Un automne de merde

Un automne de merde
21 Nov 2012

Par Pascal Henrard  |  Publié dans : blogue

Le printemps d'espoir s'est transformé en automne de cauchemar.

On aurait pu penser que la chute de Jean Charest, après avoir poussé le Québec à bout, allait apporter un nouvel élan à la Belle Province. On aurait pu croire que la formidable mobilisation qui avait permis à des voisins de se parler, à des téléspectateurs de sortir de leurs salons et à des étudiants de prendre des marches de santé dans les rues de Montréal allait donner un nouveau sens au civisme et une nouvelle ardeur à la démocratie.

Malheureusement, le vent de fraîcheur aura duré ce que dure le printemps et l'espoir aura été aussi éphémère qu’une pluie d’étoiles filantes.

La défaite du PLQ tout corrompu qu’il était n'en était pas vraiment une. Malgré tous les scandales, malgré les mauvais plans de Charest, malgré les boulettes à répétitions de son équipe d’ambitieux aux mauvaises fréquentations, les Québécois ont réélu un paquet de libéraux bornés à l'Assemblée Nationale. Il s’en est même fallu d’un cheveu frisé qu’on soit pris un autre 4 ans avec le Clan Charest.

Et puis il y a eu l'attentat contre Pauline Marois. La nouvelle Première ministre n’a même pas eu le temps de savourer sa (courte) victoire. Un dangereux homme armé a fait feu sur l’espoir, la liberté et la démocratie.

Douche froide.

Dans l’urgence et la gravité, Pauline Marois a alors eu l’attitude des vrais chefs d’État face au terrorisme. Elle a calmé le jeu. Elle a rassuré la population. Elle a promis des changements. Elle parlait des gens avant de parler d’argent. Ça, déjà, c’était du changement. Et ça faisait du bien.

Mais après, les politicailleries ont vite repris le dessus. Les vieilles habitudes ont ramené la population dans son canapé. Les vieux partis ont repris leurs vieux refrains. Les citoyens qui avaient joué les acteurs de soutien dans le printemps québécois mis en scène par des étudiants imaginatifs redevenaient les spectateurs d’une farce navrante dont ils étaient redevenus les dindons.

La commission Charbonneau et son épouvantable escalade de dérives malhonnêtes ne semble plus énerver le quidam qui n’a pourtant pas de hockey à se mettre sous la dent. Les démissions pathétiques à répétition de politiciens pas très nets laissent de marbre les citoyens qui sont pourtant les seules victimes des multiples détournements de fonds publics.

Tout tend à démontrer que les gens sont rentrés dans les rangs. Les étudiants sont retournés à l’école. Les tribunaux continuent de faire peur aux innocents. Les libéraux ricanent en regardant la commission Charbonneau qu’ils ont tant tardé à mettre en place. Après avoir reculé sur à peu près tout ce qui respirait l'audace, la nouveauté et l'espoir, le PQ sort de sa manche un budget sans grande envergure qui plaira au marché. La CAQ tire dans tous les sens. Québec Solidaire retrouve son discours et sa place de victime consentante. Les médias continuent leur train train sans entrain. Et avec tout ça, on oublie que Stephen Harper dirige le Canada avec l’avenir dans le rétroviseur.

Heureusement. Après un automne de merde, on annonce un hiver blanc. Et après l’hiver… le printemps.

Il ne faut jamais oublier ce qui nous a allumés.

À ce propos, je vous invite à aller voir l'expo de l'École de la Montagne Rouge, on y retrouve la créativité, l'énergie et la magie qui ont fait le printemps.

Suivre Pascal sur Twitter: @PascalHenrard
Derniers commentairesRSS
  • J'aime ça : « Québec Solidaire retrouve son discours et sa place de victime consentante. ». Je suis cependant TRÈS surpris que ça vienne de vous. Tant mieux!

    29 Nov 2012 | Marc André Laviolette

  • Pascal Henrard

    Je préfère toujours ça à gras.

    23 Nov 2012 | Pascal Henrard | Montréal/Bruxelles

  • maigre

    23 Nov 2012 | Bonnaise

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