Urbania - accueilhttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationThu, 31 Jul 2014 23:44:19 EDT60Ces « moments »

J’ai des années de carnets remplis de mots à propos de ces oscillations. Même si j’avais toujours eu des affinités avec les enfants, que j’aimais m’en occuper, les garder, que j’affectionnais l’idée d’une progéniture qui me soit propre et que j’aurais gossée avec un être bien aimé, j’avais des raisons, des peurs, des jesaispastrop qui m’empêchaient de me dire que c’était un passage obligé, les bébés, que je devais, qu’il me fallait. 

Sauf que. Je me voyais me flaflatter la bedaine. Je voyais l’être bien aimé papoter à ladite bedaine. Je me voyais aussi lire des histoires à ce qui en sortirait. Ça, je le voyais tellement clairement. J’entendais même le bruit des pages tournées, nos rires. En arrière-fond, il y avait bien les soins, les boires, les larmes, mais c’était un peu brumeux. Notamment parce que je ne savais pas, encore, ce que c’était vraiment. T’as pas les moyens de le savoir avant de le vivre. Mais je me voyais bien faire ça, lire des histoires, respirer du creux de joue, bercer. Je m’attachais à ces idées-événements. Elles m’habitaient la tête.

J’ai une amie qui se voit faire des conserves, avec ses p’tits à venir. C’est à cela qu’il ressemble son bonheur. Une cuisine avec des grandes fenêtres, un jardin, de la campagne généreuse. Ils font des conserves, tous ensemble. Quand elle en parle, son regard gagne un ton de doux, de loin. Y’en a qui se voient jouer au hockey, d’autres aller à la mer. À chacun son idée. Une idée belle, une idée fixe qu’on se plaît à tourner dans son esprit. À laquelle on peut penser quand le reste est gris. Des moments figés ben serrés. Qu’on peaufine. L’odeur, les vêtements portés, les sensations éprouvées. Des moments qui deviennent des bouts d’une réalité qu’on souhaite, espère. Ce sera ça. Pis je serai bien à ce moment-là. C’est surtout ce dernier bout, j’pense, qui nous porte : la certitude de l’être bien. L’idée qui se fait refuge. 

L’autre soir, avec le Fils, on lisait justement un livre. On en lit à toué soirs, depuis le moment où j’ai su que je l’avais dans le ventre. Mais ce soir-là, j’ai pris conscience que je vivais un moment qui était pile comme ceux que j’avais imaginés. Pile-pareil. On avait eu une journée de marde. Le genre de journée où y veulent rien, les p’tits, chialent de toute, même des affaires fun, le genre de journée où je saisis pleinement le sens du mot exaspération. Pis là, ça. Du tout chaud, sous les couvertures, le globe-terrestre entre mes jambes parce qu’il veut savoir oussé qu’elle habite chaque espèce de serpents, ses questions, son rire, le mien qui cherchait un peu à se cacher quand on a eu cette discussion à propos des pièges qu’il souhaitait gosser le lendemain au cas où des cobras viendraient dans la maison, u know. C’était un de ces instants où j’étais là et me regardais être là. Pendant que je me regardais, que je nous regardais, en fait, ce qui m’a pris au corps, c’est la certitude d’avoir fait le bon choix, que vivre cela, cet instant justifiait à lui seul « tout le reste ». Qu’il était, un peu bizarrement, une raison suffisante. Que les cris, les remises en question, la gestion du quotidien et tout le reste, tout cela méritait d’être vécu parce que « ce moment ». 

Ça a aussi fait cela quand le père des p’tits m’a embrassée le jour de notre mariage, quand on a emménagé ensemble, quand ce genre d’affaires. J’me dis qu’on vit peut-être un peu pour ces moments. Entre eux, y’a le reste qui coule qui fuit qui souffre. Et y’a ces idées. Qui nous permettent de croire au beau du réel, à son mou, son sucré. Ça se peut, aussi, que le moment ne soit pas l’idée. Pantoute, fuck all. Que le réel fasse sa job d’être lui-même et complexe. On dit souvent qu’il ne faut pas avoir d’attentes, que si nous en avons, il ne faut surtout pas s’y attacher, la douleur résidant dans cet attachement [bouddhisme très 101 ou stoïcisme très 101, je te laisse choisir ton école]. 

C’est pas faux. 

Mais me semble qu’une vie sans attentes, sans ces idées sweet qu’on se tourne en boucle, ces à-vivre, j’aurais moins le goût de m’y agiter. Ça prend des jalons sul chemin du bonheur. Faut se voir être heureux keke part. Comme ça, quand ça arrive, on est en terrain connu pis la chienne ne nous pogne pas. On se regarde le content pis on sourit ben fort en dedans.    

Illustration de : Gabrielle Laïla Tittley
J’existe aussi là : Les p’tits pis moé, pis

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http://urbania.ca/blog/5248/ces-momentsThu, 31 Jul 2014 12:02:41 EDTVéronique Grenierbloguehttp://urbania.ca/blog/5248/ces-moments
Le Registre: Les 12 personnes que tu vas croiser à Osheaga

1. La fausse hippie
D’une manière ou d’une autre, tu vas vivre une situation désagréable avec une fille qui a des fleurs dans les cheveux. Comme si la quantité de fleurs sur la tête était proportionnelle à son niveau d’ “attitude de redneck”. Aussi, si les filles aux fleurs dans les cheveux se promènent en gang, ça aura plus des allures de “tsunami de redneckitude”. Aux abris! 

2. La vraie hippie
Facilement reconnaissable; elle sera en train de danser seule, pas sur le rythme, nus pieds, les bras dans les airs, en se crissant pas mal de ce que tu peux penser pis ELLE VA AVOIR RAISON DE LE FAIRE. 

3. Le poteau de volley-ball
Le seul gars qui mesure 2 km de grandeur s’arrêtera drette en avant de toi alors que ça fait 45 minutes que t’attends pour voir “ton” band. 

4. Le poteau de « Construction en cours »
Même grandeur que le poteau de volley-ball, mais celui-ci est amovible et se tassera quand il verra qu’il cache la vue à 45% de la foule. 

5. Le mauvais Sherlock Holmes
Tu vas te faire dépasser par des gens qui font semblant de chercher des amis. Ils les trouveront jamais. Ils vont s’arrêter devant toi dans la foule. C’est celui qui porte le sac-à-dos le plus gros qui sera devant toi. 

6. Le blasé
Tu vas surprendre une conversation entre deux inconnus qui essaient de se convaincre que l’édition précédente du festival était “bien meilleure”.

7. L'homme invisible
Malgré tous vos efforts, c’est certain qu’il y a un ami que tu ne réussiras jamais à retrouver dans la foule.

8. L'innocent
C’est la personne qui semble connaître aucun groupe de musique, qui semble même pas connaître la musique en fait, pis qui erre sur le pont en jasant du fait qu’il n’a jamais entendu parler du festival avant qu’il gagne des billets dans un concours à la radio.

9. La nudiste
Trop de poitrine, pas assez de tissu. 

10. Le nudiste
Trop de chest, pas assez de tissu. Plus le gars sera proche de toi, plus son chest sera collant.  

11. L'instagrammeur en chef
Il prendra tout en photo. Des selfies, des selfies de lui avec les bands au loin, des selfies de lui avec sa bouffe qui lui aura coûté 14$, des selfies de lui avec ses amis. Pis tout ça, dans ta face pendant que t’essaies de regarder ton groupe préféré. 

12. Le mal-aimé
La personne que tu n’espères pas croiser. Pour t’en sortir, tu vas préférer feindre une envie de pisser et te mettre 32 minutes en attente devant les toilettes plutôt que de jaser avec.

Mine de rien, j’adore ce festival. Vous pourrez m’y voir comme une 2, une 6, une 7 pour certains et une 11 (discrète). J’espère jamais être une 12. Pis vous me verrez jamais en 9. Too bad, gang. 

Crédit photo: Anirudh Koul sur Flickr, modifications par Urbania.
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http://urbania.ca/blog/5238/le-registre-les-12-personnes-que-tu-vas-croiser-a-osheagaThu, 31 Jul 2014 09:00:00 EDTNadine Mathurinosheagale registrebloguehttp://urbania.ca/blog/5238/le-registre-les-12-personnes-que-tu-vas-croiser-a-osheaga
Des chiens et des bulles - Portraits de Montréal




















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http://urbania.ca/blog/5247/des-chiens-et-des-bulles-portraits-de-montrealWed, 30 Jul 2014 10:59:20 EDTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5247/des-chiens-et-des-bulles-portraits-de-montreal
Honey, The Charm Is Gone


Comme je suis une fille toute simple, avec les deux pieds bien campés dans le béton des villes, ça m’a évidemment propulsé dans une réflexion sur la nature de l’être humain. Bref. Ça m’a rentré dedans.

Il faut dire que Seattle me rentre dedans. Avec ses sans-abris qui se parlent tout seuls, qui engueulent j’sais pas qui, le regard halluciné, à chaque coin de rue. Et son mélange de beauté et de laideur typique de l’Amérique. Pis la mer qui rencontre les montagnes.

Donc. J’ai spinné.

Sur l’effet de l’habitude sur l’être humain. Mettons les choses au clair : la madame, je sais pas combien de fois elle l’a visitée sa ville, ni le degré de charme de celle-ci. Tsé, elle parlait peut-être pas de Barcelone, là.

