Urbania - accueilhttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationFri, 22 Aug 2014 01:53:32 EDT60Chère fille qui veut lâcher sa job,Normalement, les jobs comme ça, t’aimes ça parce que tes collègues sont cool et la plupart des boss sont smattes. Le mien l’était. 

Mais surtout, t’aimes ça parce que c’est beaucoup plus payant que vendre des leggings au Stitches.  

Souvent, le seul point négatif de la job, c’est là job elle-même. 

Une job répétitive qui te rend légume et dans laquelle tu te sens aussi épanoui qu’une plante artificielle. 

Tes amis te disent « c’est simple; si t’es pas content, t’as juste à lâcher ». Pis ils ont raison, c’est simple. 

Ce qui est moins simple, c’est ce qu’implique le « lâcher ». Le collatéral. 

À chaud, sans trop y penser, un dimanche après-midi, t’es primé, tu te jures à toi-même que c’est ta dernière semaine. Que lundi, tu vas remettre ta lettre de démission. 

Tu te vois déjà entamer la glorieuse marche de sortie avec ta boîte de gogosses. Comme le dude dans Fight Club, mais sans l’œil au beurre noir et l’involontaire acte terroriste. 

Puis, lundi matin arrive, t’es dans l’ascenseur, prêt à entamer le premier jour du reste de ta vie. 

Ton cell vibre. Courriel de Vidéotron. Ta facture mensuelle. 

Comme si la réalité venait de te sacrer un coup de pied dans la nuque, tu décides de tabletter ton fantasme. 

Tu décides que ce serait plus sage d’attendre encore une semaine. Ou « un mois max ».

Pis c’est ça le problème, c’est que tu veux être à la fois fou et réaliste. T’es un fou qui veut de REER. 

Tu clignes des yeux et ton « un mois max » s’est transformé en un an. 

Tu continues. Et tu l’sais que t’es l’artisan de ton propre malheur, mais fuck que ça rassure d’avoir une paie injectée à ton compte chaque jeudi minuit. 

Ça rassure mais ça engourdit. 

Fait que tu tough. Jusqu’au jour où t’as le déclic. 

Le déclic peut se manifester sous plusieurs formes. Chaque déclic est unique. 

Moi, c’est arrivé un après-midi ensoleillé. Je suis sur l’autoroute en provenance de l’école et me dirige vers la job. 

Ça me tente pas. J’aimerais tellement ça avoir congé. 

Juste y penser j’me sens 50 livres plus léger. 

Juste y penser me donne le goût de danser. Mais pas danser comme un gars chaud musclé dans un club; genre alterner entre « bouger les épaules » et « pointer des places »

Non, danser pour vrai. Avec un chapeau haut de forme et un parapluie. 

Mais comme j’ai déjà épuisé ma banque de congés de maladie, j’aurais besoin d’une excuse béton. 

J’arrive à ma sortie d’autoroute, y’a personne derrière moi, je prends la bretelle et pendant un millième de seconde, j’me dis que si je donnais un léger coup de volant vers la droite et que j’effleurais lentement le muret de béton, je l’aurais mon excuse. 

Bien entendu, j’essaierais d’exempter ma roue de l’impact pour éviter d’infliger des dommages au différentiel et conséquemment, au châssis. 

Si j’fais bien ça, je m’en sors avec un phare brisé, un pare-chocs à changer et une aile avant droite qu’il serait surement possible de réparer au lieu de remplacer.

Tout ça serait même couvert par ma couverture tous risques. 

Jamais je l’aurais fait. 

Mais juste d’y avoir pensé. D’avoir échafaudé un tel canevas de scénario juste pour me sortir d’un shift de quatre heures. 

Ça a été ça mon déclic. 

J’ai pas démissionné ce jour-là, ça m’a pris six mois. 

Six mois durant lesquels je mettais tout en place. 

Pour être prêt quand arriverait le premier jour du reste de ma vie. 

Bien à toi, 

Rabii :)

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http://urbania.ca/blog/5297/chere-fille-qui-veut-lacher-sa-jobThu, 21 Aug 2014 10:24:18 EDTRabii RammalREERdémissionnerdanser avec un chapeau haut de forme et un parapluiebloguehttp://urbania.ca/blog/5297/chere-fille-qui-veut-lacher-sa-job
Le Registre: 7 mauvaises raisons de condamner le « Ice Bucket Challenge »Si t’étais pas à ton chalet dans le fin fond des bois depuis un mois à te faire grignoter le bouleau par des mouches noires ou à prendre des clichés de ta tasse de café sur ton quai le matin, t’as surement vu passer le phénomène grandissant du « Ice Bucket Challenge » (IBC). 

Sinon, j’te mets au parfum rapidement. Le IBC a été créé afin d’amasser des fonds, sensibiliser et faire connaître la maladie de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) qui est une maladie neurodégénérative des motoneurones de l'adulte. Pour te situer, c’est la maladie dont est atteint le célèbre physicien Stephen Hawking. Considérant que parmi ceux qui se font émettre le diagnostic de la SLA, 50% mourront dans les trois prochaines années, c’est facile de constater la gravité de la maladie.

Plusieurs versions du IBC existent, mais généralement, voici comment ça se passe: tu te fais nommer sur les médias sociaux pour faire le IBC. T’as environ 24h-48h pour publier une vidéo de toi qui se verse une chaudière/un cooler/un bac quelconque rempli d’eau glacée sur la tête et tu nommes 3 autres personnes. Tu dois donner un certain montant à la cause de la SLA suite à ton vidéo. Dans certains cas, tu dois donner un plus gros montant si tu ne relèves pas le défi dans le délai donné. 

Tout ça, comme dit précédemment, a pour but de faire connaître la maladie et de donner un second souffle à son financement. L’internet est fou de ça en ce moment: monsieur-madame-tout-le-monde, vedettes, politiciens, gynécologues, harpistes, sportifs, arpenteurs, businessmen, etc.

Inévitablement, comme tout ce qui devient populaire, t’as des snoros pour essayer de trouver une raison de discréditer l’initiative.

Genre...

7. « Tsé que tu peux donner des sous sans faire une vidéo»
Effectivement, il est possible de faire un don sans avoir été nommé et sans avoir à te verser un cooler de glace sur la tête. Tu te rends sur le site et tu le fais. Bing, personne t’a vu et t’as fait ta contribution personnelle pour la cause. C’est super, ça! Sauf que ça n’empêche pas non plus un autre participant du IBC de le faire également. Et qu’en publiant cette vidéo, il fait connaître la possibilité de donner pour une terrible maladie et que par le fait même, il a forcé 3 personnes qui n’auraient fort probablement pas fait de don à en faire un. Donc, l’un n’empêche pas l’autre.

6. « Le monde veulent juste se montrer en chest »
Bin oui, personne t’obstinera là-dessus. Y’a rien dans les « règlements » qui stipule que tu dois être en torse ou en bikini pour remplir ton mandat. Comme y’a rien qui dit que tu dois mettre 2 sacs de glace et pas seulement qu’un. Est-ce que certains en profitent pour se montrer le 15 heures de gym par semaine à la communauté Facebook ? Ouais, grosse nouvelle. Tu savais aussi qu’une fille qui prend un selfie du haut c’est pour montrer sa craque de seins, right? Anyway, que le monde le fasse pour se flexer les guns en soulevant un cooler pesant et pour laisser l’eau ruisseler le long de leurs abdominaux bien découpés, le résultat est que le bouche–à-oreille continue et que les dons s’accumulent pour la SLA.

5. « C’est trending, c’est juste des moutons qui se suivent »
Encore là, y’a du vrai dans ce que tu me dis. Beaucoup de gens le font parce qu’en ce moment, c’est hot, c’est cool, Lebron James pis Dan Bilzerian l’ont fait. C’est ce qui fait spinner les Internets en ce moment. Et comme les hipsters arrêtent là où la plèbe s’exprime, bin on ne veut pas être dans le mouvement de la masse et du pauvre peuple de suiveux conformistes. Sauf que pendant que tu reçois ta nomination et que tu le fais parce que « tout le monde le fait », bin tu te ne t’arrêtes pas à des pensées telles que « pourquoi je ferais un don à une maladie », « pourquoi je ne m’achèterais pas une caisse de bière à la place », « j’connais personne qui a cette maladie là, ça me touche pas ». Tu le fais et on focus encore sur le résultat et non pas la motivation fondamentale. Oui, c’est plate et t’aimerais que tous soient de vaillantes personnes sincèrement compréhensives, engagées et impliquées, mais ça n’arrivera pas. Ce que tu peux faire, par contre, c’est de prendre leur argent pour continuer la recherche sur une terrible maladie.

