#NotreHome : hahahahahaha [...]

#NotreHome : hahahahahaha [...]
18 Jan 2013

Par Aurélie Lanctôt  |  Publié dans : blogue

J’estime les chances que la chanson Notre Home atteigne l’objectif escompté à environ -72 sur 100. Quoique...

Sérieusement, #NotreHome (c’est plus drôle si on l’écrit avec le hashtag), c’est comme une mauvaise publicité gouvernementale, qui s’étire péniblement sur 4 longues minutes de malaise. 

Au début, j’ai ri. Après, j'étais pas ben pour les gens dans la vidéo. Je voulais pas l'écouter jusqu'au bout; on m’a forcée. C’était vraiment pas un moment agréable dans ma journée. 

J’imagine le brainstorm : « Eille, on fait une toune pseudo-pop-hiphop-soul en franglais, 10% franc- pis 90% -glais, on convainc les péquistes que c’est une bonne idée (y’auront pas l’choix), pis on fait un hit à saveur engagée; ça va s’appeler Notre Home, ou Our Maison; comme vous voulez. Okay? Who’s in? »



Ayoye. Par où commencer? 

Bon, c’est sûr que je ne veux pas trop « fesser » sur le concept. Ils ont pas voulu mal faire, les « artisans » de la chose. Certes, c’est ridicule. Oui, le potentiel de jokes est vraiment infini; j’ai eu au moins 5 fous rire toute seule devant mon ordinateur en croisant des gags sur internet, et il est pas 9 heures encore. Sauf que ce n'est pas au premier degré que l’initiative me laisse perplexe.

D’abord, « créer des ponts » – bon. Bien sûr qu’il faut en créer, des ponts entre les anglophones et les francophones du Québec. Plus que jamais, même. Et bien franchement, si nationaliste puis-je être, je pense qu’il est grand temps que nous, francophones, réalisions qu’une acceptation accrue du bilinguisme au sein de la société québécoise n’est pas forcément une menace pour notre « identité distincte ». L’identité québécoise est hybride. Notre entêtement à le refuser est grotesque.

Toujours est-il que ce n’est pas avec des tounes pop en franglais pas trop convaincu qu’on le créera, le pont. Certainement pas. C’est le genre de projet complètement off, qui n’a aucune chance d’avoir un réel succès auprès du public (on va se le dire), mais dont les politiciens et groupes d’intérêts se servent pour créer un simulacre de bonne entente qui, au fond, ne berne personne.

Je vois « Notre Home » avant tout comme un « tampon politique ». Comme si les deux groupes ayant majoritairement soutenu et promu la diffusion de cette vidéo, soient le Quebec Community Group Network et le PQ, essayaient de se convaincre mutuellement qu’ils s’accordaient, en se lançant des grosses poignées de fleurs en plastique. Mais même les figurants dans la vidéo n’ont pas l’air d’y croire.

Suffit de considérer un instant le profil des deux principaux mécènes de cette perle de la culture hip-hop (notez l’ironie…). D'une part, il ne faudrait pas éluder la vocation militante du QCGN. C’est un organisme sans but lucratif qui regroupe 41 groupes communautaires anglophones et qui sert, pour ainsi dire, de « chien de garde » des droits des anglos, au Québec. Protéger les institutions, offrir une plate-forme de représentation; tout ça. Ce n’est pas un organisme comme, j’sais pas moi, disons Vision Diversité, qui cherche avant tout à optimiser l’intégration culturelle et linguistique au Québec. Le QCGN, qui, notons, est financé par le ministère du Patrimoine canadien, a pour mission, précisément, d’assurer « la vitalité des communautés minoritaires d’expression anglaise». Dans son émission du 10 décembre dernier, sur la Première chaîne, le journaliste Michel C. Auger faisait même un rapprochement entre la mission du QCGN et celle d’Alliance Québec jadis, alors qu’il interviewait Sylvia Martin-Laforge, au sujet du projet de Loi 14. Un peu radical comme comparaison, mais c’est pour dire. C'est tout à fait correct; sauf que c'est un peu l'exact opposé du Parti Québécois. Quant à lui, d'ailleurs, doit-on vraiment souligner qu’il ne s’agit pas exactement d’un modèle d’intégration des « deux solitudes »? Et depuis son accession au pouvoir en septembre dernier, le gouvernement Marois ne fait que cumuler les maladresses dans ses relations avec la communauté anglophone. 

Donc en somme, le jupon dépasse largement de part et d’autre; dans cette tentative bidon, grinçante et rose-nananne de célébrer le vivre ensemble. Dubitative je suis. 

Mais bien franchement, je pense qu’on ne peut pas reprocher quoi que ce soit au QCGN. C’est plutôt l’accès de bonne foi pas-du-tout-crédible du PQ qui frise le ridicule. Jean-François Lisée qui, tout d’un coup, applaudit la promotion de l’identité québécoise anglophone… Laissez-moi être « pantoite ».

Reste qu'il a raison: souligner et promouvoir l’identité québécoise anglophone, il le faut. À mon sens, il faut même s’opposer farouchement à cette manie franco-québécoise de présenter l’anglais comme une menace, comme un ennemi héréditaire pour la nation québécoise. C’est rejeter (à tort) une partie intégrante de l’identité québécoise que de craindre autant la cohabitation du français et de l’anglais. Sauf que lorsque ça vient du PQ, désolée mais on n’y croit pas. 

