Urbania - blog-urbaniahttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationSun, 01 Feb 2015 09:43:39 EST607 raisons de ne pas toucher aux ailes de poulet pour le Super Bowl cette annéePourtant, j’ai quand même décidé de relever le défi et de répondre. Mais ça, vous vous en doutiez surement déjà, autrement vous ne seriez pas en train de lire ces lignes. Toujours est-il que, force est d’admettre, la question m’a plongé dans une lourde réflexion...

Coudonc, j’aime tu vraiment ça des ailes de poulet moi? Quand était la dernière fois que j’en ai commandé au resto? Est-ce quelque chose que je cuisine véritablement chez moi? Les gens qui me connaissent se disent sans doute : Bob le Chef, c’est un gars de wings! Suis-je un imposteur? Shit...

La pente était glissante, je vous épargne le reste. Mais, à un moment donné, c’est comme devenu clair. Dans le fond, les fameuses “chicken wings”, c’est comme le chou kale des carnivores. Beaucoup de “hype”, mais peu de viande autour de l’os! 

Donc, titre racoleur oblige, voici 7 raisons de ne pas toucher aux ailes de poulet pour le Super Bowl cette année.

1- Pour commencer, il est à noter que pas moins de 1 milliard 250 million d’ailes seront consommées en ce dimanche sacré seulement. Si t’es le moindrement bon en calcul, ça fait 625 millions de poules sacrifiées à l’occasion de la grande messe sportive états-unienne. Et ce, sans aucun bénéfice vaudou, du moins à ce qu’on sache.

2- Les ailes de poulet peuvent littéralement tuer. On a une pensée pour tous ceux qui se sont mortellement étouffés sur des os de poulet. Mais vu la raison #1, elles ont quand même le droit de se défendre. Non? Sauf que précisement en même temps aux faits divers, dans un restaurant aux États-Unis, deux hommes ont été arrêtés pour avoir menacé leur serveur avec un AK-47, parce que ce dernier avait oublié de leur servir leurs ailes de poulet... #chickenwingsareahellofadrug

3- L’utilisation trop fréquente de l’appellation “wings”, entre autre dans le menu de certaines chaînes de restaurants, et son adoption de plus en plus généralisée dans le language populaire, mettent une fois de plus en péril l’état déjà si précaire de la langue française dans le Bas-Canada. Pourquoi le dire en chinois, alors qu’elle fond si bien dans la bouche en français ?

4- À cause du “swag” de Niki Minaj. Quoique, l’occasion est parfaite pour rappeler qu’en matière de cuisson de la volaille, le rose est toujours à proscrire. Et aussi, de faire attention aux bactéries mangeuses d’hommes, comme la salmonelle.



5 - Bien que l’aile de poulet ne vaille pratiquement rien, tant en valeur nutritive que monétaire, un peu comme l’essence pendant les vacances, son prix au kilo a la mauvaise manie d’augmenter durant le weekend du Super Bowl... Pourquoi payer une Lada au prix d’une Volvo?

6- Quand on y pense vraiment, entre un bol de chili, une tarte salée ou un sandwich au porc effiloché, comparées aux autres recettes “classiques” du Super Bowl, les ailes de poulet n’ont pas tant à offrir, dans le fond. Rendu là, tant qu’à moi, je préfère les ailes de chou-fleur.

7- En guise d’ultime argument, si pour toi tout événement sportif n’en est pas un sans ton fix de poulet, sache que comparé à l’aile, la partie qu’on appelle le pilon est beaucoup plus avantageuse. Il est plus gros, plus nourrissant et moins gras. C’est peut-être parce que je suis plus un gars de jambes que d’aisselles, mais personnellement, au regard, le pilon me fait plus saliver et me satisfait davantage. Sans oublier, cher champion, que toutes les recettes de marinades, qu’elles soient huileuses ou sèches, se font aussi bien avec des ailes que des pilons.

En terminant, je dois accorder le toucher à l'équipe d'Urbania, vu que finalement, il semblerait que la question avait plus de viande autour de l’os qu’une vulgaire aile de poulet.

Raison Bonus: Parce que les cochons n’ont pas d’ailes. 

Bon Super Bowl ;)

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http://urbania.ca/blog/5621/7-raisons-de-ne-pas-toucher-aux-ailes-de-poulet-pour-le-super-bowl-cette-anneeFri, 30 Jan 2015 15:46:54 ESTBob Le Chefailes de pouletsuperbowlbloguehttp://urbania.ca/blog/5621/7-raisons-de-ne-pas-toucher-aux-ailes-de-poulet-pour-le-super-bowl-cette-annee
L'École Urbania présente: Grosses têtesVous pouvez visionner la série complète juste ici: 


Ou vous pouvez aller la consulter sur notre chaîne YouTube
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http://urbania.ca/blog/5608/lecole-urbania-presente-grosses-tetesFri, 30 Jan 2015 14:00:00 ESTUrbania grossesteteshttp://urbania.ca/blog/5608/lecole-urbania-presente-grosses-tetes
Devenir cette femme qui soulève des pommes grenades avec sa fourcheEn fait, ce titre, je n’en suis pas fière fière. Parce que déjà, vous y êtes parce qu’il y est question de wézi-wézo et de couarde promesse de périnée athlète (CESSEZ IMMÉDIATEMENT DE PRÉTENDRE LE CONTRAIRE). Et peut-être de pomme grenade, aussi, un fruit riche en antioxydants, mais pas si clair à accorder en nombre.

C’est qu’en général, j’aime bien me faire aller les pecs en me targuant de vous appâter d’un drapeau bien beige, honnête et couleur chair, un titre sans sparages ni ronds de jambes qui vous induiraient en billet payant.
 
Ben apparence qu’aujourd’hui, je me paye la traite.
Je me paye la traite parce que la semaine, je l’ai trouvée longue. LONGUETTE.

Le vent dans les saules. Toute cette vacuité et ces affriolants tops 10.

Que se passe-t-il, Cécile?

Taxez-moi de furieux œil de lynx, mais la liste loufoque, le faux-article et cette fâcheuse tendance qu’a Gwyneth Paltrow de se steamer l’utérus semblent avoir pris d’assaut l’entièreté du cadavre de mon fil de nouvelles. Ça, où j’ai l’algorithme qui déraille, grave:

(oh, j’y participe aussi, pour ceux qui me suivent sur d’autres plates-formes. J’y participe aussi.)

Être contre le froid. Se passer un poignet parce qu’on haït pas ça.
Perfectionner l’art du sourcil-boomerang (CELUI QUI REVIENT TOUJOURS UNE FOIS GARROCHÉ).
Bafouer les erreurs les plus pires.

À Boom donné, on ne regarde pas la bride, me chuchoterez-vous.

Mais en 2015, il semblerait qu’écrire son prénom en pissant dans la neige ne suffise plus. Il est désormais nécessaire de se sécuriser le succès en se callant aussi un petit Robert Marien* simultané, pour ensuite en décrire les effluves, se vox-poper le caneçon et en pondre l’opéra rock accompagné d’une galerie-photo pas mal FUNK avant que le plus fin-finaud ne le fasse à ta place et récolte honneurs et likes.

Han! Que tu t’ennuies de mes billets où je te raconte la couleur de la nappe? Hum?
Je sais.

Mais je dois m’adapter à cette nouvelle ère. CROQUER DANS LA POMME SÛRETTE.

Et en la matière, question de commencer soft, cette Kim Anami semble avoir saisi.
Une fleur sauvage comme j'aime la cueillir. Qui diable est la délicieuse?

Eh bien la bonne dame a écrit dans le ELLE. Le Glamour. Marie-Claire. Playboy. CNN. HOLLYWOOD.

Une femme-orchestre: c’est une coach de vie. De couple. Elle se fait conseillère sexuelle.
AH. Et elle soulève des objets avec son vagin.

Des petits boires.


Des viennoiseries.


CETTE PLANCHE DE SURF.

(oui. tu peux zieuter le reste de ses soulevages ici)

Comment en vient-on à soulever une pierre semi-précieuse aussi grosse qu’une coquille St-Jacques avec son entre-jambe FOR A LIVING? Comment, viarge?

Je m’y vois bien, un mardi soir sinistre comme un jour sans pain, à me demander à quoi ça sert, tout ça, quand soudain, le petit sourire en coin me prend à la vue d’un rouleau de ficelle à rôti et d’une botte de pluie qui, tout ce temps-là, n’attendait qu’un éclair de génie pour être soulevée de terre PAR MON ORGANE REPRODUCTEUR.

L’empowerment que j’avais pas vu venir.

