Condescendant ou ascendant con?

Condescendant ou ascendant con?
12 Avr 2012

Par Pascal Henrard  |  Publié dans : blogue

Une amie Facebook a liké un texte du chroniqueur vedette d’un journal qui tache les doigts. Je me suis dit que ça devait être intéressant.

Après avoir perdu deux minutes à lire, j’en perds trois à le copier/coller paresseusement en changeant à peine quelques mots pour le rendre pertinent à cette tribune et justifier les émoluments qu’Urbania me verse mensuellement.

Le susmentionné chroniqueur d’opinion, a commis un texte en réponse à un lecteur qui lui demandait pourquoi il était aussi condescendant envers les étudiants. Bien sûr, lui, il trouve qu’il est l’un des rares chroniqueurs à ne pas l’être (condescendant, évidemment, pas étudiant)… Et je ne ferai pas de jeux de mot vaseux avec l’étymologie du mot condescendant, j’en ai déjà fait un dans le titre, vous pourrez en faire d’autres en famille à l’heure du souper, c’est très facile.

DES YEUX NOIRS

Visiblement, lui et moi n’avons pas la même notion de la «condescendance». Alors qu’il copie la définition du dictionnaire, il oublie de ne pas prendre un air de dédain, un ton méprisant et un style hautain en le faisant.

Bref, sa condescendance n’a d’égal que sa certitude à faire partie de ces êtres supérieurs qui n’ont de leçon à recevoir de personne surtout pas d’un jeune. Il ne fait même plus semblant de se trouver pathétique, il écrit ce que beaucoup de gens pensent de lui : «Le pauvre, il est con comme la pluie, mais au moins, il fait un effort, je devrais donc agir comme si ce qu’il disait était passionnant…»

En voyant les étudiants boycotter leurs cours pour une cause qui nous semble juste et qui, surtout, se tiennent (encore) debout, il se range du côté des paby-boomers extraordinairement condescendants. Il regarde les étudiants avec ses yeux noirs et leur parle franchement, en ouvrant son livre à lui et en faisant le contraire de les respecter, de les considérer comme des égaux.

À QUATRE PATTES
En bon chroniqueur, il s’adresse au lecteur en leur posant des questions dont les réponses sont des truismes fallacieux et des poncifs sournois.

Exemple?: «C’est beau de voir ces jeunes descendre dans la rue, mais ils se battent pour la mauvaise cause». «C’est de leur âge. On était tous à gauche quand on avait 20?ans». «Au moins, ils ne passent pas leurs journées à jouer au Nintendo, ils font l’apprentissage de la vie citoyenne, c’est un pas dans la bonne direction».

Il se moque du lecteur en disant que ceci c’est de la condescendance, mais que, lui, ô non jamais,?n’oserai s’y adonner ! En passant, il injurie l’intelligence des étudiants, la vitalité de la gauche et le droit à la manifestation!

Ce chroniqueur a tellement peur de détruire son petit égo fragile de chère vedette médiatique qu’il a perdu le réflexe d’être franc et honnête avec lui-même. Il est toujours à quatre pattes devant lui-même (je sais, ça demande un peu de gymnastique), à s’extasier devant ses moindres mots et textes. Il commet un torchon, il crie au génie comme s’il était la réincarnation de Victor Hugo.

Il se promène de tribune en tribune en déclarant que la hausse est tout à fait raisonnable et il se prend pour Louis-Joseph Papineau. Les nerfs, calvaire?!

Il a tellement de carrés rouges en travers de la gorge qu’il crache sur tout ce qui bouge sans faire aucune distinction.

Avouons que le pauvre chroniqueur a perdu tout sens de la mesure.

LA BOUCHE PLEINE

Et après… attendez-vous à ce qu’il compare la situation des étudiants avec celle des enfants d’Afrique engagés de force dans l’armée, des jeunes filles du Maroc obligées de marier leur violeur ou des enfants des pays du Tiers-Monde qui ne peuvent aller à l’école, car ils doivent bosser dix?heures par jour dans des usines.

En conclusion, il ira de son petit calcul savant où les étudiants organisent une grève de la faim la bouche pleine pour combattre une hausse de 89?sous par jour.

Il nous niaise, non? Et il faudrait en plus l’applaudir? Saluer sa «franchise», ses «vraies affaires», son «bon sens»?

