Urbania - blog-urbaniahttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationMon, 20 May 2013 13:29:51 EDT60Vers une sortie de l'ironie?

Il était question de notre tendance à nous, « les ‘eunes » de la sapristi de génération Y, à ne se représenter que par l’ironie et à ne communiquer qu’en ces termes.

En fait, la question était grosso modo la suivante : sommes-nous submergés par l’ironie, tant et si bien que nous ne savons plus par où en sortir? Et si tel est le cas, est-ce qu’on est foutus? 

Forcément, depuis, je me questionne sur la place que j’octroie à l’ironie dans ma vie. Histoire de voir si je contrôle encore la farce, quoi. 

Ou bien au contraire : mon mode d’insertion dans le réel repose-t-il essentiellement sur le métadiscours de l’ironie? Et c’est grave, Docteur?

Des questions un peu graves, ouais, quand même…

Partout, nous dit-on, il n’y aurait plus que sarcasme et moquerie; tant et si bien que nous ne les voyons plus. Nous empilons sans cesse les couches parodiques, comme s’il s’agissait des seuls codes que nous sachions encore déchiffrer. 

S’approprier le réel par la satire, à défaut de savoir faire autrement… Sombre, sombre manière d’appréhender le monde, vous en conviendrez. Pas très constructif, pour parler comme une maîtresse d’école.

C’est une ritournelle qu’on radotte depuis longtemps, ça : les satanés Y qui ne savent exister autrement que par la nonchalance et l’autodérision perpétuelle. Une gang de p’tits baveux « dangereusement nihilistes », et patati patata...

Il suffit de googler « ironie + génération Y » pour entrevoir que ce phénomène, s’il en est, a déjà fait l’objet de moult bisbilles. Encore au mois de novembre, dans les pages du New York Times, Christy Wampole, professeure de langues à l’Université Princeton, critiquait vertement la Millenial Generation pour l’ironie obsessionnelle chronique qu’elle lui attribue. 

Plus précisément, elle adressait sa diatribe aux « hipsters » en règle; ces top-champions-de-course de l’ironie paradigmatique.
 
Les hipsters, tels que définis par Wampole, seraient ni plus ni moins les ambassadeurs du « cancer » qui grignotte notre génération. Bardés d’ironie et de cynisme, ils incarneraient les avatars d’une génération qui se complaît dans son désenchantement, et qui, conséquemment, adopte un comportement aussi destructeur que déprimant: celui du bouffon triste. De plus, les hipsters seraient en quelques sortes les intégristes de cette mouvance, mais celle-ci serait généralisée… 

Par ailleurs, toute initiative [originale] s’imprégnant de l’ironie ambiante serait, toujours selon Wampole, appelée à être purgée d’emblée de toute signification. « It pre-emptively acknowledges its own failure to accomplish anything meaningful » écrit-elle.

Ainsi, dissimulés derrière le masque de l’ironie, nous, les « enfants rois », les « enfants du Web », rions de tout, mais ne faisons rien. Et même lorsque nous faisons quelque chose, nous en rions si fort que lorsque l’hilarité se dissipe, plus rien ne subsiste. 

Alors on superpose, floush, une nouvelle couche d’ironie. Pour trouver à rire encore, malgré la faille de sens qu’on creuse à même le réel.

L’ironie, c’est indéniable, vise à s’élever au dessus des choses pour mieux les annihiler. Rien à redire. Et c'est déprimant.

Néanmoins, y’a un truc qui me chicotte dans tout ça. L’ironie, bien sûr qu’elle est partout. C’est un puissant levier humoristique, et un mode de communication très valorisé en société. On l’associe généralement à la sophistication, à l’esprit. À la « lucidité », même. Soit. 

En revanche, je crois franchement qu’il est fallacieux d’énoncer que le « tout à l’ironie » résulte ou témoigne d’un renoncement collectif à attester la valeur des choses; à chercher un sens. Bien au contraire! 

J’ai plutôt tendance à croire que cet engouement pour l’ironie ne serait en fait que cosmétique. Un chic convenable et abordable; sans portée profonde. 

Je le crois notamment parce que, voyez : on dit souvent de ma génération qu’elle est précocement cynique, apathique et nonchalante. Mais n’oublions pas qu’on dit également d'elle qu'elle est bouillante de détermination, impatiente, impétueuse. Et surtout, lorsqu’elle ose formuler quelconque doléance, qu’elle est fâcheusement idéaliste…

Or, l’ironie destructrice et l’idéalisme ne peuvent être élevés ensemble au rang de valeurs cardinales. Elles sont, par nature, mutuellement exclusives. 

J’aurais envie de dire qu’au fond, faudrait bien faire un choix quant au préjugé générationnel qu’on priorise! D’une part, l’arrogance d’une génération trop pressée. D'autre part, son cynisme congénital.

« Faudrait s’brancher, la gang ». Mais disons simplement que cette contradiction pointe une sortie possible du cycle de l’ironie en pelures d’oignons; et du désenchantement qui en est le corollaire.

En d’autres mots, y’a moyen de se positionner quelque part entre les deux. 

Je ne peux donc m’empêcher de croire qu’au lieu d’embrasser l’ironie par dépit et renoncement, nous cherchons en quelque sorte à renouer avec quelque chose de radicalement authentique. Ne serait-ce que pour nous adjoindre, un tant soit peu, dans notre quête de sens au sein d’un monde qui n’en a pas beaucoup.

Et, vous m’excuserez, mais lorsqu’on vient me dire qu’on conditionne le désenchantement du monde en s’habillant avec des ugly shirts, je réponds que je n’ai pas envie de « porter l’avenir » en mangeant chez Bâton rouge avec des montures de lunettes profilées en faux-fini stainless.

C'est tout pour aujourd'hui. 

***

Et moi, sur twitter, c'est @aurelolancti
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http://urbania.ca/blog/3981/vers-une-sortie-de-lironieFri, 17 May 2013 06:59:34 EDTblogueironiehipsterWampolecynismehttp://urbania.ca/blog/3981/vers-une-sortie-de-lironie
Chère Vickie,
Folle vie: danseuse nue, poète, écrivaine, cancer, tabarnak.

La plupart se souviendront de toi comme la brillante écrivaine atteinte d’une tumeur au cerveau qui a mis au monde un tout aussi brillant manuscrit : Le Testament.

Tu es passée à Tout le monde en parle pour parler de tout ça. Je n’ai pas visionné l’entrevue au complet; j’étais incapable de te voir comme ça.

Pour moi, tu n’as jamais eu de tumeur. Pour moi, tu seras toujours la fille avec qui j’ai grandi.

La fille qui roulait toujours sa jupe d’uniforme trop haut et qui a envoyé chier notre prof de maths, Madame Sauriol, quand elle t’a dit : « Mais qu’est-ce que les gens vont penser de toi ? »

La fille qui s’en colissait.

La fille qui avait écrit, photocopié et distribué à travers l’école un long poème démolissant sur la place publique une « fille populaire » qui l’avait insultée.

La fille qui savait écrire.

La fille qui venait sonner chez moi l’été. À qui ma mère disait: « Rabii n’est pas là ». J’étais là, au sous-sol. Et j’allais te rejoindre au parc en face pour faire ce qu’on faisait le mieux au secondaire : fuckall.

Puis, le 11 mai, tu es partie.

Je m’excuse de n’avoir été là que lorsque ça allait bien.

Je m’excuse de n’avoir pris de tes nouvelles qu’à travers Aurélie. De ne pas avoir réalisé plus tôt qu’une affligeante présence vaut mieux qu’une culpabilisante absence.

