Urbania - blog-urbaniahttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationSun, 21 Sep 2014 06:04:54 EDT60La chanson de la (fin de) semaine

Allez, bonne fin de semaine à tous!


(Spéciale dédicace à l'Écosse, hein.)
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http://urbania.ca/blog/5363/la-chanson-de-la-fin-de-semaineFri, 19 Sep 2014 16:11:24 EDTUrbania http://urbania.ca/blog/5363/la-chanson-de-la-fin-de-semaine
Le retour de Poudy - Premier acteC’est comme si vous aviez accès à mon atelier. Il y aura des coups de pinceaux maladroits, mais c’est ça la beauté de l’écriture, c’est la somme des réécritures. Vous aurez accès à mes V1, mes balbutiements, des niaiseries. En tout cas, cette semaine, c’est ce que je vous offre. 

Pour l’exercice, j’ai choisi des personnages que je connais déjà, ça m’évite d’avoir à vous faire un paquet de didascalies. Si vous ne connaissez pas ces personnages, vous allez de vous emmerder. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a des tonnes d’articles et billets intéressants sur ce site, et dans internet. C’est un long-métrage? Un épisode? C’est pas encore clair et non, c’est pas un projet concret pour le moment. Bonne lecture.





INT. APPARTEMENT DE LA MÈRE À POUDY - JOUR

Talking head. Poudy, même gars, même kit, il n'a pas changé une miette, dix ans en plus, assis sur son divan brun. Des affiches de bands et de lutteurs des années 80 ornent le mur de préfini derrière lui.

POUDY

L'gros, c'est certain qu'avec le show qui a eu su'l câbe, on est devenu des stars dans l'bout.

INT. BAR KARAOKE - JOUR

Talking head. Chabot, identique, même kit, dix ans en plus, assis à une table de taverne en bois. L'endroit est glauque, éclairé par des néons de marque de bière populaire.

CHABOT

Ben... Pas tout de suite, personne à le câble dans l'coin. Mais quand les dévédés sont sortis, les gens chiaient à terre l'gros.

INT. APPARTEMENT DE LA MÈRE À POUDY - JOUR

Suite Talking head.

POUDY

Ben... Pas tout de suite, personne a de lecteur dvd dans l'bout. Mais quelqu'un a fait une copie sur VHS...

INT. BAR KARAOKE - JOUR

Suite Talking head.

CHABOT

(...) Là l'monde chiait à terre, ça se passait la cassette, pas l'choix, on a dû s'acheter un VHS double, tsé avec deux fentes?

RÉALISATEUR (O.S.)

Vous l'avez acheté?

CHABOT

Ben... Bon! Tu m'as eu, on l'a volé au gros Pouliot qui habite l'autre bord d'la track. Poudy l'a caché dans ses culottes, il a failli fendre son lastique de pants.

INT. APPARTEMENT DE LA MÈRE À POUDY - JOUR

Suite Talking head.

POUDY

(...) If it fits in the pants, it’s mine. Un double deck dains bobette, ça court mal l'gros. Pis j'ai compris pourquoi en arrivant à la maison, il y avait un porn dans la slot B. J'avais pas calibré mon effort pour un double deck + un porn. C’est un art fragile de courir avec de quoi dains culottes. En tout cas, on faisait des copies de notre show. Pis du porn.

INT. BAR KARAOKE - JOUR

Suite Talking head.

CHABOT

On vendait ça trois piasses la copie l'gros, on était big; Beef jerky, saussices hot dog pas d'pain, chaque soir de la semaine... Le monde venait à nos shows. Pis on en faisait partout, n'importe où, c'est ça l'affaire avec la air music, tu voyages léger pis t'as rien à ploguer, t'as juste à pogner la bonne note pis tu rock.

RÉALISATEUR (O.S.)

Pis ces temps-ci, tu rock encore?

CHABOT

Yes l'gros! Moi, je vais toujours rocker, même en mourant j'vas rocker.

Chabot se met à chanter It's my life de Bon Jovi.

CHABOT

It's my life

It's now or never

I ain't gonna live forever

I just want to live while I'm alive

(It's my life)

My heart is like an open highway

Chabot se prend le bras gauche, son visage se crispe.

CHABOT

Shit l'gros, j'pense que je fais une attaque cardiaque.

(avec difficulté)

Like Frankie said

I did it my way

I just wanna live while I'm alive

It's my life

INT. APPARTEMENT DE LA MÈRE À POUDY - JOUR

Suite Talking head.

POUDY

Non, je rock encore côté style, mais pas côté musical.

(Faussement détaché)

Non, Chabot est parti dans un autre band...

INT. BAR KARAOKE - JOUR

On voit Chabot sur scène qui rock avec BIGGY.

Biggy est dans la lignée de Poudy et Chabot, mais une coche plus rock. Il porte des leggings serrés et un coat de cuir blanc à frange!!! Il parle avec un accent anglais assez prononcé et physiquement, c'est le sosie de Mike Paterson.

POUDY (V.O.)

(...) Avec Biggy, un gars de Farnham qui a déménagé dans l'hood. Il dit que Biggy parle anglais pour vrai, lui...

Biggy débute la chanson Smokin in the boys room pendant que Chabot fait de la air guitar derrière. À chaque fois qu'il en a l'occasion, Chabot tente de prendre le centre de la scène et de chanter lui aussi, mais Biggy l'empêche en le repoussant peu subtilement.

BIGGY

All right.

(Chanté)

Checkin out the halls makin sure the coast is clear


Lookin in the stalls--nah, there aint nobody here


My buddies Sixx, Mick & Tom


To get caught would surely be the death of us all


Smokin in the boys room


I tell ya, I was smokin in the boys room.

COUPÉ À:

Chabot, assis à une table de taverne. Talking head.

RÉALISATEUR (O.S.)

Faque t'es devenu lead guitar, tu n'es plus lead vocal?

CHABOT

Ben non L'gros! C'est sûr que Biggy chante, il a une voix d'or. Mais j'suis pas lead guitar, j'suis rhythm guitar, Biggy fait aussi le lead guitar...

On voit des images de Chabot rocker dans l’ombre de Biggy, qui lui, prend toute la place sur scène.

RÉALISATEUR (V.O.)

Pis t'es cool avec ça, de ne plus être le leader du band?

Chabot, assis à une table de taverne. Talking head.

CHABOT

(Sans conviction)

Ben oui. Il y a pas de sous-métier, l'gros. Pis au moins je joue pas de la base de marde.

COUPÉ À:

Chabot et Biggy sur scène, on aperçoit Mario Rock, en bas de la scène ou dans les coulisses qui joue de la air base. Mario Rock va pour monter sur scène afin de jouer avec les gars, mais il est arrêté aussitôt par Biggy.

BIGGY

(En criant)

Don't!!! Stay down! Don't you come uptage, just don't!!!

Mario Rock retourne aussitôt en bas de la scène. Chabot lui fait signe avec la main de s'en aller et le traite de fou.

EXT. DÉPANNEUR - JOUR

Talking head. Mario Rock, pareille, dix ans plus tard, devant le même dépanneur où les gars se tenaient à l'époque. La scène est entrecoupée d'image de Biggy, Chabot et Mario Rock en show. Mario Rock est avec les gars, mais toujours d'en bas de la scène.

MARIO ROCK

Ben non, c'est ça, j'ai pas l'droit de monter sur scène... Y'est d'même Biggy, il est super duper cool. Rock and Roll. Yeah! Depuis qu'il est arrivé, c'est comme si moi pis Chabot on était rendu au même niveau.

RÉALISATEUR (O.S.)

Ouais, mais Chabot à le droit de monter sur scène lui?

MARIO ROCK

Ben chabot est juste un step plus haut, juste une marche.

(Mimant avec ses mains)

J'suis à ça de Chabot, à ça. C'est à peu près deux encyclopédies du rock d'épais. Parlant d'encyclopédie du Rock, j'suis sûr que Biggy va finir dedans, il est tellement hot.

RÉALISATEUR (O.S.)

Toi, vas-tu être dans l'encyclopédie du rock un jour?

MARIO ROCK

Sais pas, j'sais qu'on m'a approché pour le livre des records... À cause de mon shaft.

Le plan s'élargit pour nous laisser voir Mario Rock dans son ensemble et zoom in rapidement sur l'entre-jambes de Mario nous laissant voir « the beast ». L'image du shaft se fond à celle de Biggy sur scène.

INT. BAR KARAOKE - JOUR

Biggy et Chabot sur scène. Mario Rock est en bas de la scène.

BIGGY

Ok, maintenant on vous fait un slow.

CHABOT

Yes l'gros! Un slow to wet the guirdas!

(Pour lui-même et nostalgique)

Comme dirait Poudy.

INT. APPARTEMENT DE LA MÈRE À POUDY - JOUR

Poudy dans son divan brun.

RÉALISATEUR (O.S.)

Faque tu fais quoi, toi, Poudy?

