Urbania - canauxhttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationThu, 02 Oct 2014 02:23:34 EDT60Je cherche du travail, mais les dreads c'est un problème - Portraits de Montréal
















]]>
http://urbania.ca/blog/5386/je-cherche-du-travail-mais-les-dreads-cest-un-probleme-portraits-de-montrealWed, 01 Oct 2014 13:45:00 EDTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5386/je-cherche-du-travail-mais-les-dreads-cest-un-probleme-portraits-de-montreal
Ayoye! ou Comment le bonheur des uns fait gagner de l’argent aux psys des autres...
Au milieu du parc, je croise Véronique. Qui jogge en sens inverse. On est vaguement amies. C’est une fille super, brillante, belle, drôle… Je sais pas pourquoi, mais c’est comme si la barrière de l’intimité n’avait jamais été défoncée entre nous. Oh, des histoires de cul, on s’en est conté tout plein. Ça n’a rien à voir. On n’a juste jamais abaissé le pont-levis de l’orgueil. 

On hésite quelques secondes - toujours ce flou autour de la salutation des joggeurs : becs ou pas becs… On opte pour le « pas de becs ».

Ça fait longtemps qu’on s’est pas vues. Nos vies de mères célibataires avec une trâlée d’enfants nous tiennent occupées, mettons. 

— J’ai cru voir sur FB que t’avais changé de job. C’est vrai?

— Ouais, je suis tellement contente! J’en pouvais pus, là où j’étais, mais j’osais pas partir avec rien devant moi. Là, c’est une amie qui connaissait la fille des RH… et blablabla…

Vie professionnelle… Les enfants… L’école… Les maudits lunchs…

Au moment où on s’apprête à se laisser, la sueur étant en train de figer dans nos faces comme un masque d’argile grise, elle me lance, l’œil soudain démesurément pétillant :

- Ah, pis, tu sais pas quoi? J’ai rencontré un gars... vraiment hot, là. J’ai comme un feeling que c’est l’homme de ma vie (elle enlève son gant pour toucher un tronc d’arbre dans un élan de superstition). Il est prof de musique, il est drôle, il court des marathons, on a des milliers de goûts en commun, il écrit comme un dieu… En plus, il a deux enfants exactement de l’âge de mes plus vieux. On s’interprésente les enfants en fin de semaine.

Je sais pas si c’est la sueur caillée dans ma face, mais j’ai le sentiment d’avoir une expression de statue de cire.

- Wow, c’est cool! Vraiment. Allez, faut que j’y aille, je suis sur le bord de l’hypothermie.

Je repars. À full pine. Pas capable de ralentir.

« Il écrit comme un dieu » résonne dans ma tête. Comme je le fais souvent quand je cours, je déconne avec moi-même :
« Si on en juge de la table des 10 commandements, pas sûre que ça me séduirait, moi ».

Je ris. Intérieurement. Et jaune. J’essaie de m’imaginer à quoi peut ressembler cet Apollon littéraire. Je devrais ralentir, le cœur est en train de me défoncer les tympans.

En arrivant, je me déshabille entre la porte d’entrée et la douche, éparpillant tel un petit Poucet chandail bleu électrique, brassière fortifiée, pantalon capri stretch, bobettes en tissu synthétique, bas gauche, bas droit…

Je me pitche sous la douche.

J’éclate en sanglots.

***

C’est con. J’ai honte. Mais…

Je suis méga jalouse.

Sa super job, je suis vraiment contente pour elle. Les finesses de ses enfants qu’elle publie sur FB me font rire, et je les j’aime souvent.

Mais ça, là, ÇA! L’amour pis toute ce que j’imagine autour : la complicité, le corps satisfait, les confidences, les dodos en cuiller, l’entraide, les fous rires… Et là, cerise sur le gâteau, des tonnes d’échanges écrits profonds et poétiques…

J’y peux rien, ça me rentre dedans. Ça m’écrase. Ça me renvoie à ce vide dans ma vie que je passe mon temps à me faire accroire que je suis en paix avec.

J’avais eu pourtant une grande révélation, quelque part en février dernier, mon fameux insight. J’avais senti vraiment, réellement, à quel point être célibataire n’était pas une malédiction, ni une punition pour fille pas fine. Mais je suis mal faite, je passe mon temps à l’oublier, et ma psy, qui avait adoré mon moment d’épiphanie, passe son temps à me le rappeler : « Mais oui, il y avait cette histoire, avec cette dame, vous vous rappelez… » Et moi de me creuser les méninges… C’est quand même ben moi qui l’ai vécu, cet épisode… J’en invente des trucs, des fois, dans mes billets, mais ça, mon lightbulb moment, c’était bel et bien réel. Et j’en ai encore régulièrement des moments de bonheur célib. Et de (trop) nombreuses rechutes. Plus de rechutes que de remontées, même si ça peut sembler mathématiquement impossible.

Une semaine plus tard, je croise Mylène, la meilleure amie de Véro.

— Tu sais pas quoi? Véro est dans une histoire pas de bon sens avec un gars qui passe son temps à revenir avec sa femme, pis à la quitter, pis à revenir encore. Pauvre chouette, elle est tellement amoureuse qu’elle lui pardonne tout… Je travaille fort, pis ses autres amies aussi, pour la faire décrocher, mais y a rien à faire…

Qu’est-ce que vous allez penser là? Non! Je n’étais PAS secrètement ravie d’entendre ça. Je vous jure! C’est ben évident que je lui souhaite tout le bonheur du monde, à Véro. J’étais juste pas prête à l’avoir en pleine face. Pas ce bonheur-là. C’est tout. Anyway, j’ai rendez-vous avec ma psy demain, je vais essayer de dépatouiller tout ça… de comprendre pourquoi, pour moi, le bonheur conjugal des autres vient heurter le talon d’Achille de ma construction psychique, me faisant perdre toute (ou presque) capacité de bonheur empathique et me précipitant dans l’enfer de la jalousie et de l’envie, ces deux sentiments ouachecaca. Mais avant, je vais aller relire mon propre billet pour me rappeler comme je suis bien toute seule

Brigitte, des RoseMomz
Crédit photo: Maria Rosaria Sanino
]]>
http://urbania.ca/blog/5389/ayoye-ou-comment-le-bonheur-des-uns-fait-gagner-de-l-argent-aux-psys-des-autresWed, 01 Oct 2014 11:53:12 EDTLes RoseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5389/ayoye-ou-comment-le-bonheur-des-uns-fait-gagner-de-l-argent-aux-psys-des-autres
Ma commune dans un squat de Detroit
À l'ouest, dès qu'on passe la rue Charleston, c'est un véritable renversement de décor qui s'opère, comme seule la métropole du Michigan sait en offrir: soudainement, les hautes herbes envahissent les friches des deux côtés de la bande d'asphalte, et les maisons qui n'ont pas brûlé s'effondrent dans une sinistre tranquillité. En interrogeant 10 personnes, on aura 10 tentatives d'explication différentes d'un tel contraste.

Cela fait bien longtemps que les propriétaires du numéro 159 ont quitté Goldengate. Pourtant, il y a toujours quelqu'un sous le porche de cette maison en piteux état. Une cigarette à fumer, une bière à boire, les yeux à plonger dans le vide, il y a moult raisons d'écouler le temps sur le balcon, le cul installé sur des bancs qui ornaient autrefois un McDonald's – sans doute celui qui se situait un peu plus au nord, sur 7 Mile Road, facilement reconnaissable à son architecture même si plus aucune enseigne n'y siège. Au diable l'ambiance glauque, l'endroit s'est dégotté l'appellation pompeuse de Fireweed Universe City, et est devenu en quelque sorte le café du commerce où de jeunes Américains venus des quatre coins du pays viennent partager un peu de compagnie avant de retourner dans les maisons abandonnées qu'ils squattent dans les rues voisines, au cœur de ce quartier défoncé qui n'a pas vraiment de nom. Des voyageurs du monde entier y atterrissent via des requêtes sur Couchsurfing, et quand ils débarquent ici avec leur regard médusé, c'est vers Shane qu'on les oriente derechef. Si ce squat transformé en commune avait une serrure, c'est lui qui en détiendrait la clé.



