Urbania - accueilhttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationFri, 27 Feb 2015 17:40:12 EST60Le logo de Patate HenriVous avez peut-être vu notre appel à tous hier soir sur les réseaux sociaux. On voulait savoir ce que représentait le logo de Chez Henri à Joliette, parce que ça nous empêchait de dormir la nuit et que les séances d'ostinage à ce sujet menaçaient sérieusement la bonne entente dans les bureaux d'Urbania. 

Vous avez été plusieurs à répondre à l'appel, mais ce qui est merveilleux, c'est qu'on a enfin eu la réponse officielle, gracieuseté de Monsieur Benoit Liard. 

C'est mon père Michel Liard qui à fait le logo!  C'est Henri le roi de la patate! Un H pour Henri une couronne pour le roi et un casseau de patates pour patate!  L'histoire est belle en plus!  

Alors merci messieurs Liard, et nous sommes soulagés que la lumière soit enfin faite sur cette question qui a soulevé une grande polémique, depuis trop d'années. 

Et merci, Internet! 


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http://urbania.ca/blog/5664/le-logo-de-patate-henriFri, 27 Feb 2015 15:50:41 ESTUrbania roi de la patatejolietterestaurant henrichez henripatate henrihenribloguehttp://urbania.ca/blog/5664/le-logo-de-patate-henri
Top 3 des « vrais » Frank Underwood3. Richard Nixon

Évidemment, impossible de parler de crooked politicians américains sans mentionner le nom du 37e président des USA. D’ailleurs, on peut facilement imaginer Frank Underwood en train de planifier une opération à la Watergate. Mettre sous écoute le Q.G du parti rival, envoyer ses thugs faire le sale boulot; clairement le genre de stratégies dont l’anti-héros de House of Cards serait capable. Le seul problème, c’est que contrairement à Nixon, on imagine mal Underwood se faire prendre la main dans le sac. On l’imagine encore moins crouler sous la menace de l’impeachement pour ensuite démissionner dans la honte. Pour cette raison, Tricky Dicky ne se place malheureusement qu’au troisième rang de ce palmarès.

2. Bill Clinton

Bon, je vous entends déjà dire « Quoi! Non! Impossible! Bill il était cool, il jouait du saxophone et il était smatte! » À ce, je vous répondrai que c’est exactement pour ça qu’il est sur cette liste : parce qu’il est non seulement passé maître dans l’art de faire boire de la pisse à ses supporteurs en leur faisant croire que c’est du jus de pomme, mais il trouvait aussi toujours le moyen de s’assurer que ceux-ci en redemandent après. 

À titre d’exemple, on peut penser à la communauté homosexuelle, dont il s’assure du vote électoral en 1992 avant de leur passer, non pas un, mais bien deux cigares avec son appui au Defense Of Marriage Act, ainsi que son superbe projet d’inclusion des gais dans l’armée intitulé Don’t Ask Don’t Tell (ou, en français, si t’es fif garde-le pour toi). Qu’est-ce que vous vouliez qu'ils fassent, les gais? Voter Républicain? 

Il y a aussi sa décision très House of Cardsesque de bombarder une usine pharmaceutique du Soudan sans solliciter l’opinion de ses conseillers (qui lui auraient tous assuré qu’il n’y avait aucune raison légitime de choisir cette cible là), tout ça pour avoir l’air un peu plus présidentiel en ces temps de baisse de popularité (#Lewinsky). 

Mais le vrai talent du Clint - et ce qui le rapproche le plus de Frank Underwood - était sa capacité à faire croire à ses ennemis (ou victimes) qu’ils étaient ses amis, et de faire croire au public que ses amis étaient ses ennemis. Le meilleur exemple de ce don pour le sneaky remonte à 1992, en pleine campagne électorale présidentielle. Voulant attirer le vote des pauvres chômeurs, Clinton ose une promesse pas piquée des vers : réformer l'aide sociale aux États-Unis! En gros, l’idée est de faciliter le passage des chômeurs sur le marché du travail, tout en leur promettant des bénéfices sociaux supplémentaires « en attendant » qu’ils se trouvent une job. Sauf qu’une fois élu, et avec le soutien d’un congrès majoritairement Démocrate, Clinton décide plutôt d’attendre 1996 (et un congrès Républicain) avant de passer une version tellement diluée du projet que même dans ses wet-dreams les plus fous, le plus conservateur des Républicain n’aurait pas pu l’imaginer. Pourquoi? Parce qu’il connaît bien ses électeurs et il sait qu’il peut s’en tirer auprès d’eux tout en allant chercher du soutien à sa droite. D’ailleurs, cette année-là, beaucoup de donneurs important du parti Républicain vont tourner leur générosité vers Clinton, au détriment du pauvre Bob Dole. Et parce que Bill aime mieux nager dans un océan de Républicains, il va s’assurer de ne surtout pas appuyer ses collègues Démocrates dans leurs démarches pour se faire élire au congrès. 

Finalement, Clinton a réussi l'un des plus grands tours de passe-passe de l'histoire de la politique contemporaine : faire oublier aux gens que c'est lui qui s'est débarassé du Glass/Steagall Act, une mesure qui empêchait les banques de gambler comme elles le voulaient avec l'argent des particuliers. La plupart des économistes disent aujourd'hui que cette action de Clinton est une des causes les plus importantes de la crise économique de 2008, que l'on blâme pourtant généralement entièrement sur son successeur. 

Well done, Bill Clinton!

1. Henry Kissinger

L’ancien conseiller et secrétaire d’État de Nixon et Ford mérite entirèrement la première place de notre liste. En effet, ce wannabe Bismarck version Guerre froide démontre plusieurs caractéristiques communes avec le personnage de Kevin Spacey, la plus évidente étant bien sûr son talent pour assassiner impunément. À ce niveau-là, le CV de Kissinger est assez impressionnant, avec une série de bombardements illégaux au Cambodge, le sponsoring du meurtre et du kidnapping de plusieurs opposants de Pinochet au Chili, ainsi que diverses atrocités au Bangladesh et au Timor Oriental. 

Mais la plus grande réussite de Kissinger, c’est sans aucun doute la guerre du Viêt Nam et le sabotage des accords de Paris de 1968. On se rappellera alors que Kissinger, par le biais de diplomatie illégale, avait réussi à convaincre le leadership sud-vietnamien de ne pas accepter la proposition de paix offerte par le président L.B. Johnson, pour ainsi diminuer les chances de réélection de celui-ci face à Nixon, qui est alors le boss de Kissinger. Résultat : les accords de Paris ont échoué, Nixon a gagné ses élections, et la guerre a continué, ajoutant des milliers de morts à la (déjà longue) liste de victimes du conflit. Puis, quatre ans plus tard, Kissinger est retourné à Paris avec une proposition identique à celle de Johnson, et la paix avait finalement été signée. Kissinger allait être récompensé avec un prix Nobel de la paix, quelques mois plus tard. 

C'est ce qu'on appelle s'en tirer pas trop mal. 
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http://urbania.ca/blog/5663/top-3-des-vrais-frank-underwoodFri, 27 Feb 2015 11:53:34 ESTFrancis Baumansbloguehttp://urbania.ca/blog/5663/top-3-des-vrais-frank-underwood
Tomber, mais pas comme dans la toune de Laurence JalbertIl y a certes saisons plus clémentes à la dignité. Le printemps et son entente tacite avec l’équinoxe pour porter des shorts taille haute en mars. L’été et ses pratiques sandales Teva qui épousent les aspérités du terroir. L’automne et ses chapeaux.

Mais l’hiver, oh l’hiver, c’est mince. Entre dégager dans le même manteau pendant quatre mois (échantillons olfactifs disponibles sur la ligne verte) et changer de couleur de ti-ca’sse tous les jeudis pour te donner le feeling d’être autre chose que scandaleusement misérable, les options se font discrètes comme une maxi-serviette.

- Adeptes de télémark avec passe de cafétéria au Mountain Equipment Coop, ce billet s’adresse aussi à vous. Même si vous exultez furieusement devant toute perspective de m’entretenir goretex, prévention des engelures sur fond de Kumbaya ou de me remontrer vos diapositives de ce weekend de trek-camping d’hiver passé à taquiner le grésil -

S’accrocher à l’accessoire hivernal relève certes du domaine du profond désespoir; mais entre le moment où tu pénètres dans un café où l’on vient invariablement de sortir une batch de puffs aux fruits qui dégagent un geyser de steam, et celui où tes barniques se tapissent de cette buse équatoriale qui ne commencera à s’éclaircir que par le centre de ta lentille - TRÈS LENTEMENT - donnant à tout coup l’impression au commis que tu portes une carte avec ton adresse, le nom de ta mère et ta clé de maison dans le cou, le fait d’être coiffée d’un élégant bibi de cachemire comme la petite Buissières dans Blanche, ça aide à la contenance. Ça aide.