POUDY

J'fais des katas, je pratique plus de cinq arts martials, fif martle art, que j'enseigne dans mon dojo que je me suis ouvert.

RÉALISATEUR (O.S.)

T'as un dojo à toi?

POUDY

Yes l'gros! J'suis rendu cenne-cé. I Become sensor.

RÉALISATEUR (O.S.)

Est-ce qu'on pourrait le visiter ton dojo?

POUDY

Certain, on y va tout de suite, c'est à côté.

Poudy se lève, on sent que l'équipe de tournage se prépare à bouger ; la perche du preneur de son entre dans la l'écran, la caméra tilt légèrement vers le bas, nous laissant voir seulement les pieds, etc. On voit les pieds du réalisateur qui entre dans l'écran à côté de ceux de Poudy

RÉALISATEUR

Est-ce que c'est loin?

POUDY

Ben non, c'est icitte, en ce moment, on est dans la section dojo. Enlevez vos shoes, c'est sacré icitte.

(Au preneur de son)

Hey l'gros, tes souliers!?!

On ne voit pas tout, la caméra est encore tilt down, la scène coupe sur Poudy qui devient subitement agressif envers l'équipe de tournage.

À suivre...?

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http://urbania.ca/blog/5362/le-retour-de-poudy-premier-acteFri, 19 Sep 2014 11:46:34 EDTMartin Perizzolopoudybloguehttp://urbania.ca/blog/5362/le-retour-de-poudy-premier-acte
La main
Seigneur.
J’ai le chapeau tout droit sorti d’un biscuit de chez Bill Wong (feu Bill Wong, ce buffet chinois du boulevard Taschereau qui avait fermé ses portes pour cause de rats dans la soupe. Et bien entendu, on y allait chaque semaine).

Mais je te promets que tôt ou tard, donc, cette main dont je m’apprête à te parler te donnera des frissons jusque dans le nerf optique.

Je ne saisis pas pourquoi j’ai encore du mal à gérer contact si anodin.
Après plus de 20 ans à me partager le wagon, le love seat et la petite sangle en loop à laquelle je réussis rarement à m’accrocher (sans avoir l’impression d’être suspendue au-dessus d’un précipice ou que ma belle blouse va fendre du tsoure de bras) dans le bus et le métro, je devrais pourtant être en mesure de survivre à un contact humain.

J’aime les humains. Leur contact, moins.
Leur contact physique IMPOSÉ, on s’entend.

Jamais je ne bouderai une franche accolade de type Quatre filles et un jean avec les gens qui me sont chers. Vous savez, ceux avec qui j’ai élevé les pourceaux (et tous ces souriceaux qui bondirent dans des cercles de feu).

Mais quand, dans une audacieuse ride Berri-de-Montigny/Jarry, un individu s’agrippe avec ferveur au même poteau que moi et que nos petits poings crispés entrent en contact (non pas dans le cadre d’un combat mano a mano, mais par un beau morceau de hasard qui fait se rencontrer nos coussinets de paumes un peu humides), je suis parcourue du même petit moment d’éternité que quand ma jupe virevolte avec la poésie d’un poménarien en flammes pour révéler mes collants au fond de culotte lousse dans l’entrée de la station Laurier, une entrée où la succion éolienne est certifiée DYSON (ladite succion entraînera d’ailleurs sans doute un jour ma disparition. « Disparue par succion », qu'on pourra lire dans le journal, à côté d'une vente de sofas).

Cette main qui vient à ma rencontre sur le poteau de métro.
CUIR CONTRE CUIR.

Quand la chose se produit, sauf dans d’inexplicables cas où le propriétaire de la main fait du pouce sur ma chaleur corporelle avec délice, les mains inconnues qui se touchent se séparent généralement dans la nanoseconde.

Eeeeew. Eeeew eew.
La chorégraphie de petites mains secouées dans tous les sens comme si le feu était pris et la sauge qui se brûlerait sous une trame sonore de cris aigus si le prix à payer n’était pas d’avoir l’air d’une calvaire de folle, JE VOUS DIS PAS.

En ces moments précis, règle générale (une expression qui mérite un tisheurte), je suis investie d’une épatante propension à me la jouer Actors Studio. Et je vous dis que j’ai la palette fertile; tantôt détendue, tantôt indifférente et souvent faussement absorbée par cette affichette m’invitant à m’inscrire sans tarder au Collège de Secrétariat Moderne (sans quoi je raterai ma vie et décéderai dans le trimestre), je m’émeus moi-même. Théâtre de la Marjolaine, you found your nouvelle tête d’affiche. Oh que je suis relax; rien n’y paraît. Mais à l’intérieur, c’est Pompéi. Un Pompéi discret d’où, si l’on tend l’oreille, on peut entendre le violent crescendo ultrasonique suivant:

Touche-moi pas touche-moi pas touche-moi pas NE ME TOUCHE SURTOUT PAS.

Ta main chaude ou un coup de glaive dans le sacrum, même affaire.

Et si tu choisis, si tu choisis de coller ta petite patte pleine de beurre sur autrui sans la relocaliser une fois le contact établi, puis-je me permettre de te suggérer de retourner à l’école des Saints-Anges, ANIMAL? Thérèse et Pierrette t’y attendent au cours d’étiquette et de pliage de napkines.

Oh, je sais.
Voilà bien mince combat, bien mince prémisse, un matin où j'aurais pu vous entretenir du référendum écossais (et son taffy).

Mais j’ai, paupière spasmatique, choisi de vous parler de mains qui se touchent. Et de fils, aussi.

C’est que je suis chaque fois fascinée par ma réaction démesurément dégoûtée par le cuir d’autrui. Démesurément irrationnelle. Comment une petit main boudinée qui me frôle la phalangette peut-elle me transporter illico dans la scène où Aurore bécotte un rond de poèle à high?

Tu touches ma main,

Les jambes me lâchent.
Ma fleur se fane.
Je souille ma culotte.
J’accouche de Blanche dans le grésil.
Et je meurs, accroupie.
Puis, dans une étonnante rage de vivre, je renais et revis le contact de ton cuir contre mon cuir pour finalement mourir.

À jamais (parce qu’il y aura pas de renaissance. Je suis toujours ben pas un phœnix. Ou Michel-Ange).

Ce sera tout pour aujourd’hui.

La bise.

PS TENDRESSE :: merci pour cette lecture. Qui que tu sois, tu m’as fait du bien.
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http://urbania.ca/blog/5361/la-mainFri, 19 Sep 2014 09:20:37 EDTCatherine EthierBill WongmainQuatre filles et un jeanCUIR CONTRE CUIRPompéimince combattaffyBlanche dans le grésilbloguehttp://urbania.ca/blog/5361/la-main
Le Registre: Les 10 pauvres types qui vont aux pommes

Cette semaine, quelqu'un que j'estime quand même relativement m'a traité de grincheux, comme ça doit arriver trois-quatre fois par heure. Au départ, j'ai encaissé le commentaire sans broncher, avec mon cynisme de chalet, en rétorquant quelque chose de vague qui faisait perdurer mon ton sans engagement. Plus tard, en y repensant à tête froide, j'ai finalement choisi de bien le vivre, d'accueillir ma nature acariâtre à bras ouverts, de me réconcilier avec mon rabougri intérieur. La preuve - pour ce billet, j'ai pris la décision discutable de mordre à pleines dents dans un classique d'automne, une activité aussi populaire qu'inoffensive : aller aux pommes. Voici le top 10 des pauvres bougres qui sont pognés, volontairement ou pas, pour se taper une run de verger juste parce que septembre est arrivé et qu'ici, l'automne signifie inévitablement sauter à pieds joints dans un enfer acidulé à quelques minutes de char en dehors de la ville.

1- Le nostalgique à la mémoire sélective
Il y a plusieurs années, le nostalgique avait passé une inoubliable journée (selon ses souvenirs) à la cueillette et à la récolte dans le verger de son oncle. Les arbres verdoyants, les couleurs chaudes qui foisonnent dans la campagne accueillante, il en garde à ce jour un sentiment de douceur inégalé, un réconfort qui borde tendrement ses rêveries bucoliques. Tout ça, c'est jusqu'à ce qu'il tente de reproduire l'expérience. C'est souvent tristement le dude qui se fait attraper par la pluie une journée où il fait trop froid, qui glisse dans une flaque de bouette et qui rentre à la maison en sacrant fort avec un panier mixte de lombrics et pommes sûres. Il ruine lui-même sa propre enfance. Vous avez un beau souvenir pomiculturel? Chanceux. Touchez-y pas.

2- Le conventionnel
Un fan inconditionnel d'Occupation Double, le conventionnel aspire à la normalité à tout prix. Il ne sait pas trop pourquoi, mais la minute où la plage d'Oka ferme, aller aux pommes le démange à chaque saison. Que va-t-il faire de sa récolte? Il n'a aucune idée. Il préfère de loin les ailes de poulet du Boston Pizza. On pourra voir un beau panier regorgeant de McIntosh sur la table en vitre de son condo à Laval pendant une demi-semaine, facile, après quoi tout ça va crisser le camp dans la chute à déchets pour laisser place à un plat de fausses courges vernies du Loblaw's.

