Système de santé: c’est quoi le problème?

Système de santé: c’est quoi le problème?
10 Avr 2013

Par Pascal Henrard  |  Publié dans : blogue

Quand ça urge, c’est efficace. Quand ça urge pas, faut être patient. N’est-ce pas normal?

Comme Kim, ma voisine de blogue, je viens de changer de décennie. Le cumul des années et l’addition des expériences… ne jamais négliger l’expérience.

En parlant d’expérience… Vendredi dernier, à la fin d’une soirée de fête remplie d’émotion, de bulles, de rires, de musique, d’amis et d’amour organisée en grand secret pendant des mois par la femme de ma vie, un accident est arrivé.

La jambe de ma blonde s’est retrouvée sous un piano. À moins que ce ne soit un piano qui ait écrasé la jambe de ma chérie. Ne me demandez pas comment, j’étais pompette, dans l’euphorie d’une des plus belles soirées de ma vie. J’étais sur un nuage au pays des amis, de la famille, de l’amour et de la vie.

On a dû s’y mettre à 5 ou 6, peut-être 7, pour soulever le piano, dégager la jambe, constater le dégât.

Le 911 a répondu aussitôt. Questions précises, actions à faire, ambulanciers en chemin. Ils sont arrivés dans l’effervescence et l'énervement. Un piano sur une jambe, ils n’ont pas souvent vu ça.

On ne déplace pas une belle femme qui se tord de douleur en un clin d’œil. On ne la met pas sur une chaise. On ne la lève pas sur ses pieds. On ne redresse pas sa jambe pliée et écrasée. Finalement, la civière, l’ambulance, l’hôpital Jean-Talon, je ne savais même pas qu’il y avait un hôpital là.

On est passé devant tout le monde. Une place tout de suite - oui, vous avez bien lu « tout de suite »- entre un homme intoxiqué, le visage en sang qui s’était fait tabasser et une mourante en plein délirium. Constat immédiat du médecin. Piqûre de morphine. Une, puis deux, puis d’autres. La douleur est insupportable, mais la blessée est courageuse (je le sais, je l’ai déjà vu accoucher deux fois sans épidurale). Analyse de la situation. Stabilisation de la douleur. Mesure des organes vitaux. La nuit est longue. Il n’y a plus d’heure. L’urgence est plus forte que le temps. J’avais l’impression que nous venions d’arriver. Ça faisait pourtant plus de deux heures, peut-être même trois. Il se passe tellement de choses dans une salle d’urgences que l’attente ne ressemble pas à de l’attente.

La radiographie est un moment délicat. À cette heure-là, les couloirs de l’hôpital sont vides. Le radiologue tout seul à l’air de s’ennuyer. Il me laisse gentiment regarder sur son écran l’image du fémur. Je ne comprends rien. Mais je comprends que ce n’est pas joli. Il y a trop de morceaux pour que ce soit normal.

Retour aux urgences. D’autres blessés, d’autres cas graves. Le doc visiblement fatigué par des heures de travail nous explique calmement la suite des choses. La belle cuisse lisse ressemble à un énorme jambon tuméfié. Il y a un vilain bobo là-dedans. L’orthopédiste va venir. Il va falloir opérer. Je m’assois enfin. L’amour de ma vie s’endort malgré les grognements de l’homme tabassé, le bip bip des machines, les appels au « code blanc ». Il y a du bruit et pourtant tout le monde chuchote, les infirmiers travaillent dans une tranquillité apaisante, j’allais dire la sérénité. On est loin des portraits d’horreur que nous dressent certains médias en mal de sensations. Pour un cas qui a pris plus de temps, combien d’autres ont été sauvés par des médecins compétents, des infirmières attentionnées et compatissantes?

On ne lit jamais leurs histoires dans les journaux qui tachent les doigts. Heureusement, vous, vous lisez Urbania.

Il faut que je prenne l’air. Le jour se lève. La salle d’attente des urgences est presque vide. Quatre ou cinq personnes qui n’ont apparemment pas l’air si mal en point. Qu’attendent-elles? Je marche dans la ville endormie. Des oies sauvages dans le ciel.

