360 jours autour du globe: La science-fiction

360 jours autour du globe: La science-fiction
22 Nov 2012

Par Dominique Audet et Mario Pesant  |  Publié dans : blogue

Notre périple de plongée aux îles Similan s’était conclu, comme on se le rappelle (ou pas), par des otites pour mon amoureux. D’abord dans l’oreille droite, puis dans la gauche, puis re-droite…

Un mois, quatre médecins, trois séries d’antibiotiques, plein de tites gouttes aux six heures et un insecte mort extirpé de l’oreille – j’embarque même pas là-dedans – plus tard, on pensait que la saga tirait enfin à sa fin et on attendait, peinards, l’arrivée du générique avec la petite toune feel good.

Mais non. Encore une fois, la douleur est revenue. Calvaire. On retourne donc chez le médecin pour une énième fois, dans une clinique louche de Bangkok. Et devant l’incompétence flagrante du semi-professionnel de la santé qui distribue les médicaments comme des jujubes – Veux-tu des jaunes ? Sinon, j’ai des rouges aussi dans le back store… – on se tanne. Non, mais tsé. Un moment donné.

On appelle donc nos assurances (encore) et on les conjure de nous référer un médecin qui n’a pas trouvé son diplôme dans une boîte de Cracker Jack en ‘89. Oui, bien sûr. Allez au Bangkok Hospital, ce sont eux qu’on recommande, qu’ils nous disent de leur voix suave. Il est vingt heures passées, on n’a zéro le goût d’aller pourrir dans une salle d’attente d’hôpital à l’autre bout de la ville, mais comme on a un avion à prendre dans deux jours, on ne peut pas vraiment se permettre de niaiser avec la puck. On prend donc notre courage à deux mains et on y va, dégoûtés à l’avance de la soirée qui s’annonce. Little did we know.

Quand un portier en livrée nous ouvre la porte du taxi en nous souhaitant la bienvenue, notre petit doigt nous dit que ça ne sera peut-être pas siiiiii pire que ça finalement… La suite relève de la science-fiction. Le portier nous invite à entrer dans ce qui ressemble plus à un décor spatial futuriste qu’à un hôpital tel qu’on les connaît. D’immenses corridors déserts d’une blancheur immaculée, des infirmières tout droit sorties d’un concours de Miss Thaïlande en uniformes impeccables à la touche adorablement rétro et surtout, un service quatre-vingt-sept étoiles et demie. En fait, je pense qu’ils nous attendaient secrètement depuis des semaines et que notre arrivée – Enfin ! – était une petite fête. On s’est sentis underdressed tout-à-coup. Avoir su. On se serait pas pointés en gougounes.

On nous enregistre donc illico et nous annonce avec contrition que le département d’ORL est malheureusement fermé à cette heure tardive. Nous ne pourrons donc pas immédiatement avoir accès à un médecin spécialiste et nous devrons nous contenter de voir l’urgentologue en poste. Même si on haït vraiment ça, ne pas pouvoir voir un spécialiste sur le champ quand on se pointe à l’improviste le soir dans un hôpital, on accepte.

On nous fait donc passer aux urgences où une infirmière vient tout de suite nous cueillir pour nous faire passer en salle d’examen. C’est alors quatre infirmières – QUATRE ! – qui commencent à s’affairer autour du patient. Une prend sa température pendant que l’autre prend sa pression, une autre lui pose des questions afin de préparer le terrain pour le médecin et la dernière règle avec moi les détails pratico-pratiques reliés aux assurances. On se serait cru dans un puits de ravitaillement de F1.

En moins de trois minutes, la médecin arrive, parfaitement briefée. Elle se présente, nous explique l’examen qu’elle va effectuer (en gros, checker dins oreilles à mon chum) et se met à l’œuvre. Elle constate qu’en effet une oreille est infectée et me demande si je veux voir en me tendant l’instrument. C’est clair ! Amusée, elle m’explique comment faire et me décrit ce qu’on voit. Je vous jure, pendant un instant, j’ai entendu Charles Tisseyre en voix hors-champ. C’était plus un hôpital, c’était une odyssée au merveilleux pays du fabuleux corps humain. La médecin fait son diagnostic, mais nous demande si nous accepterions d’attendre un instant : si nous n’y voyons pas d’objection, elle appellerait son ami qui est ORL pour vérifier certains détails avec lui. Faites, chère dame. Entre temps, une infirmière revient et nous demande si nous serions disponibles à neuf heures pour rencontrer le médecin spécialiste. Bien sûr, à neuf heures dans combien de mois? qu’on lui demande. À neuf heures demain matin. Oh.

Retour à l’hôpital donc, le lendemain matin. Encore une fois, même accueil de feu – sauf que cette fois, le portier vérifie en plus que nous n’oublions rien dans le taxi… celui d’hier avait botché – zéro attente et une ORL tout à fait adorable qui nous présente un visionnement privé de « Voyage au centre de l’oreille » avec sa tite caméra qu’elle entre dans les oreilles de mon amoureux. Elle s’assied ensuite avec nous, repasse les enregistrements vidéo et nous explique et ce qu’on voit et ce qui se passe. Bonne nouvelle, on va pouvoir prendre notre avion pour les Philippines comme prévu. Nouvelle prescription qui, cette fois, est la bonne nous assure-t-elle. Tout devrait rentrer dans l’ordre.

On nous donne les médicaments au comptoir des prescriptions – dans un SAC CADEAU, je le jure sur la tête de ma mère – où un présentoir nous invite à remplir la fiche commentaire pour les aider à améliorer leurs services. Hum… Voyons voir… Y avait pas de champagne dans la salle d’attente? On n’a pas eu le temps de profiter des fauteuils en cuir hyper-confo avant d’être appelés? J’ai failli devenir snow blind à cause des corridors trop étincelants?

On cherche encore.
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