3- Le passionné
Contrairement aux autres types, le passionné ne vit que pour ce moment. La jambe lui shake vers la fin août, il attend avec appréhension l'ouverture de la saison, une sorte de noël en septembre dans son cœur. Il décolle à l'aube comme un sprinter jamaïcain et revient avec un panier démesuré qui lui permettra de faire quelques confections sobres et discrètes, comme du beurre aux pommes, de la gelée de pommes, du cidre maison, du couscous aux pommes, des popsicles aux pommes, de la moutarde aux pommes, du liquide à verres de contact aux pommes, et j'en passe. Ses collègues de travail vont se réjouir faiblement le matin où, tout sourire, il traînera une boîte de muffins blé, bergamote et pommes pour tous, qui sera mangée au quart dans le meilleur des scénarios et qui finira par être ramassée par le service de nettoyage de nuit sans cérémonie après avoir séché sur une table de conférence pendant quatre jours. Même les sans-abris de son quartier en ont plus que leur voyage de se forcer à manger des pointes de ses 78 tartes à chaque damné repas, comme si ça allait pas assez mal demême.

4- Le mauvais tombeur automnal
Il est bon de prendre note qu'il n'y a aucun gars dans l'univers (à part le passionné, voir ci-haut) qui décide de façon autonome d'aller aux pommes. Le mauvais tombeur automnal, lui, va tenter l'expérience, mais pour les pires raisons. Ayant auparavant échoué avec les méthodes conventionnelles de drague, il est foudroyé par un éclair de génie qui sent le désespoir fruitier. Il est persuadé qu'y amener sa date de Réseau Contact se traduira en baise garantie, parce que quand on a la personnalité d'une blatte, y'a rien qui crie "je suis un partenaire convenable" comme de suer dans une échelle bancale en affichant un sourire pas top confiant. (Spoiler: il échoue.)

5- Le végétalien fâché
Bien que sa présence lourde ne se limite pas à l'activité maraîchère du moment, le végétalien fâché saute également sur cette occasion pour nous rappeler à quel point il demeure supérieur à nous et à tout son entourage en tous points en allant se chercher un beau gros bucket de succulentes munitions rouges à jugement. Pour lui, la récolte n'est pas un passe-temps, mais bien une simple goutte d'eau dans son océan de manières de sauver le monde. Comment savoir si le végétalien fâché existe dans ton monde? Ah, il va t'en parler. En masse. T'en fais pas.

6- Le couple précaire
Avec en tête la salvation de leur union fragile, le couple précaire s'est fait suggérer de faire des activités de couple par leur thérapeute afin de créer un rapprochement. De la poterie, du vélo tandem, du patin intérieur et plein d'autres conneries banales, ceux-ci vont invariablement finir dans un verger à se demander individuellement si la vie est en train de leur filer entre les doigts en cueillant de la pomme sans entrain particulier. Les quarante-cinq minutes en silence dans le char entre le verger et leur appartement froid ne feront rien de bon, non plus. Ils se retrouvent avec une caisse pleine dans le but de faire plein de recettes exotiques, et ça se ramasse au chemin un mois plus tard, intègre, intouché et moisi, comme leur joie de vivre.

7- Le hipster ironique
Parce que tout le monde sait que c'est absolument dépassé, les vergers (ou les pommes, ou la nature, finalement,) le hipster ironique est là avec son chandail de Pavement et ses dix-huit livres de barbe, mais juste pour rire. En fait, il ne rit jamais vraiment. Il sourit le malaise en coin et cueille en s'assurant que son geste ne passe pas inaperçu. Chaque pomme est instagrammée avec une solide pelletée de hashtags qui dénonce le manque de raffinement des gens si peu urbains qui s'adonnent à cette activité-là pour le vrai. Ben oui, il va les manger, les pommes, là. Y'a pas une cenne. Mais c'est un commentaire social basé sur la philosophie d'un génial penseur méconnu du dix-septième siècle. Lequel? Ah, t'en as probablement jamais entendu parler. C'est pas grave.

8- La jeune famille enthousiaste
La fin de semaine où Myckaël a une relâche de ses cours de karaté, où Zoélie a congé de rattrapage en maths et où Shawn-Bryce a gradué des louveteaux avec la griffe de tigre d'honneur, la jeune famille enthousiaste embarque toutes ses troupes dans la Kia pour du gros temps festif en perspective. Un beau plan sur papier, avec plein d'intentions de photos à envoyer aux grands-parents et de croustades pour les lunchs, un des enfants pogne une fièvre en chemin, l'autre se torche accidentellement avec des feuilles d'herbe à poux et le dernier se plante un râteau dans l'œil d'une façon aussi créative qu'inexplicable. Ça finit fâché à 'gang avec une absence totale de pommes.

9- Le touriste français
Dans le but d'absorber tout ce que notre beau Québec peut offrir, le touriste français décide de se lancer à la conquête des vergers, parce que le Plateau, c'est déjà réglé. Il arrive en début septembre en se désolant de constater que rien n'est orangé encore, mais que ça doit être notre faute. Une cinquantaine de 'du coup' plus tard, il a réussi à comparer chaque câlisse de branche dans la place avec la verdure chatoyante de Bourgogne, qui est beaucoup plus abondante, plus soyeuse, mieux. Les pommes recueillies par celui-ci ne rencontreront jamais son haut standard de qualité gastronomique. Il terminera son périple au Macdo avec Fabrice et Jean-Sylvain en planifiant son voyage à Tadoussac, qu'il regrette d'avance.

10- L'agriculteur, propriétaire de verger
L'overlord de toute l'entreprise. Le seul qui gagne.
"Bon, j'ai dix mille mètres carrés de pommes à marde à ramasser encore cette année pour aller les porter chez.. Pardon? Le monde veut venir chez nous les ramasser? Bon, ok, je les paye comb.. Ah, attends, c'est eux qui me payent? Plus cher que la valeur de détail à l'épicerie? Tu veux dire que j'ai rien à faire du tout pis ça paye mon année? GREAT."


Crédit photo: Jeff Kubina
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http://urbania.ca/blog/5356/le-registre-les-10-pauvres-types-qui-vont-aux-pommesThu, 18 Sep 2014 09:55:00 EDTPierre Lemayaller aux pommesbloguehttp://urbania.ca/blog/5356/le-registre-les-10-pauvres-types-qui-vont-aux-pommes
Tu veux venir manger un cornet ? - Portraits de Montréal


















En boni, un album-photo des statues de Montréal! ]]>
http://urbania.ca/blog/5358/tu-veux-venir-manger-un-cornet-portraits-de-montrealWed, 17 Sep 2014 14:47:33 EDTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5358/tu-veux-venir-manger-un-cornet-portraits-de-montreal
Le Défi Urbania : Vos anecdotes de sport
Caroline

J'ai fait partie d'une troupe de danse. Une troupe de Rockabilly Jive. On avait monté une chorégraphie pour le Championat de swing Canadien.

Les coachs avaient intégré un petit coté "fafelu-absurde" à la chorégraphie et avaient eu l'idée géniale d'utiliser les talents d'un des membres de la troupe qui avait déjà pratiqué les arts martiaux.
Ledit talent en question consistait à faire un jump kick... Un peu au-dessus de ma tête. Il fallait juste qu'on soit assez syncro pour que je me penche AVANT l'arrivée de son talon dans ma face.

On a pratiqué cette chorégraphie pendant plusieurs semaines. Aucun accident n'a été rapporté. À l'approche du championnat, on ne faisait que se tuer à pratiquer constamment la routine, en boucle. On était claqués.

À la fin d'une des dernières répétitions, on est tous resté assis par terre à se dire à quel point on avait été quasi-parfait sur ce coup-là. Les coachs en ont profité pour nous faire un petit speech cute qui parle des vrais affaires : «Vous êtes bons, vous êtes beaux, on lâche pas, ayez du fun! » 

C'est à se moment que notre karaté kid national, assis devant moi, eu l'envie folle de se relever en faisant une culbute par en arrière. 

Pour une raison que j'ignore, c'est le genre d'affaire auquel je m'attends pas dans la vie. On est jamais vraiment préparé à ça.

Ce soir là j'ai mangé un drop kick dans face.

***

Karine

Quand je pense à sport... Je me rappelle mon premier prof d'éduc. On taira son nom ici, pas nécessaire d'aller si loin. Cet homme m'a fait haïr le sport dès le début. Oui, j'étais boulotte. Oui, je me faisais écoeurer.

J'entends encore sa voix me crier que je ne cours pas assez vite. Ma déception de ne jamais avoir d'écusson et d'arriver tout le temps en bout de queue des épreuves "Participaction" des années 80.

