Urbania - blog-urbaniahttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationSun, 26 Oct 2014 01:08:00 EDT60La chanson de la (fin de) semaine



Allez, bonne fin de semaine à tous!



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http://urbania.ca/blog/5434/la-chanson-de-la-fin-de-semaineFri, 24 Oct 2014 16:26:24 EDTUrbania chanson de la semainebloguehttp://urbania.ca/blog/5434/la-chanson-de-la-fin-de-semaine
Muffin Bromance
Je me suis fait un bon ami, Pélo. Un autre assistant, mais lui,  il était assistant caméraman. C’était une coche au dessus de mon poste. Pas super big sur l’échelle hiérarchique de notre milieu, mais il avait le droit de toucher aux pitons de caméras, le chanceux!

Octobre 2008
Je passais le prendre avec le camion de la production à 5h30 le matin. Et à tous les matins, Pélo essayait de chanter Like Castanets de Bishop Allen pendant que je m’empiffrais de Timbits. 

Un des projets sur lequel nous travaillions était un documentaire sur la famille. Cette journée s’annonçait difficile. Dans un petit appartement, un père élevait ses 5 enfants, seul. Sa femme venait de mourir d’un cancer… 

L’homme cuisinait tout en nous expliquant sa difficile routine. Soudainement, une des caméras a semblé avoir un problème technique. Pélo l’a donc apporté avec lui dans la camionnette pour y faire son diagnostic. Je «backais» Pélo en restant avec l’équipe dans la cuisine. L’homme nous expliquait combien c’était difficile par les temps qui couraient. Il s’adressait à la caméra restante en disant que chaque muffin était rationné afin que chacun de ses enfants puisse en avoir un dans son lunch. 

Nous devions revenir chez le veuf le soir même pour filmer une entrevue seul à seul avec lui après qu’il ait couché ses enfants. C’était un plateau à équipe réduite, ce qui veut dire qu’il y avait seulement le réalisateur, une caméra et le gars de son. Le restant de l’équipe devait quitter. Pélo et moi devions rester pour tout ramasser l’équipement à la fin du tournage. Pendant qu’ils étaient au salon, nous étions dans la cuisine à attendre. 

Nous étions assis à la table, dans la noirceur, éclairés seulement par la petite lumière du fourneau. Le moteur du vieux frigo repartait aux 5 minutes et accompagnait le silence pesant qui était entrecoupé d’un homme qui pleure au loin.  C’est à cet instant que Pélo me regarde et me chuchote très sérieusement :

«C’est crissement pas le temps de pogner un fou rire…»

Je lui réponds que non, mais sans trop savoir pourquoi, on commence à rire comme des gamins en s’imaginant combien ce n’est pas le moment de rire. On riait en chuchotant. Comme des gros qui sillent.  On se regardait et on riait de plus en plus. Je détournais le regard car le moindre eye contact nous faisait exploser. Je déposais ma tête sur la table et camouflais mon rire dans mon dedans de coude. J’étais épuisé et mes yeux coulaient tous seuls. Chaque fois que je levais ma tête Pélo faisait une grimace différente. 

Ça t’est déjà arrivé de rire à ne plus être capable de respirer?  Que tu aies mal au ventre au point de te lever debout et t’appuyer sur un comptoir pour rire? C’était ça… Mais dans un silence total où nous n’avions juste pas le droit de rire. Comme j’allais exploser et hurler, je me retourne et Pélo, insouciant et dans l’unique but de me faire rire, est en train de se rentrer un muffin complet dans la bouche en faisant une face de cave…

Il est devenu blanc.  Il a arrêté de mastiquer. Les muscles de son visage ont forcé et formé une émotion qui m’était encore inconnue.  Un mix entre la honte pis QU’EST-CE QUE JE VIENS DE FAIRE LÀ TABARNAK? Il recrache le muffin et me dit : « Je viens de voler un muffin à un enfant pauvre, c’était pas les nôtres hein? » 

C’est ça Pélo… 

Il est parti à pleurer. NO JOKE! 

Un ami de gars qui pleure de honte, moi, ça me faisait rire. 

Arrange-toi avec ça Pélo! Il croyait que c’était des muffins pour l’équipe! 

Pélo : « Est–ce qu’ils vont s’en rendre compte man? »
Moi : « C’est une plaque à muffins, y’en a 11 pis un espace vide! Crisse que oui, ils vont s’en rendre compte! »
Pélo : « Je vais aller en acheter au Tim! »
Moi : « Tu vas leur dire quoi? Tenez, j’ai bouffé un de vos muffins parce que je n’ai pas de cœur pis j’ai tellement pitié de vous que je vous achète de la bouffe? »

Il n’arrêtait pas de dire : « Fuck que je suis cave! » en se tenant la tête à deux mains. 

Moi? J’étais INCAPABLE D’ARRÊTER DE RIRE. C’était tellement wrong!

C’est là… Qu’il a ouvert la porte de derrière et s’est enfuit en courant sous la pluie me laissant seul dans la cuisine avec le frigo bruyant et une plaque comprenant seulement 11 muffins… 

Là, ce n’était plus drôle. 

Je me suis retourné, j’étais désemparé… Le sacrament me laissait là tout seul. Cinq minutes plus tard, le réalisateur est sorti de la pièce avec les autres et je devais ramasser tout l’équipement, seul

Comme je m’apprêtais à quitter et que je devais aller voir le monsieur pour lui dire ce que Pélo avait fait, m’excuser en son nom et lui offrir de payer une douzaine de muffins pour nous faire pardonner, la porte s’est ouverte. Pélo était là, tout trempé, et m’a ordonné de quitter: il voulait parler avec le père. J’ai refusé en souriant. Je voulais voir mon ami s’excuser!

Nous étions trois dans l’embrasure de la porte. Pélo a sorti ses mains de ses poches et a donné des dizaines de petits sacs de… jujubes! Il s’excusait en bégayant. Les petits sacs  tombaient parterre. Pélo, maladroit, se penchait et les ramassait en s’excusant. 

DES FUCKING JUJUBES! 

Il avait couru sous la pluie pendant 30 minutes dans le quartier et n’avait rien trouvé d’autre qu’un petit dépanneur. 

L’homme a pris les jujubes en riant. Pélo a quitté les yeux pleins d’eau. 

L’homme a rit fort et m’a dit : « C’était pour vous autres ces muffins-là! C’est la production qui a payé. »  

Je ne l’ai jamais dit à Pélo… Je trouve ça plus drôle qu’il pense qu’il a "volé un muffin" à une famille démunie. 

Dans quelques semaines, mon ami Pélo présentera la deuxième saison de sa populaire émission Ouisurf. Nous en avons fait du millage depuis l’époque où nous chantions Like Castanets en mangeant des Timbits dans la van de prod. Bravo man!

#bromance 
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http://urbania.ca/blog/5433/muffin-bromanceFri, 24 Oct 2014 11:55:42 EDTJonathan Robergebloguehttp://urbania.ca/blog/5433/muffin-bromance
Faut qu'on se parle
J’ai toujours eu un petit quelque chose avec les chiffres. Je n’ai pas une mémoire phénoménale, j’oublie souvent les détails importants d’une confidence qu’un ami proche me fait en tremblant du mandibule et je me demande régulièrement si je débute un alzheimer précoce.

Mais demande-moi le numéro de téléphone de mes petites amies du primaire ou la date de fête du gars qui passe le balai dans l’entrée du Pharmaprix, et je te sors ça en marchant sur un ballon. Retenir les choses qui ne servent à rien et y penser souvent, c’est un mode de vie. C’est pourquoi chaque année, même si y’a pas matière à célébrer et qu’il y aurait bien plus matière à me trouver un trente sous pour aller user c'te journée-là aux machines à boules, le 23 octobre est jour de flashbacks.

J’ignore pourquoi, mais j’ai remarqué qu’il se passe peu d’années sans que le 23 octobre soit une journée étrange (si tu es en train de lire cet article après une journée à te battre contre une octogénaire pour partir avec le dernier fer à friser au prix du gros, sache que le 23 octobre, c’était hier. Espérance que t’as passé un bien beau boxing day).

Pourquoi le 23 octobre?
Eh bien tout a commencé devant un casseau de frites. J’étais, à l’époque, follement, éperdument et viscéralement amoureuse d’un garçon. Et ça adonnait bien, parce qu’on sortait ensemble. Mon premier vrai chum.

Vous savez, le genre de garçon que tu comprends ben pas comment ça se fait que t’es avec (bon j’avais peut-être un peu le self-esteem vacillant, aussi): joueur de basket, alors que j’avais de la misère à attraper un ballon de kinball, chevelure de jeune premier, alors que j’arborais la fameuse coupe en pic-pics qui donnait l'impression que je venais de Chambly, mais que toute jeune femme en devenir se doit de porter pour se déclarer furieusement funky. Teints noirs avec des mèches rouges, à part ça. Un genre de bonne prise.

