Urbania - accueilhttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationFri, 31 Oct 2014 20:22:32 EDT60La chanson de la (fin de) semaine



Allez, bonne fin de semaine à tous!



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http://urbania.ca/blog/5447/la-chanson-de-la-fin-de-semaineFri, 31 Oct 2014 16:30:27 EDTUrbania http://urbania.ca/blog/5447/la-chanson-de-la-fin-de-semaine
J’ai aimé un anglo
Assez surprenant qu’une fille du Bas-du-Fleuve, qui a grandi à Québec et qui n’avait jamais parlé anglais avant ses 17 ans, ait pu se retrouver en couple avec un anglophone. Un vrai de vrai, trouvé directement en banlieue de Toronto. Un grand Ontarien d’origine allemande, qui boit de la «Canadian» et qui crie « Go Leafs go ! » pendant les matchs de hockey. Ça relève presque du miracle, étant une fière séparatiste nationaliste qui hurle des « Vive le Québec libre » à tout bout de champ !

Il est rassurant, l’Anglo-Saxon du ROC. Il maîtrise l’étiquette, les bonnes manières et les formules de politesse tel un homme de la royauté. Tellement qu’on se sent un peu habitante à ses côtés. Il n’oublie jamais un « please », un « thank you », un « is everything ok ? ». Il se tient droit sur sa chaise et s’époumone à répéter à quel point « he really appreciate this and this and this ! ». « I really appreciate it » est sans aucun doute la phrase que j’ai le plus entendue en deux ans à Toronto.

Tout ce charme quasi monarchique disparaît lorsqu’il se retrouve avec ses amis. L’anglo passe du rôle du bon fils bien élevé à celui d'adulescent partyboy avec une aisance impressionnante. Un sous-sol, un baril de bière (oui, comme dans les films), des ailes de poulet et des amis obnoxious qui gueulent fort l’un par-dessus l'autre, et voilà le travail.

Tu me like, je te love ?
Vous commencez à fréquenter un de ces spécimens ? Vous êtes donc probablement dans la phase du « I LIKE YOU ». Girls, j’espère que vous êtes prêtes à vous armer de patience et de tact, car cette période de temps va vous sembler interminable. Le Québécois pure laine est beaucoup plus enclin à dire « Je t’aime » que son voisin de l’Ouest. Probablement parce qu’il n’a pas le choix, je vois mal un Simon Tremblay étirer un « Je t’apprécie » pendant plus de six mois. La femme québécoise a trop de caractère pour accepter un tel traitement. Tu m’aimes ou pas, ciboire ?

Notre anglo, on peut le fréquenter LONGTEMPS. Il peut nous bombarder de « I like you » pendant des mois, pour ensuite enchaîner avec un  « I like you so much » et, au moment où l’on n’a plus d’espoir, il nous abandonne ou… nous fait l’honneur de prononcer les mots « I LOVE YOU ».

Le fameux « I LOVE YOU » des Anglais, la chose la plus importante après la naissance d’un bébé. Quand j’ai demandé des explications sur la différence entre un « like » et un « love », mon Ontarien m’a répondu : « If I say I love you, it means : I would die for you. » (Oui, comme dans la toune de Bryan Adams.)

Bref, si vous n’êtes pas en amour et que vous avez peur de l’engagement, prenez vos jambes à votre cou. Le « I LOVE YOU » a une telle importance que vous devez vous préparer à recevoir une demande en mariage dans les prochains mois. 

Car oui, il est traditionnel. Et c’est ça qui est rassurant pour une fille. Venant d’une famille non conventionnelle avec une mère ultra féministe qui s’est mariée avec une robe courte/sans voile/sans traîne, jamais de ma vie je n’avais rêvé d’un mariage de princesse. La personne qui m’a fuckée pour toujours en insérant dans ma tête des images d’amour romantico-surréaliste, c’est définitivement mon ex. 

« I can’t wait to ask your dad if you can be my wife. » « You’re gonna be so beautiful when you’re gonna walk down the aisle, I’m gonna cry. »

Disons que ça fait changement du « Je me marie pour faire plaisir à ma blonde. » 

Tout est possible, and beyond
Le bon côté des Anglos, c’est leur absence de complexe d’infériorité et de côté colonisé. Ils sont ambitieux et ne sont pas nés pour un petit pain. Et ça, ça a changé ma vie.

« You’re good. Do it. You deserve the best. You can do everything. You’re so brilliant. You should write. You’re a good writer, you should go to school, you should go to New York ! Do everything you want, you’re good at it ! » 

Toujours se dépasser. Jamais peur d'échouer. Toujours dans le renforcement positif, jamais d’attitude défaitiste. Ils sont très bons pour relever nos forces. 

Le downside, c’est que l’ambition, le statut social, le côté matérialiste prennent beaucoup trop de place. C’est bien beau croire en soi et savoir qu’on peut réussir, mais si c’est juste pour avoir a nice place downtown et le char de l’année, bof. Le travail, la réussite, le dépassement, ça entraîne aussi son lot de problèmes : monsieur est toujours au travail, se définit par son travail, a besoin de se prouver et évalue ses qualités d’être humain par ses performances. (Oui, je généralise, but in Toronto, you live to work, you don’t work to live. C’est eux-mêmes qui me l’ont dit.) 

Il était là, mon problème avec mon anglo : pourquoi voir si grand pour si peu ?

Mais ce qui est bien en tant que « p’tite Québécouèse », c’est qu’on peut atteindre l’âme de notre Anglais. Notre fameux côté émotif, un peu fou, moins traditionnel, qui vit un rapport différent à la sexualité que sa consœur ontarienne plus prude, qui a une culture à partager, ça charme son homme. Ça l’humanise, même. Mais ça lui fait souvent honte devant ses parents. J’ai dû d'ailleurs m’inventer une personnalité de fille sage pour m’intégrer aux bonnes familles du Rest of Canada.

Somme toute, il me ramenait sur terre, me rassurait, me sécurisait, me faisait voir la vie à travers ses yeux de Nord-Américain pour qui tout est possible, et moi, en échange, je lui rappelais l’importance de la « joie de vivre » si typique. 

Faut croire que j’ai pris ça comme une longue expérience culturelle et linguistique qui a changé le cours de ma vie. Ainsi, c’est grâce à un anglophone si je m’assume autant en tant que femme québécoise non traditionnelle. Thank you so much, dear ex. I really appreciate it.

Mais il ne devait pas avoir que des qualités, car je file maintenant le parfait bonheur avec… un Québécois. Qui parle français. Et qui me dit des «  Je t’aime », lui. 

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http://urbania.ca/blog/5446/j-ai-aime-un-angloFri, 31 Oct 2014 15:06:58 EDTKim Lizottebloghttp://urbania.ca/blog/5446/j-ai-aime-un-anglo
Les monstres
De Magnotta à celui qui jette son sac de Tim par la fenêtre de sa voiture, on vit dans un monde fou et souvent froid. L’amour nous rend anxieux, on se réconforte dans la confrontation. On est des drôles de bibittes, on a des drôles de bibittes. 

On retient notre souffle devant nos écrans, devant des actes violents pis une demi-heure passe qu’on est déjà en train violenter quelqu’un sur twitter, de parler dans le dos. La violence, c’est pas uniquement physique, c’est émotif, c’est psychologique aussi. 

Pourtant, si la violence ne laisse pas de marque visible à l’œil, on s’en câ-li-ce. Un ami se fait tabasser en sortant d’un bar, je le vois le lendemain, je vois comment il a de la difficulté à marcher et ça me fout dans tous mes états. Tuer, j’ai le goût de tuer. Un autre ami passe un moment difficile, il se fait dénigrer par son patron et ses collègues au travail et ça me laisse indifférent. Parce qu’il n’a pas de difficulté à marcher lui. Tu vois, il marche drette au boute. Regarde-le marcher, tu vois, il s’en va, à pied, jusqu’au pont. Regarde comment il grimpe sur la rambarde, tu vois bien qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter, ce gars-là est au top.

On ne se rend pas compte à quel point on peut être blessant et foutre en l’air la journée, la semaine d’un autre par de petites actions, par des paroles viles et vides. 

Dernièrement, pendant L’été Indien, l’émission, pas le redoux… j’étais sur twitter et je vois une promo de l’émission faite par le compte de Julie Snyder, suivi, back à back d’un tweet méchant et random, d’une fille random, à propos de la capacité de l’animatrice à parler anglais. Je décide de prendre une capture d’écran et je tweet quelque chose comme : « Pour ceux qui savent pas comment expliquer Twitter, c’est ceci. » et joins la photo de ma capture d’écran. Pis je me trouvais ben clever avec ma crap. 

Ensuite, la fille en question m’écrit un message privé, que voici : 


Ouais, elle a changé sa photo d’avatar pour celle d’un chat ébouriffé. Elle, elle ne changera pas, elle restera ce qu’elle est. 

On est plus beau qu’on pense et plus laid qu’on ose le croire. 

L’Halloween devrait être une fête à propos du partage, non pas un prétexte pour donner des bonbons. Une fête à propos des rencontres, de nos voisins, les gens qui nous entourent, non pas une course contre la monte pour faire le plus de maisons possible. On devrait, une fois par année, enlever nos masques, ça, ça serait tout un déguisement. 

Ce soir, soyez prudent les petits monstres. 

Crédit photo: serguei_30
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http://urbania.ca/blog/5445/les-monstresFri, 31 Oct 2014 11:27:13 EDTMartin Perizzolobloguehttp://urbania.ca/blog/5445/les-monstres
Cette soirée où Miss Gothica a failli m'achever
ALORS.

Nouvellement débarquée à Montréal, le Longueuil natal sur la frise du passé, le monde m’appartenait et tasse-toi de d’là que je frappais aux portes du matin. Seigneur que je me sentais hip!

Eille. Bagels St-Viateur au casseau et métro Pie-IX comme réponse claironnée si t’avais le malheur de me demander où je louais mon 4 ½, je vivais le goddamn dream du premier appartement dans la grand’ ville, avec grands projets de tout peinturer rouge et d’abandonner à mi-chemin parce que le rouge, ça se peinture mal en pas pour dire.

J’habitais pas Versailles, mais je feelais 100% menuet (je pense que j’étais un peu désagréable, aussi).