33 ans plus tard, je suis encore boulotte.  Je suis une boulotte relativement en forme, je suis une boulotte qui trottine, qui court à sa vitesse. Et chaque fois que je cours, c'est à cet homme que je pense. Chaque pas, j'entends encore sa voix méprisante. Pis j'avance. C'est pas moi la plus vite, mais c'est moi la plus forte. Dans tes dents, mon hostie. Aller pas vite, mais avoir du FUN. Ça c'est important.  0 ans pour comprendre, merci Monsieur le Professeur.

***

Noémi

Après un an de préparation et une toute nouvelle discipline à apprendre (le jogging)  j'ai nagé/pédalé/couru mon tout premier triathlon! Tout au long du parcours, ma famille m'a soutenue, malgré le temps de canards. Et moi qui termine l'épreuve telle une médaillée d'or olympique... pour me rendre compte que ma famille croyait que la ligne d'arrivée était beaucoup plus loin sur le parcours. Bref, arrivée triomphale, sans personne pour en témoigner!

***

Anabel

J'avais 5 ans. J'avais 5 ans et je ne savais pas patiner. J'avais 5 ans et je ne savais pas patiner au Labrador. 

Au Labrador, les enfants patinent avant de marcher. Ceci n'est pas une blague; mon propre petit frère patinait alors qu'il était à quelques mois de ses 3 ans. J'étais une honte. J'étais une honte mais je m'en balançais, parce que ça me rendait "unique". 

MAIS, le jour est venu où mes parents trouvaient que j'avais vraiment pas d'allure à patiner avec une chaise, surtout que la fin de semaine suivante, une course de patins était organisée pour les enfants de notre école francophone. J'avais trois jours pour apprendre. À cette époque, je savais peut-être pas ce que le mot motivation voulait dire, mais je me dis que je devais pas en avoir. Ma meilleure amie Geneviève Filion (qui l'est encore aujourd'hui) s'est portée volontaire pour m'apprendre. Mes parents m'avaient même inscrite à une course. 

La veille de la course, je patinais encore avec une chaise et je me disais que faire une course avec une chaise comme support, c'était pas si honteux. Bravo à la moi de 5 ans qui se foutait bien de l'opinion des autres! Le jour de la course est arrivé, et même si ça fait 15 ans de ça je m'en souviens comme si c'était hier, Geneviève est venu me voir pour me dire qu'elle savait que je pouvais gagner même sans ma chaise. Eh bien, c'est ce que j'ai fait. 

En 1999, Anabel gagna sa toute première (et dernière) course de patin à glace! Encore aujourd'hui, quand je regarde la photo de ma médaille d'or et moi sur le podium, j'ai des frissons. J'espère voir un jour ce sourire de fierté dans le visage de mes enfants!

***

Marjolaine

Je n'ai toujours pas compris comment un item si complexe put se détacher tout seul.

J'avais 11 ans, l'âge ou les seins des filles ressemblent à des genres de chaussons pas cuits. Je m'étais faite à l'idée que c'était le temps que la brassière fasse son entrée, juste à point pour le cours de karaté. 

Quelle horreur! Quel inconfort! Je me sentais comme un chien MIRA dans un harnais.

Je me dit que peut-être, en enlevant les bretelles, je pourrais tuffer le temps du cours. Opération laborieuse, exécutée en 30 secondes au fond du gym, à l'insu de tous.

Les réchauffements commencent, je suis dans la ligne du devant, j'oublie l'existence de la brassière jusqu'aux jumping jacks, où, je n'ai jamais percé le mystère du comment, le morceau tombe sans pudeur devant l'instructeur, qui me fait un sourcil interrogatif et refoule un fou rire.

Il m'a quand même mis ensuite en équipe, pour les exercices assis d'étirement des cuisses, avec la fille-qui-pète, sans considération pour l'épreuve émotive que je venais de traverser.

Je déteste le karaté.

***

Merci à tous! Pour la semaine prochaine, on veut savoir la première chose que vous avez acheté avec votre première paye. Envoyez tout ça à appel-a-tous@urbania.ca

Crédit photo: Pete
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http://urbania.ca/blog/5357/le-defi-urbania-vos-anecdotes-de-sportWed, 17 Sep 2014 09:28:47 EDTUrbania défi urbaniabloguehttp://urbania.ca/blog/5357/le-defi-urbania-vos-anecdotes-de-sport
La peur avec un petit P
Il avait une pilosité irrégulière, de longues mains anguleuses gesticulantes et... j’ai  vite compris pourquoi il avait omis de cocher la case « taille » dans sa fiche descriptive : il dépassait à peine le tabouret sur lequel il était juché. Il enchaînait frénétiquement les sujets de conversation, tout en déchirant nerveusement son étiquette de bière. Il en faisait de petites boulettes qu’il manipulait compulsivement.  

J’ai tenté de faire abstraction de l’aspect physique, en me concentrant sur le propos. Le type, manifestement plus à l’aise avec les mots qu’avec les gens, était brillant et avait de l’esprit. En fait, on aurait pu passer un moment agréable si la thématique était restée autour des derniers livres lus. Malheureusement, le sujet a bifurqué. Mon interlocuteur s’est mis à blêmir quand je lui ai glissé tout bonnement que j’empruntais régulièrement des livres à la bibliothèque municipale. Ses yeux sont devenus encore plus exorbités, il s’est mis à faire « non » de la tête, sans voix, comme s’il avait vu un spectre...

Au départ, j’ai pensé : « Pourquoi être contre la démocratisation de la culture ? C’est quoi ce snobisme littéraire? Tu over-react, mon chum! »  

Mais non, je faisais erreur! Le petit vendeur de livres n’avait pas mis sa face de Blair Witch Project pour rien, il tentait seulement de m’alerter : je courrais bel et bien un grave et réel danger! 

Son ami bibliothécaire, parti en burn-out, lui avait dit :
« Elles sont là... tout près de chez nous. Elles ne se contentent plus de vivre dans les endroits mal famés. Non, lentement, elles prennent du terrain, elles approchent insidieusement. Partout, maintenant, elles nous surveillent, nous épient, attendant un petit moment de distraction de notre part pour s’introduire dans  notre vie, s’immiscer dans le plus profond de notre intimité, nous voler nos rêves et notre sommeil, nous sucer notre énergie, elles vont jusqu’à boire notre sang… » 

À l’entendre, les punaises squattaient tous les livres de la bibliothèque et le mal nous guettait tous!

L’anxiété s’est mise à monter, je voyais sa bouche bouger, sa langue frappant ses petites dents pointues, mais je n’entendais pratiquement plus le récit de ses expériences parasitaires... Je ne voyais que la pile de romans qui trônaient sur la table du salon, les BD dans la chambre de Tit-enfant, pire, les guides sur l’Islande sur ma table de nuit. Fuck, fuck, fuck... Je repensais aux piqures que ma progéniture m’avait montrées la veille. Il fallait que je rentre, maintenant!

J’ai plaidé la gardienne pré-pubère non-autonome face aux transports en commun. Je lui ai donné mon numéro de téléphone machinalement, me disant que j’allais gérer son potentiel enthousiasme plus tard. 

De retour chez nous, je capote! Je fais agrandir des photos de punaises sur Google, histoire de bien reconnaître le profil de l’ennemi. Il peut vivre 18 mois sans présence humaine à proximité, c’est fou comme c’est tenace! Je lis des blogues sur le fléau, les gens semblent désespérés, épuisés, envahis. Je scrute les draps, les oreillers, les craques de la tête de lit.

Mon cell bipe... Déjà un message texte?! «Merci pour la soirée, on remet ça? ». Je réponds oui, sans vraiment penser, trop prise dans ma psychose entomologique...

À force de chercher, je trouve une petite bibitte noire et brune un peu crunchy... Merde! Je le savais!!! Je passe la nuit à alterner entre les interstices du plancher et les sites Web d’exterminateurs. Je m’écrase sur le divan épuisée, quittant ma quête, pour des cauchemars grouillants de créatures infectes. Je dors depuis peu quand je me fais réveiller par un texto... 6h30... « Bon matin, profite bien de l’astre du jour! », qu’il me dit... Cou' donc, y’é ben intense lui... Je ne réponds pas.

Je décide de prendre congé et d’aller montrer ma prise chez l’exterminateur. Je place l’indésirable dans une boîte à pilule et en arpentant Christophe-Colomb, re-bip de cellulaire, une demande d’amitié Facebook... Parallèlement, un envoi d’une photo de sa fille « Ma Ninon et moi! » Ben, voyons, on s’en fout de ta Nini, ta Nounou, ta Ninou... Décidément, il est envahissant. J’ignore.

L’exterminatrice connaît son affaire, tous les spécimens de tous les indésirables de la terre sont là devant mes yeux… Elle regarde mon tit-individu et me dit que si j’ai réussi à trouver un si petit insecte dans mon appart, c’est que j’ai besoin de me changer les idées et elle me suggère d’aller au cinéma... Je lui demande quand même quelques conseils préventifs, que je m’empresserai de mettre en place de retour à la maison. 