Cette femme-là a certes beaucoup à raconter. Être dans ses shorts, même mal prise, je donnerais des ateliers, DES SÉMINAIRES rien que sur le galbe de ma cuisse. Mais pour se frayer un chemin jusqu’à votre cœur, ses nuits, elle les a passées à soulever des bibelots en se contractant l’écureuil avec des objectifs précis. Des tableaux excel de petites victoires vaginales. Des petites, puis des plus costaudes. Un cornet deux couleurs par objet qui quitte le tapis.

Mesdames, le secret du succès n’est désormais plus une vue avec Michael J Fox; c’est une pomme grenade qui chancèle au bout d’un kotex.

À compter d'immédiatement, soyez la Johanne de votre Nouvelle adresse:

« J'ai pas envie de devenir le cliché de la femme déprimée juste pour pas voir les belles couleurs de la vie, C'EST PAS MOI, ÇA, JANINE. »


C’est pas moi. Et bondance que je vous souhaite que ça soit pas vous.
Je vous laisse là-dessus.

* Ou mieux. Là-dessus.



La bise.]]>
http://urbania.ca/blog/5619/devenir-cette-femme-qui-souleve-des-pommes-grenades-avec-sa-fourcheFri, 30 Jan 2015 11:31:25 ESTCatherine EthierQUE SE PASSE-T-IL?Kim Anamipérinéepetites victoires vaginalesJohanne de Nouvelle Adressele pet sauce de Robert Marienbloguehttp://urbania.ca/blog/5619/devenir-cette-femme-qui-souleve-des-pommes-grenades-avec-sa-fourche
Le « Vrai » Gab RoyMardi, alors que nous avions toujours peine à nous remettre du PFKgate de la veille, le célèbre journaliste d’enquête Matthieu Buzz a mis en ligne une entrevue exclusive avec Gabriel Roy sur son site buzzbonin.com. Outre le fait que le jaune pétant n’est pas la meilleure couleur de background pour mettre en valeur quiconque, on y apprend dès la première minute que la webstar déchue plaidera aujourd’hui (vendredi 30 janvier 2015) coupable aux chefs d’accusation qui lui sont reprochés dans l’affaire d’abus d’une mineure — leurre, contacts sexuels, tu vois l’genre...

Avant que je me lance tout’ lousse dans ce poème étrange, il faut mettre certaines choses au clair. D’un côté, Gab Roy a encore quelques milliers de supporters qui, même après ses aveux de culpabilité, vont le défendre avec une férocité qui m’échappe; et de l’autre, il y a une horde de haters pour qui la nuance la plus élémentaire est au degré zéro. Je suis donc, dès le départ, double-fourré no matter what la position que j’adopte.

Ceci étant dit, j’ai deux demandes spéciales à formuler d’emblée aux tatas qui ont le commentaire irréfléchi facile :

1. T’as le droit de défendre l’humour douteux de Gab Roy. Je suis moi-même un très grand fan d’humour douteux. Le trash, dont se réclame Gab Roy, est effectivement une forme d’expression artistique. John Waters et GG Allin en sont probablement les plus flamboyantes mascottes. Sache cependant que ce n’est pas tout le monde, même dans ton entourage proche, qui prend plaisir au trash, pis c’est pas grave. Mais le plus important, c’est que dans cet article, il ne sera aucunement question de l’art que pratiquait Gab Roy. Ainsi, ne viens surtout pas me dire que c’est parce que je ne comprends pas le « personnage », kiddo. J’ai une coup’ d’épisodes d’avances sur toi, crois-moi.

2. T’as tout à fait le droit de pas trouver drôle les jokes de bébés morts (par exemple). Ça existe ces farces-là, ça peut arriver qu’un bozo en shoot une ou deux dans un 5 à 7, mais en aucun cas tu devrais être obligé de les subir si ça t’écœure. Personne t’a jamais forcé à visionner une vidéo de stand-up de Gab Roy, clique sur un autre lien si ça te plaît pas. Les artistes qui œuvrent dans le trash s’en sacrent de toi, ils s’adressent à d’autre monde. Pis c’est correct, ils ont le droit. Frette de même. Si tu me beurres ici un commentaire qui frôle à peine la morale, je te jure que j’allonge trois cents piasses au projet Kickstarter qui promet une machine à voyager dans l’temps juste pour t’expédier back au Moyen-Âge, dans sa période la plus crasse.

Voilà. Merci de votre écoute.

Faut dire que je ne fréquente plus trop trop les réseaux sociaux depuis novembre. Ma tête un peu beaucoup fucked-up et mon cœur en mille miettes ont eu raison de ma capacité à supporter la bêtise humaine et à endurer l’insignifiance. Mais voilà, mardi soir, j’ai reçu une pelletée de courriels où on me demandait ce que je pensais de « toute cette histoire voyons don’ man ç’a pas d’allure !? »

Crisse. Presque personne ne m’avait écrit après ma rupture pour prendre des nouvelles de moi, et là, on débarquait soudainement dans ma boîte à lettre pour discuter de la dernière connerie de Gab Roy. Crisse.

Après avoir répondu quelques WTF laconiques, j’ai finalement craqué et j’ai cliqué sur le lien menant à la fameuse entrevue — foutue curiosité morbide à’ marde!

Trois minutes, c’est juste ça que j’ai réussi à tolérer comme malaise avant de peser sur stop. C’est pas gros, si on considère que je me suis tapé au complet la vidéo de Magnotta en 2012.

Oh, et je tiens à préciser, avant que tu me garnottes des roches : je ne compare en rien l’odieux de 1guy1icepick avec la confession de Roy. C’est juste que j’aime les gags trash, et un de ces gags trash que j’affectionne particulièrement, c’est de ploguer Gab Roy et Luka Rocco Magnotta dans le même article le plus souvent possible. Ça me fait rigoler de laisser ces traces sur l’autoroute de l’information.

LOL. Misère.

Parmi les messages que j’ai reçus, il y a eu celui d’Urbania. On m’invitait cette fois à « me prononcer » publiquement sur la chose, gros cash et faveurs diverses de la part d’une stagiaire en échange de quelques centaines de mots — je niaise ici, Urbania n’a pas les moyens d’offrir du gros cash, t’sais.

J’ai hésité un moment, oui, mais j’ai alors pensé au fame qui pouvait jaillir sur moi en abordant LE sujet de l’heure, aux milliers de clics, au scandale... Nah. Du tout. J’ai juste dit oui pour les faveurs de la stagiaire d’Urbania.

J’ai avalé ma vitamine B12, me suis calé un pichet de café fort en chain-smokant et je me suis rappelé alors que mes articles sur le site d’Urbania n’attiraient pas vraiment les clics. Je n’avais pas le charme des Rabii Rammal, Jonathan Roberge et Martin Perizzolo; je n’étais pas drôle comme Catherine Ethier, Pierre Lemay et Les filles ne rient jamais; j’étais incapable de toucher les cœurs comme Véronique Grenier; j’étais loin d’être aussi clever qu’Éric Samson; bref, si j’écrivais sur Gab Roy, personne allait vraiment le remarquer de toutes manières. C’est donc boosté par cette étrange motivation de parler dans le vide que je me suis lancé dans la fosse aux trolls.

J’explique ici le processus qui m’a amené à écrire ce texte parce que ça fait partie intrinsèquement du phénomène Gab « m’as-tu vu » Roy. C’est très important. Dans son délire mégalomane, Gab Roy s’est dit que n’importe quelle publicité, bonne ou mauvaise, pouvait le hisser vers le « véritable » stardom, la grosse affaire, en dehors du web obscure. Il aura fallu qu’il ponde un mauvais porno avec Mariloup Wolfe pour qu’il goûte enfin à la célébrité. Et la célébrité, il y a goûté en tabarnac!

*6*6*6*

Ainsi donc, la terreur du web québécois s’est offert un spectaculaire repentir publique sur le site funny-funny de son ami. Un long quart d’heure vidéo où, avec un cigare gros comme ça dans’ gueule, il chie un mea culpa comme si de rien n’était. Ou si peu. Les quelques rares références à la victime sont expédiées avec une désinvolture malaisante.

C’est quand il avoue ses remords qui lui grugent le plus l’âme, ceux qu’il ressent face à ses enfants, qu’on perçoit enfin quelque chose qui ressemble à de la sincérité, à de l’humanité. Ses kids vont lui sauver la vie, c’est clair, et il leur en sera redevant jusqu’à sa mort.

Sauf que... Misère.

Sauf qu’on pourrait crissement se questionner sur la pertinence de diffuser une telle vidéo à quelques jours du plaidoyer de culpabilité. On pourrait, oui, s’il ne s’agissait pas de Gab Roy. Mais il s’agit de Gab Roy, le plus show off des show off que le web québécois ait connu — Murphy Cooper, son émule le plus flagrant, n’est qu’un yorkshire à côté du doberman roux.