Toujours est-il que cette année-là, j’avais fermement l’intention de célébrer tous les saints en donnant les fêtes les plus mémorables que le deuxième millénaire pouvait offrir (un petit goût que j’ai vite perdu, parce que recevoir, c’est ben trop stressant pis tout le monde finit toujours dans mon garde-robe à recenser mes souliers).

Mon coloc et moi avions donc convenu d’organiser un concours de Miss Univers pour Halloween, concours auquel était convié le gratin de mon bottin, c’est-à-dire toute âme qui pliait des chemises sport avec moi chez Simons. On devait ben être trois filles sur 30. Le total pied.

Et ce qui était chouette, à cette époque, c’est qu’on avait encore le ptit kick de se donner un peu trop pour nos costumes. L’infatigable élan de la jeune vingtaine, ça s’écumait le Village des valeurs et le car à vidanges pour trouver LE kit qui ferait casser en deux de jalousie toué grands’ perches qui travaillaient dans la section Twik (et qui n’étaient, bien entendu, PAS conviées à la fête).

De saines rivalités.

Quelques miss ont d’abord timidement cassé la glace en robes du soir à moitié zippées, le visage plein de poudre et les petits talons trop hauts par en-dedans. Je savais que j’avais choisi le bon thème, mais la fête a abruptement gravi les échelons de la gloire quand « Miss Chasse et pêche » (mon ami Carl) est entrée, robe de patchwork en jean COUSUE À LA MAIN, moustache de feutrine et coupe au carré, suivie de « Miss Gothica » (Antoine) et de « Miss Texas » (Alex).

Des chefs-d’œuvres de chutes de reins mises en valeur comme c’est pas permis.

Et comme c’est de mise dans tout concours de miss qui se respecte, j’avais suggéré aux convives de préparer un petit talent show (le genre d’hôtesse rushante). Il se trouve que la consigne avait tout particulièrement aguiché Miss Gothica.

Son talent show se déroulait en deux parties: une chorégraphie gothique se soldant d’abord par un accouchement par le siège – une catin de plastique fut littéralement expulsée de ses entrailles gainées de bas résille.

Il y eut entracte et à la demande générale, comme 30 miss pactées réclamaient furieusement un rappel, Miss Gothica a improvisé un Taillefer et fille où elle démembrait ladite catin avec un couteau à pain et l’apprêtait avec de la vinaigrette ranch.

Un genre de GRAND SUCCÈS.

Mais titillée par la compétition haute voltige qui s’installait, Miss Texas, un grand gars vêtu d’une robe rouge à volants et d’une perruque qui frôlait le sol, a décidé d’improviser un numéro qui consistait à tourner sur elle-même pendant une longue, très longue minute. C’était tout. Les cheveux qui suivaient harmonieusement la spirale de son tournis, le chapeau de cowboy manié façon Lac des cygnes, jamais nous n’avions été témoins d’autant de grâce.

Au grand dam de Miss Gothica qui avait répété son numéro toute la semaine, Miss Texas, sa chevelure de trois mètres et son numéro cheap ont remporté les honneurs et un sac de crottes de fromage haut la main (et Miss Gothica a fini la veillée à régurgiter en talons hauts).

Mais ça ne se termine pas là.
Le parté, quelques heures plus tard, oui. Mais la frayeur, non.

Le lendemain soir, alors que je m’affairais à balayer les dernières paillettes et morceaux de dignité qui trainaient encore sur mon beau plancher de bois montréalais, j’ai entendu des pleurs. Des pleurs d’enfants.

J’ai une ouïe terrible, des acouphènes dans les deux oreilles, mais des pleurs d’enfants quand il fait noir, je sais reconnaître. J’ai d’abord cru que j’avais la berlue. Que ça venait de l’appartement du dessus. Du dessous. De la sortie de secours.

Nul bambin en vue.

Armée de mon balai Oscar, j’arpentais l’appartement en trouvant ça pas drôle. Et comme mon coloc était absent, je ne saisissais pas la source de cet horrible moment que j’étais après vivre. Chose certaine, j’étais prête à trancher la gorge de quiconque arriverait par en-arrière avec mon porte-poussière taillé sur le biais.

Puis soudain, j’ai compris.
Du moins, j’ai repéré l’origine des pleurs. Ça venait de mon armoire de cuisine. Calvaire.

Moi en 2003 (soit l’incarnation de la bravoure 1/10), seule dans ma cuisine, je devais ouvrir l’armoire à casseroles pour délivrer un enfant en détresse. C’était beaucoup d’information à gérer.

J’ai donc choisi le déni.

Mais comme les pleurs saccadés se rendaient jusqu’à l’autre bout de l’appartement, il me fallait agir (ou peut-être m’enrouler dans le rideau de douche à jamais). Ça fait que j’ai piqué la course de ma vie jusqu’à la cuisine - cette fois armée d’un bibelot africain - et j’ai ouvert l’amoire comme jamais armoire ne fut ouverte dans toute l’histoire des armoires DU MONDE.

Ça venait de la poubelle. MA POUBELLE PLEURAIT À CHAUDES LARMES.

J’aurais pu mourir là. Immédiatement. Mais fallait que je fouille entsoure des pelures de patates.

Je vous jure que je n’invente rien.

La sapristi de catin que Miss Gothica avait éventrée la veille était en fait une poupée avec des piles dans le dardjière. Une poupée qui pleurait. PERSONNE ne l’avait remarqué. Et je sais ben pas pourquoi elle s’est mise à pleurer le lendemain soir seulement, nul doute activée par la vinaigrette ranch dans laquelle elle avait copieusement baigné, mais même si j’aurais (ce si j'aurais est permis) dû être rassurée d’avoir enfin trouvé la source du malaise, j’ai figé. Paralysé, dis-je.

J’ai jamais eu peur de même, en fait.
On se souviendra que j’ai toujours eu un petit quelque chose avec les poupées (surtout celles qui tuent et qui, de surcroît, sont démembrées dans ma poubelle). Un petit quelque chose qui, et je le réalisais à cet instant précis, était pas t’afaitte encore géré.

Ça a bien dû me prendre une heure avant que je trouve le courage de sortir le sac à vidanges dehors, pétrifiée, pour aller le porter dans l’espèce de petite cave épeurante extérieure où tout le bloc garrochait ses sacs verts. Oh! Que je t’y ai donné toute qu’une swing.

Et même swignée avec toute la fougue de la main qui berce l’enfant, je pouvais toujours entendre la poupée pleurer dans les profondeurs de sa grotte d’immondices. Des petits pleurs doux, mais nets.

J’ignore si une pauvre gens a vécu un moment bizarre en allant porter ses sacs verts ce soir-là, mais ça ne m’appartenait plus. Ce soir-là, si quelqu’un avait à mourir, ce serait pas moi, certain.

La bise.
Et prudence, ce soir. Mais surtout la bise.
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http://urbania.ca/blog/5444/cette-soiree-ou-miss-gothica-a-failli-macheverFri, 31 Oct 2014 09:45:00 EDTCatherine EthierhalloweenMiss UniversMiss Chasse et pêcheMiss TexasMiss Gothicapleurscatinpoubellesous les pelures de patatespiles dans le derrièreun petit quelque chose avec les poupéesbloguehttp://urbania.ca/blog/5444/cette-soiree-ou-miss-gothica-a-failli-machever
Le Registre: Le top 8 des pires plaies dans le métro de Montréal
Écrire sur ce qu'on connaît, c'est primordial, ça assure l'authenticité d'une nouvelle, ou d'un roman, ou d'un billet de blogue. Jusqu'à ce jour, j'ai travaillé fort pour consciemment en apprendre le moins possible sur la vie en général. En remontant minutieusement jusqu'à la tendre enfance, je juge m'être très bien débrouillé afin d'esquiver les événements culturels et sociaux minimalement cérébraux, de me soustraire au théâtre dans son entièreté, d'échapper au quotidien Le Devoir, et j'en passe. 

Cette dévotion à la fermeture d'esprit volontaire, combinée à plusieurs autres facteurs truculents, a façonné l'être amer, univoque et acerbe que vous lisez présentement. Le hic? Mon éventail de sujets potentiels à éplucher s’en voit légèrement anémique. Je fais l'épicerie, je glande sur Facebook et, comme plusieurs Montréalais moyens, je passe une grande partie de ma semaine dans une canne de pois souterraine sur rails afin de me rendre futilement d'un misérable point beige à l'autre. 

Pendant que ça se passe, j'ai le temps d'observer, de comparer et surtout de juger. Voici donc mon top 8 des pires plaies à côtoyer malgré nous dans le métro de Montréal.


1- Le sherpa de l'est
Habituellement poilu aux mauvais endroits et d'un bronzé sale, le sherpa de l'est arbore fièrement des sandales brunes tristes, des vêtements en guénilles tissées à partir d'un mix de laine aux tons psychédéliques et de gants de crin, et une odeur d'Harmonium dans les mauvaises années. On le retrouve aux heures de pointe avec un sac à dos plus gros que la superficie d'un magasin La Cordée au complet dans lequel il y a adroitement garroché un minimum de trois batteries de char, une tente, un tupperware surdimensionné de mélange montagnard et quatre chiens de tailles variées. Il refuse systématiquement de l'enlever et passe la totalité de son trajet à accrocher chaque passager du wagon, sans exception, comme une sorte de "Whack-A-Mole" vertical.

2- Le gastronome mobile
Frappé par une envie folle de nutrition complexe immédiate ou un désir de maximiser l'efficacité de sa planification quotidienne, le gastronome mobile joint l'utile au dérangeant et se claque un lunch de champion sur place, entouré d'inconnus qui n'ont visiblement pas les mêmes intentions. Son choix d'aliments laisse à désirer, mais atteint régulièrement les plus hauts sommets olfactifs offerts par la cuisine moderne - fromage bleu fondu, durian, ragoût de morue, soupe au vernis à ongles, etc. Il profite de l'étanchéité de l'endroit pour partager les arômes charnus de son cinq services (bizarrement très chaud, tout le long) avec les autres voyageurs.

