Une histoire de poils

Une histoire de poils
11 Nov 2012

Par André Péloquin  |  Publié dans : blogue

Poils ou lèvre supérieure? Là est la question...

Ma première fois, c’était l’année dernière. J’étais un peu plus jeune, un peu plus impulsif... un peu plus con, aussi. Les doigts sur le clavier, l’ébauche de courriel devant moi et un clic qui allait avoir un impact désastreux sur ma vie amoureuse, voire mes relations sociales et familiales : « Chers collègues, si on se lançait dans Movember? »

Déjà 12 jours de passés dans la présente campagne. Yann Perreau y participe (désolé mesdames) tout comme Brandon Prust (désolé, « amateurs de sport, bonsoir »). Mieux encore, l’événement ne se déroule pas que sur des lèvres supérieures. Dans quelques jours, M Pour Montréal surfera aussi la vague en tenant un premier événement caritatif où humour, musique et voyages dans le temps (dans le sens qu’on y tiendra des iPod Battles) s’entremêleront.

Bien que l’air du temps soit à la crossette (l’UPAC va jusqu’à soupconner l’Université de Montréal, bordel! Il ne manque plus qu’une perquisition à l’Accueil Bonneau pour que je perde tout espoir dans l’humanité), il est « rafraîchissant » de constater que les finances de Movember sont, en apparence, réglo et - surtout - claires et à la vue de tous. Alors que le Canada amassait près de 42 M$ pour Movember en 2011, l’organisme versait près de 90% du montant à différents programmes de recherche, de sensibilisation et d’éducation. Si j’en crois le buzz autour de l’édition 2012 - les médias sociaux et de masse semblent s’emballer davantage autour de la campagne cette année-, j’ai l’impression que la présente campagne canadienne rapportera encore plus que la précédente.

 
...
Pourquoi en ai-je marre, alors?

Pour une raison que je ne saurais expliquer (une fin du monde imminente? la séparation d’INXS!?!?), Movember me laisse de glace cette année. Je ne peux voir au-delà de la moustache, les poils portant ombrage aux faits entourant le cancer de la prostate. J’ai l’impression que le geste l’emporte désormais sur la cause (tout comme le glamour de Mahée l’emportait sur l’allaitement) ou, pire encore, que Movember ne fait que ramener la moustache « à la mode » (Chuck Norris, Karl Lagerfeld, même combat).

Les plus récents articles locaux mentionnent le fameux événement mentionné plus haut ou encore des entreprises « vraiment wild » - un type qui bosse en gestion qui se fait pousser une moustache? How shocking! - qui appuient la campagne, mais les statistiques sur cette terrible maladie - ou la procédure de taponnage afin de déterminer si, oui ou non, une visite chez le médecin serait de mise - sont toujours glissées qu’à la fin du texte... et ça, c’est lorsqu’elles y sont.

Soyons clair. Loin de moi l’idée de vous encourager à raser votre moustache naissante ou encore de vous inviter à verser vos montants à un autre organisme. Oh non! J’aimerais seulement qu’on trouve un moyen de mettre l’informatif au même rang que le ludique, histoire que la réflexion populaire aille un peu plus loin que: « soit ce type fait Movember, soit c’est un délinquant sexuel ».

Sur ce, je vous souhaite une semaine bien poilue...
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