Toujours est-il que ce jeune homme me prêtait parfois son hoodie rouge serti d’un crest à’ mode, et au moment précis où je sentais les effluves d’Acqua Di Giò imprégnées au collet, j’aurais sacré Kate et Leo en bas du bateau d’une simple jambette pour me déployer les petits bras au bout du Titanic en sifflant de la flûte de pan. La reine était loin d’être morte, pis c’était moé.

C’était moé, jusqu’au jour où j’ai reçu le pire hotmail qu’on peut pas recevoir: faut qu’on se parle.

J’avais beau être rookie en matière de Danielle Steel, je savais que c’était pas JUSTE pour que je lui redonne son beau chandail rouge avec un crest.

Et le lieu que ce formidable prince avait choisi était ma foi tout à fait indiqué pour l’objet de la conversation: le McDonald’s des années 90 du métro Longueuil. Ce lieu accueillant. Ce lieu tamisé. Mais surtout ce lieu où crissée là j’allais bientôt être.

C’est que mon petit chum de gars avait lu quelque part que pour parler des affaires importantes, t’étais mieux de faire ça dans un lieu public. Un terrain neutre où les épanchements ne figurent pas au happy meal. Un temple où toute conversation serait ponctuée de la petite sonnette du chauffe-chaussons. Une dame qui avait décidé de pas mettre de brassière sous son t-shirt Humeur Design était assise à la table de biais; sundae en main, je vous dis qu’elle aurait pas changé sa loge avec personne d’autre. Elle savait ce qui allait se passer pis le caramel était juste chaud parfait.

Chancelante mais déterminée à faire croire que je maîtrisais parfaitement la situation, j’avais insisté pour qu’on se commande quelque chose, parce que ton premier grand amour, tu veux le faire durer le plus longtemps possible, même s’il est juste rallongé d’un McFilet. J’EN AI PRIS DEUX.

Nous sommes retournés s’asseoir à la fantastique table qu’il avait élue pour faire le sale travail, celle près des toilettes.

Quelques semaines avant, mon joueur de basket m’avait demandé de lui écrire une lettre. Vous savez, comme dans les films. Lui, m’avait envoyé une cybercarte avec un gif animé de poménarien et moi, ben je lui avais écrit cinq pages d’amour sur du papier turquouèse. C’était la toute première fois que je faisais ça. Et je vous dis que je m’étais donnée; chaque mot pesait cent livres et je nous promettais une vie à l’image de la chorégraphie de Johnny qui s’en va retrouver Bébé sur le stage. Je l'aimais assez.

Mais apparence que ça lui a fait un peu peur, puisque trois jours plus tard, je mangeais un McFilet près des bécosses.

Sous les bruits de séchoir qui annonçaient un an 2000 pétri de percées aéronautiques, il m’a donc annoncé que je n’étais plus à la hauteur de son standing, qu’il était pas certain de m’avoir jamais aimée, mais que j’avais un beau style. J’AVAIS UN BEAU STYLE.

C’était la veille de mes premiers intras de biochimie, le genre de veille sacrée que toute étudiante devrait passer en pantoufles, le casseau plein de chocolat chaud aux guimauves à se dire que demain, c’est le jour le plus important de sa vie, celui où tu vas changer le monde et faire des schémas de transmission de virus comme un caricaturiste dessine aisément toute personne en patins de fantaisie.

À la place, je pleurais dans un filet de poisson et je restais là, assise devant lui qui me tenait théâtralement les mains qui tenaient mon sandwich humecté (que je mangeais pour me donner contenance), souverainement satisfait du niveau de drame de sa mise en scène.

Le 23 octobre.

Et les années qui ont suivi, il s’est toujours passé quelque chose d’étrange en cette douloureuse date in memorium.

Une année, un photographe du dimanche m’a demandé de me prendre en photo dans une cabine d’autobus, alors que j’attendais la 1 en mangeant des pinottes. Et moi, gagnée de gêne et de pas savoir par où fuir, j’avais posé, sourire serti de la petite pellicule qui enveloppe les pinottes, en silence, et je dois à présent figurer dans l’album d’un Buffalo Bill, quelque part sur la rive-sud.

Une autre année, toujours le 23 octobre, je me suis disloqué le genou en servant de l’agneau dans une noce. Juste au-dessus de la cliente assise, alors que je lui tendais son plat, rotule hors de son socket, dans l’espoir qu’elle finisse par tasser ses cristi de petits bras pour que je puisse déposer les cinq livres de viande devant sa belle blouse et tomber à la renverse dans les bras d’une autre serveuse. Ce que je fis.

Et hier, j’ai croisé mon voisin étrange au coin de la rue. Comme d’habitude, nous nous sommes échangé un « bonjour » moyen franc, jusqu’à ce qu’il me réinterpelle pour approfondir la converse en ayant l’air d’avoir rassemblé tout le courage depuis la Première Guerre: « Avez-vous mangé quelque chose de délicieux, aujourd’hui? AUQUÉ CIAO !!! » rire de crécelle, puis il quitta.

« Manger quelque chose de délicieux auqué ciao » comme on souhaite la bonne année à un collègue de travail. Douleur au genou. Flashback de pinottes. Buffalo Bill habite entsoure de chez moi. Maxime qui m'a crissée là y'a 15 ans.

J'ai hâte à l'an prochain.

La bise
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http://urbania.ca/blog/5432/faut-quon-se-parleFri, 24 Oct 2014 09:13:03 EDTCatherine Ethier23 octobrese faire crisser là dans un Mcdopremier amourintras de biochimiepleurer dans un McFiletpinottesrotuleQuelque chose de délicieuxbloguehttp://urbania.ca/blog/5432/faut-quon-se-parle
Éditorial: GamerGate, Urbania et vousRécapitulation des faits: en août, un gars écrit un billet de blogue accusant son ancienne copine, développeure de jeux vidéos indépendants, d’avoir couché avec des journalistes spécialisés en échange de couverture et de critiques positives, allégations qui ont depuis été démontrées fausses. Un post d’ex fâché comme il y en a eu des millions dans l’Histoire. Normalement, ça n’aurait pas dû aller plus loin que le gars qui, paqueté au bar avec ses chums, traite son ex de tous les noms. C’est pas joli, ça devrait pas arriver, mais bon, une rupture difficile ça fait rarement ressortir le meilleur de l’humain.

Le problème, c’est qu’une masse informe de trolls s’est emparé de l’histoire pour lancer une campagne de harcèlement envers ladite développeure, Zoe Quinn. Menaces de mort, divulgation d’informations personnelles, publication de photos personnelles (nues et autres), harcèlement de la famille et des amis… bref, y’a rien qu’ils n’ont pas fait. Pourquoi? Ben, parce que… c’est ça qui est dur à dire, et c’est là que se trouve le noeud de l’affaire. La seule raison qui semble tenir la route, c’est que Quinn est une femme. Et qu’elle a osé s’aventurer dans un milieu d’hommes. 

Comme si c’était pas déjà assez ridicule… À partir de là, ça part vraiment en couille. 

Certains saisissent l’occasion pour imaginer un grand complot médiatique où tout le monde couche avec tout le monde en échange de visibilité. D’autres ne font que s’amuser à rendre la vie de Quinn un peu plus invivable. D’autres prennent sa défense: notamment la blogueuse féministe Anita Sarkeesian, qui avait déjà commencé une série de vidéos YouTube à propos de la position des femmes dans le monde du (des) jeu(x) vidéo(s). Ça n’a pas été long que la bande de villageois armés de torches qui s’est donné le nom de #GamerGate lui tombe dessus, comme sur tous les autres « SJW » (Social Justice Warrior, un terme qui est, paraît-il, péjoratif). Ça s’est rendu loin: la semaine passée, Sarkeesian devait donner une conférence dans une université au Utah; la conférence a été annulée, parce qu’un maniaque avait annoncé qu’il irait faire un tour avec quelques armes à feu pour faire « a Montreal Massacre-style attack », faisant référence aux événements de Polytechnique. Parce qu’il faut bien s’inspirer de quelque chose, hein. 

Bref. Vous pourrez en lire plus sur Wiki ou ailleurs. Les faits sont là. Allons plus loin. 

Si on a tant attaqué Zoe Quinn et Anita Sarkeesian, c’est surtout parce que ce sont des femmes qui percent dans un milieu typiquement masculin, un milieu où les femmes ont traditionnellement été considérées comme purement décoratives ou accessoires. 