3- L'handicapé technologique
Nous connaissons tous la joie du deuxième jour du nouveau mois. Pour citer Alaclair Ensemble, "ta passe du mois a s'ra bonne le premier mais pas le deux." À moins d'être un de ces êtres trop prévoyants, le genre de dude énervant qui planifie toujours tout d'avance, qui n'étudie pas à la dernière minute et qui n'a jamais eu à sprinter en renversant des enfants afin d'éviter un retard au travail, le montréalais moyen oublie de recharger sa carte et célèbre son deux par une file interminable devant la machine à cartes OPUS. Pourquoi est-elle si longue? Parce qu'en avant, y'a au minimum un Gaston mêlé qui a peur des écrans, ou qui essaie de vérifier le solde de son compte épargnes Desjardins, ou qui essaie de prendre sa photo de passeport.

4- Le cascadeur désinvolte
Une incarnation cheap d'Evel Knievel, ce YOLO du réseau sait pertinemment qu'il existe un amalgame de poignées, de bancs, de poteaux, voire même de parois auxquels on conseille au passager normal de s'agripper, compte tenu des arrêts spontanés ludiques et fréquents de la STM. Pas lui. Il brandit son attitude cavalière devant dieu, face à l'inconnu, et choisit de demeurer debout en équilibre précaire durant son trajet au grand complet. Il s'en tire parfois indemne durant une balade sans histoire. En revanche, lorsque pris au dépourvu et ébranlé par un coup de frein sec, notre surfer ferroviaire voit sa défiance instantanément alourdie d'un ridicule Kramer-esque via une culbute gourde et douloureuse pour tous les partis impliqués. L'événement se voit hautement bonifié durant ces exceptionnelles occasions où notre boule de quilles humaine traîne un objet complexe (un puzzle 3d complété, l'Oratoire St-Joseph en cure-dents, le modèle à coller d'un Airbus A340, etc.) qui ira se désintégrer sur un mur ou sur un groupe d'ados pendant son breakdance improvisé. Certains peuvent faire preuve de compassion, ressentir sa douleur. Pour ma part, je fais simplement maudire le destin qui m'unit rarement avec un popcorn pendant ces moments-là.

5- Le « vieil ami »
Il y a de ça plusieurs années, tu travaillais dans une compagnie qui fabriquait des lavabos. Carl était commis au département des boulons. Ça t'arrivait, par hasard, de prendre ton lunch en même temps que lui - un moment mémorable durant lequel vous échangiez trois-quatre platitudes forcées. Fast forward à aujourd'hui, où t'embarques dans une station à l'opposé polaire de ta destination. T'as une gueule de bois de l'enfer et tu regardes par terre en espérant exploser. AH BEN! Carl! Pis y'a envie de jaser, de rattraper le temps perdu où vous vous seriez dit absolument rien de toute façon. Un beau dix-huit minutes de malaise en compagnie inéluctable de quelqu'un avec qui t'as autant de points en commun qu'Éric Zemmour en possède avec Olympe de Gouges. Fun fact - Carl a également cet octave de voix cossu qui fait saigner les chiens des oreilles. Avec les années, tu l'avais oublié, mais là, pour enterrer le bruit des moteurs, Carl s'assure que tu t'en rappelles. Tu t'en rappelles clairement. Le restant du wagon aussi, d’ailleurs, se délecte à apprendre à le connaître. Mais y’a choisi ton oreille à toi comme cible primaire.


6- Le saumon urbain
Luttant contre toute forme de logique appliquée au flot organique des choses, le saumon urbain a de la misère à saisir le concept du civisme de base. Contrairement à la réaction naturelle humaine, lorsqu'une foule se dirige vers un endroit, il s'enflamme, sa raison d'être titillée, et il fraie comme jamais. Bousculant les gens brusquement au passage à contresens afin d'éviter d'attendre une seule seconde de plus, il semble simplement incapable de vivre en société. Dans sa tête, le saumon le mérite bien. Pour ajouter l'insulte à l'injure, celui-ci prend souvent deux sièges pour sa personne et un troisième pour ses effets personnels. Le voyageur royal. On lui doit notre admiration. Même si, personnellement, je promeus la non-violence dans la grande majorité des situations, au moment de la transgression, ce poisson à 'marde semble être béni du visage le mieux designé au monde pour recevoir des claques.

7- Lancelot du Lac en buffer
Règle générale, les gens qui vont s'entraîner apportent leurs vêtements à cet effet dans un sac de sport. Les comédiens se dirigeant vers une répétition en costume auront l'habitude de garder leurs artifices de scène dans un contenant quelconque, discrètement. On suit les conventions sociales larges de l'habillement. Mais pas le trippeux de médiéval. Habituellement en route vers Mont-Royal, D'Artagnan des pauvres espère tellement qu'on l'apostrophe pour lui parler de sa cotte de mailles faite maison, de son épée croche en duct tape ou de sa toge rouge garance habilement façonnée à même la nappe de cuisine qu'il porte tout ça en même temps, regardant les autres voyageurs dans les yeux avec un sourire niais. Ne vous laissez pas avoir. Il tentera de vous recruter dans sa guilde, ou son armée, ou whatever.

8- Moi
On m’a souvent condamné de ne pas faire preuve d’assez d’autocritique, de m’en prendre aux autres gratuitement sans la moindre parcelle d’introspection. Ok, fine. En toute transparence, je demeure le pire voyageur en ville. Pire de chez pire. Jambes croisées qui en prennent trop large, je m’accote le pied sur le poteau du milieu quand je m’assois. Si une vieille dame arrive, mais qu’elle a l’air le moindrement malcommode, je fais semblant de jouer à Angry Birds. Fuck son siège prioritaire. La STM décide arbitrairement d’enlever toutes les poubelles pour une raison qui nous échappe sauf, mettons, trois dispersées au hasard dans des endroits peu pratiques à l’ensemble du réseau? Mon papier de Jos Louis s’en va direct à terre, sans subtilité. Tu te tiens en avant des portes quand elles ouvrent parce que t’es un demeuré qui est incapable de comprendre l’autocollant criard et très évident au sol? Je vais probablement tenter de marcher à travers toi, comme Slimer dans Ghostbusters.
 
J’sais ben. Le Pire.
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http://urbania.ca/blog/5443/le-registre-le-top-8-des-pires-plaies-dans-le-metro-de-montrealThu, 30 Oct 2014 11:57:28 EDTPierre Lemaymetrobloguehttp://urbania.ca/blog/5443/le-registre-le-top-8-des-pires-plaies-dans-le-metro-de-montreal
Le Registre: Les 5 choses que j'haïs de l'Halloween
Plus les années passent, plus mon intérêt envers l’Halloween fond comme un suçon mauve cheap qui goûte tout sauf le raisin. Voici donc mon Top 5 des choses que j’haïs de l’Halloween. 

1. La cueillette de bonbons
J’avoue, c’est difficile être contre ça. C’est parce qu’on parle de nananes gratuits, là. J’étais toujours très excitée de passer de maisons en maisons pour récolter des bonbons qui allaient me tougher jusqu’à Pâques. Mais même à 8 ans, y avait des affaires qui me gossaient. Pas parce que t’es jeune que t’es inconscient:

Le monsieur qui te fait monter jusqu’au 3e étage. C’EST PARCE QUE TU ME RALENTIS DANS MA RUN, MONSIEUR. Mais j’étais polie, pis souvent je les montais, les marches. La plupart du temps, je m’apercevais que l’effort était trop élevé pour la récompense. 

« 57 marches pour une tire à 3 cents? J’viens-tu de faire des cernes de sueur à mon costume de tigre pour une tire qui goûte plus l’ammoniaque que la mélasse, moi-là?! » 

Conseil : Si t’habites en haut d’un quintuplex, la moindre des choses, c’est de transformer une partie de tes économies de loyer en budget Halloween parce que ça me prend juste une couple de mini-Caramilk pis un Rocket pour oublier que tu m’as tellement fait grimper que je mérite un bumper-sticker « This costume de tigre climbed Mt. Washington ». Merci. 


2. Les demandes spéciales
Y avait toujours une bonne femme qui te menaçait de te donner un bonbon SEULEMENT si tu lui chantais une chanson.

« J’ai pas eu le mémo qu’il fallait faire partie de l’harmonie de l’école pour passer l’Halloween, madame. » « Une chorégraphie avec ça? » « J’suis même pas déguisée en chanteuse, madame. Un tigre, ça chante pas. »

Comme si tous les enfants avaient envie de showbusiness. Comme si tous les enfants étaient à l’aise de chanter devant des inconnus. Comme si un quart de Kit-Kat méritait que je m’époumonne à fausser sur un balcon.  

Souvent dans ces cas-là, je prenais une grande respiration, je ramassais toute la dignité qui me restait à travers mon maquillage orange tigré coulé, je me retournais pis j’implorais mon père qu’il dise à la madame de me donner le chocolat pareil. Ça marchait. 


3. Donner des bonbons
Le 31 octobre, tu fais toujours face à un choix: soit tu vis en ermite les lumières fermées sans faire de bruit en retenant ton souffle le temps que ça passe, soit tu te plantes trois heures de temps en-dessous d’une couverte pour donner des bonbons le temps que ça passe. 

La plupart du temps, tu vas voir des enfants polis qui te répondent gentiment quand tu leur demandes quel est leur déguisement. D’autres fois, tu vas pas comprendre pourquoi une petite fille te juge parce que tu n’as pas deviné sur le champ son costume de la Reine des Neiges. Pis ça a l’air que répondre « Parce qu’elle existait pas dans mon temps la Reine des Neiges » n’est pas une excuse valable pour une fillette dont la vie tourne autour de la Reine des Neiges. Renchérir avec : « De toute façon elle a copié son style à Cendrillon. » pourrait te lancer dans une tirade haineuse d’une petite fille qui connait mieux son Disney que toi PIS CROIS-MOI QUE TU VEUX PAS T’OBSTINER SUR DES PRINCESSES AVEC UNE ENFANT. TU VAS PERDRE. J’ai une nièce, je sais de quoi je parle, VA PAS LÀ

Et quelques fois, tu vas voir arriver une grande échalotte de gars avec une perruque verte en guise de déguisement qui va te demander des bonbons.

- T’as quel âge pour passer l’Halloween?
- Juste 16. 
- Juste 16… t’as quand même l’âge de t’en acheter, des bonbons.
- C’mon m’dameeeuuuh... 
- Ok. M’a t’en donner. Mais va falloir que tu me chantes une chanson.