C’est pourquoi quand j’ai aperçu cet homme bien coiffé, un septuagénaire au torse bombé sous son Kanuk fluffé comme un rêve, l’œil vif et le pas-sautille, traverser la rue en s’accrochant à son pain baguette comme lustre à la chevelure de Pierre Curzi , j’ai reconnu en lui cet esprit guerrier, ce petit moment qu’il avait dû avoir en se regardant dans le miroir du portique en disant: « Herbert, ça va être une sucrée de belle journée. HANG IN THERE ».

Et soudain, comme toute personne heureuse de véhiculer des produits de la boulange quand il fait -30, Herbert a disparu. La chute. Cette violente et chorégraphique mise au tapis agrémentée d’un astucieux coup de bassin qui ne permit pas d’éviter le pire, la baguette et le comb-over qui revole en un menuet qui se termine dans une marre de marde et de neige, sans cette possibilité de se vider une chaudière d’eau sua tête en pointant la patte devant une tablée de juges conquis.

Herbert venait de sacrer le camp sur une plaque de glace.

Comme le triste (mais nourrissant) spectacle s’est déroulé à quelques mètres de moi, j’ai accouru. J’ai été élevée chez les sœurs: on ne laisse pas bébé dans un coin, mais on ne laisse certainement pas 
Herbert dans une mare de marde.

Le pauvre homme.

Oh, 
Herbert n’était pas blessé de son corps dandy, mais plutôt blessé à l’âme. DÉVASTÉ. Une paupiette honteuse d’avoir perdu pied dans l’hiver. Sa gerbille Guertie serait morte qu’il n’aurait pas été si désœuvré.

Je l’aide à se relever et lui redonne sa baguette humectée-brune pendant qu’il se recoiffe dans l’apparente panique que je découvre que la chevelure de ses vingts ans n’est plus.

« Je ne comprends pas ce qui s’est passé », de me confier, après de longues secondes où la détresse sur son visage faisait place à une mélancolie qui aurait certainement décroché un rôle phare dans Downton Abbey, le vieillard à la vertigineuse couette qui ondulait vers l’est, en berne.

IL VOULAIT me donner une explication.
M’envoyer un faire-part à frills avec RSVP pour assister à sa présentation powerpoint, m’éclairant avec graphiques, sondages et pommes au sucre, sur les raisons exhaustives de cet inélégant affront à une promenade pourtant vouée au succès.

On tombe, en hiver. Vous, 
Herbert et moi (mais préférablement vous), se fendons, de temps à autre, la chute de reins sur le frimas en sacrant. Toute lutte ou vaillante tarentelle est vaine; quand tu sacres le camp, tu sacres le camp et c’est tout.

Et c’est ben rare que ça ne se passe pas devant la vitrine d’un chic bistro où tout le monde regardait par la fenêtre au moment précis où le trou dans le fond de culottes de tes collants est révélé à l’air frais. C’est comme ça.

Alors pourquoi tant de détresse? C’est-tu SI gênant que ça?

Ça l’est.

Même seule au beau milieu du parc à la brunante, je jette huit regards furtifs pour faire bien sûr que personne n’a assisté À LA GRANDE HUMILIATION de n’avoir su utiliser la force G pour me maintenir sur pattes. Parce que c’est bien connu: seuls les gens bien ne perdent jamais pied (et surtout, applaudissent la chute d’autrui, la moustache pleine de gras de canard).

Le désarroi d’
Herbert m’a touchée.

Après m’être assurée qu’il se rendrait intact à son déjeuner des canotiers, j’ai remis mes mitaines et je n’ai fait que deux pas, parce que je n’apprends pas, quand quelqu’un glisse sur une plaque de glace, à contourner le risque. JE FENDS LE VENT AVEC CONVICTION. Ça fait que j’ai sacré le camp à mon tour. Même givre, même marde.

Et le septuagénaire m’a vue. Je le sais, non pas parce qu’il a couru à mon secours, me tendant sa canne à pommeau d’or et une peau de daim, mais bien parce qu’il m’a envoyé la main avec un rire de Lady Oscar en s’éloignant. UNE JEUNE FILLE AU RIRE DE CRISTAL. Oh! qu’il était satisfait.

Il n’était plus seul.

Et moi, j’ai besoin d’une nouvelle paire de jeans.

La bise.
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http://urbania.ca/blog/5662/tomber-mais-pas-comme-dans-la-toune-de-laurence-jalbertFri, 27 Feb 2015 09:58:38 ESTCatherine Ethierle désarroi d'Herberthivercomb-over en berneplaque de glaceune nouvelle paire de jeansbloguehttp://urbania.ca/blog/5662/tomber-mais-pas-comme-dans-la-toune-de-laurence-jalbert
Je ferai ce qu'il faut pour la protéger - Portraits de Montréal












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http://urbania.ca/blog/5661/je-ferai-ce-quil-faut-pour-la-proteger-portraits-de-montrealThu, 26 Feb 2015 15:04:41 ESTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5661/je-ferai-ce-quil-faut-pour-la-proteger-portraits-de-montreal
Le petit guide du mépris à l’usage des trollsL’art de bien mépriser autrui ne doit pas faire exception à la règle. Ce ne serait pas poli pour le mépris et on ne veut pas insulter le mépris: il pourrait se venger. Donc. Si tu veux être le champion des trolls, imbibe-toi des conseils avisés qui suivent.  

1. 
Trouve-toi une cible facile. Plus elle le sera, plus tu auras d’appuis. C’est une loi de base, un classique, de l’intimidation : tape sur le faible, l’isolé, celui qui ne semble pas avoir d’amis. Ou encore celui qui n’a pas trop de voix. Ou celui qui ne pourra pas se défendre. Ou celui dont le statut est déjà malmené par les préjugés. Ça, c’est gagnant. Tu auras « l’opinion publique », on va postuler qu’elle existe et omettre Bourdieu deux instants, de ton bord. Même que ladite « opinion publique » risque d’en ajouter une couche ou deux. Ou trois.  En fait, assure-toi de juste mettre la marde sur la table et que d’autres, par après, jouent avec. Ils vont le faire, tu auras allumé le feu crépitant du « je dois aussi donner mon avis » dans leur cœur. Diviser pour mieux régner, la fin justifie les moyens, l’homme est un loup pour l’homme, etc. Et entre nous, dans l’intime, dire que tu intimides quand tu fais ça, c’est vraiment réducteur et ça ne te rend pas justice, parce que tu es plutôt un rassembleur. Tu permets la cristallisation des opinions et la fixité des idées. Ce n’est pas rien. Donne-toi une petite tape sur l’épaule.  

2. 
Vois grand. Si, par exemple, tu trouvais le moyen d’insulter 127 000 personnes, disons l’ensemble d’un corps de métier comme des enseignants et ceux et celles à qui ils enseignent, on jase, là, personne ne ferait jamais une telle chose, quelqu’un devrait te dire « tayeule », mais c’est justement tellement là que réside ta force, champion : tu dois ratisser large, balancer tes briques, ton fanal, tout ton riche vocabulaire à la de vastes majorités. Qui resteront silencieuses. Ce sera tellement énorme que #lesgens vont se dire que ce doit être vrai. Et ceux visés seront écrasés sous le poids de ton courage et n’oseront pas se lever contre toi. 

3. 
Mélange le plus d’affaires possible. Tu auras l’air de connaître beaucoup de choses et le savoir, c’est le pouvoir et le pouvoir, c’est toi qui l’a au bout de tes doigts qui fracassent ton clavier à la vitesse de ta solipsiste intelligence. Mais c’est bien que tu la recouvres d’un peu de bouette, ton intelligence, question qu’elle ne paraisse pas tant, voire pas du tout. Le monde, il n’aime pas trop ça, les gens qui se pensent bons et à chaque fois que tu scores dans le but de l’idiotie, je te trouve fin renard. C’est Machiavel qui doit te faire des petites minauderies de sa tombe. Toi et la virtù, même combat.  

4. 
Fais des associations libres, mais assure-toi que ça n’ait vraiment pas de sens. Écris des mots sur des petits bouts de papier, mets-les dans un chapeau et tire s’en une dizaine. Et ne te décourage pas. Même si ce sont des mots comme : éducation, Hollywood, oppression, voile, Congo, accent circonflexe et fuck. C’est un petit défi pour un si grand esprit. #Lesgens vont le chercher, tu sais, le sens. Ils vont se croire cons de ne pas en trouver et ils abdiqueront. Magie.  

5. 
Tu es un créatif, c’est pour ça que ton propos passe si bien. Ça demande beaucoup d’imagination pour faire dire ce qui n’a pas été dit ou tronquer des citations. À répétition. Et c’est pour cela que tu es un incompris. Ça prend un certain sens du méta pour apprécier finement tout le arts and crafts que tu peux produire. Et ce n’est pas donné à tout le monde, on va se le dire. On devrait militer, voire même manifester, pour que « troller » figure sur les demandes de subvention du Conseil des Arts. Je lèverais mon poing, pour ça. 

