Urbania - accueilhttp://urbania.caTurbulent Media RSS Builder v1.0http://www.rssboard.org/rss-specificationMon, 26 Jan 2015 01:23:02 EST60Comme « Mange, prie, aime », mais avec des avions téléguidés à LisbonneCet été-là, ma chum de fille Marie et moi, on avait de l’ambition plein le palazzo. Quoiqu’il advienne, début mai, on paqueterait nos petits et on s’envolait vers Londres pour se la jouer Lady Di (sauf la partie dans le tunnel à Paris). La grande aventure. Une aventure tellement adventurous qu’on ne s’était pas bâdrées de se chercher un emploi ni de se trouver logis, avant de partir. Des hippies de type Rock et Rolland; attachantes, mais un peu ordinaires par bouttes.

Ça fait qu’une fois arrivées aux Angleterres avec nos pantalons fripés et notre accent du bas de la ville, on a, et ce à notre grand étonnement, pas fait exactement fureur sur Piccadilly Circus. Dur dur. L’orgueil en petit tas dans le fond du backpack, nous nous sommes donc résolues à travailler dans un pub enfoui dans la campagne anglaise et à dormir dans un taudis avec des Australiens, des Sud Africains, des étranges et le plus bel Anglais que la terre ait pondu. Je vous en reparlerai certes un jour.

Toujours est-il qu’à la solde de cet été grandiose à me faire donner des tite tapes sué fesses par le barman de la place et à ramasser des butchs de cigarette avec une pelle, Marie et moi, on avait accumulé trois sous. Les trois sous les plus scintillants et les plus remplis de promesses de tout le screening du Yorshire, je vous en passe un papier. Et je vous dis qu’on voyait grand, à part ça. L’Écosse. L’Irlande. LE ROYAUME UNI ET SES SUJETS. On se voyait déjà verdir nos running shoes blancs à marcher dans les grand’ prairies qui embaument le celtisme et le Michael Flatley.

On a toutefois vite constaté que notre petite bourse vide et tachée de gravy ne nous permettrait pas d’aller faire nos smattes à Stone Edge, ni même de se payer un cornet deux couleurs entre deux trucks à York. On a donc tourné la page, un avion a déchiré le soir et on s’est retrouvées à Lisbonne, sans trop comprendre ce qui s’était passé. Convaincues que le portugais, c’était de l’espagnol avec des « ao » à la fin, ça goûtait le métal dans notre bouche et nous étions très, très blanches avec pas de crème solaire dans le baluchon. Des conditions gagnantes.

Vous savez, cette impression gripette que le monde nous appartient quand on découvre un pays pour la toute première fois, libres et un peu trop jeunes pour se préoccuper de l’Espace cellier? Je donnerais n’importe quoi pour revivre ça. On dirait que passé un certain âge, et je pense que ça se produit au moment précis où tu vas chercher tes numéros de taxes dans le sous-sol épeurant de la pyramide olympique, cette innocence s’évanouit. Cette nonchalance de la moustache qui aurait besoin d’un bleach, mais qu’on laisse roussir. Le « j’ai pas de bikini, mais check-moi ben découper des triangles dans ma bâche et les relier avec un peu de corde à brêler, y croiront pas à ça à Lagos ». Eh bien ça me manque.

Et l’auberge de jeunesse que nous avions réservée au hasard n’était pas une auberge de jeunesse. C’était UN PALACE où une vieille dame bienveillante nous avait attitré une suite avec des tables de chevet et qui, pendant qu’on partait manger des pastéis de Belém (d’enchanteresses petites tartelettes à la crème avec le dessus brûlé pour lesquelles tu tuerais des marcassins à mains nues, je te le promets), lavait nos caneçons avec une vieille planche antique ET LES REPASSAIT. Pour une raison qui nous échappait, d’ailleurs, la vieille dame semblait nous avoir adoptées; ça ou elle passait ses veillées à respirer puissamment nos fonds de culottes en se rappelant les années folles. L’un comme l’autre, ça nous allait.

On ne comprenait pas tout ce qui se passait, mais mon dieu qu’on était heureuses. Même pauvresses, on se sentait si riches. Et pour souligner notre félicité, toute occasion était bonne pour prendre un petit verre. Mais surtout, pour se rappeler de ne pas aller visiter le musée de l’électricité.

Eille. Tu traverses un océan pour aller manger des grillades et te faire bronzer les pomélos à l’air, JE T’INTERDIS DE VISITER LE SAPRISTI DE MUSÉE DE L’ÉLECTRICITÉ DE LISBONNE. Auqué? Y’a toujours ben des maudites limites. Et on essayera de te le vendre. Oh! qu’on va essayer.

Monte plutôt sur le toit de ton auberge, dans le pire, fais jouer du Manu Chao et ouvre-toi une bouteille avec un tournevis et les bras d’un touriste américain qui pense qu’il va se tenir avec vous-autres. Prends quelques verres, mange des olives, joue une petite partie de canasta et monte dans le premier train venu.

LE PREMIER VENU, JE TE DIS.
Le genre d’affaire que tu ferais pas à Laval, mais qui t’apparaît comme une bonne idée, dans un pays où tu communiques en gestes et en expressions de désarroi.

Festives, nous étions. Et nul doute désagréables pour les autres passagers, ça oui. Mais comme toute personne qui hurle son petit rouge pour converser, on était loin de se rendre compte de tout le désagrément qu’on incarnait dans le wagon. Mais un petit monsieur, lui, l’a vite remarqué.

Casquette de jeune golfeur des années 30 vissée au crâne, le vieillard était plus guilleret que Francine Ruel quand elle respire les pages d’une biographie qui vient tout juste de sortir. On ignorait pourquoi, mais le monsieur semblait conquis par notre étiquette un peu bancale et notre exotisme de Nouvelle-France, je n’aurais su dire.

Toujours est-il qu’après nous avoir écoutées papoter-pactées de l’homme éléphant qui quêtait sur la place Rossio et de toute la misère qu’on éprouvait à saisir quand est-ce que, calvaire, on devait finir « Obrigado » en  « o » ou du « a » selon la présence de jupon (ou pas) au bassin de l’individu fluent, il nous a abordées.

De son sémillant anglais, le nonagénaire Portugais avait capté tout le dynamisme de la folle jeunesse qu’on incarnait, et il avait un plan: nous céder sa business.

De même, sur le fly.

C’est que depuis les (Sylvain Cossette) seventies, ce bon monsieur opérait la très lucrative entreprise de vente d'avions miniatures et voiturettes téléguidés, de toutous pis de virevents aux touristes écartés de Lisbonne.

« Good business. Good life. I SPEAK THE TRUTH!! » qu’il nous répétait sans cesse en faisant aller ses petites épaules, tellement il était heureux d’avoir trouvé succession à son labeur. J’ignore encore si on se trouvait dans un remake de la dangereuse intro de Taken avec Liam Neeson (où les petites sottes un peu pactées se font enlever pour finir dans un sous-sol russe avec un coat jeans en diamants), mais ma chum de fille et moi fûment hautement aguichées par l’opportunité d’affaires qui s’offrait à nous.

Des horaires flexibles. Des touristes qui repartent avec un morceau de patrimoine important (et, accessoirement, un avion-réguine qui va casser dans le scan des douanes) et la possibilité, entre nos shifts, de passer le journal sur la place Rossio et de tisser des liens avec l’homme éléphant. LA GOOD LIFE.

Nous étions sur le point de signer (sans stylo ni contrat, mais d’un mouvent accéléré de sourcils complices), quand une charmante dame avec une blouse autoritaire et un permanent hostile nous a demandé nos billets. Oh, on avait nos billets. DES BILLETS FICTIFS. Vou savez, ceux qu’on fait semblant d’avoir jusqu’à ce que ça devienne lourd dans la conversation?

Ça fait qu’on a dû écourter nos projets de business de virevents pour débarquer vite fait à la prochaine station, gravelle dans la gougoune avec un restant de tartelette dans un cellophane et nos tickets fictifs pour une belle grand' marche.

Aujourd’hui, quand mes yeux se posent sur une bouteille de Portugais (ou le Portugais qui fait des sandwichs à la poule sur St-Laurent), il me vient l’envie de me découper triangles de feutrine, de relier tout ça avec du fil de soie et de me faire croire que j’ai treize ans, bientôt 30, et que la semaine à venir sera pas piquée des vers.

La bise.]]>
http://urbania.ca/blog/5485/comme-mange-prie-aime-mais-avec-des-avions-teleguides-a-lisbonneFri, 23 Jan 2015 10:00:00 ESTCatherine EthierPortugalRespirer des caneçons comme dans les années follesLisbonnePastéis de Belémmusée de l'électricitévireventsavions téléguidésI SPEAK THE TRUTHgood lifebillets fictifsbloguehttp://urbania.ca/blog/5485/comme-mange-prie-aime-mais-avec-des-avions-teleguides-a-lisbonne
That's it, je suis parti dans le sud! - Portraits de Montréal











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http://urbania.ca/blog/5596/thats-it-je-suis-parti-dans-le-sud-portraits-de-montrealWed, 21 Jan 2015 14:00:38 ESTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5596/thats-it-je-suis-parti-dans-le-sud-portraits-de-montreal
L’amour lucide

J’ai une amie dont je suis très proche, mais que je vois rarement. Quand on se retrouve, on se paye la traite dans un resto chic. Et on rattrape le temps perdu. La dernière fois, le rattrapage a été intense. J’étais TRÈS en retard dans les nouvelles.