4. Les films d'horreur
Quand je pense à des films d’horreur, je pense souvent à mon amie Gabette qui tripe, littéralement, sur ce type de films. Non seulement je la trouve courageuse parce que moi je suis vraiment moumoune, mais j’ai de la misère à comprendre ce qui l’attire tant que ça à checker du monde se faire courir après par un meurtrier masqué avec une hache. En plus, comment ça se fait que l’équation ci-dessous puisse être possible?

Fille qui court < Meurtrier qui marche 

Je suis reconnue pour marcher vite, je vous jure. Mais y a des esties de limites. Pis t’essayeras de marcher 6 km/h avec une chainsaw qui roule dans les mains sans ralentir ton pas!? Avec un masque qui s’embue à chaque fois que t’expires!? Avec une robe/cape noire trop longue dans laquelle tu t’enfarges aux trois pas!?

Yeah, c’est ça, right.

...Ben j’suis pissou pis j’ai peur pareil.


5. L’Halloween vs ma fête
Bon, ok. Je dois l’avouer: j’aime surtout pas l’Halloween parce que ça rentre toujours en compétition avec... le party de mon anniversaire. 

J’ai souvent été déçue parce que c’est à ce moment de l’année que je m’aperçois que j’ai des copines qui préfèrent aller cruiser déguisées en pas-assez-de-tissu que de venir rire pis boire de la bière en ma compagnie. Elles n’ont pas l’excuse « C’est Noël, j’suis dans ma famille. » ou « Je vais toujours à New York la fin de semaine de Pâques.” Nonon: leur excuse c’est de vouloir se mettre en craque une fois cette année-là. 

Au pire, montre-la plus souvent, ta craque, si tu veux tant que ça. Je suis même prête à la voir à mon party de fête, ta craque, pour que tout le monde soit content. C’est sûr que ça pourrait faire bizarre, une fille déguisée en Tinky-Winky-Sexy au milieu d’un party où tout le monde est en jeans pis boit des pintes, mais si tu y tiens, fille: on te jugera pas (trop). 

De toute façon, si tu cours les partys costumés, ta craque pourra jamais compétitionner avec un gars meilleur que toi pour porter des talons hauts. Ça, c’est sans équivoque. Parce que l’équation ci-dessous est toujours vraie. ?

Un gars en talons = centre de l’attention des partys costumés

Pis moi j’haïs les partys costumés, parce que j’en ai pas de craque pis je ne suis pas capable de marcher avec ça, des talons hauts.

[NDLR: Bonne fête Nadine!]

Crédit photo: Robyn Lee
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http://urbania.ca/blog/5442/le-registre-les-5-choses-que-jhais-de-lhalloweenThu, 30 Oct 2014 10:15:53 EDTNadine Mathurinregistrebloguehttp://urbania.ca/blog/5442/le-registre-les-5-choses-que-jhais-de-lhalloween
Mon bicycle s'appelle Bleuet-Myrtille - Portraits de Montréal















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http://urbania.ca/blog/5441/mon-bicycle-sappelle-bleuet-myrtille-portraits-de-montrealWed, 29 Oct 2014 13:50:55 EDTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5441/mon-bicycle-sappelle-bleuet-myrtille-portraits-de-montreal
Foxer l'Halloween

Tout ce qu’on dit à ce sujet est vrai (du moins, ça l’a été dans mon cas). Après un an, ça n’a déjà plus rien à voir avec les premières semaines. Après deux ans, on est redevenu quelqu’un qui ressemble à soi-même. Et aussi, il est vrai de dire que fort probablement, on ne fera jamais totalement le deuil de la famille nucléaire, qu’il restera toujours une petite grisaille en nous, qui se manifestera de temps à autre, de toutes sortes de façons, dépendamment de chacun.

Moi, c'est quand je me couche le soir, de ne pas avoir dans mon lit quelqu’un qui est aussi gaga que moi de mes enfants et qui peut en entendre parler sans fin. Ou quand ma fille me quémande un câlin avec papa et maman en même temps. Ou chaque fois que je pense que pour le reste de leur enfance, je ne verrai mes enfants que 50% du temps. Mais bon, avec le temps, j’ai appris à rediriger mes pensées quand elles empruntent la pente de la nostalgie. D’autres fois, je les laisse aller, pis je m’offre une petite séance de tragédie mugissante et morveuse sur le plancher du sous-sol. Ça nettoie.

Donc, comme je disais, ça y est… Je suis rendue de l’autre bord, j’ai survécu au tsunami et à la reconstruction qui a suivi, je suis redevenue quelqu’une qui a des projets, des rêves, des moments de calme toute seule avec elle-même. Et je trouve que ce genre de résurrection, ben, ça se fête!

J’ai pensé aux diverses possibilités qui s’offraient à moi : huîtres et champagne (idée évidente en ce mois d’octobre); petit séjour dans un spa; nouvelle robe avec de nouveaux souliers… Comme je le fais toujours quand j’ai un projet en train de germer dans ma tête, j’en ai jasé avec tous mes amis. Et c’est Virginie qui m’a offert ZE idée… 

Virginie, c’est l’amie de filles avec-pas-d’enfants, mais toujours prête à prendre en charge/consoler/amuser les tiens que toute mère mono devrait avoir dans son entourage. Moi, en plus, j’ai la meilleure : elle a une Westfalia…

Virginie a pris 10 jours de congé pour s’offrir une dernière petite excursion, pour « partir sur un nowhere », avant de ranger sa West pour l’hiver. Fin octobre. Côte Est américaine. Je dis fin octobre, mais en fait, ça va jusqu’au 2 novembre – vous comprendrez bientôt l’importance de ce détail. Elle me propose de partir avec elle.

Pensez-y fort, visualisez notre escapade et essayez de voir ce que je suis en train de manigancer pour fêter mes 2 ans? Je l’sais, ça ne se fait pas, c’est un no-no évident quand on a de jeunes enfants, mais moi, c’est ce que je vais bel et bien me permettre... je m’en vais foxer l’Halloween drett-là!!! Sans même avoir entaillé une seule citrouille!

Flashback à octobre 2012. Je viens de me séparer. Je ne dors plus depuis deux semaines. Je suis en mille miettes, non fonctionnelle au travail, non fonctionnelle avec les enfants, incapable d’être seule, incapable d’être avec quelqu’un… Et je tiens mordicus à mener à bien le projet « Halloween », le premier que je vais tenter de réussir en mono.

Finir les déguisements. Acheter des bonbons. Maquiller les enfants, mettre assez de couches sous leurs déguisements pour pas qu’ils aient froid. Passer l’Halloween. Revenir à la maison. Donner des bonbons. Faire un party avec les autres adultes et enfants avec qui on vient de se les geler pendant deux heures. Jeter une partie des bonbons après. Cacher les minis Coffee Crisp dans le tiroir de mon bureau, dans la boîte qui servait autrefois à entreposer les disquettes (un artéfact).

Je n’aurais jamais pu imaginer à ce moment-là que mes enfants passent l’Halloween avec mon ex. Il a accepté, sans rechigner (content?), de me les laisser. Sinon, je sais pas ce que j’aurais fait, il aurait fallu que je ferme les breakers, que je me mette des bouchons dans les oreilles et que je me roule en boule sous mes couvertures en attendant le mois de novembre.

J’ai donc passé l’Halloween. Pas tout à fait là - en fait, pas là du tout, je n’en ai absolument aucun souvenir -, mais j’ai survécu. Et les enfants n’y ont sans doute vu que du feu.

Et cette année, eh bien, j’assume totalement mon indignité maternelle ainsi que la part de moi qui haguit cette fête-là et je me pousse aux States en Westfalia. Avec du champagne. On va acheter les huîtres rendues là-bas. Pis, si jamais je me trouve une petite robe mignonne dans une boutique, je vais pas me retenir, c’est moi qui vous le dis. Ça se fête en grand, une nouvelle vie!

Sur ce, je vous souhaite à tous une joyeuse Halloween. Oubliez pas de mettre les photos de vos enfants sur Facebook, que je puisse suivre ça quand même, assise les pieds dans le sable.

Brigitte, des RoseMomz
Illustration: Pierre-Nicolas Riou
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http://urbania.ca/blog/5440/foxer-lhalloweenWed, 29 Oct 2014 11:47:35 EDTLes RoseMomzroseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5440/foxer-lhalloween
C'était un Québécois en Bretagne, Madame!
Après un séjour de près de trois semaines en Écosse et dans le sud du Royaume-Uni, j'ai levé l'ancre pour voir ce qui se tramait avec le mouvement indépendantiste breton. Car s'il est une région française que j'affectionne tout particulièrement c'est bien la Bretagne. Plusieurs raisons justifient d'ailleurs mon amour de cette région dont au premier plan l'amabilité du peuple breton, la beauté de ses falaises escarpées et bien évidemment, sa propension à brasser de la bonne bière, chose rare en France!

C'est donc muni d'un parapluie et d'une bouteille de chouchen que je suis parti à la rencontre de jeunes indépendantistes bretons question d'en savoir un peu plus sur l'histoire de leur mouvement et de l'état actuel des forces.

Car il faut bien le mentionner, si je connaissais l'existence d'un mouvement indépendantiste breton, mes connaissances n'allaient guère plus loin que quelques détails historiques et culturels et autres éléments folkloriques. C'est donc dans le but de pallier à cette lacune que je me suis rendu, au début du mois d'octobre, dans la capitale bretonne, c'est-à-dire Rennes.

Évidemment, quiconque s'est déjà arrêté en Bretagne n'est pas sans savoir que Rennes, bien qu'étant la capitale de la région, n'est pas la meilleure ville pour juger de l'appui à l'indépendance. J'en suis conscient. C'est un peu comme faire une recherche sur l'indépendantisme québécois et se rendre dans la ville de Québec pour en étudier ses manifestations... Bref, vous voyez où je veux en venir!

Ceci étant dit, je me suis donc rendu à Rennes car c'est là que m'attendaient Pierre et Steve ainsi que leurs amis, de sympathiques Bretons tous issus du Finistère, de Morlaix plus exactement. Pour faire ça court, le Finistère est un département de la Bretagne, où se trouve une bonne partie des indépendantistes pur et dur. C'est en quelque sorte le Saguenay-Lac-St-Jean de la Bretagne.