Shane, la trentaine avancée, les longs cheveux blonds frisés, c'est un peu le rayon de soleil persévérant qui vient frapper sans cesse les façades délabrées de Goldengate. Originaire de Colombie-Britannique, il a élu domicile il y a deux ans à Fireweed, et est devenu rapidement le maître de maison. Le jardin à cultiver, la cuisine à préparer, la vaisselle des « colocs » qui s'oublient à ramasser, il est tout le temps occupé, mais n'en perd jamais son sourire franc et son énergie proverbiale. Quand on le voit quatre jours de suite avec son t-shirt de Bob Marley sur le dos, il est difficile de l'imaginer dans son ancienne vie, « a computer job » comme il le dit pudiquement, sans trop s'étaler. « Je travaillais sur appel et j'avais un téléphone cellulaire, j'en venais à anticiper le moment où il allait vibrer dans ma poche », explique-t-il dans un des rares moments où son visage prend un air grave. Son licenciement a été la plus belle chose qui lui soit arrivé, l'occasion d'aller voyager vers la côte Est, sur le chemin de laquelle il s'est enraciné à Detroit. Une nouvelle vie sans argent ou si peu, seulement celui que lui amène un petit boulot dans un restaurant l'hiver, lorsque le potager situé de l'autre côté de la rue ne peut plus produire de légumes pour nourrir la commune. Alors, on a recours à un vieux poêle au deuxième étage, et la proximité des corps vient compléter le semblant de chaleur.



Décroissance conviviale
La vie de Shane, c'est celle de tous les gens qui fréquentent Fireweed. Leur confluence vers le Michigan ne parvient pas à enrayer le déclin démographique de la ville, passée de près de 2 millions d'habitants dans les années 1950 à moins de 700 000 aujourd'hui. Detroit perd 65 habitants chaque jour, mais puisqu'à quelque chose malheur est bon, cet exode libère une place inimaginable pour les nouveaux arrivants. Des maisons dont il suffit de forcer la porte pour y vivre gratuitement, des terrains à cultiver, une administration municipale en faillite qui a depuis longtemps abdiqué son rôle de faire respecter la loi, et voilà que le champ des possibles fleurit sur les ruines des usines automobiles. Encore faut-il être prêt à renier la société de consommation... Environ 9 magasins sur 10 sont fermés, et ceux qui restent sont soit des dollar stores, soit des débits d'alcool, le tout parsemé d'épiceries vendant leur malbouffe à prix d'or, dans la plus pure illustration d'un désert alimentaire nord-américain. Seul Captain Canuck, un Ontarien de 65 ans, le chandail tâché par la gourde de lait au chocolat qu'il porte en permanence comme un collier, semble ravi de cette situation: à rebours du concept de décroissance, il écume à journée longue les magasins à 1$ du voisinage pour remplir ses grands sacs de bracelets clignotants made in China, qu'il espère revendre le double de leur prix d'acquisition. 2$ chaque, 3 pour 5$, on a du mal à le croire quand il dit que les affaires vont bien.

Bien sûr, il n'y a pas que des étrangers dans ce paysage, il y a quelques natifs de Detroit, de ceux à qui la crise a tout arraché, jusqu'à leur toit. L'histoire de Brandon est simple: « On m'a volé ma voiture. Je ne pouvais plus aller à mon travail, alors je l'ai perdu. Après, je ne pouvais plus payer ma maison, alors je l'ai perdue. » Le cas de Hugh, vieux bonhomme à la barbe grisonnante et à la voix faible, est différent: « J'étais le dernier de ma rue à être propriétaire de ma maison. Tous les soirs, on venait frapper à ma porte pour me voler et me menacer, alors j'ai dû partir. » La troupe est très masculine: il y a essentiellement des hommes, et les quelques filles qui sont là ont souvent rapport avec un gars.



L'hyperactivité de Captain Canuck détonne dans l'atmosphère générale. Sur Goldengate, la dynamique du temps s'inverse, et ce sont les plantes qui regardent pousser les humains. Quand elles s'élèvent au beau milieu de ces jardins qui font espérer la renaissance de Detroit sous d'autres auspices, eux se démènent dans des gestes lents, croquent leurs fruits, vivent de déchétarisme et apposent quelques croix blanches dans leur calendrier désespérément vide, correspondant aux jours de banque alimentaire dans une église du quartier. La communauté reste soudée malgré tout et fait face à l'absence de services sociaux par une solidarité à toute épreuve. L'un des squatteurs est réputé être un voleur patenté, pourtant il est encore accepté dans les repas pris en société. « Il a des problèmes mentaux, il a sûrement consommé trop de drogue, explique un petit blondinet qui se promène nu-pieds malgré les éclats de verre omniprésents à terre, mais notre but dans la communauté, c'est de se guérir les uns les autres. » Cinq minutes plus tard, il avoue lui-même consommer du crack. La dope n'est jamais loin et, la nuit venue, elle vient réduire à néant les vœux pieux énoncés dans la journée de mettre en branle une énergie créatrice. On sent que la destruction est déjà passée par là. Des « conflits internes », dixit Shane dans son langage mâtiné d'euphémismes, ont amené à l'abandon de la maison en face de chez lui, aux murs encore décorés de peintures psychédéliques à la gloire de l'amour. Le fondateur du projet, un hipster californien venu ici il y a quatre ans, ne veut plus voir son nom accolé à celui de Fireweed Universe City et se concentre désormais sur le développement de son service de taxi en bicyclette au centre-ville. L'atelier de vélo a dû être délaissé quand le propriétaire des lieux a voulu récupérer sa bâtisse. Charlie Beaver essaie d'en lancer un nouveau dans le garage en arrière, de quoi faire le bonheur d'un enfant afro-américain du coin de temps à autre. Pendant ce temps, comme dans les clichés les plus éculés, les Noirs plus âgés tentent de faire entrer leur ballon de basket dans un panier situé à même la rue, et suspendent leur activité dès qu'un pick-up déboule à toute allure en klaxonnant.



Du boulot pour le docteur
La guérison est lente donc, à l'image de celle de Detroit, pourtant ce n'est pas faute de médecin. La seule maison en bon état de ce lambeau de rue, payée en bonne et due forme pour la modique somme de 1400$, appartient à Docteur Bob, l'âme du quartier. Ce chiropraticien dans la cinquantaine, aux allures de gourou et qui prétend être père de 12 enfants, fournit l'eau et l'électricité sans lesquelles Fireweed ne pourrait exister. L'Internet aussi accessoirement, dans son café hippie situé au bout de Goldengate, au coin de l'avenue Woodward, l'artère principale de Detroit qui s'acharne à étaler ses 10 voies de bitume bien qu'aujourd'hui, dans cette ville formatée par l'automobile, 40% des résidents n'ont pas accès à une voiture. Docteur Bob prépare des plats végétariens, pratique le reiki sur ses patients et les initie au yoga; leur capacité de payer ne semble pas être un facteur discriminatoire. Quelques squatteurs se convertissent à l'occasion en serveurs de tisanes et smoothies. Quand on l'interroge sur sa place dans la communauté, les yeux de Docteur Bob se mettent à pétiller: « Je pratique la médecine holistique, c'est-à-dire que je conçois le corps comme un ensemble, mais c'est aussi le cas du quartier. On vit dans un paradis, avec un nouveau monde à construire, et nous faisons tous partie de ce miracle. » Il n'y a qu'à Detroit qu'on peut entendre un tel discours entre deux édifices en ruines et deux autres en cendres. Pourtant, en tant que personne vivant dans une relative prospérité en comparaison de ses voisins, Docteur Bob ne peut ignorer la réalité de son quartier: « J'ai eu droit à trois hold-up, dont un par un adolescent que je connaissais... Je continue de penser qu'on est entouré de bonnes personnes et qu'on avance, malgré tout. »

Peut-être que Goldengate finira par voir ses rêves aboutir. Il lui faudra toute l'énergie dont parle Docteur Bob, dans cette ville qui ne construit presque plus de voiture, mais beaucoup de bâtons qu'elle place dans les roues de ses habitants. Le taux de chômage a baissé de 25% en 2009 à 16% aujourd'hui, mais peut encore flirter avec les 50% dans certains quartiers. La ville est en faillite, les salaires des fonctionnaires ont été entaillés et tout le monde craint une police peu scrupuleuse à se graisser la pâte aux dépens du premier citoyen qui traîne. Le passage par la case prison est une réalité pour nombre de squatteurs des alentours de Goldengate.



Hippie Mike, lui, sait qu'une cellule l'attend tôt ou tard. Il ne s'est pas rendu à son procès par peur du verdict et, au repas du soir, il lit la feuille sur laquelle sont listés ses 2000$ de contravention. « Avoir pénétré dans une maison abandonnée, 60$; avoir ramassé du métal sans permis de chiffonnier, 60$; conduite sans permis, 400$... » Captain Canuck, sorti de nulle part, l'interrompt: « Le Family Dollar était fermé, je vais devoir aller au Dollar Tree. » Un ange passe, on n'entend plus que les moustiques voler dans les herbes folles de la cour. Il n'y a aucune histoire qui se termine vraiment, sur Goldengate.

