aussi spéciale car elle nous rappelle qu’on est tous des chefs à domicile : on a absolument besoin de farine de blé, de millet, de coco, de sucre brun/blanc/en poudre/guernottes pour décorer des cupcakes, de 4 rouleaux de papiers cirés et de pots d’épices qu’on a déjà mais qu’on rachète, question de fraîcheur. Force est d’admettre que grâce à cette saine manière de consommer, on peut déjeuner avec de la bûche de Noël pis des shots de Baileys, dîner avec des petits pains au poulet et souper avec de la tarte au sucre. On pourrait se sentir mal suite à ce chaos intestinal, mais Jésus a aboli le sentiment de culpabilité durant les Fêtes. Merci, man. 

P.S. Force et honneur à toutes les caissières qui scannent de la mascarpone pis des pépites de chocolat pendant 8 heures.

Le sapin
Quelle joie d’affronter le vent glacial pour aller choisir un sapin qui mesure 9 pieds et demi. Pour ceux qui n’ont pas de voiture, l’option du traîneau est la solution par excellence pour trimballer ledit sapin. Pendant le chemin du retour, gare à vous, car il y a un risque très élevé que 7-8 branches sacrent le camp et que des passants aux regards menaçants vous hurlent par la tête que envahissez le trottoir. Une fois à la maison, en vous espérant sain et sauf, le constat est fabuleux: le conifère est trop grand et il n’y a pas d’autres options que d’éliminer le boute de trop avec un couteau de cuisine parce qu’aucune scie traîne dans les parages. Après 1 heure de découpe DIY, c’est le festival des brindilles de sapin qui parsèmeront le plancher jusqu’en 2018. 

Puis, vient la meilleure partie de toute l’histoire : décorer le sapin avec des vieilles décorations de 1995 telles que des casse-noisettes miniatures en bois grugés par l’humidité, un petit ange en céramique pu d’ailes et des lumières du Dollarama qui fonctionnent à moitié. Puisque rien n’a de valeur tant que ce n’est pas publié sur les réseaux sociaux, il faut prendre le résultat final en photo et ce, sous tous les angles possibles avant d’envahir le fil d’actualité de tous sur Instagram et Facebook. 

Conseil d’ami : ne jalousez pas le sapin des autres, car comme le vieil adage le dit, « Le sapin est toujours plus vert chez le voisin ».


Je pourrais aussi écrire sur le triste retour perpétuel des paillettes sur les robes, mais ça ferait un autre 1000 mots. En attendant, n’oubliez pas que d’offrir en cadeau le cd de Noël de Joël Legendre ou un bracelet Pandora vous causera 25 ans de malheur.

Photo: Morgane Cg
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http://urbania.ca/blog/5541/les-joies-de-decembreFri, 12 Dec 2014 11:56:58 ESTGwenaëlle Scortabloguehttp://urbania.ca/blog/5541/les-joies-de-decembre
Où est Manuel?

HO!

Oh! que je viens de vous avoir avec ce magnétique portrait de Manuel Hurtubise, portrait qui appelle à la retrouvaille, au mystère et aux rapprochements. Le truc, c’est que c’est d’un autre Manuel dont j’avais envie de vous parler. C’est juste qu’il est furieusement moins vendeur du contenant (et du cardigan).

MIRADOOOOOR!
De grâce, ne quittez pas. C’est que mon Manuel (non-
Hurtubise), on s’en tamponne le coquillard sur le régulier. Moi, la première. Trop confrontant.

Mon Manuel passait son temps assis à côté de la machine à tickets, dans une station de métro près de chez moi (et probablement près de chez vous, aussi. Toute la même affaire: dépanneurs, librairies et stations de métro participantes. Tant qu’il y un rebord à dérouler, ça le fait). Mais la station près de chez moi, c’était la sienne.

Et oh! (ce billet comporte moult « oh! ») que c’était plaisant, à l’époque où je ne lui adressais mot, de me paqueter la carte Opus en le maudissant silencieusement de me fixer le baise-en-ville, à se demander si je vais lui sortir un bouquet d’hydrangées du petit trou de la machine ou cette liasse-surprise dont je n’aurai pas besoin, finalement. C’est ma tournée, mon nouare. PRENDS DONC TOUT.

