Urbania - accueilhttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationFri, 24 May 2013 12:10:45 EDT60Gouverner sans les citoyens: la politique du «quitte ou double»

Cohue, applaudissements, caméra chambranlante. Bien étrange que cette vidéo dans laquelle on voit des journalistes crier leurs questions au premier ministre Stephen Harper, alors qu’il venait tout juste de s'adresser publiquement à ses députés au sujet de la démission de son chef de cabinet Nigel Wright, dans la foulée de l’affaire Mike Duffy.

Une scène surréaliste et aberrante. Pour tout le monde, sauf Stephen Harper, visiblement, qui trônait là sans rien dire. Avec son inépuisable sourire d’ours Paddington…

Je vous épargne les jurons, mais j'ai failli m'étouffer. 
 
On note généralement que plus un acteur politique acquiert de notoriété et d’autorité, moins il dépend des journalistes pour assurer sa représentation auprès du public. Or, depuis le début de son « règne », notre bon premier ministre tend à asseoir son autorité à la crow bar, en se fichant bien de ce que la presse en dira. Selon cette logique, et de manière de plus en plus assumée, le mot d’ordre au gouvernement semble être de tout bonnement faire fi des questions, voire de la présence des journalistes. 

« Un communiqué suffira ». Point, barre. Soit. Semblerait-il qu’au Canada, on gouverne dorénavant derrière des portes closes.

Ainsi, on nous enfonce dans la gorge, toujours à la crow bar, cette idée selon laquelle il est légitime, pour un gouvernement, de garder jalousement toute information sur ce qui se trame dans les coulisses du pouvoir. Rien de surprenant, donc, à ce que les journalistes se butent sans cesse à la chape de plomb qu’a installé le Parti conservateur au-dessus de son gouvernement.  

Reste qu'avec cette histoire du sénateur Duffy, la lubie inquiétante du cabinet du Premier ministre atteint des sommets d’absurdité. Curieusement, les boucliers se lèvent bien peu, dans la population. Seuls les journalistes, pour l’instant, semblent s’indigner véritablement. 

C’est bien normal, dira-t-on. Les journalistes entretiennent par nature avec la sphère gouvernante un rapport autant marqué par la coopération que l’antagonisme. La coopération pour l’acquisition d’information; l’antagonisme parce qu’une trop grande connivence presse-pouvoir rend la pratique journalistique obsolète. On le sait, ça. Et on ne s’étonne plus d’entendre les journalistes critiquer les dirigeants pour un tout ou pour un rien.

En revanche, ce qui est inquiétant, c’est que le gouvernement Harper se zèle actuellement à devancer les critiques plutôt qu'à les essuyer. Le problème, c’est qu’en méprisant le travail des journalistes, le gouvernement affirme par le fait même qu’il se fout de l’opinion des gouvernés. 

Tâter le pouls ? Jamais! Et l’imputabilité informelle des élus face à l’opinion publique, en cours de mandat? Connaissent pas, les Conservateurs. L’opinion publique, supposant qu’elle existe, ne compte qu’en période électorale. 

Soit, c’est un choix de gouvernance comme un autre, j’imagine. Et malheureusement, il n’existe aucune loi pour forcer les politiciens à collaborer de bonne foi avec les journalistes. Néanmoins, ce choix délibéré de la « gouvernance opaque » témoigne d’une rhétorique tordue. Parce que gouverner sans la presse, c’est aussi gouverner sans les citoyens.

En refusant de rendre compte des détails et rouages de l’exercice du pouvoir, le gouvernement affirme au citoyen qu’il ne gouverne pas avec lui, mais bien « pour » lui; en vertu d’une logique clientéliste et paternaliste. On ne lui explique rien, au citoyen. On se contente de lui présenter un genre de « produit fini ». Et de lui faire gober, d’une manière ou d’une autre. La plupart du temps à son insu. 

Toujours, on force l’opinion publique à se former à retardement. « Bon, okay, on vous l’avait pas dit. Mais ça marche pas si pire, non? » Pratique! Plus que jamais, on tient les citoyens à l’écart du processus de gouvernance, en ne leur demandant leur avis qu’une fois dans l’isoloir.

C’est au fond la politique du quitte ou double : tout miser sur la sanction ultime et rédhibitoire des urnes.  En chemin, suffit de s’en tenir à la ligne idéologique dure. Le reste, on s’en fout.

En choisissant d’ignorer les journalistes, et en contrôlant maladivement leur message, le gouvernement Harper ne laisse aux électeurs comme outils décisionnels, lors du scrutin, que quelques bribes de discours officiel. Ça, et la « liberté » d’évaluer leur degré de bien être au moment du vote. « Boah, allez, ça va pas si mal que ça, au fond ». Et c’est reparti pour quatre ans…

Or, il s’agit à mon sens d’une politique odieuse qui mise avant toute chose sur la désolidarisation et le désengagement. On cultive sans vergogne l’apathie du citoyen, en jugulant le flot d’information mis à sa disposition pour prendre une décision éclairée quant à son propre destin.

Ça prend pas la tête à Papineau pour entrevoir qu’il s’agit d’un mode de gouvernance hautement antidémocratique. Et ça, ça!, c’est véritablement révoltant.
 
***

Et moi, sur twitter, c'est @aurelolancti !

Image: vidéo de Radio-Canada
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http://urbania.ca/blog/3995/gouverner-sans-les-citoyens-la-politique-du-quitte-ou-doubleFri, 24 May 2013 08:33:41 EDTNigel WrightGouvernement HarpercanadaHarperpolcanDuffybloghttp://urbania.ca/blog/3995/gouverner-sans-les-citoyens-la-politique-du-quitte-ou-double
En réponse à Kim LizotteVraiment là... Je suis en criss!
Je suis pas en criss après toi, je suis en criss après le monde entier.
Y'a 3 de mes chums de fille qui m'ont envoyé ton texte en me disant: tu vois ben que c'est toi!

Yep, je suis parfaite!
« Je m'assume 'stie!», comme dirait Patrick Huard.
J'ai un char de l'année, une maison avec un toit cathédrale,
deux flos bien élevés, pis un chat.
Je rock!

Je m'entraîne, je cuisine, je suis bénévole, je suis maman, je suis une blonde
Pis des fois..je suis même cochonne!
C'est pour te dire comment je mets la barre haute.

Mais ça me purge
quand le monde me disent que je suis parfaite.
Que ma maison est donc ben clean pis j'ai même pas de femme de ménage.
Que je suis dont ben mince...

Moi, je comprends pas les imparfaites.
Je suis parfaite à leurs yeux
Mais en dedans de moi, je sais que j'ai ben du chemin à faire.

Je comprends pas les imparfaites
Qui chialent qu'elles ont pas le temps d'aller au gym.
Criss!
Lâche Occupation Double, le Banquier, Yamaska pis toutes les autres cochonneries
Pis te v'la-tu pas avec 5 heures de libre par semaine!

Je cuisine, je cuisine, je cuisine.
Sacrament, la mijoteuse,
C'est pas moi qui l'a inventée!
T'as juste à l'utiliser!

Mes enfants sont polis pis sont « drillés ».
Ben oui...
C'est pas parce que je suis parfaite.
Non, au contraire, c'est parce que je suis lâche!
J'ai donc décidé de les élever comme du monde du premier coup pour pas avoir à me faire chier avec ça!

J'en ai plein le cul des impafaites qui braillent leurs vies!
T'es pas imparfaite.
T'es jalouse 'stie!
Prends sur toi fille,
pis les changements que tu veux voir, c'est toi même qui doit les faire.

Bref, ça n'existe pas des filles parfaites.
Si t'en trouves une, j'aimerais ça souper avec vous autres!
Des filles qui veulent par contre...
Je peux t'en nommer plein.]]>
http://urbania.ca/blog/3994/en-reponse-a-kim-lizotteThu, 23 May 2013 16:49:59 EDTrechercheparfaitefemmefillereponsekim lizottebloguehttp://urbania.ca/blog/3994/en-reponse-a-kim-lizotte
Cher gars qui va acheter ma maison cash,

Je me vois immédiatement perturbé par l’utilisation agressive du futur simple : « j’achèterai votre maison. » Ah bon? L’approche me fait penser à celle du gars trop confiant sur une date qui énonce sans gêne avant la fin de la soirée : « je coucherai avec toi. »

Comme la fille sur la date, je me vois agréablement titillé par cette surdose d’assurance, même si je trouve louche qu’un gars qui veuille acheter ma maison CA$H n’ait pas de CA$H pour se faire imprimer des affiches.