Dès la troisième gorgée de kir, Sylvie m’a avoué mener une double vie depuis plus d’un an! J’ai failli recracher mon vin... Elle trompe son chum, elle a un amant, un amoureux secret, et par le fait même, tout un pan de vie que ni ses enfants ni son chum ne connaissent. Évidemment, c’est pas la première fois que je tombe des nues en apprenant des choses sur un couple que j’imaginais parfait (ah, les maudits couples modèles!).

Son chum, dans tout ça? Appelons-le Louis. C’est un homme pour qui elle a toujours eu, et a encore, le plus grand des respects, de l’admiration, dont elle ne parle jamais en mal, qui reste son partenaire de vie et le père adoré de ses enfants. Mais. Elle est tombée amoureuse. Follement. À en perdre la tête. D’un homme marié lui aussi.

Sylvie pense que Louis se doute de quelque chose. Mais il ne pose pas de questions.

Il y a plusieurs années, un jour qu’ils parlaient d’un couple d’amis qui venaient de se laisser pour cause d’adultère, Louis a dit à Sylvie qu’il croyait que l’amour ne devait pas mener à la possession, qu’il savait qu’elle était une femme passionnée, qu’il pouvait concevoir qu’un jour, elle tombe amoureuse de quelqu’un d’autre, et que si ça arrivait, il ne lui interdirait pas cet amour. Que ce serait à elle de juger si elle devait le lui avouer ou non, le quitter ou pas.

Vous le trouvez niaiseux ou progressiste? Moi, les mots qui me viennent sont « grand » et « sage ». Louis n’est pas un partisan de l’amour libertaire, genre tout le monde couche avec tout le monde. C’est pas de cet ordre-là. Je pense que c’est une connaissance profonde de la nature humaine, et de sa blonde, qui l’a mené à cette réflexion. Moi, ça me touche.

De mon bord, redevenue célibataire après des années en couple et la concoction de trois enfants, je découvre l’amour et ses multiples complications tel qu’il se vit dans la quarantaine. Et au XXIe siècle. J’ai perdu beaucoup de naïveté (quoique)… Et je découvre que le monde des rapports amoureux s’est transformé pendant que j’avais la tête ailleurs, à changer des couches, à préparer des lunchs pis à faire du yoga pour me remettre en forme.

On est dans une société du toujours plus, de surconsommation, où on a peur qu’il se passe quelque chose quelque part pendant qu’on n’y est pas. Je ne suis pas la première à faire le lien avec nos vies amoureuses. Et les manières d’entrer dans une forme d’intimité avec quelqu’un sont décuplées avec les courriels, textos, sextos, retrouvailles d’anciennes flammes via FB. Rester parfaitement monogame est un défi de tous les instants. On a aujourd’hui une image romantique, passionnelle, de l’amour qui n’est pas toujours compatible avec la vie de couple « pour le meilleur et pour le pire » à laquelle on s’accroche pourtant.

Et il s’en passe-tu des affaires en cachette! Parmi mes ami-e-s, je suis pas sûre de pouvoir nommer une seule personne qui n’ait jamais trompé un conjoint, ou été la maîtresse ou l’amant de quelqu’un de matché. Ah oui, j’en vois un, quand même. Qui le prétend, du moins.

On peut voir ça de trois façons. A) Coudonc, on est donc ben dépendants de nos pulsions, on peut plus se refuser un seul plaisir, ça a pas de bon sens, blabla. B) La vie est plus longue qu’avant, on croise plus de gens, virtuellement ou en vrai, pourquoi ne pas accepter de se laisser atteindre par plus d’une personne? Pourquoi se fermer les yeux et croire à la monogamie prolongée pour tous? C) J’ai des amis dépravés.

Mais d’enivrements en regrets, de résistance en capitulation… On se retrouve avec des drames, des blessures profondes, des douleurs terribles. Est-ce vraiment nécessaire?

Mon ami Martin fréquente des sites de rencontres gais. Il y croise des tas de gars en couple « ouvert ». Des gars qui aiment encore profondément leur conjoint, mais pour qui le désir n’est plus de la partie ou qui, se connaissant eux-mêmes, n’ont jamais privilégié l’exclusivité. Une de ses dates lui a dit : « Je trouve niaiseux les couples qui se laissent juste parce que le désir a foutu le camp. Quand on a bâti une grande complicité, qu’on se connaît par cœur, pourquoi se laisser juste à cause du cul? » C’est une vision des choses.

Quand j’ai découvert que mon ex me trompait depuis un bon bout de temps, je l’ai mis à la porte illico. Ce qui m’a le plus abimée, ce sont les mensonges, pendant des mois, plus que la couchette. Je pense. Ai-je été trop vite sur la gâchette? Aurais-je dû essayer de comprendre ce qu’il vivait, ce qui l’avait poussé là? 

Je sais pas. C’est du passé. Mais ça a cassé quelque chose en moi. Et aujourd’hui, je sais pas si j’ai encore le désir de vivre en couple, si on entend par ça une relation exclusive. Et l’histoire de Sylvie a été une sorte de révélateur pour moi. Du jour au lendemain, j’ai juste pus été capable de comprendre notre fixation sur la fidélité. Dire à l’autre « si tu m’aimes, tu es à moi, et pour toujours » me paraît tout à coup dénué de sens.

J’ai rencontré plusieurs gars depuis ma séparation. Je suis pas tombée amoureuse. Mais ils m’ont tous touchée, en s’ouvrant à moi, en me montrant leurs failles, leur poésie. Je pense qu’un cœur, c’est grand et que ça peut contenir rien qu’en masse. J’ai l’impression d’avoir de l’amour à donner, sous tellement de formes. J’ai des envies de grandeur. J’ai le désir de vivre de vraies belles histoires, qui ne s’excluent pas, qui ne se font pas d’ombre les unes aux autres.

Mais. Je ne sais pas si je serais capable d’accepter la même liberté de l’autre bord. Et, me connaissant, j’aurais sans doute peur de faire mal à quelqu’un en chemin. Ou peut-être que je dis ça juste là là, et que si je tombais amoureuse demain matin, je pitcherais tout ça au bout de mes bras et rêverais de mariage, pour le meilleur et pour le pire.

Finalement, je suis peut-être encore naïve, mais je me demande si je ne suis pas un tout petit brin plus lucide.

Brigitte, des RoseMomz
Illustration: Pierre-Nicolas Riou

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http://urbania.ca/blog/5595/l-amour-lucideWed, 21 Jan 2015 10:20:44 ESTLes RoseMomzroseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5595/l-amour-lucide
Plein d'ateliers pour tout le monde à l'UdeM
Ce billet est présenté par les Activités culturelles des Services aux étudiants de l’UdeM.

Pendant mon baccalauréat, j’ai rencontré un paquet de gens allumés, autant de professeurs que d’étudiants.  Je me suis impliqué dans mon association étudiante et j’ai même fait faire des tuques aux couleurs de l’Université sans avoir vraiment eu d’autorisation. L’UdeM, c’est aussi le Carnaval, les Carabins, la FAÉCUM, la Maisonnée, les films au pavillon J.-A.-DeSève, les meilleurs cafés étudiants, le repas spécial cabane à sucre chez Valère, les sandwichs du Bistro de Paris, le party du 2e étage et j’en passe.

Bref, il n’y a pas grand chose que je n’ai pas fait sur le campus de l’Université. J’y retourne pour les visites chez le dentiste et pour faire mon émission de radio à CISM89,3. J’essaye de faire en sorte que les deux ne tombent pas la même journée. Ça parle un peu moins bien quand on a la yeule gelée.

En fait, il a un truc que je n’ai pas fait et qui m’a toujours intrigué. Dans les journées portes ouvertes, il y avait toujours les ptites  madames de la table des Activités culturelles qui attiraient mon attention. En gros, il s’agit d’un éventail de cours (genre 140!) dans de multiples domaines qui sont offerts par l’Université pour stimuler la créativité et favoriser le bien-être de sa population estudiantine. Les ateliers sont ouverts au grand public mais offre, bien entendu, des taux plus avantageux aux étudiants. 

Les Activités culturelles des Services aux étudiants proposent donc des ateliers de langue, de nombreux ateliers de musique (individuel ou en groupe), des ateliers de cinéma et d’arts visuels. Plus personnellement, je serais bien intéressé à devenir un maître du Photoshop en prenant des ateliers d’initiation au graphisme. J’aurais peut-être des envies de ressortir mon appareil réflex pour un atelier de photographie  ou de retouche d’image. L’atelier de création de musique électronique avec Ableton Live a l’air assez viré sul top. J’ai toujours rêvé de devenir DJ. Si j’étais game, je pourrais même me remettre au breakdance avec un atelier de hip hop. Cependant, je n’aurai pas besoin d'ateliers de crochet, puisque je suis déjà au sommet de mon art avec plus d’une cinquantaine de tuques et un bikini à mon actif. 

L'atelier de yoga pour musicien n’est pas complet. Guitariste courbé? Trompettiste en manque de flexibilité? Violoneux anxieux? C’est votre chance!

Blague à part, ces nombreuses activités «parascolaires» sont offertes par des professeurs compétents dans un environnement des plus stimulants. Ça peut être un excellent moyen de se désennuyer, de rencontrer des gens et d’acquérir des compétences complémentaires dans un domaine différent de notre champ d’études. 

Si vous hésitez à faire un changement de carrière ou de domaine d’études, un atelier du soir avec les Activités culturelles de l’UdeM peut être un moyen de valider votre choix. On n’est jamais trop versatile. Les inscriptions pour la session d’hiver 2015 sont en cours. La plupart des ateliers débutent à la fin du mois de janvier. On peut même effectuer des recherches en fonction de notre horaire personnel. Renseignez-vous sur la page des Activités culturelles des Services aux étudiants de l’UdeM.