4. « Toute l’attention est mise sur une seule maladie »
J’te dirais qu’en ce moment, et excusez ma formulation maladroite, la maladie cool c’est la SLA. L’attention des médias, de tes amis et de la planète est, à l’heure actuelle, sur cette maladie qui affecte plus de 3000 canadiens. Et ce que tu me dis, toi, infatigable contestataire, c’est que ça enlève le financement pour les autres maladies de ce monde. Selon toi, la folie du IBC porte ombrage sur la collecte de dons pour le cancer, le sida, l’alzheimer, le parkinson et autres. Oui, oui et oui, t’as raison. Mais est-ce qu’une maladie est plus importante qu’une autre? Si tu regardes attentivement cet univers-là, chaque organisme doit être en constante sollicitation afin que tu donnes ton argent à SA cause. C’est probablement une compétition malsaine en soi, mais c’est la réalité que vivent les équipes de communication/marketing de chaque organisme. En ce moment, la SLA a trouvé LA façon pour que la population puisse, premièrement, connaitre la maladie, et  deuxièmement, injecter des sous pour trouver des solutions dans le but d’élucider le mystère de ce fléau. En ce moment, c’est eux, pis dans un mois, ce sera une campagne pour le cancer du sein. La roue tourne.

3. « C’est un buzz, tu vas voir dans 2 semaines personne va en parler »
Yep, en ce moment, c’est le buzz. Et le terme n’insulte pas personne. Même l’association de la SLA en fait la promotion et affiche le fameux bucket de glace sur sa page d’accueil avec le hashtag officiel. Ils sont bien conscients que c’est temporaire comme mouvement et que les dons n’entreront pas à pleine porte comme dans le dernier mois pour toujours. Sauf que pendant ça passe, ils doivent justement en retirer le maximum. Tsé, comme tout buzz, le phénomène va s’essouffler pour faire place à un autre. Sauf que la SLA va avoir amassé une importante somme d’argent et le plus important  est que toi, moi et le dude qui dégage une forte odeur dans ton autobus connaissons désormais l’existence de la maladie. Tous les organismes qui bûchent à l’année longue pour avoir du financement prendraient volontiers ce buzz, qui est beaucoup plus important que bien des buzz stupides.

2. « Le concept est aussi stupide que genre le NekNomination … »
Celle-là m’a vraiment fait sursauter. Pour ceux qui l’ignorent, le neknomination est un autre phénomène qui est passé il y a quelques mois, où le principe est de publier une vidéo de toi en train de caler une bière ou du fort et ensuite nommer 3 autres personnes à faire de même. Tout ça dans le but de... rien, sinon avoir l’air d’un criss de BS. Alors, même si le principe du IBC repose aussi sur la nomination sur les médias sociaux, tu ne peux sérieusement mettre les deux dans le même bateau. « Ah bin moi j’vois pas le rapport de se verser de l’eau glacée sur la tête, c’est juste stupide ! ». ON S’EN TORCHE ! Ce n’est pas le comment, c’est le pourquoi et le résultat. Oui, ça pas rapport avec la maladie, mais penses-y c’est marketing/trendy wise : c’est simple, tout le monde peut le faire, et en quelque part c’est inusité (ok, peut-être moins après 150 vidéos). Alors, ce n’est peut-être pas si stupide si ça pogne comme ça et que grâce à ça, le financement a atteint des sommets sans précédent pour la SLA.

1. « J’suis tanné de voir les vidéos »
Ah, arrête. C’est de la mauvaise foi. T’as le droit d’être tanné de voir l’osti d’annonce de Trivago pour Venise (sérieux, combien d’argent aviez-vous pour votre placement pub? 16 millions?), mais tu ne peux pas être tanné des vidéos IBC. Ok, oui tu peux être tanné de voir passer des vidéos dans ton newsfeed. Sauf que, penses-y, en quoi ça affecte ta p’tite vie que l’Amérique du Nord se verse de l’eau sur la tête pis que ça amasse des fonds pour essayer d’enrayer une terrible maladie qui, by the way, peut très bien t’affecter du jour au lendemain, sans avertissement? Scroll plus bas ou bin lâche Facebook et reviens dans 3 semaines. Tu pourras ainsi continuer ta vie normale. Excuse-nous de t’importuner, prière de nous épargner dans ta miséricorde.

***

En bout d’ligne, veux-tu savoir ce que ça a fait l’IBC, concrètement ? Selon l’Association de la SLA (USA), entre le 29 juillet et le 20 août 2014, les dons découlant directement du IBC ont été de 31.5 millions de dollars, comparativement à 1.9 millions pour la même date l’an passé. Ça, bro, c’est 16 fois plus. De plus, les dons viennent de donateurs enregistrés, mais aussi de 637 527 NOUVEAUX donateurs. C’est énorme.

Des grands magazines et de grands journaux profitent de l’engouement pour faire des dossiers complets sur la maladie et ainsi nous sensibiliser et la faire connaître au monde entier. Facebook, Twitter virent fou. Ça buzz de partout : des équipes de hockey, football, basket, des millionnaires, des pauvres, des vedettes pis des nobodys. Un kid voit PK Subban et dit à sa mère qu’il veut qu’elle donne pour la maladie. Pis moi cette semaine, je t’en fais un article, chose que je n’aurais jamais fait autrement.

Pis tu sais quoi? Le IBC remet sous les projecteurs le simple geste de « faire un don » pour une maladie, peu importe laquelle. Pis ça, c’est tout sauf stupide.

ESPN explique, dans un court documentaire, l’homme qui a inspiré le IBC. Je vous conseille fortement de visionner sa terrible descente abrupte, mais également sa touchante et inspirante histoire. 

Si t’as pas été nommé pis tu souhaites juste faire un don pour la SLA canadienne ou québécoise.

À la prochaine!
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http://urbania.ca/blog/5296/le-registre-7-mauvaises-raisons-de-condamner-le-ice-bucket-challengeWed, 20 Aug 2014 15:17:45 EDTLe Moesice bucket challengesla alsle registrebloguehttp://urbania.ca/blog/5296/le-registre-7-mauvaises-raisons-de-condamner-le-ice-bucket-challenge
On est photogénique ou on l'est pas - Portraits de Montréal















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http://urbania.ca/blog/5295/on-est-photogenique-ou-on-lest-pas-portraits-de-montrealWed, 20 Aug 2014 14:11:56 EDTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5295/on-est-photogenique-ou-on-lest-pas-portraits-de-montreal
Le bonheur est dans le doigt pointéIl y a ce beau mot en anglais, self-righteousness, que je rendrais en traduction libre par « j’suis don’ ben dans le droit chemin pis toi le voisin t’es donc ben dans le champ ». Ou encore par « sentiment de grande supériorité morale » toujours sur ledit voisin. C’est de ça que je veux parler ici.

C’est quelque chose qui m’a surtout frappée, agressée même, après la naissance de mon premier enfant. Tsé, ce moment qui surpasse tous les autres que tu as vécus avant et que tu vivras après, quand tu rencontres pour la première fois un être humain qui s’est tout au complet forgé dans ton fourneau intérieur pis que tu découvres son petit corps et sa bette violette. Sauf que, du jour au lendemain, une porte s’ouvre. Pis elle s’ouvre grand. Une porte qui permet à des gens, beaucoup de gens, dont certains que t’as jamais vus ni élevé veaux-vaches-cochons avec, de te dire quoi faire, et surtout ne pas faire, avec ton nouveau-né. Parce qu’eux savent. Pis toi, c’est écrit dans ta face que c’est ton premier, alors forcément, tu sais rien. Et ils ne vont pas vers toi tout chaleureux et empathiques, oh que non, mais plutôt l’air sévère, le sourcil froncé, le ton désapprobateur. 

Je me rappelle ma « première fois ». Une dame, d’origine asiatique à voir ses yeux, ne parlant ni français ni anglais, à réussi à me mimer « t’as donc ben pas d’allure de sortir ton bébé de 2 semaines avec pas de bas à 40 degrés à l’ombre » drette sur le trottoir devant l’épicerie. J’ai sans doute souri poliment. Mais j’étais en état de choc. Et ce choc a longtemps continué à se répercuter. 

Un jour, après la naissance du petit dernier (il semble que j’aie longtemps gardé une face de nouvelle mère), je me suis trouvé une réplique assassine à asséner au prochain inconnu à me juger sur mes capacités parentales. Exemple, un quantième nono me dirait que mon bébé risquait de mourir étouffé dans mon sac ventral caché sous ma doudoune d’hiver. Eh bien, je le dévisagerais des pieds à la tête, à la recherche d’une faille, et lui répondrais quelque chose comme « Tu vois, moi, comme je ne te connais pas, JAMAIS je ne me permettrais de te dire sans y être invitée que ta tuque te donne un air de rat d’égout, que tes lèvres botoxées te donnent un air d’AML, mais en plus vulgaire, que (mettre ici tout autre commentaire poche sur son allure physique). » 

Évidemment, une fois la réplique inventée et pratiquée quelques fois dans ma tête en croisant des inconnus qui faisaient mine de regarder en direction de mon manteau déformé, plus personne ne m’a passé de commentaires. 

