C'est de votre faute!

C'est de votre faute!
28 Nov 2012

Par Pascal Henrard  |  Publié dans : blogue

La corruption, les politiciens minables, les millions perdus, les projets qui n'aboutissent jamais, le système de santé défaillant, les écoles en ruine, les trottoirs qui coûtent des milliards, les ponts qui tombent en lambeaux, les soupers de conspirateurs au très privé 357C... Tout ça, c'est à cause de vous! Et quand je dis vous, je reconnais que c'est aussi un peu à cause de moi. Un peu.

On les a laissés faire. Dans certains cas, on a même voté pour eux. On les a mis en place, on les a regardés zigonner, magouiller, comploter. On a même fermé les yeux.

Pourtant on savait. À moins d’être aveugle, sourd ou mort, on se rendait bien compte que les milliards de dollars d’argent public n’allait pas seulement dans le bitume, le béton, les trottoirs, les tuyaux, les services, le génie des ingénieurs, la vision des élus, la sueur des cols bleus. On savait qu’il y en avait qui s’échappait. On ne pouvait pas ne pas savoir qu’il y avait un peu de nos impôts qui finissaient dans la rénovation des monster houses de quelques mafieux de banlieue, dans l’aménagement paysagé des somptueuses maisons à 1 $ de quelques fonctionnaires sans scrupules ou dans la campagne de quelques politiciens véreux. Il fallait être naïf pour penser que nous en avions pour notre argent et que chaque cent de nos taxes et de nos impôts servait à faire le travail pour lequel il était destiné.

Mais ça ne nous dérangeait pas. On a continué de voter pour eux (quand on allait voter) ou de ne pas voter pour eux (quand on n’allait pas voter parce que de toute façon, on préfère s’en laver les mains et qu’il y avait quelque chose à la télé ce jour-là).

Il y en a même parmi vous (parce que moi, non) qui ont élu à répétition pendant près d'un quart de siècle le maire Vaillancourt. Il y en a aussi parmi vous (parce que là encore, moi, non) qui ont voté et revoté pour le pauvre Gérald Tremblay et son équipe. Et, comble de malaise, il y en a toujours parmi vous (parce que là évidemment, moi, non) qui ont remis le couvert pour les sbires du clan Charest, les collègues de Michelle Courchesne et de Line Beauchamp qui, elles, se sont éclipsées à temps, et ce, malgré le fait que nous savions tous qu’ils s’acoquinaient avec des gens douteux.

C’est ce qui s’appelle de la paresse, du laisser-faire, de l’inaction. Nous étions en quelques sortes les victimes consentantes de leurs forfaits. Nous étions les complices des vols qu’ils commettaient sous nos yeux, dans nos portefeuilles.

Mais que voulez-vous, tant qu’on ne nous coupe pas l’Internet, qu’on ne bloque pas notre pont ou qu'on ne nous prive pas de notre Timatin quotidien, nous n’avons pas de vraies raisons de nous plaindre.

Et ce n’est pas en regardant avachi la navrante comédie de la commission Charbonneau qu’on va commencer à changer quelque chose.

C’est en prenant en main notre devoir de citoyen. En talonnant de questions nos élus. En surveillant leurs actions. En participant aux outils démocratiques mis à notre disposition. En assistant aux assemblées publiques. En allant voter massivement. En écrivant tout haut que c’est fini le temps béni du bar ouvert pour tous les esprits pervers.

Mais ça, je sais, c'est fatiguant, ça demande du temps, ça exige de s'impliquer. C'est tellement plus facile de les laisser faire.

Pour suivre Pascal Henrard sur Twitter: @pascalhenrard
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  • En sciences politiques on appelle ça le coût de l'électeur:

    - le coût de s'informer convenablement (pas juste journal de QC)

    - le coût de voter

    - le coût de participer politiquement

    - le coût de s'exprimer...

    :(

    29 Nov 2012 | Pierre Léveillé

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