6. 
Qui ne dit mot consent, dit-on. Pars ton truck à côté de ton ordinateur et engage une fanfare pour jouer juste à côté de tes oreilles. Comme ça, même si quelqu’un s’objecte, tu pourras toujours dire que tu ne l’as pas entendu. En théorie, ton bruit ambiant, celui que tu fais à être, devrait suffire, mais ne prends pas de chances.  

7. 
Clairement, le vent de la pensée a tout balayé dans ta tête alors, ne parle plus, mais souffle.  « Prévenant toi » pensera tout de même à se traîner un petit sac de papier brun, dans sa poche de jeans. Au cas où il hyperventilerait. 

8. 
Sois content de toi-même, surtout si tu sévis dans un grand média et sur plusieurs tribunes et que tu trépignes fort à l’idée que tes « idées », à chaque fois qu’elles heurtent le ventilateur, éclaboussent un bout de l’espace public. Tu sais, dans le zoo humain, tu es celui qui garroche les peanuts. Tu es le nanane que #lesgens attendent. Impatiemment. Tu les nourris. Tu es un peu comme Jésus avec les pains et les poissons. Sauf que tu le fais avec tes solides et soutenues et justifiées et pertinentes et crédibles opinions. Ça te prendrait un macaron. Que dis-je. Commande-toi une panoplie : t-shirt, tasse, tapis de souris, avec l’inscription en Comic Sans :  « Je suis un troll et ceci sont mes idées livrées pour vous. ». Le sens du sacrifice, du don de soi, j’ai du respect pour ça. Et alors que ça se perd depuis la nuit des temps et le début de l’humanité et depuis que l’homme est homme, toi, tu as le souci d’incarner tout ça. On ne peut que s’incliner. Vraiment.    

9. 
Exige des remerciements. À la fin de tes interventions. Tu meubles le vide avec plus de vide. FAUT LE FAIRE. Ça demande beaucoup d’adresse. Tu devrais déjà songer au monument qu’on va t’ériger, nécessairement.  

10. 
Et n’oublie pas, même si Richard Martineau a dit « Il faut arrêter de juger le monde » et que « c’est un vieux réflexe […] que […] de […] décourager […] les cégépiens [,…] les profs […] et […] les pauvres » ou encore « Pensez [avant de] parle[r] », ne te laisse pas influencer. Ton mépris vaut plus que ça. Pense à tous ceux et celles qui n’attendent que ton cri du cœur pour déverser tout le petit qu’ils ont en dedans sur autrui. Tu ne voudrais tout de même pas être responsable du fait qu’ils se soient contenus. Je te dis « viarge » et « égoiste, sors de ce corps », le cas échéant. Et tu pourras toujours t’en sortir avec l’une des phrases suivantes : « J’ai été mal compris », « J’ai été mal cité », « Je t’ai blessé? Non, tu t’es blessé toi-même en étant ce que tu es. Sois responsable.», « Ça devait être pris au deuxième degré. », « C’est de l’humour », « Je suis pour les vraies affaires. C’est vraiment triste que toi, tu ne le sois pas. », « Je suis une victime. », « C’est un complot. ». 

Voilà. Flotte au gré des flots du mépris. Sois un bon ambassadeur. Yolo. 


Illustration: Cath Laporte

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http://urbania.ca/blog/5660/le-petit-guide-du-mepris-a-l-usage-des-trollsThu, 26 Feb 2015 11:57:29 ESTVéronique Grenierbloguehttp://urbania.ca/blog/5660/le-petit-guide-du-mepris-a-l-usage-des-trolls
Il faut organiser un 5 à 7 avec tout le mondeJ’ai eu cette idée en réfléchissant aux dernières manchettes: fusillades, attentats et exécutions. Plus que jamais, on assiste en live et en HD à un choc des civilisations. Cinquante ans plus tard, je crois que les prémisses du chercheur Marshall McLuhan sur le « village global » se révèlent fausses – la technologie n’aura pas rapproché les cultures, elle les aura simplement exposées davantage. Mais au lieu d’établir une prise de conscience commune, soutenue par une ouverture d’esprit, cette (sur?)-exposition aura simplement alimenté une méfiance envers «l’autre» et «l’inconnue».

Le village global n’a pas eu les effets souhaités ou escomptés parce que ces idéaux reposent uniquement sur la technologie plutôt que sur le contact personnel. Facebook et Skype ne pourront jamais remplacer la chaleur humaine que dégage une discussion à vive voix. Voilà pourquoi je propose d’organiser ce 5 à 7 où TOUS seraient présents. Et contrairement aux autres réunions mondiales, comme celles organisées par l’ONU, celle-ci ne se limiterait pas aux élites politiques ou culturelles. Tout le monde serait invité.   

C’est un projet que je caresse depuis longtemps, mais que j’ai trop longtemps gardé pour moi. Il suscite toujours trop d’opposition. Quand j’en parle, on me traite de « minable utopiste » ou de « lunatique ». Mais en y réfléchissant bien, organiser un événement qui rassemble la population mondiale n’est pas un projet bien plus fou que celui d’aller sur la lune, …  

Je vous rappelle que lorsque le maire Drapeau souhaitait organiser l’Exposition universelle, en 1967, plusieurs l’avaient alors traité de fou. Et pourtant, l’événement a connu un succès retentissant. 

Je sais, je sais – certains défis logistiques se posent. Il y a d’abord la question de l’emplacement : quel endroit pourrait possiblement être suffisamment grand pour accueillir 7 milliards d’humains, tout en procurant aussi une ambiance chaleureuse et décontractée?  Montréal me semble une destination logique,  en raison de son nightlife reconnu mondialement. Aucun bar ne possède toutefois la superficie nécessaire pour accueillir ce genre d’événement. Puis je me suis dit dream big : pourquoi pas le Stade olympique? Techniquement, il pourrait faire l’affaire. 

Je sais, je sais : vous allez me dire que l’intérieur est un peu laid. Mais avec de la décoration, on peut lui procurer un cachet spécial.

Le Big O d’Hochelaga peut accueillir, selon sa fiche technique, 80 000 spectateurs – pas suffisant, vous me  direz. Mais ces chiffres ne tiennent pas en compte le terrain, le Jardin botanique et le mât du stade.  Si on enlève en plus tous les bancs, je pense qu’il y aurait bien emplacement d’espace pour que sept milliards de Terriens circulent librement!

Maintenant, les sceptiques habituels me diront que ce genre d’événement coûterait beaucoup trop cher au fonds public. Bien que je sois d’accord qu’il faudrait une implication des trois paliers de gouvernement, rien n’empêcherait des investisseurs privés de s’impliquer dans le projet. La Ville de Montréal doit voir cela du bon côté et envisager toutes les retombées économiques que procurait la venue de milliards de touristes dans ses restos et commerces!  

Il y a aussi toutes les difficultés liées à l’organisation. Par exemple, je sais qu’il sera difficile – voire, impossible – de concorder l’agenda de tous les êtres humains. Avec l’aide d’un Doodle, on pourrait toutefois trouver une date qui convient à un maximum de gens possible. Évidemment, je ne suis pas dupe, je sais bien que ce n’est pas toute la population qui répondrait à l’appel – mais même un taux de participation pessimiste de 50 % représenterait un vif succès à mes yeux.

Imaginez : quatre milliards d’humains, venus de partout dans le monde (en covoiturage si possible) échanger en buvant du vin dans un gros brouillon culturel qui mélangerait ethnies, nationalités et religions. 

Comment avons-nous pu vivre tout ce temps sans s’être rencontrés au moins une fois tous? C’est comme ça, qu’on va pouvoir se rapprocher, comprendre l’autre, ses différences et mieux les apprécier. Que nous allons pouvoir grandir comme race unique, en développant un esprit de cohésion qui devrait aider à atténuer guerres et tensions géopolitiques. 

Combien de fois avez-vous rêvé, en vous couchant la nuit, à votre âme sœur? Avant d’être grugé par cette angoisse si inhérente à l’humain : et si cette personne recherchée habitait à l’autre bout du monde? En Italie? En Alaska? 

Et si vous aviez la chance de la rencontrer, bientôt? Je n’ai pas encore prévu de date, pour l’événement, mais il faudra se donner suffisamment de temps pour tout planifier. Peut-être que mai 2016 serait un objectif réaliste. Il pourrait aussi y avoir des prestations musicales de différents groupes (j’ai pensé à Jimmy Eat World, Kendrick Lamar et Les sœurs Boulay), Mais avant tout, j’ai besoin de savoir :

Êtes-vous avec moi? 

