Urbania - canauxhttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationThu, 24 Jul 2014 13:44:21 EDT60Chère fille qui aurait dû mentir pour garder sa job,

Sans approuver, je comprends : t’as sorti la vérité inacceptable quand t’aurais juste pu sortir un mensonge acceptable.

Si j’avais une vraie job et que je gérais des gens, je me contenterais avec plaisir de mensonges classiques impliquant une batterie de téléphone en carence de lithium qui a empêché ton alarme de te réanimer à l’heure voulue.

J’préfèrerais de loin ça à ce que tu lui as servi. Je cite mot pour mot :

« J’m’excuse; je sais pas c’qui s’est passé. On a bu hier pis j’feel pas. (Pause) Ouache (seconde pause) j’ai du vomi sec dans les cheveux. J’m’excuse. »

C’qui m’aurait choqué, c’est pas la brosse de la veille, mais plutôt l’arrogance éhontée de ta vérité.

Parce que des fois c’est arrogant, la vérité. C’est effronté.

Pis ça gosse, parce que depuis qu’on est enfant, on nous fait croire que l’honnêteté paie.

Au primaire, on nous racontait la fameuse histoire de George Washington. Comme quoi quand y’était kid, y’a abattu le cerisier de son père.

Pis quand son père l’a confronté en lui demandant « What the fuck George? Y’est où mon esti d’cerisier? », George lui aurait répondu : « Je ne peux pas mentir; j’ai coupé le cerisier. »

Quand Madame Cayer-Gohier nous a raconté cette histoire, j’ai eu une révélation.

J’me suis dis que si George Washington a eu le courage d’avouer son implication dans une affaire aussi capitale que la mort d’un arbre fruitier, rien ne m’empêche à moi d’avouer à ma mère que c’est moi qui mouille mon lit et pas « le lutin de la nuit », qui fut pendant des années le bouc émissaire de mes involontaires mictions nocturnes.

Quelques années plus tard, je découvre que l’histoire du cerisier de George est fausse. Que c’est un pasteur qui s’appelle Mason Weems qui l’a inventée.

Le moment d’honnêteté le plus populaire de l’Histoire est un mensonge.

Peut-être que Jack Nicholson avait raison quand il s’est écrié « You can’t handle the truth » dans A Few Good Men.

Peut-être que c’est vrai qu’on peut pas toujours supporter la vérité.

Et c’est peut-être pour ça qu’on dit « s’cuse j’me suis endormi » au lieu de dire « j’étais réveillé, j’ai vu ton texte et je l’ai intentionnellement ignoré. En fait, la vérité c’est que j’te parle juste quand j’m’emmerde. »

Qu’au lieu de dire « peut-être aurais-tu une infection; ça sent bizarre » on dit rien. Parce que y’a AUCUNE bonne façon de dire ça.

C’est peut-être pour ça qu’on dit « wow… (vomi dans la bouche) les nouvelles couleurs de ton condo sont… éclatantes » au lieu de dire « ouache ». Rien d’autre. Juste « ouache ».

C’est peut-être pour ça qu’on dit « désolé, le timing est pas bon » au lieu de dire « t’as plus d’attitude qu’une sacoche Michael Kors. Tu pourrais être plus sympathique et moins parler de toi. C’est peut-être pour ça que tes 11 dernières premières dates se sont soldées par un lit occupé à seulement 50% de sa superficie fornicable. »

Qu’on dit « j’peux pas rentrer; j’suis malade » au lieu de dire « j’m’en vais à La Ronde. J'm'en fous d'attendre des heures en file derrière des ados qui puent, j’ai besoin de décrocher. »

Ou pire : « Je suis pas rentré parce que j’ai brossé. »

J’vais dire comme ton boss : bonne continuation.

Et la prochaine fois, peut-être auras-tu la décence de mentir.

Bien à toi,

Rabii :)

PS. Maman, c’est moi qui mouillais mon lit. J’ai inventé « le lutin de la nuit ». Je sais que c’est difficile à croire, mais il n’a jamais existé.


crédit photo: Antoine Ryan]]>
http://urbania.ca/blog/5231/chere-fille-qui-aurait-du-mentir-pour-garder-sa-jobThu, 24 Jul 2014 11:49:55 EDTRabii RammalY’est où mon esti d’cerisier? george washingtonJack Nicholson juste Michael Korsla décence de mentirmensongele lutin de la nuitbloguehttp://urbania.ca/blog/5231/chere-fille-qui-aurait-du-mentir-pour-garder-sa-job
Les larmes, ça goûte salé

À cette période de ma vie, comment dire, j’étais « en phase » avec mes émotions. D’où la sérénité, je crois. J’avais décidé de les laisser vivre, être, se déployer. De les trouver légitimes. Et j’avais à côté de moi un homme – pas le plus empathique, pas le plus sensible pourtant– qui a su accueillir mon chagrin d’une façon dont je lui serai toujours reconnaissante. En m’ouvrant ses bras. En ne disant presque rien. En laissant couler la source… Il n’y avait que cela à faire. Ce deuil a été, en quelque sorte, doux. En grande partie grâce à Alex. 

Dix ans après la mort de mon père – exactement 10 ans après,  je le réalise en l’écrivant– deux enfants en plus sous mes jupes, j’ai dû faire face à un autre deuil. Celui d’Alex. Qui n’est pas mort (Dieu merci), mais de qui je me suis séparée. Volontairement. Parce que ça ne marchait plus. Parce que l’atmosphère de notre maison était devenue toxique. Comment? Pourquoi? Qui peut expliquer cette évolution si imperceptible des couples qui éclatent? Au fil des choix, des difficultés professionnelles et personnelles que nous avons traversées, nos patterns, nos façons d’être ensemble, de se parler, se sont détériorées, jusqu’à empoisonner l’air ambiant. Ce n’était plus possible de rester dans cette soupe-là. Ni pour lui ni pour moi. Et ça aurait été néfaste, à long terme, pour les enfants, sans nul doute.