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http://urbania.ca/blog/5590/plein-dateliers-pour-tout-le-monde-a-ludemMon, 19 Jan 2015 14:48:15 ESTDonavan Lauzonbloguehttp://urbania.ca/blog/5590/plein-dateliers-pour-tout-le-monde-a-ludem
Chroniques d'l'Esss: Bienvenue sur OntarioFaut dire que j'avais vécu une bonne dizaine d'années sur le Plateau et j'en avais sérieusement ma claque. Ça me tannait, la conformité dans laquelle se complaisaient ses habitants; conformité à laquelle je n’adhérais d’aucune façon: j’avais pas d’chien, pas d’poussette à 1000 piasses, pas d’poules domestiques et surtout, pas d’brebis nourrie au compost dans ma cour pour me tricoter un esti d’chandail de laine équitable avec des motifs de sapins, une fois d’temps en temps.

Dans l’Esss, t’as l’droit de sortir de chez vous motté. À la rigueur, c’est bien vu. Tu t’fonds dans la masse pis tu passes inaperçu pareil comme si tu t’étais déguisé en cône orange. Pis ça, moi j’trouve ça priceless en esti, parce que c’t’un peu comme si tu sortais vêtu de ton salon.

Une de mes places préférées d’Hochelaga, c’est La Belle Province sur Ontario, entre Nicolet et Valois. Ça m’a pris du temps avant d’oser y entrer à cause de la grosse bunch de Crottés qui s’tient là à journée longue, ça m’intimidait. Mais un jour, j’ai pris mes couilles à deux mains pis j’suis rentrée. C’était un dimanche midi automnal, j’étais décalissée d’la veille au plus haut point, j’devais puer l’vieux Jameson à 10 pieds en avant, j’avais du mascara jusqu’aux genoux, on aurait dit que j’m’étais crissée les deux doigts dans une prise de 220V tellement mes cheveux étaient tout croche pis j’étais habillée comme la chienne de l’autre. Faique, j’me suis dit que c’était l’bon moment. 

Pour rentrer là, faut d’abord que tu traverses la horde de Crottés qui sont en train d’fumer des clopes en avant. Même que des fois, faut que t’enjambes des quadriporteurs stationnés qui s’font recharger la batterie grâce à une rallonge qui sort de la fenêtre. Tout ça sous le regard un peu surpris des Crottés, qui t’jugent en s’brassant la poignée d’screening dins poches et en se demandant bien qu’est-ce tu fais là, toi, fille de la «haute», (aussi réduite à néant qu’tu sois), dans LEUR belle Pro. Parce que c’est SA Belle Pro, oui. Y’a un bill ichitte, lui.

Mais tout ça, c’est probablement des projections que j’me fais. J’ai la tête dans l’cul, j’m’imagine que tout l’monde me juge pour les conneries que j’ai faites la veille et qui me reviennent tranquillement en tête au fur et à mesure que le nuage de vapeurs éthyliques dans mon cerveau se dissipe. Finalement, c’t’un peu normal que ces gens me regardent bizarre, j’arrive là en marmonnant toute seule des : «ah neunon… iihhh…oufff…ostsss…»

Bref, tout ça passé je franchis enfin la porte.

Quel accueil ! 
En deux secondes, j’étais devenue la chérie d’la caissière. 
Elle me l’a dit !

- Cha va être quoi pour toé ma chérie?

J’me commande un classique deux œufs-bacon-tournés-pain-blanc et je vais m’assir (parce qu’ici on ne s’assoit pas). C’est une p’tite Belle Province, y’a juste deux rangées d’banquettes, faique quand y’a ben du monde, on dirait un party d’famille parce que tout l’monde se connaît. C’est crado à souhait, les banquettes sont turbo-décrissées, rafistolées avec un mélange de duck-tape pis de résine. Tout date de 1983, le décor, la bouffe, le staff. Mais surtout, y’a d’la vie. Si t’avais l’intention d’avoir la paix, c’est raté. C’est clair que tôt ou tard quelqu’un là-d’dans va t’parler, soit en te rendant complice d’une niaiserie qu’il balance à un autre, soit en commentant à haute voix c’qui s’passe à la télé qui est accrochée au mur et en recherchant ton regard approbateur, soit en t’adressant carrément des plaintes sur tous sujets, comme si tu y pouvais d’quoi.
Anyway, j’étais pas venue là pour avoir la paix.

La caissière/serveuse/chétive/jaunie m’amène enfin mon assiette, en maugréant tout le long de sa courte route :

- Hey j'ai même pas eu l'temps d'fumer une demi chigarette tellement chu dans l’jus depuis chept heures à matin. 

J'me sens un peu coupable mais j'attaque quand même mon déjeuner qui fait aussi office de gloss à lèvres dû à son caractère ultra graisseux. Peu après, le cuisinier sort d’en arrière de son comptoir, il vient m’voir pis y m’dit : 

- Pis la p’tite, t’as tchu fini toute ton achiette?
- Oui, merci.
- Bon ben t’as l’droit à un dechert.
- Ah ouin c’est quoi?

Et là, il me sort une grosse boîte de Tim Horton et m’offre un beigne.
Wow! On m’offre du Tim à la Belle Pro, quel quartier merveilleux. Si j’vas au Dollarama, y vont tu m’donner des cossins d’chez Rossy? 
Faique j’ai pris une roussette pis j’ai payé. Mais avant de quitter, j’ai laissé du cash Canadian Tire sur la table en guise de pourboire, question d’leur montrer que j’avais ben compris la game.


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http://urbania.ca/blog/5504/chroniques-dlesss-bienvenue-sur-ontarioMon, 19 Jan 2015 11:50:00 ESTMad Amestibloguehttp://urbania.ca/blog/5504/chroniques-dlesss-bienvenue-sur-ontario
Top des 6 moments en 2015 pour dropper ton téléphone1. Quand t’es au restaurant

L’autre jour, je suis allée bruncher dans un restaurant. Le resto était bondé mais par chance, j’étais seule et j’ai pu avoir une place immédiatement au bar.

Je me suis sentie légèrement mal pour la vingtaine de personnes attendant dehors avant moi (non, j’étais pas à l’Avenue), mais il faisait beau et chaud, ils pouvaient bien attendre un peu. 

Ce qui est bien quand tu vas au resto seule, c’est que t’as les meilleures raisons pour observer les gens.

Et bien, j’ai eu la chance d’observer le gars et la fille du couple le plus triste au monde, rivés sur leur téléphone, alors que leur assiette était arrivée. Et puis c’est au bout de quoi? 12? 15 minutes? Le gars avait fait le tour des 1258 comptes Instagram qu’il suivait, et revenant à la réalité, a lancé à sa copine: “Hey, t’as faim? On le mange ce déjeuner?”

T’ES AU RESTO. TON BUT NUMÉRO 1 C’EST DE MANGER CE PUTAIN DE DÉJEUNER.

Je sais pas si elle, elle avait faim. Mais je checkais la trallée de personnes dehors en attente d’une table, pis je me disais que ces 12 minutes d’inintérêt envers la personne à côté de lui avait bien dû congestionner l’engloutissement du déjeuner de 10-12 personnes. 

Quand t’as pu d’intérêt à être en couple, va en thérapie, ou même va-t-en, mais va pas sur les médias sociaux au restaurant. Drop ton téléphone. T’engorges. 


2. Quand t’es en réunion

T’as pas l’air important, t’as juste l’air désintéressé. T’es dans un brainstorm avec quatre autres personnes sélectionnées pour fitter ensemble, pour donner de bonnes idées sur un projet… Pis toi t’es rivé sur ton écran de téléphone. Ça fonctionne juste pas. T’es le boulet de la créativité. 

Le pire c’est quand je reviens à mon bureau pis que j’ai reçu, pendant un meeting où t’étais, un courriel de toi sur un sujet complètement hors-contexte.

Drop ton téléphone pis contribue aux idées. 


3. Quand tu conduis

Même le gouvernement te le dit en grandes pompes par des publicités choc. La fille revole dans son pare-brise après avoir envoyé son dernier texto à tout jamais à son copain: “xox”. 

Si t’as pas compris encore que c’était dangereux, je catch pas quelle pancarte fluo qui flashe en néon avec des brillants pourrait bien te le faire comprendre. Pis si tu te considères au-dessus de 4 (FUCKING QUATRE!!!) points d’inaptitudes sur ton permis de conduire, good for you! Mais c’est good pour personne d’autre. 

L’amende, elle, qui tend à augmenter, est pour l’instant d’environ 100$. 100$ pour avoir envoyé un “xox”, un “jarrive”, un “cmon”. Je n’ai lu encore aucune thèse de doctorat sur la matière noire pondue par texto, ok? Faque pour un “jtaim” que tu diras anyway en personne dans 16 minutes quand tu seras à destination, risque pas ta vie, ni celle d’un autre, pour un texto qui révolutionnera pas la littérature. Drop ton téléphone. 

Note aux utilisateurs de GPS: Je le sais, c’est super pratique. Mais tu sais qu’est-ce qu’on faisait il n’y a pas encore 10 ans? On apprenait le chemin. Je te dis pas de le faire par coeur, mais je te dis de faire un effort, pis d’apprendre les grandes lignes, ok? J’ai déjà passé un examen de politique en apprenant les grandes lignes du Parti républicain, je sais que t’es capable d’apprendre les grandes lignes pour aller au Vermont. 

(En gros c’est la 15 sud, puis la 35 sud. T’as compris?!?)

