Urbania - accueilhttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationTue, 21 Oct 2014 11:07:39 EDT60Les « vraies affaires »
C’est pour ça que j’ai été dégoûtée d’apprendre qu’une cinquième école primaire risquait de fermer ses portes. L’école Jean-Baptiste-De-Lasalle, un joyau architectural situé aux coins Pie-IX et Adam, sera probablement condamnée pour cause d’insalubrité. Voyez-vous, les enfants et les enseignants démontrent des troubles de santé normalement associés à la moisissure et l’insalubrité. La Direction de la santé publique est sur le coup et des analyses devraient suivre bientôt. Les écoles Baril, Hochelaga et Saint-Nom-de-Jésus, ainsi que l’annexe de Sainte-Jeanne-d’Arc ont été fermées en 2011 et 2012 pour des raisons similaires. Elles étaient insalubres et les élèves tombaient malades.

Comment se peut-il qu’un quartier se retrouve dans une situation où cinq de ses écoles doivent fermer, être mises sous examen ou démolies? En 2013 à Montréal, neuf établissements scolaires étaient fermés, 22 autres, irrécupérables et devraient être démolis et 55 étaient dans un état de dégradation « très avancé ».  La Coalition pour des écoles saines à la CSDM s’évertue pour que les fonds nécessaires soient investis. Grâce aux pressions, l’école Baril, fermée depuis 2011,sera démolie puis reconstruite, mais on ne verra pas grand-chose avant 2017-2018, dans le meilleur des cas. Le projet coûtera 19 millions. La négligence et le jeu de ping-pong entre la Commission scolaire et le gouvernement du Québec doit cesser. La responsabilité est commune et ils doivent trouver des solutions ensemble. Il  en va non seulement de la santé des enfants et des professeurs, mais aussi de la conservation du tissu social et de l’avenir des jeunes.

Les situations familiales dans le quartier sont souvent instables et difficiles. Pour bon nombre d’enfants, l’école représente une ancre, un élément stabilisateur de leur univers. Quand ça brasse à la maison, l’établissement scolaire se trouve à être un lieu rassurant et encadrant. Les étudiants de Baril ont non seulement été déplacés à deux reprises, mais ont dû composer avec de nombreux remplaçants, les enseignants étant souvent malades. L’école est donc devenue source d’instabilité et d’anxiété. Avec la fermeture d’autant d’établissements, c’est un véritable raz-de-marée qui secoue la jeunesse d’Hochelaga-Maisonneuve et qui l’insécurise. Les élèves en difficulté sont ceux qui paient le prix le plus cher. 

Maude Fecteau, travailleuse sociale au centre de pédiatrie sociale en communauté de la Fondation du Docteur Julien m’a exposé les conséquences liées à la délocalisation des élèves. Le portrait est peu reluisant. « Le problème, c’est que malgré les engagements du gouvernement, ce n’est pas une de leur priorité et la reconstruction de l’école Baril prendra trop de temps, certainement plus de quatre ans. Si on pouvait investir une partie de cet argent dans la rénovation de l’école Hochelaga et Saint-Nom-de-Jésus, on pourrait rapatrier les élèves d’ici un an, un an et demi. » 

Les enfants partent en autobus scolaire vers les écoles secondaires Édouard-Montpetit et Louis-Riel, situées dans Mercier. Un éducateur spécialisé les surveille quelques fois par semaine, sinon, ils sont laissés à eux-mêmes. Les enfants turbulents qui reçoivent trop d’avertissements sont privés de transport pour quelques jours. « Un enfant suspendu, c’est un enfant qui ne va plus à l’école. Les parents n’ont pas forcément le temps, ni l’argent pour les emmener eux-mêmes aussi loin. » Le taux d’absentéisme est plus élevé. Pourtant, c'est une des responsabilités de la CSDM que de s’assurer que les enfants aient accès à l’école. 

Les parents sont moins impliqués dans la vie scolaire de leurs enfants, connaissent moins les professeurs (et vice-versa). Il est plus difficile pour ces derniers de comprendre la réalité familiale des jeunes. La même chose est vraie pour les intervenants du Docteur Julien. Les rencontres en thérapie qui prenait une heure, vue la proximité de l’école, en prennent dorénavant quatre, vu l’éloignement et le déplacement. Les élèves se voient obligés de manquer une demi-journée voire une journée au complet, ou d’arrêter tout simplement les traitements. Les enfants en grandes difficultés d’apprentissages n’ont plus accès aux services spécialisés dont ils ont besoin. Les liens de proximité sont brisés, tout comme la vie de quartier. 

Sans vouloir être alarmiste, il faut que les autorités compétentes investissent dans la rénovation et l’assainissement des airs dans toutes les écoles, principalement dans les quartiers défavorisés. Il en va non seulement de l’avenir des jeunes, mais aussi de la beauté architecturale du quartier qui perdra d’une certaine façon son identité. Sinon, nous serons face à ce que Docteur Julien appelle déjà sombrement une « cohorte d’enfants sacrifiés ». Et le gouvernement libéral prétend s’occuper des « vraies affaires ». 

Laissez-moi rire. 
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http://urbania.ca/blog/5423/les-vraies-affairesTue, 21 Oct 2014 10:06:53 EDTCamille Gladu-Drouinbloguehttp://urbania.ca/blog/5423/les-vraies-affaires
Où ça mène, un cadavre. Exquis ou davantage.
Voici la première phrase, et ce que vous avez créé: 

Elles sont assises sur des petites chaises de métal disposées autour du lit, sauf Augustine, qu'on a installée dans le grand fauteuil des visiteurs pour qu'elle y soit plus confortable. Ça fait longtemps qu'elle attend. 

De son fauteuil, Augustine, le souffle court, toise ses amies. Elles auraient toutes été éligibles, mais elle sait que cette fois c'est son tour, c'est aujourd'hui qu'elle naîtra de nouveau. Elle en sort l'objet et se tourne vers ses amies. Elle desserre sa main pour qu'elles puissent le voir et rien ne se passe, pas un silence, pas une parole, rien. Pourtant, elle s'attendait à une réaction, peu importe laquelle. 

C'est dans ce rien que l'objet s'anima. Il avait absorbé l'énergie des mots qui auraient dû sortir, des regards étonnés qui auraient dû fuser. Il se déroulait lentement, comme la pousse d'une fougère, à l'infini. Cette chose si petite et si grande, si tout et rien à la fois. J'étais vide, vidée, vidangée et voilà que de ma coquille creuse s'évadait une onde de choc à peine perceptible, écorchant mon échine dorsale... j'entrait dans l'oeil de la tornade.

Le pendule de la vieille horloge en bois émit un "tac" tonitruant. Un seul. Derrière mes tempes résonna mon coeur. Une fois. Dans l'infinité de cette seconde, le cours du temps avait altéré celui de ma vie. 

Marie cligna des yeux.

Ce billet est commandité par les Romans Stanké.

On s’imagine l’écrivain tracassé, en face de son latte, schizo sur les bords, en train de gribouiller sur une napkin, suicidaire, fumeur, alcoolique, toxicomane ou toxique, c’est selon. Ça frappe l’imaginaire, hein ? Bon, je vais vous régaler, je vais avouer que je me suis mise à écrire alors que j’y avais en quelque sorte renoncé. On parle du célèbre syndrome de la page blanche, des années de silence, de phrases stockées dans l’obscurité du Ça (come on, vous avez tous un peu lu Freud!). 

Vous serez peut-être déçus d’apprendre que je suis en bonne santé, pas vraiment torturée, pas du tout une martyre de l’écrit obsédée par un Surmoi envahissant. Mais, voilà, la vie, ça va vite, trop de boulot, 8 à 4, plus le trafic, le souper à préparer, plein d’enfants (cinq, yeah !), les devoirs, les chicanes nucléaires, les doigts (les nez, les orteils, les nombrils, c’est sans limites !) sales dans les vitres, les nuits d’insomnie, s’inquiéter, consoler, écouter, aimer, aimer, aimer, du matin au soir, la nuit aussi, souvent, pas mal comme tout le monde, quoi ! Le rush quotidien, alors qu’écrire suppose un geste lent, commis en surtemps, à contre-courant. C’est de la job, faut vouloir… ou y être obligé, inexplicablement, être habité par cet objet qui s’anime, qui a absorbé des mots qui doivent sortir, qui poussent comme des fougères, qui vident, vous l’avez dit. 

Ce sont vos mots, je vous les vole.

Écrire, c’est entrer dans la tornade, oui, tester le vertige, la folie, naître de nouveau, à toutes les pages, à tous les manuscrits. Au départ d’un roman, c’est vrai, tous les personnages sont éligibles. Pourquoi elle plutôt qu’une autre, et lui avec elle, et eux, ensuite, et de cette manière ? Parce que leurs noms, leurs visages, leur vie qui débute, dans ma tête, à n’importe quel âge, à ce point infinitésimal dans l’univers de la création, l’inspiration, qui vient de tout et de rien, d’un rassemblement. De gens aperçus de près ou de loin, de contrastes, d’idées, de partages, de lectures, de vieux cadavres, exquis ou pas, de saveurs, d’odeurs, de monde, de soi, de l’autre et j’en passe. Vampire, vous avez dit vampire ? Sans doute un peu, mais personne ne s’en rend vraiment compte. Écrire permet de travestir. De changer de vie. Lire aussi, dans le fond.

Chaque jour, j’écris en état d’urgence : il n’y a que là, à la toute fin de la nuit, presque le matin mais pas encore, où je me retrouve seule avec tous les possibles, l’infini qui se déroule, les coquilles creuses soudain pleines, le pendule de la vieille horloge qui fait tic-tac (j’exagère, j’ai juste un timer sur mon micro-ondes).

Malgré tout, l’écriture n’est pas un lieu de solitude.

Votre histoire, en cadavre exquis, c’est un peu la mienne, la nôtre, disons-le franchement. Vous avez pris mes femmes, mes mots, j’ai repris les vôtres ici, et les autres syllabes sont allées partout, ici, ailleurs, autrement, comme mes romans. Tant mieux. Merci.