C’est compréhensible, en quelque part. On parle ici d’une culture complète basée depuis ses touts débuts sur le fait que les femmes sont des trophées à obtenir ou des princesses à sauver. Quand des personnages féminins arrivent, ce sont des Lara Croft aux seins démesurés ou des personnages de Dead Or Alive où il nous est possible de choisir le niveau de « jiggle » mammaire dans les options du jeu, entre le volume de la musique et le degré de difficulté. L’objectification de la femme est partie intégrante du milieu du jeu vidéo depuis longtemps, et il est important de saluer le progrès énorme qui a été accompli ces dernières années par une grande portion de l’industrie afin de normaliser la présence féminine dans la communauté. Parce qu’il y a toujours eu des filles gamers. On a juste longtemps pris pour acquis qu’elles étaient des un peu des sous-joueurs -- parce que la performance à StarCraft est bien évidemment dépendante de la quantité de testostérone produite. 

Il en va de même dans plusieurs sphères de la société - et ce n’est pas parce qu’on se retrouve maintenant avec un ventilateur rempli de merde dans la communauté des jeux vidéos qu’on doit penser que le problème n’est pas systémique. 

Les médias ont eu un grand rôle à jouer dans #GamerGate: non seulement ont-ils été utilisés comme points de pression pour faire reculer des défenseurs de Quinn (comme quand Gamasutra s’est vu résilier un contrat de pub par Intel suite à des plaintes répétées concernant un article pro-Quinn), mais ils ont été plusieurs à décider de se tenir loin de la controverse, ne voulant pas alimenter un débat déjà toxique. À ce sujet, l’éditorial de Polygon paru la semaine passée est absolument à lire

Le résultat aura été que la campagne de terreur a pu continuer à battre son plein sans que les voix habituellement présentes au débat s’élèvent contre elle.  Comme le dit l’éditeur de Gawker: « Ne pas avoir couvert cette action est le premier raté que nous, chez Gawker, avons commis. (Failing to adequately cover this act of spinelessness was the first big fuck-up we at Gawker committed.) » 

Les médias de masse ont encore leur place seulement s’ils se placent fermement au sein du débat. Il est impossible de réfléchir la société ou une sphère de celle-ci sans participer aux controverses qui l’allument. Un média qui joue à l’autruche, c’est un média inutile. 

Urbania est, à mon sens, une plateforme d’opinion et de divertissement sans pareil. Nous ratissons large et, je crois, nous le faisons bien. Certains peuvent trouver que nous manquons de substance, d’autres diront que nous sommes trop lourds, soit. Chacun a sa vision de ce qu’Urbania doit être, et la mienne a plus de poids que la vôtre seulement parce que c’est moi qui appuie sur le bouton pour publier les textes; sauf que c’est vous qui cliquez dessus pour les lire, alors si personne ne vient, je n’ai pas fait ma job. Idéalement, nos deux visions coïncident et tout le monde est content. 

Sauf qu’il y en a qui ne sont pas contents, justement. Pas une maudite miette. 

Ceux qui venaient commenter des profondes bêtises sur les billets féministes de Sarah Labarre. Ceux qui écrivent des commentaires sur les billets de Rabii où ils le traitent de fag. On les connaît. Je vous connais, parce que je vous vois. Je vous lis, tous. 

On a une position éditoriale généralement assez progressiste. Ce n’est pas écrit nulle part, mais on s’entend qu’on a tendance à être plus « Radio-Can » que « Radio-X ». Ça ne veut pas dire qu’on ne publiera pas un texte qui expose un point de vue de droite, s’il est intéressant. Ça veut juste dire qu’on a plus tendance à être pour l’égalité des sexes (donc féministes, malgré ce que quelques personnes peuvent penser) et contre la discrimination basée sur l’orientation sexuelle, la race, la religion, l’âge, la richesse ou n’importe quoi d’autre. Pour la justice sociale, en gros, même si c’est pas du tout dans notre mandat; ça tombe juste sous le sens. Dans le fond, on essaie juste d’être intelligents et drôles. Idéalement les deux en même temps. Et l’antiféminisme, le racisme ou l’homophobie, c’est ni intelligent, ni drôle, fait que. 

Jusqu’ici, on a toujours eu une politique de modération de commentaires assez lousse, qui se résumait à « Tant que tu n’attaques pas l'individu, tu peux dire à peu près ce que tu veux. » Ça voulait dire que « Éric Samson est une vidange », ça ne passe pas, mais « Cet article est une vidange », ça passe. Même si ce n’est pas très édifiant. 

Ou plutôt, ça passait. 

Parce que vous commencez à être lourds, parfois, gang. Je ne veux pas dire que la section de commentaires devrait être une zone 100% pitchage de fleurs. Mais il y a sûrement moyen d’avoir un débat sensé et intelligent, non? 

On n’a pas envie d’enlever les commentaires anonymes sur urbania.ca. C’est super important pour nous -- on a juste à penser à toutes ces fois où on a publié des histoires d’agressions sexuelles ou de trucs touchants/lourds comme ça et où des membres de la communauté sont venus, sans se sentir obligés d’entrer leur compte Facebook, nous raconter leurs histoires. C’est aussi à ça que ça sert, Urbania, et on tient à garder ça. 

Pour la première fois de l’Histoire d’Urbania, on a été obligés récemment de désactiver les commentaires sur certains billets, parce que ça dégénérait vraiment trop. On a même reçu des emails de gens qui disaient que ça leur tentait de moins en moins de venir sur Urbania, parce que les commentaires ruinaient leur plaisir de lecture. On aimerait ça que ça n’arrive plus. On aime ça vous lire, d’habitude, et on aime ça savoir ce que vous pensez de ce qu’on fait, parce qu’on le fait pour vous autres. 

On a un nouveau site qui s’en vient bientôt, mais d’ici là, essayez d’être au moins corrects dans les commentaires. Je pense que tout le monde va avoir plus de fun. 

Et si vous avez des questions ou des commentaires sur Urbania ou autre chose, n’hésitez pas à m’écrire au eric@urbania.ca

Merci, tout le monde. On se voit au lancement? 

--Éric Samson
Rédacteur en chef web - urbania.ca 

Crédit photo: Eric Solheim
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http://urbania.ca/blog/5431/editorial-gamergate-urbania-et-vousThu, 23 Oct 2014 17:09:41 EDTÉric Samsoneditorialbloguehttp://urbania.ca/blog/5431/editorial-gamergate-urbania-et-vous
Lobotomie
Des fois, c’est tellement doux d’écouter des gens doués pour l’heureux. Ça m’aide à y croire. Ça me rassure. « C’est » un possible. Mais c’est surtout agréable de pouvoir être content, pour autrui, de son content à lui.  

Cet ami donc me papotait de ce qu’il nommait, en murmurant pour pas que ça se sauve, son « coup de foudre ». Y dégoulinait ses mots, les sons du saxophone qui lui jouait dans le cœur sortaient de son corps. Il avait cette manière de nommer des instants précis qu’il avait figés dans sa tête : elle qui porte sa chemise à lui; elle qui étudie dans son lit; elle qui lui montre telle affaire, dit telle affaire, fait telle affaire. On en était presque à « elle qui brosse ses dents ». Presque. 

Et plus il parlait, plus il s’emballait. Il se voyait bien s’emballer, mais pouvait pas tant ni vraiment s’arrêter. Ça voulait pas rester en-dedans. Il était en train de me contaminer solide avec sa joie, me donnait cette envie d’aimer fort de même, moi aussi. De parler avec du gnangnan dans la voix, des papillons dans le ventre, du tout-mou dans l’étant. 
 
Pis là, il a dit ça, en doutant momentanément de la durée de son bonheur : « Mais si ça marche pas, j’aurai au moins eu la chance, même si c’est juste pour un bref moment, d’être entré dans sa vie. » avec les yeux brillants, quasi émus, de circonstance. Esti. J’ai un peu fondu de aaaaaaw su’ ma chaise. Même s’il y avait, dans cette phrase qui tue toute, tout ce triste en suspend, la possibilité de la brièveté du parfait, de l’insuffisance anticipée, ce qui le tenait, lui, c’était tout le awesome de cette fille, awesome qui l’avait touché jusque dans son fond. Awesome qu’il se contenterait d’avoir pu côtoyer, touché, aimé advenant un « si » sur lequel il ne souhaitait pas trop s’arrêter. J’ai un petit doute ici entre l’idée et le réel, parce que du love de même, tu veux pas vraiment te contenter de l’avoir eu pour deux secondes dans le creux de la main, mais c’est l’idée, de toute manière, qui compte. Tout le romantico-kitsch-chaton de l’idée. Et y’a juste les amoureux qui tiennent des idées de même dans leur tête. 

