Cher journal du passé

Cher journal du passé
5 Déc 2012

Par Kim Lizotte  |  Publié dans : blogue

J’y vais dans le très personnel cette semaine. Je suis seule à la maison, «chéri» est en tournée en Abitibi, je suis en pleine remise en question sur ma vie et j’ai le syndrome de la page blanche. Donc, j’ai sorti de ma boîte à souvenirs tous mes journaux intimes pour aller puiser de l’inspiration dans le passé. (Je sais que dit de même, ça s’enligne pour avoir l’air d’un article du Filles d’aujourd’hui.)

C’est donc à ça que ça sert, un journal intime. À se relire en se disant : «Mon Dieu que j’allais pas bien en 1997 !»

Mon premier journal, c’est ma marraine qui me l’a offert. En première année, pour me transmettre l’amour de l’écriture probablement. Qu’on se le dise, ça a marché.

De la première année jusqu’à mes 22 ans, j’y ai écrit ma vie. On y retrouve beaucoup de moments cocasses.

Papa, maman, je ne sais pas ce qui s’est passé en décembre 92, mais à 9 ans, j’ai écrit en gros : «CECI EST LE PIRE NOËL DE MA VIE! » Je voulais vous mettre de la pression pour le réveillon qui s’en vient.

Un passage de moi à 14 ans, en plein délire sur ma mère qui n’approuvait pas mes choix : «C’est un monstre caché sous les traits d’une femme branchée !»  Tu vois maman, je t’en voulais beaucoup, mais au moins, je te trouvais tendance !

J’aurais dû préciser aussi le nom des gars avec qui j’ai couché. Parce qu’en 2000, je décris une baise passionnelle, mais mon texte se termine par : «De cette passion soudaine tu ne soutireras que de l’amitié profonde, regardée hypocritement avec les yeux du désir.»
Doux Jésus. Je te romance ça, moi, un fuckfriend ! Aucune idée aujourd’hui de qui je parlais.

Une des choses les plus fascinantes, c’est lorsque je mentionne des évènements historiques. En ouvrant le journal de mes 18 ans, mon premier texte s’intitule : 11 septembre 2001. Spontanément, je me suis dit que j’avais probablement une vision pro-américaine. J’étais jeune, dans ma phase «citoyenne du monde»…mais non. J’étais nuancée.

15 septembre 2001 : Les tours jumelles font maintenant partie du passé. Maintenant, nous devrons payer de notre liberté au profit de notre sécurité.

16 septembre 2001: Y’a une atmosphère lourde qui règne. On dirait qu’elle ne veut pas s’estomper. Les jours passent mais on ne peut oublier. J’imagine à quel point je serais malheureuse dans un pays en guerre. Ça fait des années que partout dans le monde, des gens sont victimes d’actes de terrorisme, de guerre, de violence. Et nous sommes tous révoltés de l’attitude des Palestiniens qui se réjouissent de l’attentat de New York. Qu’est-ce qui est pire ? La réjouissance ou l’indifférence ? Parce qu’entre nous, on s’en est toujours foutu de leur souffrance.

TABOUÈRE ! Voulez-vous ben me dire comment ça j’étais pro-palestienne à 18 ans ? J’aurais dû écouter du Christina Aguilera comme tout le monde, j’aurais été moins intense.

En me relisant, je constate deux thèmes récurrents.

Le premier, bien entendu, en tant que fille : L’AMOUR, L’AMOUR, L’AMOUR.

Des petits passages intéressants. J’habitais à Toronto, j’avais un copain et je voulais absolument retourner vivre au Québec. Le 27 novembre 2001, j’ai écrit :

«Je veux habiter à Montréal. Toute ma vie. Avec lui. Mais là, je ne veux pas être responsable de son destin. Jamais je ne lui demanderai de changer sa vie pour moi, jamais je ne lui demanderai de me suivre.»

On salue Brynley Leach, qui m’a finalement suivi en 2003 et qui vit toujours à Montréal, même si on est séparé depuis 7 ans. Sorry man, tout ça s’est décidé un soir de novembre en 2001, par une petite fille amoureuse de 18 ans ! Finalement, j’aurai été un peu (beaucoup) responsable de ton destin.

Et finalement, ce qui revient tout le temps : mon éternelle quête du bonheur. «Elle est où ma place ? Qu’est-ce qui me passionne ? Qu’est-ce que je veux faire dans la vie ?»

C’est presque épuisant à lire. Que je sois dans le Bas-du-Fleuve, à Québec, à Toronto, à Montréal, de 10 à 22 ans, je suis une tragédie grecque en 12 actes qui aurait pu s’appeler «Qui suis-je, où vais-je ?!»

J’ai arrêté d’écrire mon journal intime à 23 ans, pour commencer à écrire pour «de vrai». De l’humour, des chroniques, des textes, des nouvelles. Parce que justement, elle était là ma place : sous ma plume.
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