Quand même. On est bizarres, les humains. C’est si dur pour nous de s’émerveiller devant, d’être touchés par, de regarder en voyant la beauté de… quelque chose qu’on a vu, connu, souvent. Et ça s’applique à la maison où l’on vit, à la bouffe que l’on mange, aux gens dont on est amoureux. Tout s’estompe, s’affadit, se délave. C’est le règne de l’émoussement, l’assassinat par l’habitude. 

Passez notre amour à la machine
Faites-le bouillir
Pour voir si les couleurs d'origine
Peuvent revenir
Est-ce qu'on peut ravoir à l'eau de Javel
Des sentiments
La blancheur qu'on croyait éternelle
Avant?

Bonne question, Alain…

Comme je n’ai jamais été un animal, du moins, pas que je me rappelle, j’aimerais bien savoir si c’est vraiment un truc d’humain, ou si c’est lié à la condition animale, comme tous ces comportements qui, au fond, finissent toujours par revenir à une question de survie de l’espèce. Mais quand je pense à un petit chien, là - oui, celui-là, le fatiquant qui jappe tout le temps… Ben il peut sauter sur son maître chaque ostie de fois que celui-ci rentre à la maison. Courir après chaque ostie d’écureuil qui croise son chemin. Beugler des heures durant tant que son maître n’est pas revenu. Et l’accueillir en héros dès son arrivée avec sa pinte de lait, de retour du dep. Bon, peut-être pas tous les chiens, peut-être juste celui de ma mère, je suis vraiment pas spécialiste de la gent canine.

Nous, humains-humaines sapiens sapiens, ça nous prend des voyages dans des endroits toujours plus exotiques, des vêtements dans des modes toujours plus nouvelles, des nouveaux conjoints pour « retrouver les papillons du début ». Sans oublier, c’est cliché, les nouveaux gadgets électroniques dont on se lasse dès qu’on a fini de lire le manuel d’instruction (en ligne, évidemment). Ou le troisième verre de vin qu’on peut choisir cheap pour cause de saturation des papilles. (Il faudrait que je relise, d’ailleurs, La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, mais je m’égare.) 

À l’opposé, il y a aussi notre capacité d’apprivoisement. La solitude, dans ma vie, en a été un bon exemple. On n’est pas trop trop emballé la première fois que sa progéniture s’en va passer une semaine chez l’ex. Ça, cette solitude-là, ce vide-là, il faut l’apprivoiser. En ce moment, j’écris dans mon petit carnet rose (dont le rose est déjà un peu délavé) seule sur un lit king aux draps blancs aveuglants dans ma chambre d’hôtel de Seattle. Je rentre demain à Montréal, mais je ne reverrai pas ma tribu avant deux semaines. J’ai un tout petit motton, mais j’apprécie le calme, la liberté, le jefaiscequimeplaîtquandçameplaît, les vêtements éparpillés partout qui sont tous à moi (je sais, je sais, hôtels = punaises, je devrais pas faire ça). L’été passé, quand ils sont partis trois interminables semaines avec leur père… j’ai couché avec beaucoup trop de gars juste pour essayer de ne pas y penser. Cette année, j’envisage même la possibilité d’un été d’abstinence. C’est dire.

(Ce qui me fait penser que mes enfants, par exemple, je ne me tanne jamais de les regarder grandir.)

Donc. L’usure d'un côté. L’apprivoisement de l’autre. Est-ce qu’ils sont liés? Est-ce que ce sont deux manifestations de la même fibre de notre humanité? Et si ce que j’appelle apprivoisement n’était tout simplement que le bon côté de l’usure, car l’usure des sentiments désagréables, ou leur apprivoisement, est souhaitée. Sinon, on ne survivrait jamais à la mort d’un être aimé. Et si apprivoiser quelque chose, comme le petit prince avec son renard, ça venait aussi avec une sorte d’accalmie des émotions au contact de ladite chose? Et si ce que j’appelle usure, mot plutôt péjoratif, était en réalité un bienfait, et que le problème, c’est ce désir qu’on a d’être aussi émerveillé la 10e que la 1re fois? Je sais pas trop.


Les bouddhistes parlent d’impermanence. L’impermanence serait la source d’une partie de notre souffrance, car rien n’est permanent, et la peur que les choses s’arrêtent fait que rien n’est tout à fait satisfaisant. (Dans ce sens, on pourrait croire que les chiens sont plus zen que nous, vu qu’ils savent que ce n’est pas parce que leur maître est revenu les 1389 dernières fois qu’il est sorti, qu’il va rentrer cette fois-ci.) Et l’éveil vient avec l’acceptation de l’impermanence. Je simplifie et j’y vais avec ce que mon esprit pragmatique a réussi à capter, mais en gros, je pense que ça ressemble à ça. Tiens, je devrais demander à mon ami Martin, il s’y connaît pas pire en bouddhisme.

(Le temps d’un coup de fil passe.)

Il fait dire qu’en fait, c’est bien ce que j’ai écrit, mais qu’il aimerait souligner le fait que « le monde des perceptions et des sentiments est un endroit tout particulièrement propice à la volatilité, à l’impermanence »… Il parle bien, non? 

Je vous jure, je n’avais pas du tout l’intention de vous parler de bouddhisme en commençant ce billet. Que voulez-vous, c’est là qu’on est rendus, vous et moi. J’ai aussi fait quelques recherches sur le Net sur le sujet, mais je n’ai pas trouvé grand-chose, à part si l’on s’intéresse spécifiquement à « l’usure du sentiment amoureux ». Alors là, oui, des pages et des pages, il y en a. Tout le monde s’en mêle (et s’emmêle). De Patrice Lecompte à Éric-Emmanuel Schmitt, en passant par des tonnes de forums de femmes, de mères, de sexo… name it. Comme toujours, c’est l’amour, et son pendant, le désamour, qui tiennent le haut du pavé. Mais je trouve tout aussi bouleversant l’idée qu’un jour, je pourrais arriver à Paris et ne pas m’émerveiller. Je suis full pas éveillée quand je pense à ça. 

Bon, je vous laisse, il faut que j’aille me promener dans Seattle avant de m’en lasser.

Brigitte, des RoseMomz

Illustration: Pierre-Nicolas Riou
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http://urbania.ca/blog/5246/honey-the-charm-is-goneWed, 30 Jul 2014 09:52:49 EDTLes RoseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5246/honey-the-charm-is-gone
« 52 choses désagréables de la vie quotidienne », mettant en vedette Tim Raines

Mais ce matin, j'ai posé le mauvais pied hors de mon lit. C'est donc à partir d'un nabuchodonosor d'irritations que je vais vous verser un bon grand verre de fiel. Grand bien me fasse.

Voici une liste non-exhaustive de ce qui me persécute le ciboulot, m'horripile le poil des jambes, m'exaspère le cathéter.

1- Le fait que prendre le métro de Laval à Montréal coûte plus cher que de Montréal à Laval.

2- Quand mon nom de famille est mal orthographié. Quand t'oublies le « n», ça fait Guidon comme dans bécyk. Quand t'oublies le « u », ça fait Gindon comme dans gingembre. Quand t'oublies le « i », ça fait Gundon comme dans Gun Down. S'il-vous-plaît...

3- Déménager une sécheuse.

4- Déménager un poêle.

5- Déménager une laveuse.

6- Déménager un frigidaire.

7- Déménager quatre électroménagers.

8- Déménager.

9- Rentrer dans une toilette pour aller pisser. Sentir la pire odeur de marde laissée là par le dernier usager. Pisser 2 secondes. Flusher. Sortir. Croiser une jolie fille qui s'en va là aussi.

10- Les Bruins de Boston.

11- Les Montréalais qui prennent pour les Bruins de Boston.

12- Les camions de publicité lumineuse ambulante.

13- Ceux qui prennent l'ascenseur pour monter d'un seul étage.

14- Réaliser que quand je serai vieux et à moitié chauve, me faire couper les cheveux me coûtera le même prix qu'une personne qui a tous ses cheveux.

15- L'expression « C'est quelque chose! ». C'est quoi crisse? Il y a un million d'adjectifs qualificatifs. Choisis-en un (mais pas « incroyable »).

16- Être dans un autobus et me faire dépasser par l'autobus d'après qui passait 8 minutes plus tard à mon arrêt.

17- Les sudokus.

18- Échapper ma brosse à dents dans la toilette.

19- Ce rêve où je mange un lahmajoun à la marde.

20- «Ici, on prend pas la carte de débit monsieur.»

21- La liqueur aux raisins.

22- Me battre contre une roulette de Scotch Tape.

23- Perdre ma bataille contre une roulette de Scotch Tape.

24- Les ventriloques.

25- Quand un chauffeur de taxi me parle en me regardant dans son rétroviseur.

26- Penser à quand mon chien va mourir.

27- Attendre.

28- Devoir me répéter.

29- DEVOIR ME RÉPÉTER.

30- Quand une compagnie fournit un formulaire-réponse qui ne rentre pas dans l'enveloppe-réponse qu'ils fournissent aussi.  Allo Mastercard.

31- Googler Google.

32- Manger l'étiquette collée sur un fruit.

33- Perdre une partie de Connect 4.

34- Ceux qui se servent d'une calculatrice pour additionner 31 plus 20.

