Urbania - blog-urbaniahttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationSat, 19 Apr 2014 07:57:49 EDT60Cher moi sur Tinder, Révolue est l’époque où l’on se contentait de meubler notre profil avec des photos basse résolution de notre propre face accompagnées de quelques citations de Gandhi que le « h » de Gandhi est toujours à la mauvaise place.

C’est un peu flatteur je dois t’avouer; pendant longtemps je voulais être quelqu’un d’autre et là, quelqu’un d’autre voulait être moi.

Mais je me sens un peu hypocrite, parce que je suis moi aussi un imposteur : le gars dans les photos de mes articles, c’est pas moi.  

En réalité, je suis celui que l’on voit dans le cliché ci-haut. Un petit roux avec un afro.

Je sais même pas c’est qui le dude dans les photos : à chaque semaine, je fais juste Googler le titre de mon article et je tombe magiquement sur une photo qui le dépeint avec une troublante précision.

Comment puis-je t’en vouloir, toi qui usurpe mon identité alors que j’en suis depuis toujours le premier usurpateur ?

Plus sérieusement, cher moi sur Tinder, quand je dis que le gars dans les photos c’est pas moi. C’est mi-blague mi-sérieux.

C’est un moi bonifié.

C’est un moi qui ne divulgue pas les deux choses que je suis incapable de faire dans la vie; flirter et filtrer. Et Dieu sait que pour flirter, faut filtrer.

C’est un moi qui omet de dévoiler mon signe astrologique : Taureau ascendant mains moites.

C’est un moi shooté en studio, par un professionnel de l’éclairage qui décharge la lumière de ses spots de manière à atténuer l’insolence visuelle qu’est mon gros nez sémite.  

C’est un moi aux sourcils intimidés par Photoshop. Parce que des sourcils, j’en ai épais. Les chenilles m’arrêtent dans la rue pour se faire prendre en photo avec moi. La preuve, voici un avant-après de la photo de moi que tu utilises :


C’est un moi virtuel extraordinaire alors qu’en vrai je suis ordinaire.

Oui, je crois qu’on est tous uniques. Uniques mais comparables. On est une société de comparables qui nous battons incessamment pour détatouer notre épiderme de cette étiquette immuable qu’on porte : l’étiquette du comparable.  

On veut que tout le monde nous trouve extraordinaire. Être l’Extraordinaire de tous. Au lieu d’être l’ordinaire de la plupart et l’extraordinaire de nos proches. De ceux qui nous aiment.

Pas qui nous likent; qui nous aiment.

Notre extraordinaire se voit donc dilué dans la masse et ceux qui méritent le concentré, le condensé de notre extraordinaire, ben il font comme le reste d’entre nous : ils prennent des colisses de selfies.

Bien à toi

Rabii,

PS : Arrête.

PPS : Arrête pour vrai, tu veux pas être ça:



crédit photo: Antoine Ryan
roux: Alexandre Bisaillon
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http://urbania.ca/blog/5015/cher-moi-sur-tinderThu, 17 Apr 2014 11:52:04 EDTRabii Rammalchenillesuniques mais comparablesExtraordinaire diluéêtre vs paraître juste pour fourrerusurpation d'identitéTinderbloguehttp://urbania.ca/blog/5015/cher-moi-sur-tinder
Jonquilles et jus de persil

J’étais fantastiquement en forme. C’est même pas de l’ironie. Le gelato coulait dans mes veines, j’avais un teint de pêche et du soleil dans les cheveux. Bien loin de me douter que la petite bosse que je sentais dans mon abdomen avant de partir en voyage allait se muter en BigMac à mon retour. Vous auriez dû voir ma face, quand la radiologue m’a dit : « Masse de 17 cm dans l’abdomen ». S’en est suivi un mois d’angoisse, à apprendre à vivre des mots comme scan, scintigraphie, IRM, biopsies et PET-SCAN qui te rendent radioactive et t’empêchent d’aller border ton enfant le soir.

Ensuite, le diagnostic tombe : lymphome diffus à grandes cellules B.
 « Une bataille qui peut être gagnée. »

C’est le petit bout de phrase que j’ai retenu, de ma première visite en oncologie, évitant de demander des statistiques… Y’a pas de manuel qui dit quoi faire quand tu tombes malade à 37 ans, pis que t’as une fille de 5 ans. Mais, j’ai lu toutes sortes d’affaires quand même, comme une désespérée qui veut trouver un sens. En 2014, t’es responsable de ton bonheur, alors forcément, t’es responsable de ton cancer…
« La tumeur est au niveau du foie ? Hum, tu sais que c’est de la colère accumulée ça, ma belle, hein ? »
« Gère tes émotions, débloque tes chakras, pis tu vas comprendre pourquoi t’as développé ça… »
Maudite littérature culpabilisante et donneuse de faux espoirs. 

Quand t’apprends une nouvelle comme ça, t’es vulnérable comme 1000 !!! Tu veux vivre, tu veux voir grandir ton kid pis tu te repasses son rire dans ta tête comme une cassette, comme un mantra. Trop tentant de croire tout ce qui est écrit. Trop tentant de faire la diète de la fille qui a survécu parce qu’elle mangeait juste des citrons, de te commander par internet un champignon tibétain à 300$. Trop tentant de faire un câlin à un bouleau en buvant du jus de persil, surtout si c’est un psychanalyste ex-cancéreux qui l’écrit…
Pis si c’est un oncologue qui l’écrit, mais c’est encore plus crédible ! Oui, ça existe des oncologues québécois qui écrivent des livres disant que les cellules cancéreuses se multiplient plus vite en présence de détresse et d’anxiété (ce qui ne fait pas consensus chez les scientifiques en passant).

Gère ton émotion sinon tu seras encore plus dans marde ! Quand tu te fais annoncer que t’as un cancer, t’es zen et paisible tu penses ? Non, tu capotes en VIARGE ! Et oui, la colère et l’anxiété sont des émotions normales dans les circonstances. C’est quoi l’affaire, en plus d’être malade, il faut que tu sois performant, méga-positif, il faut que tu sois une machine de guerre, il faut que tu gagnes ! 

Le yoga, la méditation, l’hypnose, la massothérapie aident vraiment à gérer ta boule de malaise, mais c’est pas ça qui va te guérir, malheureusement. C’est trop facile de faire des équations bidon, de croire que la toute-puissance de la pensée positive va te sauver. Le cancer, c’est complexe… mutations génétiques, pesticides, virus ? On ne connaît pas tout et on ne comprend pas tout de ce maudit crabe. 

J’en ai vu plein de filles de mon âge en chimio qui mangeaient déjà bio, qui ne fumaient pas et faisaient du sport avant d’avoir leur diagnostic. Le cancer, c’est injuste et ça n’a pas de sens !
Tu peux être super zen comme Servan-Schreiber et crever pareil.

***

J’apprends tranquillement à vivre avec l’incertitude, avec les tempêtes d’émotions aussi. Quand ça arrive, comme un chien esquimau qui voit le blizzard se lever, je prends mon trou. J’attends que ça passe plutôt que de me débattre et m’épuiser à courir dans le vent, aveuglée par la neige. J’essaie de tolérer d’être désorientée, d’avoir le sang glacé par moments. 

Et puis, tout à coup, sans trop comprendre pourquoi, ça se calme, ça se réchauffe.  
Je respire. Encore. Je suis toujours là. Vivante.
Je regarde autour, le paysage a changé. Je vois les outardes passer, les jonquilles pousser. C’est beau!


Manue, des RoseMomz
Illustration : Pierre-Nicolas Riou

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http://urbania.ca/blog/5014/jonquilles-et-jus-de-persilThu, 17 Apr 2014 09:36:38 EDTLes RoseMomzmèreroseMomzcancerbloguehttp://urbania.ca/blog/5014/jonquilles-et-jus-de-persil
Il n’est peut-être pas trop tard Il y avait alors plusieurs chemins possibles pour arriver au résultat souhaité. Le but c’était d’avoir une vie bien remplie où l’on voyage par affaires autant que par plaisir, que l’on rencontre des gens connus et où on assiste aux événements les plus courus de la planète. Pour ce faire, j’avais plein de projets et mon cerveau était une source intarissable de concepts. J’avais de l’ambition et je me croyais encore capable de grandes choses. Quand je regarde ma vie aujourd’hui, je ne peux que me demander : mais qu’est-ce qui s’est passé? 

À une certaine époque, pour protéger nos idées, la croyance populaire était qu’il fallait les détailler sur papier et se les envoyer par courrier. De cette manière, le sceau du bureau de poste déterminerait qui a eu l’idée en premier et qui l’a supposément volée à l’autre. Je ne connais pas la valeur légale de ce geste, mais je connais la valeur monétaire de toutes les idées que je me suis postées: zéro.

Quand j’étais encore dans cette impossible course à la perfection, c’est-à-dire d’être jeune, beau et riche pour toujours, je me tenais à l’affût des tendances et des moyens de faire de l’argent.

