Urbania - accueilhttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationFri, 19 Dec 2014 05:04:51 EST60Se tenir

La peur de se faire dire qu’on se vante, qu’on se trouve don’ bon ou beau ou peu importe. Mais souvent, j’pense pas que ce soit pour ça qu’on l’étale le fun, pour juste faire rouler des yeux le monde qui le regarde l’étalage. Non. J’pense que des fois, on est juste content de soi pis c’est ben ok de le dire. C’est pas si facile « être content de soi », trouver qu’on fait la bonne affaire. Évidemment, je parle pour moi, là. J’ai le doute facile. Sur ce que je suis, ce que je fais, comment je le fais, comment je pourrais le faire, aurais pu ou dû le faire. Et surtout en ce qui concerne mon être-maternant. Ce lieu est un éternel « ish-me-semble-que-j’aurais-pu-faire-autrement ». 

Mais. Pas pour comment le père des p’tits pis moé, on vit notre séparation. Non. Ça, c’est vraiment un quelque chose dont je suis plutôt contente. Pas dans l’en-soi, là. Dans le sens où ladite séparation elle a tout de même et nécessairement affecté la progéniture et que la peine et l’ennui qu’elle a pu ou peut ressentir, ben, ça me désole. Sauf que si on tient compte de l’ensemble de tous les tous, cette séparation devait avoir lieu pour le bonheur du plus grand nombre. On était marié pis toute. Ensemble depuis quinze ans. Depuis le très cute âge de 16 ans. Et ce n’était pas dans les plans que. Pour le meilleur et pour le pire, on y a crû pour de vrai. Et on a fait des efforts et bla bla bla. 

Sauf que c’est cela. Y’a eu « la vie ». 

On aurait pu se détester, ne plus se parler, trouver des moyens pour ne même plus devoir se côtoyer. On aurait pu se faire chier, crier, se nuire. Ce sont des cas de figure qui existent. Mais. J’ai le souvenir très clair qu’on se soit dit que les p’tits passaient avant tout. Avant nous. Avant nos « je », même s’ils souffraient nos « je », alors. Et ça a fait en sorte qu’on s’est plutôt poutré là-dedans. Pour nous, mais surtout pour eux. On a une garde partagée très rapprochés, on habite pas très loin, on soupe en famille, parfois, on fait des activités en famille, parfois, on s’appelle ou on se texte à tous les jours pour parler des p’tits, de comment ils sont, vont, de qu’ils ont dit ou fait. Quand un p’tit est malade, celui qui ne les a pas va prendre le rendez-vous à la clinique à 7h du matin, pour éviter à l’autre de s’y déplacer avec deux êtres ne voulant pas attendre. On se partage les journées pédagogiques ou de maladie. On va aux rencontres d’école tous les deux. On va même passer Noël ensemble, tous les quatre. Pas parce qu’on se sent obligés, là. 

Non. 

Juste parce que je sais pas tant comment, mais on est parvenu à se préserver un quelque chose dans la perte. Un précieux. On prend soin de nous quatre en prenant encore soin de nous deux. En ayant du care, du souple, beaucoup de love, encore. Et à chaque fois que je nous vois être aussi doux, j’ai le goût de nous faire un câlin. Parce que les p’tits nous voient encore comme une famille. Parce qu’ils savent que maman et papa se parlent et appliquent [pas mal] les mêmes règles même si dans deux maisons différentes. Parce que je pense que nous avons réussi à leur permettre de rester des p’tits, dans tout ça. Ils n’ont pas eu à vieillir un peu trop vite pour gérer des émotions qui ne leur appartenaient pas ou à ressentir cette solitude si prenante qu’est celle du parent trop absent. Ils n’ont pas eu ces trous, ces trop. Et je suis contente de ça. Pour eux, pour lui, pour moi. Ce n’est pas parce que l’amoureuserie ne fonctionnait plus que nous nous sommes pour autant écartés l’un de l’autre. Et on aurait tellement pu. Quand ça fait mal, quand on est blessé, quand y’a de la colère et d’autres sentiments du genre, c’est tellement difficile de garder le lien, de se regarder dans les yeux, de s’adresser la parole. Surtout que nous, c’tait pas mal notre première vraie rupture à vie. Mais les p’tits nous ont permis de se faire ça sweet. De garder un cocon. Ça n’a pas été tout le temps évident, là, je le précise. Ça a pris du temps du on-s’oublie-le-soi-un-peu, du on-se-parle. Je ne pense pas qu’on n’aurait vraiment pu ne plus se parler jamais de la vie. On s’est bin’que trop aimé fort pour ça. On s’est surtout beaucoup amitié pendant toutes ces années. 

Et je pense que c’est ok que je te le partage. Que j’en sois contente. Que je l’étale. Parce que j’me dis que c’est vraiment fun de le savoir que y’a d’autres options, d’autres modèles. Que ces situations tellement difficiles ne sont pas obligées de l’être davantage qu’elles ne le sont déjà. Que c’est possible, qu’on peut. Que tu peux avoir un accident de char avec tes p’tits, appeler le père des p’tits pis qu’y va lâcher son magasinage pour se garrocher chevous, gérer la situation parce que toi, tu shakes un peu trop et que t’es [ou plutôt étais] pas du genre à avoir un constat à l’amiable dans ton coffre à gants, t’amener à l’hôpital, avoir peur pour tes vertèbres, aller acheter des sanouiches, soupirer en même temps que toi aux mardes que les p’tits vont dire et faire pis te ramener chevous après tout ça en étant juste content que tout soit pas si pire. Que vous soyez tous là. À vous faire un câlin dans l’entrée. Pis que ce soit juste ça qui compte. Que vous soyez bien. 

Illustration : Cath Laporte
J’existe aussi là : Les p’tits pis moé, pis là.

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http://urbania.ca/blog/5553/se-tenirThu, 18 Dec 2014 11:55:29 ESTVéronique Grenierhttp://urbania.ca/blog/5553/se-tenir
Le Registre: 15 choses que t’as plus le droit de faire en 2015Je vais te dresser une liste de choses qui ne devraient plus exister en 2015. Certaines sont des évidences, certaines sont vieilles de quelques années, certaines ont fait leur apparition cette année … mais TOUTES devraient disparaître en 2015.

Profites-en, il te reste 2 semaines pour te gâter. Après, c’est non.


1. Ne pas mettre ton « flasher »
Je sais, c’est aberrant qu’on doive se le répéter encore aujourd’hui. C’est pas une suggestion, c’est une obligation. Tu tournes, tu changes de voie ? Bin dis-le au monde autour, osti d’pogo. T’es pas tout seul sur le réseau routier, on est tous là à se faire chier pour se rendre à notre destination. Rends-nous service pis avertis-nous quand tu tournes. Pas dur.

2. Texter au volant
R’garde, j’pas un Saint, ça m’arrive pour un « oui » ou un « ok ». Même là, c’est complètement stupide. En 2015, veut-on encore vivre dans un monde où des millions de carcasses de métal de 3000 livres qui roulent à 100 km/h sont conduites de façon semi-consciente? Oui, même si c’t’un booty call. Si elle veut vraiment que tu la swing, elle peut attendre 5 minutes. Au pire, arrête sur le bord si t’as peur de devenir frère de batte avec un de tes chums qu’elle connait.

3. Attendre ta femme qui magasine, dans ton char qui marche dans un no parking
Hey les vieux, ça va ? Oui, je dis vieux, parce que lire ton journal dans ton char qui marche pour rien, en avant du Metro, du Wal-Mart, ou qu’importe, pendant que ta femme fait son magasinage, c’est « j’étais à Woodstock ». Enwaye le père, rentre avec elle pis mets-la toi-même ta caisse de 24 dans l’panier. Ciboire, s’fait trois ans que ta femme a le dos barré.

4. Jeter tes déchets par terre
Encore là, qui fait encore ça ? Catapulter ton McDo par la fenêtre de ton pickup sur l’autoroute? Laisser ta bouffe sur le gazon d’un parc? Lancer tes cannettes dans un lac? Si tu ne comprends pas encore le tort que tu fais à l’environnement et à la faune avec ton mindset de redneck en 2015, on devrait t’enlever l’accès résidentiel à Internet et au câble.

5. Ne pas remercier
Soyez donc agréable, que diable. Remerciez le serveur qui t’apporte ta bière. Remerciez donc quand un inconnu te tiens la porte pour un bon 5 secondes le temps que tu la rejoignes. Envoie-donc la main quand on te laisse passer en voiture (ok, j’habite pas Montréal moi, j’ai encore espoir). Inculque-le à tes kids pis sont corrects pour la vie après.

6. Utiliser la police de caractère « Comic Sans MS »
On est plus en 2001, bout-de-crisse.

7. Écrire en CAPS si ce n’est pas pour crier
SÉRIEUSEMENT, COMMENT PEUX-TU LIRE CETTE LIGNE SANS PENSER QUE J’SUIS EN TRAIN DE T’ENSEVELIR D’INSULTES SUR TA MÈRE ET SUR TON SURPLUS DE POIDS ? ET POURTANT JE SUIS BIEN CALME ET JE N’HURLE ABSOLUMENT PAS. Bin voilà, messages à nos parents, nos grands-parents et autres, cessez de crier en 2015.

8. Te tagguer chez vous sur Facebook
Juste pourquoi. Pourquoi tu ressens le besoin de mentionner à tes amis que t’es à la maison ? C’est déjà limite de prendre une photo de ton café, tes bas de laine et ta TV pour dire que tu regardes un film … c’est passible de la chambre à gaz si en plus, tu te « tag » chez vous. Tu dois être le genre de personne que quand j’appelle et j’te demande ce que tu fais bon, au lieu de dire « pas grand chose », tu dois me préciser que tu viens juste de chier, right? 