J’aurais pu dire la fin de l’aventure. Inventer Marie, avec ses grands yeux de taupe, sa main fraîche, sa peau translucide, qui rencontre Jacob, brisé, pour la première fois, et qui se dit : « Lui, il va payer pour tous les autres. » L’entendre. La lire, comme l’Augustine dégustée de mon roman. La voir devenir papillon, elle aussi. Ce sera peut-être le début d’une prochaine histoire, chez Stanké…

--Annie Loiselle
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http://urbania.ca/blog/5420/ou-ca-mene-un-cadavre-exquis-ou-davantageMon, 20 Oct 2014 14:00:00 EDTUrbania stanképublicitébloguehttp://urbania.ca/blog/5420/ou-ca-mene-un-cadavre-exquis-ou-davantage
La chanson de la (fin de) semaine




Allez, bonne fin de semaine à tous!



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http://urbania.ca/blog/5419/la-chanson-de-la-fin-de-semaineFri, 17 Oct 2014 16:30:14 EDTUrbania chanson de la semainebloguehttp://urbania.ca/blog/5419/la-chanson-de-la-fin-de-semaine
Si j’avais suivi chaque conseil de ma mèreQuand tu vas entrer à la maison, je vais te prendre avec la même force, de la même façon que le désir que je ressens pour toi me prend, moi ; à la gorge, je vais te maintenir au sol et entrer sous ta peau. À grands coups forts, brusques. 

Brusque, mais pas violemment. Je vais te tenir par la gorge, mais je vais pas t’étrangler… Je vais juste te tenir par la gorge, dans le sens de… l’épaule. Je vais te tenir par l’épaule… Je vais avoir ma main sur ton épaule. Je vais pas te tenir. Si tu veux t’en aller, genre, tu pourras. Pis je voudrais juste mettre ça au clair, avant d’aller plus loin… Tu peux t’en aller quand tu veux… T’es pas prisonnière, là. 

Je vais t’attacher les deux poignets ensemble derrière le dos, je vais te projeter sur le ventre, je vais te baiser pour moi, juste pour moi, comme j’en ai envie, comme si t’étais une simple… attends! 

Sur le ventre, sur le lit, pas par terre. Pis pour l’affaire de t’attacher, j’ai checké des tutorials sur internet, j’ai choisi une bonne corde, douce, assez longue pour que ça reste confortable… Aussi, j’ai des ciseaux, en cas. Ils disent d’avoir des ciseaux, faque, je les ai. Pis tu me le dis, quand tu veux que je te détache… je te détache. C’est simple de même. En fait, peut-être que t’aimerais mieux qu’on en parle avant? Moi je pensais qu’on pourrait essayer ça. Je voulais peut-être te surprendre, mais regarde, on est pas obligé. 

Faque, je vais te prendre, juste pour moi (évidemment, je vais porter attention à toi! Je vais t’écouter, si je vois que t’aimes pas ça, je vais m’ajuster) je vais te prendre comme j’ai (t’as) envie, comme si t’étais une simple… une simple… juste une… une chalope. Sa-lope, bon. 

Genre, t’aimes le sexe, pis c’est ben correct, c’est pas un jugement! Je suis une salope moi-même! Mais ok, oublie ça! On efface, on recommence…

Quand tu vas arriver, je vais t’arracher tes vêtements! Je vais les plier, comme il faut, les ranger sur la petite chaise dans le coin de la chambre. 

Je vais mordiller tes beaux petits mamelons, les tirer avec mes dents et t’inquiètes, je vais faire attention, je sais que c’est ultra sensible. 

Je vais enfoncer ma main, que j’ai soigneusement lavée au préalable, dans ton entrejambe pour te positionner comme ça me plaît, je vais te manipuler à ma guise, pourvu que tu sois confortable. 

Je vais enfouir ma face dans ta petite chatte, je vais prendre ton clito entre mes lèvres, le battre à coups de langue, l’aspirer dans ma bouche… si t’es à l’aise avec ça.

Je vais te défoncer, avec ton consentement.  

Je te laisserai pas tranquille pendant des heures, on va baiser toute la journée, mais on est pas obligé, je veux surtout pas que tu ressentes de la pression. Si tu veux, on peut juste se coller, écouter un film. 

Je te dis toutes ces paroles, c’est plus fort que moi, c’est par passion, mais on peut aussi parler d’autres choses. 

J’ai déjà installé mes pneus d’hiver. Oui. Déjà. 
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http://urbania.ca/blog/5417/si-j-avais-suivi-chaque-conseil-de-ma-mereFri, 17 Oct 2014 11:44:19 EDTMartin Perizzolobloguehttp://urbania.ca/blog/5417/si-j-avais-suivi-chaque-conseil-de-ma-mere
« Excusez-moi, madame »Tangerine. Le petit rouquin et sa tasse orange sont fort aise: ils vivent une vie calme, paisible et sereine, comme dans la forêt des sapins verts. Ils parlent doux, prennent leurs chèques en photo et font même du SEADOO, pour l’amour du saint-ciel. Y’a pas mieux.

Oh, je peux toujours m’équiper d’une tasse orange et m’abandonner au nautisme, moi aussi. Méditer mature sur un fil de fer. Mais la nature (et le pelvis de ma mère) m’ont dotée de ce fascinant, mais surtout rassurant faciès qui, semble-t-il, incite à l’apostrophade. Au « Excusez-moi, madame ».

Apparence que j’ai le visage en forme de kiosque d’information.

Petits cils bienveillants. Lunettes rondes, joues rebondies et demi-sourire toujours un peu collé à ma bette, vestige de mes siècles de vente de chemisiers pour monsieurs sous pression, font apparemment de moi la candidate toute désignée pour demander des affaires sur le trottoir sans risque de se faire trancher, puis déguster avec un verre de Chianti.

- Scuse, c’est où le Couche-Tard le plus proche?
- C’est par où, Baie-d’Urfé?
- CHU QUI, MOÉ?

C’est pas mêlant, un homme un peu chancelant m’a même déjà arrêtée pour que je l’aide à mettre son coupe-vent sur le terre-plein du boulevard Saint-Joseph (ce que j’ai fait).

Ne pas avoir la tête d’une psychopathe, c’est chouette. Ça me permet de passer aux douanes sans me faire tâter la fourche mais surtout, de gesticuler dans tous les sens sur le régulier pour t’indiquer le Woolco le plus près, parce que faire le chemin avec mes petits bras, ça m’aide.

Ça me permet aussi de fendre le vent en te courant après, deux secondes plus tard, pour te dire que je t’ai bien malgré moi envoyé dans le mauvais sens. Cessez de me demander votre chemin, je ne suis qu’une pardue avec une bonne tête. Mais une pardue qui veut aider.

Et ce qui me fascine, c’est ceux qui en veulent un petit peu plus.

Ceux à qui les noms de rues et l’heure du passage du prochain autobus ne suffisent pas. Ils veulent connaître la couleur des bancs. Les goûts musicaux du chauffeur. Et ils veulent que tu les rassure sur le pourquoi de quéssé que la 'taubus est pas passée comme tu leur avais dit, à la seconde prévue. Sur ce qui va arriver avec leur journée si tu peux pas noliser un hélicoptère pour qu'ils puissent faire leurs commissions.

On dirait que de ce temps-là, j’en croise beaucoup, des comme ça.

Et ma toute dernière en lice, une qui a dû en ramasser, des rubans pour assiduité au cours de Labomaths, c’est cette brave citadine à la coiffure impeccable et parée d’un imper griffé que j’ai croisée cette semaine. Le regard hagard, elle déambulait, le talon aiguille s’enfonçant systématiquement dans la terre battue du Parc Laurier, avec la détermination d’une madame qui va se rendre avec dignité quand même que les genoux y’ déboîtent. Un petit morceau de paradis à regarder. Un cas de fusain, mes amis.

Et évidemment, elle nous a repérées assez vite merci, mes lunettes pis moi.

- La rue Brébeuf, c’est où?

Je regarde autour de moi pour m’assurer qu’aucun valet ni personnel spécifiquement engagé pour combler ses menus besoins de citoyenne Angus ne sont pas déjà après lui tracer une mappemonde avec leur sang. Un « bonjour » ou une esquisse d’une ride d’expression n’étaient pas inclues dans le forfait, et j’avais intérêt à me le tenir pour dit.

Mais comme je ne souhaitais pas la recroiser cassée en deux dans un trou de canal un peu plus tard, le talon aiguille couvert de pigeons prêts à l’échanger contre un sac de graines, je lui ai servi mon plus chaleureux accueil.

- Votre manteau est très élégant. Et la rue Brébeuf, elle est juste là.

Mon bras sûr et guidé par un index pointé vers la rue la plus près ne sembla cependant pas suffire à la citoyenne en question. Elle voulait, je ne saisis trop pourquoi, GAGNER.

Elle voulait que je sois celle qui était perdue. La faiblarde du duet.

Elle s’est donc efforcée de plisser ses petits yeux nâcrés en regardant au loin avec un effort inouï, comme si j’étais après lui montrer le diamant vert de Michael Douglas à 3 km de distance à la brunante. Comme si j’étais pas bonne bonne dans ma job de pointeuse de rue qui est pourtant juste là, calvaire.

- La rue est là madame. Juste là. LÀ. Mon index touchait presque au trottoir, je vous le promets.

- Mais c’est pas une rue, ça.

ALORS. L’égérie de Dior, victorieuse, me pointait la petite trail de terre défrichée par les assidus de la course autour du parc. Un chemin qui doit bien faire 15 pouces de large, en bouette, à quelques mètres de nous et sur lequel un potelé joggeur s’affairait à ne pas respirer trop fort pour ne pas interrompre notre échange de la plus haute voltige.

Pour sauver son égo, ce matin-là, la bonne dame avait décidé de m’apprendre ce qu’était une rue. De me livrer les secrets de la sauce, de l’urbanisme et des lignes oranges.

J’ai donc pris sur moi de me confondre en excuses et d’admettre à la seconde que Brébeuf n’était effectivement pas l’évidente et très dégagée rue que je lui avais d’abord pointée avec assurance, mais bel et bien cette petite veine de terre sillonant le parc. Cette fine ligne de glaise qui voulait vivre.

C’est comme ça, le Plateau. Des fois, ça rappelle la Nouvelle-France.

