Urbania - blog-urbaniahttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationThu, 23 Oct 2014 06:03:36 EDT60Des nouvelles de David & Diamond - Portraits de Montréal














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http://urbania.ca/blog/5427/des-nouvelles-de-david-diamond-portraits-de-montrealWed, 22 Oct 2014 13:14:29 EDTPortraits de Montréalhttp://urbania.ca/blog/5427/des-nouvelles-de-david-diamond-portraits-de-montreal
L’être humain a besoin de douceur
Mon cœur n’était plus un muscle rose, chaud, tendre et vivant. Enfin, il existait encore, cet oiseau fragile. Mais il avait une enveloppe dure comme une assiette de céramique. Fissurée. Avec du vent qui souffle dans ses craques. Un vent d’anxiété. Un vent méchant qui ne prend pas beaucoup de vacances… Qui souffle, qui souffle, qui crée des peurs comme des ombres géantes qu’on essaie d’éviter. Épuisant.

C’est la vie qui avait fait ça. Rien de trop dramatique ou de traumatique. Des carences affectives héritées de l’enfance : pas trop de place pour les besoins et émotions de l’enfant que j’étais. Des déceptions amoureuses adolescentes. Des deuils. Une dépression jamais soignée au début de l’âge adulte. Une propension génétique à l’angoisse, aux peurs qui gonflent et s’emballent et creusent des chemins pour mieux revenir hanter leur hôte. Une estime personnelle bringuebalante. 

Et, depuis des années, une relation amoureuse qui n’en était plus une, qui se nourrissait aux critiques et aux reproches. J’avais dit au père de mes enfants : ça me casse. Tes blâmes et ta foudre verbale me brisent. Ça ne se recolle pas... Il n’était pas capable de m’aimer autrement, faut croire. (Je n’étais peut-être pas assez aimable, en étais-je venue à penser.) Juste avant que je ne m’extirpe de cette relation, j’avais le dedans des joues qui goûtait amer. J’étais comme une plante qu’on a oublié d’arroser. Dont la sève est devenue toxique. 

L’être humain a besoin de douceur.

En tout cas, moi j’en avais besoin. Tellement. Peu de temps après ma séparation, j’ai fait une séance d’art-thérapie avec la sœur d’une amie qui étudiait là-dedans. Une heure avec de grandes feuilles et des pastels, de la gouache, des crayons-feutres, tout ce que je voulais. L’expérience a été presque violente. Des feuilles et des feuilles de traits noirs et rouges,  projetés avec fureur sur le papier…. Des mètres de colère refoulée, en pastel gras. La thérapeute avait les yeux ronds (je n’avais pas l’air d’une furie, quand je suis entrée là – je n’ai pas vraiment l’air d’une furie en général!).

Puis, doucement, en fin de séance, du bleu pâle est apparu. Ensuite du rose. Du blanc. La toute dernière feuille représentait un bébé dans les bras d’une maman au milieu d’une tempête de gros flocons de neige tombant en silence. La thérapeute m’a demandé de choisir deux mots pour représenter mon dessin. J’ai choisi « douceur » et « enveloppement ». J’avais tellement besoin de douceur et d’enveloppement. J’avais froid, seule sur ma branche. Froid et peur comme un pinson tremblant devant un faucon menaçant. Mais il n’y avait pas de faucon. Le faucon était dans ma tête.

Il a d’abord fallu que j’aille chercher de l’aide pour me rafistoler. C’est notre privilège d’êtres humains du XXIe siècle d’avoir accès à des thérapies éprouvées…. Et j’ai fait de la méditation. Pour m’apaiser. Pour voir plus clairement le présent, entre mes ruminations du passé et mes anticipations anxieuses. J’ai fini par l’apercevoir. Il était là, lac calme au clair de lune. Il y avait plein de beau dans mon présent : des enfants, des amis, une famille, des projets, un appart juché dans les arbres. La lumière de la fin de l’été. Des choses que je ne voyais plus dans mon ancien brouillard.


***
J’en étais là, à me rabibocher tranquillement, quand ta route a croisé la mienne, il y a un an. J’avais recollé quelques morceaux. Le vent soufflait moins fort. Tu ne savais pas exactement d’où j’arrivais.

Tu m’as dit que j’étais « jolie ». Tu paraissais séduit par mes projets, mes passions, ma « bienveillance ». Tu ne me critiquais pas, tu m’encourageais. Il était doux d’être avec toi en voiture, au musée, sur la rue, partout. Doux et épeurant. Se laisser aimer, c’est risqué. 

Ma psy : N’écoute pas ta peur qui parle.
Moi : OK, je mets mes bouchons.

Ton corps, tes mains, ta bouche, tes yeux ont doucement chauffé mon glacier. Au centre, mon oiseau de cœur a repris quelques plumes. Je te disais : « t’es sûr que tu existes? ».

Tu ne savais pas que tu n’étais pas juste en train de me faire l’amour. Que tu étais aussi en train de me réparer. Comme Gepetto répare Pinnochio, le ramène à la vie après son naufrage dans l’épisode de la baleine… Pour vrai, c’était un peu ça…

Peut-être que si tu avais su tout cela, tu serais parti. Peut-être que ça t’aurait fait peur.

Peut-être aussi que tu le sentais que tu me réparais. Et que ça te faisait du bien. 

Peut-être que ça te réparait aussi? 

Le psychologue américain Harville Hendrix dit qu’aimer quelqu’un, c’est « réaliser que notre relation amoureuse a un but caché : guérir nos blessures d’enfance a tous les deux ». Trouves-tu que c’est vrai?

Aujourd’hui, tu lis ce billet en même temps que les autres lecteurs d’Urbania. Probablement assis à ton bureau en train de manger un sandwich. Je t’avais prévenu que mon texte parlerait de toi. J’espère que tu lis le message qui est caché entre les lignes : je t’aime. Toi, oui, toi, qui mange un sandwich dans une tour du centre-ville. Toi, je t’aime.

Dehors, c’est l’automne, comme l’an passé quand on s’est rencontrés. Mais je ne suis plus tout à fait le même oiseau.  Mon cœur a grossi, il chante dans ma poitrine. Mon ciel est clair. 

Et je n’ai plus froid.

Émilie, des RoseMomz

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http://urbania.ca/blog/5426/l-etre-humain-a-besoin-de-douceurWed, 22 Oct 2014 11:41:07 EDTLes RoseMomzroseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5426/l-etre-humain-a-besoin-de-douceur
Marco Di Vaio : 9 épisodes marquants d'une grande carrière
Ce billet est présenté par l'Impact de Montréal.

Depuis l'été 2012, les plébéiens de la Belle Province peuvent se délecter des prouesses d'un tel spécimen, dans le Circus Maximus local. Un loup Romain de surcroît, comme pour ajouter une couche au vernis de sa légende... Regard glacial, dégaine de dur à cuire, Marco Di Vaio aura marqué à jamais l'histoire de notre foot, lui qui tire sa révérence ce samedi, au Stade Saputo, après une glorieuse carrière de 20 ans.

Afin de célébrer les accomplissements de celui qui donne l'impression d'accrocher ses crampons beaucoup trop tôt, malgré ses 38 ans, voici 9 épisodes marquants de sa carrière, qui confirment son statut de héros, des deux côtés de l'Atlantique: 

1- La révélation Parmesane (1999-2002)
Bien qu'il ait connu son éclosion offensive avec Salernitana, après des passages plus  discrets à la Lazio, Vérone et Bari, Marco Di Vaio obtient ses premières lettres de noblesse avec Parme, où il marquera 41 buts en 83 apparitions. 

2- L'amour de la Vielle Dame (2002-2004)
Son excellente tenue avec le Gialloblù lui a valu d'être convoité par de grandes écuries, et ce sera finalement la Juventus de Turin qui attirera Di Vaio dans ses filets. Bien qu'il n'ait pu émuler ses récents exploits sous son nouveau maillot, son passage à la Vielle Dame a été un point tournant dans sa carrière. «Ça a changé ma vie. Si je joue encore à 38 ans et que je continue à marquer des buts, c'est grâce à ce que j'ai appris là-bas, l'importance de chaque entraînement et l'hygiène de vie. », racontait-il récemment en entrevue pour le magazine So Foot

 
3- Marco l'Italien (2001-2004)
Sous Giovanni Trapattoni et Marcello Lippi, Di Vaio aura porté le maillot Azzurro 14 fois, inscrivant deux buts. Son aventure en équipe nationale prend fin prématurément toute fois, alors qu'il évolue en Espagne et ne cadre plus dans les plans du staff technique, principalement en raison d'un surplus de talent en attaque.



4- La conquête d'Europe (2004)
Bien que son court passage à Valence ait été rempli de déceptions, Di Vaio y a soulevé le trophée plus important de sa carrière, alors que son premier but en match officiel avec le club espagnol s'est avéré être le but gagnant de la finale de la Supercoupe d'Europe. 


5- Le dieu Bolognais (2008-2012)
Après la déception valencienne et un passage raté à Monaco, Marco Di Vaio rentre au bercail pour contribuer à la promotion du Genoa CFC en Serie A. L'année suivante, il se joint au Bologne FC où, de son propre aveu, il passera les meilleurs moments de sa carrière. Dès sa première saison avec les Rossoblù, Di Vaio termine en tête des marqueurs de la Serie A avec 24 buts. Il en marquera un total de 65 en 143 apparitions, s'élevant au rang de demi-dieu de la région Émilienne.