Autre moment d’ahurissement en lien avec la maternité : les forums de mamans - en devenir, en cloque ou en train de changer les couches d’une trâlée d’enfants. Hou que l’on s’y énarve le poil de tout le corps (du moins ce qui en reste, parce qu’en général, les filles y ont toutes la boule à zéro - c’est un autre sujet très à la mode sur ces forums) quand on y raconte avoir vu un enfant trop petit assis en avant et pas attaché dans un gros SUV. « J’ai appelé la police, ai-je bien fait? » La plupart de celles qui choisissent de se prononcer applaudissent son courage et son sens civique. Je n’arrive pas à me retenir de plonger dans le jeu de quilles avec un brin d’ironie : « La police, mais pourquoi pas la dépégie? Le père devrait se faire enlever son enfant, en avant, même pas trois ans, heille! Il faudrait rétablir la peine de mort! »

L’ironie ne semble pas avoir sa place sur ce genre de forums.

Maintenant, chère Anonyme, je reviens à ton billet. Qui porte, n’est-ce pas, sur l’adultère, grave péché s'il en est. C’est sûr que si tu couches avec un homme marié, c’est rare que le monde applaudisse, que tu te fasses dire : C’est super! (Évidemment, la fille est encore aujourd’hui plus sujette à lapidation que le gars infidèle ou qui couche avec une fille en couple, mais c’est un autre sujet.) Moi, dans ma vie, je me suis retrouvée dans les deux cas de figure : maîtresse et cocufiée. Les deux n’étaient pas agréables, mais cocufiée était pire, je ne vous mentirai pas là-dessus. Sauf que, depuis ma rupture des suites d’un cocufiage, je me suis retrouvée encore dans les bras d’un gars engagé. Bon je sais, je sais, éthiquement, c’est carrément indéfendable. Et vous pouvez vous dire « quelle salope » si ça vous chante, me l’écrire même si ça vous fait du bien, ne me remerciez pas, je suis fine de même, servir de punching bag ne me dérange pas. D’ailleurs, dans les commentaires au texte d’Anonyme, il y a un où on la traite de poufiasse. Oui, vraiment, après avoir lu un texte bien écrit qui se veut une réflexion sur une situation émotivement difficile, on sort l’artillerie lourde du slut-shaming : espèce de poufiasse. (Cela dit, j’adore ce mot, mais utilisé comme mot doux entre amies).

Donc, dans mon cas, je le savais que je ne devais pas faire ça, que ça avait « pas d’allure ». C’est juste quelque chose qui est arrivé. Le gars en question, il avait juste à me regarder, et j’avais les jambes en guenille… Merde, c’est de même, je suis une être humaine bourrée de contradictions (m’étonnerait que je sois la seule), et à choisir entre être anesthésiée ou passionnée, je saute sur la seconde option n’importe quand. Malgré la douleur qui vient souvent avec. Quand un homme me bouleverse, me prend aux trippes et au corps, j’ai le surmoi qui se pousse très loin en me faisant un pied de nez et en me disant : envoye, débrouille-toi avec ça. Dans les commentaires pour Anonyme, il y en a une qui disait en gros : kessé t’as d’affaire à tomber amoureuse d’un gars marié, tombe amoureuse d'un qui est libre. WoW! Je suis ravie d’entendre qu’il y a des gens capables de se contrôler ainsi le sentiment amoureux. Sincèrement, moi, les fois où j’ai essayé, ça a juste complètement rempiré les choses, je suis devenue parfaitement, totalement, obsédée par la personne que j’essayais très fort de ne pas aimer.

Tout ça c’est évidemment une affaire de Morale. Ce grand M qui nous permet de juger les actes des autres. De reconnaître le bien du mal sans se donner le temps d’y réfléchir. Moi, en dehors du fait que j’ai cocufié et l’ai été, j’ai aussi émis des jugements sur les activités hors couple de certaines amies. Un jour, j’ai pensé : « c’est quoi cette morale, ou cette supériorité, qui me donne le droit de juger? De juger vite, sur une dix cennes, sans essayer de comprendre, sans me mettre à la place de…». C’est sûr qu’il faut s’en bâtir une, de morale, clairement, ça en prend pour avoir un sens de direction, de valeur, de j’sais pas quoi, mais asséner la sienne aux autres, me semble que c'est… déplacé. Il doit ben exister un dicton du genre : le jugement moral des uns fait l’orgasme des autres…

Je focusse sur l’infidélité et la maternité, parce que ma réflexion est partie de là, mais c’est sans arrêt, partout, tout le temps, qu’on se fait juger, (et qu’on juge). Les gens nous jugent si c’est le bordel chez nous, parce qu’on va chez le psy, parce qu’on ne s’entraîne pas assez, ou trop, parce qu’on est émotif, ou qu’on a l’émotion pas bien timée, parce qu’on travaille trop, parce qu’on n’est pas capable de garder une job, ou de bien matcher nos vêtements, parce qu’on emmène un bébé naissant au restaurant, parce qu’on boit trop, ou pas assez, parce qu’on prend trop de temps pour répondre à des emails, parce qu’on prend trop souvent ses emails, parce qu’on est trop bourgeois, ou trop bohème, parce qu’on est trop sévère, ou pas assez, avec ses enfants... On se chèke les uns les autres tout le temps! Et ça fait du bien, un gros bien rassérénant. (Et je ne me prétends pas à l’abri, loin de là.) Et c’est encore mieux à deux, ou plus. Qu’on est donc bien, en gang de monde qui pense la même chose et qui pointe en même temps son doigt dans la même direction. Que c’est confortant, que l’on se sent, je l’sais pas, justifié, légitimé, du bon côté, avec les justes et contre les méchants… toutte ça, et sans doute plus. C’est humain, je le sais, encore une fois sûrement une affaire de survie de l’espèce par appartenance à une gang. C’est sûr, c’est humain, bêtement, mais ça fait aussi tellement cour de maternelle.

Et je suis consciente que ce billet peut, lui-même, sonner comme un pointage de doigt en direction de ceux qui pointent du doigt. Mais ce que j’ai envie de dire, ici, plus que « qu’ils ont donc pas d’allure ceux qui jugent », c’est « hey, gang, me semble que des fois, c’est juste tellement dur de vivre, on peut-tu s’entraider ou vivre et laisser vivre comme on dit au lieu de se caler les uns les autres »? Et que moi, je préfère ceux qui prennent la peine de voir les différents côtés d’une médaille, de se permettre le doute, à ceux qui foncent tout feu tout flamme à l’assaut des impies avec l’assurance de tenir entre les mains l’épée de la justice. 

Peace!

Brigitte, des RoseMomz
Illustration: Pierre-Nicolas Riou
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http://urbania.ca/blog/5294/le-bonheur-est-dans-le-doigt-pointeWed, 20 Aug 2014 11:46:53 EDTLes RoseMomzpointer le doigtcommentairesroseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5294/le-bonheur-est-dans-le-doigt-pointe
Le tournoi GOAL Lion’s Cup : une 4e édition avec plus de mordantun tournoi de foot caritatif annuel. « C'est la base d'une entreprise, si on veut qu'elle soit durable. Jour après jour pendant l'année, ce sont surtout les gens du quartier qui viennent dans notre pub, qui boivent nos drinks et qui mangent nos repas; c'est juste normal de prendre un peu de temps pour redonner à la communauté qui nous soutient à l'année longue, » déclare Paul Desbaillets en entrevue. Et comme toute la bande du Burgundy Lion adore le soccer, le choix du moyen s'est imposé de lui-même: un tournoi de foot regroupant le milieu des bars de toute la ville de Montréal. « Ce qui est super, c'est qu'on n'a jamais eu de misère à recruter des gens pour la cause. Plein de bars et de restaurants, mais aussi des agences de pub et des médias embarquent dans le projet. On a une belle solidarité. »

Depuis deux ans, l'argent recueilli est remis au même organisme. « On a choisi le Centre communautaire Tyndale St-Georges parce qu'ils offrent toutes sortes de services pour les gens du quartier. On n'a pas à choisir si on veut donner pour les petits-déjeuners, pour le tutorat après les classes, pour des cours de musique ou pour des programmes sportifs pour les jeunes du coin ou des cours de français pour les adultes, parce que Tyndale font tout ça. ». 



La formule a changé cette année. Le tournoi de foot comme tel aura lieu de midi à 17h; puis, grande nouveauté, un concert-bénéfice a été organisé au Corona, mettant en vedette We Are Wolves, Xavier Caféïne et Eagle Tears. Ces trois groupes, et une bière gratuite, pour 11,50$, taxes incluses. Pas mal!

Pour tous ceux qui veulent contribuer à la cause, une tombola est organisée et vous pouvez contribuer en ligne, au coût de 10$ par billet. Plusieurs prix très intéressants sont à gagner: un chandail des Canadiens, des Alouettes ou du Redbull FC, tous signés par les membres de l'équipe 2014, 50 000 milles Aéroplan, des laissez-passer pour Osheaga ou HeavyMTL en 2015 ou, le plus grand prix de tous, évidemment: un abonnement d'un an à Urbania! 

Alors on se voit dimanche dans la Petite-Bourgogne? 