Photo: MDV
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http://urbania.ca/blog/5657/il-faut-organiser-un-5-a-7-avec-tout-le-mondeTue, 24 Feb 2015 11:52:33 ESTKeven Bretonle plus gros 5 à 7bloguehttp://urbania.ca/blog/5657/il-faut-organiser-un-5-a-7-avec-tout-le-monde
Chuck à la Cuvée d’Hiver : une soirée arrosée qui a changé la vie d’un jeune homme timideCe billet est présenté par La Cuvée

Chuck aime : Les smoothies à la fraise, classer ses livres par ordre alphabétique, les mangas et les Fruit Loops.

Chuck n’aime pas : Le pain blanc tranché, le pain aux raisins, le pain 12 céréales... le pain en général, pour faire une histoire courte!

Par une soirée d’hiver, froide et humide, Chuck se baladait sur le Plateau en quête de sensations fortes. Et lorsque Chuck pense aux sensations, entendons-nous, il songe à rentrer chez lui pour essayer de battre son record à Mario Kart. Et c’est ainsi qu’il errait, l’esprit à cheval entre la nostalgie candide et l’espoir d’un monde à refaire. Chemin faisant, il tentait d’éviter, sans trop changer la cadence de ses pas, les craques du trottoir semi-enneigé. Et c’est dans un soudain qui frôle l’instantanéité qu’il aperçut une affiche d’un événement – La Cuvée d’Hiver? – avec une flèche pointant vers une église (Saint-Enfant-Jésus, sur Saint-Dominique, selon des sources de fiabilité moyenne). L’entrée était illuminée, comme dans les plus grands récits de miracles et de révélations. Ça s’est passé en 2014. C’est une année qui existe: ça peut juste être vrai!

De sa main frêle, Chuck poussa la porte de l’église. La porte non-officielle, celle qui mène au sous-sol. Déjà, dans l’entrée, il pouvait entendre une musique rétro aguichante. Sans trop s’en rendre compte, il tapait du pied, à la fois pour se réchauffer et pour chasser la morosité. Le rythme swing s’est rapidement emparé de son bassin. Conquis d’avance, il sortit son porte-feuille artisanal en cuir véritable pour payer son entrée. Dès lors, on lui remit un joli verre. Chuck ne savait pas trop ce qu’il allait foutre là-bas, mais il n’avait rien à perdre. C’était ça ou Mario Kart.

Une fois à l’intérieur, il sentit son stress s’évanouir au profit d’une irrésistible frénésie. En un claquement de doigts, son verre était à moitié plein d’un liquide brunâtre aux parfums festifs. De la bière. De la foutue bonne bière! Alors que son inhibition lui annonçait qu’elle était de sortie pour la soirée, Chuck se voyait confier la responsabilité du plaisir et de l’abandon. Il était entouré de super beaux gars et de super belles filles, assoiffés par la découverte.

Aux divers bars sur lesquels il avait le courage de s’accouder, Chuck était accueilli avec un large sourire (avec des dents, pis toute pis toute). Chaque question qu’il posait trouvait une réponse inspirante pour remplir son verre à nouveau; de connaissances et de liquides divins. Au fil de sa soirée, trop brève aux dires de certains, il aura dégusté de bons whiskys, des bières à confondre les papilles et de la bouffe juste assez cochonne pour ébranler les mœurs des bien-pensants.

Lorsqu’il est ressorti de l’église, Chuck a poussé un soupir qui ressemblait à un gémissement. Quelque chose comme un cri de liberté. Comme une ligne dans le temps, pour lui rappeler que désormais, il y aurait sa vie avant et après cette soirée. Souriant, il a slaqué sa ceinture d’un trou. Pas parce qu’il avait trop bu et trop mangé, mais bien parce qu’il se sentait plus décontracté et serein. Chuck a appris quelque chose ce soir-là.

***

J’y étais. Je l’ai vu. J’ai même jasé un peu avec Chuck. Là, vous allez me dire que j’étais chaudaille et que je suis en train d’inventer tout ça... Nenon! Si vous ne me croyez pas, allez à la troisième édition de La Cuvée cette année. Vous allez en voir du monde qui entrent dans l’église «sûrs de rien» et qui en ressortent «convaincus de tout». L’illumination, je vous dis!

La Cuvée d’hiver
Du 26 au 28 février 2015
Église Saint-Enfant-Jésus, 5035, rue Saint-Dominique


Ne manquez pas les autres tomes des aventures de Chuck :
- Chuck à la boulangerie : les viennoiseries, c’est bien meilleur que le pain
- Chuck au Cambodge : oh mais quelle galère!
- Chuck à La Ronde : les hauts et les baaaaaaaaaaaaah!

Photo: dr.snitch
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http://urbania.ca/blog/5656/chuck-a-la-cuvee-d-hiver-une-soiree-arrosee-qui-a-change-la-vie-d-un-jeune-homme-timideMon, 23 Feb 2015 17:16:01 ESTPierre-Luc Gagnonbloguehttp://urbania.ca/blog/5656/chuck-a-la-cuvee-d-hiver-une-soiree-arrosee-qui-a-change-la-vie-d-un-jeune-homme-timide
Je déteste Céline DionOn se rendait avec nos parents à la boulangerie vers 5 heures du matin, on remplissait le coffre de la voiture et ensuite on se faisait un meeting avec les coachs, les joueurs et les parents dans le parking pour se séparer la ville en district de ventes. Nous étions comme des mini Bill Gates du levain.

C’est avec mon trop grand jacket au couleur de mon équipe, ma casquette d’équipe pis mes jogging des Sharks de San José que j’ai embarqué dans la voiture de la mère de mon meilleur ami de l’époque, Éric. Éric, c’était mon best buddy. C’était l’ami chez qui j’allais jouer à NHL 95, c’était avec lui que je collectionnais les pogs. C’était l’ami chez qui j’allais dormir pis que nous attendions que les parents se couchent pour regarder des films de fesses sur Super Écran! 

Une des plus grandes qualités qu’Éric possédait n’était pas sa générosité ni son sens de l’humour, non. Sa plus belle qualité était sa mère Sylvie! Il me tuerait aujourd’hui d’apprendre que je capotais sur sa mère! C’était mon début de puberté et je trouvais sa mère beaucoup trop chaude. Les matins chez lui étaient magiques. Je mangeais mes toasts au beurre de peanuts en regardant sa mère se faire un café. J’espérais secrètement qu’elle laisse tomber sa robe de chambre et qu’elle prenne un accent de bad girl dans les films de James Bond : 

« Éric, va dans ta chambre et laisse-moi seul avec ton jeune ami de 12 ans beaucoup trop séduisant... » 

Cette journée-là, mon père ne pouvait pas venir vendre du pain avec nous. J’étais donc allé avec mon acolyte de pogs et sa mère trop chick. C’est assis dans le Dodge Colt Hatchback turquoise que nous étions partis conquérir le comté de l’Assomption avec nos miches de pain. 

Pour vrai, nous en vendions vraiment beaucoup. Même que des fois, nous devions retourner en chercher une autre cargaison à la boulangerie. Cette journée-là, je voulais être le meilleur vendeur de pain de mon équipe! Je ne voulais pas perdre une seconde. Éric et moi étions sur une lancée qui encore aujourd’hui je qualifie de MEILLEURE JOURNÉE DANS L’HISTOIRE DE LA VENTE DE PAINS!

Je me rappelle que nous nous étions arrêté dans un dépanneur et que Sylvie (ma MILF) m’avait payé un 7-Up. Wow! Une adulte me payait une liqueur, pis pas un Kiri, non, un vrai 7-Up! Dans ma tête de pré-pubère, c’était clair que je lui plaisais! Je buvais ma boisson gazeuse, j’étais assis en avant à ses côtés et l’album D’eux de Céline résonnait dans le Colt pendant que mon partner calculait notre gros cash en arrière. Crisse que la vie était belle. 

Sylvie nous proposa d’aller dans un village voisin pour étaler notre capitalisme « farinal ». Nous étions ainsi assuré qu’aucun membre de notre équipe ne soit déjà passé. En plus d’être belle... Elle était bonne en affaires. YEAHHHHH. Je lui ai levé ma liqueur avec une paille, j’ai pris mon regard de Donald Trump et j’ai acquiescé de façon prétentieuse à son idée. 

Sur le rang de campagne, mon 7-Up avait fait son chemin jusque dans ma petite vessie. J’avais une envie d’uriner très inconfortable, mais je n’avais pas de temps à perdre pour aller pisser... J’avais un business à faire rouler. J’avais l’impression que j’avais une balloune d’eau dans le bas de mon ventre et qu’elle était sur le point d’exploser. J’essayais de trouver une position confortable, un peu comme quand on se réveille la nuit avec une envie d’uriner et qu’au lieu d’aller se soulager, on combat la nature en prenant des positions pour éviter de ressentir notre vessie. 