9. Envoyer des invitations de jeux au monde sur Facebook
J’pensais c’était réglé ça. J’ai bloqué des amis juste pour ça. Sauf que c’est comme l’herpès, ça revient encore pareil. Du monde à qui tu ne parles jamais et qui t’envoie une demande pour jouer à Candy Crush. « Ah! mais ça le fait automatique, c’pas moi qui te l’envoie ! ». M’en contre-crisse, trouve comment arrêter ça. En 2015, personne ne veut d’invitation, gang. Si j’voulais effectivement jouer, j’sais comment.

10. Écrire un statut qui rejoint seulement une personne 
Facebook a réveillé un pêché de l’humain: l’exhibitionnisme. On est tous coupable. Tsé, quand quelqu’un veut complimenter, rendre hommage ou juste publiquement aimer quelqu’un. Genre un statut de 25 lignes pour dire à ta meilleure amie qu’elle est la meilleure. Ou un autre de 36 lignes à la fête des pères pour dire à ce dernier combien tu l’aimes … lui qui n’est même pas sur Facebook ! Écrire à ta blonde un long statut à l’eau de rose pour sortir tous les insides que vous avez entre vous en 7 ans de fréquentation. Pourquoi tu écris ça dans un statut, si ce n’est pas pour flasher aux yeux des autres ? Enwaye ça direct à la personne si c’est fondamentalement pour elle.

11. Accuser la technologie pour les malentendus
Dans les dernières années, la technologie en matière de communications interpersonnelles s’est transformée et beaucoup de nos échanges se passent derrière un écran de téléphone, de tablette ou d’ordinateur. En 2015, faut arrêter de penser qu’il y a problème d’interprétation à cause d’un texto. En 2007, ok, c’tait nouveau. Là, y’a des émoticons, des lois établies de ponctuations, des signes, des acronymes, etc. Si j’te réponds pas, c’est que ça me tentais pas, mon cell marche très bien. Si le message a sonné bête, il était effectivement bête (viarge t’as tout le temps voulu pour modifier avant de peser send). Si tu réponds « ok. » ou « cool » à un long message que je t’ai envoyé, faut j’comprenne que tu t’en calisses royalement de ma journée. En 2015, faut tu saches comprendre les non-dits. Le silence est une réponse.

12. Te faire avoir par des sites de fausses nouvelles
Peux pas croire encore que y’a des truites qui partagent des articles de site satiriques reconnus comme  « The Onion » avec des nouvelles comme « On a trouvé un McDo sur Mars ». Si t’es encore trop cave pour pas flairer la bullshit, va double-checker sur Google. Ainsi t’évites de publiquement dévoiler à tout le monde que la sélection naturelle t’éliminera bientôt.

13. Propager une rumeur sans en vérifier l’authenticité
Même affaire. J’tanné que Morgan Freeman meurt 37 fois par semaine. Just f*cking Google it.

14. Allez à un événement sportif et arborer un chandail d’une équipe absente
Si tu veux mettre ton gilet des Leafs au Centre Bell pendant un match Canadiens-Bruins, t’es une plaie. En 2015, si tu continues de faire ça, on a le droit de te jumper à gang, Youppi te dompe sur le torse et on te force à te taper one-shot les 12 saisons de L’Auberge du chien noir.

15. Pas tipper un serveur ou une serveuse de manière respectable
Faut tu comprennes la game. Tu dois toujours pourboiriser. Tant que le service est pas crissement exécrable et que ta serveuse est pas bête comme un douanier qui vient de se faire crisser là, tu tippes. Maintenant, si tu penses encore que la serveuse/serveur doit être EXCEPTIONNEL-LE, pour mériter un pourboire, t’es arriéré. C’t’une serveuse, pas une acrobate du Cirque du Soleil. Elle va toujours bin pas jongler avec ses verres et sortir 24 foulards multicolores attachés ensemble de sa yeule. Faut également que tu comprennes que tout n’est pas relatif à elle. Si le resto est short staff, pas sa faute. Si la bouffe est pas bonne, pas sa faute. Si à  la table d’à côté, sont saouls morts et vraiment déplaisants, pas sa faute. Tippe honnêtement son travail et son service, c’est son salaire. En 2015, tu peux plus laisser 1 piastre de tip sur une facture de 45 $ parce que « bah, était correcte, pas extraordinaire ».

+++

Voilà ce que 2015 nous réserve : des gens plus brillants, informés, moins naïfs, courtois, respectueux, agréable et conscient de vivre collectivement sur la même planète.

...Yeah right.

Joyeuses fêtes et portez-vous bien, jeunes gens.

Le Moes, également ce dude-là 


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http://urbania.ca/blog/5552/le-registre-15-choses-que-t-as-plus-le-droit-de-faire-en-2015Thu, 18 Dec 2014 10:10:26 ESTLe Moesne pas fairebloguehttp://urbania.ca/blog/5552/le-registre-15-choses-que-t-as-plus-le-droit-de-faire-en-2015
6 restos portugais de qualité pour vous faire oublier à jamais le Piri Piri
Ce billet est présenté par les Vins du Portugal

6 –Douro 
6581, boul. Saint-Laurent
À ceux qui pensaient juste manger des pennes Arrabbiata en allant dans la petite Italie : détrompez-vous tout de suite. À quelques mètres du toujours élégant Bar Populaire se trouve un restaurant portugais digne de ce nom, à la carte des vins recherchée et à l’ambiance «confortable, chic et moderne». Même si un seul coup d’œil rapide à leur site web peut vous faire douter de leur définition de «modernité», le Douro épate par sa cuisine traditionnelle portugaise, des plats de base bien exécutés, comme les calmars grillés, les crevettes grillés, les sardines grillées et, bien sûr, les grillades grillées.

Puisqu’il est impossible de télécharger les photos de leur splendide galerie , en voici une plus modeste, gracieuseté du toujours pertinent Trip Advisor.


Sur Facebook, Christiane va même jusqu’à lui octroyer l’audacieuse note de 4 «+».


5 – Casa Minhota
3959, boul. Saint-Laurent

Ouverte depuis 34 ans, la Casa Minhota a su traverser les années avec une tradition soutenue, sans modifier inutilement le menu en fonction des saveurs tendances du mois.  Voilà donc une cuisine gastronomique portugaise savoureuse et pas trop chère (en bas de 18$ pour une table d’hôte trois services le midi), incluant des menus diversifiés comme les côtelettes de porc grillées au charbon de bois, la morue fraîche maison et la darne de bar grillée. 

En plus, le décor est solidement champêtre…

(Crédit : Facebook Casa Minhota)

…et le verre de vin est gratuit à l’achat de deux tables d’hôte et d’une imprimante.

(Crédit : Facebook Casa Minhota)

Enfin, que dire du personnel qui garde toujours en tête les trois mots d’ordre de la philosophie du restaurant, «Plaisir – Ambiance – Finesse» ?

(Crédit : Facebook Casa Minhota)

Conseil : réservez votre 13 septembre pour avoir la chance d’y croiser Marie-Claude.



4 –Jano
3883, boul. Saint-Laurent
À 13 secondes de marche des morceaux de viande défraichis empilés les uns par-dessus les autres dans vitrine du Schwartz’s, on retrouve les fameuses grillades portugaises du Jano, toutes marinées à la perfection puis servies par un personnel courtois, poli, aimable et autres synonymes gentils de même. Les indécis de ce monde seront conquis par la grilhada mista, une assiette reconnue pour son potentiel de variette incommensurable, tandis que les amateurs de vins portugais seront ravis d’y déguster autre chose qu’un bon vieux Cortes de Cima.

Les internautes ne seront toutefois pas très impressionnés par le site web  qui, à défaut d’avoir obtenu un domaine renouvelé, peut toutefois se targuer d’être devenu une place pour acheter des manteaux norvégiens.

Heureusement, les clients satisfaits assurent au restaurant une présence web assez dynamique sur Urban Spoon, en lui décernant l’incroyable note de 92%. On ne peut toutefois pas être aussi généreux sur l’évaluation de leurs photos, qui ne méritent pas vraiment plus qu’une note de 53,6%.


 

3 – Portus Calle
4281, boul. Saint-Laurent

Ceux qui pensaient que la bouffe portugaise se résumait à un sandwich au poulet carbonisé qui goute les oignons vont carrément virer su’l top en passant au Portus Calle, un restaurant réputé depuis son ouverture, il y a un peu plus de 10 ans. Ici, ce sont les poissons et les fruits de mer qui règnent comme des princes, notamment la lotte, la pieuvre, les crevettes et les calmars, le tout en mode tapas, histoire de pouvoir goûter un peu pas beaucoup à toute. 

Le menu change souvent, mais les classiques restent : la soupe caldo verde, les plats à base de morue et la salade de pieuvre, qui ressemble à ça lorsqu’elle est accompagnée de crevettes et de chou kale.

(Crédit : Facebook Portus Calle)

Côté alcool,  le Portus Calle s’impose parmi les restaurants montréalais avec la cave à vin la plus garnie. En tout, 7000 bouteilles de portos/vins portugais, dont 95% d’importation privée, sont disponibles dans l’espace cellier. Pour vous aider dans vos mariages de goûts et vous donner des conseils, une gang de sommeliers experts est présente sur place, midi et soir. 

L’occasion rêvée pour faire un «tchin» avec Audrey.


Rendez-vous là-bas, dans un mois, pour célébrer le tout premier anniversaire de la fois où Anne a voulu s’y prendre d’avance pour la Saint-Valentin mais est restée dans le doute.


Spécial notable : Faim de soirée, un menu trois services à 25$, entre 21h et 23h.

2 – Helena
438, rue McGill

Propriété de la même chef que le Portus Calle, Helena Loureiro, la nouvelle coqueluche des restos montréalo-portugais a tout ce qu’il faut pour plaire : un décor épuré, une ambiance chaleureuse et (vraiment) moderne, une carte des vins raffinée  et une cuisine délicieuse, fine, recherchée. Évidemment, ça va vous prendre un petit budget pas piqué des vers pour la soirée si vous voulez être capable de vous pogner assez de tapas pour avoir goûté à pas mal d’affaires. À cet effet, le menu de groupe dégustation à 60$ par personne le soir ou 22$ le midi, en vigueur durant le temps des fêtes, peut sans doute être une bonne idée. 

