Urbania - canauxhttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationThu, 31 Jul 2014 11:31:08 EDT60Éric Samson refait le trajet Place-des-Arts - JolietteCe n'est pas par morbidité qu'Éric Samson, qu’on lira sporadiquement cet automne sur sur le blogue d'Urbania, a entrepris ce périple. Comme tant d'autres, il a été secoué par la tragédie et il a voulu comprendre, tenter de se mettre à la place de ces victimes.

Il a voulu se replonger dans le contexte où se sont précisément trouvés les 298 malheureux passagers qui ont accusé un retard d'une trentaine de minutes dans leur plan de soirée suite à une porte bloquée, causée par un journal 24H coincé dans le mécanisme d'ouverture. 



«J'ai revécu, minute par minute, ce que les passagers ont vécu durant leur trajet. Je voulais avoir le «feeling» à bord d'un wagon de la ligne verte», a expliqué le blogueur en entrevue téléphonique avec Urbania, jeudi, quelques minutes après la fin de son aventure.

Le trajet était pratiquement une copie conforme du tragique itinéraire: départ de la même station, rebaptisée De La Place-des-Arts (comme dans le cas de 19 autres stations de la STM, le nom des stations a été modifié depuis la tragédie), même entrée, rue De Bleury, même terminus, Honoré-Beaugrand, et même type de wagon de la série Vickers MR-63.



«De l'embarquement au débarquement, j'ai fait probablement les mêmes gestes qu'ont faits les passagers de cette soirée-là, prendre le premier repas après une heure et demie pris dans le métro, essayer de se dégourdir les jambes, lire un peu. C'était un peu surréaliste de refaire la même chose à mon tour», a-t-il évoqué.

Sécurité accrue
La sécurité était accrue à l'embarquement comme durant le trajet, ce qui a compliqué la tâche d'Éric Samson pour documenter son aventure en photos et vidéos. Il a d'ailleurs dû supprimer une partie de son matériel à la demande du changeur.

«On m'a demandé à trois reprises si j'étais reporter, a dit le blogueur. Je me suis identifié comme un fanatique de transports en commun. C'est vrai, j'aurais voulu être conducteur de métro quand j'étais jeune, c'est vraiment ma grande passion. Il faut être fou pour faire ce que j'ai fait ! J'ai roulé 20 minutes sur un voyage de 23 minutes.» Parti du Quartier des spectacles jeudi matin, il est revenu au bercail un peu plus tard jeudi matin.

«J'ai senti le personnel non pas nerveux, mais forcément ébranlé. Étonnamment, le wagon était complet, il y avait des familles, pas de nervosité chez les passagers. Certains se sont fait photographier devant le métro, sur le quai, mais c'est tout.»

«Retour sur le blogue» à Urbania
Le blogueur passionné de transports en commun a plusieurs cordes à son arc, aussi rejoindra-t-il dès cet été l'équipe d'Urbania dans la section «opinions» du blogue du populaire site web.

«C'est vrai que j'avais quitté l'équipe de blogueurs, mais dorénavant, de temps en temps, je vais sortir des textes d'opinion en marge de l'actualité, non pas une chronique régulière, mais afin de donner une dimension à un texte de Marie-Claude Lortie, par exemple, ou quand quelque chose dans l'actualité m'a paru particulièrement cave », a-t-il précisé.
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http://urbania.ca/canaux/reportages/5249/eric-samson-refait-le-trajet-place-des-arts-jolietteThu, 31 Jul 2014 10:04:46 EDTUrbania paul houdereportagehttp://urbania.ca/canaux/reportages/5249/eric-samson-refait-le-trajet-place-des-arts-joliette
Le Registre: Les 12 personnes que tu vas croiser à Osheaga

1. La fausse hippie
D’une manière ou d’une autre, tu vas vivre une situation désagréable avec une fille qui a des fleurs dans les cheveux. Comme si la quantité de fleurs sur la tête était proportionnelle à son niveau d’ “attitude de redneck”. Aussi, si les filles aux fleurs dans les cheveux se promènent en gang, ça aura plus des allures de “tsunami de redneckitude”. Aux abris! 

2. La vraie hippie
Facilement reconnaissable; elle sera en train de danser seule, pas sur le rythme, nus pieds, les bras dans les airs, en se crissant pas mal de ce que tu peux penser pis ELLE VA AVOIR RAISON DE LE FAIRE. 

3. Le poteau de volley-ball
Le seul gars qui mesure 2 km de grandeur s’arrêtera drette en avant de toi alors que ça fait 45 minutes que t’attends pour voir “ton” band. 

4. Le poteau de « Construction en cours »
Même grandeur que le poteau de volley-ball, mais celui-ci est amovible et se tassera quand il verra qu’il cache la vue à 45% de la foule. 

5. Le mauvais Sherlock Holmes
Tu vas te faire dépasser par des gens qui font semblant de chercher des amis. Ils les trouveront jamais. Ils vont s’arrêter devant toi dans la foule. C’est celui qui porte le sac-à-dos le plus gros qui sera devant toi. 

6. Le blasé
Tu vas surprendre une conversation entre deux inconnus qui essaient de se convaincre que l’édition précédente du festival était “bien meilleure”.

7. L'homme invisible
Malgré tous vos efforts, c’est certain qu’il y a un ami que tu ne réussiras jamais à retrouver dans la foule.

8. L'innocent
C’est la personne qui semble connaître aucun groupe de musique, qui semble même pas connaître la musique en fait, pis qui erre sur le pont en jasant du fait qu’il n’a jamais entendu parler du festival avant qu’il gagne des billets dans un concours à la radio.

9. La nudiste
Trop de poitrine, pas assez de tissu. 

10. Le nudiste
Trop de chest, pas assez de tissu. Plus le gars sera proche de toi, plus son chest sera collant.  

11. L'instagrammeur en chef
Il prendra tout en photo. Des selfies, des selfies de lui avec les bands au loin, des selfies de lui avec sa bouffe qui lui aura coûté 14$, des selfies de lui avec ses amis. Pis tout ça, dans ta face pendant que t’essaies de regarder ton groupe préféré. 

12. Le mal-aimé
La personne que tu n’espères pas croiser. Pour t’en sortir, tu vas préférer feindre une envie de pisser et te mettre 32 minutes en attente devant les toilettes plutôt que de jaser avec.

Mine de rien, j’adore ce festival. Vous pourrez m’y voir comme une 2, une 6, une 7 pour certains et une 11 (discrète). J’espère jamais être une 12. Pis vous me verrez jamais en 9. Too bad, gang. 

Crédit photo: Anirudh Koul sur Flickr, modifications par Urbania.
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http://urbania.ca/blog/5238/le-registre-les-12-personnes-que-tu-vas-croiser-a-osheagaThu, 31 Jul 2014 09:00:00 EDTNadine Mathurinosheagale registrebloguehttp://urbania.ca/blog/5238/le-registre-les-12-personnes-que-tu-vas-croiser-a-osheaga
Des chiens et des bulles - Portraits de Montréal




















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http://urbania.ca/blog/5247/des-chiens-et-des-bulles-portraits-de-montrealWed, 30 Jul 2014 10:59:20 EDTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5247/des-chiens-et-des-bulles-portraits-de-montreal
Honey, The Charm Is Gone


Comme je suis une fille toute simple, avec les deux pieds bien campés dans le béton des villes, ça m’a évidemment propulsé dans une réflexion sur la nature de l’être humain. Bref. Ça m’a rentré dedans.

Il faut dire que Seattle me rentre dedans. Avec ses sans-abris qui se parlent tout seuls, qui engueulent j’sais pas qui, le regard halluciné, à chaque coin de rue. Et son mélange de beauté et de laideur typique de l’Amérique. Pis la mer qui rencontre les montagnes.

Donc. J’ai spinné.

Sur l’effet de l’habitude sur l’être humain. Mettons les choses au clair : la madame, je sais pas combien de fois elle l’a visitée sa ville, ni le degré de charme de celle-ci. Tsé, elle parlait peut-être pas de Barcelone, là.

Quand même. On est bizarres, les humains. C’est si dur pour nous de s’émerveiller devant, d’être touchés par, de regarder en voyant la beauté de… quelque chose qu’on a vu, connu, souvent. Et ça s’applique à la maison où l’on vit, à la bouffe que l’on mange, aux gens dont on est amoureux. Tout s’estompe, s’affadit, se délave. C’est le règne de l’émoussement, l’assassinat par l’habitude. 

Passez notre amour à la machine
Faites-le bouillir
Pour voir si les couleurs d'origine
Peuvent revenir
Est-ce qu'on peut ravoir à l'eau de Javel
Des sentiments
La blancheur qu'on croyait éternelle
Avant?

Bonne question, Alain…

Comme je n’ai jamais été un animal, du moins, pas que je me rappelle, j’aimerais bien savoir si c’est vraiment un truc d’humain, ou si c’est lié à la condition animale, comme tous ces comportements qui, au fond, finissent toujours par revenir à une question de survie de l’espèce. Mais quand je pense à un petit chien, là - oui, celui-là, le fatiquant qui jappe tout le temps… Ben il peut sauter sur son maître chaque ostie de fois que celui-ci rentre à la maison. Courir après chaque ostie d’écureuil qui croise son chemin. Beugler des heures durant tant que son maître n’est pas revenu. Et l’accueillir en héros dès son arrivée avec sa pinte de lait, de retour du dep. Bon, peut-être pas tous les chiens, peut-être juste celui de ma mère, je suis vraiment pas spécialiste de la gent canine.

Nous, humains-humaines sapiens sapiens, ça nous prend des voyages dans des endroits toujours plus exotiques, des vêtements dans des modes toujours plus nouvelles, des nouveaux conjoints pour « retrouver les papillons du début ». Sans oublier, c’est cliché, les nouveaux gadgets électroniques dont on se lasse dès qu’on a fini de lire le manuel d’instruction (en ligne, évidemment). Ou le troisième verre de vin qu’on peut choisir cheap pour cause de saturation des papilles. (Il faudrait que je relise, d’ailleurs, La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, mais je m’égare.) 