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http://urbania.ca/blog/5291/le-tournoi-goal-lion-s-cup-une-4e-edition-avec-plus-de-mordantWed, 20 Aug 2014 10:00:00 EDTUrbania bloguehttp://urbania.ca/blog/5291/le-tournoi-goal-lion-s-cup-une-4e-edition-avec-plus-de-mordant
Un homme qui avait des couillesAlors que je zieutais ces ordures, je vis du coin de l’œil un gars de construction s’approcher, lentement mais sûrement. Dès que je l’aperçu, il me vint à l’esprit qu’il s’approchait pour me dire de déguerpir, probablement pour éviter d’avoir à gérer une femme hystérique et accusatrice blessée d’un clou dans le pied, ce qui aurait miné la journée de n’importe quel gars de construction.

Avant même qu’il ne parvienne à ma hauteur, avec l’objectif d’augmenter mes chances de ne pas me faire chasser, je relevai la tête pour le regarder et munie de mon plus beau sourire, lui demandai si je pouvais continuer à fouiller parmi ces rebuts. À mon grand étonnement, non seulement il acquiesça, mais en plus, après m’avoir demandé ce que je recherchais, il se joint à moi dans ma quête.

Muni d’un meilleur œil que moi pour ces choses, après quelques instants à peine, il sorti de ce fouillis un morceau de bois massif de deux pouces d’épais et de dimensions idéales pour un banc ou une table à café et recouvert de stuc gris pâle.

Après avoir examiné sommairement la chose et l’avoir remercié rapidement, je retournai de mon côté de la ruelle, comblée par ma nouvelle trouvaille et imaginant déjà ce que j’allais en faire.

Le lendemain, alors que j’étais affairée dans la ruelle à décaper ce fameux bout de bois avec ma sableuse, le gars réapparu. Il me salua brièvement puis resta silencieux, debout à quelques pieds de moi, supervisant sa pile de nouveaux déchets de la journée pendant que d’autres gars en augmentait le volume.

Puisque ça ressemblait un peu trop à une excuse silencieuse pour approcher une femme, j’échangeai quelques banalités avec lui sur cette planche entre mes mains en essayant de lui communiquer mon appréciation pour son aide de la veille et pour la qualité de cette planche en sa qualification d’éventuelle table de salon, tout en me disant que cela devait être suffisant pour apaiser son besoin de reconnaissance et nous permettre à chacun de retourner à notre travail.

Au cours des semaines et des quelques mois qui suivirent, à chaque fois que la vie permettait un croisement entre lui et moi, il prenait la peine de me saluer, et graduellement, avec le temps, ses salutations devinrent de plus en plus étoffées, pouvant même être qualifiées de petites jasettes aimables et courtoises. J’avais remarqué même qu’à quelques reprises il avait probablement fait des pieds et des mains pour échanger que quelques mots avec moi. Peut-être que la vue d’une femme fouillant dans des ordures lui avait fait de l’effet, ou peut-être était-ce une femme maniant une sableuse qui l’avait charmé? Mais toujours est-il que ce gars tendait des efforts vers moi, pour tenter de m’atteindre. Et c’était flatteur.

J’avais remarqué au fil du temps que ce gars, qui aurait pu être le frère de Mathieu Quesnel de par son apparence physique, semblait toujours d’humeur égale et heureuse, sûr de lui-même sans être trop confiant ni arrogant et muni d’une attitude bienfaisante et honorable, avec un souci désintéressé du bien d’autrui, allant même jusqu’à dépanner de parfaits inconnus.

Il semblait être le genre de gars bien avec lui-même, comblé par une vie remplie et réussie et heureux de se réveiller le matin. Le genre de maudit bon gars, sans aucune once d’indifférence, ni de mystère, ni d’égoïsme, ni de complications tortueuses. Il semblait être le genre de gars gentil dont les femmes ne veulent habituellement pas, le genre de gars que les femmes trouvent ennuyeux et non attirants, le genre de gars dont les femmes ne considèrent qu’en ami.

Exactement le genre de gars qui faisait bien mon affaire… mais il lui manquait quelque chose. Il lui manquait une paire de couilles.

Je ne sais pas ce qu’il s’était passé chez lui pendant les vacances de Noël; peut-être était-ce le fait de se retrouver en famille, peut-être avait-il eu droit à des commentaires à son endroit qui avaient remué quelque chose en lui, mais une paire de couilles lui avait poussé pendant le temps des Fêtes.

Six mois environ s’étaient écoulés depuis qu’il m’avait été de service dans ma quête de rebuts. Six mois d’essais hésitants à tâter le terrain; et maintenant, il s’élançait vers moi avec toute son intentionnalité.
Par un matin glacial de janvier, il avait entrepris une réelle conversation, plus poussée que ses jasettes de l’automne précédent et qu’il semblait vouloir poursuivre indéfiniment. Il étirait cet entretien, qu’il avait initié, du mieux qu’il pouvait pour repousser son achèvement toujours plus tard.

Et je pouvais percevoir une nervosité chez lui qui transparaissait par moments dans ses mouvements et ses intonations, et dans son regard, qui, lorsqu’il n’était pas dirigé vers le sol, recherchait dans le mien n’importe quel indice qui aurait pu révéler mon d’état d’esprit et mon inclinaison.

J’avais devant moi un homme parti en conquête, un homme avec un plan, et j’en étais charmée. J’avais devant moi un homme avec des couilles, un homme avec le courage de se mettre intentionnellement dans une position vulnérable, de risquer l’humiliation et le rejet d’une femme. Et un homme assez fort pour prendre ce risque, était un homme digne de toute ma considération.

Au cours des semaines qui suivirent, je ne le recroisai qu’à deux occasions; deux petites fois d’à peine un instant où nous nous sommes aperçus à distance et où il avait pris la peine de s’assurer que je voyais qu’il me regardait. Puis la vie, qui parfois est comme une grosse salope, nous éloigna en enlevant toute opportunité propice à une nouvelle rencontre.

Avec cette initiative qu’il avait eu par un matin de janvier, cet homme avait réussi à s’immiscer dans ma tête et à se forger une place dans ma mémoire parce qu’il avait osé m’approcher, parce que cet homme avait choisi de façon posée, délibérée et intentionnelle de diriger sa volonté vers moi, parce que cet homme avait osé prendre le risque d’agir en fonction de ce qu’il avait dans le cœur, parce que pour cet homme son désir était si grand qu’il avait affronté une des pires peurs qu’un homme peut avoir.

Et ça, cette force intérieure, c’était beau, et c’était attirant, et ça remuait en moi ce quelque chose qui a besoin d’être agité chez une femme.

Ma table trône dans mon salon depuis des mois, et à chaque fois que je pose mon regard sur cette table, sur ce morceau de bois qu’il m’avait déniché, je me souviens de cet homme qui avait des couilles. Je me souviens de cet homme qui avait osé affronter sa peur pour se rapprocher de moi. Et une partie de moi sourit avec nostalgie.

Crédit photo: torbakhopper
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http://urbania.ca/blog/5292/un-homme-qui-avait-des-couillesTue, 19 Aug 2014 11:26:31 EDTÉmilie Woncouillestable de salonbloguehttp://urbania.ca/blog/5292/un-homme-qui-avait-des-couilles
Rantanplan
E pa fòt mwen ("C'est pas ma faute")
Le gouvernement canadien a rapidement rejeté toute responsabilité. « Je pense que ce n'est pas juste de dire qu'on jette le blâme sur le Canada », affirmait le ministre conservateur Christian Paradis mercredi dernier.

Pendant sa cavale, les comptes Twitter des autorités haïtiennes se sont transformés en un roman-policier. Ainsi, 22000 dollars US a été offert à quiconque permettra la capture du fugitif, a-t-on appris sur le réseau social. La zone métropolitaine de Port-au-Prince a été bouclée, les frontières aussi, annonçait-on au même moment. Finalement, c’est les policiers de la République dominicaine qui ont mis la main au collet de l’évadé alors qu’il tentait de traverser la frontière.

On se demande encore comment un détenu peut réussir à s’enfuir d’une prison dernier-cri. On parle de mutinerie, mais certains agents carcéraux ont dû se laisser corrompre, ou à tout le moins avoir fait des erreurs monumentales, soulignent plusieurs observateurs. Une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur l’affaire, mais plusieurs coups de feu ont été échangés lors de l’évasion, les murs extérieurs de la prison sont criblés de balles.

Le père de Clifford Brandt, Grégory Brandt, photographié par Paolo Woods pour Le Monde et le livre État.

Brandt a été suivi dans sa fuite de près du tiers de la prison, soit environ 300 évadés sur un total de 899.

La majorité de ces prionniers en cavale se feront certainement très discrets. La tradition du marronnage est ancrée dans l’histoire haïtienne et ces derniers tenteront à coup sûr de ne pas retourner dans les geôles surpeuplées de Port-au-Prince.

De retour par hélicoptère de la République dominicaine, Brandt et deux autres évadés ont été livrés la semaine dernière aux caméras et journalistes comme un trophée de chasse. Il ne manquait que le goudron et les plumes.



#PrisonBrandt
J’imagine déjà les blagues à l’humour noir typique haïtien qui ont circulé dans le pays. L’impression de vivre avec une justice digne d’un film au scénario alambiqué se confirme.