Le lendemain, intrigué par le mystique qui t’entoure et après avoir fait une brève recherche sur le type d’entreprise que tu gères, je t’appelle pour en savoir plus à propos de ton acquisition imminente de ma maison :

GARS QUI VA ACHETER MA MAISON CA$H MAIS QUI N'A PAS DE SECRÉTAIRE : Ellô.

RABII : Allo! À c’qui paraît, vous allez acheter ma maison?

GARS QUI VA ACHETER MA MAISON CA$H : Quoi?

RABII : Y’est écrit sur Pie-IX que vous allez acheter ma maison, j’accepte.

GARS QUI VA ACHETER MA MAISON CA$H : Ok, t’as quoi comme maison?

RABII : Une maison de malade, pleine de piscines.

GARS QUI VA ACHETER MA MAISON CA$H : Combien de chambres à coucher?

RABII : Aucune chambre, cinq piscines. Deux extérieures, deux intérieures et une que j’ai construite stratégiquement de sorte à c’que 50% de la piscine soit à l’intérieur et l’autre 50% à l’extérieur, faisant de moi le premier propriétaire d’une piscine inxtérieure.

GARS QUI VA ACHETER MA MAISON CA$H : Quessé tu dis là?  

RABII : Rien. Qu’est-ce que vous faites dans la vie en général? C’est quoi votre poste? Votre champ d’expertise.

GARS QUI VA ACHETER MA MAISON CA$H : Moi j’suis investisseur immobilier.

RABII : Ok. Êtes-vous courtier? Avez-vous une certification? Parce que j’ai parlé à mon amie Melissa qui est agente immobilière et elle m’a dit de pas faire affaire avec les « entreprises » comme la vôtre.

D’un côté, j’peux comprendre qu’elle soit un peu biaisée par sa formation, mais de l’autre côté, elle m’a jamais menti. Même qu’une fois, Émilie et moi on lui a fait un gâteau pour sa fête, elle a pris une bouchée et a fait une face de «j’suis-entrain-d’ingérer-de-la-diarrhée-de-chat », je lui ai donc demandé : « Tu l’trouves pas bon? On dirait que t’es en train de manger de la diarrhée de chat ». Elle m’a répondu « Non, c’est dégueulasse ».

J’ai trouvé son honnêteté admirablement brutale.

GARS QUI VA ACHETER MA MAISON CA$H : J’comprends pas là.

RABII : Moi non plus! Sur le coup, j’ai pensé qu'on avait peut-être mis du sel à la place du sucre, mais ça goûtait pas salé, ça goûtait juste mauvais.

GARS QUI VA ACHETER MA MAISON CA$H :...

RABII : Fait que vous avez aucune formation dans le domaine de l’immobilier…

GARS QUI VA ACHETER MA MAISON CA$H : Non.

RABII : Avez-vous par hasard déjà été vendeur de voitures d’occasion?

GARS QUI VA ACHETER MA MAISON CA$H : Oui pourquoi?

RABII : Pour rien.

GARS QUI VA ACHETER MA MAISON CA$H : Ok là, t’as-tu une maison à vendre?

RABII : Oui, j’vous l’ai dit tantôt, avec plein de piscines. Mais juste avant, j’ai lu dans le magazine Protégez-vous que des entreprises comme la vôtre achetaient des maisons rapidement et sous le prix du marché à des gens qui ont des problèmes financiers pour les revendre quelques semaines plus tard avec un profit allant jusqu’à 100,000$...

GARS QUI VA ACHETER MA MAISON CA$H : En fait, moi j’aide les gens qui veulent vendre vite pis après, on revend à profit léger et…

RABII QUI TE COUPE (DÉSOLÉ) : Ben là, « t’aides les gens », j’pense pas que ce soit le bon terme. Si tu veux VRAIMENT aider quelqu’un qui est dans la marde avec sa maison, tu lui passes 5000$ pour qu’il puisse couvrir les paiements hypothécaires quelques mois, le temps qu’il puisse trouver un acheteur à un prix raisonnable. Ça, ce serait « aider les gens ».

Mais bon, tout est relatif, pis j’sais rien moi, j’ai autant de formation en immobilier que ma petite sœur. Toi aussi d’ailleurs, c’est drôle ça.

GARS QUI VA ACHETER MA MAISON CA$H:…

RABII : C’est quoi votre nom?

GARS QUI VA ACHETER MA MAISON CA$H : Steve.

RABII : T’es tu sérieux?

GARS QUI VA ACHETER MA MAISON CA$H : Hey c’tu une joke là?

RABII : Oui, c’t’une joke, Steve, ex-vendeur de char usagés improvisé en revendeur de maisons. C’t’une crisse de grosse joke, mais j’pensais que c’est moi qui la faisait, la joke.

GARS QUI N’ACHÈTERA PAS MA MAISON CA$H QUI ME RACCROCHE AU NEZ: Hey fuck toé.

...Bien à toi.

Rabii

PS: Fuck toé :)


crédit photo: Antoine Ryan]]>
http://urbania.ca/blog/3991/cher-gars-qui-va-acheter-ma-maison-cashThu, 23 May 2013 09:47:24 EDTvoitures d'occasionstevecourtier immobiliermaisoncashscambloguehttp://urbania.ca/blog/3991/cher-gars-qui-va-acheter-ma-maison-cash
Le goût de l’eau
Si vous ne faites pas partie de nos milliers de lecteurs d’outre-mer, de nos fidèles de Paris, Bruxelles ou Harchéchamp, si vous n’êtes pas en croisière aux Bermudes, en balade dans les Andes ou en camping dans le désert de Gobi, vous savez que les habitants de Montréal doivent, depuis hier, faire bouillir l’eau de la distribution publique avant de la consommer.

À moins d’habiter à côté de Vittel, d’Évian ou de San Pellegrino, nos parents, nos grands-parents et, avant eux, des générations de Henrard devaient faire bouillir leur eau avant de la consommer.

La civilisation du Centre d’achat et l’avènement du 2 litres de Coke nous ont fait oublier que l’homme et la femme devaient leur survie à leur travail acharné contre les forces de la nature. Il faut dire qu’avant, ils avaient les intestins un peu plus solides…

Il suffit aujourd’hui de tourner un robinet pour avoir dans notre verre de l’eau aussi bonne que de l’Aquafina (on m’informe que l’Aquafina est de l’eau du robinet mise en bouteille et vendue bien chère par une multinationale de la boisson gazeuse…).

C’est tellement facile d’avoir de l’eau potable et saine dans un monde entouré de béton qu’il n’est pas rare de voir des gens arroser à grande eau leur driveway sans se soucier des millions d’assoiffés à travers notre planète qui s'assèche.

Alors que le président de Nestlé voulait, il n’y a pas si longtemps, privatiser l’eau du monde pour pouvoir mieux la vendre, les pauvres quidams que nous sommes se sentent démunis parce que les autorités leur demandent de se brosser les dents à l’eau chaude.

Après avoir pris d’assaut les commerces pour les dévaliser de leurs réserves d’eau emplastiquée, les Montréalais ont donc repris leurs doléances envers la ville, le maire, les élus, les cols bleus, les entrepreneurs en déconstruction, les multinationales du tuyau d'égoût, l’entraîneur du Canadien…

J’ai lu ce matin dans un journal sur tablette une chroniqueuse rouge de colère contre le maire Applebaum qui écrivait : « ne pas avoir accès librement à l’eau potable a quelque chose de profondément déstabilisant. »

Savez-vous que, selon les statistiques des Nations Unies, près d’un milliard de personnes dans le monde n'ont pas accès à l'eau potable? Et elles ne peuvent même pas déverser leur colère contre les guignols qui défilent à la commission Charbonneau.

Notre confort est précieux. C’est normal de vouloir le préserver. Mais n’oublions jamais d’où nous venons.

Chronique à lire en sirotant « De l'eau » du Collectif Bass Ma Boom.

Le bon tuyau pour me suivre sur Twitter: @pascalhenrard]]>
http://urbania.ca/blog/3990/le-gout-de-l-eauThu, 23 May 2013 07:12:54 EDTaqueduceau potablemontrealeaubloguehttp://urbania.ca/blog/3990/le-gout-de-l-eau
Entretien avec JMA
K:        Bon, où en étions-nous? Commenceras-tu par un bon latte?
 
