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Même qu’en entendant un couple rencontré en trek parler de leur croisière d’une semaine dans l’archipel qu’ils avaient payée la rondelette somme de 6 000$ par tête, je me disais tout bas : Saaacrament. 12 000$ à deux pour une semaine… À quel point tu veux voir une otarie ?
C’était donc un projet qu’on gardait pour notre retraite. Ou pour la journée où on voudrait vraiment beaucoup voir une otarie. Jusqu’à ce qu’on rencontre un autre couple de voyageurs, partis pour un an eux aussi : ils revenaient tout juste de faire les Galápagos en indépendants et étaient tout à fait enchantés – particulièrement par les plongées – et pas spécialement fauchés. Ah bon ? C’est possible de s’en sortir sans faire de croisière ? Et la plongée est complètement démente ? Pas besoin de vendre un rein ? Intéressant…
N’en fallait pas plus pour qu’on passe en mode ninja et après avoir déniché des billets d’avion ridiculement pas chers et constaté après quelques recherches que le coût de la vie sur les îles n’était pas tellement plus élevé que sur le continent si on se calmait le tour guidé, c’était décidé. Chéri, sors ton wetsuit des grands jours, Galápagos, on arrive !
* * *
C’est donc plus de cent soixante-quinze ans après Darwin et contre toute attente qu’on foulait le sol de ces îles volcaniques perdues au milieu du Pacifique, à 1 000 kilomètres des côtes équatoriennes. Et là…
Coup de cœur. Vraiment. Big time.
Deux semaines complètement magiques à se lever avec le soleil pour aller se balader sur d’immenses plages désertes d’une blancheur immaculée, à nager avec les otaries et les tortues marines dans une eau tiède et turquoise, à faire des siestes sous les arbres avant de se faire réveiller par les petits oiseaux qui se posent sur nous, ben relax (oui-oui !), à côtoyer les iguanes marins, les fous à pattes bleues, les tortues terrestres géantes, les pingouins, les flamands roses, les pélicans et les crabes de lave rouges qui passent tout près, pas stressés le moins du monde par notre présence, habitués d’être les rois et maîtres incontestés de ces îles si longtemps oubliées du reste du monde…
Si ce n’est pas ça le paradis, ça doit être sa banlieue.
Et les plongées… Ma-la-de. Si normalement, apercevoir une tortue marine, c’est un petit événement, et bien ici c’est comme voir un écureuil sur le Mont-Royal. Ou une mouette dans le parking d’un McDo. Business as usual. Il y a tellement de vie dans ces eaux-là à cause des courants marins qui y convergent qu’il y a parfois des choix difficiles à faire : Bon. Je regarde les requins-marteaux qui passent peinards au-dessus de ma tête ou les deux tortues et la raie qui s’éloignent dans l’immensité bleue à ma gauche ? À moins que je me concentre sur les bébés requins des Galápagos, tout près ? Misère… Et pendant que je réfléchis à ce dilemme, mon amoureux me fait signe qu’une otarie vient de lui mordiller la cuisse ! Le jour de son anniversaire, en plus… Complètement fou.
Et dire qu’on a failli manquer tout ça parce que le Lonely Planet nous disait que les prix sur les îles étaient absolument prohibitifs (à 10$ la nuit par personne, la prohibition est pas forte-forte), qu’il fallait obligatoirement faire une croisière pour visiter les Galápagos (les traversiers utilisés par les locaux, sans nous permettre d’aller partout, nous ont permis d’avoir un très bel aperçu des îles) et qu’on devait avoir notre propre équipement pour pouvoir plonger (faux, faux et re-faux).
Quelle chance que d’avoir rencontré ce couple de routards, au Pérou… Sans eux, on aurait manqué le Paradis.