La décision n’a pas été facile à prendre. Mais quand elle a été prise (d’un commun accord), j’ai ressenti un grand soulagement. Je me souviens être allée jogger, un soir de juin, juste après notre discussion décidant de la séparation, et m’être sentie tellement LIBÉRÉE. Je ne courais pas, je volais sur la piste cyclable de la rue St-Zotique. Quelques mois plus tard, le ressac est venu. Il fallait bien qu’il vienne. Mais je n’ai pas compris tout de suite – contrairement à  dix ans plus tôt - que j’avais le droit (le devoir, même) d’être en deuil. De pleurer comme une madeleine ce couple que j’avais tant aimé former avec Alex, quand ça allait bien. Un petit couple d’abord soudé autour du désir de découvrir le monde. Un jeune couple plus tard uni dans l’éblouissement parental. Il fallait pleurer aussi les amis communs, la belle-famille, la cellule familiale…

Au lieu de cela, je voulais aller bien. Il FALLAIT que j’aille bien. Pour les enfants, pour moi. Je m’en voulais de ne pas aller bien. Et plus je m’en voulais de ne pas aller bien, moins j’allais bien – c’est clair. Mes émotions légitimes non vécues, comme souvent, ont pris le chemin de l’anxiété (pour certains, ça passe plutôt par la colère ou la dépression). Ça a été bien plus dur et bien plus long que si je m’étais laissée pleurer, je crois. Mais cette fois, je n’avais pas tes bras, Alex, pour pleurer dedans. Pas ton torse pour accueillir mes sanglots, en pleine nuit. C’est pas pareil, un lit vide, pour vivre un deuil. Oh, une fois, je me souviens, quelques mois après la séparation, tu m’as laissée pleurer dans tes bras, tu portais ton manteau d’hiver noir. Ça m’a fait tellement de bien de pouvoir déposer un instant mon lourd fardeau salé…

Le plus dur, pour moi, sans aucun doute, ça a été de m’habituer à ne pas avoir les enfants tout le temps. C’était atroce. Je commençais à angoisser trois jours avant que n’arrive ma fin de semaine sans enfant. Le vendredi, quand je te les laissais, je rentrais chez moi paralysée, comme morte, jusqu’au lundi. Voulant m’aider, mes proches me disaient : « Ben voyons donc!, profites-en! Amuse-toi! Fais des choses que tu aimes! » Du coup, ils me faisaient sentir anormale de ne pas être capable d’en « profiter ». Ce qui augmentait mon malaise et mon anxiété. Il eut mieux valu qu’ils me disent : « pleure, pleure, pleure, pleure… On est là. On sera là.» Mais on n’a pas trop cette relation-là avec la douleur, dans la famille. Faut que ça passe! Et vite! Parce que c’est dangereusement contagieux, les larmes, chez nous. (Et n’y a-t-il pas un danger de couler au fond de l’eau, si l’on pleure trop?)

Dans les livres que j’ai lus sur la séparation, on dit que ça prend environ deux ans pour se remettre d’un tel deuil. Ça fait deux ans ce mois-ci que j’ai quitté notre appart, qu’on vit la garde partagée. Ça va BEAUCOUP beaucoup mieux. Le temps finit par adoucir les choses, c’est vrai. Ça prend aussi une bonne psy. Et beaucoup de larmes. Que j’ai fini par réussir à laisser couler sans me juger… (Et sans faire naufrage!)

Cela fait quelques mois qu’un nouvel amoureux est entré dans ma vie. C’est arrivé comme ça, de façon presqu’inattendue. Cet homme étonnant me prend comme je suis. M’accueille dans toutes mes dimensions, avec mes blessures, mon passé présent. M’appelle « ma chérie ». Répare ma table de balcon. Ne se formalise pas de mon bordel. 

Des fois, quand on fait l’amour, je pleure et nos baisers goûtent salé. Je pleure et je me sens guérir un peu plus. 

Émilie, des Rosemomz
Illustration: Pierre-Nicolas Riou
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http://urbania.ca/blog/5230/les-larmes-ca-goute-saleThu, 24 Jul 2014 09:45:52 EDTLes RoseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5230/les-larmes-ca-goute-sale
Rides de char

Parce que sans le savoir, tu as cette phrase de Kerouac dans le fond d’être : « …ébranlés en nous rendant compte que nous n’avions jamais osé faire hurler la musique comme nous l’aurions voulu et que c’était ce hurlement que nous voulions(1). » Cela fait que. Osage et hurlement. Ça se peut que tu chantes. Ben fort, aussi. Même aux feux rouges. Pis que tu danses. Des moves de bras un peu bizarres, mais c’est juste parfait. 

Moment à toé, de toé. 

Quand t’es chanceux et grayé d’amis qui valent la peine, non seulement vont-ils te suivre dans ta panoplie, mais y vont aussi te trouver cute de changer les mots que tu connais pas ou que tu les meu-meumes vite pour ne pas que ça paraisse trop, ton pas tant d’oreille. Des gens précieux qui t’embrassent dans tout ce que t’es, dans ton drôle que tu vois pas nécessairement.   

J’aime les rides de char. Ma musique de char, que je ne déclinerai pas parce que je ne l’assume pas tant. Publiquement. Avant, c’tait le père des p’tits qui conduisait tout le temps. J’avais alors le luxe de pouvoir me dénuder les pieds pis de les mettre sul tableau de bord. De manger une crèmàglace. Celui aussi de fermer un peu les yeux et de me juste laisser porter par le vrombissement du char. Vroum-vroum, u know. L’air de dormir, mais non. La tête qui erre. Qui refait sa vie à toué tournants. Avec les p’tits, la ride de char est devenue un incontournable du weekend. Une manière de les contenir, de se contenir. De prendre un grand souffle. C’tait pas tant, voire pas pantoute, une destination qui importait. C’tait juste d’être enfermés. Ensemble. Calmes. Un tas qui savait ce qui faisait pendant une heure ou deux. Triste de même. Ça a eu le grand mérite de nous faire reconnaître, à la roche près, chaque recoin des Cantons-de-l’Est. Le Fils en a développé une certaine aversion de la campagne, du loin. Ouin. Mais le vent qui balayait l’intérieur du char allégeait nos dedans d’être. Ça nous baumait la vie. 