Le PQ, c’est le bastion des « identitaires » rigides; des souverainistes qui voient dans l’anglais un antagoniste à abattre, comme un ver dans la pomme. Ce n’est pas un chèque de 20 000$ qui nous le fera oublier. En fait, faux. On semble souvent oublier que l’attitude « péquiste », c’est précisément ce qui mine le projet de souveraineté. J’dis ça d’même. 

Mais enfin. On peut néanmoins donner un point à Jean-François Lisée : avec Notre Home, il a réussi à rallier les anglos et les francos… dans la moquerie. 

Anyway, ayez a nice journée tout le people! 

#OurMaison4Ever 

***

Et moi, sur twitter, c'est @aurelolancti
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  • Let's be real for a second - this is a commercial. For what I'm not entirely sure, but this is an advertisement.

    C'est vraiment dommage étant donné que la communauté anglophone de Montréal est assez bien établi sur la scène musicale, et notre musique a transcendé les barrières linguistiques depuis un certain temps déjà. C'est terrible, et ce n'est pas indicative de ce que notre communauté produit. L'enfer, ce n'est même pas une indication de ce que David Hodges produit.

    Lisée fait équipe avec le QCGN et ensemble, ils produisent un morceau plutôt superflu de propagande. Ce n'est pas malveillant par tous les moyens - Je me demande si il a vraiment besoin d'être dit.

    Anglos et Francos peut s'entendre?

    Vraiment!?!

    Give me a break - bien sûr, nous le pouvons! Nous avons fait un très bon travail pour plusieurs centaines d'années maintenant. Soyons réalistes - si la haine était aussi mauvais que certaines personnes suggèrent, nous nous serions mis en pièces il ya longtemps.

    Mais non, nous sommes Québécois et nous sommes plus intelligents que cela. Au lieu de tuer les uns les autres, nous avons finalement réalisé notre dichotemy a été fabriqué, artificiel et franchement, tout simplement stupide. Donc nous avons fait l'amour à la place.

    Je voudrais pouvoir revenir en arrière et faire connaissance avec ce couple en premier, bilingue et biculturel, qui a eu un enfant qui a grandi comme moi. Tout comme des dizaines de milliers de personnes en ce moment au Québec et à travers notre histoire. Je tiens à leur serrer la main, et de leur demander comment ils ont surmonté ce que je peux seulement imaginer avait beaucoup de haine envers eux. Parce que qui que ce couple était, ils ont commencé une révolution. Et dans les chambres, je peux imaginer que ce n'était pas trop tranquille non plus.

    Je n'ai pas besoin d'être dit par n'importe qui, où chez moi c'est où j'appartiens ou qui je suis. J'ai embrassé que je suis à la fois Québécois et Canadien, un souverain fédéraliste, un anglophone qui parle le plus français de l'époque, quelqu'un qui aime la loi 101 parce que c'est une meilleure option que la séparation. Mon peuple a été ici plus longtemps que les Tremblays ou Robitailles - Je ne connais pas autre foyer que celui-ci.

    Lisée dit qu'il était temps pour les Anglos à «oublier» et accepter que nous sommes Québécois. Eh bien, nous l'avons fait il ya longtemps - nous avons passé quand les autres partis pour Toronto (gross!) - nous travaillons ici, fonder une famille ici, faire l'amour ici, nous allons probablement mourir ici aussi.

    Je ne pense pas que nous ayons quelque chose à surmonter en soi. Cela dit, je pense que M. Lisée serait sage de reconnaître que quelqu'un peut être anglophone, fédéraliste, bilingue, biculturelle, progressive (etc) et d'être Québécois aussi. Comment pourraient-ils être mutuellement exclusifs? Tout le Canada vient de Montréal, du Québec. Montréal est littéralement la ville à partir de laquelle la plupart d'Amérique du Nord a été «découvert» et à partir de laquelle une grande partie de la richesse utilisée pour bâtir le Canada est venu.

    Get over it?

    Il n'y a rien que nous devons surmonter. Si le Québec se sépare, je ne serai pas heureux, mais ce ne sera pas la fin du monde. Je vais rester ici et faire pression pour la réunification. Je vais faire élire pour faire exactement cela. Et Montréal sera que Berlin était une fois - mais évidemment sans les mines, des barbelés et des mitrailleuses. Partagée par les deux nations à laquelle il appartient.

    Donc, je ne suis pas inquiet.

    J'ai foi dans l'attraction irrésistible, physique, sexuelle, émotionnelle, intellectuelle, etc, qui a été unissant français et en anglais depuis des siècles.

    En somme, ce n'est pas un moderne «entente cordiale», c'était un peu de théâtre politique, de la saccharine pop, panis et circensis, utilisée par un ministre qui tente de justifier son existence au Cabinet.

    À une époque où nous devons réduire le budget de l'éducation post-secondaire de 124 millions de dollars, et de faire des coupes sombres semblables à des soins de santé, je me demande pourquoi nous dépensons même $ 20.000 nous dire ce que nous savons déjà. Et pourquoi nous embauchons plus «inspecteurs de langue» pour l'OQLF quand la plupart des rapports est le travail des bénévoles de toute façon. Des millions de dollars pour embaucher des gens qui passent beaucoup de temps assis derrière un bureau, ou en mesurant la longueur des lettres imprimées.

    22 Jan 2013 | Taylor Noakes

  • Aurélie Lanctôt

    haha! Ouin, vu de même...

    18 Jan 2013 | Aurélie Lanctôt

  • on ne fait pas que rire ensemble, on paye ensemble.

    18 Jan 2013 | Andre

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