En plus du menu de base, Helena se permet quelques excentricités au quotidien, notamment ce champignon portobello farci aux crevettes.

(Crédit : Facebook Helena)

Récemment, Allan a eu le trip de sa vie là-bas.


Dans un tout autre ordre d’idées, Karine a fait une grosse batch de blé d’inde à la bière «à l’apricot».


1 – Romados
114, rue Rachel Est
Moins cher et aussi digne que les autres du top, le Romados a 20 ans d’expérience dans le toupet et peut se targuer d’être le seul resto portugais de Montréal à avoir une chanson en son nom . La wannabe salle à manger peut s’avérer déprimante pour plusieurs, alors vaut mieux apporter le poulet à maison ou aller le manger sur un banc de neige dans le parc du mont Royal. Mettez-vous un manteau préférablement.

(Crédit : Facebook Romados)

La plus grande force du Romados, c’est sa capacité à tourner le poulet comme du monde pour qu’il soit parfaitement grillé.

(Crédit : Alex Geoffrion)

Zohra semble d’accord avec ça, mais profite tout de même de sa tribune sociale pour émettre une nuance.  «Et les œufs ! Il y en avait !!!», nous apprend-elle, avec intensité.


Profitons de l’occasion pour faire la job du Romados et répondre à Louis : oui et oui.


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http://urbania.ca/blog/5551/6-restos-portugais-de-qualite-pour-vous-faire-oublier-a-jamais-le-piri-piriWed, 17 Dec 2014 19:57:09 ESTOlivier Boisvertvins.du.portugalreportagehttp://urbania.ca/blog/5551/6-restos-portugais-de-qualite-pour-vous-faire-oublier-a-jamais-le-piri-piri
Pourquoi personne ne chante? - Portraits de Montréal
















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http://urbania.ca/blog/5550/pourquoi-personne-ne-chante-portraits-de-montrealWed, 17 Dec 2014 13:45:22 ESTPortraits de Montréalhttp://urbania.ca/blog/5550/pourquoi-personne-ne-chante-portraits-de-montreal
Léo ou le Big Bang

Le Gewürztraminer était au frais.

Ton père a dit : « Léo, je te présente Émilie, ma nouvelle amoureuse. Émilie, Léo. ». 

J’avais rencontré ton papa quelques mois plus tôt, par le biais d’un réseau de rencontre internet (j’aurais préféré un coup de foudre incandescent sur le trottoir ou dans le bus, mais bon…). Nous avions attendu un peu avant de nous présenter nos enfants. Ce soir-là, c’était le grand soir, pour toi et moi!

Tu m’as regardée avec ton petit sourire charmeur, la tête penchée, trop mignon avec tes cheveux blonds-blancs comme la lune et tes yeux bleus: « Allo! », as-tu dit. À ce moment précis, j’ai pensé: « Oh my god. Je pourrais trop l’aimer ce petit gars-là. » Et pendant que tu m’emmenais voir tes jouets de grand de 5 ans dans ta chambre, je me suis dit : Attention, Émilie. Danger!

J’ai passé les premiers mois de ma relation avec ton père à me protéger. De lui et un peu de toi. De l’amour en fait. C’est beaucoup ça les débuts amoureux, non? Une alternance entre élan et peur. J’étais bien avec ton père, comme je ne l’avais pas été depuis longtemps. J’étais bien quand tu étais là aussi. On jouait au hockey-pichenotte sur le plancher du corridor, et tu comptais pas mal de buts. 

Mais par moments, la peur venait me transpercer le ventre. Une voix intérieure me chuchotait : Va-t’en! FUIS!!!! C’est dangereux ici. Il y a comme une explosion de beau qui pourrait t’être fatale… 
Je prenais une gorgée d’alsacien, et j’attendais que ça passe.

***

Puis, ton père a rencontré mes filles. La plus jeune, qui avait 4 ans, le regardait sourcils froncés : « C’est ma maman ».  S’il fallait qu’il me prenne la taille, elle venait se placer entre lui et moi et le poussait. Ton père a été habile et patient, il tournait ça à la blague : « Mais non, c’est MA maman ».  Ma fille finissait par rire... 

Quand elles t’ont rencontré, toi, tout a été facile. Tu es « entre les deux » : plus jeune que mon aînée et plus vieux que ma cadette. Et même si tu détestes le rose (et ses dérivées-couleurs-de-filles violet et turquoise), si tu n’aimes pas trop dessiner ni patiner, tu as le bon goût d’apprécier Marie-Mai dans l’auto.  Mais il y a plus que cela. Quand je dis « Léo sera là ce soir », c’est toujours « YÉÉÉÉÉ! » qui fuse chez nous. 

Un jour, ma plus jeune m’a dit dans un élan du cœur : « Léo, c’est mon meilleur ami! » Puis, elle a hésité : « Est-ce que ça se peut, un meilleur ami garçon? »

***

Les mois ont passé. Toute une année, même.

Chaîne de moments. Des beaux, des plus difficiles parfois (quand vous manquiez de sommeil, surtout…).  

Ça m’a pris du temps avant de te donner un bisou avant le dodo. J’avais comme une pudeur. 

Un soir, il n’y a pas si longtemps, après qu’on ait regardé un film dans lequel il y avait des dragons, tu m’as dit en te couchant que tu avais peur. Ton père était occupé à faire la vaisselle, et je t’ai demandé si tu voulais que je m’allonge un peu à tes côtés pour t’aider à t’endormir. Tu as dit oui. Les filles dormaient déjà.

Je suis restée quelques minutes avec toi. Au moment où je t’ai senti assoupi et calme, j’ai mis mon corps en mouvement pour me relever et tu t’es accoudé tout net dans le lit. « Émilie! » Oui, Léo? « Savais-tu… savais-tu qu’on est faits de débris d’étoiles et d’atomes? », m’as-tu dit d’une voix granuleuse déjà remplie de dodo… 

Oui, mon grand, ai-je menti doucement. Fais de beaux rêves… 

Et j’ai déposé un bec sur ton front en remontant tes couvertures. 

Il est vraiment incroyable, ai-je dit à ton père, une fois dans la cuisine. C’est-tu vrai cette affaire de poussière d’étoiles?

***

Il s’est passé quelque chose.

Au fil du temps, de cette chaîne de moments passés ensemble, il s’est passé quelque chose.

Quelque chose qui me donne un petit vertige, parfois.

Comprends-tu, Léo, les adultes ont des vies souvent compliquées. 

On ne peut pas être sûrs que ton père et moi on va s’aimer longtemps. Encore moins qu’on va s’aimer très longtemps. 

Et votre vie à vous, les enfants, elle est parfois suspendue à celle des grands.  

***

C’est sûr que c’est risqué d’embarquer dans cette danse. De laisser se déployer ce grand Big Bang de douceur… 

La peur est légitime. Il y a plus que le risque de se casser le cœur, il y a celui de casser le cœur de nos enfants. Qui n’ont rien demandé, que je sache.

Rien pantoute.

Petits débris d’étoiles fragiles dans un univers en expansion... 

Émilie, des RoseMomz
Illustration: Pierre-Nicolas Riou
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http://urbania.ca/blog/5549/leo-ou-le-big-bangWed, 17 Dec 2014 11:47:46 ESTLes RoseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5549/leo-ou-le-big-bang
Le chialage

J'ai détesté Noël pendant longtemps. J'ai utilisé toutes les excuses: ma famille est plate, Noël c'est trop commercial, ma famille est trop petite, j'ai pas d'argent pour faire des cadeaux, j'ai de l'argent pour faire des cadeaux mais personne me fait des bonnes suggestions, Noël c'est trop religieux, le porridge est trop chaud, le porridge est trop froid.

En fait, j'ai détesté beaucoup de choses pendant beaucoup de temps. J'étais bougonne, chialeuse, pessimiste, négative. Tellement, que ça devenait drôle. Tellement, que c'est lentement mais surement devenu mon trademark. Une marque de commerce, même si c'est un trait négatif, ça fait de toi quelqu'un. Les gens disent: ben oui, Marie est comme ça. Et moi je disais: ben oui, je suis comme ça, alors je vais bien jouer mon personnage. Je vais me rouler dans la négativité, je vais vous donner le show que vous voulez. Alors je bougonnais, je chialais, j'étais pessimiste, j'étais négative. C'était cool, c'était un bon personnage à avoir. Sauf qu'un personnage, c'est temporaire. En fait: il faut que ce soit temporaire, parce que sinon, ça colle à la peau pour toute la vie.

Le personnage de la chialeuse me fait un peu penser au personnage de la bad bitch, qu'on retrouve un peu partout depuis quelque temps. C'est une façon de faire un fuck you semi-déguisé aux gens, d'être subversive tout en étant acceptée socialement. Sauf qu'en fait, le personnage de la bad bitch me fait un peu peur. Quand j'entends, par exemple, Marina & The Diamonds chanter «How to be a heartbreaker», je me dis que les millions de jeunes filles qui citent cette chanson sur Tumblr y croient, elles. Elles croient en l'archétype de la fille pas-fine qui s'assèche le coeur pour avoir l'air tough. C'est un «donnez au suivant» inversé: tu me fais mal, je fais mal à tous les autres. Tu me tiens par la barbichette, je te tiens par la barbichette pis je vais te donner un criss de grosse tapette. Ça, c'est pour le personnage de la bad bitch. Pour celui de la chialeuse, le mantra serait plutôt une citation de April dans Parks and Recreation. Ou la toune Paint It Black des Rolling Stones. Bref, les exemples dans la culture populaire ne manquent pas. Parce que ça paye d'être bougon, et pas seulement pour la carrière d'Antoine Bertrand.