Si ce n’est des deux gardiens blessés, le plus tragique de cette histoire est probablement la réalité du système carcéral et du système de justice haïtien révélée dans toute sa splendeur. Le premier ministre haïtien a appelé à la création d’un jugement expéditif de l’ex-fugitif qui n’a toujours pas subi son procès deux ans après avoir été arrêté. Il a rapidement été rabroué par certaines organisations de droits humains pour des raisons évidentes.

Plus des trois quarts des prisonniers haïtiens sont des prévenus en attente de procès. L’un de ceux-ci qui accompagnait Brandt en cavale s’est rapidement confié aux journalistes lors de son retour au pays, exposé devant les caméras avec son célèbre codétenu. Arrêté il y a sept ans, il a été placé en prison sans avoir vu un juge d’instruction et n’a toujours pas d’idée du moment où son procès aura lieu.

Une vingtaine des 300 évadés qui les ont suivi dans leur cavale ont été arrêtés, les autres courent toujours.


Twitter: etiennecp]]>
http://urbania.ca/blog/5289/rantanplanMon, 18 Aug 2014 11:28:26 EDTÉtienne Côté-PaluckLucky Lukeport-au-princeClifford BrandtevasionHaïtiprisonhttp://urbania.ca/blog/5289/rantanplan
Débattre sans nuancesAprès avoir parlé de la création d’Israël, de la guerre des Six jours et bla bla, mon interlocuteur me demande : 

Ok mais, qui a raison là-dedans? La Palestine ou Israël? De quel côté faut être, nous? »

De quel côté faut être? » Comme s’il était simple de choisir son camp dans ce turbo-complexe conflit entre deux peuples. Comme si Israël était les Bruins de Boston et la Palestine les Huskies de Rouyn-Noranda et qu’on encourageait l’une des deux équipes.

Qui a raison là-dedans? » Comment répondre à une question si simple par rapport à une problématique si massive? Le Hamas a-t-il raison d’envoyer des roquettes sur des villes israéliennes? Israël a-t-il raison d’envahir et (plus ou moins) d’anéantir la bande de Gaza? Est-il seulement possible d’affirmer que l’une des deux parties a RAISON et que l’autre a TORT? 

Réduire des décennies d’affrontements à un simple « il y a des gentils et des méchants » est un raccourci intellectuel dangereux. 

Il est permis d’avoir une opinion, bien sûr. Je penche moi-même du côté palestinien (pour diverses raisons que je n’aborderai pas, ce n’est pas le but de cet article), tout en évitant, de mon mieux, de démoniser Israël et de l’accuser de tous les maux. Le conflit israélo-palestinien, c’est pas Star Wars ni Lord of the Rings. On ne peut pas peinturer l’un des deux de blanc immaculé et accuser son adversaire d’être le mal en personne.

C’est le cas de toutes les problématiques de la vie. Le Parti Québécois avait-il raison ou tort de vouloir imposer une charte des valeurs québécoise? Bachar el-Assad est-il un héros ou un dictateur sanguinaire? Un blogueur d’Urbania qui chiale sur des affaires de la vie courante a-t-il vrai, ou faux? La réponse est, quasi à chaque fois, ni un ni l’autre. Dans la vraie vie, rien n’est blanc ou noir, mais gris. Très gris. Très nuancé. 

Les politiciens, par exemple, vont toujours chercher à tout peinturer en noir et blanc. Si les électeurs conservateurs sont favorables à Israël, Harper va démoniser les Palestiniens, se placer comme défenseur d’Israël et employer une rhétorique manichéenne pour forcer les citoyens à faire un choix du genre « vous êtes avec nous et Israël, ou contre nous et avec les terrorissss du Hamas ». La « violence et l’intimidation » du conflit étudiant de 2012? Tactique employée par les Libéraux pour diviser la population en deux en opposant les méchants étudiants casseurs et voleurs et les gentils travailleurs exemples et payeurs de taxes. Un groupe avait tort, l’autre avait raison.

C’est un réflexe très humain que de tout vouloir simplifier pour faciliter la compréhension. Mais un conflit armé ou un débat de société ne sont pas des meubles IKEA dont la solution se comprend grâce à des pictogrammes de bonhommes allumettes. Il y a toujours une cinquantaine de nuances de gris à diluer dans nos opinions.
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http://urbania.ca/blog/5288/debattre-sans-nuancesSun, 17 Aug 2014 11:41:11 EDTOlivier Morneaumeubles ikeasociétédebatpalestineIsraëlbloguehttp://urbania.ca/blog/5288/debattre-sans-nuances
La chanson de la (fin de) semaine

Allez, bonne fin de semaine à tous!



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http://urbania.ca/blog/5287/la-chanson-de-la-fin-de-semaineFri, 15 Aug 2014 15:45:00 EDTUrbania chanson de la semainebloguehttp://urbania.ca/blog/5287/la-chanson-de-la-fin-de-semaine
Le sexe a perdu ses lettres de noblesse

Aujourd’hui, exceptionnellement, j’ai envie de me prendre pour un wannabe philosophe 2.0 et de m’exprimer. De m’exprimer comme un vieux jeune qui se pose des questions sur les gens qui se chatouillent mutuellement le sexe en cherchant l’amour instantané. 

Depuis quelques temps, je remarque que j’ai beaucoup d’ami(e)s qui sont des nomades de la couchette. Personnellement, j’ai ABSOLUMENT rien contre ça. J’ai déjà galéré. Et si un jour je retombe célibataire, je vais sûrement galérer de nouveau.  Chaque individu est responsable de ses bobettes et est libre de les laisser tomber sur le bord du lit de la personne de son choix. 

Pis le sexe, quand c’est bien fait, c’est foutrement plaisant!

Là où j’ai un malaise, c’est avec les abonnés du fast food sex, celui qui te bourre faussement. Celui que tu veux pour combler un vide. 

Ce «coucou» à trois heures du matin, envoyé par texto, à la fermeture des bars. 

On va se dire la vérité. L’autre individu n’a pas trouvé quelqu’un de mieux que toi ce soir et a donc décidé de te texter. Triste, mais vrai. 

Ça va se terminer par une baise moyenne aux haleines de Stinger pis un matin malaisant avec des : «On se rappelle bientôt»  

Tinder, le Kijiji du zizi où on parcourt l’inventaire  de notre réseau à savoir si on peut avoir une date avec quelqu’un de notre goût. Le catalogue de la superficialité. Tu es belle, tu es beau, tu peux te mettre. D’un revers du doigt, on balaie le contact humain. La game du charme et de la séduction est remplacée par des emoticons et des photos de totons.

On n’est pas sur Tinder pour faire des rencontres spirituelles et jaser politique et c’est correct car ce n’est pas le but de cette application... Et le sexe, quand c’est bien fait, c’est foutrement plaisant! 

Certaines personnes sont rendues-là dans leur vie. Coucher pour coucher, ça fait du bien physiquement et mentalement. On ne veut pas s’embarquer dans rien de trop sérieux, je comprends très bien les nomades de la couchette.

N’avoir rien de compliqué, se combler et ne pas être en couple. C’est génial si on est bien avec ça. 

Là où c’est triste... C’est quand des gens se font croire qu’ils/qu’elles sont des nomades de couchettes, mais qu’à vrai dire, ils sont des abonnées du fast food sex

Elle,
La cendrillon qui sent le Jameson cherche inconsciemment l’amour en s’écartant. Elle rêvasse du prince charmant qui va courailler toute la ville pour y mettre la godasse sur le bon pied... Et ça finit par un gars pacté qui va lui payer une poutine à Belle Pro avant d’aller la zigner.

À chaque fois, elle va s’écarter. Pas pour baiser, mais pour dormir en cuillère et obtenir un peu de chaleur humaine.  

Elle dit qu’elle s’en fout, qu’elle trippe et qu’elle est une femme libérée... (Yeah right)

Chaque fois, elle se dit que : «C’est peut être lui» 

Le bon. Pas nécessairement le père de ses enfants, mais qu’avec lui, elle va peut être faire un bout de chemin. Qui sait? Ça peut fonctionner! Au pire, elle se sera amusée.

Lui,
Le gars pacté qui paye la poutine, malheureusement fait la même chose que la fille qui veut dormir en cuillère. Lui, il saute des filles comme des numéros et montre les photos de profil des plus belles à ses chums de gars. Qui eux, trouvent qu’elles se ressemblent toutes... Qu’elles sont identiques à son ex... L’ex qui est partie il y a six mois. 

Depuis ce temps-là, le gars pacté qui paye des poutines pense qu’il est un nomade de la couchette, mais ignore qu’il est de la clique du fast food sex.

Finalement, il dit au revoir à la cendrillon qui sent le Jameson. 

Elle a deux/trois défauts qu’il n’aime pas et il ne veut pas se casser la tête avec ça...

Il en trouvera une autre.

Il ne se plaint pas, il jette, il se reconnecte et il recommence...

Les rôles de cette histoire peuvent être facilement inversés. Je connais des filles qui font la même chose que le gars qui paye des poutines!

Le sexe est utilisé pour plusieurs raisons, mais surtout pour les mauvaises, par les temps qui courent.  