6- Le saut en MLS (2012)
Premier nom d'envergure internationale à se rejoindre à l'Impact pour les débuts de son aventure MLS, Marco Di Vaio fut accueilli en grand par les partisans du club. L'italien leur rendra bien cet amour, ayant un effet immédiat sur les performances de l'équipe et sa popularité auprès du public québécois. Sa présence aura aussi eu pour effet d'attirer son ami de toujours, le légendaire Alessandro Nesta, qui terminera sa carrière sous les couleurs de l'Impact.


7- Les championnats canadiens et la CONCACAF (2012-2014)
Bien que l'impact n'ait pas encore réussi à s'imposer en MLS, Marco Di Vaio a été instrumental dans les deux conquêtes consécutives de la Coupe des Voyageurs (Championnat Canadien) en 2013 et 2014, synonyme de ticket pour la Ligue des Champions CONCACAF. L'Impact est présentement qualifié pour les quarts de finale de la compétition, qui se tiendront en février prochain. 


8- La conquête de l'Amérique (2014)
Marco Di Vaio a su se tailler une place de choix aux côtés des Thierry Henry, David Beckham, Roy Keane et tous les autres grands qui sont venus apporter leur magie à cette ligue en pleine croissance. Avec ses prestations étincelantes, il restera dans l'imaginaire des amataurs de foot, aux quatre coins de l'Amérique du Nord, comme l'un des buteurs les plus talentueux à avoir évolué en MLS. 



9- Des adieux sous le signe du but 
Marco Di Vaio a inscrit 33 buts en 75 rencontres avec le bleu-blanc-noir, dont un superbe doublé, à peine quelques jours après avoir annoncé sa retraite. Cette performance, garante de son incroyable forme physique, laisse aux amateurs du bleu-blanc-noir la claire sensation que le Bomber a encore une ou deux bonnes saisons dans les jambes. Ce samedi au Stade Saputo, vous aurez la chance de pouvoir le constater...


Grazie per tutto Marco, in bocca al lupo!

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http://urbania.ca/blog/5425/marco-di-vaio-9-episodes-marquants-dune-grande-carriereTue, 21 Oct 2014 14:22:06 EDTArcadio Marcuzzibloguehttp://urbania.ca/blog/5425/marco-di-vaio-9-episodes-marquants-dune-grande-carriere
Le béguin pour le bégaiement
Le bégaiement. 

C’est vraiment bizarre et à la limite du malsain je sais. Il y a quelque chose d’un peu immoral à apprécier de voir quelqu’un qui cherche ses mots pis qui s’enfarge dedans.

C’est un peu comme les anglophones qui se forcent pour me parler dans un français cassé. Ça a le même effet sur moi. J’deviens mou, toutes mes convictions souverainistes prennent subitement le bord pis j’suis comme AMÈNEZ MOÉ ÇA C’TE CONSTITUTION-LÀ QUE J’VOUS SIGNE ÇA. 

Je sais pas d’où ça vient, cette préférence pour la phonétique fragile. Pis j’en parle pas souvent parce que chaque fois ça fait sourciller le monde. Mais comme c’est la Journée mondiale du bégaiement demain j’ai le goût de m’assumer et de dévoiler mon timide amour pour les personnes avec un problème d’élocution. 

J’ai toujours prêté une oreille plus attentive aux personnes qui parlaient moins ou qui avaient de la misère à s’exprimer. Et pas seulement par compassion.  

J’aime comment ils ne gaspillent aucune voyelle. Le soin avec lequel ils choisissent leurs mots. J’aime aussi comment certains autres découpent leurs syllabes comme le ferait de grosses ciseaux dans du papier-mousse. 

Mon premier béguin pour une personne bègue s’est produit dans la télésérie Tu m’aimes-tu. Je suis tombé amoureux de la veuve qui avait une surcharge d’émotions et qui avait toutes les difficultés à les exprimer. Dans toutes ces adversités, elle dégageait une puissante délicatesse que je trouvais irrésistible. 

Depuis, même si les bègues travaillent fort pour se débarrasser de ces problèmes (ce que je leur souhaite de tout cœur), je peux pas m’empêcher d’apprécier ces petites tensions qu’ils créent bien malgré eux en communiquant. 

J’ai souvent la tête dans les nuages et je perds trop facilement le fils des conversations. Je pense que c’est parce que les dialogues sont codés, répétitifs et donc souvent plates.

Pis il m’arrive, par exemple à ma job, de m’adresser à du monde qui présente des troubles de la parole. Pis c’est dans ces discussions-là où je me retrouve le plus attentif, suspendu aux lèvres de la personne, en attendant patiemment le mot suivant.  Sans jamais compléter les phrases à leur place (je sais qu’ils détestent ça). En prenant juste le temps d’apprécier l’effort particulier qu’ils mettent à se faire comprendre.

Puis ça m’a fait penser à ma vlogueuse préférée, la charmante Solange de la bien nommée websérie Solange te parle. Elle reproduit un peu ce phénomène, elle complique artificiellement son message afin de mettre l’emphase sur la forme plutôt que le fond. Les capsules portent sur des sujets banals mais c’est la façon dont elle en fait le récit qui capte l’attention.  Cette complication forcée, ce faire autrement, me touche spécialement. C’est une question de sensibilité, je pense, de privilégier l’émotion au message. 

Dans le fond, c’est pas le bégaiement que je trouve cute. Un trouble de la parole, c’est pas une fleur d’in cheveux ou une robe à paillette. C’est un handicap qui mine des vies. 

Ce que j’aime, c’est plutôt la force tranquille avec laquelle ces personnes disent les choses. Pis je maudis ceux qui s’impatientent à grands coups de soupirs dans ces discussions saccadés. Ils savent pas ce qu’ils manquent. C’est souvent eux qui ont les choses les plus intéressantes à dire, en plus. Faut juste prendre le temps d’écouter.

Illustration: Sébastien Blondeau
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http://urbania.ca/blog/5424/le-beguin-pour-le-begaiementTue, 21 Oct 2014 10:37:03 EDTKeven Bretonbegaiementbloguehttp://urbania.ca/blog/5424/le-beguin-pour-le-begaiement
Diva a tout gâché

Vous aussi, vous souvenez certainement de la télésérie Diva: des jupes Jacob fleuries, des tops bédaine en poil bleu électrique, et surtout, surtout: la promesse de lever le voile sur les dessous du monde de la mode. Il faut tout de même se rappeler que Diva précède The Hills, Diva précède les défilés diffusés en direct sur Style.com, Diva précède les blogs de monde qui gagnent des prix PG Beauté. Diva précède tout, et dans mon coeur de jeune adolescente, Diva c'est tout simplement LA VRAIE VIE. La vie que je veux vivre. J'ai 12-13-14 ans et je veux tout ça: partir en appart avec Jacynthe René, boire du champagne avec le toupet bleu de Victor Savaria, me faire prendre en photo par James Hyndman qui porte un bucket hat Kangol.

Je n'ai pourtant jamais eu de désir particulier pour la mode, moi dont l'item-mode préféré est le coat de cuir de mon père, un coat de cuir «brun marde», selon Christopher le-petit-bum-du-fond-du-bus. Je suis une fille ordinaire: j'achète mes barrettes en papillon chez Ardène, j'aime ben le Suzy Shier et la ligne de maquille cosmique de Cover Girl, je n'ai même pas de vrais pants Adidas pour mon cours d'éducation physique. Or, Diva éveille en moi des envies de glamour... Si par glamour on entend le monde de la mode Québécois.

En rétrospective, je pense que ce n'est pas nécessairement le monde de la mode qui m'attirait dans Diva, mais plutôt les expériences «d'adultes», en général. Que voulez-vous, je n'avais jamais vraiment accroché sur d'autres séries dramatiques Québécoises. Par exemple, 4 1/2: pas assez dramatique pour moi, des histoires d'animaux qui bavent sur Robert Brouillette. Moi, j'aimais ça quand ça braillait, quand ça criait, quand ça morvait sur fond d'histoires mélodramatiques, comme une multitude de plans rapprochés sur les petites larmes qui perlaient au coin des lunettes de Francine Ruel.

J'avais mon plan détaillé: à 16 ans, j'allais partir en appart toute seule; à 17 ans, j'allais me faire un chum New Yorkais et partir vivre aux États-Unis; à 18 ans, j'allais être famous, point final (Pourquoi? Comment? Ce ne sont pas des questions qui semblent avoir traversé mon jeune esprit trop occupé à focuser sur les cheveux magenta de Sam.) Bien sûr, rêver de célébrité ne fait surement pas de moi une ado d'exception. C'est juste que moi, mon rêve, il était bien précis, et il ne s'arrêtait pas dans ma tête.