En route, je reçois un nouveau texto : « Avez-vous reçu ma demande d’amitié, très chère. Je crois avoir retrouvé votre joli minois dans le grand livre des faces ». Merde, je crois qu’avec toute cette histoire de bestioles, j’ai comme pas été claire, là. Faut que je dise à ce libraire que je ne veux rien savoir! Tantôt, tantôt...

Je lis le dépliant que la Terminator de l’insecte m’a remis. Je graisse les pattes de lit avec de la vaseline, je sacre les livres de la bibli dans le congélo. Au moment où je me prépare à me braquer la frontale sur le matelas, mon cellulaire sonne. Numéro inconnu. Tout à coup que c’est lui... Je n’ose pas répondre.

Je commence à me demander qui me fait le plus freaker, la punaise ou le libraire avec sa face de cafard! Pour les insectes, l’exterminateur peut nous venir en aide, mais là, je dois dire non à l’envahisseur, seule comme une grande.

« Salut! C’est Manue... Désolée pour le délai de réponse, disons que j’ai un dossier épineux à gérer ces temps-ci, j’ai un problème de punaise, je crois. Je te fais signe quand j’en viens à bout. »

***

Trois semaines de cela déjà... Pas de signe de punaises et le libraire n’a jamais redonné signe de vie. 

En cherchant de petits ennemis, j’ai compris à quel point j’étais obsédée par le contrôle de ma vie. Je veux voir ce qui y entre, jauger la menace, évaluer le potentiel d’envahissement territorial. Keep a safe distance. Objects are closer than they appear.  Sinon, autant que ce soit dit: mon motel affiche No Vacancy.

Manue pour les RoseMomz. Merci à Mapi pour l’inspiration dans le rétroviseur...
Illustration: Pierre-Nicolas Riou
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http://urbania.ca/blog/5352/la-peur-avec-un-petit-pTue, 16 Sep 2014 12:07:21 EDTLes RoseMomzpunaises de livresbibliothequebloguehttp://urbania.ca/blog/5352/la-peur-avec-un-petit-p
Le centre d’achats du mois : les Galeries du Parc

En investissant les lieux, le légendaire Cinéma du Parc nous fait part de ses intérêts festifs.



Dû à des constructions extérieures de plus en plus permanentes, ce merveilleux feuillage agrémenté de divers éléments décoratifs ne peut qu’être admiré à travers un horizon clôturé. Dommage.



En entrant, une odeur rancie s’impose. Curieusement, les différents établissements n’y sont pour rien puisque les effluves semblent incrustés dans les murs des corridors. Le tape vert n’y change malheureusement rien. 



Même si la grosse action se passe au sous-sol, le rez-de-chaussée des Galeries tire son épingle du jeu. En gros, ça vaut la peine d’être juste, honnête et charitable toute sa vie pour passer l’éternité au complet ici, dans ce magasin paradisiaque.



Après multiples allées et venues dans ce paradis terrestre, pas le choix de se rendre à l’évidence : Dieu est effectivement partout et, particulièrement, dans cette incroyable sélection de ramen.



Au Eden, la plupart des questions irrésolues de l’humanité trouvent enfin leurs réponses.



Plus loin, au dépanneur, un homme à la situation lombaire défavorable opte pour une commande santé : un paquet de cigarettes et un deux litres de 7 Up diète. Heureusement, il connait les limites du poids qu’il peut transporter. « Attends menute, j’veux pas que tu mettes ça dans le même sac... Ça va être ben trop pesant! » fait-il valoir au commis du dépanneur, abasourdi.



Fini le 2 pour 1 au Nettoyeur La Cité. Maintenant, la tendance-rabais, c’est le 6 pour 5. 

PS : Ça vaut quand même la peine pour les douillettes.




L’un des moments les plus trépidants d’une visite aux Galeries du Parc : la descente vers le prodigieux sous-sol. Les possibilités pour s’y rendre sont nombreuses, mais celle-ci a un petit je-ne-sais-quoi de mystérieux.



Rapidement, on arrive dans la cour alimentaire. L’ambiance est à son comble.



La gastronomie chez Nouilles Épicées, mets-en. Les plats y sont relevés à point, comme en témoignent ces spécialités aux épices recherchées.





Pour les plus audacieuses fines bouches d’entre vous, le restaurant offre même un plat avec ses DEUX épices originales. 



En dégustant de bonnes nouilles au sel, ces deux bonnes femmes du fond discutent d’urbanisme. « J’ai toujours trouvé que la rue Prince-Arthur était plate », souligne l’une d’entre elles. « C’est effrayant. »



En avançant dans le corridor commercial, on remarque toutes les particularités qui font des Galeries un endroit unique/singulier/original/autre synonyme inutile. Par exemple, ce commerce qui offre un service trop souvent sous-estimé.



Ou ce magasin aux heures d’ouverture pratiques et convenables – sans doute un hommage aux caisses populaires Desjardins.




Ou ce dessin post-expérimental au potentiel artistique démesuré.



De son côté, ce salon de bronzage redéfinit la notion de « lève-tôt » avec un spécial sans précédent.



Au même titre que Céline Dion ou Arcade Fire, la crème yogourt fait office de représentant à l’international et ne manque jamais l’occasion de s’incruster dans un line-up d’étrangers.


C’est maintenant confirmé : les étudiants de McGill ont toujours fait semblant d’étudier en médecine. 


De loin, ce sac de vidanges semble vivre sa vie doucement, sans déranger personne, au gré des effluves nauséabonds du centre d’achats. 



Pourtant, c’est en s’approchant qu’on se rend compte que ce sac de vidanges est, en fait, un pitoyable CONTREVENANT qui gît sur le sol dans la totale ILLÉGALITÉ.



Mise au fait de cette controverse entourant les poubelles délinquantes, l’administration a pris les mesures nécessaires pour enrayer le problème. Chapeau.



Le moment tant attendu du reportage : les meilleurs endroits pour se dissimuler lors d’une game de cachette aux Galeries du Parc.

Dans les plantes exotiques des laboratoires Bio-Méd :



Dans les allées faméliques du Dollarama :


Dans les tuyaux de ce couloir abandonné :



Derrière ces portes de palace grandioses :




Dans l’escalier orange :


Dans l’escalier vert :



Dans l’escalier rouge :


Ceci dit, profitez-en allégrement : les Galeries sont ouvertes jusqu’à minuit pas mal tous les soirs. 


Vous en voulez plus? Voyez d'autres photos des superbes Galeries du Parc juste ici

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http://urbania.ca/blog/5353/le-centre-d-achats-du-mois-les-galeries-du-parcTue, 16 Sep 2014 11:20:56 EDTOlivier Boisvert-Magnengaleries du parccentre d'achats du moisbloguehttp://urbania.ca/blog/5353/le-centre-d-achats-du-mois-les-galeries-du-parc
Le problème du marché Jean-Talon
Cette déception, c’est celle de savoir qu’il n’y a pas de marché de ce calibre près de chez moi. Une fois de retour dans mon 4 et demi dans Centre-Sud, il n’y a qu’une gigantesque épicerie Métro offrant trop de fruits et légumes importés des États-Unis et d’ailleurs à proximité de mon appartement. 

J’exagère certes : deux petites fruiteries se cachent dans le quartier, avec quelques boulangeries et autres boutiques alimentaires spécialisées. Mais quand on est le moindrement pressé, ou paresseux, il est rare que l’on fasse ces quelques détours pour encourager les petits marchands.

Je suis le résultat de mon époque, cette ère de consommation simple et rapide chez Wal-Mart. Si acheter des produits de meilleure qualité me demande quelques minutes de déplacement supplémentaires, je vais me résigner à acheter des pêches de la Californie chez Métro au lieu d’un panier de fruits cueillis à quelques kilomètres de la ville où j’habite.

Nous sommes probablement nombreux à être trop blasés pour faire l’effort d’encourager un petit commerce pour acheter des concombres du Québec. Ça fait le plaisir des des titans de l’alimentation que sont Métro, Loblaws et compagnie, qui continuent de garder le contrôle sur l’offre d’aliments dans ses épiceries et, par conséquent, dans notre assiette. 

C’est malheureux. Mais, d’un autre côté, ce n’est pas comme s’il y avait abondance de producteurs locaux et indépendants partout dans Montréal. Au contraire. Ceux-ci sont généralement bien cachés, survivant dans l’ombre des oligopoles de la bouffe, qui ont aussi le contrôle d’une grande partie de la distribution alimentaire de la province.

En tant que Montréalais, arpenter les allées de producteurs de fruits et légumes québécois en salivant trop fort me reconnecte quelque peu avec le fait que la bouffe, ça n’apparaît pas dans notre assiette par magie. Importer des framboises de la Californie demande des centaines, voire des milliers de kilomètres de carburant, à un coût écologique et économique majeur, alors que celles produites au Québec ne requièrent qu’une petite fraction de ce coût, en plus d’encourager de bons payeurs de taxes québécois. C’est un win-win pour tout le monde.