]]>
http://urbania.ca/blog/5388/ma-commune-dans-un-squat-de-detroitWed, 01 Oct 2014 09:53:12 EDTRémy BourdillonDetroitbloguehttp://urbania.ca/blog/5388/ma-commune-dans-un-squat-de-detroit
Festival végane de Montréal : tordre un steak dans un verre d’eau
Les doutes quant au succès d’un évènement à la thématique aussi pointue se dissipent assez rapidement. Dans l’Agora Hydro-Québec, les gens se pilent littéralement sur les pieds. Faut dire que l’évènement est gratuit, mais que la bouteille de jus de carottes coûte 10$.


Pour une première édition, la programmation est tout de même étoffée. La démo culinaire de Dominique Dupuis se distingue par son nom au jeu de mots audacieux, quasi révolutionnaire.

 
En milieu d’après-midi, ça joue du coude pour réussir à pénétrer dans l’amphithéâtre où a lieu la conférence tant attendue de la journée : Sport et alimentation végétalienne avec Frances Vicente (une professeure de yoga que les gens ont l’air de connaître), Michel Cusson (PAS le gars qui a fait la bande sonore originale de toutes les séries et émissions de télé des années 1990) et, surtout, Georges Laraque (#génie). Les voici, les voilà :


Végétalien depuis quelques années seulement, Michel Cusson raconte son cheminement avec éloquence et lucidité, évoquant les nombreux marathons qu’il a complétés. Comme si ce n’était pas assez de l’entendre parler pour la première fois, on a même droit à une bouffée de rire bien franche de sa part. Fallait y être pour comprendre l’ampleur de l’évènement historique.
 

Contrairement à son comparse à l’approche conciliante, Georges Laraque veut prouver qu’il est plus extrême dans ses positions végétaliennes. Il profite ainsi de la conférence pour livrer des anecdotes qui ont plus ou moins de lien avec la thématique sportive préétablie. Georges nous confie notamment que, lorsqu’il est exténué de faire rire de lui par ses amis qui lui servent un bout de gazon pour souper, il leur sert un animal mort trouvé sur le bord de la route.


Afin de préparer le terrain pour sa prochaine histoire, Georges y va d’un vote à main levée fort important – sous-titré pour l’occasion.


Le cœur sur la main, Georges enchaîne avec le dévoilement de son truc personnel, qui vise à donner les outils rhétoriques à tous les végétaliens de ce monde pour convaincre n’importe quel carnivore d’arrêter sa consommation de steak saignant. Trois étapes faciles :

Premièrement, vous leur demandez : «Si vous vous coupez la main au-dessus d’un verre pis que vous saignez dans le verre, est-ce que vous allez le boire ?»  
Ils vont dire : «Non, dégueulasse !»
Après ça, vous leur dites : «Ok, si vous coupez le bras d’une vache pis qu’vous faites la vache saigner dans le verre, est-ce que vous allez le boire ?» 
Ils vont dire : «Non!». 
Maintenant, quand vous leur dites après : «Votre steak que vous mangez medium, si vous le tordez au-dessus de ce même verre pis qu’le sang se retrouve dans le verre, est-ce que vous le boiriez ?» 
Là, ils sont mêlés, ils savent pu quoi dire.


Donc souvent quand tu dis ça à quelqu'un pis qu’il réfléchit à ça : son steak saignant, il le voit pu de la même façon parce que, dans le fond, même s’il n’est pas un vampire, c’est ça qu’il mange, du sang ! C’est ça qu’il prend, pis les maladies sont là-dedans ! Fait que jouez ce petit truc-là aux gens qui mangent leur steak medium, ou quoi que ce soit, pis après ça, ils vont se faire une image quand ils vont en manger encore, pis peut-être qu’ils vont couper la viande rouge pis qu’ils vont juste manger de la viande blanche pis ça va déjà être mieux.


La tête pleine de trucs efficaces, le festivalier vegan moyen peut maintenant concentrer son énergie à une visite-éclair des différents exposants. Celui-ci attire l’attention par son logo renversé en hommage à Korn.


Celui-ci, par son côté nu-pieds friendly bien apprécié du public.


C’est bien connu : la fleur d’ail lactofermentée est l’ultime cadeau à acheter pour la Saint-Valentin, quatre mois en avance.


Un concours pour ceux qui aimeraient avoir une face de végétalien sans nécessairement avoir à adopter les saines habitudes de vie qui vont avec.


Quand t’as juste des cartes d’affaire à vendre, c’est sûr que c’est une bonne idée d’avoir penser à amener ton iPad.


Kiosque de cintres véganes passablement boudé malgré son incroyable potentiel.


Pour agrémenter l’expédition, les organisateurs du Festival ont pensé y inclure des passages instructifs. La réponse à cette question a le mérite d’être TRÈS claire.


Évidemment, on ne va pas dans un Festival végane simplement pour regarder des affaires : on y va également pour manger des affaires. Alors que les légendaires bols Dragon du Aux Vivres et les desserts exquis de Sophie Sucrée font fureur, certains aliments tentent de se démarquer avec leur mélange inventif.


D’autres essaient d’attirer l’attention par leur apparence laide.


Ce pesto, quant à lui, mise sur un porte-parole efficace : le parfait hybride entre M.Net et Ricardo.


Les courges multicolores, elles, profitent de la superbe journée pour chiller solide avec une serviette blanche et un rouleau de papier brun. 


Incohérence dans le monde végane : on permet ENCORE aux bébés de boire du lait de mammifère… 


En fin de journée, les démos culinaires battent leur plein. Devant un public extrêmement nombreux, on présente les bases du régime hypotoxique, qui vise à soulager la douleur chronique et l’inflammation. La concentration est à son comble.


Au lieu de s’encabaner, plusieurs festivaliers optent pour une dégustation extérieure. Malheureusement, certains ont décidé de câlicer à terre leur vaisselle en carton plutôt que de partir à la recherche d’une autre source de vidange. :(



Pas de quoi déranger ce végétalien tranquillou qui se repose les jambes dans les airs.


En fin de journée, la sommité végane par excellence, Dr Michael Greger, répond aux questions du public. Il a l’air de ça, mais en plus beau.


La nutritionniste Anne-Marie Roy de la fameuse Clinique Renversante enchaine avec la conférence pratique 10 habitudes pour une alimentation saine et équilibrée. En primeur : trois des cinq diapositives PowerPoint qui ont le plus soulevé de réactions dans la foule.




Alors que les kiosques s’apprêtent à fermer, Georges Laraque fait une dernière tournée des lieux. Nous avons profité de l’occasion pour l’attraper durant quelques moments clés de sa promenade. 

Alors qu’un oiseau lui picosse le cou :


Alors qu’il pose avec un homme au chandail provocateur :


Alors qu’il regarde quelque chose de nice par terre : 


Alors qu’il pose sur le babillard de Fine Forme :


Après la présentation de clôture de l’historien Thomas Lepeltier, les festivaliers ont repris le chemin de la maison paisiblement. Heureux de cette première édition réussie, ils garderont en tête l’adage numéro 1 du monde de vie vegan. 


Vous voulez plus de photos du Festival Végane de Montréal? C'est par ici
]]>
http://urbania.ca/blog/5383/festival-vegane-de-montreal-tordre-un-steak-dans-un-verre-d-eauTue, 30 Sep 2014 11:51:02 EDTOlivier Boisvert-Magnenbloguehttp://urbania.ca/blog/5383/festival-vegane-de-montreal-tordre-un-steak-dans-un-verre-d-eau
Festival végane de Montréal: Photos en vrachttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5384/festival-vegane-de-montreal-photos-en-vracTue, 30 Sep 2014 11:06:48 EDTÉric Samsonhttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5384/festival-vegane-de-montreal-photos-en-vracMagnotta n'est pas le seul cannibale dans la salleL’homme, la jeune trentaine, pas habitué aux interrogatoires mais habillé propre pour l’occasion, a hésité quelques secondes. Excités comme les mouches qui tournoyaient autour de la valise découverte derrière le 5309 place Lucy le 29 mai 2012, les journalistes ont sorti leurs calepins et leurs stylos. Pourtant, il n’y avait pas de quoi s’énerver le poil des jambes, la réponse de l’homme était prévisible comme un calendrier.

- Oui. Euh, yes.

C’était il y a deux semaines, dans la spacieuse salle 3.11, lors du processus de sélection du jury.

***

Hier matin commençait le procès de Luka Rocco Magnotta, accusé, entre autres, du meurtre prémédité de Lin Jun.

Les yeux encore collés par les crottes, armé d’un café trop chaud du McDo et d’un calepin Moleskine flambant neuf, je suis arrivé au Palais de justice de Montréal autour de sept heures. Déjà, les médias faisaient le pied de grue à l’extérieur comme à l’intérieur du 1 rue Notre-Dame Est. Et ce, depuis les aurores.