Et je les trouve bin’que trop beaux. Dans leur déversement, leur épanchement, leur pâmé, leur check-moi-les-ailes-du-bonheur-que-j’ai-dans-le-dos. Parce qu’y donnent le goût. Avec leur être, leurs fonds de yeux, ces mots qu’ils  roulent dans leur bouche, le temps de les aimer fort avant de les laisser couler. 

Et il y a tout ce qu’ils ne disent pas. Qu’ils ne peuvent pas nécessairement dire parce que l’amour dans son too much a des apparences de lobotomie.    

Mais s’ils disaient toute… 

[Quand l’autre te rentre tellement fort dedans le cœur que son existence, même quand il est pas là, te pulse tout le temps dans le ventre. Que tu pourrais y dire que tu ressens le feu de la vie crépiter dans tout ton toé quand il est à tes côtés. Que parfois, tu t’entends pu penser tellement la mélodie du bonheur joue fort dans ta tête, juste parce qu’il t’a frôlé la main, le pied, le pantalon. Que la lumière du soleil, ce midi-là, tombait juste trop bien dedans ses yeux.  Que le temps qui passe dans son absence, tu voudrais le pitcher au bout de tes bras. Que tu pourrais l’écouter parler non-stop tellement tout ce qu’y dit, même les considérations météorologiques, ÇA TE PARLE. Que c’est ton humain préféré et que tu te gosserais ben un bracelet de l’amour à partager pour l’afficher.] 

...ça pourrait être malaisant. 

Bref. J’me disais que si kekun disait ça de moi, un jour, estiche, le précieux, toé. Que si je le disais en même temps que ladite personne, pas certaine que j’aurais assez de filtre pour pas la laisser transparaître ma lobotomie. Je pourrais sans doute faire vomir des gens dans leur bouche et y’aurait mon amour-propre qui saignerait abondamment. Mais je le ferais, tirer le rideau sur la fenêtre de mon cerveau. Pis j’assumerais. Parce que, voir que du bonheur grand de même faut se garder ça pour soi. Voir. Quand m’a dire à kekun « Hiroshimoi », c’est certain que m’a te l’étaler dans face. Pour que ça pulse jusqu’à toé, itou. Le goût ben sucré du bonheur.   

J’existe aussi là : Les p’tits pis moé, pis là.
Illustration: Catherine d'Amours
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http://urbania.ca/blog/5428/lobotomieThu, 23 Oct 2014 11:48:26 EDTVéronique Grenierhiroshimoibloguehttp://urbania.ca/blog/5428/lobotomie
Des nouvelles de David & Diamond - Portraits de Montréal














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http://urbania.ca/blog/5427/des-nouvelles-de-david-diamond-portraits-de-montrealWed, 22 Oct 2014 13:14:29 EDTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5427/des-nouvelles-de-david-diamond-portraits-de-montreal
L’être humain a besoin de douceur
Mon cœur n’était plus un muscle rose, chaud, tendre et vivant. Enfin, il existait encore, cet oiseau fragile. Mais il avait une enveloppe dure comme une assiette de céramique. Fissurée. Avec du vent qui souffle dans ses craques. Un vent d’anxiété. Un vent méchant qui ne prend pas beaucoup de vacances… Qui souffle, qui souffle, qui crée des peurs comme des ombres géantes qu’on essaie d’éviter. Épuisant.

C’est la vie qui avait fait ça. Rien de trop dramatique ou de traumatique. Des carences affectives héritées de l’enfance : pas trop de place pour les besoins et émotions de l’enfant que j’étais. Des déceptions amoureuses adolescentes. Des deuils. Une dépression jamais soignée au début de l’âge adulte. Une propension génétique à l’angoisse, aux peurs qui gonflent et s’emballent et creusent des chemins pour mieux revenir hanter leur hôte. Une estime personnelle bringuebalante. 

Et, depuis des années, une relation amoureuse qui n’en était plus une, qui se nourrissait aux critiques et aux reproches. J’avais dit au père de mes enfants : ça me casse. Tes blâmes et ta foudre verbale me brisent. Ça ne se recolle pas... Il n’était pas capable de m’aimer autrement, faut croire. (Je n’étais peut-être pas assez aimable, en étais-je venue à penser.) Juste avant que je ne m’extirpe de cette relation, j’avais le dedans des joues qui goûtait amer. J’étais comme une plante qu’on a oublié d’arroser. Dont la sève est devenue toxique. 

L’être humain a besoin de douceur.

En tout cas, moi j’en avais besoin. Tellement. Peu de temps après ma séparation, j’ai fait une séance d’art-thérapie avec la sœur d’une amie qui étudiait là-dedans. Une heure avec de grandes feuilles et des pastels, de la gouache, des crayons-feutres, tout ce que je voulais. L’expérience a été presque violente. Des feuilles et des feuilles de traits noirs et rouges,  projetés avec fureur sur le papier…. Des mètres de colère refoulée, en pastel gras. La thérapeute avait les yeux ronds (je n’avais pas l’air d’une furie, quand je suis entrée là – je n’ai pas vraiment l’air d’une furie en général!).

Puis, doucement, en fin de séance, du bleu pâle est apparu. Ensuite du rose. Du blanc. La toute dernière feuille représentait un bébé dans les bras d’une maman au milieu d’une tempête de gros flocons de neige tombant en silence. La thérapeute m’a demandé de choisir deux mots pour représenter mon dessin. J’ai choisi « douceur » et « enveloppement ». J’avais tellement besoin de douceur et d’enveloppement. J’avais froid, seule sur ma branche. Froid et peur comme un pinson tremblant devant un faucon menaçant. Mais il n’y avait pas de faucon. Le faucon était dans ma tête.

Il a d’abord fallu que j’aille chercher de l’aide pour me rafistoler. C’est notre privilège d’êtres humains du XXIe siècle d’avoir accès à des thérapies éprouvées…. Et j’ai fait de la méditation. Pour m’apaiser. Pour voir plus clairement le présent, entre mes ruminations du passé et mes anticipations anxieuses. J’ai fini par l’apercevoir. Il était là, lac calme au clair de lune. Il y avait plein de beau dans mon présent : des enfants, des amis, une famille, des projets, un appart juché dans les arbres. La lumière de la fin de l’été. Des choses que je ne voyais plus dans mon ancien brouillard.


***
J’en étais là, à me rabibocher tranquillement, quand ta route a croisé la mienne, il y a un an. J’avais recollé quelques morceaux. Le vent soufflait moins fort. Tu ne savais pas exactement d’où j’arrivais.

Tu m’as dit que j’étais « jolie ». Tu paraissais séduit par mes projets, mes passions, ma « bienveillance ». Tu ne me critiquais pas, tu m’encourageais. Il était doux d’être avec toi en voiture, au musée, sur la rue, partout. Doux et épeurant. Se laisser aimer, c’est risqué. 

Ma psy : N’écoute pas ta peur qui parle.
Moi : OK, je mets mes bouchons.

Ton corps, tes mains, ta bouche, tes yeux ont doucement chauffé mon glacier. Au centre, mon oiseau de cœur a repris quelques plumes. Je te disais : « t’es sûr que tu existes? ».

Tu ne savais pas que tu n’étais pas juste en train de me faire l’amour. Que tu étais aussi en train de me réparer. Comme Gepetto répare Pinnochio, le ramène à la vie après son naufrage dans l’épisode de la baleine… Pour vrai, c’était un peu ça…

Peut-être que si tu avais su tout cela, tu serais parti. Peut-être que ça t’aurait fait peur.

Peut-être aussi que tu le sentais que tu me réparais. Et que ça te faisait du bien. 

Peut-être que ça te réparait aussi? 

Le psychologue américain Harville Hendrix dit qu’aimer quelqu’un, c’est « réaliser que notre relation amoureuse a un but caché : guérir nos blessures d’enfance a tous les deux ». Trouves-tu que c’est vrai?

Aujourd’hui, tu lis ce billet en même temps que les autres lecteurs d’Urbania. Probablement assis à ton bureau en train de manger un sandwich. Je t’avais prévenu que mon texte parlerait de toi. J’espère que tu lis le message qui est caché entre les lignes : je t’aime. Toi, oui, toi, qui mange un sandwich dans une tour du centre-ville. Toi, je t’aime.

Dehors, c’est l’automne, comme l’an passé quand on s’est rencontrés. Mais je ne suis plus tout à fait le même oiseau.  Mon cœur a grossi, il chante dans ma poitrine. Mon ciel est clair. 

Et je n’ai plus froid.

Émilie, des RoseMomz

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http://urbania.ca/blog/5426/l-etre-humain-a-besoin-de-douceurWed, 22 Oct 2014 11:41:07 EDTLes RoseMomzroseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5426/l-etre-humain-a-besoin-de-douceur
Marco Di Vaio : 9 épisodes marquants d'une grande carrière
Ce billet est présenté par l'Impact de Montréal.