Je m’excuse de m’être contenté de glisser à travers nos conversations des : « Comment va Vickie? » au lieu de t’appeler et te demander : « Comment vas-tu, Vickie? ». Même si je savais que ça n’allait pas.

Le pire, c’est que ça m’énerve plus que tout quand les gens me demandent des nouvelles des autres : « Demandes-lui toi-même», que je pense en ébruitant un hypocrite « Elle va bien ».

Le jour de ta fête, je t’ai texté : « Joyeux anniversaire ». Tu as répondu : « C’est de toi les fleurs? » J’ai oublié de répondre. Quand j’ai appris que tu nous avais quittés, mon premier réflexe a été de saisir mon cell et te répondre : « Non ».

Puis : « Fuck, Vickie ».

Je ne sais pas pourquoi j’ai répondu, je savais que c’était trop tard, que t’étais plus là. Réflexe cave. Comme si t’allais les lire, mes messages. Comme si Rogers offrait une option « transmission vers l’au-delà de textos manqués ».  

C’est ça ma vie en ce moment, Vickie. Une suite infinie d’appels manqués, de conversations de répondeurs et de textes messages que je lis rapidement au feu rouge.

Je m’excuse de ne pas avoir appelé. Ou rappelé. De ne pas être passé. Je m’excuse d’avoir laissé mon téléphone intelligent te transmettre mes émotions, même si je réalise tranquillement qu’à travers le délai de réception et l’encryptage binaire, l’important se perd.

Je m’excuse de ne pas m’être servi de cet obsolète appareil phonateur qui me sert de bouche pour te dire « Je t’aime. Lâche pas.»

Je m’excuse d’avoir appris ta mort sur Facebook. Fucking Mark Zuckerberg qui m’apprend que mon amie est morte.

Je m’excuse de ne pas t’avoir dessinée dès que tu as vu mon portrait d’Adele et que tu as crié « J’en veux un! »

« Promis », que je t’avais répondu.

Mieux vaut tard que jamais, qu’ils disent. Je l’sais plus trop. Anyways, voilà ton dessin ma belle.

Repose en paix.

Rabii xx



crédit photo: Antoine Ryan]]>
http://urbania.ca/blog/3978/chere-vickieThu, 16 May 2013 01:55:42 EDTmortcancersecondaireAdeleVickie Gendreaubloguehttp://urbania.ca/blog/3978/chere-vickie
Le plaisir de lire une carte
Je n'avais jamais essayé de GPS avant mes dernières vacances. Avant le GPS, je dépliais la carte, j'évaluais le trajet, j'imaginais le relief, je planifiais le voyage, je cherchais le Nord, je visais le Sud, j'allais, tel un professeur Tournesol de passage, un peu plus à l'Ouest et puis je me laissais guider par le sens de l'improvisation.

Le voyage se faisait dans la tête avant de se faire dans l'auto. La route était un songe avant d'être une histoire. On connaissait la géographie. On savait la toponymie  On comprenait la géologie parce qu'on comprenait les courbes du chemin. On imaginait les côtes avant de les grimper, on sentait le vent de l'océan avant de voir la mer parce qu'on savait qu'elle était là, derrière les plis de la carte.

Avec les GPS, la destination n'est plus qu'un vulgaire code postal, une adresse, une entrée électronique. Le chemin est un trait rouge jusqu'au prochain carrefour. Le paysage est une série de lignes numérotées. Et on ne sait plus où se trouve la mer parce qu'elle ne rentre pas dans l'écran de la machine.

Ainsi sont les inventions modernes. Elles nous simplifient la vie mais nous éloignent de la réalité.

Dans un monde de plus en plus virtuel, nous appréhendons de plus en plus souvent le monde à travers l'écran de nos appareils qui dépassent l'entendement et surpassent l'intelligence. N’ai-je pas écrit ce billet sur mon iPhone alors qu'autour de moi éclatait la flore exubérante de la nature californienne?

Mais il faut que je sois honnête (ne l'ai-je pas toujours été avec vous?), au lieu de chercher le nom de rues de L.A. dans l'infini bétonné de la mégalopole californienne, au lieu de demander mon chemin à un de ces nombreux sans abri qui quêtent sous le soleil, au lieu de m'engueuler avec ma copilote au risque de voir nos chemins se séparer, je me suis fié à mon nouvel ami. Il est un peu frette et il a la voix monocorde d'un Justin Trudeau d'ascenseur, mais lui, il ne se trompe jamais.

Et il m’a laissé le loisir de regarder les fleurs dans le paysage et la vie qui défile sur le bord de la route.


Pour me suivre sur Twitter sans perdre le Nord : @pascalhenrard]]>
http://urbania.ca/blog/3977/le-plaisir-de-lire-une-carteWed, 15 May 2013 20:56:08 EDTgeographiquecarteroutePerduGPSbloguehttp://urbania.ca/blog/3977/le-plaisir-de-lire-une-carte
APPEL DE CANDIDATURES - École Urbania - Imaginer MontréalLE CONCEPT
À la suite de l’expérience très positive de la première incarnation de l’École Urbania, soit la réalisation d’un mini-magazine sur le thème de l’école qui sera encarté dans le numéro d’automne 2013 du magazine Urbania, l’UQAM et Urbania souhaitent produire conjointement une publication hors série intitulée Imaginer Montréal qui proposera 100 idées pour améliorer notre ville, Montréal. En amont des élections municipales l’automne prochain, l’objectif est de recueillir 100 idées créatives et réalistes qui proposeront une vision constructive pour Montréal et de partager celles-ci avec le plus grand nombre.

Ces idées seront divisées en dix catégories, en lien avec les secteurs de la vie municipale :
1) Environnement et développement durable
2) Vie culturelle
3) Vie communautaire
4) Développement économique
5) Tourisme
6) Habitation et urbanisme
7) Transport
8) Design  
9) Sports et loisirs
10) Gouvernance et vie démocratique

Chaque idée sera énoncée brièvement dans une publication diffusée en septembre 2013, puis expliquée de façon plus détaillée sur le site Web de l’École Urbania, hébergé par Urbania, dans une section créée spécialement pour l’occasion. Ce numéro spécial sera une création de l’École Urbania. Pour l’occasion, une équipe de travail sera constituée de dix étudiants de l’UQAM provenant de différents horizons. Ensemble, ces étudiants formeront un comité de rédaction qui aura pour mandat de proposer les 100 idées et d’alimenter la réflexion citoyenne en vue des prochaines élections municipales.

PROFIL RECHERCHÉ
Les étudiants inscrits à temps complet au trimestre d’automne 2013 dans l’un ou l’autre des programmes de baccalauréat, de DESS, de maîtrise ou de doctorat offerts à l’UQAM sont admissibles. Les candidats seront sélectionnés par Urbania sur la base de leur profil académique et de leur motivation. Une lettre d’intention devra être soumise par les candidats. Les entrevues de sélection seront réalisées par Urbania.

Les étudiants choisis recevront chacun une bourse de 1 500 $ pour la durée du projet. La bourse sera versée par l’UQAM.


L’ENCADREMENT

Alors que les étudiants seront responsables de trouver les idées, l’équipe d’Urbania documentera le processus de recherche (vidéo, photo, réseaux sociaux), réalisera la conception graphique et la mise en page du numéro spécial Imaginer Montréal et assumera également l’édition des textes.   

En plus du design et de l’édition, Urbania s’occupera également de la diffusion du numéro Imaginer Montréal en collaboration avec l’UQAM (lancement, médias sociaux, relations de presse, etc.). Les étudiants se réuniront une fois par semaine dans les locaux d’Urbania, le temps d’une réunion de production avec l’équipe du magazine. Ils disposeront également d’un local (situé dans les bureaux de Toxa/Urbania) où ils pourront se réunir en tout temps pour débattre de leurs idées.