La manigance de Bonin et de Roy est subtile comme un scénario de film porno. Ça s’inscrit dans la continuité de leur incroyable projet d’être des stars. Pareil comme Éric Salvail qui rêvait de « devenir une vedette ». Deux ou trois trucks de clics pour Bonin, deux ou trois articles « sensationnels » dans les médias de masse pour Roy. La belle affaire.

Mais Bonin, il ne s’en va pas en prison. Bonin n’a pas touché une mineure en détresse.

Roy, lui, il s’en va en d’dans. Il a beau se la jouer cool avec son cigare, son sourire en coin pis ses miettes de fame : il va faire du temps. Pour une histoire de cul avec une mineure. C’est pas le genre de crime avec lequel tu brag, ça t’enlève même beaucoup de points de street cred.

Si un jour on lui redonne la permission de consulter l’Internet et qu’il tombe sur cet article, j’aimerais lui dire une chose :

« Je m’excuse d’avoir fait semblant de pas t’orconnaître quand tu m’as souris en face du dépanneur Bonjour sur Saint-Zotique. J’ai été élevé pour ne pas parler aux monsieurs louches. »

Et en guise de conclusion, j’aimerais qu’on ramène Pat Vaillancourt su’a mappe pour rire un peu. Je me sacrifie pour ouvrir le bal : Pat Vaillancourt, t’es encore moins palpitant que Renart Léveillé.

Ed.

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http://urbania.ca/blog/5609/le-vrai-gab-royFri, 30 Jan 2015 10:00:00 ESTEdouard H.Bondfarwebgabroybloguehttp://urbania.ca/blog/5609/le-vrai-gab-roy
Le biscuitQuand on a eu les joues assez rouges et le frette au corps assez là, on est allé dans un café qu’on aime. Y voulaient du chocolat chaud, des biscuits, des chocolatines, un « croissant mexicain » [une de ces choses que tu es heureux que ta yeule ait connue]. On a reçu tout ça en même temps. La table était pleine, leurs petites mains se faisaient aller partout. Y mangeaient en souriant. Amadné, fille a eu besoin de faire pipi. Elle a insisté pour y aller tuseule. Son proche quatre ans me faisait un peu hésiter, mais yolo. Je l’ai suivie, sans qu’elle s’en aperçoive. Elle faisait vraiment ça comme du monde, je suis retournée à notre table. Elle est revenue avec la face d’une enfant qui a unlocké un nouveau level d’autonomie. Fa’que elle a eu le goût d’y retourner une deuxième fois pour « être certaine que tout le pipi était sorti », parce qu’elle a trouvé ça fun de se gérer. J’pouvais pas vraiment être contre ça. J’pense que si j’avais eu des confettis dans ma poche, je lui en aurais même pitché une poignée. Elle y est donc allée, en est revenue, a voulu s’essayer pour une troisième fois que j’ai refusée pis elle n’a pas crié. Non. Elle a juste dit « ok ». Possible confettis bis.  

Je buvais mon café, on papotait des gens, du plafond qui est très haut et très beau, des toiles avec des chiens dessus. C’tait une « vraie » discussion. Ils étaient là avec leurs pensées, leurs avis, leurs idées. Leurs rires. Ils attendaient même, par un phénomène un peu particulier, leur tour pour parler. Pis là, y’a eu la dernière bouchée de biscuit. J’me suis tendue, par conditionnement. J’avais le « aye-chuuuuuuuut-nenenon » sul bout de la langue, prêt à enterrer les « oui-mais-là-c’est-pas-juste-moissi-je-le-veux-c’est-à-moiiiiiiiii ». 

Sauf que. 

Le p’tit a pris le biscuit et l’a tendu à sa sœur en lui disant « Tiens, je le sais que tu vas être contente ». Elle l’a pris et me l’a donné en disant un « faut partager ». Là, je ressentais un peu trop d’émotions avec lesquelles je ne savais pas tant quoi faire. Parce que ce que j’avais dans la face depuis 46 minutes, c’était que : Esti. Ça a fonctionné. Toutes ces interventions, ces mots, ces gestes, tout ce care. Tout ce temps investi à produire de l’humain socialement adéquat, ben, ce n’avait pas été en vain. J’en avais la preuve. Parce que oui, j’en ai douté. Souvent. Avec le réel pour appui. Y’a nulle part où on te dit combien de temps et de répétitions et de grandes respirations complètes et de tête qui se pète subtilement contre le mur, ça va te prendre avant que « ça pogne ». Et ceux qui te disent que « ça va venir avec le temps », tu finis par juste pu vraiment les croire. Mais tu continues pareil à les sortir, tes p’tits, à leur faire vivre des expériences, même si ça implique des regards plats de la part des gens, de devoir t’excuser, de devoir quitter des lieux avec une chose hurlante sous ton bras. Parfois t’auras la lèvre du bas un peu tremblante, de la sueur sur ton front, des gros mots dans le fond de la gorge. Mais vas persévérer. Parce que tu te dis qu’on apprend à vivre en société en y étant, dedans la société. Et il semble que ce soit effectivement une manière de faire qui fonctionne.  

Et alors que je prenais le petit bout de biscuit des doigts de ma fille et que je le miettais en trois, je revoyais la mère à boutte que j’étais il n’y a pas si longtemps, celle à qui il arrivait de se dire « et boy, je me rends pas à demain », et je ressentais ben du doux pour elle. J’étais contente qu’elle n’ait pas désespéré trop. La magie du moment n’a pas duré toute la journée, évidemment. T’sais. Quand même. Ils se sont tapés, n’ont plus voulu être des amis deux cents fois et tout le reste. Mais ce doux du matin, appelé à se répéter, évidemment, nécessairement, certes, il a été ben bon, plus que bon. 

Fa’que parents à bout de toute, je te dis que ça va venir, que ça va aller. Tiens bon, ok?

Photo: tommiea1
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http://urbania.ca/blog/5607/le-biscuitThu, 29 Jan 2015 11:49:06 ESTVéronique Grenierbloguehttp://urbania.ca/blog/5607/le-biscuit
Le Registre: 20 types de dates que tu risques de vivrePeu importe ta position, si tu t’abreuves de cette fontaine que l’on appelle le célibat, à un moment donné, t’as plus le choix : faut que tu dates. Si tu veux développer des relations avec de nouvelles personnes (de la nature que tu veux bien) tu dois en rencontrer. Tout le monde date.

Qu’est-ce qu’une date? J’aimerais te donner une réponse claire. Malheureusement, c’est impossible. Grâce à ma génération confuse et mélangée, souvent on est frileux sur l’utilisation du mot et de ce qui constitue son cadre inclusif parce qu’on l’associe à l’engagement. Pis apparemment que l’engagement de nos jours, c’est populaire comme de la luzerne dans un party de Superbowl.

Une date, c’est une espèce de rencontre volontaire et convenue, dans un endroit quelconque, où t’apprends à connaître une personne. Est-ce que c’est prendre une bière? Est-ce que c’est d’être le +1 dans un mariage? Est-ce que c’est un souper au resto? Va savoir. Il n’existe pas de manuscrit pour clarifier le tout. Un peu comme le non-dit suivant : Si j’remercie un inconnu de me tenir deux portes consécutives, faut-t-il que je continue pour chaque porte subséquente? 

Anyway, voici une petite liste des types de dates que tu peux rencontrer lorsque tu nages, ou alors lorsque tu replongeras, dans les eaux étranges de la piscine publique qu’est le monde du dating.

1. La date qui sent le sexe
En milieu de soirée, tu n’es pas encore certain d’avoir cerné la personnalité de l’autre. Pas certain non plus que tu partages ses opinions ou sa philosophie de vie. En fait, t’es seulement certain d’une chose, y’a une chimie sexuelle évidente et mutuelle qui prend de plus en plus de place à votre table et c’est écrit dans vos faces que vous allez faire de l’origami avec vos organes reproducteurs dans peu de temps. #somepeepsfuckonfirstdate

2. La date de schizophrène
C’est le type de date où la conversation la plus intéressante de la soirée, elle se déroule dans ta propre tête. Tu ne peux t’empêcher de constamment te jaser. Ton ennui est tel, que tu n’écoutes pratiquement plus ton interlocuteur. Tu hoches la tête, tu souris, tu lâches des sons, mais l’action se déroule entre tes deux oreilles… où tu te dis que t’aimerais bin mieux être à maison en mou à regarder House of Cards sur Netflix.

3. La date d’excuses
Celle où tu quittes de manière impromptue parce que tsé... parce que... la gardienne... les p’tits... grosse journée au bureau demain... tu commences une grippe là... tsé.