À l’opposé, il y a aussi notre capacité d’apprivoisement. La solitude, dans ma vie, en a été un bon exemple. On n’est pas trop trop emballé la première fois que sa progéniture s’en va passer une semaine chez l’ex. Ça, cette solitude-là, ce vide-là, il faut l’apprivoiser. En ce moment, j’écris dans mon petit carnet rose (dont le rose est déjà un peu délavé) seule sur un lit king aux draps blancs aveuglants dans ma chambre d’hôtel de Seattle. Je rentre demain à Montréal, mais je ne reverrai pas ma tribu avant deux semaines. J’ai un tout petit motton, mais j’apprécie le calme, la liberté, le jefaiscequimeplaîtquandçameplaît, les vêtements éparpillés partout qui sont tous à moi (je sais, je sais, hôtels = punaises, je devrais pas faire ça). L’été passé, quand ils sont partis trois interminables semaines avec leur père… j’ai couché avec beaucoup trop de gars juste pour essayer de ne pas y penser. Cette année, j’envisage même la possibilité d’un été d’abstinence. C’est dire.

(Ce qui me fait penser que mes enfants, par exemple, je ne me tanne jamais de les regarder grandir.)

Donc. L’usure d'un côté. L’apprivoisement de l’autre. Est-ce qu’ils sont liés? Est-ce que ce sont deux manifestations de la même fibre de notre humanité? Et si ce que j’appelle apprivoisement n’était tout simplement que le bon côté de l’usure, car l’usure des sentiments désagréables, ou leur apprivoisement, est souhaitée. Sinon, on ne survivrait jamais à la mort d’un être aimé. Et si apprivoiser quelque chose, comme le petit prince avec son renard, ça venait aussi avec une sorte d’accalmie des émotions au contact de ladite chose? Et si ce que j’appelle usure, mot plutôt péjoratif, était en réalité un bienfait, et que le problème, c’est ce désir qu’on a d’être aussi émerveillé la 10e que la 1re fois? Je sais pas trop.


Les bouddhistes parlent d’impermanence. L’impermanence serait la source d’une partie de notre souffrance, car rien n’est permanent, et la peur que les choses s’arrêtent fait que rien n’est tout à fait satisfaisant. (Dans ce sens, on pourrait croire que les chiens sont plus zen que nous, vu qu’ils savent que ce n’est pas parce que leur maître est revenu les 1389 dernières fois qu’il est sorti, qu’il va rentrer cette fois-ci.) Et l’éveil vient avec l’acceptation de l’impermanence. Je simplifie et j’y vais avec ce que mon esprit pragmatique a réussi à capter, mais en gros, je pense que ça ressemble à ça. Tiens, je devrais demander à mon ami Martin, il s’y connaît pas pire en bouddhisme.

(Le temps d’un coup de fil passe.)

Il fait dire qu’en fait, c’est bien ce que j’ai écrit, mais qu’il aimerait souligner le fait que « le monde des perceptions et des sentiments est un endroit tout particulièrement propice à la volatilité, à l’impermanence »… Il parle bien, non? 

Je vous jure, je n’avais pas du tout l’intention de vous parler de bouddhisme en commençant ce billet. Que voulez-vous, c’est là qu’on est rendus, vous et moi. J’ai aussi fait quelques recherches sur le Net sur le sujet, mais je n’ai pas trouvé grand-chose, à part si l’on s’intéresse spécifiquement à « l’usure du sentiment amoureux ». Alors là, oui, des pages et des pages, il y en a. Tout le monde s’en mêle (et s’emmêle). De Patrice Lecompte à Éric-Emmanuel Schmitt, en passant par des tonnes de forums de femmes, de mères, de sexo… name it. Comme toujours, c’est l’amour, et son pendant, le désamour, qui tiennent le haut du pavé. Mais je trouve tout aussi bouleversant l’idée qu’un jour, je pourrais arriver à Paris et ne pas m’émerveiller. Je suis full pas éveillée quand je pense à ça. 

Bon, je vous laisse, il faut que j’aille me promener dans Seattle avant de m’en lasser.

Brigitte, des RoseMomz

Illustration: Pierre-Nicolas Riou
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http://urbania.ca/blog/5246/honey-the-charm-is-goneWed, 30 Jul 2014 09:52:49 EDTLes RoseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5246/honey-the-charm-is-gone
« 52 choses désagréables de la vie quotidienne », mettant en vedette Tim Raines

Mais ce matin, j'ai posé le mauvais pied hors de mon lit. C'est donc à partir d'un nabuchodonosor d'irritations que je vais vous verser un bon grand verre de fiel. Grand bien me fasse.

Voici une liste non-exhaustive de ce qui me persécute le ciboulot, m'horripile le poil des jambes, m'exaspère le cathéter.

1- Le fait que prendre le métro de Laval à Montréal coûte plus cher que de Montréal à Laval.

2- Quand mon nom de famille est mal orthographié. Quand t'oublies le « n», ça fait Guidon comme dans bécyk. Quand t'oublies le « u », ça fait Gindon comme dans gingembre. Quand t'oublies le « i », ça fait Gundon comme dans Gun Down. S'il-vous-plaît...

3- Déménager une sécheuse.

4- Déménager un poêle.

5- Déménager une laveuse.

6- Déménager un frigidaire.

7- Déménager quatre électroménagers.

8- Déménager.

9- Rentrer dans une toilette pour aller pisser. Sentir la pire odeur de marde laissée là par le dernier usager. Pisser 2 secondes. Flusher. Sortir. Croiser une jolie fille qui s'en va là aussi.

10- Les Bruins de Boston.

11- Les Montréalais qui prennent pour les Bruins de Boston.

12- Les camions de publicité lumineuse ambulante.

13- Ceux qui prennent l'ascenseur pour monter d'un seul étage.

14- Réaliser que quand je serai vieux et à moitié chauve, me faire couper les cheveux me coûtera le même prix qu'une personne qui a tous ses cheveux.

15- L'expression « C'est quelque chose! ». C'est quoi crisse? Il y a un million d'adjectifs qualificatifs. Choisis-en un (mais pas « incroyable »).

16- Être dans un autobus et me faire dépasser par l'autobus d'après qui passait 8 minutes plus tard à mon arrêt.

17- Les sudokus.

18- Échapper ma brosse à dents dans la toilette.

19- Ce rêve où je mange un lahmajoun à la marde.

20- «Ici, on prend pas la carte de débit monsieur.»

21- La liqueur aux raisins.

22- Me battre contre une roulette de Scotch Tape.

23- Perdre ma bataille contre une roulette de Scotch Tape.

24- Les ventriloques.

25- Quand un chauffeur de taxi me parle en me regardant dans son rétroviseur.

26- Penser à quand mon chien va mourir.

27- Attendre.

28- Devoir me répéter.

29- DEVOIR ME RÉPÉTER.

30- Quand une compagnie fournit un formulaire-réponse qui ne rentre pas dans l'enveloppe-réponse qu'ils fournissent aussi.  Allo Mastercard.

31- Googler Google.

32- Manger l'étiquette collée sur un fruit.

33- Perdre une partie de Connect 4.

34- Ceux qui se servent d'une calculatrice pour additionner 31 plus 20.

35- Tasha Kheiriddin.

36- Se faire livrer de la bouffe. En recevoir juste la moitié. Re-téléphoner pour avertir le restaurant. Se faire répondre: « C'est pas de notre faute. »

37- Envisager le sort de l'humanité quand je vois la file d'attente au Furco les jeudis à 17h30.

38- Penser à la fois où André le Géant a battu Hulk Hogan en trichant, le 5 novembre 1988. L'épaule de Hulk ne touchait pas le tapis.

39- Être dans la douche et ne plus me souvenir si je me suis savonné. Décider de me savonner, probablement pour la deuxième fois.

40- Ce moment étrange, après avoir reçu la bière commandée dans un bar, où la serveuse fait semblant de ne rien faire en attendant d'être surprise de recevoir un pourboire.

41- Me lever et enlever chapeaux et casquettes pour l'interprétation des hymnes nationaux avant un événement sportif non-international.

42- « Cet utilisateur est ''privé'' ».

43- Me faire pisser dessus par un écureuil.

44- Écrire Longoeuil.

45- Taper un code postal sur un clavier de iPad.

46- Quiconque porte le numéro 69 sur un uniforme sportif.

47- Plier un drap-contour.

48- Me faire faire une éclipse de jolie fille par un poteau de téléphone quand je suis en bécyk.

49- Me réveiller avec un bras en moins.

50- Quand le gars du restaurant me demande avec son accent arabe : « Moutarde dijon ou régulière?», mais que je comprends « Moutarde jaune ou régulière?», que je réponds « jaune », qu'il comprend « dijon » et que je me ramasse avec de la moutarde de dijon dans mon smoked meat, alors que je voulais de la moutarde jaune.

51- Toute personne qui dit « omnibullé » au lieu de « obnubilé ».

52- Mais ce qui me met le plus en BEAU JOUAL VERT, c'est certainement la non-introduction de Tim Raines au Temple de la Renommée du Baseball Majeur, à Cooperstown dans l'État de New York.

Permettez que je m'ensergelosiquise un peu...

J'ACCUSE...!

J'ACCUSE le gouvernement du baseball majeur de laisser croupir aux portes du Temple le cinquième meilleur voleur de buts de toute l'Histoire.

J'ACCUSE les journalistes membres de la Baseball Writers Association of America de refuser d'immortaliser le meneur de la franchise Expos de Montréal / Nationals de Washington pour : les simples, les triples, les buts sur balles, les points comptés, les poins produits, et bien évidemment, les buts volés.

