Fa-que là, ce week-end, c’est le 8 mars. Encore une fois, des femmes et des hommes féministes vont se rencontrer, jaser, questionner, méditer, écrire sur la condition de la femme et ce, partout dans le monde.
Comme tout engagement social, les féminismes comportent leurs contradictions en eux-mêmes, face à nos propres désirs et face à nos propres décisions. Rien n’est tout à fait noir ou tout à fait blanc. J’ai le goût de t’expliquer, par exemple, pourquoi je trouve important d’être une féministe enragée qui gueule après les masculinistes, mais pourquoi c’est aussi important que les féministes ne soient pas toutes acerbes comme moi.
Pis t’sais, la sexualité. Drôle d’époque que nous vivons, n’est-ce pas? Depuis que les féminismes sont revendicateurs, des parallèles très en-dessous-de-la-ceinture sont dressés par ceux que ça dérange. Lesbienne. Frustrée. Anti-bite. Envie du pénis, ou dégoût de celui-ci. Haine de l’homme, et j’en passe… Je vais t’expliquer pourquoi je n’ai pas envie de répondre à ce discours, pourquoi je n’ai pas envie d’étaler ma sexualité en tant que contre-contre-argument à un discours émancipateur, hormis le fait, que, franchement, ce qui se passe dans mes bobettes, c’est pas mal de mes affaires à moi et pas celles des autres.
Enfin, j’ai le goût de te parler d’amour. Le vrai, t’sais, celui qui donne le sourire épais quand on rêvasse à l’autre et qui fait qu’on est tout le temps heureux de se réveiller, le matin, pour se dire qu’on est donc content de se voir. En fait, ce n’est pas tant de l’amour que j’ai envie de parler, mais d’une institution qui en découle : le mariage. C’est compliqué, être féministe pis se marier, ou, du moins, pour moi, ça l’est. Ça comporte son lot de contradictions, ça aussi. On se dit que le mariage, c’est une tradition patriarcale, c’est vieux et usé jusqu’à la corde, jusqu’à ce qu’on se rappelle que finalement, on peut juste flusher le vœu d’obéissance, et prendre les engagements que l’on désire, entre adultes s’aimant à la folie, pis se crisser du gâteau dans’face après.
Ça fait que. Le 8 mars, j’espère te voir à cette table ronde, où nous pourrons échanger, en compagnie de toutes ces fantastiques féministes, sur la diversité des féminismes et sur les divisions au sein de ceux-ci. C’est ce samedi, au bar Notre-Dame-des-Quilles, 32, rue Beaubien, à 16h. J’ai tellement hâte que mes ovaires vont exploser. Genre.