D'ailleurs, du côté du divertissement, j'ai souvent refusé de regarder des comédies. Pas de films drôles, pas de shows d'humour, pas de téléséries absurdes. Moi, rire? Voyons donc, je suis trop dark pour ça. Moi, j'aime les films obscurs qui parlent des «vraies affaires», les histoires qui te hantent encore trois jours après le visionnement parce qu'elles te grattent des bobos imaginaires. Une amie à moi, ayant à peu près la même vision des choses, me faisait récemment part d'une nouvelle règle qu'elle s'était donné pour sa consommation de divertissement: ne choisir que des choses légères. Pour faire changement. Pour se donner un break de reine du chialage. Quand elle m'a dit ça, j'ai tout de suite pensé au positivisme de psycho-pop, du style Le Secret et autres patentes vendues par des gourous en jaquettes. Mais la vérité, c'est que mon amie me dit que depuis qu'elle regarde des films niaiseux avec Adam Sandler, elle se sent plus légère. Pour vrai. Il semblerait que le comique du divertissement vient peser dans la balance de sa noirceur personnelle.

Ce n'est pas fou. Après tout, pourquoi se rajouter des sources de mal-être? Quand on est une personne de nature chialeuse/pessimiste/grognonne/cynique, peut-être est-il effectivement bon de se donner un break. Parce que, même si les chialeux ont un bon public, il reste que quand les spots ne sont pas dirigés vers eux, ils se retrouvent seuls avec leurs crottes sur le coeur. Avec leur haine de la race humaine, leur écoeurantite des détails autrement banals, leur venin dirigé à n'importe quel détail de n'importe quel degré d'importance. Peut-être faut-il donc se forcer un peu pour rejoindre la lumière, tel le chanterait Nana Mouskouri. Après tout, le Grinch finit par aimer Noël. Et Grumpy Cat, lui, sourit peut-être lorsque personne ne le regarde. C'est déjà un début.
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http://urbania.ca/blog/5547/le-chialageTue, 16 Dec 2014 16:03:50 ESTMarie DarsignynégativitéchialageGrinchbloguehttp://urbania.ca/blog/5547/le-chialage
Les anecdotes de Stefano
Ce billet est présenté par  Les Éditions du Trécarré

-- Il faut que je raconte des anecdotes de restauration, Isa, pour un papier dans Urbania…
-- Raconte-leur l’épopée avec les fonctionnaires de la Ville qui t’ont fait niaiser pendant deux mois pour te donner ton permis d’alcool.
-- Je suis pas sûr que c’est une bonne idée de parler de la Ville de Montréal… J’ai quand même deux restos.
-- Ouin. Pourquoi tu racontes pas comment t’as trouvé ça dur, de faire des recettes pas italiennes dans ton nouveau livre ?

Elle parlait du livre Dans la cuisine avec Stefano Faita, conçu dans le cadre d’une émission quotidienne à la CBC et paru récemment en français. Comme je tenais à présenter au public un ouvrage varié et utile au quotidien, j’ai eu la bonne (mauvaise ?) idée de sortir de ma zone de spécialité italienne en y proposant des recettes inspirées des traditions culinaires asiatique, mexicaine, berbère et ainsi de suite… Laissez-moi vous dire que, même si mon nom de famille sonne comme fajita, je suis beaucoup plus à l’aise avec la pasta qu’avec la tortilla ! Disons que nous avons avancé à coup d’essais et d’erreurs, mais, qu’au final, ça a donné un bon livre.

-- C’est un peu plate, tu trouves pas ? Les anecdotes envoyées par les lecteurs sont plus croustillantes que ça ! 
-- Ben, va voir les cuisiniers de ton resto, alors… À la gang, ils vont sûrement réussir à te sortir des bonnes histoires.

Bonne idée ! Je me suis alors dirigé vers Impasto, le restaurant que j’ai ouvert l’an dernier en compagnie du chef Michele Forgione. Il faisait la mise en place du soir avec quelques cuisiniers de la brigade. Les serveurs préparaient la salle.

-- Eille, les gars, prenez une pause, venez prendre un café ! Avez-vous des bonnes histoires de restos à conter ? Des trucs drôles ou olé olé…
-- Mets-en ! Moi, un gars avec qui je travaillais venait de brancher un frigo à son poste de travail, mais la mise à la terre fonctionnait pas. Quand il a touché son comptoir en inox en même temps que son frigo, il s’est électrocuté et il a tellement fait le saut qu’il s’est cassé le gros orteil sur son maudit frigo. Haha !
-- Moi, je travaillais dans un resto italien un peu boboche et le gros trip du proprio, c’était de se faire donner une petite douceur buccale par la gérante en dessous du comptoir-caisse pendant que les clients payaient ! Il était pas chic. Il était vraiment fier de lui, en plus ! Quand sa femme pis ses enfants débarquaient, on trouvait ça un peu bizarre, mettons…
-- Moi, c’était dans un resto grec qui allait pas trop bien. Le chef devait avoir 102 ans et il voulait tellement couper partout qu’il réutilisait sa vieille huile à frites pour sa vinaigrette maison. Le problème, c’est qu’il buvait son 26 onces de brandy avant le service ! Café Chemineaud, genre. Une fois, une cliente avait demandé son filet mignon saignant et il l’avait servi très bien cuit, par oubli. Quand on a ramené le steak en cuisine, il a pété les plombs. Il est retourné à la table de la dame et lui a hurlé, en lançant l’assiette sur la table : « C’est trop cuit, malaka ? On n’est pas à la maison, ici ! Il est parfait, ton steak. Mange ! » Malaise généralisé dans le restaurant. Il avait bien le droit de boire, par contre, le pauvre vieux. Il faisait un peu pitié. Sa femme, la gérante, était en train de sniffer l’entreprise au complet ! Elle faisait tellement de coke que, des fois, elle saignait du nez devant les clients ! Une belle place.
-- Moi, c’était le sommelier où je travaillais qui aimait bien son petit boire. Une fois, il a fini à l’urgence pour des engelures aux pieds parce qu’il avait perdu ses bottes dans une tempête de neige en rentrant chez lui. On n’a jamais compris pourquoi et, lui, il se rappelait plus rien. 
-- Bon, ben… Merci, les boys. Je vais voir ce que je peux faire avec ça. On va quand même essayer d’éviter que des affaires de même arrivent dans notre resto !

Je suis retourné chez moi en me disant que la petite anecdote que j’avais en tête au départ était bien pépère comparativement à toutes les jolies histoires que je venais d’entendre !

En effet, j’avais d’abord pensé vous raconter mon anecdote du gâteau quand j’avais 5 ans. À l’époque, j’avais décidé de préparer moi-même un dessert pour l’anniversaire de mon oncle Rudy, en refusant toute aide extérieure. On s’entend que je ne réinventais rien en pâtisserie, mais je savais à peu près où je m’en allais pour assembler un gâteau de base s’apparentant au quatre-quarts. Voyant ma détermination, ma mère avait décidé de me laisser faire. Oh que j’étais fier de mon expertise ! Sans peur du lendemain, je cuisinais mon premier gâteau. Les convives sont arrivés et nous sommes passés à table. Fébrile, je trouvais que le repas était interminable comme la messe de minuit tellement j’avais hâte de savourer mon œuvre. Ma mère a finalement apporté le gâteau en précisant à tous que c’était moi qui l’avais préparé. En distribuant les assiettes, j’étais au sommet du monde. Tout le monde y a goûté. Un ange est passé. Il y avait quelque chose de bizarre. Puis toute la famille s’est mise à rire d’un coup. L’erreur classique : j’avais utilisé du sel au lieu du sucre dans ma préparation. C’était infect. Une excellente leçon pour le cuisinier en herbe que j’étais.

Je n’ai pas osé raconter cette mignonne petite mésaventure à mes cuisiniers du resto, de peur qu’ils me disent de retourner cuisiner avec ma mère !

C’est comiques et délicats, les cuisiniers, vous savez. 

*****

Les anecdotes de nos lecteurs: 

Il y a quelques années pendant mes études au cégep, je travaillais dans un PFK à la caisse. Une dame est revenue avec l’un de ses morceaux de poulet et celui-ci avait encore une plume! En le voyant encore attaché, tout gluant, sous la couche de panure, je n’ai pu m’empêcher d’éclater de rire! Ce n’était pas l’époque de Facebook et Instagram, mais j’aurais tellement mis ça sur un de ces réseaux sociaux!

***

Je suis serveuse depuis quelques années et j'en ai vu passer de drôles d'affaires en cuisine...

1- La fois où mon cuisinier a mis du ketchup dans le burger de mon client alors qu'il voulait tout sauf ça. Je le retourne en cuisine et au lieu d'en faire un autre, il passe la boulette à l'eau et la refait chauffer sur la plaque... 

2- La fois où la pelure du cantaloup a été laissée dans le mix à salade de fruits ! 

3- La fois où j'ai moi-même échappé tous mes contenants de ketchup que je venais tout juste de remplir et donc qui n'avaient pas leur bouchon. Imaginez la scène de ketchup PARTOUT dont dans mes yeux et cheveux... une belle journée à sentir le ketchup.

4- La fois où le cuisinier a échappé un pogo par terre et qu'il l'a remis dans la friteuse pour "enlever les saletés"... 

***

Voici une histoire qui m'est arrivée quand je travaillais dans un petit resto asiatique:

Ce jour-là, un client non-voyant me demanda de le guider jusqu'aux toilettes. Il me tient le bras, et je le guide en lui décrivant le trajet:

"Alors, à gauche, à droite, attention à la marche, à droite, je vous ouvre la porte, voilààààà, allez-y. C'est bon? Oh, j'ai failli oublier de vous allumer la lumière, c'est vrai que ça sera mieux avec."