Il est également proposé qu’un certain nombre de professeurs de l’UQAM, dont les expertises sont en lien avec chacune des dix catégories couvertes dans la publication, agissent comme mentors pour alimenter la réflexion des étudiants.  


UNE PUBLICATION GRATUITE

Le numéro spécial Imaginer Montréal sera imprimé à 5 000 exemplaires sur du papier journal et distribué gratuitement à Montréal. Le nombre de pages envisagé est 48.


UN VOLET NUMÉRIQUE

En plus de la version papier, le projet Imaginer Montréal prendra vie sur le Web, notamment par l’entremise d’un blogue spécialement conçu pour le projet. Celui-ci permettra de documenter le processus de recherche, mais aussi de détailler chacune des idées. De plus, un groupe Facebook et un compte Twitter Imaginer Montréal seront créés pour l’occasion et il sera possible d’intégrer le volet iPhone au projet.  


UNE COLLABORATION AVEC LE QUARTIER DES SPECTACLES, L'ONF ET MOMENT FACTORY
Imaginer Montréal s’inscrira également dans le projet Mégaphone coproduit par le Partenariat du Quartier des spectacles et l’Office national du film et réalisé par Moment Factory dans le cadre d’un appel d’idées lancé par le PQDS et l’ONF.  Installation interactive suscitant une réflexion sur la réconciliation entre l'individu et le collectif, Mégaphone permettra aux citoyens de prendre publiquement la parole le long de la promenade des Artistes, face au pavillon Président-Kennedy de l’UQAM, et de retranscrire leurs mots par un dispositif de projection sur la façade du pavillon. Plusieurs idées proposées pour Imaginer Montréal serviront ainsi de base de discussion dans l’un des volets de la programmation des activités de Mégaphone, qui se dérouleront les mois de septembre et octobre 2013.

CANDIDATURES
Les étudiants de l’UQAM intéressés à participer au projet Imaginer Montréal sont invités à transmettre leur curriculum vitae, une preuve d’inscription à temps plein dans l’un des programmes mentionnés (baccalauréat, maîtrise, DESS, doctorat) et une lettre d’intention (500 mots maximum) à l'adresse suivante : julie@urbania.ca  avec la mention École Urbania en objet du message

Seuls les candidats retenus recevront une réponse et seront convoqués en entrevue pour la sélection finale.

Date limite pour déposer une demande de candidature : vendredi 24 mai 2013, 17 heures

DATES DE RÉALISATION DU PROJET
De juin à septembre 2013]]>
http://urbania.ca/blog/3976/appel-de-candidatures-ecole-urbania-imaginer-montrealWed, 15 May 2013 15:35:37 EDTélectionsmoment factoryONFquartier des spectaclesmontrealimagineruqamurbaniaécolebloguehttp://urbania.ca/blog/3976/appel-de-candidatures-ecole-urbania-imaginer-montreal
La fois où j’ai eu envie de me chicaner avec Angelina

Je vous l’accorde, son texte est très touchant, mais y avez-vous pensé deux minutes?

Tout d’abord, vous devez savoir que ma mère avait 36 ans lorsqu’elle est décédée d’un cancer des ovaires.  Je sais, je sais, c’est pas aussi important que si c’était arrivé à Angelina, mais je me permets quand même de dire quelque chose là-dessus.

Depuis mon enfance, j’ai refusé de me laisser abattre par cet événement qui a pourtant changé ma vie.  Aujourd’hui une adulte hautement à risque de contracter le cancer, je refuse de vivre dans la peur. Le premier malaise que j’ai eu, à la lecture de son texte, est l’angoisse qui teinte son message. J’ai beaucoup de difficulté à voir autant d’espoir devant la perspective de passer sous le bistouri comme seule chance d’éviter la maladie.

Mais ça c’est moi, et on a chacun sa façon de voir les choses, et je ne vais pas me chicaner avec Angelina pour ça!

Là où j’ai réellement un problème, c’est son invitation aux femmes à la suivre. Vraiment, Angelina? Tu crois que toutes les femmes dans le monde ont accès à ce genre d’intervention? Toi qui ne rates pas une occasion photo avec des enfants de pays sous-développés, tu devrais pourtant en avoir une idée, non? Même pour moi, jeune femme de la classe moyenne vivant dans un pays industrialisé, une telle opération représenterait un enjeu financier (parce que je me suis quand même posé la question).

Tu sais, Angelina, le cancer n’est pas un sport de riche. 
 

Je suis la première à l’admettre: l’émotion nous rend souvent un peu vites sur la gâchette… mais pensons-y quand même un peu.]]>
http://urbania.ca/blog/3973/la-fois-ou-j-ai-eu-envie-de-me-chicaner-avec-angelinaTue, 14 May 2013 14:23:53 EDToperationangelina joliemastectomieseincancerbloguehttp://urbania.ca/blog/3973/la-fois-ou-j-ai-eu-envie-de-me-chicaner-avec-angelina
Hara-kiri? Vraiment?

Il y a un problème de division du vote au Québec. Inutile de le nier, c’est mathématique dans ce détestable système uninominal à un tour conçu pour deux partis, un rouge et un bleu qui alternent immanquablement au pouvoir comme si ce pouvoir leur était dû. Quand on en aura assez de ce système, on votera pour ceux qui veulent le changer.
 
Alors quand un parti qui prône le maintien du système actuel lance un appel solennel au sabordage des autres partis pour qu’ils ne nuisent pas trop à la défense de sa moitié de monopole sur la politique québécoise, on peut rester perplexe. Il faudrait le faire « pour le bien de la cause », disait-on. Ce qui devrait être fait pour le bien d’une cause, ce serait de mettre celle-ci devant des considérations de protection de parti. Ce serait, par exemple, d’accepter de discuter avec une autre formation d’ententes ponctuelles pour contourner le système actuel qui ne respecte pas le choix démocratique de sa population dans l’allocation des sièges. Aucun parti ne mérite le double des sièges que sa proportion des votes n’indique. À l’autre extrême, aucun parti ne mérite d’être écarté de l’Assemblée nationale quand des dizaines de milliers de citoyens l’appuient. Quand Mario Dumont était le seul élu de sa formation malgré l’appui d’un demi-million d’électeurs, c’était un crime démocratique, qu’on aime ou non ses idées.
 
La cause ici, au sens où je l’entends, c’est de faire du Québec un pays en bonne et due forme qui contrôle lui-même tous ses instruments de décision. Près de 200 autres pays dans le monde le font sans jamais regretter d’être maîtres chez eux. Nous sommes dus, et comment! Mais en quoi est-ce que ça aiderait cette cause qu’un parti clairement souverainiste, qui a le courage d’en parler avant, pendant et après une élection, se saborde pour joindre un parti qui semble avoir perdu la flamme de ce côté? Halte-là les haters, je ne dis pas que les militants d’autres partis ne sont pas souverainistes, suffit la mauvaise foi, maturez un peu.
 
En fin de semaine, on a cité Bourgault en exemple pour inviter au sabordage des partis souverainistes (sauf un, celui qui suggérait les sabordages…). Le parallèle me semble quelque peu maladroit. D’abord, parce que le RIN était un véhicule plus vieux (fondé en 1960) qui se sabordait pour joindre un nouveau véhicule (fondé en 1968) qui allait être mené par René Lévesque et Jacques Parizeau. Si on veut suivre cet exemple historique, les sabordés devraient donc venir d’une formation plus vieille pour se joindre à une formation toute neuve. Je vous laisse compléter le raisonnement.
 