De retour, la salle d’attente s’est remplie de gens déjà impatients. Un samedi normal. Aux urgences, l’orthopédiste ne tarde pas à examiner ma petite femme qui a l’air minuscule dans sa grande civière entourée de tubes. C’est un homme rassurant. « Un piano lui est tombé dessus ? » Ça le fait sourire. Il se dit sans doute que c’est moins dangereux de jouer de la guitare ou du violoncelle. Il devait l’opérer le matin. Mais un autre cas, plus urgent, occupe la salle d’op’. Ça se fera l’après-midi. C’est normal. Le fémur est stabilisé. La douleur atténuée par les doses de morphine. Le corps meurtri sous surveillance.

La chambre qui va accueillir mon amour en miettes à son réveil est prête, désinfectée du plafond au plancher. Draps vert pâle, murs blancs, tuiles beiges sur le sol, vue triste sur la ville qui s’étend vers l’Est. C’est pas le paradis. C’est une chambre de traumatologie. Ça ne ressemble pas à une série télé. C’est la réalité. Normale.  

Il faut se le dire : un hôpital, c’est pas un hôtel à Punta Cana. Une infirmière, c’est pas ta mère. La bouffe d’hôpital, c’est pas chez Toqué. Une salle d'attente, c'est pas un spa. Des fois je me demande si les gens s’en rendent compte.

Ma petite chérie brisée est revenue droguée de l’opération. Nausées, douleurs, confusion. C’est normal. Mais quand on ne sait pas, on s’inquiète. L’infirmière s’occupe tout de suite d’elle tout en me rassurant. Mais elle doit aussi s’occuper des autres traumatisés de l’étage, gérer les inquiétudes, remonter le moral, écouter la litanie des doléances,…

Combien d’infirmières, de préposés, de médecins, de physiothérapeutes, de diététiciennes, de techniciens de surface se sont occupés de ma blonde éclopée? Combien de médicaments, de drogues, de piqûres, de shots d’oxygène, de litres de soluté lui a-t-on donnés ? Combien de seringues, de gants de caoutchouc, de tubes, de gobelets de plastiques, de produits désinfectants, de pansements, de prise de tension, de compresses fraîches,…?

Tout ça, gratis. Zéro payement. Zéro comptant. Zéro versement.

La patiente a souffert, mais elle ne s’est pas plainte une seconde du système de santé.

Pourquoi ne voit-on jamais dans les médias ces accidents de parcours que notre système de santé tant décrié a remis sur pieds? Vous trouvez ça trop plate? Ça manque de sensations? Vous aimeriez des boyaux sur le plancher? Des morts en série? Une épidémie asiatique?

Comme Kim, ma voisine de blogue, j’ai changé de décennie. Et j’ai changé de point de vue. Parce que c’est l’expérience qui nous montre la réalité du monde dans lequel on vit.

Pour suivre mes tribulations sur Twitter: @pascalhenrard
Derniers commentairesRSS
  • Hommage à tous ces hommes et ces femmes qui donnent le meilleur d'eux-mêmes pour soigner les malades... et si souvent critiqués. Une "vocation" choisie mais si exigeante...

    31 Oct 2013 | Louise Verreault

  • Désolé de faire une fausse note dans tout ses beaux commentaires mais il m'est arrivé d'aller aux urgences en decembre 2011, au CHUM, j'ai du aller la bas au plus vite parce que je m'etais mis a cracher du sang, sans savoir pourquoi. la bas, j'attends 20 minutes dans la salle d'attente ( oui c'est rapide ) et ensuite brancard, et tout le tralala.

    je vois une infirmiere qui me fait une prise de sang et voila, pas plus d'info, pendant 1 heure sur ma civieres, je fais rien à part cracher du sang. Finalement je fais des radios 1 ou 2h apres, sans infos, rien. Il est 3h du matin et pas grand monde. finallement je m'arrete de cracher du sang avec la petite bassine qu'on m'a gentillement donné.

    apres avoir attendu 16h aux urgences, je vois un ORL ( c'est assez extra ordinaire de pouvoir voir un ORL en 16h à MTL ) et la rien, vous n'avez rien. C'est une bonne nouvelle mais je regrette de ne pas avoir pu etre examiné reelement pendant ses 2 premieres heures à cracher mes entrailles.

    depuis 2 ans je vis dans la peur que ca se reproduise, ca s'est passé sans raison, je fume pas, bois tres peu, je suis ultra normal ... hormis cette peur que ca revienne.

    je ne veux pas blamer les personnes, le systeme ni l'hopital, mais ceci etait une reelle urgence, et maintenant je suis rendu parano à cause de ca. c'est triste.