Quand Diva s'est terminé après 3 ans de diffusion, j'ai passé des jours à gosser un coffret spécial en Mod Podge pour mes cassettes VHS. Une oeuvre d'art. Un hommage, qui trône d'ailleurs fièrement dans le sous-sol chez ma mère, entre un sac à dos en forme d'ours en peluche et une boite de manuels de sciences de la nature. En secondaire 5, alors que toutes mes amies cheminaient paisiblement vers deux années au Cégep du Vieux, je me suis embarquée dans 3 ans d'études en mode. Quand mes profs me disaient qu'une jupe pour hommes, ce n'était pas vraiment vendable, je rétorquais: «Félix l'aurait fait, lui!»

Il y a un problème avec rêver, quand on est entêtée. La réalité peut s'avérer décevante quand elle n'est pas à la hauteur du beau rêve qu'on s'était construit. Surtout si le rêve en question a été construit dans un cerveau d'ado un peu déconnectée de la réalité. Point fort de ma carrière: je me suis retrouvée un jour à travailler avec une des comédiennes de Diva: life imitates art imitates life imitates mes ambitions de jeune écervelée. Sauf que moi, je pensais que ma carrière en mode me donnerait un loft comme celui de Caroline, une best friend comme Ariane, des billets d'avions pour aller shooter dans des locations exotiques et originales, comme Paris (oh my god, Pariiiis!). Ma carrière en mode ne m'a rien donné, sauf l'envie de ne plus jamais travailler en mode. Définitivement, Diva a tout gâché (mais je garde mon coffret VHS en souvenir).


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http://urbania.ca/blog/5422/diva-a-tout-gacheMon, 20 Oct 2014 16:12:34 EDTMarie Darsignydivaparisbloguehttp://urbania.ca/blog/5422/diva-a-tout-gache
Où ça mène, un cadavre. Exquis ou davantage.
Voici la première phrase, et ce que vous avez créé: 

Elles sont assises sur des petites chaises de métal disposées autour du lit, sauf Augustine, qu'on a installée dans le grand fauteuil des visiteurs pour qu'elle y soit plus confortable. Ça fait longtemps qu'elle attend. 

De son fauteuil, Augustine, le souffle court, toise ses amies. Elles auraient toutes été éligibles, mais elle sait que cette fois c'est son tour, c'est aujourd'hui qu'elle naîtra de nouveau. Elle en sort l'objet et se tourne vers ses amies. Elle desserre sa main pour qu'elles puissent le voir et rien ne se passe, pas un silence, pas une parole, rien. Pourtant, elle s'attendait à une réaction, peu importe laquelle. 

C'est dans ce rien que l'objet s'anima. Il avait absorbé l'énergie des mots qui auraient dû sortir, des regards étonnés qui auraient dû fuser. Il se déroulait lentement, comme la pousse d'une fougère, à l'infini. Cette chose si petite et si grande, si tout et rien à la fois. J'étais vide, vidée, vidangée et voilà que de ma coquille creuse s'évadait une onde de choc à peine perceptible, écorchant mon échine dorsale... j'entrait dans l'oeil de la tornade.

Le pendule de la vieille horloge en bois émit un "tac" tonitruant. Un seul. Derrière mes tempes résonna mon coeur. Une fois. Dans l'infinité de cette seconde, le cours du temps avait altéré celui de ma vie. 

Marie cligna des yeux.

Ce billet est commandité par les Romans Stanké.

On s’imagine l’écrivain tracassé, en face de son latte, schizo sur les bords, en train de gribouiller sur une napkin, suicidaire, fumeur, alcoolique, toxicomane ou toxique, c’est selon. Ça frappe l’imaginaire, hein ? Bon, je vais vous régaler, je vais avouer que je me suis mise à écrire alors que j’y avais en quelque sorte renoncé. On parle du célèbre syndrome de la page blanche, des années de silence, de phrases stockées dans l’obscurité du Ça (come on, vous avez tous un peu lu Freud!). 

Vous serez peut-être déçus d’apprendre que je suis en bonne santé, pas vraiment torturée, pas du tout une martyre de l’écrit obsédée par un Surmoi envahissant. Mais, voilà, la vie, ça va vite, trop de boulot, 8 à 4, plus le trafic, le souper à préparer, plein d’enfants (cinq, yeah !), les devoirs, les chicanes nucléaires, les doigts (les nez, les orteils, les nombrils, c’est sans limites !) sales dans les vitres, les nuits d’insomnie, s’inquiéter, consoler, écouter, aimer, aimer, aimer, du matin au soir, la nuit aussi, souvent, pas mal comme tout le monde, quoi ! Le rush quotidien, alors qu’écrire suppose un geste lent, commis en surtemps, à contre-courant. C’est de la job, faut vouloir… ou y être obligé, inexplicablement, être habité par cet objet qui s’anime, qui a absorbé des mots qui doivent sortir, qui poussent comme des fougères, qui vident, vous l’avez dit. 

Ce sont vos mots, je vous les vole.

Écrire, c’est entrer dans la tornade, oui, tester le vertige, la folie, naître de nouveau, à toutes les pages, à tous les manuscrits. Au départ d’un roman, c’est vrai, tous les personnages sont éligibles. Pourquoi elle plutôt qu’une autre, et lui avec elle, et eux, ensuite, et de cette manière ? Parce que leurs noms, leurs visages, leur vie qui débute, dans ma tête, à n’importe quel âge, à ce point infinitésimal dans l’univers de la création, l’inspiration, qui vient de tout et de rien, d’un rassemblement. De gens aperçus de près ou de loin, de contrastes, d’idées, de partages, de lectures, de vieux cadavres, exquis ou pas, de saveurs, d’odeurs, de monde, de soi, de l’autre et j’en passe. Vampire, vous avez dit vampire ? Sans doute un peu, mais personne ne s’en rend vraiment compte. Écrire permet de travestir. De changer de vie. Lire aussi, dans le fond.

Chaque jour, j’écris en état d’urgence : il n’y a que là, à la toute fin de la nuit, presque le matin mais pas encore, où je me retrouve seule avec tous les possibles, l’infini qui se déroule, les coquilles creuses soudain pleines, le pendule de la vieille horloge qui fait tic-tac (j’exagère, j’ai juste un timer sur mon micro-ondes).

Malgré tout, l’écriture n’est pas un lieu de solitude.

Votre histoire, en cadavre exquis, c’est un peu la mienne, la nôtre, disons-le franchement. Vous avez pris mes femmes, mes mots, j’ai repris les vôtres ici, et les autres syllabes sont allées partout, ici, ailleurs, autrement, comme mes romans. Tant mieux. Merci.

J’aurais pu dire la fin de l’aventure. Inventer Marie, avec ses grands yeux de taupe, sa main fraîche, sa peau translucide, qui rencontre Jacob, brisé, pour la première fois, et qui se dit : « Lui, il va payer pour tous les autres. » L’entendre. La lire, comme l’Augustine dégustée de mon roman. La voir devenir papillon, elle aussi. Ce sera peut-être le début d’une prochaine histoire, chez Stanké…

--Annie Loiselle
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http://urbania.ca/blog/5420/ou-ca-mene-un-cadavre-exquis-ou-davantageMon, 20 Oct 2014 14:00:00 EDTUrbania stanképublicitébloguehttp://urbania.ca/blog/5420/ou-ca-mene-un-cadavre-exquis-ou-davantage
La chanson de la (fin de) semaine




Allez, bonne fin de semaine à tous!



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http://urbania.ca/blog/5419/la-chanson-de-la-fin-de-semaineFri, 17 Oct 2014 16:30:14 EDTUrbania chanson de la semainebloguehttp://urbania.ca/blog/5419/la-chanson-de-la-fin-de-semaine
Si j’avais suivi chaque conseil de ma mèreQuand tu vas entrer à la maison, je vais te prendre avec la même force, de la même façon que le désir que je ressens pour toi me prend, moi ; à la gorge, je vais te maintenir au sol et entrer sous ta peau. À grands coups forts, brusques. 

Brusque, mais pas violemment. Je vais te tenir par la gorge, mais je vais pas t’étrangler… Je vais juste te tenir par la gorge, dans le sens de… l’épaule. Je vais te tenir par l’épaule… Je vais avoir ma main sur ton épaule. Je vais pas te tenir. Si tu veux t’en aller, genre, tu pourras. Pis je voudrais juste mettre ça au clair, avant d’aller plus loin… Tu peux t’en aller quand tu veux… T’es pas prisonnière, là. 

Je vais t’attacher les deux poignets ensemble derrière le dos, je vais te projeter sur le ventre, je vais te baiser pour moi, juste pour moi, comme j’en ai envie, comme si t’étais une simple… attends! 

Sur le ventre, sur le lit, pas par terre. Pis pour l’affaire de t’attacher, j’ai checké des tutorials sur internet, j’ai choisi une bonne corde, douce, assez longue pour que ça reste confortable… Aussi, j’ai des ciseaux, en cas. Ils disent d’avoir des ciseaux, faque, je les ai. Pis tu me le dis, quand tu veux que je te détache… je te détache. C’est simple de même. En fait, peut-être que t’aimerais mieux qu’on en parle avant? Moi je pensais qu’on pourrait essayer ça. Je voulais peut-être te surprendre, mais regarde, on est pas obligé. 