35- Tasha Kheiriddin.

36- Se faire livrer de la bouffe. En recevoir juste la moitié. Re-téléphoner pour avertir le restaurant. Se faire répondre: « C'est pas de notre faute. »

37- Envisager le sort de l'humanité quand je vois la file d'attente au Furco les jeudis à 17h30.

38- Penser à la fois où André le Géant a battu Hulk Hogan en trichant, le 5 novembre 1988. L'épaule de Hulk ne touchait pas le tapis.

39- Être dans la douche et ne plus me souvenir si je me suis savonné. Décider de me savonner, probablement pour la deuxième fois.

40- Ce moment étrange, après avoir reçu la bière commandée dans un bar, où la serveuse fait semblant de ne rien faire en attendant d'être surprise de recevoir un pourboire.

41- Me lever et enlever chapeaux et casquettes pour l'interprétation des hymnes nationaux avant un événement sportif non-international.

42- « Cet utilisateur est ''privé'' ».

43- Me faire pisser dessus par un écureuil.

44- Écrire Longoeuil.

45- Taper un code postal sur un clavier de iPad.

46- Quiconque porte le numéro 69 sur un uniforme sportif.

47- Plier un drap-contour.

48- Me faire faire une éclipse de jolie fille par un poteau de téléphone quand je suis en bécyk.

49- Me réveiller avec un bras en moins.

50- Quand le gars du restaurant me demande avec son accent arabe : « Moutarde dijon ou régulière?», mais que je comprends « Moutarde jaune ou régulière?», que je réponds « jaune », qu'il comprend « dijon » et que je me ramasse avec de la moutarde de dijon dans mon smoked meat, alors que je voulais de la moutarde jaune.

51- Toute personne qui dit « omnibullé » au lieu de « obnubilé ».

52- Mais ce qui me met le plus en BEAU JOUAL VERT, c'est certainement la non-introduction de Tim Raines au Temple de la Renommée du Baseball Majeur, à Cooperstown dans l'État de New York.

Permettez que je m'ensergelosiquise un peu...

J'ACCUSE...!

J'ACCUSE le gouvernement du baseball majeur de laisser croupir aux portes du Temple le cinquième meilleur voleur de buts de toute l'Histoire.

J'ACCUSE les journalistes membres de la Baseball Writers Association of America de refuser d'immortaliser le meneur de la franchise Expos de Montréal / Nationals de Washington pour : les simples, les triples, les buts sur balles, les points comptés, les poins produits, et bien évidemment, les buts volés.

J'ACCUSE les Dieux régissant cette Existence de ne pas rendre à ce César les lauriers de sa salade de gloire. Tim «The Rock» Raines a fait partie de l'équipe d'étoiles de la Ligue Nationale de Baseball pendant 7 saisons consécutives de 1981 à 1987. Il a été Recrue de l'année en 1981. Il a reçu le Bâton d'argent en 1986. Il a gagné trois Séries Mondiales (deux fois avec les Yankees, une fois avec les White Sox). Et son numéro (#30) a été retiré par les Expos.

Bien sûr, les détracteurs de The Rock diront que lorsqu'il prenait la poudre d'escampette à partir du premier coussin pour effectuer le larcin du second, il était justement sur ladite poudre d'escampette. Il aurait même déjà avoué qu'il plongeait sciemment à plat ventre pour ne pas abîmer le petit sachet blanc se trouvant dans sa poche arrière. Mais voilà qui ne fait qu'ajouter au mythe, à la légende. Et tout le monde sait que le baseball est un sport mythologique, rempli d'histoires plus grandes que nature.

Pour toutes ces raisons, je suis persuadé que Tim Raines devrait faire partie du Temple de la Renommée du Baseball Majeur. Là, ce n'est pas le cas.

C'est INADMISSIBLE.

J'exige réparation.
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http://urbania.ca/blog/5245/52-choses-desagreables-de-la-vie-quotidienne-mettant-en-vedette-tim-rainesWed, 30 Jul 2014 09:52:20 EDTFrédéric Guindon52Exposj'accuseinadmissiblebaseballtemple de la renommeetim rainesbloguehttp://urbania.ca/blog/5245/52-choses-desagreables-de-la-vie-quotidienne-mettant-en-vedette-tim-raines
Vouloir crisser son camp tout le temps


Pour moi, c'est différent. Quand je dis que j'ai envie de crisser mon camp, tout est dans l'idée: rien dans la réalisation. C'est systématique, à chaque fois que je me retrouve avec quelques jours libres à l'agenda, je commence à aller browser sur Expédia. C'est ainsi que j'ai découvert que «last minute deals» ça ne veut pas dire des deals de dernière minute pour partir DEMAIN, non, ça veut dire partir dans deux, trois semaines. Il faut croire que j'ai le «last minute» vraiment très dernière minute. 

Quand je vivais la vie de bureau 9 à 5 du lundi au vendredi, c'était toujours la même histoire: dès qu'on avait un weekend de trois jours, je déclarais haut et fort que «je crissais mon camp à New York». En vérité, c'est arrivé peut-être trois fois en deux ans. Pourtant, chaque vendredi après-midi précédant une longue fin de semaine, je googlais frénétiquement le prix des vols en direction LGA, JFK, ou EWR. J'appelais au Discount pour savoir combien il m'en couterait louer un rutilant bolide. Je vérifiais sur le site web de Via Rail le prix d'un aller-retour Montréal-Penn Station. 

C'est comme si la venue de quelques jours de congé m'obligeait à sortir de la ville. Mon cerveau se met automatiquement en mode de recherche frénétique pour trouver un plan pas cher et semi-réalisable. Le trois quart du temps, je finis par rester bien tranquille à Montréal à manger des toasts au beurre de peanut en regardant The Mindy Project, comme c'est d'ailleurs le cas cette semaine: je me suis retrouvée avec quatre jours de congé et zéro plan. Après avoir exploré en profondeur Expedia.ca et Amtrak.com, j'ai cherché des compagnons impulsifs-voyageurs via un status Facebook: «HEY GUYS, qui veut venir voir les palmiers à Las Vegas la semaine prochaine, j'ai du temps, j'ai de l'argent, et j'ai surtout vraiment envie de crisser mon camp!»

J'ai obtenu quelques réponses, mais rien de sérieux: des gens comme moi qui sont grands parleurs et petits faiseurs, côté plans de voyage. J'ai finalement abandonné et je suis retournée à Netflix. Le lendemain, j'étais encore habitée par l'envie de tout laisser tomber pour partir avec mon bagage à main vers un monde meilleur où les palmiers abondent. Mon inbox Facebook comportait quelques messages d'amis curieux, se demandant: «Pis, t'es-tu partie finalement?» En me faisant un pichet de café, je répondais: «Ouais, peut-être pas finalement, je checke encore» même si la réalité m'explosait dans la face: si j'avais vraiment voulu partir, ce n'était pas dans ma cuisine que j'aurais dû être, mais bien les deux fesses assises dans le chic autobus 747 me menant à YUL. Mais bon, je suis un peu bonne actrice, je suis même bonne pour me convaincre moi-même, alors jusqu'à la dernière minute j'aime bien me dire que oui, peut-être, sans doute, plus tard, tantôt, je vais crisser mon camp. 

J'ai ouvert Google Maps et je me suis promenée. Je suis allée voir le Château Marmont; belle place, pareil. Je suis allée voir le Flamingo Hotel à Vegas; c'est donc beau les néons sous le soleil, quand même, hein. Je suis allée faire un petit tour de 360 degrés de clics à Coney Island; une ben belle place aussi. J'ai regardé l'heure. J'étais définitivement encore pognée à Montréal, malgré mon escapade touristique à l'intérieur de ma propre tête. 

Je ne sais pas pourquoi ça finit toujours comme ça, mes idées de voyages piquent du nez dans la réalité. En fait, oui, je sais pourquoi: un voyage, ça se planifie. Ça demande de la préparation, que ce soit pour louer des chambres d'hôtel, pour réserver des billets d'avion/d'autobus/de train pas chers, pour déterminer quels musées/restaurants/quartiers on va visiter. C'est sûr que c'est attirant, l'idée d'un voyage de dernière minute. Je pense qu'on est plusieurs à rêver de YOLO et d'impulsivité belle comme un film hollywoodien. Mais dans les faits, c'est toujours mieux de s'organiser. Et il y a aussi le côté financier à considérer: à moins d'avoir un compte de banque sans fond, il faut se faire un budget de voyage.

Lundi matin, je reviens au travail, la tête encore hantée par des plans de voyages imaginaires. Une collègue me demande: «Hey, au fait, es-tu partie à Las Vegas finalement?» Je lui réponds que oui, que c'était ma-la-de, super beau: particulièrement les palmiers et le reflet du soleil dans la caméra de Google Street View.
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http://urbania.ca/blog/5243/vouloir-crisser-son-camp-tout-le-tempsTue, 29 Jul 2014 15:50:33 EDTMarie Darsignygoogle street viewvoyage voyagebloguehttp://urbania.ca/blog/5243/vouloir-crisser-son-camp-tout-le-temps
Défi Urbania: Vos pires histoires de vacances

En famille dans l'auto de police par Marilaine Bolduc-Jacob
 
C'est la commotion dans le marché juste en bas. Le jour se lève et ça crie, ça court, ça s’énerve. De la fenêtre de notre hôtel miteux donnant sur le fleuve Yangxi, nous observons que l'eau a passablement monté pendant la nuit. Il est grand temps de partir de Chongqing.
 
