2 Mars 2012

Stéphane Lemieux, étoile du métro

Crédit: Daphné Caron

Par Judith Lussier

Dans le métro, certains endroits prévus pour les musiciens sont si convoités qu’on a organisé des auditions. Heureusement pour nos oreilles, Stéphane les a passées.

Que faut-il faire pour pouvoir jouer dans le métro?
Normalement, on écrit notre nom sur un papier qu’on glisse sous la lyre. C’est une règle qu’on s’est faite entre musiciens car il n’y a aucun règlement de la STM qui nous impose ça. Dans les stations les plus convoitées, les musiciens se présentent à 4h15 du matin pour réserver leur place.

C’est pour ça que vous avez organisé des auditions?

Oui. Les 40 musiciens sélectionnés auront l’exclusivité sur cinq stations : Berri-UQAM, Jean-Talon, Place-des-Arts, Laurier et Snowdon. On va avoir une grande bannière avec notre nom derrière, et notre bio sur le site web. On veut aussi s’assurer qu’il y a un certain niveau de qualité dans le métro.

Pourquoi ces endroits-là sont si convoités?

Parce que ce sont des stations très passantes. À l’heure de pointe, il peut passer plus de 1000 personnes. À d’autres stations, il y a certains moments stratégiques, comme après une partie de hockey, au métro Bonaventure.

Combien ça vaut, une place à l’heure de pointe?
Personne ne peut vraiment savoir. Entre musiciens, on se raconte des histoires de pêche. Il y en a un qui se vantait de faire 100 000$ par année. En même temps, si on se vante trop, notre spot devient plus convoité, donc on se garde une petite gêne.

Gagnez-vous votre vie comme ça?

Moi, non. Je travaille auprès des personnes âgées, et je joue dans le métro dans mes temps libres. Ça me permet de pratiquer avant d’enregistrer mes albums. Dans le fond, le gens me paient pour pratiquer!

Votre disque s’appelle Musique pour gens pressés. C’est expressément un disque pour la clientèle du métro?
Mon concept, c’est de jouer des pièces calmes de guitare classique pour contraster avec le stress des gens pressés. Comme je joue toujours au même endroit, les gens me reconnaissent et je pense qu’ils apprécient. Il y a une madame qui me donne toujours des muffins congelés qu’elle a fait elle-même.

Les gens vous prennent-ils pour un mendiant?
Parfois oui. La pire chose que j’aie reçue, c’est une barre de chocolat à moitié mangée. Mais je pense que ça va changer avec les Étoiles du métro. Jamais on n’aura eu une telle visibilité.

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8,68$ - C’est le montant amassé par Alexandre da Costa, un des meilleurs violonistes au Canada, en jouant pendant 55 minutes dans le métro dans le cadre d’une expérience menée par La Presse en 2009.

Derniers commentairesRSS
  • Certainement que ça permet d'avoir un certain niveau de qualité dans le métro, mais ce qui est dommage c'est que c'est fait un peu au détriment de ceux qui ne sont ni complètement nuls ni absolument géniaux.

    Pour ma part, étant une étudiante paumée, parfois je joue de la guitare et je chante dans le métro - je suis pas éligible à devenir une «star du métro» mais je suis encore très loin du tapeux de caisses de lait dont parle Vanessa Huet dans son commentaire.

    En tout cas! Pour ma part, je trouve ça légèrement restreignant pour rien et je n'en voyais pas du tout la nécessité; après tout, est-ce qu'on était pas en train de montrer qu'on était apte à se créer un microcosme de système autogéré?

    Ça fonctionnait très bien, d'où l'inutilité pour la STM de s'y mettre les pattes (même si en théorie les lieux leur appartiennent).

    7 Mars 2012 | Alice Brooks

  • Vanessa Huet

    Il y en a du talent dans le métro! Et de l'originalité (comme le gars avec sa canne à pêche!) Mais il y a aussi le débile qui tape sur ses caisses de lait vide. J'ai l'impression que ça fait 10 ans que je le vois, et je comprends toujours pas pourquoi il est là! C'est pas de la musique, c'est aucune forme d'art, juste...agressant. Oui aux auditions!

    2 Mars 2012 | Vanessa Huet | Montreal

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