Mais avant de vous faire part de mes discussions et de mes impressions, revenons brièvement sur l'histoire du mouvement indépendantiste breton. Loin de moi l'idée de m'improviser historien de la Bretagne mais je crois que quelques repères historiques sont ici nécessaires!

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Tout d'abord, à l'instar d'une majorité de régions ayant des velléités indépendantistes, la Bretagne a déjà été indépendante avant de joindre la France. C'était avant que la duchesse de Bretagne épouse son deuxième mari.

Prendre mari impose-t-il aussi de prendre pays? Du moins, ce fut le cas d'Anne de Bretagne lorsqu'elle accepta de marier un roi de France, de surcroît Charles VIII, consacrant par cette union le rattachement du duché de la Bretagne avec le Royaume de France. C'était il y a déjà plus de 500 ans, soit en 1491.

Pendant des siècles, se rattachement de la Bretagne à la France s'est fait dans un calme relatif. Il faudra attendre la première moitié du XIXe siècle pour que surviennent les premiers sursauts du nationalisme breton. Jusque-là, les Bretons ne s'étaient pas, ou très peu, questionnés sur leur identité nationale. Dans cette France du moment, devenue République depuis peu, l'éveil de l'identité bretonne s'est fait d'abord en lien avec une certaine nostalgie de l'époque précédant la Révolution française, cette époque dominée par un très fort esprit monarchique et une omniprésence du clergé.

Ce seront toutefois les injustices récurrentes que subira la Bretagne au dépend de la France au XXe siècle qui mousseront le nationalisme breton. D'une part, dans le but d'assurer la cohésion sociale sur le territoire français et de faciliter la promotion sociale au sein de l'État français, l'utilisation des patois et des langues régionales seront proscrites à partir de 1902 causant, entre autres, la presque disparition de la langue bretonne.

D'autre part, les deux Guerres mondiales raffermiront dans l'esprit des Bretons l'idée qu'ils participent à une nation différente de celle de la France. Un peu comme les Canadiens français de l'époque, les Bretons auront l'impression d'être envoyés en première ligne, en d'autres mots, de servir de chair à canon. Dans le cas des Bretons, les chiffres parlent d'eux-même. Plus de la moitié des hommes envoyés sur les lignes succomberont aux combats lors de la Deuxième Guerre.

C'est dans cette mouvance que naîtra en 1964 l’Union démocratique bretonne (UDB), ou Unvaniezh Demokratel Breizh en breton, parti de gauche, écologiste et bien sûr indépendantiste. Le parti existe toujours aujourd'hui mais dispose d'une influence assez mince.

Dans le même ordre d'idée, il ne faudrait pas passer sous silence la création du FLB (Front de libération de la Bretagne) qui a sévi sensiblement au même moment que le FLQ au Québec avec sensiblement le même message et le même type d'attentats, c'est-à-dire en s'en prenant à des emblèmes symboliques, comme par exemple le Château de Versailles en 1978.

Toutefois, l'attentat manqué d'un McDonald à Quévert par un groupe d'indépendantistes radicaux en 2000, qui se soldera par la mort d'une jeune employée, viendra jeter une ombre au tableau. La mort de cette employée sera un lourd fardeau à porter pour les indépendantistes qui auront, dans les années à venir, fort à faire pour se distancier de cet acte.

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Ceci étant dit, qu'en est-il aujourd'hui du mouvement indépendantiste breton? C'est ici que Pierre et Steve m'ont été utiles. Car s'il est une chose qui m'est apparue évidente lors de mon séjour en Bretagne, c'est que les jeunes revendiquent avec une fierté évidente leur appartenance à la Bretagne. Et ils aiment en parler!

D'ailleurs, peu de Français remettent aujourd'hui en question le fait que la Bretagne constitue une nation distincte au sein de la France. Plusieurs éléments en témoignent. D'abord, il y a la langue qui, bien que peu parlée aujourd'hui, a repris ses droits sur le territoire breton. Elle est d'ailleurs ré-enseignée à l'école depuis quelques années et, depuis les années 1990, les panneaux de signalisation et autres enseignes sont traduits en breton.

Ensuite, la Bretagne dispose de son propre drapeau, le « Gwenn ha Du », de son hymne national, le Bro gozh ma zadoù (Vieux pays de mes pères), de sa littérature, sa musique (les Bretons ont aussi leur Gilles Vigneault en la personne d'Alan Stivell), sa gastronomie, ses traditions, et j'en passe.

Mais il ne faudrait toutefois pas réduire l'identité bretonne à ses seules spécificités culturelles. La Bretagne est également nettement plus à gauche sur l'échiquier politique que le reste de la France. Car s'il est un fait qui caractérise la Bretagne et cela, plus particulièrement depuis quelques années, c'est bien sa propension à voter résolument à gauche. Longtemps dominée par le vote catholique de droite, la Bretagne est aujourd'hui considérée comme un bastion de la gauche française. Elle aura d'ailleurs fortement contribué à élire François Hollande en 2012. Mais ça, faut pas trop leur rappeler!

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Alors, la question qui tue: Les Bretons vont-ils se séparer de la France bientôt? Pour être franc, si j'avais à parier ma chemise sur la prochaine région européenne à devenir indépendantiste, ce ne serait fort probablement pas sur la Bretagne.

La totalité des personnes que j'ai rencontré se disaient Bretons avant d'être Français. Toutefois, de là à se dire indépendantistes, il y a une ligne que peu osent franchir. Un sondage effectué en 2012 indiquait d'ailleurs qu'environ seulement 18% des Bretons seraient favorables à l'indépendance. (Chez les moins de 24 ans, ce taux atteint 33%.)

Pour beaucoup de jeunes Bretons - c'est le cas de Pierre et de Steve - le projet d'indépendance ne serait plus pertinent. Pierre m'expliquait que les villes de Nantes et de Rennes sont désormais des villes davantage tournées vers Paris et non plus sur la promotion et la défense de la culture et de l'économie bretonne.

Selon Pierre, pour que le projet d'indépendance retrouve une certaine pertinence, il doit être axé sur la culture bretonne et vers le retour à une économie plus locale. En d'autres termes, l'indépendance est indissociable d'un projet de société qui soit plus juste, écologiste, tout en ayant à coeur le développement économique et culturel de la Bretagne. Or, pour l'instant, aucun parti politique ne semble offrir aux Bretons une telle voie.

Pour sa part, Gaël, jeune breton rencontré dans le train me ramenant vers Paris, m'avouait être sympathique aux revendications des indépendantistes mais sans toutefois croire sa réalisation possible. Il m'expliquait en ce sens les nombreux avantages de faire partie de l'État français (les coûts liés à l'éducation, au système de santé et aux soins dentaires entre autres sont assurés par l'État). Une Bretagne indépendante pourrait-elle en offrir autant à ses habitants? Là résidait l'essentiel de son questionnement.

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Bref, les partisans d'une France unie n'ont donc par trop à s'inquiéter. De toute évidence, ce ne sera pas demain la veille que les Bretons quitteront la République française. Comme disait l'ancien entraîneur des Canadiens de Montréal Jean Perron, il y a encore loin de la soupe aux lèvres.

Mais heureusement, l'histoire n'est pas si facile à prédire. N'oublions pas que l'appui à l'indépendance de la Catalogne atteignait à peine 15% il y cinq ans de ça. Il dépasse aujourd'hui la barre du 50%. La montée des nationalismes en Europe n'est d'ailleurs pas sans inquiéter la France qui craint plus particulièrement deux régions, la Corse et la Bretagne. L'avenir seul nous dira ce qu'il en est! 

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Toujours est-il que je file maintenant vers la Catalogne pour suivre le déroulement du référendum, ou plutôt de la consultation populaire, sur l'indépendance du peuple catalan. Parions que l'opposition de Madrid à laisser les Catalans se prononcer sur leur avenir ne sera pas sans créer un climat certes tendu, mais également fort intéressant!



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En terminant, je tiens à remercier Voyage Globallia qui m’a gracieusement offert une commandite pour rendre ce voyage possible!
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http://urbania.ca/blog/5439/cetait-un-quebecois-en-bretagne-madameWed, 29 Oct 2014 09:52:05 EDTJean-Benoit Bédardbretagnebloguehttp://urbania.ca/blog/5439/cetait-un-quebecois-en-bretagne-madame
L’aventure IKEA


Ma destination : IKEA West Side
Temps du voyage : dépendra de mon niveau de patience
Ma mission : devenir une meilleure personne

À défaut de savoir comment faire un nœud de pêcheur avec de la soie dentaire et de posséder un petit cass’ beige, je repère dans le stationnement du IKEA le nécessaire à mon escapade : les chariots. Leur disposition fort décalissée me confirme que la tornade ayant emporté Dorothée au pays des Munchkins est passée par le boulevard Cavendish. Il m’apparaît évident que d’emboîter lesdits chariots les uns dans les autres ne requiert pas le QI de Mark Zuckerberg, mais semble-t-il que le mécanisme derrière les poupées russes n’ait pas été compris par tous. Je me console en me disant que ce fouillis métallique abandonné par des extra-terrestres est une sorte d’œuvre d’art contemporaine. John Zeppetelli, v’là votre idée pour une prochaine expo au MAC. 

Je me dirige vers l’entrée et l’apparition des portes tournantes me donne le vertige. J’ai le mal des transports et je ne supporterais pas de vomir dans ce manège circulaire, comme en 1998 à La Ronde où je n’avais eu guère le choix que de vider mes entrailles dans le Condor. Mais le destin m’appelle et dans un élan de courage, je m’enfonce à vive allure dans ce carrousel pas de chevaux. Je remercie la vie que le dispositif faisant tourner les portes soit aussi lent que Jacques Villeneuve. Mon estomac est épargné. 

Toujours en vie, j’embarque dans l’ascenseur qui me transporte à l’étage idyllique : l’étage démo. J’adore cet étage car il me permet de m’installer longuement sur un sofa à la structure avant-gardiste et de méditer sur des questions existentielles telles que :

Qui suis-je ?
Où vais-je ?
L’auberge du chien noir va-tu se terminer un jour?
Ce matelas est-il confortable ? 