Mais maintenant, c’est tout le temps moi qui conduis. J’ai même mon char à moi. J’avais jamais eu de char à moi. Je méprisais un peu l’heureux-de-son-char-à-lui. C’parce que je ne savais pas. J’ai eu mon permis tard pis je ne m’en suis pas vraiment servi parce que, comme je disais : père des p’tits, que j’ai toujours suspecté d’avoir acheté des voitures « manuel » pour s’assurer que je ne conduise pas tant. Fa’que peu après notre éclatement, j’ai dû me rendre à Montréal. Tuseule. J’avais la chienne. De quoi, c’pas clair, mais c’tait là. J’ai dû rouler à 90 km/h, tout le long, j’avais des crampes dans les bras tellement je serrais le volant trop fort. J’ai pas cligné des yeux, une fois. Je serrais les dents à chaque fois qu’on me dépassait. Un désagrément sur la route. Mais ce sentiment, toé. Quand je suis arrivée à la première lumière sur « University », j’aurais fait des high five à tout le monde.  J’étais habitée par la conviction que je pouvais aller partout. « Libârté, j’ai crié ton nom ». 

Quand tu conduis, c’est pas pareil que quand tu es passager, ai-je alors pleinement saisi. J’aime ce pas pareil. C’est pas juste de l’errance, se laisser porter. Y’a de l’attention, l’horizon droit devant, le oussé tu veux aller ou juste le fun des arbres qui défilent, des paysages qui changent. Des fois, j’veux pas vraiment aller quelque part. C’est pas super Kyoto, mais ça m’arrive de prendre mon char pour juste rouler. Aller ailleurs. Que chenous, que ma vie, que toute. Pis oui, la musique de ma playlist de marde joue fort, en boucle, pis je chante. Je me suis souvent tayeulée la tête de même, à défaut de pouvoir me la péter sul dash. J’ai déjà crié, aussi. Dans le sens de hurler ma vie de manière bien sentie. Pas besoin d’oreiller, de faire ça doux. Y’a pas personne que ça pouvait déranger. Le cri. 

Et ça calme, en dedans, une ride de char. Ça vide. Dans le bon sens. Je sais pas comment, mais ça m’a souvent remis l’idée à la bonne place. Dans le documentaire République : un abécédaire populaire, l’anthropologue Serge Bouchard dit un truc du genre que l’automobile, c’est le dernier refuge de « l’homme ». Un endroit où s’enfermer, où avoir la paix. Un endroit où le bonheur est pas compliqué. Faut croire que « sur la route » [tant qu’à ploguer Kerouac dans un texte qui parle de rides de char, aussi ben forcer l’affaire], on peut parfois croire que notre vie se meut davantage que ce que l’on peut et dans l’engluement du quotidien, bouncer sur cette petite illusion, ça large le sourire.  


Illustration de : Gabrielle Laïla Tittley
J’existe aussi là : Les p’tits pis moé, pis  

(1): KEROUAC, Jack. Sur la route, coll. « Folio », no 766, Paris, Gallimard, 1960, p. 404.
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http://urbania.ca/blog/5229/rides-de-charWed, 23 Jul 2014 10:16:25 EDTVéronique Grenierrideconduirekerouacroulercharbloguehttp://urbania.ca/blog/5229/rides-de-char
Prochain arrêt : femmes seulement

15h30, jeudi. À chaque arrêt s’ouvrent les portes du trolleybus qui parcourt les quelques 100 km que couvre Quito de nord en sud, afin de laisser entrer encore plus de gens. Du haut de mes 5 pieds 3, j’ai une bonne idée de la foule qui compose le bus. En Équateur, les gens sont un peu plus petits qu’au Québec, alors je me sens soudainement grande. Femmes avec enfants en bandoulière, hommes avec leur chapeau del campo bien posé sur la tête, effluves de reggeaton provenant du haut-parleur du téléphone d’un adolescent sur le chemin du retour de l’école, petite brise fraîche des montagnes de la ville qui vient donner un peu de patience dans cette chaleur du bus, où on n’a même pas besoin de se tenir à un poteau car tout le monde y est tellement serré qu’on se tombe tous un peu l’un sur l’autre, en se retenant tout en même temps… Et enfin mon arrêt, je me dégage de cette proximité forcée, je soupire de soulagement.


Ce jeu de corps à corps plutôt intime entre inconnus est l’apanage de presque tous les services de transport public du monde. Mais ici, dans la capitale équatorienne, être une femme parmi cette orgie de corps s’avère être une expérience assez insupportable. 

Chiffres à l’appui, le journal Expreso d’Équateur rapportait que 80% des femmes à Quito se disent victimes d’agressions ou d’attouchements dans les bus publics. 

Pour remédier à cette problématique, l’administration de Quito a annoncé en mai dernier que des bus exclusifs pour femmes s’ajouteraient aux parcours sous peu.  Déjà, avec un peu de chance, on aurait pu apercevoir dans la ville les taxis rosas, des taxis peinturés de rose, conduits par des femmes et accueillant des femmes seulement. Mais le projet a avorté pour des raisons plutôt obscures.

Pour le bus, le service exclusif pour femmes sera optionnel et volontaire. Quito franchit ainsi une nouvelle étape avec ses transports publics féminins. La ville veut adopter cette stratégie pour mettre un frein à la violence envers les femmes en exposant ce problème au grand jour, et en faisant comprendre que la situation est intolérable.

Suite à quelques conversations dans le bus, on a l’impression que ce projet est très bien accueilli parmi les usagers du transport. Entre quelques arrêts où la danse des corps recommence, je bavarde avec Luis et Joana, un couple qui prend le metrobus tous les jours. Les deux se réjouissent de cette annonce du gouvernement. Luis trouve que les transports ne sont pas sécuritaires pour les femmes, et qu’il est très bien de diviser les sexes pour une meilleure harmonie. Joana me confie qu’elle prendrait définitivement un bus pour femmes. Elle s’y sentirait plus en sécurité.