JMA:   Je ne bois jamais de café.
 
K:        Q-u-o-i? Comment fais-tu pour rester réveillé? Je ne pourrais jamais imaginer fonctionner sans mon café, il faut que je prenne au minim…
 
JMA:   Tu devrais essayer d’en prendre moins. J’aurais peut-être pu placer plus de questions hier…
 
K:        (Après une pause bien sentie pour que paraisse mon attitude) En tout cas, je te disais hier que j’étais fatiguée de nous, les Québécois. Que tu pourrais revenir à ta vie d’avant avec plus de temps, d’argent, de liberté. T’as pas le goût de tout sacrer ça là, des fois, la politique?
 
JMA:   Très. Et c’est sans doute normal. C’est vrai que de se casser le bécik sans compter pour recevoir en bout de ligne de l’ingratitude de la part de certaines personnes, ça arrive et ça donne envie de faire autre chose. Mais on y rencontre aussi tellement de gens absolument brillants et bien intentionnés que ça remet les choses en perspective assez rapidement.
 
K:        Des gens comme moi?
 
JMA:   (Pause…) Avais-tu une autre question?
 
K:        Tu en penses quoi de ce que je te disais, que le mouvement indépendantiste semble trop peu sexy. Tu ne trouves pas?
 
JMA:   Non en fait. Tu me parlais de Sugar Sammy. Moi je trouve qu’un souverainiste comme Guillaume Wagner est plus sexy qu’un fédéraliste comme Sugar Sammy.
 
K:        Connais pas l’autre…
 
JMA:   Bien franchement, si tu me montres deux groupes, l’un choisissant de réclamer la capacité de décider lui-même de son destin, l’autre acceptant de laisser les commandes à un pouvoir extérieur composé de gens qui ne vivent même pas ici, je trouverai le premier groupe pas mal plus sexy et rassurant. Chaque camp a ses éléments un peu plus folkloriques. Je considère que d’aimer les Patriotes pour un souverainiste n’est pas plus « ceinture fléchée » au sens figuré que d’admirer la royauté pour un fédéraliste, par exemple. Et il y a quelque chose chez les Patriotes de valeureux. Quand je vois défiler le carrosse de la Reine avec ses corgis, valeureux n’est pas exactement le mot qui me vient…
 
K:        Okay, parlons des « vrazaffaires » maintenant. Les images de Hey girl venaient-elles de toi?
 
JMA:   Non. J’aurais écrit Halte-là que Dame.
 
K:        Full honnête là, es-tu ambitieux?
 
JMA:   Sans aucun doute, oui, mais je pense que mes ambitions personnelles sont ailleurs qu’en politique.
 
K:        En musique?
 
JMA:   Oui, d’ailleurs j’en profite pour informer les lecteurs que tu chantes vraiment très bien.
 
K:        Mais en politique, puisque tu donnes ta vie à ça en ce moment, c’est quoi tes ambitions?
 
JMA:   Être député ou chef de parti n’a jamais été l’objectif comme tel. C’est un peu par la force des choses que je me suis retrouvé là, parce que je voulais faire avancer la cause. Et quand la souveraineté se réalisera, si je suis le militant numéro 4583, je serai aussi heureux que le premier ministre du moment.

K:        Alors combien de temps penses-tu rester en politique avec le beat de fou que ça implique? Pourrais-tu faire 30 ans, comme Jean et Pauline? Ou 130 ans, comme François Gendron?
 
JMA:   Impensable. Je ne vois pas la politique comme un projet à long terme. C’est malsain dans la plupart des cas d’y être trop longtemps. Les politiciens qui y sont restés longuement tout en gardant leurs convictions sont rarissimes. Je n’ai pas l’intention d’essayer l’hyper-longévité politique de toute façon, c’est une vie trop exigeante pour soi et pour tout son entourage quand on s’y donne à fond.
 
K:        Ça y est, mes craintes d’hier se matérialisent, tu vas me laisser tomber! Je veux un remboursement de ma carte d’Option nationale!
 
JMA:   Penses-tu que je l’ignore que tu ne l’as jamais prise ta carte?
 
K:        (Deuxième démonstration d’attitude en regardant nonchalamment ailleurs).
 
JMA:   La veux-tu?
 
K:        Oui. Mais dis-moi quand le prochain René Lévesque arrivera.
 
JMA:   Juste après la première Coupe Stanley des Nordiques.
 
K:        Si ça prend du temps, trop de temps, et que toi tu pars faire autre chose de ta vie, qu’est-ce qui restera d’Option nationale?
 
JMA:   Tous les autres. Et l’idée. Et toi. Tu te présentes dans quelle circonscription d’ailleurs?
 
(À suivre…)]]>
http://urbania.ca/blog/3989/entretien-avec-jmaWed, 22 May 2013 11:36:23 EDTbloguepolitiquemusiquejean-martin aussantsouverainetéhttp://urbania.ca/blog/3989/entretien-avec-jma
Libido: l'utérus a le dos large

Note : avant de commencer la lecture, il conviendrait au lecteur de faire à tout le moins un survol rapide de mes deux précédents billets: « La fois où j'ai servi de cobaye » et « Cher médecin ». De plus, à certains de mes éventuels détracteurs, je ne m’avance nullement dans l’essai médical. Ce billet n’est que le fruit d’une réflexion suite à la recension des divers témoignages que j’ai obtenus.

"Les femmes, peu aptes à la sublimation, souffrent d'un trop-plein de libido."
Sigmund Freud

Saviez-vous que le mot hystérie est un dérivé du mot grec hystera, qui désigne l’utérus? Celui-ci, sorte de monstre qui régit les humains femmes par sa propre volonté souvent destructrice, a le dos large comme c’est pas permis d’imaginer. Notre ami Platon (que je n’affectionne pas trop d’ailleurs, pour des raisons qui sont idéalement miennes) disait que :

« L’utérus est un animal qui désire engendrer des enfants. Lorsqu’il demeure stérile trop longtemps après la puberté, il devient inquiet et, s’avançant à travers le corps et coupant le passage à l’air, il gêne la respiration, provoque de grandes souffrances et toutes espèces de maladies. »

Platon, le Timée


S’ensuivirent bien des affaires qui sont tombées sur le dos de l’utérus. Primo, les chasses aux hystériques – sorcières – qui étaient ensuite brûlées vives. Secundo, l’avènement de la psychanalyse – on se souviendra de notre copain Freud et de ses nombreuses théories sur le sujet. Et tertio, l’invention du vibromasseur personnel, qui était, dois-je vous le rappeler, employé afin de traiter ladite hystérie, qui fût retirée depuis des classifications médicales (bien qu’elle jouisse aujourd’hui d’un certain regain d’intérêt).

Quel est le lien avec ma bête noire: les anovulants, et, pour ce billet précis, la libido des femmes? Cette dernière, autre créature mythique des théories freudiennes (loin de moi l’idée de prétendre être une spécialiste en la matière, à moins de me réorienter en sexologue rebelle comme me le suggère mon instinct), est tout imbriquée des forces qui régissent les humeurs – insérez ici quelques théories sur le narcissisme – et qui font de l’utérus une machine à hystérie.

Ouais, l’utérus a le dos large en sacrement. Et j’ai quelques théories à l’effet que nous, en tant que société, n’aurions pas vraiment évolué depuis, et que l’industrie pharmaceutique est demeurée une des plus phallocrates qui soient.

Traçons maintenant, si vous le voulez bien, un lien entre tous les énoncés ci-haut et mon cheval de bataille qu’est la contraception féminine. Sur les 150 témoignages de femmes que j’ai reçus et compilés (d’autres sont à venir), 26 disent avoir perdu tout désir sexuel (absence totale de libido), sans compter celles qui ressentaient de la douleur ou de l’inconfort lors des rapports sexuels. Plus de 30 disent avoir expérimenté des troubles d’ordre psychologique, allant de la déprime jusqu’à la tentative de suicide, en passant par les sautes d’humeur. Notons que beaucoup d’entre elles figurent déjà parmi les 26 qui ont perdu leur appétit sexuel. Enfin,  quoique ces données puissent paraître un peu moins probantes, une grande majorité d’entre elles dit « redevenir soi-même, avoir retrouvé une certaine joie de vivre » après avoir arrêté de prendre, ou après avoir changé leur anovulant pour un autre plus adapté à leurs besoins.