J'allume la lumière en question, je fais entrer le client dans le cabinet, je ferme la porte, puis repars, fier de moi, avant de me rappeler que le client ne voit pas. Malaise...

***

Au resto où je travaille, les cuisiniers sont des tannants. Dernièrement, ils ont ramassé 3-4 cannes de nourriture pour chats, ils les ont mises en boules, panées, sacré dans la friteuse et servies avec des légumes pis d'la sauce aux serveurs pour leur repas d’employé. On a eu que des bons commentaires et des remerciements. Ce soir-là, j'ai vu des cuisiniers brailler de rire dans le dish pit


Je travaille dans un théâtre ou l'on sert des banquets. De mon poste au bar, j’ai la chance de voir tout ce qui est imaginable de se faire dans le milieu de la restauration. Par exemple... Ce samedi-là, on recevait des étudiants d'Université. Le cocktail était prévu pour 18h. Réputés pour faire le party, les étudiants nous ont montré de quoi ils étaient capables. Après une heure et demie en salle à manger, on ramassait le premier vomi jusqu’au lavabo de la salle de bain des hommes. On se demandait pourquoi autant de monde était malade. La réponse était pourtant si simple : ils mélangeaient le vin rouge avec le blanc pour faire du rosé vu qu'on en avait pas sur la carte des vins...

***

Vous avez d'autres histoires? N'hésitez pas à nous en faire part dans les commentaires! 

Crédit photo: Darren Goldtein, Vanessa Heins et Tim Leyes

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http://urbania.ca/blog/5546/les-anecdotes-de-stefanoTue, 16 Dec 2014 12:14:35 ESTStefano Faitabloguehttp://urbania.ca/blog/5546/les-anecdotes-de-stefano
Joyeux Noël sucre d’orge

À l’aube de cette fin d’année, je t’écris quelques mots d’abord pour te souhaiter un joyeux Noël. Je me disais qu’en ce temps de recueillement, tu méritais un peu mieux du camp du oui que des menaces de mort.  

L’année 2014 en aura été une très productive pour toi : ta propre télésérie. Un one-man-show applaudi à travers la province. Un Olivier. Un Gémeau. Le succès sourit aux gens talentueux et ce beau bouquet de réussites en est probablement la preuve.

Je ne saurais toutefois éviter le sujet du controversé cadeau de Noël que tu as si sagement demandé il y a quelques semaines. En enfant gâté, tu l’as même reçu bien à l’avance. À peine rendu à mi-chemin dans notre calendrier de l’avent, tu as obtenu cette plainte de l’OQLF qui t’aura, comme anticipé, fait office de publicité des semaines durant. 

Force est d’admettre que la stratégie, sur le plan marketing, a été fructueuse. La controverse t’aura permis de vendre un peu plus de billets. Sur le plan créatif, je salue aussi l’effort. L’usage de l’anglais dans ce contexte était assez ingénieux, puisqu’il permettait à la forme et le fond de se rejoindre. J’ai trouvé la publicité audacieuse et certainement subversive. 

Mais j’ai pas vraiment aimé.

Faut dire que je n’étais pas ton public cible. Toi et moi, on ne se ressemble en rien. Tu as grandi dans Côte-des-Neiges, quartier déjà assez multiethnique au moment de ta naissance. T’es assez vieux pour avoir connu deux référendums, et même pour avoir milité pour le maintien fédéral en 1995. 

Moi en 1995, j’apprenais tout juste à écrire en lettres attachées. Je commençais l’école à Saint-Georges de Beauce, là où multiethnicité est un qualificatif qu’on pouvait seulement prêter au resto chinois sur la première avenue. Tu l’auras deviné, il s’agit d’une ville unilingue francophone. L’enfant de la loi 101 que je suis a grandi à plusieurs heures de route des tensions entre les deux solitudes.

C’est une chose acceptable de se moquer de la loi 101. C’en est une autre de se positionner au-dessus de celle-ci en grand bourgeois. J’ai trouvé ça mesquin de tourner en dérision une institution aussi importante, pilier de la société québécoise, dans un contexte où le français bat de l’aile. Mais liberté d’expression oblige, rien ne pourra t’empêcher de faire de l’argent en capitalisant sur ce bobo que tu aimes tant gratter. 

De toute façon, je dois t’avouer que je suis de ceux qu’on étiquette souvent en «frileux» qui ne pense pas qu’on peut rire de tout. Je crois pourtant, et c’est à ta défense, qu’on peut bien rire de la politique et peut-être aussi des mouvements sociaux. Tu le fais très bien. 

C’est donc pas tant la publicité que j’ai détestée mais plus le faux débat qu’elle allait nécessairement engendrer. Tout le monde, incluant les chroniqueurs politiques, qui étend leur opinion sur la question linguistique. D’autres humoristes qui récupèrent ton gag. Le sujet d’une grande discussion familiale enflammée autour de la dinde de Noël. Probablement que le Bye-Bye en fera un sketch de type Epic Rap Battle entre toi et Mathieu Bock-Côté. Qu’est-ce qui va ressortir de tout ça? Bof. Pas grand-chose. Le débat n’avance pas. On va revoir les mêmes arguments remâchés. 

Dont celui que je déteste le plus : l’occasion, pour une énième fois, de raccrocher bien à la vue ce vieux portrait au vitriol des indépendantistes, dépeints en protectionnistes repliés sur eux-mêmes.

Puisque certains, toi y inclus, ont réduit ce coup de pub en un simple piège à con à nationalistes. J’ai sacré car encore une fois, on véhiculerait une fausse idée de ce que représente le combat pour la protection du français. Encore une fois, on l’associerait de facto à un nationalisme xénophobe.

Falardeau disait que défendre le français, c’est défendre toutes les langues du monde. En francophile je ne supporte pas qu’on attaque une langue déjà affaiblie parce que je crains de la voir disparaître. Je ne pense pas que cette peur soit irrationnelle. Le Québec est une chaloupe francophone qui brave les intempéries d’un océan anglais, et qui perd peu à peu ses rames.

Mais il existe une nouvelle voix chez les indépendantistes. Celle de ma génération, née dans la loi 101, pourtant ouverte et branchée sur le monde. Fasciné par l’autre, animé par un désir de communiquer avec celle-lui. Quand la loi 101 est apparue, on disait qu’elle priverait les Québécois de voyager, de s’exprimer avec l’étranger. C’est tout le contraire qui s’est produit : elle leur a permis de voyager et de partager la diversité. 

Je suis bilingue. Ma blonde est anglophone. J’ai vécu trois ans dans une résidence universitaire multiethnique où on retrouvait plus de saveurs dans le frigo collectif qu’au Buffet des continents. J’ai voyagé. J’ai fait la promotion du français. 

Je continue de le faire systématiquement. Pour sa poésie. Pour sa précision. Par souci de préserver cette richesse. Parce que certaines expressions avec une signification si fine n’existent seulement que dans l’imaginaire francophone (comme c’est la même chose pour d’autres mots en anglais, en allemand, en espagnol, etc.) 

Ce serait un abrutissement collectif que de s’en priver graduellement. Aussi parce que j’aime faire découvrir une culture différente quand je voyage et quand je reçois. Car je souhaite être dépaysé. 

Ta publicité était-elle une menace à tout cela? Probablement que non. Mais elle n’était pas inoffensive. Je suis suffisamment lucide pour apprécier l’apport de la loi 101; une qui contredit l’Histoire. L’Histoire qui a réservé jusqu’ici un triste sort aux langues minoritaires en contexte de coexistence linguistique.

Tu sais ce que permet notamment la survie du français en Amérique, Sammy?

Prenons en exemple un jeune humoriste talentueux et polyglotte. Il connait sa part de succès dans un milieu anglophone, mais peine à se démarquer dans la masse, parmi des milliers d’autres jeunes comiques. 

Si sa carrière vient qu’à battre de l’aile pour cette raison, il peut aller voir ailleurs. Profiter d’une autre vitrine, avec un répertoire culturel différent, un vocabulaire renouvelé et un public nouveau. 

Et connaître un succès inédit jusque-là. 

Joyeux Noël. 

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http://urbania.ca/blog/5545/joyeux-noel-sucre-d-orgeTue, 16 Dec 2014 11:57:27 ESTKeven Bretonsugar sammybloguehttp://urbania.ca/blog/5545/joyeux-noel-sucre-d-orge
Les joies de décembre

Heureusement, ce traumatisme sportif ne m’a pas fait détester l’hiver : je crois que c’est la meilleure saison pour déguster un chocolat chaud en pantoufles devant Maman j’ai raté l’avion et surtout, pour philosopher sur des éléments de la vie quotidienne, comme sur la beauté du mois de décembre.

La slush
Aussi connue sous le nom de gadoue, mot phare popularisé par Patrick Zabé (la gadoue doue doue, pousse l’ananas et moud le café), ou encore baptisée la sbloutche dégueulasse par l’OQLF, elle apparaît, si Dieu le veut, au début décembre. Plusieurs scientifiques se sont penchés sur l’étymologie du mot slush, et la conclusion est unanime : la slush est un hommage à la populaire Slush Puppie. À quelques différences près, la slush d’hiver est grise, un tantinet plus liquide et goûte la marde (je parle ici en connaissance de cause, car j’ai jadis reçu du jus de trottoir dans la bouche alors que je tentais de manger les flocons). Petit truc: tenez-vous loin des bords de rue, vous risqueriez de vous faire arroser par un automobiliste pressé qui vous enverrait la totalité d’une flaque semi-liquide en pleine tronche. Ne portez surtout pas de pantalons blancs, sauf si vous avez un tempérament artsy : les éclaboussures sur fond blanc ressemblent beaucoup aux œuvres de Jackson Pollock.

Comme quoi l’art est partout, même dans la gadoue.