    29 Oct 2013 | Yvan

  • Merci!!! Je suis dans le même cas que vous, moi et Mon conjoint avont également changé de point de vue sur les services de santé dans les derniers mois! Je suis enceinte et jai eu quelques problèmes durant la grosesse et à deux reprises nous nous sommes présenter au chul( à Québec) parce que mon état et celle du bébé nous inquiétai. Tous le personnel à tellement bien pris soin de nous il ont pris du temps pour me soigner et aussi pour réconforter mon copain malgré la sallé datente remplie.. Et le plus surprenant cest que trois mois plus tard, lors de notre deuxième visite, lurgentiste ainsi que trois infirmières nous ont reconnus! On entent malheureusement beaucoup de mal sur notre système de santé mais quand jen ai eu besoin pour vrai, en 10 minutes javais un soluté des électrodes partout et un médecin en train de m'evaluer... Chez moi maintenant on est vraiment heureux du service! Merci à tous cest gens fabuleux qui mont sauver la vie ainsi qua notre bébé qui va naître bientôt!

    29 Oct 2013 | lory

  • Merci d'avoir pris le temps! Je suis moi même infirmière et sachez qu'on toujours notre gros possible pour que tout le monde ce porte bien!

    29 Oct 2013 | Audrey

  • Un énorme merci d'avoir pris le temps de partager votre expérience!!! Vraiment très enrichissant!

    29 Oct 2013 | Éloise

  • que ca fait du bien de lire ca. si les gens savaient ce qui se passe derrière à l'urgence, ce qu'on fait à domicile, ce que les infirmières font comme travail. souvent avec le sourire même en étant débordées. j'aime mon métier et je ne changerai pas. mais d,avoir un témoignage commme celui-ci fait du bien. merci

    28 Oct 2013 | diane vignola

  • Merci pour ce beau texte rafraîchissant. En tant que Québécoise qui habite aux États-Unis depuis peu, ce genre de réflexion me semble tout à fait d'actualité et au point. Certes, les problèmes existent dans notre système de santé; mais quel plus grand problème que de refuser (ou même de limiter) l'accès à des soins de santé aux gens en fonction de leurs revenus? C'est cette dernière idée qui, selon moi, définit une société tiers-mondiste. Pour tous ses travers, la société québécoise a su au moins résister à la tentation de l'envahisseur. Bravo.

    28 Oct 2013 | Alexandra

  • Ca fait vraiment du bien de lire ceci, car comme infirmière travaillant a l'urgence, il arrive très souvent de recevoir de très mauvais commentaires, se faire crier après injurier. Mais nous on fait ce qu'on peut et ça les gens ne le voit pas toujours. Alors avoir de l'appréciation sur ce qu'on fait.... Merci bcp!!!

    p.s Faut pas oublier que le H devant la bâtisse ce n'est pas pour hotel mais pour hôpital!!!

    26 Oct 2013 | Val

  • Ca fait du bien de lire ce type de récit.

    Le système n'est pas parfait, les hôpitaux non plus mais le personnel fait ce qu'il peut souvent avec des moyens insuffisants surtout en temps de coupures budgétaires qui sont en train d'étouffer le système de santé et remettre à plus tard des projets importants.

    Bref je suis fier de notre système de santé et du personnel qui le compose et fier de notre hôpital Jean-Talon !

    19 Avr 2013 | Benoît

  • Ça fait du bien vous lire ! Pour notre part, à toute les fois ou nous nous sommes présentés aux urgences, pour de vraies urgences ( appendicite, brulûre importante, accident de vélo) nous avons toujours été très bien reçu et bien traités. Les employés, même si souvent débordés sont toujours dévoués et nous comme patients avons notre petite part à faire en usant d'un peu plus de tolérance.

    Jeanne

    17 Avr 2013 | Jeanne

  • Maudit peuple Québecois qui trouve toujours le moyen de rendre tout négatif!

    Le gars partage une expérience traumatisante qui se termine bien et en réalisant que notre système de santé est remplit de travailleurs qui ont du coeur et de la compréhension, tout en sachant priorisér les vrais urgences. Et vous êtes là à pleurer, chialer, dénoncer pis j'en passe, sur le coût de notre sytème de santé!