Rien de bien choquant là-dedans, me direz-vous. Vraiment? Et si je vous dis que la plupart des femmes qui ont expérimenté ce genre de problème – je parle ici de perte de désir sexuel – m’ont indiqué en préambule que ce n’est pas très grave, mais…

Attendez une minute, là! Des femmes m’ont vraiment écrit pour me dire qu’elles ont perdu leur désir sexuel, LE facteur d’épanouissement de la femme dans son corps, mais que ce n’est pas vraiment grave!  Non, mais ALLO!?

Le problème de la perte du désir sexuel et du bien-être féminin est-il traité à ce point comme étant négligeable par une industrie qui ne prend pas ces femmes en considération, au point où elles-mêmes ne perçoivent même pas cela comme étant d’une importance capitale?

De fait, l’absence totale de libido chez la femme est considérée comme futile, voire méprisée par un système – pas uniquement un système de santé, mais par la société au sens large – à un point tel où non seulement ce type de détresse est largement et socialement tolérée, mais est de surcroît indirectement encouragée par bien des professionnels de la santé, car ses conséquences sont considérées beaucoup moins importantes que le risque d’une grossesse non désirée.

Autrement dit, on a un beau système de santé qui nous crie à la figure : « Quoi ! Tu peux maintenant coucher sans tomber enceinte et tu voudrais avoir ENVIE de le faire, en plus? Capricieuse! »

Je me permets donc, si ce n’est pas trop me perdre en théories (que je ne veux pas excessivement conspirationnistes, j’y reviendrai à la fin), d’avancer ceci :

Attendu que j’admets que le risque de problèmes de santé mettant la vie des patientes en danger, tel le risque d’AVC ou d’embolie pulmonaire, est plus faible pour celles ne consommant pas d’anovulant, avec seulement quelques cas de chiffrés sur plusieurs milliers de patientes;

Attendu que beaucoup de femmes, par leurs témoignages, voient leurs propres problèmes de perte de désir sexuel, et, par la bande, leurs problèmes d’ordre psychologique comme étant mineurs;

Attendu que
le marketing agressif des compagnies pharmaceutiques donne peu de place à l’empathie du médecin dans le système de santé et dans notre société qui exige de nous, les femmes, d’avoir une sexualité non pas saine, mais fonctionnelle – une grossesse non désirée représentant une faille à ses fonctions sexuelles;

Attendu qu’il est permis de supposer que face au risque d’une grossesse non désirée, ces problèmes de perte de désir sexuel et d’ordre psychologique passent inaperçus, voire sont négligés par beaucoup de patientes qui en souffrent;

J’en conclus qu’il est tout à fait plausible de suggérer qu’une grande partie des patientes, si ce n’est la majorité, au moment de la prise d’anovulants de troisième et quatrième génération, subira des altérations au niveau de son appétit sexuel. Par conséquent, soit elle considérera cela sans importance vu le risque de grossesse que peut amener une sexualité sans anovulant (aparté : allo, condom!), soit elle ne s’en rendra même pas compte, ou n’associera pas cela au médicament en question, puisqu’elle ne sera pas informée correctement par les professionnels de la santé.


Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai l’impression que Freud et Platon se moqueraient bien de nous, à constater la tournure, sinon l’évolution, qu’a prise la santé de la femme – et de son utérus – dans notre société moderne. La libido, c’est la pulsion de vie, c’est une puissante source d’agressivité et surtout de volonté. Ce n’est pas juste purement physique, mécanique; c’est l’un des plus importants facteurs d’épanouissement de soi. Et maintenant, grâce à la médecine moderne, nous avons maintenant une petite pilule qui permet non seulement de contrôler les fonctions biologiques de la libido, mais qui permet aussi de contrôler, voire mater cette pulsion, cette force.

À l’exception des compagnies pharmaceutiques qui s’en mettent plein les poches, et aux médecins qui profitent de leurs largesses par le biais d’une pratique négligente et expéditive, qui tire profite de cette situation?

Personne
. Une société axée sur la phallocratie peut s’imaginer collectivement que cela l’arrange, en effet, que les pulsions des femmes soient sous sédation. Or, je ne pense pas qu’ici, au Québec, en 2013, cela soit le cas. Je pense même que collectivement, nous souhaitons une libération de la femme plus complète que celle que l’on a présentement (voir mes deux précédents billets). Je ne prétends nullement être professionnelle sur le sujet, ni de détenir la clé du savoir; je ne puis pour le moment parler que par les témoignages que je reçois et par les lectures que certains professionnels de la santé ont bien voulu me fournir.

Une chose est certaine : je continuerai à recueillir des témoignages sur les anovulants, les effets indésirables qui en découlent, et les expériences, plaisantes ou non, des patientes dans le système de santé. Dans la même veine,  j’encouragerai toujours les femmes à chercher l’épanouissement le plus complet possible, que cela passe par une pilule ou non.

Vous avez eu des expériences particulières avec l’utilisation d’un anovulant de 3e ou 4e génération et/ou avec le système de santé par rapport à votre sexualité? Envoyez votre témoignage au info.anovulants @gmail.com]]>
http://urbania.ca/blog/3988/libido-luterus-a-le-dos-largeWed, 22 May 2013 09:50:38 EDTdosutéruslibidoanovulantpilulebloguehttp://urbania.ca/blog/3988/libido-luterus-a-le-dos-large
Le confes-stylo Impact de Montréal - #8 - Patrice Bernier[Cliquez sur l'image pour agrandir]

Vous voulez gagner le questionnaire original rempli par Patrice Bernier? Adressez un message d'encouragement à l'Impact dans les commentaires ci-dessous. On choisira un gagnant au hasard vendredi 24 mai à 11h.

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Mise à jour (24-05-2013):

Le questionnaire est remporté par Mathieu HC. Bravo Mathieu, nous t'avons écrit un courriel pour connaître ton adresse... Merci à tous!]]>
http://urbania.ca/blog/3984/le-confes-stylo-impact-de-montreal-8-patrice-bernierTue, 21 May 2013 13:50:03 EDTproustquestionnairesoccerfootballmontrealimfcpatrice bernierimpactbloguehttp://urbania.ca/blog/3984/le-confes-stylo-impact-de-montreal-8-patrice-bernier
Entretien avec Kim LizotteJMA:   Wazzup, Lizotte?
 
KIM:   (Soupir) Je ne sais même pas par où commencer. T’as remarqué mon détachement cette année? Je ne passe plus 90% de mon temps à commenter la politique sur les réseaux sociaux, à parler de mon attachement pour le Québec, à publier des articles sur les redevances minières, la commission Charbonneau, les scandales à Ottawa et la chasse au BS du PQ… Je ne sens plus l’effervescence de la dernière année, je ne sens plus de vent qui me pousse vers l’avant. J’ai trop marché, le jour, la nuit. Je me suis impliquée, je me suis affichée, j’ai été cinglée (le verbe transitif, pas l’adjectif) sur les réseaux sociaux. J’ai affiché le carré rouge, j’ai scandé tous les slogans. Même le « Charest dehors, trouve-toi une job dans l’Nord! » à deux heures du matin, pendant que l’escouade antiémeute tirait des balles de caoutchouc sur nous. J’ai encore des bleus sur les pieds (note: son pédicure demeure toutefois parfait à première vue) et encore plus sur le cœur. Je ne sais plus quoi défendre, j’ai l’impression à la fois de prêcher aux convertis et de hurler dans l’oreille des sourds.
 
JMA:   Bon, ça commence raide. Faut-il trouver un divan incliné en cuir?
 
KIM:   Sérieux, il me reste quoi? Que je m’accroche à toi comme si t’étais mon last resort?
 
JMA:   Sur le divan en cuir?
 
KIM:   N’essaye pas de m’avoir, Aussant. Tu ne m’auras pas. J’ai assez donné. Des années de ma vie à défendre le Québec, à croire à la souveraineté, à participer à des dîners, des documentaires, des plateformes, des rencontres de jeunes souverainistes, séparatistes, indépendantistes. J’ai donné mon cœur, mon espoir, mes larmes à Parizeau, Bouchard, Landry, Boisclair, Marois, Duceppe, alouette. Je n’en peux plus d’être abandonnée.
 
JMA:   Prends sur toi, fille. Tu sais au moins maintenant, grâce à Chris Hadfield, comment pleure un astronaute en apesanteur.
 
