Urbania - blog-urbaniahttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationSat, 30 Aug 2014 04:09:38 EDT60La chanson de la (fin de) semaine

Allez, bonne longue fin de semaine à tous!


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http://urbania.ca/blog/5316/la-chanson-de-la-fin-de-semaineFri, 29 Aug 2014 16:25:00 EDTUrbania chanson de la semaineougachakabloguehttp://urbania.ca/blog/5316/la-chanson-de-la-fin-de-semaine
Voyager avec son filsLes enfants ont le don de te faire sentir mal avec des petites phrases à gros message qui ont la précision d’un sniper élite! 

Drette au cœur! 

Après un été bien chargé en spectacles, écriture et projets de toutes sortes, il n’avait pas tort… Je ne l’aimais plus… (Ben non).

Le travail avait pris une trop grosse place dans ma vie de jeune professionnel/pigiste/artiste/obsédé par la création/qui a toujours peur de manquer de travail, c’était rendu n’importe quoi. Incapable de passer cinq minutes à ne rien faire sans me sentir coupable de ne pas écrire de quoi de drôle. 

Après sa flèche qui m’avait transpercé le cœur! Je lui ai promis que j’allais prendre 10 jours de congé au mois d’août. Notre premier voyage Papa/Fiston. Un peu comme Indiana Jones pis son père, sans les habits beiges, les reliques étranges pis les nazies fâchés

 Destination la France!!

C’est une tradition que je veux perpétuer jusqu’à ma mort. Des voyages à sac à dos juste lui et moi. 

Après quelques jours sur le vieux continent à visiter Paris, nous sommes partis en train. Direction Carcassonne! Dans le sud de la France pour aller voir un château!

Pour ceux qui n’ont pas d’enfants, je vais vous expliquer comment fonctionne un morveux qui doit uriner. Il vague tranquillement à ses occupations quand soudainement, il te regarde avec des yeux paniqués en se pognant le bout de la graine et dit beaucoup trop fort : 

« J’AI ENVIE DE PIPI! » 

Tu ne peux pas trop forcer la patente, sa vessie est remplie à pleine capacité. Si tu le fais attendre… Tu risques de fissurer ton enfant sur le côté. Il va couler dans ses jeans devant la visite. C’est gênant pour les deux.  C’est MAINTENANT que ça doit se faire.

Ça faisait déjà une heure que monsieur avait envie de pisser, mais il n’avait jamais jugé bon de me le dire avant. Non, il a préféré attendre que nous soyons en plein transit à une gare. 

Des tonnes de gens quittaient et d’autres embarquaient. C’était le chaos. Nous devions prendre le seul chemin qui se rend à la toilette… Le seul chemin dans un train, tsé celui qui est rempli de gens qui forcent pour faire entrer leur trop gros bagage dans des petits compartiments. 

On s’est faufilé d’un pas pressé au travers des gens qui me dévisageaient. Je les comprenais, un gros barbu couvert de tattoos qui a les yeux cernés dû au décalage horaire, qui avance rapidement au travers de la foule en tenant la main d’un enfant qui lui, se pogne le pénis en se tordant de douleur, ça peut facilement paraître pour un kidnapping louche. 

On arrive au wagon qui contient la salle de bain. Juste pour faire chier, c’était le wagon qui permettait les vélos, c’était infranchissable comme place, on a dû jouer à Tetris et les gens soupiraient en me voyant bouger leur vélo pour passer. Malgré mes nombreux avertissements, fiston continuait de clamer haut et fort : 

« Je vais faire pipi dans mes culottes!

- Je le sais man!!!!!! Je fais ce que je peux!!!! » 

Je commençais à être nerveux! Tassez-vous ! J’ai un kid qui va se pisser dessus pis j’ai pas de wet ones avec moi! 

(Un problème que je ne pensais pas vivre quand je voyageais comme un hippie à mon adolescence)

Comme on arrive à la salle de bain, il ouvre la porte et une draft de chaleur s’échappe de la mini bécosse sans aération. Il entre seul et barre la porte. Au son du « cloc» du loquet ,je me suis dit : 

« Oh non… Je suis dans marde… » 

Car c’était un «cloc» franc, du genre : 

« Cette vieille porte contient un spring très puissant mon caporal, personne ne peut en sortir. »

C’était silence, les gens me regardaient, je regardais les gens avec un sourire de cave. Ils avaient tous entendu le «cloc» franc de la porte. On le savait tous très bien que le petit bout de monsieur qui était l’autre côté de la porte aurait de la difficulté à sortir. 

Une minute plus tard, je l’entends gosser pour débarrer et après quelques tentatives, il se met à paniquer et fond en larmes. Tout le monde abandonne leur vélo et tente d’aider mon fils. Ils parlent tous en même temps.

Une madame avec des cheveux semi-transparents de personne âgée qui choisit de drôle de teinture, un monsieur beaucoup trop musclé (son corps ne fite juste pas avec sa voix aigue), un jeune avec des écouteurs plus gros que son tour de hanche et un couple d’Allemands trop zen qui revient de Compostelle. 
Le gros musclé avec un mohawk et une voix de fillette nous raconte qu’un enfant à suffoquer dernièrement dans les toilettes d’un train comme le notre car il est resté prisonnier. 

Y’est ben cave lui de dire ça de mon kid!

Tout le monde criait des indications à fiston avec leur accent du sud de la France. Ce à quoi il a répondu en braillant :

« Arrêtez de parler avec votre drôle de langage, je ne comprends rien. Papa, tu es où? »

Le musclé forçait pour arracher la porte, la vieille aux cheveux funky cherchait de l’aide dans le train, le jeune aux gros écouteurs essayait d’expliquer à mon fils le fonctionnement de la porte :

« Relève le machin du bas vers le haut, tourne 180 degrés vers la gauche et fait glisser la coulisse du ressort vers la droite. »

QUOI??? Même moi, je ne suis pas sur de comprendre! 

J’étais le seul qui gardait son calme. J’ai même dû lever mes bras dans les airs et gueuler très fort : 

« OK! WWWWWWOOOOOOOOOOOOOOOOO!!!!! C’EST CORRECT, JE M’EN OCCUPE. » 

J’ai calmé mon fils, il a arrêté de pleurer. J’ai demandé au gars qui porte ses pantalons sous ses fesses de m’expliquer le loquet, j’ai expliqué à mon tour à fiston le fonctionnement.

Il est ressorti sous les applaudissements des gens dans le train, il avait les cheveux tous trempes, les yeux pleins d’eau et a dit : 

« YES! Je suis pas mort! »  

Dans sa tête, il venait de vivre une aventure digne d’Indiana Jones.

J’ai réussi ma mission!  

À suivre…

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http://urbania.ca/blog/5318/voyager-avec-son-filsFri, 29 Aug 2014 11:58:29 EDTJonathan Robergefilsvoyagerbloguehttp://urbania.ca/blog/5318/voyager-avec-son-fils
Le petit caissier passif-agressif

Chaque jour ou presque, depuis environ six ans, je vais me quérir breuvage chic dans ce petit café où le maire Ferrandez vient régulièrement consommer une quiche (et les regards brûlants de toutes ces femmes qui en pincent pour son petit coq).

Eh, oh. Baissez ce regard empreint de jugement; je suis citoyenne simple. J’ai juste pas de machine à café.

Et chaque jour ou presque, le petit caissier passif-agressif me sert. Après des années d’étude, je dirais que l’homme, dans la jeune cinquantaine cousue de l’envie de porter du fleuri et des motifs fuzzés, est un savant métissage entre le comédien Denis Bernard et Marc Hervieux. Mais avec la voix de Stefano Faita.

Yamaska, ténor et fusillis aux tomates cerise sont trois thèmes qu’il embrasse à merveille.

Cet homme (appelons-le Jacques puisque j’ignore son nom... oh. J’espère qu’il ne s’appelle pas Jacques. Et qu’il ne lira pas ceci), donc, accueille généralement les clients à la caisse; entre propriétaire et carriériste caissier, je ne saurais dire quel est son titre. Mais il me fascine.

Jacques me fascine à la fois par sa formidable capacité d’accueil et celle qu’il a de faire sentir un nouveau détenteur de croissant au fromage jaune comme une rognure de la pire espèce, un trouble-fête et un saboteur d’après-midi au jardin à siroter un kir.

Chaque fois qu’on se présente au comptoir, Jacques semble tendu.
Tendu et chaleureux; c’est, je vous l'accorde, un bien étrange combo d’accueil. Mais Jacques n’y peut rien. Il déteste son travail, comme il se jetterait aussi sans hésiter devant un jeep pour ne pas que tu partes sans ta portion indivuduelle de Skippy pour tes petites rôties dont il s’est assuré de la température optimale (chaudes «tendresse»).

Vous l’aurez noté, Jacques est un être drapé de contradictions. Heureux d’être là, mais en beau saint-sifri de pas être ailleurs, aussi.

Quand tu lui commandes un petit café, à peine as-tu prononcé caf- qu’il a déjà sacré son camp AWAY FROM YOU, après pelleter son Nabob comme s’il venait de te pincer à bécoter son amie de cœur dans le backstore, le plus loin possible de toi et de ton petit bonheur de ne pas à avoir à servir de mangeux de muffins et fuller des salières-poivrières pour les cinq prochaines heures.

Et si t’as le malheur d’avoir un petit goût pour un biscuit aux pinottes ou tout autre extra qui ne concerne pas le caf- que tu viens de lui commander-HURLER, attèle-toi; parce que Jacques gèrera ta commande comme une agression.

Une fourchette dans l’œil.

Ooooooh tâsse-toi de d’là qu’il va te couper tes envies de macaron sur un temps rare en attaquant son petit écran de caisse du futur avec toute la haine qui se trouve dans le regard de la belle-mère de Cendrillon quand Walt Disney faisait des fade-out sur ses yeux de chatte espagnole.