Mon amie d’ici, Maria, préfère parfois prendre le taxi pour éviter la surcongestion qui règne à l’intérieur des bus. «On ne se sent pas à l’aise dans les bus, il y a trop de gens, et certains en profitent soit pour te voler ou te toucher. C’est désagréable», me dit-elle.

Mais si pour certains cela semble être la fin du déséquilibre qui règne entre hommes et femmes dans les transports publics, d’autres croient qu’il est complètement illogique de ségréguer les deux sexes, et que cela ne règlera absolument rien. Pire encore, cela pourrait aggraver la situation. Jaime, urbaniste pour la ville de Quito, est de cet avis. «Il me semble que ça vient d’une vraie nécessité, que les femmes sont maltraitées et abusées dans les bus. Ce ne sont pas des abus de haut niveau, mais si quelqu’un t’approche et te touche, c’est un abus». Il croit toutefois que ce plan de la ville de Quito est une véritable discrimination. «Différencier les femmes en les séparant des hommes, ça envoie comme message que les femmes sont plus faibles, qu’elles sont inégales, qu’elles ont besoin d’être protégées».  Il me raconte qu’il est entouré de femmes remarquables autour de lui, qui n’ont jamais eu ce problème d’inégalité. Des femmes d’ici qui sont à la tête d’entreprises, qui vont de l’avant. Jaime croit que le fait de séparer les sexes donnera cette impression de discrimination à des femmes qui ne l’auraient pas ressentie auparavant. 

L’urbaniste croit également que toutes les dynamiques qui génèrent de la ségrégation, même si elles sont bien intentionnées, vont contre la réalité. «Il y a des femmes, il y a des hommes. Voici la réalité. Pourquoi diviser? Ce n’est pas naturel. Ceci a des conséquences que nous ne connaissons pas, mais que je ne veux pas voir non plus». 

Jaime croit que la solution constitue plutôt à offrir un service qui doit être « digne », c’est-à-dire qu’il y ait davantage de bus sur la route pour augmenter la fréquence de passage afin de désengorger les wagons. Jusqu’à maintenant, il n’y a pas assez de bus de toute façon pour en déléguer seulement aux femmes.



La secrétaire pour le réseau des femmes d’Équateur, Francisca Morejon, croit quant à elle que d’exclure ou de diviser les femmes des hommes ne règle en rien la question de fond qui concerne l’insécurité que vivent les femmes en Équateur. Elle explique aussi que de séparer les sexes dans le bus se révèlera un défi logistique important. Que faire quand un groupe d’amis composés de femmes et d’hommes, quand un couple hétérosexuel, quand des familles prendront le bus? Devront-ils se séparer dans divers wagons et se retrouver à la sortie, des kilomètres plus loin? Francisca est plutôt d’avis qu’il faut un travail d’éducation en profondeur, et que malgré l’intention du gouvernement de mettre au grand jour une problématique, il faut beaucoup plus qu’un message fort pour faire changer les choses.

En attendant, plusieurs caméras surveillent à l’intérieur des bus, et dans les heures de pointe, quelques policiers arpentent les wagons, contrôlant les entrées et sorties. D’autres pays d’Amérique du Sud sont confrontés au même problème d’abus envers les femmes dans les transports, et certains ont adopté cette ségrégation, comme c’est le cas du Mexique, de la Colombie, du Guatemala et du Brésil. Reste à voir ce que Quito choisira au final. En attendant, on peut se réjouir que le débat sur l’égalité des sexes suscite autant d’attention. Car même si à l’intérieur des bus l’abus envers les femmes cesse, à la sortie, la réalité sera toujours la même.
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http://urbania.ca/canaux/enquetes/5228/prochain-arret-femmes-seulementTue, 22 Jul 2014 15:57:41 EDTAlexandra Nadeauquitoreportagehttp://urbania.ca/canaux/enquetes/5228/prochain-arret-femmes-seulement
La bataille des régimes de retraite

Le Québec est au bord du précipice. Il faut régler rapidement les problèmes des régimes de retraite dans la fonction publique, sans quoi nos enfants vont y goûter. Et ne mentionnez même pas que les municipalités, les premières visées par la loi 3 du gouvernement, pourraient payer plus que les employés. Ce serait dire que l’ensemble de la population paierait pour les retraites dorées des fonctionnaires.

On sait déjà ce qu’on pense des fonctionnaires. Des gloutons.

Pourtant, avec un peu de recherche et de bonne foi, on constate que depuis l’arrivée du néo-libéralisme dans le discours des politiciens au pouvoir (Lucien Bouchard, quelqu’un?), la saignée des fonds de retraite avait bel et bien commencé. Par exemple, les chauffeurs de la STM avaient dû retourner au travail en 1999, forcés par une loi spéciale, et accepter une entente qui prévoyait le recul drastique des cotisations de l’employeur aux régimes de retraite de leurs employés.

À l’époque, la même urgence économique avait été évoquée, ces générations futures qui ont le dos large, pour exiger ces mesures draconiennes.

La situation s’est répétée dans plusieurs municipalités du Québec où les cotisations patronales ont cessé ou diminué drastiquement depuis 20 ans.

Certains syndicats sont tout-puissants et se sont prévus des retraites dorées, voire abusives. On peut citer les policiers ou les pompiers montréalais en exemple. Chaque moyen de pression qu’ils posent a un impact majeur sur la société et forcent souvent les élus à répondre à leurs revendications. On pourrait en dire autant des médecins spécialistes et de leurs hausses éhontées de salaire depuis quelques années.

Par contre, la majorité des fonctionnaires sont des humbles gens. Les syndicats qui les représentent n’ont pas l’image frappante que possèdent les pompiers ou les policiers pour appuyer leurs revendications. Ils ont donc perdu plusieurs acquis au fil des ans, et de nombreuses cotisations de la partie patronale à leurs fonds de pension.