C’est épouvantable. Mais ces pensées, je les ai maintes fois tricotées.
Combien de fois ai-je eu envie de lui dire, sous ses petites phrases saucées dans le vitriol et soufflées comme ma Stella (mon caniche de grain) s’en prend aux hommes – c’est-à-dire uniquement quand ils sont loin, loin, loin su’l trottoir, redevenus inoffensifs et fin prêts pour se faire servir toute qu’un chant de gorge canin doublé d’un habile jeu de palettes qui se greffe à tes pires cauchemars – lui dire, donc, que m’envoyer chez le yâbe parce que je ne lui remettais pas systématiquement mes chouclaques ou mes bons du Trésor dès que nos regards se croisaient n’aiderait pas sa grand’ cause .

Plusieurs fois.

C’est que Manuel, il était en colère. Souvent. Mi-vingtaine, je crois, il était difficile de deviner de quelle décennie il avait été expulsé, les périls de la rue ruisselant sur sa belle bette d’artiste qui en veut aux tourniquets de ne pas tourniqueter dans le sens du soulagement.

Chaque fois que j’y repense, j’ai honte. Honte de ne pas lui avoir payé une slush plus tôt. D’avoir affronté sa salve d’insultes aux trois poivres avec mon grand courage de madame qui se demande si elle a envie de s’embarquer dans le dix minutes qui s’en vient. Mais surtout honte de n’avoir cassé la glace que le jour où il rossait Fusée, son gros chien crème-brun-sale-sale.

C’est Fusée qui a fait office de pont entre Manuel et moi. Un pont de qualité, d’un ventricule à l’autre, de ma rive à la sienne. Des rives qui avaient peur de se toucher et qui branlaient sur un manche rare à la seule perspective de communiquer. Super-Poutre-less. Une excellente alternative au Pont Champlain, d’ailleurs. Je le vois déjà, avec ses belles grands’ pattes de vieux chien aux grosses fesses qui ferait pas de mal à un grillon, étalées d’un chic Montréal à sa rive-sud comme si c’était un grand cadeau, à se demander quand est-ce que c’est que tu vas te décider à sortir un cookie de ton palazzo, qu’il puisse ensuite aller se traîner le rond de cuir près de l'ilôt à recyclage spécialement aménagé à cet effet. Faudrait soumettre l’idée.

Ben oui. J’ai trouvé le courage d’affronter le pas-fin du métro le jour où il tapochait son chien. La bravoure, toi, j’en avais plein le casseau. De voir Manuel patauger dans sa misère chaque jour ne m’interpelait pas assez. Ça prenait un volet canin. Quelque chose de concret, d’inacceptable. Une souffrance illustrée napolitaine, en trois couleurs, avec des marionnettes.

Et ce jour où je suis intervenue auprès d’un Manuel (non-Hurtubise) qui frappait Fusée parce qu’il avait pilé sur son dessin, je me suis trouvée lâche, rare. Un lâche cheap. Par chance, y’avait pas de miroir à portée de pupille pour que s’immortalise mon triple menton de la honte en mon cervelet.

Une fois calmé, il en avait, des affaires, à me conter. La fatigue. L’usure. Cet orteil qu’il avait perdu cet hiver. La prison. Le dessin. Sa cachette à bananes et autres trésors. Son ostie de chien Fusée. Le gars qui veut lui casser les jarrets. Leonard Cohen. Ses rêves qu’il ne réaliserait pas, parce que life is a bitch and then you die.
C'est ben résumé, pareil.

Cap sur l’été avait les dents moins lilas, tout d’un coup. Une conversation avec Manuel, ça te replaçait le spectre de couleurs.

On a bien dû être chummés de machine à tickets pendant six mois, je crois. Parfois, Manuel allait en-d'dans, parce que quêter dans le métro, c’est comme voler des radios de char ou mettre le feu au buste de Dalida. C'est pas joli. Mais il finissait toujours par retontir, mi-guilleret, mi-détruit. C’était difficile de lire dans ses petits yeux noirs d’artiste.

Mais depuis un mois, je ne lis que le mur. Manuel est parti. Fusée aussi. Plus personne ne dessine sur une vieille feuille ou n’envoie chiaille son prochain. Parfois, y’a un monsieur qui marmonne en fixant le sol. Le contact n’est possible que si je m’étends sur le carrelage. J’y songe.