Sylvie chantait du Céline, Éric comptait nos profits, moi je fixais l’horizon... Il commençait à pleuvoir, je ne voulais pas arrêter sur le bord de la route. J’ai donc pris ma voix en mutation et j’ai faussé quelques syllabes qui ressemblaient à : 

«Si - garage - arrête - j’ai envie.»

Au même moment, nous avons frappé un énorme nid de poule. Que dis-je? Le diable lui-même est venu me ridiculiser en installant un nid de poule directement devant la voiture. J’ai saisi la poignée intérieure de toutes mes forces et je me suis mis à me pisser dans les joggings. J’ai hurlé d’arrêter la voiture. Vous savez, comme moi, qu’une fois que le flot est engagé... Plus rien ne peut arrêter ton urine de splasher ton orgueil.

Je me rappelle que c’était la chanson Pour que tu m’aimes encore qui jouait. J’ai ouvert la portière, la voiture était encore en mouvement. Je suis parti à courir, je me suis baissé les joggings et j’ai déversé contre le vent. Mon manteau recevait le retour de gouttelettes et les paroles de Céline s’échappaient par la portière laissée ouverte et allaient se perdre dans le champ de vaches. Je me rappelle des paroles exactes que l’écho me renvoyait : 

« Les formules magiques des marabouts d'Afrique 
J´les dirai sans remords pour que tu m´aimes encore... »

J’étais dos à la voiture, je ne voulais pas me retourner et avoir à regarder mon meilleur ami qui venait de me voir me pisser dessus. Je ne voulais pas regarder sa mère, mon fantasme de kid... Je suis passé de jeune homme entrepreneur à petite pisseuse en l’espace d’une chanson de Céline. Cette journée-là, sur le bord de la 343, mon orgueil s’est fait kicker dans face... Encore aujourd’hui, je le cherche. 

Je déteste Céline, les miches de pain pis le 7-Up...
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http://urbania.ca/blog/5654/je-deteste-celine-dionFri, 20 Feb 2015 13:58:15 ESTJonathan Robergecéline dionbloguehttp://urbania.ca/blog/5654/je-deteste-celine-dion
Comme dans un moulinQue ce soit le toaster à hot-dog, l’étui de protection pour bananes, ou encore le sac se trouvant sur le côté de la tondeuse pour faire propre, l’Homo Sapiens a toujours usé d’innovation pour rendre son existence plus confortable. Les technologies de l’information ne sont pas étrangères à cette tendance.

En effet, non seulement elles nous permettent de devenir millionnaire à 24 ans en partageant des trucs beauté, mais elles nous poussent aussi à tout savoir sur tout le monde en tout temps. Car oui, si vous ne le saviez pas, exit le concept d’anonymat, rebienvenue le temps de la société vicinale! Tout le monde va savoir ce que vous faites, avec qui, quand, comment et où !

L’œil qui vous suit
J’espère que je ne vous apprendrai rien en vous disant que vos moindres faits et gestes sont désormais épiés, et ce, tout simplement en exploitant les technologies qui vous suivent au quotidien. Votre téléphone intelligent est probablement l’instrument d’espionnage le plus efficace jamais créé. Simplement en croisant les données que vous mettez volontairement en ligne à toute heure du jour et de la nuit, il est possible d’avoir une excellente idée de ce qui se passe dans votre vie.

À cela s’ajoute toutes les données que votre téléphone transmet sans que vous en ayez conscience. Parce que oui, pour fonctionner, votre appareil refile des données à tout le monde et sa mère. Sans compter les diverses applications qui vous siphonnent avec, ou sans votre autorisation.

Meh vous dites? Sachant que votre caméra de cellulaire peut être utilisée à votre insu, meh certain! On s’insurge (avec raison) de la fouille à nue effectuée dans une école, mais je me demande sérieusement combien de photos ont été prises dans les cabines d’essayage alors que les personnes visées n’en ont aucune espèce d’idée? Je vous invite à faire des recherches sur le Web si le cœur vous en dit.

Jusque chez vous
Comme si cela n’était pas assez, la surveillance s’incruste dans d’autres objets qui font partie de votre quotidien. Si vous pensiez que votre ordinateur était un bon endroit pour cacher des secrets, well, think again mofo ! Lenovo vient tout juste de nous prouver qu’il s’agit d’une pratique commerciale gagnante de foutre un maliciel espionnant ses clients directement dans l’ordinateur dès la sortie de l’usine. Mais tsé, la compagnie pensait vraiment que vous apprécieriez ça de vous faire espionner. Ça doit être ça le vrai « service à la clientèle ».

Ha, pis si jamais la compagnie qui fait votre ordinateur n’avait pas pensé vous surveiller avec un logiciel préinstallé, ce n’est pas bien bien grave. On finira tout de même par aller farfouiner dans votre disque dur. La National Security Agency (NSA) trouve que c’est une bonne idée de venir directement fouiller votre disque dur, histoire de savoir si ce que vous faites est réellement en accord avec l’intérêt national des États-Unis. Ha, et le Canada fera probablement la même chose sous peu, si on en croit le projet de loi C-51.

Bon, ok. On va lâcher l’ordinateur pis on va aller se taper quelques émissions de télé, histoire d’oublier tout ça. Ça s’adonne que quand vous regardez la télévision, il se pourrait bien qu’elle aussi vous regarde et vous écoute. Si vous avez un téléviseur intelligent récent de Samsung, ben je vous annonce que vos conversations sont constamment écoutées par le microphone chargé de contrôler les fonctions d’activation vocale de la télé. Ça, c’est sans compter les autres données qui sont envoyées à la compagnie coréenne au travers la connexion Internet demandée par ladite télé.

Pis si jamais l’idée vous passait par la tête de vous installer un système de caméras de surveillance à la maison, j’espère que vous savez ce que vous faites, parce que ça se pourrait très bien que les images captées par vos caméras finissent par se retrouver diffusées partout sur Internet. C’est une excellente source de divertissement pour les voyeurs, cela étant dit. 

Big Brother? Nah, pas pantoute. En fait, c’est toute une série de « petits Brothers » qui se mettent en gang, question de siphonner ce qui vous restait de vie privée. Dans tous les cas, je commence à me demander si ça ne serait pas plus simple que je balance la clef de ma demeure dans les poubelles. Anyway, tout le monde entre et sort de ma vie, sans même que je puisse dire quoi que ce soit.

Comme dans un moulin.

Photo: Mike Mozart
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http://urbania.ca/blog/5653/comme-dans-un-moulinFri, 20 Feb 2015 11:56:54 ESTBenoît Gagnontechnobloguehttp://urbania.ca/blog/5653/comme-dans-un-moulin
Merci, mon braveVendredi dernier, on se parlait pour la toute dernière fois. Il était question de mon billet Urbania. Oh, nous n’avons certes pas abordé la théorie quantique des champs; que du badinage. Du badinage empreint de sa chaleur habituelle. Ses bons mots (EN CAPS).

La fin de semaine dernière, une personne que j’aime beaucoup est partie. Comme ça, en un battement de cils; il était là et la seconde qui suivit, il n’y était plus. Il paraît que c’est comme ça, la vie; une minute plus tôt, tu passes le petit verrat de rouleau collant sur le kit plein de petits morceaux blancs que tu as vaillamment sacré dans la laveuse avec un kleenex, en te disant que cette soirée à laquelle t’as pas tant envie d’assister en vaut la peine. Et la minute d’après, c’est terminé. Tout ce souci pour une chemise que tu porteras jamais.

Richard est brièvement passé dans ma vie. Et cette mise en contexte de pauvre avec la blouse aux kleenex ne lui rend certes pas hommage. Mais je sais que ça l’aurait fait rire.

J’avais simplement envie de lui écrire une dernière fois. De le saluer, ici.
Et je ne suis pas certaine qu’il aurait fait la split devant tant de cérémonie ou de larmoyance. Par chance, Richard, Susan (DÉGUISÉE EN GOMME BALLOUNE COLLÉE SOUS UNE CHAUSSURE SPORT) sauve la mise.

Richard lisait tout, absolument tout ce que j’écrivais.
De mes billets mondains sur les stars qui se fendent le fond de culottes dans un bistro, des billets que j’ai parfois honte d’écrire, aux papiers inspirés que je publie avec l’assurance d'une Oprah couchée en sirène pour un shooting photo de panty liners, il les parcourait tous. Avec une attention, une chaleur et un regard amusé que je ne méritais pas toujours.

Mais qu’importe; même dans le bourbier de l’infinie minceur syntaxique, il y était. Prêt à souligner le seul passage qui avait du sens, ou cette torride référence à Danny DeVito qui lui avait déployé les orteils en éventail. Un gentleman.

Il est de ces gens qui passent dans notre vie et qui, sans le savoir, la transforment.