Et si vous avez besoin d'une indication, vous me trouverez près d'un cours d'eau, accroupie, après manger de la confiture avec mes mains à même le pot en maudissant le petit côté cheap de Pierre Lebeau.

La bise.

PS TENDRESSE ::
allez donc chez le diable.]]>
http://urbania.ca/blog/5418/excusez-moi-madameFri, 17 Oct 2014 09:21:09 EDTCatherine EthierTangerinekiosque d'informationune petite questionC'est pas une rue, çaNouvelle-FrancePierre Lebeaubloguehttp://urbania.ca/blog/5418/excusez-moi-madame
Lettre d'amour au DollaramaJe me confesse : magasiner chez vous fait partie de mes hobbys préférés. Je prends un plaisir fou à sniffer les Air Wick et à reluquer la populaire collection de cuisine Betty Crocker aux couleurs de l’amour. Je fantasme sur votre allée de bonbons qui est aussi alléchante qu’une poutine suintante de sauce brune et fondante de fromage quick-quick à 3 heures du matin (en passant, si vous savez quel est l’onomatopée officielle pour ce fromage, prière de m’en informer). Je me réjouis aussi du choix varié des fleurs en plastique, toutes plus exotiques les unes que les autres. D’ailleurs, plusieurs d’entre elles décorent mon château qui prend maintenant des airs d’un paysage d’Hawaï. Fait intéressant : je ne perds plus les couvercles de mes plats de style Tupperware depuis que je les achète chez vous. Êtes-vous magique ? Je crois que bien oui.

Vous êtes déjà au courant, mais je prends la peine de vous le souligner en gras : vous êtes l’endroit de prédilection pour toute personne qui déménage. Qui n’a pas déjà dévalisé vos magasins pour s’équiper en ustensiles, en guenilles et en savon à vaisselle ? Mention spéciale pour la section proche de la caisse qui recèle de plusieurs trésors tels sacs cadeaux, papiers de soie, chouchous et cartes d’anniversaire. J’aimerais aussi mentionner le pied de nez féroce que vous avez fait à tous les IKEA de ce monde en vendant une poubelle en inox à 3$. Et que dire de votre rangée remplie d’élastiques à cheveux, de vernis à ongles, de faux cheveux et de brillants pour les yeux qui comble le cœur des plus coquettes. Vos allées garnies de multiples cannes de conserve dépannent les étudiants en fin de session et les gens qui ont un budget plus serré. L’important choix de duo-tang, de stylos poilus qui allument quand on écrit, de cahiers Canada avec des faces de chiots en page couverture facilitent la rentrée scolaire des tout-petits et soulagent les parents stressés. Si j’étais croyante, je vous dirais : Que Dieu vous bénisse.

En plus, vous êtes équipés 4 mois d’avance en drapeaux de la Saint-Jean, en citrouilles en chocolat pour l’Halloween, en guirlandes de faux sapin pour Noël, en cerceaux aux antennes lumineuses certes un peu bizarres mais bien d’adon lors de la Saint-Patrick, en paquets de Ferrero Rocher à 1$ pour une Pâques réussie et en bracelets fluorescents pour tous ceux qui vont encore au Bal en Blanc. Même si beaucoup de gens pestent que votre vaisselle de Chine est toxique, personne n’est jamais mort après avoir mangé un Kraft Dinner dans une de vos assiettes.

Vous êtes précieux dans le cœur de millions de personnes et parfois même dans le journal. Émilie Côté de La Presse a déjà écrit : « Katy Perry a beau avoir des moyens financiers énormes et porter sur scène des tenues conçues par Valentino, Roberto Cavalli, Moschino, et Nicolas Jebran, elle dégage une image halloweenesque de Dollarama. » N’est-ce pas tout à fait merveilleux ?

Dollarama, je vous aime, et sans rancune pour le changement de slogan : 1$ et plus. La business doit rouler et je ne vous abandonnerai jamais, même si j’ai besoin d’une couple de 25 sous supplémentaires. Mais, puisque tout n’est pas toujours rose dans le pays des choses à 3$ et moins, j’ai constaté un problème concernant un de vos produits. Ne prenez pas ce qui suit comme une attaque sauvage comme les Japonais l’ont fait sur Pearl Harbor, mais plutôt comme de simples conseils de la part d’une cliente fidèle qui a à cœur le développement de votre entreprise.

Il s’agit de vos sacs.

Vous savez assurément que vos sacs en plastique de format XXL ne possèdent aucune poignée. Je vous invite à faire l’exercice de transporter un sac de grand format rempli de vos fins produits mais démuni d’espaces pour y insérer les mains. Vous constaterez que ce n’est pas grâce à cela que le mot « ergonomique » a été inventé. Pour panser ce virulent problème, j’ai développé une petite tactique de ninja : il s’agit de créer des poignées DIY, en perçant un trou de chaque côté du sac grâce à un coup d’index féroce. Le seul hic avec cette solution est qu’elle est totalement éphémère. À la seconde où le sac devient trop lourd, les trous prennent de l’expansion et finissent par se déchirer. Résultat : nous revenons au point initial du sac géant pas de poignée. Un cercle vicieux cruel et sans pitié.

L’autre chose qui me titille sur vos sacs, et là peut-être sentirez-vous une fibre écologique naître en vous, est que vous n’offrez pas la possibilité d’acheter des sacs réutilisables. Il serait fort apprécié de pouvoir s’en procurer tout comme on peut le faire à l’épicerie. Nos razzias au Dollarama s’avéreraient beaucoup plus pratiques, notre consommation de sacs de plastique serait réduite et on réglerait sans l’ombre d’un doute le problème du constat numéro un qui est, je le rappelle, les sacs géants pas de poignée.

Je me permets de croire fermement que ces suggestions faciliteraient la vie de votre clientèle et feraient de vous une entreprise plus verte, ce qui rendrait hommage à la couleur qui teinte les 3\4 de votre logo.

Merci de m’avoir lue.

P.S. J’adore ma nouvelle boule disco à 3$ et je suis persuadée qu’elle fera fureur auprès de mes invités.
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http://urbania.ca/blog/5416/lettre-damour-au-dollaramaThu, 16 Oct 2014 13:58:41 EDTGwenaëlle Scortadollaramabloguehttp://urbania.ca/blog/5416/lettre-damour-au-dollarama
Cher papa,
Ce texte est extrait du Urbania Spécial Étudiants, maintenant en vente sur notre boutique en ligne. 

Cher papa, 

J’espère que tu liras en entier cette lettre que je t’adresse. Mai 2010, ma vie semble tracée : billet d’avion acheté, je m’apprête à m’envoler vers Dubaï pour un stage dans une boîte de pub qu’on m’a offert je ne sais comment ni pourquoi. 

Mai 2010, y a aussi autre chose qui se passe : après un an à fantasmer, j’auditionne enfin sans trop y croire à l’École nationale de l’humour. Ils m'acceptent. Le « tabarnak » que je lâche en apprenant la bonne nouvelle me pousse à croire que j’ai peut-être davantage peur du succès que de l’échec. 

S’ajoutent donc à ma liste « à faire » de cette semaine les éléments non négligeables suivants : dire à mes parents que je ne pars plus pour Dubaï, que j’ai été accepté à l’École de l’humour et que ça fait un an que je donne des spectacles dans les comedy clubs sans le dire à personne. 

Ines, la fille des com de l'École, m’appelle pour m'informer que je serai mentionné dans un papier de La Presse samedi prochain. Avec en plus une photo en première page du cahier Arts et spectacles.

Ça tombe plutôt bien, vous êtes abonnés à La Presse; je décide donc de déléguer au quotidien la lourde tâche de vous aviser de ma légère réorientation de carrière. 

Samedi arrive, mais moi je pars au boulot : je rate votre réaction. À mon retour, maman m’accueille avec une face de mon-Dieu-mais-qu’est-ce-qu’on-a-fait-pour-qu’il-veuille-devenir-humoriste. En voyant le journal, elle a dû se dire: « Ben voyons, c’est qui ce jeune homme qui porte le même nom, les mêmes vêtements et la même face que mon fils? Mon garçon, humoriste? Impo-fucking-ssible. »

Toi, papa, t’es plus posé que maman. Tu me demandes : « C’est vrai tout ça? », comme si c’est peut-être juste une mauvaise blague. Comme si une partie de toi croit que j’ai convaincu les Desmarais de me backer dans ce poisson d’avril (en mai).

- Tu vas aller à l’École de l’humour? Apprendre à faire des blagues?
- Oui.
- J’suis allé sur leur site web; leur logo, c’est un rat avec un nez de clown assis sur un pupitre.  T’es vraiment sûr de ce que tu fais?
- Oui, j’suis sûr. 

C’est faux. Je porte mon masque de gars en contrôle, mais en vérité, je doute plus que jamais. Toute ma vie, j’avais eu les notes de bulletins, les Méritas et les diplômes pour chiffrer mes compétences. Pour mettre une valeur quantifiable sur mes talents. Et là, cet art flou et instable vient tout chambarder. Là, rien n’est sûr. 

Et ça m’a pris du temps avant d’assumer complètement cette vocation. Parce que je n’avais pas assez confiance en moi pour accepter la prétention que dans le futur, des gens paieraient pour m’écouter parler. 

Maman ouvre enfin la bouche : « On a juste peur pour toi, Rabii. » J’ignore pourquoi elle a si peur. Et de quoi. Vous avez vécu la guerre, elle et toi. T’as perdu ton père à 19 ans. Tu t’es enrôlé dans l’armée pour finalement aboutir chez Interpol. T’as survécu à un attentat. Et la cicatrice qu’ont laissée les fragments de bombe près de ton œil gauche te le rappelle chaque jour. 

Difficile de te convaincre de la légitimité de mes « études en rire » quand toi, à mon âge, tu terminais ton quart de nuit, dormais une heure dans ta voiture, puis te rendais directement à l’université le matin. Ton uniforme encore sur le dos, tu rangeais ta AK47 dans ton casier, prenais tes livres et filais en classe, pressé de terminer tes études en droit avant que la guerre ne ravage le pays. 