Mais voilà, la logique voulant qu’il devrait être plus simple, accessible et cheap de consommer de la bouffe produite à côté de chez toi est renversée par ce système complexe économico-globalisateur-capitaliste-whatever qui favorise les tomates américaines pleines d’OGM, aux dépens des tomates québécoises naturelles. Et nous, consommateurs, on hausse les épaules en se disant « kessé que je peux changer anyway », alors que nous pourrions encourager les sympathiques petits producteurs locaux du marché Jean-Talon, malgré les petits détours nécessaires. 

image : Wikipédia
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http://urbania.ca/blog/5349/le-probleme-du-marche-jean-talonTue, 16 Sep 2014 09:00:00 EDTOlivier Morneauconsommation localealimentationMarché Jean-Talonbouffebloguehttp://urbania.ca/blog/5349/le-probleme-du-marche-jean-talon
L'Europe se conjugue au masculin
Comme au Québec, 2014 a été pour l'Union européenne une année électorale. On en a beaucoup parlé suite au succès retentissant qu'a connu le Front National français et d'autres partis européens du même acabit. Bon nombre de citoyens avaient alors fait entendre leur voix pour dire qu'ils ne se reconnaissaient pas dans cette Europe-là. Mais, plus encore que les gens de bonnes intentions, s'il est une partie de la population qui n'est pas encore justement représentée politiquement ce sont bien les femmes. 

Alors que la population européenne est composée en majorité de femmes (51,8% en 2012), elles restent pourtant minoritaires au sein de nos institutions européennes. 

Quelques chiffres

- Mercredi dernier, le nouveau président de la Commission européenne, le libéral Jean-Claude Juncker a publié la liste de ceux qui seront à la tête des différents portefeuilles européens : sur une équipe de 27 personnes,  on compte seulement 9 femmes.

- Le même constat est établi quant au Parlement européen, dont les députs sont, eux élus, directement par le peuple : on compte 37% de femmes sur un total de 751 députés.

Pour information, le Québec ne fait pas mieux en terme de parité : 27,2% de députées à l'Assemblée nationale du Québec pour une population composée à 50,3% de femmes.


Pour réfléchir un peu mieux à cette problématique, j'ai rencontré Serap Altinisik, chargée de politique auprès du Lobby Européen des Femmes. Cette organisation mène depuis 2009 une campagne pour obtenir l'établissement d'un quota : 50% de femmes et 50% d'hommes au sein de toutes les instances décisionnelles. Le Moit-Moit pur et simple.

Face à elle, j'ai joué l'avocate du diable et lui ai demandé de réagir à ces quelques idées répandues :

"Le pourcentage de femmes au sein de ces institutions s'explique par le fait qu'il n'y a pas assez de femmes candidates à ces postes (députées, commissaires, …)"

Faux. Dans le cas du Parlement européen, il reflète le fait que tous les groupes politiques ne se sont pas encore décidés à appliquer des mesures contraignantes pour favoriser l'élection de leurs candidates. Par exemple, mettre une femme en tête de liste électorale ou encore alterner systématiquement entre un candidat et une candidate au sein de ces mêmes listes. Et même lorsque des mesures sont prises, on observe une représentation moyenne de femmes de 30 à 33%, même lorsque ces groupes disposent de bien plus de candidates prêtes à se présenter. 
En ce qui concerne les commissaires européens [désignés par les états membres de l'Union européenne] il suffit de constater le manque de présence féminine parmi les 28 dirigeants (seulement 5) pour réaliser qu'il y a un certain manque d'ouverture quant à la question de l'égalité des genres.

"Imposer un quota renforcera l'idée que les femmes ne font pas le poids en terme de compétences professionnelles."

Faux. Tout d'abord parce que depuis des siècles, dans de nombreux domaines, des hommes s'appliquent à choisir d'autres hommes et que personne ne s'est jamais interrogé sur leurs compétences professionnelles. Il est temps de mettre en place de véritables mesures égalitaires et de donner les mêmes opportunités aux hommes et aux femmes de montrer de quoi ils et elles sont capables. 

"Hommes ou femmes, peu importe, cela ne créera pas de grands changements."

Faux. La présence de femmes va amener d'autres points de vue autour de la table. Parce qu'une femme, même si elle ne se définit pas comme féministe, est fatalement amenée à vivre d'autres expériences qu'un homme et qu'elle peut donc conduire les hommes à réaliser ce qu'ils ne peuvent pas s'imaginer ou qu'ils n'envisagent pas de la même manière. 
Au niveau des institutions décisionnelles, un nombre accru de femmes aura un impact sur l'échelle des priorités et cela permettra de revaloriser des sujets qui étaient jusqu'alors vus comme secondaires ou écartés. C'est ce qui arrive quand les dirigeants ne représentent pas la société dans toute sa diversité : ils sont dans l'incapacité d'améliorer la qualité de vie de leurs citoyens parce qu'ils ne sont pas en mesure d'avoir une vision globale des problèmes que ces derniers doivent affronter. 

"L'égalité des genres est au-delà de toute idéologie politique."

Idéalement vrai mais faux dans la réalité. Cela devrait être le cas, parce qu'être contre l'égalité des genres signifie promouvoir l'inégalité des citoyens au sein de la société européenne. Dans la réalité, c'est un fait que les partis de gauche, socialistes, écologistes mais aussi les socio-démocrates ont été plu enclins à prendre des mesures pour favoriser l'égalité au sein de leurs groupes. Les partis centristes, de droite et les libéraux ne l'ont pas fait et c'est également pour cette raison que nous n'avons pas encore atteint la parité au sein du parlement et de la Commission.

***

Que tirer de tout ça ? Les quotas, ça en effraye pas mal, des plus conservateurs au plus progressistes. Et c'est vrai que lorsque l'on compare la couleur de ceux qui ont soutenu la campagne du EWL à la réalité de leur groupe politique, on constate que certains n'ont pas attendu de se mettre en avant pour appliquer la parité : le groupe de gauche radical (GUE/ NGL), par exemple, est le seul à avoir plus de la moitié de femmes dans ses rangs, même si seulement 14% de ses députés ont jusqu'ici signé l'appel. En même temps, on ne peut pas nier que la situation évolue très lentement et que des mesures contraignantes, faute d'éducation, permettraient de donner un bon coup de pied dans la fourmilière. Et que, pour les générations à venir,  voir plus de femmes lors de sommets donnerait l'envie à plus d'une de devenir un jour présidente.

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http://urbania.ca/blog/5348/leurope-se-conjugue-au-masculinMon, 15 Sep 2014 11:53:26 EDTElisabeth Meur-Ponirisquotaspolitiquefemmesbloguehttp://urbania.ca/blog/5348/leurope-se-conjugue-au-masculin
ICI Précaires
Je pars sans faire de bruit. Vous ne me verrez plus, ne m'entendrez plus, ne me lirez plus. Je suis journaliste, caméraman, monteur, assistant, rédacteur, réalisateur…

Et pourtant, je me suis acharné. J'ai travaillé sur appel, n'importe quand. À quatre heures du matin. Le lendemain jusqu'à minuit. La nuit aussi. Sans compter mes heures. Je paye mes cotisations syndicales, mais n’ai pas de sécurité d'emploi. Pas d’assurance maladie. Pas de fonds de pension. Corvéable à merci, on me qualifie de « jeune », de « relève », même si j'ai parfois plus de 40 ans.

On m'a dit qu'il fallait serrer les dents, que cette précarité n’était que temporaire. J’y ai cru. Depuis l’école, on annonçait de beaux jours à ma génération. On parlait même de pénurie de main-d’oeuvre. Le Québec au complet était censé partir à la retraite. Sans compter qu’on allait investir dans le numérique, avoir un besoin criant de relève.

Avec les compressions budgétaires, les plus anciens dont les postes ont été coupés ont pu supplanter de moins anciens qui eux-mêmes ont pris la place d’encore moins anciens. Un jeu de chaises musicales brutal dont l’issue est connue d’avance : c’est moi qui perds. S’ils travaillaient à Radio-Canada, Denys Arcand prendrait la place de Xavier Dolan.

Le système est ainsi. Pour éviter l’arbitraire, l’ancienneté s’impose comme la valeur cardinale. Peu importe le mérite de chacun.

Deux castes finissent par émerger. Les employés permanents qui se sont battus pour obtenir leurs droits, certes. Et moi, nous, les précaires, leurs enfants, encore et toujours sur le bord de la route.

Je ne suis pas seul dans cette galère. Fonction publique, éducation, santé... les rouages du transfert de génération se grippent, le mal-emploi ronge la jeunesse québécoise. L’attrition et les gels d’embauche forment notre horizon.

Un débat de société doit être mené au Québec. Syndicats, employeurs : ouvrez les yeux face à cette génération sacrifiée. Quand les compressions deviennent systémiques et la précarité la norme, l’ancienneté ne peut rester le seul critère. Sinon, quelle équité intergénérationnelle ?