OH HELLO, LE CLICHÉ.
Qu’on le coiffe immédiatement d’un très petit chapeau en cône et qu’on lui souffle des flûtes en papier qui retrousse dans le visage, à ce cliché. Parce que j’ai envie de le célébrer.

De célébrer le passage d’une personne qui m’a, en quelque sorte, sauvé la plume. La plume et la peau (il aurait trouvé que ça ferait un excellent titre d’album. NOTE ÇA, TI-CUIR). Et ce qui est terrible, c’est qu’il n’avait certainement pas la mesure de tout le bien qu’il me faisait, même à distance. Même sans qu’on se côtoie le derme. Comme ça, gratis, par jours de pluie et de grands vents.

C’est souvent ainsi que ces gens de passage nous saucent, sans le savoir, dans la grâce. Avec ce sens inouï du timing. J’ai eu cette chance. D’être burinée du bas de la croupe par ses certitudes. Par son approbation et ses thumbs-up incessants. Des thumbs-up que je ne saisissais pas toujours mais que lui, estimait essentiels. Comme s’il me lisait le doute ou l’envie de tout sacrer là et d’aller vendre des chapeaux à Epcot Center.

Je ne voulais pas ce billet sirupeux de souvenirs tendres ou épitaphe; plusieurs l’ont fait avec beaucoup plus de finesse et - surtout - de pertinence que moi.

Je tenais simplement à te saluer le passage, Richard.

Un passage que je n’oublierai pas et que je tenterai d’honorer à grands coups de dindonneaux photoshoppés sua tête de la Reine. Et à grands coups de courage, aussi. Parce que tu m’en as donné plus que quiconque.

Notre amitié n’aura duré que quelques mois. Une demi-année, tout au plus. Je la tiendrai au chaud, je te le promets. Et avant de partir, pour une dernière fois, cette petite marche qui t’avait tant fait plaisir.



Merci, mon brave. Merci pour tout.

La longue, longue bise.
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http://urbania.ca/blog/5652/merci-mon-braveFri, 20 Feb 2015 08:52:36 ESTCatherine EthiertgicMerci, mon braveRichard Legaultbloguehttp://urbania.ca/blog/5652/merci-mon-brave
Suis-je American Sniper?Inévitablement, un film de guerre a un point de vue. American Sniper fait jaser. MSNBC a son opinion, les républicains aussi, Michael Moore, les militaires. Je n’ai pas envie d’en faire la critique politique. Ni artistique, d’ailleurs. Je ne suis pas un critique de cinéma. Clint Eastwood prétend que c’est un film anti-guerre. Oui, peut-être. Je m’en fous. On y raconte que Chris Kyle, le vrai American Sniper de la vraie vie, compte plus de 160 tirs létaux. Tous au nom de la patrie. C’est peut-être ça qui me fascine? La récupération de la violence comme forme d’identité? Suis-je American Sniper? Sinon, qui suis-je?

L’affaire est que, moi, je ne crois en rien. Ok, la liberté, eeee la science, le respect, en général, mais mollement. Je ne suis pas sociologue. Je suis auteur. Dans la vie, je parle de moi ou des personnages que j’invente, ce qui est l’équivalent, vraiment. Pour cette raison, j’ai souvent peur qu’on me qualifie d’égoïste ou d’égocentrique. Alors, je fais quoi?

Parfois, je me demande si je devrais être religieux, ou spirituel. Je voudrais m’offrir à une cause plus grande que moi. Quelque chose de beau, de sublime. Je pense à m’inscrire au yoga ou alors apprendre le krav maga. Pour mon premier livre, j’ai beaucoup étudié les tueries dans les écoles. Columbine, surtout, parce qu’ils ont fait ça à deux, en équipe. Je voulais essayer de comprendre la psychologie de ces criminels. Leur folie, leur lâcheté, leur manque de connexion avec le réel. J’ai toujours interprété ces gestes comme des attentats terroristes apolitiques. Et dès les premières attaques de « loups solitaires » qui se réclamaient tout à coup de l’EI dans les derniers mois, je me suis rappelé mes recherches. Le lien était facile à établir. Même type d’individus, MO semblable. Ils ont simplement échangé leurs trench coats contre des drapeaux noirs. Bon, je sais, c’est plus complexe que ça. N’empêche qu’Olivier Roy, politicologue français, fait la même comparaison en entrevue pour le journal Libération en expliquant que, malgré qu’on ne veuille pas voir les points communs, « ces conflits sont le symptôme d’un même effondrement culturel » et que, « en Orient comme en Occident, il existe une jeunesse fasciné par ce nihilisme suicidaire ».

Bien sûr, je ne suis pas criminaliste, ni psychologue. Mais dans un sens, je peux comprendre d’où vient le vide parce que cette vacuité me nargue aussi, parfois. Rassurez-vous, jamais je ne m’abandonnerais à la violence. L’écriture est un exutoire qui me suffit. Oui, il m’arrive d’essayer de me prouver que la vie a une signification. Je ne suis pas physicien, mais, je me dis, tout au plus 80 années de vie dans un univers qui en est âgé de 13.8 milliards, qu’est-ce que ça veut dire? Probablement rien,  hélas. Par contre, quand je vois un film comme American Sniper, j’ai l’impression que, à bien y penser, moi aussi je fais partie d’un clan, d’une équipe. Moi aussi j’ai un drapeau, un but, un rêve. Est-ce que la thèse du nouveau Houellebecq est juste? L’humain était-il prêt pour l’athéisme? Est-ce que la société a changé plus rapidement que les individus qui la composent?       

Évidemment, il est permis de se méfier de ceux qui versent trop de larmes à la simple vue d’un drapeau, encore faut-il au moins en connaitre les couleurs. Nous, les Canadiens français, sommes orphelins constitutionnels et vivons dans le pays imaginaire du Québec. Même si des sondages indiquent qu’une majorité voterait « non » à un éventuel référendum, ça ne veut pas dire qu’ils se sentent Canadiens pour autant.  « Le Québec ma patrie, le Canada, mon pays »? Ouais, bof. Je ne sais pas. Et mon passeport, lui? J’ai l’impression qu’à force de vouloir se donner une identité depuis la Révolution tranquille, on a peut-être fini par se l’enlever. On oublie souvent que notre histoire est remplie de guerriers et d’aventuriers. De Étienne Brûlé à Léo Major du Régiment de la Chaudière, seule unité canadienne française à avoir participé au débarquement de Normandie, trimballant fièrement la devise « Plus durable que le bronze ». Je n’essaie pas de faire l’apologie de la guerre, je dis simplement qu’on a tendance à oublier cet esprit de nos ancêtres qui coule dans nos veines. Et depuis qu’on est jeune, on nous a tellement appris à détester l’unifolié qu’il nous est devenu presque impossible de s’identifier avec fierté à une armée qui le porte. 

En allant voir American Sniper, pour quelques instants, je me suis senti moins orphelin. Ce n’était peut-être pas sous mon drapeau que les guerriers risquaient leur vie, mais l’aspect propagandiste du film a réussi à me faire croire que oui. Hier, j’y suis retourné. Et pas seulement parce que j’avais pris un trop grand Coke diète la première fois et que j’ai dû sortir à trois reprises me vider la vessie. Maintenant qu’on nous a convaincu qu’il fallait lâcher Dieu pour prier d’avoir toujours plus de pouvoir d’achat, mais que, du même coup, on nous dit que notre génération est la première depuis longtemps qui en aura moins que ses parents, on fait quoi? On peut rêver avec des billets de loterie ou des tickets de cinéma. Je garde mes chances pour ces derniers. Oui, il est beaucoup trop simpliste de séparer l’humanité en « loups », en « moutons » et en « chiens de berger », j’en conviens, mais parfois, c’est une lecture facile à comprendre qui réconforte et nous fait oublier la complexité de tout le reste.

Alexandre Soublière est l'auteur de Charlotte before Christ (Boréal). Son deuxième roman devrait paraitre à l'automne 2015. Vous pouvez le suivre sur Twitter
Photo: enigmabadger
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http://urbania.ca/blog/5651/suis-je-american-sniperThu, 19 Feb 2015 10:00:00 ESTAlexandre Soublièreamerican sniperbloguehttp://urbania.ca/blog/5651/suis-je-american-sniper
Il y aura toujours besoin de construire des choses ici - Portraits de Montréal











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http://urbania.ca/blog/5650/il-y-aura-toujours-besoin-de-construire-des-choses-ici-portraits-de-montrealWed, 18 Feb 2015 13:57:54 ESTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5650/il-y-aura-toujours-besoin-de-construire-des-choses-ici-portraits-de-montreal
La liste de ManueAaaahhh, la sacro-sainte liste des caractéristiques de l’homme désiré, c’est tellement puéril et surfait! On a toutes fait ça, ado ou dans un moment de cul-de-sac sentimental. Pis à chaque fois que ça tombe sur le sujet, y’a toujours une amie qui te dit : « Ça marche pour vrai! Be careful what you wish for, darling, cause you might get it. » S’ensuivent généralement des ricanements de sorcières complices. Misère! Dois-je vraiment m’astreindre à cette tâche de visualisation psycho-poche? 