Au début de l’internet, moi et mon colocataire de l’époque nous sommes lancés dans la bourse. Nous étions à la recherche d’un coup fumant comme on aimait dire.  Un coup fumant, pour nous, c’était une action que l’on paie moins de dix cents et que l’on espère va exploser jusqu'à quelques dizaines de dollars. Nous avions acheté des actions d’une compagnie qui s’appelait NetRadio, on se disait que l’avenir de la radio était sur internet.

« L’internet, ça va être gros plus tard! » Qu’on disait.

Nous n’avions effectivement pas tort, nous nous sommes juste trompés de compagnie. Netradio n’a jamais vraiment existé et Google ne nous disait rien à l’époque. Nous étions dans le bon temps, mais nous n’avions pas réellement fait de recherche sérieuse. 

Aujourd’hui, il y a encore des coups fumants à la bourse, nous allons savoir lesquels dans dix ans, mais entre temps, il n’est peut-être pas trop tard.

Il y avait aussi ce projet d’entrevue pour les magazines. Je m’étais associé à une photographe et l’on voulait faire des entrevues dans les bars et aussi avec des gens qui ont des métiers cools. 

Dans les bars, le concept était de déterminer un roi ou une reine de la soirée qui dégageait un charisme hors norme, l’interviewer et la prendre en photo. Les gens ont toujours été fascinés par les personnes charismatiques. Le but de ce projet était de faire déteindre le charisme de nos sujets sur les lecteurs de l’article. Je pense que ça aurait marché. 

Aujourd’hui, il y a encore des personnes charismatiques, peut-être qu’il n’est pas trop tard.

Pour les personnes qui ont des métiers cools, le concept c’était d’inciter les gens à rêver grand et à ne jamais se contenter de moins qu’être payé pour faire ce qu’ils aiment. Comme de jeunes adultes encore purs et innocents, nous voulions propager le message qu’il ne faut pas toujours écouter les adultes et tous les rêves qu’ils ont abandonnés pour un peu de sécurité. J’ai rendu le projet aussi loin que la théorie puisse le permettre, mais je n’ai jamais osé le présenter officiellement. Je pense que ça aurait marché. 

Aujourd’hui, il y a encore des gens qui rêvent. Peut-être qu’il n’est pas trop tard.

Il y a aussi la fois où je suis devenu producteur d’un projet pilote d’une émission de télévision sur le coaching de vie. (Dans le temps où ce n’était pas encore à la mode et devenu un peu quétaine.) Avec une équipe de tournage, nous allions suivre diverses personnes dans toutes les étapes de la réalisation de l’un de leurs rêves. Le but étant de miniaturiser les étapes de l’extraordinaire. Si les gens voient concrètement que le succès est composé de petites étapes bien simples et d’un peu de persévérance, tout deviendrait alors à leur portée. Pour ce projet, j’ai encore tout fait sauf le présenter aux gens de la télé. Je pense que ça aurait marché. 

Aujourd’hui, le succès est encore composé d’échecs et de petites étapes qui s’accumulent, peut-être qu’il n’est pas encore trop tard.

Il y a aussi les dizaines de fois où j’ai voulu écrire un livre, faire des vidéos pour YouTube, devenir scénariste d’un film qui serait acheté par les Américains, devenir champion de poker, pro du golf et j’en passe. Ma vie a toujours été constituée de bonnes idées et aucune n’était hors de ma portée. Elles sont juste restées coincées dans la partie facile d’un projet, la partie théorique que tout le monde peut faire, la partie qui ne vaut rien sans action soutenue. 

Je ne me suis jamais vraiment engagé dans rien afin de pouvoir toujours m’engager dans tout. C’est la meilleure façon de ne rien faire. J’attendais le bon moment, le bon projet pour y mettre le paquet et devenir l’homme que j’ai toujours voulu être. Toutefois, je n’ai jamais su reconnaître ce bon moment. Peut-être n’est-il pas encore venu. Je dois attendre jusqu’à quand? Il me reste un peu moins de temps.

Dans l’attente de l’engagement, tout reste grand et loin. On attend un signe clair et évident. Nous croyons que la passion va nous frapper de plein fouet, un peu comme l’amour et que le doute disparaitra comme par enchantement. La tête dans l’idéal, nous devenons aveugles à tout ce que l’on peut faire aujourd’hui, car tout y est beaucoup trop petit. 

Demain sera toujours plein de promesses, mais le problème avec demain, c’est qu’il ne devient jamais aujourd’hui. 

Voilà ce qui s’est passé.

Aujourd’hui, il n’est peut-être pas trop tard.

« Le meilleur moment pour planter un arbre, c’était il y a 40 ans, mais le deuxième meilleur moment c’est aujourd’hui. »  --citation zen--

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http://urbania.ca/blog/5011/il-n-est-peut-etre-pas-trop-tardWed, 16 Apr 2014 14:38:49 EDTDavid Malobloguehttp://urbania.ca/blog/5011/il-n-est-peut-etre-pas-trop-tard
78 petites victoires Dans le monde dans lequel nous vivons, avec toutes les guerres, conflits, crimes, injustices et succès de Justin Bieber, il est parfois difficile de trouver des moments de bonheur. Pourtant, notre quotidien est rempli de ces petits moments qu’il faut apprécier pour ne pas devenir cinglé dans ce monde de cinglés. C’est ce qu’on appelle des « petites victoires ». C’est un succès, un bon coup dans ta journée. Une petite victoire, ça peut être vraiment insignifiant lorsque tu le compares à un accomplissement. Par exemple, avoir une promotion ou décrocher un nouvel emploi est certes admirable et trippant, mais ce n’est pas une petite victoire. C’est trop gros et ça n’arrive pas souvent.

Une petite victoire, c’est moins grandiose et significatif, mais ça rend profondément heureux dans une journée. Sache les reconnaître. Apprécie.



1. Trouver accidentellement du cash dans tes poches de jeans ou dans ton manteau d’hiver.

2. Pitcher une boule de papier directement dans une poubelle qui est à une bonne distance.

3. Te lever à deux heures du matin et voir qu’il te reste encore une couple d’heure de sommeil.

4. Pitcher un morceau de vêtement dans la sécheuse en marche sans qu’elle ne stoppe. Communément appelé le « one timer de sécheuse ».

5. Nailer parfaitement un verse d’une toune de rap dans ton char.

6. Trouver un parking à côté de la porte d’un gros centre d’achat.

7. Regarder la télé pendant que tu te fais cuire de quoi, avoir le flash que c’est bientôt prêt, te lever et arriver exactement quand ton timer buzz.

8. Réussir à enfin enlever un morceau de popcorn pogné entre tes dents, après avoir gossé avec ta langue pour le déloger pendant 30 minutes devant ton film.

9. Finir le rouleau de papier d’aluminium exactement avec la bonne grosseur pour emballer ton plat.

10. Lâcher la clanche du pistolet d’essence drette sur un montant rond.

11. Faire popper tes toasts du grille-pain et admirer une cuisson de la bonne couleur et uniformisée.

12. Réussir à faire partir le spot sale que tes wipers pognaient pas, fruit de bin du windshield washer et de la patience.

13. Réussir à transporter l’épicerie en un seul esti de gros et pénible voyage de paresseux.

14. Réussir à te retenir de te taper un autre épisode d’une série télévisée que tu es devenu accro, pour aller te coucher. Respect.

15. Remplir ton réservoir de lave-glace et stopper parfaitement au rebord sans renverser une goutte après avoir entendu le bruit qui devient plus aigu indiquant le réservoir presque plein.


17. Te couler un bronze satisfaisant avant de quitter la maison pour ta journée de travail ou un long roadtrip.

18. Penser à prendre tes osti de sacs écologiques avant d’aller à l’épicerie.

19. Ouvrir le frigo/garde-manger et découvrir une gâterie que tu t’étais acheté et que t’avais oublié.

20. Découvrir que c’est samedi, alors que tu pensais que t’étais dimanche.

21. Quand quelqu’un te demande si t’as perdu du poids, pis t’en a pas perdu fuckall.

22. Se lever le nez clearé après l’avoir eu bloqué en raison d’une trop longue grippe.

23. Quand ton hoquet cesse.

24. Quand tes biscuits préférés sont en spécial. Maxi-Fruits aux Framboises.

25. Te sortir d’une situation embarrassante grâce à un mensonge improvisé live sans que personne ne le détecte.

26. Quand une belle fille/beau gars s’assoit à côté de toi dans le bus.

27. Quand t’es le dernier en ligne au magasin et qu’une caissière ouvre sa caisse avec un : « monsieur vous pouvez passer ici. »

28. Ouvrir la radio de char et entendre une toune que t’aime.

29. Lâcher un pet furtif au milieu de tes chums et attendre que l’empoisonnement fasse son œuvre et que quelqu’un finisse par dire : « AH … BIN … TABARNAK !!! »

30. Passer en voiture pendant une série de lumières de circulation verte.

31. Dérouler un café gratisse.

32. Le feeling de sentiment accompli quand tu clear une dette.

33. Quand un(e) inconnu(e) te remet le sourire que tu viens de lui faire.

34. Virer une sale brosse et être étonnamment en forme le lendemain.

35. Glisser judicieusement un fun fact de culture générale et impressionner tes interlocuteurs.

36. Planter sur la glace en marchant dans la rue et constater que personne t’as vu.

37. T’obstiner avec quelqu’un quand tu sais très bien la réponse, le challenger à mettre du cash  sur la réponse … et le voir hésitant pour finalement choker.