À cette dernière question, plusieurs gens se plaisent à y répondre de différentes manières. Les plus timides testent la position de l’étoile ou celle du fœtus, les plus dévergondés sautent directement sur le matelas à pieds joints et les plus traditionnels s’assoient dessus et tâtent le tout avec leur postérieur. Tous agissent pour une même cause: évaluer le degré de mou du matelas. Même si certains pays ne légalisent pas encore ce droit fondamental, je pense que chaque citoyen du monde devrait bénéficier de ce pouvoir. LÉGALISONS LE TÂTAGE DU MATELAS! 

En me promenant à travers les allées tout en essayant de ne pas crever l’œil d’un kid turbulent avec le pôle à rideau qui dépasse de mon panier, je m’arrête un instant pour admirer un détail bien fascinant. Je parle ici de la beauté singulière des noms des produits IKEA. Certes, leur appellation ressemble aussi à des noms de médicaments pour les reflux gastriques, mais il n’en reste pas moins que c’est extrêmement poétique. Pour n’en nommer que quelques-uns, on trouve l’armoire KALLAX, le fauteuil EKERÖ, la structure de lit NYVOLL ou le miroir GODMORGON. Suite à une séance de googlage fructueuse, j’apprends que ces meubles et accessoires sont baptisés selon des lieux, des prénoms ou des lacs de différents endroits de la Scandinavie. N’est-ce pas tout à fait exotique? D’ailleurs, je me demande si le même principe s’applique pour les chaussures Aldo; mais je doute que la botte haute ZIAWIA ou la chaussure plate YADOWET soient inspirées de choses faisant partie de notre patrimoine canadien. À tout le moins, ces noms feraient d’excellents choix pour remporter une partie au Scrabble. 

Mon panier étant bien rempli, il est temps de régler mon dû et de quitter les lieux. Mais malheur ! Ô, malheur ! Je fais le tour 2 fois de ce labyrinthe de meubles et je ne trouve pas la sortie. C’est le cri du destin qui me conseille de m’inscrire aux Scouts afin de peaufiner mon sens de l’orientation. Mon instinct de survie me dicte alors de trouver un gardien de sécurité pour qu’il m’indique la sortie, mais force est d’admettre qu’il n’y a en a aucun dans les parages. 3 théories s’imposent pour celui-là : 

-Il est déguisé en coussin de grandeur nature afin de repérer subtilement les kleptomanes du coin ;
-Il est en pause en train de profiter d’une généreuse portion de boulettes suédoises ;
-Il a revêtu la cape d’invisibilité, par conséquent, on ne le voit pas.

Je trouve finalement la sacrament de sortie et me rends à la caisse où la file d’attente est aussi longue et plate qu’une émission de Décore ta vie. J’hérite de la caisse pas de caissier alors je suis dans l’obligation de scanner mes cossins all by myself.


Puis, je me dépêche à sortir de cette jungle et une fois dehors, je prends une bonne sniffée d’air frais. Et là, j’ai une illumination.

Je me dirige vers l’endroit où tout a commencé. Comme guidée par une force inconnue, je m’empare d’un, puis de deux, et de trois chariots. Un à un, je les corde tels de petits soldats. L’exercice n’est pas simple : le vent dévie la trajectoire de plusieurs et pour ajouter au portrait, il se met à pleuvoir. Je compatis avec l’employé qui doit faire ça au mois de février à -40. Contre vents et marées, j’achève finalement ce dur labeur avec brio.

Alignés parfaitement, les chariots métalliques trônent au milieu de toutes ces voitures tels des œufs de Fabergé dans le salon d’un vieux Russe milliardaire. 

Mission accomplie.


P.S. Merci IKEA pour vos étiquettes bien discrètes.

Photo: Gaëlle Leroyer
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http://urbania.ca/blog/5438/l-aventure-ikeaTue, 28 Oct 2014 15:35:06 EDTGwenaëlle Scortabloguehttp://urbania.ca/blog/5438/l-aventure-ikea
Salon des allergies alimentaires : de l’intimidation dans l’air
À première vue, le décor semble anodin, quelque peu princier.



C’est en regardant l’horaire des conférences de la journée que la problématique principale se dessine. À 11 heures tapantes, une agente du SPVM viendra témoigner d’une réalité renversante : celle trop souvent méconnue des gens allergiques qui, vulnérables et incapables de se défendre, se font intimider quotidiennement.



Telle une Martin Luther King venue rassembler les troupes pour changer le cours de l’histoire, l’agente Cayouette amorce son exposé avec ardeur et fougue. La frénésie au parterre est palpable.



Forte d’une habile syntaxe, la policière militante donne des trucs révolutionnaires pour venir à bout des intimidateurs.




Histoire de se faire comprendre par tous les allergiques du Québec, elle privilégie un langage brut, sans fioriture.




Le code de conduite des allergiques, enfin dévoilé !



Pour ceux qui n’avaient pas ENCORE compris, l’agente rappelle avec une précision soutenue le lien indéfectible qui existe entre les allergies et l’intimidation.


En guise de conclusion, l’agente Cayouette soulève des questionnements qui provoquent des réactions corporelles bien singulières.


En se promenant à travers les kiosques, on remarque, effectivement, que l’intimidation est partout. Toujours prêt à faire le ménage dans la population du pays, Santé Canada présente des trucs efficaces pour ostraciser les allergiques par l’entremise de dépliants qui, à première vue, semblent tout à fait bénins, voire innocents.



Même les chaises se plient à l’exercice de l’intimidation en refusant obstinément d’accueillir des allergiques sur elles. Les bouteilles d’eau sont de connivence.



Tout comme ce magazine Ricardo.



Dans ce climat sous tension, la résistance commence à se fortifier. Inspirée par le message de l’agente Cayouette, cette femme charismatique remet les choses en perspective en se confiant sur son allergie. «Y’en a que c’est les arachides, d’autres que c’est les bébitttes… Moé, c’est les kiwis», dit-elle, avec une touchante vulnérabilité, avant d’élargir le débat vers d’autres perspectives. «Au lieu de tuer du monde, Magnotta, y’aurait dû travailler dans les boucheries. Pareil pour Turcotte.»


Symboles ultimes de la résistance, ces tatouages captent l’attention.



En plus, ils sont parfaits pour «les activités récompenses».


Certains kiosques optent plutôt pour la dissidence. Celui-ci, par exemple, a délibérément choisi la faute d’orthographe afin de symboliser sa rébellion face à une société basée sur les inégalités et l’exclusion de la minorité allergique.


Même chose ici : on se réapproprie l’orthographe du terme «allergène» afin d’en faire un objet culturel à part entière, dénué de tout rapport de force ostracisant. 


Intimidés à tour de bras, certains allergiques tombent dans l’enfer de l’alcool et des restaurants italiens douteux de Saint-Léonard.


Déboussolés, d’autres s’en remettent à un nationalisme identitaire. «Les croisières, c’est mieux que les tout inclus parce que les chefs sont Américains. À Cuba, y’a des barrières de langue», explique cette cliente allergique.


De son côté, Christine Boulanger s’attèle à la confection de plats sans allergènes dans le cadre d’une démonstration culinaire visiblement appréciée par un parterre en liesse. «La graine de chia, c’est vraiment la graine du moment», clame-t-elle.


Comme c’est le cas dans beaucoup d’évènements de la sorte, de cruels intimidateurs viennent narguer les allergiques et ainsi perturber le cours des choses. 


Malgré tous leurs efforts déployés, malheureusement, les allergiques sont encore et toujours victimes d’intimidation. Tellement que certains d’entre eux n’osent même plus manger et s’en remettent à uniquement regarder des cadres avec de la nourriture dedans. 


Triste mais vrai.

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http://urbania.ca/blog/5437/salon-des-allergies-alimentaires-de-l-intimidation-dans-l-airTue, 28 Oct 2014 11:46:32 EDTOlivier Boisvertcomplexe desjardinssalonreportageallergiesbloguehttp://urbania.ca/blog/5437/salon-des-allergies-alimentaires-de-l-intimidation-dans-l-air
Ce plate pays qui est le mien
Et puis il arrive que notre oeil dérape sur l'affichage des commentaires d'un quelconque article et tout à coup, un monde entier se révèle à nous. Hors de notre zone de confort, notre cerveau pleure : « ce sont des nihilistes! » me dis-je (citant un film culte que vous reconnaîtrez si vous faites partie de mon cercle de référence). 

Si je vous parle de tout ça, c'est que depuis le 11 octobre, la Belgique a un nouveau gouvernement. Le photogénique Elio di Rupo a remis les clés de son cabinet au nouveau premier ministre, Charles Michel, fils d'un autre Michel, politicien lui aussi. La Belgique change donc de couleur, puisque de la coalition olivier (regroupant les partis socialiste, humaniste et écologiste), nous passons à la suédoise (regroupant les partis libéraux, le parti nationaliste flamand ainsi que le parti chrétien flamand).

Oui, dans ce plat pays qui est le mien, nous aimons égayer notre vie politique par de petits noms doux: ça occupe les journalistes le temps des négociations, qui est parfois long. Si celles-ci ont duré 135 jours, la précédente battait tous les records : 541 jours sans réussir à trouver un accord entre les représentants des différents partis élus. Si la réalité n'était déjà pas parfaite, ce gouvernement apparaît à beaucoup comme un retour en arrière, un non-sens : sexiste, xénophobe, répressif... Et si il n'était en fait qu'un exercice de style mené par des trolls? Sont-ils réels? 

C'est une certaine rhétorique qui m'a mis la puce à l'oreille : 

« Faut arrêter de dire que... »

En juin 2014, notre nouveau ministre de l'intérieur, le nationaliste flamand Jan Jambon (il pourrait très bien s'agir d'un pseudonyme) a déclaré : « […] les ONG, veulent nous faire porter le fardeau du malheur du monde en nous imposant un sentiment de culpabilité. Avec leurs campagnes d'affichage déplacées, ils veulent clairement nous faire croire que c'est de notre faute si d'autres dans le monde vivent moins bien que nous. Un jeu que les médias jouent également. » 

Dire une telle énormité est d'une intelligence stratégique redoutable. Parce que pour expliquer la stupidité monumentale de cette déclaration, il faut développer différentes notions : la colonisation, la révolution industrielle, les cultures d'exportation, la spéculation financière sur les matières premières et j'en passe. Ce sont des sujets complexes et exigeants, qui demandent du temps pour être digérés. Or, notre époque est marquée par deux faits : nous manquons de temps et nous voulons passer notre temps à avoir du fun. L'explication simpliste du troll Jambon a l'avantage d'être une réponse rapide et plaisante (après tout, c'est de leur faute si ils n'ont rien à manger, pas de la nôtre !) correspondant parfaitement aux attentes de ses électeurs.