J’ai alors appris que le procès allait se dérouler dans la salle 5.01, là où j’avais « rencontré » Magnotta pour la première fois. C’est une petite salle qui accueille peu de spectateurs, que quelques sièges y sont disponibles. Mais elle dispose des moyens techniques adéquats pour ce procès. Une poignée de journalistes privilégiés allait y avoir alors accès, ainsi que des proches de Lin Jun.

La plupart d’entre nous a donc été redirigée vers une salle de débordement au deuxième étage, où nous allions pouvoir suivre le spectacle sur écran géant. J’ai entendu quelques pisse-copie se plaindre de la situation, que ç’avait don’ pas d’bon sens en 2014 de ne pas avoir accès à une salle plus grande pour que la majorité puisse assister à la vraie affaire. Faque quand j’ai vu la vidéo de Radio-Canada sur le couple de curieux de Québec, j’ai pas vu deux crime buffs -- gang dont je me réclame, by the way -- faire des fous d’eux-même comme ce que les médias sociaux ont voulu nous faire croire; j’y ai vu les journalistes expliquer pourquoi ils voulaient un place dans la crisse de 5.01.

***

J’ai rarement senti autant de monde me dévisager ainsi -- à part peut-être la première fois que Catherine Cormier-Larose m’a invité à faire une lecture lors d’une soirée de poésie.

Les journalistes judiciaires protègent leurs terrains de chasse ; ils n’ont pas envie, et c’est compréhensible, que n’importe quel bozo, bloc-note et stylo en main, vienne fourrer son nez dans leur grand projet « d’informer le monde » sur les crimes qui nous entourent. Le festin qu’offre le palais de justice, c’est à eux et à eux seuls.

Vous auriez dû les voir hier, les yeux injectés de sang, l’écume aux lèvres -- de vraies bêtes! En meute de trois, quatre ou cinq du même média! Quand une équipe de reporters chinois est arrivée, ils se sont affolés, ils ont douté de l’angle avec laquelle ils envisageaient la chose. J’ai vu des pleurs, j’ai entendu l’écho de cris de panique dans les couloirs. Certains ne se sont même pas présentés en après-midi pour voir la première série de photos où on nous exposait le tronc démembré de Lin Jun et le cadavre du petit chien noir de Magnotta qui avait participé, bien malgré lui, à la tristement célèbre « so called murder video » 1lunatic1icepick.

Le procès va durer sept, huit ou neuf semaines, et je sais que je vais être seul tout ce temps. Je ne me nourris pas de la même viande qu’eux, les journalistes. J’ai déjà planté mes crocs dans les meilleurs morceaux, qu’ils continuent à bouffer les cartilages. Ils ne sont que hyènes, je suis le lion.

***

- Voulez-vous faire partie de ce jury ? a demandé glacialement Me Leclair.
- Oui.
- Pourquoi ?

L’homme, suintant la peur, a bafouillé une « mauvaise » réponse. Il a été exempté.

En sortant de la salle d’audience, il a fixé le sol ; il n’avait pas été choisi pour faire partie de la troupe de cet incroyable cirque. Chanceux dans sa malchance, comme qu’on dit.


]]>
http://urbania.ca/blog/5371/magnotta-nest-pas-le-seul-cannibale-dans-la-salleTue, 30 Sep 2014 09:45:00 EDTEdouard H.BondMagnottabloguehttp://urbania.ca/blog/5371/magnotta-nest-pas-le-seul-cannibale-dans-la-salle
Évelyne, missionnaire du cheveu Comment êtes-vous devenue coiffeuse en milieu hospitalier? 
J’étais tannée des salons de coiffure, de leur côté glamour et superficiel, mais je ne me voyais pas changer de métier. Un jour, un ami m’a demandé d’aller coiffer sa mère, à l’unité de gériatrie. D’autres patients ont demandé le service et ça m’a permis de me lancer à mon compte. 

Sinon, les patients de l’hôpital ne sont pas coiffés?
C’est un service qui a déjà été offert, ils appelaient ça les unités mobiles : ils envoyaient de jeunes coiffeuses, mais à un moment donné, ça a cessé de fonctionner. Il faut dire que ce n’est pas simple. Les patients ne sont pas tous mobiles. Les grands accidentés, par exemple, sont alités. Il y a aussi des patients plus vulnérables aux bactéries, ceux qui ont le cancer du sang, par exemple. Je dois désinfecter tout mon matériel. 

Quelle sorte de services offrez-vous? 
Ça dépend des patients. Ceux qui subissent des traitements de chimiothérapie, je les rase. C’est douloureux, perdre ses cheveux, en plus d’être dur psychologiquement. Sinon, je fais des coupes, des teintures, des mises en pli. La seule chose que je ne fais pas, c’est des permanentes. Quand je leur explique ça, les madames qui sont habituées d’avoir ce que j’appelle une «boule» sur la tête me demandent d’essayer quelque chose de nouveau. C’est l’fun! Mais parfois, les patients ont seulement besoin d’un shampoing de base. Certains d’entre eux ne se sont pas lavé les cheveux depuis deux semaines. Parfois, ils ont encore la tête pleine de sang et de gravelle. 

Ça veut dire que les préposés ne les lavent pas?
En fait, les préposés ne lavent pas les cheveux. Que les corps. Elles apprécient quand je viens parce qu’elles voient que ça fait du bien à leurs patients. Une fois, je suis entrée dans la chambre d’une patiente et j’allais partir quand j’ai vu qu’elle était avec son psychiatre, mais il m’a dit : «Entre, tu vas lui faire plus de bien que moi!»

Est-ce que c’est dur sur le moral, travailler avec des gens malades? 
Au début, j’avais peur de devenir hypocondriaque ou de trouver ça dur, mais finalement, je trouve surtout que c’est très valorisant. Pour une femme qui a été fière toute sa vie, c’est très important d’être belle, c’est sa dignité. Après que je les aie coiffées, certaines dames vont se mettre du fard à joues et une touche de rouge à lèvres en attendant leur visite. Elles me disent que je leur fais du bien à l’âme. J’aime mieux ça que de me faire dire «dépêche-toi j’ai un 5 à 7!»

]]>
http://urbania.ca/canaux/conversations/5382/evelyne-missionnaire-du-cheveuMon, 29 Sep 2014 16:05:37 EDTJudith LussierJournal Métrorencontrereportagehttp://urbania.ca/canaux/conversations/5382/evelyne-missionnaire-du-cheveu
La star du lundi: Bill Mayerhttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5381/la-star-du-lundi-bill-mayerMon, 29 Sep 2014 14:06:16 EDTUrbania http://urbania.ca/canaux/photoreportages/5381/la-star-du-lundi-bill-mayerThe Game of Drones
Si il est difficile de se faire une opinion sur le conflit israélo-palestinien, c'est parce qu'il est encore plus difficile de juger de la fiabilité des informations qui nous parviennent. Pour une raison évidente dans un premier temps : la plupart des journalistes occidentaux amenés à s'intéresser au sujet ne parlent pas hébreu ou arabe et doivent donc se reposer sur des traductions plutôt que sur les sources originales. Or, le choix d'un mot plutôt qu'un autre peut entraîner des sens différents et avoir des conséquences sur notre compréhension du conflit : quand Ayelet Shaked, députée israélienne issue du parti d'extrême-droite Le Foyer Juif à été accusée d'avoir appelé sur Facebook à la mort des mères de famille palestiniennes afin de les empêcher d'engendrer de nouveaux "serpents", elle se défendit en avançant que son propos avait été mal compris ou volontairement mal traduit

Si Ayelet Shaked dénonce des pratiques manipulatrices, les mécanismes de propagande israéliens sont eux aussi bien rodés : il suffit de jeter un œil au fil Twitter des Forces de Défense israéliennes ou de se rappeler de la campagne de soutien menée par un distributeur local de Garnier, offrant aux soldates de Tsahal une peau douce même sur le front de guerre, pour s'apercevoir que l'armée israélienne est gérée comme une marque dont les slogans évoluent au gré des opérations. Ici à nouveau, on peut s'interroger sur le choix de traduire la dernière manœuvre en date, signifiant littéralement "roc inébranlable", par "bordures protectrices" ("protective edge"), formule qui met davantage l'accent sur la nécessité pour un Israël entouré d'ennemis de se barricader derrières des murailles. Une interprétation plutôt inspirée, liée au succès de Game of Thrones sans doute.