Mais aussi, et surtout, parce que citer Bourgault sans trop se souvenir de ce qu’il disait, ça peut être dangereux. Pierre Bourgault mettait régulièrement en garde le « nouveau véhicule » de l’époque qu’il devrait inlassablement faire la promotion de la souveraineté du Québec, sans quoi il était inutile, voire nuisible à la cause. Me croyez pas? Voici une citation de Bourgault que m’a rappelée ma collègue Catherine Dorion:
 
« Si l'exercice du pouvoir pour les souverainistes ne conduit pas à l'exercice de la souveraineté, alors ce pouvoir est vain et illusoire. Il constitue un piège dans la mesure où il occulte les véritables enjeux en les reportant à plus tard, au risque de les voir disparaître de nos préoccupations collectives. (...) Moi, je dis qu'il est suicidaire pour les souverainistes d'abandonner leur idée tout en disant qu'on ne l'abandonne pas. Il faut en parler de plus en plus, quitte à nous retrouver dans l'opposition, là où se trouve notre idée, de toute façon. Si cette idée, acceptée et défendue par plus de 40 % de Québécois, ne vaut pas la peine d'être prônée ouvertement, alors que le Parti québécois et ses chefs aient le courage de la retirer du programme. Car à qui fera-t-on croire qu'on y tient quand elle ne sert plus qu'à masquer notre volontaire impuissance? »
 
Pierre, je t’aime (sur celle-là en tout cas).
 
Bourgault parle de ne pas reporter à plus tard. Un peu comme si le PQ faisait une CAQ 2.0 de lui-même et disait « faisons d’abord le ménage et nous verrons ensuite pour la souveraineté ». Oh pardon, on me glisse à l’oreille que le PQ a dit exactement ça en fin de semaine. Coudonc.
 
Bourgault parlait aussi d’avoir le courage de faire la promotion de la cause, quitte à se retrouver dans l’opposition temporairement. Ou même perdre son siège, pourquoi pas. Parce que si les leaders de la cause se disent qu’ils vont gagner plus facilement sans leur cause, que diantre foutent-ils dans un parti souverainiste? Si le désir de gagner une élection l’emporte sur la volonté de parler de souveraineté, que ces gens se présentent pour l’un des multiples partis qui ne parlent pas de souveraineté dans leur programme. C’est simple. Il y a de la place en politique pour ceux dont l’objectif premier est carrément d’être député, mais il ne faut pas berner les gens en faisant croire que c’est d’abord pour certains principes. Halte-là aussi les haters, je n’ai jamais dit que tous les députés actuels sont des carriéristes, mais il y en a.
 
Note aux voteurs « stratégiques »: Faire en sorte que les libéraux ne soient pas au pouvoir n’est pas un projet de société.
 
Et puisqu’on parlait de gestes à poser pour aider la cause, il y en a un autre qui est grandement nécessaire pour redonner un tant soit peu de légitimité démocratique à nos élections et qui, bonheur, aiderait probablement la cause du même coup: insérer une composante de proportionnalité dans notre mode de scrutin pour l’allocation des sièges qui en découle.
 
À l’époque de René Lévesque, ce dernier était plus populaire que son parti et son parti était plus populaire que la souveraineté. Qu’il se soit opposé à plus de proportionnalité pour ne pas nuire à l’élection de souverainistes était donc, somme toute, logique (bien que très questionnable sur le plan du respect du vote démocratique, qui devrait toujours être la priorité même s’il rejette nos idées). Or, aujourd’hui, tout s’est inversé. La souveraineté est plus populaire que le PQ et le PQ est plus populaire que sa chef. La conséquence est qu’un système plus proportionnel serait non seulement plus démocratique, il aiderait aussi à l’élection d’un plus grand nombre de députés souverainistes, quel que soit leur parti. Mais encore ici, il faut être capable de se sortir de la dynamique dinosaurienne qui vise d’abord à protéger les acquis de son parti et l’atteinte du pouvoir majoritaire. C’est dépassé et contreproductif dans la nouvelle réalité politique québécoise. C’était donc une double erreur de la part du PQ de retirer cet élément de sa plateforme: à la fois sur le plan démocratique et sur le plan de l’avancement de la cause.
 
J’y reviens, il faut faire attention quand on cite Bourgault sans trop savoir ce qu’il disait. Pierre Bourgault avait demandé la démission du chef du PQ dans les années 80, le jugeant trop mou et frileux face à la cause indépendantiste. Et ce chef s’appelait René Lévesque…
 
Si Bourgault prônait un sabordage aujourd’hui, lequel serait-ce?]]>
http://urbania.ca/blog/3972/hara-kiri-vraimentTue, 14 May 2013 13:21:02 EDTsaborderdémocratiesouverainetéPQRené LévesquePierre Bourgaultbloguehttp://urbania.ca/blog/3972/hara-kiri-vraiment
Conversations avec RomyConversations avec Romy, sur le site des Éditions de La Bagnole, se lit comme suit:

«Romy a 4 ans et demi. Souvent impitoyable, douée d'un extraordinaire franc-parler, Romy ne ménage personne sur son passage... Son papa, Mathieu LeBlanc, note ses déclarations et commentaires sur son iPhone. Il insiste sur l'importance de l'immédiateté: c'est pourquoi le matin, en route vers la garderie, il n'hésite pas à s'arrêter sur l'accotement pour écrire sur-le-champ, en en respectant fidèlement la structure, la dernière réplique poétique ou sarcastique de sa fille!

L'illustrateur Philippe Lagarde, lui, est père de deux fillettes. Il a déployé son talent d'artiste et de publicitaire pour dessiner une Romy inoubliable... Vous avez vu ce regard?

Les Éditions de la Bagnole publient de temps à autre un livre pour les parents. Conversations avec Romy est une invitation à nous pencher pour ramasser les jolies pépites que laissent parfois tomber nos enfants...
»

Et franchement, après l'avoir lu, ce qu'on peut vous dire, c'est que c'est très drôle et que la petite Romy, on voudrait tous l'avoir comme enfant!

On ne sait pas si l'éditeur va nous taper sur les doigts, mais on croit que ça vaut la peine qu'on partage un petit extrait savoureux avec vous...

(Monsieur l'Éditeur, si vous êtes fâché, contactez-nous et on va l'enlever tout de suite...)

37. Romy ne fait pas attention en mangeant sa collation.

Moi: « Romy! Fais attention quand tu manges, tu n'es plus un bébé. »

Romy: « Aimerais-tu mieux avoir une autre petite fille ? »

Moi: « Jamais ! »

Romy: « Parce que si t'es pas content, maman peut t'en faire une autre. »


Ah, pis un autre extrait pour la luck.

63. Dans l'avion, j'explique à Romy pourquoi la madame n'a plus de cheveux.

Je lui dis qu'elle a une maladie qui s'appelle le cancer. Et que pour guérir, parfois on prend des médicaments qui font que nos cheveux tombent.

Voici ce que ma fille, dans toute son innocence, me répond: « C'est comme si la madame avait attrapé l'automne. »


Conversations avec Romy est en librairie depuis le 24 avril.]]>
http://urbania.ca/blog/3971/conversations-avec-romyTue, 14 May 2013 11:47:45 EDTlibrairielivreromyconversationsbloguehttp://urbania.ca/blog/3971/conversations-avec-romy
La pipolisation des conquêtes spatiales

Ce qui m’intéresse, c’est comment un ancien militaire moustachu avec un bacc en génie mécanique a réussi à rendre les explorations spatiales sexy auprès d’une population d’ordinaire indifférente à la science (le dimanche soir, les Québécois préfèrent écouter un digest de YouTube qu’une émission de culture scientifique). La question tenaille aussi Marc Garneau, paraît-il.