Doit-on s’étonner aujourd’hui que ces fonds soient déficitaires?

Ainsi, dans plusieurs cas, pour que justice soit rendue, ce sont les anciens élus qu’il faudrait tenir responsable de la mauvaise gestion des fonds de retraite qu’on remet en question aujourd’hui. Malheureusement, ce sont les contribuables qui devraient aujourd’hui payer pour ces politiciens gâtés par une vision à court-terme des dépenses publiques. Malheureusement encore, c’est cette même vision à court terme de l’économie qui a mené à la mise en place de la loi 3 du gouvernement québécois. Celle-ci, rappelons-le, exige un ajout d’argent à part égale entre syndicats et patrons, peu importe à qui va la faute du manque à gagner.

Je n’ai aucun régime de retraite. Travailleur autonome, je dois tout faire moi-même. Par contre, contrairement à plusieurs collègues blogueurs, je ne tombe pas dans la jalousie malsaine pour autant.

Si quelqu’un possède un régime de retraite décent, on devrait célébrer et tenter de répéter l’expérience plutôt que d’agir comme des enfants gâtés en critiquant ceux qui, collectivement, ont su préparer leurs vieux jours avec beaucoup plus de prévoyance que nous.

Twitter: etiennecp]]>
http://urbania.ca/blog/5226/la-bataille-des-regimes-de-retraiteTue, 22 Jul 2014 13:52:35 EDTÉtienne Côté-Paluckmontrealquebecrégimes de retraiteretraitétravailsyndicalismehttp://urbania.ca/blog/5226/la-bataille-des-regimes-de-retraite
Dans la voûte du Musée McCord: La modehttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5227/dans-la-voute-du-musee-mccord-la-modeTue, 22 Jul 2014 13:44:41 EDTMusée McCordmodemusee mccordmccordmuséereportage_mediahttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5227/dans-la-voute-du-musee-mccord-la-modeLa surfeuse et la rasta - Portraits de Montréal




















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http://urbania.ca/canaux/conversations/5224/la-surfeuse-et-la-rasta-portraits-de-montrealMon, 21 Jul 2014 09:46:25 EDTPortraits de Montréalphotoshumains de montrealportraitsportraits de montréalreportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5224/la-surfeuse-et-la-rasta-portraits-de-montreal
Votre avis ne m'intéresse pas

En vérité, il existe mille raisons d’écrire. Rendre compte, faire rêver, partager ou comprendre, je n’ai pas le talent de les lister toutes. Quatre, c’est pas pire; après tout on est en juillet et moi non plus, je n’ai pas envie de travailler.

Je parlais récemment à une amie journaliste qui me rendait compte du métier presque mort de journaliste. Le vrai métier de journaliste. Avec vérification des sources, éthique, travail sur le terrain, disponibilité infinie, domaines de compétences. Celui qui se pratique encore dans nos journaux en train de mourir. Comme d’habitude, le web est venu tout changer et il a inventé le journalisme citoyen. Comme on peut considérer que le web a inventé la photographie citoyenne, la vidéo citoyenne, le macramé citoyen. Traduisez citoyen par « enjoué, mais incompétent ».

Pour être plus juste, le journalisme citoyen a ouvert la porte à des millions de spécialistes capables —  parfois plus qu’un journaliste généraliste —  de commenter l’air du temps avec une précision redoutable, selon leur domaine de compétence. Fouillez et vous trouverez des blogues incroyablement documentés et valables sur tous les sujets ou presque. Des journaux miniatures, sans ligne directrice, sans chef de pupitre, sans relecture, sans vérification, mais avec une opinion qui a su convaincre les foules. On est journaliste occasionnel comme on est fumeur occasionnel. On écrit comme on vapote : en société. Pour dire de. Pour se donner une petite contenance. Pour se la péter un petit peu. En clair, on écrit pour plaire.

J’en suis. Vous en êtes dès que vous écrivez en public et pour les autres. En 140 caractères ou plus, le poids n’a pas d’importance. 

Mais l’idée d’écrire pour séduire est un problème. Cela installe deux phénomènes. D’une part une dictature citoyenne où le lecteur ne peut plus être contrarié sous peine de commentaire anonyme-passif-agressif. D’autre part, elle installe le doute systématique que les médias traditionnels ne savent plus faire le boulot, et que mêmes, ils nous cachent « forcément » quelque chose. En gros, nous devenons des enfants-rois paranoïaques.  

En 2011, l’écrivaine Christine Angot créait la polémique dans une tribune publiée par Libération sur l’affaire Strauss-Kahn à New York. Elle y expliquait que DSK avait prouvé qu’il était de gauche en se retrouvant du « côté des faibles, des petits, des humiliés, des menottés. » Trois ans plus tard, un journaliste lui demande: « Est-ce que vous pensez vraiment ce que vous écrivez? ». Elle répond une phrase magnifique: « Quand vous écrivez, il ne faut pas vous poser la question de ce que vous pensez, la seule question que vous devez vous poser c’est: "est-ce que ce que j’écris montre quelque chose qui existe?" ».

Mais la roue s’est inversée. Aujourd’hui, ce sont les journalistes professionnels qui veulent devenir des amateurs. Avec leur compte Facebook. Leur dépendance à Twitter. Ils comptent les likes. Ils veulent devenir votre ami. Ils répondent à vos messages. Ils posent avec vous sur la photo. Ils ne travaillent plus à nous confronter, ils nous confortent au contraire dans notre opinion première. Lentement — et à cause de nous —, les médias atrophient notre muscle critique.

Je suis donc de ces milliards de chroniqueurs citoyens qui tuent des journalistes à grands coups de chroniques inutiles, sans écrire toujours ce que je pense. Et pour se défendre, ces journalistes essaient de vous plaire, et tout se mélange un peu.

L’idée n’est donc pas d’écrire pour plaire. L’idée est d’écrire un point de vue possible.