Les nomades le font pour le plaisir et sont conscients. Les fast food sex, pour combler un vide en pensant être conscients de...

L’indice boursier du « Je t’aime » est en chute libre au détriment d’une liberté sexuelle qui cache un gros gouffre affectif. Ironique, n’est-ce pas? On baise en espérant qu’un « Je t’aime » se développe et on ne baise presque plus pour démontrer le « Je t’aime ».

Qui est le coupable? Elle? Lui? Nous? Le porno? L’hypersexualisation? Hollywood? Le temps? Notre époque? L’évolution?

Aucune idée, je n’ai pas la prétention de savoir comment régler ça.

La seule chose que je sais, c’est qu’on devrait redonner quelques lettres de noblesse au sexe.

Parce que le sexe, quand c’est bien fait, c’est foutrement plaisant!
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http://urbania.ca/blog/5285/le-sexe-a-perdu-ses-lettres-de-noblesseFri, 15 Aug 2014 11:58:20 EDTJonathan RobergeTindersexebloguehttp://urbania.ca/blog/5285/le-sexe-a-perdu-ses-lettres-de-noblesse
Une nouvelle Denise

« Mais cette fois-ci, c’est mon tour. C'est pas celui de Laura Cadieux. Non, monsieur.

C’est que de ce temps-là, on me fixe la bajoue, je le sens. Une femme sent ces affaires-là. Je la sens pendre comme une poche de Salada qui trempe depuis trois ans dans un décor de Yamaska. C’est bon, ce programme-là; ça ressemble à ma vie: un beau grand brunch tranquille avec des silences de Normand D'Amour et du pâté de campagne.

J’ai jamais été la plus belle. Mais j’essaie de m’arranger à mon meilleur.

Selon les programmes de mode à la télévision, je serais une femme « pomme ». Il y a les femmes « poire », celles en « A » et y’a probablement d’autres fruits qui m’échappent, aussi. Je suis pas experte. Moi, je suis une pomme: un gros corps rond sur deux petites pattes minces minces minces. Je le sais, je me suis regardée, l’autre soir, en levant ma jaquette. J’aurais donc aimé ça être un beau X comme Carole Bouquet. Elle est-tu assez belle, c’te femme-là.

Je me console en me disant que j'ai pas la charpente en « H ».
Je suis pas trop certaine de comprendre à quoi ça peut ressembler, mais je pense que ma chum de femme, Jocelyne, celle qui habite à Chambly, est faite sur ce frame-là. Pauvre Jocelyne.

Quand mes filles m’ont inscrite au programme de Airoldi, le designer, en premier, je voulais pas y aller. Qu’est-ce que vous voulez que j’aille faire là? Une vraie folle.

Mais d’un autre côté, ils savent ce qu’il faut faire pour mettre les femmes de mon âge en valeur. Pour leur redonner confiance en elles, leur montrer comment se peigner et les mettre au goût du jour.

Et puis c’est vrai que je fais plus vieille que mon âge. J’ai même plus de sourcils.

Qu’est-ce que vous voulez; c’était la mode, quand j’étais fille. On passait nos soirées à se les épiler pour intéresser les petits gars. Astheure, je suis prise pour me les tracer au crayon rouge vin pour que ça s’agence à mes cheveux rougette. Essayez de mettre ça égal, vous-autres; sans mes lunettes, je vois rien pantoute. Ça fait qu’à un pouce du miroir, la falle dans le lavabo, ça se peut que j’aie le sourcil surpris.

Demain, je vais entrer dans une belle boîte en plexiglas, haute comme moi, qu’ils m’ont dit, en pleine rue Ste-Catherine à Montréal. Les passants qui magasinent vont s’arrêter. Ils vont évaluer de quoi j'ai l'air, va falloir que je me tienne droite droite droite. Que je me rentre le ventre. Que je reste ordinaire jusqu’à ce qu’on me donne mon score. Ça va être difficile de pas les regarder; j'espère que je serai à leur goût.

Mais si je fais dur, je veux qu’on me le dise. Qui c’est qui a le goût de faire dur pis de pas le savoir?

J’ai 52 ans. Je suis pas méchante à regarder, mais les filles au bureau pensent que je fais bien de penser à changer.

Eille, ça va être quelque chose. Ils vont mettre de la grosse argent là-dedans.

Un visage lisse.
Des dents limées.
Un beau twin-set.

Une nouvelle Denise.

Plus jeune. Repulpée et gripette. Et puis j’aimerais donc ça que Jean me choisisse une belle botte.

Dans ses anciens programmes de mode, il choisissait toujours une belle botte pour aller avec les ensembles. Ça fait jeune. S’il peut réussir à m’en trouver une paire qui me fait; c’est que j’ai les mollets tellement petits. Deux chicots qui demandent à vivre.

Je suis pas inquiète; c’est le meilleur.

Je commence à avoir hâte à demain. Parce que demain, des gens que je connais pas vont me dire ce que je devrais faire. C’est leur métier. Ils connaissent ça mieux que moi. C’est excitant.

Et si je peux paraître 51 avec un petit gloss pis des broches dans le fond de la tête, je vais dire comme on dit: « Let’s go Léo, en route s’a croûte ».

Denise xx1/2 »

PS TENDRESSE ::
La bise.]]>
http://urbania.ca/blog/5281/une-nouvelle-deniseFri, 15 Aug 2014 09:47:55 EDTCatherine EthierC'est pas ton tour, Laura Cadieuxfemme pommescorebeautéplexiglasfaire dur sans le savoirune belle bottexx1/2bloguehttp://urbania.ca/blog/5281/une-nouvelle-denise
Le Registre: 10 raisons qui font que Montréal n'est pas tant bike-friendly que ça

Je suis Montréalais. J’ai une voiture, un vélo et il n’est pas rare que je prenne les transports en commun. Dans mon cocktail de transport, ce n’est que lorsque j’enfourche ma bécane que j’ai le sentiment. C’est un sentiment difficile à décrire, c’est un mélange de peur et d’incertitude, l’appréhension d’un éventuel danger. Je suis plus tendu qu’à mon habitude, il m’arrive même de me faire des images mentales d’accidents.

Vous savez, c’est ce même sentiment qui fait en sorte que je mets toujours un casque. Même si maintes recherches ont démontré que l’efficacité de celui-ci n’est pas optimale en cas d’impact et que piétons et automobilistes ont statistiquement plus de chances de vivre un traumatisme au niveau de la tête, je mets mon casque. Parce que je me sens vulnérable.

La bicyclette demeure malgré tout mon moyen de transport favori durant la période estivale. C’est économique, efficace, écologique et c’est surtout l’ultime moyen pour profiter de et découvrir la ville. 

Ne reste que ce foutu sentiment de merde qui remet en question ma perception de Montréal comme étant une ville bike-friendly. Les médias nous la décrivent comme telle : 4-5 supports à vélo design font leur apparition sur le Plateau et Montréal devient la capitale du cyclisme en Amérique du Nord. Rappelez-vous l’engouement pour le projet Bixi. Avec le recul, je ne suis pas si certain que c’est un succès sur toute la ligne. On célèbre en grande pompe chaque nouvelle piste cyclable et on fait des pirouettes quand un commerce devient «accessible à vélo».

Montréal est-elle une ville aussi bike-friendly qu’on la décrit? Voici 10 raisons qui me font douter.

1-Les portières  
Cauchemar #1 du cycliste urbain. Seulement dans mon entourage, 2 personnes ont été victimes de la négligence d’automobilistes qui n’ont pas pensé à regarder le rétroviseur avant d’ouvrir la porte. Cette pratique est sanctionnée par le Code de la Sécurité Routière : 30$ d’amende. Je vous laisse imaginer les blessures qui peuvent en résulter. Le mieux c’est d’en parler, pour que tous prennent l’habitude de le faire, un peu comme les angles morts. Je m’inclus dans le lot, regardez vos rétros! Mention spéciale à la rue St-Denis, je ne sais pas comment les cyclistes font pour rouler là entre le trafic et les voitures stationnées.

2-Les passages priorité vélo 
Les automobilistes ne respectent aucunement ce genre de signalisation. Zéro pis une barre. La plupart du temps, ils ne savent même pas qu’ils existent. Pour les passages piétonniers, je dirais que le principe des lignes jaunes commence tranquillement à être intégré. Pour les vélos, ça attendra faut croire. La piste cyclable Henri-Julien dans Villeray et celle sur Brébeuf dans le Plateau sont particulièrement dangereuses pour ceci. Une intervention policière serait souhaitable pour faire respecter les passages prioritaires.

3-La répression  
Parlons-en, de la police. Pour le non-respect des feux de signalisation qui fait tant rager les automobilistes, les amendes sont distribuées de manière très aléatoire. Tout cycliste voulant être moindrement efficace tentera de ne pas s’arrêter. Mais ceci est un autre débat. La plupart du temps, lorsqu’il y a une pièce d’équipement défectueuse sur une auto, les agents de la paix émettent un avis qui donne un délai pour changer la pièce. Est-ce que c’est la même chose pour les freins arrières et réflecteurs des cyclistes? J’ai plutôt l’impression que les policiers ont le réflexe du pad à ticket plus rapide quand il y un pédalier impliqué.