Sur le trottoir, impossible de circuler. Toutes les marchandises du marché y sont empilées. Mon mari et moi tentons d’héler un taxi pour nous rendre à la gare, à l’autre bout de la ville. Nous sommes encombrés par la poussette, notre valise, nos deux sacs à dos… et le cercle d'une cinquantaine de curieux qui se dessine rapidement autour de nos enfants de quatre et trois ans.
 
Les taxis sont en très forte demande. Dans notre quête, l'attroupement nous suit pas à pas, bloquant une voie du boulevard. Des policiers tentent d'assurer la fluidité de la circulation. À notre passage, leur tâche se corse et leurs sourcils se froncent.
 
Montez dans le véhicule de patrouille, nous intime-t-on! Nous prenons place sur la banquette arrière, sans savoir où ça nous mènera. Un policier se glisse derrière le volant, active les gyrophares et joue de la sirène pour se frayer un chemin dans le trafic. Les gamins sont ravis. Nous sommes inquiets.
 
La route est longue, l’atmosphère est lourde. Puis, nous apercevons la gare! Sans un mot, le policier nous y dépose, nous aide à sortir les bagages, nous salue d'un sourire et repart sur-le-champ. C’est mus par un sentiment de liberté que nous avons quitté ce coin de la Chine!
 
***

Sauf une fois au chalet... de qui? par Lau et son amie allemande

J'avais 15 ans et je faisais un échange étudiant au pays ou la bière vient en litre au McDonald : l'Allemagne! 

J'ai appris à boire comme une vraie, sauf la fois au chalet. La soirée va comme suit : Nous étions dans un party au fin fond du village allemand dans un chalet et nous avions trop bu, genre vraiment trop. Bref, on a perdu la carte pis notre chemin. Ce dont je me souviens, c'est qu'à un moment donné, on est entrées dans la maison la plus proche pis on s'est couchées dans la première chambre qu'on a trouvée. 

Au réveil, j'ai demandé à mon amie où nous étions, elle m'a dit que c'est moi qui savais... mais je ne savais pas. Autour de moi, il y avait des décorations médiévales et un cadre expliquant toute les sortes de condoms.

On a crissé notre camp. Le lendemain à l'école, on a essayé de trouver chez qui on avait dormi, on n'a jamais su. On ne le saura jamais pis, dans le fond, c'est peut-être mieux de même.

***

SALUT! par Corinne Brousseau

Ma famille et moi voyagions beaucoup quand j'étais petite, en raison de notre éloignement géographique (Chibougamau) et parce que mon père était enseignant. Notre itinéraire était réglé au quart de tour et nous arrêtions toujours à la même station-service où mon père faisait le plein et où ma mère achetait les chips qui accompagnaient les sandwichs qu'elle avait préparés quelques heures plus tôt. Puis, nous repartions vers notre halte routière pour manger avant de reprendre la route. Évidemment, c'était aussi l'occasion pour mon frère et moi de faire une pause pipi, chacun avec son parent du même sexe.  Plusieurs fois par année, pendant des années, rien ne changeait. Sauf la fois où... 

En entrant dans les toilette de la halte (qui avaient toujours été d'une propreté irréprochable) nous avons eu la surprise de découvrir un message sur le mur. Un graffiti, nous saluant (SALUT!) écrit avec les doigts d'une personne qui avait intentionnellement choisi comme matière première ses propres excréments... Je n'ai jamais compris comment une personne en était arrivé à trouver que c'était une bien bonne idée... 

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A Croatian Film par Alexandra

Lors de notre arrivée à Split en Croatie, nous étions à la recherche de party, nous nous étions fait vendre la place comme l'endroit pour faire le party sur la plage, toute la nuit. Dès notre arrivée, on rencontre 3 Argentins, qui nous parlent d'un pub crawl: pour 15 euros, tu as un open bar d'une heure et tu fais la tournée de 3 gros bars de la ville. ON Y VA! Premier bar, bar open... Comme tout bon voyageur, on veut rentabiliser, donc on boit le plus de verres en le moins de temps possible... On part pour le deuxième bar, en marchant pas super droit... 

Départ pour le dernier bar, celui sur la plage, avec la marina. Une fois dans ce bar je réalise que ça fait un méchant bout que je n'ai pas vu mes 3 amis... Je me dis: écoute, pas très grave, l'auberge est à 5 minutes... Dès notre entrée dans le bar je file au toilette, une mega file, comme dans toutes toilettes des filles. Dans l'attente, une fille me parle, petites questions habituelles de voyageurs. D'où tu viens? Tu es ici combien de temps? Avec qui? Ainsi de suite.. Elle qui me répond qu'elle viens de la Russie et est ici avec les amis de son chum. Elle m'invite à aller prendre un verre avec eux, je me dis pourquoi pas, les russes ça semble fêter fort... Puis de toute façon je ne trouve plus mes amis.. Alors, elle m'aggripe le bras super fort et me tire vers un deuxième étage (que je ne savais même pas qui existait) et me pousse dans un cercle de gars 2 fois ma taille et qui m'entourent... Tsé le moment où tu te dis WTF qu'est-ce que je fais ici? Ils me donnent un verre et me disent: Go bois! Mon réflexe de bonne petite fille, faire semblant, parce que vous avez pas idée à quel point ces gars étaient louches... 

Puis là après un petit 5 minutes, je leurs dis qu'il faudrait vraiment que je retrouve mes amis... J'essaye de partir et la fille qui me dis très froidement: « Non tu restes! » À ce moment je stressais vraiment, parce qu'il faut dire qu'à cet étage il y avait personne d'autre. Après environ 15 minutes de malaises et de scénarios étranges dans ma tête, ils me disent qu'ils s'en vont dans leur bateau... Moi, toute heureuse, qui les remercie et qui me dis HOURRA! Et non.... Un des gars qui me dit: « Non, tu viens avec nous sur le bateau... »

On sort par la porte de côté et les gars me tiennent le bras et me montrent le bateau... Moi qui essaye de leur expliquer que je ne peux vraiment pas, que mes amis me cherchent... Rien à faire. Une fois sur le bateau, je vois le quai s'éloigner et je me dis bien merde, mon père c'est pas Liam Neeson, je vais mourir dans un cartel de femmes.... Puis là une autre chose me vient en tête: SAUTER! Je me dis qu'il y a peut-être des chances qu'il y ait des requins, mais écoute, rendu là, se faire manger par un requin semble plus attrayant que finir dans un bordel crade... 

Quelques mètres, on est encore proche. Et hop je saute! C'est évident qu'eux ne s'attendaient pas à ça... Heureusement, à part me crier après ils n'ont rien fait...

La seule chose que je me dis: retrouve les gars... Je rentre dans le bar (toute mouillée évidemment) et je vois mes amis... Eux qui me regardent et qui partent à rire en me disant: qu'est-ce que tu as fais encore? Tu es tombée dans l'eau? Et moi qui réponds seulement: « J'ai sauté à l'eau... Je crois qu'on a essayer de me kidnapper... » Puis eux, comme tout bon ami en boisson, simplement réagir en riant....

Le lendemain matin mes amis qui me demandent sérieusement ce qui est arrivé... Ils croyaient que je niaisais la veille! Une chose qui est sûre, c'est que cette histoire est drôle car il n'est rien arrivé de grave, heureusement...

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Histoire de couchsurfing par Anonyme

On est donc deux amies qui sont allées à une conférence à Ottawa l'hiver passé. Pour sauver du cash sur l'hôtel, on a fait du couchsurfing chez un dude à Gatineau. 

Arrivées chez lui, on voit bien qu'il est un peu spécial. Que sa soeur est aussi spéciale. Gentils, mais spéciaux, tsé. 

Ils nous ont fait à souper, on a jasé avec eux super longtemps; ils nous ont raconté leur enfance, comment leur ville natale a fermé quand la mine a aussi fermé. 

Après le souper, notre hôte nous demande si on veut aller voir des endroits intéressants de Gatineau. Nous, en tant que fières Montréalaises, on se dit que ben oui, pourquoi pas, c'est pas parce que c'est au milieu de nulle part que c'est plate. 

Sauf qu'il est 22h, en décembre, et qu'il fait noir; pas trop pratique pour le tourisme. On embarque dans le char du gars qui démarre. Il nous dit en pointant un endroit vague ''ça c'est telle école. Y'a quelques années ils ont retrouvé une fille morte ici, dans le bois''. Ah oui? J'avais envie de lui dire que c'était pas une super bonne anecdote quand on conduit deux filles qu'on connait pas autour d'une ville où il manque dramatiquement de lampadaires. Mais ok, il était spécial. 

Mais là ça devient carrément apeurant quand il nous emmène dans le parc de la Gatineau. Je sais pas si vous savez, mais le parc de la Gatineau, c'est pas ''le parc Lafontaine de l'Outaouais''. C'est la forêt. La fuckin' forêt. Pis il a conduit longtemps dans la forêt. Là c'était plus ok qu'il soit spécial. On s'en crissait vraiment.