C’est pour ça que j’écris. Et c’est peut-être pour ça que vous me lisez.

note : même si cette chronique n’a pas essayé de vous plaire, vous pouvez quand même l’aimer en cliquant plus bas :)

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http://urbania.ca/blog/5223/votre-avis-ne-minteresse-pasMon, 21 Jul 2014 09:29:56 EDTGaëtan Namouricbloguehttp://urbania.ca/blog/5223/votre-avis-ne-minteresse-pas
La chanson de la (fin de) semaine!
Allez, bonne fin de semaine à tous!



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http://urbania.ca/blog/5222/la-chanson-de-la-fin-de-semaineFri, 18 Jul 2014 15:26:19 EDTUrbania chanson de la semainebloguehttp://urbania.ca/blog/5222/la-chanson-de-la-fin-de-semaine
Je suis matérialiste

Les snowboards de la famille sont accrochés au mur. On doit enjamber les vélos dans l’entrée. Le filet de hockey de fiston traîne dans le passage. On n'ose plus laisser le filet sur le balcon de notre troisième étage d’Hochelaga depuis qu’un voleur BEAUCOUP trop motivé a grimpé en catimini pour dérober notre superbe poubelle avec couvercle anti-raton-laveur. Connard, j’adorais cette poubelle! Elle avait une excellente capacité et les animaux n’étaient pas capables de l’ouvrir grâce à d’ingénieuses clips sur les côtés!

Étant donné que notre remise est remplie à pleine capacité de meubles légués par la grand-maman de ma douce, notre stock de camping est prisonnier de notre porte bagage sur le toit de notre Jeep… et ce depuis un an… Pauvre lui. 

Il y a 2 semaines, je donnais une conférence au Cégep de Limoilou pour le Geek Fest et ensuite je devais aller faire un show dans la même journée dans un mariage à Rivière-des-Prairies. 

Jet set life, bitches. You feel the gold, honey!? Make it rain!!

Étant donné que ma douce et moi travaillons énormément par les temps qui courent, je l’ai invitée à m’accompagner, question de passer un peu de temps avec elle, sans enfant et... entretenir mon couple! (Je suis un cool conjoint.) 

Après un excellent moment au cégep de Limoilou à jaser avec des ogres et des chevaliers au Geek Fest, j’ai voulu aller dîner dans le Vieux-Québec. On a cherché du parking à cause de Lady Gaga qui jouait sur les Plaines. On a abandonné le projet et on a attaqué la route en chantant Start Wearing Purple de Gogol Bordello en buvant de la slush! 

Je roulais 115km/h sur mon cruise control. Direction Montréal. 

En même temps que la chanson Like Castanets des Bishop Allen jouait dans le tapis et que je mâchouillais les paroles, la pluie s’est mise de la partie. Mes wipers suivaient le tempo, le reflet des gouttes qui coulaient semblait danser sur mon dash et la route goudronnée défilait sous les yeux de ma douce qui fixait l’horizon en mangeant des pistaches. Le bonheur.

Un mur d’eau se dressait devant nous avec des rafales de vents qui varlopaient le camion. Ca commençait à être plaisant! J’adore conduire quand la météo se déchaîne: je me sens comme un aventurier. (Je suis un éternel petit garçon qui rêve d’être Indiana Jones.) 

J’ai soudainement eu l’impression que le Jeep se faisait prendre en doggystyle et qu’une grosse main tirait sur ses cheveux. Un peu comme si on venait de déployer un énorme parachute pis qu’on partait par en arrière, mais en avançant... 

J’ai jeté un coup d’œil dans mes rétroviseurs; ce que j’ai vu dépassait l’entendement. Mon stock de camping s’évadait du porte bagage! Le couvercle avait décidé de s’ouvrir TRÈS GRAND comme la gueule de Martineau face à n’importe quel sujet qui peut lui attirer de l’attention! 

Des années à me payer du matériel de plein air de qualité qui se sauvait librement sur la 20! Mon sleeping faisait des saltos arrière en me faisant des fingers, mon ti-poêle se décalissait sur la chaussée et s’éparpillait comme le méchant dans Terminator 2, mais sans se reformer! Mes bâches! Mes belles bâches s’envolaient tels des phénix !

Les voitures faisaient du slalom pour éviter...  ma tente. J’ai économisé pour cette tente! Je l’ai travaillée! Et elle rebondissait sur la chaussée comme un motocycliste qui se plante! J’ai réalisé à ce moment là, précisément là, que j’étais matérialiste. Pis pas à peu près! J’ai garé le Jeep en bordure de la route. Je courais le long de l’autoroute, à la pluie battante en sacrant très fort pis en me prenant la tête! 

Quand il n’y a plus eu de véhicule, je suis aller ramasser mes affaires en les prenant dans mes bras et en revenant les déposer dans le camion. Un peu comme si c’étaient des soldats maganés: je les ramenais à la maison. Je faisais des allers-retours en hurlant l’objet que j’allais chercher : MA LAMPE FRONTALE PIS MON PIEU! 

Ma copine me hurlait d’abandonner. 

JAMAIS, JAMAIS je ne vais abandonner mes broches à guimauves, la grande! Mon rack à saucisse pis mes icepack need me, cocotte!

Mon porte-bagages s'était ouvert dû à la force du vent. Les loquets ont tous simplement EXPLOSÉ. 

Une camionnette plaquée de l’Ontario s’est soudainement arrêtée. Un blondinet potelé avec un pinch s’est approché. Avec un binder dans les mains. Il m’a offert de l’aide. Il voyait la tristesse dans mon regard. Il m’a tout arrangé ça. Quand je lui ai offert de l’argent pour ses courroies, il m’a dit : « Ma fille étudie au Québec, je suis venue la chercher pour les vacances. Elle m’a dit que les Ontariens n’avaient pas bonne réputation ici. Donc tu diras à tes chums qu’on n’est pas tous pareils! Hahahaah! » Un gros rire gras, une poignée de main de trucker et il est parti en souriant.

J’étais trempé, crotté, sous la pluie battante sur le bord de la 20 et j’étais heureux, car j’avais sauvé mon stock de camping.

