15 Nov 2012
La ville de la semaine: Asbestos
Ça fait plus d'un an qu'Asbestos passe pour la méchante avec sa mine (Ouuuuh amiante! T’inquiètes, t’attraperas pas l’amiantose en lisant l’article). Il est temps que vous découvriez la vraie nature de la ville.
Mes études m’ont poussé à quitter Asbestos il y a de cela déjà 7 ans. Eh oui, je fais partie de la majorité des jeunes qui quittent la ville pour faire leurs études collégiales ou universitaires. Par contre, chaque fois que je reviens faire mon tour à Asbestos, maudit que ça fait du bien! C’est se ressourcer telle une outarde qui s’en va dans l’sud. Ceux qui sont dans la même situation que moi savent de quoi je parle. Notre Asbestos est charmante après tout. Puisqu’il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va, voici quelques anecdotes dans lesquelles les Asbestriens (ben oui, on s’appelle de même nous autres) se reconnaîtront.
1. Le pavillon 1 et 2 : c’est là que ça se passe à l’adolescence
L’école secondaire l’Escale. Oh boy. Le secondaire, cette étape qui s’avère cruciale pour plusieurs, se déroulait de cette façon à Asbestos : les secondaires 1 et 2 étudiaient dans le pavillon 1 et les secondaires 3-4-5 dans le pavillon 2, situés à quelques rues un de l’autre. Bien que le pavillon 1 ait dû fermer ses portes par manque d’étudiants, le secondaire restait le plus gros happening jeunesse parce qu’il n’y avait pas seulement les Asbestriens, mais aussi tous les jeunes des villages situés aux alentours de la ville (genre Sainte-Graine alias le village de Saint-Adrien). C’est là que nous avons appris, presque trop vite, à être moins sauvages, à socialiser avec d’autres jeunes que les vingt qui étaient dans ta classe au primaire. On était très intimes : tout le monde avait un surnom, même les enseignants! Quel asbestrien ne se souvient pas de Michou et de Ti-Gilles? La bouffe de la cafétéria a aussi marqué notre adolescence. Quand sonnait la cloche de midi, les délicieux brownies de Noël-Ange et la poutine du vendredi, faisaient courir les foules jusqu’à se plaquer dans les corridors.
2. Quand aller manger du McDo devient un road trip
Asbestos a quand même une bonne position géographique, soit à 45 minutes de Sherbrooke et Drummondville ou à deux heures de Montréal et Québec. Ben oui. On est toujours désolé de décevoir le monde en disant qu’Asbestos ne se situe ni dans le Grand Nord, ni au Manitoba, ni voisin de Thetford Mines pis Thetford c’est pas la même chose qu’Asbestos, mais bien en Estrie. En revanche, Asbestos est positionnée loin des centres de bouffe rapide McDonald’s. C’est pour cette raison, entre autres, que dès l’âge de 16 ans, tout le monde veut obtenir son permis de conduire. Pour y arriver, on se pratique sur la voie de contour (qui a déjà appelé ça le boulevard du Conseil?) et on se dit : « M’a l’avoir mon road trip au McDo! »
3. Impossible de ne pas parler du trou
Quand le monde te demande d’où tu viens, on répond tous de la même manière : j’viens d’un trou! Y’a le trou d’amiante à Asbestos, mais c’est aussi vraiment un trou. Ce n’est pas si exotique à part l’gros camion Tonka orange dans la cour de l’aréna Connie-Dion où Céline Dion a déjà performé lorsque j’étais encore un spermatozoïde. Puis, on se souvient du bruit de la sirène qui précède un dynamitage à’ mine. Ça nous annonçait qu’il était l’heure de rentrer à maison pour souper ou tout simplement, que c’était le début de l’apocalypse. Tsé, quand t’entends ce bruit-là enfant, tu t’imagines BEN des affaires. Anyway, le trou de la mine, ça impressionne assez pour que touristes et locaux se prennent en photo à l’observatoire.
4. Le culte de la brasserie
Là, on tombe un peu dans le vice. Celui qui n’a jamais pris sa première bière à la brasserie Le Match avant la majorité, qu’il se taise pour toujours. J’rigole. Même si plusieurs propriétaires se sont attribués cette brasserie, y’a toujours un esprit de fête qui règne grâce au jukebox dans l’coin et à la scène où quelques groupes locaux viennent performer. Les meilleures soirées restent les after festival des gourmands. En plus, c’est GRATIS... just saying.