4. La date des restants de frigidaire
Tel un lunch improvisé avec les restants que tu trouves : Ça été correct sans plus, ça fait la job. Rien de mémorable. Tu ne répèteras pas l’expérience, mais cela a comblé un besoin temporaire.

5. La date pas claire
Les divers éléments de la soirée font que le tout pourrait aussi bien passer pour une soirée avec un chum. Genre si tu vas prendre une bière avec ta possible conquête en regardant le match des Habs dans un bar sportif. Pas que ce n’est pas agréable, mais on va s’le dire, ça n’a pas le mérite d’être clair comme d’aller se délecter de vins dispendieux et de viandes très tendres dans un au resto chic.

6. La date de chums/chumettes
En lien avec l’entrée précédente, t’as invité la demoiselle dans un endroit que tu fréquentes souvent et là, une gang de chums que tu connais débarque et s’assoit avec vous. C’est officiellement plus une date, c’t’un rassemblement de boys. On va s’le dire, c’pas toute tes chums qui sont présentable. Surtout Max-j’me-la-sort-après-trois-bières. Et messieurs, l’inverse est possible lorsque vous vous retrouvez dans un souper de filles : « O-M-G Le Target ferme ! » Cool.

7. La date du diner de cons
La date où t’es le SEUL con dans la place qui ignore que t’es en date en ce moment. Si au début ce n’est pas criant d’évidence, tes chums de filles vont s’assurer que ça devienne à la fois awkward, zéro subtile et le centre d’attention de la soirée. « Mais là, parle-nous donc de ton voyage au Portugal là. Tu vas voir Julie, tu vas aimer ça ! »

8. La date hors de ton budget
T’as voulu faire ton big shot et t’as amené ta date dans une place 5 services où il n’y a traitre prix sur le menu. Grand fou, t’as même payé pour la demoiselle. Schlick-Schlick sur ta VISA. Y’a rien là. Sauf que tu dois te clancher des toasts au beurre de pinnes jusqu’à la paye. J’espère, du moins, que vous avez moindrement cliqué.

9. Le blind date
À une époque pas si lointaine, c’était le classique de l’univers des rencontres. Tu rencontrais quelqu’un pour la première fois, sans trop connaître son apparence. Si oui, c’était une photo et c’est tout. Une situation qui a changé grâce aux médias sociaux où, tu peux avoir plus de photos et d’information sur une personne en une simple soirée, que sa propre mère en 6 mois. C’est donc de moins en moins fréquent comme type de date. Mais tsé, y’a une raison pourquoi c’est de moins en moins fréquent aussi …

10. La date forcée
T’as le feeling de rendre service à un(e) ami(e) en allant prendre un verre avec son/sa chum. C’est son insistance et ses nombreux « O-M-G vous iriez tellement bien ensembles! » qui t’ont eu. Mais surtout son insistance. Son esti d’insistance. Sérieux, c’est du harcèlement. Cesse.

11. La date de « ça-fait-longtemps-j’ai-pas-eu-de-date »
Un rencontre dont ton investissement n’est pas dans l’tapis, mais que tu acceptes pour le simple fait que ça fait longtemps que t’as pas daté. Une soirée baromètre où tu tentes de constater où tu en es rendu dans le jeu de la séduction. Suis-je rendu sauvage ?

12. La date des médias sociaux
Votre Facebook/Instagram/Twitter, forment la béquille de votre soirée afin d’éviter les silences peu enviables. Ça part mal disons.

13. La date d’ovulation
Quand tu rencontres une personne un peu trop crinquée qui te parle d’enfants, de souper chez la belle-famille, de mariage, de maison, de chalet, de shooting photos en famille et d’inscription en garderie. La psychose de la future-maman en elle est si perceptible, que t’es en droit de te demander si elle te forcera à remplir une fiole de ta semence avant de quitter les lieux.

14. La date déterminante
La date fatidique où tu te dis que « quelque chose doit arriver » sinon ça devient du « friendzone ». Tout le monde a un nombre de date en tête ? Par expérience et discussions, c’est environ 3.

15. La date friendzone
Parlant de. Ça fait quelques fois que vous vous voyez, mais rien de croustillant ne se passe. Force est d’admettre que ça ne progresse pas. Vous avez des discussions intéressantes, mais ouin. Un moment donné, tu dois en revenir des becs sur les joues pis des « c’tait bin l’fun! ». Si y’a pas d’attirance et de désir quelconque dans les débuts comme ça, y’en aura jamais. Tu te contenteras de tenir ses cheveux lorsqu’elle vomira à son party de fête. 

16. La date de l’entrevue ratée
Tu connais le principe de la première impression pour une entrevue de job ? Bin c’est ça. Après 5 minutes de date, ta réponse est que le candidat-e ne sera pas retenu-e. Là, c’est de voir à quel point t’es une personne patiente, polie et tolérante … avant que tu crisses ton camp.

17. La date Taylor Swift
Tu te retrouves à passer la soirée avec une personne qui n’est clairement pas en paix avec la rupture précédente. À coup de fréquentes références à son ancienne relation, et de ses longues et pénibles complaintes sur l’amour, elle te laisse clairement comprendre qu’elle aurait dû savoir que son ex « était du trouble lorsqu’il est rentré.».

18. La date de psychologue-thérapeute
Un souper tranquille s’est transformé en séance thérapeutique où tu campes le rôle d’un psychologue qui écoute son patient expliquer ses angoisses et ses blessures de vie. « Oui, continuez … oui … hum-hum … continuez. ». À la fin tu ne sais plus si tu dois payer ta facture ou rappeler tes tarifs.

19. La date de l’emplacement révélateur
Tu as laissé l’autre choisir l’endroit … pis ça en dit long sur sa personnalité. Hey, tu ne veux pas juger à la première rencontre, sauf qu’un restaurant dont le dress code est médiéval ? Un club où le plancher de danse est composé majoritairement de fringants jeune hommes torse-nu qui se déhanche le long de jeunes femmes qu’une napkin couvrirait plus de peau que leurs accoutrements actuels ? Il t’a amené pour une escapade au casino où il a dilapidé 400$ à la roulette en 15 minutes, sacré après l’croupier, t’as regardé dans les yeux, le front en sueur en te disant « M’a m’refaire c’est correct » ? 

20. La date « sourire niaiseux quand j’me couche »
Ce qu’on souhaite ultimement d’une date …crisse, ça peut ne pas toujours mal aller !

++++

Portez-vous bien, jeunes gens.

Le Moes, également ce dude-là.

Photo : Sergei Sus
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http://urbania.ca/blog/5606/le-registre-20-types-de-dates-que-tu-risques-de-vivreThu, 29 Jan 2015 09:49:06 ESTLe Moesdatingdateregistrebloguehttp://urbania.ca/blog/5606/le-registre-20-types-de-dates-que-tu-risques-de-vivre
Le jour où mon père m'a remercié... - Portraits de Montréal









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http://urbania.ca/blog/5605/le-jour-ou-mon-pere-ma-remercie-portraits-de-montrealWed, 28 Jan 2015 15:30:56 ESTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5605/le-jour-ou-mon-pere-ma-remercie-portraits-de-montreal
La cuillèreJ’ai jamais aimé dormir en cuillère. C’est ben l’fun de se coller dix minutes avant de s’endormir, surtout quand il fait froid, mais après ça, je commence à avoir chaud, à suer, j’ai de la misère à respirer... J’ai plus rien qu’une envie, c’est d’enlever son bras (ou le mien, dépendant de qui fait la cuillère du fond), de me revirer de bord et de dormir tranquille. Sans contact. 

Il y a en pourtant certains qui refusent de comprendre que, malgré le moment si sublime soit-il qui vient de se produire, c’est possible de pas se sentir très à l’aise collé toute la nuit, et que ce désir de distance n’enlève rien à la beauté du moment. Le fait qu’on nous empêche de dormir, par contre, tend à diminuer les chances qu’une telle occasion se reproduise.

Heureusement, c’est rarement un problème. Ben des gars s’endorment sans même prendre le temps de t’embrasser. En quelque part, je les admire et je les envie : quelle efficacité! Pas une minute de perdue. 

La plupart des autres sont comme moi. Un peu de collage avant de se tourner chacun de son côté - question de se donner l’impression qu’on représente plus l’un pour l’autre qu’un assemblage d’orifices et d’appendices - et puis bonne nuit, on se reverra demain matin. Rien de compliqué.    

Le fait est qu'il vient un temps dans la vie où on tolère moins bien les nuits de contortionnisme tous membres entrelacés si ça signifie qu’on va avoir mal au dos le lendemain. Le supposé romantisme de la cuillère est une bien faible compensation pour trois jours de douleurs et le prix d’une visite chez le masseur ou l’ostéopathe.