T’as travaillé fort. Pour que je puisse foncer, que je puisse oser. Pour que je me fasse prendre à 200 km/h sur l’autoroute, même. T’as travaillé fort pour que ton fils puisse faire le con.

C’est pour ça que je me suis lancé. Parce que si t’as survécu à tout ça, je vois pas pourquoi je survivrais pas au showbiz. 

Je vous aime, maman et toi. 

Rabii

P.-S. : Aujourd'hui, je peux le dire sans incertitude : tout va bien aller. 


Illustration: Simon Laliberté
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http://urbania.ca/blog/5415/cher-papaThu, 16 Oct 2014 11:48:48 EDTRabii Rammalétudiantbloguehttp://urbania.ca/blog/5415/cher-papa
Le Registre: Les 10 commandements du joueur de guitare dans un partyL’été est officiellement terminé. Vrai qu’on est rendus mi-octobre, mais je laissais la chance à l’été indien. Une expression que je détesterais si ce n’était pas de l’excellente balade langoureuse du défunt chanteur de pomme Joe Dassin. 

En plus d’écrire dans mes temps libres, je gratte également la guitare. Je ne suis pas un virtuose de l’instrument à six cordes, mais je me débrouille assez pour qu’on me dise de l’apporter dans les rassemblements festifs. L’été est très propice à ce genre d’activité. On veut aller dehors, on veut boire et bouncer au rythme d’une guit. Fête de cour arrière, camping, BBQ, house party, tout peut s’y prêter.

J’ai eu mon lot d’agréables « spectacles » cet été que ce soit avec ma gang de chums, en famille ou alors, improvisé dans un groupe d’inconnus. Peu importe l’auditoire, tu remarqueras que des tendances reviennent constamment. Particulièrement si, comme moi, t’es ce que la mielleuse Matricule 728 appelle « un osti d’gratteux d’guitare».

10. Le bandmate temporaire, tu endureras.
La guitare est un instrument rassembleur, c’est pourquoi elle est si populaire dans un party. Tsé t’as beau être le Jimi Hendrix du gazou, après trois tounes, ça s’peut qu’un fêtard éméché te la fasse disparaître dans ton rectum. La guitare c’est smooth, c’est plaisant, et son registre d’émotion est large, ce qui en fait un instrument qui a un pouvoir d’attraction puissant. Alors après plusieurs chansons, quand le party lève, il est possible qu’un percussionniste amateur se joigne à toi, vous transformant désormais en un duo. Est-ce que celui-ci est un legit drummer de 10 ans d’expérience qui se joint à toi ? Bin sur que non. C’est le gars bin trop pacté qui, de surcroît, possède le sens du rythme le plus exécrable de la Terre qui devient désormais ton métronome. En plus de s’exécuter terriblement mal, il prendra l’instrument improvisé qui lui tombera sur la main : bol à salade, cuillère de métal, table, etc. Endure et concentre-toi sur ton beat à toi.

9. Les demandes spéciales, au mieux tu feras.
Tu agis un peu comme un jukebox, alors c’est normal qu’on te mette un 25 sous en bouche, qu’on t’appuie sur les mamelons et qu’on te crie une demande spéciale. Parmi celles-ci : T’as la demande que personne connait sauf le dude, t’as celle que tout le monde connait sauf toi pis t’as l’air cave, t’as celle que la fille, qui  t’a harcelé toute la soirée de la jouer et quand tu la fait, elle s’en calisse, t’as celle que tu joues pour quelqu’un et que tu te rends compte qu’il connait juste trois mots du refrain (salutations à mon père), t’as la demande spéciale confuse (HEY, JOUE DONC LA TOUNE DE SMASHING PUMPKINS LÀ, TSÉ LÀ, C’EST GENRE … PRETTY FLY FOR A WHITE GUY!), t’as les excellentes demandes spéciales... mais que y’a toi pis le dude qui feel la chanson, fak les 13 autres personnes s’en calissent. Bref, une partie de plaisir !

8. Tes compos, tu ne joueras pas.
R’garde. T’es peut-être un excellent auteur-compositeur et que tes compositions sont véritablement solides. Sauf que c’est très rarement souhaitable dans une atmosphère festive comme autour du feu en camping où tout l’monde est chaud comme des poêles. Le monde veut danser, chanter et juste tripper. Si tu te mets à jouer ta composition ultra-emo sur la naissance de ton premier enfant, ta première rencontre avec ta blonde ou encore sur la fois où ton ex-copine t’as brisé le coeur en faisant un threesome avec tes deux frères... man, tu vas crisser un solide malaise dans place. Tes compos, le monde s’en torche. À moins que ce soit une toune funky où tu énumères humoristiquement les sortes de vagins. Là, le monde embarque. Autrement, calme-toi le Linda Lemay. 

7. Être la musique de fond, tu accepteras.
De façon générale, les gens aiment la guitare. Sauf qu’il faut tu comprennes que c’est pas tout l’monde qui veut nécessairement que toute l’attention soit pendant 2 heures sur un dude qui se la fend en se flattant l’ego de pseudo-artiste. Pis hey, c’est bin correct. Y’a des dudes et dudettes qui préfèrent jaser entre eux et espérer trouver une connexion wi-fi entre leurs organes génitaux. Cette indifférence fait que tu seras de la musique dans un café-bistro : juste cool pour mettre une ambiance, mais le son doit rester à maximum 4 coches. Accepte-le, ne soit pas l’animateur de radio douchebag qui hurle et qui cherche désespérément la participation. 

6. La douleur, tu méconnaîtras.
Avec la pratique, tu développeras quelque chose d’essentiel à tout joueur de guitare : la corne. Cette couche de peau sèche et dure te permettra d’endurer la douleur que peut produire la pression continue sur des cordes de métal. Sauf que pour les musiciens à temps partiel, la corne fait le travail jusqu’à un certain point. Quand le party est fou et que tu joues pendant 3-4 heures de temps comme si t’étais sur l’acide à Woodstock, ta corne sert autant qu’un corset sur Sonia Vachon. Alors, tu ressentiras de la douleur sur le bout de tes doigts. Fuck la douleur, joue pour ta gang. Ce qui peut t’aider c’est...

5. La bonne dose d’alcool, tu consommeras.
Ah! l’alcool, la solution à trop de choses. Non seulement l’alcool engourdira tes doigts et ainsi diminuera la douleur, mais, pour un guitariste-chanteur, c’est également un excellent lubrifiant d’égo. Je t’explique. Tu sais la toune de Bon Jovi que t’aimes tellement chanter chez vous, mais où t’es jamais capable d’atteindre la note ? Deux mots pour toi : Bi – ère. Un peu pacté, un joueur de guitare n’a plus de limites car il n’a pas la conscience d’être off. Alors, lorsque tu reverras ton chum le lendemain en lui disant à quel point tu te sentais « in the zone pendant Livin on a Prayer », il te montrera la vidéo qu’il a pris la veille et tu constateras qu’en fait, tu sonnais comme si t’avais les testicules dans le Magic Bullet.

4. Les jugements, tu ignoreras.
Inévitablement, lorsque tu pars dans ton trip, t’enchaînes des tounes que t’aimes jouer. Tu veux également faire une pierre, deux coups et jouer ce que la crowd aime. Tu l’sais, rendre tout le monde heureux, c’est impossible. Alors, tu te retrouves comme dans la section commentaires d’une toune légendaire genre « Bohemian Rhapsody » sur Youtube. Y’a toujours un pogo pour dire « Justin Bieber > Freddie Mercury ». Sauf que dans un contexte de musicien de party, le pogo s’exprime comme : « Sérieux fuck ton Nirvana, joue du Dany Bédar man! ». Ignore-le et attends à la fin du party quand il sera en coma éthylique, pour enterrer son corps dans le bois. Ou pas.

3. Le mood de la soirée, tu jugeras.
Une des qualités du musicien de party est de « feeler le mood ». Vrai que tu peux être celui qui influence l’ambiance avec des pièces festives du terroir folklorique québécois. À l’inverse, si tu enchaînes « Creep », « Le répondeur », « Everybody Hurts », « Alléluia » et « Suicide Solution », ton auditoire pourrait te faire comprendre que ton registre pourrait être plus coloré. Si tu joues juste des chansons que personne ne semble connaître, tu te transformeras en numéro 7 de ce palmarès. Sur le bord d’un feu, vas-y pour des classiques smooths avec des refrains accrocheurs. Dans un house party, tu peux pas mal plus gueuler et y aller plus énergique. Feel le mood.

2. Avant l’ennui, tu arrêteras.
Souviens-toi de ça : arrête avant d’être le musicien de métro. Le type qui se démène et qui, malgré son talent, se fait ignorer, dévisager et se fait prendre en pitié parce que personne ne l’écoute. C’est même pire parce que toi, tu ne recevras pas de change pour ta pitié. Regarde les réactions autour, tu devrais le savoir quand le monde est  écœuré d’toi. Check, joue Wonderwall d’Oasis. Si personne embarque au refrain, finis la toune, lâche un « bon bin allright m’a prendre un break » juste un peu blasé, remets ta guitare dans son étui pis va boire. C’est terminé. Hey, voir que PARSONNE veut chanter Wonderwall. « ‘CAUSE MAYBEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE ! »

1. Pour la crowd, tu joueras.
Le plus important, c’est que tu joues pour divertir les gens. Ne pense pas que tu joues pour toi, jeune naïf. Tu joues pour toi quand tu te tapes des plaisirs coupables chez vous, caché dans ta chambre. Quand t’es l’amuseur public, le cracheur de feu, l’acrobate, voire la femme à barbe du party, tu dois jouer pour eux. C’est cool que t’aimes ça Étienne Drapeau, mais non. Adapte-toi à ton party. Chez ta famille à Noël, joues du Donald Lautrec, pis check bin tes matantes se swinger les années 60 à en perdre leurs dentiers. Dans ta belle-famille anglophone, évite le  Cowboys Fringants pis le Plume. Avec ta gang de chums d’hockey, joue du Bob Bissonnette bin chaud, les gars vont tellement capoter qu’ils vont se casser des chaises dans l’dos. Dans ton souper avec tes chums de filles, gratte doucement une toune des sœurs Boulay, ça va finir en bataille d’oreiller pis en expérience lesb... ok je m’éloigne. Bref, sois la bougie d’allumage et fais en sorte que tout le monde passe un bon moment !

