23 Jan 2012
C’est un secret de polichinelle. Quand on travaille dans les médias, on sait pas mal qui est gai et qui ne l’est pas. Dans le milieu, la plupart des personnalités publiques ne s’en cachent pas. Et les journalistes savent bien garder le secret. Ce serait trop chien de révéler au grand public le pot aux roses. Pourquoi?
J’ai déjà abordé des sujets avec plus d’objectivité : je suis moi-même lesbienne, et voir des personnalités fouler le tapis rouge avec une potiche parce qu’elles n’assument pas d’être vues avec la personne qu’elles aiment, ça m’écœure.
J’ai commencé mon reportage comme ça, avec la rage d’une adolescente. J’étais fâchée qu’on me répète (parce que c’est ce qu’on dit toujours) que c’est une question « de vie privée ». Leur vie privée, les vedettes l’étalent de long en large dans les magazines et vont jusqu’à parler de l’adoption de leur enfant, de leur condo en Floride ou de leur recette de tarte aux pommes sans jamais faire allusion au fait qu’elles sont gaies.
Au départ, je n’avais qu’un seul désir : outer des vedettes. Pas parce que je suis méchante ou pour qu’on vende de la copie. Parce que je trouve que s’il reste une barrière à faire tomber pour que les homosexuels vivent vraiment dans la normalité, au Québec du moins, c’est celle-là. Je ne comprends pas qu’en 2011, on ait encore à cacher quelque chose qui n’est plus sensé être honteux depuis 1969, moment où on a décidé qu’au Canada, on ne discriminerait plus personne selon sa race, son âge ou son orientation sexuelle.
Comme je savais que mon désir de sortir le monde de la garde-robe découlait plus de la colère que de la raison, j’ai essayé de comprendre les motivations de nos chouchous du placard avant de commettre l’irréparable.
Étape 1 : à la conquête de Carla
Pour une raison qui m’échappe, il y a encore moins de femmes que d’hommes qui assument leur homosexualité parmi les personnalités publiques. Pourtant, le Québec compte un magnifique modèle de lesbienne : une femme que tout le monde aime, mais qui demeure dans le placard avec sa blonde depuis toujours. Appelons-la Carla.
Je m’apprêtais à lui demander un entretien (avec quatorze paires de gants blancs) lorsqu’une information aussi réjouissante que farfelue m’est parvenue par l’entremise de ma rédactrice en chef : Carla ferait son coming out au prochain gala Arc-en-Ciel, soirée qui récompense les personnes qui font avancer la cause homosexuelle. Puisque Carla est un nom fictif, vous aurez compris que nos sources « en avaient fumé du bon ». C’est exactement ce qu’a écrit Carla dans la seule réponse qu’elle m’a envoyée, et qui contenait aussi ce début d’explication :
« Je n’ai rien de particulièrement intéressant à raconter sur ma vie privée, qui demeurera privée grâce au respect et à la discrétion dont font preuve les journalistes de chez nous. »
J’étais déçue. « Pas pour l'article, ça je m'en fous, mais pour la cause », que je lui ai répondu. Pour de vrai, j’attendais depuis longtemps le jour où une figure féminine importante sortirait de la garde-robe et je constatais par sa réponse que nous étions loin du but.
J’ai réitéré ma demande, en lui garantissant l’anonymat le plus complet, lui expliquant que l’idée n’était d’outer personne, mais de « comprendre le point de vue des personnalités publiques de façon à mieux cerner le degré d’aisance de la société québécoise avec l’homosexualité. »
Je la comprends d’avoir refusé. Pour rendre mon sujet le plus compréhensible possible, il aurait fallu décrire Carla, expliquer les raisons qui la poussent à ne pas révéler son homosexualité, dire à quel point elle est connue, autant d’informations qui, j’en conviens, l’auraient démasquée. J’espérais donc qu’en parlant avec elle, elle changerait d’idée.
Lisez la suite dans le #32 spécial Lesbiennes | présentement en kiosque





Je trouve dommage qu'en 2012, au Québec, il ne soit pas encore naturel de se dire hétéro ou gai. Parce que le fond est là. Si les vedettes, comme M. Tout le monde, ne veulent pas sortir du placard, c'est qu'il y a encore un malaise à le faire. Et ça me désole. Profondément. Sortez vos fusils, M. Harper, il y a des homos au Québec! Tant qu'il y aura des Harper dans ce monde, tant il y aura des gais cachés au fond de leur placard.
5 Mars 2012 | Amélie
Certaines célébrités préfèrent garder leur vie personnelle privée. Cela inclus de ne pas divulguer leur statut social, et donc, de ne pas parler de leur célibat, leur conquêtes, leur conjoint(e). Il serait contradictoire dans ce cas-ci de clamer son homosexualité, en gardant le reste secret. D'ailleurs, est-ce possible pour une célébrité d'avouer son homosexualité sans vivre d'atteinte à la vie privée par la suite?
Peu importe l'orientation sexuelle de la personnalité connue, celle-ci a un mode de vie différent du nôtre et a plusieurs arguments la motivant à préserver son intimité. Et même parmi notre entourage, certaines personnes préfèrent garder leur vie intime, "intime"!!!
C'est une question de choix, de savoir ce qui nous rend le plus à l'aise dans une situation, de se sentir libre, autant à crier sur tous les toits notre amour pour une personne, autant que de vivre un amour plus clos. Ce qui est dommage, c'est lorsqu'une personne s'empêche d'être elle-même, de peur d'être jugée, encore là, peu importe l'orientation sexuelle.
On ne choisit pas son orientation, mais l'on peut choisir comment la vivre!
Si une célébrité venait qu'à révéler son homosexualité, elle pourrait faire la différence en passant le message suivant: il n'y a aucune différence! Chaque personne est différente, je le conçois, mais c'est en clamant "vive la différence!!" que l'on continue d'alimenter l'homosexualité comme étant quelque chose de différent, voir anormal comparativement à l'hétérosexualité. Et pourtant, aimer une personne pour ce qu'elle est, n'est-ce pas la chose la plus "normal" qui soit? C'est une façon de penser qui nous rejoint tous, alors arrêtons de nous battre pour être pareil ou différent...soyons ce que nous sommes point à la ligne!!!
24 Jan 2012 | Swarmy
Un journaliste qui sort du placard des gens qui ne veulent pas en sortir est un salaud. C'est pas parce qu'on fait un numéro spécial lesbienne qu'on va se mettre à outer des gens. MÊME sur le web, par les commentaires des internautes. Alors si cette femme se tait, c'est qu'elle a ses raisons, même si d'autres ne les comprennent pas. C'est son choix. Point.
Criez que vous êtes lesbiennes, si vous le voulez et si vous en avez besoin. Mais n'oubliez pas que d'autres n'ont pas envie de le faire. Surtout si elles ne ressentent pas le besoin de se défendre. Parce qu'on se défend quand on a quelque chose à défendre; or, ce ne sont pas toutes les femmes lesbiennes qui se sentent ostracisées.
24 Jan 2012 | K1
Moi je propose qu'elle l'annonce à la fin du bulletin de nouvelles. Juste avant les sports!
À moins que si c'est pas d'elle qu'on parle, qu'elle l'annonce pendant le bulletin des sports?
Lesb go!
23 Jan 2012 | Anne Gelinas-Joly
Un bon journaliste est un journaliste détesté.
Alors dis-nous, dis-nous !
23 Jan 2012 | Thomas