Depuis l'été 2012, les plébéiens de la Belle Province peuvent se délecter des prouesses d'un tel spécimen, dans le Circus Maximus local. Un loup Romain de surcroît, comme pour ajouter une couche au vernis de sa légende... Regard glacial, dégaine de dur à cuire, Marco Di Vaio aura marqué à jamais l'histoire de notre foot, lui qui tire sa révérence ce samedi, au Stade Saputo, après une glorieuse carrière de 20 ans.

Afin de célébrer les accomplissements de celui qui donne l'impression d'accrocher ses crampons beaucoup trop tôt, malgré ses 38 ans, voici 9 épisodes marquants de sa carrière, qui confirment son statut de héros, des deux côtés de l'Atlantique: 

1- La révélation Parmesane (1999-2002)
Bien qu'il ait connu son éclosion offensive avec Salernitana, après des passages plus  discrets à la Lazio, Vérone et Bari, Marco Di Vaio obtient ses premières lettres de noblesse avec Parme, où il marquera 41 buts en 83 apparitions. 

2- L'amour de la Vielle Dame (2002-2004)
Son excellente tenue avec le Gialloblù lui a valu d'être convoité par de grandes écuries, et ce sera finalement la Juventus de Turin qui attirera Di Vaio dans ses filets. Bien qu'il n'ait pu émuler ses récents exploits sous son nouveau maillot, son passage à la Vielle Dame a été un point tournant dans sa carrière. «Ça a changé ma vie. Si je joue encore à 38 ans et que je continue à marquer des buts, c'est grâce à ce que j'ai appris là-bas, l'importance de chaque entraînement et l'hygiène de vie. », racontait-il récemment en entrevue pour le magazine So Foot

 
3- Marco l'Italien (2001-2004)
Sous Giovanni Trapattoni et Marcello Lippi, Di Vaio aura porté le maillot Azzurro 14 fois, inscrivant deux buts. Son aventure en équipe nationale prend fin prématurément toute fois, alors qu'il évolue en Espagne et ne cadre plus dans les plans du staff technique, principalement en raison d'un surplus de talent en attaque.



4- La conquête d'Europe (2004)
Bien que son court passage à Valence ait été rempli de déceptions, Di Vaio y a soulevé le trophée plus important de sa carrière, alors que son premier but en match officiel avec le club espagnol s'est avéré être le but gagnant de la finale de la Supercoupe d'Europe. 


5- Le dieu Bolognais (2008-2012)
Après la déception valencienne et un passage raté à Monaco, Marco Di Vaio rentre au bercail pour contribuer à la promotion du Genoa CFC en Serie A. L'année suivante, il se joint au Bologne FC où, de son propre aveu, il passera les meilleurs moments de sa carrière. Dès sa première saison avec les Rossoblù, Di Vaio termine en tête des marqueurs de la Serie A avec 24 buts. Il en marquera un total de 65 en 143 apparitions, s'élevant au rang de demi-dieu de la région Émilienne.


6- Le saut en MLS (2012)
Premier nom d'envergure internationale à se rejoindre à l'Impact pour les débuts de son aventure MLS, Marco Di Vaio fut accueilli en grand par les partisans du club. L'italien leur rendra bien cet amour, ayant un effet immédiat sur les performances de l'équipe et sa popularité auprès du public québécois. Sa présence aura aussi eu pour effet d'attirer son ami de toujours, le légendaire Alessandro Nesta, qui terminera sa carrière sous les couleurs de l'Impact.


7- Les championnats canadiens et la CONCACAF (2012-2014)
Bien que l'impact n'ait pas encore réussi à s'imposer en MLS, Marco Di Vaio a été instrumental dans les deux conquêtes consécutives de la Coupe des Voyageurs (Championnat Canadien) en 2013 et 2014, synonyme de ticket pour la Ligue des Champions CONCACAF. L'Impact est présentement qualifié pour les quarts de finale de la compétition, qui se tiendront en février prochain. 


8- La conquête de l'Amérique (2014)
Marco Di Vaio a su se tailler une place de choix aux côtés des Thierry Henry, David Beckham, Roy Keane et tous les autres grands qui sont venus apporter leur magie à cette ligue en pleine croissance. Avec ses prestations étincelantes, il restera dans l'imaginaire des amataurs de foot, aux quatre coins de l'Amérique du Nord, comme l'un des buteurs les plus talentueux à avoir évolué en MLS. 



9- Des adieux sous le signe du but 
Marco Di Vaio a inscrit 33 buts en 75 rencontres avec le bleu-blanc-noir, dont un superbe doublé, à peine quelques jours après avoir annoncé sa retraite. Cette performance, garante de son incroyable forme physique, laisse aux amateurs du bleu-blanc-noir la claire sensation que le Bomber a encore une ou deux bonnes saisons dans les jambes. Ce samedi au Stade Saputo, vous aurez la chance de pouvoir le constater...


Grazie per tutto Marco, in bocca al lupo!

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http://urbania.ca/blog/5425/marco-di-vaio-9-episodes-marquants-dune-grande-carriereTue, 21 Oct 2014 14:22:06 EDTArcadio Marcuzzibloguehttp://urbania.ca/blog/5425/marco-di-vaio-9-episodes-marquants-dune-grande-carriere
Le béguin pour le bégaiement
Le bégaiement. 

C’est vraiment bizarre et à la limite du malsain je sais. Il y a quelque chose d’un peu immoral à apprécier de voir quelqu’un qui cherche ses mots pis qui s’enfarge dedans.

C’est un peu comme les anglophones qui se forcent pour me parler dans un français cassé. Ça a le même effet sur moi. J’deviens mou, toutes mes convictions souverainistes prennent subitement le bord pis j’suis comme AMÈNEZ MOÉ ÇA C’TE CONSTITUTION-LÀ QUE J’VOUS SIGNE ÇA. 

Je sais pas d’où ça vient, cette préférence pour la phonétique fragile. Pis j’en parle pas souvent parce que chaque fois ça fait sourciller le monde. Mais comme c’est la Journée mondiale du bégaiement demain j’ai le goût de m’assumer et de dévoiler mon timide amour pour les personnes avec un problème d’élocution. 

J’ai toujours prêté une oreille plus attentive aux personnes qui parlaient moins ou qui avaient de la misère à s’exprimer. Et pas seulement par compassion.  

J’aime comment ils ne gaspillent aucune voyelle. Le soin avec lequel ils choisissent leurs mots. J’aime aussi comment certains autres découpent leurs syllabes comme le ferait de grosses ciseaux dans du papier-mousse. 

Mon premier béguin pour une personne bègue s’est produit dans la télésérie Tu m’aimes-tu. Je suis tombé amoureux de la veuve qui avait une surcharge d’émotions et qui avait toutes les difficultés à les exprimer. Dans toutes ces adversités, elle dégageait une puissante délicatesse que je trouvais irrésistible. 

Depuis, même si les bègues travaillent fort pour se débarrasser de ces problèmes (ce que je leur souhaite de tout cœur), je peux pas m’empêcher d’apprécier ces petites tensions qu’ils créent bien malgré eux en communiquant. 

J’ai souvent la tête dans les nuages et je perds trop facilement le fils des conversations. Je pense que c’est parce que les dialogues sont codés, répétitifs et donc souvent plates.

Pis il m’arrive, par exemple à ma job, de m’adresser à du monde qui présente des troubles de la parole. Pis c’est dans ces discussions-là où je me retrouve le plus attentif, suspendu aux lèvres de la personne, en attendant patiemment le mot suivant.  Sans jamais compléter les phrases à leur place (je sais qu’ils détestent ça). En prenant juste le temps d’apprécier l’effort particulier qu’ils mettent à se faire comprendre.

Puis ça m’a fait penser à ma vlogueuse préférée, la charmante Solange de la bien nommée websérie Solange te parle. Elle reproduit un peu ce phénomène, elle complique artificiellement son message afin de mettre l’emphase sur la forme plutôt que le fond. Les capsules portent sur des sujets banals mais c’est la façon dont elle en fait le récit qui capte l’attention.  Cette complication forcée, ce faire autrement, me touche spécialement. C’est une question de sensibilité, je pense, de privilégier l’émotion au message. 

Dans le fond, c’est pas le bégaiement que je trouve cute. Un trouble de la parole, c’est pas une fleur d’in cheveux ou une robe à paillette. C’est un handicap qui mine des vies. 

Ce que j’aime, c’est plutôt la force tranquille avec laquelle ces personnes disent les choses. Pis je maudis ceux qui s’impatientent à grands coups de soupirs dans ces discussions saccadés. Ils savent pas ce qu’ils manquent. C’est souvent eux qui ont les choses les plus intéressantes à dire, en plus. Faut juste prendre le temps d’écouter.