Faque, je vais te prendre, juste pour moi (évidemment, je vais porter attention à toi! Je vais t’écouter, si je vois que t’aimes pas ça, je vais m’ajuster) je vais te prendre comme j’ai (t’as) envie, comme si t’étais une simple… une simple… juste une… une chalope. Sa-lope, bon. 

Genre, t’aimes le sexe, pis c’est ben correct, c’est pas un jugement! Je suis une salope moi-même! Mais ok, oublie ça! On efface, on recommence…

Quand tu vas arriver, je vais t’arracher tes vêtements! Je vais les plier, comme il faut, les ranger sur la petite chaise dans le coin de la chambre. 

Je vais mordiller tes beaux petits mamelons, les tirer avec mes dents et t’inquiètes, je vais faire attention, je sais que c’est ultra sensible. 

Je vais enfoncer ma main, que j’ai soigneusement lavée au préalable, dans ton entrejambe pour te positionner comme ça me plaît, je vais te manipuler à ma guise, pourvu que tu sois confortable. 

Je vais enfouir ma face dans ta petite chatte, je vais prendre ton clito entre mes lèvres, le battre à coups de langue, l’aspirer dans ma bouche… si t’es à l’aise avec ça.

Je vais te défoncer, avec ton consentement.  

Je te laisserai pas tranquille pendant des heures, on va baiser toute la journée, mais on est pas obligé, je veux surtout pas que tu ressentes de la pression. Si tu veux, on peut juste se coller, écouter un film. 

Je te dis toutes ces paroles, c’est plus fort que moi, c’est par passion, mais on peut aussi parler d’autres choses. 

J’ai déjà installé mes pneus d’hiver. Oui. Déjà. 
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http://urbania.ca/blog/5417/si-j-avais-suivi-chaque-conseil-de-ma-mereFri, 17 Oct 2014 11:44:19 EDTMartin Perizzolobloguehttp://urbania.ca/blog/5417/si-j-avais-suivi-chaque-conseil-de-ma-mere
« Excusez-moi, madame »Tangerine. Le petit rouquin et sa tasse orange sont fort aise: ils vivent une vie calme, paisible et sereine, comme dans la forêt des sapins verts. Ils parlent doux, prennent leurs chèques en photo et font même du SEADOO, pour l’amour du saint-ciel. Y’a pas mieux.

Oh, je peux toujours m’équiper d’une tasse orange et m’abandonner au nautisme, moi aussi. Méditer mature sur un fil de fer. Mais la nature (et le pelvis de ma mère) m’ont dotée de ce fascinant, mais surtout rassurant faciès qui, semble-t-il, incite à l’apostrophade. Au « Excusez-moi, madame ».

Apparence que j’ai le visage en forme de kiosque d’information.

Petits cils bienveillants. Lunettes rondes, joues rebondies et demi-sourire toujours un peu collé à ma bette, vestige de mes siècles de vente de chemisiers pour monsieurs sous pression, font apparemment de moi la candidate toute désignée pour demander des affaires sur le trottoir sans risque de se faire trancher, puis déguster avec un verre de Chianti.

- Scuse, c’est où le Couche-Tard le plus proche?
- C’est par où, Baie-d’Urfé?
- CHU QUI, MOÉ?

C’est pas mêlant, un homme un peu chancelant m’a même déjà arrêtée pour que je l’aide à mettre son coupe-vent sur le terre-plein du boulevard Saint-Joseph (ce que j’ai fait).

Ne pas avoir la tête d’une psychopathe, c’est chouette. Ça me permet de passer aux douanes sans me faire tâter la fourche mais surtout, de gesticuler dans tous les sens sur le régulier pour t’indiquer le Woolco le plus près, parce que faire le chemin avec mes petits bras, ça m’aide.

Ça me permet aussi de fendre le vent en te courant après, deux secondes plus tard, pour te dire que je t’ai bien malgré moi envoyé dans le mauvais sens. Cessez de me demander votre chemin, je ne suis qu’une pardue avec une bonne tête. Mais une pardue qui veut aider.

Et ce qui me fascine, c’est ceux qui en veulent un petit peu plus.

Ceux à qui les noms de rues et l’heure du passage du prochain autobus ne suffisent pas. Ils veulent connaître la couleur des bancs. Les goûts musicaux du chauffeur. Et ils veulent que tu les rassure sur le pourquoi de quéssé que la 'taubus est pas passée comme tu leur avais dit, à la seconde prévue. Sur ce qui va arriver avec leur journée si tu peux pas noliser un hélicoptère pour qu'ils puissent faire leurs commissions.

On dirait que de ce temps-là, j’en croise beaucoup, des comme ça.

Et ma toute dernière en lice, une qui a dû en ramasser, des rubans pour assiduité au cours de Labomaths, c’est cette brave citadine à la coiffure impeccable et parée d’un imper griffé que j’ai croisée cette semaine. Le regard hagard, elle déambulait, le talon aiguille s’enfonçant systématiquement dans la terre battue du Parc Laurier, avec la détermination d’une madame qui va se rendre avec dignité quand même que les genoux y’ déboîtent. Un petit morceau de paradis à regarder. Un cas de fusain, mes amis.

Et évidemment, elle nous a repérées assez vite merci, mes lunettes pis moi.

- La rue Brébeuf, c’est où?

Je regarde autour de moi pour m’assurer qu’aucun valet ni personnel spécifiquement engagé pour combler ses menus besoins de citoyenne Angus ne sont pas déjà après lui tracer une mappemonde avec leur sang. Un « bonjour » ou une esquisse d’une ride d’expression n’étaient pas inclues dans le forfait, et j’avais intérêt à me le tenir pour dit.

Mais comme je ne souhaitais pas la recroiser cassée en deux dans un trou de canal un peu plus tard, le talon aiguille couvert de pigeons prêts à l’échanger contre un sac de graines, je lui ai servi mon plus chaleureux accueil.

- Votre manteau est très élégant. Et la rue Brébeuf, elle est juste là.

Mon bras sûr et guidé par un index pointé vers la rue la plus près ne sembla cependant pas suffire à la citoyenne en question. Elle voulait, je ne saisis trop pourquoi, GAGNER.

Elle voulait que je sois celle qui était perdue. La faiblarde du duet.

Elle s’est donc efforcée de plisser ses petits yeux nâcrés en regardant au loin avec un effort inouï, comme si j’étais après lui montrer le diamant vert de Michael Douglas à 3 km de distance à la brunante. Comme si j’étais pas bonne bonne dans ma job de pointeuse de rue qui est pourtant juste là, calvaire.

- La rue est là madame. Juste là. LÀ. Mon index touchait presque au trottoir, je vous le promets.

- Mais c’est pas une rue, ça.

ALORS. L’égérie de Dior, victorieuse, me pointait la petite trail de terre défrichée par les assidus de la course autour du parc. Un chemin qui doit bien faire 15 pouces de large, en bouette, à quelques mètres de nous et sur lequel un potelé joggeur s’affairait à ne pas respirer trop fort pour ne pas interrompre notre échange de la plus haute voltige.

Pour sauver son égo, ce matin-là, la bonne dame avait décidé de m’apprendre ce qu’était une rue. De me livrer les secrets de la sauce, de l’urbanisme et des lignes oranges.

J’ai donc pris sur moi de me confondre en excuses et d’admettre à la seconde que Brébeuf n’était effectivement pas l’évidente et très dégagée rue que je lui avais d’abord pointée avec assurance, mais bel et bien cette petite veine de terre sillonant le parc. Cette fine ligne de glaise qui voulait vivre.

C’est comme ça, le Plateau. Des fois, ça rappelle la Nouvelle-France.

Et si vous avez besoin d'une indication, vous me trouverez près d'un cours d'eau, accroupie, après manger de la confiture avec mes mains à même le pot en maudissant le petit côté cheap de Pierre Lebeau.

La bise.

PS TENDRESSE ::
allez donc chez le diable.]]>
http://urbania.ca/blog/5418/excusez-moi-madameFri, 17 Oct 2014 09:21:09 EDTCatherine EthierTangerinekiosque d'informationune petite questionC'est pas une rue, çaNouvelle-FrancePierre Lebeaubloguehttp://urbania.ca/blog/5418/excusez-moi-madame
Lettre d'amour au DollaramaJe me confesse : magasiner chez vous fait partie de mes hobbys préférés. Je prends un plaisir fou à sniffer les Air Wick et à reluquer la populaire collection de cuisine Betty Crocker aux couleurs de l’amour. Je fantasme sur votre allée de bonbons qui est aussi alléchante qu’une poutine suintante de sauce brune et fondante de fromage quick-quick à 3 heures du matin (en passant, si vous savez quel est l’onomatopée officielle pour ce fromage, prière de m’en informer). Je me réjouis aussi du choix varié des fleurs en plastique, toutes plus exotiques les unes que les autres. D’ailleurs, plusieurs d’entre elles décorent mon château qui prend maintenant des airs d’un paysage d’Hawaï. Fait intéressant : je ne perds plus les couvercles de mes plats de style Tupperware depuis que je les achète chez vous. Êtes-vous magique ? Je crois que bien oui.