Crisse...  Je suis matérialiste, pis j’aime les Ontariens. 
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http://urbania.ca/blog/5221/je-suis-materialisteFri, 18 Jul 2014 11:50:22 EDTJonathan Robergeontarienmatérialismecampingbloguehttp://urbania.ca/blog/5221/je-suis-materialiste
Ce piéton de qualité Canada fantaisie

C’est l’été. C’est péché. Le sujet peut paraître mince, mais eh, oh. On se chuchote ça toutes les semaines. On peut bien profiter de ce billet de blogue pour se faire un petit barbecue. Allez; sortez-moi cette salade de pâtes et allongez-vous en sirène en vous tournant les couettes, qu’on se souffle le relent d’ail complice.

ALORS.

Au fil de la grâce qui m’a émancipée en un être d’infinie exception (et d’une thérapie avec une psy qui avait des ongles prune et or en alternance et une tendance lourde à fixer ses sandales pendant que je parlais en alexandrins), j’ai développé ma patience comme faire se peut.

Je m’attendris désormais devant un enfant aux petites mains raides qui hurle à s’en fendre la glotte à proximité de mon pavillon. Il traverse peut-être un chagrin d’amour. Ou son panty liner est peut-être détrempé, qu’en sais-je. Il ne possède pas la FPS requise pour comprendre ce qui lui arrive ou alors il n’est que très, très désagréable sans le savoir (une prochaine émission à Canal Vie). Alors il crie, sans connaître la suite du refrain de Jonathan Painchaud.

Je lâche aussi prise devant la petite caissière qui égraine ses rouleaux de change avec la passion du Christ quand c’est mon tour de payer ma soucisse. J’arrive même à me pâmer d’affection pour cet itinérant qui, vache couchée ou qui gambade, me blâme pour l’hypothermie, le désespoir pis la perte de son orteil c’t’hiver avant de me souhaiter une fantastique journée ou la mort.

Cependant.

J’ai beau puiser dans la fiole de sérénité qui traîne dans le fond de ma bourse, je n’arrive pas, JE NE SAISIS PAS l’ardeur du piéton carriériste. Vous savez, celui qui croque dans chaque pas, le déplacement foodie. Celui pour qui le contact de sa semelle de Teva avec l'asphalte semble être chaque fois fascinante découverte, une puissante expérience sensorielle qui ne doit pas prendre fin, comme un beau voyage en Gaspésie où les clams étaient tendres tendres tendres.

Cette personne qui ne va NULLE PART.

Je n’ai pas la prétention d’avoir la destination plus importante que mon prochain; ton Perrette vaut certes le mien.

Je serai cependant toujours fascinée par ces gens qui se meuvent lentement. Vous savez, qui marchent-farniente. Tout dou-ce-ment. De braves citoyens qui, bien entendu, étaient partis au dep lors de cette étonnante conférence où il fut établi que marcher en plein milieu du trottoir en se dandinant le porte-crotte dans un puissant mouvement de balancier qui culmine aux cinq secondes, ça entrait dans la catégorie des irritants.

Ces gens impossibles à dépasser, habiles chorégraphes qui détecteront toujours « l’intention du gars de derrière » pour se mouvoir avec une lenteur cétacée et annuler toute possibilité de saine cohabitation de trottoir.

Mais ce que je préfère par-dessus tout (c’est l’été, c’est péché), c’est lorsque le marcheur-cueilleur traverse la rue; t’es mieux d’avoir à portée de main ta chaise des feux d’artifices, parce que ça risque d’être longuet. Nul téléphone intelligent, nulle Comtesse de Ségur ne lui aspire pourtant le regard. La seule tâche qui consiste à avancer occupe toute son attention.
ET IL N’AVANCE PAS.

Je viens parfois à penser que les vibrations terrestres sont l’unique source de sa translation de A à B, thank God les plaques tectoniques. Y’aura beau y avoir douze cent chars, une femme dilatée à 7 et un labradoodle ardent, il ne se pressera pas. Nunca jamais.

Mieux; au son du klaxon ou d’un appel courtois à augmenter la cadence du jambonneau, le marcheur-cueilleur réagit toujours très, très mal. Dans le meilleur des cas, il ralentit. Et dans ses crottes, sa réaction la plus commune, une réaction qui sollicitera tous ses sens et son énergie pour les semaines à venir, il s’arrête. IL S’ARRÊTE. Au milieu des lignes jaunes. Il s’arrête pour soulever son petit bras au repos, majeur brandi, carré rouge et turgescent. Il est en colère. Et ne redémarre pas aisément marcheur-cueilleur en colère.

J’habite peut-être le mauvais coin de rue, mais des fuck you de fières gens qui refusent de reconnaître que se faire aller la Canadienne en passant sur la rouge assez longtemps pour que cerisiers fleurissent, mûrissent et garnissent un sundae, c’est pas une bonne idée, il s’en multiplie. ILS SONT PARTOUT.

Je te demande pas de défoncer le mur du son. Je te demande d’avancer. D’onduler vers quelque part.

Mais le marcheur-cueilleur mène peut-être une existence bien grise.
Peut-être erre-t-il dans les dédales du désarroi, suspendu au-dessus du bourbier de l’éternelle puanteur. Ou que le sac de Gadoua était vide, ce matin.

À ses gens, j’ai envie de parler d’amour.
De leur administrer une bonne mordillette de lobe.
De leur offrir un Tostito. Avec de la salsa médium.
De les entraîner dans une folle polka en plein trottoir.
De leur donner une tite tape sur les fesses.
De les immortaliser en fusain avec un gros diamant bleu dans le cou.
DE LEUR LIRE JEAN DE FLEURETTE POUR LEUR APPRENDRE CE QU’EST L’ESPOIR.

Je vous enjoins à faire de même. On va peut-être finir par se rendre quelque part.