C’est que sa caisse du futur est pas facile facile; Jacques n’en maîtrise pas toutes les options et semble, chaque matin, maudire les cieux de ne pas avoir passé la veillée à étudier le manuel d’instructions au lieu de manger des doigts de dame en repassant ses capris de lin. S’il l’avait fait, il ne serait pas là, à faire semblant de maîtriser la situation et le dossier exact où se trouve le caltor de muffin tchipittes-noix-de-pin que tu viens de commander comme un cheveux sua soupe et qu’il prendra soin de décorer d’une délicate orchidée avant de te le garrocher par la tête et de se retirer un bref instant pour aller hurler dans un coussin du coin lecture.

Ciel! Que j’ai donc essayé de le séduire. De créer une complicité, UNE CONNIVENCE AVEC JACQUES.

Je peux-tu vous dire que la connivence, je me la suis mise avec toutes ces viennoiseries que je n'ai jamais osé commander: dans le train de Josélito (un train *pour la vie* qui ne reviendra jamais).

J’ai beau m’adresser à lui de ma voix la plus cristalline, ma diction du dimanche et mon sourire fleuri semblent chaque fois réactiver de douloureux souvenirs d’anniversaire où personne ne s’est présenté ou de culottes fendues en plein récital de poésie. Coup sur coup, Jacques me coupera la parole d’un impatient « CE SERA TOUT? », regard plissé vers mes lèvres comme si je m’exprimais avec l’éloquence d’une tarée qui a de la misère à attacher ses lacets.

Je suis « la cliente sur un programme spécial ». Ou il me hait.

(je crois qu’il me hait)

Mais un jour, oh oui, un jour, Jacques m’entrouvrira la porte, la toute petite porte glacée du boudoir de son cœur dans le sirop, et me laissera peut-être me sustenter de ce petit brownie qu’il dispose en audacieuse pyramide sur le bord de sa caisse du futur.

Ça, ou il me l’enfoncera dans les trous de yeux en prenant soin de décorer mon cadavre d'un élégant chrysantème, compliments de la maison.

La bise.]]>
http://urbania.ca/blog/5315/le-petit-caissier-passif-agressifFri, 29 Aug 2014 09:45:17 EDTCatherine Ethierpassif-agressifDenis Bernardcafecaisse du futurdoigts de dameconnivence (mais pas le quiz)chrysantèmebloguehttp://urbania.ca/blog/5315/le-petit-caissier-passif-agressif
L'école

T’avais tellement hâte. Ça me pognait au cœur pis dans le fond de ventre à chaque fois que tu disais : « Je-vais-aller-à-l’écoleeeee. ». On a compté les dodos, mis des marques sul calendrier. On a même fait une « fête de la rentrée » avec des amiEs qui, comme toi, commençaient la maternelle, cette semaine. On vous a fait manger des pommes dans une chaudière d’eau pis offert des livres en cadeau. Nous sommes un tas de parents « concept ». Tu te souviens pas mal juste que tu as pu manger des bonbons pis des chips, un dimanche matin, mais je sais que dans le fond de ton « âme », y’a l’amour du Savoir qui a ajouté quelques brindilles à son nid [viens-je vraiment de dire cela]. 

Tu gosses ta tasoeur qui veut juste se cacher dans ton sac à dos pour y aller, avec toi, à l’école avec des phrases comme « T’as-tu cinq ans, toi? Non, t’as pas cinq ans, t’as juste trois ans. Tu peux pas venir à l’école avec moi. ». A pleure pis tu y dis que « ça va aller », que tu vas lui répéter ce que l’enseignante va t’apprendre. Moi, je trouve ça cute.    

Tu rentres dans quelque chose. Un système, du formel, un processus. J’ai plus l’impression de couper un cordon, là, que quand tu m’es sorti du corps. Je te vois ouvrir ta boîte à lunch, le midi. Sortir ta sanouiche, manger ta sanouiche. Tuseul. Comme un grand. Parce que t’es grand. Indépendant de toé. « C’est arrivé quand don’? », j’me demande. J’ai rien vu venir, même si j’ai toute travaillé, même si ça ne m’est jamais sorti de l’esprit que de produire de l’humain, c’est notamment ça, le rendre autonome de sa personne. Et t’es un peu rendu là. Y’a pas si long, je m’occupais de toute ton stuff de corps pis là, tu vas ouvrir ta boîte à lunch. Tuseul. J’me répète. 
Tuseul.   

Tu voulais pas nous tenir la main, ce matin. Tu te gérais. T’avançais confiant dedans la vie, et un bon trente centimètres devant nous. T’as changé d’idée quand tu as vu le tas grouillant, les ballons, les bulles, la vie qui se démenait dans la cour d’école. T’as pris ma main et celle de ton papa. Pis tu serrais fort. On a fait comme si on se rendait pas compte de, on a pressé ta main fort, aussi. Mais j’pense que tu as cru que c’est toi qui nous tenais et pas l’inverse. Ça aussi, on t’a laissé le croire. En fait, j’pense qu’on se poutrait pas mal toute.   

Je me doutais bien que j’allais brailler. En cachette pour ne pas tuer ton moment. Quand t’allais mettre ton sac avec rien dedans sur tes épaules. Quand on allait entrer dans la cour d’école, ensemble. Quand t’allais te déplacer dans ladite cour d’école, te mettre en rang, suivre ta professeure. Quand on dirait aux parents de s’en aller. C’est une évidence que, dans l’char, j’allais éclater. Gros sanglot pis toute. Cliché de même il m’arrive d’être.

J’ai ravalé mes larmes en continu. Ton père, itou. Y’en a ben une ou deux qui m’ont échappé, notamment quand j’ai vu ton code permanent. Ta chaise. Ton casier. Ma vie, je l’ai braillée dès qu’on t’a tourné le dos, dans le corridor devant les toilettes. Mais t’as rien vu. J’voulais que tu gardes en tête le doux du câlin, les pouces en l’air, le sourire grand tellement grand. Le fier, surtout. 

Parce que je le suis en ta’. T’es devenu un pas pire quelqu’un, en cinq ans. Un de mes humains préférés. Et pas juste parce que t’es mon p’tit. Ça aide, on ne se le cachera pas. Mais ton curieux, ton sens de l’ironie, tes hypothèses sur la vie-le-monde-les-ninjas-l’électricité, le doux qui te déborde du corps, ton drôle. Tout ça. C’est du si précieux. 

Pis là, y’a comme un bout de la vraie vie qui commence pour toi. Tu vas vivre plein d’affaires. Des amitiés, des amours, des réussites, des échecs. Les possibles vont juste s’ouvrir devant toi. Tu vas apprendre à lire. Whoah. Imagine, on va se lire des histoires. S’en écrire, à deux. Tu vas commencer à advenir un peu plus par toi-même. C’est beau, ça. Je te souhaite tellement d’aimer ça. Tout ça. 

Je veux juste que tu saches qu’on est là. Qu’on va être là. Tout le temps. Pour toute. Ton père pis moé. Pour te tenir la main, le petit doigt, l’idée de la main quand tu voudras pu tant qu’on se touche. On va te faire faire tes dictées, tes tables de multiplications, on va les gosser tes formes en papier mâché, on va être sur les comités, tout ça. Parce qu’on te cœur fort. 

 -- M’man [qui braille un peu, encore] 

Crédit photo : Moé
J’existe aussi là : Les p’tits pis moé, pis là.

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http://urbania.ca/blog/5317/lecoleThu, 28 Aug 2014 11:45:04 EDTVéronique Greniermaternellerentréeécolebloguehttp://urbania.ca/blog/5317/lecole
Le Registre : Les 10 lourds sur Facebook

Si t’es pas un bizarre pogné en 1991 qui habite dans une grotte, t’es un utilisateur de Facebook. Que ce soit pour te tenir au courant des événements culturels, pour inboxer des photos que tu vas regretter d’ici une couple de semaines ou pour te faire bloquer par le politicien de ton choix, t’es là, à divers niveaux d’assiduité. Ton fil d’actualité est devenu une partie intégrante de ton quotidien, aussi ancré dans ta routine que le café matinal ou le constat que ton commerce indépendant préféré a été transformé en sacrament de magasin de cigarettes électroniques quand tu regardais pas. Ce fil en question expose à l’air libre autant de créativité et de surprises que de bibittes tristement navrantes aux comportements incompréhensibles. Aujourd’hui, j’ai sorti mes plus belles majuscules pour décortiquer le top dix des pires utilisateurs de Facebook au Québec.

10- L’Ultramilitant
Je ne pousse pas le cynisme jusqu’à dénigrer les causes nobles et balayer les injustices notoires par nonchalance. Tu ne m’entendras jamais descendre dans la rue avec une foule  de gens qui gueulent pour revendiquer mon droit de revendiquer, mais si ça t’arrive une fois de temps en temps, c’est ben correct. Par contre, ton boy l’ultramilitant, lui, en a fait une job à temps plein. D’innombrables entrées par jour sur tout ce qui pourrait être le moindrement polarisant, il n’en échappe jamais une – Palestine/Israël, le conflit guinéen, la sécheresse, les manchots qui se voient refuser l’entrée aux terrains de tennis, l’affligeant destin des réserves mondiales de bismuth, tout y passe. Le seul temps où il dépose ses pancartes de la journée, c’est pour écrire un statut enflammé, et parfois poster une photo (de pancarte.) Hélas, son message dilué par sa fougue se voit entièrement inentendu par environ 95% de sa liste d’amis, c’est-à-dire tous ceux qui connaissent l’existence de la fonction « ne plus afficher dans mon fil ».

9- Le rebâcheur à l’inside dorée
Celui-ci affiche une toute particulière manière de gosser. Il festoie socialement environ une fois par quatre mois, mais il rentabilise cette soirée-là sur un esti d’temps. Son esprit naïf-cute va accrocher raide sur une expression quelconque, ou un petit événement oubliable, ou un lapsus anodin. Ça va malheureusement devenir le point central de toutes ses prochaines publications, qui seront comprises et relevées par un gros maximum de deux autres personnes. Hilarant au possible dans sa propre tête, de ton bord, tu les liras en diagonale (au début) sans trop t’en soucier. Mais le rebâcheur va t’avoir. Il va t’assommer à la longue avec la fréquence de son « vaguebooking » de marde. Tu vas finir hanté par sa médiocrité et avoir envie de lui demander ce que ça veut dire, « frongal », et pourquoi on devrait l’utiliser autant de fois par jour. La déception écrasante pourra facilement se lire dans ta face lorsque tu réaliseras que c’était encore plus insipide que tu te l’imaginais (mettons, « ah, j’avais essayé de dire rond et frugal en même temps mais j’ai manqué mon coup, Steeven a assez ri là »). Tu lanceras alors son iPhone dans un lac, d’un geste franc.