Assez longtemps pour que je commence à capoter sérieusement et penser qu'on va mourir dépecées, en pièces, dans une mine. J'essaie de jaser avec le dude, histoire de le distraire de ses plans meurtriers et d'avoir l'air calme, pendant que je m'imagine lui taper la tête sur le volant pour l'assommer et crasher le char pour nous sauver au travers de la forêt. Ma chum, assise en arrière de moi, capote et pense que je suis complètement inconsciente du danger; elle fait des plans pour lui briser le cou par en arrière et nous sauver au travers de la forêt (on fait les même plans débiles, on est pas amies pour rien, tsé). On va même jusqu'à poster sur facebook notre position géographique en se disant qu'au moins, la police va retrouver nos corps. On en était là. 

Éventuellement, on sort du parc. Saines et sauves; tétanisées sur nos sièges. Il nous ramène chez lui et nous dit qu'il va aller boire un café un Tim Horton's avec sa soeur; on est donc seules chez lui. Dès qu'ils sont sortis, on a eu une sorte de mélange de melt-down émotionnel, de soulagement intense et de frustration envers notre comportement beaucoup trop inconscient. On tremblait, on pleurait, on s'est fait des embrassades de ''sti on est en vie!''. 

On est allées à la conférence le lendemain, puis on est revenues à Montréal. Tout le monde pense qu'on exagère, mais on a vraiment eu peur.

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La lumière, par Alexandra Boissonneault

C'est la fois où ma sœur et moi on faisait du couchsurfing à Memphis, pendant un roadtrip vers le Sud-Ouest des States. Cette fois-là, on était dans une grande maison appartenant à trois colocs sympathiques comme les couchsurfers le sont. Ils recevaient quelques autres couchsurfers. Quelques, comme douze. Dont les sept membres d'un petit band de musique rock-trash inconnu de l'Arkansas qu’on avait vu se produire le soir même dans un vieux bar isolé de la ville. Quand on veut vivre une expérience locale, voyez... 

Alors ce soir-là, chacun des douze couchsurfers avait sa place. C'est-à-dire un peu partout sur le plancher. Et dehors sur le balcon, pour les gars du band. Ma sœur et moi, le gros luxe, on dormait dans un lit à l’étage, dans la pièce à aire ouverte, style grenier. Étant prise au fond du lit entre le mur et le toit en pente, je lui demande d’aller éteindre la lumière qui est encore ouverte au fond de la pièce. Alors elle y va, revient, la lumière toujours allumée, et m’explique. « Alex, j’pense que j’peux pas fermer la lumière. Elle éclaire leur plantation de pot. »

***

Merci à tous les lecteurs qui ont contribué! Le prochain défi est lancé: comme Kéven Breton, on aimerait connaître vos propres « gap of knowledge »! Les choses que vous croyiez dur comme fer parce qu'il vous manquait une information importante. Kéven, lui, pensait que tous les trains ne roulaient que d'Est en Ouest. Peut-être avez-vous passé de longues années à penser qu'il n'existait aucune différence entre le beurre et la margarine, que les vikings n'avaient jamais existé ou que Élisabeth II était reine de France? On veut savoir


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http://urbania.ca/blog/5242/defi-urbania-vos-pires-histoires-de-vacancesTue, 29 Jul 2014 13:30:46 EDTUrbania appel à tousdéfi urbaniabloguehttp://urbania.ca/blog/5242/defi-urbania-vos-pires-histoires-de-vacances
Le «Gap of Knowledge» et autres bugs au cerveau

La blague était forte. Parce que Robin est dans la trentaine et qu’elle a vécu toute sa vie avec la profonde et inébranlable certitude que le pôle Nord n’était qu’une invention. Simple théâtre tout aussi fictif que le père Noël qu’il abrite dans les contes pour enfants. 

Robin et sa mappemonde imaginaire 

C’est ce qu’on appelle un «gap of knowledge»; l’absence d’une connaissance toute simple qu’une personne aurait normalement dû acquérir, une fois à l’âge adulte, mais qu’elle n’a pas, pour diverses raisons. 

Je peux pas rire parce que j’ai vécu une situation tout aussi humiliante. Vous allez me permettre de ratisser très large sur le sujet amené avant de la dévoiler, parce que c’est très gênant et que, encore aujourd’hui, je peine à expliquer cette gigantesque défaillance au cerveau. Au pire, descends voir le punch, moque-toi de moi, et remonte lire mon plaidoyer.

Sachez d’abord que j’ai coulé trois fois mes sciences 416. En secondaire 4, puis en cours d’été, puis en secondaire 5. Je suis entré au cégep de justesse. Non, j’ai pas l’esprit cartésien et j’ai jamais rien compris à l’héliocentrisme et toutes autres élucubrations scientifiques. 

Par exemple : la relation marée-lune. Essayez pas de m’expliquer ce phénomène-là, pour moi c’est de la sorcellerie. Un autre : avant mes 16 ans, je pensais que le pôle Sud c’était une destination soleil. Genre que plus t’allais au sud plus y faisait chaud. Obligatoirement. 

Il existe sûrement plusieurs théories pour expliquer ces terribles bugs d’apprentissage. En ce qui concerne mon pire et plus honteux (j’y arrive, j’y arrive), au lieu de me référer à Freud, j’vais me rapporter au film Inception. Toute l’œuvre repose sur le concept d’implanter une idée étrangère dans le subconscient d’une personne, si profondément, qu’elle se l’approprie comme étant sienne. 

Dans le film, la méthode utilisée est une machine à connecter les rêves. Moi, mon inception s’est déroulée dans une classe d’école primaire. Parce qu’il n’y a pas d’endroit plus propice au lavage de cerveau. Pensez-y : les élèves ont l’esprit vierge et s’y dirigent avec la certitude qu’on va leur transmettre de saintes vérités. 

C’est là que la mauvaise herbe du savoir a profondément pris racine dans ma pauvre matière grise.

Je me rappelle pas exactement à quel moment cette petite semence de certitude a été plantée, mais j’ai conclu que ce devait être dans le cours de géo. Comprenez que mon premier visuel avec le train s’est fait à l’école : on me l’a présenté sur une carte comme un moyen de transport qui a permis le développement du Canada.

C’est environ là que ma tête a bogué. Ma première image du train en était une où les wagons se déplaçaient sur un long tracé, d’est en ouest. C’est à peu près la seule fois qu’on m’a parlé de train dans mon enfance. Je l’ai ensuite expérimenté une seule fois, sur une trajectoire Québec-Drummondville somme toute assez linéaire, et donc fort compatible avec l’idée générale que je m’étais faite de ce moyen de transport.

Ainsi. Pour une raison qui m’échappe encore, j’ai cru que les trains pouvaient uniquement voyager d’est en ouest et vice-versa. Genre que c’était physiquement impossible de construire des rails qui allaient du nord au sud SINON QUOI LES TRAINS ALLAIENT DÉRAILLER

J’avais même un début de théorie en tête; je savais/croyais vaguement que les trains fonctionnaient sous un certain principe de magnétisme. Le petit génie que j’étais savait aussi qu’il y avait une sorte de patente-noyau sous la croûte terrestre. FOUILLE-MOÉ pourquoi, mais j’ai fait 1+1 et j’ai déduit que cette boule de feu immense au centre de la Terre avait le pouvoir de propulser magnétiquement des traverses horizontales. 


Mais qu’il y avait un degré maximal d’inclinaison à respecter, déterminés par de savants chercheurs. Ç’a pas d’osti de sens, je vous l’accorde. 

Ce n’est qu’il y a quelques années, alors âgé de 20 ans que j’ai découvert que j’avais vécu dans le mensonge tout ce temps. J’étais en auto vers Chicago quand mon ami me dit «on aurait dû prendre le train, calice, c’est loin… »

- «Haha, est bonne» rétorquais-je candidement. 
- «…»
- «C’est ben trop au sud, Chicago, man…»
- «…Dude…»

Je vous laisse imaginer la suite de cette conversation qui, à ce jour, continue de me hanter.

Consolez-moi : racontez-moi vos propres crampes au cerveau. Ça doit pas juste arriver à moi, ces bugs-là.

Hein?

Illustration : Vanessa Harbec

[NDLR: Nous recueillons vos knowledge-gaps par courriel aussi, pour le prochain Défi Urbania! N'hésitez pas à nous envoyer vos crampes de cerveau au appel-a-tous@urbania.ca - on publie mardi prochain!]
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http://urbania.ca/blog/5241/le-gap-of-knowledge-et-autres-bugs-au-cerveauTue, 29 Jul 2014 10:07:21 EDTKeven Bretontrain nord-sudcrampe au cerveaubloguehttp://urbania.ca/blog/5241/le-gap-of-knowledge-et-autres-bugs-au-cerveau
L'injustice du SPVM

Ils décident aussi d’arborer des éléments carrés et rouges, en guise de protestation. Les leaders des groupes les représentant crient au scandale: nous ne négocierons pas, c’est un hold-up. Une manifestation est organisée, où certains membres plus intenses décident d’allumer un feu avec des déchets, en pleine rue. 

On attend la suite avec impatience: arrestations massives, déploiement de l’anti-émeute, fumigènes, poivre de cayenne, 638$, P-6. La routine, quoi.