38. Finir le lait et en avoir juste assez pour mettre dans ton café. Fuck aller à l’épicerie, il fait frette pis c’est samedi.

39. Faire une longue marche extérieure par temps incertain et constater qu’à la seconde où tu arrive à destination, le ciel se déchaîne en pluie torrentielle.

40. Te rappeler du nom de quelqu’un, après avoir conversé avec 10 minutes, et l’utiliser sans qu’elle se rende compte que tu l’avais crissement oublié au début.

41. Fusionner le coït avec ton partenaire.

42. Le (faux) feeling d’être riche le jour de la paye.

43. Voir une jolie fille entrer dans ton premier cours de session. Yes, une motivation pour le cours.

44. Le moment où tu penses prendre une pause lors de ton jogging et tu croises une hot joggeuse/joggeur te forçant à acter comme si t’étais bin relaxe et au-dessus de tes affaires.

45. Constater que la veille, tu t’étais fait ton lunch. Good job me !

46. Quand tu écris un commentaire sur facebook qui est tellement drôle qu’il a plus de like que le statut.

47. Quand une toune vraiment motivante part lors de ton jogging.

48. Réussir un plat. Tout simplement.

49. Lorsqu’une demoiselle dans un bar très crowdé, passe derrière toi en overfrottant sa poitrine dans ton dos. Ah bin, free tits.

50. Lorsque tu veux rappeler à une fille/gars  « Tsé, on avait un cours ensemble » ou « on s’est vu au party chez Max », pis au lieu d’avoir l’air d’un stalker, la personne s’en rappelle.

51. Recevoir un appel, te permettant de te sauver d’une conversation vraiment awkward.

52. Ces 3 petits mots de fin de soirée : « Tu veux entrer ? ».

53. Arriver à l’improviste dans un pub, et la serveuse te dit que t’es pendant un happy hour avec la bière en spécial.

54. Recevoir un highfive d’un inconnu.

55. Le good feeling d’un frigidaire plein après l’épicerie.

56. Être témoin de la fragilité du bikini d’une fille téméraire qui fait les glissades d’eau de type « turbo ». Merci Jésus.

57. Voir quelqu’un rentrer dans une porte « tirer ». Mehehehe.

58. Quand le gars crissement trop saoul et déplaisant pour la ligue se fait sortir par le doorman.

59. L’une des premières fois que tu te fais pas carter, après que t’es crissement habitué de te le faire faire depuis t’as 18 ans. « Hen ? Vraiment ? Wooooooooo ! »

60. Te faire arrêter par un policier et que finalement, il te donne simplement un avertissement. Ok, moi j’ai jamais eu ce privilège, mais ça l’air que ça arrive … ça l’air.

61. L’explosion intérieure que tu vis quand la date qu’un ami(e) t’a vendue avec tant d’insistance est un beau morceau. « Ok, moins intense le sourire, gros …  ferme ta bouche un peu … c’est çaaaaa.».

62. Recevoir une bonne note à un examen, quand t’étais persuadé de te péter la yeule solide.

63. Quand un chum te remet du cash que t’avais oublié qu’il te devait. I’M RICH BITCHHHH !

64. Recevoir ton permis de conduire/passeport/carte de job pis t’as pas l’air du mugshot d’un redneck rapist du Mississipi.

65. Quand une fille accepte ta proposition de golden shower. Wait, what ?!?

66. Fitter dans du linge qui te faisait plus.

67. Te lever le matin et voir dans le miroir que ton bouton dans l’front est disparu.

68. Quand tu stationnes ton auto une fois arrivé à ta destination et qu’au même moment la toune que t’écoute finit. Paaaaaarfait !

69. Arriver à l’arrêt de bus 30 secondes avant que celui-ci passe.

70. Quand t’es à la caisse au IGA et que l’article gratuit de la semaine est en fait, soit nice ou utile. Fuck ton savon à vaisselle qui sent le camp de concentration nazi.

71. Recevoir un examen à choix multiples quand t’avais fuckall étudié. Pssst, dans le doute, prends « C ».

72. Quand tu finis de taper ta palette d’hockey en même temps que le rouleau finisse.

73. Soupçonner quelqu’un de quelque chose, et le pogner en flagrant délit. JE L’SAVAIS !

74. Hésiter à proposer une idée dans un meeting de job, et quand tu te décides à le dire … y’a un silence pesant et le boss te dit : « C’est un excellent point ! »

75. Recevoir un bill moins gros que t’anticipais. Champagne !

76. Commettre une punition flagrante au hockey, regarder l’arbitre, et te rendre compte que tu t’en es sauvé.

77. Quand tu sors une joke avec une référence obscure (films, gaming, livres, etc.) et que quelqu’un la pogne et te props.

78. Prouver à ta blonde qu’elle a tort. Ah … très grosse petite victoire.


Article paru sur le blog « Le Grand Roux et le Moes »
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http://urbania.ca/blog/5013/78-petites-victoiresWed, 16 Apr 2014 13:33:36 EDTLe MoesGrand rouxMoespetite victoirevictoireepic winbloguehttp://urbania.ca/blog/5013/78-petites-victoires
Le dessin

La face du Fils, toé. Les yeux avec du pétille, du rouge sué joues, un genre de sourire plein. Il m’a regardée et avec un petit gêné dans la voix, il m’a dit : « Y sont amoureux. ». Il y avait dans le ton une sorte de hâte, de curieux, de moi-aussi. J’ai trouvé ça beau. Ce pressentiment, cette anticipation. Voir le goût de l’amour pour la première fois dans quelqu’un, j’pense que c’est précieux.

Y sait que cet amour qu’il ne comprend pas vraiment, mais qu’il voit comme une promesse, semble spécial, que ça a manifestement l’air différent de ce qu’il y a entre lui et moi, ses grands-parents, ses petits amis. Mais ça lui reste flou, à deviner.

Je ne peux pas vraiment lui dire, lui décrire, l’informer qu’à un moment donné, ça va le pogner. L’embrasement, le beau, le torrent. Du feu dans l’corps. L’autre qui va lui rentrer dedans, prendre de la place, tellement de place qu’il le verra derrière ses yeux, le sentira un peu partout de l’intérieur. Le cœur qui lui battra plus vite aussi parce que cette nécessité de se vivre, se partager jusque là.

Ça ne lui ferait pas de sens si je lui parlais des détails. Les petites affaires de rien, mais qui font que toute est toute, que tu sais que le quelqu’un pis toé, ça nucléaire. Que sans ce quelqu’un, toute prendrait un ton de fade, un goût de fade. 

Des détails de même.

Quelqu’un qui ne lève pas les yeux en l’air quand tu te mets à danser à l’épicerie. Notamment parce que, souvent, y dansait même avant toi.
Quelqu’un qui épluche tes oranges parce qu’il sait que tu le feras pas, que t’haïs ça, mais que t’aimes le goût pis le jus qui te coule sul menton pis il aime ta face quand tu manges des affaires que t’aimes.
Quelqu’un qui va avoir des bouts de peau préférés sur ton corps, un dessus de genou, un creux de bassin, le flan, des bouts ben doux. 
Quelqu’un qui va te reconnaître à l’odeur de corps, de loin.
Quelqu’un qui va faire en sorte que des citations de marde vont te parler, surtout celles écrites avec une mauvaise typo, que des tunes de marde vont te parler pis que tu vas te demander en ta’ il-est-où-le-fuck-avec-moé. Mais ça va te parler pareil pis tu vas même y croire.
Quelqu’un qui, même s’il est couché à côté de toé, ben confortable sous la couette, va se lever, s’habiller et aller te chercher un poulet en boîte parce que tu y as demandé avec des yeux qui papillonnent pis une petite voix pis un gros sivouplaît. Tu vas y sourire grand en léchant tes doigts pis ce cute-là, y va aimer ça fort.
Quelqu’un dont tu vas te préoccuper de l’homéostasie.
Quelqu’un avec qui sul plancher, sua table, sué murs seront des modes d’être.
Quelqu’un avec qui tu vas avoir autant de fun à parler de la météo que de la pas météo. 
Quelqu’un avec qui t’auras pas peur d’être toute ce que t’es, dans ton laid comme dans ton beau, qui te verra en linge mou, en yeux bouffis d’avoir braillé, en pas lavé, en boule dans ton lit. 
Quelqu’un surtout qui va te donne l’envie d’être plus grand que toi-même (tu vas me dire « Véro tu mesures cinq pieds un. Grosdéfi. » pis là je vais te répondre « C’pas de cette grandeur dont je parle »), d’aimer des affaires, de faire des affaires.
Quelqu’un avec qui « le poche » n’a plus de sens.