Nous avait-on mal vendu les expériences scientifiques menées dans l’espace? Avions-nous tous un geek intérieur refoulé par des années d’intimidation à l’école? Cet intérêt nouveau serait-il lié au retour en force de la moustache? La réponse est A. Et la solution est venue du côté des réseaux sociaux. Au fond, Chris Hadfield, c’est Découverte et Vlog, fusionnés. Notre dilemme du dimanche soir est enfin résolu.

«On avait écrit beaucoup de documents comme au bon vieux temps, pour parler de la mission, et on s’est rendu compte qu’il n’y a plus personne qui lit les gros documents comme ça », a révélé Julie Simard, conseillère principale en communication à l’ASC, à Bahador Zabihiyan, de Radio-Canada. Des vidéos, des tweets, des photos de chez vous vu de l’espace, c’est ça que ça prend, pour intéresser les gens, aujourd’hui. Des heures de planifications ont ainsi été consacrées à la «scénarisation» 2.0 de la mission Hadfield. Ce cover de David Bowie qui semble avoir émané spontanément de l’espace? Prévu depuis des lustres.

C’est pas vraiment grave, c’est le résultat qui compte, me direz-vous. Mais ce que ça dit, sur nous, c’est que nous sommes influençables en titi. Munis d’une bonne stratégie, les réseaux sociaux peuvent donner du swag à n’importe quoi. Même à un chou frisé.

Si je voulais faire un autre parallèle avec la politique, je vous demanderais si les gens lisent encore ça, un gros document comme un programme électoral. Je dis ça parce qu’on a des élections municipales qui s’en viennent, et j’en connais un qui serait prêt à faire n’importe quel cover de David Bowie sur YouTube pour être élu. Ashes to Ashes, Denis?

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Ariane Moffatt a reçu hier le prix de lutte contre l’homophobie de la Fondation Émergence. Vous vous demandez peut-être ce qu’elle a fait pour mériter ça? Eh bien depuis que la juge de La Voix a annoncé que sa conjointe était enceinte, dans le village de mes beaux-parents, une madame a décidé de faire son coming out après avoir vécu plusieurs années dans la garde-robe. Je le sais parce qu’à l’Anse-Saint-Jean, toute se sait. Bravo Ariane et bravo, madame de l’Anse-Saint-Jean.]]>
http://urbania.ca/blog/3970/la-pipolisation-des-conquetes-spatialesTue, 14 May 2013 08:56:22 EDTespaceChris HadfieldJack Laytonréseaux sociauxpipolisationbloguehttp://urbania.ca/blog/3970/la-pipolisation-des-conquetes-spatiales
Un vent de brutalité policière souffle sur le Québec?

Environ quatre mille manifestants opposés au pouvoir, la grande majorité pacifique, ont été arrêtés puis relâchés à Montréal depuis un an. De nouveaux règlements permettent aux policiers d'arrêter quelqu'un soupçonné d'avoir participé à une manifestation non-autorisée.

En Haïti, une loi empêchant les manifestations spontanées serait une véritable blague. Le directeur général de la police nationale haïtienne, Gotson Aurélus, l'a encore démontré mardi dernier interdisant sans succès aux partisans d'Aristide de prendre la rue. La jeune démocratie haïtienne n'est probablement pas prête d'oublier la nécessité de la contestation populaire, à la racine de l'acte d'indépendance du pays en 1804, comme pour la France quelques années plus tôt. La législation française punit d'ailleurs toujours les organisateurs d'une manifestation non-autorisée, mais pas l'acte de manifester.

Une seule policière de la métropole québécoise a été suspendue suite à deux abus de pouvoir violents filmés par une caméra. Les autorités québécoises viennent de créer une commission secrète pour étudier les questions entourant le soulèvement étudiant et populaire de l'année dernière. À peine annoncée vendredi, le ministre a dû reconnaître que celle-ci devra probablement exclure la question des abus des forces de l'ordre.

Des cas de mâchoire fracturée, d'oeil perdu et de nombreuses arrestations non-fondées sont pourtant attribués à des policiers. En chute libre dans les sondages d'opinion depuis le soulèvement populaire de 2012, l'image des policiers semble entachée par des dizaines de cas documentés de blessures et de violence policière, particulièrement à Montréal.

La crédibilité des forces de l'ordre est « nulle », expliquait un professeur d'histoire dans une lettre ouverte la semaine dernière. Il citait en exemple le préfet de police de Paris, Maurice Grimaud, durant les émeutes de mai 1968, alors qu'un jeune manifestant poursuivi par la police française venait tout juste de mourir. « Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière », avertissait à l'époque le haut-fonctionnaire dans cette missive envoyée à tous les policiers de la capitale française.


De notre correspondant Étienne Côté-Paluck pour la Gazette de Port-au-Prince, avec la participation de l'Agence de presse Urbania internationale (APUI).]]>
http://urbania.ca/blog/3969/un-vent-de-brutalite-policiere-souffle-sur-le-quebecMon, 13 May 2013 15:39:45 EDTbloguepolitiquedémocratiemanifestationmontrealquebecbrutalité policièrehttp://urbania.ca/blog/3969/un-vent-de-brutalite-policiere-souffle-sur-le-quebec
Violence aveugle pour ma génération pourrie
Néanmoins, pour une fois, c'est original. Pas d'histoire d'enfants rois, patati patata. Pour le coup, on s'en tient au mépris, pur et simple, d'une génération qui, semble-t-il, ne se définit que par son avilissement et son ignorance. 

Eh ben!

Ainsi, ai-je compris, M. Rioux brosse le portrait de ma génération (pourrie) à partir d’une brève rencontre avec un adulescent paresseux qui n’aimait pas lire, à bord d’un avion.

Un flanc-mou sans dessein, accro au digital, à l’instantané et à la culture prémâchée. Un crapet sans vigueur qui, (infamie) n’a trouvé mieux à faire que de surfer de clip débile en film idiot, sur le mini-écran en face de son siège, tout un vol transatlantique durant. 

Comme l'aurait fait la vaste majorité de ses comparses générationnels, cela va de soi. Merci pour cet état de faits hautement perspicace.

Ensuite, par un surprenant glissement rhétorique, on en vient à ironiser sur la toute récente refonte du programme collégial d’arts et lettres. Le ministre Duchesne, croirait-on lire, aurait remanié l’appellation « arts et lettres » pour actualiser une conception surannée de ce champ d’études, étant donné que « c'est ça qu'ils veulent », les jeunes. 

Ce raisonnement est sinueux à m’en donner des vertiges. Ou alors sont-ce les vapeurs de mauvaise foi qui s’en dégagent.  

Comme si «les jeunes », dans leur proverbiale paresse intellectuelle, avaient appelé de leurs vœux cette réforme, puisque leur [notre] ardent intérêt pour la démocratisation de l’éducation vise en fait son simple nivellement par la base. 

Or, la littérature, pour être appréciée, requiert un minimum de rigueur, de persévérance et de plomb dans la cervelle. Elle a le potentiel de tailler une quantité inouïe de d’ouvertures sur le réel et le transcendant, mais ces hublots imaginaires ne sont pas accessibles au ras du sol. Il faut apprendre à s’y élever, de peine et de misère.

Et ça, la peine et la misère, on n’aime pas ça, nous, « les jeunes ». On préfère se contempler dans le miroir. Ou plutôt dans la caméra inversée de nos téléphones intelligents. Des livres? À quoi bon. 