4-Les pistes cyclables  
Celles-ci sont très achalandées en heure de pointe et il s’y forme des files d’attente. Les usagers finissent par se rabattre sur les rues avoisinantes.  Aussi, il y a certains corridors assez peu desservis. Vous êtes au centre-ville et voulez aller vers le nord aux alentours du boulevard Saint-Laurent? S’il est 3h15, il y a de fortes chances que vous vous retrouviez en train de zigzaguer entre les taxis sur la main. 

Il n’y a pas suffisamment de pistes cyclables, elles ne sont pas bien entretenues, elles sont souvent encombrées, la signalisation est déficiente, l’éclairage est déficient, elles mènent parfois nulle part, en voulez-vous plus?

5- Stéphane Gendron 
Il écrivait un billet sur le Huffington Post la semaine dernière. Pour lui, les vélos ne sont que de potentiels risques d’accident. La route c’est fait pour les voitures et l’économie, lire ici : les camions qui transportent des marchandises. Je ne m’attendais à rien de moins de la part de ce mononcle frustré. Il décrit exactement le paradigme qui doit être changé. Il a un discours totalement déconnecté de la réalité montréalaise actuelle et si ça se trouve, il n’a jamais pédalé sur l’île. Il est bien triste de constater que ses propos dignes de radios-poubelle trouvent des échos et soient partagés.

6- Les vols
Évidemment. Total fléau. Le cycliste montréalais capte bien assez vite qu’il doit s’acheter un cadenas de qualité ($$$) et bien barrer sa monture. Si ce n’est pas le vélo au complet, ce sera une roue ou la selle. Victime de deux vols, je ne prends plus de chance, je le rentre chez moi. Le plus frustrant dans ces incidents a été le manque total d’empathie de la part du Service de Police de la Ville de Montréal. J’ai porté plainte dans les deux cas et à chaque fois on s’est contre-crissé de ma situation. J’avais vraiment l’air de déranger l’agent assis derrière le comptoir. C’est en remplissant une déclaration pour vol de vélo qu’on saisit le peu de chances de le retrouver. Surtout, si l’on se fie au SPVM. 

7- Le stationnement
Les voleurs n’étant pas assez nombreux, on apprenait récemment que la Ville de Montréal retirait les vélo du mobilier urbain. Oui, c’est illégal de stationner votre vélo sur le poteau de stationnement. Où le barrer alors? J’aimerais bien avoir réponse à cette question. Les endroits sécuritaires manquent cruellement. Certaines initiatives qui ont eu lieu lors de grands rassemblements (Jazz, Francos) m’ont étonné par leur efficacité. Dommage que ces solutions ne soient qu’éphémères. On voudrait plus de supports à vélos.

8- La construction
Bien entendu, ça touche tous les usagers de la route. Souvent par contre, le cycliste est oublié dans le réaménagement des voies. Dans certains cas, il faudra faire un détour immense pour pouvoir passer à un endroit. Dans d’autres, il n’y aura aucune charretière de trottoir. Avec les immenses nids-de-poule, les plaques de métal et les trous béants, il devient carrément dangereux de circuler où il y a des travaux. Je ne sais pas si vous êtes passés sur Saint-Laurent près du viaduc Van Horne récemment. On nous a promis une piste cyclable ultra sécuritaire. C’est carrément la pagaille de ce côté présentement. Personnellement, je passe très souvent au coin Lajeunesse et Gouin pour le boulot. Il manque une jonction de 100 mètres de piste cyclable pour se rendre au pont Viau. Il n’y a pas eu d’activité dans ce secteur dans les derniers 3 mois. Faudrait que ça bouge.

9- Pas de vélos dans les parcs
On apprenait récemment l’intention de la ville de restreindre la circulation des vélos dans les parcs Jeanne-Mance et La Fontaine. Comme si c’était ça le vrai problème. Aménagez des voies cyclables qui ont de l’allure aux abords des parcs et personne ne sentira le besoin d’aller rouler dans le parc. ALLÔ!

10-Les préjugés sur le vélo en hiver 
Le ministre des transports, monsieur Robert Poëti, songe à l’interdire. Son argument : c’est dangereux. Avec la même logique, il devrait être interdit de sortir de chez soi l’hiver. Vous pourriez tomber. Pensez-y bien. Avec ce gars comme capitaine du bateau des transports, ce n’est pas demain la veille qu’il y aura des changements en faveur des cyclistes. Les gens qui font du vélo l’hiver sont des guerriers. Chapeau bas. Faisons donc en sorte qu’ils puissent utiliser la route comme bon leur semble et ce, de manière sécuritaire.

Il y en a un paquet de choses que j’aurais pu nommer dans ce texte. Le but n’est pas de remettre de l’huile sur le feu entre cyclistes et automobilistes. Le procès des cyclistes pourrait très bien être fait. Ils ne sont pas assez visibles, roulent à contre-sens, se baladent avec des écouteurs. Personne n’est irréprochable, il y a des améliorations à faire de chaque côté.

Mon portrait paraît sombre, mais je continue à pédaler à Montréal. C’est pas l’enfer, mais c’est loin d’être le paradis. J’ai juste hâte au jour où je pourrai proposer à ma mère de m’accompagner dans mes déplacements en ville. Ce jour-là, le sentiment aura disparu. Ce jour-là, des gens de tout âge seront sur la route. J’ai hâte au jour où le vélo sera considéré comme un réel moyen de transport et non pas seulement un hobby. Ce jour-là peut-être que Montréal sera vraiment bike-friendly. 

Crédit photo: Robert Couse-Baker
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http://urbania.ca/blog/5282/le-registre-10-raisons-qui-font-que-montreal-nest-pas-tant-bike-friendly-que-caThu, 14 Aug 2014 09:14:12 EDTDonavan Lauzonvélole registrebloguehttp://urbania.ca/blog/5282/le-registre-10-raisons-qui-font-que-montreal-nest-pas-tant-bike-friendly-que-ca
L'habit ne fait pas le moine - Portraits de Montréal

















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http://urbania.ca/blog/5278/lhabit-ne-fait-pas-le-moine-portraits-de-montrealWed, 13 Aug 2014 13:50:00 EDTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5278/lhabit-ne-fait-pas-le-moine-portraits-de-montreal
Heureux les fêlés, ils laissent entrer la lumière!

L’autre soir, mon amie Évelyne nous a invités à souper, une partie de la gang du secondaire. En ouvrant la porte, tablier sur le dos et cheveux enfarinés, elle a déclaré de sa voix nerveuse –avant même de nous embrasser : « J’aimerais tellement ça être une hôtesse parfaite! ». Phrase qu’elle a répétée à plusieurs reprises durant la soirée. Notre amie venait de lire un bouquin sur l’art de recevoir et elle souhaitait mettre ses nouvelles connaissances en pratique avec nous – sans savoir si elle y arriverait (elle est comme ça, Évelyne, elle doute et elle verbalise ses doutes.) 

Ce soir-là, le sort s’est acharné. Évelyne a cramé les pizzas des enfants; elle a marché sur la main du bébé d’Isabelle (provoquant des pleurs horrifiés!), a raté sa recette de saumon et, avant le dessert, elle a dû sortir de table, soudain livide, prise de nausées et de vertiges – incapable de s’endurer ailleurs qu’assise sur le plancher froid (je soupçonne son saumon d’avoir été avarié). Isabelle, Jean, Nathan et moi avons fini de manger (en tassant le saumon), lavé la vaisselle, et nous sommes repartis, après avoir aidé Évelyne à se mettre au lit. Avec une boule de tendresse au fond du cœur pour notre « hôtesse parfaite ». Le contraste était tellement frappant entre ce qu’elle avait voulu être et ce qu’elle avait été! 

Et je pose la question : qui veut d’une Martha Stewart quand on peut avoir une Évelyne parmi ses amies? C’est tellement plus drôle!

J’ai plein de « personnages » autour de moi. Des gens que j’aime pour leurs qualités extraordinaires, mais aussi (et surtout?) parce qu’ils sont imparfaits, pétris de contradictions, faillibles, fragiles, colorés. Est-ce que j’aimerais autant mon ami d’enfance Jean, par exemple, cardiologue et chercheur académique à succès, riche, beau et marié (c’est fatigant, non?), s’il n’avait pas ses maladresses sociales parfois gênantes, son insatisfaction chronique, sa peur de vieillir, ses petites pointes de vanité, une conscience d’être workaholic et trop ambitieux et l’incapacité de changer? Clairement non. J’aime Jean parce qu’il est Jean, un humain fascinant et merveilleux. Je ne changerais pas un poil de Jean. Même si des fois il m’énerve!

Est-ce que j’aimerais autant mon amie Nadia, avocate brillante et sérieuse qui s’habille en tailleurs, si je ne connaissais pas ses drames intimes – son désir d’enfant, sa relation un peu tordue avec sa mère, dont on parle chaque fois qu’on lunche ensemble dans le quartier chinois, quand elle enlève sa carapace de superwomen et me montre son beau visage fragile aux lèvres vieux rose et aux yeux noirs qui se mouillent à rien? Claro que no. J’aime Nadia pour sa sensibilité à fleur de peau cachée derrière son assurance. J’aime Nadia parce que mon cœur ramollit de tendresse quand je pense à elle. Il faudrait bien que je lui dise, d’ailleurs.