5. Les poissons morts des Trois-Lacs
Clarification pour commencer : les Trois-Lacs d’Asbestos, c’est vraiment un ensemble de trois lacs distincts reliés par des chenaux selon (attention!) l’Association des Résidants des Trois-Lacs. Ok? On parlait tout à l’heure de l’exotisme de la ville! J’avoue que les Trois-Lacs d’Asbestos ça peut être sexy, mais juste des fois. Sexy parce que regarder un coucher de soleil au bord de l’eau c’est toujours concluant et pratiquer des sports nautiques ça peut l’être. Quoique pas toujours! Mon ami a d’ailleurs déjà pagayé un poisson mort ou plutôt UN MONSTRE NAUTIQUE. Pas trop sexy mettons. Preuve à l’appui (pas de photoshop là-d’dans) dans l’album Asbestos en images, pour rire de l’anecdote et non de la tendance «poissons morts» des Trois-Lacs. Du coup, je vous rassure. Depuis 2011, la ville drague l’eau du lac pour l’acheminer dans un bassin où on y retire les sédiments. Les Trois-Lacs d’Asbestos retrouvent donc lentement leur sex appeal.
6. Ah le centre d’achat!
Le centre d’achat : quelle attraction quand on est jeune! Tellement qu’un agent de sécurité avait dû être engagé pour surveiller le passage de chaque jeunesse sur l’heure du midi. Nononon! Pas de flânage icitte! Le centre d’achat, c’était aussi «bargainer» du fromage au kiosque à Titi pour simplement rendre hommage à cet homme qui était si souriant. Finalement, à défaut de ne pas avoir de Korvette comme à Roxton Pond, pour nous le magasin à cochonnerie, c’était le Rossy!
7. Le camp musical pour jouer de la musique like a boss
Tout le monde a déjà vu Folies de Graduation : Le camp musical? Bon. Au camp musical d’Asbestos, il se passe la même chose. Point final. Non sérieusement, ce camp c’est l’école de la vie et une belle fierté asbestrienne. J’y travaillais fièrement comme cuisinière arborant le net pis toute. Ça prend beaucoup de tartes aux pommes pour accompagner toutes ces belles mélodies. Ah et j’oubliais l’autre vocation du camp, la tenue de tous les bals de finissants de l’Escale depuis X nombre d’années. Vivement la salle multifonctionnelle!
8. Saint-Barnabé, les oubliés
Saint-Barnabé, c’est la paroisse d’Asbestos. Les anciens appelaient ça la réserve. Ils sont séparés de nous par le trou de la mine. D’après mon calcul Google Maps, il y aurait 9 rues dans leur patelin. On les respecte quand même les gens de Saint-Barnabé; après tout, ils portent notre nom de résident. Voilà, ça fait le tour de ce qu’il y avait à dire sur Saint-Barnabé!
9. La balle-molle comme sport national
Asbestos est assez sportive quand j’y pense. Deux terrains de balle-molle, dont un sur la «main», dans notre belle ville, afin d’exercer ce sport oh combien excitant! Je me rappelle ces matchs de balle-molle durant lesquelles mon frère jouait dans le sable plutôt que de surveiller son but et que ma mère répondait au nom de coach (ma mère coach, nononon!)! Je dois avouer que notre carrière de balle-molle fut assez courte merci. Pour d’autres (genre la majorité), c’est l’opposé. Participer aux tournois locaux, c’était une affaire qui se passait entre père et fils. Sinon, il y a déjà eu une ligue de hockey semi-pro, Les Aztèques, l’aréna était plein à craquer les vendredis soirs où ils disputaient des matchs de boxe plus que de hockey. C’était aussi un lieu de date pour se toucher les cuisses. Finalement, je ne peux pas passer à côté de ce fait sportif : la fondation de l’équipe de cheerleading de l’Escale, qui n’accompagne pas une équipe de football. Le football par chez nous c’est du coming soon où y faut être très patient.
10. Toujours drôle d’entendre les expressions
Finalement, comme toute bonne ville qui se respecte, plusieurs expressions particulières font en sorte que nous sommes les seuls au monde (pas pour longtemps) à nous comprendre. Par exemple : au frette qui fait, ça prend un faux col et un soute pour lever sa cour ; après ça, ça vas-tu être bon un vico avec une guédille pis un Big Mimi. Maintenant, si je vous le traduis : Au froid qu’il fait, il faut porter un cache-cou et son habit de neige pour déneiger son entrée ; par la suite, ça va être bon un verre de lait au chocolat, accompagné d’un pain à la salade et d’un hambourgeois de la cantine Mimi.