Toujours est-il que sur un point, je suis d’accord avec Monsieur le Chroniqueur. Les tractations du « moins penser », elles sont, plus que jamais, omniprésentes et immanentes. La dévalorisation de l’érudition et de la Pensée lente et profonde, elle est partout. Et, en effet, je me surprends souvent de la longueur qu’une discussion sur les shooters ingurgités la veille, au bar, peut prendre. 

Oui, la futilité nous entoure, et nous l’embrassons très souvent. 

Sauf qu’il m’arrive de penser que l’attrait de cette dite futilité réside dans son pouvoir analgésique. Ma génération pourrie, peut-être participe-t-elle au mal du monde, en se goinfrant dans l’Ici-maintenant. Mais on ne peut nier qu’elle évolue d’emblée dans un monde malade. 

Peut-être, en refusant de réfléchir trop souvent, ferme-t-elle volontairement les yeux sur un réel où la raison est déréglée, où les idéaux sont morts et où la violence est sournoisement distillée dans nos institutions et nos marchés. Pour pallier ce malaise, elle s'enivre de bêtise. 

Elle cherche désespérément à survivre à l’Histoire qui n’en finit plus de finir. 

Il m’arrive de croire que nous ne savons vivre notre hypermodernité qu’en s’anesthésiant. De toute façon, la violence, ici, ne saigne plus. Excepté quelques fois, dans les bulletins de nouvelles. L’horreur, on la regarde à la télé, cependant que nous consommons notre propre barbarie, en nous gavant de publicité, de bébelles, d’instantanéité et d’excès. 

Et à ce sujet, Monsieur le Chroniqueur, le récent clip de Xavier Dolan (punching bag de service de la génération Y) que vous dénigrez allègrement est sans doute grossier et « too much »; mais il a ceci de nécessaire qu’il met le doigt sur la violence ordinaire que nous refusons de voir. 

Il est sans doute désagréable à regarder, et inadapté aux normes télévisuelles de diffusion grand public. On peut également déplorer son caractère sensationnaliste, si on s’y borne. Et peut-être déroge-t-il effectivement à la définition de la sophistication cinématographique de Jacques Rivette. Belle référence, d’ailleurs. Chapeau. 

À ce sujet, il est d'ailleurs à se demander si M. Rioux a bel et bien vu le film Kapo dont il cite la critique; étant donné qu'il évoque le suicide d'Emmanuel Riva comme étant "la scène finale", alors que cet événement se produit en fait au beau milieu du métrage. C'est ce que j'ai pu constater en visionnant l'oeuvre intégrale sur cette "odieusement moderne" plate-forme qu'est YouTube. Ah, et par ailleurs que c'est à Gillo PontEcorvo et non PontOcorvo qu'on doit Kapo...

Enfin. Pour en revenir à Dolan, il n’en demeure pas moins que son clip pose en réalité un geste aussi primaire qu’essentiel : celui de nous foutre le nez dans notre propre merde. Et alors que nous, enfants tarés, ne savons plus regarder que nos nombrils et leurs satellites, peut-être avons-nous besoin, justement, de ce genre d’imposture. 

Curieusement, ce sont les « grandes personnes » qui y réagissent le plus mal. 

Pour le reste, je vous remercie, Monsieur le Chroniqueur, pour cette énième charge à fond de train contre ma génération pourrie. 


***

Et moi, sur Twitter, c'est @aurelolancti

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http://urbania.ca/blog/3965/violence-aveugle-pour-ma-generation-pourrieFri, 10 May 2013 08:22:07 EDTblogueviolencePourriexavier dolanChristian RiouxCollege Boyindochinehttp://urbania.ca/blog/3965/violence-aveugle-pour-ma-generation-pourrie
Cher gars qui arrêtait pas de dire « oui mais moi »,  
Comme nous sommes voisins de banquette, mon indiscrète personne se voit interpelée par votre conversation.

Ton amie te parle de sa rupture. En gros, elle quitte Rimouski pour Montréal lorsqu’elle tombe amoureuse d’un gars qui au final, l’a trompée pendant un an avec sa meilleure amie. Y’a une semaine, il la quitte officiellement, elle et son hypothèque et part pour Cuba avec l’autre, un voyage qu’elle avait
originellement planifié pour célébrer leur première année de couple:

FILLE: Y’est parti, pis moi j’suis là, avec un condo vide, pis plus rien.

GARS QUI ARRÊTAIT PAS DE DIRE OUI MAIS MOI : Oui mais moi avec Julie, ça a commencé comme ça, mais quand j’ai vu que c’était une osti d’folle, j’ai tout arrêté. T’aurais dû voir les signes…

FILLE: T’es supposé voir ça comment? Moi je l’aimais tellement, là. Tu penses pas à ça quand t’aimes quelqu’un pour vrai, tu penses juste à « criss que je l’aime ».

GARS QUI ARRÊTAIT PAS DE DIRE OUI MAIS MOI : Oui mais tu peux faire passer des tests au monde. Comme moi, avec Julie, j’lui donnais toujours des scénarios hypothétiques; genre qu’est-ce que tu ferais si…

RABII QUI SE SENT MAL POUR LA FILLE INCOMPRISE ET QUI SE RETOURNE POUR PARTAGER SON AVIS NON-SOLLICITÉ: T’es tu sérieux toi?

GARS QUI ARRÊTE DE DIRE OUI MAIS MOI PENDANT UNE SECONDE : Pardon?

RABII : Ça fait vingt minutes qu'elle te raconte des trucs décolissants et à chaque fois tu réponds en commençant ta phrase par « oui mais moi », même si on parle pas de toi.

GARS SMART ASS : Mais est-ce qu’on t’a demandé de quoi toi?

RABII SMART ASS +1 : Pourquoi tu poses des questions auxquelles t’as la réponse?

GARS QUI ARRÊTAIT PAS DE DIRE OUI MAIS MOI : Ça s’appelle des conseils, pis si les gens…

RABII IRRESPECTUEUX QUI TE COUPE (Je m’en excuse): La fille est supposée être en vacances! Elle s’est même fait vacciner. Sais-tu à quel point ça doit être chiant de te faire vacciner et te convaincre que la douleur en vaut la peine, de porter un pansement qui fait juste te rappeler que t’étais supposée partir pour Cuba, mais qu’à la place, t’es à Montréal, au Boston Pizza Anjou, avec un ami qui t’écoute même pas, un biceps qui fait mal et très peu de chances de contracter l’hépatite C? Penses-tu qu’elle a besoin de conseils? Elle a besoin de whiskey et de mensonges rassurants.

Elle sourit. Toi, moins. Comme il était temps qu’on parte, nous sommes partis.

Je te laisse quand même ce guide du bon ami post-rupture :

1.    Ta gueule.

2.    Écoute ton amie parler d’elle. Ultimement, on s’en colisse de toi et Julie; vos rôles dans la rupture sont négligeables, donc indignes de mention.

3.    Répondre en faisant état de tes succès amoureux et ta manière sans faille de gérer ta relation est contreproductif : si tu cherches à valider tes choix de vie à travers quelqu’un, joue aux Sims.

4.    Si je me pointais au garage avec ma voiture de marde brisée et qu’à la place de m’aider, le mécanicien me disait: « Oui mais moi j’me suis acheté une Toyota », je lui dirais: « Fuck ta Toyota ».

5.    Fuck ta Toyota.

6.    Ne donne pas de conseils amoureux si ta dernière relation s’est soldée par des procédures légales, un membre amputé ou la vengeance par défécation.