Ouin. Tout ça. Y va l’apprendre à un moment donné. Après les amours cute, celles que tu coches sur un petit bout de papier. Celles avec lesquelles tu apprends à ressentir, à vouloir, à être bien. Mon premier bout de papier, y s’appelait Philippe. Y faisait du ski. Des pentes avec des losanges. Ça m’impressionnait pas mal. Pis y’avait un regard doux. J’aurai toujours un p’tit mou dans le cœur en pensant à lui, même si on avait juste neuf ans au moment du cochage. Ça marque, le cochage.

Il y aura aussi les déchirements, les brisures, le triste, nécessairement, mais ça, j’en parle pas.

Pas là. Fa’que après le film, il avait son air pensif avec des yeux plissés. Il m’a demandé des crayons pis du papier. Pis il m’a dit : « T’sais, petitefilledelagarderie, elle me fait tout le temps des bricolages. J’pense qu’elle aimerait ça que je lui fasse un dessin. J’pense que je serais content qu’elle soit contente. ». BAM. Mon cœur de mère pis d’humain a fait aon. Il lui a dessiné une fusée. On a roulé le papier, j’y ai gossé un emballage. J’ai retenu des larmes – chu sensible – quand il lui a tendu. Se sont faits un câlin. Mon p’tit aime. Doucement. Ouais. Pis ça m’émeut. Pis je vous dis cœur pis toute. Et surtout ben des détails, là, aujourd’hui, dans vos dits cœurs.

Illustration de : Gabrielle Laïla Tittley
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http://urbania.ca/blog/5012/le-dessinWed, 16 Apr 2014 11:55:07 EDTVéronique Grenierbloguehttp://urbania.ca/blog/5012/le-dessin
Le contrôle, le couteau et le dialogue« Ils » nous disent que ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort. Bullshit. Beurrage épais de Nutella édulcoré sur tranche de vie moisie. Force de coloriage qui ne dépasse pas, enfermé entre les lignes d’un judéo-christianisme empesé. Rien à voir. C’est confus. C’est scandaleux. Ça n’a rien à voir avec la force. Ça n’a rien à voir avec l’envie de mourir. C’est plutôt un furieux besoin de vivre. L’automutilation, c’est un violent refus de se laisser mourir.

C’est décrit comme une reprise de contrôle sur soi-même et sur la façon dont notre environnement nous affecte. Il y a le vertige. Il y a la chute. Perte de contrôle, avalanche de malaises. Désespoirs échappés dans le vide. Tu dérapes et tu te mets à penser que le frein se trouve peut-être entre le derme et l’épiderme. Tu crois que le contrôle sur toi-même, tu peux te le graver dans la peau. Sauf que c’est une prise de contrôle qui laisse des marques. Des marques en forme de mensonges.

Sur mes bras, juin 2010. Les griffes du chat. Un peu plus tard, sur mes seins. Encore le chat. Il a le dos large, celui-là. Sur mes cuisses. Ma sexualité. Tout va bien. Y’a rien là. Pis là, plus tard, encore mes cuisses. La confrontation, je prends super bien ça. Regarde comme je suis au-dessus de tout ça. La dureté du monde. Y’a rien là. La violence d’autrui. Y’a rien là. Je m’adapte dans ce monde comme un poisson dans l’eau. Regarde comme je flotte avec aisance au-dessus des égarements terrestres.

Ben oui toé. La grosse panique. Le rythme cardiaque qui s’accélère. Les pupilles dilatées et les palpitations comme sur un rush de speed. Pleurer, c’est pour les faibles. Pis là, le couteau. Parfois, juste avoir le couteau dans les mains me calme, parce qu’on est en contrôle de ce que ce couteau fera. J’pense que c’est ça. Être en pleine possession de sa douleur. Sauf que parfois, c’est pas suffisant. Soudainement, il y a la douleur physique. Ça, ça se contrôle. Ça calme. C’est instantané. C’est comme une amputation de la panique. Une ablation de la détresse en même temps qu’une greffe du contrôle.

Sauf qu’il y a un estie de gros problème. Tu le sais, en-dedans de toi, que c’est pas la bonne manière de reprendre le contrôle sur toi. Aussitôt que la lame tombe par terre dans un clang un peu mouillé, tu peux constater l’étendue de ta très grande erreur. Kessé j’ai fait là ? Voyons donc. Ça se fait pas, ça. Le sang par terre. Trois petites gouttes de honte, puis, les mains beurrées. La paralysie : tu te sens comme un chevreuil pris dans la lumière des phares d’une voiture, sauf que c’est le regard de l’Autre qui s’apprête à te frapper. Ce regard qui te renvoie le reflet de ta culpabilité. Tu ne peux pas passer le reste de tes jours prostrée dans la salle de bains. Il faudra bien que t’en sortes un moment ou l’autre. Tu le sais que ça donne absolument rien d’essayer de cacher ça. Quelle terrible conséquence que de voir l’affreux dans les yeux de l’Autre. C’est ta plus grande culpabilité. Mea culpa, mea maxima culpa. Il y a quelqu’un qui t’aime, et que tu aimes, qui crève de chagrin en nettoyant le sang sur tes vêtements et sur le plancher, pis c’est de ta faute.

Tu passes des jours à t’excuser, à toi-même, à l’Autre, alors que l’Autre, y’en veut pas, de tes excuses. Il veut juste comprendre. Qu’est-ce qui te pousse à faire ça. Ça comble quel besoin. Par quoi d’autre ce besoin pourrait-il être comblé. T’essaies de lui expliquer, même si tu n’y comprends rien toi-même. Tu rassures. Tu parles de contrôle. Tu parles de calme, de respiration, de soulagement. Tu parles de douleur qui te fait sentir vivante. Pis c’est en dialoguant que tu finis par te rendre compte que tu ne peux pas tout contrôler. Qu’il y a des choses qui vont arriver pis tu ne peux rien y faire. Que ce que tu peux contrôler, par contre, ce sont tes actions. Que le dialogue t’aide en maudit à comprendre tout ça et à mettre ça en pratique à chaque jour, à chaque détresse.

Ça peut être toff, de dialoguer. Faire face, verbalement, à ce qui nous désespère. Mettre des mots et des phrases sur ce que l’on vit, étiqueter quand on a les étiquettes en horreur. Sauf que c’est tellement plus efficace, plus définitif, que de se labourer le chest à coups de ciseaux à coiffure.

Pis ça ne laisse aucune vilaine marque. Ni sur la peau, ni dans le cœur. Ça se vit jour après jour. Ça te stabilise sa femme, ou son homme. Le bien immense que ça fait. Pis là, sans t’en rendre compte, malgré quelques rechutes ici et là, à force de dialogue et d’ouverture, tu penses de moins en moins à ton vieil ennemi le couteau.

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Je milite pour la justice sociale, l'égalité et le féminisme - des synonymes à mes yeux. Ayant suivi une formation en arts visuels, je poursuis mes démarches en recherche sociologique et j’écris présentement un livre sur l'itinérance qui sera publié prochainement chez VLB.
J’anime le tumblr LES ANTIFÉMINISTES – http://lesantifeministes.tumblr.com/
Pour me suivre : c’est Sarah Labarre sur Facebook et @leKiwiDelamour sur Twitter.
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http://urbania.ca/blog/5010/le-controle-le-couteau-et-le-dialogueWed, 16 Apr 2014 09:36:07 EDTSarah Labarredialogueexcusesmort,bloguehttp://urbania.ca/blog/5010/le-controle-le-couteau-et-le-dialogue
Coke en stock« Depuis que quelqu’un trouve un ballot, n’importe qui le prend», me racontait-il hier, pas loin de Jacmel en Haïti.

La conversation a commencé par une histoire de terre, achetée l’année où le ballot était tombé du ciel. J’ai évidemment voulu en savoir plus.

La consommation de drogues chimiques n’est pas très commune dans ce pays. Encore aujourd’hui, mais surtout à l’époque, beaucoup de la coke colombienne transitait par Haïti. À ce jour, il y a encore des hôtels fantômes un peu partout sur les côtes haïtiennes.

La semaine dernière, je demandais à une amie qui habite à proximité de l’un d’eux qu’est-ce qui se passait avec cet hôtel.

« Parfois, on voit des lumières clignoter à l’horizon, puis un petit bateau à moteur sortir face à l’hôtel pour rejoindre l’autre bateau en mer. Je n’ai jamais vu de clients à l’hôtel, mais personne n’ose poser de questions. »

Les passeurs en Haïti sont extrêmement discrets. Moins on parle d’eux, mieux ils s’en portent. La population évite le sujet, surtout par peur de représailles. Le marché n’est pas local, le pays et ses frontières poreuses ne servent que de transition avant l’Europe ou l’Amérique du Nord. Pour les mêmes raisons, les journalistes aussi (j’en suis) n’enquêtent jamais sur la dizaine de pistes d’atterrissage privées, peut-être même plus, disséminées un peu partout sur le territoire, dans le sud du pays en particulier.