J'ACCUSE les Dieux régissant cette Existence de ne pas rendre à ce César les lauriers de sa salade de gloire. Tim «The Rock» Raines a fait partie de l'équipe d'étoiles de la Ligue Nationale de Baseball pendant 7 saisons consécutives de 1981 à 1987. Il a été Recrue de l'année en 1981. Il a reçu le Bâton d'argent en 1986. Il a gagné trois Séries Mondiales (deux fois avec les Yankees, une fois avec les White Sox). Et son numéro (#30) a été retiré par les Expos.

Bien sûr, les détracteurs de The Rock diront que lorsqu'il prenait la poudre d'escampette à partir du premier coussin pour effectuer le larcin du second, il était justement sur ladite poudre d'escampette. Il aurait même déjà avoué qu'il plongeait sciemment à plat ventre pour ne pas abîmer le petit sachet blanc se trouvant dans sa poche arrière. Mais voilà qui ne fait qu'ajouter au mythe, à la légende. Et tout le monde sait que le baseball est un sport mythologique, rempli d'histoires plus grandes que nature.

Pour toutes ces raisons, je suis persuadé que Tim Raines devrait faire partie du Temple de la Renommée du Baseball Majeur. Là, ce n'est pas le cas.

C'est INADMISSIBLE.

J'exige réparation.
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http://urbania.ca/blog/5245/52-choses-desagreables-de-la-vie-quotidienne-mettant-en-vedette-tim-rainesWed, 30 Jul 2014 09:52:20 EDTFrédéric Guindon52Exposj'accuseinadmissiblebaseballtemple de la renommeetim rainesbloguehttp://urbania.ca/blog/5245/52-choses-desagreables-de-la-vie-quotidienne-mettant-en-vedette-tim-raines
Vouloir crisser son camp tout le temps


Pour moi, c'est différent. Quand je dis que j'ai envie de crisser mon camp, tout est dans l'idée: rien dans la réalisation. C'est systématique, à chaque fois que je me retrouve avec quelques jours libres à l'agenda, je commence à aller browser sur Expédia. C'est ainsi que j'ai découvert que «last minute deals» ça ne veut pas dire des deals de dernière minute pour partir DEMAIN, non, ça veut dire partir dans deux, trois semaines. Il faut croire que j'ai le «last minute» vraiment très dernière minute. 

Quand je vivais la vie de bureau 9 à 5 du lundi au vendredi, c'était toujours la même histoire: dès qu'on avait un weekend de trois jours, je déclarais haut et fort que «je crissais mon camp à New York». En vérité, c'est arrivé peut-être trois fois en deux ans. Pourtant, chaque vendredi après-midi précédant une longue fin de semaine, je googlais frénétiquement le prix des vols en direction LGA, JFK, ou EWR. J'appelais au Discount pour savoir combien il m'en couterait louer un rutilant bolide. Je vérifiais sur le site web de Via Rail le prix d'un aller-retour Montréal-Penn Station. 

C'est comme si la venue de quelques jours de congé m'obligeait à sortir de la ville. Mon cerveau se met automatiquement en mode de recherche frénétique pour trouver un plan pas cher et semi-réalisable. Le trois quart du temps, je finis par rester bien tranquille à Montréal à manger des toasts au beurre de peanut en regardant The Mindy Project, comme c'est d'ailleurs le cas cette semaine: je me suis retrouvée avec quatre jours de congé et zéro plan. Après avoir exploré en profondeur Expedia.ca et Amtrak.com, j'ai cherché des compagnons impulsifs-voyageurs via un status Facebook: «HEY GUYS, qui veut venir voir les palmiers à Las Vegas la semaine prochaine, j'ai du temps, j'ai de l'argent, et j'ai surtout vraiment envie de crisser mon camp!»

J'ai obtenu quelques réponses, mais rien de sérieux: des gens comme moi qui sont grands parleurs et petits faiseurs, côté plans de voyage. J'ai finalement abandonné et je suis retournée à Netflix. Le lendemain, j'étais encore habitée par l'envie de tout laisser tomber pour partir avec mon bagage à main vers un monde meilleur où les palmiers abondent. Mon inbox Facebook comportait quelques messages d'amis curieux, se demandant: «Pis, t'es-tu partie finalement?» En me faisant un pichet de café, je répondais: «Ouais, peut-être pas finalement, je checke encore» même si la réalité m'explosait dans la face: si j'avais vraiment voulu partir, ce n'était pas dans ma cuisine que j'aurais dû être, mais bien les deux fesses assises dans le chic autobus 747 me menant à YUL. Mais bon, je suis un peu bonne actrice, je suis même bonne pour me convaincre moi-même, alors jusqu'à la dernière minute j'aime bien me dire que oui, peut-être, sans doute, plus tard, tantôt, je vais crisser mon camp. 

J'ai ouvert Google Maps et je me suis promenée. Je suis allée voir le Château Marmont; belle place, pareil. Je suis allée voir le Flamingo Hotel à Vegas; c'est donc beau les néons sous le soleil, quand même, hein. Je suis allée faire un petit tour de 360 degrés de clics à Coney Island; une ben belle place aussi. J'ai regardé l'heure. J'étais définitivement encore pognée à Montréal, malgré mon escapade touristique à l'intérieur de ma propre tête. 

Je ne sais pas pourquoi ça finit toujours comme ça, mes idées de voyages piquent du nez dans la réalité. En fait, oui, je sais pourquoi: un voyage, ça se planifie. Ça demande de la préparation, que ce soit pour louer des chambres d'hôtel, pour réserver des billets d'avion/d'autobus/de train pas chers, pour déterminer quels musées/restaurants/quartiers on va visiter. C'est sûr que c'est attirant, l'idée d'un voyage de dernière minute. Je pense qu'on est plusieurs à rêver de YOLO et d'impulsivité belle comme un film hollywoodien. Mais dans les faits, c'est toujours mieux de s'organiser. Et il y a aussi le côté financier à considérer: à moins d'avoir un compte de banque sans fond, il faut se faire un budget de voyage.

Lundi matin, je reviens au travail, la tête encore hantée par des plans de voyages imaginaires. Une collègue me demande: «Hey, au fait, es-tu partie à Las Vegas finalement?» Je lui réponds que oui, que c'était ma-la-de, super beau: particulièrement les palmiers et le reflet du soleil dans la caméra de Google Street View.
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http://urbania.ca/blog/5243/vouloir-crisser-son-camp-tout-le-tempsTue, 29 Jul 2014 15:50:33 EDTMarie Darsignygoogle street viewvoyage voyagebloguehttp://urbania.ca/blog/5243/vouloir-crisser-son-camp-tout-le-temps
Défi Urbania: Vos pires histoires de vacances

En famille dans l'auto de police par Marilaine Bolduc-Jacob
 
C'est la commotion dans le marché juste en bas. Le jour se lève et ça crie, ça court, ça s’énerve. De la fenêtre de notre hôtel miteux donnant sur le fleuve Yangxi, nous observons que l'eau a passablement monté pendant la nuit. Il est grand temps de partir de Chongqing.
 
Sur le trottoir, impossible de circuler. Toutes les marchandises du marché y sont empilées. Mon mari et moi tentons d’héler un taxi pour nous rendre à la gare, à l’autre bout de la ville. Nous sommes encombrés par la poussette, notre valise, nos deux sacs à dos… et le cercle d'une cinquantaine de curieux qui se dessine rapidement autour de nos enfants de quatre et trois ans.
 
Les taxis sont en très forte demande. Dans notre quête, l'attroupement nous suit pas à pas, bloquant une voie du boulevard. Des policiers tentent d'assurer la fluidité de la circulation. À notre passage, leur tâche se corse et leurs sourcils se froncent.
 
Montez dans le véhicule de patrouille, nous intime-t-on! Nous prenons place sur la banquette arrière, sans savoir où ça nous mènera. Un policier se glisse derrière le volant, active les gyrophares et joue de la sirène pour se frayer un chemin dans le trafic. Les gamins sont ravis. Nous sommes inquiets.
 
La route est longue, l’atmosphère est lourde. Puis, nous apercevons la gare! Sans un mot, le policier nous y dépose, nous aide à sortir les bagages, nous salue d'un sourire et repart sur-le-champ. C’est mus par un sentiment de liberté que nous avons quitté ce coin de la Chine!
 
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Sauf une fois au chalet... de qui? par Lau et son amie allemande

J'avais 15 ans et je faisais un échange étudiant au pays ou la bière vient en litre au McDonald : l'Allemagne! 

J'ai appris à boire comme une vraie, sauf la fois au chalet. La soirée va comme suit : Nous étions dans un party au fin fond du village allemand dans un chalet et nous avions trop bu, genre vraiment trop. Bref, on a perdu la carte pis notre chemin. Ce dont je me souviens, c'est qu'à un moment donné, on est entrées dans la maison la plus proche pis on s'est couchées dans la première chambre qu'on a trouvée. 

Au réveil, j'ai demandé à mon amie où nous étions, elle m'a dit que c'est moi qui savais... mais je ne savais pas. Autour de moi, il y avait des décorations médiévales et un cadre expliquant toute les sortes de condoms.

On a crissé notre camp. Le lendemain à l'école, on a essayé de trouver chez qui on avait dormi, on n'a jamais su. On ne le saura jamais pis, dans le fond, c'est peut-être mieux de même.

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SALUT! par Corinne Brousseau

Ma famille et moi voyagions beaucoup quand j'étais petite, en raison de notre éloignement géographique (Chibougamau) et parce que mon père était enseignant. Notre itinéraire était réglé au quart de tour et nous arrêtions toujours à la même station-service où mon père faisait le plein et où ma mère achetait les chips qui accompagnaient les sandwichs qu'elle avait préparés quelques heures plus tôt. Puis, nous repartions vers notre halte routière pour manger avant de reprendre la route. Évidemment, c'était aussi l'occasion pour mon frère et moi de faire une pause pipi, chacun avec son parent du même sexe.  Plusieurs fois par année, pendant des années, rien ne changeait. Sauf la fois où... 