Évidemment, il faut toujours qu’il y ait une exception. François. Un cas particulier. Je sais pas pourquoi, mais je suis bien avec lui en cuillère. 

Mon histoire avec François a commencé il y a bien longtemps, et elle a mal fini à l’époque. J’ai pas vraiment été cool. Je l’ai regretté, mais c’était trop tard, il était déjà sorti de ma vie.

On s’est revus quelques années plus tard, par hasard, et on a réussi à se réconcilier. D’abord comme amis, puis comme amants (on a pas su résister), mais ça s’est arrêté là. Ni lui ni moi avons jamais fait le pas suivant, sans doute par peur de nuire à notre amitié. 

En fait, j’ai aucune idée si ça l’intéresserait d’aller plus loin, parce qu’on en parle tout simplement pas. On parle d’absolument tout, lui et moi - du dernier film de Xavier Dolan, de politique internationale, de physique quantique, du prix de l’essence, des moyens de faire partir les taches du linge pâle et de bien d’autres sujets passionnants. De tout, sauf de ça. 

D’un côté, c’est le fun pour ça, les gars. Ça sent pas nécessairement le besoin de discuter à fond des choses de la vie, d’analyser son quotidien, d’exprimer ses sentiments. Ça finit par être lourd, après tout, de toujours penser à ces affaires-là. C’est mieux de tout simplement éviter de le faire, non? 

François habite à la campagne, maintenant, ça fait qu’on se voit pas très souvent. Quand il vient en ville, on va au resto, on sort parfois ou on regarde un film à la maison, et on passe des heures au lit. Et quand vient le temps de dormir, c’est inévitablement en cuillère. 

Ça commence toujours avec moi en arrière. Après une quinzaine de minutes, on se tourne, et c’est généralement comme ça qu’on s’endort, lui derrière moi. Entre temps, c’est le bécotage d’épaules, les conversations à moitié cohérentes et un peu de flattage de bédaine. Finalement, il arrête de parler, sa main cesse de se promener, et je sais qu’il s’est endormi. Il s’endort toujours en premier. 

Il ronfle, mais tout doucement, comme un chat qui ronronne. Son souffle chaud me détend, particulièrement en hiver, et je m’endors moi aussi petit à petit. Je dors sans interruptions, ce qui m’arrive rarement. Je me lève même pas pour aller pisser vers 6 h, comme à tous les jours (l’âge...). Les bruits qui font pour moi chaque jour office de réveille-matin - les klaxons des automobilistes incapables d’attendre une demi-seconde de plus quand le feu passe au vert, ou le freinage brusque de l’autobus qui roule tout le temps trop vite -, je ne les entends pas quand François dort chez moi.

Quand je me réveille enfin, on est encore collés. Des fois, on rechange de bord durant la nuit, mais on se sépare pas. Côté chaleur, je suis juste bien. Son ventre coussiné contre mon dos, sa tête appuyée sur ma nuque, ça me donne le goût de rester au lit, de déjeuner tard après une très grasse matinée. 

Je le sens bouger derrière moi. Je me retourne. Il me sourit. On s’embrasse en se serrant très fort. S’il a mauvaise haleine, je m’en rends pas compte. 

Dehors, c’est gris, triste; une journée faite pour rester en dedans, comme tant d’autres. L’hiver est long. L’appart est mal isolé. Ça coûte cher de chauffage, et il fait quand même toujours un peu froid. 

Ce serait peut-être le temps que je demande à François s’il pourrait pas me donner une deuxième chance.

Patrick, RoseMom invité
Illustration: Pierre-Nicolas Riou
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http://urbania.ca/blog/5604/la-cuillereWed, 28 Jan 2015 11:57:16 ESTLes RoseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5604/la-cuillere
Igloofest: Pas si froid que çaCe billet est présenté par Vidéotron Mobile

L'Igloofest bat son plein et, comme toujours, les festivaliers rivalisent d'ingénuité pour essayer de remporter la palme du meilleur outfit. Mais, comme dans n'importe quoi, c'est facile de, comment dire... exagérer un peu. 

Vendredi passé, il ne faisait pas particulièrement froid. -2 en début de soirée, et peut-être -6 vers onze heures du soir, heure à laquelle votre humble serviteur a fini par se rendre compte que, même s'il ne faisait pas particulièrement frisquet, rester dehors en Vans pendant trois heures n'était pas la meilleure idée du monde pour quelqu'un qui apprécie les petites choses de la vie, notamment "ses orteils". 

À Igloofest, tombé sur @fred_bf de @grosblogue qui fait des biscuits sur le feu! @instant_V

A photo posted by URBANIA (@_urbania) on

[removed]

Heureusement, la soirée avait bien commencé: J'ai croisé les sympathiques gens de GrosBlogue qui préparaient une capsule autour du brasero... juste à côté de l'enclos de Sumo Hockey, une discipline qui devrait nécessairement se retrouver aux prochains Olympiques d'hiver. 

Sinon y'a pas de justice dans le monde.

On s'est ensuite dirigés, après un petit détour par la scène Vidéotron (qui présente des artistes locaux, ce qui est pas mal nice pour ceux qui aiment faire des découvertes), un peu vers la section VIP (merci!), où on a pu se réchauffer un peu sur les chaufferettes et profiter du bar à rabais: le genre de petit détail pas désagréable une miette.

Mais ce qui m'a particulièrement fasciné, c'est que beaucoup de gens se sont gréés d'outfits rivalisant d'originalité mais aussi plutôt étonnants de rigueur, connaissant la météo assez clémente de la soirée. 

Le costume de Laa-Laa, en partant, me laisse perplexe.  

Les motifs animaux sont à l'honneur, surtout que la thématique du weekend est "IglooZoo". 

Mais y'a quand même un boutte, je pense. 


Ça frappe, hein?  


Ces gars-là, selon moi, remportent la palme de l'overdressing. Non seulement ils ont la peau de quatre-vingt-cinq blanchons (chacun) sur le dos, mais en plus, ils sont prêts à traverser l'Antarctique en soloduo. 

...sauf qu'en me préparant à partir, je suis tombé sur ce sympathique jeune colombien, qui battait tous les records de vêtements inappropriés pour la météo. 


Je ne comprends pas encore comment il fait. 

Igloofest se poursuit jusqu'au weekend du 6 février, qui sera une présentation de Vidéotron Mobile
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http://urbania.ca/blog/5603/igloofest-pas-si-froid-que-caTue, 27 Jan 2015 17:46:30 ESTÉric Samsonbloguehttp://urbania.ca/blog/5603/igloofest-pas-si-froid-que-ca
Ces doigts qui ne plient pasParce que dessus mes mains gauche et droite à moi, les deux petits trapus aux extrémités sont les seuls représentants du lot aptes à plier. Les huit autres doigts sont dépourvus de ces phalanges médianes permettant cet acte de dextérité pas pire pratique. 

Oui-oui, je sais, j’ai l’enveloppe charnelle fucked up.

Ce qui fait en sorte que mes autres doigts – incluant les majeurs taquins – sont constamment en position « Fuck you ». Multiples imbroglios gênants s’ensuivirent alors au cours de ma jeune carrière professionnelle (ouain). 

Fait que dans le fond, ça ferait juste ben mon affaire d’avoir les mains pleines de pouces. Ça m’aurait sûrement fait épargner un bon montant en vaisselle cassée. Et m’aurait sûrement évité quelques éphémères dépressions nerveuses.

Parce que c’est frustrant du tabarouette que d’être génétiquement maladroit/malprogrammé comme je le suis. Avoir un problème de motricité fine, ça complique solide les tâches ménagères. Ça peut les rendre excessivement frustrantes. 

Mais la maladresse est garante d’un certaine charme pis des fois ça me dérange pas trop. Comme hier, j’ai échappé ma douzaine d’œufs à terre. C’était pas grave, seulement deux ont cassés (pis je pense que je peux les réparer).

Pis d’autres fois, c’est comme jeudi soir. Quand je me suis retrouvé à quatre pattes à essayer de ramasser du liquide à vaisselle. Du maudit Palmolive rose en tsunami sur mon plancher, ça se ramasse ben mal. Les genoux tout trempes, à essayer d’éponger, pis que ça fait juste des maudits ressacs sur tes jeans. 

J’me sens ben vulnérable. J’me crie après.

J’me mets peut-être à brailler un peu. À maudire tous les détergents de la planète mais aussi moi-même, à me taxer d’illustre incapable encore une fois. Une minute plus tôt, tout allait bien. Je faisais la vaisselle. Les doigts savonneux, j’échappe la bouteille. Je me recule avec mon fauteuil pour la repérer, mais j’roule dessus pis j’fais exploser le bouchon pis ce qui me restait d’estime personnel ce soir-là.