7.    Pas besoin d’être un pro du couple; même Nelson Mandela est divorcé.  L’amour ne m’a jamais réussi et hier, le seul contact humain que j’ai eu en 24 heures était avec la fille du service au volant Tim Hortons, ça n’excise pas pour autant mon registre de compétences de la capacité d’écoute.

8.    Lorsque ton ami(e) au cœur brisé te dit « ma vie c’est de la marde », la seule chose que tu aies le droit de répondre, c’est « moi aussi ».

 
Bien à toi :)

Rabii

PS. Sans rancune, j’espère. Edgar Watson disait que très peu de gens nous écouteraient s’ils n’étaient pas certains que leur tour suivait. Cela dit, t’avais sans doute de nobles intentions et t’es surement un nice guy, mais peut-être que comme moi, toi aussi t’as coulé tes cours de bonne première impression.


crédit photo: Antoine Ryan]]>
http://urbania.ca/blog/3962/cher-gars-qui-arretait-pas-de-dire-oui-mais-moiThu, 09 May 2013 07:44:43 EDTSimswhiskeyBoston PizzaToyotacubaamourbloguehttp://urbania.ca/blog/3962/cher-gars-qui-arretait-pas-de-dire-oui-mais-moi
Nids-de-poule: l'invention du mouvement perpétuel
Et si ces nids de poule n'étaient pas le résultat du travail bâclé de quelques ouvriers pressés de rentrer à la maison, mais étaient plutôt le résultat d'une planification bien organisée par le boss des trous*?

Je pose la question.

Imaginez que votre job soit de boucher des trous... Si vous les bouchez suffisamment mal pour qu'ils se débouchent au bout d'un an, vous venez de vous trouver du boulot pour le restant des temps...

Évidemment, ce n'est qu'une supposition étonnée. Vous me targuerez que la météo, le froid, la glace, les fous du volant à bord de leurs chasse-neige géants sont aussi dommageables pour l’asphalte que le travail mal fait de ceux qui le posent.

Mais alors, comment se fait-il que dans d’autres villes tout aussi exposées aux intempéries, les chemins soient mieux pavés que chez nous? Par quelle maléfique magie l’asphalte du Vermont est-il moins friable que celui du Québec?

Avouez que ça tombe quand même bien pour les contracteurs… Tant de trous à boucher année après année. Quelle manne! Quelle chance! Quel filon pour les filous! Le printemps venu, les travailleurs troquent le chasse-neige pour le bouche-trou et leurs patrons continuent inlassablement à facturer le contribuable contrit qui trouve la facture imbuvable mais n’a pas le choix de la payer.

*Reconnaissez que « Le boss des trous » est sans doute le jeu de mot le plus innovant de l’actualité humoristique.]]>
http://urbania.ca/blog/3961/nids-de-poule-linvention-du-mouvement-perpetuelWed, 08 May 2013 13:18:27 EDTTrouscorruptionmontrealNids de poulebloguehttp://urbania.ca/blog/3961/nids-de-poule-linvention-du-mouvement-perpetuel
Avis de recherche: fille presque parfaite
Comment t’as pu conjuguer études-travail-amies-amourettes alors que t’allais à l’université dans un programme compliqué et exigeant? Et te trouver un chum parfait qui veut te marier et te faire des enfants.

Comment tu fais pour avoir des cheveux soyeux, réussir ton look, être tendance, être mince, avec les bons bijoux, les bonnes sandales, le bon gloss, que tout soit harmonieux et ce, à tous les maudits jours de ta vie !!!


Comment tu fais pour garder ta maison impeccable, avec tes meubles de chez Structube, Zone, EQ3 puis que tu me regardes en disant : «  Dis-le pas, mais cette tablette-là, je l’ai prise chez Ikea ! Hahaha ! »

On n’est pas amies, parce que tu ne me parles pas. Parce que tu passes trop de temps à m’expliquer à quel point ça a été difficile de trouver la bonne pierre pour construire ton nouveau foyer.

Toi, qui dit toujours la bonne affaire, au bon moment, à la bonne personne, en replaçant ton toupet parfait avec ta petite main à la manucure impeccable, dans ton bureau où tu arbores tes 8 diplômes, qui se couche tôt parce qu’elle doit se lever tôt pour faire son jogging….

Je veux savoir ce que tu ne me dis pas.

Je veux rencontrer une avocate fiancée à un médecin, qui me parle que le véritable amour de sa vie est un junkie qui chante du blues dans le métro.

Je veux rencontrer une millionnaire qui ne peut s’endormir sans avaler 2 Ativan pis un « scotch on the rocks ».

Je veux rencontrer une poupoune de calendrier, avec des implants, du Botox, des cheveux blond platine, qui sort avec un gars trop vieux, trop riche, trop célèbre, et qui me parle d’à quel point son monde s’écroulerait s’il la quittait. Et que c’est pour ça qu’elle est en thérapie.

Je veux une chroniqueuse culturelle au teint de lait, qui se lève à 5h le matin, qui sourit sans arrêt et qui fait des pubs de ouate et d’assouplisseur, qui me parle de la fois où son père l’a crissée en bas des escaliers.

Je veux savoir si Karine Vanasse a déjà pleuré en boule dans sa douche en hurlant de douleur parce qu’elle a échoué quelque chose.

Je veux savoir si Esther Bégin a déjà eu envie de se jeter en bas d’un balcon à cause d’un chagrin d’amour qu’elle pensait insurmontable.

Je veux savoir si Julie Bélanger a déjà bu toute seule 2 bouteilles de vin en finissant par appeler son ex en pleine nuit, le suppliant de revenir à ses côtés.

Je veux savoir ce qui se cache derrière ton maquillage MAC, ta robe BCBG, ton char de l’année et tes deux petites Chinoises adoptées si mignonnes dans leur tutu agencé.

T’es où la fille parfaite que je juge ? Je veux voir tes failles. Écris-moi.]]>
http://urbania.ca/blog/3960/avis-de-recherche-fille-presque-parfaiteWed, 08 May 2013 12:59:02 EDTbloguefillekarine vanasseféminismeperfectionmanucurehttp://urbania.ca/blog/3960/avis-de-recherche-fille-presque-parfaite
EXPO - Le ravissement du désordre
Paul Béliveau propose des représentations de livres qui constituent une menace pour les pouvoirs sur les grands formats d’une série intitulée Autodafés. Les ouvrages qu’il peint sont brûlés, leur contenu en partie détruit, mais juste assez visible pour qu’on puisse encore y déceler le pouvoir des mots. À ces inédits, il joint des éléments de sa troublante série Capture, où l’extrême réalisme de drames contemporains est détourné et magnifié par la forme qui semble vouloir l’inscrire dans une histoire déjà ancienne.

Fort du succès de sa série Gaspésie Human Less (réalisée avec Yana Ouellet), Guillaume D. Cyr montre pour la première fois -grâce à une bourse de Première Ovation- le résultat de son travail autour de la centrale de Tchernobyl, où il s’est intéressé au tourisme dans les zones touchées par le cataclysme. Les images de cette série intitulée Tchernoland disent le vide, la rencontre de visiteurs avec un décor sans intérêt, l’exploitation éhontée d’un endroit qui n’a rien à déclarer, sinon l’histoire de gens sacrifiés par négligence.

Martin Bureau
présente une portion de sa série La tempête parfaite, où se juxtaposent des reproductions de vues aériennes par satellite et des ajouts qui constituent d’implacables commentaires éditoriaux sur la géopolitique. En parallèle, il peint in situ un très grand format où se rejoignent l’art d’anticipation et la représentation classique des grands incendies à la manière de Turner et Légaré. Son sujet : le parlement de Québec en proie aux flammes.