    Un jour vous aurez tous besoin d'être soigné et seulement là, vous réaliserez ce privilège que nous détenons comme société. Rien n'est parfait dans ce beau monde, et c'est avec du positif que l'ont avance et change les choses.

    Merci Pascal!!!!!

    employé Hôpital Jean-talon

    17 Avr 2013 | sylvain

  • Beau texte M. Henrard. J'espère que votre conjointe se remet bien.

    Je ne suis pas employée du réseau de la santé mais je pense que, sans nier l'existence de problèmes, il faut garder en tête que nous avons quand même accès à de très bons soins de santé. Non, ce n'est pas gratuit, nous les payons avec nos impôts, mais à ceux qui se disent qu'on serait aussi bien avec des assurances privées, réfléchissez-y un peu! Je connais des gens aux États-Unis qui paient plusieurs milliers de dollars par année en prime d'assurance; lorsqu'ils sont malades, ils doivent, en plus de ce qu'ils ont déjà payé, acquiter une franchise et une co-assurance, ce qui peut monter dans les quelques milliers de $ s'il y a de la chirurgie d'impliquée. Ajoutez-y les enquêtes que les assureurs effectuent après pour voir si tous les soins donnés respectaient leurs réglements, et dans le cas contraire, une belle facture arrivera demandant de rembourser la somme X correspondant à des soins non couverts.

    Cela c'est si une infection banale à dix-neuf ans ne vous classe pas dans les non-assurables!

    Et pour couronner le tout, parfois, l'hôpital à deux pas de chez vous refuse de vous soigner parce qu'ils ne font pas affaire avec votre compagnie d'assurance.

    Croyez-moi, notre système a peut-être des défauts, mais il ne faut pas oublier que l'herbe a toujours l'air plus verte chez le voisin. Et avec tout ça, les É-U paient plus que nous pour les soins de santé, et ont parmi les plus haut taux de mortalité infantile du monde occidental. Quand on se compare, on se console.

    16 Avr 2013 | Sophie

  • @ceux qui chialent avec leurs impôts. Ben allez vivre aux USA. Un accouchement, c'est des milliers de dollars mais la plupart des gens ont une assurance privée... Qui coûte pas mal la même chose que nos fameux impôts. Non il n'y a pas moyen de ne pas payer pour se faire sauver l'argent ou la mort, choisissez:)

    16 Avr 2013 | Anonyme

  • Gratuit???? Je regarde ce que nous donnons en impôt et taxes et la part qui va au système de santé, c'est loin d'être gratis comme vous dites. Que recevons-nous comme service en échange? Impossible de voir un médecin quand nous en avons besoin. Un enfant qui n'est plus capable de marcher faute de douleurs au genou, on attend des heures sans jamais voir personne. Je suis rentrée à l'hôpital en ambulance suite à un accident, j'avais une commotion cérébrale, on m'a donné deux Tylénols, deux Advils (le tout en même temps) et on me dit d'aller attendre dans la salle d'attente ou de rentrer et qu'une personne me surveille, et tout cela avec trois entorses dans le dos. Il a fallu j'aille payer le privé pour me faire soigner.

    Mon conjoint a eu une opération, on l'a renvoyé à la maison, il s'est évanoui à deux reprises à cause de l'anesthésie générale qu'il a eue cet après-midi là.

    Est-ce normal?

    Et ce message n'est pas contre le personnel infirmier, ils font ce qu'ils peuvent et cela malgré toutes les heures qu'ils sont obligés de faire. C'est le système qui est pourri!!

    Débarrassez-vous des cadres inutiles,des voyages inutiles (skype existe pour les réunions sans se déplacer) et mettez cet argent aux bons endroits. Ce n'est pas normal d'avoir un si mauvais service au prix que cela nous coûte! Arrêtez de dire que c'est gratuit, c'est un mensonge!

    16 Avr 2013 | Sylvie

  • Bravo pour votre témoignage eh oui on paie beaucoup d'impôt ! mais comme cette intervention le montre nos impôts sont utiles ,pas d'assurance privée à payer,,,,,combien nous coûterait une telle couverture privée ?