Ajouter à la fin d'une phrase « c'est de la faute des médias » lui permet également de se positionner comme un outsider, une personne qui n'a pas peur de donner son opinion, bref un penseur. Parce que si le monde va mal, c'est probablement parce que « ils » (les médias, les chefs d'état, Wall Street, les reptiliens, Cthulhu) y ont un intérêt. Alors que Jan Jambon, lui, nous parle franchement, il n'a absolument aucun intérêt à nous mentir. Non peut-être ?

« Franchement, il y a des sujets plus importants que ... »

Temps de crise oblige, il faut faire des économies, établir des priorités et franchement, quoi de plus secondaire que la culture et les sciences? Au moment même où, en France, des vandales saccageaient l'oeuvre de l'artiste Paul McCarthy, le nouveau gouvernement belge annonçait une réduction de 15 à 30% des portefeuilles fédéraux dédiés aux institutions culturelles et scientifiques. Ces deux événements reposent sur une même conception : pourquoi devrait-on subsidier / respecter ces artistes qui créent des œuvres auxquelles on ne comprend rien? Si on n'y comprend rien, c'est que ça n'a aucun intérêt n'est-ce pas? En creusant un peu, une autre idée émerge : la culture, l'art, ce ne sont pas des vrais métiers et une personne qui ne pleure pas le matin avant de se rendre au travail ne mérite tout simplement pas son salaire. Une rengaine qui peut s'avérer pour beaucoup réconfortante et revalorisante, même si il ne s'agit en réalité que d'un os à ronger lancé au hasard à des chiens affamés. 

« Aujourd'hui, on a plus le droit de dire que ...»?

Aujourd'hui, on a plus le droit de dire qu'on n'aime pas les noirs sans être taxé de raciste. C'est un peu ce que pourrait dire le nouvel administrateur du Centre pour l'égalité des chances, le nationaliste flamand Matthias Storme. En 2005, dans une interview donnée à la Gazet van Antwerpen au sujet de la loi anti-discrimination qui n'était alors pas encore adoptée, il déclarait « plaider pour la liberté de discriminer», indiquant qu'un gouvernement ne pouvait pas obliger des personnes à justifier des choix qui relevaient de leur liberté individuelle. Qu'elle est belle, cette liberté individuelle dont certains semblent jouir plus que d'autres!

Dans cette même interview, il rappelait que l'État ne devrait pas avoir le pouvoir de définir la morale, ce que l'on juge bien ou mal. C'est en principe juste: dans le meilleur des mondes, chaque personne bénéficie d'une éducation de qualité, lui permettant d'acquérir un sens critique et d'élaborer des raisonnements logiques. Dans ce même monde, nous avons tous accès à des informations vérifiées et impartiales. Et de fait le racisme, que je ne peux pas concevoir autrement que comme un produit de l'ignorance et de la peur, n'aurait alors probablement pas lieu d'être. Il suffit pourtant de mettre le nez hors de chez soi pour comprendre que nous ne vivons pas dans ce monde-là. Et seul un troll peut faire preuve d'assez de mauvaise foi pour dire le contraire. 

« Il n'y a pas de fumée sans feu. »

Un des points importants de l'accord du gouvernement est la sécurité. Il entend par exemple réviser la réglementation relative à l'utilisation et à l'installation de caméras de surveillance. Le gouvernement entend protéger les citoyens, en particulier les policiers puisque dans un passage particulièrement fort, on peut lire : « Il n'y a pas de place dans notre société pour la violence contre les métiers de la sécurité. Les engagements pris par le précédent gouvernement dans le cadre de la lutte contre les violences commises sur les policiers seront exécutés. [...] Le gouvernement recherchera une solution contre les plaintes manifestement injustifiées contre le personnel policier et d'autres membres du personnel de sécurité. » Simultanément, on planche sur la possibilité de faire intervenir l'armée quand la situation l'exige, ainsi que des sociétés de sécurité privées. 

Faudrait-il se préoccuper de toutes ces mesures? Ou, comme le dirait tout bon troll, si l'on s'inquiète c'est bien qu'on a quelque chose à se reprocher, pas vrai? 

Le point Godwin

Nous n'avons pas eu besoin de beaucoup de temps pour que la discussion s'envenime et qu'on en vienne à toucher du doigt le fameux point Godwin : les journaux ont rappelé que Jan Jambon, encore lui, était apparu sur des photographies prises lors d'une cérémonie en hommage aux soldats du front de l'Est, collaborationnistes de l'Allemagne nazie, parmi lesquels se trouvaient environ 10 000 flamands. 

Quoi de plus agaçant que ces médias qui remettent toujours la Seconde Guerre mondiale sur le tapis ? Les idéologies, la gauche, la droite, l'extrême droite, c'est dépassé! Même le Front National français envisage de changer de nom.

Après réflexion, ce que je décris comme un gouvernement de trolls m'apparait en réalité être un gouvernement réactionnaire comme un autre, stimulant la peur et la colère, souvent légitime, d'une population obligée de s'accommoder d'un système qui est de toute évidence obsolète. Par sadisme, pas intérêt, par pur divertissement? Peut-être un mélange de tout ça, mais quoi qu'il en soit, j'ai du mal à croire qu'ils puissent être convaincus de leurs propres arguments. Et malheureusement, si derrière son écran, on peut facilement éviter les immondices, il est plus difficile d'y échapper quand elles se retrouvent à la tête d'un État. 

À suivre donc, les nouvelles de ce plate pays qui est - pourtant – malheureusement – malgré tout - le mien.
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http://urbania.ca/blog/5435/ce-plate-pays-qui-est-le-mienMon, 27 Oct 2014 12:18:25 EDTElisabeth Meur-Ponirisjambonconservateursbelgiquebloguehttp://urbania.ca/blog/5435/ce-plate-pays-qui-est-le-mien
La chanson de la (fin de) semaine



Allez, bonne fin de semaine à tous!



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http://urbania.ca/blog/5434/la-chanson-de-la-fin-de-semaineFri, 24 Oct 2014 16:26:24 EDTUrbania chanson de la semainebloguehttp://urbania.ca/blog/5434/la-chanson-de-la-fin-de-semaine
Muffin Bromance
Je me suis fait un bon ami, Pélo. Un autre assistant, mais lui,  il était assistant caméraman. C’était une coche au dessus de mon poste. Pas super big sur l’échelle hiérarchique de notre milieu, mais il avait le droit de toucher aux pitons de caméras, le chanceux!

Octobre 2008
Je passais le prendre avec le camion de la production à 5h30 le matin. Et à tous les matins, Pélo essayait de chanter Like Castanets de Bishop Allen pendant que je m’empiffrais de Timbits. 

Un des projets sur lequel nous travaillions était un documentaire sur la famille. Cette journée s’annonçait difficile. Dans un petit appartement, un père élevait ses 5 enfants, seul. Sa femme venait de mourir d’un cancer… 

L’homme cuisinait tout en nous expliquant sa difficile routine. Soudainement, une des caméras a semblé avoir un problème technique. Pélo l’a donc apporté avec lui dans la camionnette pour y faire son diagnostic. Je «backais» Pélo en restant avec l’équipe dans la cuisine. L’homme nous expliquait combien c’était difficile par les temps qui couraient. Il s’adressait à la caméra restante en disant que chaque muffin était rationné afin que chacun de ses enfants puisse en avoir un dans son lunch. 

Nous devions revenir chez le veuf le soir même pour filmer une entrevue seul à seul avec lui après qu’il ait couché ses enfants. C’était un plateau à équipe réduite, ce qui veut dire qu’il y avait seulement le réalisateur, une caméra et le gars de son. Le restant de l’équipe devait quitter. Pélo et moi devions rester pour tout ramasser l’équipement à la fin du tournage. Pendant qu’ils étaient au salon, nous étions dans la cuisine à attendre. 

Nous étions assis à la table, dans la noirceur, éclairés seulement par la petite lumière du fourneau. Le moteur du vieux frigo repartait aux 5 minutes et accompagnait le silence pesant qui était entrecoupé d’un homme qui pleure au loin.  C’est à cet instant que Pélo me regarde et me chuchote très sérieusement :

«C’est crissement pas le temps de pogner un fou rire…»

Je lui réponds que non, mais sans trop savoir pourquoi, on commence à rire comme des gamins en s’imaginant combien ce n’est pas le moment de rire. On riait en chuchotant. Comme des gros qui sillent.  On se regardait et on riait de plus en plus. Je détournais le regard car le moindre eye contact nous faisait exploser. Je déposais ma tête sur la table et camouflais mon rire dans mon dedans de coude. J’étais épuisé et mes yeux coulaient tous seuls. Chaque fois que je levais ma tête Pélo faisait une grimace différente. 

Ça t’est déjà arrivé de rire à ne plus être capable de respirer?  Que tu aies mal au ventre au point de te lever debout et t’appuyer sur un comptoir pour rire? C’était ça… Mais dans un silence total où nous n’avions juste pas le droit de rire. Comme j’allais exploser et hurler, je me retourne et Pélo, insouciant et dans l’unique but de me faire rire, est en train de se rentrer un muffin complet dans la bouche en faisant une face de cave…

Il est devenu blanc.  Il a arrêté de mastiquer. Les muscles de son visage ont forcé et formé une émotion qui m’était encore inconnue.  Un mix entre la honte pis QU’EST-CE QUE JE VIENS DE FAIRE LÀ TABARNAK? Il recrache le muffin et me dit : « Je viens de voler un muffin à un enfant pauvre, c’était pas les nôtres hein? » 

C’est ça Pélo… 

Il est parti à pleurer. NO JOKE! 

Un ami de gars qui pleure de honte, moi, ça me faisait rire. 

Arrange-toi avec ça Pélo! Il croyait que c’était des muffins pour l’équipe! 