Suite à la découverte du lot de coke en 1998, la police a bastonné un peu tout le monde. « Il y en a même qui ont été battu sans jamais avoir finalement eu leur part. Gérard a pris des gros coups à la tête, mais dit n’avoir rien trouvé. »

Faubert apprenait à pêcher à l’époque. Il trouvait ça beaucoup plus intéressant monétairement que l’école.

« Je suis allé à la mer un jour, puis le lendemain matin, quand je suis retourné, il n’y avait personne. La mer était vide, aucun pêcheur. Je trouvais ça un peu étrange. J’ai laissé mon sac d’oranges sures sur la plage (appâts pour poisson) et suis remonté tout de suite chez moi, dans la montagne. »

Ce matin-là, un hélicoptère est passé au-dessus de la plage pendant que Faubert s’y trouvait, ajoutant à sa frayeur.

« C’est ça qui m’a fait le plus peur, et qui m’a fait remonter le plus vite. Je pensais à l’époque que les hélicoptères volaient les enfants. »

En remontant chez lui, Faubert a rencontré un vieil homme du coin sur sa route. Il lui a dit que quelque chose était tombé dans la mer et qu’il s’arrangerait pour toucher sa part. Il ne l’a jamais reçue.

Dans les jours suivants, tous les pêcheurs du coin sont allés faire du « marronnage » pour se cacher des autorités et des voleurs. La plupart sont partis plus haut dans la montagne, dans des villages plus éloignés des grandes routes.

« Un peu effrayé, j’ai quand même décidé de partir à Saint-Domingue, où habitait mon oncle », me dit Faubert. Il n'est revenu qu'en 2011.

« Tout le monde était caché, je ne savais pas trop quoi faire. À mon âge, peut-être qu’ils ne m’auraient pas battus comme les autres, mais j’ai décidé de partir quand même. »

La légende veut que chaque pêcheur impliqué ait pris sa part pour la cacher quelque temps avant de tenter de la revendre, et parfois d’en consommer un peu.

« Il parait qu’après avoir pris un peu de coke, tu te mets de la glace sous les couilles, et tu bandes comme jamais », d’ajouter un ami moqueur qui est avec nous. Celui-ci dit n’avoir jamais tenté la chose. « J’étais à l’extérieur du pays quand ça s’est passé », nous jure-t-il.]]>
http://urbania.ca/blog/5009/coke-en-stockTue, 15 Apr 2014 11:45:33 EDTÉtienne Côté-PaluckstupéfianttraficjacmelhistoireHaïticokedroguehttp://urbania.ca/blog/5009/coke-en-stock
Vickie

Je l'ai pas connue beaucoup, et je n'étais pas terriblement proche. On a commencé sur le mauvais pied, pas rien qu'un peu, je trouvais qu'elle savait pas écrire et je lui ai dit, je me suis fait lancer des roches par elle et ben du monde, et je le méritais quand même un peu, aussi. Parce que même si elle faisait des fois des fautes de é/er et qu'elle avait de la misère avec ses règles d'accord de participes passés, je le savais qu'elle écrivait bien. J'aurais juste aimé ça qu'elle fasse un peu d'effort pour respecter les règles. 

Ça en dit pas mal sur moi, mais encore plus sur elle. Vickie était pas le genre de fille qui faisait des efforts pour respecter les règles. Elle s'en sacrait pas mal, dans le fond. 

Et c'est comme ça qu'elle a écrit Testament, son premier roman, et c'est comme ça aussi qu'elle a écrit Drama Queens, son deuxième, et c'est comme ça qu'elle vivait. 

C'était sa fête, hier. Il y a plein de ses amis qui lui ont souhaité bonne fête, sur son wall, comme si de rien n'était. Avec, sûrement, un petit motton dans le fond de la gorge. 

Moi, je ne lui ai pas souhaité bonne fête sur son wall. Je ne suis pas non plus allé voir la pièce de théâtre qu'on a faite avec Testament. On m'a dit qu'elle me nommait, à la fin de la pièce. Que j'étais en train de boire du vin, dans un parc, avec une personne qui est sortie de ma vie depuis maintenant longtemps. Anyways. This is not about me. 

Tu la connais peut-être, Vickie. Tu l'as peut-être vue à Tout le monde en parle, tsé, c'est elle qui était danseuse nue pis qui a eu le cancer pis qui a érit un roman. Ouais. Elle avait le cancer, du cerveau en plus. Une belle tumeur en nuage, pas opérable ou rien. Elle a fini par en mourir, le 11 mai 2013; on l'a su le matin, j'avais câllé mon party de fête pour le soir même parce que c'était un samedi et que ma fête c'était lundi le 13, et on s'est tous réunis au Cheval Blanc pour prendre un verre à midi et ça a été peut-être la plus longue brosse de ma vie mais encore là, merde, this is not about me

Son deuxième roman, donc, Drama Queens, est lancé demain. Et contrairement à la pièce, où je ne suis pas allé, contrairement à la vidéo de la lecture publique de son roman, que je n'ai toujours pas regardée (même si, oui, j'y étais), cette fois, je ne vais pas manquer ça. Parce que je n'ai pas manqué son premier lancement, alors qu'elle dédicaçait péniblement les livres qu'on lui donnait et que je lui ai donné ce soir-là, avec des amis, un foulard en soie avec des imprimés de fennecs dessus. Vickie aimait beaucoup les fennecs, tsais. Vickie aimait beaucoup le dubstep fâché, aussi, à la fin, et comme on se parlait exclusivement par Google Chat, elle me demandait de lui faire des playlists pour finir d'écrire son roman. J'ai encore le dossier partagé dans mon Dropbox, comme j'ai encore son numéro de cell dans mes contacts, parce que dans ces cas-là, on ne sait jamais trop quand c'est correct, finalement, d'annoncer à son ordi qu'il n'y a plus personne à l'autre bout du fil. 

Fait que c'est ça. Je vais y aller, pis peut-être que tu devrais y aller aussi, ou au moins essayer de te pogner son livre d'une manière ou d'une autre. 

Parce que même si j'ai commencé à la connaître en ne l'aimant pas trop, dès que je l'ai connue, je l'ai aimée, beaucoup. Et que c'est pas mal la dernière fois où je vais pouvoir dire à mon amie que je l'aime, même si elle ne sera pas là pour l'entendre. 
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http://urbania.ca/blog/5005/vickieMon, 14 Apr 2014 23:18:30 EDTÉric SamsonVickie Gendreaubloguehttp://urbania.ca/blog/5005/vickie
Charlie Krief : Dératiseur à Paris
[Cet article est originalement paru sur Streetpress.com]

Il faut dire que son « produit », Charlie le chérit. Avec son K-gel, le dératiseur de Stalingrad (NDLR: pas la ville soviétique, mais bien la place publique parisienne) promet d'éradiquer les rats du 19e. Mais aussi les punaises, avec K-punaise, et un peu tous les autres insectes avec K-insecticide… En fait, il y a un K pour à peu près tout. Et Charlie le promet, la gamme K – pour Krief, 
« c’est vraiment le K-top ! »

D’ailleurs, notre orfèvre de la mort aux rats, qui n’a que la « satisfaction » du client à la bouche, n’hésite pas à comparer son savoir-faire maison à « une marque comme… Dior ».

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http://urbania.ca/blog/5004/charlie-krief-deratiseur-a-parisMon, 14 Apr 2014 14:34:47 EDTJacques Torrance et Ani Gregory / STREETPRESSDératiseurparisratsbloguehttp://urbania.ca/blog/5004/charlie-krief-deratiseur-a-paris
Le monde selon J : Je t’aime ma chum
Étant le roi du malaise et ne sachant jamais quoi dire dans une situation de décès, j’ai mis mon angoisse de côté pour aller dire un vrai adieu à la mère de ma chum, mais aussi pour la soutenir, lui démontrer mon amour et honorer tout le courage qu’elle a eu en accompagnant sa maman l’autre bord du pont, dans le 450 de l'au-delà. Il se peut qu’aujourd’hui vous ne riez point en lisant ce texte et c’est bin correct. Je veux vous parler d’amour, de vie, de tristesse et de joie mais aussi de courage.

On le savait depuis un bout, D avait le cancer des poumons. Grimée comme pas une pour aller en chimio, c’est avec l’attitude de Céline sur les Plaines qu’elle allait religieusement à l’hôpital pour ses traitements, pour attendre le pire.