Cours de hot yoga gratuits 
Détrompez-vous : l’hiver n’est pas synonyme de froid. Cette saison possède également son côté tropical, nommé Suons tous ensemble pour un avenir meilleur. L’exercice est simple. Prenez le métro et gardez votre tuque et manteau pendant votre trajet à l’heure de pointe. Faites la salutation au soleil et fermez vos yeux un instant. La position de l’enfant risque d’être un peu ardue dans un métro bondé, alors concentrez-vous sur votre respiration. Prenez conscience de toutes les craques de votre corps détrempées par votre Canada Goose dans un environnement à 40 degrés. Il fera chaud comme à Acapulco, mais vous ressortirez de cette séance en étant zen de corps, d’âme et d’esprit.

À noter que le forfait de la STM ne contient ni de buffet à volonté, ni de mariachis, ni de flirt avec le sauveteur latino de la plage, ni de sable din bobettes ou de piña colada dans un ananas coupé en 2.

Le look hivernal
L’hiver est la saison de prédilection pour être à son meilleur au niveau vestimentaire. Tel un inuit qui aurait suivi les conseils mode de Jean Airoldi, l’emmitoufflage dans une doudoune matelassée avec un foulard en laine enroulé 17 fois autour du cou n’épargnent personne. Le nez coule un peu/en permanence, mais évidemment, y’a jamais de kleenex à proximité pour essuyer la goutte qui pend à la narine et qui pourrait vite se transformer en gros filet de morve vert et gluant comme Plaxmol. Les bottes Sorel, même si elles étaient faites de verre, ne peuvent en aucun cas faire un pied de Cendrillon et avantager la région plantaire. Aussi, il est conseillé d’utiliser un mascara waterproof parce qu’il ne suffit que d’une bourrasque de vent et de violents flocons pour beurrer de noir les paupières. Il faut prioriser le port des cache-oreilles ou du bandeau en tricot parce que le brushing est vite scrappé avec une tuque. Tuque qui mériterait un bill chez Hydro-Québec parce qu’elle fait plus d’électricité statique que n’importe quoi.

En conclusion, l’hiver est la saison idéale pour dater.

L’épicerie des Fêtes
Parmi les idées de génie qu’un humain peut avoir, on retrouve en haut de la liste Faire l’épicerie le 23 décembre. N’est-ce pas tout à fait féérique de se retrouver dans un IGA avec 300 autres personnes qui ont eu la même idée de recette que toi et de zigzaguer entre les gens en tentant de ne pas faire tomber la dinde du voisin qui trône en équilibre sur le top de son chariot ? L’épicerie des Fêtes est aussi spéciale car elle nous rappelle qu’on est tous des chefs à domicile : on a absolument besoin de farine de blé, de millet, de coco, de sucre brun/blanc/en poudre/guernottes pour décorer des cupcakes, de 4 rouleaux de papiers cirés et de pots d’épices qu’on a déjà mais qu’on rachète, question de fraîcheur. Force est d’admettre que grâce à cette saine manière de consommer, on peut déjeuner avec de la bûche de Noël pis des shots de Baileys, dîner avec des petits pains au poulet et souper avec de la tarte au sucre. On pourrait se sentir mal suite à ce chaos intestinal, mais Jésus a aboli le sentiment de culpabilité durant les Fêtes. Merci, man. 

P.S. Force et honneur à toutes les caissières qui scannent de la mascarpone pis des pépites de chocolat pendant 8 heures.

Le sapin
Quelle joie d’affronter le vent glacial pour aller choisir un sapin qui mesure 9 pieds et demi. Pour ceux qui n’ont pas de voiture, l’option du traîneau est la solution par excellence pour trimballer ledit sapin. Pendant le chemin du retour, gare à vous, car il y a un risque très élevé que 7-8 branches sacrent le camp et que des passants aux regards menaçants vous hurlent par la tête que envahissez le trottoir. Une fois à la maison, en vous espérant sain et sauf, le constat est fabuleux: le conifère est trop grand et il n’y a pas d’autres options que d’éliminer le boute de trop avec un couteau de cuisine parce qu’aucune scie traîne dans les parages. Après 1 heure de découpe DIY, c’est le festival des brindilles de sapin qui parsèmeront le plancher jusqu’en 2018. 

Puis, vient la meilleure partie de toute l’histoire : décorer le sapin avec des vieilles décorations de 1995 telles que des casse-noisettes miniatures en bois grugés par l’humidité, un petit ange en céramique pu d’ailes et des lumières du Dollarama qui fonctionnent à moitié. Puisque rien n’a de valeur tant que ce n’est pas publié sur les réseaux sociaux, il faut prendre le résultat final en photo et ce, sous tous les angles possibles avant d’envahir le fil d’actualité de tous sur Instagram et Facebook. 

Conseil d’ami : ne jalousez pas le sapin des autres, car comme le vieil adage le dit, « Le sapin est toujours plus vert chez le voisin ».


Je pourrais aussi écrire sur le triste retour perpétuel des paillettes sur les robes, mais ça ferait un autre 1000 mots. En attendant, n’oubliez pas que d’offrir en cadeau le cd de Noël de Joël Legendre ou un bracelet Pandora vous causera 25 ans de malheur.

Photo: Morgane Cg
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http://urbania.ca/blog/5541/les-joies-de-decembreFri, 12 Dec 2014 11:56:58 ESTGwenaëlle Scortabloguehttp://urbania.ca/blog/5541/les-joies-de-decembre
Où est Manuel?

HO!

Oh! que je viens de vous avoir avec ce magnétique portrait de Manuel Hurtubise, portrait qui appelle à la retrouvaille, au mystère et aux rapprochements. Le truc, c’est que c’est d’un autre Manuel dont j’avais envie de vous parler. C’est juste qu’il est furieusement moins vendeur du contenant (et du cardigan).

MIRADOOOOOR!
De grâce, ne quittez pas. C’est que mon Manuel (non-
Hurtubise), on s’en tamponne le coquillard sur le régulier. Moi, la première. Trop confrontant.

Mon Manuel passait son temps assis à côté de la machine à tickets, dans une station de métro près de chez moi (et probablement près de chez vous, aussi. Toute la même affaire: dépanneurs, librairies et stations de métro participantes. Tant qu’il y un rebord à dérouler, ça le fait). Mais la station près de chez moi, c’était la sienne.

Et oh! (ce billet comporte moult « oh! ») que c’était plaisant, à l’époque où je ne lui adressais mot, de me paqueter la carte Opus en le maudissant silencieusement de me fixer le baise-en-ville, à se demander si je vais lui sortir un bouquet d’hydrangées du petit trou de la machine ou cette liasse-surprise dont je n’aurai pas besoin, finalement. C’est ma tournée, mon nouare. PRENDS DONC TOUT.

C’est épouvantable. Mais ces pensées, je les ai maintes fois tricotées.
Combien de fois ai-je eu envie de lui dire, sous ses petites phrases saucées dans le vitriol et soufflées comme ma Stella (mon caniche de grain) s’en prend aux hommes – c’est-à-dire uniquement quand ils sont loin, loin, loin su’l trottoir, redevenus inoffensifs et fin prêts pour se faire servir toute qu’un chant de gorge canin doublé d’un habile jeu de palettes qui se greffe à tes pires cauchemars – lui dire, donc, que m’envoyer chez le yâbe parce que je ne lui remettais pas systématiquement mes chouclaques ou mes bons du Trésor dès que nos regards se croisaient n’aiderait pas sa grand’ cause .

Plusieurs fois.

C’est que Manuel, il était en colère. Souvent. Mi-vingtaine, je crois, il était difficile de deviner de quelle décennie il avait été expulsé, les périls de la rue ruisselant sur sa belle bette d’artiste qui en veut aux tourniquets de ne pas tourniqueter dans le sens du soulagement.

Chaque fois que j’y repense, j’ai honte. Honte de ne pas lui avoir payé une slush plus tôt. D’avoir affronté sa salve d’insultes aux trois poivres avec mon grand courage de madame qui se demande si elle a envie de s’embarquer dans le dix minutes qui s’en vient. Mais surtout honte de n’avoir cassé la glace que le jour où il rossait Fusée, son gros chien crème-brun-sale-sale.

C’est Fusée qui a fait office de pont entre Manuel et moi. Un pont de qualité, d’un ventricule à l’autre, de ma rive à la sienne. Des rives qui avaient peur de se toucher et qui branlaient sur un manche rare à la seule perspective de communiquer. Super-Poutre-less. Une excellente alternative au Pont Champlain, d’ailleurs. Je le vois déjà, avec ses belles grands’ pattes de vieux chien aux grosses fesses qui ferait pas de mal à un grillon, étalées d’un chic Montréal à sa rive-sud comme si c’était un grand cadeau, à se demander quand est-ce que c’est que tu vas te décider à sortir un cookie de ton palazzo, qu’il puisse ensuite aller se traîner le rond de cuir près de l'ilôt à recyclage spécialement aménagé à cet effet. Faudrait soumettre l’idée.

Ben oui. J’ai trouvé le courage d’affronter le pas-fin du métro le jour où il tapochait son chien. La bravoure, toi, j’en avais plein le casseau. De voir Manuel patauger dans sa misère chaque jour ne m’interpelait pas assez. Ça prenait un volet canin. Quelque chose de concret, d’inacceptable. Une souffrance illustrée napolitaine, en trois couleurs, avec des marionnettes.

Et ce jour où je suis intervenue auprès d’un Manuel (non-Hurtubise) qui frappait Fusée parce qu’il avait pilé sur son dessin, je me suis trouvée lâche, rare. Un lâche cheap. Par chance, y’avait pas de miroir à portée de pupille pour que s’immortalise mon triple menton de la honte en mon cervelet.

Une fois calmé, il en avait, des affaires, à me conter. La fatigue. L’usure. Cet orteil qu’il avait perdu cet hiver. La prison. Le dessin. Sa cachette à bananes et autres trésors. Son ostie de chien Fusée. Le gars qui veut lui casser les jarrets. Leonard Cohen. Ses rêves qu’il ne réaliserait pas, parce que life is a bitch and then you die.
C'est ben résumé, pareil.