8- Le promoteur over-zélé
Un soir d’été, fortuitement, tu as été voir un concert dans un bar quelconque. L’ambiance était correcte, la soirée s’est relativement bien déroulée, et le lendemain, tu t’es dit « Tiens, la place a une page Facebook. Pourquoi pas la rajouter, comme ça je vais être informé si jamais ils décident d’organiser quelque chose de l’fun. » Ton geste irréfléchi vient tout juste d’ouvrir la porte ben grande à ta ruine. Le promoteur du yâbe organise un minimum de quatre événements par jour auquel il invite systématiquement les cinq cent pauvres hères qui ont fait la même erreur que toi. Tu voulais être au courant? Oh, ça va se passer. Dans tes notifications, entre deux avis personnels importants que tu vas manquer, tu auras maintenant le loisir de te noyer dans un océan d’hommages à Laymen Twaist et d’incontournables comme « GHISLAIN PINGOUIN (Ghislain Côté chante Vilain Pingouin) – six soirs seulement! », une production festive pour laquelle tu recevras naturellement six délicieuses convocations distinctes.

7- L’adulte
Ne te laisse pas berner par le titre. Celui-ci est habituellement dans la vingtaine ou la jeune trentaine et mène pleinement une vie d’adulescent urbain. Pour une raison qui t’échappe, par contre, il tient mordicus à t’exposer toutes les affaires plates et ternes qui devraient rester dans sa tête à jamais en guise de preuve d’une maturité sociale quelconque. Il affiche l’ennui fièrement comme une médaille à toutes les fucking fois qu’il mange une salade, qu’il monte un meuble ou qu’il poste sa déclaration d’impôts, le tout généralement accompagné de mignons hashtags du genre #devenirunadulte, #grandir ou #mondieuquechurenduresponsable.

6- Le muet à temps partiel
Si ton profil est le moindrement public, le muet à temps partiel absorbe ton contenu sans jamais y contribuer. Cette éponge moderne traite les réseaux sociaux comme on regarde la télé, en voyeur gisant sans valeur ajoutée, avec un bémol anxiogène : il lui arrive occasionnellement de puiser à même sa banque de données mentale afin de se manifester dans un moment inopportun et de te confondre solidement. Avant un meeting important, celui-ci t’adresse la parole à partir de l’autre bout de la table comme si vous étiez déjà très investis, en plein cœur d’une riche conversation. « Hein, les marmites, han, han! » Tu plisses les yeux, ton cerveau analyse fort ce qui se passe, et après un instant, le déclic se fait. Il vient de commenter ton statut d’il y a trois semaines, mais en direct, dans un contexte déplacé. Il pimente habituellement le silence gênant d’une intervention qui ressemble à « en tous cas c’est drôle des fois ce que t’écris sur Internet là, moi j’lis toutte » pendant que t’es en train d’oublier 90% de ta présentation Powerpoint live et que t’as l’air d’un épais devant la direction.

5- Johnny Concours
C’est très, très rare qu’une entreprise comme Apple fasse une erreur de livraison et qu’un quidam se ramasse avec « dixhuit iPads gratisse a doner ». Tu demeures sceptique et te gardes habituellement de partager ce genre de nouvelles. Mais Johnny Concours, lui, est un éternel optimiste. Il va partager la bonne nouvelle de façon acharnée, parfois plusieurs fois dans la même minute. Sa vie semble adopter comme principe de base une participation fiévreuse à chaque concours mal ficelé, à chaque coup de marketing douteux et inintéressant venant du service de « nouveaux médias » des grandes entreprises. On va être clair, à moins qu’un bol de Corn Pops t’ait inexplicablement sauvé d’un accident de char dans le passé, il n’y a strictement aucune raison d’aller liker « Kellogg’s Canada ». Mais Johnny Concours, lui, l’a fait. D’ailleurs, dans la liste de ses intérêts, on retrouve pas mal toutes les compagnies qui ont déjà fait tirer un t-shirt ou un porte-clefs en ligne à un moment ou à un autre. Son fil d’actualité est une publicité qui ne se termine jamais, et il tente activement d’en avilir le tien.

4- Ta Tante
Durant tes années formatrices, Ta Tante était présente à la plupart des rassemblements familiaux. C’était celle de la gang qui te donnait une carte de fête avec pas d’argent dedans. Tu en gardais un souvenir mi-figue, mi-raisin, sans attachement particulier. Tu vivais bien avec la distance imposée par ta vie adulte. On remarque ici les verbes à l’imparfait, parce qu’avec l’arrivée de Facebook dans sa vie, la game a changé. Elle a découvert le concept sur le tard, mais elle se reprend. Vivement. Tu ignores de quelle manière, mais Ta Tante semble être tombée sur une source inépuisable d’images pixélisées de dauphins ou de roses avec des sous-titres bourrés de fautes qui sont censées inspirer l’amour, la force ou le Jésus. Elle ressort les pires photos que tu croyais disparues éternellement et les poste directement sur ton mur, sans vergogne. Ta Tante dispose d’en masse de temps libre et l’écoule maintenant pratiquement exclusivement sur Facebook à rendre ta vie pénible à coups de constants partages fâcheux.

3- Le harangueur amateur prolifique
Les profils publics qui suscitent beaucoup d’intérêt, ceux des journaux ou des stations de télé, attirent régulièrement leur lot de commentaires. Le harangueur amateur prolifique se lève tôt à chaque matin pour être certain d’être de toutes les discussions. Ce n’est pas tant qu’il possède un point de vue novateur, une opinion prononcée ou une perspective divergente. Non. Celui-ci est simplement affligé du besoin de faire du bruit. Incapable de vivre sans constamment vomir des mots qui forment vaguement une phrase (dans une bonne journée), tu peux compter sur lui pour t’offrir des perles comme « ki creve toute lolll » à l’annonce d’une tragédie impliquant des gens ne partageant pas son bagage génétique, ou encore « attention au virus avec les nouveau facebvook » sous un article ne traitant aucunement de virus, de Facebook ou même de nouveauté. La seule fois de l’année où sa cyber-Tourette lourde sera pertinente par accident, elle ne sera pas relevée, ensevelie dans un désert intellectuel presqu’uniquement peuplé de clones de lui-même.

2- Les fusionnels borderline
Incapables d’écouler ne serait-ce qu’une seconde sans l’un et l’autre, les fusionnels borderline demeurent un des phénomènes les plus incompréhensibles du web moderne. À deux doigts de s’habiller pareil, tu les verras partager un seul profil Facebook avec leurs deux noms afin de mettre un immense projecteur public sur leur insécurité. Si tu as affaire à l’un d’eux, « Gaston Isabelle Lalancette » te répondra inévitablement « Haha, non c’est pas moi pour tout de suite! » et ta demande sombrera dans l’oubli, parce que soit Gaston, soit Isabelle va l’avoir lue sans faire le message à l’autre. De toute façon, si tu engages régulièrement la conversation avec ces véritables Roméo et Juliette version camping Sainte-Madeleine, tu mérites un peu de parler dans le vide.

1- Le bernable insurgé
Le site The Onion, l'illustre grand-père de la satire web, a créé un monstre à travers son concept brillant mariant exagération et ironie à la soif d'information humaine. On peut maintenant en sentir les relents en observant le bernable insurgé partager régulièrement les plus fausses des nouvelles avec une indignation totale. Ce partage est l'équivalent Facebook de transférer des fonds à un prince nigérien dans le but de payer les timbres pour qu'il puisse enfin les coller sur sa malle remplie de diamants et qu'il te la retourne, mais pire. On enlève ici l'élément de la dignité dans la discrétion, parce que si tu te fais rouler par un crosseur africain, t'es pas obligé d'en parler. Le geste du bernable demeure extrêmement public. Il se fait duper en grande et démontre régulièrement à ses amis qu'il n'a pas l'âme d'un analyste, ou d'un penseur, ou d'un élève de sixième année. Tu te demandes toujours si tu devrais lui en parler, mais au final, tu te dis que la sélection naturelle aurait déjà dû faire en sorte qu'il se crève un œil en mangeant un hot-dog, que c'est quand même un exploit qu'il soit encore parmi nous en un morceau. Tu le laisses donc tranquille. Il a l'air bien.

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http://urbania.ca/blog/5314/le-registre-les-10-lourds-sur-facebookThu, 28 Aug 2014 09:30:00 EDTPierre Lemayta tantelourdfacebookle registrebloguehttp://urbania.ca/blog/5314/le-registre-les-10-lourds-sur-facebook
Cinq trèfles à quatre feuilles en une heure - Portraits de Montréal
















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http://urbania.ca/blog/5313/cinq-trefles-a-quatre-feuilles-en-une-heure-portraits-de-montrealWed, 27 Aug 2014 13:50:54 EDTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5313/cinq-trefles-a-quatre-feuilles-en-une-heure-portraits-de-montreal
Le mixologue était mélangiste

Annie bosse avec nous depuis 3 mois, je la connais peu, mais elle m’est plutôt sympathique, super énergique, c’est une sorte de majorette de la finance. J’ai rencontré son chum, Carl, une fois dans un 5 à 7, un sommelier qui danse la polka après quelques verres. Bref, on avait bien ri. 

Je me dis que ce n’est pas en restant échouée sur le divan que je vais rencontrer l’Homme, alors, j’accepte l’invitation, en me disant qu’il y aura sûrement du bon boire avec lequel je pourrai m’anesthésier si c’est plate.

Arrive le vendredi soir, je mets ma robe à picots, je me fais une face et je me pointe chez Annie. J’ai pas encore franchi le pas de la porte, que je vois déjà un grand jack qui lance des bouteilles dans les airs, comme s’il passait une audition pour le Cirque du Soleil. 