Attendre le pire à l’hôpital, ça doit être justement la pire angoisse en ville, après peut-être celle d’attendre à l’urgence avec un morceau de saucisse hot-dog perdu dans le fond de l’entrejambe après avoir fait sa cochonne un soir de beuverie, mais bon, je m’égare comme d’habitude. Courageuse et combattante, D savait pourtant qu’elle était condamnée. Malgré les hauts et les bas de la maladie, elle est demeurée positive, sereine, fière et droite. D, tu es assurément la Tomb Raider des cancéreuses.

Ma chum M fut présente jusque dans les derniers moments de sa maman, la trimbalant en limousine pour aller souper, rigolant avec la perruque de Normand Lester prêtée par la Fondation canadienne du cancer, magasinant du nouveau linge avec elle comme si elle avait un « catwalk » le lendemain, mais surtout en apprenant à l’aimer telle qu’elle était, imparfaite et complexe, mais ô combien plus près d’elle qu’elle ne le soupçonnait, découvrant un peu plus chaque jour qu’elle est identique à sa mère sur pleins d’aspects, qu’elle le veuille ou non. Dieu sait que l’on ne veut pour rien au monde ressembler à ses parents lorsqu’on est ado, lorsqu’on croit qu’on fera mieux qu’eux, lorsqu’on pense que l’on a tout compris et qu’eux non, mais force est de constater que la pomme ne tombe jamais bien loin de l’arbre et qu’on n’est pas atterri ici dans un chou tel que veut nous faire croire la légende ridicule.

Je t’ai observé jongler entre ton boulot en intervention sociale, ta maman malade, ton amoureux et tes amis et j’ai appris beaucoup. J’ai appris que tu es une battante, tout comme elle et qu’avec toi, je serai en sécurité peu importe où on ira sur la planète lors de nos prochains voyages. Passant du fou rire aux larmes suite à sa mort, c’est avec le plus grand sens de l’humour que tu m’as raconté que la nutritionniste de l’hôpital est entrée dans la chambre, vous, tous assis autour du corps et pleurant à chaudes larmes et elle, vous demandant le plus sérieusement du monde si votre mère avait besoin d’aide pour manger… J’ai récemment fait un texte sur les pires malaises et celui-ci est, à mon avis, de loin le plus grand. Tu as su bien évidemment en rire, tout comme l’arnaque de l’urne à 600 piasses, car tu es comme ca, tu ris pour dédramatiser, tu ris pour mieux te battre, tu ris car tu aimes à la vie, tu ris toujours et c’est ce que j’aime de toi.

Évidemment, c’est dans des moments comme celui-ci que l’on repense à notre vie, à ceux qu’on aime, ceux qu’on devrait aimer plus, ceux qu’on a trop passé de temps à pas aimer, ceux avec qui on veut faire la paix, ceux qui souffrent plus que nous, ceux qui souffrent moins, la liste est longue de questionnements, de remords et de tourments. Je pense à ma grand-mère que j’aime tant, qui se bat elle aussi comme un Ninja Turtle contre la fatalité, hospitalisée pour un cancer du cerveau. Je pense aussi à ma mère, la femme de ma vie, celle à qui je dois tout : à la simple idée de la perdre, je rush déjà ma vie.

D et M, vous me donnez envie de vivre pour vrai, de croquer dans la vie comme l’expression quétaine le dit si bien, de prendre le taureau par les cornes et de me « garocher » dans le bonheur comme jamais. Faites que ce goût de vainqueur que j’ai en ce moment dans la bouche perdure demain matin, que je cesse de me plaindre officiellement et que je réalise enfin mes rêves comme le petit Jérémy a su le faire. 

Merci pour ce moment au salon funéraire, qui était si beau, lumineux, oui plein de tristesse, mais aussi plein d’amour et de promesses. Je termine en te demandant pardon d’avoir eu pendant la cérémonie, des pensées grivoises pour le gars inconnu en face de moi qui se trouvait en fait à être le fils de ton frère, donc ton neveu de 22 ans. T’aurais dû me briefer en bonne et due forme sur ça, tu sais comment je suis, le roi des malaises. Je t’aime ma chum.



J.
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http://urbania.ca/blog/5002/le-monde-selon-j-je-t-aime-ma-chumMon, 14 Apr 2014 10:44:10 EDTJordan Dupuisvieadieucouragechumamourbloguehttp://urbania.ca/blog/5002/le-monde-selon-j-je-t-aime-ma-chum
Jésus est de retour
Prisonnier du maudit trafic sur le pont Victoria, j’observais le fleuve. Il était paisible et puissant, j’étais nerveux et minuscule. On pouvait sentir la force infinie de l’eau, dans son mouvement ininterrompu. Des millions de blocs de glace s’entrechoquaient. Certains, empêchés dans leur course, étaient paralysés et mourraient sous la force du courant. Avant de disparaître, ils perdaient leur teinte blanche et devenaient parfaitement transparents. Des diamants de plusieurs mètres parfois. Plusieurs mois d’hiver éclatés en particules fragiles sur la surface de l’eau. Ironiquement, c’est la nature qui voyageait sous les voitures immobiles. Le spectacle était divin. Comme nous, les rayons bienveillants du soleil avaient attendu l’issue des élections. Cette semaine, il était évident que Dieu était de retour parmi nous.

La fin de la chasse aux fidèles avait sonné. Une semaine entre deux eaux, coincée entre des semaines de laïcité forcée et une semaine sainte. Une semaine qui aurait disparu dans le flot, si je n’avais pas pris le temps de vous la raconter.

C’était une semaine entre la pâque et Pâques. Une semaine entre un Jésus et un autre.

Entre ces deux Jésus, c’est le Romain Ponce Pilate qui doit trancher. On est en l’an trente- trois. Pilate est alors gouverneur de Judée. On fête Pessa’h, la pâque juive. La tradition veut qu’on libère un prisonnier, et Ponce hésite.

Il y a d’abord Jésus Barabbas. Une sorte de fauteur de trouble, qui aurait défié l’autorité romaine. On dit — Marc 15 le dit — qu’il aurait même commis un meurtre. Pilate n’est pas un grand défenseur de Barabbas. De nombreux insoumis sont déjà tombés sous le jugement du gouverneur. Un de plus, un de moins... Non, dans son petit coeur de Romain, c’est Jésus de Nazareth qui l’emporte. Pour être plus pragmatique, il faut savoir que la loi ne peut pas grand-chose contre cet illuminé qui se prend pour le roi des Juifs. En soit, se prendre pour le fils de Dieu n’est pas un crime au strict sens légal. Pilate va libérer ce Jésus-là, en son âme et conscience.

Mais la foule gronde. Elle veut libérer Barabbas, symbole d’une révolte politique réprimée qui gronde. Plus dangereuses, les autorités religieuses qui viennent d’arrêter celui de Nazareth ne veulent pas un jugement lapidaire et défavorable, qui remettrait dans le rue un Jésus trop dangereux pour la paix des fidèles. D’un côté la pression religieuse, de l’autre une pression politique, laïque. Des cris se soulèvent. « Libérez Barabbas! Libérez Barabbas! » Pour protéger l’ordre public, Pilate va faire deux choses. D'abord il libère Barabbas sous les hourras de la foule. Ensuite, il va se libérer lui-même. Se défaire du poids de sa décision en se lavant les mains, pour se purifier symboliquement du sang de Jésus de Nazareth, tant voulu par la foule. « Je m’en lave les mains ».

Jésus de Nazareth est crucifié. La suite on la connaît. Pâques. Un lapin vient planquer des oeufs dans le jardin et nos enfants deviennent hyperactifs.

Sommes-nous tous des Ponce Pilate ? Nous avions le choix entre deux mauvaises décisions. Élire un gouvernement anciennement de gauche et devenu d’extrême droite pour des raisons électoralistes, ou élire un gouvernement gangrené par les affaires que nous avions privé de pouvoir il y a seulement dix-huit mois. Comme Pilate, nous avons fait le choix de l’ordre public. Comme Pilate, nombre d’entre nous ont décidé à contrecœur. Comme Pilate, nous avons libéré un trouble-fête et crucifié une illuminée qui se sentait investie de pouvoirs divins. Et comme Pilate, on s’en lave les mains.

Mais la fiction est toujours mieux arrangée que la réalité. Il faudra plus que trois petits jours au PQ pour ressusciter.

Je regardais les blocs de glace filer au-dessous du pont, comme autant de commentaires, d’avis d’experts, de billets de blogueurs, de statuts Facebook, d’émissions spéciales ou de tweets. Sous mes yeux, le passage immuable d’artefacts fragiles et inutiles d’un instant passé et déjà disparu.

Comme ma chronique ici, les preuves de cet instant vont disparaître dans le flot puissant d’une nature plus belle et plus forte que nous, dans le courant qui impose l’amnésie et redonne des couleurs au paysage. Alleluia, le printemps est là !
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http://urbania.ca/blog/5001/jesus-est-de-retourMon, 14 Apr 2014 09:34:10 EDTGaëtan NamouricPilatepâquesretourJésusbloguehttp://urbania.ca/blog/5001/jesus-est-de-retour
Tom à la ferme: comme dans la vraie vieTom à la ferme, j’étais très impatiente.