ICI Précaires est un collectif d’employés de Radio-Canada qui regroupe 120 membres.
Crédit photo: JasonParis sur Flickr
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http://urbania.ca/blog/5346/ici-precairesMon, 15 Sep 2014 09:17:49 EDTICI Précairesradio-canadabloguehttp://urbania.ca/blog/5346/ici-precaires
La chanson de la (fin de) semaine

Allez, bonne fin de semaine à tous!


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http://urbania.ca/blog/5345/la-chanson-de-la-fin-de-semaineFri, 12 Sep 2014 15:23:41 EDTUrbania http://urbania.ca/blog/5345/la-chanson-de-la-fin-de-semaine
Le chevalier en gougounesCarcassonne, sud de la France, mi-août 2014

Un autre matin magique sur le vieux continent avec Fiston pour notre périple en duo.  Nous sommes venu voir le château de Carcassonne pour faire plaisir à mon petit chevalier... pis à moi aussi. J’aime bien le Moyen Âge. Pas dans le sens « Hey bro je porte une cotte de mailles dans un centre d’achats de St-Jean-sur-Richelieu », mais plus dans le genre « Hey bro j’adore Mel Gibson quand il pète des anglais avec sa face toute bleue ».

Les châteaux, les chevaliers, les reines, c’était bien beau, mais gardons-les dans leur époque. Cessons de nous marier avec un look de porteur de variole et vivons tous ensemble dans notre ère moderne. Merci! 

Plus nous approchions des remparts, plus les yeux de mon fils s’illuminaient. Après 5 minutes dans la cité, on s’est vite rendu compte que nous n’allions pas voir grand chose de médiéval à l’exception de la grosse allemande poilue qui portait un t-shirt de Merlin l’enchanteur qui annonçait un spectacle de chevaliers qui allait avoir lieu non loin du kiosque du gars qui écrit ton nom sur un grain de riz à deux pas d’une des 400 boutiques qui vendent des souvenirs. Nous décidons alors d’acheter nos billets à un moine franciscain qui fume une clope et qui a des écouteurs de iPod dans le cou. 

Une heure de file d’attente à entendre le même ostie de solo de pipeau joué par un monsieur qui, ensuite essayait de nous vendre son CD de pipeau. Sérieux? Je respecte toute forme de création, mais un CD de solo de pipeau? Really? 

Qui dit dans un souper d’amis :

Gang! Le dernier album d’Arcade Fire, du génie! Mais j’aurais mis plus de pipeau! 

Personne! Faque imaginez quelqu’un qui dit : 

Man! Je me suis acheté un CD de 50 minutes de solo de pipeau! 

Ma vie est tellement plus relaxe... je te jure, écouter ça, c’est comme une heure de yoga chaud! 

Nous étions 200 spectateurs à être guidés vers l’agora extérieure par des comédiens so-so qui nous piquaient les fesses avec leurs épées. Une fois assis, je dois avouer que le spectacle était bien. Mon fils trippait de voir des chevaliers se battre. Les enfants dans l’assistance tapaient des mains, les parents aimaient. Nous apprenions pleins de trucs intéressants sur les chevaliers. 

Tout s’est gâté quand ils nous ont dit que se battre avec l’équipement était beaucoup plus dur que ça ne paraissait et qu’ils choisiraient quelqu’un dans l’assistance pour venir combattre... devant tout le monde.

La veille, pour endormir mon fils, je lui avais fait croire qu’étant jeune, j’avais combattu pour libérer l’Écosse... aux côtés de William Wallace... que j’avais déjà été un genre de chevalier. Je raconte toujours ce genre de conneries à mon fils, un peu comme dans le film Big Fish, que j’adore.

Quand le chevalier m’a pointé avec son épée, devant 200 personnes et a dit : 

Vous êtes obligé! Je vous ai choisi! Battez-vous, chevalier! 

J'ai pensé trois choses: 
1- Je ne suis pas obligé! 
2- J’ai pas le goût d’aller me battre et me faire ridiculiser avec un suit trop pesant! 
3- Je suis en gougounes! 

Puis, j’ai vu le regard de mon fils, il m’a regardé et a dit : « C’était vrai...? Tu es un chevalier? »

CALISSE!!!!!!!!!!!!!!!! J’ÉTAIS OBLIGÉ!!!!!!!!!! Pas le choix! Fiston comptait sur moi!

Je me suis levé sous les applaudissements, j’ai enfilé l’armure. Sérieux, c’était impressionnant combien c’était lourd. Les hommes de cette époque n’était pas des faibles, croyez-moi!

Après 2-3 coups d’épées (non affilée), le petit smatte contre qui je me battais dit : « Un peu de sport ne fera pas de tort à ce chevalier bedonnant! »

La foule hurle de rire. 

Bon! Toé t’es mort mon estie de clown en chemise à lacet!  

Vous n’avez jamais vu un dodu se battre comme un spartiate de même! 

Je pense que le p’tit monsieur ne s’attendait pas à ce que le bedonnant chevalier se donne de même! Quelques coups d’épée BEAUCOUP trop forts pour un spectacle l’ont fait tomber par terre. Il a tenté de se relever et je lui ai donné une généreuse jambette. Il est retombé sur le sol. J’ai pu voir la fierté de mon fils entre les deux trous de mon gros casque de métal. 

J’ai encouragé la foule à m’applaudir. Ils ont hurlé! J’ai reçu une jambette à mon tour; je suis tombé sur le cul et j’avais de la misère à me relever... Comme une tortue prise sur le dos. Il a mis la lame sous mon cou et a dit : 

Vous demandez grâce?

Ce à quoi j’ai répondu : « Non! »

Il s’est penché vers moi et m’a chuchoté : « Monsieur, pour le spectacle, il serait plus logique de demander grâce... Je ne peux quand même pas vous tuer... hahahahah! »

Chevalier! Vous demandez grâce?

Moi : « Non! »

Je me suis relevé avec l’aide de deux paysannes comédiennes. J’ai retiré fièrement mon casque en souriant et je suis allé rejoindre mon fils dans l’estrade. Le spectacle a continué pendant 30 minutes. J’ai gardé mon armure pesante. Mon fils était fier de moi... surtout quand je lui ai expliqué qu’il ne m’avait pas tué car ils savaient que mes chums de l’Écosse allait venir leur botter les fesses si ils me tuaient. 

Il m’a regardé perplexe et m’a demandé :

Quand est-ce qu’on va en Écosse voir tes amis chevaliers? 

Un jour, mon homme, un jour...


PS : Dans 10 ans si vous voyez que je cherche une chiée de comédiens pour partir en Écosse, vous saurez pourquoi! 

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http://urbania.ca/blog/5344/le-chevalier-en-gougounesFri, 12 Sep 2014 11:34:24 EDTJonathan Robergemoyen-agechevaliersgougounesbloguehttp://urbania.ca/blog/5344/le-chevalier-en-gougounes
Je rêve encore à ChuckyOn la situe? On la situe (si on ne la situe pas encore, on peut se référer à l’image d’en-tête. Ce qui est bien, c’est que cette dernière se grave aisément sur la rétine pour ne plus jamais avoir à la resituer).

J’ai vu Jeu d’enfant à sa sortie en 1988. J’avais sept ans. Et j’avais aussi une mère très restrictive en matière de vues. Je ne saisis donc pas comment c’est arrivé, mais un beau soir d’août, à la brunante, ma mère a décidé que c’était une fichue de bonne idée d’aller au cinéparc avec ses filles, voir ce bon petit thriller pour enfants-là.

À la seconde où le film a commencé, assise sur ma mère à zieuter l’écran géant à travers le steering (c’est qu’en 88, j’étais semi-brave), j’ai immédiatement su que cette poupée-là allait me suivre longtemps. Et ça s’adonne qu’à cette époque précise, le top du top en matière de catins pour jeunes premières telles que moi, si vous vous souvenez bien, c’était la poupée Cricket. Vous savez, la poupée blonde et bouclée dans le derrière de laquelle vous sacriez un tape à cassette et qui parlait en se faisant aller les sourcils?

Ça vous revient à l'instant.


Eh bien Cricket, c’était la poupée de ma grande sœur. Et comme il n’était pas question que je passe un seul respire sans avoir la même affaire que ma sœur, ma famille avait coupé la poire en deux en m’offrant Corky. Le jeune frère rouquin de Cricket.


Vous faites le rapprochement? Vous faites le rapprochement.

Je n’avais, jusque-là, jamais été à l’aise avec les jouets qui me parlaient. D’abord séduite à l’idée d’avoir un Teddy Ruxpin à cassette (l’ourson en dessin animé qui avait un ami chenille orange), j’avais rapidement saisi le risque potentiellement élevé qu’un beau soir, Teddy se lève de sa chaise, grimpe sur ma maison de luminous et me déchiquette les entrailles en fredonnant des chansons sur la sécurité nautique.