+++++

À toi, joueur et joueuse de guit, je vous lève ma bière tiède (parce que ça fait 4 tounes tu fais sans prendre de gorgée).

Portez-vous bien, jeunes gens.

(Hey by the way, pendant que j’tai, tu peux également lire d’autres shizzles du Moes, ici.)

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http://urbania.ca/blog/5414/le-registre-les-10-commandements-du-joueur-de-guitare-dans-un-partyThu, 16 Oct 2014 09:53:29 EDTLe Moeszing-a-ling, zing-a-ling-a-lingjouer de la guitregistrebloguehttp://urbania.ca/blog/5414/le-registre-les-10-commandements-du-joueur-de-guitare-dans-un-party
Elle est partie avec un gars dans une secte - Portraits de Montréal














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http://urbania.ca/blog/5413/elle-est-partie-avec-un-gars-dans-une-secte-portraits-de-montrealWed, 15 Oct 2014 14:01:11 EDTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5413/elle-est-partie-avec-un-gars-dans-une-secte-portraits-de-montreal
La dictature comme héritageLes gouttes tombent sur le bois d’une grande maison traditionnelle qui accueille une trentaine de personnes, en majorité des « jeunes professionnels », autour d’une grande table.

« Merci d’être venus » affirme Christophe Bidof en introduction. Ce matin là, il avait lancé avec un ami un appel à la mobilisation sur sa page Facebook. Un appel qui avait piqué ma curiosité: « Il faut une manifestation dans les rues catégoriquement opposée à cette mascarade! », écrivait-il.

Le porte-parole du président haïtien venait d'affirmer que l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier, tout juste décédé, devrait avoir droit à des funérailles nationales. Les accointances des dirigeants haïtiens actuels avec des membres de l’ancien régime Duvalier sont assez connues.

À tous les soirs, pendant 4 jours, le groupe s'est réuni. ASIRE, acronyme créole pour Action citoyenne responsable, a été fondée.

Au dernier soir, c’est la production de pancartes avec leurs traces de mains rouges pour symboliser le sang des victimes.

« Même si les funérailles ne sont plus officielles [comme l’a annoncé le gouvernement à la dernière minute], il faut marquer notre opposition à tout hommage à l’ancien dictateur. »



Après une conférence de presse et plusieurs apparitions dans les médias, une quarantaine de personnes se sont réunies samedi dernier, au même moment où avaient lieu les funérailles, pour un sit-in qui a partiellement bloqué l’une des plus grandes rues de la capitale haïtienne. Pendant que les officiels défilaient devant le cercueil de l’ancien dirigeant, les manifestants scandaient des chansons de la résistance et des slogans comme « Duvalier, assassin » devant l’Office de la protection du citoyen, « ultime symbole d’un État démocratique ».

La première manif contre l’héritage duvaliériste depuis longtemps en Haïti.

Des représentants d'ASIRE répondent aux question d'Al Jazeera.

Les Haïtiens ne s’intéressent plus beaucoup à Duvalier. Beaucoup de choses se sont passées depuis qu'il a quitté 
le pouvoir dans la disgrâce, en 1986. La junte militaire a même repris le pouvoir sans lui de 1991 à 1994. S’il a connu un petit regain d’intérêt à son retour d’exil en 2011, la majorité de la population a moins de 25 ans et s’intéresse très peu à cette histoire sombre de leur pays.

Plusieurs jeunes se réapproprient d'ailleurs un discours nostalgique de l’époque Duvalier, alors qu’il y avait « moins de voleurs » et beaucoup plus d’ « ordre » et de « courtoisie ».

Ils oublient peut-être un peu trop facilement qu’aucune radio ne pouvait débattre de politique, maintenant presque un sport national au pays. Ils oublient aussi la création des premiers bidonvilles de Port-au-Prince et l’ouverture excessive des marchés aux pays étrangers, qui viendra presque à bout de la production locale des paysans. Et c'est sans compter les victimes directes, enoyées dans de véritables cachots, exilés ou encore torturés.

De Duvalier à Pinochet
« Après 1990, près de 40 % de la population chilienne est restée attachée à Augusto Pinochet », s’empresse de comparer Marie-Christine Doran, professeure en sciences politiques à l’Université d’Ottawa jointe par téléphone. Spécialiste de l’analyse des discours populaires en Amérique latine, en particulier au Chili, elle voit plusieurs parallèles entre la situation haïtienne et chilienne.

« Le processus a été très lent au Chili [avant de voir monter une grogne contre Pinochet]. La justice ne semble pas être un thème majeur d’emblée, c’est pour ça que la comparaison avec le cas chilien est intéressante, ça a pris 20 ans pour que le thème de justice dans l’espace social refasse surface. »

Avant l’arrestation de Pinochet en Europe en 1998, très peu de gens réclamaient qu'il subisse un procès, tout comme pour les
autres tortionnaires de la dictature. Avant de quitter le pouvoir, ils s'étaient judicieusement votés une loi d'amnistie.

« Au Chili, des tout petits groupes de défense des droits humains et des groupes populaires, mais aussi des anciens exilés, ont persévéré et ont réussi à faire inculper Pinochet en Espagne. À ce moment, il s’est produit le début d’un phénomène d’appropriation de la justice par le bas. »

Doran s’est intéressée dans ses recherches à la manière, dans une société très polarisée, dont émerge un mouvement très grand autour du thème de la justice et de la démocratie.

On voit poindre des signaux en ce sens en Haïti depuis peu.

Quelques jours après son retour d’exil en 2011, plusieurs plaintes pour atteinte aux droits humains et corruption ont été déposés devant la justice haïtienne contre Jean-Claude Duvalier et ses acolytes. L’affaire était toujours pendante au moment du décès de l’ancien dictateur le 4 octobre dernier, mais plusieurs des tortionnaires de son régime parcourent toujours les rues de Port-au-Prince librement.

Au Chili, ce mouvement social a culminé par des grandes manifestations étudiantes en 2011 et 2012 qui se sont réappropriés le combat pour la démocratie (écrasé par la dictature) et la justice envers les anciens dirigeants coupables d’exactions. La similitude entre les slogans populaires au Chili à cette époque et ce qu’on a entendu à Port-au-Prince samedi dernier est flagrante : fin de l’impunité, pour la justice.

« On ne parle plus aujourd'hui du Chili comme un modèle de « retour à la démocratie », on parle d’un pays en « post-dictature ». » Un glissement de sens significatif aux yeux de Mme Doran.

Dans les années 90, les premiers mouvements populaires qui ont demandé justice après la dictature au Chili n’étaient qu’une goute d’eau dans l’espace public. « Mais cette goûte d’eau a tout de même permis de remettre en circulation l’idée de justice », ajoute-elle.

« Le mouvement a légitimé l’énoncé voulant que l’absence de justice peut causer du tort à la nation [pas seulement aux victimes directes]. »

En Colombie, la commission vérité post-dictature a exposé dernièrement sur Internet tous les témoignages recueillis, ce qui a entre autres permis d’arriver à des accords de paix avec les guérilleros.

Au Chili, des groupes se sont réunis devant la maison des anciens tortionnaires pour chanter des chansons et pointer du doigt l’absence de justice. Ces rassemblements nommés « funas » ont intégré le vocabulaire populaire. Le néologisme « funar » a été créé. Ce verbe signifie maintenant l’accusation publique pour un méfait caché.

Préparations avant de prendre la rue

À Port-au-Prince, ASIRE doit se réunir cette semaine pour faire un bilan et, surtout, entamer une réflexion sur la suite des choses. Théâtre de rue, projections-débats et autres manifestations sont sur la table à dessin. L'avenir dira si ce mouvement, comme au Chili, pourra servir d'étincelle à un devoir de justice et de mémoire plus important.

On peut suivre ASIRE sur leur page Facebook : http://facebook.com/ASIREjistis

Marie-Christine Doran sera en conférence à l’UQAM ce jeudi à 13h. Son livre Le réveil démocratique du Chili. Une histoire politique de l’exigence de justice 1990-2015 sera publié à Paris en 2015 aux éditions
Karthala.


Twitter : etiennecp
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http://urbania.ca/blog/5410/la-dictature-comme-heritageWed, 15 Oct 2014 09:26:26 EDTÉtienne Côté-PaluckblogueJean-Claude Duvalieraugusto pinochetDictaturejusticedémocratieimpuniteHaïtiChilihttp://urbania.ca/blog/5410/la-dictature-comme-heritage
Ti-blues automnalFrom : brigitte@rosemail.com
Sent: Monday, 9 AM
To : emilie@rosemail.com, manue@rosemail.com 

Salut les Rosies,
Pour répondre à la question de Manue: ça va. Ouain. Je dirais « en gros ». Même si... ti-blues automnal est venu frapper à ma porte. Je sais pas vous, mais moi, l’automne, je souffre toujours d’une montée d’anticipation, d’angoisse pré hivernale. C’est con, l’automne est tellement beau pourtant. Mais j’ai la gorge qui se serre en pensant aux suits d'hiver que j'ai oublié d’acheter en vente l'an passé, aux milliers de mitaines que mes enfants vont encore perdre cet hiver, à la criss de noirceur le matin. Au cadran qu’il va falloir setter 15 minutes plus tôt pour avoir le temps de chercher tous les morceaux de linge et les enfiler. Aux voisins de ruelle que je ne verrai plus pendant six mois. Pis j'ai juste le goût de me pousser loin. Pis je me mets à chéker tous les spéciaux des agences de voyage.

Ouain, j’espère que mon courriel aura pas un effet anxiogène sur vous. Désolée, les filles, ça va être le fun pareil c’t’hiver.

XX
B.