Sauf que non. Parce qu’il ne s’agit pas d’étudiants fâchés de voir leur facture augmenter. Ce sont des policiers, des pompiers, des cols blancs et bleus, qui sont mécontents de voir leur régime de retraite fondre comme neige au soleil. Et vu que les polices sont pas mal plus importantes que les étudiants, qu'ils sont supposés faire respecter la loi et donc que leur conduite est d'autant plus grave, on leur a décerné... des avis écrits! On a même poussé l'audace jusqu'à décerner des suspensions allant jusqu'à TRENTE MINUTES! Sans salaire! 

C'est terrible! 

J’ose à peine imaginer les conséquences que de telles sanctions peuvent avoir sur nos forces de l'ordre. Une chose est sûre: c’est terrible. Des hommes et des femmes au dossier auparavant vierge et immaculé traîneront désormais une tache infâme jusqu’à la fin de leur carrière au service de la population. 

Mais si ce n’était que ça! Pour ajouter l’insulte à l’injure, d’aucuns dans la presse écrite et sur les médias sociaux ont osé insinuer que la loi ne s’appliquait pas à tout le monde également, parce que si le citoyen moyen (ou, pire, un groupe d’étudiants pas-contents-fâchés) avait bloqué une rue pendant tout un après-midi sans prévenir qui que ce soit et allumé un incendie en plein Vieux-Montréal, la « manifestation » se serait conclue autrement. Ces déclarations démontrent un étonnant manque de perpective face à toute cette histoire. 

Il est évident que lors des violentes manifestations étudiantes de 2012 ou des marches annuelles organisées par le COBP, le SPVM se doit d’intervenir préventivement. Parce qu’on sait que des crimes risquent d’être commis, et que c’est dans le devoir de tout service de police normalement constitué d’empêcher un attroupement de gens visiblement sur le point de commettre toutes sortes de méfaits (barrer la route à la circulation, peut-être même lancer des projectiles sur des bâtiments). Dans le cas qui nous occupe, la manifestation regroupait des policiers, mais aussi des pompiers et d’autres cols blancs de la ville de Montréal; des gens dont la mission même est d’être au service de la population. Il était donc impensable de même considérer que des actes criminels auraient pu être commis: a-t-on déjà vu un policier enfreindre la loi? 

Et même lorsque certains éléments « perturbateurs » décident d’allumer un incendie: vous n’avez pas lu? Il y avait des pompiers! Partout autour! C’est tout ce qu’il y a de plus sécuritaire. Et lorsque ces mêmes pompiers, pour passer leur message de mécontentement, tournent leurs boyaux vers l’Hôtel de Ville et envoient leurs jets sur les portes de l’entrée principale… n’allez pas croire qu’il s’agit là d’une tentative de vandalisme. Franchement. Il n’y a là absolument rien de répréhensible. Ça coule de source: il y avait des centaines d’agents du SPVM tout autour. Si ça avait été contre la loi, les policiers seraient intervenus. 

Comme il n’y a pas eu d’intervention des pompiers, l’incendie des policiers était parfaitement sécuritaire. Comme il n’y a pas eu d’intervention des policiers, les actions des pompiers étaient parfaitement légales. Comme il n’y a pas eu de déplacement, donc pas d’itinéraire, la manifestation n’avait pas à être déclarée illégale. Comme il n’y a pas eu de méfait commis (sinon il y aurait eu arrestation), il ne devrait pas y avoir de sanctions. 

Pourtant, des centaines de policiers se retrouvent aujourd’hui avec des avis écrits et des suspensions salariales; on les touche directement au porte-feuille, là où ça fait le plus mal. Des centaines de familles sont privées de montants pouvant aller jusqu’aux dizaines de dollars. Et pourquoi? Pour avoir osé exprimer publiquement et solidairement leur mécontentement face à une loi Libérale inique. 

Il est grand temps que les institutions publiques ouvrent les yeux; la loi devrait s’appliquer à tout le monde, également, et il est inadmissible dans une société de droit comme la nôtre que les employés de services à la population comme le SPVM voient leur droit de manifester ainsi sévèrement limité, et leur liberté expression punie de cette manière. Policiers, ne vous laissez pas intimider. Les lois devraient s'appliquer à tout le monde, également, et la sévérité avec laquelle vous avez été punis est carrément inacceptable. La population est derrière vous. 

Je vais même essayer de trouver quelque chose de carré et de rouge, pour affirmer mon soutien à votre cause. 

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http://urbania.ca/blog/5240/linjustice-du-spvmTue, 29 Jul 2014 08:42:20 EDTÉric Samsoncarré rougemanifestationgrèvebloguehttp://urbania.ca/blog/5240/linjustice-du-spvm
Le colonisé

Une des choses qui m’attriste où j’habite, en Haïti, est lorsqu’on réalise que des traditions puritaines coloniales persistent dans la culture de masse. Le prosélytisme des protestants ou encore l’obsession pour les cheveux droits et lisses en sont de bons exemples.

Au Québec, où je viens de remettre les pieds pour quelques jours, la chose m’a frappée aussi. Le « faux-débat » sur la langue des artistes plutôt que sur les politiques publiques et la vision manichéenne du gouvernement canadien permettent de renchérir sur la peur de l’autre et du métissage, l’un poussé par le désir imaginaire de conservation et l’autre par le désir d’une grandeur puérile soi-disant perdue.

Le métissage et les idées nuancées provoquent l’insécurité des nationalistes-conservateurs, carburant sur leur anxiété pour engendrer des discours de clercs faussement courageux. On a même été jusqu’à comparer le français québécois au créole, comme si ce dernier n’était qu’une langue de second ordre, répétant (sans s’en rende compte, espère-t-on) ce que les colons ont tenté sans succès d’inculquer aux Haïtiens pendant longtemps. Le créole n’est pas une langue digne de ce nom, disait-on à l’époque. Soixante-quinze ans après ses premières salves anticoloniales dans le journal L’étudiant noir, Aimé Césaire doit se retourner dans sa tombe.

Au même titre que la langue pure comme rhétorique identitaire, la dialectique manichéenne des bons contre les méchants, des capitalistes contre les communistes, des pro et anti-terroristes, comme à l’heure de la guerre froide, est aussi d’une autre époque. On se croirait dans le fantasme du choc des civilisations, trente ans trop tard.

Le gouvernement conservateur, renforcé par de nombreux discours passéistes, annonce l’arrivée d’un monument aux victimes du communisme. Si elles sont nombreuses les victimes du communisme, on attend toujours celui des victimes du capitalisme, à commencer par les millions de morts ou disparus sous des dizaines de dictatures soutenues ou mises en place par l’Occident. On oublie aussi comment la pensée socialiste a influencé les politiques publiques contre les inégalités au Québec depuis la Révolution tranquille. Thérèse Casgrain aurait pu nous éclairer là-dessus, mais son nom vient d’être biffé en catimini par le gouvernement. Réécrire l’histoire est si facile.

La pureté comme objectif
Plutôt que de s’en prendre aux politiques, statistiques à l’appui, on s’en prend à la langue parlée par des artistes dans leurs œuvres ou à des images déformées d’un nationalisme présomptueux. La pureté, signe de victoire culturelle, tel un Français au sang bleu.

Elle existe vraiment, cette langue française « pure » au Québec? Comme si Robert Charlebois ou Céline Dion n’avait jamais inclus des mots anglais dans leurs chansons. Comme si le joual n’était pas un dialecte propre au Québec, tel le patois en Jamaïque. Comme si le métissage n’était pas célébré dans la culture montréalaise. Comme s’il n’y avait pas une dizaine de langues uniques au monde sur le territoire québécois.

Lorsqu’il est question de langue, rien n’est dit sur les « politiques économiques » des gouvernements québécois successifs qui ont justifié la diminution du financement des cours de francisation des nouveaux émigrants. Rien non plus sur cette nouvelle génération d’anglos-montréalais francophiles. Faudrait-il arrêter d’utiliser le double « tu » interrogatif parce que ce n’est pas un français assez pur? J’entends des anecdotes négatives sur l’anglicisation de certains francophones qui ne servent qu’à provoquer l’émotion plutôt que la réflexion, mais rarement sur la lutte quotidienne contre la discrimination systémique que poursuivent courageusement certains francophones de l'Outaouais ou d'Edmonton.

La pureté nationale s’inscrit aussi dans le discours ambiant. À Ottawa, la virginité (grandeur?) de l’histoire canadienne semble toute nouvelle. Il y a les « bons canadiens » qui lisent la bible, et ceux, grands méchants loups dans la bergerie, qui lisent Foucault

Quel est l’intérêt de défendre au 21e siècle une vision post-coloniale qui opère à partir d’un souhait de pureté? De loin, ça ressemble plutôt à Don Quichotte qui s’attaque à des moulins à vent.


Twitter: etiennecp
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http://urbania.ca/blog/5237/le-coloniseMon, 28 Jul 2014 12:53:49 EDTÉtienne Côté-Paluckconservatismenationalismecanadaquebeccréolefrançaisculturepuretécolonialismehttp://urbania.ca/blog/5237/le-colonise
Des nouvelles d'Urbania.ca
Mais il n'y a pas que le look du site qui va changer! Nous avons mis en place une toute nouvelle grille-horaire. Ne vous inquiétez pas: vos préférés sont encore bien là! Tour d'horizon. 

Tout d'abord, le lundi, Urbania accentuera son ouverture sur la Francophonie; vous y retrouverez notre blogueur à Jacmel (Haïti) Étienne Côté-Paluck, mais ce sera aussi le grand retour de notre désormais célèbre (ex-)stagiaire belge Élizabeth Meur-Poniris. Le comédien français David Azencot se joindra aussi à l'équipe. 