Vous êtes déjà au courant, mais je prends la peine de vous le souligner en gras : vous êtes l’endroit de prédilection pour toute personne qui déménage. Qui n’a pas déjà dévalisé vos magasins pour s’équiper en ustensiles, en guenilles et en savon à vaisselle ? Mention spéciale pour la section proche de la caisse qui recèle de plusieurs trésors tels sacs cadeaux, papiers de soie, chouchous et cartes d’anniversaire. J’aimerais aussi mentionner le pied de nez féroce que vous avez fait à tous les IKEA de ce monde en vendant une poubelle en inox à 3$. Et que dire de votre rangée remplie d’élastiques à cheveux, de vernis à ongles, de faux cheveux et de brillants pour les yeux qui comble le cœur des plus coquettes. Vos allées garnies de multiples cannes de conserve dépannent les étudiants en fin de session et les gens qui ont un budget plus serré. L’important choix de duo-tang, de stylos poilus qui allument quand on écrit, de cahiers Canada avec des faces de chiots en page couverture facilitent la rentrée scolaire des tout-petits et soulagent les parents stressés. Si j’étais croyante, je vous dirais : Que Dieu vous bénisse.

En plus, vous êtes équipés 4 mois d’avance en drapeaux de la Saint-Jean, en citrouilles en chocolat pour l’Halloween, en guirlandes de faux sapin pour Noël, en cerceaux aux antennes lumineuses certes un peu bizarres mais bien d’adon lors de la Saint-Patrick, en paquets de Ferrero Rocher à 1$ pour une Pâques réussie et en bracelets fluorescents pour tous ceux qui vont encore au Bal en Blanc. Même si beaucoup de gens pestent que votre vaisselle de Chine est toxique, personne n’est jamais mort après avoir mangé un Kraft Dinner dans une de vos assiettes.

Vous êtes précieux dans le cœur de millions de personnes et parfois même dans le journal. Émilie Côté de La Presse a déjà écrit : « Katy Perry a beau avoir des moyens financiers énormes et porter sur scène des tenues conçues par Valentino, Roberto Cavalli, Moschino, et Nicolas Jebran, elle dégage une image halloweenesque de Dollarama. » N’est-ce pas tout à fait merveilleux ?

Dollarama, je vous aime, et sans rancune pour le changement de slogan : 1$ et plus. La business doit rouler et je ne vous abandonnerai jamais, même si j’ai besoin d’une couple de 25 sous supplémentaires. Mais, puisque tout n’est pas toujours rose dans le pays des choses à 3$ et moins, j’ai constaté un problème concernant un de vos produits. Ne prenez pas ce qui suit comme une attaque sauvage comme les Japonais l’ont fait sur Pearl Harbor, mais plutôt comme de simples conseils de la part d’une cliente fidèle qui a à cœur le développement de votre entreprise.

Il s’agit de vos sacs.

Vous savez assurément que vos sacs en plastique de format XXL ne possèdent aucune poignée. Je vous invite à faire l’exercice de transporter un sac de grand format rempli de vos fins produits mais démuni d’espaces pour y insérer les mains. Vous constaterez que ce n’est pas grâce à cela que le mot « ergonomique » a été inventé. Pour panser ce virulent problème, j’ai développé une petite tactique de ninja : il s’agit de créer des poignées DIY, en perçant un trou de chaque côté du sac grâce à un coup d’index féroce. Le seul hic avec cette solution est qu’elle est totalement éphémère. À la seconde où le sac devient trop lourd, les trous prennent de l’expansion et finissent par se déchirer. Résultat : nous revenons au point initial du sac géant pas de poignée. Un cercle vicieux cruel et sans pitié.

L’autre chose qui me titille sur vos sacs, et là peut-être sentirez-vous une fibre écologique naître en vous, est que vous n’offrez pas la possibilité d’acheter des sacs réutilisables. Il serait fort apprécié de pouvoir s’en procurer tout comme on peut le faire à l’épicerie. Nos razzias au Dollarama s’avéreraient beaucoup plus pratiques, notre consommation de sacs de plastique serait réduite et on réglerait sans l’ombre d’un doute le problème du constat numéro un qui est, je le rappelle, les sacs géants pas de poignée.

Je me permets de croire fermement que ces suggestions faciliteraient la vie de votre clientèle et feraient de vous une entreprise plus verte, ce qui rendrait hommage à la couleur qui teinte les 3\4 de votre logo.

Merci de m’avoir lue.

P.S. J’adore ma nouvelle boule disco à 3$ et je suis persuadée qu’elle fera fureur auprès de mes invités.
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http://urbania.ca/blog/5416/lettre-damour-au-dollaramaThu, 16 Oct 2014 13:58:41 EDTGwenaëlle Scortadollaramabloguehttp://urbania.ca/blog/5416/lettre-damour-au-dollarama
Cher papa,
Ce texte est extrait du Urbania Spécial Étudiants, maintenant en vente sur notre boutique en ligne. 

Cher papa, 

J’espère que tu liras en entier cette lettre que je t’adresse. Mai 2010, ma vie semble tracée : billet d’avion acheté, je m’apprête à m’envoler vers Dubaï pour un stage dans une boîte de pub qu’on m’a offert je ne sais comment ni pourquoi. 

Mai 2010, y a aussi autre chose qui se passe : après un an à fantasmer, j’auditionne enfin sans trop y croire à l’École nationale de l’humour. Ils m'acceptent. Le « tabarnak » que je lâche en apprenant la bonne nouvelle me pousse à croire que j’ai peut-être davantage peur du succès que de l’échec. 

S’ajoutent donc à ma liste « à faire » de cette semaine les éléments non négligeables suivants : dire à mes parents que je ne pars plus pour Dubaï, que j’ai été accepté à l’École de l’humour et que ça fait un an que je donne des spectacles dans les comedy clubs sans le dire à personne. 

Ines, la fille des com de l'École, m’appelle pour m'informer que je serai mentionné dans un papier de La Presse samedi prochain. Avec en plus une photo en première page du cahier Arts et spectacles.

Ça tombe plutôt bien, vous êtes abonnés à La Presse; je décide donc de déléguer au quotidien la lourde tâche de vous aviser de ma légère réorientation de carrière. 

Samedi arrive, mais moi je pars au boulot : je rate votre réaction. À mon retour, maman m’accueille avec une face de mon-Dieu-mais-qu’est-ce-qu’on-a-fait-pour-qu’il-veuille-devenir-humoriste. En voyant le journal, elle a dû se dire: « Ben voyons, c’est qui ce jeune homme qui porte le même nom, les mêmes vêtements et la même face que mon fils? Mon garçon, humoriste? Impo-fucking-ssible. »

Toi, papa, t’es plus posé que maman. Tu me demandes : « C’est vrai tout ça? », comme si c’est peut-être juste une mauvaise blague. Comme si une partie de toi croit que j’ai convaincu les Desmarais de me backer dans ce poisson d’avril (en mai).

- Tu vas aller à l’École de l’humour? Apprendre à faire des blagues?
- Oui.
- J’suis allé sur leur site web; leur logo, c’est un rat avec un nez de clown assis sur un pupitre.  T’es vraiment sûr de ce que tu fais?
- Oui, j’suis sûr. 

C’est faux. Je porte mon masque de gars en contrôle, mais en vérité, je doute plus que jamais. Toute ma vie, j’avais eu les notes de bulletins, les Méritas et les diplômes pour chiffrer mes compétences. Pour mettre une valeur quantifiable sur mes talents. Et là, cet art flou et instable vient tout chambarder. Là, rien n’est sûr. 

Et ça m’a pris du temps avant d’assumer complètement cette vocation. Parce que je n’avais pas assez confiance en moi pour accepter la prétention que dans le futur, des gens paieraient pour m’écouter parler. 

Maman ouvre enfin la bouche : « On a juste peur pour toi, Rabii. » J’ignore pourquoi elle a si peur. Et de quoi. Vous avez vécu la guerre, elle et toi. T’as perdu ton père à 19 ans. Tu t’es enrôlé dans l’armée pour finalement aboutir chez Interpol. T’as survécu à un attentat. Et la cicatrice qu’ont laissée les fragments de bombe près de ton œil gauche te le rappelle chaque jour. 

Difficile de te convaincre de la légitimité de mes « études en rire » quand toi, à mon âge, tu terminais ton quart de nuit, dormais une heure dans ta voiture, puis te rendais directement à l’université le matin. Ton uniforme encore sur le dos, tu rangeais ta AK47 dans ton casier, prenais tes livres et filais en classe, pressé de terminer tes études en droit avant que la guerre ne ravage le pays. 

T’as travaillé fort. Pour que je puisse foncer, que je puisse oser. Pour que je me fasse prendre à 200 km/h sur l’autoroute, même. T’as travaillé fort pour que ton fils puisse faire le con.

C’est pour ça que je me suis lancé. Parce que si t’as survécu à tout ça, je vois pas pourquoi je survivrais pas au showbiz. 

Je vous aime, maman et toi. 

Rabii

P.-S. : Aujourd'hui, je peux le dire sans incertitude : tout va bien aller. 