KIM:   Justement, j’ai pleuré dans une salle de bain crasse de Chambly lorsque le Bloc Québécois a été pratiquement rayé de la carte. J’ai retenu mes larmes quand Duceppe a démissionné, en me disant qu’on allait le revoir, plus fort, ailleurs. J’me suis même un peu réjouie de la victoire du PQ… en cachette, je ne te l’ai pas dit! J’ai haï Nicolet de t’avoir abandonné pour la CAQADQ. J’ai pensé que le PQ tiendrait ses promesses. Je crois au Québec, mais le Québec veut pas me crouère. Je suis tannée de répéter la même cassette comme une mongole. Je répète les mêmes arguments depuis 1995 et je répète des choses qui, pour moi, sont des évidences. C’est aliénant! Le Pierre Falardeau en moi est fatigué, JMA, je suis fatiguée de nous, Québécois. T’es pas fatigué, toi?
 
JMA:   C’est moi qui pose les questions aujourd’hui.
 
KIM:   En plus, t’as une famille! Des jumeaux de deux ans! Une femme! Une vie de rêve à portée de main si tu quittes. Moi j’ai même pas ça. Et tu ne trouves pas qu’on a un problème de marketing? Qu’on n’est pas sexy, nous la gang du OUI? Qu’on nous associe à une bande de ceintures fléchées qui giguent, qui se promènent avec le drapeau des Patriotes autour du cou, qui vivent dans le passé, qui chantent du Paul Piché et qui veulent juste vivre une grosse St-Jean perpétuelle?... C’est comme plus fort que ton look branché de « jeune politicien dans le vent » avec ses lunettes cools…
 
JMA:   En fait, c’est que…
 
KIM:   T’as pas le goût de tout sacrer là des fois? T’étais bien avant. T’avais de l’argent, tu pouvais voyager, être libre. Tu faisais un multiple de ton salaire actuel et encore là, on te le reproche! Tu déranges, Aussant. T’aimes déranger? T’es un petit rebelle. Tu pleures des fois en position fœtale dans ton bain parce que tu te sens attaqué et incompris? Oui, je sais, c’est plusieurs questions en une, je suis Anne-Marie Dussault sur le speed.
 
JMA:   Ou Christiane Charette sur la tisane. Mais c’est moi qui pose les questions aujourd’hui. Écoute, t’auras juste à te lire demain dans ton blogue pour avoir mes réponses…
 
KIM:   Vois-tu, je pense comprendre comment tu te sens. Dans ton domaine comme dans le mien, les gens avec des ambitions personnelles nous survivent. Ceux qui pensent à leur nombril et qui ont des buts précis. Ils se voient premier ministre dans 15 ans ou rêvent d’un show à 100 000 billets vendus. Ceux qui foncent vers le succès, la réussite personnelle…. Alors au diable les reproches de manque d’intégrité, au diable les mensonges, les scandales, les rumeurs. Ils continuent, ils montent les échelons, sans rien vouloir changer ni rien avoir à exprimer. Sans réel désir de changement, sans réel désir de faire avancer une cause, sans réel désir d’apporter à la société. Mais malgré tout, ils avancent… et nous dépassent par simple patience.
 
JMA:   Des coquins quoi.
 
KIM:   Notre manque d’ambition personnelle va finir par avoir notre peau mon ami. Moi, je ne veux pas de millions, je ne veux pas être la nouvelle star du moment, je veux juste faire mon travail et que les gens y trouvent une résonance. Éveiller quelques esprits, juste faire en sorte que ma parole de jeune femme soit immortalisée dans le temps, pour qu’on sache qu’en 2013, ce n’était pas tout le monde qui pensait pareil…
 
JMA    (Je me réveille brusquement).
 
KIM:   (Soupir) Mais tu sais qui est sexy? Sugar Sammy. Les gens l’aiment, votent pour lui, lui font gagner des trophées. On aime se faire rappeler qu’on est petit et en rire, comme pour contourner la question et ne pas s’y attaquer. C’est pour ça que Jean Charest était sexy. Il nous regardait avec assurance, pour nous rappeler de rester à notre place. Que c’était lui qui savait ce qu’on devait faire et où on devait aller. Ces deux-là sont bons dans ce qu’ils font, on va leur donner ça. They are in. Moi je ne gagnerai jamais d’Olivier. Je suis pas sexy. Je suis une femme qui joue au monsieur dans un monde de monsieur. On me trouve pertinente juste quand on aime ce que je dis. Les gens qui m’aiment et me suivent sont des gens qui se sentent aussi incompris et des femmes qui se reconnaissent dans mon discours. Je ne ferai jamais l’unanimité.
 
JMA:   Jean Charest sexy? J’ai vu des photos Hey girl de moi durant la campagne électorale qui disaient que j’étais quand même assez…
 
KIM:   On n’est pas sexy mon ami. On n’est pas dans la bonne gang. Fait-on partie de ces petites choses qui sont découvertes et qui sont appréciées lorsqu’elles disparaissent?
 
JMA:   Beh… Prévois-tu ma disparition?
 
KIM:   Oui.
 
JMA:   Mais encore?
 
KIM:   Parce que je t’aime et que je crois en toi. Et tous ceux que j’aimais ont fini par m’abandonner. Les Nordiques. Le PQ. Le Québec. Les hommes. Un jour, ce sera toi…
 
Note au lecteur: Kim va bien. Il a suffi d’un café latte et d’un peu de chocolat noir pour qu’elle reparte, baguettes en l’air, travailler à ses 36 projets actuels. La suite demain dans son billet hebdomadaire. C’est moi qui répondrai à ses questions.]]>
http://urbania.ca/blog/3986/entretien-avec-kim-lizotteTue, 21 May 2013 12:57:54 EDTchristiane charetteChris Hadfieldconceptentrevuelizotteaussantbloguehttp://urbania.ca/blog/3986/entretien-avec-kim-lizotte
Sites satiriques cherchent québécois crédules et/ou analphabètes

Je vous le demande comme on demande à un enfant de ne pas monter dans la voiture d’un étranger qui lui propose des bonbons : parce que je ne suis pas sûre que vous n’allez pas le faire. Depuis quelques temps, des sites satiriques dans la veine de The Onion ont fait leur apparition sur la toile. Et à la lecture de certains commentaires sur les réseaux sociaux en fin de semaine, malheureusement, je ne suis juste pas certaine que mes concitoyens soient prêts à ça. Les Américains sont habitués à ces nouvelles insolites publiées dans les pages du journal parodique depuis 1988. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, écrire de fausses nouvelles est une entreprise très sérieuse, comme le révèle ce fascinant épisode de This American Life.

Au Québec, Le Navet tâte ce terrain de la satire depuis quelque temps. Il nous est arrivé récemment avec des nouvelles rafraîchissantes, telles que «Scandale à CHOI Radio X – “L’existentialisme de Sartre est-il soluble dans la postmodernité?”», ou encore « Unité 9: Toute la première saison n’était qu’un rêve de Marie Lamontagne, révèle l’auteure». Ce weekend, L’axe du mad a conquis un tout nouveau public avec sa nouvelle concernant la décision du gouvernement d’interdire les quizz télévisés abrutissants

Certains en ont profité pour crier à la dictature du PQ. D’autres étaient prêts à déchirer leur chemise pour ne pas perdre Le Banquier. D’autres encore se sont contentés de partager la «nouvelle» en l’accompagnant d’un WTF bien senti. Or, si vous n’étiez pas au courant que le gouvernement du Québec n’avait aucune autorité sur la diffusion des jeux télévisés, des citations de Pauline Marois telles que «si vous voulez gagner des sommes faramineuses en faisant rien, achetez-vous un gratteux. Il n’est plus question de donner des sommes aussi élevées à des gens qui ne font que choisir des numéros de valise selon la grosseur des boules de celle qui la tient», auraient dû vous confirmer qu’il s’agissait bel et bien d’un canular : on ne publie jamais des citations longues de même, voyons donc! D'autres informations, comme le titre du site hébergeant la nouvelle, son slogan («site de dérision massive»), ou le nom du journaliste («Jackie San»), étaient autant d'indices mis à la disposition des plus naïfs.

L’auteur de la parodie s’est lui-même désolé du succès de son texte. «[Plein de monde] a juste cru à mon affaire. La première ministre du Québec ne dira jamais les mots "boules" ou "ride" dans une citation journalistique. Même Régis Labeaume ne dirait jamais ça. Des gens ont même tweeté Julie Snyder en personne pour être certains certains que "leu' programme" était pas en danger de mort. Calice.»