Le mardi matin, c'est la case des grandes gueules. Des pétages de coches et des opinions tranchées. Nous voulons vous en donner plus: c'est pourquoi, le mercredi matin aussi, vous pourrez retrouver l'esprit coup-de-gueule d'Urbania. Vous voulez des noms? OK. Gaëtan Namouric. Olivier Morneau. Ogden Ridjanovic aka Robert Nelson. Et d'autres encore! Ensuite, notre voyageur à mobilité réduite (qui a cessé de voyager) Kéven Breton et notre intrépide reporter Olivier Boisvert-Magnen vous accompagneront pendant le lunch. En après-midi, nous inaugurerons une nouvelle section: les défis Urbania! À chaque semaine, sur notre page Facebook comme sur notre compte Twitter, on va vous lancer un défi; ça peut être « racontez-nous votre histoire de vacances la plus trash » comme « allez prendre une photo du caissier de votre dépanneur du coin ». On veut trouver les perles, les trésors enfouis un peu partout au Québec et dans le Monde! Mardi après-midi, nous poursuivrons notre collaboration avec nos potes de StreetPress et vous pourrez aussi continuer à lire les aventures de Marie Darsigny. 

Le mercredi midi, vous retrouverez les Rosemomz à chaque semaine, suivies par le meilleur de la récolte hebdomadaire des garçons de Portraits de Montréal. 

Nouveauté le jeudi matin alors que nous vous présenterons une section « top-10 »; mais ne vous inquiétez pas: on ne fera jamais de top-10 endroits où manger de la poutine à Montréal ou de top-10 preuves que tout le monde devrait être comme Amy Poelher dans Parcs And Recs en gifs animés. Mettons. Ensuite, le grand Rabii Rammal continue ses lettres une fois aux deux semaines. La relève sera assurée par la non moins formidable Véronique Grenier. La Ville de la semaine hebdomadaire viendra clore la journée du jeudi.

On termine la semaine en humour: les textes fleuris de Catherine Ethier commencent la journée, et Jonathan Roberge sera toujours au poste une semaine sur deux. Mais qui pourra bien le remplacer lors de ses semaines de congé? Nul autre que Martin Perizzolo, que vous pourrez commencer à lire dès vendredi prochain. 

Nouveaux blogueurs, nouvelles rubriques, même irrévérence. Bienvenue au Urbania.ca version 2014. 
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http://urbania.ca/blog/5225/des-nouvelles-durbaniacaMon, 28 Jul 2014 09:43:55 EDTUrbania bloguehttp://urbania.ca/blog/5225/des-nouvelles-durbaniaca
La chanson de la (fin de) semaine: Il fait beau


Allez, bonne fin de semaine à tous!


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http://urbania.ca/blog/5235/la-chanson-de-la-fin-de-semaine-il-fait-beauFri, 25 Jul 2014 14:05:36 EDTUrbania chanson de la semainebloguehttp://urbania.ca/blog/5235/la-chanson-de-la-fin-de-semaine-il-fait-beau
« Noui »
Si on débutait.

Comme je vous l’introduisais longuement, j’ai beau avoir du bagou et oser de nouvelles formes de sourcils, j’appartiens à la catégorie de ceuzécelles qui ont beaucoup de mal à dire « non ». C’en est devenu problématique. Élevée au grain et aux révérences senties, une peur de décevoir résolument démesurée m’habite à toute heure du jour.

Je me garrocherai sans hésiter sous les roues d’un Lumina pour défendre les intérêts de veuve, orphelin et Perlin, administrant le « non » sans hésitation aucune. Mais quand, au restaurant par exemple, on m’apporte un potage au crécy serti de morceaux de toupette et que mes biscuits sodas sont cassés, je ne dirai mot. Vœu de silence à broil, FAISONS COMME SI. Je me consommerai le potage comme si demain n’existait pas, cheveux entre les palettes, en complimentant chef et chute de reins du serveur à grandes lampées de follicules pileux.

Et gare à celui ou celle qui tentera de me porter secours. Je préfère de loin transiter une guirlande capillaire aux cabinets que pointer le décimètre de pillosité de ma soupane et vivre un malaise de service à la clientèle.

Je suis ben mal faite (je suis également médaillée de la croix de bronze).

Mais venons-en aux faits.
Ce qui arrive, Manuel, c’est que je n’ai pas voulu décevoir le gars qui ramasse les branches, dans le parc. Tu sais, celui qui se véhicule en kart et qui arrose les crassulas? Celui-là même. Eh bien cedit gars m’a saluée, l’autre jour. En kart. On me salue? JE SALUE. J’y ai cependant sans doute mis trop d’enthousiasme, puisque que depuis, chaque fois que je me promène le caniche, il a beau se trouver à l’extrémité du parc, cet employé de la ville me repère.

Il FEEL ma présence et apparaît, comme fée marraine et ses bobidibous.

Le brave homme est pourtant fort sympathique. À notre première conversation, il m’a raconté que cet automne, il comptait se faire slaquer pour aller cueillir des pâmmes. J’aime beaucoup les pâmmes. On a bondé sur le fruit (et surtout la phonétique).

Pour moi, il ne s’agissait là que d’une connivence alimentaire. Mais ses osselets à lui, je le crains, ont capté tout autre chose. Je crois qu'il fait des plans d'avenir, épousailles et accouchement dans la neige style.

C’est que la semaine dernière, alors que je déambulais dans le parc, le cœur inquiet de la perspective de devoir croiser cet employé qui, de pluie comme de typhon, épand de la tourbe en guettant mon arrivée, il est venu à ma rencontre, profitant d'un bref arrêt où ma chienne était accroupie, tremblante et très, très occupée.

Après lui avoir tapoté la tête (PENDANT QU’ELLE LIBÉRAIT LE TRÉSOR), il s’est rassemblé le courage pour m’inviter, yeux en baldaquin, à prendre un café. Peut-être. Un de ces jours. Si ça me tentait, là.

Cette seule phrase semblait lui avoir coûté 20 000 dollars bahaméens. Tant d’efforts. Tant de doute. Je me suis revue déclarer mon amour à un collègue de travail dans la foire alimentaire de la Place Montréal Trust en 2004, quelques instants avant de me faire revirer de bord dans un fumet de saucisses et de désarroi, puis j’ai flanché: j’ai émis le fatidique no...oui. Le non qui ne s'assume pas.

NOUI. Ok. On regardera ça. Un manné. Rire nerveux. Ok bye. Courir loin à enjambées de Charles Lafortune.

LE PLAN DE TICAILLE.

Depuis, je ne sors pas de chez moi sans repérer une cachette, une plante grasse ou un mobilier urbain sous lequel je pourrais me propulser avec grâce pour me soustraire à sa vue en cas d'urgence.
C’est que le gars a une rétine de chat sauvage.

C’est aussi que je ne lui ai pas dit non.

Là, c'est rendu que dès que je le soupçonne de râcler la pelouse, je contourne le périmètre comme périmètre n’a jamais été contourné. Cuisses en crapaudine, y’a pas un morceau de mon corps qui en foulera le sol, déterminée à ne plus jamais croiser ce dividu jusqu’à mon retour d’âge.

Le truc, c’est qu’il est tenace. Évidemment. C’est probablement tout ce que je mérite.
Si bien qu’hier, je me suis ramassée dans cette douce situation où, alors que je quittais le parc, passionnément convaincue d’avoir fait un sans-faute, j’ai soudainement entendu ce bruit caractéristique du golfeur qui s’économise.

Pneus gommés.
Batterie qui sille.
Ostie, LE KART ÉTAIT DERRIÈRE MOI ET ME SUIVAIT DOUCEMENT.

Le gars roulait à deux mètres de mes petites pattes et ce, très, très lentement, en m’interpelant avec à la fois gêne et enthousiasme: Kétherine! KÉÉÉ... KÉTHERINE? Sans relâche. Ne manquait qu'un follow spot, une nonagénaire qui dort à la deuxième rangée et la toune de Benny Hill.

Ma réaction d’adulte en pleine maîtrise de son karma de chez Rossy? Plutôt que de me retourner et vivre un malaise explicatoire qui aurait réglé la situation une fois pour toutes, j’ai fait la sourde oreille.

La sourde oreille.

Et j’ai pressé le pas, traînant un caniche qui ne rêvait que d’une chose: cueillir des pâmmes pour la vie avec le monsieur qui appelait sa tarée de maîtresse en se disant qu'à un moment donné, elle allait bien craquer pour le panache de sa danse nuptiale motorisée.

Il m’a ainsi pourchassée mollement, à vitesse de voiturette constante, toute l’allée du parc durant, sans capter quoi que ce soit.

Je vais vous dire.

J’ai peu de respect pour ma stratégie.
J’aurais mérité un dépassement par la gauche, suivi d’un sucker punch.
Et je sais que ce moment de marde, je vais inévitablement le revivre.

Mais j’ai pas dit non. Et c’est, en quelque sorte, UNE PETITE VICTOIRE.