Illustration: Sébastien Blondeau
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http://urbania.ca/blog/5424/le-beguin-pour-le-begaiementTue, 21 Oct 2014 10:37:03 EDTKeven Bretonbegaiementbloguehttp://urbania.ca/blog/5424/le-beguin-pour-le-begaiement
Diva a tout gâché

Vous aussi, vous souvenez certainement de la télésérie Diva: des jupes Jacob fleuries, des tops bédaine en poil bleu électrique, et surtout, surtout: la promesse de lever le voile sur les dessous du monde de la mode. Il faut tout de même se rappeler que Diva précède The Hills, Diva précède les défilés diffusés en direct sur Style.com, Diva précède les blogs de monde qui gagnent des prix PG Beauté. Diva précède tout, et dans mon coeur de jeune adolescente, Diva c'est tout simplement LA VRAIE VIE. La vie que je veux vivre. J'ai 12-13-14 ans et je veux tout ça: partir en appart avec Jacynthe René, boire du champagne avec le toupet bleu de Victor Savaria, me faire prendre en photo par James Hyndman qui porte un bucket hat Kangol.

Je n'ai pourtant jamais eu de désir particulier pour la mode, moi dont l'item-mode préféré est le coat de cuir de mon père, un coat de cuir «brun marde», selon Christopher le-petit-bum-du-fond-du-bus. Je suis une fille ordinaire: j'achète mes barrettes en papillon chez Ardène, j'aime ben le Suzy Shier et la ligne de maquille cosmique de Cover Girl, je n'ai même pas de vrais pants Adidas pour mon cours d'éducation physique. Or, Diva éveille en moi des envies de glamour... Si par glamour on entend le monde de la mode Québécois.

En rétrospective, je pense que ce n'est pas nécessairement le monde de la mode qui m'attirait dans Diva, mais plutôt les expériences «d'adultes», en général. Que voulez-vous, je n'avais jamais vraiment accroché sur d'autres séries dramatiques Québécoises. Par exemple, 4 1/2: pas assez dramatique pour moi, des histoires d'animaux qui bavent sur Robert Brouillette. Moi, j'aimais ça quand ça braillait, quand ça criait, quand ça morvait sur fond d'histoires mélodramatiques, comme une multitude de plans rapprochés sur les petites larmes qui perlaient au coin des lunettes de Francine Ruel.

J'avais mon plan détaillé: à 16 ans, j'allais partir en appart toute seule; à 17 ans, j'allais me faire un chum New Yorkais et partir vivre aux États-Unis; à 18 ans, j'allais être famous, point final (Pourquoi? Comment? Ce ne sont pas des questions qui semblent avoir traversé mon jeune esprit trop occupé à focuser sur les cheveux magenta de Sam.) Bien sûr, rêver de célébrité ne fait surement pas de moi une ado d'exception. C'est juste que moi, mon rêve, il était bien précis, et il ne s'arrêtait pas dans ma tête.

Quand Diva s'est terminé après 3 ans de diffusion, j'ai passé des jours à gosser un coffret spécial en Mod Podge pour mes cassettes VHS. Une oeuvre d'art. Un hommage, qui trône d'ailleurs fièrement dans le sous-sol chez ma mère, entre un sac à dos en forme d'ours en peluche et une boite de manuels de sciences de la nature. En secondaire 5, alors que toutes mes amies cheminaient paisiblement vers deux années au Cégep du Vieux, je me suis embarquée dans 3 ans d'études en mode. Quand mes profs me disaient qu'une jupe pour hommes, ce n'était pas vraiment vendable, je rétorquais: «Félix l'aurait fait, lui!»

Il y a un problème avec rêver, quand on est entêtée. La réalité peut s'avérer décevante quand elle n'est pas à la hauteur du beau rêve qu'on s'était construit. Surtout si le rêve en question a été construit dans un cerveau d'ado un peu déconnectée de la réalité. Point fort de ma carrière: je me suis retrouvée un jour à travailler avec une des comédiennes de Diva: life imitates art imitates life imitates mes ambitions de jeune écervelée. Sauf que moi, je pensais que ma carrière en mode me donnerait un loft comme celui de Caroline, une best friend comme Ariane, des billets d'avions pour aller shooter dans des locations exotiques et originales, comme Paris (oh my god, Pariiiis!). Ma carrière en mode ne m'a rien donné, sauf l'envie de ne plus jamais travailler en mode. Définitivement, Diva a tout gâché (mais je garde mon coffret VHS en souvenir).


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http://urbania.ca/blog/5422/diva-a-tout-gacheMon, 20 Oct 2014 16:12:34 EDTMarie Darsignydivaparisbloguehttp://urbania.ca/blog/5422/diva-a-tout-gache
Où ça mène, un cadavre. Exquis ou davantage.
Voici la première phrase, et ce que vous avez créé: 

Elles sont assises sur des petites chaises de métal disposées autour du lit, sauf Augustine, qu'on a installée dans le grand fauteuil des visiteurs pour qu'elle y soit plus confortable. Ça fait longtemps qu'elle attend. 

De son fauteuil, Augustine, le souffle court, toise ses amies. Elles auraient toutes été éligibles, mais elle sait que cette fois c'est son tour, c'est aujourd'hui qu'elle naîtra de nouveau. Elle en sort l'objet et se tourne vers ses amies. Elle desserre sa main pour qu'elles puissent le voir et rien ne se passe, pas un silence, pas une parole, rien. Pourtant, elle s'attendait à une réaction, peu importe laquelle. 

C'est dans ce rien que l'objet s'anima. Il avait absorbé l'énergie des mots qui auraient dû sortir, des regards étonnés qui auraient dû fuser. Il se déroulait lentement, comme la pousse d'une fougère, à l'infini. Cette chose si petite et si grande, si tout et rien à la fois. J'étais vide, vidée, vidangée et voilà que de ma coquille creuse s'évadait une onde de choc à peine perceptible, écorchant mon échine dorsale... j'entrait dans l'oeil de la tornade.

Le pendule de la vieille horloge en bois émit un "tac" tonitruant. Un seul. Derrière mes tempes résonna mon coeur. Une fois. Dans l'infinité de cette seconde, le cours du temps avait altéré celui de ma vie. 

Marie cligna des yeux.

Ce billet est commandité par les Romans Stanké.

On s’imagine l’écrivain tracassé, en face de son latte, schizo sur les bords, en train de gribouiller sur une napkin, suicidaire, fumeur, alcoolique, toxicomane ou toxique, c’est selon. Ça frappe l’imaginaire, hein ? Bon, je vais vous régaler, je vais avouer que je me suis mise à écrire alors que j’y avais en quelque sorte renoncé. On parle du célèbre syndrome de la page blanche, des années de silence, de phrases stockées dans l’obscurité du Ça (come on, vous avez tous un peu lu Freud!). 

Vous serez peut-être déçus d’apprendre que je suis en bonne santé, pas vraiment torturée, pas du tout une martyre de l’écrit obsédée par un Surmoi envahissant. Mais, voilà, la vie, ça va vite, trop de boulot, 8 à 4, plus le trafic, le souper à préparer, plein d’enfants (cinq, yeah !), les devoirs, les chicanes nucléaires, les doigts (les nez, les orteils, les nombrils, c’est sans limites !) sales dans les vitres, les nuits d’insomnie, s’inquiéter, consoler, écouter, aimer, aimer, aimer, du matin au soir, la nuit aussi, souvent, pas mal comme tout le monde, quoi ! Le rush quotidien, alors qu’écrire suppose un geste lent, commis en surtemps, à contre-courant. C’est de la job, faut vouloir… ou y être obligé, inexplicablement, être habité par cet objet qui s’anime, qui a absorbé des mots qui doivent sortir, qui poussent comme des fougères, qui vident, vous l’avez dit. 

Ce sont vos mots, je vous les vole.

Écrire, c’est entrer dans la tornade, oui, tester le vertige, la folie, naître de nouveau, à toutes les pages, à tous les manuscrits. Au départ d’un roman, c’est vrai, tous les personnages sont éligibles. Pourquoi elle plutôt qu’une autre, et lui avec elle, et eux, ensuite, et de cette manière ? Parce que leurs noms, leurs visages, leur vie qui débute, dans ma tête, à n’importe quel âge, à ce point infinitésimal dans l’univers de la création, l’inspiration, qui vient de tout et de rien, d’un rassemblement. De gens aperçus de près ou de loin, de contrastes, d’idées, de partages, de lectures, de vieux cadavres, exquis ou pas, de saveurs, d’odeurs, de monde, de soi, de l’autre et j’en passe. Vampire, vous avez dit vampire ? Sans doute un peu, mais personne ne s’en rend vraiment compte. Écrire permet de travestir. De changer de vie. Lire aussi, dans le fond.