Ce qui nous semble donc à prime abord être une information neutre ne l'est en réalité pas le moins du monde. À l'inverse, nous avons tendance à nous méfier des discours trop militants, parce qu’ils manquent d'objectivité. "Au mot conflit, je préfère le mot conquête" a dit mercredi le journaliste Max Blumenthal, invité à témoigner à l'occasion d'une session extraordinaire du Tribunal Russell sur la Palestine, à Bruxelles. Parler de conquête, c'est mettre en avant la stratégie d'accaparement des ressources que mène Israël, éclipser l'aspect ethnico-religieux du conflit pour mieux souligner son caractère politique. C'est aussi affirmer l'existence d'une asymétrie au sein des forces en jeu. C'est proposer une représentation différente d'un conflit hypermediatisé et c'est en quelque sorte la mission de ce tribunal d'opinion auquel j'ai eu l’occasion d’assister. 

Né en 1966 dans le contexte de la guerre du Vietnam, le Tribunal Russell vise à examiner à la loupe du droit international les crimes de guerres qui, aux yeux du comité organisateur, n'obtiennent pas assez d'attention de la part des institutions politiques et juridiques traditionnelles. Constitué de juristes éminents mais également de personnalités populaires reconnues pour leur engagement social - y figuraient notamment le cinéaste Ken Loach et le chanteur Roger Waters - ce tribunal qui n'a de compétence que de celle d’offrir un espace de parole à accueilli tout au long de la journée des experts juridiques, en balistique mais aussi des journalistes renommés, médecins et travailleurs humanitaires palestiniens, israéliens et d'ailleurs. L’objectif de cette journée était de déterminer si Israël est coupable de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité ou même de génocide. Mais comme l'a souligné très vite le premier expert entendu, Paul Behrens, la définition juridique de génocide est différente et plus restreinte que son entendement courant. Il faut parvenir à identifier des personnes - les états ne peuvent être poursuivis - qui auraient agit avec l'intention claire d'exterminer un groupe d'être humains se définissant par une appartenance nationale, ethnique, raciale ou religieuse. Si la population palestinienne correspond à cette définition, on ne peut cependant pas tenir compte des attaques visant le Hamas, groupe politique. Il s'agit donc d'établir les dommages causés à la société civile et de démontrer leur caractère intentionnel. 

Le gouvernement israélien a par ailleurs été convié à assurer sa défense mais n'a pas donné suite à l'invitation.

« Haïr les arabes ce n'est pas du racisme, c'est une valeur »

David Sheen, journaliste canadien vivant en Israël était invité à témoigner des incitations à la haine parcourant la société israélienne. Citant à travers un diaporama glaçant des figures marquantes de la scène politique, des autorités religieuses ou tout simplement de jeunes adolescents s'exprimant sur Twitter, David Sheen nous met face à une rhétorique mêlant eugénisme, inspirations bibliques et appel à la violence. À titre d'exemple, le premier août 2014, le jour le plus sanglant de l'opération dite « Bordures protectrices », un des blogueurs attitrés du Times of Israel publiait un article intitulé « Quand le génocide est permis », dans lequel il décrivait l'extermination totale de la population palestinienne comme une question de vie ou de mort que la communauté internationale n'est malheureusement pas en mesure de comprendre. Rapidement retiré du site, son auteur, Yochanan Gordon, regrettait cependant sur Twitter que le journal ait cédé à la pression.

Au-delà de ce sentiment d'insécurité exacerbé, c'est le racisme qui s'exprime, aussi bien dans la société civile que dans les rangs des Forces de Défenses : « Nous avions tellement l'habitude de nous percevoir comme supérieurs que la résistance était pour nous inacceptable, nous nous sentions insultés » dit Eran Efrati, partageant son expérience d'ex-soldat de Tsahal, qui a depuis travaillé pour l'organisation Breaking the Silence, visant à briser la censure autour des agissements de l’armée israéliene. À travers l'exemple de l'assassinat du civil Salem Shamali par un sniper israélien, c'est tout un système nourri de frustrations et encouragé par l'impunité que le "refuznik" est venu dénoncer.

Les serpents de Ayelet Shakeh.

Pour Max Blumenthal, les palestiniens ne sont pas représentés comme des personnes ("unpeople"). Pour ce journaliste, l'accusation de crime de guerre est à mettre en perspective avec l'idéologie sioniste, qui idéaliserait une certaine pureté ethnique. On ne peut s'empêcher de penser au documentaire Would you have sex with an Arab? quand David Sheen explique le tabou autour des mariages mixtes par le recyclage d'un épisode biblique, celui de Phinées qui punit dans le sang les israélites coupables de relations sexuelles avec des païennes. Plus terre-à-terre que l'argument raciale, c'est la méconnaissance totale des jeunes israéliens envers leurs voisins et inversement que Sheen souligne. Il met également en avant le manque de volonté politique pour régler ce problème : il avait été proposé au parlement d'introduire une heure par semaine d'éducation anti-raciste à l'école. Cette proposition à été rejetée par la majorité des députés.

« Aucune de ces vaches n'était pourtant membre du Hamas »

C'est avec un certain humour que Martin Lejeune, journaliste, décrit la destruction de la plupart des usines et zones industrielles de Gaza lors des 50 jours de l'opération dite "Bordures protectrices", dont un élevage de près de 130 vaches innocentes. En tout, c'est plus de 200 qui sont parties en fumée.

La disproportion entre le nombre de victimes civiles palestiniennes et israéliennes a souvent été mise en avant et je ne m’y attarderai pas ici. On sait également que des écoles et des hôpitaux ont été visés lors des bombardements : 17 des 32 hôpitaux de Gaza ont été détruits, 144 travailleurs médicaux ont été directement pris pour cible.

Parmi les pertes, une usine de confiseries qui produisait 5 tonnes de bonbons par jour.

Mads Gilbert, médecin humanitaire, a affirmé à la demande des jurés n'avoir jamais vu de missiles abrités dans aucun des bâtiments qu'il a pu fréquenter durant ses quatre ans de service à Rafah. Paul Mason, journaliste, a dit avoir constaté la présence de rockets dans des bâtiments scolaires abandonnés mais en aucun cas dans ceux abritant des enfants. 

Du point de vue du droit international, un génocide peut également être causé par la destruction des conditions d'existence d'une population. Depuis l'opération, 450 000 civils n’ont pas accès à l'eau et bénéficient de seulement 4 heures d'électricité par jour. D'un point de vue plus large, on peut également prendre en considération l’assèchement du fleuve Jourdain rendant impossible l'agriculture dans certaines régions. Les dégâts causés par les bombardements (42 000 hectares de terres ont été directement endommagés), la pollution chimique entraînant des phénomène de désertification, la destruction des nappes aquifères ...

L'implication de la communauté internationale
Les États-Unis et Israël entretiennent des échanges commerciaux florissant dans le secteur de l'armement. En 2007, le gouvernement Bush et le gouvernement israélien ont conclu un accord de 30 milliards de dollars en assistance militaire pour la période 2008 - 2018. Desmond Travers, colonel irlandais à la retraite ayant fait partie du comité d’experts de l’ONU pour l’opération sur Gaza en 2009, explique les opérations menées par Israël servant de laboratoire à de nouveaux types d'armes qu'elle revend ensuite sur le marché international, aux États-Unis notamment. Agnès Bertrand, lobbyiste pour l'association des organisations européennes de développement protestantes, anglicanes et orthodoxes, rappelle qu'Israël est également le pays extra-communautaire le plus impliqué dans des programmes économiques, académiques ou scientifiques avec l'Union européenne.

Une complicité qui pourrait nuire aux États-Unis ainsi qu'à l'Union européenne et qui explique notamment le zèle déployé par ces deux acteurs pour enterrer le rapport Goldstone, commandité par le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies et faisant suite à l'opération Plomb durci, en 2009. Agnès Bertrand estime que la confrontation des responsables israéliens est impossible tant que l'Europe et les États-Unis bloqueront l'accès aux mécanismes judiciaires internationaux. Selon elle, l'octroi des aides humanitaires envoyés à la Palestine serait conditionné par l'abandon de toute poursuite.

Desmond Travers nous présente un spot publicitaire pour la bombe tapis, la musique est entrainante, le résultat un brin surréaliste. 

La journée a été longue et beaucoup d’informations ont été données. À nouveau, on peut bien entendu se questionner sur la partialité de ces sources et tenir compte du fait que le Tribunal Russell cherchait avant tout à accumuler des preuves à l'encontre du gouvernement israélien dans le but de présenter ses recommandations, le lendemain, devant le Parlement européen. Le public lui même affichait souvent son soutien aux différents témoins, même si, comme il a été repété plusieurs fois, dans un tribunal on n’applaudit pas. Cherchant avant tout à “prevenir le crime de silence” le tribunal a été la rencontre entre des témoignages venus d’horizons différents. Et pourtant deux des palestiniens conviés n’ont pas pu obtenir d’autorisation pour quitter le territoire (L’avocat et directeur du centre palestinien pour les droits de l’Homme, Raji Sourani et le cinéaste Ashraf Mashharawi).