*****

From : emilie@rosemail.com
Sent : Monday, 10 :07 AM
To : brigitte@rosemail.com, manue@rosemail.com 

Ahh! Je te comprends, Brigitte. Moi aussi ça me fait ça. L’angoisse a tendance à me sauter dans la gorge comme un gros chat mal élevé quand il commence à faire frette pis noir trop de bonne heure pis que les feuilles craquent sous mes bottes. C’est comme si les « mauvais automnes » de ma vie reconnaissaient le décor et cherchaient à remonter à ma conscience... C’est un peu berk. Mais j’essaie de « focusser » sur le beau. Genre : les arbres étaient malades en fin de semaine à la campagne. Et : (Avez-vous remarqué?) La ville est remplie de policiers barbus (merci projet de loi 3!), soudainement sexys dans leurs autos bariolées! Ben quoi! Faut savoir apprécier son urbanisme vivant!

Pour ce qui est de l’habillage d’hiver, moi aussi j’anticipe avec crainte. J’ai sorti mon méga sac Ikea de foulards-tuques-mitaines-jambières-etcetera et j’ai tenté de classer le tout. Résultat : 8 mitaines pour enfants (j’ai bien dit mitaines, pas paires de mitaines): deux roses (pas le même rose), une rouge, trois grises (pas le même gris, pas les mêmes tissus), une turquoise en polar et une rayée jaune et gris. Qu’est-ce que je fais avec ça, je les jette? Misère.

Hey, on serait pas dues pour un get-together, nous autres? On ne s’est pas vues depuis la fête de Pierre-Luc au Rosemont (d’ailleurs, j’ai hâte de savoir comment ça a fini, ça. C’était qui le rouquin qui te parlait de densité des atomes quand je suis partie, Brigitte? T’avais l’air de trouver ça passionnant… ;) ).

Je vous fais une proposition drette-là. Samedi prochain: party de mitaines. Chez moi. Vous apportez vos mitaines solitaires et on demande aux enfants d’essayer de faire des matchs. Qui sait, on va peut-être en sauver quelques-unes. Pendant ce temps-là, nous, on boit du vin rouge en cuisinant une sauce à spag pour le souper… C’est pas une belle façon de chasser le blues automnal, ça?
J’espère que vous pourrez! 

Émilie xxx

PS : Pis Manue, as-tu fini par recroiser ton conseiller financier au Marché Jean-Talon, à force d’arpenter les allées? ;) 
PS2 : La nouvelle SAQ est ouverte sur Beaubien!!! Il va aller où, notre cachet d’Urbania? ;) 



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From: manue@rosemail.com
Sent: Wednesday, 10:33 AM
To : brigitte@rosemail.com, emilie@rosemail.com

Je comprends votre spleen, les filles… Le soleil qui se fait avare de sa lumière n’est pas étranger à tout ça. 

Ce matin, le moton m’a pris juste à chercher des bas, c’est un deuil, de ne plus laisser son orteil respirer librement dans sa ballerine. Pis quand je suis arrivée au boulot, j’ai failli pleurer en constatant que les chaussettes en question étaient marine pis que ça fittait pas pantoute avec mon pantalon noir… La prochaine fois, j’utilise ma frontale…

En plus, j’ai un incroyable besoin de caféine pour garder les yeux ouverts et réchauffer mon corps qui lutte contre l’hibernation. 

J’ai dû me rabattre sur la machine de la salle du personnel. Je suis revenue à mon bureau en me traînant les pieds, laissant le liquide brun et amer me brûler les muqueuses. Je devais avoir l’air d’une condamnée dans le couloir de la mort avec ma grosse écharpe orange. Je me suis assise en face de mon ordi, j’ai fixé l’écran une bonne quinzaine de minutes comme une lobotomisée en rêvassant, le temps que la drogue fasse son effet. 

Je repensais, justement, au conseiller financier. Ouais, je l’ai revu, il entrait à la Brûlerie. Je me suis postée en face, au kiosque des courges, auxquelles j’ai feint de porter un intérêt démesuré, le temps qu’il ressorte. Dix minutes plus tard, il est réapparu au bras… d’une personne qui a tout l’air de son chum! Merde de merde, y’a quelque chose que j’ai mal décodé lors du renouvellement de mon REER, faut croire!

Faque oui, ben partante pour un party de sauce à spag, j’ai besoin de debriefer… Pensez-vous qu’on peut y ajouter de la citrouille ? Je croule sous les cucurbitacées…  

Manue 

PS Émilie, la mitaine rayée gris et jaune est chez nous. Je l’apporte!


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From: brigitte@rosemail.com
Sent: Monday, 10:33 AM
To : manue@rosemail.com, emilie@rosemail.com

Salut les Rosies,
Désolée du temps de réponse, week-end de marde : les enfants se sont chicanés du matin au coucher. Pour le party mitaines, c’est raté, va falloir attendre la prochaine fds de garde commune. 

Méga gaffe en me levant ce matin; j’ai pensé à ce à quoi il ne faut surtout pas penser à ce temps-ci de l’année : l’heure qui va bientôt reculer.
L’Horreur! Ça fait que je vous propose qu’à notre party de mitaines, on discute de la fondation du Parti de l’hibernation. Bon, ok, on n’a sans doute pas le choix de continuer à faire rouler l’économie pendant l’hiver, mais les employeurs devraient au moins être obligés de réduire les heures de travail pour que ça concorde un peu plus avec les heures d’ensoleillement.

On ferait une manif où on scanderait : « Hi-hi-hi, hibernation! »

C’est convaincant, non?

Pour ce qui est du rouquin pseudo physicien… Mon problème, quand un gars m’ennuie, c’est que j’en mets trop pour pas que ça paraisse – je me dis « pauvre lui, pogné pour ennuyer les filles »… Pis des fois, je peux même pousser l’empathie jusqu’à coucher avec… Et après, ben, c’est pas plus facile de m’en défaire, tsé ben. Je deviens full angoissée à l’idée de mettre les points sur les i et dire ce mot qui me terrifie: NON (je vais finir par écrire un billet là-dessus, quand j’y verrai plus clair). Je vais lui dire que j’ai revu un ancien kick, que ça n’a rien à voir avec lui, blabla. T’avais pas fait un truc du genre, Manue? Si c’est bien toi, me transférerais-tu le courriel que tu avais écrit, que je m’en inspire? D’ailleurs, Manue, sérieux, faudrait que tu aiguises un peu ton gaydar!! Très drôle, l’anecdote de la Brûlerie.

XX
B.


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From: manue@rosemail.com
Sent: Monday, 15:45 AM
To : brigitte@rosemail.com, emilie@rosemail.com

Salut les filles!
Oui, j’ai déjà écrit un courriel où je « remercie » un prof de français… mais dans mon cas, j’avais VRAIMENT revu une ancienne flamme… ;) Ça disait : « Désolé, je vais mettre fin à nos échanges de missives et… de fluides. En effet, mon cœur ne peut plus accorder les verbes au futur avec toi. J’ai revu un fantôme sorti d’une ancienne vie. Je dois vérifier si je peux encore conjuguer au passé antérieur. »  Dans ton cas, je te conseille de troquer les allusions grammaticales  pour quelque chose concernant la « crochitude » de vos atomes ou l’absence de champs électromagnétiques entre vous… ou de lui dire carrément que tu préfères être un électron libre !
Manue x

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From : emilie@rosemail.com
Sent : Tuesday, 9:12 AM
To : brigitte@rosemail.com, manue@rosemail.com 

Tabouère!, c’est du grand art, vos flushages, les filles!

Justement... j’étais en train de me creuser les méninges pour écrire le prochain billet (pour demain) sur le blues de l’automne pis… ben je viens de relire nos derniers échanges. Et je trouve qu’on l’a notre billet! En polissant un peu les phrases (et en enlevant le boutte où on parle dans le dos de Vanessa), on pourrait publier ça drette de même. Ça se fait-tu, vous pensez? Faudrait demander à Samson.


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From : eric@urbania.ca 
To : brigitte@rosemail.com, manue@rosemail.com, emilie@rosemail.com

Ça me va! Go! On publie à 14h. 


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http://urbania.ca/blog/5409/ti-blues-automnalTue, 14 Oct 2014 15:42:46 EDTLes RoseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5409/ti-blues-automnal
Le réalisme du méchant de James BondLa routine, quoi. 

Evidemment, James Bond stoppe Drax in extremis après une bataille épique (livrée dans le genre de station spatiale que, près de 40 après, nous n’avons toujours pas été capables de construire). Youpi. Chanson de Shirley Bassey, culbute de la James Bond girl, générique.

Pour faire simple (en même temps, c’est pas du Deleuze), dans Moonraker, le plan de Drax est de recréer une société avec des jeunes gens sélectionnés pour leur perfection (de toutes couleurs, hein, c’est un savant fou, pas un nazi). 

Son constat est en effet très simple: l’Humanité, c’est raté, si on ne se fait pas péter, on détruira tout rien qu’en étant des milliards, alors repartons sur de bonne bases. 

Bon, les spécimens choisis ne sont pas forcément des Prix Nobel ni même de futurs finalistes de Qui veut gagner des millions? : c’est bien simple, aucun d’entre eux ne ressemble à Patrick Modiano, même si, curieusement, l’animateur télé Georges Beller – oui, Georges Beller – joue un homme de Drax. 

Non : physiquement, c’est du lourd, des playmates de Playboy et de mecs à faire bander à la fois Dolce et Gabbana, en train de se rouler des pelles en apesanteur tandis qu’une navette spatiale les mène à la station en orbite.  

Et vous croyez que ce gros con de James Bond réfléchit deux secondes et demande « euuuh y’aurait pas une ‘tite place dans la soute ? ». Non. Impérialiste british de merde. Il préfère sauver la couronne. Et l’Union Européenne (mais ça, c’est probablement involontaire).

Eh bien, croyez-moi ou non, je me rappelle très bien m’être dit, encore minot : « c’est plutôt sympa comme projet, c’est vrai que l’Humanité court à sa perte, pourquoi James Bond veut-il absolument stopper Drax ? En tout cas, ça mérite réflexion ».

Ah oui, parce que j’ai oublié un point très important : le gaz neurotoxique qui tuera tous les Humains – sauf ceux que Drax aura stockés – laissera indemne toute la faune et la flore de la planète !

Entendons-nous bien : la 1e fois que j’ai vu ce film, j’avais 10 ans, j’étais petit, gros, myope et asthmatique. Autant dire que je m’imaginais mal dans la navette en train de rouler des galoches à Miss July ’79 (et l’avenir m’a donné raison. Soupir. Enfin, si je la retrouve maintenant, j’ai peut-être mes chances). Mais je devais bien réaliser que les choses se présentaient mal pour l’avenir de la planète.