Pis dans mon sinistre de cuisine, à terre, je repense à toutes les autres fois où je m’haïssais le système nerveux. 

Revenir de l’épicerie, le Saint Graal en main ; l’unique bière qui allait soulager ma journée poche. Essuyer proprement mes roues imbibées de slush de janvier sur le tapis, pour pas salir le plancher. Pis finalement renverser la bière drette dessus.

Échapper toutes mes débarbouillettes propres dans la bol de toilettes parce que j’me suis obstiné à les disposer élégamment sur la maudite tablette du haut qui anyway me sert jamais parce qu’est trop haute.

Rager quand ma pince – bien utile en temps normal pour ramasser des choses hors de portée – décide subitement de pu marcher. Pis être convaincu que tous les objets d’la pièce MÈNENT UNE MUTINERIE CONTRE MOÉ. 
 
C’est frustrant parce que j’étais pourtant, avec ces mêmes mains désarticulées, super habile d’mes dix doigts quand j’étais jeune. J’étais habile en construction Lego. Je manipulais avec tant d’adresses ces manettes pourtant disproportionnées de N-soixante-quat. Pour preuve je battais tout le monde à Mario Kart (je prenais Toad, comme à peu près tous les p’tits gars un peu trop gentil de notre génération).

Peut-être qu’un jour je pourrai retrouver cette dextérité d’antan. Comme si elle pouvait se réacquérir en points, comme dans Diablo II. 

J’me croise les doigts.


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http://urbania.ca/blog/5600/ces-doigts-qui-ne-plient-pasTue, 27 Jan 2015 11:53:27 ESTKeven Bretonbloguehttp://urbania.ca/blog/5600/ces-doigts-qui-ne-plient-pas
BraquageJe revenais de l’aéroport jeudi soir dernier, où je suis allé chercher une amie de retour de vacances. Cinquante mètres avant d’arriver, trois hommes nous dépassent à moto.  L’un d’eux en descend. Il se poste au milieu de la chaussée, juste avant le coin de rue. Il pointe un Glock sur nous, les deux bras tendus.

On voit seulement sa silhouette. Le lampadaire au-dessus de sa tête projette un rond autour de lui.

Après quelques instants, on réalise ce qui se passe.

« Il a un fusil ! »

Ils nous ont probablement suivi à moto depuis l’aéroport.

Pour une fraction de seconde, je me demande si je ne pourrais pas appuyer sur l’accélérateur et foncer sur le gars, comme dans les films.

J’arrête la petite Suzuki Tracker. L'homme au fusil vient à la fenêtre. Trois complices paraissent.

« Où est la mallette d’argent? », lance le gars au « 9 millimètres », le pointant sur nous, tour à tour. Il tient le fusil à l’intérieur de la voiture, légèrement plus bas que la fenêtre, pour ne pas (trop) attirer la suspicion dans cette rue déserte.

Ils fouillent à nos pieds. On lui donne la monnaie qu’on a, l’équivalent d’un peu plus de 100 dollars. C’est l’argent, et seulement l’argent, qui l'intéresse, pas les cartes. Le nouveau téléphone de mon amie y passe tout de même.

« Vous n’avez pas d’arme? Où est la mallette? »

On n’a pas d’arme, ni de mallette. On revient de l’aéroport. On a la grosse valise derrière, c’est des vêtements.

Ça ne les intéresse pas.

Après trois minutes de fouilles et de questions, leur opération s’achève. Un gros VUS sort de son parking devant nous, pleins phares.

Nos bandits partent en vitesse, avant que le SUV n’atteigne la rue.

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À Port-au-Prince, et en Haïti en général, il y a beaucoup d’armes en circulation. On peut même louer une arme pour l’équivalent de 25 dollars dans certains quartiers.

Pourtant, c’est l’un des pays avec le plus bas taux de meurtres des Caraïbes. Beaucoup plus bas que la Jamaïque ou la République Dominicaine voisine.

Jeudi dernier, pourtant, je ne pensais pas aux statistiques. J’ai juste vécu un doux rappel de la chance qu’on a d’être en vie.


Twitter: etiennecp]]>
http://urbania.ca/blog/5599/braquageMon, 26 Jan 2015 15:55:42 ESTÉtienne Côté-Paluckbloguesécuritéport-au-princeVol à mains arméeshttp://urbania.ca/blog/5599/braquage
Comme « Mange, prie, aime », mais avec des avions téléguidés à LisbonneCet été-là, ma chum de fille Marie et moi, on avait de l’ambition plein le palazzo. Quoiqu’il advienne, début mai, on paqueterait nos petits et on s’envolait vers Londres pour se la jouer Lady Di (sauf la partie dans le tunnel à Paris). La grande aventure. Une aventure tellement adventurous qu’on ne s’était pas bâdrées de se chercher un emploi ni de se trouver logis, avant de partir. Des hippies de type Rock et Rolland; attachantes, mais un peu ordinaires par bouttes.

Ça fait qu’une fois arrivées aux Angleterres avec nos pantalons fripés et notre accent du bas de la ville, on a, et ce à notre grand étonnement, pas fait exactement fureur sur Piccadilly Circus. Dur dur. L’orgueil en petit tas dans le fond du backpack, nous nous sommes donc résolues à travailler dans un pub enfoui dans la campagne anglaise et à dormir dans un taudis avec des Australiens, des Sud Africains, des étranges et le plus bel Anglais que la terre ait pondu. Je vous en reparlerai certes un jour.

Toujours est-il qu’à la solde de cet été grandiose à me faire donner des tite tapes sué fesses par le barman de la place et à ramasser des butchs de cigarette avec une pelle, Marie et moi, on avait accumulé trois sous. Les trois sous les plus scintillants et les plus remplis de promesses de tout le screening du Yorshire, je vous en passe un papier. Et je vous dis qu’on voyait grand, à part ça. L’Écosse. L’Irlande. LE ROYAUME UNI ET SES SUJETS. On se voyait déjà verdir nos running shoes blancs à marcher dans les grand’ prairies qui embaument le celtisme et le Michael Flatley.

On a toutefois vite constaté que notre petite bourse vide et tachée de gravy ne nous permettrait pas d’aller faire nos smattes à Stone Edge, ni même de se payer un cornet deux couleurs entre deux trucks à York. On a donc tourné la page, un avion a déchiré le soir et on s’est retrouvées à Lisbonne, sans trop comprendre ce qui s’était passé. Convaincues que le portugais, c’était de l’espagnol avec des « ao » à la fin, ça goûtait le métal dans notre bouche et nous étions très, très blanches avec pas de crème solaire dans le baluchon. Des conditions gagnantes.

Vous savez, cette impression gripette que le monde nous appartient quand on découvre un pays pour la toute première fois, libres et un peu trop jeunes pour se préoccuper de l’Espace cellier? Je donnerais n’importe quoi pour revivre ça. On dirait que passé un certain âge, et je pense que ça se produit au moment précis où tu vas chercher tes numéros de taxes dans le sous-sol épeurant de la pyramide olympique, cette innocence s’évanouit. Cette nonchalance de la moustache qui aurait besoin d’un bleach, mais qu’on laisse roussir. Le « j’ai pas de bikini, mais check-moi ben découper des triangles dans ma bâche et les relier avec un peu de corde à brêler, y croiront pas à ça à Lagos ». Eh bien ça me manque.

Et l’auberge de jeunesse que nous avions réservée au hasard n’était pas une auberge de jeunesse. C’était UN PALACE où une vieille dame bienveillante nous avait attitré une suite avec des tables de chevet et qui, pendant qu’on partait manger des pastéis de Belém (d’enchanteresses petites tartelettes à la crème avec le dessus brûlé pour lesquelles tu tuerais des marcassins à mains nues, je te le promets), lavait nos caneçons avec une vieille planche antique ET LES REPASSAIT. Pour une raison qui nous échappait, d’ailleurs, la vieille dame semblait nous avoir adoptées; ça ou elle passait ses veillées à respirer puissamment nos fonds de culottes en se rappelant les années folles. L’un comme l’autre, ça nous allait.

On ne comprenait pas tout ce qui se passait, mais mon dieu qu’on était heureuses. Même pauvresses, on se sentait si riches. Et pour souligner notre félicité, toute occasion était bonne pour prendre un petit verre. Mais surtout, pour se rappeler de ne pas aller visiter le musée de l’électricité.

Eille. Tu traverses un océan pour aller manger des grillades et te faire bronzer les pomélos à l’air, JE T’INTERDIS DE VISITER LE SAPRISTI DE MUSÉE DE L’ÉLECTRICITÉ DE LISBONNE. Auqué? Y’a toujours ben des maudites limites. Et on essayera de te le vendre. Oh! qu’on va essayer.