D’ici, il est difficile de se faire une idée, même si certaines images marquent plus que d’autres : aujourd’hui, un enfant palestinien de 8 ans aura déjà connu quatre opérations militaires au cours de sa vie. Difficile aussi de ne pas être mal à l’aise quand vous regarderez les visages des très jeunes soldats de Tsahal morts au combat. Je ne suis pas avocate, je ne suis même pas vraiment journaliste mais j’ai le sentiment que la situation là-bas mérite qu’on s’y intéresse plus sérieusement, même à l'heure du déjeuner.

Vous pouvez trouver le résumé des conclusions tirées par les jurés ici.

Illustrations : Ciro Fanelli, présent à mes côtés au tribunal
]]>
http://urbania.ca/blog/5380/the-game-of-dronesMon, 29 Sep 2014 11:21:38 EDTElisabeth Meur-PonirisIsraëlpalestinebloguehttp://urbania.ca/blog/5380/the-game-of-drones
La chanson de la (fin de) semaine

Allez, bonne fin de semaine à tous!



]]>
http://urbania.ca/blog/5379/la-chanson-de-la-fin-de-semaineFri, 26 Sep 2014 16:32:52 EDTUrbania http://urbania.ca/blog/5379/la-chanson-de-la-fin-de-semaine
Le rushant d'Amérique du NordPeu importe le sujet que vous aborderez, il sera contre. 

Vous pouvez observer le rushant d’Amérique du Nord n’importe où... À votre bureau, dans la rue, autour d’une table dans un souper ou même dans votre ligue de garage. 

Il est facilement reconnaissable, il arbore le look Wikipédia cheap avec une barbe pas faite et porte une casquette pognée dans une caisse de bières. Il ne faut pas le confondre avec son cousin proche, de même espèce, « le trou-de-cul parfait ».

Contrairement au Trou-de-cul parfait, le rushant a rarement raison à 100%. Jamais loin de la vérité, il jonglera avec les mots pour vous faire pogner les nerfs intérieurement. 

Le rushant d’Amérique du Nord ne vous encouragera pas dans votre décision d’arrêter de fumer. OH que non! Il vous fera chier parce que vous « vapotez » et que LUI, il a lu un article sur Internet qui disait que « ce n’était pas super bon de faire ça ». Même si pour vous, c’est moins pire que le tabac et que cette habitude est passagère dans votre vie, il vous fera sentir mal d’utiliser une « béquille » et vous citera en exemple quelqu’un qui a arrêté de fumer sans « béquille ». 

Vous décidez de vous mettre en forme et de faire du jogging. Il dénigra votre activité en disant que le jogging est mauvais pour votre dos et vos genoux de gros! 

Vous vous alimentez mieux et vous buvez des jus de légumes que vous faites maison? Il trouvera le moyen de vous dire que les légumes ne sont pas bons pour la santé.

Le rushant d’Amérique du Nord est soudainement  (dans sa tête) nutritionniste, scientifique et entraîneur privé.

Peu importe le sujet que vous aborderez, il sera contre. 

Nous pouvons l’observer un peu partout sur le continent, mais son territoire favori reste Facebook. Il y va pour flâner sous les statuts à coup de « moi, JE pense que… » Il contredit sans raison. Si vous lui dites que c’est noir, il vous rétorquera que c’est gris fucking foncé. 

Des scientifiques se sont dernièrement penchés sur le cas de cette race pour essayer de mieux comprendre leur motivation à être aussi désagréable et plusieurs questions ont été étudiées. Est-ce dû à son très petit pénis? Au manque de câlins durant son enfance? À l’écume sur ses coins de lèvres? Est-ce qu’il s’est déjà fait ridiculiser parce qu’il n’avait pas compris la fin du film le Sixième sens et qu’il se venge?

Le rushant d’Amérique du Nord a bien sûr une femelle pour s’accoupler. 

La rushante aime aussi être le centre d’attention. Des fois féministe d’autres fois non, la rushante est très jalouse des autres filles. Une belle fille devient automatiquement une pétasse et une fille en santé, une anorexique. La rushante n’aime pas être prise en photo, c’est ce qu’elle prétendra. Elle voudra seulement être appelée par le restant du groupe pour participer à la photo de gang. 

Elle aime couper vos discussions plaisantes pour y faire un froid. 

Vos amis et vous êtes au restaurant, vous jasez d’une série télé que la rushante n’a pas vue. La rushante se met à paniquer... Une conversation qui ne la concerne pas se déroule sous ses yeux sans qu’elle ne puisse y déposer sa traditionnelle opinion. OH MY FUCKING GOD! 

Elle coupera votre plaisir en parlant du cancer de sa tante. 

La rushante vous fera chier parce que vous possédez une machine Nespresso avec des cups à café, mais ne prendra pas en considération qu’elle mange un petit pot de yogourt à tous les jours dans son lunch qu’elle transporte dans un sac en plastique. 

Elle prétendra avoir tout lu et écoutera sagement votre point de vue lors d’un débat, pour ensuite dire le contraire en utilisant ce que vous venez de dire. La rushante d’Amérique est comme le mâle, elle possède un avis sur TOUT... Passant de la recette grand-mère pour laver une tache de gras sur une chemise à comment guérir votre enfant... quand elle n’a pas d’enfants elle-même. 

Lorsque le rushant et la rushante s’accouplent, ça donne naissance à un p’tit morveux. 

Le p’tit morveux est celui qui punch vos enfants dans les couilles, qui vous fait des fingers quand ses parents ne regardent pas et qui saute sur votre divan lorsque vous les invitez à souper. Le p’tit morveux d’Amérique porte souvent un nom comme Brandon, Kevin ou Jason. La terminaison en « une » est primordiale lorsque nous parlons ce dialecte.  

Le p’tit morveux a une façon bien à lui de se faire secrètement détester par les adultes d’une autre espèce que la sienne. Il effectue ce que les plus grands scientifiques du monde ont appelé : le « p’tit crisse de sourire baveux ».

Il retient ce geste facial de ses parents. Le mâle va souvent froncer les sourcils de façon exagéré lorsque vous expliquez quelque chose. Question de vous faire sentir marde, il accompagnera ce geste d’un son buccal : «PPfffffff... ». La femelle, pour sa part, empruntera le sourire de bitch. 

Ce qui est absurde de cette espèce, c’est que tout le monde peut être le rushant de quelqu’un... 

Surtout l’auteur de ce texte. 
]]>
http://urbania.ca/blog/5378/le-rushant-damerique-du-nordFri, 26 Sep 2014 11:52:25 EDTJonathan Robergedésagréablerushantbloguehttp://urbania.ca/blog/5378/le-rushant-damerique-du-nord
Quand personne ne regarde
La peur de se faire prendre. Qu’une religieuse jaillisse d’un buisson, mètre en main, pour me snaper les phalanges avec précision en brandissant les Saintes Écritures.

J’ai toujours été ainsi; mi-pissou, mi-raisonnable, 100% terrifiée à l’idée de décevoir et d’enfreindre.

Petite, je fréquentais (NON PAS UN JEUNE HOMME) le Collège Français et un directeur à la monture bordeaux, entre deux séances de caligraphie dans un cahier Claire Fontaine et une surveillance de dîner (nous mangions dans le silence le plus complet), avait eu l’idée d’instaurer le système des points de démérite.

Des points de démérite.

Tu parlais un peu fort, t’avais un point de démérite.
Tu te tiraillais avec César Théodoro – le dur à cuire de la classe de Madame Couture; court sur pattes, mais pétri d’un bagout italien rive-sudois qui faisait frémir jusqu'à Saint-Hubert -  t’avais un point de démérite.
Tu pensais à un point de démérite, t’avais un point de démérite.

J’ÉTAIS SI ANGOISSÉE À L’IDÉE D’AVOIR UN POINT DE DÉMÉRITE que la seule perspective de possiblement caresser l’hypothèse d’en recevoir un me donnait la vive impression que je finirais à la Bastille. Que ma vie serait finie.

Du porridge à jamais, l’espoir anihilé – tout de même maintenu en vie par la frêle mais bien réelle perspective de peut-être un jour croiser l’homme au masque de fer - le registre souillé par CE POINT DE DÉMÉRITE POUR PLACOTAGE.

C’est pourquoi quand ce chauffeur de taxi m’a parlé des dizaines, des centaines de passagers qui, au moment opportun, choisissent chaque année de fuir son véhicule à toutes jambes, en ricanant gras, pour ne pas avoir à payer les sept piasses et quart de la course, je fuse fascinée.