4. Quand tu marches

Parce que t’es en train de fucking marcher, man. Y a des gens avec plus d’aptitudes que toi qui nécessitent un chien guide. 

Tu le spottes de loin. Le dimanche après-midi avant Noël sur une grande artère montréalaise. Il marche tout croche, lentement, tête baissée, condamné à lire les méandres selfiesques de ses amis Facebook. Sérieux, décroche. 

J’ai déjà freiné une fille qui s’en allait traverser une rue sur une lumière rouge en plein trafic. Trop absorbée par le contenu de son téléphone pour planifier ne pas mourir cette journée-là. 

Je le sais que le multitask est bien populaire, mais on devrait s’entendre sur le fait que ça ne devrait jamais s’appliquer à : la conduite de voiture, de deltaplane, de F1, d'avion, de paquebot, de cheval, de trottinette, ni de tes pieds.

La moindre des choses c’est de t’arrêter, de te tasser du chemin pis de régler tes patentes. Drop ton téléphone. La population mondiale de gens qui se déplacent te remercie d’avance. 


5. Quand ta blonde accouche

Mais pour qui veux-tu bien filmer ça? Ta blonde qui peut pas se checker accoucher elle-même? Tes beaux-parents? Ton bébé en train de naître? Son futur premier chum? Tes abonnés Instagram? Snapchat? Tu es cameraman pour Canal Vie?

On va se dire les vraies affaires. Y a rien de mieux que de vivre le moment présent. Dans plein de contextes, t’es mieux de le vivre live, parce qu’après l’expérience ne sera plus pareille. Tout le monde le dit: YOLO, man. Pis ça s’applique PAS MAL TRÈS BIEN à l’expérience d’accoucher ou de voir sa blonde accoucher. 

Je pense que ta blonde a plus besoin de support moral que de support visuel. 

Allez. Drop ton téléphone. 


6. Quand tu jases tout simplement avec quelqu’un

C’est déjà arrivé à tout le monde. Tu racontes une anecdote, rien de banal là, t’es en train de monter un build up incroyable en racontant comment tu t’es retrouvée, je sais pas moi, avec une bobblehead sur la tête devant 35 000 personnes sur la stage avec ton groupe préféré à leur show de fin de tournée. 

T’es pas en train de dire que les bananes sont en spécial chez IGA cette semaine, là.

No-non. Tu racontes ton HIGHLIGHT DE L’ANNÉE. 

Pis tu t’appliques, tu crées de l’attente, tu donnes des détails, tu fais des gestes, tu mimes un peu. Tu racontes une histoire. La personne qui t’écoute a l’air d’apprécier, c’est ça le pire.

Pis là, sans crier gare, de même, ton interlocuteur fouille dans sa poche pis sort son téléphone. Il se met à scroller Facebook, sans vraiment s’être rendu compte que toi, t’as commencé à bégayer, les yeux écarquillés, en te demandant bien c’est quoi le mot que t’as dit pour qu’il décroche à ce point?!

C’est la nouvelle façon de couper la parole. Ou c’est notre cerveau qui se concentre moins souvent? Peu importe, c’est vraiment insultant.

Quand t’es avec quelqu’un pis que vous jasez, pour vrai, y a rien de mieux que le contact humain: drop ton téléphone. Au pire fais-lui un gros thumbs up dans face si tu y tiens tant que ça. Mais c’est ça la vraie vie. 

Cette personne-là te laissera jamais tomber à - 20°C parce que sa batterie est gelée quand tu chercheras un mot réconfortant. 

En 2015, lâche ton téléphone. Pis sors voir du vrai monde. 

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http://urbania.ca/blog/5588/top-des-6-moments-en-2015-pour-dropper-ton-telephoneFri, 16 Jan 2015 14:04:49 ESTNadine Mathurinbloguehttp://urbania.ca/blog/5588/top-des-6-moments-en-2015-pour-dropper-ton-telephone
Shake ta graine devant la vitrine d’un StarbucksDes centaines de verges molles qui claquent à l’unisson! Come on! On va peut-être déranger et faire peur aux zombies modernes qui se tiennent là. Les Starbucks vides n’auront plus alors qu’à fermer. Rien de moins. Je veux aussi que les femmes participent. Mais ne shakez pas vos seins, la clientèle va augmenter. (J’attends vos suggestions). 

C’est Gaston Miron qui m’a donné cette brillante idée. Je vous le cite : « Et quand je me bats, c'est pour ma différence, c'est-à-dire ma culture au monde. C'est ma version à moi de vivre l'humanité. Et cette version est une contribution et un enrichissement à la culture universelle. »

L’équation est simple : plus on se fait envahir par les mêmes multinationales, plus notre version de vivre l’humanité, c’est-à-dire notre culture, s’amenuise. Le résultat final : un ennui mortel.

L’impérialisme, à la sauce Starbucks et compagnies, représente le dernier stade du capitalisme sauvage. D’ailleurs, sur leur page Facebook, ces conquistadors caféinés ne cachent pas leur mission : « Inspirer et nourrir l’âme au gré des rencontres, café après café, d’une communauté à l’autre ». Voilà une belle façon de parler d’assimilation. Je crois que Georges W. Bush avait une phrase dans le même genre pour justifier l’invasion de l’Irak. 

En voyage au Pérou, j’ai vu un Starbucks pratiquement au pied du Machu Picchu. Cette mondialisation transforme notre planète en aéroport. Quelle est la différence entre l’aéroport de Hong-Kong et celui de Montréal? Aucune. Mêmes codes, même odeur. Un jour, le monde sera un gigantesque aéroport, où chacun attendra dans l'ennui de s'envoler pour l'autre monde.

Est-ce qu’on veut une culture uniforme, factice, prévisible, sans nuance et identique de Las Végas à Charlevoix? McDo pour la bouffe, Starbucks pour le café et le gros Guzzo (ce Jabba the Hutt du pop-corn) pour les films de propagande hollywoodienne. On va manquer de graines, les amis.

Que l’assimilation soit capitaliste ou communiste, ses méthodes demeurent les mêmes. En 1968, lors de l’invasion de la Tchécoslovaquie par la Russie, le nom des rues, des infrastructures et des musées avaient été changés. Les nouveaux noms provenaient de la culture russe. Les maîtres laissent souvent leur nom en héritage. À Rimouski, ma ville natale, la salle culturelle s’appelle « Desjardins-Télus »; à Québec, on a le Colisée Pepsi; à Montréal, on a le Centre Bell et le cinéma Banque Scotia, etc. Partout, les puissantes corporations écrivent leur Histoire. Comme dirait Alexandre le Grand roi de l’Antiquité qui a conquis l'ensemble du monde connu : « Allez-y mollo, gang ».

À force d’occuper autant de place sur le territoire, ils l’occupent aussi dans nos têtes. Pouvez-vous me nommer trois poètes québécois de notre génération? Peu seront capables. Ne culpabilisez pas, vous n’êtes pas idiots. Mais demandons-nous quand même pourquoi cela constitue un défi? Imaginons un Québec où l’on remplace toutes les publicités de l’espace public par des vers et des citations de nos poètes, de nos philosophes et de nos scientifiques. Au lieu d’avoir une grosse pub débile d’une radio commerciale débile avec des faces d’animateurs débiles aux slogans débiles « La puissance des hits », on aurait un vers du poète Jean-Philipe Bergeron : « Je fais de l’âme une économie fatale ». Tabarnak que ça commence bien un matin! Tu marches encore et au lieu de voir une pub d’iPhone de marde, tu lis une phrase de Kim Thùy : « Le paradis et l’enfer s’étaient enlacés dans le ventre de notre bateau ». Câlisse que ça développe de la compassion envers les immigrants qui débarquent au pays, non? Imaginons qu’à chaque coin de rue, on nous remplisse d’humanité au lieu de cossins à acheter. Si tu me traites d’utopisse, fais-toi greffer une âme : y’a des artistes qui ont signé leur carte de don d’organes.

Camarades, la diversité culturelle a besoin de nous. Seul ou en groupe, shakons nos graines à couilles rabattues jusqu’à laisser deux traces rouges sur nos cuisses meurtries devant les vitrines des Starbucks. Ajoutez-y vos propres coquetteries. Les gentlemen se trimeront un nœud papillon dans le pubis. Les pudiques se mettront une bande noire de protection des témoins sur les burnes. Les musiciens claqueront au rythme de solo de djembé. Les sportifs circoncis seront les plus rapides. Le long prépuce mou des hippies ondoiera dans le vent. Les jumeaux seront synchronisés. Les transgenres déploieront les prouesses de la médecine.

Nous avons tous en chacun de nous de la graine de militant!

PS : Les actes de vandalisme ainsi que les pénis bandés ne seront pas tolérés. 
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http://urbania.ca/blog/5573/shake-ta-graine-devant-la-vitrine-d-un-starbucksFri, 16 Jan 2015 12:02:47 ESTFred Dubébloguehttp://urbania.ca/blog/5573/shake-ta-graine-devant-la-vitrine-d-un-starbucks
Mon chien porte le bottillon
Et je déteste ceux qui s’en plaignent (de ma salopette turgescente. Mais surtout de janvier et son hiver qui ressemble pas assez aux pique-niques plein de pignatas où il fait si bon être vu après déambuler sur un fil de fer avec toute l’ironie du steampunk de ton petit look bateau, avant de courir manger ton pulled pork servi dans une cuiller antique). Qu’est-ce tu veux. L’hiver, c’est pas l’été. Et janvier, c’est trop tôt pour s’en plaindre.