Pauvre, pauvre chroniqueur. Il baigne dans l’auto-complaisance jusqu’au menton, et il va se plaindre parce qu’on rit de lui…

Si vous avez le courage de lire l’original, il est ici : http://www.journaldemontreal.com/2012/04/10/qui-est-condescendant-#.T4V_CzKQzSw.facebook
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  • @alexandre-Maxim Jacob

    Enfin! Merci! Je partage cette opinion, j'ai même un sentiment de soulagement...

    13 Avr 2012 | Rose

  • @alexandre-Maxim Jacob

    Enfin! Merci! Je partage cette opinion, j'ai même un sentiment de soulagement...

    13 Avr 2012 | Rose

  • Alexandre-Maxim Jacob

    Honnêtement je penche du côté de Martineau malgré le fait que j'aime bien votre magasine.

    Je commence de plus en plus à voir que le mouvement étudiant n'est en fait qu'un "trend" alimenté par des gens charismatiques, un système "démocratique" étudiant biaisé majoritairement basé sur la pression populaire et l'appui des grandes centrales syndicales.

    Derrière cette mobilisation populiste se cache une révolution de l’extrême gauche québécoise.

    Comme avec un machine-gun, les arguments partent dans tous les sens, de la mauvaise gestion des fonds publics, à la haine de l'entreprise privée en passant par le dénigrement, voire même la diabolisation, de tout média ayant une opinion différente.

    Ce discours, qui, au départ, visait à geler de nouveau les frais de scolarité, a rapidement été dilué avec une panoplie de substance à saveur gauchiste.

    Ça goûte bizarre.

    Pas que la gauche soit mauvaise en soi, mais essayez de boire un trio Big Mac broyé dans le blender et vous comprendrez!

    Les principaux acteurs/dirigeants de ces mouvements préfère opter pour la justification des actes criminels commis dans le cadre de la mobilisation au lieu de se dissocier et de DÉNONCER. C'est inacceptable, peu importe la cause.

    La FAMEUSE cassette:

    "Vous savez, le gouvernement tient tête aux étudiants et refuse toujours de négocier alors c'est comprenable que certaines personnes optent pour des action plus radicales" --- NON ! JUSTEMENT CE N'EST PAS COMPRENABLE !!!

    En 2012, la violence et le crime ne devraient pas constituer un rapport de force. En ne faisant rien pour corriger le problème, les différentes associations endossent cette violence.

    En surface, c'est beau tout ça! Le message est rempli de belles valeurs... mais c'est lorsque l'on creuse un peu plus qu'on se rend compte que ça sent la charogne.

    Résultat: ça goûte bizarre et ça sent mauvais

    Je veux qu'il change, mon Québec.

    Je veux qu'il s'améliore, mon Québec.

    ...Mais pas de cette façon.

    12 Avr 2012 | Alexandre-Maxim Jacob

  • David Desroches

    @Mark

    Moi je prends cet article pour ce qu'il est... Non pas un texte faisant l'apologie (ou non) de la grève, mais plutôt un texte qui ridiculise Richard Martineau et sa façon d'exercer son métier. Et ça, je ne m'en lasse jamais ! ;-)

    12 Avr 2012 | David Desroches

  • Anne Laguë

    C'est un très bel exercice que celui-là! En effet, votre chronique est Franchement Meilleure que celle de Franchement Martineau. L'argument des petits enfants en Afrique : pu capable. En plus de comparer des pommes et des oranges, il baigne dans la démagogie la plus évidente.

    12 Avr 2012 | Anne Laguë

  • Merci pour le lien car l'article original est intéressant, contrairement à celui-ci... Un jour, il va falloir que vous soyez assez matures pour accepter l'opinion divergente. Vous dénoncez fermement tous les gens qui qualifient facilement les grévistes de hippies, enfants-rois, etc..., mais personne ne peut débattre avec vous sans se faire traiter de tous les noms.

    Juste à voir les réponses que j'aurai...

    Même si je ne suis pas de votre avis, j'aime voir des gens débattre, aller au front pour leurs idéaux et tout, mais actuellement, votre fermeture à la discussion et l'attitude d'une majorité sur les tribunes publiques ne règlent rien. «J'ai raison, tu as tort, voilà pourquoi» «Non c'est moi qui ai raison, toi t'as tord, voilà pourquoi» et ainsi de suite...

    Bref, ce billet ne jette que de l'huile sur le feu sans rien apporter de pertinent.

    12 Avr 2012 | Mark

  • Après avoir lu l'original, votre billet est encore meilleur!

    12 Avr 2012 | anso

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