En entrant dans les toilette de la halte (qui avaient toujours été d'une propreté irréprochable) nous avons eu la surprise de découvrir un message sur le mur. Un graffiti, nous saluant (SALUT!) écrit avec les doigts d'une personne qui avait intentionnellement choisi comme matière première ses propres excréments... Je n'ai jamais compris comment une personne en était arrivé à trouver que c'était une bien bonne idée... 

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A Croatian Film par Alexandra

Lors de notre arrivée à Split en Croatie, nous étions à la recherche de party, nous nous étions fait vendre la place comme l'endroit pour faire le party sur la plage, toute la nuit. Dès notre arrivée, on rencontre 3 Argentins, qui nous parlent d'un pub crawl: pour 15 euros, tu as un open bar d'une heure et tu fais la tournée de 3 gros bars de la ville. ON Y VA! Premier bar, bar open... Comme tout bon voyageur, on veut rentabiliser, donc on boit le plus de verres en le moins de temps possible... On part pour le deuxième bar, en marchant pas super droit... 

Départ pour le dernier bar, celui sur la plage, avec la marina. Une fois dans ce bar je réalise que ça fait un méchant bout que je n'ai pas vu mes 3 amis... Je me dis: écoute, pas très grave, l'auberge est à 5 minutes... Dès notre entrée dans le bar je file au toilette, une mega file, comme dans toutes toilettes des filles. Dans l'attente, une fille me parle, petites questions habituelles de voyageurs. D'où tu viens? Tu es ici combien de temps? Avec qui? Ainsi de suite.. Elle qui me répond qu'elle viens de la Russie et est ici avec les amis de son chum. Elle m'invite à aller prendre un verre avec eux, je me dis pourquoi pas, les russes ça semble fêter fort... Puis de toute façon je ne trouve plus mes amis.. Alors, elle m'aggripe le bras super fort et me tire vers un deuxième étage (que je ne savais même pas qui existait) et me pousse dans un cercle de gars 2 fois ma taille et qui m'entourent... Tsé le moment où tu te dis WTF qu'est-ce que je fais ici? Ils me donnent un verre et me disent: Go bois! Mon réflexe de bonne petite fille, faire semblant, parce que vous avez pas idée à quel point ces gars étaient louches... 

Puis là après un petit 5 minutes, je leurs dis qu'il faudrait vraiment que je retrouve mes amis... J'essaye de partir et la fille qui me dis très froidement: « Non tu restes! » À ce moment je stressais vraiment, parce qu'il faut dire qu'à cet étage il y avait personne d'autre. Après environ 15 minutes de malaises et de scénarios étranges dans ma tête, ils me disent qu'ils s'en vont dans leur bateau... Moi, toute heureuse, qui les remercie et qui me dis HOURRA! Et non.... Un des gars qui me dit: « Non, tu viens avec nous sur le bateau... »

On sort par la porte de côté et les gars me tiennent le bras et me montrent le bateau... Moi qui essaye de leur expliquer que je ne peux vraiment pas, que mes amis me cherchent... Rien à faire. Une fois sur le bateau, je vois le quai s'éloigner et je me dis bien merde, mon père c'est pas Liam Neeson, je vais mourir dans un cartel de femmes.... Puis là une autre chose me vient en tête: SAUTER! Je me dis qu'il y a peut-être des chances qu'il y ait des requins, mais écoute, rendu là, se faire manger par un requin semble plus attrayant que finir dans un bordel crade... 

Quelques mètres, on est encore proche. Et hop je saute! C'est évident qu'eux ne s'attendaient pas à ça... Heureusement, à part me crier après ils n'ont rien fait...

La seule chose que je me dis: retrouve les gars... Je rentre dans le bar (toute mouillée évidemment) et je vois mes amis... Eux qui me regardent et qui partent à rire en me disant: qu'est-ce que tu as fais encore? Tu es tombée dans l'eau? Et moi qui réponds seulement: « J'ai sauté à l'eau... Je crois qu'on a essayer de me kidnapper... » Puis eux, comme tout bon ami en boisson, simplement réagir en riant....

Le lendemain matin mes amis qui me demandent sérieusement ce qui est arrivé... Ils croyaient que je niaisais la veille! Une chose qui est sûre, c'est que cette histoire est drôle car il n'est rien arrivé de grave, heureusement...

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Histoire de couchsurfing par Anonyme

On est donc deux amies qui sont allées à une conférence à Ottawa l'hiver passé. Pour sauver du cash sur l'hôtel, on a fait du couchsurfing chez un dude à Gatineau. 

Arrivées chez lui, on voit bien qu'il est un peu spécial. Que sa soeur est aussi spéciale. Gentils, mais spéciaux, tsé. 

Ils nous ont fait à souper, on a jasé avec eux super longtemps; ils nous ont raconté leur enfance, comment leur ville natale a fermé quand la mine a aussi fermé. 

Après le souper, notre hôte nous demande si on veut aller voir des endroits intéressants de Gatineau. Nous, en tant que fières Montréalaises, on se dit que ben oui, pourquoi pas, c'est pas parce que c'est au milieu de nulle part que c'est plate. 

Sauf qu'il est 22h, en décembre, et qu'il fait noir; pas trop pratique pour le tourisme. On embarque dans le char du gars qui démarre. Il nous dit en pointant un endroit vague ''ça c'est telle école. Y'a quelques années ils ont retrouvé une fille morte ici, dans le bois''. Ah oui? J'avais envie de lui dire que c'était pas une super bonne anecdote quand on conduit deux filles qu'on connait pas autour d'une ville où il manque dramatiquement de lampadaires. Mais ok, il était spécial. 

Mais là ça devient carrément apeurant quand il nous emmène dans le parc de la Gatineau. Je sais pas si vous savez, mais le parc de la Gatineau, c'est pas ''le parc Lafontaine de l'Outaouais''. C'est la forêt. La fuckin' forêt. Pis il a conduit longtemps dans la forêt. Là c'était plus ok qu'il soit spécial. On s'en crissait vraiment.

Assez longtemps pour que je commence à capoter sérieusement et penser qu'on va mourir dépecées, en pièces, dans une mine. J'essaie de jaser avec le dude, histoire de le distraire de ses plans meurtriers et d'avoir l'air calme, pendant que je m'imagine lui taper la tête sur le volant pour l'assommer et crasher le char pour nous sauver au travers de la forêt. Ma chum, assise en arrière de moi, capote et pense que je suis complètement inconsciente du danger; elle fait des plans pour lui briser le cou par en arrière et nous sauver au travers de la forêt (on fait les même plans débiles, on est pas amies pour rien, tsé). On va même jusqu'à poster sur facebook notre position géographique en se disant qu'au moins, la police va retrouver nos corps. On en était là. 

Éventuellement, on sort du parc. Saines et sauves; tétanisées sur nos sièges. Il nous ramène chez lui et nous dit qu'il va aller boire un café un Tim Horton's avec sa soeur; on est donc seules chez lui. Dès qu'ils sont sortis, on a eu une sorte de mélange de melt-down émotionnel, de soulagement intense et de frustration envers notre comportement beaucoup trop inconscient. On tremblait, on pleurait, on s'est fait des embrassades de ''sti on est en vie!''. 

On est allées à la conférence le lendemain, puis on est revenues à Montréal. Tout le monde pense qu'on exagère, mais on a vraiment eu peur.

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La lumière, par Alexandra Boissonneault

C'est la fois où ma sœur et moi on faisait du couchsurfing à Memphis, pendant un roadtrip vers le Sud-Ouest des States. Cette fois-là, on était dans une grande maison appartenant à trois colocs sympathiques comme les couchsurfers le sont. Ils recevaient quelques autres couchsurfers. Quelques, comme douze. Dont les sept membres d'un petit band de musique rock-trash inconnu de l'Arkansas qu’on avait vu se produire le soir même dans un vieux bar isolé de la ville. Quand on veut vivre une expérience locale, voyez... 

Alors ce soir-là, chacun des douze couchsurfers avait sa place. C'est-à-dire un peu partout sur le plancher. Et dehors sur le balcon, pour les gars du band. Ma sœur et moi, le gros luxe, on dormait dans un lit à l’étage, dans la pièce à aire ouverte, style grenier. Étant prise au fond du lit entre le mur et le toit en pente, je lui demande d’aller éteindre la lumière qui est encore ouverte au fond de la pièce. Alors elle y va, revient, la lumière toujours allumée, et m’explique. « Alex, j’pense que j’peux pas fermer la lumière. Elle éclaire leur plantation de pot. »

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Merci à tous les lecteurs qui ont contribué! Le prochain défi est lancé: comme Kéven Breton, on aimerait connaître vos propres « gap of knowledge »! Les choses que vous croyiez dur comme fer parce qu'il vous manquait une information importante. Kéven, lui, pensait que tous les trains ne roulaient que d'Est en Ouest. Peut-être avez-vous passé de longues années à penser qu'il n'existait aucune différence entre le beurre et la margarine, que les vikings n'avaient jamais existé ou que Élisabeth II était reine de France? On veut savoir


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http://urbania.ca/blog/5242/defi-urbania-vos-pires-histoires-de-vacancesTue, 29 Jul 2014 13:30:46 EDTUrbania appel à tousdéfi urbaniabloguehttp://urbania.ca/blog/5242/defi-urbania-vos-pires-histoires-de-vacances
Le «Gap of Knowledge» et autres bugs au cerveau

La blague était forte. Parce que Robin est dans la trentaine et qu’elle a vécu toute sa vie avec la profonde et inébranlable certitude que le pôle Nord n’était qu’une invention. Simple théâtre tout aussi fictif que le père Noël qu’il abrite dans les contes pour enfants. 

Robin et sa mappemonde imaginaire 

C’est ce qu’on appelle un «gap of knowledge»; l’absence d’une connaissance toute simple qu’une personne aurait normalement dû acquérir, une fois à l’âge adulte, mais qu’elle n’a pas, pour diverses raisons. 