- Salut, moi c’est Jeff, j’travaille avec Carl, j’suis mixologue!

(Ouais, je vois ça… )

Annie m’explique que notre Tom Cruise est en train de shaker sa nouvelle création à la courge butternut.

Misère… me semble ça commence raide !

En voyant, mon sourire plaqué, le gars s’approche, me donne deux becs et me dit que d’après mon look, je préfère sûrement les drinks vintage. 

- Un White Lady?

J’ai aucune idée de ce que c’est, mais si c’est vintage et que je peux éviter la courge, j’en prends-un!

Je m’installe sur un tabouret à côté de l’ilot. Tout en jonglant avec un briquet et une bouteille d’Ungava, le gars m’explique qu’il a remplacé le citron par le kumquat et que « moléculairement parlant, ça nous amène ailleurs… »

(Bon, si tu le dis!) 

Je prends une grosse gorgée, j’en ai besoin, et effectivement, ça goûte le ciel!

Le mixologue pèle des agrumes, comme s’il n’avait aucun lendemain. Il est plutôt charmant, mais la yeule y’arrête pas. Annie et son chum ont fini leur drink jaune-orange, ils préparent des mises en bouche tout en se frenchant. Je bois. Mon nouvel ami me prépare un autre drink. Si je suis plus sauge ou hibiscus? Je veux des fleurs dans ma boisson. Tout le monde rit. Il me dit être le premier à avoir réhabilité le pot Masson à Montréal et que la nouvelle tendance, sera bientôt de servir des drinks dans des bocaux à poissons rouges. Mon verre aussi est rouge. Il se boit tout seul. Le barman me colle. Je colle le barman. C’est l’heure du carpaccio! Pop! Proséco! Annie est assise sur Carl, ils racontent quand la mère de Carl les a surpris en train de baiser, il y a 8 ans. Rires. Le mixologue fait des mimes. On mange du foie gras, on boit du vin jaune. Faut que j’aille aux toilettes. Je me dis que ça commence à tourner pas mal et que je devrais slaquer, on est juste au 2ème service. Annie cogne à la porte. «Ça va Manue? » Elle me dit que je suis vraiment cute dans ma robe et m’écrase sa bouche dans le cou. Elle ricane. Je retourne à la cuisine. Je bois de l’eau. Je m’assois à table. La vibe est weird. Carl passe son pied le long de ma jambe. Attends minute… Carl!?! Oui, Carl. Et là, « mon » mixologue joue dans les cheveux d’Annie… Tout le monde veut aller dans le jacuzzi… Wô! Ok, je choke…  Y’a quelque chose qui m’avait échappé jusque-là…  Je change de face. En fait, je dois avoir le visage de ma mère quand elle surgissait de façon impromptue dans le sous-sol pendant qu’on jouait à la bouteille.

J’aimerais ça être ben cool, mais ça marche juste pas. Je n’avais pas envie de fricoter en gang, surtout pas avec ma collègue de bureau. Moments grandioses à la machine à café en perspective…

Je plaide donc le malaise et je pars presqu’en courant, laissant les autres à leur partie de tag-BBQ.

Le lendemain, émergeant des vapeurs éthyliques, j’hésite entre rire et me sentir ridicule. Je me suis vraiment sauvée comme une enfant. 

Justement, Annie m’appelle : « Hey, je suis désolée! J’pensais pas que ça allait te rendre inconfortable. Tsé, Carl et moi, ça fait 4 ans, qu’on est mélangistes… »

Et là, j’ai eu droit aux principes de base, à plein de détails croustillo-superflus et j’ai appris que... la réceptionniste au bureau aussi était mélangiste, que mon nouveau dentiste l’était, bref que pratiquement 80% de ses amis, l’étaient!

Bon, je dois avouer que pendant quelques instants, j’avais l’impression de vivre dans une caverne, pendant qu’à l’extérieur, le reste de la ville s’envoyait en l’air allégrement. Me restait plus qu’à regarder les murs de ma grotte où s’agitaient les ombres de mes congénères qui, EUX, pouvaient copuler grégairement… 

Ce qui m’a fait sortir brusquement de mon allégorie platonique, c’est quand Annie m’a dit : « J’comprends que ça ne plaise pas à tout le monde, tsé, ça demande une certaine maturité, une évolution, un cheminement... »  

J’ai eu envie de pousser un petit cri primal, là. Est-ce vraiment une question d’évolution et de maturité, comme si c’était un idéal à atteindre? Je n’avais pas vu la lumière et je ne faisais pas partie des Élus?

Me semble que c’est davantage une question de choix, de goûts et d’intérêts, non?

Du temps où j’étais en couple, ça ne m’a jamais passé par l’idée d’embrasser un autre gars (ou encore moins de lui faire une pipe) devant mon chum… Aller voir ailleurs, mais ensemble, comme couple, je le sens pas… Me joindre à tout ça, en tant que célibataire, pas plus. Est-ce que ça fait de moi une ramapithèque sur l’échelle de l’évolution sexuelle? 

Plutôt que de voir la sexualité comme des échelons à gravir, je préfère voir ça comme une terre à explorer…  Disons que j’aime mieux le faire en duo (ou à la limite en solo), plutôt qu’en voyage de groupe organisé.

Manue pour les RoseMomz 
Illustration: Pierre-Nicolas Riou
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http://urbania.ca/blog/5312/le-mixologue-etait-melangisteWed, 27 Aug 2014 11:50:32 EDTLes RoseMomzmixologiemelangismeroseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5312/le-mixologue-etait-melangiste
Défi Urbania: Vos malaises

R.

Quand mon chum et moi avons commencé à sortir ensemble, il portait souvent une chemise que je trouvais hideuse. Au bout d'un moment, j'ai fini par lui avouer que je détestais ladite chemise. En bon amoureux soucieux de plaire à sa douce, il a cessé de la porter sur-le-champ. 

Quelques mois plus tard, nous avons emménagé ensemble. Avec tout le ménage nécessaire pour rendre notre appartement agréable à vivre, nous avons vite manqué de chiffons. Mon chum m'a dit : «Allez, fais-toi plaisir et fais des guenilles avec ma vieille chemise!». Je n'ai jamais découpé quoi que ce soit avec autant de ferveur et de plaisir! 

Sauf que quand ma belle-mère est venue nous donner un coup de main et que je lui ai tendu un chiffon, elle a tout de suite compris d'où il venait. «Tu n'aimais pas la chemise de Simon?», m'a-t-elle demandé. Et moi de répondre en riant : «Non, vraiment pas!». Ma belle-mère a eu l'élégance de ne rien ajouter et de changer de sujet, mais j'ai lu le malaise sur le visage de mon amoureux... Il m'a dit plus tard que sa mère lui avait acheté l'affreuse chemise! Si j'avais su, je n'aurais probablement pas été capable de mentir, mais j'aurais certainement répondu avec plus de tact. 

Nous n'avons jamais reparlé de l'incident depuis.

***

Julien

Ça se passe dans l'ascenceur de mon école. Avant de rentrer dans ledit ascenseur il y a genre les tableaux avec les faces des gradués. Moi et mes chums on est en pause et on se dirige vers l'ascenseurs quand une femme random du chemi se met a me jaser(???). Elle me montre sa photo sur le cadre et me dit "regarde moi quand j'avais ton âge, j'avais plein de boutons et de problemes de peau. Maintenant je me suis faite opérée et apres plusieurs chirurgie mon visage est enfin présentable." Ou quelque chose du genre. Je regarde sa photo et , en effet, elle etait tres affreuse la bonne femme.
Elle rentre donc dans l'ascenseur avec nous et, ne sachant quoi repondre à cette tranche de vie, je dis tout bonnement " En tout cas, ça paraît pas"
J'avais plein de bonnes intentions mais mes chums se sont juste mis a rire. La femme a pris un air piteux pour le reste du tres awkward trajet d'ascenseur. J'ai compris quand mes amis m'ont dit que j'avais sonné très baveux et qu'elle a surment compris que ses operations me parraissait pas! Damnnn

***

Audrey

J'habitais à l'époque dans Hochelaga et un jour, je vais avec mon ex-conjoint à la Caisse populaire, coin Ontario-Bourbonnière, pour retirer de l'argent. J'étais à l'époque étudiante et fière-pet: j'avais eu une très bonne note dans un examen et j'étais fière de ma shot. En entrant dans la Caisse, je dis donc à mon ex, fort: « C'est comme ça qu'on voit ceux qui ont étudié et ceux qui n'ont pas étudié.» Dans la file d'attente pour les guichets, un homme me dévisage et moi, dans ma petite tête, je me demande quel est son problème à lui. Je me tourne vers mon conjoint et celui-ci me fais un signe "de la fermer égale". 

Moi, frustrée, je me tais et j'attends mon tour.


Ce n'est qu'une fois dehors, alors que je disais à mon ex : « Non, mais as-tu vu le monsieur me dévisager, ça pas de sens, pour qui il se prend...» que  ce dernier m'a coupé la parole pour dire: « Audrey... réalises-tu quel jour on est? »

Nous étions le 1er du mois.

***

Sa.M.C.D.

En sortant d'un manège de La Ronde (où on a les jambes branlantes tout le long), j'ai dit assez fort à mon amie: « Oh mon dieu! Je sens plus mes jambes!! ». Je me retourne et je vois un groupe de personnes en chaise roulante qui visitait la Ronde. 

Leurs regards me hantent encore.

***

Martin

Lorsque j'avais 19 ans, j'avais une blonde qui était pas mal plus vieille que moi, 41 ans pour être plus précis.

Donc, arrive le moment où je rencontre sa maman.  J'entre chez elle, on s'installe et je constate que ladite maman s'est bien conservée malgré les années.

Moi, pour faire mon gentil et complimenter ma nouvelle belle-maman par la bande, je m'exclame « En tout cas ma blonde, je regarde ta mère et c'est garanti, tu vas faire une belle vieille plus tard! » La réaction de sa mère a été instantanée: « Hey, merci pour la vieille ».