Évidemment, je n’ai pas été déçue et en rentrant chez moi, dans le bus, je pensais à mille choses en même temps.

Depuis toujours, je suis de ceux qui observent plutôt que de ceux qui participent. Il m’est arrivé bon nombre de fois de me faire raconter un évènement où j’étais en fait présente, et on me demande souvent de rappeler mon nom. Je ne suis pas de celles qui marquent les esprits et si j'ai passé le cap d'envier la fille la plus populaire du lycée, je reste fascinée par ceux pour qui les small talks semblent être une promenade de santé.

Ceci pour dire que j'adore les histoires et je m’intéresse à ces « autres » avec passion, au point de m’oublier souvent et de devenir aussi discrète qu’une toile sur laquelle on projette un film. De celui-ci, je suis la spectatrice privilégiée, assise aux premières loges. Les scènes explosent à l’intérieur de moi, s’agrippent à mon estomac et le retournent comme un ballon crevé. Je me rapproche tellement de l’image que je vois trouble mais je m’abandonne totalement à cet autre qui me conduit.

Dans la vie comme devant un film, parfois, je presse le bouton pause et me contente de regarder le plan. Et ça m’arrive d’avoir envie de pleurer tellement je trouve ça beau. Beau parce que tout fait sens, tout a une raison d’être à un instant précis. Un ensemble de riens dont jaillirait le sublime. C'est peut-être un peu niais de dire ça mais c’est comme si l’univers tout entier vibrait en moi. Je me crois clairvoyante et je me sens m’élever très haut. Même quand je sais que le danger me guette, je suis trop curieuse de connaitre le suite. Je veux m’approcher encore du projecteur, assez pour le toucher du bout des doigts. Et c’est seulement quand je me brûle que j’arrache la prise, que je change de chaîne, que je sors prendre l’air.

Mais dehors, comme Tom, ce sont les mêmes visages que j’aperçois à chaque coin de rue. Et c'est pour ça que, souvent, je préfère rester chez moi et regarder un film. 

Parfois pour penser à autre chose et parfois parce que je cherche à raviver ces émotions. Des émotions violentes, irraisonnées, laides et en même temps très belles. Et c’est ce que je trouve chez Xavier Dolan. Parce qu’au cinéma des histoires aussi riches, on n’en croise pas tous les jours. Comme dans la vraie vie d’ailleurs.
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http://urbania.ca/blog/4998/tom-a-la-ferme-comme-dans-la-vraie-vieFri, 11 Apr 2014 14:10:36 EDTElisabeth Meur-Ponirisémotionsxavier dolanTomcinémabloguehttp://urbania.ca/blog/4998/tom-a-la-ferme-comme-dans-la-vraie-vie
La fin d'une époque? basher sur Roy. Je n’écrirai pas non plus ici pour en faire l’apologie. Le Voir possède en Joseph Elfassi un chroniqueur de talent, dont je salue l’ouverture d’esprit et l’audace, et il a déjà consacré une chronique-fleuve à l’hagiographie du personnage, que je vous invite à lire, ne serait-ce que pour réaliser à quel point l’internet au Québec est pluriel. Tout comme Ogden a du mal à trouver des gens qui votent Libéral parmi ses cercles d’amis, je ne peux pas dire que je connais beaucoup de gens pour qui le nom de Jonathan Dragon évoque quoi que ce soit. Même Matthieu Bonin ne suscite, au mieux un vague « ah, ouin, c’pas lui qui se fâche sur Youtube, là? », au pire un hochement d’épaules et un changement de sujet. 

C’est peut-être l’âge. 

Peut-être aussi que nous sommes devant un phénomène plus populiste que populaire. Bien qu’il s’en soit toujours défendu, pointant du doigt ses quelques éditoriaux de plus de 500 mots aux argumentaires bien construits, la popularité de Roy ne se sera pas construite sur une suite de textes posés et de réflexions profondes. Bien que sa renommée ait commencé avec ses capsules Mon point de vue, elle s’est étendue bien plus largement quand il s’est lancé dans l’arène de la provocation, à la manière d’un Howard Stern ou, oui, d’un Jeff Filion. Les shock-jocks radiophoniques utilisent depuis longtemps les mêmes tactiques que Roy, qui n’a finalement rien inventé. Ceci dit, l’adaptation des pratiques de trash-talkradio au trash-humour était particulièrement réussie, et le public a été au rendez-vous. 

On a voulu voir quelque chose d’anticonformiste, ou même de punk, à l’idée d’intégrer une fille qui squirt à un show d’humour. Certains ont même cru que la disruption du concept de one-man-show par l’arrivée sur scène d’une star du X qui éjacule sur commande avait quelque chose du commentaire subversif sur l’humour en général, et sur l’humour québécois en particulier. On s’est probablement trompé: si Roy intégrait une pornstar dans son show, les chances sont bonnes qu’il savait pertinemment que, dans le fond, les gens ont envie de voir une pornstar sur scène. 

Peut-être, au fond, que son intention était de subvertir le concept même de spectacle d’humour. On ne le sait pas, et ce n’est pas moi qui irai lui demander. Ce ne serait pas la première fois où Roy aurait vu trop grand pour lui. Car il faut un talent hors du commun pour réussir de l’anti-humour et de la telle subversion de haute voltige, et au-delà du charisme et du talent d’animateur de foules naturel qui fait de Roy un personnage étonnamment rassembleur, il m’apparaît comme un homme qui, souvent, n’était pas conscient de ses limites. Un homme qui avait parfois de très bonnes idées (et parfois de très mauvaises), mais qui n’était pas toujours équipé pour les mener à bien. 

C’est, selon moi, ce qui explique ses multiples déboires, de l’Affaire Kia à l’Affaire MLW en passant par toutes les autres Affaires qui ont miné sa carrière. 

C’est dommage, et c’est ce qui me fait croire à l’importance pour tout artiste de bien s’entourer. Un bon gérant aurait évité à Roy à peu près 90% de ses mauvais coups, et il ne serait pas aujourd’hui dans cette disgrâce qu’il a certes mérité jusqu’à un certain point, mais où on oublie ses bons coups. Sur ça, je rejoins tout à fait Elfassi, qui dit que « la lecture d’un misogyne puni n’est pas erronée, elle est seulement incomplète. Son histoire est plus longue et riche qu’on ne l’imagine ». 

Je ne conclurai pas ce texte par un « Salut, pourriture » bien senti, comme l’avait fait Falardeau au décès de Claude Ryan. Ni, non plus, ne pleurerai-je sur la dépouille de la page Facebook d’un homme qui, bien qu’il ait à quelques reprises été purement odieux envers moi, ne mérite pas plus d'animosité que de larmes. 

Je terminerai plutôt en disant ceci: le moment où MusiquePlus met à l’avant-scène des gens comme Mathieu St-Onge, Jay St-Louis et d’autres webstars (qui naviguaient souvent, forcément, dans le sillage de Roy) signale bien plus la fin d’une ère marquante sur le web que la mise au rancart de son visage le plus controversé et polarisant. 

Je n’ai qu’à espérer, encore une fois, que les prochains à venir vont utiliser, en plus de leur tribune et de leur popularité, un peu plus de leur intelligence.
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http://urbania.ca/blog/4999/la-fin-dune-epoqueFri, 11 Apr 2014 12:01:14 EDTÉric Samsongab royrip le lolbloguehttp://urbania.ca/blog/4999/la-fin-dune-epoque
École Urbania 2014-2015 - Une websérie sur la créativitéLE PROJET : créer une websérie sur la créativité
À la suite de l’expérience fructueuse des deux premières incarnations de l’École Urbania, l’UQAM et Urbania lancent le 3e volet de l’École Urbania : la production d’une websérie sur la créativité en recherche et création. 

L’École Urbania invite les étudiants de l’UQAM à vivre de l’intérieur le réel processus d’une production télévisuelle, calqué sur le monde professionnel : encadrée par des mentors d’Urbania, une équipe de huit étudiants devra conceptualiser, produire, réaliser et mettre en marché une websérie de dix épisodes. La ligne directrice : la créativité à la base du processus de recherche et de création.

L’équipe de huit étudiants mettra en images l’originalité, l’intensité et l’esprit non conformiste de la créativité à l’UQAM. Les artistes comme les chercheurs repoussent les limites de leur univers : comment s’incarne la créativité à l’UQAM?

PROFILS RECHERCHÉS
Pour constituer notre cellule de création vidéo, nous recherchons les huit profils suivants :

Producteur
Assure la bonne gestion du projet : gestion du budget et du calendrier de production.

Réalisateur
Pilote créatif du projet : scénarisation (en collaboration avec le journaliste) et réalisation.

Journaliste-recherchiste
Responsable du contenu, des contacts avec les invités, de la scénarisation (en collaboration avec le réalisateur). 

Directeur de la photographie
En charge de l’aspect visuel du projet et de l'opération de la caméra.