La bise.
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http://urbania.ca/blog/5220/ce-pieton-de-qualite-canada-fantaisieFri, 18 Jul 2014 09:40:59 EDTCatherine EthierL'été c'est péchépiétoncette personne qui ne va nulle partplaques tectoniquesmajeur turgescentJEAN DE FLEURETTEbloguehttp://urbania.ca/blog/5220/ce-pieton-de-qualite-canada-fantaisie
La star du vendredi: Le Festival des Films du Mondehttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5219/la-star-du-vendredi-le-festival-des-films-du-mondeThu, 17 Jul 2014 16:40:42 EDTUrbania reportage_mediahttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5219/la-star-du-vendredi-le-festival-des-films-du-mondeLa ville de la semaine: St-Basile-le-Grand en imageshttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5218/la-ville-de-la-semaine-st-basile-le-grand-en-imagesThu, 17 Jul 2014 14:00:57 EDTTanya Henrireportage_mediahttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5218/la-ville-de-la-semaine-st-basile-le-grand-en-imagesJ’ai 24 ans pis 2000 angoisses

Dans l’éventualité presque certaine où une invasion de zombies adviendra: survivrais-je? Je sais pas comment faire ça un garrot. Est-ce que Google Maps va encore fonctionner? On fait ça comment un feu? Est-ce que les ascenseurs vont encore fonctionner? 

À part ça : j’ai 24 ans et je suis incapable de prendre soin d’un ensemble de vaisselle. Je suis commis au rayon des pots cassés. Titre que je me suis octroyé pour innocenter mes maladresses.

J’aimerais bien mettre ça sur le dos de mon handicap, mais aucun diagnostic n’excuse les quelque cinquante assiettes, verres et autres poteries que je brise annuellement. Je suis juste ben maladroit. L’autre fois j’ai cassé la 3e coupe de vin d’un set de quatre que je m’étais acheté il y a de ça à peine un mois. Sur le coup, j’étais fâché puis j’ai réalisé qu’il m’arrive plus souvent de boire du vin seul qu’à deux.

Parce que je m’en viens vieux et que je suis encore plus souvent seul qu’à deux.

Parlant de ça, je casse aussi des pots au sens figuré. Je m’excuse. 

Il y a des endroits où je suis particulièrement pas à l’aise. Dans un Sports Expert, par exemple («Vous êtes certain de ne vous être trompé de magasin MONSIEUR L’INFIRME?» - les commis dans ma tête). Ou dans un Stokes (pour des raisons mises en évidences ci-haut). Ou dans les grandes foules (je considère que plus que deux personnes c’est une foule). 

À la Saint-Jean, il y a quelques semaines, j’ai fait 30 minutes de bus pour me rendre au parc Pélican. Rendu là-bas, sans même avoir vu le bout du nez de Lisa LeBlanc, je me suis à pus m’aimer pis j’suis parti.  L’image qu’on projette devant du monde. Ça m’angoisse. J’ai toujours l’impression d’être l’éléphant dans la boutique de porcelaine. 

Parce que veut, veut pas, une chaise roulante c’est un signe pas pire ostentatoire. C’est ce qui te distingue. Faire référence à moi c’est comme une game de Qui est-ce mais en mode ultra-facile. Pour me décrire, on dit pas : «T’sais Kéven là, cheveux châtains. Avec des lunettes. Il porte souvent un bandeau.» Ben non. On résume ça à «le gars handicapé». Ça élimine plus rapidement les candidats. 

J’suis reparti chez nous, j’me suis acheté une bière et je me suis abonné à Netflix. J’ai recommencé Les Invincibles. C’était de circonstance, moi aussi je ressens le démon du midi. J’ai fait le calcul : il me reste 8 765 heures à vivre avant la trentaine.

Et tout ce que cela implique : devenir adulte. Avoir quelqu’un. Des responsabilités. Une minivan. Des changements d’huile. Un enfant.

C’est une autre affaire ça. L’horloge fait tic-tac pis je suis loin d’être prêt à avoir un enfant. Dans le sens que j’suis pas assez mature pour ça. Dans le sens que ça fait quatre jours que je mange juste du couscous. Dans le sens que j’ai jamais appris à lacer mes lacets. 

Dans le sens que je me chicane encore avec des inconnus sur Xbox Live

Mais aussi dans le sens que : veux-tu vraiment un enfant avec qui tu pourras pas jouer au soccer. À qui tu pourras pas construire de maison dans l’arbre. 

De qui tu seras pas être tant fier lors de ses premiers pas, juste un peu jaloux.

Y va-tu le vanter pareil, son papa, dans la cour de récré?

Juste être en couple c’est un concept ben inquiétant. Pensez à toutes les activités romantiques éliminées. J’peux pas grimper à vos fenêtres, mesdames. Oubliez aussi les longues randonnées pédestres. Ou à la plage. 

Je fais un piètre Roméo. 

Ça limite aussi les endroits propices aux belles rencontres. M’imaginez-vous dans un bal masqué? Ça enlève tout le mythique de la chose. J’peux pas me la jouer incognito.


Si je fais une demande à mariage, va-tu falloir que je me mettre à genoux. Si oui me semble que ça va juste être malaisant.

Ça va-tu la fâcher que je scrappe tous ses meubles avec mes marchepieds? Que je scratch tous les cadres de portes? 

Ça va-tu la déranger de mettre toute la bouffe dans les étagères du bas, espaces normalement réservés aux trappes à souris et au Ajax? 

Peut-être pas. Mais je commence quand même à croire que j’aurais dû forwarder cette chaîne de lettre dans mon adolescence:


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http://urbania.ca/blog/5217/j-ai-24-ans-pis-2000-angoissesThu, 17 Jul 2014 09:32:47 EDTKeven Bretonangoissevieillircélibatbloguehttp://urbania.ca/blog/5217/j-ai-24-ans-pis-2000-angoisses
Dans la voûte du Musée McCord: les technologieshttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5215/dans-la-voute-du-musee-mccord-les-technologiesWed, 16 Jul 2014 15:17:33 EDTMusée McCordmusee mccordtechnologiemccordmuséereportage_mediahttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5215/dans-la-voute-du-musee-mccord-les-technologies