Mëme si ça fait 18 ans de ça, je me demande encore comment j'ai pu sortir une affaire de même... mais bon, mettons ça sur le dos de l'innocente jeunesse.

***

Catherine

Je me suis mariée il y a un peu plus d'un an. Pour l'occasion, nous sommes allés acheter un costume a mon père. Mes parents habitent une petite ville où tout le monde se connaît. On entre dans la boutique et comme de fait, mes parents connaissent bien le vendeur. Pendant que mon père essaie des habits, le vendeur me demande qu'est-ce qu'on recherche comme style. Je lui réponds: « Je ne veux pas qu'il ressemble a un Chevalier de Colomb, ils ressemblent tous à des croque-morts dans leurs habits. » (J'aimerais signaler ici que les seuls Chevaliers de Colomb que j'ai vu dans ma vie, c'étaient ceux qui portaient la tombe lors de funérailles... Le lien s'est fait dans ma tête.) Alors le vendeur me répond: « Ahhh oui!!! Je suis président des Chevaliers et notre costume ne se vend pas sur le marché..." Le malaise toi...

***

Frère Tarla

Je venais de commencer un nouveau travail (dans un bureau du gouvernement fédéral, si vous voulez savoir). Moi et quelques autres nouveaux employés avons pris l’initiative d’organiser le party de Noël du bureau dans une superbe cabane à sucre de la rive-sud de Montréal, question de faire connaissance avec les « vieux » employés et d’établir notre réputation de jeunes bon vivant. Presque tout le monde a répondu positivement à l’appel, sauf une coup’  d’irréductibles. Ne voulant pas considérer « non » comme une réponse valable, je décide d’aller confronter individuellement chacun des rébarbatifs, mano a mano. Première victime, Lisa (nom fictif):
 
Moi, jeune criss de frais-chié : « Hey, pourquoi tu viens pas au party? »
Lisa, mère célibataire, commis de bureau : « J’ai pas de gardienne pour mon fils. »
Moi, spécialiste en conciliation travail-famille de 20 ans : « Quel âge il a, ton fils? »
Lisa, tout doucement : « 15 ans »
Moi, aspirant humoriste en pleine ascension : « Y peut pas se garder tout seul, TON GRAND TARLA? »
Lisa, tout doucement, en pointant une photo sur son bureau : « Il est handicapé… »
 
Effectivement... Cette photo-là valait mille silences...
 
J’me souviens juste d’avoir regardé la photo, d’avoir bredouillé quelques mots d’excuse pis d’avoir considéré lâcher ma nouvelle job pis rentrer chez les Carmélites.  

***

Manon

La fois où mon grand-père est décédé,  je suis retournée dans mon petit patelin pour les funérailles. On discutait entre cousins et cousines. Cousine#1 est enceinte jusqu'aux oreilles et cousine#2 est accompagnée de son fiancé.

On parle de prénoms et je dis: « En tou cas appelle-le pas comme mon frère voulait appeler son p'tit au départ... Adam... crisse que j'trouve pas ça beau comme prénom! »

Après quelques regards malaisés, je me rappelle que le fiancé de cousine#2 s'appelait Adam!..  Aujourd'hui, il ne sont plus ensemble. Tant mieux pour moi!

***

Sébastien

Nous étions 3 gars dans une auto, en direction de l'université, quand soudainement nous avons vu un cortège d'autos qui se suivaient, avec les rubans et tout le tralala. Nous avons été immédiatement pris d'une grande joie! On a dit au conducteur: « Enwaille Paré! On embarque dans le groupe ». Alors Paré s'est faufilé entre deux autos, et nous étions tous excités de partager leur bonheur face à ce grand jour. On a dit « Paré, Klaxonne! » et il s'y est donné à coeur joie « Bee! Bee! Bee! Beep! ». Après 1 ou 2 minutes, on a dit « Ça va pas assez vite. On les dépasse ». Comme on passait à côté des autos, Paré klaxonnait, et nous on envoyait la main avec des gros sourires de gamins surexcités. Les gens nous répliquaient avec des faces bêtes et des airs de boeufs. On ne comprenanait pas pourquoi. Soudainement, nous avons aperçu... le corbillard! Alors on a eu le plus gros fou rire de notre vie, mélangé avec un profond malaise!

***

Émilie

16 ans, Longueuil, un après-midi avant la fin des classes. Je m'en vais travailler à pieds et sur le coin d'une grosse rue j'apperçois un vieux tout croche qui parle à deux petites filles qui viennent de terminer l'école. Il porte des vêtements qui seraient refusés au Village des Valeurs et une barbe ayant connu des jours meilleurs.

Mon cerveau me crit au pédophile dès le premier regard et j'attends qu'il parte. Je dépasse les fillettes et elles continuent leur chemin derrière moi. Je n'arrête pas de penser à ma soeur du même âge et à toutes les histoires de kidnapping et de viols...

Je suis du type qui paranoïe rapidement.

Je me retourne brusquement vers les fillettes, moi, ma face de fille qui s'est battue avec des crayons Crayola (...style métaleux/emo *shame on me*), mes piercings pis probablement mon air de débile, et je leur dis gentillement: « Vous le savez, hen, les filles, qu'ils ne faut pas parler aux étrangers..? » suivi d'un sourire qui se voulait convaiquant et appaisant.

À ce stade, je suis fière de moi, j'ai été adulte et fait la bonne chose. J'ai protégé l'innocence!

Les fillettes me dévisagent un peu et l'une d'elle me répliquent: « Ben oui... Mais lui c'est notre prof de musique! »

Elles avaient en effet des étuis pour violons dans les mains.

Je me suis retourné pour aller vers mon travail avec les fesses plutôt serrées!

***

Panda swaggé

Y’avait un gars lourd au cégep. Fuck lourd. T’es-une-fille-je-suis-un-gars-faque-clairement-on-devrait-fourrer lourd.

Anyways, le dude s’essayait fort, mais il était awkward pis il abandonnait jamais. Il me parlait de son dealer de weed (« Eille, regarde, chu un bad boy. ») pis du chien à sa mère, pis de son chest qu’il essayait de "travailler" au gym. Le dude était dans tous mes cours, donc pas moyen de m’en sauver.

À l’époque j'avais encore jamais eu de relation amoureuse, parce que je trippais ben trop sur avoir une grosse estie de Cote R, pis que mon existence au complet tournait autour des dates d'examens pis de remises de travaux. Je percevais pas mal tous les « prétendants » comme des mouches à marde. Mais ce dude-là jouait dans un ligue à part. Y’était dans l’équipe nationale des osties de taches. Comme mascotte.

Toujours est-il qu’un bon matin, avant le début du cours, il me dit allô. Faque je réponds allô par politesse obligée. Pis là, il se met à me parler de sa nouvelle blonde. Sa nouvelle blonde vraiiiiiiment hot, pis toute là. Chuis comme… GOOD NEWS! Contente pour toé, bro. Pis chu bitch, faque j’m’imagine qu’y sort avec un broccoli plein de verrues, que tu pognes la grippe espagnole quand tu y touches.

2h00 plus tard je lunch avec une amie que j’viens de me faire la semaine d’avant. Pour rire, j’lui raconte ce que le gros esti de cave me bullshittait plus tôt, sur sa blonde imaginaire. Elle me dit : «  Oh, qui ça? » J’y dis le nom du gars. Son nouveau chum. Pire feeling jamais enregistré par mon enveloppe charnelle.

En tout cas, ça m’aura appris à farmer ma yeule, ou à choisir des insultes moins trash quand je parle de monde que je « connais semi » à d’autre monde que je « connais semi ».


***

Julie-Marie-Louise

Pendant ma maîtrise en sexologie, j’étais Hermione Granger. Niveau professionnel, c’était impec : habillement neutre, analyses de cas top notch, niveau de vocabulaire à la Charles Tisseyre. Gardienne des bonnes mœurs, j’avais fait la demande au directeur des stages de mettre sur pied un comité d’éthique pour restreindre les comportements ô combien outrageux de certains étudiants. Un jour, j’ai cliqué sur l’option « répondre à tous » d’un courriel de groupe, question d’envoyer un message personnel incluant de bonnes jokes grasses inappropriées à mes amies stagiaires (oui, il y avait un clash certain entre mon identité personnelle et mon identité professionnelle). Mais je ne suis pas innocente! Non! J’ai quand même regardé attentivement pour ne pas que des personnes indésirables se trouvent dans l’envoi..! 

Convaincue de ma rigueur, je clique sur « Envoyer ». HORREUR. SCANDALE. DÉSESPOIR. Il y avait la section « copie conforme »… COPIE CONFORME. Avec l’adresse du directeur des stages. LE DIRECTEUR DES STAGES. J’étais TÉTANISÉE. Si le champ lexical de mon courriel était constitué de termes comme « nounoune », ça aurait déjà atténué mon malaise. Mais non. J’ai fait un usage trop enthousiaste de ce terme-là... première syllabe en moins. Le lundi matin, j’ai fait « the walk of shame » dans le département de sexologie. En me voyant, le directeur m’a souri et m’a dit « Eh puis, Julie-Marie-Louise, veux-tu toujours que je mette sur pied un comité d’éthique!? Tu pourrais le présider! ». Leçon d’humilité 101.

***

Gabrielle

J'étais étudiante au Cégep pendant la grève en 2012. Le retour en septembre, et surtout la fin de session en plein mois d'octobre étaient particulièrement durs. Faire une session de 15 semaines en seulement 6 semaines, ça épuise. Un jour, par miracle, j'ai eu un après-midi de libre. J'en ai profité pour aller dîner avec des amies. Je vois mon amie Julie et je lui lance sans y penser deux secondes: «Aurais-tu de la corde que j'aille me pendre drette là!». Elle m'a regardé un peu bizarre et m'a répondu que ça faisait 7 ans aujourd'hui que son père était mort. Son père s'est pendu... Malaise.

***

Anne-Marie

Je suis chez H&M avec mon amie et son amie, que je rencontre pour la première fois. Cette dernière sort de la cabine pour nous montrer un morceau. 