Illustration: Simon Laliberté
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http://urbania.ca/blog/5415/cher-papaThu, 16 Oct 2014 11:48:48 EDTRabii Rammalétudiantbloguehttp://urbania.ca/blog/5415/cher-papa
Le Registre: Les 10 commandements du joueur de guitare dans un partyL’été est officiellement terminé. Vrai qu’on est rendus mi-octobre, mais je laissais la chance à l’été indien. Une expression que je détesterais si ce n’était pas de l’excellente balade langoureuse du défunt chanteur de pomme Joe Dassin. 

En plus d’écrire dans mes temps libres, je gratte également la guitare. Je ne suis pas un virtuose de l’instrument à six cordes, mais je me débrouille assez pour qu’on me dise de l’apporter dans les rassemblements festifs. L’été est très propice à ce genre d’activité. On veut aller dehors, on veut boire et bouncer au rythme d’une guit. Fête de cour arrière, camping, BBQ, house party, tout peut s’y prêter.

J’ai eu mon lot d’agréables « spectacles » cet été que ce soit avec ma gang de chums, en famille ou alors, improvisé dans un groupe d’inconnus. Peu importe l’auditoire, tu remarqueras que des tendances reviennent constamment. Particulièrement si, comme moi, t’es ce que la mielleuse Matricule 728 appelle « un osti d’gratteux d’guitare».

10. Le bandmate temporaire, tu endureras.
La guitare est un instrument rassembleur, c’est pourquoi elle est si populaire dans un party. Tsé t’as beau être le Jimi Hendrix du gazou, après trois tounes, ça s’peut qu’un fêtard éméché te la fasse disparaître dans ton rectum. La guitare c’est smooth, c’est plaisant, et son registre d’émotion est large, ce qui en fait un instrument qui a un pouvoir d’attraction puissant. Alors après plusieurs chansons, quand le party lève, il est possible qu’un percussionniste amateur se joigne à toi, vous transformant désormais en un duo. Est-ce que celui-ci est un legit drummer de 10 ans d’expérience qui se joint à toi ? Bin sur que non. C’est le gars bin trop pacté qui, de surcroît, possède le sens du rythme le plus exécrable de la Terre qui devient désormais ton métronome. En plus de s’exécuter terriblement mal, il prendra l’instrument improvisé qui lui tombera sur la main : bol à salade, cuillère de métal, table, etc. Endure et concentre-toi sur ton beat à toi.

9. Les demandes spéciales, au mieux tu feras.
Tu agis un peu comme un jukebox, alors c’est normal qu’on te mette un 25 sous en bouche, qu’on t’appuie sur les mamelons et qu’on te crie une demande spéciale. Parmi celles-ci : T’as la demande que personne connait sauf le dude, t’as celle que tout le monde connait sauf toi pis t’as l’air cave, t’as celle que la fille, qui  t’a harcelé toute la soirée de la jouer et quand tu la fait, elle s’en calisse, t’as celle que tu joues pour quelqu’un et que tu te rends compte qu’il connait juste trois mots du refrain (salutations à mon père), t’as la demande spéciale confuse (HEY, JOUE DONC LA TOUNE DE SMASHING PUMPKINS LÀ, TSÉ LÀ, C’EST GENRE … PRETTY FLY FOR A WHITE GUY!), t’as les excellentes demandes spéciales... mais que y’a toi pis le dude qui feel la chanson, fak les 13 autres personnes s’en calissent. Bref, une partie de plaisir !

8. Tes compos, tu ne joueras pas.
R’garde. T’es peut-être un excellent auteur-compositeur et que tes compositions sont véritablement solides. Sauf que c’est très rarement souhaitable dans une atmosphère festive comme autour du feu en camping où tout l’monde est chaud comme des poêles. Le monde veut danser, chanter et juste tripper. Si tu te mets à jouer ta composition ultra-emo sur la naissance de ton premier enfant, ta première rencontre avec ta blonde ou encore sur la fois où ton ex-copine t’as brisé le coeur en faisant un threesome avec tes deux frères... man, tu vas crisser un solide malaise dans place. Tes compos, le monde s’en torche. À moins que ce soit une toune funky où tu énumères humoristiquement les sortes de vagins. Là, le monde embarque. Autrement, calme-toi le Linda Lemay. 

7. Être la musique de fond, tu accepteras.
De façon générale, les gens aiment la guitare. Sauf qu’il faut tu comprennes que c’est pas tout l’monde qui veut nécessairement que toute l’attention soit pendant 2 heures sur un dude qui se la fend en se flattant l’ego de pseudo-artiste. Pis hey, c’est bin correct. Y’a des dudes et dudettes qui préfèrent jaser entre eux et espérer trouver une connexion wi-fi entre leurs organes génitaux. Cette indifférence fait que tu seras de la musique dans un café-bistro : juste cool pour mettre une ambiance, mais le son doit rester à maximum 4 coches. Accepte-le, ne soit pas l’animateur de radio douchebag qui hurle et qui cherche désespérément la participation. 

6. La douleur, tu méconnaîtras.
Avec la pratique, tu développeras quelque chose d’essentiel à tout joueur de guitare : la corne. Cette couche de peau sèche et dure te permettra d’endurer la douleur que peut produire la pression continue sur des cordes de métal. Sauf que pour les musiciens à temps partiel, la corne fait le travail jusqu’à un certain point. Quand le party est fou et que tu joues pendant 3-4 heures de temps comme si t’étais sur l’acide à Woodstock, ta corne sert autant qu’un corset sur Sonia Vachon. Alors, tu ressentiras de la douleur sur le bout de tes doigts. Fuck la douleur, joue pour ta gang. Ce qui peut t’aider c’est...

5. La bonne dose d’alcool, tu consommeras.
Ah! l’alcool, la solution à trop de choses. Non seulement l’alcool engourdira tes doigts et ainsi diminuera la douleur, mais, pour un guitariste-chanteur, c’est également un excellent lubrifiant d’égo. Je t’explique. Tu sais la toune de Bon Jovi que t’aimes tellement chanter chez vous, mais où t’es jamais capable d’atteindre la note ? Deux mots pour toi : Bi – ère. Un peu pacté, un joueur de guitare n’a plus de limites car il n’a pas la conscience d’être off. Alors, lorsque tu reverras ton chum le lendemain en lui disant à quel point tu te sentais « in the zone pendant Livin on a Prayer », il te montrera la vidéo qu’il a pris la veille et tu constateras qu’en fait, tu sonnais comme si t’avais les testicules dans le Magic Bullet.

4. Les jugements, tu ignoreras.
Inévitablement, lorsque tu pars dans ton trip, t’enchaînes des tounes que t’aimes jouer. Tu veux également faire une pierre, deux coups et jouer ce que la crowd aime. Tu l’sais, rendre tout le monde heureux, c’est impossible. Alors, tu te retrouves comme dans la section commentaires d’une toune légendaire genre « Bohemian Rhapsody » sur Youtube. Y’a toujours un pogo pour dire « Justin Bieber > Freddie Mercury ». Sauf que dans un contexte de musicien de party, le pogo s’exprime comme : « Sérieux fuck ton Nirvana, joue du Dany Bédar man! ». Ignore-le et attends à la fin du party quand il sera en coma éthylique, pour enterrer son corps dans le bois. Ou pas.

3. Le mood de la soirée, tu jugeras.
Une des qualités du musicien de party est de « feeler le mood ». Vrai que tu peux être celui qui influence l’ambiance avec des pièces festives du terroir folklorique québécois. À l’inverse, si tu enchaînes « Creep », « Le répondeur », « Everybody Hurts », « Alléluia » et « Suicide Solution », ton auditoire pourrait te faire comprendre que ton registre pourrait être plus coloré. Si tu joues juste des chansons que personne ne semble connaître, tu te transformeras en numéro 7 de ce palmarès. Sur le bord d’un feu, vas-y pour des classiques smooths avec des refrains accrocheurs. Dans un house party, tu peux pas mal plus gueuler et y aller plus énergique. Feel le mood.

2. Avant l’ennui, tu arrêteras.
Souviens-toi de ça : arrête avant d’être le musicien de métro. Le type qui se démène et qui, malgré son talent, se fait ignorer, dévisager et se fait prendre en pitié parce que personne ne l’écoute. C’est même pire parce que toi, tu ne recevras pas de change pour ta pitié. Regarde les réactions autour, tu devrais le savoir quand le monde est  écœuré d’toi. Check, joue Wonderwall d’Oasis. Si personne embarque au refrain, finis la toune, lâche un « bon bin allright m’a prendre un break » juste un peu blasé, remets ta guitare dans son étui pis va boire. C’est terminé. Hey, voir que PARSONNE veut chanter Wonderwall. « ‘CAUSE MAYBEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE ! »

1. Pour la crowd, tu joueras.
Le plus important, c’est que tu joues pour divertir les gens. Ne pense pas que tu joues pour toi, jeune naïf. Tu joues pour toi quand tu te tapes des plaisirs coupables chez vous, caché dans ta chambre. Quand t’es l’amuseur public, le cracheur de feu, l’acrobate, voire la femme à barbe du party, tu dois jouer pour eux. C’est cool que t’aimes ça Étienne Drapeau, mais non. Adapte-toi à ton party. Chez ta famille à Noël, joues du Donald Lautrec, pis check bin tes matantes se swinger les années 60 à en perdre leurs dentiers. Dans ta belle-famille anglophone, évite le  Cowboys Fringants pis le Plume. Avec ta gang de chums d’hockey, joue du Bob Bissonnette bin chaud, les gars vont tellement capoter qu’ils vont se casser des chaises dans l’dos. Dans ton souper avec tes chums de filles, gratte doucement une toune des sœurs Boulay, ça va finir en bataille d’oreiller pis en expérience lesb... ok je m’éloigne. Bref, sois la bougie d’allumage et fais en sorte que tout le monde passe un bon moment !