(attends mars)

Mais ce que je préfère de janvier (on se croirait dans un segment phare de l’Épicerie, en plein banc d’essai de maïs en crème, dans le bout où je dois tout rapporter à moi en éructant du blé-d’inde), c’est que s’installe un calme carmélite dans le parc juste en face de la boîte à chaussures où j’habite. Ce parc donc j’aime tant vous parler, couchée sur le ventre en me faisant aller les pattes.

Oh! the sainte paix. C’est tellement silencieux que c’en est inquiétant, même en plein jour. Du blanc à perte de vue. La Sibérie. Nul festivalier couché en sirène sur une nappe couverte de pâtés, ni fille qui parachève son doctorat en danse moderne et qui ne peut tenir une tabarli de demi-heure sans réinventer le monde sur des entre-chats pas de musique. Le calme plat.

Je respire.
En fait, j’ai réappris à apprécier l’hiver depuis qu’un caniche s’est glissé dans mon emploi du temps.

* JE SUIS ALLERGIQUE AUX AUTRES CHIENS. LA RACE S’IMPOSAIT. FIN DE LA DISCUSSION *

Stella, qu’elle s’appelle. Et Stella NE VIT QUE pour la promenade. Elle mange, dort et le reste de son agenda est pieusement consacré à l'attente de ce moment précis où je mets mon casse et que j'empoigne sa laisse féminine-fleurie. Mais ça, vous le savez.

Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que la bête, en plus d’être dotée du péristaltisme le plus performant de toute l’histoire des tubes digestifs de frisés, a la patte sensible. Pantoufle feluette et fion rubicond, c’est nous, ça.

Une créature fascinante. Stella peut se vautrer dans un cadavre de pigeon, manger un poulet à même la pan du four ou franchir un cercle de feu pour attraper un vieux caleçon plein de grenailles en se pétant six fois la noix sur le mur, vous serez les seuls à souffrir. Elle, tout ce qu’elle sait, c’est que ce caleçon-là est désormais sien et que c'est assez fantastique merci, qu’importe si le feu est pris sur son pompon de tête.

Mais en hiver, allez savoir, déposez-lui la patte UNE MILLISECONDE sur un trottoir gelé et le fakir canin fait place à la jeune Aurore qui s'apprête à souper au savon. Roulez du globe tant que vous voulez.
Mais nous, on porte la botte.

Quatre petits bottillons canins, pour être plus précis. Et alors que nous longions le parc à la recherche du lieu parfait pour s’accroupir, un gentilhomme les a remarqués. Un œil de lynx. Un fin renard. Un autre qualificatif s’apparentant à un animal sauvage.

C’est qu’il nous a vues de loin. Et arrivé à notre hauteur, il s’est stoppé la parade, sec, nous bloquant le chemin une petite affaire, comme si je lui devais cinq piastres depuis 82. Et les intérêts avaient l'air d'être salés.

« Votre chien porte des bottes »


C’était, et j’en avais désormais la certitude, un homme de constats. Ce que j’ignorais, c’est que c’était aussi un homme de principes.

« Vous n’avez pas honte de l’attriquer de même? C’est un chien, pas une catin. Lui mettre des bottes, c’est pas naturel. Vous bafouez l’esprit des loups, madame ».

Oh.

Je sais que je suis pas toujours à l'heure. Que je parle un peu sur le bout de la langue et que mon four est pas toujours clean. Mais tout ce temps-là, alors que je donnais à la guignolée pis que je récupérais mes pots de margarine en les sacrant jamais dans le bac sans avoir essuyé le petit film de gras, JE BAFOUAIS L’ESPRIT DES LOUPS.

L’affaire, c’est que par le fait-même d’exister, Stella bafoue l’esprit des loups, la pauvre caille.


Oui.

Alors peut-elle, à défaut d’avoir la street cred d’un berger allemand qui dépèce une oie en plein vol avant d’allaiter un orphelin abandonné au pied d’un figuier sauvage, se promener en mocassins en toute quiétude sans que Shehaweh ne se retourne dans sa fosse commune?

Le sel, sur les trottoirs, n’est plus blanc, monsieur. IL EST VERT.

Marche tant que tu veux dans ton sel de camargue, orteils retroussés, en honorant toué louves que tu voudras, mais le jour où tu te traîneras les rotules dans les fins de run de sel turquouèse du gars de la ville qui a décidé de se domper la marchandise sur un coin de rue parce qu’il aime le travail bien fait, tu vas le serrer en petit péché, ton capteur de rêves, dans tes petites mains brûlées après prier pour de la pelimoulante™.

L'hiver, mon chien porte le bottillon.
Et attelez-vous. Parce que quand c'est sa fête, on se sort les porte-jarretelles et les dirty looks .

La bise.]]>
http://urbania.ca/blog/5586/mon-chien-porte-le-bottillonFri, 16 Jan 2015 09:26:54 ESTCatherine Ethierhiverchienpromenadecaleçon plein de grenaillespas une catinbafouer l'esprit des loupsje répète, BAFOUER L'ESPRIT DES LOUPSShehawehle gars de la ville qui se dompe la marchandisebloguehttp://urbania.ca/blog/5586/mon-chien-porte-le-bottillon
Foire d'empoigne: J'aime pas le hockeyPour lire le J'AIME LE HOCKEY de Valérie Duhaime sur Balle Courbe, c'est par ici! 


Je n'aime pas le hockey. Je n'ai pas envie d'entrer dans les arguements tant de fois entendus du genre "Les joueurs gagnent deux mille fois plus que les profs!". Non. Aujourd'hui, je vais vous parler du gaspillage. 

Prenez Montréal, par exemple: on a une gigantesque salle de spectacle en pleine ville, où on pourrait accueillir des shows de toutes sortes d'artistes. On pourrait, oui, parce qu'en fin de compte, la moitié du temps, le parterre est recouvert de glace et y'a une vingtaine de monsieurs qui se promènent dessus à tour de rôle, une heure de temps. 

Et on s'entend que sur les CINQ (5!!!) canaux de sport qu'il existe au Québec, il y en a au moins trois qui parlent de hockey non-stop. Si le hockey n'existait pas, on pourrait enfin libérer ces canaux-là pour faire quelque chose de constructif, genre des reprises de Peau de banane, mettons. (J'avoue que c'est quand même risqué, parce qu'on pourrait se retrouver à avoir des reprises de vieux matchs de baseball, le sport où il se passe le moins de choses à l'heure, ou de soccer, le seul sport où un match qui finit 0-0 est considéré comme "un grand match fort enlevant". M'enfin, je m'égare.) 

Tous ces cerveaux de journalistes, d'analystes, de joueurs et de joueurnalystes (et de fabriquants de mots-valises) qui sont monopolisés, day-in day-out, par le deuxième sport national du Canada après la Crosse. Tout ce qu'ils auraient pu écrire, penser, concevoir, inventer... et qui ne sera jamais, parce qu'on condamne tous ces neurones à réfléchir à la possibilité d'échanger ou non Manny Malhotra aux Flames. 

Tout ce gaspillage, au nom d'un sport qui n'existera probablement plus, passé 2018. 

Ben oui. Newsflash, les jeunes : comme c'est parti là, à la vitesse où la Terre se réchauffe, de la glace, y'en aura pus ben ben, nulle part. D'ailleurs, c'est assez étonnant que notre premier ministre adoré Stephen Harper soit tant fan de hockey, considérant l'effort qu'il met à éradiquer le concept de "patinoire extérieure" de la surface de la planète. 

Et quand il ne restera plus d'espace où pratiquer quelque autre saveur de hockey que "-bottine", le hockey professionnel sur glace deviendra un sport d'élite au même titre que le polo et le skydiving Red Bull en direct de l'espace. Dites adieu au p'tit-gars-de-Laurier-Station qui a appris à patiner sur la terre de son parrain, et dites bonjour au nouveau capitaine des Blue Jackets de Columbus de 2021, le prince Georges d'Angleterre. 

Vous seriez mieux d'arrêter d'aimer ça tout de suite. 

Photo: Eric Langley
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http://urbania.ca/blog/5585/foire-dempoigne-jaime-pas-le-hockeyThu, 15 Jan 2015 16:45:32 ESTÉric Samsonfoire.dempoigneballe.courbebloguehttp://urbania.ca/blog/5585/foire-dempoigne-jaime-pas-le-hockey
Chandail de Russ Courtnall

J’ai commencé à patiner à l’âge de 4 ans. J’ai joué mon premier match sur glace à l’âge de 5 et, à 6 ans, je pleurais la coupe Stanley que les Flames de Lanny McDonald venait de prendre aux Habs. Ce soir là, j’avais eu le droit d’écouter le match au complet et même de boire de l’orangeade. Mais là, ce rouquin brandissait le trophée de Lord à bout de bras avec son look de « Youppi passé dans le blender » et chiait sur mon bonheur. J’étais détruit. Je suis allé me coucher avec une boule dans la gorge. Rendu dans mon lit à deux étages (je dormais en haut parce que j’étais le plus vieux), mon frère m’avait entendu brailler dans mon oreiller et s’était levé pour aller le dire à mes parents. Mon père était venu me consoler en me disant que le hockey  « c’était juste un jeu... », donc pas une raison de pleurer. 

Quatre ans plus tard, le 9 juin 1993, le Canadien remportait la coupe Stanley! Ce soir là, couché dans mon lit entre les posters de Ed Belfour pis de Patrick (clin d’œil) Roy, le petit gars de Repentigny que j’étais ne pouvait pas se douter que je venais de voir le précieux trophée dans les bras de mes glorieux pour la dernière fois... J’étais persuadé que le bleu-blanc-rouge était reparti pour une série de Coupes comme dans les histoires d’antan que mon père me racontait. Je me suis endormi avec un sourire dans la face pis le jersey de Courtnall sur le dos (même s’il ne jouait plus pour le CH). 