« Eille, j’avais pas remarqué encore, t’as une pupille plus grosse que l’autre! C’est cool, ça te donne un p’tit air de David Bowie. Y’est tellement beau. J’aime ça le monde spécial. »
« ...c’est un œil de vitre. »
« ...eille, elle te fait VRAIMENT BIEN cette robe-là, hein! »

***
Pour la semaine prochaine: on aimerait avoir des photos sous le thème "rentrée". Que ce soit des photos de la rentrée de vos enfants à la garderie ou des images choc des initiations au bac en droit à l'Université Laval... On veut tout! 


Crédit photo: A.Davey 


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http://urbania.ca/blog/5309/defi-urbania-vos-malaisesTue, 26 Aug 2014 13:49:46 EDTUrbania malaisedéfi urbaniabloguehttp://urbania.ca/blog/5309/defi-urbania-vos-malaises
C’est la rentrée

Au début de chaque étape, l’instituteur demandait à ses élèves d’écrire son nom sur un bout de carton plastifié et de le coller sur le devant de son pupitre. Mais moi la prof connaissait déjà mon nom. Parce que j’étais un cas spécial.

J’avais donc aussi une attention spéciale. Un horaire spécial. Un pupitre spécial. Tous les autres écoliers devaient se contenter du legs de leurs prédécesseurs, un vieux meuble qui grince quand on l’éventre pour aller chercher son livre de math. 

Mais pas moi. Moi j’avais droit à un tout neuf, construit sur mesure. Il était «plus ergonome», selon mon éducatrice spécialisée. C’était pour «faciliter mes déplacements» et «accommoder mon fauteuil roulant». Mais ça me faisait juste ben chier.

Parce que quand j’arrivais dans une nouvelle classe, j’avais juste envie de me fondre dans la masse. Alors que plusieurs cherchaient à se faire remarquer, moi, je préférais ben plus être de la majorité invisible que de la minorité visible. Mais comme je l’ai déjà expliqué, j’ai un signe ostentatoire qui m’en empêche

C’est une très touchante campagne publicitaire qui m’a rappelée tous ces souvenirs. Dans celle-ci, la mère d’une enfant autiste se désole de voir que les publicités back to school!!! de l’école de sa fille soient si peu inclusives. Elles montrent peut-être des «représentants» de minorités ethniques, mais ignorent tous ces jeunes avec un handicap, comme sa petite fille atteinte de la Trisomie 21. Et comme tous ces «un enfant sur dix» qui présente une déficience physique ou intellectuelle.  Mais cette fraction, on ne la voit pas. Parce qu’on a encore la fâcheuse habitude de la stationner dans la même classe, «à l’abri» de tous maux. 

Ainsi donc, la mère trouvait ça dur de donner à sa fille, le goût d’aller à l’école. Elle qui ne se reconnaissait dans aucun portrait dépeint. Je ressens. 

Ça m’a rappelé mes valses d’hésitations angoissées dans le vent un peu frette de fin août. Celui qui siffle comme un air qu’on reconnait soudainement. Celui du retour à l’école. Ces avant-midi entre les rayons du magasin de fournitures scolaires. À me dire que, finalement, le choix de mes duo-tangs était effectivement bien accessoires. Qu’ils n’auraient aucune influence sur la perception que les autres auraient de moi. Qu’on me jugerait anyway sur mon moi apparent et pas sur la couleur de mes pochettes où mon nom est barbouillé en lettres attachées approximatives.

Je me suis souvenu comment mon «intégration» s’est faite en milieu scolaire. Parce que l’institution priorisait effectivement une approche «d’intégration» et non pas «d’inclusion». Si vous vous imaginez que ce sont des termes interchangeables et synonymes, voilà un tableau qui démontre bien que non : 

L’intégration, c’est tailler (un peu par obligation) une petite place isolée dans un environnement. Un lieu avec des parcours dédiés, en périphérie, avec des délimitations, des spéciaux, des exceptions et des à-part. 

C’est un peu comme ceux qui confondent «adapté» et «accessible». «Adapter» une récréation, c’est permettre à la personne handicapée de s’amuser à Connect-Four dans la classe quand les autres kids jouent au soccer. Rendre une récré ou une sortie «accessible», c’est quand la personne vit la même chose que ses amis écoliers, avec le moins d’égard possible à ses limitations (j’haïssais les sortis de fin d’année à l’Amazoo).  


Tentative de publicité back to school inclusive. Constat : IMPOSSIBLE de tenir un sac-à-dos en fauteuil roulant et d’avoir l’air cool.

C’était pas vraiment mieux au secondaire. Ce vaste milieu de liberté où tous s’épanouissent. Nope, on me laissait pas d’autonomie. J’étais pas apte. J’avais BESOIN d’assistance. 

La direction avait tranché qu’il était mieux pour la personne que j’étais d’avoir une heure précise à laquelle je devais me rendre aux toilettes. 

Oui-oui. J’étais pas en mesure de choisir quand je sortais de la classe pour aller faire pipi. Ou si je pouvais y aller à la récré.  C’était mieux si je suivais un horaire. « Parce qu’on a déjà eu un élève en fauteuil roulant, y’a cinq ans, pis c’était de même. » Fait que à midi quarante-cinq, sur l’heure du dîner, une éducatrice venait me chercher devant mes amis pour me mener à la toilette des filles – la seule accessible de l’école (!!). 

Freud serait assurément d’avis que ça a fucké ben raide l’ado en moi. 

Illustré ci-haut : joufflu confus aux lunettes rondes (qui se teignait par ailleurs les cheveux)

C’est effectivement là que j’ai commencé à connaître mes passes de rebelles; à me chercher. Parce que j’étais autant en crise d’identité qu’une tomate.  

Quand tous mes chums se sont mis à jouer au foot, avec les Dragons, je me cherchais un peu. C’est là que je me suis mis à écouter du Mudvayne. 

QUE CELUI QUI N’A JAMAIS EU DE PHASE NÜ-METAL ME JETTE LA PREMIÈRE PIERRE.

Ça marchait pas vraiment. Ce qui a fait en sorte que, au secondaire, je passais plus mon temps sur les forums de jeuxvideo.com que dans les party. 

Ouain, j’haïssais ça l’école. Le système, malgré ces beaux efforts, m’allait pas du tout. Mais ça, c’était au tournant des années 2000. J’imagine qu’il est plus inclusif, maintenant. 

Rassurez-moi.

Photos : Raphaël Bégin-Leclerc (sauf l'avant-dernière, elle je l’ai prise avec une Microsoft-EyeCam-2000)
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http://urbania.ca/blog/5307/c-est-la-rentreeTue, 26 Aug 2014 12:14:46 EDTKeven Bretonback to schoolaccessibilitérentréebloguehttp://urbania.ca/blog/5307/c-est-la-rentree
Les Procès d'Edouard: Nos facultés affaiblies

Le moron, dans le box des accusés, a tout à fait la face que tu t’imagines : couverte par les poques de sa vie, le regard mouillé par la honte, la bouche tremblante quand il répond au juge. 

Ce moron te rappelle probablement quelqu’un que tu connais très bien : genre toi.

Je déteste les gens qui généralisent, habituellement c’est du monde qui se pensent au-dessus de la mêlée alors qu’ils s’y noient sans s’en rendre compte. Je déteste les gens qui généralisent, mais généralisons joyeusement : tout le monde a déjà chauffé chaud. Pas nécessairement chaud-chaud, mais au moins un peu trop engourdi pour le code routier. C’est tabou de le dire mais c’est vrai. À moins que tu sois un professeur de pastorale, mais même là, les professeurs de pastorale ne sont pas au-dessus de tout soupçon.

Avant de conduire, tu dilues peut-être pas ton sang avec du meth, du GHB pis du Benadryl, mais le diluer avec des bières de microbrasseries pesantes comme des gâteaux Reine Élisabeth ou bedon avec de la mousse de Champagne-Ardenne, ça fait pas de toi un moins moron.

T’as déjà chauffé chaud pis t’as pulvérisé le cul d’un PT Cruiser en tournant un coin un peu trop sec. Une chance que le PT Cruiser était vide. Une chance que c’était juste un PT Cruiser.

T’as déjà chauffé chaud pis tu t’es parké chez ton voisin, dans sa porte patio. Il était 4 heures du matin, tout le monde dormait, faque no big deal, t’sais.

T’as déjà chauffé chaud pis la police qui te collait a finalement flashé ses cerises quand t’as tourné sur De Lorimier. L’agent t’a informé qu’une de tes lumières arrières fonctionnait pas. Tu t’en es tiré avec juste un 48 heures. Fiou.

T’as déjà chauffé chaud pis tu t’en veux encore aujourd’hui — pis t’es mieux de t’en vouloir encore aujourd’hui parce que sinon t’es pas juste un moron, t’es une chiure.

La semaine passée, j’ai fait un appel à tous sur Facebook pour que mes amis me racontent la fois où ils se sont fait arrêter pour DUI : en moins de 24 heures, j’ai reçu une trentaine de témoignages peu glorieux*. Pis ça, c’était juste le monde qui s’était fait pogner. Misère.

En attendant d’entrer dans la salle d’audience 4.06 du Palais de justice de Montréal, j’ai jasé avec une dame qui venait assister à la comparution de son fils. Elle voulait lui offrir une sorte de soutien moral même si « y [avait] p’us rien à faire avec lui ». Son fils, c’était le moron aux cinq feux rouges. Quand il a parcouru la salle du regard à la recherche « d’une sorte de soutien moral », sa mère pleurait en fixant le tapis usé.

Le moron, dont c’était visiblement pas la première offense, a écopé de 60 jours d’emprisonnement (les week-ends) pis d’une interdiction de conduire pour deux ans.

J’ai quitté la 4.06 quand un grand tata nerveux de huit pieds et quart s’est amené dans le box des accusés parce qu’il avait foxé ses séances d’anger management. Sa mère devait pas trop être fière de lui non plus.

Un peu sonné, comme chaque fois que je sors du Palais de justice, j’ai été me caler trois ou quatre pintes de blonde à l’Esco pis je suis rentré sagement à la maison en métro. Pas l’choix, j’ai p’us de permis de conduire.