    Je suis retraité du réseau de la santé ,le seul reproche aux dirigeants ce sont les réformes,toutes n'ont jamais eu le TEMPS de prouver leur efficacité ,chacune des réformes nécessite un investissement de ressources humaines pour implanter des théories le montant de budget investi ne sert pas à la base ,après 35 ans comme infirmière je crois avoir connu 6 ou 7 réformes avec tout ce que cela implique la seule chose que je n'ai pas vu changer c'est la base SOIGNÉ-SOIGNANT et je crois que c'est à ce niveau qu'on oublie de travailler .Lors de la dernière réforme ,je ne cite qu'un effet des fusions.....les mise en place des bureaux de gestionnaire oufffffffff combien peut avoir coûté ces déménagements de directeurs gen. de directeurs, d'adjoints des directeurs ,d'adjoints administratifs et j'en passe avec le ballet de reredéménagement bureaut trop petit bureau trop large bureau trop sobre bureau de la mauvaise couleur (J'ai vu un bureau de chef de service peinturé 4 fois avant de trouver la bonne couleur!!!!!!!!!! )pour voir ce chef de service muté 18 mois plus tard ,combien a coûté la papeterie entêtes enveloppes cartes d'affaires quand on se voit à la base se battre se battre afin d'obtenir du matériel attendre pour avoir des ciseaux le budget des ciseaux est dépensé,,,,,,,,,,,,,,,,,je m'arrête j'ai un vie maintenant eh oui moi qui ai tant aimé ce que je faisais comme professionnelle j'ai lâché prise

    16 Avr 2013 | Céline

  • Pas gratuit! chèrement payé de nos impôts!

    15 Avr 2013 | Frederick Bleau

  • merci de votre texte je travail justement à l'urgence de l'hopital jean-talon et ca fait du bien d'entendre des belles choses comme ca ! très heureuse que votre conjointe à passer un beau séjour chez nous en espérant ne pas vous revoir ! ;)

    15 Avr 2013 | lisa-marie

  • Vous avez oublié quelque chose, oui nous avons changé de décennie, mais cette année une surprise nous attendait, chaque personne qui fait son rapport d'impôt, paie un montant de$200 par année. Donc, si vous êtes un couple, ça vous coute $400, si vous avez un ou deux ados au dela de 18 ans, rajouter une autre tranche de $200 par enfant. Oh la! ça change la perspective ça. Dans le temps, mon père avait la Croix Bleue, et je ne pense pas que ca lui coutait aussi cher par année, Une assurance responsabilité me côute quelques $26 par mois en plus d'une assurance vie pour quelques $24. par mois aussi. Et là je dois payer $200, à part de l'assurance médicaments. J'ai 68 ans, 69 ans bientôt, et je ne vais pas souvent à l'hôpital malgré que j' y suis déja`allé. En fait j'en ai eue ma part. Mais je fais une belle vieillesse et j'espère ne pas trop être obligé de consommer des médicaments et d'avoir trop recours à l'urgence dans les années qui viennent.

    15 Avr 2013 | Andrée Clément

  • Beau témoignage, bien juste, bien honnête, sauf pour le "gratis". Vous savez certainement que les soins de santé sont loin d'être gratis, même s'ils sont pris en charge par la collectivité. C'est important de ne pas perpétuer cette fausse impression, car c'est peut-être ce qui remplit la salle d'urgence de cas non urgents.

    15 Avr 2013 | Sylvain

  • Les gens apprécient malheureusement plus les nouvelles négatives que positives. Votre témoignage démontre la VRAIE réalité d'un hôpital.

    Oui il existe des infirmières et des médecins aigris, comme il existe des banquiers, des caissiers, des psychologues et des journaliers aigris. Mais la grande majorité des employés du système de santé (et la grande majorité des gens tout court) aiment leur travail et se donnent au maximum pour offrir un service de qualité.

    Je trouve dommage que mes patients aient (d'avance, avant que je les rencontre) une opinion négative de mon métier et de la qualité de mon travail. Merci de refléter un réalité plus juste que ce qui est démontré tous les jours dans les médias.

    Simon, médecin de famille

    15 Avr 2013 | Simon

  • Merci pour cet article, il me remonte le moral et m'encourage à progresser encore plus dans ma profession.

    Karim

    Infirmier à l'urgence de l'hôpital Jean Talon.

    15 Avr 2013 | karim Dehouche

  • Merci, oui du fond du coeur merci pour cette belle lettre qui dit tout ..