Le lendemain, à l’école, les souliers qui faisaient de la lumière du p’tit Gariépy n’étaient plus le centre d’attraction et les cartes de femmes toutes nues du grand Beaulieu ne rivalisaient pas avec la défaite infligée à Wayne Gretzky! 

Le grand Beaulieu s’était mis à rire de moi parce que je portais un chandail de Russ Courtnall qui ne jouait plus pour le club.  On s’était battu. Il m’avait kické dans les couilles et la directrice nous avait chicanés et nous avait dit que le hockey « c’était juste un jeu... », donc pas une raison de se battre. 

Comme tous les ti-culs qui aimaient ce sport à mon époque, j’ai collectionné les cartes de hockey. J’avais des cartables remplis d’Upper D-E-C-K, d'O-Pee-Chee et de cartes McDo en 3D! Je jouais au mini-hockey à m’en faire de la corne sur les genoux pis j’avais le t-shirt de Patrick Roy qui faisait un clin d’œil. Je jouais tout le temps au hockey... Sur les patinoires extérieures, sur la rue Beaudoin près du parc Laforest, et avec mon équipe de hockey aux quatre coins de la province. Je jouais même l’été, dans des écoles de hockey. Le hockey était ma vie. 

Au secondaire, l’orienteur m’avait appelé à son bureau après que nous ayons rempli un formulaire sur nos champs d’intêrets. À la case « Métier », j’avais écrit : Gardien de but dans la ligue nationale ou artiste humoristique. Je crois que ça ne plaisait pas au dinosaure qui nous enseignait. Il aurait préféré que je trouve un vrai métier. J’étais debout, devant la classe et il me questionnait devant tout le monde sur mon parcours pour atteindre mes objectifs. Avec du recul, il me ridiculisait carrément et tentait de me décourager. Il m’a dit que joueur de hockey et/ou artiste dans le milieu de l’humour « c’était juste des jeux... » et que je devais penser à me trouver un vrai travail

La vie fait bien les choses. Je suis donc devenu photographe sportif pour le compte de la compagnie à mon père, lui-même photographe sportif. J’ai inconsciemment mixé deux de mes passions ; le hockey et l’image. Pendant 10 ans de ma vie, j’ai photographié du hockey toutes catégories confondues, du Novice au Junior AAA à la grandeur du Québec et de l’Ontario. J’ai photographié les vedettes, qui aujourd’hui, foulent les glaces de la LNH alors qu’ils n’étaient alors que des Pee-Wee. Avec le temps, ma carrière dans le milieu humoristique s’est concrétisée et j’ai donc abandonné ce travail.

Aujourd’hui, je ne suis peut-être pas un gardien de ligue nationale. Je suis un goaler dodu, pas flexible du tout, qui a vieilli, mais qui n’a pas perdu son cœur de petit gars. Je joue souvent dans des ligues de garage où je retrouve la bonne vieille odeur de poche de hockey mixée à celle des patates d’aréna. Je joue régulièrement au hockey non seulement pour garder « la forme » , mais parce que le hockey pour moi est synonyme d’amitié et de soupape à nos vies stressantes. Je joue parce que ça me permet de décompresser dans une ambiance de camaraderie. Le sport unit les gens et nous ne pouvons le nier. 

Pour faire plaisir à mon orienteur, je joue au hockey pour décrocher de mon vrai travail, celui d’artiste humoristique. 
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http://urbania.ca/blog/5584/chandail-de-russ-courtnallThu, 15 Jan 2015 11:56:24 ESTJonathan Robergebloguehttp://urbania.ca/blog/5584/chandail-de-russ-courtnall
Le casting de ton pool

Ouan. Peut-être pas la meilleure comparaison, mais j'espère qu'on voit où je veux en venir. J'ai la fibre sportive limitée, mettons. L'exception à la règle demeurera toujours le hockey et ce, uniquement à titre de spectateur. Cet engouement particulier est né d'une surexpostion aux séries éliminatoires via ma vie sociale étoffée, où j'ai rapidement compris que le hockey n'était rien de moins qu'un téléroman pour hommes. Je n'ai pas eu le choix d'embarquer, après un bout de temps. Afin d'ajouter à mon fun et d'exacerber l'expérience, on m'invita, un jour, à joindre un pool.

Pour les non-initiés, laissez-moi prendre un moment rapide afin de vous démystifier le concept. Un pool, c'est un mix entre l'actuariat amateur, le jeu de RISK et la camaraderie mâle, avec une pincée festive de donjons & dragons pour arrondir le tout. Ça permet aux directeurs généraux de salon d'enrôler des joueurs réels dans une équipe fictive qu'ils créeront de toutes pièces afin de se mesurer aux autres membres, de gérer, via une interface en ligne, quels joueurs "débutent" vs. ceux qui "restent sur le banc" dans le but d'accumuler le plus de points possibles selon leurs performances dans les vraies parties à travers l'Amérique, et surtout de payer une trentaine de piasses afin de passer un an à stresser sur son alignement sur une base quotidienne. Aujourd'hui, on étudie les gens qui adhèrent à ce concept fantastique. Voici donc, sans plus tarder, le casting de ton pool.

- L'occupé trop gentil
Clairement le meilleur individu à rajouter à ta bande de lurons. Le gentil a beaucoup de misère à dire non en début d'année. Ses connaissances importent peu, parce qu'il a développé une solide réputation de gars qui est incapable de refuser toute proposition lorsqu'on tente de le recruter. Son égo fitte facilement dans une boîte de Sucrets. Le résultat? Il fait partie d'au moins douze pools simultanés. Les chances qu'il ait le temps de réellement s'investir dans chacun d'eux sont fort minces. C'est le partenaire idéal, une dernière-place-ou-pas-loin presque garantie. La licorne des commissaires organisateurs.

- Le superstitieux
Le directeur général de fantaisie qui a peut-être un talent de dépisteur incroyable, ou pas. On ne le saura vraiment jamais, parce que ses tics nerveux et son bagage grotesque de superstitions en font quelqu'un d'inepte et d'inefficace. Celui-ci décide peut-être de n'échanger aucun joueur dans un élan de purisme incompréhensible. À chaque mardi, il asseoit toute sa ligne défensive, parce que son cousin a fait ça l'an dernier et ça a fonctionné. Il sélectionne son alignement les yeux bandés avec la main gauche en chantant "Embarque, ma belle" et manque les deadlines. Bref, le superstitieux est également une addition en or pour les autres à n'importe quel début de saison.

- Le joueur moyen
Probablement le plus commun de tous, le joueur moyen a tendance à nous terminer ça, comme son nom l'indique, directement dans le milieu du palmarès. Il ne s'intéresse pas assez aux parties de l'ouest, se disant qu'étant donné qu'il écoute le Canadien jouer, ça doit être suffisant afin de pouvoir offrir une performance adéquate. Il mène une vie balancée et agréable. Erreur capitale, dans le domaine. Habituellement, seulement les quelques premières positions reçoivent, à la fin de l'année, une récompense pour leurs efforts. Il a l'habitude de finir l'année tristement chez lui, un peu moins riche (mais avec une blonde), principalement à cause des deux prochains types.

- Le statisticien
Un des plus dangereux, pour sa propre santé ainsi que celle du portefeuille de ses adversaires, le statisticien passe un nombre d'heures incalculable à l'étude du hockey. Il élève l'examen du sport à une forme d'art complexe où rien n'est laissé à la chance - insatisfait de connaître par cœur les statistiques de chaque joueur de chaque équipe depuis les dix dernières années, le statisticien étudie le hockey mineur, les ligues basques, le pee-wee de ton quartier. Il a des contacts dans chaque aréna imaginable. À chaque soir de partie, le statisticien connaît l'état de santé du gars de l'orgue, a entendu parler de la grippe du neveu de l'ailier droit du deuxième trio. Il s'est fait contacter par une source anonyme qui aurait aperçu le juge de ligne acheter un gros pot de glucosamine à la pharmacie, ce qui signifie une faiblesse potentielle au niveau des articulations, ce qui génère un risque de chute plus important, donc un coefficient d'interférence rehaussé au niveau du jeu de puissance d'un côté de la glace. Tu habites près d'une patinoire? Regarde par la fenêtre. Il est là. Il prend des notes sur la qualité de la surface de la glace en gelant sous son foulard et en sacrant. Probablement celui qui possède le quota plaisir vs. dévotion le plus faible.

- Le prédateur
Assoiffé de sang, vorace et sans vergogne, le prédateur analyse ses adversaires beaucoup plus que les statistiques. Il décèle les indices de faiblesse, jauge le niveau d'expertise de la galerie. Il flaire la peur, tel un requin avec un t-shirt Molson, et son but est de t'échanger ses pires joueurs contre tes titans sans que tu saisisses trop ce qui s'est passé. Le prédateur se construit une équipe d'étoiles entièrement composée de douleur et du regret de ses victimes. À la première vague odeur d'une seule goutte de sang fictif, ses forces décuplent. Il t’envoie des textos, te parle via messagerie Facebook, t’appelle, t’envoie des télégrammes chantés au milieu de la nuit. Tu es propriétaire de Steven Stamkos? Il veut te l’échanger contre Glen Metropolit et une gourde de Gatorade au raisin. Et il va réussir.