Crédit illustration: MHP
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* Une amie m’a même raconté la fois où elle s’est fait avertir par un agent de la paix parce qu’elle chauffait chaude un BIXI, mais t’sais, je voulais pas vraiment l’inclure dans le corps principal de l’article puisque c’est comme parler de pétards à mèche avec des pros qui travaillent dans le dynamitage. Désolé Léa.
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http://urbania.ca/blog/5308/les-proces-dedouard-nos-facultes-affaibliesTue, 26 Aug 2014 10:04:11 EDTEdouard H.Bondalcool au volantfacultes affaibliesles procès d'edouardbloguehttp://urbania.ca/blog/5308/les-proces-dedouard-nos-facultes-affaiblies
Vacances romaines

La Fontaine de Trevi est l'une des attractions touristiques les plus importants de Rome. Pour rappel, il s'agit de la fontaine dans laquelle Marcello Mastroianni se paye un bain de minuit dans le film "La Dolce Vita". Cet été, elle est en restauration et a donc été vidée de son eau pour l'occasion. Mais malgré les échafaudages, les vendeurs de souvenirs se félicitent : la saison est sauve. Une passerelle a été dressée au-dessus du bassin, pour que les visiteurs puissent prendre en photo les statues. Et puisque la tradition veut que l'on y jette une pièce, ça porte bonheur, la ville de Rome a fait installer une petite piscine devant un panneau servant de décor aux touristes qui voudraient immortaliser l'instant. « Pour jeter une pièce, par ici ». Une fois le selfie empoché, un commentaire : « check », étape suivante.

Devant tant d'absurdité, qui est à blâmer ? La ville de Rome, qui marchandise à tel point son patrimoine qu'il finit par ressembler à un parc d'attractions ou le touriste, qui une fois de retour chez lui racontera, preuve à l'appui, à quel point la ville est belle ?

A l’intérieur du Colisée

Loin des sentiers balisés, Rome n'est pas toujours belle. C'est le chaos sur terre, l’anti-Montréal. Des bus qui ne respectent jamais les horaires, des trottoirs sales et quand il pleut, des quartiers entiers se retrouvant sous l’eau. Ce manque d’organisation qui apparaîtrait presque comme un des charmes de la ville est en réalité un calvaire pour ceux qui tous les jours y vivent et y travaillent. À côté de ça, l'Italie de papier mâché dans laquelle voyage le touriste idiot est marquée d’un autre syndrome, dit de la sauce bolognaise : une recette qui n'existe pas dans la gastronomie italienne et qui se retrouve au menu de nombreux restaurants, ici en Italie, parce que les touristes en réclament. La demande associée au pouvoir d'achat amènent à la création de nouvelles expériences, qui rendent doublement stupide parce qu'elles viennent confirmer de fausses certitudes. 


Dans les musées du Vatican

Être stupide est souvent jouissif, je ne le nie pas. Moi-même, je suis parfois une touriste idiote à mes heures perdues. Mais gardons en tête que cette folie collective qu’est le tourisme de masse ne s’explique que par le fait qu’il s’agit d’un marché qui rapporte. Ce business n’est pas propre à l’Europe, c’est le cas dans toutes les grandes capitales du monde. Ce que je vois de particulier à notre continent cependant, c’est la manière dont son histoire lui pèse parfois, au point de lui empêcher de se renouveler. Aujourd’hui, il me semble qu’on ne visite pas l’Europe pour ce qu’elle est mais pour ce qu’elle a été. Et à qui la faute ? Quand à l’école on juge plus important de connaitre les grands classiques de la littérature plutôt que de transmettre le plaisir de lire, on ne risque pas de stimuler la création. Et quand la création est là, malgré tout, quels moyens sont mis en œuvre pour la mettre en avant, pour soutenir les artistes ? Pendant que nous vendons notre passé au plus offrant, rien n'est investi dans le présent. Nous nous contentons de nous rassembler autour de ruines dont on ignore le sens, les transformant en mausolées où rien ne peut être discuté et où de ce fait rien n’évolue.

Saint-Matthieu vu par le Caravage, église San Luigi dei Francesi

La question qui importe ici est : devrait-on bénir le tourisme tel qu’il existe aujourd’hui, parce que dans le fond cuisiner des pâtes bolognaises c’est toujours mieux que de ne rien faire du tout, ou plutôt chercher à améliorer la qualité de vie de nos citoyens, pour créer une nouvelle dynamique et attirer de nouveaux visiteurs, peut-être moins nombreux mais qui s’intéresseraient à l'Europe pour l’énergie qui y circule là maintenant ? C’est un pari, que peu se montrent encore prêts à relever et qui impliquerait également de prendre de la distance par rapport à un héritage auquel nous rattachons trop souvent notre identité : vivre dans un pays qui a vu naitre de grands esprits c’est une chose mais il faudrait également se montrer capable de prendre la relève ou du moins être en mesure d’y comprendre quelque chose. Et à mon sens, tant que nous n’établirons pas que la culture et l’éducation sont des priorités absolues, notre vieux continent continuera à crouler, lentement mais surement sous le poids des idiots d'ici et d'ailleurs.

A proximité de la place Saint-Pierre

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http://urbania.ca/blog/5304/vacances-romainesMon, 25 Aug 2014 09:26:35 EDTElisabeth Meur-Ponirisrome touristetourismeblog-urbaniahttp://urbania.ca/blog/5304/vacances-romaines
La chanson de la (fin de) semaine

Allez, bonne fin de semaine à tous!



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http://urbania.ca/blog/5303/la-chanson-de-la-fin-de-semaineFri, 22 Aug 2014 16:12:36 EDTUrbania chanson de la semainebloguehttp://urbania.ca/blog/5303/la-chanson-de-la-fin-de-semaine
Les lois non écrites : Les enfants des autresJ’ai pas d’enfant, pas encore, peut-être jamais. Probablement jamais, mais j’suis à l’âge où je devrais en avoir, faque mes amies en ont pis par la bande, ça me procure plein de tapages pis d’amour en câlins, ça comble mon manque d’être moi-même père.

Il arrive même que je me fasse une blonde qui en a un pis c’est l’fun parce que souvent, il est déjà propre pis ça, ben, c’est pratique. Ça aide ta blonde à rester une blonde. 

Je fais du temps partiel pis c’est ben correct de même. Juste du fun, le deal parfait jusqu’à ce que je devienne vieux pis sénile. À ce moment-là, je vais regretter de ne pas en avoir à moi. Mais parlant de sénile, ne le soyons pas. On est en 2014, le cancer va m’attraper ben avant la vieillesse pis à lui, je lui réserve une surprise de taille. Pas de long traitement toxique pour moi. Je vais, moi-même, intenter à la vie qu’il essayera de me gruger comme le rapace qu’il est. Couper l’herbe sous les pieds, la politique de la terre brûlée. Je vais me chimiotter une balle dans le crâne au moment où il n’y aura plus de retour en arrière possible. J’aime penser que Sun Tzu me ferait un fist pound

Mais c’est pas ça le point, ce dont je veux te parler, c’est que j’ai pas d’enfant, à moi. Focus! 

Les enfants des autres. 

T’éduques ça comment les enfants des autres? T’éduques-tu ça? Peux-tu chicaner l’enfant de quelqu’un d’autre? 

Admettons que t’en es responsable pour une période donnée. C’est toi l’adulte dans place et on t’a demandé de veiller à leur sécurité. T’es l’autorité suprême et il désobéit. Là, as-tu le droit de le chicaner? Non. T’as le droit de faire respecter la loi, tu donnes des tickets de vitesse, pas le droit de condamner personne à la prison.  

Admettons que des parents débarquent chez toi et dropent ses enfants lousses, sans surveillance avec l’air soulagé de quelqu’un ballonné jusqu’aux oreilles qui se retrouve enfin seul et isolé. Là, en principe, s’il arrive de quoi pis que les parents font rien, as-tu le droit d’intervenir? 

J’veux dire, ta liberté s’arrête là où elle brime celles des autres, right? Si t’arrêtes de fournir du Parental guidance pendant que tes morveux sont dans mes cossins, est-ce que j’ai le droit de devenir PG13? Ben non. Je sais, c’est injuste, son kid intimide la propreté de ton chez toi avec ses mains gommées. Je sais, c’est chiant à laver une télécommande, mais t’as jamais le droit de chicaner l’enfant d’un autre. Jamais. Tu laisses le parent de l’enfant élever sa progéniture, comme il l’entend. C’est comme ça. Il n’y a pas de zones grises. 

Sur un plateau de tournage, il y a juste le réalisateur qui donne des directives à l’acteur et à son équipe et on ne doit jamais défaire cette chaîne de commandement, peu importe si on est en désaccord avec les choix de l’un et de l’autre. Le parent est le réalisateur et l’enfant son film. S’il y a un problème, le producteur ne va pas s’entretenir avec les acteurs, il parle au réalisateur. 

Donc, là où tu peux intervenir, ce qui est légit de faire, si t’as les couilles de le faire, c’est de chicaner un parent qui n’éduque pas ses enfants. Fuck oui! Il y aura des conséquences, si vous êtes amis, ça va peut-être se terminer là, tu vas peut-être passer pour un trou de cul, mais si ta conscience te dit de le faire, t’es tout à fait légitime. 

C’est correct de respecter les autres dans leurs valeurs, mais faut aussi respecter ses propres valeurs, non? 

*****
J’écris dans mon livre des Lois non écrites™ :

Jamais, en aucun cas tu as le droit chicaner l’enfant de quelqu’un d’autre, même si cet enfant a fait du mal à ton propre enfant. Protéger ton enfant est ta seule option devant l’enfant d’un autre. 

Cependant, tu as le droit de chicaner n’importe lequel parent si t’es capable de vivre avec le heat d’être un humain détestable. 

*****

C’est TON enfant, c’est ta goutte pis ton œuf qui l’ont fait naître, good job. T’en es responsable et tu l‘élèves à ta discrétion. Cependant, n’oublie jamais que TON enfant sera un jour, MON facteur ou MON voisin. J’aurai à interagir avec lui. Je vais partager une société avec lui.

