Dans l'oeil du radar

Dans l'oeil du radar
23 Fév 2012

Par Pascal Henrard  |  Publié dans : blogue

Depuis plusieurs années, le bon gouvernement du Québec teste une poignée de radars-photo sur nos routes afin de démontrer ce qui a déjà été démontré ailleurs : ça calme le pompon des chauffards, ça réduit les accidents de chars et ça diminue le nombre de paraplégiques dans les chaumières.

Selon les chiffres du ministre des transports Pierre Moreau, et je vais faire un subtil copier/coller pour ne pas me tromper et du même coup vous informer, «on constate une diminution des vitesses moyennes de 13 km/h aux sites de radars fixes et de 11 km/h aux endroits où on retrouve des radars mobiles; l'élimination presque complète des grands excès de vitesse aux endroits comportant des radars photo et une diminution des passages aux feux rouges de 84 % aux endroits où des caméras sont installées aux feux rouges». Combien de temps et d’argent ça lui a pris pour trouver ça?

Si le ministre avait pris le volant des mains de son chauffeur de limousine pour traverser au moins une fois une de ces zones d’essai, il aurait constaté que la plupart des autos roulent au-delà de la vitesse permise avant les radars, freinent brutalement en voyant la pancarte annonçant les susmentionnés radars et accélèrent dès qu’ils ont la zone de radar dans le rétroviseur pour reprendre leur vitesse de croisière qui n’a rien de pépère. Sur les 50 mètres où se trouvent les machines à sous, effectivement, on peut noter un ralentissement. Mais les routes du Québec font plus que 50 mètres !

Les radars sont annoncés à grands renforts de pancartes. Les habitués du quartier n’ont même pas besoin de les voir pour savoir où lever le pied.

Tant que les radars fixes seront annoncés comme s’il s’agissait d’une grande vente chez Brault et Martineau, les comportements des automobilistes ne changeront que sur la longueur de la zone tapageuse. Avant et après, ils se comporteront en consommateurs débridés et en chauffards sans foi ni loi.

Il faut malheureusement reconnaître que l’homo sapiens, quand il a un volant entre les mains, perd toute la raison qu’il a mise des millénaires à acquérir. La seule façon de lui mettre un peu de plomb dans la cervelle et de légèreté dans l’accélérateur, c’est de lui coller une bonne vieille contravention salée, le pogner par surprise, le menacer de lui retirer son permis, le contrôler quand il s’y attend le moins, lui montrer le visage sévère de l’uniforme qui se cache sous la robe austère de la justice. Bref, la peur de la répression ralenti les ardeurs. Regardez les résultats que les autorités ont obtenus pour l’alcool au volant.

La vitesse est la deuxième cause d’accidents sur nos routes après la boisson (quoiqu’en y réfléchissant bien, c’est plutôt le char qui est la seule cause des accidents de la route, mais on va encore me traiter de Ferrandez si je le rappelle). Il est temps de mettre un frein à la folie meurtrière. Les radars fixes sont un bon début. Mais reconnaissons que 40 radars, c’est bien peu. Surtout si les chauffeurs à casquettes savent où ils se trouvent.  

De toutes façons, me direz-vous, on s’en fout. Nous, on se déplace à pied, en vélo et en transport en commun.

Ne riez pas trop vite, pas plus tard qu’hier, un piéton qui a traversé au feu rouge s’est fait mettre la main au collet par six (6, 3 X 2) agents de polices. Pendant ce temps, sur Pie IX, les autos pouvaient allègrement dépasser le 50 km/h légal sans crainte de se faire prendre.

Pour suivre l’auteur sur Twitter : twitter.com/pascalhenrard
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