Je peux pas rire parce que j’ai vécu une situation tout aussi humiliante. Vous allez me permettre de ratisser très large sur le sujet amené avant de la dévoiler, parce que c’est très gênant et que, encore aujourd’hui, je peine à expliquer cette gigantesque défaillance au cerveau. Au pire, descends voir le punch, moque-toi de moi, et remonte lire mon plaidoyer.

Sachez d’abord que j’ai coulé trois fois mes sciences 416. En secondaire 4, puis en cours d’été, puis en secondaire 5. Je suis entré au cégep de justesse. Non, j’ai pas l’esprit cartésien et j’ai jamais rien compris à l’héliocentrisme et toutes autres élucubrations scientifiques. 

Par exemple : la relation marée-lune. Essayez pas de m’expliquer ce phénomène-là, pour moi c’est de la sorcellerie. Un autre : avant mes 16 ans, je pensais que le pôle Sud c’était une destination soleil. Genre que plus t’allais au sud plus y faisait chaud. Obligatoirement. 

Il existe sûrement plusieurs théories pour expliquer ces terribles bugs d’apprentissage. En ce qui concerne mon pire et plus honteux (j’y arrive, j’y arrive), au lieu de me référer à Freud, j’vais me rapporter au film Inception. Toute l’œuvre repose sur le concept d’implanter une idée étrangère dans le subconscient d’une personne, si profondément, qu’elle se l’approprie comme étant sienne. 

Dans le film, la méthode utilisée est une machine à connecter les rêves. Moi, mon inception s’est déroulée dans une classe d’école primaire. Parce qu’il n’y a pas d’endroit plus propice au lavage de cerveau. Pensez-y : les élèves ont l’esprit vierge et s’y dirigent avec la certitude qu’on va leur transmettre de saintes vérités. 

C’est là que la mauvaise herbe du savoir a profondément pris racine dans ma pauvre matière grise.

Je me rappelle pas exactement à quel moment cette petite semence de certitude a été plantée, mais j’ai conclu que ce devait être dans le cours de géo. Comprenez que mon premier visuel avec le train s’est fait à l’école : on me l’a présenté sur une carte comme un moyen de transport qui a permis le développement du Canada.

C’est environ là que ma tête a bogué. Ma première image du train en était une où les wagons se déplaçaient sur un long tracé, d’est en ouest. C’est à peu près la seule fois qu’on m’a parlé de train dans mon enfance. Je l’ai ensuite expérimenté une seule fois, sur une trajectoire Québec-Drummondville somme toute assez linéaire, et donc fort compatible avec l’idée générale que je m’étais faite de ce moyen de transport.

Ainsi. Pour une raison qui m’échappe encore, j’ai cru que les trains pouvaient uniquement voyager d’est en ouest et vice-versa. Genre que c’était physiquement impossible de construire des rails qui allaient du nord au sud SINON QUOI LES TRAINS ALLAIENT DÉRAILLER

J’avais même un début de théorie en tête; je savais/croyais vaguement que les trains fonctionnaient sous un certain principe de magnétisme. Le petit génie que j’étais savait aussi qu’il y avait une sorte de patente-noyau sous la croûte terrestre. FOUILLE-MOÉ pourquoi, mais j’ai fait 1+1 et j’ai déduit que cette boule de feu immense au centre de la Terre avait le pouvoir de propulser magnétiquement des traverses horizontales. 


Mais qu’il y avait un degré maximal d’inclinaison à respecter, déterminés par de savants chercheurs. Ç’a pas d’osti de sens, je vous l’accorde. 

Ce n’est qu’il y a quelques années, alors âgé de 20 ans que j’ai découvert que j’avais vécu dans le mensonge tout ce temps. J’étais en auto vers Chicago quand mon ami me dit «on aurait dû prendre le train, calice, c’est loin… »

- «Haha, est bonne» rétorquais-je candidement. 
- «…»
- «C’est ben trop au sud, Chicago, man…»
- «…Dude…»

Je vous laisse imaginer la suite de cette conversation qui, à ce jour, continue de me hanter.

Consolez-moi : racontez-moi vos propres crampes au cerveau. Ça doit pas juste arriver à moi, ces bugs-là.

Hein?

Illustration : Vanessa Harbec

[NDLR: Nous recueillons vos knowledge-gaps par courriel aussi, pour le prochain Défi Urbania! N'hésitez pas à nous envoyer vos crampes de cerveau au appel-a-tous@urbania.ca - on publie mardi prochain!]
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http://urbania.ca/blog/5241/le-gap-of-knowledge-et-autres-bugs-au-cerveauTue, 29 Jul 2014 10:07:21 EDTKeven Bretontrain nord-sudcrampe au cerveaubloguehttp://urbania.ca/blog/5241/le-gap-of-knowledge-et-autres-bugs-au-cerveau
L'injustice du SPVM

Ils décident aussi d’arborer des éléments carrés et rouges, en guise de protestation. Les leaders des groupes les représentant crient au scandale: nous ne négocierons pas, c’est un hold-up. Une manifestation est organisée, où certains membres plus intenses décident d’allumer un feu avec des déchets, en pleine rue. 

On attend la suite avec impatience: arrestations massives, déploiement de l’anti-émeute, fumigènes, poivre de cayenne, 638$, P-6. La routine, quoi.

Sauf que non. Parce qu’il ne s’agit pas d’étudiants fâchés de voir leur facture augmenter. Ce sont des policiers, des pompiers, des cols blancs et bleus, qui sont mécontents de voir leur régime de retraite fondre comme neige au soleil. Et vu que les polices sont pas mal plus importantes que les étudiants, qu'ils sont supposés faire respecter la loi et donc que leur conduite est d'autant plus grave, on leur a décerné... des avis écrits! On a même poussé l'audace jusqu'à décerner des suspensions allant jusqu'à TRENTE MINUTES! Sans salaire! 

C'est terrible! 

J’ose à peine imaginer les conséquences que de telles sanctions peuvent avoir sur nos forces de l'ordre. Une chose est sûre: c’est terrible. Des hommes et des femmes au dossier auparavant vierge et immaculé traîneront désormais une tache infâme jusqu’à la fin de leur carrière au service de la population. 

Mais si ce n’était que ça! Pour ajouter l’insulte à l’injure, d’aucuns dans la presse écrite et sur les médias sociaux ont osé insinuer que la loi ne s’appliquait pas à tout le monde également, parce que si le citoyen moyen (ou, pire, un groupe d’étudiants pas-contents-fâchés) avait bloqué une rue pendant tout un après-midi sans prévenir qui que ce soit et allumé un incendie en plein Vieux-Montréal, la « manifestation » se serait conclue autrement. Ces déclarations démontrent un étonnant manque de perpective face à toute cette histoire. 

Il est évident que lors des violentes manifestations étudiantes de 2012 ou des marches annuelles organisées par le COBP, le SPVM se doit d’intervenir préventivement. Parce qu’on sait que des crimes risquent d’être commis, et que c’est dans le devoir de tout service de police normalement constitué d’empêcher un attroupement de gens visiblement sur le point de commettre toutes sortes de méfaits (barrer la route à la circulation, peut-être même lancer des projectiles sur des bâtiments). Dans le cas qui nous occupe, la manifestation regroupait des policiers, mais aussi des pompiers et d’autres cols blancs de la ville de Montréal; des gens dont la mission même est d’être au service de la population. Il était donc impensable de même considérer que des actes criminels auraient pu être commis: a-t-on déjà vu un policier enfreindre la loi? 

Et même lorsque certains éléments « perturbateurs » décident d’allumer un incendie: vous n’avez pas lu? Il y avait des pompiers! Partout autour! C’est tout ce qu’il y a de plus sécuritaire. Et lorsque ces mêmes pompiers, pour passer leur message de mécontentement, tournent leurs boyaux vers l’Hôtel de Ville et envoient leurs jets sur les portes de l’entrée principale… n’allez pas croire qu’il s’agit là d’une tentative de vandalisme. Franchement. Il n’y a là absolument rien de répréhensible. Ça coule de source: il y avait des centaines d’agents du SPVM tout autour. Si ça avait été contre la loi, les policiers seraient intervenus. 

Comme il n’y a pas eu d’intervention des pompiers, l’incendie des policiers était parfaitement sécuritaire. Comme il n’y a pas eu d’intervention des policiers, les actions des pompiers étaient parfaitement légales. Comme il n’y a pas eu de déplacement, donc pas d’itinéraire, la manifestation n’avait pas à être déclarée illégale. Comme il n’y a pas eu de méfait commis (sinon il y aurait eu arrestation), il ne devrait pas y avoir de sanctions. 

Pourtant, des centaines de policiers se retrouvent aujourd’hui avec des avis écrits et des suspensions salariales; on les touche directement au porte-feuille, là où ça fait le plus mal. Des centaines de familles sont privées de montants pouvant aller jusqu’aux dizaines de dollars. Et pourquoi? Pour avoir osé exprimer publiquement et solidairement leur mécontentement face à une loi Libérale inique. 

Il est grand temps que les institutions publiques ouvrent les yeux; la loi devrait s’appliquer à tout le monde, également, et il est inadmissible dans une société de droit comme la nôtre que les employés de services à la population comme le SPVM voient leur droit de manifester ainsi sévèrement limité, et leur liberté expression punie de cette manière. Policiers, ne vous laissez pas intimider. Les lois devraient s'appliquer à tout le monde, également, et la sévérité avec laquelle vous avez été punis est carrément inacceptable. La population est derrière vous. 

Je vais même essayer de trouver quelque chose de carré et de rouge, pour affirmer mon soutien à votre cause. 

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http://urbania.ca/blog/5240/linjustice-du-spvmTue, 29 Jul 2014 08:42:20 EDTÉric Samsoncarré rougemanifestationgrèvebloguehttp://urbania.ca/blog/5240/linjustice-du-spvm
Le colonisé

Une des choses qui m’attriste où j’habite, en Haïti, est lorsqu’on réalise que des traditions puritaines coloniales persistent dans la culture de masse. Le prosélytisme des protestants ou encore l’obsession pour les cheveux droits et lisses en sont de bons exemples.