+++++

À toi, joueur et joueuse de guit, je vous lève ma bière tiède (parce que ça fait 4 tounes tu fais sans prendre de gorgée).

Portez-vous bien, jeunes gens.

(Hey by the way, pendant que j’tai, tu peux également lire d’autres shizzles du Moes, ici.)

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http://urbania.ca/blog/5414/le-registre-les-10-commandements-du-joueur-de-guitare-dans-un-partyThu, 16 Oct 2014 09:53:29 EDTLe Moeszing-a-ling, zing-a-ling-a-lingjouer de la guitregistrebloguehttp://urbania.ca/blog/5414/le-registre-les-10-commandements-du-joueur-de-guitare-dans-un-party
Elle est partie avec un gars dans une secte - Portraits de Montréal














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http://urbania.ca/blog/5413/elle-est-partie-avec-un-gars-dans-une-secte-portraits-de-montrealWed, 15 Oct 2014 14:01:11 EDTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5413/elle-est-partie-avec-un-gars-dans-une-secte-portraits-de-montreal
La dictature comme héritageLes gouttes tombent sur le bois d’une grande maison traditionnelle qui accueille une trentaine de personnes, en majorité des « jeunes professionnels », autour d’une grande table.

« Merci d’être venus » affirme Christophe Bidof en introduction. Ce matin là, il avait lancé avec un ami un appel à la mobilisation sur sa page Facebook. Un appel qui avait piqué ma curiosité: « Il faut une manifestation dans les rues catégoriquement opposée à cette mascarade! », écrivait-il.

Le porte-parole du président haïtien venait d'affirmer que l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier, tout juste décédé, devrait avoir droit à des funérailles nationales. Les accointances des dirigeants haïtiens actuels avec des membres de l’ancien régime Duvalier sont assez connues.

À tous les soirs, pendant 4 jours, le groupe s'est réuni. ASIRE, acronyme créole pour Action citoyenne responsable, a été fondée.

Au dernier soir, c’est la production de pancartes avec leurs traces de mains rouges pour symboliser le sang des victimes.

« Même si les funérailles ne sont plus officielles [comme l’a annoncé le gouvernement à la dernière minute], il faut marquer notre opposition à tout hommage à l’ancien dictateur. »



Après une conférence de presse et plusieurs apparitions dans les médias, une quarantaine de personnes se sont réunies samedi dernier, au même moment où avaient lieu les funérailles, pour un sit-in qui a partiellement bloqué l’une des plus grandes rues de la capitale haïtienne. Pendant que les officiels défilaient devant le cercueil de l’ancien dirigeant, les manifestants scandaient des chansons de la résistance et des slogans comme « Duvalier, assassin » devant l’Office de la protection du citoyen, « ultime symbole d’un État démocratique ».

La première manif contre l’héritage duvaliériste depuis longtemps en Haïti.

Des représentants d'ASIRE répondent aux question d'Al Jazeera.

Les Haïtiens ne s’intéressent plus beaucoup à Duvalier. Beaucoup de choses se sont passées depuis qu'il a quitté 
le pouvoir dans la disgrâce, en 1986. La junte militaire a même repris le pouvoir sans lui de 1991 à 1994. S’il a connu un petit regain d’intérêt à son retour d’exil en 2011, la majorité de la population a moins de 25 ans et s’intéresse très peu à cette histoire sombre de leur pays.

Plusieurs jeunes se réapproprient d'ailleurs un discours nostalgique de l’époque Duvalier, alors qu’il y avait « moins de voleurs » et beaucoup plus d’ « ordre » et de « courtoisie ».

Ils oublient peut-être un peu trop facilement qu’aucune radio ne pouvait débattre de politique, maintenant presque un sport national au pays. Ils oublient aussi la création des premiers bidonvilles de Port-au-Prince et l’ouverture excessive des marchés aux pays étrangers, qui viendra presque à bout de la production locale des paysans. Et c'est sans compter les victimes directes, enoyées dans de véritables cachots, exilés ou encore torturés.

De Duvalier à Pinochet
« Après 1990, près de 40 % de la population chilienne est restée attachée à Augusto Pinochet », s’empresse de comparer Marie-Christine Doran, professeure en sciences politiques à l’Université d’Ottawa jointe par téléphone. Spécialiste de l’analyse des discours populaires en Amérique latine, en particulier au Chili, elle voit plusieurs parallèles entre la situation haïtienne et chilienne.

« Le processus a été très lent au Chili [avant de voir monter une grogne contre Pinochet]. La justice ne semble pas être un thème majeur d’emblée, c’est pour ça que la comparaison avec le cas chilien est intéressante, ça a pris 20 ans pour que le thème de justice dans l’espace social refasse surface. »

Avant l’arrestation de Pinochet en Europe en 1998, très peu de gens réclamaient qu'il subisse un procès, tout comme pour les
autres tortionnaires de la dictature. Avant de quitter le pouvoir, ils s'étaient judicieusement votés une loi d'amnistie.

« Au Chili, des tout petits groupes de défense des droits humains et des groupes populaires, mais aussi des anciens exilés, ont persévéré et ont réussi à faire inculper Pinochet en Espagne. À ce moment, il s’est produit le début d’un phénomène d’appropriation de la justice par le bas. »

Doran s’est intéressée dans ses recherches à la manière, dans une société très polarisée, dont émerge un mouvement très grand autour du thème de la justice et de la démocratie.

On voit poindre des signaux en ce sens en Haïti depuis peu.

Quelques jours après son retour d’exil en 2011, plusieurs plaintes pour atteinte aux droits humains et corruption ont été déposés devant la justice haïtienne contre Jean-Claude Duvalier et ses acolytes. L’affaire était toujours pendante au moment du décès de l’ancien dictateur le 4 octobre dernier, mais plusieurs des tortionnaires de son régime parcourent toujours les rues de Port-au-Prince librement.

Au Chili, ce mouvement social a culminé par des grandes manifestations étudiantes en 2011 et 2012 qui se sont réappropriés le combat pour la démocratie (écrasé par la dictature) et la justice envers les anciens dirigeants coupables d’exactions. La similitude entre les slogans populaires au Chili à cette époque et ce qu’on a entendu à Port-au-Prince samedi dernier est flagrante : fin de l’impunité, pour la justice.

« On ne parle plus aujourd'hui du Chili comme un modèle de « retour à la démocratie », on parle d’un pays en « post-dictature ». » Un glissement de sens significatif aux yeux de Mme Doran.

Dans les années 90, les premiers mouvements populaires qui ont demandé justice après la dictature au Chili n’étaient qu’une goute d’eau dans l’espace public. « Mais cette goûte d’eau a tout de même permis de remettre en circulation l’idée de justice », ajoute-elle.

« Le mouvement a légitimé l’énoncé voulant que l’absence de justice peut causer du tort à la nation [pas seulement aux victimes directes]. »

En Colombie, la commission vérité post-dictature a exposé dernièrement sur Internet tous les témoignages recueillis, ce qui a entre autres permis d’arriver à des accords de paix avec les guérilleros.

Au Chili, des groupes se sont réunis devant la maison des anciens tortionnaires pour chanter des chansons et pointer du doigt l’absence de justice. Ces rassemblements nommés « funas » ont intégré le vocabulaire populaire. Le néologisme « funar » a été créé. Ce verbe signifie maintenant l’accusation publique pour un méfait caché.

Préparations avant de prendre la rue

À Port-au-Prince, ASIRE doit se réunir cette semaine pour faire un bilan et, surtout, entamer une réflexion sur la suite des choses. Théâtre de rue, projections-débats et autres manifestations sont sur la table à dessin. L'avenir dira si ce mouvement, comme au Chili, pourra servir d'étincelle à un devoir de justice et de mémoire plus important.

On peut suivre ASIRE sur leur page Facebook : http://facebook.com/ASIREjistis

Marie-Christine Doran sera en conférence à l’UQAM ce jeudi à 13h. Son livre Le réveil démocratique du Chili. Une histoire politique de l’exigence de justice 1990-2015 sera publié à Paris en 2015 aux éditions
Karthala.


