Revoir (encore) la gouvernance de Montréal? De quoi je me mêle?

Revoir (encore) la gouvernance de Montréal? De quoi je me mêle?
21 Août 2012

Par Les Justiciers Urbains  |  Publié dans : blogue

Un des thèmes marquants de la campagne électorale la semaine dernière fut celui de la gouvernance de la région de Montréal. Tout le monde et tous les partis semblent avoir une idée bien arrêtée sur ce qu’il faut à Montréal pour «retrouver son lustre», «parler d’une seule voix», «être plus efficiente» et autres formulations pré-mâchées qui ont l’air d"avoir du sens.

Du nombre d’élus aux compétences des arrondissements, la quantité de propositions qu’on a vu passer semble laisser croire que la situation actuelle est apocalyptique, que l’Hôtel de ville n’est qu’un véritable capharnaüm, que les Montréalais ont soif d’un chambardement majeur dans les structures politiques de la Ville, voire qu’ils s’ennuient de la glorieuse épopée des fusions-défusions d’il y a 10 ans.

Les partisans d’une réforme à tout prix justifient souvent leur position en présentant pratiquement les Montréalais comme des australopithèques arriérés et dépourvus devant une structure beaucoup trop complexe pour qu’ils aient la capacité de la comprendre.

S’il est vrai que des paliers décisionnels se sont ajoutés au cours de la dernière décennie, rappelons que la structure politique actuelle de l’Île de Montréal a été implantée il y a moins de… 7 ans. On ne voit pas réellement en quoi une nouvelle réforme majeure, imposée par Québec si tôt après la précédente, permettrait soudainement aux Montréalais de se retrouver plus facilement dans leur ville.

Car il est là le nœud du problème, si problème il y a. Au-delà des drames humains allégués dans les médias comme quoi n’importe quel petit commerce de quartier doit parcourir un labyrinthe administratif impossible avant d’avoir les permis nécessaires pour vendre ses 3 kiwis et 8 paquets de gomme par jour, il y a lieu de s’interroger sur le désir réel des Montréalais de revoir le fonctionnement de leur ville et surtout, sur la façon dont ils souhaitent le faire.

Dans plusieurs dossiers, les Montréalais ont fait preuve d’une grande maturité politique et d’une capacité à penser avec audace leur ville et son avenir. Au point de vue régional, pensons à l’adoption par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) du Plan métropolitain d’aménagement de développement (PMAD), qui a nécessité l’atteinte d’un consensus parmi les représentants des 82 villes de la région.

En ce sens, contrairement au discours ambiant qui retient de l’épisode des fusions-défusions la responsabilité de l’instauration à Montréal d’une structure politique dysfonctionnelle, nous pensons que l’erreur de Québec à l’époque n’a pas tant été la nature de ce qu’elle a légué à Montréal comme structure, mais plutôt la manière dont elle a agi. D’abord, le gouvernement péquiste a omis de réaliser l’exercice des fusions dans un cadre consultatif, en instaurant un climat de réflexion et d’échange avec les Montréalais. Ensuite, le gouvernement libéral a refusé de laisser le temps à la nouvelle ville de prendre son envol et de faire ses preuves, en donnant si rapidement le pouvoir aux opposants de faire un pas en arrière avec les défusions.

Nous croyons – et disons aux partis politiques provinciaux – que la question de la gouvernance de Montréal se posera lorsque les Montréalais décideront de se la poser, lorsqu’un consensus sur la nécessité de revoir tel ou tel aspect du fonctionnement de la ville émergera et que les citoyens seront murs pour accueillir un changement. En attendant, ceux-ci apprennent encore à apprivoiser et à faire vivre leurs arrondissements, leur conseil de ville, leur conseil d’agglomération et leurs commissions permanentes, encore sous-utilisées.

Une telle richesse dans les structures politiques offre aux Montréalais des moyens nombreux et variés de s’informer et d’agir sur leur ville, ce qui représente pour nous un acquis majeur des réformes de la dernière décennie. Et à voir la participation grandissante aux différents conseils d’arrondissements et consultations publiques organisées, nous sommes loin de croire que les Montréalais sont perdus et démunis face à leur ville. Au contraire, un peu plus à chaque jour, ils en prennent le contrôle.
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