En 2014, on le sait, L’Humanité court effectivement à sa perte. Enfin, vu qu’elle est partagée entre, au Nord, des obèses, et, au Sud, des éclopés à la machette, disons qu’elle roule ou qu’elle claudique à sa perte, mais on ne va pas chipoter. Et ce n’est pas, en soi, une mauvaise chose. Seulement, nous ne partons pas tous seuls.

Chaque année, nous provoquons l’extinction « involontaire » de milliers d’espèces et nous tuons des dizaines de milliards d’animaux pour notre consommation personnelle, après les avoir longuement torturés. L’équivalent d’un stade de foot de forêt disparaît toutes les dix secondes.  Et Kim Kardashian est une star planétaire. 

Bon, alors ok, je suis en train de lire  Faut-il manger les animaux? de Jonathan Safran Foer, et j’ai pris une grosse cuite hier soir, mais vous comprenez ce que je veux dire. Pour vous donner une idée, on commence même à bouffer les insectes en masse : l’ONU a mis au point avec l’Agrobusiness des barres protéïnées « chocolat-grillon » pour nourrir les réfugiés des camps qu’elle gère ( ça tombe bien, avec la destruction du climat, il y en aura de plus en plus). 

Même en cas de guerre atomique, on ne pourra plus compter sur les cafards mutants pour rebâtir une civilisation. Et c’est con, parce qu’avec six bras, imaginez les chapelles Sixtine.

En France, où la médiocrité de nos politiciens n’a d’égal que leur logique à courte vue, la ministre de l’écologie vient d’enterrer  - et même pas pour en faire du compost - l’écotaxe, le seul semblant de début d’impôt visant exclusivement la pollution des camions routiers. Argument ? Les camions qui polluent, c’est bon pour l’emploi. C’est comme de vendre des bateaux de guerre à nos futurs ennemis : c’est bon pour l’emploi. 

D’ailleurs en règle générale, dès que c’est dangereux, toxique ou suicidaire, c’est bon pour l’emploi.  

Curieusement, c’est ce renoncement – un de plus, pour un gouvernement un temps allié aux écologistes – qui m’a fait repenser à Moonraker. Et pas seulement parce que François Hollande a une face de lune. 

Du coup, j’aimerais bien qu’une fois, juste une fois, le méchant de James Bond gagne, parce que, oui, c’est lui le réaliste.

Surtout si ce coup-ci, j’ai une place dans la navette.

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http://urbania.ca/blog/5408/le-realisme-du-mechant-de-james-bondTue, 14 Oct 2014 09:45:37 EDTDavid Azencotjames bondbloguehttp://urbania.ca/blog/5408/le-realisme-du-mechant-de-james-bond
La chanson de la (longue fin de) semaine




Allez, bonne fin de semaine à tous!



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http://urbania.ca/blog/5407/la-chanson-de-la-longue-fin-de-semaineFri, 10 Oct 2014 16:02:51 EDTUrbania chanson de la semainebloguehttp://urbania.ca/blog/5407/la-chanson-de-la-longue-fin-de-semaine
La mort te va si bienEt ce, de plus en plus fréquemment.

J’ignore ce que je dois retirer des impressions de mon prochain, mais chose certaine, chaque fois, et c’est ici que je m’entrouvre le jardin, je tombe un peu à côté de mes souliers Pepsi.

Calvaire.

Depuis toute petite, le hasard et la swing de la roue d’Yves Corbeil a voulu que je sois toujours la plus jeune de mon groupe. La plus tiny. Petite petite PETITE. Bonne élève au permanent qui sentait juste assez le petit lait, j’ai eu, comme tous les ti-clins de mon école, la chance inouïe de sauter une année. La troisième (CELLE QUI NE SERT À RIEN).

Eh! Que j’étais donc intelligente (pour vrai, j’avais copié un test sur ma voisine Marie-Ève Côté en 2e année. Elle a fini dans Star Académie 2 à avoir mal au dos en chantant du Nicole Croisille, pendant que moi, la petite verrat qui lui avait volé l’esprit et l’adresse, j’entreprenais une brillante carrière de preneuse de bords de pantalons chez Simons).

J’étais si jeune. J’étais la bollée. L’avenir frappait aux portes de mes matins. Modèle 81, je rutilais comme c’était pas permis.

Et je rutile toujours.

Mais un beau matin, ça devait être au bureau, une première gens de mon âge s’est jointe à l’équipe. Puis une autre (ça commençait à faire pas mal de monde exceptionnel ici-dedans). Puis un jour, un premier «plus jeune que moi» a retonti. Et d’autres pleurotes nées dans les années 90 – après ma graduation en robe argent – se sont doucement greffées à ma vie, sans trop me chambouler le vécu.

Paraît que c’est de même.
On vieillit, et d’autres gens naissent après nous. Un concept fascinant.

Mais depuis environ un an, je ne saisis pas ce qui manque à votre Nabob, car ne se passe pas une journée, UNE SEULE JOURNÉE, et je vous jure que j’exagère pas long comme un saumon de huit mètres, sans que ne soit propulsé au sol un individu à qui je révèle mon âge.

Et il ne s’agit pas là d’une chute entraînée par l’étonnante conservation de mes chairs ou l’action liftante de ma crème contour des yeux. J’ai l’air de ce que j’ai l’air, j’essaie de me peigner sur le côté et de m’habiller chic quand il faut.

Il semblerait simplement que j’ai le millésime borderline. Vous savez, celui qui entraîne des réactions de petits yeux plissés avec lèvres de dédain qui se pincent en aspirant de l’air, suivi d’un « Ooouffffffffffff » rempli de compassion radio-canadienne.

(il y a beaucoup de « f », et le « ou » est un peu vécu par en-dedans)

J’ai 33 ans.

Et ça a l’air qu’avoir 33 ans, c’est ben impressionnant.

Bon. C’est sûr que quand j’avais 24 ans, le 33, il était loin. Il ne me faisait pas peur, mais il était loin. C’était l’âge de la malette de cuir. De la clôture blanche, d’un hypothétique époux avec possibilité de Jeep. J’ai toujours eu hâte à la trentaine, en fait. Hâte d’être bien. Hâte d’être mieux. D’avoir cette expérience décisionnelle que je n’avais pas et qui me faisait toujours pencher pour les pires affaires, dont les souliers pointus.

M’y voici.
C’est pas le Klondike, mais c’est, et je ne parle que pour mon casque, assez fantastique.

C’est pourquoi j’arrive mal à m’expliquer la succession de sourcils en accents grave-aigu qui ornent vos beaux faciès devant mon âge du Christ. Et cette réaction, je l’obtiens des plus jeunes, comme des plus âgés que moi. C’est vieux, 33 ans? C’est déprimant? JE suis déprimante?

C’est comme si 33 ans, c’était l’âge où un paquet de choses auraient dû se passer, et où plein d’affaires plates s’en viennent. L’âge du yogourt sur le bord de virer.

« T’as 33 ans? »
* Elle a pas d’enfants, pas de condo, pas de méri pis la pauvre caille, elle peut plus porter de jupes courtes, l’ostéoporose la guette ELLE SE FANE À L’INSTANT, QU’ON APPELLE LES PARAMÉDICS *

Je ne sais trop qu’en penser. C’est rendu que je dis mon âge accompagné d'un « Je sais JE SAIS c’est plus vieux que tu pensais » avec un rire gnéseux de fille qui vient de décevoir.

Chaque fois, je me trouve coucou. Je suis-ti après être gênée de pas être cristallisée dans le pommeau de la canne du scientifique de Jurassic Park à 25 ans, l’âge de tous les âges? Seigneur. S’il y a une décennie dans laquelle je ne retremperais JAMAIS sandale cocktail, c’est bien la vingtaine.

Willkommen, bienvenue les rides d’expression et les plus creuses, les rotules qui loussent et tout ce qui s’en vient. Je suis couchée dans le litte en étoile pis je vous attends.

Vous savez, j’ai encore de belles années devant moi.
Bon; elles ne sont pas nombreuses; quarante. Cinquante? SOYONS DE PARTÉ. Peut-être même soixante ans encore.

Et vous serez nul doute fascinés par l’aisance avec laquelle j’embrasserai la quarantaine et les pantalons à panneaux. Par tout ce que je serai en mesure de faire avec autonomie.

Marcher.
Me servir un verre d’eau.
Gagner ma vie.
ÊTRE HEUREUSE EN ME FAISANT ALLER LES BAGUES.

Je vais peut-être même me reproduire.
Je tenais à vous en informer. Astheure je vous laisse, faut que j’aille prendre mon taux de sucre. En cas.

La bise.

PS TENDRESSE ::
ça fait aujourd’hui un an que j’écris ici. Je suis certes un peu cernée, mais je suis pas près de lever les pattes. Juré.]]>
http://urbania.ca/blog/5405/la-mort-te-va-si-bienFri, 10 Oct 2014 09:03:25 EDTCatherine EthierJE SUIS VIEILLErutilerOuf33 ansappelez les paramédicsJurassic Parktaux de sucrebloguehttp://urbania.ca/blog/5405/la-mort-te-va-si-bien
Le Registre: 10 DOs & DON'Ts en cas de rupture amoureuseDes fois c’est léger, on ne ressent pas tellement d’effets et dans d’autres cas on a l’impression d’être dans un coma émotif. C’est une épreuve qui peut être la cause  d’affects dépressifs sinon d’une quelconque forme d’anxiété. C’est une perte de repères. Que tu inities la rupture ou que tu te fasses carrément domper, la période subséquente au break up est parsemée de difficultés. 

Tu feeles pas. Tu te lèves en pensant à ça, t’essaye de te coucher pis tu réussis pas à dormir parce que tu penses à ça. Tu revires la situation de tous les côtés, tu alternes sans arrêt entre la culpabilité, l’impression d’avoir fait quelque chose de mal et la rancune, le blâme de l’autre. Tu penses que t’es la pire des merdes, tu te ramènes en te disant que personne est parfait, pis que dans le fond t’es pas si pire que ça. Mais ça a pas marché, et si ce n’est pas de ta faute c’est nécessairement l’autre. L’esti d’ex qui a fait telle chose, qui a dit telle affaire. Pis finalement, tu lui pardonnes. Tu te dis que t’as été en relation avec cette personne-là, elle a sûrement pas juste des défauts. Mais, ça a chié. À cause de qui? La loop repart.