Et comme tout arrive toujours en même temps, ce weekend, des milliers d’internautes ont aussi partagé cette nouvelle jetant un «éclairage» sur la possible consommation de crack du maire de Toronto. Jeudi dernier, un pupitreur de TVA Nouvelles nous faisait encore passer pour des tatas devant les Français.

Comme le disait Foglia la semaine dernière, c’est pas parce que le français se porte mieux qu’on sait mieux lire. Et pour quelqu’un qui gagne sa vie à écrire et qui tire une certaine satisfaction à voir ses articles être partagés pour les bonnes raisons, c’est triste en titi.]]>
http://urbania.ca/blog/3985/sites-satiriques-cherchent-quebecois-credules-et-ou-analphabetesTue, 21 May 2013 08:14:11 EDTThe OnionL'axe du madLe Navetsatirebloguehttp://urbania.ca/blog/3985/sites-satiriques-cherchent-quebecois-credules-et-ou-analphabetes
Vers une sortie de l'ironie?

Il était question de notre tendance à nous, « les ‘eunes » de la sapristi de génération Y, à ne se représenter que par l’ironie et à ne communiquer qu’en ces termes.

En fait, la question était grosso modo la suivante : sommes-nous submergés par l’ironie, tant et si bien que nous ne savons plus par où en sortir? Et si tel est le cas, est-ce qu’on est foutus? 

Forcément, depuis, je me questionne sur la place que j’octroie à l’ironie dans ma vie. Histoire de voir si je contrôle encore la farce, quoi. 

Ou bien au contraire : mon mode d’insertion dans le réel repose-t-il essentiellement sur le métadiscours de l’ironie? Et c’est grave, Docteur?

Des questions un peu graves, ouais, quand même…

Partout, nous dit-on, il n’y aurait plus que sarcasme et moquerie; tant et si bien que nous ne les voyons plus. Nous empilons sans cesse les couches parodiques, comme s’il s’agissait des seuls codes que nous sachions encore déchiffrer. 

S’approprier le réel par la satire, à défaut de savoir faire autrement… Sombre, sombre manière d’appréhender le monde, vous en conviendrez. Pas très constructif, pour parler comme une maîtresse d’école.

C’est une ritournelle qu’on radotte depuis longtemps, ça : les satanés Y qui ne savent exister autrement que par la nonchalance et l’autodérision perpétuelle. Une gang de p’tits baveux « dangereusement nihilistes », et patati patata...

Il suffit de googler « ironie + génération Y » pour entrevoir que ce phénomène, s’il en est, a déjà fait l’objet de moult bisbilles. Encore au mois de novembre, dans les pages du New York Times, Christy Wampole, professeure de langues à l’Université Princeton, critiquait vertement la Millenial Generation pour l’ironie obsessionnelle chronique qu’elle lui attribue. 

Plus précisément, elle adressait sa diatribe aux « hipsters » en règle; ces top-champions-de-course de l’ironie paradigmatique.
 
Les hipsters, tels que définis par Wampole, seraient ni plus ni moins les ambassadeurs du « cancer » qui grignotte notre génération. Bardés d’ironie et de cynisme, ils incarneraient les avatars d’une génération qui se complaît dans son désenchantement, et qui, conséquemment, adopte un comportement aussi destructeur que déprimant: celui du bouffon triste. De plus, les hipsters seraient en quelques sortes les intégristes de cette mouvance, mais celle-ci serait généralisée… 

Par ailleurs, toute initiative [originale] s’imprégnant de l’ironie ambiante serait, toujours selon Wampole, appelée à être purgée d’emblée de toute signification. « It pre-emptively acknowledges its own failure to accomplish anything meaningful » écrit-elle.

Ainsi, dissimulés derrière le masque de l’ironie, nous, les « enfants rois », les « enfants du Web », rions de tout, mais ne faisons rien. Et même lorsque nous faisons quelque chose, nous en rions si fort que lorsque l’hilarité se dissipe, plus rien ne subsiste. 

Alors on superpose, floush, une nouvelle couche d’ironie. Pour trouver à rire encore, malgré la faille de sens qu’on creuse à même le réel.

L’ironie, c’est indéniable, vise à s’élever au dessus des choses pour mieux les annihiler. Rien à redire. Et c'est déprimant.

Néanmoins, y’a un truc qui me chicotte dans tout ça. L’ironie, bien sûr qu’elle est partout. C’est un puissant levier humoristique, et un mode de communication très valorisé en société. On l’associe généralement à la sophistication, à l’esprit. À la « lucidité », même. Soit. 

En revanche, je crois franchement qu’il est fallacieux d’énoncer que le « tout à l’ironie » résulte ou témoigne d’un renoncement collectif à attester la valeur des choses; à chercher un sens. Bien au contraire! 

J’ai plutôt tendance à croire que cet engouement pour l’ironie ne serait en fait que cosmétique. Un chic convenable et abordable; sans portée profonde. 

Je le crois notamment parce que, voyez : on dit souvent de ma génération qu’elle est précocement cynique, apathique et nonchalante. Mais n’oublions pas qu’on dit également d'elle qu'elle est bouillante de détermination, impatiente, impétueuse. Et surtout, lorsqu’elle ose formuler quelconque doléance, qu’elle est fâcheusement idéaliste…

Or, l’ironie destructrice et l’idéalisme ne peuvent être élevés ensemble au rang de valeurs cardinales. Elles sont, par nature, mutuellement exclusives. 

J’aurais envie de dire qu’au fond, faudrait bien faire un choix quant au préjugé générationnel qu’on priorise! D’une part, l’arrogance d’une génération trop pressée. D'autre part, son cynisme congénital.

« Faudrait s’brancher, la gang ». Mais disons simplement que cette contradiction pointe une sortie possible du cycle de l’ironie en pelures d’oignons; et du désenchantement qui en est le corollaire.

En d’autres mots, y’a moyen de se positionner quelque part entre les deux. 

Je ne peux donc m’empêcher de croire qu’au lieu d’embrasser l’ironie par dépit et renoncement, nous cherchons en quelque sorte à renouer avec quelque chose de radicalement authentique. Ne serait-ce que pour nous adjoindre, un tant soit peu, dans notre quête de sens au sein d’un monde qui n’en a pas beaucoup.

Et, vous m’excuserez, mais lorsqu’on vient me dire qu’on conditionne le désenchantement du monde en s’habillant avec des ugly shirts, je réponds que je n’ai pas envie de « porter l’avenir » en mangeant chez Bâton rouge avec des montures de lunettes profilées en faux-fini stainless.

C'est tout pour aujourd'hui. 

***

Et moi, sur twitter, c'est @aurelolancti
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http://urbania.ca/blog/3981/vers-une-sortie-de-lironieFri, 17 May 2013 06:59:34 EDTblogueironiehipsterWampolecynismehttp://urbania.ca/blog/3981/vers-une-sortie-de-lironie
Chère Vickie,
Folle vie: danseuse nue, poète, écrivaine, cancer, tabarnak.

La plupart se souviendront de toi comme la brillante écrivaine atteinte d’une tumeur au cerveau qui a mis au monde un tout aussi brillant manuscrit : Le Testament.

Tu es passée à Tout le monde en parle pour parler de tout ça. Je n’ai pas visionné l’entrevue au complet; j’étais incapable de te voir comme ça.

Pour moi, tu n’as jamais eu de tumeur. Pour moi, tu seras toujours la fille avec qui j’ai grandi.

La fille qui roulait toujours sa jupe d’uniforme trop haut et qui a envoyé chier notre prof de maths, Madame Sauriol, quand elle t’a dit : « Mais qu’est-ce que les gens vont penser de toi ? »

La fille qui s’en colissait.

La fille qui avait écrit, photocopié et distribué à travers l’école un long poème démolissant sur la place publique une « fille populaire » qui l’avait insultée.

La fille qui savait écrire.

La fille qui venait sonner chez moi l’été. À qui ma mère disait: « Rabii n’est pas là ». J’étais là, au sous-sol. Et j’allais te rejoindre au parc en face pour faire ce qu’on faisait le mieux au secondaire : fuckall.

Puis, le 11 mai, tu es partie.

Je m’excuse de n’avoir été là que lorsque ça allait bien.

Je m’excuse de n’avoir pris de tes nouvelles qu’à travers Aurélie. De ne pas avoir réalisé plus tôt qu’une affligeante présence vaut mieux qu’une culpabilisante absence.