Je parlais de cela, l’autre jour, avec ma cousine Sandra et sa blonde Joëlle, qui me recevaient à souper. Des défauts et des failles des uns et des autres, qui nous les rendent si charmants et attachants. Joëlle, elle, est persuadée qu’on tombe amoureux d’une personne bien plus pour ses défauts que pour ses qualités. « T’sé, les qualités des gens se ressemblent beaucoup : ils sont attentionnés, généreux, honnêtes, fiables… Mais les défauts, les failles sont vraiment uniques à chacun. » Pour elle, par exemple, la tendance hypocondriaque de sa blonde la lui rend vraiment trop adorable! Et pour Sandra, le fait que sa copine soit incapable de se munir d’un portefeuille, qu’elle traîne cartes et argent lousses dans ses poches et les perde tout le temps est insupportable… mais craquant! 

Je leur parlais de Nouveau Chum, dont, après quelques mois d’éblouissement devant ses qualités et talents, je découvre aussi – c’était prévisible – les défauts. Nouveau Chum est en effet un peu contrôlant dans la cuisine (on ne coupe pas les concombres n’importe comment!), il est orgueilleux (pour des choses surprenantes – il ne supporte pas de s’être mal exprimé, par exemple) et il s’emporte parfois de façon un peu exagérée sur des sujets comme la vaccination (« ceux qui ne font pas vacciner leurs enfants sont des inconscients et des égoïstes, qui refusent la science! », a-t-il en somme déclaré dans une envolée d’un quart d’heure aux accents véhéments devant mon amie Anna qui… n’a pas fait vacciner ses enfants et qu’il rencontrait pour la première fois – petit malaise). 

Nouveau Chum a, derrière une apparence de gars fort qui sait où il s’en va, une fragilité que j’ai perçue tout de suite dans son regard et qui me l’a rendu touchant. Cela lui vient – je le sais maintenant – de son enfance, de parents pas toujours adéquats même s’ils ont fait leur possible, d’une histoire familiale poignante quand on remonte jusqu’à ses grands-parents (blessures de guerre, maladies, mort prématurée), de choix qu’il a faits dans sa vie à lui et qui ne le rendent pas toujours heureux. Il connaît et reconnaît ses défauts et ses failles, il travaille avec... 

L’autre jour, j’ai entendu un psychanalyste dire cette phrase à la radio : « On tombe amoureux d’une personne pour sa cicatrice. Et pour la façon qu’elle a d’être avec cette cicatrice et de se guérir. » J’ai trouvé ça tellement beau. Et juste. C’est ça. Et ça s’applique aussi à l’amitié, je trouve. 

C’est juste ça que je voulais dire dans ce billet finalement. 

Mais revenons quand même à la conversation avec Joëlle et Sandra, que je n’ai pas fini de raconter. Je leur parlais des petites failles et défauts de Nouveau Chum quand Joëlle, un peu saoule, a lancé : « De toute façon, Émilie, tu sais bien que ne pourrais pas être avec quelqu’un de pas névrosé. Tu l’es bien trop toi-même! » Sur le coup, ayant bu trop de vin blanc moi aussi, j’ai eu un peu envie de pleurer (me faire traiter de névrosée! Et mon chum avec, franchement!). Puis, Joëlle s’est si bien dépatouillée que j’ai fini par la croire quand elle a juré qu’elle me faisait, par là, un compliment (et à mon chum aussi, du coup). Des failles, elle a raison, j’en ai des pas pires, moi aussi. Et savez-vous quoi? Je pense que je vais aller m’en faire un collier. 

Émilie, des RoseMomz
Illustration: Pierre-Nicolas Riou
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http://urbania.ca/blog/5279/heureux-les-feles-ils-laissent-entrer-la-lumiereWed, 13 Aug 2014 11:45:00 EDTLes RoseMomzfêlésroseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5279/heureux-les-feles-ils-laissent-entrer-la-lumiere
Le mot du Président : On veut des cours d'éduc

On nous répète depuis plusieurs années déjà que la condition physique de la jeunesse se détériore, de même que sa concentration en classe, mais les cours d'éducation physique sont encore au nombre absurde de un par semaine. Pourtant, il semble de plus en plus évident que c'est par l'activité physique qu'on se maintient en forme et attentif.

On peut donner des explications, tenter de se lancer dans des justifications logistiques, dire qu'il faut aussi allouer du temps aux autres matières. Rien n'y fait. Pour moi, c'est être dans le déni.

On ne peut pas considérer la connaissance de quoi que ce soit comme plus importante que la santé. Je ne vois pas dans quel contexte il serait préférable de sacrifier sa santé en échange de connaissances. À long terme, il est évident que c'est une mauvaise stratégie.

Les jeunes passent tellement de temps à l'école. L'hiver, tu pars de chez vous et il fait noir, et puis plus tard quand tu repars chez vous il fait noir à nouveau. Soit, faire de l'activité physique en-dehors de l'école est possible et certainement souhaitable, mais quand tu passes la majorité de ton temps assis dans des salles de classe éclairées au néon, c'est un peu plus compliqué.

Je me souviens comment c'était. Les cours d'éducation physique, c'était comme le happening de la semaine. On avait plus souvent des cours de FPS que des cours d'éduc. Le résultat est simple et prévisible : les jeunes qui ont naturellement plus de facilité et de plaisir à faire de l'activité physique ne sont pas affectés sérieusement, mais les jeunes qui ont plus de difficulté stagnent et le cours d'éduc hebdomadaire ne leur est pas réellement utile. Simplement parce que ce n'est pas assez.

Être en bonne forme physique, c'est quelque chose qui nécessite de la discipline et une forme d'engagement. Ça ne peut pas être quelque chose que l'on fait accessoirement. Sinon, ce n'est pas sérieux. Et à mon humble souvenir, c'est pas mal ça que ça donnait. Les cours d'éduc étaient souvent une sorte de foire où les plus turbulents couraient partout et où ceux moins en forme faisaient une heure de participation passive, comme un sketch dans lequel tu fais bizarrement semblant de faire du sport.

Comme dans toute chose, la pratique est la clé du succès. Et l'école échoue présentement de manière lamentable à donner un exemple pédagogique à cet effet à la jeunesse. Le plus ridicule, c'est qu'il ne s'agit pas de régler un problème dont la compréhension nous échappe ou dont les ressources nécessaires pour le régler sont inaccessibles ou trop coûteuses. Un cours d'éduc par jour. Tous les jours. Point. C'est pas si compliqué que ça pour vrai...

On dépense des millions de dollars pendant des années pour faire la Réforme, on s'aperçoit des échecs, on recommmence, on rééssaie de plus belle, vous connaissez la longue histoire du fiasco de cette réforme scolaire. Bref, quand on prend cela en compte, on ne peut que se demander pourquoi des efforts aussi soutenus ne sont pas mis en marche afin de rendre le cursus scolaire responsable vis-à-vis la santé et les habitudes de vie des étudiants. Encore une fois, c'est le fait que les jeunes passent autant de temps à l'école qui rend l'activité physique planifiée et fréquente nécessaire, car même s'ils font du sport la fin de semaine ou un soir de semaine, ce ne sera probablement pas assez pour réellement se maintenir en santé. Surtout pour des jeunes en pleine croissance et en plein développement, se maintenir en santé et en forme veut également dire bouger à tous les jours.

C'est précisément cela que le ministre de l'Éducation Yves Bolduc semble avoir de la difficulté à comprendre lorsqu'il explique pourquoi il n'y aura pas une augmentation du nombre d'heures consacrées aux cours d'éducation physique : « Pour moi, ce qui est important, c'est de leur donner surtout la culture de l'exercice. Et de continuer, pas juste en classe, mais tout le temps. On est d'accord, ça passe par l'école, mais ça passe également par un environnement physique par lequel ils peuvent faire de l'activité physique, ça prend des parents qui les encouragent. » Monsieur Bolduc, on ne peut pas inculquer la culture de l'exercice à des jeunes en ne leur présentant pas l'exercice comme quelque chose d'important sur une base quotidienne. Vous dites que vous aimeriez bien ajouter des cours d'éducation physique, mais qu'il n'y a pas de place pour apporter un tel changement. Honnêtement, votre sens des priorités est à remettre en question si vous pensez vraiment qu'il n'y a pas de place pour prendre au sérieux et tenter de régler un des plus graves problèmes de santé qui touchent l'ensemble de la jeunesse...
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http://urbania.ca/blog/5280/le-mot-du-president-on-veut-des-cours-deducWed, 13 Aug 2014 09:36:47 EDTOgden Ridjanovic aka Robert Nelson, Président de la République libre du Bas-CanadaPLQsanté publiqueéducationéducation physiquebloguehttp://urbania.ca/blog/5280/le-mot-du-president-on-veut-des-cours-deduc