Cap sur l’été avait les dents moins lilas, tout d’un coup. Une conversation avec Manuel, ça te replaçait le spectre de couleurs.

On a bien dû être chummés de machine à tickets pendant six mois, je crois. Parfois, Manuel allait en-d'dans, parce que quêter dans le métro, c’est comme voler des radios de char ou mettre le feu au buste de Dalida. C'est pas joli. Mais il finissait toujours par retontir, mi-guilleret, mi-détruit. C’était difficile de lire dans ses petits yeux noirs d’artiste.

Mais depuis un mois, je ne lis que le mur. Manuel est parti. Fusée aussi. Plus personne ne dessine sur une vieille feuille ou n’envoie chiaille son prochain. Parfois, y’a un monsieur qui marmonne en fixant le sol. Le contact n’est possible que si je m’étends sur le carrelage. J’y songe.

J’espère qu’il va bien (le monsieur qui marmonne, mais surtout Manuel). J’en doute fort, en fait. À grands élans de fourches brandies avec lanternes et Purell, il a dû être chassé de mon beau quartier fleuri aménagé pour les gens biens.

Pour les gens qui vivent dans le déni en achetant leurs dix tickets tout en jonglant de quel fromage ils couvriront leurs cailles, ce soir.

Je nous aime bien. On est pas mal beaux.
Mais en ce 12 du 12, y'a pas juste Chili qui a les blues.

La bise.
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http://urbania.ca/blog/5540/ou-est-manuelFri, 12 Dec 2014 10:08:23 ESTCatherine EthieritinéranceManuelMiradorcourage de madametriple menton de la hontelife is a bitch and then you dieJe nous haïsbloguehttp://urbania.ca/blog/5540/ou-est-manuel
Cher toi,

Par où commencer pour savoir par où finir?

J’ai jamais été bon avec les adieux. Normalement, t’arrêtes d’appeler, ou de répondre aux textos.

Mais j’peux pas juste arrêter d’écrire. J’écris encore, mais une centaine de lettres plus tard, je suis ailleurs.

La vérité, c’est que j’ai plus l’temps nécessaire pour que ce soit aussi bon que je voudrais.

J'suis pas tanné de t’écrire, à toi. Ou pour Urbania.

La vérité, c’est que le gars des lettres est devenu plus gros que moi. On t’arrête dans la rue pour te parler de la fille aux asperges, on te donne des œufs Kinder.

On t’écrit pour te dire que l’ex était violent. Que le suicide a longtemps été une option. Que c’est dur d’être gros. Qu’on va arrêter de texter la blonde, qu’on va appeler à la place. Qu’on vient de lâcher sa job.

On t’écrit pour te dire que c’est bon. Pis des fois pour t’engueuler parce qu’on trouve ça moins bon. Mais c’est pas grave, parce qu’on t’écrit pareil. Pis c’est ça qui compte.

On t’envoie des photos de verres de jus de pamplemousse. Un gars m’a envoyé une vidéo de sa blonde qui atchoume 6 fois de suite.

Tu te ramasses avec des insides avec des inconnus. Des gens qui ont pénétré ton esprit à travers la forme d’expression que je trouve la plus intime : l’écriture.

Pis ils réciproquent. C’est pas unidirectionnel.

Et c’est ça qui te crisse une boule dans la gorge, que le monde choisisse de lire les 900 mots que t’as alignés au lieu d’écouter de la porn. Tu vas m’dire que l’un n’exclut pas l’autre, mais quand même.

Je digresse.

En 2012, écrire pour vivre, j’osais même pas y rêver. J’étais dans mon cubicule. Avec ma moustache laitte.

Avec toi, j’ai trouvé.

Merci de lire. Le gars dans le cubicule en sera jamais assez reconnaissant.

Bien à toi,

Rabii :) xx



crédit photo: mon ex-collègue Evens.
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http://urbania.ca/blog/5538/cher-toiThu, 11 Dec 2014 12:25:41 ESTRabii Rammalpetit cubiculemoustache laitteKinder Surprisela dernièrebloguehttp://urbania.ca/blog/5538/cher-toi
Le Noël de l’enfant cheap

Alors que la neige tombait à sa fenêtre, un p’tit enfant joufflu regardait les étoiles en attendant avec impatience l’arrivée de son cadeau tant espéré. Pour augmenter ses chances de l’obtenir, il en avait fait mention dans une lettre envoyée directement au pays dont le code postal est le HOH OHO.  Il rêvait à cet endroit mythique où tout est magique. Il s’imaginait un monde irréel où la réalité côtoie le fantastique. 

Pendant ce temps, à l’usine du Père Noël, les lutins sur la coke achevaient d’emballer les derniers cadeaux et Mère Noël, AKA Denise Bombardier, était en feu sur la dactylo pour terminer ses trop intenses cartes de Noël: 

Songe trompeur d'une nuit étoilée.
Malgré les ripostes de ton foie face à la dinde, 
puisse la chair de cet animal te combler de bonheur...

La production de l'usine allait bon train. Le VP, lutin Harper, avait fait installer un amplificateur de GES pour assouvir son fétichisme malsain de la fumée noire. À l’extrémité du bâtiment, dans la piscine de lait, nageait avec ses Swim-Aid, le bonhomme en pain d'épices Gaétan Barette : le biscuit avec des gros os et un problème de glande thyroïde. L’ambiance était à la fête! La chorale de pingouins avec Jim Corcoran comme lead singer chantait Shake it off et les rênes buvaient des shots de Caribou en se distrayant sur Tinder.

Papa Noël, pas loin du burnout, était à la fois fébrile et craintif. Évidemment, cette journée de l’année lui procurait un sentiment de devoir accompli, mais il espérait surtout ne pas encore tomber sur des osties de biscuits sans gluten accompagnés d’un verre de lait d’amande tiède. Heureusement, il avait dans son sac plusieurs albums de Noël de Marc Hervieux pour se venger. 

Quelques minutes avant le départ officiel, la porte de l’usine s’ouvrit violemment pour laisser entrer un vent magique où virevolta au-dessus de la mêlée une enveloppe brune. À l’intérieur s’y trouvait une lettre écrite d’une main malhabile où l’on pouvait lire:



Aucune signature, aucune adresse de retour. Mais qui pouvait donc demander une chose aussi plate et singulière qu’une province en bonne santé financière?

« Que Diable vais-je offrir à cet enfant qui a visiblement été allaité en public lors de ses premiers mois d’existence? », se demanda le Père Noël. 

Il eut un éclair de génie. Il se souvint qu’il avait, cachée sous une tonne d’objets scrap, une calculatrice magique dont la somme était toujours égale à 0. D’ailleurs, cette même calculatrice lui avait sauvé la peau lors de son premier divorce avec Michèle Richard: Miss fée des glaces 1973.

Challengé plus que jamais et déterminé à trouver l’auteur mystère, il décida de modifier sa run de bébelles, puis sauta dans son traîneau hybride. Fin renard, il se dit que tous les moyens étaient bons pour le retrouver.  Il décida donc de publier une annonce sur Kijiji et de la mettre sur Instagram avec un hashtag de désespoir.  

Le seul indice qu’il avait sous la main était le logo du parti Libéral qui apparaissait sur le coin droit de l’enveloppe. Il confia donc la mission à son ami elfe Claude Poirier, un enquêteur freelance avec des difficultés d’allocution. L’elfe à l’haleine de cigarette ne mit pas beaucoup de temps avant de le retrouver grâce à sa boîte vocale féérique. Tout portait à croire que le propriétaire de la petite main qui avait écrit cette lettre se trouvait au Parlement de Québec. Tous deux s’y rendirent.

Arrivés sur place, quelle ne fut pas leur surprise de tomber face à face avec le p’tit Couillard. Celui qui, l’année auparavant, avait tenté d’abolir les festivités du temps des Fêtes sous prétexte que les napkins étaient trop chers. Décidé à repartir en 5e vitesse et à laisser l’enfant ingrat pantois, Père Noël se souvint que tous les enfants de la Terre méritaient un cadeau le 24 décembre, même un gamin dont le mot préféré était « austérité ». Il plongea la main dans son sac, écarta la calculatrice du revers de la main et en ressortit un DVD de l’Auberge du chien noir.

La seule chose qui sortit de la bouche du p’tit Couillard fut :« C’est pas ça que je voulais, gros épais! Je te gage que la petite Lily Thibault va avoir ce qu’elle voulait, elle : 700 000$ de permanentes chez la kéffeuse! » 

MORALE DE L’HISTOIRE:

Le Père Noël n’aime pas beaucoup les biscuits sans gluten. 



Pour oublier ton relevé de carte de crédit et continuer à vivre dans le déni: notre page Facebook

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http://urbania.ca/blog/5537/le-noel-de-l-enfant-cheapThu, 11 Dec 2014 09:51:28 ESTLes filles ne rient jamaisconte de noelbloguehttp://urbania.ca/blog/5537/le-noel-de-l-enfant-cheap
Il est heureux. Il est juste heureux. - Portraits de Montréal














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http://urbania.ca/blog/5536/il-est-heureux-il-est-juste-heureux-portraits-de-montrealWed, 10 Dec 2014 13:45:57 ESTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5536/il-est-heureux-il-est-juste-heureux-portraits-de-montreal
Le bleu dans le feu

Il y avait ce ciel qui grisonne, se fronce et se fonce devenant un plafond noir qui écrase et qui donne une impression d’être au Kansas. Une sensation de fin du monde imminente. Un mur de pluie dense, dense, dense qui force à ralentir, effaçant le ciel et la terre. Et puis la lumière du soleil couchant s’est mise à percer ce nuage qui me contenait, le transformant en un rideau blanc mouillé et lumineux. Le blanc est soudainement passé au jaune éclatant et éblouissant. Toujours les larmes sur mon pare-brise, je traversais un orage d’or. 