Je m’excuse de m’être contenté de glisser à travers nos conversations des : « Comment va Vickie? » au lieu de t’appeler et te demander : « Comment vas-tu, Vickie? ». Même si je savais que ça n’allait pas.

Le pire, c’est que ça m’énerve plus que tout quand les gens me demandent des nouvelles des autres : « Demandes-lui toi-même», que je pense en ébruitant un hypocrite « Elle va bien ».

Le jour de ta fête, je t’ai texté : « Joyeux anniversaire ». Tu as répondu : « C’est de toi les fleurs? » J’ai oublié de répondre. Quand j’ai appris que tu nous avais quittés, mon premier réflexe a été de saisir mon cell et te répondre : « Non ».

Puis : « Fuck, Vickie ».

Je ne sais pas pourquoi j’ai répondu, je savais que c’était trop tard, que t’étais plus là. Réflexe cave. Comme si t’allais les lire, mes messages. Comme si Rogers offrait une option « transmission vers l’au-delà de textos manqués ».  

C’est ça ma vie en ce moment, Vickie. Une suite infinie d’appels manqués, de conversations de répondeurs et de textes messages que je lis rapidement au feu rouge.

Je m’excuse de ne pas avoir appelé. Ou rappelé. De ne pas être passé. Je m’excuse d’avoir laissé mon téléphone intelligent te transmettre mes émotions, même si je réalise tranquillement qu’à travers le délai de réception et l’encryptage binaire, l’important se perd.

Je m’excuse de ne pas m’être servi de cet obsolète appareil phonateur qui me sert de bouche pour te dire « Je t’aime. Lâche pas.»

Je m’excuse d’avoir appris ta mort sur Facebook. Fucking Mark Zuckerberg qui m’apprend que mon amie est morte.

Je m’excuse de ne pas t’avoir dessinée dès que tu as vu mon portrait d’Adele et que tu as crié « J’en veux un! »

« Promis », que je t’avais répondu.

Mieux vaut tard que jamais, qu’ils disent. Je l’sais plus trop. Anyways, voilà ton dessin ma belle.

Repose en paix.

Rabii xx



crédit photo: Antoine Ryan]]>
http://urbania.ca/blog/3978/chere-vickieThu, 16 May 2013 01:55:42 EDTmortcancersecondaireAdeleVickie Gendreaubloguehttp://urbania.ca/blog/3978/chere-vickie
Le plaisir de lire une carte
Je n'avais jamais essayé de GPS avant mes dernières vacances. Avant le GPS, je dépliais la carte, j'évaluais le trajet, j'imaginais le relief, je planifiais le voyage, je cherchais le Nord, je visais le Sud, j'allais, tel un professeur Tournesol de passage, un peu plus à l'Ouest et puis je me laissais guider par le sens de l'improvisation.

Le voyage se faisait dans la tête avant de se faire dans l'auto. La route était un songe avant d'être une histoire. On connaissait la géographie. On savait la toponymie  On comprenait la géologie parce qu'on comprenait les courbes du chemin. On imaginait les côtes avant de les grimper, on sentait le vent de l'océan avant de voir la mer parce qu'on savait qu'elle était là, derrière les plis de la carte.

Avec les GPS, la destination n'est plus qu'un vulgaire code postal, une adresse, une entrée électronique. Le chemin est un trait rouge jusqu'au prochain carrefour. Le paysage est une série de lignes numérotées. Et on ne sait plus où se trouve la mer parce qu'elle ne rentre pas dans l'écran de la machine.

Ainsi sont les inventions modernes. Elles nous simplifient la vie mais nous éloignent de la réalité.

Dans un monde de plus en plus virtuel, nous appréhendons de plus en plus souvent le monde à travers l'écran de nos appareils qui dépassent l'entendement et surpassent l'intelligence. N’ai-je pas écrit ce billet sur mon iPhone alors qu'autour de moi éclatait la flore exubérante de la nature californienne?

Mais il faut que je sois honnête (ne l'ai-je pas toujours été avec vous?), au lieu de chercher le nom de rues de L.A. dans l'infini bétonné de la mégalopole californienne, au lieu de demander mon chemin à un de ces nombreux sans abri qui quêtent sous le soleil, au lieu de m'engueuler avec ma copilote au risque de voir nos chemins se séparer, je me suis fié à mon nouvel ami. Il est un peu frette et il a la voix monocorde d'un Justin Trudeau d'ascenseur, mais lui, il ne se trompe jamais.

Et il m’a laissé le loisir de regarder les fleurs dans le paysage et la vie qui défile sur le bord de la route.


Pour me suivre sur Twitter sans perdre le Nord : @pascalhenrard]]>
http://urbania.ca/blog/3977/le-plaisir-de-lire-une-carteWed, 15 May 2013 20:56:08 EDTgeographiquecarteroutePerduGPSbloguehttp://urbania.ca/blog/3977/le-plaisir-de-lire-une-carte
La fois où j’ai eu envie de me chicaner avec Angelina

Je vous l’accorde, son texte est très touchant, mais y avez-vous pensé deux minutes?

Tout d’abord, vous devez savoir que ma mère avait 36 ans lorsqu’elle est décédée d’un cancer des ovaires.  Je sais, je sais, c’est pas aussi important que si c’était arrivé à Angelina, mais je me permets quand même de dire quelque chose là-dessus.

Depuis mon enfance, j’ai refusé de me laisser abattre par cet événement qui a pourtant changé ma vie.  Aujourd’hui une adulte hautement à risque de contracter le cancer, je refuse de vivre dans la peur. Le premier malaise que j’ai eu, à la lecture de son texte, est l’angoisse qui teinte son message. J’ai beaucoup de difficulté à voir autant d’espoir devant la perspective de passer sous le bistouri comme seule chance d’éviter la maladie.

Mais ça c’est moi, et on a chacun sa façon de voir les choses, et je ne vais pas me chicaner avec Angelina pour ça!

Là où j’ai réellement un problème, c’est son invitation aux femmes à la suivre. Vraiment, Angelina? Tu crois que toutes les femmes dans le monde ont accès à ce genre d’intervention? Toi qui ne rates pas une occasion photo avec des enfants de pays sous-développés, tu devrais pourtant en avoir une idée, non? Même pour moi, jeune femme de la classe moyenne vivant dans un pays industrialisé, une telle opération représenterait un enjeu financier (parce que je me suis quand même posé la question).

Tu sais, Angelina, le cancer n’est pas un sport de riche. 
 

Je suis la première à l’admettre: l’émotion nous rend souvent un peu vites sur la gâchette… mais pensons-y quand même un peu.]]>
http://urbania.ca/blog/3973/la-fois-ou-j-ai-eu-envie-de-me-chicaner-avec-angelinaTue, 14 May 2013 14:23:53 EDToperationangelina joliemastectomieseincancerbloguehttp://urbania.ca/blog/3973/la-fois-ou-j-ai-eu-envie-de-me-chicaner-avec-angelina
Hara-kiri? Vraiment?

Il y a un problème de division du vote au Québec. Inutile de le nier, c’est mathématique dans ce détestable système uninominal à un tour conçu pour deux partis, un rouge et un bleu qui alternent immanquablement au pouvoir comme si ce pouvoir leur était dû. Quand on en aura assez de ce système, on votera pour ceux qui veulent le changer.
 
Alors quand un parti qui prône le maintien du système actuel lance un appel solennel au sabordage des autres partis pour qu’ils ne nuisent pas trop à la défense de sa moitié de monopole sur la politique québécoise, on peut rester perplexe. Il faudrait le faire « pour le bien de la cause », disait-on. Ce qui devrait être fait pour le bien d’une cause, ce serait de mettre celle-ci devant des considérations de protection de parti. Ce serait, par exemple, d’accepter de discuter avec une autre formation d’ententes ponctuelles pour contourner le système actuel qui ne respecte pas le choix démocratique de sa population dans l’allocation des sièges. Aucun parti ne mérite le double des sièges que sa proportion des votes n’indique. À l’autre extrême, aucun parti ne mérite d’être écarté de l’Assemblée nationale quand des dizaines de milliers de citoyens l’appuient. Quand Mario Dumont était le seul élu de sa formation malgré l’appui d’un demi-million d’électeurs, c’était un crime démocratique, qu’on aime ou non ses idées.
 