Au Québec, où je viens de remettre les pieds pour quelques jours, la chose m’a frappée aussi. Le « faux-débat » sur la langue des artistes plutôt que sur les politiques publiques et la vision manichéenne du gouvernement canadien permettent de renchérir sur la peur de l’autre et du métissage, l’un poussé par le désir imaginaire de conservation et l’autre par le désir d’une grandeur puérile soi-disant perdue.

Le métissage et les idées nuancées provoquent l’insécurité des nationalistes-conservateurs, carburant sur leur anxiété pour engendrer des discours de clercs faussement courageux. On a même été jusqu’à comparer le français québécois au créole, comme si ce dernier n’était qu’une langue de second ordre, répétant (sans s’en rende compte, espère-t-on) ce que les colons ont tenté sans succès d’inculquer aux Haïtiens pendant longtemps. Le créole n’est pas une langue digne de ce nom, disait-on à l’époque. Soixante-quinze ans après ses premières salves anticoloniales dans le journal L’étudiant noir, Aimé Césaire doit se retourner dans sa tombe.

Au même titre que la langue pure comme rhétorique identitaire, la dialectique manichéenne des bons contre les méchants, des capitalistes contre les communistes, des pro et anti-terroristes, comme à l’heure de la guerre froide, est aussi d’une autre époque. On se croirait dans le fantasme du choc des civilisations, trente ans trop tard.

Le gouvernement conservateur, renforcé par de nombreux discours passéistes, annonce l’arrivée d’un monument aux victimes du communisme. Si elles sont nombreuses les victimes du communisme, on attend toujours celui des victimes du capitalisme, à commencer par les millions de morts ou disparus sous des dizaines de dictatures soutenues ou mises en place par l’Occident. On oublie aussi comment la pensée socialiste a influencé les politiques publiques contre les inégalités au Québec depuis la Révolution tranquille. Thérèse Casgrain aurait pu nous éclairer là-dessus, mais son nom vient d’être biffé en catimini par le gouvernement. Réécrire l’histoire est si facile.

La pureté comme objectif
Plutôt que de s’en prendre aux politiques, statistiques à l’appui, on s’en prend à la langue parlée par des artistes dans leurs œuvres ou à des images déformées d’un nationalisme présomptueux. La pureté, signe de victoire culturelle, tel un Français au sang bleu.

Elle existe vraiment, cette langue française « pure » au Québec? Comme si Robert Charlebois ou Céline Dion n’avait jamais inclus des mots anglais dans leurs chansons. Comme si le joual n’était pas un dialecte propre au Québec, tel le patois en Jamaïque. Comme si le métissage n’était pas célébré dans la culture montréalaise. Comme s’il n’y avait pas une dizaine de langues uniques au monde sur le territoire québécois.

Lorsqu’il est question de langue, rien n’est dit sur les « politiques économiques » des gouvernements québécois successifs qui ont justifié la diminution du financement des cours de francisation des nouveaux émigrants. Rien non plus sur cette nouvelle génération d’anglos-montréalais francophiles. Faudrait-il arrêter d’utiliser le double « tu » interrogatif parce que ce n’est pas un français assez pur? J’entends des anecdotes négatives sur l’anglicisation de certains francophones qui ne servent qu’à provoquer l’émotion plutôt que la réflexion, mais rarement sur la lutte quotidienne contre la discrimination systémique que poursuivent courageusement certains francophones de l'Outaouais ou d'Edmonton.

La pureté nationale s’inscrit aussi dans le discours ambiant. À Ottawa, la virginité (grandeur?) de l’histoire canadienne semble toute nouvelle. Il y a les « bons canadiens » qui lisent la bible, et ceux, grands méchants loups dans la bergerie, qui lisent Foucault

Quel est l’intérêt de défendre au 21e siècle une vision post-coloniale qui opère à partir d’un souhait de pureté? De loin, ça ressemble plutôt à Don Quichotte qui s’attaque à des moulins à vent.


Twitter: etiennecp
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http://urbania.ca/blog/5237/le-coloniseMon, 28 Jul 2014 12:53:49 EDTÉtienne Côté-Paluckconservatismenationalismecanadaquebeccréolefrançaisculturepuretécolonialismehttp://urbania.ca/blog/5237/le-colonise
Una poutine por favor

La classique sauce brune mijote dans les casseroles. Le fromage en grain « squwick squwick » attend patiemment à l’intérieur des sacs de plastique dans le réfrigérateur. Tout le portrait est des plus normaux pour un resto de poutine. Mais le détail qui fait que la Casa Quebecua est ce qu’elle est, c’est qu’elle est bien loin du parc Lafontaine et de La Banquise. Le petit resto mené par un Québécois a cela de très exotique : c’est le premier et le seul resto où on offre de la poutine en Équateur! Et sûrement un des rares en Amérique latine.

Zachary Robichaud est l’heureux propriétaire qui a eu l’idée d’ouvrir ce spot québécois à Quito, il y a de cela quelques années à peine. Amoureux de l’Équateur, il a eu envie de créer son propre paradis, c’est-à-dire un lieu où on se sent un peu au Québec, décorations sur les murs à l’appui, tout en ayant cette atmosphère un peu chaotique mais ô combien chaleureuse de l’Amérique du Sud. On observe ainsi une plaque d’immatriculation québécoise, un portrait de la Chasse galerie, de la ville de Montréal de nuit, des vestiges des Canadiens de Montréal… Et Zachary a voulu donner une ambiance un peu «chalet» avec les murs et le mobilier en bois, question d’amener l’après-ski jusqu’ici. Il manque juste un petit air des Cowboys Fringants en background pour que l’illusion soit complète. Tous les employés sont Équatoriens, et la clientèle principale est constituée d’Équatoriens. «Les Équatoriens adorent la poutine!» s’exclame Zachary, avec un bonheur contagieux. Le nom du resto démontre d’ailleurs cette fusion culturelle : « Quebec » et « Ecua », comme si les deux pays étaient prédisposés à bien s’entendre. 

Ça n’a pas été facile au début, raconte Zachary. Les gens ici ne connaissaient pas la poutine, et en espanol, putine ressemble un peu à putita, (ndlr : prostituée) alors il passait quelques drôles d’idées dans la tête des Équatoriens. Mais le concept a fait son chemin, et les gens d’ici ont adopté notre met bien québécois. On compte maintenant 8 sortes de poutines à la Casa Quebecua, dont l’éternelle classique, mais également celle «de l’ours», où à peu près tous les types de viandes s’ajoutent au trio frites-sauce-fromage habituel.

En plus de la difficulté de faire connaitre le concept, l’intégration à la culture équatorienne n’a pas non plus été facile. Considéré comme un « Gringo »,  Zachary a dû manger ses croûtes et montrer au voisinage que son resto était bien là pour rester. À l’époque, la Plaza Foch où se trouve la Casa Quebecua n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui, c’est-à-dire un aimant touristique pour ceux qui veulent venir faire la fête dans la capitale du pays de la moitié du monde. C’était un peu plus trash, ça jouait dur, et ce n’était pas trop sécuritaire de s’y promener. Mais aujourd’hui, le quartier est plus que dynamique, le petit resto y a une très bonne réputation, et beaucoup de Québécois de passage viennent s’y poser, question de se sentir à la maison le temps d’une bonne poutine.

Pour en savoir, découvrez cette capsule vidéo :

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http://urbania.ca/canaux/enquetes/5236/una-poutine-por-favorMon, 28 Jul 2014 10:37:47 EDTAlexandra Nadeauquebecuacasaecuadorquitoéquateurrestaurantrestopoutinereportagehttp://urbania.ca/canaux/enquetes/5236/una-poutine-por-favor
Des nouvelles d'Urbania.ca
Mais il n'y a pas que le look du site qui va changer! Nous avons mis en place une toute nouvelle grille-horaire. Ne vous inquiétez pas: vos préférés sont encore bien là! Tour d'horizon. 

Tout d'abord, le lundi, Urbania accentuera son ouverture sur la Francophonie; vous y retrouverez notre blogueur à Jacmel (Haïti) Étienne Côté-Paluck, mais ce sera aussi le grand retour de notre désormais célèbre (ex-)stagiaire belge Élizabeth Meur-Poniris. Le comédien français David Azencot se joindra aussi à l'équipe. 

Le mardi matin, c'est la case des grandes gueules. Des pétages de coches et des opinions tranchées. Nous voulons vous en donner plus: c'est pourquoi, le mercredi matin aussi, vous pourrez retrouver l'esprit coup-de-gueule d'Urbania. Vous voulez des noms? OK. Gaëtan Namouric. Olivier Morneau. Ogden Ridjanovic aka Robert Nelson. Et d'autres encore! Ensuite, notre voyageur à mobilité réduite (qui a cessé de voyager) Kéven Breton et notre intrépide reporter Olivier Boisvert-Magnen vous accompagneront pendant le lunch. En après-midi, nous inaugurerons une nouvelle section: les défis Urbania! À chaque semaine, sur notre page Facebook comme sur notre compte Twitter, on va vous lancer un défi; ça peut être « racontez-nous votre histoire de vacances la plus trash » comme « allez prendre une photo du caissier de votre dépanneur du coin ». On veut trouver les perles, les trésors enfouis un peu partout au Québec et dans le Monde! Mardi après-midi, nous poursuivrons notre collaboration avec nos potes de StreetPress et vous pourrez aussi continuer à lire les aventures de Marie Darsigny. 

Le mercredi midi, vous retrouverez les Rosemomz à chaque semaine, suivies par le meilleur de la récolte hebdomadaire des garçons de Portraits de Montréal. 

