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Ne vous inquiétez pas, je ne m’attaquerai pas à votre Major Tom d’amour ce matin. Quand j’ai lu que le Guardian avait dépeint Chris Hadfield comme un «canadien moustachu avec un penchant pour la guitare», j’ai réalisé que le charme de Jack Layton s’était réincarné dans un astronaute. Du coup, Chris Hadfield est devenu un intouchable, même si on en connaît très peu sur son passé. Vote-t-il à gauche ou à droite? A-t-il déjà été membre du Reform Party. Est-il déjà monté sur le yacht de Tony Accurso, lui? On s’en fout.
Ce qui m’intéresse, c’est comment un ancien militaire moustachu avec un bacc en génie mécanique a réussi à rendre les explorations spatiales sexy auprès d’une population d’ordinaire indifférente à la science (le dimanche soir, les Québécois préfèrent écouter un digest de YouTube qu’une émission de culture scientifique). La question tenaille aussi Marc Garneau, paraît-il.
Nous avait-on mal vendu les expériences scientifiques menées dans l’espace? Avions-nous tous un geek intérieur refoulé par des années d’intimidation à l’école? Cet intérêt nouveau serait-il lié au retour en force de la moustache? La réponse est A. Et la solution est venue du côté des réseaux sociaux. Au fond, Chris Hadfield, c’est Découverte et Vlog, fusionnés. Notre dilemme du dimanche soir est enfin résolu.
«On avait écrit beaucoup de documents comme au bon vieux temps, pour parler de la mission, et on s’est rendu compte qu’il n’y a plus personne qui lit les gros documents comme ça », a révélé Julie Simard, conseillère principale en communication à l’ASC, à Bahador Zabihiyan, de Radio-Canada. Des vidéos, des tweets, des photos de chez vous vu de l’espace, c’est ça que ça prend, pour intéresser les gens, aujourd’hui. Des heures de planifications ont ainsi été consacrées à la «scénarisation» 2.0 de la mission Hadfield. Ce cover de David Bowie qui semble avoir émané spontanément de l’espace? Prévu depuis des lustres.
C’est pas vraiment grave, c’est le résultat qui compte, me direz-vous. Mais ce que ça dit, sur nous, c’est que nous sommes influençables en titi. Munis d’une bonne stratégie, les réseaux sociaux peuvent donner du swag à n’importe quoi. Même à un chou frisé.
Si je voulais faire un autre parallèle avec la politique, je vous demanderais si les gens lisent encore ça, un gros document comme un programme électoral. Je dis ça parce qu’on a des élections municipales qui s’en viennent, et j’en connais un qui serait prêt à faire n’importe quel cover de David Bowie sur YouTube pour être élu. Ashes to Ashes, Denis?
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Ariane Moffatt a reçu hier le prix de lutte contre l’homophobie de la Fondation Émergence. Vous vous demandez peut-être ce qu’elle a fait pour mériter ça? Eh bien depuis que la juge de La Voix a annoncé que sa conjointe était enceinte, dans le village de mes beaux-parents, une madame a décidé de faire son coming out après avoir vécu plusieurs années dans la garde-robe. Je le sais parce qu’à l’Anse-Saint-Jean, toute se sait. Bravo Ariane et bravo, madame de l’Anse-Saint-Jean.