Pélo : « Est–ce qu’ils vont s’en rendre compte man? »
Moi : « C’est une plaque à muffins, y’en a 11 pis un espace vide! Crisse que oui, ils vont s’en rendre compte! »
Pélo : « Je vais aller en acheter au Tim! »
Moi : « Tu vas leur dire quoi? Tenez, j’ai bouffé un de vos muffins parce que je n’ai pas de cœur pis j’ai tellement pitié de vous que je vous achète de la bouffe? »

Il n’arrêtait pas de dire : « Fuck que je suis cave! » en se tenant la tête à deux mains. 

Moi? J’étais INCAPABLE D’ARRÊTER DE RIRE. C’était tellement wrong!

C’est là… Qu’il a ouvert la porte de derrière et s’est enfuit en courant sous la pluie me laissant seul dans la cuisine avec le frigo bruyant et une plaque comprenant seulement 11 muffins… 

Là, ce n’était plus drôle. 

Je me suis retourné, j’étais désemparé… Le sacrament me laissait là tout seul. Cinq minutes plus tard, le réalisateur est sorti de la pièce avec les autres et je devais ramasser tout l’équipement, seul

Comme je m’apprêtais à quitter et que je devais aller voir le monsieur pour lui dire ce que Pélo avait fait, m’excuser en son nom et lui offrir de payer une douzaine de muffins pour nous faire pardonner, la porte s’est ouverte. Pélo était là, tout trempé, et m’a ordonné de quitter: il voulait parler avec le père. J’ai refusé en souriant. Je voulais voir mon ami s’excuser!

Nous étions trois dans l’embrasure de la porte. Pélo a sorti ses mains de ses poches et a donné des dizaines de petits sacs de… jujubes! Il s’excusait en bégayant. Les petits sacs  tombaient parterre. Pélo, maladroit, se penchait et les ramassait en s’excusant. 

DES FUCKING JUJUBES! 

Il avait couru sous la pluie pendant 30 minutes dans le quartier et n’avait rien trouvé d’autre qu’un petit dépanneur. 

L’homme a pris les jujubes en riant. Pélo a quitté les yeux pleins d’eau. 

L’homme a rit fort et m’a dit : « C’était pour vous autres ces muffins-là! C’est la production qui a payé. »  

Je ne l’ai jamais dit à Pélo… Je trouve ça plus drôle qu’il pense qu’il a "volé un muffin" à une famille démunie. 

Dans quelques semaines, mon ami Pélo présentera la deuxième saison de sa populaire émission Ouisurf. Nous en avons fait du millage depuis l’époque où nous chantions Like Castanets en mangeant des Timbits dans la van de prod. Bravo man!

#bromance 
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http://urbania.ca/blog/5433/muffin-bromanceFri, 24 Oct 2014 11:55:42 EDTJonathan Robergebloguehttp://urbania.ca/blog/5433/muffin-bromance
Faut qu'on se parle
J’ai toujours eu un petit quelque chose avec les chiffres. Je n’ai pas une mémoire phénoménale, j’oublie souvent les détails importants d’une confidence qu’un ami proche me fait en tremblant du mandibule et je me demande régulièrement si je débute un alzheimer précoce.

Mais demande-moi le numéro de téléphone de mes petites amies du primaire ou la date de fête du gars qui passe le balai dans l’entrée du Pharmaprix, et je te sors ça en marchant sur un ballon. Retenir les choses qui ne servent à rien et y penser souvent, c’est un mode de vie. C’est pourquoi chaque année, même si y’a pas matière à célébrer et qu’il y aurait bien plus matière à me trouver un trente sous pour aller user c'te journée-là aux machines à boules, le 23 octobre est jour de flashbacks.

J’ignore pourquoi, mais j’ai remarqué qu’il se passe peu d’années sans que le 23 octobre soit une journée étrange (si tu es en train de lire cet article après une journée à te battre contre une octogénaire pour partir avec le dernier fer à friser au prix du gros, sache que le 23 octobre, c’était hier. Espérance que t’as passé un bien beau boxing day).

Pourquoi le 23 octobre?
Eh bien tout a commencé devant un casseau de frites. J’étais, à l’époque, follement, éperdument et viscéralement amoureuse d’un garçon. Et ça adonnait bien, parce qu’on sortait ensemble. Mon premier vrai chum.

Vous savez, le genre de garçon que tu comprends ben pas comment ça se fait que t’es avec (bon j’avais peut-être un peu le self-esteem vacillant, aussi): joueur de basket, alors que j’avais de la misère à attraper un ballon de kinball, chevelure de jeune premier, alors que j’arborais la fameuse coupe en pic-pics qui donnait l'impression que je venais de Chambly, mais que toute jeune femme en devenir se doit de porter pour se déclarer furieusement funky. Teints noirs avec des mèches rouges, à part ça. Un genre de bonne prise.

Toujours est-il que ce jeune homme me prêtait parfois son hoodie rouge serti d’un crest à’ mode, et au moment précis où je sentais les effluves d’Acqua Di Giò imprégnées au collet, j’aurais sacré Kate et Leo en bas du bateau d’une simple jambette pour me déployer les petits bras au bout du Titanic en sifflant de la flûte de pan. La reine était loin d’être morte, pis c’était moé.

C’était moé, jusqu’au jour où j’ai reçu le pire hotmail qu’on peut pas recevoir: faut qu’on se parle.

J’avais beau être rookie en matière de Danielle Steel, je savais que c’était pas JUSTE pour que je lui redonne son beau chandail rouge avec un crest.

Et le lieu que ce formidable prince avait choisi était ma foi tout à fait indiqué pour l’objet de la conversation: le McDonald’s des années 90 du métro Longueuil. Ce lieu accueillant. Ce lieu tamisé. Mais surtout ce lieu où crissée là j’allais bientôt être.

C’est que mon petit chum de gars avait lu quelque part que pour parler des affaires importantes, t’étais mieux de faire ça dans un lieu public. Un terrain neutre où les épanchements ne figurent pas au happy meal. Un temple où toute conversation serait ponctuée de la petite sonnette du chauffe-chaussons. Une dame qui avait décidé de pas mettre de brassière sous son t-shirt Humeur Design était assise à la table de biais; sundae en main, je vous dis qu’elle aurait pas changé sa loge avec personne d’autre. Elle savait ce qui allait se passer pis le caramel était juste chaud parfait.

Chancelante mais déterminée à faire croire que je maîtrisais parfaitement la situation, j’avais insisté pour qu’on se commande quelque chose, parce que ton premier grand amour, tu veux le faire durer le plus longtemps possible, même s’il est juste rallongé d’un McFilet. J’EN AI PRIS DEUX.

Nous sommes retournés s’asseoir à la fantastique table qu’il avait élue pour faire le sale travail, celle près des toilettes.

Quelques semaines avant, mon joueur de basket m’avait demandé de lui écrire une lettre. Vous savez, comme dans les films. Lui, m’avait envoyé une cybercarte avec un gif animé de poménarien et moi, ben je lui avais écrit cinq pages d’amour sur du papier turquouèse. C’était la toute première fois que je faisais ça. Et je vous dis que je m’étais donnée; chaque mot pesait cent livres et je nous promettais une vie à l’image de la chorégraphie de Johnny qui s’en va retrouver Bébé sur le stage. Je l'aimais assez.

Mais apparence que ça lui a fait un peu peur, puisque trois jours plus tard, je mangeais un McFilet près des bécosses.

Sous les bruits de séchoir qui annonçaient un an 2000 pétri de percées aéronautiques, il m’a donc annoncé que je n’étais plus à la hauteur de son standing, qu’il était pas certain de m’avoir jamais aimée, mais que j’avais un beau style. J’AVAIS UN BEAU STYLE.

C’était la veille de mes premiers intras de biochimie, le genre de veille sacrée que toute étudiante devrait passer en pantoufles, le casseau plein de chocolat chaud aux guimauves à se dire que demain, c’est le jour le plus important de sa vie, celui où tu vas changer le monde et faire des schémas de transmission de virus comme un caricaturiste dessine aisément toute personne en patins de fantaisie.

À la place, je pleurais dans un filet de poisson et je restais là, assise devant lui qui me tenait théâtralement les mains qui tenaient mon sandwich humecté (que je mangeais pour me donner contenance), souverainement satisfait du niveau de drame de sa mise en scène.

Le 23 octobre.

Et les années qui ont suivi, il s’est toujours passé quelque chose d’étrange en cette douloureuse date in memorium.

Une année, un photographe du dimanche m’a demandé de me prendre en photo dans une cabine d’autobus, alors que j’attendais la 1 en mangeant des pinottes. Et moi, gagnée de gêne et de pas savoir par où fuir, j’avais posé, sourire serti de la petite pellicule qui enveloppe les pinottes, en silence, et je dois à présent figurer dans l’album d’un Buffalo Bill, quelque part sur la rive-sud.

Une autre année, toujours le 23 octobre, je me suis disloqué le genou en servant de l’agneau dans une noce. Juste au-dessus de la cliente assise, alors que je lui tendais son plat, rotule hors de son socket, dans l’espoir qu’elle finisse par tasser ses cristi de petits bras pour que je puisse déposer les cinq livres de viande devant sa belle blouse et tomber à la renverse dans les bras d’une autre serveuse. Ce que je fis.

Et hier, j’ai croisé mon voisin étrange au coin de la rue. Comme d’habitude, nous nous sommes échangé un « bonjour » moyen franc, jusqu’à ce qu’il me réinterpelle pour approfondir la converse en ayant l’air d’avoir rassemblé tout le courage depuis la Première Guerre: « Avez-vous mangé quelque chose de délicieux, aujourd’hui? AUQUÉ CIAO !!! » rire de crécelle, puis il quitta.

« Manger quelque chose de délicieux auqué ciao » comme on souhaite la bonne année à un collègue de travail. Douleur au genou. Flashback de pinottes. Buffalo Bill habite entsoure de chez moi. Maxime qui m'a crissée là y'a 15 ans.

J'ai hâte à l'an prochain.

La bise
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http://urbania.ca/blog/5432/faut-quon-se-parleFri, 24 Oct 2014 09:13:03 EDTCatherine Ethier23 octobrese faire crisser là dans un Mcdopremier amourintras de biochimiepleurer dans un McFiletpinottesrotuleQuelque chose de délicieuxbloguehttp://urbania.ca/blog/5432/faut-quon-se-parle