Plaît-il? LES GENS FONT ÇA? RÉGULIÈREMENT?

Dans ma petite tête Claire Fontaine, en des situations extrêmes et en ces situations extrêmes seulement, de type « me voilà poursuivie par Joe l’Indien et il approche à l’instant du véhicule, armé de son couteau à saumon pour me faire une coupe chat », j’admets qu’il est – sous promesse solennelle de revenir régler la note en se faisant aller le canotier pour exprimer toute l’ampleur de ta repentance – sans doute permis de rouler hors du char et de se pousser en vomissant ta soupane par franches coulisses.

Il semblerait toutefois que ma romance de chapeaux qui se font aller ne soit qu'attendrissante lubie.

Ce chauffeur, un homme au verbe affûté et au patrimoine fier, ne m’expliqua pourtant pas le phénomène en victime. Fasciné, quoiqu’un peu usé, il dit savoir dans la seconde si son passager le gâtera d’une cascade cheapo de baquet qui se dandine hors du char à un feu rouge. Costard, pas costard, la profession importe peu. Des petits vites, il en croise dans tous les palais.

Ça fait que si tu fais des finesses et lui demande comme est-ce que c’est qu’y va, que tu lui parles d’emblée de la température et que tu lui dis que c’est ben bon, le pipeau qui joue à la radio en rentrant dans le char, il sait.

Et le pire, c’est qu’il va te mener à ton penthouse pareil. Que veux-tu qu’il fasse? C’est d’ailleurs ce qu’on lui hurle sans hésiter s’il OSE souligner le fait que la course n’est pas aux frais de la princesse.

« Qu’est-ce tu vas faire, han? Appeler les bœu’? Tu vas me traîner en cour pour vingt et trente-cinq? Ha!!! BE MY GUEST. »

Et selon lui, on a tous ce petit potentiel. Tous.
Ce petit espace entre deux fils qui, parfois, disparaît pour les laisser se toucher et nous faire faire des affaires pas lustrées lustrées.

Quand personne ne regarde, quand tes chums sont pas là pour prendre des notes, la vertu se lousse.

Ce change en trop que tu remets pas à la petite caissière.
Ces nouvelles bottes d’hiver que t’empruntes dans le vestiaire.
Ce treizième blé d’inde que tu glisses dans ta douzaine.
Cette boîte de trombones que t’as mis dans ta sacoche au bureau avec le conviction qu'elle te revient.
Ce dix piasses plié qui traînait dans la cage d’escaliers (et que j’ai ramassé en jouant du sourcil en toutes directions).
Cette ride que t’as jamais eu l’intention de payer.

Be my guest (see my vest).

La bise.

PS TENDRESSE :: paye donc ton ostie de taxi, ou ben MARCHE.]]>
http://urbania.ca/blog/5377/quand-personne-ne-regardeFri, 26 Sep 2014 06:58:16 EDTCatherine Ethierquand personne ne regardepetits larcinsles gens font çataxiil saitnouvelles bottesmarchebloguehttp://urbania.ca/blog/5377/quand-personne-ne-regarde
La ville de la semaine: Pincourt en imageshttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5376/la-ville-de-la-semaine-pincourt-en-imagesThu, 25 Sep 2014 14:03:40 EDTLéa Gagnon Smithpincourtreportage_mediahttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5376/la-ville-de-la-semaine-pincourt-en-images« Refresh »Refresh. 

Ça me sert à rien. Mais refresh pareil. D’un coup que.  

Esti de pas point vert. 

Oussé que t’es.  On se french-tu. S’rait fun ta langue dans ma yeule,  la mienne qui lèche ta lèvre du bas du haut, mords-moé        mords-moé fort que ça fasse outch que je vive un peu plus fort keke secondes. Un peu plus fort. Check, j’ai le cœur qui splatsh all over, tu le vois-tu mon shirt qui shake. Esti d’écran. C’est sûr que tu vois pas. T’es même pas là, anéwé. Refresh.  

Émoticon de marde. J’dirai que c’tait pas voulu. Que j’l’ai accroché. #hahahachupasdemêmetsaisheintulesais 

On va se cacher derrière un char derrière un grand esti de livre un Atlas un livre d’art un arbre 

Whatever intimité. Y’aura peut-être une soundtrack. J’aime ça les soundtrack. Amadné tu vas dire « C’est Radiohead », ça va sonner cerise sul sunday. C’est de même que j’va me sentir, all the moé. Une cerise. Sul. Sunday. Wet & super shiny de pis pour toé. « Marasquin ta vie », vais-je me dire me mantrer me répéter. M’a rire de moé. Je te ferai des yeux papillons. Tu vas me dire que j’ai l’air d’avoir quatre ans, m’a te dire « tu m’aimerais moins si j’tais une vraie adulte qui te parle de son hypothèque qui mange pas avec ses doigts qui s’en met pas plein partout la face quand elle mange avec lesdits doigts. ». Poulet en boîte. Tu vas hocher de la tête. M’a encore te faire des yeux papillons. On a le sens de l’accord. Harmonie, on dit. C’est tellement super super. #vivetoute


Refresh. Stu crisse don’. J’ai le goût de te clavier vite, les mots, la vie. On va s’envoyer des cœurs laittes. Trop roses. J’va même me gâter avec ceux qui ont des étincelles. Emo. Fucking emo. Esti j’m’haïs, dépossédée que j’chu. J’dégouline d’émotions, de ressentis, de palpitations. Check comment je déplace mon curseur vite, yo. Le réel n’est pas un poème.  Rappelle-moé-le. Steplait. Service rendu à notre humanité.  

Mon newsfeed me dit des affaires poches, photos de chats pourquoi sont là pourquoi j’connais encore du monde qui fait ça. Celle-là me dit carpe diem sur fond de mer. Eeeeew.  Oh. Elle, elle  se l’est fait tatouer. Sul pied. J’la juge en silence. A devrait me voir le vomi dans bouche. Elle est contente qu’il y ait un média entre nous. J’ai-don’-ben-du-temps-à-perdre. 

Really. Dehors y’a de la nature qui me crie « Viens dedans le vent », mane. Kessé j’fais à regarder un esti d’écran pour rien. J’attends pour rien. Refuckingfresh. C’pas relationnel, ça, un écran.  Enter. Trois petits points qui flashent. Clin d’œil ça veut dire kessé clin d’œil. Me semble que j’t’ai dit de quoi d’important. Me semble tu me réponds simple. Me semble tu me donnes des miettes de mots, d’être, de là. Mais t’sais quoi? T’sais-tu quoi? Chu pas un oiseau. Vérité ontologique. Dans ta face. Fuck tes miettes.   

[l’ordi qui ervole sul mur, par la fenêtre, dans la poubelle. Mais que je tiens trop fort fa’que moi avec j’ervole.]

Veux-tu ben. Exister. Viarge. Refresh-Refresh-Refresh.

Point vert. 

Online. À go, j’dis allô. 

- Allôôôôôôô. [calme-toé] 
- Stu fais? 
- Fuckall. Je faisais fuckall. Yolo. Petite pause, u know. 

Toé, toé stu fais. Pourquoi y’a un écran. Là. Entre toé pis moé. 

#Cuicui. #refreshlavisti

Illustration de Gabrielle Laïla Tittley
J’existe aussi là: Les p’tits pis moé, pis là.
]]>
http://urbania.ca/blog/5374/refreshThu, 25 Sep 2014 11:04:10 EDTVéronique Grenierrefreshpoèmebloguehttp://urbania.ca/blog/5374/refresh
Le Registre: 4 plaisirs et 4 platitudes que tu découvres à vivre seulVivre seul est une expérience. Que ce soit suite à une rupture, une mauvaise expérience de colocation ou simplement par choix, partager ton quotidien avec ton toi-même est spécial. Personnellement, depuis que j’ai quitté le nid familial il y a maintenant plus de 6-7 ans, j’ai vécu tout ce qui se peut : avec une copine, avec un coloc et maintenant seul (tu peux lire mon roman-savon entre les lignes).

Dépendamment de ta personnalité et ton chemin de vie, ton rapport avec la solitude est différent. T’es peut-être le dude incapable de passer une soirée sans aller prendre ton bain de foule et fumer des clopes avec tes semblables sur une terrasse. T’es peut-être la fille qui prend grand plaisir à passer la semaine dans ses trucs sans voir personne. T’es peut-être un mélange des deux. Bin pas d’être hermaphrodite là, mais j’veux dire, dans ton degré d’aisance avec la solitude. Parce que vivre seul, après un bout, ça devient un couteau à double tranchant : y’a des plaisirs et y’a des platitudes. Même, souvent reliés entre eux.