J’avais jamais vu un truc pareil, le cœur me battait dans la gorge. Mais je souriais en pensant à ma grand-mère dont le lit était encore chaud. Cette contemplatrice des nuages, des boîtes de diapos remplies de petits morceaux de ciel dans son garde-robe. Cet orage, ses adieux.

***

Moi qui vis constamment avec les lunettes de la mort collées devant les yeux et la peur de crever sans cesse dans le fond de la bouche, je me suis dit que ça pourrait être bien que je crée un super événement météorologique quand je partirai. Moi aussi, je créerais bien une méga cellule orageuse dans le soleil couchant qui te blaste et te coupe le souffle. Un truc qui dure 3 minutes et qui disparait, qui te fait penser que t’as rêvé ou halluciné. Je peinturerais bien une aurore boréale qui hypnotise le soir de ma mort. Ou encore j’orchestrerais une giga-tempête de neige qui abrille toute la laideur du monde d’une couche de moelleux.    

Je ferais ça pour toi, tit-enfant d’à peine 8 ans. Pour que tu te rappelles de moi, de mon amour, de mes (quelques) bons coups. 

Si je meurs tôt, j’en ferai mille des affaires de même. Je te ferai danser les foins sur le bord de l’autoroute quand tu descends à Québec, je dessinerai des cœurs en frimas dans la fenêtre de ta chambre, je ferai chanter les glaces qui dérivent sur le fleuve, je dirigerai des chorales de grillons pour ton anniversaire, je ferai faire cent ricochets à ton caillou. 

Je voudrais que tu te rappelles de moi, de moi avec toi, quand tu apercevras les nuages d’oiseaux, les lucioles, le bleu dans le feu. Quand tu entendras le bruit des pas dans la neige, quand tu sentiras l’odeur berceau de la forêt.  Quand tu verras une petite feuille rebelle qui s’accroche tout en haut d’un arbre et qui ne veut pas s’envoler.

Pourquoi j’ai tant besoin de savoir que tu vas te rappeler de moi, si je disparais demain ? Pourquoi cette idée que je t’ai tant à te léguer ? Pourquoi mes valeurs seraient-elles plus estimables que celle des autres ? Pourquoi cette urgence de transmettre ? Je t’ai écrit mille testaments qui te suggèrent quel livre garder sur ton coeur quand tu chercheras un sens, quelle chanson écouter quand il pleut… et comment faire ma recette de ratatouille. 

J’ai toujours peur de ne pas voir tes jambes s’allonger, de ne pas croiser tes yeux amoureux, de ne pouvoir laver les armoires de ton premier appartement sur Coloniale, de manquer ta carte postale de l’Islande. Peur de ne pas être là pour te consoler et te dire que j’ai confiance en toi quand tu seras fragile et que tu auras attrapé le doute. 

J’ai aussi fait mille listes de tuteurs. Malgré cela, je t’imagine parfois partir vivre avec ton père dans cet autre pays où l’on apprend trop rapidement qu’on peut coucher ou payer pour obtenir ce que l’on désire. Il me fait peur cet endroit. Au fond de moi, je sais que tu aurais raison de partir avec lui, il t’adore et sait prendre soin de toi. Mais je me fais des scénarios catastrophes. Toi, déguisée en princesse vendant des tacos dans un boui-boui. Il m’arrive de faire ce cauchemar. 

Parfois, mon sol tournoie, je me sens étranglée. La maison au complet est animée par la centrifugeuse de la peur. Un sifflement fou dans mes oreilles et des mains invisibles qui les bouchent en pressant trop fort sur ma tête. L’envie d’être morte plutôt que de vivre dans des scénarios d’horreur. Mon cœur peine à pomper ce sang goudronneux qui empoisonne ma tête et mes idées. Submergée par les drames de l’imaginaire. 
Le pire, c’est que quand cette tempête se lève, je ne suis plus avec toi.

J’ai si peur de te perdre que je ne te vois pas. 

Pourtant, tu es bien là. Un crayon à la main, tu gribouilles des arcs-en-ciel et des tempêtes de neige aux couleurs psychédéliques sur un vieux boutte de circulaire, qui au départ, était drabe comme l’autoroute 20 en novembre. 

C’est là que je comprends que ce qu’il y a de plus important pour moi, je te l’ai déjà légué : cette façon de voir, même dans le pire, la beauté.

Manue, des Rosemomz
Illustration: Pierre-Nicolas Riou
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http://urbania.ca/blog/5535/le-bleu-dans-le-feuWed, 10 Dec 2014 11:54:43 ESTLes RoseMomzroseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5535/le-bleu-dans-le-feu
La supposée fin des idéologies

Ces temps-ci, j’exerce une fascination sans limites pour la page Facebook d’Éric Duhaime, cet animateur/chroniqueur libertarien anti-gouvernement, anti-syndicats, anti-État bref, très bien assis dans le rétroviseur droit de l’échiquier politique. Étant un pur communo-socialo-syndico-voleur-d’impôts-des-contribuables-québécois (c’est-à-dire un étudiant qui roule à vélo), je suis généralement pas mal à l’opposé de lui. C’est ben correct, c’est la démocratie, on n’est pas d’accord alors on débat pis toute pis toute.

Mais là, en stalkant sa page, je suis tombé sur une phrase, dans un de ses statuts, qui m’a titillé la matière grise. Voici un screenshot du statut en question, accompagné d’un gros trait rouge qui dissimule très mal mes talents avec Photoshop.



Nonobstant le désopilant concept de « riche lobby de la minorité gauchiste ultra-bruyante », je me suis attardé à ces fameuses manifs idéologiques bidons (!!!). Qu’entend-il lorsqu’il qualifie d’idéologiques ces manifestations?

Ah ben, ouvrons le dictionnaire, question de définir qu’idéologie signifie un ensemble plus ou moins systématisé de croyances, d’idées et de doctrines. Intéressant. Selon Duhaime, manifester contre le programme politique du gouvernement Couillard, ça signifie être contre les idées et la doctrine du gouvernement en place.

Ben oui. Tout à fait. Ça s’appelle être contre le néolibéralisme, pis c’est généralement défendu par des gens idéologiquement proches de la sociale démocratie. 

J’ai toutefois un sourcil qui fronce puisque Duhaime, quand il traite d’idéologiques tous ceux qui sont allés exprimer leur désaccord de façon super démocratique en manifestant, il le fait en attaquant les manifestants. Comme si le mot « idéologique » était vilain en soi. Comme si l’idéologie était le petit frère de l’égoïsme et de l’obscurantisme.

En pointant du doigt ses adversaires pour les traiter d’idéologues, Duhaime semble doucement indiquer que lui, contrairement à ces poilu(e)s cyclistes radio-canadiens voleurs d’impôts, n’a pas d’idéologie. Il est au-dessus de ça, lui, les idées politiques qui embrouillent l’esprit et camouflent les vraies affaires. Comme si les idéologies, c’était une méchante paire d’oeillères, et que certains illuminés auraient la présence d’esprit de ne pas en avoir.

Et ce sont quoi les vraies affaires, admettons? L’économie, évidemment! Quoi de plus VRAI que l’économie, que le roulement incessant de la croissance et du PIB, que les colonnes de chiffres montrées au bulletin de nouvelles de 18h et fraîchement décortiquées par des analystes experts en économie? Les chiffres, ça ne ment pas! Les chiffres, ça ne peut pas être idéologique, voyons, ce sont des preuves! 

L’économie va bien? Diminuons les impôts aux particuliers et aux entreprises! L’économie va mal? Eh merde, diminuons l’offre de programmes sociaux! Ce n’est pas idéologique, franchement, ce sont les chiffres qui le disent. Ce n’est que de la bonne gestion, on ne fait que bien gérer les colonnes « revenus » et « dépenses » pour que l’équilibre tienne. C’est pas idéologique, ça s’enseigne aux HEC! L’économie, ça marche de même! Le Québec est dans le rouge, le compteur de la dette du Québec gentiment fourni par l’IEDM ne fait que grossir, alors il faut l’arrêter au plus vite!

Ça, ce sont les vraies affaires : le contribuable québécois ordinaire paie beaucoup d’impôt, son État est endetté jusque dans la merde, alors on n’a pas le temps d’aller manifester dans la rue pour un média public ou pour des services sociaux offerts aux plus démunis de notre société ou pour demander d’autres ressources naturelles que de l’or noir polluant et épuisable. Nenon, travaillez! Le travailleur québécois, lui, il TRAVAILLE! Il n’est pas IDÉOLOGIQUE!

Ah ben désolé les amis, mais demander une réduction de le la taille de l’État et une tarification des services publics, c’est très très idéologique. Ça s’inscrit dans le courant économique néolibéral super populaire à travers le monde par les temps qui courent. Je suis contre ces valeurs, je crois profondément qu’elles font accroître les inégalités entre les pauvres et les riches et qu’elles demandent des énergies pétrolières qui salissent et dégradent l’environnement. Certains sont d’accord, d’autres non. Pis c’est bien correct.

Mais la prochaine fois que vous pointez quelqu’un du doigt pour lui faire accroire que c’est un méchant idéologue qui n’a rien compris, rappelez-vous que dans le mot idéologique, il y a le mot idée, et que, par le fait même, n’importe qui ayant des idées se retrouve immanquablement à être idéologique. Même les personnalités publiques de droite. Tout est politique, disait probablement le sage.

Illustration : cette très jolie image de Cartoon Movement. 
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http://urbania.ca/blog/5515/la-supposee-fin-des-ideologiesTue, 09 Dec 2014 09:00:00 ESTOlivier MorneauÉric Duhaimeéconomiesociétébloguehttp://urbania.ca/blog/5515/la-supposee-fin-des-ideologies