Le lendemain après-midi, je vais m’accoter au comptoir du bar du coin de la rue, café à la main, je sors mon petit carnet. Je me sens comme une Julia Roberts pathético-ridicule, qui tente de remixer sa vie en faisant des kriss de listes... je finis par faire ajouter du Bailey’s dans ma tasse, histoire de mettre un « peu de sérieux » dans ma démarche...

Ce que je cherche? En fait, ça serait beaucoup plus facile d’écrire ce que je ne veux pas. Fini le gars trop loud qui a la vérité molle. Exit aussi, le collègue pas vraiment libre qui te laisse faire de la nage sur place dans la grande piscine de la vacuité amoureuse. Le badboy à tatoo, j’ai assez donné, c’est moi qui ressors de là scarifiée. L’intense-trippant, qui après trois mois, s’avère être un caméléon dépendant, ça me fait le même effet qu’être poursuivie par un journaliste qui fait des vox-pop à la sortie du métro.

Ce que je veux, ce que je veux...

En fait, je pense que j’aimerais rencontrer un homme-arbre, un gars avec des racines fortes, ben groundé, qui ne plie pas au moindre coup de vent. Un mec solide sur qui tu peux t’appuyer quand t’es fatiguée. Un monsieur pas stressé qui serait capable de me dire « Calme-toi, la petite » quand la machine à scénarios me part en fou. Quelqu’un qui n’a pas peur de l’improvisation et du bordel (parce que oui, il faut parfois enjamber quelques obstacles pour passer de ma cuisine au salon). Un père monoparental, ça serait pas pire, pour qu’il connaisse cette réalité et comprenne que les enfants passent avant tout et qui ne se sent pas menacé si sa blonde jase avec le père de sa progéniture une couple de fois par semaine. Un gars qui aurait une joie élévatrice contagieuse et qui rendrait ma vie encore plus signifiante qu’elle l’est déjà.

La liste faite, le problème, c’est que je n’ai aucune envie de me mettre en mode « recherche et séduction ». Je suis trop naze quand j’arrive à la maison, je ne peux éplucher les 3126 fiches de Don Juan en ligne sur Zéro-Contact. Je n’ai pas l’énergie non plus de me transformer en une Tinderella qui, à la fin d’une « baisaille », panique en cherchant ses bas. Le speed-dating avec un sac brun sur la tête, pas vraiment mon genre non plus. 

Bref, il faudrait idéalement que le prospect cogne à ma porte. Oui, je sais, ça pas d’allure, à part un nouveau voisin qui veut de la farine ou un livreur de samossas, y’a pas grand possibilités.

Étonnement, 3 jours après avoir rédigé la fameuse liste, je reçois un message d’un gars qui a vu ma fiche estivalo-défraîchie sur BOF. Son message est plein d’esprit. Sur sa photo, il semble atteint de rébellion capillaire, j’aime bien ! Un échange s’amorce, y’a complicité, il rit de mes jokes, je ris des siennes. Une semaine plus tard, rendez-vous pour une pinte. Ça me tente pas pantoute, j’ai l’impression que je me fais violence, j’ai peur d’être déçue. Il rentre dans le bar, je le vois, on se dit une niaiserie et je sais automatiquement que la soirée sera agréable. Effectivement, c’est facile, on passe aisément de la profondeur à l’absurdité. Tout coule, on a envie de se revoir.

Je rentre chez moi, un peu abasourdie. Tabouère, ça fit avec les critères… de la liste. C’était vraiment ma meilleure date à vie. Il me texte le lendemain et m’invite à souper chez lui le week-end suivant. Le dimanche arrive, je me pointe chez eux, c’est super chaleureux. Il a même réussi à trouver le film bollywood super rare dont on avait parlé la première fois. Apéro, vino blanco, vino tinto… et là rapprochement... en fait, il fait les premiers pas et ça prend l’allure d’une accolade un peu awkward. Un genre de truc, un peu paternel, bizarre. Isshhh. Bon, ok, c’est peut-être de la timidité, de la maladresse de première fois.

Transfert sur le divan et là, embrassade. Mais, c’est vraiment ordi. Je me dis : « Manue, t’es peut-être pas habituée aux bons gars gentils, tu sabotes là... allez, il est génial ce garçon! » Déplacement vers la chambre, mais ça ne marche pas, je suis zéro allumée, je ne sens aucune compatibilité, contrairement à lui, qui semble tout content d’être heureux. Je me mets à pogner le fixe sur un bibelot vraiment laid sur sa table de nuit pendant qu’il me tatillonne avec un sourire béat. J’ai l’impression que mon Bas-Canada est un écran tactile de cellulaire et que le mec cherche un numéro parmi ses contacts. Je suis complètement décrochée, il faut qu’on en finisse au plus vite.  

Minuit arrive, je dis que je dois rentrer sinon, je vais me changer en citrouille. Je me retrouve dans mon lit un peu tristounette et là, ça me flashe en gros comme une enseigne lumineuse à Vegas: PHÉROMONES. Le mot que j’ai oublié dans ma liste. 

Pourquoi quand y’en a trop, je deviens folle et je roule sur l’autoroute des histoires toxiques à 200 km/h les yeux ben fermés?

Et pourquoi, quand c’est absent... rien à faire, même s’il y a tous les autres critères?

Manue, des Rosemomz
Illustration: Pierre-Nicolas Riou
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http://urbania.ca/blog/5649/la-liste-de-manueWed, 18 Feb 2015 12:00:31 ESTLes RoseMomzroseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5649/la-liste-de-manue
Vos histoires de famille
Ce billet est présenté par Dans la république du bonheur, à la Cinquième Salle de la Place des Arts du 19 au 28 février

Il y a quelques années, lors du traditionnel souper de Noël, la discussion tournait autour des "conneries de jeunesse" de chacun. Mon oncle, qui a toujours été connu comme un badboy, se met à rire et dit: « Papa, tu te rappelles quand j'ai mis des lames de rasoir derrière tes 4 pneus? C'était tellement pissant!»

Apparemment mon grand-père n'avait jamais su que c'était lui. 

On a dû les séparer quand il s'est jeté sur mon oncle. Ooups.

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À Noël, ma tante a amené un homme qu'elle fréquentait depuis peu. Pas si tard, mais dans un état avancé, il a suggéré, devant la table, que je devrais porter une (il mime) ceinture de chasteté.
Dès lors, mon copain de l'époque a commencé à l'appeler "chummy", ce qui me rend encore confuse à ce jour.

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Les soupers de famille chez nous, c'est jamais ben ben tranquille! Il y a la fois où ma grand-mère a dégelé une tourtière au lieu d'une tarte aux pommes, de la tourtière à 11h le soir quand tu pensais à de la tarte, c'est spécial. Ou le fait qu'on se déguise pour les partys de noël, l'année thématique métiers où ma cousine pis son chum sont arrivés en astronautes avec des grosses chaudières sur la tête pis des tuyaux de sécheuse dans les bras est assez mémorable!
Mais mon père, c'est lui qui gagne LA palme des affaires bizarres. Une année, il a offert un couteau suisse à mon cousin. Pour lui montrer à quel point la lame était coupante, il s'est rasé un bout de mollet pour ensuite MANGER SON POIL. Oui. Son poil de jambe. Bon, vous me direz "y'était chaud", mais je pense que les deux fois ou il a mangé une napkin pour "voir si ça faisait des cacas emballés" prouvent que mon papa n'essayera jamais assez fort de nous faire rire.

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Se brûler la lèvre en fumant du hasch au couteau le 23 décembre... Ça avive les discussions des soupers des fêtes!!

Vive le cégep!!!

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J'ai une très mauvaise relation avec mon père, si bien que je ne le vois pratiquement qu'à Noël. J'ai aussi deux filles, une de 5 1/2 ans et l'autre de 2 1/2 ans, qui ne voient donc pas souvent leur grand-père. Cette année au souper de Noël, la petite de 2 1/2 ans, qui était particulièrement tannante, a grimpé avec assurance sur les genoux de mon père pour lui demander: « T'es qui toi?...» 

L'année prochaine, je lui sors une photo de lui et lui fait un briefing avant le souper.

***

Nous sommes à table pour le souper de Noël. Une petite famille de la Rive-Sud, bien simple, très calme, soirée traditionnelle. Ma cousine nous présente un nouveau chum chaque année. C'est toujours surprenant/étonnant/désagréable. Cette année, toutefois, on a atteint un nouveau niveau de malaise. Je précise que c'était la première fois que nous rencontrions tous le nouveau garçon.
Ma mère (entre deux bouchées de potage) : 

« Dis-moi Charles, j'ai une question indiscrète pour toi. Quel âge as-tu? »
Le nouveau chum (qui se drôle bien drôle): Ah! Je pensais une vraie question indiscrète comme : «aimes-tu l'anal?...».