Monte plutôt sur le toit de ton auberge, dans le pire, fais jouer du Manu Chao et ouvre-toi une bouteille avec un tournevis et les bras d’un touriste américain qui pense qu’il va se tenir avec vous-autres. Prends quelques verres, mange des olives, joue une petite partie de canasta et monte dans le premier train venu.

LE PREMIER VENU, JE TE DIS.
Le genre d’affaire que tu ferais pas à Laval, mais qui t’apparaît comme une bonne idée, dans un pays où tu communiques en gestes et en expressions de désarroi.

Festives, nous étions. Et nul doute désagréables pour les autres passagers, ça oui. Mais comme toute personne qui hurle son petit rouge pour converser, on était loin de se rendre compte de tout le désagrément qu’on incarnait dans le wagon. Mais un petit monsieur, lui, l’a vite remarqué.

Casquette de jeune golfeur des années 30 vissée au crâne, le vieillard était plus guilleret que Francine Ruel quand elle respire les pages d’une biographie qui vient tout juste de sortir. On ignorait pourquoi, mais le monsieur semblait conquis par notre étiquette un peu bancale et notre exotisme de Nouvelle-France, je n’aurais su dire.

Toujours est-il qu’après nous avoir écoutées papoter-pactées de l’homme éléphant qui quêtait sur la place Rossio et de toute la misère qu’on éprouvait à saisir quand est-ce que, calvaire, on devait finir « Obrigado » en  « o » ou du « a » selon la présence de jupon (ou pas) au bassin de l’individu fluent, il nous a abordées.

De son sémillant anglais, le nonagénaire Portugais avait capté tout le dynamisme de la folle jeunesse qu’on incarnait, et il avait un plan: nous céder sa business.

De même, sur le fly.

C’est que depuis les (Sylvain Cossette) seventies, ce bon monsieur opérait la très lucrative entreprise de vente d'avions miniatures et voiturettes téléguidés, de toutous pis de virevents aux touristes écartés de Lisbonne.

« Good business. Good life. I SPEAK THE TRUTH!! » qu’il nous répétait sans cesse en faisant aller ses petites épaules, tellement il était heureux d’avoir trouvé succession à son labeur. J’ignore encore si on se trouvait dans un remake de la dangereuse intro de Taken avec Liam Neeson (où les petites sottes un peu pactées se font enlever pour finir dans un sous-sol russe avec un coat jeans en diamants), mais ma chum de fille et moi fûment hautement aguichées par l’opportunité d’affaires qui s’offrait à nous.

Des horaires flexibles. Des touristes qui repartent avec un morceau de patrimoine important (et, accessoirement, un avion-réguine qui va casser dans le scan des douanes) et la possibilité, entre nos shifts, de passer le journal sur la place Rossio et de tisser des liens avec l’homme éléphant. LA GOOD LIFE.

Nous étions sur le point de signer (sans stylo ni contrat, mais d’un mouvent accéléré de sourcils complices), quand une charmante dame avec une blouse autoritaire et un permanent hostile nous a demandé nos billets. Oh, on avait nos billets. DES BILLETS FICTIFS. Vou savez, ceux qu’on fait semblant d’avoir jusqu’à ce que ça devienne lourd dans la conversation?

Ça fait qu’on a dû écourter nos projets de business de virevents pour débarquer vite fait à la prochaine station, gravelle dans la gougoune avec un restant de tartelette dans un cellophane et nos tickets fictifs pour une belle grand' marche.

Aujourd’hui, quand mes yeux se posent sur une bouteille de Portugais (ou le Portugais qui fait des sandwichs à la poule sur St-Laurent), il me vient l’envie de me découper triangles de feutrine, de relier tout ça avec du fil de soie et de me faire croire que j’ai treize ans, bientôt 30, et que la semaine à venir sera pas piquée des vers.

La bise.]]>
http://urbania.ca/blog/5485/comme-mange-prie-aime-mais-avec-des-avions-teleguides-a-lisbonneFri, 23 Jan 2015 10:00:00 ESTCatherine EthierPortugalRespirer des caneçons comme dans les années follesLisbonnePastéis de Belémmusée de l'électricitévireventsavions téléguidésI SPEAK THE TRUTHgood lifebillets fictifsbloguehttp://urbania.ca/blog/5485/comme-mange-prie-aime-mais-avec-des-avions-teleguides-a-lisbonne
Un monstre dans le sous-sol

Elle me disait qu'elle avait entendu du bruit, qu'il y avait un monstre en bas. Je lui ai pourtant expliqué que ce qu'elle entendait ce n'était que l'écho des voisins du dessus qui montaient les escaliers un peu trop fort. Elle avait quand même peur et m'agrippait le cou comme si sa vie était en danger. Je l'ai consolée et je suis allé lui raconter une histoire avant qu'elle dorme, comme chaque soir. Perspicace comme je suis, j'ai évité de choisir une histoire qui parle de monstre.

Quand je me suis réveillé le lendemain matin vers 8h, j'ai fait comme je fais à chaque jour en me réveillant et j'ai regardé mon téléphone. Mon écran était tapissé de notifications, mais ça racontait pratiquement la même chose à chaque fois. En gros ça disait: "12 morts à Paris". Évidemment, je me suis empressé d'aller lire en détail ce qui s'est passé. 

Charlie Hebdo. Abbattus. Armes de guerre. Morts. Caricatures. Religion. Tragédie. Terrorisme. Intégrisme. Prophète. Liberté.

Des mots-clés qui ont ouverts beaucoup de portes que je voulais garder fermées.

Une porte ouverte.

J'ai été en couple avec mon ex-blonde pendant 5 ans. Quand je l'ai rencontrée, j'avais 20 ans et elle 22. On a eu 3 apparts ensemble, quelques chats, des journées heureuses et d'autres plus difficiles, on aimait écouter RBO, les vieux Saturday Night Live, les Sopranos, Radiohead et aller déjeuner au resto. On riait souvent. Pleurait rarement. Criait jamais.

J'ai toujours été chanceux avec mes belles familles. Ses parents étaient séparés, sa mère habitait seule près de chez nous, elle m'aimait beaucoup et me liftait au travail 1 fois sur 2. Son père était un homme charismatique, bon vivant et très chaleureux. Malgré ses 5 pieds 5, quand il entrait quelque part il ne passait pas inaperçu. 

La première fois que je l'ai rencontrée, nous étions allé souper chez lui. À table, j'étais assis à côté de sa femme. Avant le repas, elle prit ma main gauche et ma copine prit ma main droite de l'autre côté, comme par habitude. Son père ferma les yeux, et il se mit à dire les grâces d'une voix tendre et sincère:

"Merci seigneur, merci pour cette délicieuse nourriture, pour la chance qu'on a de te savoir présent dans nos vies. Merci d'avoir mis Emmanuel sur notre chemin, merci de bénir notre invité et de bénir nos conversations. Au nom de ton fils, amen."

Je me suis aussitôt dit que son père était chrétien, no big deal. Ça lui donnait un certain charme et ça expliquait son envahissante joie de vivre. Ça expliquait surtout le poisson collé sur le bumper de sa Chrysler 300. 

Mon beau-père c'était Ned Flanders. 

Quelques années plus tard, ma copine me propose d'aller faire un tour à l'église chrétienne où son père va tous les dimanches matin, à St-Jérôme. Elle me dit qu'il nous invite à déjeuner après. Par politesse et par curiosité, j'ai accepté. 

L'endroit ressemblait plus à une salle communautaire qu'à une église. Il y avait quelques musiciens installés en avant, avec un prêtre sans toge, qui portait juste une chemise simple. La messe était un mélange d'explications vulgarisées des textes de la Bible et de chansons chrétiennes chantées en choeur devant un écran comme un énorme karaoké. J'ai trouvé ça plutôt sympathique. Je me disais que c'était bien comme expérience de découvrir cet univers qui m'était jusqu'ici assez méconnu. J'ai serré quelques mains, rencontré des gens faciles d'approche et souriants. On est allé déjeuner et on est repartis chez nous.

Le dimanche suivant. Elle veut y retourner. Elle y va, je décide de rester couché.

Le dimanche suivant. Elle veut y retourner. Je reste.

Le dimanche suivant. Elle veut y retourner.
Je reste.

Le dimanche suivant. Elle veut y retourner. Elle insiste pour que je vienne. J'accepte.

Cette fois-ci, je remarque chez ma copine un enthousiasme et une passion qui n'étaient pas encore présents à notre première visite. 

Merde. 

Elle connait tout le monde maintenant. 

Merde. 

Elle chante les chansons sans regarder les paroles à l'écran.

Merde. 

