Dans le dernier Batman, The Dark Knight Rises, Gotham City est laissée à elle-même, seule devant le maléfique Bane. Batman a été mis K.O., tout comme le commissaire Gordon, ce qui laisse le champ libre au chaos pour s’installer. Quand on y pense bin fort, il y a un parallèle à faire avec Montréal. Parce que si on laisse les choses aller comme ça, Montréal pourrait bien s’enliser.
Depuis quelque temps, on a l’impression que ça va plutôt bien à Montréal. La ville se refait tranquillement une beauté et c’est comme si tout baignait dans l’huile. Toutefois, si l’on gratte un peu, on se rend compte que Montréal perd peu à peu de son lustre économique et social. Comme le vilain Two-Face, Montréal présente deux visages. Un visage de prospérité, avec son boom immobilier et ses grands projets comme le Quartier des spectacles; et un visage plus sombre, avec un taux de chômage élevé et des infrastructures publiques en piteux état.
Alors que la période électorale devrait regorger de propositions pour redorer le blason de la métropole, force est d’admettre que c’est plutôt le calme plat. Il y a bien quelques propositions ici et là, mais pour la vision d’ensemble, on r’passera. Le problème, c’est qu’un enfant de 4 ans pourrait, avec un crayon rouge et un bleu, dessiner la carte électorale de l’île sans trop se tromper. Les Montréalais votent comme des métronomes (c’est-à-dire que les circonscriptions de l’île sont presque toutes des châteaux fort) et ça leur nuit. Les stratèges politiques tiennent les comtés pour acquis. Pourquoi se casseraient-ils donc le cul à flatter les électeurs montréalais dans le sens du poil?
Or, en tant que locomotive socio-économique et culturelle du Québec, Montréal représente un enjeu important pour l’ensemble de la province (même pour les gens de Québec). Les partis doivent en faire une priorité électorale et se prononcer sur leur vision d’avenir de la métropole.
Il faut l’avouer, là-dessus, les trois partis politiques municipaux ont fait leur job et réclament des engagements clairs: Montréal a besoin d’un plan… un genre de Plan Nord, mais pour le Sud. Un plan qui va reconnaître Montréal comme la métropole du Québec et lui permettre d’affronter les défis auxquels elle doit faire face. Un Plan qui créera de la richesse, une richesse que nous, Québécois, récolterons collectivement.
Montréal mérite une attention particulière et des pouvoirs particuliers. En plus d’accroitre la capacité de Montréal à se financer, ce Plan Sud pourrait être chapeauté par un ministère responsable de la Métropole (il faut savoir qu’un tel ministère existait auparavant et qu’il a été aboli avec l’arrivée des libéraux au pouvoir). Pour nous, il serait pertinent que Montréal ait une voix dans le prochain cabinet ministériel, peu importe le parti qui remportera les honneurs. À l’heure actuelle, le ministre responsable de la région de Montréal est Raymond Bachand, ministre des Finances, un homme déjà bien occupé qui n’a pas vraiment le temps de défendre Montréal à sa juste valeur au sein du cabinet.
Entre les scandales de corruption, le conflit étudiant et les chicanes de cours d’école entre les partis, les enjeux montréalais doivent se tailler la place qui leur revient. Les leaders politiques doivent se prononcer : Quel avenir pour Montréal ?
* N’en déplaise aux vacanciers, le Québec est en élections et il faut faire avec. Pour les semaines à venir, les Justiciers urbains aborderont des enjeux typiquement montréalais de la campagne.