    Sylvie

    infirmiere, Cité de la santé de laval

    15 Avr 2013 | Sylvie

  • Pascal Henrard

    C'est drôle, mais on dirait que cette expérience a mis le doigt sur le bobo...

    À toutes celles et tous ceux qui me disent ici merci, c'est à moi de redire merci. J'espère que ce texte ne sera pas lu que par des professionnels de la santé...

    Simon, j'ai en effet oublié l'inhalothérapeute, excusez-moi, je ne me souviens plus de l'avoir rencontré. J'en ai sans doute oubliés plein, l'anesthésiste que je n'ai pas pu voir avant l'opération de ma blonde. Je n'ai pas parlé non plus du gardien à l'entrée qui m'a indiqué une bonne boulangerie dans le quartier. J'en ai oubliés d'autres, dans l'urgence mon esprit se brouillait.

    15 Avr 2013 | Pascal Henrard | Montréal/Bruxelles

  • Merci Mr Henrard,

    Merci d,avoir pris le temps de partager cette épreuve, car ce genre d'émotions, on préférerait s'en passer....

    D'en parler n'est pas plus simple, mais sachez vraiment à quel point cette attention est appréciée de tous ,de tous les travailleurs du domaine de la santé...

    Notre but ultime est le bien être de nos patients et à l'urgence , l'acuité des blessures et des symptômes est le moteur de l'urgence...

    Les émotions sont toujours à fleurs de peau, chaque patient se présentant étant dans son optique dans une situation plus critique que son voisin...

    Le concept du triage étant une notion bien aléatoire pour la plupart des patients....

    La tension est omniprésente dans cette salle d'attente que l'on compare souvent à un volcan prêt à l'éruption.... à tout moment....

    Souhaitant que votre Belle se remettre sur pieds rapidement afin de partager de nouveau avec vous, cette passion avouée pour la danse et la fête que vous nous avez témoigné ;-) ....

    Benoit, Inf. Hôp. J-Talon.

    15 Avr 2013 | Benoit

  • Beau texte. Vision objective! J'ai adoré!

    Seul oubli des inhalothérapeutes... on les oublis toujours ceux-là! On est trop amoché pour se souvenir d'eux quand on les voit! :D

    Simon inh.

    15 Avr 2013 | Simon

  • Titre parfaitement juste. Tableau réaliste. Rédaction sans sensationnalisme. Enfin un récit qui ne ressemble pas à Trauma ou aux histoires "si crédibles" de Denis Lévesque................

    Pour ma part, mon passage préféré est sans aucun doute : " Aux urgences, l’orthopédiste ne tarde pas ...C’est un homme rassurant. « Un piano lui est tombé dessus ? » Ça le fait sourire. "

    Maude, résidente en orthopédie et spectatrice de péripéties toujours plus surprenantes les unes des autres.

    14 Avr 2013 | Maude

  • Oui Marie-Andrée! La patiente fait minutieusement ses exercices tous les jours ;)

    14 Avr 2013 | Hélène Meunier

  • Mmmm... J'ai déjà entendu cette histoire de piano quelque part... Merci de partager cette vision positive! C'est grâce à des témoignages comme ceux-ci que je continue à travailler avec le sourire (du moins j'essaie...). J'espère que la patiente se remet bien... Et dîtes-lui de bien faire ses exercices! ;-)

    Marie-Andrée, physiothérapeute, Montréal

    14 Avr 2013 | Marie-Andrée

  • Intéressant de lire sur des expériences positives... ca fait du bien effectivement. Toutefois il est faux de prétendre que tout cela est gratuit, nous payons des impôts qui sont en grande partie injectés dans le système de santé!

    14 Avr 2013 | Soraya

  • Quel beau témoignage...c'est si bien écrit!

    C'est pourtant souvent ce que les patients/les familles pensent de nous....et malheureusement toute une autre réalité qu'on entend dans les médias!

    Souvent, les plus frustrés, ce sont ceux qui attendent...mais soyez contents, car si vous attendez, c'est parce que ce n'est pas urgent !

    Marie-Claude,

    Résidente, CHUM

    14 Avr 2013 | Marie-Claude

  • Merci au nom de toutes les infirmières de victoriaville!

    14 Avr 2013 | brigitte

  • Quel bien ça fait à notre âme. Merci, merci, merci.