Bonne semaine à mine! xx
NDLR: Urbania mettant Asbestos à l'honneur cette semaine, offre 10% de réduction sur les abonnements à tout résident de la ville! Écrire à joanie@urbania.ca
La ville de la semaine en images





Comment peut ont parler d'Asbestos sans mentionner "le dépaneur legault" qui a changé de nom depuis mais quand meme a l'époque inoubliable! qui de ma génération n'a t'il jamais été louer un film a cette endroit.!! je me souvient de l'arcade chez Denis (maintenant chez grisou) ou nous allions mettre quelque 25 cents pour nous amuser et surtout, la maison des jeunes ( que l'ont appelais" la cabane") qui etait si grande au bout de la rue st-hubert.. Dans la nouvelle section du ctr d'Achat (construit debut 80) ont allais souvant mangé au rapido, et bien sur quelque nuit nocturne passé dans le bar 525!
Le macht aujourd'hui qui était a l'époque brasserie de l'amiante. La boulangerie sur la 1e avenue qui nous donnais le meilleur pain que l'ont pouvait trouver sur les tablette de l'épicerie avec "Asbestos" d'inscris en gros sur l'emballage.
17 Jan 2013 | ami de ti-nes
Et bien, je suis aussi un peu plus vieille que l'auteure! Y'avait le kentucky à la place du famili-prix. Le Rossy n'était pas là encore, on a vu le continental puis je ne me souviens plus trop. Pour ce qui est de St-Barnabé elle a passé vite mais ça bougeait aussi. Y'avait plein de jeunes à St-Barnabé et le parc et la piscine était un lieu de rassemblement. Belle ville Asbestos et pas trop dangeureux d'y pogner l'amiantose... Bravo à l'auteure.
17 Nov 2012 | veronqiue
Bravo pour ce beau texte
Je viens de Wotton et j'ai fait mon secondaire à asbestos aux pavillons 1 et 2
le midi de temps à autre, nous allions manger au Kentucky! je penses qu'il n'existe plus.
nous allions aussi au centre d'achat dans ce temps là . notre lieu pour aller veiller était l'hotel Dion qui je crois n'existe plus non plus.
de beaux souvenirs à Asbestos et j'aime y retourner. on s'y sent encore un peu comme chez nous
17 Nov 2012 | Nathalie
Venant de Wotton ; j'ai fait mon secondaire à l'Escale au pavillon 1 et 2. je dois être plus vieille que l'auteur de ce texte, moi il y avait dans mon temps un Kentucky où on allait le midi et oui aussi ue centre d'achat ; on y allait acheter notre gomme. notre place de sortie : L'Hotel Dion . je me suis informé à un jeune pompiste au Shell l'autre jour en allant voir mes parents ; mais il ne savait pas que ça avait existé. bravo pour ce beau texte ; oui Asbestos fait partie de mon passé mais il y fait toujours bon y retourner ; on s'y sent comme chez nous.
17 Nov 2012 | Nathalie
Que de souvenirs, moi j ai fait mon primaire à Marguerite Bourgeois wow ça date... Boulevard St-Luc je connaissais ça notre maison nous a tomber dans le trou lors de la déboulé il a bin fallu déménager... et aujourd hui je vis toujours à Asbestos, j aime cette ville et j y reste. Bonne ton article merci....
17 Nov 2012 | mireille
Souvent, les gens ne savent pas où est situé Asbestos. On l’associe à l'Abitibi, ce qui a toujours eu le don de nous irriter.. Dépendamment de la génération à laquelle on appartient, on se revendique soit de l’Estrie, soit des Cantons-de-l’Est (j’en suis, ce qui trahi mon âge!). On a tous des grands-parents qui ont pelleté de la poussière d'amiante sur leur balcon le matin quand ils étaient jeunes et c’est vrai, on ne connait personne qui soit morte de l'amiantose. Mais on connait des gens qui sont morts du cancer du poumon... Asbestos, paradis du bungalow en brique beige et brune, possédant une école ronde, sorte de vaisseau spatial qui accueille le visiteur à l'orée la ville, un festival qui "triple la population" de la ville le temps d'un w-e, w-e jadis où ça célébrait fort et pétait fort (le blé d'inde se vendait 3 pour 25 cennes), les bonnes gensss déguisés en guénilloux, trébuchant sur les épis graisseux, de toute beauté! Mieux encore, roulant sur les restes de blé d’inde, car c’est connu, Asbestos est construite sur une côte, à flanc d’Appalaches. Asbestos, à l'image de sa géographie, une ville batie sur une pente, une ville qui cherche son élan pour monter la côte depuis une couple de décennies mais qui n'est pas totalement sur la pente descendante non plus…
17 Nov 2012 | Annie Martineau
Bravo pour ce beau texte! Je ne vais plus à Asbestos, mes parents ayant choisi de vivre dans une ville plus dynamique, mais comme ce récit me donne le goût d'y retourner et de manger des brownies de Noëlle-Ange! Nous avons eu de beaux moments entre amis dans notre enfance et adolescence où tous les styles se côtoyaient. J'ai aussi adoré lire les commentaires sur ce texte, me rappelant d'autres souvenirs tout aussi attendrissants. Merci, j'ai un beau sourire accroché au visage...