Concepteur sonore
Responsable de la prise de son, de la création musicale, de l’habillage sonore, et du mix sonore.

Monteur
Responsable du montage. Travaille en étroite collaboration avec le réalisateur.

Designer graphique
Responsable de l’habillage graphique, assure le look général de la série. Création d'animation, si besoin est. 

Responsable des communications
Stratégie de diffusion, gestion et animation de communauté, relations de presse.

PROCESSUS DE SÉLECTION
Un comité UQAM-Urbania sélectionnera les candidats sur la base de leur expertise et de leur motivation.
À fournir :

        - Un curriculum vitæ
        - Une lettre de motivation (500 mots)
        - Un portfolio, un démo, quelques exemples de réalisations passées
        - Le ou les postes convoités sur l’équipe de production. 

Sur la base des documents reçus, l’UQAM et Urbania procèderont à des entrevues de sélection.

Les candidats doivent être inscrits à l’un ou l’autre des programmes suivants :

        - Baccalauréat en animation et recherche culturelle
        - Baccalauréat en communication cinéma, journalisme, médias interactifs, relations publiques,
        stratégie de productions culturelles et médiatiques, télévision.
        - Baccalauréat en communication marketing
        - Baccalauréat en design graphique
        - Baccalauréat en musique 

En plus d’une rémunération liée à leurs tâches sur le projet, les étudiants recevront une bourse de 500$ de la Fondation de l’UQAM.

CALENDRIER
Entre mai et décembre 2014, l’équipe devra produire dix capsules vidéo de 2 à 3 minutes chacune.

DIFFUSION
La websérie de l’École Urbania sera diffusée sur Urbania.ca ainsi que sur UQAM.tv. Le responsable de la diffusion sera en charge de trouver d’autres plateformes de diffusion.

POUR SOUMETTRE UNE CANDIDATURE
Les étudiants et étudiantes de l’UQAM intéressés à participer au projet sont invités à transmettre :
        - leur curriculum vitæ;
        - une preuve d’inscription à temps plein dans l’un des programmes mentionnés ci-dessus;
        - une lettre d’intention (500 mots maximum) dans laquelle ils indiquent clairement le ou les postes convoités;
        - et des exemples de leurs réalisations passées : un portfolio, un démo ou tout autre exemple de réalisation passée. 

à l'adresse suivante : shaida@urbania.ca avec la mention École Urbania en objet du message. Seuls les candidats retenus recevront une réponse et seront convoqués en entrevue pour la sélection finale.

Date limite pour déposer une demande de candidature : jeudi 1er mai 2014, 17 heures.
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http://urbania.ca/blog/4997/ecole-urbania-2014-2015-une-webserie-sur-la-creativiteFri, 11 Apr 2014 10:30:47 EDTUrbania sériecréativitéecole urbaniabloguehttp://urbania.ca/blog/4997/ecole-urbania-2014-2015-une-webserie-sur-la-creativite
Chez le coiffeur
En myope aiguë qui distingue à peine l’âne du bœuf sans mes lunettes, chaque tentative de me tailler la frange s’est jusqu’ici résumée en un puissant moment d’angoisse pendant lequel je ne parviens JAMAIS à glisser mes gros ciseaux d’épicerie entre le miroir et mon visage ahuri (à moins de deux pouces du miroir, je me confonds aisément avec Michael Douglas ou un séquoia). Chaque fois, ça se termine couchée au sol près du siphon à compter jusqu’à dix, le temps que mes gencives redeviennent roses et que mes reins rembarquent *petites pattes qui s’agitent dans les airs*.

En matière de coupe, on peut s’aventurer à dire que je suis so-so.

C’est donc le pepperoni dressé que je me suis dandinée jusqu’au salon de coiffure à trois portes de chez moi, un salon de secours qui fait la job quand j’ai le toupet mou et longuet 9-1-1.

Une fois assise dans la chaise qu’on m’indique, je ferme les yeux (parce que j’ai vraiment hâte à ma trime). C’est alors que je l’entends: le client moyen.

Seigneur.
Ce client incarne TOUTES LES ANGOISSES DE LA TERRE (misère sur le pauvre monde incluse).

Comme j’ai les yeux fermés (chaque coup de ciseau me garnit délicatement le casseau de milliards de micro cheveux ; j’ai mis du gloss), je ne puis que m’imaginer le monsieur à ma droite: quadragénaire, espadrilles tout-terrain et parfum de Fleecy : c’est un timide. Pauvre poulet.

Il a pris rendez-vous chez le coiffeur ; il avait besoin d’une coupe.
Ça fait trois semaines qu’il anticipe. Qu’il égraine des morceaux de styromousse en fixant sa montre. Et ce matin, il a mis son casse, sa crémone et il s’est envenu, sa belle blouse repassée comme il faut.

Et là, c’est le moment précis où il doit expliquer à la coiffeuse la petite coupe qu’il aimerait avoir. Il est prêt ; il a feuilleté des magazines. Il a même fait une capture d’écran de l’acteur qui joue dans le film où Sandra Bullock culbute au ralenti dans la stratosphère.

Couéffeuse: On fait quoi, aujourd’hui ? 
Pauvre poulet: HEU... msigneu fourqch...chqsss
Couéffeuse: Han?
Pauvre poulet: ...
Couéffeuse: ...

Chaque fois qu’il pose son cul sur cette chaise, le courage fait place au klingon.

IL VEUT UNE COUPE CHAMPIGNON, VIARGE. COMME JEANNE MANCE.
C’est pourtant si simple.

Mais ça, il ne le dira jamais. Oh no.
Parce qu’on a donc de la misère, MBA en expression de ses désirs ou pas, à verbaliser nos souhaits, le moment venu de se drafter la coupe sur une chaise de coiffeuse. Une coiffeuse qui ne veut pourtant que notre bien (et qu’on lui raconte TOUS nos secrets avant de lui acheter ce rince-crème miracle).

Le client moyen avait honte de sa demande spéciale. C’est ben pour dire, il avait quasi honte D’EXISTER.

S’il avait pu faire venir sa mère pour s’encastrer dans ses jupes, à cet instant précis, il l’aurait fait. Il se serait frayé un chemin jusqu’à l’endroit où il fut conçu. La trompe de droite.

Sa bouche n’émettait désormais qu’un filet de voix et je considérais l’idée de prendre ses signes vitaux. C’est alors que, du feu de dieu, une onde d’audace lui parcourut les sphincters et qu’il se rassit bien droit. Il allait dire quelque chose d'important : (raclement de chat de gorge) Juste un peu plus court, dans le fond.

Eille, UN PEU PLUS COURT.
Là, tu parles. On se rend à Woodstock avec ces indications-là, pis rien que d’une tinque, à part ça.

J’ai gloussé. Mais calvaire ; je venais de dire exactement la même affaire à ma trimeuse. Je voulais un toupet droit. Parfaitement au niveau, rien d’extravagant, pas de petit design ni de coupe trop enthousiaste, ce qui me mène invariablement à ressembler à Dumas.

Mais elle, elle était après m’arrondir les guiches et coupait avec appétit. Normal, puisque je ne lui avais dit que « UN PEU PLUS COURT » avec une face de « je suis tellement relax et tout ce qui va se passer ici est pas vraiment important ». Des indications qui ouvraient tant la porte à une coupe chat qu’à des mèches chunky caramel et auburn en alternance. La carte blanche.

Pourquoi diable donne-t-on toujours carte blanche à une inconnue qui a nécessairement un petit quelque chose pour Chloé Sainte-Marie ?

Oh que je me la jouais baba cool. Comme si elle exauçait mon vœu le plus cher, celui d’avoir le toupet éméché et la guiche rondelette avec la précision d’un laser (je ressemblais de plus en plus à Dumas).

Une fois la tonte terminée, j’ai souri en me regardant dans la glace pour faire plaisir à la madame. Je pense que je me suis même émerveillée. Mon nom circule d'ailleurs présentement à la Paramount tellement mon émotion était on the spot; je vais jouer dans le prochain La main qui berce l’enfant, tenez-vous le pour dit.

C’est ainsi que le client moyen et moi nous sommes retrouvés à payer à peu près en même temps, le caquet au ras de la chaussure; lui, la nuque propre propre propre (un carré parfait) et beige et moi, un toupet des années 2003 avec plein de poils sur la djeule.

La bette de bien cuit qui est pas si tant drôle qu’on affichait, fallait voir.

En franchissant le seuil de la porte, on a échangé un regard furtif. Un regard de type « veuillez me pardonner ma hâte à quitter cet endroit de choix, je dois à l’instant aller crier tout mon soûl dans un polochon, puis mourir ».

J'imagine qu'on a eu ce qu’on méritait.

La bise.]]>
http://urbania.ca/blog/4996/chez-le-coiffeurFri, 11 Apr 2014 09:08:07 EDTCatherine Ethierangoissecoupecheveuxcoiffeurbloguehttp://urbania.ca/blog/4996/chez-le-coiffeur