    14 Avr 2013 | Daisy

  • Merci de votre témoignage. La majorité des soignants (à tous les niveaux) se décortiquent corps et âme pour leurs patients, mais notre système a d'énormes faiblesses... Nous luttons quotidiennement contre les pénuries d'effectifs et les obstacles administratifs... Nos familles paient souvent le prix de nos heures de travail déraisonnables (sans parler de notre santé mentale!) Mais tous ces sacrifices trouvent leur justification quand on peut faire une différence, ou quand on lit un témoignage comme le vôtre...

    Céline, médecin

    14 Avr 2013 | Celine

  • Le problème n'est pas l'efficacité des urgences. C'est le manque de medecin de famille.

    14 Avr 2013 | Steve

  • MERCI! merci merci!!

    Quel bien d'entendre des gens aussi généreux. Notre bon travail est récompensé!!

    Ça fait ma semaine!

    14 Avr 2013 | -

  • Merci!!! Une bouffée d'air frais, enfin! Parfois en lisant d'autres articles, on se surprend de penser que il écrive sous commande... MERCI MOLLÉS FOIS POUR VOTRE REGARD JUSTE!

    Caryne, chirurgienne

    13 Avr 2013 | Caryne

  • Mon Dieu....j'ai relu ce texte 3 fois....MERCI.....VOUS avez compris !

    C'est une infirmière de ma salle d'urgence qui a partagé votre texte sur FB...

    Eh oui, je dis MA salle d'urgence, j'y suis attachée, je l'aime ! Elle est fonctionnelle, à l'écoute des besoins et efficace pour les urgences ....et il est vrai qu'elle n'est pas conçue pour faire de la clinique ambulatoire (non urgent), de la première ligne et encore moins de l'hospitalisation...Quand elle fait ce qu'elle doit faire, elle est vraiment efficace et les patients sont en sécurité! Aucun québécois n'a à rougir de la qualité de la vrai médecine d'urgence d'ici surtout au coût que chacun dépense à chaque visite dans le système sans égard à la pertinence....

    Danielle, MD d'urgence au nord de Mtl

    13 Avr 2013 | Danielle

  • Pareil, un poignet cassé en tombant dans les escaliers à cause de la neige. Je suis étudiante belge à Montréal, faudra que je m'achète des chaussures à semelles qui tiennent à la neige. Coup de téléphone à un ami :

    - C'est quoi l'urgence la plus proche?

    - Hôtel Dieu, mais prend au moins 5 livres et trois paquets de biscuits avec toi, t'es pas au bout de tes peines.

    - Ah bon.

    Deux heures plus tard, j'ai vu un infirmier, puis un médecin, j'ai fait des radios, j'ai un plâtre, un rdv chez un orthopédiste deux semaines plus tard. J'ai eu droit à des infirmier(ères) très souriant(e)s. On m'a même aidée à mettre mon manteau.

    -'Je vous dois combien?'

    -'Rien tout est pris en charge par la RAMQ'.

    Efficace c'est le mot.

    Pourtant, un poignet cassé, c'était pas 'si' urgent.

    Pauline.

    13 Avr 2013 | Pauline

  • Merci, Merci, Merci!!!

    Quel baume que de vous lire! Il est vrai que dans l'urgence la prise en charge est TRÈS efficace , mais quand ce l'est moins ou pas du tout, il faut être patient ou du moins apprendre à l'être. Trop souvent j'entends mille et une doléances à propos du temps d'attente, du médecin qui aux yeux de certains s'est montré beaucoup trop expéditif. Fort heureusement on rencontre dans notre métier, des gens de coeur, comme vous, qui osent exprimer leur satisfaction face à un système de santé difficile à gérer et trop souvent malmené à tort. Notre beau système de santé est malade, mais à tous les jours je m'engage d'offrir des soins de qualité à chacun de mes patients, quels qu'ils soient. Je soigne et protège chacun d'eux comme si c'était un membre de ma propre famille. Il me fait réellement chaud au coeur de savoir qu'il y a des gens de coeur, comme vous.

    MERCI !!

    Isabelle

    Infirmière, Institut de Cardiologie de Montréal

    13 Avr 2013 | Isabelle Filiatrault

  • MERCI !!!