La bise.]]>
http://urbania.ca/blog/5232/nouiFri, 25 Jul 2014 08:30:08 EDTCatherine EthierAllô, Manuelnouiprendre un cafékartplans d'avenirlibérer le trésorcharles lafortuneKétherinebloguehttp://urbania.ca/blog/5232/noui
Chère fille qui aurait dû mentir pour garder sa job,
Si j’avais une vraie job et que je gérais des gens, je me contenterais avec plaisir de mensonges classiques impliquant une batterie de téléphone en carence de lithium qui a empêché ton alarme de te réanimer à l’heure voulue.

J’préfèrerais de loin ça à ce que tu lui as servi. Je cite mot pour mot :

« J’m’excuse; je sais pas c’qui s’est passé. On a bu hier pis j’feel pas. (Pause) Ouache (seconde pause) j’ai du vomi sec dans les cheveux. J’m’excuse. »

C’qui m’aurait choqué, c’est pas la brosse de la veille, mais plutôt l’arrogance éhontée de ta vérité.

Parce que des fois c’est arrogant, la vérité. C’est effronté.

Pis ça gosse, parce que depuis qu’on est enfant, on nous fait croire que l’honnêteté paie.

Au primaire, on nous racontait la fameuse histoire de George Washington. Comme quoi quand y’était kid, y’a abattu le cerisier de son père.

Pis quand son père l’a confronté en lui demandant « What the fuck George? Y’est où mon esti d’cerisier? », George lui aurait répondu : « Je ne peux pas mentir; j’ai coupé le cerisier. »

Quand Madame Cayer-Gohier nous a raconté cette histoire, j’ai eu une révélation.

J’me suis dis que si George Washington a eu le courage d’avouer son implication dans une affaire aussi capitale que la mort d’un arbre fruitier, rien ne m’empêche à moi d’avouer à ma mère que c’est moi qui mouille mon lit et pas « le lutin de la nuit », qui fut pendant des années le bouc émissaire de mes involontaires mictions nocturnes.

Quelques années plus tard, je découvre que l’histoire du cerisier de George est fausse. Que c’est un pasteur qui s’appelle Mason Weems qui l’a inventée.

Le moment d’honnêteté le plus populaire de l’Histoire est un mensonge.

Peut-être que Jack Nicholson avait raison quand il s’est écrié « You can’t handle the truth » dans A Few Good Men.

Peut-être que c’est vrai qu’on peut pas toujours supporter la vérité.

Et c’est peut-être pour ça qu’on dit « s’cuse j’me suis endormi » au lieu de dire « j’étais réveillé, j’ai vu ton texte et je l’ai intentionnellement ignoré. En fait, la vérité c’est que j’te parle juste quand j’m’emmerde. »

Qu’au lieu de dire « peut-être aurais-tu une infection; ça sent bizarre » on dit rien. Parce que y’a AUCUNE bonne façon de dire ça.

C’est peut-être pour ça qu’on dit « wow… (vomi dans la bouche) les nouvelles couleurs de ton condo sont… éclatantes » au lieu de dire « ouache ». Rien d’autre. Juste « ouache ».

C’est peut-être pour ça qu’on dit « désolé, le timing est pas bon » au lieu de dire « t’as plus d’attitude qu’une sacoche Michael Kors. Tu pourrais être plus sympathique et moins parler de toi. C’est peut-être pour ça que tes 11 dernières premières dates se sont soldées par un lit occupé à seulement 50% de sa superficie fornicable. »

Qu’on dit « j’peux pas rentrer; j’suis malade » au lieu de dire « j’m’en vais à La Ronde. J'm'en fous d'attendre des heures en file derrière des ados qui puent, j’ai besoin de décrocher. »

Ou pire : « Je suis pas rentré parce que j’ai brossé. »

J’vais dire comme ton boss : bonne continuation.

Et la prochaine fois, peut-être auras-tu la décence de mentir.

Bien à toi,

Rabii :)

PS. Maman, c’est moi qui mouillais mon lit. J’ai inventé « le lutin de la nuit ». Je sais que c’est difficile à croire, mais il n’a jamais existé.


crédit photo: Antoine Ryan]]>
http://urbania.ca/blog/5231/chere-fille-qui-aurait-du-mentir-pour-garder-sa-jobThu, 24 Jul 2014 11:49:55 EDTRabii RammalY’est où mon esti d’cerisier? george washingtonJack Nicholson juste Michael Korsla décence de mentirmensongele lutin de la nuitbloguehttp://urbania.ca/blog/5231/chere-fille-qui-aurait-du-mentir-pour-garder-sa-job
Les larmes, ça goûte salé
Dix ans après la mort de mon père – exactement 10 ans après,  je le réalise en l’écrivant– deux enfants en plus sous mes jupes, j’ai dû faire face à un autre deuil. Celui d’Alex. Qui n’est pas mort (Dieu merci), mais de qui je me suis séparée. Volontairement. Parce que ça ne marchait plus. Parce que l’atmosphère de notre maison était devenue toxique. Comment? Pourquoi? Qui peut expliquer cette évolution si imperceptible des couples qui éclatent? Au fil des choix, des difficultés professionnelles et personnelles que nous avons traversées, nos patterns, nos façons d’être ensemble, de se parler, se sont détériorées, jusqu’à empoisonner l’air ambiant. Ce n’était plus possible de rester dans cette soupe-là. Ni pour lui ni pour moi. Et ça aurait été néfaste, à long terme, pour les enfants, sans nul doute.

La décision n’a pas été facile à prendre. Mais quand elle a été prise (d’un commun accord), j’ai ressenti un grand soulagement. Je me souviens être allée jogger, un soir de juin, juste après notre discussion décidant de la séparation, et m’être sentie tellement LIBÉRÉE. Je ne courais pas, je volais sur la piste cyclable de la rue St-Zotique. Quelques mois plus tard, le ressac est venu. Il fallait bien qu’il vienne. Mais je n’ai pas compris tout de suite – contrairement à  dix ans plus tôt - que j’avais le droit (le devoir, même) d’être en deuil. De pleurer comme une madeleine ce couple que j’avais tant aimé former avec Alex, quand ça allait bien. Un petit couple d’abord soudé autour du désir de découvrir le monde. Un jeune couple plus tard uni dans l’éblouissement parental. Il fallait pleurer aussi les amis communs, la belle-famille, la cellule familiale…

Au lieu de cela, je voulais aller bien. Il FALLAIT que j’aille bien. Pour les enfants, pour moi. Je m’en voulais de ne pas aller bien. Et plus je m’en voulais de ne pas aller bien, moins j’allais bien – c’est clair. Mes émotions légitimes non vécues, comme souvent, ont pris le chemin de l’anxiété (pour certains, ça passe plutôt par la colère ou la dépression). Ça a été bien plus dur et bien plus long que si je m’étais laissée pleurer, je crois. Mais cette fois, je n’avais pas tes bras, Alex, pour pleurer dedans. Pas ton torse pour accueillir mes sanglots, en pleine nuit. C’est pas pareil, un lit vide, pour vivre un deuil. Oh, une fois, je me souviens, quelques mois après la séparation, tu m’as laissée pleurer dans tes bras, tu portais ton manteau d’hiver noir. Ça m’a fait tellement de bien de pouvoir déposer un instant mon lourd fardeau salé…

Le plus dur, pour moi, sans aucun doute, ça a été de m’habituer à ne pas avoir les enfants tout le temps. C’était atroce. Je commençais à angoisser trois jours avant que n’arrive ma fin de semaine sans enfant. Le vendredi, quand je te les laissais, je rentrais chez moi paralysée, comme morte, jusqu’au lundi. Voulant m’aider, mes proches me disaient : « Ben voyons donc!, profites-en! Amuse-toi! Fais des choses que tu aimes! » Du coup, ils me faisaient sentir anormale de ne pas être capable d’en « profiter ». Ce qui augmentait mon malaise et mon anxiété. Il eut mieux valu qu’ils me disent : « pleure, pleure, pleure, pleure… On est là. On sera là.» Mais on n’a pas trop cette relation-là avec la douleur, dans la famille. Faut que ça passe! Et vite! Parce que c’est dangereusement contagieux, les larmes, chez nous. (Et n’y a-t-il pas un danger de couler au fond de l’eau, si l’on pleure trop?)

Dans les livres que j’ai lus sur la séparation, on dit que ça prend environ deux ans pour se remettre d’un tel deuil. Ça fait deux ans ce mois-ci que j’ai quitté notre appart, qu’on vit la garde partagée. Ça va BEAUCOUP beaucoup mieux. Le temps finit par adoucir les choses, c’est vrai. Ça prend aussi une bonne psy. Et beaucoup de larmes. Que j’ai fini par réussir à laisser couler sans me juger… (Et sans faire naufrage!)

Cela fait quelques mois qu’un nouvel amoureux est entré dans ma vie. C’est arrivé comme ça, de façon presqu’inattendue. Cet homme étonnant me prend comme je suis. M’accueille dans toutes mes dimensions, avec mes blessures, mon passé présent. M’appelle « ma chérie ». Répare ma table de balcon. Ne se formalise pas de mon bordel. 

Des fois, quand on fait l’amour, je pleure et nos baisers goûtent salé. Je pleure et je me sens guérir un peu plus. 

Émilie, des Rosemomz
Illustration: Pierre-Nicolas Riou
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http://urbania.ca/blog/5230/les-larmes-ca-goute-saleThu, 24 Jul 2014 09:45:52 EDTLes RoseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5230/les-larmes-ca-goute-sale