J’espère qu’il va bien (le monsieur qui marmonne, mais surtout Manuel). J’en doute fort, en fait. À grands élans de fourches brandies avec lanternes et Purell, il a dû être chassé de mon beau quartier fleuri aménagé pour les gens biens.

Pour les gens qui vivent dans le déni en achetant leurs dix tickets tout en jonglant de quel fromage ils couvriront leurs cailles, ce soir.

Je nous aime bien. On est pas mal beaux.
Mais en ce 12 du 12, y'a pas juste Chili qui a les blues.

La bise.
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http://urbania.ca/blog/5540/ou-est-manuelFri, 12 Dec 2014 10:08:23 ESTCatherine EthieritinéranceManuelMiradorcourage de madametriple menton de la hontelife is a bitch and then you dieJe nous haïsbloguehttp://urbania.ca/blog/5540/ou-est-manuel
Une vie sur la glace... en imageshttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5539/une-vie-sur-la-glace-en-imagesThu, 11 Dec 2014 16:00:08 ESTMaxim Morinreportage_mediahttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5539/une-vie-sur-la-glace-en-imagesCher toi,

Par où commencer pour savoir par où finir?

J’ai jamais été bon avec les adieux. Normalement, t’arrêtes d’appeler, ou de répondre aux textos.

Mais j’peux pas juste arrêter d’écrire. J’écris encore, mais une centaine de lettres plus tard, je suis ailleurs.

La vérité, c’est que j’ai plus l’temps nécessaire pour que ce soit aussi bon que je voudrais.

J'suis pas tanné de t’écrire, à toi. Ou pour Urbania.

La vérité, c’est que le gars des lettres est devenu plus gros que moi. On t’arrête dans la rue pour te parler de la fille aux asperges, on te donne des œufs Kinder.

On t’écrit pour te dire que l’ex était violent. Que le suicide a longtemps été une option. Que c’est dur d’être gros. Qu’on va arrêter de texter la blonde, qu’on va appeler à la place. Qu’on vient de lâcher sa job.

On t’écrit pour te dire que c’est bon. Pis des fois pour t’engueuler parce qu’on trouve ça moins bon. Mais c’est pas grave, parce qu’on t’écrit pareil. Pis c’est ça qui compte.

On t’envoie des photos de verres de jus de pamplemousse. Un gars m’a envoyé une vidéo de sa blonde qui atchoume 6 fois de suite.

Tu te ramasses avec des insides avec des inconnus. Des gens qui ont pénétré ton esprit à travers la forme d’expression que je trouve la plus intime : l’écriture.

Pis ils réciproquent. C’est pas unidirectionnel.

Et c’est ça qui te crisse une boule dans la gorge, que le monde choisisse de lire les 900 mots que t’as alignés au lieu d’écouter de la porn. Tu vas m’dire que l’un n’exclut pas l’autre, mais quand même.

Je digresse.

En 2012, écrire pour vivre, j’osais même pas y rêver. J’étais dans mon cubicule. Avec ma moustache laitte.

Avec toi, j’ai trouvé.

Merci de lire. Le gars dans le cubicule en sera jamais assez reconnaissant.

Bien à toi,

Rabii :) xx



crédit photo: mon ex-collègue Evens.
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http://urbania.ca/blog/5538/cher-toiThu, 11 Dec 2014 12:25:41 ESTRabii Rammalpetit cubiculemoustache laitteKinder Surprisela dernièrebloguehttp://urbania.ca/blog/5538/cher-toi
Le Noël de l’enfant cheap

Alors que la neige tombait à sa fenêtre, un p’tit enfant joufflu regardait les étoiles en attendant avec impatience l’arrivée de son cadeau tant espéré. Pour augmenter ses chances de l’obtenir, il en avait fait mention dans une lettre envoyée directement au pays dont le code postal est le HOH OHO.  Il rêvait à cet endroit mythique où tout est magique. Il s’imaginait un monde irréel où la réalité côtoie le fantastique. 

Pendant ce temps, à l’usine du Père Noël, les lutins sur la coke achevaient d’emballer les derniers cadeaux et Mère Noël, AKA Denise Bombardier, était en feu sur la dactylo pour terminer ses trop intenses cartes de Noël: 

Songe trompeur d'une nuit étoilée.
Malgré les ripostes de ton foie face à la dinde, 
puisse la chair de cet animal te combler de bonheur...