    Ce que tu as écrit et décrit est mon quotidien depuis maintenant 7 ans et je me demande combien de temps je pourrai tenir encore. Je pourais ajouter qu'a tout les jours nous traivaillons très dur et que nous nous faisons souvent passé des commentaires comme : AILLE ... C'est dans mes taxes que je paye ton salaire ! ET BIEN c'est dans le salaire si durement gagné a nous faire insulter de la sorte que nous, les infirmières payons les même taxes !

    Donc, MERCI !! Ton texte si bien écrit me réconcili en partie avec mon métier si ingras qui pourtant j'aime malgré tout les sacrifices personelle que la population ne voit pas. Nos couples et nos familles écopent plus souvent qu'a leur toure ... Je suis heureuse de constater qu'il y a des gens dans la population qui voit nos efforts. J'adore le paragraphe sur Punta Cana ! Le H est bel et bien pour hopital et non hotel :)

    Martine

    infirmière d'urgence sur la rive sud de mtl

    12 Avr 2013 | Martine

  • *une larme sur la joue*

    Wow! Vraiment merci beaucoup pour ce témoignage! Après un 16h, lire ce texte me redonne un peu de "pep". Notre système de santé est loin d'être le plus efficace mais il ne faut pas oublier qu'il est gratuit! Le temps d'attente dans les urgences du Québec peut être long cependant le mot urgence le dit... les urgence en priorité. Malheureusement peu de gens comprennent et s'acharne volontiers sur le personnel soignant!

    Merci encore

    Julie, infirmière Centre Hospitalier Pierre-Legardeur

    12 Avr 2013 | Julie

  • Tellement vrai, Pascal! Lors de ma chirurgie, il y a quatre ans (déjà!), j'ai bénéficié de soins hors pairs par un personnel adorable au soins intermédiaires de l'hôpital du Sacré-Coeur de Montréal. Une seule préposée, la nuit, avait manqué un peu de jugement et elle a été instantanément rappelée à l'ordre par sa co-équipière. Je n'ai même pas eu à lui répondre... À tous les autres, j'ai multiplié les mercis! De tous les autres, j'ai vanté l'extrême gentillesse et le grand professionnalisme chaque fois que j'en ai eu la chance.

    "Quand ça urge, c'est efficace. Quand ça urge pas, faut être patient", un peu du moins, mais mon opinion est qu'on devrait cependant améliorer l'accessibilité aux soins pour les problèmes moins urgents dans d'autres endroits que les hôpitaux: plus de cliniques sans rendez-vous, des médecins qui font des visites à la maison, etc.

    Ce n'est pas simple, je sais, et cela impliquerait sûrement plusieurs remaniements à plusieurs niveaux,certains sacrifices même, mais n'avoir d'autre recours que d'attendre 8 ou 12 heures à l'urgence pour faire soigner une sinusite ou une capsulite parce qu'on ne peut pas voir notre médecin de famille (quand on en a un) avant un mois, ce n'est pas efficace!

    En attendant, pensons aussi à chanter les louanges de ce qui fonctionne parce que c'est important de ne pas voir que ce qui cloche.

    11 Avr 2013 | Maryse

  • Merci merci merci merci merci!!!

    En mon nom et celui de toutes mes collègues!!

    Chantal

    infirmière, Hôpital Pierre Legardeur

    11 Avr 2013 | Chantal Provost

  • Merci!!

    ça fait du bien de lire une patiente et sa famille satisfaite. Nos conditions ne sont souvent pas facile, mais il n'y a pas une journée où je ne soigne pas mes patients comme s'ils étaient des membres de ma famille. La majorité de nos patients quittent notre unité en disant merci, mais pour 1000 personnes satisfaites, c'est celle qui a vécu une histoire d'horreur qu'ont entend à grande échelle. Il ne faut pas oublié, le personnel soignant est aussi humain et après un 16h obligatoire, ma vigilance est diminué et l'erreur est possible, c'est ce que nous devrions crier haut et fort . De meilleurs conditions de travail selon moi préviendrait beaucoup d'erreur et d'histoire d'horreur. Pour l'attente et bien effectivement,

    Quand ça urge c'est efficace. Quand ça urge pas, il faut être patient!

    N'oubliez pas, l'hôpital n'est pas un hôtel et bien que je vous soigne comme un membre de ma famille, je ne suis pas votre mère!!!

    MERCI!

    Marie-Hélène

    infirmière, Hôpital St-Eustache

    11 Avr 2013 | Marie-Hélène

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