11 Déc 2009

L’homme qui se fond dans la nature

Crédit: Emilie Pelletier

Par Valérie Duhaime

Depuis une vingtaine d’années, l’artiste-sculpteur Florent Cousineau rêve la ville.  Né en Côte-Nord il y a 56 hivers, il habite maintenant Québec et travaille à intégrer un peu d’art dans l’architecture de quartiers défraîchis de la Capitale.


Pour le bénéfice de nos lecteurs : pourquoi passer la souffleuse flambant nu?
C’est ma façon d’exprimer la nordicité. Je suis du Québec. J’y ai toujours vécu. L’hiver fait partie de moi. Comment dire à cette force qu’est la nature que j’essaie de l’accoter? C’est pour moi une façon de rester vivant, nettement vivant.

En quoi consiste votre travail?
Je m’intéresse à l’intégration de l’art en architecture. J’aime rêver la ville. Je travaille surtout le béton, qui est une matière qui m’a toujours fasciné. J’essaie de lui donner de la souplesse. J’utilise un béton flexible qui ressemble à de la peau d’éléphant. C’est un béton avec des composantes géotextiles, et c’est ce qui amène du mouvement.

Vous utilisez beaucoup les éléments de la nature...
Tout le temps. Par exemple, l'eau est un bien incroyable, qu'on possède et qu'on doit préserver le mieux possible. On attribue de la permanence à la matière, mais la seule chose qui soit vraiment permanente, c'est l'eau.

Pourquoi s’intéresser à l’aménagement urbain?
J’aime rêver la ville. Je suis urbain, mais je vis dans un endroit extrêmement reculé, en campagne Je me nourris de ça pour mieux foncer dans l’urbanité. Présentement, je travaille à vendre l’idée à la ville d’adopter un pont piéton sur la rivière St-Charles. Ce pont serait une célébration à la promenade urbaine et servirait surtout aux personnes à mobilité réduite. En ce moment, il est impossible pour eux de traverser la rivière, car il n’y a qu’un pont, destiné aux voitures. Comme on fête le 400ième de Québec, on refait les berges. Pourquoi, dans ce cas, ne pas en profiter pour aménager une passerelle? Ce serait une sculpture fonctionnelle et un lien entre les deux rives.

Quel matériau utilisez-vous?
Je travaille surtout le béton, une matière qui m’a toujours fascinée. J’essaie de lui donner de la souplesse. J’utilise un béton flexible qui ressemble à de la peau d’éléphant. C’est un béton avec des composantes géotextiles, et c’est ce qui amène du mouvement.

Jusqu’à maintenant, qu’avez-vous apporté de nouveau à la ville?
Dans les années 80, certains bâtiments du quartier St-Roch étaient abandonnés. J’ai contribué à la revitalisation du quartier par la création et la rénovation d’ateliers d’artistes. Par exemple, une bâtisse étaient particulièrement croche. Au lieu de redresser le mur, on a amplifié la courbure. Cette bâtisse, les Ateliers du coin, abrite maintenant des ateliers-résidences pour les artistes.

Le développement durable, un autre concept à la mode?
Pas du tout. Toute ma vie, j’ai vécu en campagne. Se rouler dans la terre noire au printemps comme un hymne à la joie pour donner un sens à ta plantation, je suis dans cette sensibilité-là. Plusieurs de mes édifices sont conçus en partie de matériaux recyclés. J’ai cette conscience depuis longtemps. Par exemple, j’ai utilisé des retailles de pierres dont personne ne voulait. Ma propre maison est construite à 40 % avec du matériel recyclé. J’ai récupéré les structures et les matériaux d’oeuvres d’autres artistes pour plusieurs de mes projets .Il était grand temps que le monde se conscientise aussi. Presque invisibles quand ils sont seuls, les flocons de neige forment ensemble une masse incroyable. Il faut la part de chacun pour faire une différence.

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