Nouveauté le jeudi matin alors que nous vous présenterons une section « top-10 »; mais ne vous inquiétez pas: on ne fera jamais de top-10 endroits où manger de la poutine à Montréal ou de top-10 preuves que tout le monde devrait être comme Amy Poelher dans Parcs And Recs en gifs animés. Mettons. Ensuite, le grand Rabii Rammal continue ses lettres une fois aux deux semaines. La relève sera assurée par la non moins formidable Véronique Grenier. La Ville de la semaine hebdomadaire viendra clore la journée du jeudi.

On termine la semaine en humour: les textes fleuris de Catherine Ethier commencent la journée, et Jonathan Roberge sera toujours au poste une semaine sur deux. Mais qui pourra bien le remplacer lors de ses semaines de congé? Nul autre que Martin Perizzolo, que vous pourrez commencer à lire dès vendredi prochain. 

Nouveaux blogueurs, nouvelles rubriques, même irrévérence. Bienvenue au Urbania.ca version 2014. 
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http://urbania.ca/blog/5225/des-nouvelles-durbaniacaMon, 28 Jul 2014 09:43:55 EDTUrbania bloguehttp://urbania.ca/blog/5225/des-nouvelles-durbaniaca
La chanson de la (fin de) semaine: Il fait beau


Allez, bonne fin de semaine à tous!


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http://urbania.ca/blog/5235/la-chanson-de-la-fin-de-semaine-il-fait-beauFri, 25 Jul 2014 14:05:36 EDTUrbania chanson de la semainebloguehttp://urbania.ca/blog/5235/la-chanson-de-la-fin-de-semaine-il-fait-beau
La star du vendredi: Caroline Lavergnehttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5234/la-star-du-vendredi-caroline-lavergneFri, 25 Jul 2014 13:51:09 EDTUrbania montrealStar du vendredireportage_mediahttp://urbania.ca/canaux/photoreportages/5234/la-star-du-vendredi-caroline-lavergnePour voyager gratuit, vive les snowbirds!
Je ne sais plus comment j'ai entendu parler de ces services de transport de voiture à travers l'Amérique du Nord, sûrement en googlant « voyager gratuitement »... Le concept est simple: il existe des snowbirds riches qui n'ont pas envie de faire la longue route vers le soleil l'hiver venu, et préfèrent s'y rendre par les airs. Cependant, arrivés sur place, ils aiment quand même bien avoir leur véhicule. Alors ils font affaire avec une agence qui leur trouve un snowbird pauvre – votre serviteur – pour mener le carrosse à bon port, moyennant un dédommagement couvrant ses frais en route (essence, nourriture, hôtel).

Il y a plusieurs de ces agences, dont les noms explorent péniblement le champ lexical du roadtrip: Auto Driveaway, Hit the road... Moi, je voulais aller vers le paradis des snowbirds, la Floride (en janvier, ça ne manque pas les chars qui s'en vont là-bas), et ensuite trouver un moyen de me rendre en Louisiane. Mon choix s'est donc naturellement porté vers le spécialiste de cette partie du globe: Cars to Florida, dont on devine sans peine la vocation.

Petite parenthèse utile: il existe des départs pour plein d'États différents. Il y a une foule de raisons qui amènent les gens à ne pas conduire, par exemple un déménagement hâtif pour raisons professionnelles. (« On t'a échangé à Dallas, bye bye »). On trouve des témoignages de gens qui sont allés en Californie au volant d'une Porsche, tous frais payés...

Les dates et les lieux de départ et d'arrivée sont fixés par le propriétaire de l'auto. C'est un Toronto-Sarasota le 8 janvier qui entre le mieux dans mon agenda. Anyway, pas le temps de niaiser: dès qu'un départ qui ressemble de près ou de loin à ce que tu cherches s'affiche, tu le prends, parce que t'es pas le seul snowbird pauvre dans la région...

Après, tout est très rapide: un dépôt de 300$ (hum... j'ai confiance en toi, Internet), envoyer son dossier de conduite et une copie du permis. Un coup de fil à Toronto pour prendre rendez-vous avec Mme Snowbird, et on est d'accord: à moi les 2500 km jusqu'à Sarasota!

Le jour J, me voici au centre-ville de Toronto, où il fait très froid, surtout quand on est habillé pour gambader sur la plage. Je pénètre dans un appartement dont rien que le salon est suffisamment grand pour loger quatre étudiants, à condition qu'ils aiment le marbre. Parce qu'il y en a beaucoup trop, du marbre! Mme Snowbird partira en vacances avec M. Snowbird mais aussi avec la servante mexicaine, qui me sert le café. Ils sont bien gentils. Ils ont fait carrière (et fortune, ce qui est remarquable) dans le journalisme et vont soigner leurs rhumatismes sept semaines chaque année à Sarasota. Je ne m'éternise pas, moi aussi j'ai envie d'aller voir les palmiers, et on descend au sous-sol cueillir l'objet de ma quête. Bof, une bête Honda Accord, avec des sièges en cuir et des ornements de bois, quand même.

Je m'en vais ramasser Jasmine qui m'attend en ville et c'est parti, on rocke la route.



Jour 1: Toronto-Pittsburgh
Le sud de l'Ontario est plate. Heureusement qu'on y a construit quelques gigantesques usines noires pour égayer les berges du lac éponyme. Suivent des étendues mornes où, parait-il, la vigne batifole à moment donné, mais pas aujourd'hui. On ne parle pas trop : l'arrivée imminente de la frontière nous stresse. Je dois prendre la « commercial lane », celle réservée aux camions, et je tends ma liasse de papiers au bonhomme qui crie là-haut dans sa guérite à hauteur de trucker. Il faut aller dans la bâtisse au fond, puis dans l'autre en face.

Dans le premier édifice, après une bonne heure passée sous le regard bienveillant d'un de ces Barack Obama dans son cadre cheap qui décorent les postes-frontière de nos voisins du Sud, on nous appelle pour nous poser les questions de routine sur ce qui nous amène aux États-Unis. Sans emploi ni billet de retour, Jasmine présente le profil-type d'une immigrante qui ne rêve que de voler une job à un bon Américain travaillant. Après une heure de niaisage et une fouille de toutes nos affaires, elle convainc le douanier en lui montrant son relevé bancaire sur le téléphone (une chance qu'il ne jette pas un œil à la carte de crédit gonflée à bloc). Dans le second bâtiment, on perd une autre heure au milieu des camionneurs pour faire immigrer le char. Bravo, il fait nuit et on ne verra rien du paysage.  Juste une grande pancarte au-dessus de la skyline de Buffalo, montrant la fameuse scène avec le singe qui se relève petit à petit pour devenir un homme, barrée d'une grosse croix rouge, avec un numéro de téléphone: 855-FOR-TRUTH. On ne croit pas à l'évolution ici non plus, apparemment.

On arrive à Pittsburgh bien tard, et on trouve difficilement l'hôtel clandestin à contribution volontaire où on a réservé. Pour ne pas se faire pogner (alors que son hôtel apparaît dans les premiers choix de Google quand on tape « cheap hostel Pittsburgh »), Jon fait passer ses clients par sa cour arrière, perdue dans les ruelles de cette ville industrielle étonnamment agréable avec ses vieux quartiers ouvriers aux jolies maisons de brique. L'hôtel de Jon a beau être illégal, il ne ressemble en rien à un squat, mais tout à fait à une auberge de jeunesse à lits superposés. On ne s'éternisera pas, demain on a de la route.

Jour 2: Pittsburgh-Caroline du Sud
Pittsburgh abandonnée à sa grisaille, on fait route plein sud. Au programme de la journée: les Appalaches. J'ai posé une condition non négociable avant le départ, aujourd'hui on lâche l'autoroute et on s'aventure sur les routes qui serpentent la montagne. Objectif: partir à la rencontre des hillbillys de Virginie-Occidentale, expédition qui meuble mon esprit depuis que j'ai lu les si flatteuses descriptions que Tristan Egolf fait des « rats de rivière » dans un de mes livres préférés, Le Seigneur des porcheries.  Et pour le coup, on est servis...

La route s'élève, ça commence: ah tiens, regarde, une maison mobile toute scrap à gauche. Oh, un autre trailer à droite. Ah ben, encore un. Mais dis-moi, là-bas, ce ne serait pas un village de maisons mobiles à moitié démolies?

Il y en a partout, des hillbillys. Devant toutes les stations-service, des vieux pick-ups avec des bonshommes aux immenses barbes cachant les quelques dents qui leur restent, le corps démoli par le travail, dans ces comtés où on vote à plus de 70% pour les Républicains et contre l'assurance-santé. Très courtois, en passant, du genre à vous tenir la porte du dépanneur quand ils voient que vous êtes rendus à moins de 30 mètres. En fait, c'est plaisant la Virginie-Occidentale avec ces gentils hillbillys, ces fermes en bois qui ponctuent les douces collines, et ces rivières qui s'écoulent tranquilles au fond des vallées, entre les trailers abandonnés.

Passé ça, le retour à la plaine et à l'autoroute à travers la Virginie et la Caroline du Nord est tout à fait ordinaire. Il fait nuit quand on arrive à Charlotte, ville dont j'aurais pensé qu'avec un si joli nom, elle serait charmante. Il n'en est rien, quelques gratte-ciel déprimants de normalité percent péniblement la noirceur de leurs lumières que jamais personne ne pense à éteindre. On a faim, on se met en quête d'une épicerie, la seule qu'on nous propose est le Walmart. Ça faisait longtemps. Mais celui-ci n'est pas comme les autres: pour la première fois sur le continent nord-américain, on se sent dans la peau de la minorité visible. Tout le monde est Noir sauf nous. Pourtant, dans ce quartier visiblement pauvre, dans ce temple où les joies de la consommation sont offertes sur un plateau de plastique aux classes laborieuses, les prix – surtout des légumes défraichis – sont passablement élevés. Probablement ce qui arrive quand, une fois la concurrence écrasée, le héraut du libre marché se retrouve en situation de monopole quasi-soviétique.