16 Nov 2012 | Karine C.
Il y avait la plus grosse piscine municipale à Saint-Barnabé! ce n'est pas rien! :P
16 Nov 2012 | Moi
Quel beau texte.... ca fait du bien .... a l âme... comme une douce musique.... j y suis née.... et j y finirai surment ma vie aussi..... merci a celui qui a écrit cet article.... et la Noelleange....je me souviens de par mon fils.... elle etait tres apprécié je crois.... encore bravo!!
16 Nov 2012 | Lucie
Merci Fanny,à la petite fille de 5 ans que j'ai accueillie dans ma classe de maternelle de l'école St-Jean d'Asbestos,petite fille pleine de vie ,de potentiel et d'espoir!Tu as quitté cette ville mais ton coeur et de beaux souvenirs sont encore bien vivants.Moi j'y suis ,j'y reste et combien solides sont mes racines dans cette ville où`j'ai grandi et vu grandir tant de beaux enfants comme toi!
16 Nov 2012 | pauline lambert-picard
Native de la mine, je m'y retrouve totalement dans cet article. Mes parents y sont toujours et je trouve agréable d'y retourner faire un tour. Marcher dans les rues de mon enfance, passer dans le parc Dollard et me remémorer les soirées entre amis assis à une table à pique-nique... Il y aussi la côté à Gagné pour aller glisser, le Linéparc où on chassait les écrevisses sous la voie de contour... Cette ville de campagne aux allures moribondes essaie tant bien que mal de subsister et quelques gens de ma génération ne l'ont jamais quittée. PS Noëlle-Ange... c'est ma tante :)
16 Nov 2012 | Julie B.
je ne suis pas d'Asbestos, mais nous avons un chalet a Wotton. et je peux garantir qu'on est allé souvent au centre d'achat et a la plage des trois lac et a chaque début d'été avant le bord de la plage regorgeais de tête et de corps de poisson ( EURK) j'ai adorer aller passer toute mes fin de semaines de jeunesse la j'ai même rencontrer Hugo St-cyr ( WATATATOW) et Michel Charette ( jean-lou dans radio enfer). Et Comment ne pas faire de détour par la mine et le méga tonka :P
16 Nov 2012 | kim
Je croyais être le seul à imaginer les poissons mort du 3-lacs. Mon grand-père avait une maison d'été la et chaque fois il y a avait toujours plein de poissons agonisant sur le bord du quai. Une chance qu'il commence à le nettoyer.
Je dois aussi dire que le Rossy est LE magasin à aller pour vivre l'expérience d'Asbestos.
16 Nov 2012 | Jean-Francois Lauzon | Montréal
Bravo pour ce bel article rempli d'humour!Un plaisir à lire!!Ca fait changement des articles pessimistes et rempli de rancoeur que nous lisons dernièrement!!
16 Nov 2012 | Camille
Super texte que je vien de lire ce matin!! :) je vie moi aussi également dans la ville du trou loll
et tu ma bien fait rire avec quelques phrases dont je reconaissais les expressions :P
16 Nov 2012 | Elsa
Étant la descendante d'une expatriée d'Asbestos, une grande partie de mon enfance s'y est déroulé pour aller visiter grands-parents à Saint-Barnabé et mononcle. J'ajouterais le Festival des Gourmands qui était, à part Noël et Pâques, quasiment notre seul moment de festivités familiales! J'en ai vu des shows de musique douteux et des games (plates!) de baseball mais c'était le fun!!! Je parlerais aussi de la vieille track de chemin de fer de Saint-Barnabé qu'on suivait ma grand-mère et moi pour se rendre aux "déchets" de la mine pour ramasser des belles roches! J'en ai respiré et même mangé de l'amiante...! De beaux souvenirs que ça me rappelle votre article...
15 Nov 2012 | Anonyme