La production de l'usine allait bon train. Le VP, lutin Harper, avait fait installer un amplificateur de GES pour assouvir son fétichisme malsain de la fumée noire. À l’extrémité du bâtiment, dans la piscine de lait, nageait avec ses Swim-Aid, le bonhomme en pain d'épices Gaétan Barette : le biscuit avec des gros os et un problème de glande thyroïde. L’ambiance était à la fête! La chorale de pingouins avec Jim Corcoran comme lead singer chantait Shake it off et les rênes buvaient des shots de Caribou en se distrayant sur Tinder.

Papa Noël, pas loin du burnout, était à la fois fébrile et craintif. Évidemment, cette journée de l’année lui procurait un sentiment de devoir accompli, mais il espérait surtout ne pas encore tomber sur des osties de biscuits sans gluten accompagnés d’un verre de lait d’amande tiède. Heureusement, il avait dans son sac plusieurs albums de Noël de Marc Hervieux pour se venger. 

Quelques minutes avant le départ officiel, la porte de l’usine s’ouvrit violemment pour laisser entrer un vent magique où virevolta au-dessus de la mêlée une enveloppe brune. À l’intérieur s’y trouvait une lettre écrite d’une main malhabile où l’on pouvait lire:



Aucune signature, aucune adresse de retour. Mais qui pouvait donc demander une chose aussi plate et singulière qu’une province en bonne santé financière?

« Que Diable vais-je offrir à cet enfant qui a visiblement été allaité en public lors de ses premiers mois d’existence? », se demanda le Père Noël. 

Il eut un éclair de génie. Il se souvint qu’il avait, cachée sous une tonne d’objets scrap, une calculatrice magique dont la somme était toujours égale à 0. D’ailleurs, cette même calculatrice lui avait sauvé la peau lors de son premier divorce avec Michèle Richard: Miss fée des glaces 1973.

Challengé plus que jamais et déterminé à trouver l’auteur mystère, il décida de modifier sa run de bébelles, puis sauta dans son traîneau hybride. Fin renard, il se dit que tous les moyens étaient bons pour le retrouver.  Il décida donc de publier une annonce sur Kijiji et de la mettre sur Instagram avec un hashtag de désespoir.  

Le seul indice qu’il avait sous la main était le logo du parti Libéral qui apparaissait sur le coin droit de l’enveloppe. Il confia donc la mission à son ami elfe Claude Poirier, un enquêteur freelance avec des difficultés d’allocution. L’elfe à l’haleine de cigarette ne mit pas beaucoup de temps avant de le retrouver grâce à sa boîte vocale féérique. Tout portait à croire que le propriétaire de la petite main qui avait écrit cette lettre se trouvait au Parlement de Québec. Tous deux s’y rendirent.

Arrivés sur place, quelle ne fut pas leur surprise de tomber face à face avec le p’tit Couillard. Celui qui, l’année auparavant, avait tenté d’abolir les festivités du temps des Fêtes sous prétexte que les napkins étaient trop chers. Décidé à repartir en 5e vitesse et à laisser l’enfant ingrat pantois, Père Noël se souvint que tous les enfants de la Terre méritaient un cadeau le 24 décembre, même un gamin dont le mot préféré était « austérité ». Il plongea la main dans son sac, écarta la calculatrice du revers de la main et en ressortit un DVD de l’Auberge du chien noir.

La seule chose qui sortit de la bouche du p’tit Couillard fut :« C’est pas ça que je voulais, gros épais! Je te gage que la petite Lily Thibault va avoir ce qu’elle voulait, elle : 700 000$ de permanentes chez la kéffeuse! » 

MORALE DE L’HISTOIRE:

Le Père Noël n’aime pas beaucoup les biscuits sans gluten. 



Pour oublier ton relevé de carte de crédit et continuer à vivre dans le déni: notre page Facebook

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http://urbania.ca/blog/5537/le-noel-de-l-enfant-cheapThu, 11 Dec 2014 09:51:28 ESTLes filles ne rient jamaisconte de noelbloguehttp://urbania.ca/blog/5537/le-noel-de-l-enfant-cheap
Il est heureux. Il est juste heureux. - Portraits de Montréal














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http://urbania.ca/blog/5536/il-est-heureux-il-est-juste-heureux-portraits-de-montrealWed, 10 Dec 2014 13:45:57 ESTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5536/il-est-heureux-il-est-juste-heureux-portraits-de-montreal