Charlotte n'est qu'à quelques milles de son amie Caroline du Sud. C'est là-bas qu'on s'arrêtera dormir, au bord de la route et sous des pins rachitiques. Un endroit vraiment pas glamour, mais tant pis: ici, dans ce qui commence à ressembler sérieusement au Sud, il fait assez chaud pour camper en janvier. 

Jour 3: Caroline du Sud-Orlando

Le Sud profond, on le découvre pour de bon à la lueur du jour. Il est fait de tous ces petits éléments rednecks qu'on retrouve un peu partout aux États-Unis (pick-ups, énormes billboards bariolés de messages chrétiens et anti-avortement), sauf qu'ici, ils sont légion. Aussi, beaucoup de publicités pour des magasins d'armes à feu, étonnamment supplantés en nombre par les sex-shops établis directement en sortie d'autoroute. Comme si, dans cet univers puritain, on cherchait à concentrer le vice en quelques endroits bien précis, où l'on peut s'arrêter acheter un dildo aussi rapidement qu'un hamburger-frite.

En Géorgie, il y a une jolie ville qui respire le Sud des romans: Savannah, où on se perd avec plaisir. La chaleur moite enveloppe ses larges rues plantées d'arbres luxuriants donnant sur une multitude de placettes aménagées en jardins. De vieilles maisons cossues abritent des restaurants pour clientèle friquée qui déambule dans une ambiance feutrée, comme si le temps s'était arrêté et que depuis on s'emmerde en attendant désespérément que le party recommence. En périphérie, la carte postale s'inverse pour devenir celle d'un ghetto noir où les maisons placardées disputent l'espace à celles insalubres. Il y a quelque chose de malaisant à franchir si vite la frontière qui sépare la soie du no future, et il est encore plus choquant de constater que dans cette ville nonchalante, on semble être les seuls à s'en émouvoir. Après tout, puisque tout ça a l'air bien normal, autant foutre le camp...

Je ne sais pas si c'est fait exprès, mais dès qu'on franchit la frontière entre la Géorgie et la Floride, l'été commence. Un soleil de plomb et des palmiers de chaque côté de l'autoroute. On est contents comme les snowbirds qu'on est, on se voit déjà patauger sur la plage, faire chauffer le barbecue et jouer au bingo à l'ombre de notre VR. Dire qu'il y en a qui ont la chance de vivre ces émotions tous les ans!

Ici, c'est les avocats qui affichent en gros leurs faces sur les billboards, avec une posture déterminée – bras croisés, torse bombé – qui trahit leur désir que justice soit rendue. C'est pas des blagues, il y en a partout sur la route, on se demande ce qu'ils font là... Quelqu'un nous dira plus tard que c'est parce qu'ici, tout le monde se poursuit pour un oui pour un non. Explication somme toute plausible.


Plus on avance et moins on aime ça, la Floride. Tout y est si artificiel... On a été naïfs de croire que les palmiers poussaient sur le bord de l'autoroute parce que Mère Nature souhaitait nous régaler de leur grâce: on dirait que tous les cols bleus de l'État sont payés à en planter. Pendant ce temps, les gars de la construction assèchent les marais, construisent des condos à la place puis creusent des étangs pour y relâcher l'eau précédemment pompée. Ils connaissent ça eux autres, la création d'emplois.

Même la ville la plus ancienne des États-Unis, Saint Augustine, fondée en 1565, a l'air en carton. C'est un peu Québec-du-Sud: il y a de belles fortifications, une jolie promenade sur le bord de l'eau, et une sorte d'immense château (aujourd'hui reconverti en collège) dont on pourrait croire qu'il correspond à une nécessité historique quelconque mais qui, en réalité, n'a été érigé que pour servir d'hôtel. Les familles sillonnent ce décor dans le coucher de soleil, juste avant que les douchebags ne prennent d'assaut la ville pour la débarrasser au plus vite de cette étrange sensation nommée sobriété.

Il faut une heure pour traverser Orlando, à toute allure sur une autoroute à huit voies pleine de trafic même s'il est dix heures du soir. Les parcs d'attraction défilent sur des kilomètres. Nous, on cherche une rest area pour siroter notre six-pack et dormir. On en trouve une belle, où il fait très chaud malgré l'heure tardive. Impossible d'installer la tente: un agent de sécurité fait sans cesse des rondes dans sa voiture. Encore une job bien créée... Pas grave, on dormira dans l'auto. Cinq minutes plus tard, les sièges en cuir sont déjà trempés de sueur, alors on se résout à coucher sur le ciment à côté d'une table de pique-nique, dans la pénombre où le gardien ne peut nous voir. Une nuit à la belle étoile en plein mois de janvier... On est bien!



Jour 4: Orlando-Sarasota

Je me réveille à six heures pour vomir. J'ai dû manger quelque chose de mauvais. Toute la journée, je vais être KO. Tout à coup, je la trouve moins drôle la chaleur... Dans la lumière du matin, on n'est plus caché des regards des usagers de la halte routière, oups.

On veut de l'Internet alors on s'arrête où on sait qu'il y en a... au McDo. Walmart, McDo... On détruit vite ses habitudes de consommation responsable, aux États-Unis... On prend juste un café et on se fait nos propres toasts, les autres clients nous trouvent bizarres, ou crottés, on s'en fout. Changement de programme: mes snowbirds de Toronto doivent retarder leur départ. Je n'ai donc pas à les attendre à l'aéroport, j'irai plutôt porter l'auto à la big boss de Cars to Florida qui, ô surprise, est elle aussi une snowbird de Sarasota.

Dans le McDo, un couple de snowbirds franco-ontariens jase avec Jasmine. Ils passent deux mois chaque hiver dans un condo à deux pas de là. Ça c'est bizarre, parce qu'on est encore à deux bonnes heures de la mer... En fait, beaucoup de snowbirds ne résident pas dans des campings ou des maisons au bord de l'eau. Ils n'en ont pas les moyens et se retrouvent dans des trailer-parks ou des petites villes comme celle où on est, à l'intérieur des terres. Ils nous racontent que la journée, ils marchent et magasinent pour leurs petits-enfants. L'image romantique du snowbird qui, chaque matin, fait son jogging face aux flots de l'océan en prend un sérieux coup dans mon esprit.

Tampa arrive, ça y est, on est sur le golfe du Mexique. Question artificialité, ça bat tous les records. La route emprunte une digue qui déchire la baie. Au loin, il y a de gigantesques ponts, encadrés d'immenses hôtels : ça n'aide pas mon envie de vomir à passer. Un peu plus loin ça s'arrange, fini les verrues de littoral à quarante étages, mais ça ressemble quand même à une banlieue de plusieurs dizaines de kilomètres de long, avec l'avantage qu'ici, c'est une mer qui est creusée dans la cour arrière.

Sarasota n'est pas différente. En fait, qu'est-ce qui pourrait être différent sur cette côte qui semble avoir été bétonnée d'un seul coup, dans les années 70? On nettoie l'auto comme on peut, on est contents qu'on ne l'ait pas eue super-propre, ça nous laisse du lousse. Et direction son point de chute, snif, on commençait à bien l'aimer.

L'adresse qu'on m'a donnée est un beau trailer-park de snowbirds, avec une excellente localisation, à 200 mètres de l'aéroport. J'imagine que le côté pratique que ça représente quand on a besoin de prendre l'avion oblitère les dizaines de veillées gâchées par la présence d'un couloir aérien. Cette visite me permet de noter les différences culturelles entre trailer-parks. En Floride, la densité de maisons mobiles y est nettement plus importante qu'en Virginie-Occidentale. Cette promiscuité est compensée par la présence de fleurs, qui rendent l'espace plus agréable. Par ailleurs, les trailers sont tous fraichement peinturés d'un blanc éclatant, et les habitants sont propres sur eux, pas de barbe hirsute ici. Ce n'est pas parce qu'on vit depuis vingt ans dans un trailer-park qu'on serait heureux dans tous les trailer-parks. Observation anthropologique intéressante, et non, elle n'était pas évidente a priori.

Mme Cars-to-Florida ne semble pas soulagée outre mesure qu'on se soit rendus à bon port, ce qui me laisse penser qu'elle a une bonne assurance. J'ai mérité le remboursement de mon dépôt et mon indemnité de 500$ pour avoir apporté la voiture. Sachant que ça a coûté seulement 170$ de gaz, on a gagné quelques brosses à la Nouvelle-Orléans, là où le gin-tonic coûte 2 piastres.

Notre mission est terminée, mais le plus dur commence: rejoindre la Louisiane sur le pouce, en traversant le Redneckistan: nord de la Floride, Alabama, Mississippi. Tout cela est une autre histoire. On en a un aperçu en se rendant de Sarasota à Tampa, une heure au nord, seul endroit où j'ai trouvé un hébergement sur Couchsurfing: les automobilistes nous regardent soit avec mépris, soit avec incompréhension. On est tellement des bêtes bizarres qu'une jeune fille s'arrête pour nous prendre en photo. Il nous faut toute la miséricorde d'Edward, chrétien visiblement en recherche de BA, pour sortir de Sarasota. Plus loin, une sorte de mousson nous surprend à la tombée de la nuit et achève de lessiver notre moral. On est finalement pris en charge par une gentille meth-head qui fera 100 km imprévus pour nous mener à Tampa. On emprunte un téléphone pour appeler Alan, notre hôte du soir, qui ne sera pas là avant une heure.

Onze heures du soir, la ville est morte. Je n'ai rien pu avaler de la journée, on est encore trempés et on fait pitié, mais c'est pas grave, parce que les vacances ne font que commencer.

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http://urbania.ca/canaux/enquetes/5233/pour-voyager-gratuit-vive-les-snowbirdsFri, 25 Jul 2014 11:47:11 EDTRémy Bourdillonreportagefloridesnowbirdsreportagehttp://urbania.ca/canaux/enquetes/5233/pour-voyager-gratuit-vive-les-snowbirds