Checkons.

LES PLAISIRS

4. Le nudisme
Le bonheur de se promener dans son plus simple appareil dans le confort de son chez-soi. Si t’es quelqu’un de prude et tu te prives de ça, tu manques le bateau, l’ami. Se lever au petit matin, se rendre à la salle de bain, s’exécuter sans filtre, longer le corridor en sentant la brise siffler sur ton monsieur/ta madame et te préparer tes toasts pis ton café dans la plus grande indifférence pour la pudeur? Divin. Se promener nu, c’est un luxe qui t’es offert dans de trop rares occasions dans la vie. C’est pourquoi c’est fantastique d’avoir une fringale nocturne et ne pas te bâdrer de te draper d’un morceau de tissu pour aller jusqu’au frigo par peur de croiser un coloc ou ses amis. Évidemment, à moins que tu sois le type de coloc qui se calisse bin de se promener le Vin Diesel à l’air. Ouais, j’trouve que sa tête ressemble à un gland. Juge-moi au pire.

3. Le contrôle sur ton milieu naturel
J’te connais pas. Sauf que tu dois entrer dans l’une des deux boîtes suivantes : t’es un propre ou t’es un pas propre. Soit que tu ramasses toute ou soit que tu ramasses rien. La personne qui ramasse toute, fustige contre ceux qui ramassent rien. La personne qui ramasse rien ça... en fait, ça s’en crisse bin que tu ramasses ou pas. Toujours est-il que, quand tu vis tout seul, bin c’est juste toi qui décide de quoi la place va avoir l’air. Tu veux un taudis où poussent les bouteilles vides et les seringues souillées? No problem. Au contraire tu veux une belle place où tu fais un highfive à M. Net comme dans les annonces? You’re the boss. 

2. L’absence de jugement d’autrui
On a tous des recoins sombres au fond de notre âme. Des habitudes étranges, des comportements louches et/ou des standards de one night parfois trop ordinaires. Quand tu partages une crèche avec quelqu’un, tu dois partager votre espace de vie dans l’harmonie. Ce qui fait que consciemment ou non, tu restes une personne « moindrement » respectable aux yeux de tes colocataires. Blonde ou colocs, tu te rends compte de tout ce que tu te retenais de faire quand tu deviens l’unique témoin de tes habitudes de vie. Tes expériences gastronomiques pas legit, tes fuckfriends décevant(e)s, ta musique quétaine quand tu fais le ménage ou le fait que tu coupes tes ongles d’orteils dégueulasses dans la cuisine, tes pieds sales sur le comptoir. Sérieux.

1. La crisse de paix pour les moments coquins
Tu dors dans ton lit. T’entends la porte d’entrée ouvrir. T’entends deux voix qui sont un peu pactées et qui pratique le on-va-chuchoter-pour-pas-réveiller-le-coloc-mais-on-rit-pis-on-accroche-toute-dans-place. Là, la porte de chambre avoisinante ouvre. Se referme. Moment silencieux. Soudainement, la redoutée musique de background part. Une trame sonore dont tu n’entends que les basses fréquences mais qui est juste pas assez forte pour couvrir les ébats de deux personnes qui fourrent. Joie. 

Moi quand j’suis déménagé dans le condo d’un de mes chums, il m’a expliqué la seule règle : « Pas le droit de fourrer dans les pièces communes ». J’suis locataire, j’ai respecté ça. Normal que le gars veut juste pouvoir s’asseoir sur son nouveau sofa de cuir propre et non pas souillé de ma sueur de raie ou du liquide douteux d’une surprenante femme fontaine. 

Aujourd’hui, vivre seul c’est de pas te soucier de qui et de quand tu ramènes ton repas pour emporter. Tu redécouvres également le fun de performer ailleurs que dans ta chambre. Un appartement, c’est pas mal plus grand soudainement. Même quand c’est pas un duo mais que tu te gâtes d’un solo, c’est plaisant d’écouter des courts-métrages égrillards le son dans l’tapis. 

LES PLATITUDES

4. La paresse 
À t’occuper de toi-même, tu développes un manque de motivation qui se transforme en paresse. Comme lorsque l’ami avec qui tu t’es inscrit au gym décide de lâcher et tu te retrouves tout seul. C’est possible qu’à la longue, tu deviennes moins sérieux. Tu cherches moins loin pour prendre des raccourcis. Par exemple, t’étais habitué avec ta blonde de faire de la bonne bouffe ensemble. Le fait de préparer le repas pour deux personnes vaut le cassage de bécyk. Là, unique habitant, c’est souvent ce qui est le moins de trouble et le plus rapide. Hot Dogs, KD, grilled cheese et autres décevants repas qui ne méritent pas le cliché filtré sur Instagram.

Que dire du ménage? Hey, combien de temps que tu niaises avant de laver ton bain? Surtout nous, les gars, qui prennent jamais de bain mais juste des douches. La vaisselle? L’aspirateur? Ce n’est pas unique à vivre seul. Sauf que parfois, y’a un de tes colocs qui s’écœurait et qui le faisait. Là, y’a juste toi.

3. Le manque de contact humain matinal
Tu t’en rends pas compte lorsque tu partages le quotidien avec du monde. Le simple « hey » ou « salut » d’une voix rauque et encore somnolente d’un colocataire est un premier contact humain dans ta journée. Même la conversation approximative avec l’autre occupant que tu fais en te grattant ta barbe d’une main et le scrotum de l’autre, est un échange en soi. Tu parcours les nouvelles matinales sur ta tablette et tu peux chialer à quelqu’un. Parce que chialer c’est comme se raser soigneusement les parties intimes : tu peux le faire pour toi, mais c’est bin plus le fun quand quelqu’un d’autre en profite.

Tandis que lorsque tu habites seul, tu peux très bien passer une journée complète sans avoir à t’exprimer ou croiser un autre homo sapiens. T’as beau ne pas être quelqu’un de très matinal un « yo, bin dormi? », c’est toujours le bienvenu.

2. Le coût de la vie
Simple mathématique : tu divises les factures et les dépenses avec le nombre de personnes dans cabane. Plus t’es nombreux, moins ta part est grande. Que ce soit avec ta blonde, ton chum ou, encore une fois, tes colocataires, le partage du fardeau fiscal est allégé. T’en viens à presqu’oublier le fait que la vie est chère et que l’argent ne pousse crissement pas dans les arbres. Ok tu l’oublies pas, mais tu vis mieux avec. Au pire, t’es 2-3 à chialer quand tu reçois le bill. Maintenant, pack tes affaires, ton kid si t’en as un, couvre tes meubles IKEA et lance-toi allègrement dans l’habitation solo. Consulter ton état de compte en ligne devient encore plus une activité des plus déprimantes. C’est une autre chose que t’oublies quand tu vis avec ton chum/blonde, la « joie » de splitter les différents coûts de la vie.

1. L’absence de surprise
C’est, je crois, la chose la plus plate de vivre seul. Y’a juste jamais de surprise ou de moment spontané. T’es le seul occupant donc tout ce qui se passe est directement dépendant de toi. Jamais que tu vas rentrer après la job un jeudi et qu’il y aura 2-3 charmantes amies de ta coloc à la table qui se font un vino-fromages. Bonsoir mesdames. Jamais que tu ouvres la porte du frigo et que t’aperçois full bières dans le tiroir à légumes, gracieuseté d’un généreux coloc. Jamais que tu rentreras à la maison et que tu te pèteras un fou rire de 10 minutes en raison que la place est tout emboucanée parce que ce même dude a essayé de faire cuire des biscuits mais qu’il les a oublié 25 minutes de trop dans le four. Jamais que tu te lèves dans la nuit pour pisser et que tu dois réveiller ce même coloc (c’tait un gars fantastique) parce qu’il s’est endormi, pacté raide, sur la bolle en chiant.

Et jamais que t’as eu une journée de cul au bureau, que t’entres à la maison pour constater que ta blonde t’as préparé un souper de roi et qu’elle te regarde, l’œil scintillant, l’air de dire « On bouffe pis après tu mets ton Willy Wonka dans ma fabrique de chocolat ». Non, jamais.

++++++

Toi ? Tu vis seul, à deux-trois-quatre ? Ton rapport à la solitude est comment ? 

Portez-vous bien, jeune gens. 
]]>
http://urbania.ca/blog/5373/le-registre-4-plaisirs-et-4-platitudes-que-tu-decouvres-a-vivre-seulThu, 25 Sep 2014 09:51:34 EDTLe Moeshttp://urbania.ca/blog/5373/le-registre-4-plaisirs-et-4-platitudes-que-tu-decouvres-a-vivre-seul