- Le gars à la dernière minute / le mêlé
L’archétype du participant pour qui « dans la lune » serait l’euphémisme de la saison. Pendant l’écoute d’une partie entre amis, au beau milieu d’un désavantage numérique, c’est celui qui se lève d’un bond en renversant le fromage à nachos sur tes jeans parce qu’il se rappelle qu’il a oublié de faire jouer deux gardiens qui se tapent présentement un blanchissage chacun. Il a peut-être l’étoffe d’un grand vainqueur, mais on ne le saura jamais. Habituellement, le mêlé envoie régulièrement des messages au groupe pour confirmer son état et lister tous les champions qui ramassent de la poussière sur son banc, comme pour se déculpabiliser, en tentant sans succès de démontrer aux autres à quel point il serait incroyable si seulement il avait le sens du suivi supérieur à celui d’un mulet.

- Le novice qui en met trop
Le novice vient habituellement d’arriver dans le pool et ça se sent. Dans la plus pitoyable des tentatives de berner les autres poolers en faisant miroiter son niveau d’expertise comme étant hautement supérieur à la réalité, il tente de les endormir en citant quelques statistiques obscures qu’il a transcrites dans la paume de sa main avant d’entamer la conversation, mais on perce rapidement la façade.  Les indicateurs sont clairs. En parlant de Michel Therrien, il l'appelle Gaston. Durant une partie contre Boston, il transforme, de façon cocasse, David Krejcí en « David Grilled Cheese », une blague prohibée depuis 2007. Il a tendance à dire « Pengouins de Pittsbird », « Kings de Los Han Hel » et « Flames de car garé ». Autant que possible, assurez-vous de faire des gageures alternatives ("side-bets") au déroulement du pool avec lui avant que le requin ne le dépèce entièrement. Sentez-vous à l’aise de miser vos REERs. Retour garanti.

- Le désagréable qui comprend pas que c'est amical
Dans la liste de figures possibles participant à une ligue donnée, le désagréable est le joker, la frime qui peut virer d'un bord comme de l'autre. Ce paon à patins prend un malin plaisir à insulter les autres, sans relâche. Il ramène la même inside qu'il a créée lui-même à tes dépens une centaine de fois. Sa vie est dédiée à sabler ta patience comme un vieux hood de Pontiac. Il gosse tellement que tu finis par craquer, par lui autoriser ses échanges douteux sous l'influence de la colère et te retrouver perdant. C'est habituellement celui avec une moustache ironique qui s'impose lui-même des handicaps que personne n'a demandés, comme de faire jouer uniquement des joueurs dont le nom commence par 'A' pendant une semaine, ou de se limiter aux avants finlandais à six orteils tellement sa confiance rayonne. Il peut arriver qu'au niveau du pointage, il termine l'année dans la cave, ben creux, mais encore là, il va te raconter qu'il a gagné ses cinq autres pools. Un désir fort brûle chez chaque directeur de lui écraser un hot-dog du Centre Bell extra-moutarde à 14$ dans la face, mais on l'invitera encore l'année d'après pour une raison qui nous échappe.

Bonne saison à tous!

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http://urbania.ca/blog/5583/le-casting-de-ton-poolThu, 15 Jan 2015 10:00:00 ESTPierre Lemayballe.courbebloguehttp://urbania.ca/blog/5583/le-casting-de-ton-pool
« On arrive du cinéma! »- Portraits de Montréal













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http://urbania.ca/blog/5582/on-arrive-du-cinema-portraits-de-montrealWed, 14 Jan 2015 13:55:00 ESTPortraits de Montréalportraits de montréalbloguehttp://urbania.ca/blog/5582/on-arrive-du-cinema-portraits-de-montreal
Le grand voile gris

Ça fait environ deux ans que je le fréquente. Le dépanneur, je veux dire. Son propriétaire, un homme dans la quarantaine, est souriant et il parle assez bien le français. Sa femme est voilée et porte une robe ample qui recouvre tout son corps. Sa fille aînée, de 11 ou 12 ans, porte aussi le voile. Le propriétaire regarde souvent la télé pakistanaise sur son ordinateur, en travaillant. Un jour, il m’a montré des images de sa région natale : la vallée de Swat, une splendeur de lacs turquoise et de montagnes aux sommets enneigés. C’est sans doute la guerre (entre les talibans et le gouvernement pakistanais) qui lui a fait troquer cette beauté contre l’hiver et l’exil... Je ne lui ai jamais demandé. 

J’aime ça. J’aime ça aller acheter des avocats, des tomates et du lait à son dépanneur. C’est drôle parce qu’avant, c’était un dépanneur mexicain. Quand il en est devenu propriétaire, il a tenu à garder la « vocation » mexicaine des lieux à laquelle il a superposé une « vocation » pakistanaise. Alors, dans son commerce, on trouve aussi bien des tortillas, de la salsa et des nachos que des samosas et des palak paneer, en plus des produits « normaux » de dépanneurs.  C’est pratique pour varier les soupers. Mais ce que j’aime le plus, c’est que chaque fois que je vais là, j’ai l’impression d’une vraie rencontre. On n’échange que des mots banals « voulez-vous un sac? » « non merci »… «ça va faire six dollars »… « Bonne journée! »  Ça se passe plutôt dans le regard. Et dans le sourire. 

Et, j’sais pas, ça fait chaud dans le coeur. 

***

C’est comme ça que devrait toujours être, il me semble, la vie en ville. La vie en société. Une enfilade de rencontres entre humains qui se reconnaissent comme tels malgré leurs différences et qui se respectent. S’entraident quand ils le peuvent. Créent du beau. 

De petites explosions de beau, un peu partout dans la ville en même temps. 

Psshhh! Du beau bleu. Pshhh! Du beau rose. Pshhh! Du beau vert.

***

Mais des fois, ça ne se passe pas comme ça. Des fois, des hommes armés de kalachnikovs entrent dans la salle de rédaction d’un journal et tuent tout le monde. 

Qu’est-ce que tu dis là?

Je dis que parfois, des hommes très fâchés avec des kalachnikovs entrent quelque part, ouvrent le feu et envoient du sang partout sur les murs. 

Ben voyons!

Oui oui. Il arrive que ça se passe comme ça, les rapports sociaux. Du moins, ça s’est passé comme ça mercredi dernier à Paris. Et depuis, il y a comme un voile gris sur la vie.

***

J’ai essayé d’expliquer ça aux enfants.

Faque c’est ça, ils ont tué douze personnes, surtout des journalistes et des caricaturistes parce qu’ils étaient fâchés qu’ils aient ri de leur Dieu dans des dessins. 

Ma grande avait vraiment un visage dubitatif. L’air de dire : Tu me niaises?

Et là j’ai expliqué la guerre en général, les attentats du 11 septembre, les musulmans modérés versus les débiles. Je n’ai pas eu besoin de m’étendre trop longtemps sur l’importance de ne pas mettre tous le monde dans le même panier. Mes filles ont eu des éducatrices musulmanes voilées à la garderie. Elles savent que la soie est (en tout cas peut être) musulmane.

***

Vendredi, j’ai soupé chez une amie qui est prof au secondaire dans le nord de la ville. 

Elle m’a raconté que dans sa classe, lorsqu’elle a évoqué la tragédie de mercredi, en parlant de la liberté d’expression, un élève s’est levé et a lancé : « Ils ont bien fait de les tuer! On n’insulte pas le prophète! » 
L’espace d’une seconde, mon amie, qui ne cultive pas ces sentiments en général, s’est vue violemment envahie par le dégoût et la haine. « J’ai eu envie de le frapper », m’a-t-elle dit, encore sonnée par les propos de l’élève et par cette violence qu’elle a sentie monter en elle.

Heureusement, d’autres élèves sont intervenus avant qu’elle ne perde ses moyens. « T’es con, man. Tu nous fais tous passer pour des extrémistes!  » « Ta gueule! » 

Mon amie est allée reprendre son souffle dans le corridor. Elle ne me l’a pas dit mais je suis sûre qu’elle a pleuré. De rage, d’impuissance et de reconnaissance envers le reste de la classe.

***

Faque  c’est ça, en fin de semaine, avec Nouveau Chum et les enfants, on est allés faire du ski dans les Cantons de l’Est. À Owls’ Head, une belle petite station pas snob pour deux sous où les anglos et les francos cohabitent harmonieusement. 

À la fin de la journée, les filles étaient super bonnes pour faire une pointe de tarte avec leurs skis. La grande a même fait des « jumps »!  À regarder les enfants rire et s’amuser, ce dimanche, j’ai presque oublié le voile gris.

Mais il était encore là.

Émilie, des RoseMomz
Illustration: Pierre-Nicolas Riou


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http://urbania.ca/blog/5581/le-grand-voile-grisWed, 14 Jan 2015 11:54:57 ESTLes RoseMomzbloguehttp://urbania.ca/blog/5581/le-grand-voile-gris
Mon présumé assassin était un grand musicien

Bref. Je pitonnais sur mon cell en fredonnant sur du Joe Cocker quand un son m’arracha de ma détente musicale.

Un son louche, qui s’apparentait à un corbeau en train d’agoniser. J’ai tenté de fuir mentalement le bruit en augmentant le volume de mon iPhone, mais rien n’y a fait. Le croassement continuait de plus bel et s’approchait à vitesse grand V de ma personne. Joe Cocker avait disparu, étouffé par les cris du corvidé à proximité. Ne pouvant plus vivre dans le déni, j’ai retiré mon écouteur et j’ai tenté de découvrir qui, pour l’amour, était l’auteur de ses hurlements qui scrappaient mon moment de sérénité profonde. 

 Et c’est là que je l’ai vu.