Twitter : etiennecp
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http://urbania.ca/blog/5410/la-dictature-comme-heritageWed, 15 Oct 2014 09:26:26 EDTÉtienne Côté-PaluckblogueJean-Claude Duvalieraugusto pinochetDictaturejusticedémocratieimpuniteHaïtiChilihttp://urbania.ca/blog/5410/la-dictature-comme-heritage
Ti-blues automnalFrom : brigitte@rosemail.com
Sent: Monday, 9 AM
To : emilie@rosemail.com, manue@rosemail.com 

Salut les Rosies,
Pour répondre à la question de Manue: ça va. Ouain. Je dirais « en gros ». Même si... ti-blues automnal est venu frapper à ma porte. Je sais pas vous, mais moi, l’automne, je souffre toujours d’une montée d’anticipation, d’angoisse pré hivernale. C’est con, l’automne est tellement beau pourtant. Mais j’ai la gorge qui se serre en pensant aux suits d'hiver que j'ai oublié d’acheter en vente l'an passé, aux milliers de mitaines que mes enfants vont encore perdre cet hiver, à la criss de noirceur le matin. Au cadran qu’il va falloir setter 15 minutes plus tôt pour avoir le temps de chercher tous les morceaux de linge et les enfiler. Aux voisins de ruelle que je ne verrai plus pendant six mois. Pis j'ai juste le goût de me pousser loin. Pis je me mets à chéker tous les spéciaux des agences de voyage.

Ouain, j’espère que mon courriel aura pas un effet anxiogène sur vous. Désolée, les filles, ça va être le fun pareil c’t’hiver.

XX
B.

*****

From : emilie@rosemail.com
Sent : Monday, 10 :07 AM
To : brigitte@rosemail.com, manue@rosemail.com 

Ahh! Je te comprends, Brigitte. Moi aussi ça me fait ça. L’angoisse a tendance à me sauter dans la gorge comme un gros chat mal élevé quand il commence à faire frette pis noir trop de bonne heure pis que les feuilles craquent sous mes bottes. C’est comme si les « mauvais automnes » de ma vie reconnaissaient le décor et cherchaient à remonter à ma conscience... C’est un peu berk. Mais j’essaie de « focusser » sur le beau. Genre : les arbres étaient malades en fin de semaine à la campagne. Et : (Avez-vous remarqué?) La ville est remplie de policiers barbus (merci projet de loi 3!), soudainement sexys dans leurs autos bariolées! Ben quoi! Faut savoir apprécier son urbanisme vivant!

Pour ce qui est de l’habillage d’hiver, moi aussi j’anticipe avec crainte. J’ai sorti mon méga sac Ikea de foulards-tuques-mitaines-jambières-etcetera et j’ai tenté de classer le tout. Résultat : 8 mitaines pour enfants (j’ai bien dit mitaines, pas paires de mitaines): deux roses (pas le même rose), une rouge, trois grises (pas le même gris, pas les mêmes tissus), une turquoise en polar et une rayée jaune et gris. Qu’est-ce que je fais avec ça, je les jette? Misère.

Hey, on serait pas dues pour un get-together, nous autres? On ne s’est pas vues depuis la fête de Pierre-Luc au Rosemont (d’ailleurs, j’ai hâte de savoir comment ça a fini, ça. C’était qui le rouquin qui te parlait de densité des atomes quand je suis partie, Brigitte? T’avais l’air de trouver ça passionnant… ;) ).

Je vous fais une proposition drette-là. Samedi prochain: party de mitaines. Chez moi. Vous apportez vos mitaines solitaires et on demande aux enfants d’essayer de faire des matchs. Qui sait, on va peut-être en sauver quelques-unes. Pendant ce temps-là, nous, on boit du vin rouge en cuisinant une sauce à spag pour le souper… C’est pas une belle façon de chasser le blues automnal, ça?
J’espère que vous pourrez! 

Émilie xxx

PS : Pis Manue, as-tu fini par recroiser ton conseiller financier au Marché Jean-Talon, à force d’arpenter les allées? ;) 
PS2 : La nouvelle SAQ est ouverte sur Beaubien!!! Il va aller où, notre cachet d’Urbania? ;) 



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From: manue@rosemail.com
Sent: Wednesday, 10:33 AM
To : brigitte@rosemail.com, emilie@rosemail.com

Je comprends votre spleen, les filles… Le soleil qui se fait avare de sa lumière n’est pas étranger à tout ça. 

Ce matin, le moton m’a pris juste à chercher des bas, c’est un deuil, de ne plus laisser son orteil respirer librement dans sa ballerine. Pis quand je suis arrivée au boulot, j’ai failli pleurer en constatant que les chaussettes en question étaient marine pis que ça fittait pas pantoute avec mon pantalon noir… La prochaine fois, j’utilise ma frontale…

En plus, j’ai un incroyable besoin de caféine pour garder les yeux ouverts et réchauffer mon corps qui lutte contre l’hibernation. 

J’ai dû me rabattre sur la machine de la salle du personnel. Je suis revenue à mon bureau en me traînant les pieds, laissant le liquide brun et amer me brûler les muqueuses. Je devais avoir l’air d’une condamnée dans le couloir de la mort avec ma grosse écharpe orange. Je me suis assise en face de mon ordi, j’ai fixé l’écran une bonne quinzaine de minutes comme une lobotomisée en rêvassant, le temps que la drogue fasse son effet. 

Je repensais, justement, au conseiller financier. Ouais, je l’ai revu, il entrait à la Brûlerie. Je me suis postée en face, au kiosque des courges, auxquelles j’ai feint de porter un intérêt démesuré, le temps qu’il ressorte. Dix minutes plus tard, il est réapparu au bras… d’une personne qui a tout l’air de son chum! Merde de merde, y’a quelque chose que j’ai mal décodé lors du renouvellement de mon REER, faut croire!

Faque oui, ben partante pour un party de sauce à spag, j’ai besoin de debriefer… Pensez-vous qu’on peut y ajouter de la citrouille ? Je croule sous les cucurbitacées…  

Manue 

PS Émilie, la mitaine rayée gris et jaune est chez nous. Je l’apporte!


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From: brigitte@rosemail.com
Sent: Monday, 10:33 AM
To : manue@rosemail.com, emilie@rosemail.com

Salut les Rosies,
Désolée du temps de réponse, week-end de marde : les enfants se sont chicanés du matin au coucher. Pour le party mitaines, c’est raté, va falloir attendre la prochaine fds de garde commune. 

Méga gaffe en me levant ce matin; j’ai pensé à ce à quoi il ne faut surtout pas penser à ce temps-ci de l’année : l’heure qui va bientôt reculer.
L’Horreur! Ça fait que je vous propose qu’à notre party de mitaines, on discute de la fondation du Parti de l’hibernation. Bon, ok, on n’a sans doute pas le choix de continuer à faire rouler l’économie pendant l’hiver, mais les employeurs devraient au moins être obligés de réduire les heures de travail pour que ça concorde un peu plus avec les heures d’ensoleillement.

On ferait une manif où on scanderait : « Hi-hi-hi, hibernation! »

C’est convaincant, non?

Pour ce qui est du rouquin pseudo physicien… Mon problème, quand un gars m’ennuie, c’est que j’en mets trop pour pas que ça paraisse – je me dis « pauvre lui, pogné pour ennuyer les filles »… Pis des fois, je peux même pousser l’empathie jusqu’à coucher avec… Et après, ben, c’est pas plus facile de m’en défaire, tsé ben. Je deviens full angoissée à l’idée de mettre les points sur les i et dire ce mot qui me terrifie: NON (je vais finir par écrire un billet là-dessus, quand j’y verrai plus clair). Je vais lui dire que j’ai revu un ancien kick, que ça n’a rien à voir avec lui, blabla. T’avais pas fait un truc du genre, Manue? Si c’est bien toi, me transférerais-tu le courriel que tu avais écrit, que je m’en inspire? D’ailleurs, Manue, sérieux, faudrait que tu aiguises un peu ton gaydar!! Très drôle, l’anecdote de la Brûlerie.

XX
B.


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From: manue@rosemail.com
Sent: Monday, 15:45 AM
To : brigitte@rosemail.com, emilie@rosemail.com

Salut les filles!
Oui, j’ai déjà écrit un courriel où je « remercie » un prof de français… mais dans mon cas, j’avais VRAIMENT revu une ancienne flamme… ;) Ça disait : « Désolé, je vais mettre fin à nos échanges de missives et… de fluides. En effet, mon cœur ne peut plus accorder les verbes au futur avec toi. J’ai revu un fantôme sorti d’une ancienne vie. Je dois vérifier si je peux encore conjuguer au passé antérieur. »  Dans ton cas, je te conseille de troquer les allusions grammaticales  pour quelque chose concernant la « crochitude » de vos atomes ou l’absence de champs électromagnétiques entre vous… ou de lui dire carrément que tu préfères être un électron libre !
Manue x

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From : emilie@rosemail.com
Sent : Tuesday, 9:12 AM
To : brigitte@rosemail.com, manue@rosemail.com 

Tabouère!, c’est du grand art, vos flushages, les filles!

Justement... j’étais en train de me creuser les méninges pour écrire le prochain billet (pour demain) sur le blues de l’automne pis… ben je viens de relire nos derniers échanges. Et je trouve qu’on l’a notre billet! En polissant un peu les phrases (et en enlevant le boutte où on parle dans le dos de Vanessa), on pourrait publier ça drette de même. Ça se fait-tu, vous pensez? Faudrait demander à Samson.


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From : eric@urbania.ca 
To : brigitte@rosemail.com, manue@rosemail.com, emilie@rosemail.com

Ça me va! Go! On publie à 14h. 


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http://urbania.ca/blog/5409/ti-blues-automnalTue, 14 Oct 2014 15:42:46 EDTLes RoseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5409/ti-blues-automnal