Pis je serais plus rassuré de vivre dans une société où mon voisin va être un citoyen responsable et non une marde. J’aimerais bien que ce soit le genre à avoir le réflexe d’appeler la police au lieu d’acheter du sent-bon pour masquer l’odeur du cancer que j’ai éventuellement assassiné sur le champ de bataille qui est mon corps.  

Et avouons-le, chicaner un parent devant son enfant, ça peut être crissement plus efficace que de chicaner l’enfant direct. Imagine si ça vire en cris, en larmes pis qu’on se met à se lancer des insultes qui se pètent en mille morceaux sur les murs. Imagine comment, la prochaine fois, il va aller se les laver ses petites mains dégueulasses. Il va frotter comme un vrai petit chirurgien avant une opération. Pis sais-tu quoi? Tout ça va peut-être retarder mon cancer d’un an. 

Crédit photo: Alphée Turcotte
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http://urbania.ca/blog/5298/les-lois-non-ecrites-les-enfants-des-autresFri, 22 Aug 2014 11:45:52 EDTMartin Perizzololoi non-écriteenfantsbloguehttp://urbania.ca/blog/5298/les-lois-non-ecrites-les-enfants-des-autres
Je suis coiffeuseA big fat gypsy ti-caille.

Mais c’est plus fort que moi.

Je vous entends déjà me pointer du doigt (c’est que ça s’entend, un index qui fend l’air), moi, le casseau rempli de jambon-beurre avec mes petites mains grasses pleines de bagues et d’insécurités, qui travaille de la maison où brûle une bougie au parfum d’ambiance exquis, fusionnée à son caniche de grain à boire des cappuccinos dans ses pantoufles de daim en se félicitant d'écrire trois phrases à l'heure, MAIS qui se regarde dans le miroir, les petits pieds par en-dedans de pas trop être sûre de s’aimer le titre.

C’est attendrissant 1/10.

Et on va se le dire: il y a pire. Il y a la guerre. La maladie.
Le banc d’essai du pain au raisin qui tarde tant à remeubler mes mercredis soirs.

Mais pour une raison que j’ai du mal à saisir, je connais peu de blogueurs qui répondent à la question « Tu fais quoi dans la vie? » avec une voix de ténor et l'assurance Bombardier:

« Je suis blogueur » *petit geste de pistolet fictif qui vient de scorer rare*

Il y a toujours une petite justification. UNE JUSTIFICATIONNETTE.

« Eh bien, j’écris. Sur toutes sortes d’affaires, là. Sur quoi? Ben, sur... sur les vedettes. Et des anecdotes, aussi. C’est un peu humoristique. Dans le fond, c’est pas vraiment intéressant, ce que je fais. Héhé. Je quitte à l’instant la pièce pour aller me cacher dans le panier à linge. »

C’EST UN PEU HUMORISTIQUE.
Le chic de donner un feeling de cannisse de petits pois Le Sieur à ma profession, je le maîtrise comme pas une.

Les années ont beau passer et la sagesse, galber chacun de mes mollets, je suis toujours incapable de rester digne en me décrivant le pedigree. Et je le vois, JE LE VOIS, ce sourire d’abord dressé sur votre visage réjoui, se ramollir délicatement au fur et à mesure que je m’enfonce dans le velveeta de mon complexe exposé au grand jour.

Je rêve tant d’un sourire ferme et soutenu.
D’un sourire de type « Oh, vous êtes femme médecin », bienveillance Lucile Teasdale-esque au regard.

Mais je reçois plutôt un « Oh, c’est mignon, ce que vous faites (petit tapotement de tête à l'appui). Je vais à présent me reservir de la trempette (et ne plus jamais revenir) ».

Inutile de l’évoquer, j’ai sans doute besoin d’une thérapie (ou d’une boîte de Roulés Suisses).

Pourquoi ce complexe au jambon-beurre, au fond?
Parce que tout le monde peut écrire? Parce que la blogûre est accessible à tante Frita, qui a furieusement délaissé scrapbooking et sculpture de pâte de sel pour nous entretenir de son jardin anglais sur la Toile?

Je l’ignore. Je n’ai pourtant jamais jugé qui que ce soit par son travail (sauf si son travail consiste à se fabriquer une cape de peaux humaines en dansant à reculons).

Je garde tout le jugement pour mon épinglette.

C’est pourquoi, et je n’en suis pas fière, quand je n’ai pas la présence d’esprit d’éviter la fatidique question d’un audacieux pas de valse musette ou en concentrant fiévreusement la conversation sur l’autre (c’est que les gens ADORENT parler d’eux-mêmes. Essayez. Vous verrez, c’est fantastique), je réponds désormais que j’écris.

Et j’ai l’air d’une sapristi de tarlaise qui s’embrasse les biceps en contemplant l’irrépressible envie de se teindre une mèche blanche.

(quelle vie, hein)

Plus jeune, j’éprouvais le « complexe du tiroir-caisse »; vous savez, celui de l’étudiante qui travaille comme caissière dans une boutique et qui sent le besoin de spécifier aux quatre couettes qu’elle terminera bientôt ses études et quittera ce poste temporaire (pour devenir femme médecin).

Mais me voilà, aujourd'hui. Heureuse. Épanouie et rassasiée chaque jour par ce métier qui m’emballe.
Je ne devrais pas me retenir la vesse.

Et plutôt l’écrire au pastel gras sur un autocollant de présentation sur ma poitrine dressée.

Le turluter. Le code-morser avec mes sourcils.

OUI.

Alors voilà. Je suis blogu... coiffeuse. C’EST ÇA JE SUIS COIFFEUSE.

La bise.

PS TENDRESSE :: je suis coiffeuse.

PPS TENDRESSE ::
Eh, lali lali.]]>
http://urbania.ca/blog/5299/je-suis-coiffeuseFri, 22 Aug 2014 09:20:43 EDTCatherine Ethierblogueuseêtre femme médecincomplexetarlaisequelle vieje suis coiffeusebloguehttp://urbania.ca/blog/5299/je-suis-coiffeuse
Chère fille qui veut lâcher sa job,Normalement, les jobs comme ça, t’aimes ça parce que tes collègues sont cool et la plupart des boss sont smattes. Le mien l’était. 

Mais surtout, t’aimes ça parce que c’est beaucoup plus payant que vendre des leggings au Stitches.  

Souvent, le seul point négatif de la job, c’est là job elle-même. 

Une job répétitive qui te rend légume et dans laquelle tu te sens aussi épanoui qu’une plante artificielle. 

Tes amis te disent « c’est simple; si t’es pas content, t’as juste à lâcher ». Pis ils ont raison, c’est simple. 

Ce qui est moins simple, c’est ce qu’implique le « lâcher ». Le collatéral. 

À chaud, sans trop y penser, un dimanche après-midi, t’es primé, tu te jures à toi-même que c’est ta dernière semaine. Que lundi, tu vas remettre ta lettre de démission. 

Tu te vois déjà entamer la glorieuse marche de sortie avec ta boîte de gogosses. Comme le dude dans Fight Club, mais sans l’œil au beurre noir et l’involontaire acte terroriste. 

Puis, lundi matin arrive, t’es dans l’ascenseur, prêt à entamer le premier jour du reste de ta vie. 

Ton cell vibre. Courriel de Vidéotron. Ta facture mensuelle. 

Comme si la réalité venait de te sacrer un coup de pied dans la nuque, tu décides de tabletter ton fantasme. 

Tu décides que ce serait plus sage d’attendre encore une semaine. Ou « un mois max ».

Pis c’est ça le problème, c’est que tu veux être à la fois fou et réaliste. T’es un fou qui veut de REER. 

Tu clignes des yeux et ton « un mois max » s’est transformé en un an. 

Tu continues. Et tu l’sais que t’es l’artisan de ton propre malheur, mais fuck que ça rassure d’avoir une paie injectée à ton compte chaque jeudi minuit. 

Ça rassure mais ça engourdit. 

Fait que tu tough. Jusqu’au jour où t’as le déclic. 

Le déclic peut se manifester sous plusieurs formes. Chaque déclic est unique. 

Moi, c’est arrivé un après-midi ensoleillé. Je suis sur l’autoroute en provenance de l’école et me dirige vers la job. 

Ça me tente pas. J’aimerais tellement ça avoir congé. 

Juste y penser j’me sens 50 livres plus léger. 

Juste y penser me donne le goût de danser. Mais pas danser comme un gars chaud musclé dans un club; genre alterner entre « bouger les épaules » et « pointer des places »

Non, danser pour vrai. Avec un chapeau haut de forme et un parapluie. 

Mais comme j’ai déjà épuisé ma banque de congés de maladie, j’aurais besoin d’une excuse béton. 

J’arrive à ma sortie d’autoroute, y’a personne derrière moi, je prends la bretelle et pendant un millième de seconde, j’me dis que si je donnais un léger coup de volant vers la droite et que j’effleurais lentement le muret de béton, je l’aurais mon excuse. 

Bien entendu, j’essaierais d’exempter ma roue de l’impact pour éviter d’infliger des dommages au différentiel et conséquemment, au châssis. 

Si j’fais bien ça, je m’en sors avec un phare brisé, un pare-chocs à changer et une aile avant droite qu’il serait surement possible de réparer au lieu de remplacer.

Tout ça serait même couvert par ma couverture tous risques. 

Jamais je l’aurais fait. 

Mais juste d’y avoir pensé. D’avoir échafaudé un tel canevas de scénario juste pour me sortir d’un shift de quatre heures. 

Ça a été ça mon déclic. 

J’ai pas démissionné ce jour-là, ça m’a pris six mois. 

Six mois durant lesquels je mettais tout en place. 

Pour être prêt quand arriverait le premier jour du reste de ma vie. 

Bien à toi, 

Rabii :)

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http://urbania.ca/blog/5297/chere-fille-qui-veut-lacher-sa-jobThu, 21 Aug 2014 10:24:18 EDTRabii RammalREERdémissionnerdanser avec un chapeau haut de forme et un parapluiebloguehttp://urbania.ca/blog/5297/chere-fille-qui-veut-lacher-sa-job