Chaque jour, j’écris en état d’urgence : il n’y a que là, à la toute fin de la nuit, presque le matin mais pas encore, où je me retrouve seule avec tous les possibles, l’infini qui se déroule, les coquilles creuses soudain pleines, le pendule de la vieille horloge qui fait tic-tac (j’exagère, j’ai juste un timer sur mon micro-ondes).

Malgré tout, l’écriture n’est pas un lieu de solitude.

Votre histoire, en cadavre exquis, c’est un peu la mienne, la nôtre, disons-le franchement. Vous avez pris mes femmes, mes mots, j’ai repris les vôtres ici, et les autres syllabes sont allées partout, ici, ailleurs, autrement, comme mes romans. Tant mieux. Merci.

J’aurais pu dire la fin de l’aventure. Inventer Marie, avec ses grands yeux de taupe, sa main fraîche, sa peau translucide, qui rencontre Jacob, brisé, pour la première fois, et qui se dit : « Lui, il va payer pour tous les autres. » L’entendre. La lire, comme l’Augustine dégustée de mon roman. La voir devenir papillon, elle aussi. Ce sera peut-être le début d’une prochaine histoire, chez Stanké…

--Annie Loiselle
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http://urbania.ca/blog/5420/ou-ca-mene-un-cadavre-exquis-ou-davantageMon, 20 Oct 2014 14:00:00 EDTUrbania stanképublicitébloguehttp://urbania.ca/blog/5420/ou-ca-mene-un-cadavre-exquis-ou-davantage
La chanson de la (fin de) semaine




Allez, bonne fin de semaine à tous!



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http://urbania.ca/blog/5419/la-chanson-de-la-fin-de-semaineFri, 17 Oct 2014 16:30:14 EDTUrbania chanson de la semainebloguehttp://urbania.ca/blog/5419/la-chanson-de-la-fin-de-semaine
Si j’avais suivi chaque conseil de ma mèreQuand tu vas entrer à la maison, je vais te prendre avec la même force, de la même façon que le désir que je ressens pour toi me prend, moi ; à la gorge, je vais te maintenir au sol et entrer sous ta peau. À grands coups forts, brusques. 

Brusque, mais pas violemment. Je vais te tenir par la gorge, mais je vais pas t’étrangler… Je vais juste te tenir par la gorge, dans le sens de… l’épaule. Je vais te tenir par l’épaule… Je vais avoir ma main sur ton épaule. Je vais pas te tenir. Si tu veux t’en aller, genre, tu pourras. Pis je voudrais juste mettre ça au clair, avant d’aller plus loin… Tu peux t’en aller quand tu veux… T’es pas prisonnière, là. 

Je vais t’attacher les deux poignets ensemble derrière le dos, je vais te projeter sur le ventre, je vais te baiser pour moi, juste pour moi, comme j’en ai envie, comme si t’étais une simple… attends! 

Sur le ventre, sur le lit, pas par terre. Pis pour l’affaire de t’attacher, j’ai checké des tutorials sur internet, j’ai choisi une bonne corde, douce, assez longue pour que ça reste confortable… Aussi, j’ai des ciseaux, en cas. Ils disent d’avoir des ciseaux, faque, je les ai. Pis tu me le dis, quand tu veux que je te détache… je te détache. C’est simple de même. En fait, peut-être que t’aimerais mieux qu’on en parle avant? Moi je pensais qu’on pourrait essayer ça. Je voulais peut-être te surprendre, mais regarde, on est pas obligé. 

Faque, je vais te prendre, juste pour moi (évidemment, je vais porter attention à toi! Je vais t’écouter, si je vois que t’aimes pas ça, je vais m’ajuster) je vais te prendre comme j’ai (t’as) envie, comme si t’étais une simple… une simple… juste une… une chalope. Sa-lope, bon. 

Genre, t’aimes le sexe, pis c’est ben correct, c’est pas un jugement! Je suis une salope moi-même! Mais ok, oublie ça! On efface, on recommence…

Quand tu vas arriver, je vais t’arracher tes vêtements! Je vais les plier, comme il faut, les ranger sur la petite chaise dans le coin de la chambre. 

Je vais mordiller tes beaux petits mamelons, les tirer avec mes dents et t’inquiètes, je vais faire attention, je sais que c’est ultra sensible. 

Je vais enfoncer ma main, que j’ai soigneusement lavée au préalable, dans ton entrejambe pour te positionner comme ça me plaît, je vais te manipuler à ma guise, pourvu que tu sois confortable. 

Je vais enfouir ma face dans ta petite chatte, je vais prendre ton clito entre mes lèvres, le battre à coups de langue, l’aspirer dans ma bouche… si t’es à l’aise avec ça.

Je vais te défoncer, avec ton consentement.  

Je te laisserai pas tranquille pendant des heures, on va baiser toute la journée, mais on est pas obligé, je veux surtout pas que tu ressentes de la pression. Si tu veux, on peut juste se coller, écouter un film. 

Je te dis toutes ces paroles, c’est plus fort que moi, c’est par passion, mais on peut aussi parler d’autres choses. 

J’ai déjà installé mes pneus d’hiver. Oui. Déjà. 
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http://urbania.ca/blog/5417/si-j-avais-suivi-chaque-conseil-de-ma-mereFri, 17 Oct 2014 11:44:19 EDTMartin Perizzolobloguehttp://urbania.ca/blog/5417/si-j-avais-suivi-chaque-conseil-de-ma-mere
« Excusez-moi, madame »Tangerine. Le petit rouquin et sa tasse orange sont fort aise: ils vivent une vie calme, paisible et sereine, comme dans la forêt des sapins verts. Ils parlent doux, prennent leurs chèques en photo et font même du SEADOO, pour l’amour du saint-ciel. Y’a pas mieux.

Oh, je peux toujours m’équiper d’une tasse orange et m’abandonner au nautisme, moi aussi. Méditer mature sur un fil de fer. Mais la nature (et le pelvis de ma mère) m’ont dotée de ce fascinant, mais surtout rassurant faciès qui, semble-t-il, incite à l’apostrophade. Au « Excusez-moi, madame ».

Apparence que j’ai le visage en forme de kiosque d’information.

Petits cils bienveillants. Lunettes rondes, joues rebondies et demi-sourire toujours un peu collé à ma bette, vestige de mes siècles de vente de chemisiers pour monsieurs sous pression, font apparemment de moi la candidate toute désignée pour demander des affaires sur le trottoir sans risque de se faire trancher, puis déguster avec un verre de Chianti.

- Scuse, c’est où le Couche-Tard le plus proche?
- C’est par où, Baie-d’Urfé?
- CHU QUI, MOÉ?

C’est pas mêlant, un homme un peu chancelant m’a même déjà arrêtée pour que je l’aide à mettre son coupe-vent sur le terre-plein du boulevard Saint-Joseph (ce que j’ai fait).

Ne pas avoir la tête d’une psychopathe, c’est chouette. Ça me permet de passer aux douanes sans me faire tâter la fourche mais surtout, de gesticuler dans tous les sens sur le régulier pour t’indiquer le Woolco le plus près, parce que faire le chemin avec mes petits bras, ça m’aide.

Ça me permet aussi de fendre le vent en te courant après, deux secondes plus tard, pour te dire que je t’ai bien malgré moi envoyé dans le mauvais sens. Cessez de me demander votre chemin, je ne suis qu’une pardue avec une bonne tête. Mais une pardue qui veut aider.

Et ce qui me fascine, c’est ceux qui en veulent un petit peu plus.

Ceux à qui les noms de rues et l’heure du passage du prochain autobus ne suffisent pas. Ils veulent connaître la couleur des bancs. Les goûts musicaux du chauffeur. Et ils veulent que tu les rassure sur le pourquoi de quéssé que la 'taubus est pas passée comme tu leur avais dit, à la seconde prévue. Sur ce qui va arriver avec leur journée si tu peux pas noliser un hélicoptère pour qu'ils puissent faire leurs commissions.

On dirait que de ce temps-là, j’en croise beaucoup, des comme ça.

Et ma toute dernière en lice, une qui a dû en ramasser, des rubans pour assiduité au cours de Labomaths, c’est cette brave citadine à la coiffure impeccable et parée d’un imper griffé que j’ai croisée cette semaine. Le regard hagard, elle déambulait, le talon aiguille s’enfonçant systématiquement dans la terre battue du Parc Laurier, avec la détermination d’une madame qui va se rendre avec dignité quand même que les genoux y’ déboîtent. Un petit morceau de paradis à regarder. Un cas de fusain, mes amis.

Et évidemment, elle nous a repérées assez vite merci, mes lunettes pis moi.