Elle ferme les yeux en souriant beaucoup trop souvent pendant que le prêtre parle. 

Merde.

Ma blonde est rendue chrétienne. 

Merde.

Le moment inévitable d'une conversation sur le sujet s'est pointé le jour où elle m'a dit qu'elle avait hâte de voir nos futurs enfants chanter avec elle à l'église. Ça m'a poussé non seulement à remettre en question notre relation, mais à lui parler de mes propres croyances. Je devais cesser de faire semblant et dire ce que je pense de tout ça une fois pour toute.

Après lui avoir étalé les raisons de mon athéisme et de mon dégout envers toute religion pour l'effet dévastateur qu'elles ont eu sur l'évolution saine de la science et des valeurs morales, sur les guerres, sur les premières nations, sur l'endoctrinement des enfants, sur l'égalité des sexes, sur les homosexuels, sur la stagnation intellectuelle;

Après une explication sentie résumant ma position sur l'existence aléatoire de la vie sur Terre dans cet univers beaucoup trop vaste, complexe et absurde pour qu'un Dieu unique nous ait créé et après avoir condamné l'arrogance de l'homme qui croit être une créature supérieure à toute autre forme de vie seulement parce qu'il est doté de la faculté de réflexion; 

Après lui avoir faire comprendre pourquoi je trouve que l'invention d'une vie après la mort me semble une fabrication servant à réconforter la peur d'être confronté à l'idée que notre vie est très arbitraire et n'est pas vraiment plus significative que la vie d'un acarien, et servant surtout à effacer la mère de toutes les peurs, celle de disparaitre à jamais dans une éternelle noirceur au moment de notre mort...

Bref, après lui avoir fait un discours senti et brutal sur mes convictions et croyances, elle m'a dit ceci, mot pour mot:

"Quand le seigneur va entrer dans ton coeur, tu vas le savoir."

Je connaissais la phrase "l'amour tue". Mais ce jour là, j'ai appris qu'une phrase pouvait tuer l'amour.

Je l'ai laissée l'année d'après, un soir de mars. Il neigeait.

Quand j'ai lu l'article annonçant la tuerie de Charlie Hebdo, toute cette histoire m'est revenue immédiatement. Je me suis senti confronté aux mêmes convictions qui m'habitent. Celles qui guident mes faits et gestes, qui construisent mes opinions, qui meublent mon coeur et font de moi l'homme que je suis.

Je me suis aussi souvenu du regard que mon ex-blonde portait sur moi quand je lui ai dit honnêtement ce que je pensais. Je voyais une certaine pitié. Un regard qui disait "un jour tu vas comprendre". Mais aussi, une certaine peur. Comme si je lui renvoyais la peur qu'elle avait de l'immensité, de l'inconnu et de la possibilité d'une noirceur éternelle après la mort. Elle me regardait comme si j'étais devenu quelqu'un d'autre. Comme si j'étais autre chose. 

Comme si j'étais un monstre.

Les yeux encore à demi fermés, j'ai terminé de lire l'article et j'ai sèchement déposé mon téléphone. J'ai soupiré en ravalant ma frustration, ma tristesse et mon désarroi, comme une gorgée amère de sirop Buckley.

J'ai entendu ma blonde en haut qui demandait à ma fille de descendre pour venir me réveiller. Ma fille a dit qu'elle ne voulait pas descendre, qu'il y avait un monstre dans le sous-sol.

Ce coup-là, elle avait raison.


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http://urbania.ca/blog/5587/un-monstre-dans-le-sous-solThu, 22 Jan 2015 11:58:11 ESTKoriass belle-familleathéismebloguehttp://urbania.ca/blog/5587/un-monstre-dans-le-sous-sol
Le Registre: Les 5 types de personnes qui font du yoga

Au premier cours, je m’assois parmi des êtres de lumière commandités par Lululemon qui relaxent les yeux fermés, les jambes écartées. En attendant que la prof arrive, pendant que tout le monde se ground le plancher pelvien sur de la musique new age, j’observe les gens présents dans la salle et je les catégorise BIG TIME:

1.

Cette catégorie de personne n’attend pas que le cours débute pour ouvrir son coeur et aligner ses chakras. Nanon, elle arrive 25 minutes en avance, équipée de ses abdos et de ses 26 colliers en bois pour faire une chorégraphie sur son tapis 3 X 6 pieds.

Pendant que tu essaies de toucher tes orteils avec tes doigts sans lever les genoux, la pro exécute un move du Cirque du Soleil en se tenant sur une oreille. Durant toute la séance, tu es témoin de sa capacité cardio-pulmonaire parce qu’elle respire démesurément trop fort durant ses in et out d’oxygène. Peux-tu arrêter d’hyperventiler s’il te plaît? C’est aussi la même fille qui a un impressionnant répertoire de citations ésotériques lourdes. Fais attention, ne la regarde pas direct dans les yeux, elle maîtrise son corps (et peut-être le tien).

2. 

Habituellement, le ratio dans un cours de yoga ressemble à 15 filles pour 1 gars. Si jamais, il y en a 2, il y a fort à parier que le deuxième voulait faire une activité mâle et qu’il a simplement mal compris l’horaire. Étrangement, on le l’entend jamais participer au  « OUM » final parce que sa pomme d’Adam choke chaque fois.

Celui qui voulait vraiment être là essaie très fort de se fondre dans la masse avec son t-shirt en coton bio-équitable, mais a il a tout de même l’étiquette du gars qui veut se rincer l'œil entre la posture du serpent et celle de la charrue. 


3. 

Cette personne arrive dans le cours avec son tapis d’une main et son cell, dans l’autre. Elle n’a pas encore découvert la pôle pour faire des selfies, mais ça s’en vient. Si c’était socialement acceptable de faire du yoga avec une GoPro, elle le ferait. Pendant que toute la classe se repose le body dans une énergisante « position de l’enfant », elle, elle en profite pour feeder ses abonnés Instagram. C’est elle que tu vois arriver au loin en courant comme un chevreuil pour faire un move compliqué devant un patrimoine de l’UNESCO.

Juchée sur les parois rocheuses de Cliff of Mohers, accrochée après la Tour Eiffel ou même en équilibre sur le dos d’un phoque en Antarctique, la show off ne rate pas une occasion pour exécuter un lotus en se touchant le plexus avec les coudes. Elle n’hésite jamais à demander aux inconnus de bien vouloir prendre une photo pour capturer le moment. Parfois très wild, elle n’hésite pas à éplucher une banane en faisant ÇA.

4.

Cette personne est toujours en train de chuchoter durant le cours avec sa chum qui ne voulait pas venir seule et qui lui a promis de lui présenter le gars du cours. C'est celle qui fume une clope avant la session, qui n’est pas synchro et qui s’évanouit à chaque séance de hot yoga. 

La suiveuse n’aime pas beaucoup les défis. Lorsqu’elle perd l’équilibre, tu l’entends sacrer du fond de la salle. C'est aussi celle qui dit « Yamaska » au lieu de « Namaste ». Heureusement pour elle (et pour le groupe), sa première session sera la dernière.

5.

Je ne pouvais passer sous silence, la maître Miyagi de la salle qui s’apparente à un ange bronzé descendu du ciel. Celle qui parle vraiment lentement et qui sourit tout le temps, même quand son aine se déchire entre 2 mouvements. Ma prof s’appelle Gaïa, ce qui signifie « terre » ou « flexible comme le tabarnak ». On peut mesurer sa zénitude au nombre de bracelets qu’elle porte. Trop près de la nature, elle peut communiquer avec la faune d’un simple coup de bassin. Elle n’hésite pas à boire un jus detox sur son pelvis pour étancher sa soif. Son premier kid est né alors qu’elle exécutait le Downward Facing Dog et son deuxième a vu le jour dans un camp de yoga au Costa Rica. Il se prénomme Pura Vida.

Malgré leurs différences, ces êtres souples ont un point en commun : ils ont tous eu le sphincter défaillant un moment ou à un autre. 

«Yamaska » tout le monde!

PS : J’haïs pas ça tant que ça le yoga. Ma position préférée c’est Shavasana, toi?

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http://urbania.ca/blog/5597/le-registre-les-5-types-de-personnes-qui-font-du-yogaThu, 22 Jan 2015 09:58:48 ESTLes filles ne rient jamaishttp://urbania.ca/blog/5597/le-registre-les-5-types-de-personnes-qui-font-du-yoga
That's it, je suis parti dans le sud! - Portraits de Montréal











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http://urbania.ca/blog/5596/thats-it-je-suis-parti-dans-le-sud-portraits-de-montrealWed, 21 Jan 2015 14:00:38 ESTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5596/thats-it-je-suis-parti-dans-le-sud-portraits-de-montreal