Malaise. Joyeux Noël!

***

Il y a de cela un bon 10 ans, quand mon amie et moi avions 14 ou 15 ans, mon amie est sortie avec un gars plus vieux qui habitait à l’autre bout de la ville.  Le gars n’était pas net, il a volé dans un Ardène et a fait arrêter mon amie à sa place. Finalement ils se sont laissés 6 mois après, il lui devait pas mal de cash. Récemment je parlais de ça avec mon amie, pis on a ri comme deux épaisses.

Le 25 décembre, je vais souper chez la soeur de mon chum, ça fait six ans qu’on est ensemble et donc ce n’est pas la première fois que j’y vais. On est sur le point de manger la tourtière quand un gars qui entre dans l’appart, un voisin apparemment.  J’ai failli recracher ma bouchée, c’était l’ex de mon amie!  

Le gars ne me reconnait pas, moi je me garroche sur mon cell pour chercher une photo de mon amie, je me lève pis j’y dis : « HEY, t’as connais elle hen?»  
Le gars nie EN BLOC. Super mal à l’aise, il me regarde genre “je t’en prie épargne moi”. Mais j’ai une tête de cochon, alors j’envoie un texto à mon amie qui m’envoie une photo. Je fouille Facebook pour m’assurer que le nom fit pis tout.  Verdict: c’était vraiment lui. Mon chum trouve ça vraiment drôle (il ne le connaît pas plus que moi) pis il gueule : « hey! c’parce que tu lui dois de l’argent que tu veux pas l’dire que c’est toé?!? ». 

Le gars mal à l’aise, pris au pied du mur, fake de ne pas l’avoir reconnu et dit : «Ben oui t’as ben raison, c’est moi!»

Moi je pensais qu’il allait quitter après tsé.  Ben non. Moi pis ma «grande gueule». J’ai passé la soirée à répondre aux 350 questions de l’ex, à propos de mon amie. Il ne m’a pas lâché une-esti-de-seconde. Une chance qu’elle n’était pas là, il lui aurait sauté dessus!

***

Nous étions tous en train de souper pour le réveillon de Noël, environ une vingtaine de personnes, vieux comme enfants. Un ami à moi sonne à la porte vers 1h du matin, complètement nu et une casserole à la main. Il entre tout bonnement dans la maison, se couche sur le tapis de mon salon et commence à ronfler. 

Ma famille cesse de parler, malaise total.

Joyeux Noël

***

J'étais dans ma famille et j’étais avec mon copain depuis peut-être 2 mois. C'était même, je crois, la première fois qu'il rencontrait mes grands-parents. Ma grand-mère, qui ne parle jamais d'intimité, si vous voyez ce que je veux dire, nous jase de son récent rendez-vous chez le médecin. Elle nous dit: «alors, mon médecin m'a dit que j'avais la vulve sèche...». Ma mère et moi on se regarde ébahies. Mon copain de l'époque est HYPER mal à l'aise!

C'est alors...qu'elle renchérit: «Oui! Oui! La vulve sèche.» C'est le silence complet à table!

Elle continue: «...il voudrait que j'aille voir un cardiologue...».

Tous en chœur: «Aaaaaahh!!! La VALVE au cœur sèche!»

Ma grand-mère donne une tape à mon grand-père qui est infirmier retraité: 
« et toi tu me laissais faire pis tu disais rien?!»

Et lui de répondre en riant: «ben, à ton âge, ça peut arriver aussi!».

On l'a rit encore plusieurs années plus tard! 



Photo: Suzi Duke
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http://urbania.ca/blog/5648/vos-histoires-de-familleWed, 18 Feb 2015 10:01:09 ESTUrbania http://urbania.ca/blog/5648/vos-histoires-de-famille
Il ne fait définitivement pas beau dans le métroIl me semble que c'était différent avant. Avant, dans ces saisons lointaines où on pouvait prendre nos vélos pour aller travailler. Ça semble être une invention de mon esprit, mais je vous jure qu'il fut un temps où on pouvait circuler dehors sans craindre à tout moment de mourir dans un banc de neige, dans l'échec cuisant de s'être fait ramasser par une déneigeuse en voulant dépasser une madame qui marche pas vite. Bref. En cette saison polaire, aux voyageurs habituels du métro s'ajoutent tous les automobilistes s'étant réveillés avec trop de flemme pour sortir leur auto de son igloo. Et ça, ça fait beaucoup de monde dans le métro.

Tellement de monde que j'ai envie de me construire une vraie bulle corporelle, faite avec du bubble wrap, du duck tape, pis des clous qui sortent de partout. Je suis capable, j'ai étudié en design de mode. Check-moi ben aller, Jean Airoldi. Sauf qu'en attendant de me construire mon magnifique suit de fille fragile, j'ai appris à rétrécir. À me compacter la queue de cheval. À me rétracter les bras par en-dedans. À ne faire qu’un avec mon sac à dos. Un vrai tour de magie. Marie-Magie c'est moi, je vous le dis.

Dans toute cette histoire de face-dans-le-poil-de-capuchon-de-ton-voisin, le pire m'est arrivé ce matin. À 8h32 au métro Beaubien, le 17 février 2015, je me suis fait voler mon bitch move par excellence: le eye-roll. La voleuse portait un manteau Mackage et elle a roulé des yeux tellement fort qu'il s’est creusé des petites rivières beiges dans le fond de teint sur son front. J'ai même eu peur qu'elle me balance son sac Michael Kors en plein visage, ou encore, qu'elle passe au move passif-agressif par excellence numéro deux, le soupir exagéré... Mais elle s'est gardé une petite gêne.

C'parce que le eye-roll, c'est MON move.

Oui, mon interaction quotidienne avec des idiots -ainsi qu’un test Buzzfeed ma foi très perspicace- me confirment que ma meilleure réaction passive-agressive, c’est le eye-roll. Version française: roulement de yeux. Regard en l’air exaspéré. Face que ferait une ado lorsque ses parents lui demanderaient “Ça veut dire quoi donc YOLO?”

Eye-roller, c’est tellement satisfaisant. Même si je dois prendre 3 Advils par la suite pour m’enlever mon mal de crâne, j’aime regarder un idiot droit dans les yeux et lui communiquer ma rage via mes globes oculaires. Oh, il ne s’en rend peut-être pas compte, puisque c’est un idiot. Il pense sans doute que j’essaye de faire la chorégraphie de Chandelier avec mes yeux. Pas grave: moi, je libère ma haine ourlée de mascara du Sephora. C'est beau, je vous dis. Ça fait du bien.

Donc, fille-Mackage était frue. Fille-Mackage lisait le Journal Métro et j'ai osé la déranger dans sa lecture en me faufilant dans l'espace microscopique entre son coude et la sacoche puffy d’une madame qui débarque à McGill. Fille-Mackage avait choisi une des habitudes les plus agaçantes à l’heure de pointe: le tournage de pages de papier sale dans la face, sans aucune crainte de paper-cutter les paupières avoisinantes au passage. Tout ça pour quelques potins mous sur je ne sais trop quoi, peut-être sur le simili-débat des derniers jours en lien avec 50 Shades of Grey.

On va mettre les choses au clair: à l’heure de pointe dans le métro, ce n'est pas par plaisir que je viens m'étamper la face dans ton manteau. Je l’admets: il n’est pas déplaisant de regarder la construction fascinante du tissu Goretex de ta doudoune, mais j’aimerais mieux faire quelque chose d’un peu plus important, genre, RESPIRER. Cependant, si c'est un mal nécessaire à tous mes déplacements dans le métro, je suppose que je n'ai pas d'autre choix: je vais le passer à la loupe, ton Goretex. Suant dans ma doublure de plumes d'oies, je vais m’évader mentalement pour rêver à une vie de métro meilleure: des gens dansant et chantant dans des habits de neige de l'Expo 67, des boites de beignes gratuits à l’infini, distribution d’iPods remplis d’audiobooks de David Sedaris… Je vais prendre mon mal en patience jusqu'à ce qu'il fasse de nouveau beau dans le métro. Au pire du pire, je me tiendrai prête pour une bataille, yeux bien ancrés dans leur orbite et sandwich aux oeufs à la main.

Photo: abdallah
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http://urbania.ca/blog/5647/il-ne-fait-definitivement-pas-beau-dans-le-metroTue, 17 Feb 2015 14:49:15 ESTMarie Darsignymetrobloguehttp://urbania.ca/blog/5647/il-ne-fait-definitivement-pas-beau-dans-le-metro