Pour sa première participation à un événement du genre, David Desjardins s’inspire des campagnes de propagande en temps de conflit avec La guerre à l’intelligence. Sur des milliers de feuillets, de courtes phrases cinglantes disent le désespoir de gens aliénés par un monde dont on leur a promis qu’il serait source de bonheur. En complément, Zombie, un monologue original (sur enregistrement audio, joué par Fabien Cloutier), décrit l’implosion d’un homme ordinaire.

Vernissage le samedi 11 mai dès 14 h

Présentée du jeudi au dimanche, jusqu’au 2 juin, au 795, rue des Glacis, Québec

Heures d’ouverture : jeudi et vendredi de 13 h à 19 h, samedi et dimanche de 13 h à 17 h

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Source: Guillaume D. Cyr]]>
http://urbania.ca/blog/3959/expo-le-ravissement-du-desordreWed, 08 May 2013 10:56:00 EDTdésordreravissementquebecexpobloguehttp://urbania.ca/blog/3959/expo-le-ravissement-du-desordre
Sommes-nous une tarte collective? 
À l’interne, que disent les partis au pouvoir quand on les critique? Que c’est facile de chiâler quand on n’est pas au gouvernement. Ils n’ont peut-être pas complètement tort, mais c’est trop facile d’utiliser cette excuse pour ne rien faire qui vaille. Et c’était encore plus facile lorsqu’ils le faisaient eux-mêmes, dans l’opposition, alors qu’ils critiquaient machinalement tout ce que le gouvernement en face d’eux faisait, dans une optique purement électoraliste. Rien de bon. Jamais. Aucune bonne nouvelle durant tout le mandat de ceux qui sont au pouvoir à leur place. Une fois au pouvoir, pour se défendre, rappeler inlassablement que c’était pire sous l’autre régime. Quel politique inspirante.
 
Vous vous souviendrez qu’en pleine campagne électorale, l’argument principal des partis d’alternance était de dire qu’il fallait absolument éviter que l’autre parti soit au pouvoir. De un, ça démontre la faiblesse des idées quand on n’a rien à proposer et qu’on se contente d’inviter au vote stratégique en disant que l’autre est tellement trop mauvais. De deux, ça rend encore plus incohérent un gouvernement qui s’appuie maintenant sur son statut de minoritaire pour gérer selon ce que souhaite l’opposition, évidemment pour ne pas être renversé. L’opposition est justement composée maintenant de ceux qu’il fallait à tout prix éviter au pouvoir, mais qu’à cela ne tienne, on gèrera selon leurs goûts pour ne pas leur déplaire et perdre le pouvoir. Des tartes on nous prend pour.
 
Quand un parti minoritaire est prêt à oublier sa plateforme pour ne pas trop déplaire à l’opposition, c’est qu’il place sa présence au pouvoir comme une fin en soi, sans égard à ce que ce pouvoir serait censé lui permettre de faire puisqu'il ne l'utilise pas. Si les principes passaient avant la jouissance du pouvoir, le gouvernement tenterait de mettre en place les mesures qu’il a promises en campagne électorale. Et si un parti est si sensible à la possession du pouvoir, il sera vraisemblablement faible devant certains lobbys qui peuvent faire miroiter un coup de main dans la poursuite dudit pouvoir. C’est mauvais signe.
 
Toute cette longue introduction pour parler du décevant régime de redevances annoncé hier par le gouvernement. On est loin, très loin de ce qui avait été promis en campagne électorale et de ce qui se rapprochait du début d’un commencement de gros bon sens en ce qui concerne nos richesses naturelles. Quand il était dans l’opposition, le réflexe du parti maintenant au gouvernement était de descendre un régime de redevances qui ne donnait pourtant pas vraiment moins d’entrées fiscales que celui annoncé hier.
 
« Il ne faut pas faire fuir les investisseurs », nous dit-on… Mais allons-nous cesser de céder au discours trop évident de ceux qui mettent directement dans leur poche, sous forme de redevances trop basses, chaque mollesse, chaque attente et chaque recul du gouvernement dans la réappropriation de nos ressources naturelles?
 
« Les prix mondiaux des métaux sont bas », nous dit-on, graphiques à l’appui. Ça change quoi au principe que ces ressources sont à nous? Les prix sont bas partout dans le monde en même temps. Ce n’est pas comme si la minière pouvait quitter le Québec pour aller extraire le même minerai ailleurs dans le monde pour y bénéficier d’un prix de vente plus élevé.
 
« Vous avez changé deux fois notre régime fiscal, c’est très mauvais pour nous », disent les minières. Oh horreur, je leur annonce que toutes les firmes, dans tous les secteurs d’activité économique, voient leur régime fiscal changer pratiquement annuellement avec le dépôt du budget. L’effet varie d’un secteur économique à l’autre, bien sûr, mais il est de la prérogative du gouvernement de décider du régime fiscal en place, ce n’est pas aux industriels et leurs lobbys de le faire.
 
« Le Québec est marginal dans la production mondiale », ont commencé à nous répéter les minières et le gouvernement, visiblement en inquiétante symbiose. Nous possédons per capita immensément plus de ressources minérale que la moyenne des pays du monde. Appelez ça marginal si vous le voulez, pas moi. C’est une source fabuleuse d’enrichissement collectif pour peu qu’on s’assure de ne pas laisser passer le train. Bizarre aussi que le Québec ait récemment été classé premier au monde pour et par les compagnies minières comme endroit où faire affaires. Évidemment, quand c’est presque gratuit, le client ne rechigne pas trop.
 
On revient, encore et toujours, au courage politique de penser d’abord aux intérêts collectifs. Ce courage manque depuis trop longtemps au Québec. Il a été remplacé par l’envie du pouvoir lui-même, qui a toujours existé, mais qui est maintenant omniprésent au sein des partis professionnels.
 
Je le rappelle souvent parce que c’était beau: dans les années 60, le gouvernement du Québec s’est tenu debout pour l’intérêt collectif et n’a pas cédé aux mêmes arguments corporatistes qui font peur aux élus d’aujourd’hui. Ça a donné Hydro-Québec, que personne ne regrette.
 
On le voit bien, il y a un malaise évident au sein même du gouvernement entre ceux qui voulaient plus et ceux qui ont offert moins. La meilleure façon de ne pas avoir de chicane dans un caucus au lendemain d’une élection, c’est simplement de faire ce qui était dans la plateforme. Personne ne pourra se plaindre. Ni la population, ni les élus. C’est pourtant pas compliqué. C’est d’autant plus ironique de voir le gouvernement se balader avec son nouveau slogan, utilisé mille fois dans le passé par des gouvernements-marketing: « On fait ce qu’on dit et on dit ce qu’on fait ». Précisément, quand on dit n’importe quoi pour arriver au pouvoir, on fait n’importe quoi quand on y est.
 
Si nous sommes assez tartes collectivement pour réélire sans arrêt les politiciens qui alternent au pouvoir dans la même dynamique, nous sommes cuits. Une tarte trop cuite est une tarte brûlée. J’en ai marre, j’ai envie d’un fruit frais et je ne suis pas le seul. C’est pour ça qu’un peu partout, des gens sont en train de planter des arbres fruitiers qui poussent lentement mais sûrement. L’avenir aura meilleur goût, je le sens.]]>
http://urbania.ca/blog/3957/sommes-nous-une-tarte-collectiveTue, 07 May 2013 13:14:58 EDTgouvernementParti Québecoisélectionsplateformerichesseminesredevances minièresbloguehttp://urbania.ca/blog/3957/sommes-nous-une-tarte-collective