Un vieillard vêtu d’un manteau déchiré et de bottes dépareillées traversait la rue en gesticulant les bras dans les airs et en beuglant des choses incompréhensibles. Ayant la paranoïa facile, je m’apprêtais à rédiger mon testament dans mon cahier de notes. Mais avant que je n’aie eu le temps de mettre mon projet à exécution, le charmant monsieur était déjà planté devant moi en me fixant de ses yeux croches. Fort rassurant, surtout que les commerces à proximité étaient fermés et que les rues étaient désertes. En restant immobile, je signais mon arrêt de mort, mais quelque chose m’empêchait de déguerpir et de faire une Forrest Gump de moi-même.

Tout à coup, l’effrayante créature fouilla dans la poche intérieure de son manteau et en retira lentement un objet non-identifié.

Je ne bougeais plus, ne respirais plus, ne clignais plus des yeux. J’étais figée comme Donatella Versace. Mon heure était venue. Dans quelques secondes, je prendrai une balle entre les deux yeux et je crèverai là, à côté du Québec Déli et d’une succursale Fido. Le tueur trainerait mon corps dans le parc le plus proche et l’enterrerait sous des mottes de neige grise. Je ne pouvais rêver d’un trépas plus exotique.

Puis, d’un coup sec, l’homme retira de sa poche la totalité de l’objet. Et, ma sainte foi, coup de grâce.

Une flûte à bec.
Une esti de flûte à bec.

Depuis toujours, je déteste la flûte à bec. Pour la simple et bonne raison qu’au primaire, son apprentissage nous était imposé. Merci pour l’éveil musical, mais j’aurais préféré shaker des maracas au lieu d’apprendre à jouer Au clair de la lune.

Sans avoir encore prononcé un mot, l’étranger commença à jouer. Fascinant: ses doigts sales se déplaçaient sur les touches avec autant d’élégance qu’une ballerine. La mélodie qui jaillissait de l’instrument en bois était d’une perfection sans nom. Depuis quand pouvait-on être doué à la fucking flûte à bec? 

Après quelques minutes, il prit un petit break pour reprendre son souffle. Quelques instants plus tôt, je pensais que je vivais mes dernières minutes sur Terre et là, je me surprenais à lui dire :

« Continuez, s’il vous plaît. »

« T’aurais-tu d’la p’tite monnaie, debord? »

J’ai fouillé dans mon portefeuille et lui ai tendu un billet de 20$.

« Mais attends que j’aille fini de jouer. Ça presse pas. »

Il a inspiré profondément et a enchainé avec Ave Maria. Les notes défilaient allègrement et je me suis soudainement retrouvée dans un majestueux théâtre, avec lui qui jouait seul sur une scène décorée de rideaux en velours rouges. J’étais l’unique témoin de ce prodigieux spectacle.

Après sa performance, je l’ai applaudi discrètement puis je lui ai tendu mon billet de 20$. 

Il a un peu hésité, alors je lui ai pris la main et j’y ai déposé les sous.

« Merci…Que Dieu te bénisse et que 2015 t’apporte d’la santé pis ben du succès. »

Prononcée par n’importe qui d’autre, cette phrase aurait eu autant d’originalité qu’une tranche de pain blanc tartinée de margarine et m’aurait laissée insensible. Mais là, c’était différent.

Il a rangé sa flûte et le billet dans sa poche, puis il est parti à la course en battant ses bras dans les airs comme un Grand Héron. Il a crié à son ami qui était soudainement apparu de l’autre côté de la rue :

« Viens-t’en mon chum, on s’en vô manger! »

Le bus est arrivé peu de temps après. J’y suis entrée et sans vouloir être cheesy, la seule chose à laquelle je pouvais penser était cette populaire maxime: 

Mama always said life was like a box of chocolates. You never know what you're gonna get.

Et là, j’avais eu la chance de tomber sur le Ferrero Rocher des êtres humains.

Crédit photo: Morgane CG
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http://urbania.ca/blog/5579/mon-presume-assassin-etait-un-grand-musicienTue, 13 Jan 2015 11:55:14 ESTGwenaëlle Scortaflute a becbloguehttp://urbania.ca/blog/5579/mon-presume-assassin-etait-un-grand-musicien
Je pense donc je suis Charlie

J’étais heureux et ému, comme des millions d’autres, de voir le peuple réagir et se lever. Mais je ne peux m’empêcher de me rappeler la phrase de Clemenceau à propos de Lyautey : « Il a des couilles au cul, même quand ce ne sont pas les siennes ».

En 2007, j’étais au « procès des caricatures de Mahomet » pour soutenir Charlie Hebdo. Nous n’étions pas tant que ça.  Beaucoup de gens et d’autres journaux les accusaient de « jeter de l’huile sur le feu ».

Jeter de l’huile sur le feu. Cette expression m’a toujours énervé. Dans les années 90, pendant les massacres de Sarajevo, déjà, on ne voulait pas jeter de l’huile sur le feu, ou « ajouter la guerre à la guerre », pour reprendre les mots de Mitterrand, notre sub-claquant président, qui n’était conscient que quelques heures par jour. 

Curieusement, c’est pourtant quand la France, sous la présidence de Jacques Chirac (oui, il est arrivé à Jacques Chirac de prendre quelques initiatives) et le Royaume-Uni ont pilonné les positions des extrémistes Serbes que les massacres ont cessé.

En 2007, Lors du procès, la gêne des média comme des hommes politiques était palpable, même si François Hollande (oui, il est arrivé à François Hollande de prendre quelques initiatives) et Nicolas Sarkozy avaient témoigné en faveur de Charlie Hebdo. 

Ne parlons pas de la gêne des grandes entreprises, qui ont toujours des intérêts à défendre, et qui possèdent souvent nos journaux. Denis Jeambar, directeur de L’Express en 2006, le rappelait, Serge Dassault, actionnaire majoritaire du magazine et marchand de canons, ne voulait-il pas vendre des jets militaires Rafale à quelques dictatures du Golfe Persique ?

Même certains humoristes « officiels », pourtant prompts à donner des leçons d’ouverture d’esprit et de courage politique, ne firent pas preuve de beaucoup de discernement.

Mais je ne jetterai pas d’huile sur le feu.

Aujourd’hui, c’est un autre élément de langage qu’on répète à l’envi : l’« amalgame ». Eh oui, on le sait, il ne faut pas faire d’amalgame.

L’amalgame, c’est ce que les dentistes mettent dans vos caries. Avant, on appelait ça un plombage. Le terme est sans doute mal choisi ces jours-ci. Je préfèrerais qu’on parle de discernement, de recul : oui, les musulmans français sont majoritairement des gens comme moi. Mais il ne suffit pas de brailler  « pas d’amalgame » avant toute réflexion – et avant toute manifestation d’empathie pour les victimes - pour empêcher ce qui se passe de se passer. 

On criait aussi « pas d’amalgame » dès le 12 septembre 2001. Et 15 ans plus tard, on crie la même chose. Comme on a crié pendant des années « Front National, F comme Facho, N comme Nazi », pour les retrouver aux portes du pouvoir. C’est dire si cela est efficace. 

J’entends ceux qui disent que les Musulmans n’ont pas à se désolidariser des actes des jihadistes. Charb lui-même le disait. Mais les Musulmans doivent se rendre compte de l’effort – oui, de l’effort – que cela demande aux non Musulmans de rester tolérants en toute circonstance. Autant que je le sache, les jihadistes ne crient pas « Vive les dinosaures » ou «Mon appartement est le plus grand ». Mais si c’était les cas, je pense que les paléontologues ou les agents immobiliers se sentiraient un peu concernés.

Que l’Islam soit une religion de paix, moi, je le sais. Ce sont les jihadistes qui ne le savent pas. 

La tolérance, pour reprendre les mots de l’autre, est un sport de combat. Les quelques voix fortes de la communauté musulmane qui, inlassablement, parfois au péril de leur vie, condamnent chaque acte terroriste, chaque discours de haine de ceux qui lisent le Coran avec des yeux de myopes sont les bienvenues. C’est pour cela que j’ai été si heureux de découvrir sur twitter le hashtag « #notinmyname ». Et que j’oublie des hashtags moins rassurants.

Je fais partie d’une génération biberonnée à « Touche Pas à Mon pote », Benetton, Black Blanc Beur... Une génération élevée par des parents ouverts au monde, par des progressistes qui croient toujours à une France moderne et plurielle. Mais qu’en sera-t-il des générations suivantes ? Des enfants d’aujourd’hui ? Seront-ils aussi ouverts que nos parents ou que nous-mêmes? Seront-ils aussi confiants ? Je crains fort que non. Mes amis professeurs, depuis des années, sont en 1e ligne face à l’intolérance, à ces mêmes enfants qui refusent une minute de silence en la mémoire des victimes, parce qu’elles l’avaient soit disant bien cherché.

Toutes les lois et tous les flics de France, toutes les fermetures de frontières ne serviront à rien sans l’éducation. Trop longtemps l’Education Nationale a fermé les yeux, le ministère minimisant ce qui remontait du terrain, les insultes antisémites, le fondamentalisme, le sexisme.

Cabu, Wolinski et les autres ont éduqué depuis des dizaines d’années leurs lecteurs à penser par eux-mêmes - et je ne parle pas de gober n’importe quelle théorie du complot sur internet. 

La seule véritable religion qui vaille, c’est l’Éducation.

On peut tirer des balles sur les jihadistes d’aujourd’hui. Pas sur ceux de demain. 

Crédit photo: Nicolas Auvray
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http://urbania.ca/blog/5576/je-pense-donc-je-suis-charlieMon, 12 Jan 2015 09:41:26 ESTDavid Azencotbloguehttp://urbania.ca/blog/5576/je-pense-donc-je-suis-charlie