Nul besoin de vous dire que quand Corky est débarqué dans ma chambre, c’est à peine si je respirais. Je m’assoyais sur mon lit, parmi les poupées hollandaises géantes que ma grand-mère m’avait rapportées de voyage (CETTE IDÉE D’OFFRIR DES POUPÉES HOLLANDAISES GÉANTES À UNE ENFANT) et je tâchais de ne pas croiser son regard de débonnaire rouquin.

J’avais beau fixer ma table à dessin, Corky, lui, me fixait.

On avait beau m’avoir offert le suit de l’espace (LE SUIT DE L'ESPACE) qui allait avec, Corky me fixait toujours.

Alors ce soir de cinéparc-là, même à travers les trous du volant, Chucky s’est taillé une place de choix dans mon cervelet, que dis-je, dans mon épiderme et ce, à tout jamais.

Je ne montais pas dans mon lit, je piquais une course à partir de la chambre de ma mère pour sauter dans le litte sans qu’une poupée meurtrière ne m’agrippe les pattes pour me mordre les jarrets au sang avec ses gencives en plastique.

Je ne descendais pas au sous-sol, je défiais la mort.
Chucky était partout. Mais surtout dans mes rêves.

C’est d’ailleurs le seul rêve récurrent que j’ai fait de ma vie.
Je ne rêvais jamais que je me retrouvais nu-fesses pour un exposé oral sur les cristaux ou que je volais comme un moineau. Moi, à sept ans, je rêvais régulièrement que je me faisais tuer par Chucky. Ou plutôt que je « passais proche de ».
 
Le scénario était le suivant: j’étais assise sur la banquette arrière du char crème de ma mère, elle-même au volant et ma sœur en co-pilote (les petites sœur s’assoient toujours derrière. Et comme j'étais pas futée futée, je m’assoyais toujours sur la petite bosse traître du milieu). Tout à coup, j’entendais du bruit dans la valise et là, je savais. Je savais parce que j’avais vécu le même rêve 12 000 fois avant, tout en ignorant que c’était un rêve.

Parce que quand je rêve, si tu m’annonces que je me prénomme Taffy et que je rentre à St-Arsène pour larcins en série (même si je me sais pertinemment une Catherine de baptistère et que je sais que ma place, dans ce monde, est partout SAUF dans un couloir à dealer du rince-crème à Bouba), je vais peut-être être un peu surprise, mais je vais te croire sur parole. COMME UNE LETTRE À LA POSTE.

J’haïs ben ça, mais quand je dors, je pense que je suis la coucou de service.
Celle qui a juste une dent et qui s’en sert jovialement pour ouvrir ses canisses de fèves de lima. Cette faculté de prendre les commandes de mes rêves, même les plus absurdes, je ne l’ai pas. Je crois tout, tout, mais viscéralement tout ce qui s’y passe et je vis l’émotion façon Actors Studio (mais avec juste une dent). Ça fait que si tu veux m’en passer une petite vite, attends que je m’assoupisse.

Mais revenons à ce cauchemar.
J’entends du bruit dans la valise et je crie à m’en fendre la glotte, mais personne ne m’entend parce que tout le monde ondule aux rythmes latins de John Secada. Je vois alors un petit bras calciné sortir lentement de la valise, longer ma joue, puis se diriger vers le devant de mon faciès crispé (Chucky termine le premier film brûlé comme un rôti. Ce qui ne l’empêchera pas d’avoir une scène de sexe avec une autre catin dans le 4 mais moi, mon rêve, il se passe dans le 1. * NO poupées qui frenchent avec des langues humaines involved in my goddamn rêve récurrent, thank you *).

Ce moment de petite main en plastique brûlé devant mon visage de fillette dure une éternité.

ET ÇA FINIT DE MÊME. Il ne se passe rien d’autre.
Je crie et Chucky se fait aller les moignons en silence jusqu’à ce que je me réveille, jointures fusionnées au drap contour.

Vingt-cinq ans plus tard, je fais encore ce rêve au moins une fois par année. Et chaque fois, le suspense est à son comble, comme si c’était la toute première fois qu’un jouet attentait à ma vie.

Quoi qu’avec le temps, dans mon rêve, je me sens plus calme qu’avant.
Plus apte à me faire tuer sereinement.

Pour l'amour du saint ciel, qu’est-ce que ça signifie?

Dans le dictionnaire des rêves, d’habitude, tu cherches « sécheuse », « agneau » et « poche de grains » et t’es en mesure de comprendre une partie de ce que ton subconscient essaie de te dire.

Mais nulle part n'explique-t-on ce que signifie « se faire tuer sereinement par une poupée qui a passé au feu ».

J’y ai encore rêvé, la nuit dernière.
Ça fait que je vais être prise avec cette enveloppante chansonnette dans la tête pour une couple de jours.



La bise.

PS TENDRESSE :: De rien.]]>
http://urbania.ca/blog/5341/je-reve-encore-a-chuckyFri, 12 Sep 2014 09:45:00 EDTCatherine EthierchuckyJeu d'enfantpoupéecricketCorkymeurtrebanquette arrièreJohn Secadase faire tuer sereinement par une poupée qui a passé au feubloguehttp://urbania.ca/blog/5341/je-reve-encore-a-chucky
Magnotta, premier contact— J’écris pour Urbania.
— Ah oké. Donc t’es là pour on-sait-qui, m’a lancé Christiane Desjardins.

J’étais effectivement là pour on-sait-qui, c’est-à-dire Gab Roy. Il devait comparaître pour les accusations d’incitation au contact sexuel, leurre pis contact sexuel sur une mineure qui pesaient contre lui.

J’étais là pour Gab Roy, mais je n’étais pas là pour le planter platement sur le site d’Urbania; je n’écris pas cette chronique pour la vindicte. J’étais là pour voir dans quel état était la créature.

Malheureusement, autour de onze heures, nous avons appris que la cause était reportée au neuf octobre pis que la créature ne nous honorerait pas de sa présence, logiquement. Nous avons aussi appris qu’il pourrait désormais fréquenter les parcs (logiquement itou), mais ça, c’était juste de la bullshit pour faire frémir les niaiseux sur les réseaux sociaux.

Comme les journalistes pis les photographes qui faisaient le pied de grue depuis deux heures, je l’avais un peu à travers la gorge. Shit, j’allais quand même pas me taper encore des comparutions de crottés pis de morons pour trouver de quoi à écrire !?

— Magnotta est au 5.01, a dit Christiane Desjardins.

J’ai senti mes jambes ramollir, mes lobes d’oreilles se gorger de chaleur, mes yeux se mouiller. Pis je suis monté au cinquième étage en m’imaginant le monstre de toutes sortes de manières. Avait-il des yeux de chats comme on le racontait dans certains cercles d’initiés ? Son sourire narquois était-il loadé de dents si affilées ? Dégageait-il le parfum âcre de la mort ? Allait-il m’envoûter plus que je ne l’étais déjà ?

Je suis entré dans la salle d’audience 5.01 couvert de sueur, une sueur épaisse et visqueuse, une sorte de deuxième peau, un bouclier probablement. Je me suis effondré sur le dernier siège disponible, j’ai ouvert mon Moleskine, j’ai sorti mon stylo pis j’ai levé les yeux.

À une douzaine de pieds de moi, dans une cage de verre, comme le candidat idéal à l’émission épaisse de Jean Airoldi, un gros Magnotta méconnaissable semblait écouter distraitement les requêtes de son avocat.

La salle d’audience 5.01, comme toutes les autres salles d’audiences du Palais de justice de Montréal que j’avais pu visiter jusqu’à présent, était beige et grise pis éclairée froidement par des néons. On était loin des boiseries, de la majesté et d’une sorte de glamour véhiculées par Hollywood. Magnotta, dans son fantasme mégalomaniaque, devait bien, à chaque seconde qui passait, pogner un hostie de down. C’est ce que je m’imaginais sur le coup.

Mais non. La réalité était différente.

Comme on le sait tous, Magnotta a plaidé non coupable. J’ai d’abord cru, naïvement, qu’il faisait ça pour le show. J’ai pensé que le monstre voulait se la jouer Dahmer (du pauvre) pis faire un spectacle avec son horrible crime. Mais quand je l’ai vu là, enflé dans sa cage, mon pronostic a changé.

Magnotta est un schizophrène paranoïaque, il plaidera donc la folie assurément. Son procès ne sera pas très long, pis, après ça, il va aller pourrir au sixième sous-sol de l’institut Philippe-Pinel dans une cage de verre de trois pouces d’épais pareille comme celle d’Hannibal Lecter. Aucun kit du Simons choisi par Jean Airoldi ne sera capable de nous faire oublier que ce détraqué a tué sauvagement Jun Lin en mai 2012.

Illustration: MHP
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http://urbania.ca/blog/5326/magnotta-premier-contactThu, 11 Sep 2014 11:55:00 EDTEdouard H.BondMagnottagab roybloguehttp://urbania.ca/blog/5326/magnotta-premier-contact