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Expo à quatre têtes, réunissant pour la première fois le photographe Guillaume D. Cyr, le chroniqueur David Desjardins et les peintres Martin Bureau et Paul Béliveau, Le ravissement du désordre est avant tout une occasion à saisir. Celle d’investir un édifice en transition, un lieu au charme sauvage, appelé à devenir le repaire théâtral que sera Le Diamant.
Bancal, dépecé en attendant sa prochaine incarnation, l’endroit constitue le décor idéal pour exprimer la fascination pour le désordre que partagent les artistes et qui sert de fil conducteur entre leurs œuvres respectives. Destruction, abandon, anti-intellectualisme, tourisme morbide, haine de l’autre comme antidote à la haine de soi et effondrement des institutions y sont passés à travers le filtre de différentes pratiques afin d’en extraire une beauté parfois hostile, troublante, voire terrifiante.
Paul Béliveau propose des représentations de livres qui constituent une menace pour les pouvoirs sur les grands formats d’une série intitulée Autodafés. Les ouvrages qu’il peint sont brûlés, leur contenu en partie détruit, mais juste assez visible pour qu’on puisse encore y déceler le pouvoir des mots. À ces inédits, il joint des éléments de sa troublante série Capture, où l’extrême réalisme de drames contemporains est détourné et magnifié par la forme qui semble vouloir l’inscrire dans une histoire déjà ancienne.
Fort du succès de sa série Gaspésie Human Less (réalisée avec Yana Ouellet), Guillaume D. Cyr montre pour la première fois -grâce à une bourse de Première Ovation- le résultat de son travail autour de la centrale de Tchernobyl, où il s’est intéressé au tourisme dans les zones touchées par le cataclysme. Les images de cette série intitulée Tchernoland disent le vide, la rencontre de visiteurs avec un décor sans intérêt, l’exploitation éhontée d’un endroit qui n’a rien à déclarer, sinon l’histoire de gens sacrifiés par négligence.
Martin Bureau présente une portion de sa série La tempête parfaite, où se juxtaposent des reproductions de vues aériennes par satellite et des ajouts qui constituent d’implacables commentaires éditoriaux sur la géopolitique. En parallèle, il peint in situ un très grand format où se rejoignent l’art d’anticipation et la représentation classique des grands incendies à la manière de Turner et Légaré. Son sujet : le parlement de Québec en proie aux flammes.
Pour sa première participation à un événement du genre, David Desjardins s’inspire des campagnes de propagande en temps de conflit avec La guerre à l’intelligence. Sur des milliers de feuillets, de courtes phrases cinglantes disent le désespoir de gens aliénés par un monde dont on leur a promis qu’il serait source de bonheur. En complément, Zombie, un monologue original (sur enregistrement audio, joué par Fabien Cloutier), décrit l’implosion d’un homme ordinaire.
Vernissage le samedi 11 mai dès 14 h
Présentée du jeudi au dimanche, jusqu’au 2 juin, au 795, rue des Glacis, Québec
Heures d’ouverture : jeudi et vendredi de 13 h à 19 h, samedi et dimanche de 13 h à 17 h
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Source: Guillaume D. Cyr