- La rue Brébeuf, c’est où?

Je regarde autour de moi pour m’assurer qu’aucun valet ni personnel spécifiquement engagé pour combler ses menus besoins de citoyenne Angus ne sont pas déjà après lui tracer une mappemonde avec leur sang. Un « bonjour » ou une esquisse d’une ride d’expression n’étaient pas inclues dans le forfait, et j’avais intérêt à me le tenir pour dit.

Mais comme je ne souhaitais pas la recroiser cassée en deux dans un trou de canal un peu plus tard, le talon aiguille couvert de pigeons prêts à l’échanger contre un sac de graines, je lui ai servi mon plus chaleureux accueil.

- Votre manteau est très élégant. Et la rue Brébeuf, elle est juste là.

Mon bras sûr et guidé par un index pointé vers la rue la plus près ne sembla cependant pas suffire à la citoyenne en question. Elle voulait, je ne saisis trop pourquoi, GAGNER.

Elle voulait que je sois celle qui était perdue. La faiblarde du duet.

Elle s’est donc efforcée de plisser ses petits yeux nâcrés en regardant au loin avec un effort inouï, comme si j’étais après lui montrer le diamant vert de Michael Douglas à 3 km de distance à la brunante. Comme si j’étais pas bonne bonne dans ma job de pointeuse de rue qui est pourtant juste là, calvaire.

- La rue est là madame. Juste là. LÀ. Mon index touchait presque au trottoir, je vous le promets.

- Mais c’est pas une rue, ça.

ALORS. L’égérie de Dior, victorieuse, me pointait la petite trail de terre défrichée par les assidus de la course autour du parc. Un chemin qui doit bien faire 15 pouces de large, en bouette, à quelques mètres de nous et sur lequel un potelé joggeur s’affairait à ne pas respirer trop fort pour ne pas interrompre notre échange de la plus haute voltige.

Pour sauver son égo, ce matin-là, la bonne dame avait décidé de m’apprendre ce qu’était une rue. De me livrer les secrets de la sauce, de l’urbanisme et des lignes oranges.

J’ai donc pris sur moi de me confondre en excuses et d’admettre à la seconde que Brébeuf n’était effectivement pas l’évidente et très dégagée rue que je lui avais d’abord pointée avec assurance, mais bel et bien cette petite veine de terre sillonant le parc. Cette fine ligne de glaise qui voulait vivre.

C’est comme ça, le Plateau. Des fois, ça rappelle la Nouvelle-France.

Et si vous avez besoin d'une indication, vous me trouverez près d'un cours d'eau, accroupie, après manger de la confiture avec mes mains à même le pot en maudissant le petit côté cheap de Pierre Lebeau.

La bise.

PS TENDRESSE ::
allez donc chez le diable.]]>
http://urbania.ca/blog/5418/excusez-moi-madameFri, 17 Oct 2014 09:21:09 EDTCatherine EthierTangerinekiosque d'informationune petite questionC'est pas une rue, çaNouvelle-FrancePierre Lebeaubloguehttp://urbania.ca/blog/5418/excusez-moi-madame
Lettre d'amour au DollaramaJe me confesse : magasiner chez vous fait partie de mes hobbys préférés. Je prends un plaisir fou à sniffer les Air Wick et à reluquer la populaire collection de cuisine Betty Crocker aux couleurs de l’amour. Je fantasme sur votre allée de bonbons qui est aussi alléchante qu’une poutine suintante de sauce brune et fondante de fromage quick-quick à 3 heures du matin (en passant, si vous savez quel est l’onomatopée officielle pour ce fromage, prière de m’en informer). Je me réjouis aussi du choix varié des fleurs en plastique, toutes plus exotiques les unes que les autres. D’ailleurs, plusieurs d’entre elles décorent mon château qui prend maintenant des airs d’un paysage d’Hawaï. Fait intéressant : je ne perds plus les couvercles de mes plats de style Tupperware depuis que je les achète chez vous. Êtes-vous magique ? Je crois que bien oui.

Vous êtes déjà au courant, mais je prends la peine de vous le souligner en gras : vous êtes l’endroit de prédilection pour toute personne qui déménage. Qui n’a pas déjà dévalisé vos magasins pour s’équiper en ustensiles, en guenilles et en savon à vaisselle ? Mention spéciale pour la section proche de la caisse qui recèle de plusieurs trésors tels sacs cadeaux, papiers de soie, chouchous et cartes d’anniversaire. J’aimerais aussi mentionner le pied de nez féroce que vous avez fait à tous les IKEA de ce monde en vendant une poubelle en inox à 3$. Et que dire de votre rangée remplie d’élastiques à cheveux, de vernis à ongles, de faux cheveux et de brillants pour les yeux qui comble le cœur des plus coquettes. Vos allées garnies de multiples cannes de conserve dépannent les étudiants en fin de session et les gens qui ont un budget plus serré. L’important choix de duo-tang, de stylos poilus qui allument quand on écrit, de cahiers Canada avec des faces de chiots en page couverture facilitent la rentrée scolaire des tout-petits et soulagent les parents stressés. Si j’étais croyante, je vous dirais : Que Dieu vous bénisse.

En plus, vous êtes équipés 4 mois d’avance en drapeaux de la Saint-Jean, en citrouilles en chocolat pour l’Halloween, en guirlandes de faux sapin pour Noël, en cerceaux aux antennes lumineuses certes un peu bizarres mais bien d’adon lors de la Saint-Patrick, en paquets de Ferrero Rocher à 1$ pour une Pâques réussie et en bracelets fluorescents pour tous ceux qui vont encore au Bal en Blanc. Même si beaucoup de gens pestent que votre vaisselle de Chine est toxique, personne n’est jamais mort après avoir mangé un Kraft Dinner dans une de vos assiettes.

Vous êtes précieux dans le cœur de millions de personnes et parfois même dans le journal. Émilie Côté de La Presse a déjà écrit : « Katy Perry a beau avoir des moyens financiers énormes et porter sur scène des tenues conçues par Valentino, Roberto Cavalli, Moschino, et Nicolas Jebran, elle dégage une image halloweenesque de Dollarama. » N’est-ce pas tout à fait merveilleux ?

Dollarama, je vous aime, et sans rancune pour le changement de slogan : 1$ et plus. La business doit rouler et je ne vous abandonnerai jamais, même si j’ai besoin d’une couple de 25 sous supplémentaires. Mais, puisque tout n’est pas toujours rose dans le pays des choses à 3$ et moins, j’ai constaté un problème concernant un de vos produits. Ne prenez pas ce qui suit comme une attaque sauvage comme les Japonais l’ont fait sur Pearl Harbor, mais plutôt comme de simples conseils de la part d’une cliente fidèle qui a à cœur le développement de votre entreprise.

Il s’agit de vos sacs.

Vous savez assurément que vos sacs en plastique de format XXL ne possèdent aucune poignée. Je vous invite à faire l’exercice de transporter un sac de grand format rempli de vos fins produits mais démuni d’espaces pour y insérer les mains. Vous constaterez que ce n’est pas grâce à cela que le mot « ergonomique » a été inventé. Pour panser ce virulent problème, j’ai développé une petite tactique de ninja : il s’agit de créer des poignées DIY, en perçant un trou de chaque côté du sac grâce à un coup d’index féroce. Le seul hic avec cette solution est qu’elle est totalement éphémère. À la seconde où le sac devient trop lourd, les trous prennent de l’expansion et finissent par se déchirer. Résultat : nous revenons au point initial du sac géant pas de poignée. Un cercle vicieux cruel et sans pitié.

L’autre chose qui me titille sur vos sacs, et là peut-être sentirez-vous une fibre écologique naître en vous, est que vous n’offrez pas la possibilité d’acheter des sacs réutilisables. Il serait fort apprécié de pouvoir s’en procurer tout comme on peut le faire à l’épicerie. Nos razzias au Dollarama s’avéreraient beaucoup plus pratiques, notre consommation de sacs de plastique serait réduite et on réglerait sans l’ombre d’un doute le problème du constat numéro un qui est, je le rappelle, les sacs géants pas de poignée.

Je me permets de croire fermement que ces suggestions faciliteraient la vie de votre clientèle et feraient de vous une entreprise plus verte, ce qui rendrait hommage à la couleur qui teinte les 3\4 de votre logo.

Merci de m’avoir lue.

P.S. J’adore ma nouvelle boule disco à 3$ et je suis persuadée qu’elle fera fureur auprès de mes invités.
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http://urbania.ca/blog/5416/lettre-damour-au-dollaramaThu, 16 Oct 2014 13:58:41 EDTGwenaëlle Scortadollaramabloguehttp://urbania.ca/blog/5416/lettre-damour-au-dollarama