La cause ici, au sens où je l’entends, c’est de faire du Québec un pays en bonne et due forme qui contrôle lui-même tous ses instruments de décision. Près de 200 autres pays dans le monde le font sans jamais regretter d’être maîtres chez eux. Nous sommes dus, et comment! Mais en quoi est-ce que ça aiderait cette cause qu’un parti clairement souverainiste, qui a le courage d’en parler avant, pendant et après une élection, se saborde pour joindre un parti qui semble avoir perdu la flamme de ce côté? Halte-là les haters, je ne dis pas que les militants d’autres partis ne sont pas souverainistes, suffit la mauvaise foi, maturez un peu.
 
En fin de semaine, on a cité Bourgault en exemple pour inviter au sabordage des partis souverainistes (sauf un, celui qui suggérait les sabordages…). Le parallèle me semble quelque peu maladroit. D’abord, parce que le RIN était un véhicule plus vieux (fondé en 1960) qui se sabordait pour joindre un nouveau véhicule (fondé en 1968) qui allait être mené par René Lévesque et Jacques Parizeau. Si on veut suivre cet exemple historique, les sabordés devraient donc venir d’une formation plus vieille pour se joindre à une formation toute neuve. Je vous laisse compléter le raisonnement.
 
Mais aussi, et surtout, parce que citer Bourgault sans trop se souvenir de ce qu’il disait, ça peut être dangereux. Pierre Bourgault mettait régulièrement en garde le « nouveau véhicule » de l’époque qu’il devrait inlassablement faire la promotion de la souveraineté du Québec, sans quoi il était inutile, voire nuisible à la cause. Me croyez pas? Voici une citation de Bourgault que m’a rappelée ma collègue Catherine Dorion:
 
« Si l'exercice du pouvoir pour les souverainistes ne conduit pas à l'exercice de la souveraineté, alors ce pouvoir est vain et illusoire. Il constitue un piège dans la mesure où il occulte les véritables enjeux en les reportant à plus tard, au risque de les voir disparaître de nos préoccupations collectives. (...) Moi, je dis qu'il est suicidaire pour les souverainistes d'abandonner leur idée tout en disant qu'on ne l'abandonne pas. Il faut en parler de plus en plus, quitte à nous retrouver dans l'opposition, là où se trouve notre idée, de toute façon. Si cette idée, acceptée et défendue par plus de 40 % de Québécois, ne vaut pas la peine d'être prônée ouvertement, alors que le Parti québécois et ses chefs aient le courage de la retirer du programme. Car à qui fera-t-on croire qu'on y tient quand elle ne sert plus qu'à masquer notre volontaire impuissance? »
 
Pierre, je t’aime (sur celle-là en tout cas).
 
Bourgault parle de ne pas reporter à plus tard. Un peu comme si le PQ faisait une CAQ 2.0 de lui-même et disait « faisons d’abord le ménage et nous verrons ensuite pour la souveraineté ». Oh pardon, on me glisse à l’oreille que le PQ a dit exactement ça en fin de semaine. Coudonc.
 
Bourgault parlait aussi d’avoir le courage de faire la promotion de la cause, quitte à se retrouver dans l’opposition temporairement. Ou même perdre son siège, pourquoi pas. Parce que si les leaders de la cause se disent qu’ils vont gagner plus facilement sans leur cause, que diantre foutent-ils dans un parti souverainiste? Si le désir de gagner une élection l’emporte sur la volonté de parler de souveraineté, que ces gens se présentent pour l’un des multiples partis qui ne parlent pas de souveraineté dans leur programme. C’est simple. Il y a de la place en politique pour ceux dont l’objectif premier est carrément d’être député, mais il ne faut pas berner les gens en faisant croire que c’est d’abord pour certains principes. Halte-là aussi les haters, je n’ai jamais dit que tous les députés actuels sont des carriéristes, mais il y en a.
 
Note aux voteurs « stratégiques »: Faire en sorte que les libéraux ne soient pas au pouvoir n’est pas un projet de société.
 
Et puisqu’on parlait de gestes à poser pour aider la cause, il y en a un autre qui est grandement nécessaire pour redonner un tant soit peu de légitimité démocratique à nos élections et qui, bonheur, aiderait probablement la cause du même coup: insérer une composante de proportionnalité dans notre mode de scrutin pour l’allocation des sièges qui en découle.
 
À l’époque de René Lévesque, ce dernier était plus populaire que son parti et son parti était plus populaire que la souveraineté. Qu’il se soit opposé à plus de proportionnalité pour ne pas nuire à l’élection de souverainistes était donc, somme toute, logique (bien que très questionnable sur le plan du respect du vote démocratique, qui devrait toujours être la priorité même s’il rejette nos idées). Or, aujourd’hui, tout s’est inversé. La souveraineté est plus populaire que le PQ et le PQ est plus populaire que sa chef. La conséquence est qu’un système plus proportionnel serait non seulement plus démocratique, il aiderait aussi à l’élection d’un plus grand nombre de députés souverainistes, quel que soit leur parti. Mais encore ici, il faut être capable de se sortir de la dynamique dinosaurienne qui vise d’abord à protéger les acquis de son parti et l’atteinte du pouvoir majoritaire. C’est dépassé et contreproductif dans la nouvelle réalité politique québécoise. C’était donc une double erreur de la part du PQ de retirer cet élément de sa plateforme: à la fois sur le plan démocratique et sur le plan de l’avancement de la cause.
 
J’y reviens, il faut faire attention quand on cite Bourgault sans trop savoir ce qu’il disait. Pierre Bourgault avait demandé la démission du chef du PQ dans les années 80, le jugeant trop mou et frileux face à la cause indépendantiste. Et ce chef s’appelait René Lévesque…
 
Si Bourgault prônait un sabordage aujourd’hui, lequel serait-ce?]]>
http://urbania.ca/blog/3972/hara-kiri-vraimentTue, 14 May 2013 13:21:02 EDTsaborderdémocratiesouverainetéPQRené LévesquePierre Bourgaultbloguehttp://urbania.ca/blog/3972/hara-kiri-vraiment
Conversations avec RomyConversations avec Romy, sur le site des Éditions de La Bagnole, se lit comme suit:

«Romy a 4 ans et demi. Souvent impitoyable, douée d'un extraordinaire franc-parler, Romy ne ménage personne sur son passage... Son papa, Mathieu LeBlanc, note ses déclarations et commentaires sur son iPhone. Il insiste sur l'importance de l'immédiateté: c'est pourquoi le matin, en route vers la garderie, il n'hésite pas à s'arrêter sur l'accotement pour écrire sur-le-champ, en en respectant fidèlement la structure, la dernière réplique poétique ou sarcastique de sa fille!

L'illustrateur Philippe Lagarde, lui, est père de deux fillettes. Il a déployé son talent d'artiste et de publicitaire pour dessiner une Romy inoubliable... Vous avez vu ce regard?

Les Éditions de la Bagnole publient de temps à autre un livre pour les parents. Conversations avec Romy est une invitation à nous pencher pour ramasser les jolies pépites que laissent parfois tomber nos enfants...
»

Et franchement, après l'avoir lu, ce qu'on peut vous dire, c'est que c'est très drôle et que la petite Romy, on voudrait tous l'avoir comme enfant!

On ne sait pas si l'éditeur va nous taper sur les doigts, mais on croit que ça vaut la peine qu'on partage un petit extrait savoureux avec vous...

(Monsieur l'Éditeur, si vous êtes fâché, contactez-nous et on va l'enlever tout de suite...)

37. Romy ne fait pas attention en mangeant sa collation.

Moi: « Romy! Fais attention quand tu manges, tu n'es plus un bébé. »

Romy: « Aimerais-tu mieux avoir une autre petite fille ? »

Moi: « Jamais ! »

Romy: « Parce que si t'es pas content, maman peut t'en faire une autre. »


Ah, pis un autre extrait pour la luck.

63. Dans l'avion, j'explique à Romy pourquoi la madame n'a plus de cheveux.

Je lui dis qu'elle a une maladie qui s'appelle le cancer. Et que pour guérir, parfois on prend des médicaments qui font que nos cheveux tombent.

Voici ce que ma fille, dans toute son innocence, me répond: « C'est comme si la madame avait attrapé l'automne. »


Conversations avec Romy est en librairie depuis le 24 avril.]]>
http://urbania.ca/blog/3971/conversations-avec-romyTue, 14 May 2013 11:47:45 EDTlibrairielivreromyconversationsbloguehttp://urbania.ca/blog/3971/conversations-avec-romy