Figure 1. Tentative de rationalisation via la recherche d’un coupable 


Le questionnement semble infini. Est-ce que c’est vraiment nécessaire d’obtenir des réponses?  Il n’y a rien de moins certain. Si on comparait les relations amoureuses à un trajet en bus voyageur, on pourrait affirmer sans se tromper que ce n’est pas tous les itinéraires qui se terminent au fond d’un ravin suite à plusieurs tonneaux. Il existe des relations qui se terminent somme toute positivement. Aujourd’hui, par contre, on ne parlera pas de celles-là.

Plusieurs se souviennent d’une fois où ça a été brutal. T’sais la fois où on a pris ton ego, qu’on l’a coupé en petits morceaux, qu’on l’a passé au blender, ensuite foutu au four à broil trop longtemps pour finalement le crisser aux vidanges. Tu t’en souviens? Comment as-tu réagi? 

10 Do's & Don’t en cas de rupture amoureuse

1- Boire de l'alcool
Do : Prendre un verre, ça peut être une bonne idée pour se changer les idées, dans un contexte intéressant, entouré de gens qui te plaisent. Il faut que tu garde ta consommation contrôlée, que tu surfes la vague. Vas-y avec ton mood du moment, bois de l’eau aussi. Si ton occasion ressemble à une publicité de BudLight Lime, c’est cool. Si t’as autant de fun que le gars qui verse une goutte de Baileys ou celui qui danse avec une Heineken, c’est top niveau. L’alcool est un excellent lubrifiant social.

Don’t : S’éclater la face, se torcher, se mettre chaud comme un muffler, etc. L’alcool est aussi un dépresseur du système nerveux central. Il y a une possibilité que si tu feelais déjà pas, tu vas feeler encore moins pendant et après. C’est de ta soirée dont tu veux te souvenir, pas de ton mal de crâne du lendemain. Si t’as joué au chimiste en faisant des combinaisons avec des dopes stimulantes, il y a d’excellentes chances que tu pognes une pas pire drop de moral. 

2- Écrire 
Do : Composer, rédiger, gribouiller peut te permettre de mettre tes idées en ordre. Tu veux faire une liste de pours et de contres? Gâte-toé. T’es libre de tout. L’important des fois c’est juste de le sortir pour donner un sens à ce que tu vis, mettre des mots sur tes émotions. Un exercice pas si évident quand on s’y met… 

Don’t : Partager ce que tu as écrit. Ça vaut la peine de réfléchir à savoir si tu gardes plus ça au niveau personnel. L’exercice a valu le coup, mais le partager avec la personne que ça vise ou d’autres peut offenser. Surtout si le texte est méchant, vulgaire, trash et que dans le fond, ça dépasse ta pensée pour vrai. Tu peux faire ça secrètement ou  comme d’autres, laver ton linge sale en public en envoyant une lettre au Devoir.

3- Demander de l’aide/en parler
Do : Parler à ton entourage de ce que tu vis. C’est pas évident pis il est bien possible que t’aies le goût qu’on te comprenne sinon juste qu’on t’écoute. Si tu te trouves trop lourd pis que tu sais pas à qui en parler, il y a toujours de l’aide professionnelle abordable quelque part. Les programmes d’aide aux employés/étudiants proposent souvent quelques sessions en individuel gratuitement. Il y a des organismes communautaires dans plusieurs régions qui offrent des services en psychologie en fonction des revenus. Le CSSS de votre région pourra probablement  aussi vous offrir du counseling avec un travailleur  social ou un autre professionnel en clinique externe. De l’aide, il en existe, faut juste tendre la main.

Don’t : Appeler à l’aide sur les réseaux sociaux. Surtout si tu fais du vaguebooking. L’option de reprise de contact avec les amis que tu as clairement délaissé pour ta relation est à considérer. Mais pas longtemps. Penses-y, tu te sens déjà pas mal cheap.

4- Coucher avec quelqu’un d’autre :
Do : Avoir des relations sexuelles avec une autre personne. Si c’est satisfaisant, ça aide au niveau de l’estime. La proximité et la tendresse sont des besoins. Y répondre peut clairement t’amener à te détendre. Fuck Yeah!

Don’t : Ne sois pas impulsif. Si tu prends la première personne qui passe pour te sentir un peu considéré, il y a des possibilités que tu y laisses les derniers morceaux de ta dignité. Fourrer pour fourrer, tu te rends compte à un moment donnée que c’est pas un mode de vie ultra valorisant. #chlamydia

5- Faire de l’exercice physique:
Do : Va courir, va au gym, va faire du yoga, va nager, fais le sport qui te plaît. Réessaye l’activité qui te faisait du bien pis que ça fait longtemps que t’a droppé. En turbo vulgarisé : Sport = micro-déchirures de muscles = endorphines = sentiment de bonheur et d’apaisement. 

Don’t : Aller courir pour stalker ton ex, aller au gym quand tu sais qu’il/elle y est. Ça va donner une belle scène malaisante: «Check comment jsuis en forme!» (Qu’est-ce que je fais icitte?) Le minding «je vais perdre du poids ou gagner de la masse musculaire et ensuite mettre une photo sur instagram pour lui montrer comment je suis heureux dans mon beau corps» est un peu tordu aussi. On tâche d’éviter.

6- Écouter de la musique 
Do : Sortir ses vieilles playlist. Réécouter les trucs que tu apprécies. Mon ultime solution quand tout va mal c’est probablement de fouiller les interwebs en quête de nouveaux sons. Crée ta propre ambiance, vas-y selon ton humeur. 

Don’t : Écouter de la pop à la radio. Toutes les tounes évoquent l’amour; en métaphores ou assez directement, mais toutes. Ça peut sembler minime quand tu vas bien, mais en situation de break-up c’est flagrant. Faut aussi essayer de ne pas s’exposer à LA chanson ou d’écouter LE band qui te rappellera l’autre. Si tu te poses des questions si tu dois aller ou non au show du groupe que ton ex t’a fait découvrir et pour lequel vous aviez des billets ensemble : ça dépend de où t’en es rendu dans ton processus. Fais-toi confiance.

7-Se tourner vers sa famille
Do : Va donc rendre visite aux membres de ta famille qui te tiennent à cœur. On va te faire du bon manger, tu vas être serré dans des bras et on va te dire que t’es beau, que t’es bon pis que t’es capable.  Ce serait logique de retourner à l’endroit où, à la base, tu as fait des réserves de love. Ça se fait tout seul pour certains, c’est une leçon d’humilité pour d’autres. Dans tous les cas c’est salvateur.

Don’t : Impliquer les enfants. Une rupture cause déjà assez de bouleversements et de sentiments chez les enfants. Peu importe leur âge et les circonstances, je ne crois pas qu’ils aient à subir les conflits ou toute forme d’aliénation parentale. Certains enjeux doivent demeurer au niveau des adultes. (Y’a des parents des fois, on aurait juste le goût de leur dire : GET UR SHIT TOGETHER)

8-S’isoler
Do: Faire des choses tout seul, ce n’est pas nécessairement mal. On a tous besoin d’intimité, de notre bulle. Une rupture est parfois une occasion pour se réapprivoiser, réapprendre à être bien en solo. On peut aussi faire des activités qui nous plaisent vraiment sans être limité. Être seul c’est aussi aller au cinéma pour enfin voir le film que tu délaissais, lire le livre que tu as oublié sous le lit, Pornhub et tous autres loisirs fantastiques.

Don’t : Passer plusieurs jours sans entrer en contact avec qui que ce soit. Il faut savoir distinguer le besoin d’être seul et l’incapacité d’être avec les autres. Si par-dessus tout ça  t’as de la difficulté à manger, à dormir, que t’es toujours fatigué, que t’as pas le goût de rien, que t’as des pensées noires que tu pleures constamment, peut-être que t’es en dépression pour vrai. Va voir un médecin. No shame.

9-Couper les ponts
Do : Prendre une pause réelle. Aux grands maux le grands moyens : dans certains cas, il ne faut pas avoir peur de se couper complètement de l’autre. Ça inclut quoi? Arrêter les textos, peut-être même supprimer les conversations que t’arrêtes pas de relire. Bloquer sur Facebook, arrêter de suivre sur Instagram, sauvegarder les photos de vous deux dans un dossier ailleurs que sur votre bureau.

Don’t : Faire les choses à moitié. La rechute fait partie du processus. Ça se peut que tu ne coupes pas tous les ponts, que tu trouves des voies de contournement. Il y a des bonnes chances qu’un ami commun puisse te donner des nouvelles de ton ex ou que tu t’arranges pour le stalker online. Comme quand tu es malade, faut prendre les antibiotiques jusqu’au bout, c’est ce qui va permettre de guérir. 

10- VENGEANCE!
Do : Imagine-la. Oh oui, sois créatif, sois rusé, sois patient, penses-y bien. Tu as des scénarios à la Edmond Dantès dans le compte de Monte Cristo? Parfait. 

Don’t : Passer à l’acte. Tu as tout à perdre et si peu à gagner. Fais jouer la cassette jusqu’au bout. Ton sentiment de satisfaction va durer un court moment et au final, plus tard en y repensant, tu vas le regretter. Se venger c’est un peu comme fumer du crack dans le fond.


Je m’étais promis de ne pas inclure trop de phrases vides, mais celle-là me plaît: il y a quelque chose de positif à tirer de chaque séparation. Lâche pas, tu vas passer à travers. C’est pas comme si t’avais le choix.


(Crédit figure 1: Julien Quintal)
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http://urbania.ca/blog/5404/le-registre-10-dos-donts-en-cas-de-rupture-amoureuseThu, 09 Oct 2014 12:19:54 EDTDonavan Lauzonbreakupbloguehttp://urbania.ca/blog/5404/le-registre-10-dos-donts-en-cas-de-rupture-amoureuse