Conseils à Mathieu Bock-Côté pour se faire des amis

Conseils à Mathieu Bock-Côté pour se faire des amis
27 Sept 2011

Par Judith Lussier  |  Publié dans : blogue

Avec sa nouvelle chronique au Journal de Montréal, Mathieu Bock-Côté n’a pas fini de taper sur les nerfs de ceux à qui il tape sur les nerfs. J’ai donc décidé de lui donner quelques trucs pour ne pas trop se faire détester.

Que l’on aime ou pas, personne ne reste indifférent devant la verve de Mathieu Bock-Côté. Appelons-le déjà MBC, simplement pour alléger le texte et accessoirement lui donner une aura d’être supérieur, comme BHL. Reste que c’est bien le mot qui le décrit le mieux, «verve», cette qualité de quelqu’un qui parle ou écrit avec brio ou intelligence, merci Larousse, sur tout et sur rien, et qui pourrait vous faire croire qu’il a un doctorat en tout ce dont il cause.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Mathieu Bock-Côté est ce brillant sociologue un peu nationaliste, un peu conservateur, auteur de déjà deux livres à 30 ans, que vous avez peut-être déjà entendu s’écouter parler à une émission de Marie-France Bazzo.

Ainsi, chaque fois qu’il s’exprime, MBC le fait avec brio et intelligence. Qui l’a déjà vu s’enfarger sur une phrase, chercher ses mots ou figer comme un chevreuil sur l’autoroute, comme nous le faisons tous lorsque le stress s’empare de nous? Personne. Et lorsqu’on l’écoute, personne ne peut s’empêcher (ok, je ne peux m’empêcher) de penser : «y a l’air smat le p’tit maudit».

Toujours d’aplomb avec ses mots et ses idées, MBC a fait la preuve qu’il était doté d’une intelligence verbale supérieure à la moyenne. Mais, comme c’est souvent le cas des surdoués verbomoteurs, le risque qui plane sur MBC est de se retrouver, comme un enfant seul dans la cour d’école, seul dans sa cour d’école.

Avec sa nouvelle chronique au Journal de Montréal, le journal qui, rappelons-le, est encore lu par plus d’un million de lecteurs, MBC risque de se faire traiter de «p’tit smat» plus souvent qu’à son tour.

Voyant toujours le revers à une médaille, j’ai eu pitié de lui. Et pour éviter qu’il n’écœure tout le monde avec son cerveau et qu’il se fasse métaphoriquement battre dans la cour d’école, j’ai décidé de lui donner quelques conseils pour atténuer les carences non verbales que je lui soupçonne, puisqu’une règle fort simple veut qu’on ne puisse tout avoir. Je m’adresse donc à toi, Mathieu.

Premièrement, je te suggère de ralentir le débit. N’oublie jamais que tu t’adresses à une population qui a un QI moyen de 100. Ça, c’est probablement une quarantaine de points au-dessous du tien. T’imagines? Si tu as du mal à visualiser ton public, regarde Occupation Double. Tu comprendras qu’il ne sert à rien d’épater la galerie en faisant du 72 mots la minute. Même chose pour l’utilisation de termes à plus de quatre ou cinq syllabes.

Ce sera difficile, d’abaisser ton esprit à celui du peuple. Tu craindras peut-être d’avoir l’air idiot. Mais je t’assure que même si tu baisses d’un cran ton élocution, tu demeureras encore au-dessus de la moyenne. Tu pourras toujours t’appuyer sur le fait qu’un journaliste du Devoir t’a déjà traité d’«élégant styliste et penseur supérieurement intelligent», confirmant ainsi ta supériorité.

Finalement, pas trop à droite, Mathieu. Je sais que les penseurs aiment jongler avec les idées, montrer que leurs capacités à débattre sont au-dessus des valeurs morales généralement admises comme bonnes, et que se faire l’avocat du diable est beaucoup plus excitant pour un verbal comme toi. Mais pour garder quelques amis, ça prend un minimum de compassion. Comme la compassion est un sentiment lié aux compétences du cerveau droit, siège du non verbal, c’est sûr que c’est plus difficile pour toi. Au pire, tu la feindras en faisant l’exercice de trouver des avantages au gel des frais de scolarité. C’est un nouveau défi qui t’attend.

Bonus: Voici une vidéo pour illustrer la logorrhée Mathieu Bock-Côtienne, pour ceux qui n'y auraient jamais été confrontés.


Derniers commentairesRSS
  • J'aime les asperger: leur capacité à remarquer toutes les incohérences et les contradictions. J'aime aussi leur façon particulière de s'exprimer: la recherche de la vérité (de s'en approcher le plus possible du moins) avant celle de la popularité. vive les aspis! ; )

    21 Avr 2012 | josianne

  • Je suis le premier a dire que Mathieu Bock Côté écrit tout le temps de la marde. Mais ce texte de Judith est encore pire.

    7 Déc 2011 | Jason Keays

  • Il est pour le moins surprenant de voir cette entrevue de Mathieu Boch-Côté avec Mario Dumont. Une longue série d'approximations et de raccourcis permettent à ce supposé intello de dire n'importe quoi. Visiblement très mal informé ou, pire, très peu soucieux des faits, il aura beau manier le langage de la plus habile des manières, il démontre ici qu'il n'a pas l'étoffe et encore moins la rigueur d'un intellectuel. Sous des habits bien reprisés se trouve le même prêt-à-penser que chez un Éric Duhaime. Pathétique, le Québec a sérieusement plus besoin d'intellectuels que de doctrinaires patentés qui répètent des âneries sur toutes les plate-formes. Nos médias sont rendus chroniques.

    7 Déc 2011 | Richard Fecteau

  • Oh boy… Avant de lire l’article je m’attendais à une sorte de chronique sur la montée de la droite ou d’un nouveau discours réactionnaire inquiétant (ou autre bullshit endormante du genre) mais là…

    Je ne suis pas toujours d’accord avec MBC mais je trouve qu’il élève le niveau ambiant et son côté « Revenge of the nerd » est loin d’être antipathique. Au contraire, je crois que les vrais rebelles aujourd’hui, en ces heures d’abrutissement généralisé, sont ceux qui persistent à maintenir un certain niveau intellectuel. À mon sens, la posture pseudo-vulgaire et pseudo-franc-parler est obsolète.

    29 Sept 2011 | Piteur

  • Vraiment, cet article est probablement un des pires torchons que j'ai lu de ma vie. L’auteure demande à Mathieu Bock-Côté de devenir plus niaiseux et de dire ce que le petit peuple veut entendre (virer à gauche). Sérieusement, comment continuer à niveler vers le bas et à se débarrasser des intellos québécois ! Ça sent la jalousie et le mépris à plein nez !

    Et le dernier paragraphe, c’est à mon avis le pire de tout l’article! Depuis plusieurs décennies, le choix politique tourne autour de l’extrême gauche et du centre. Entendre de la droite modérée, qu’on n’aime ou on n’aime pas, ça aide un minimum à balancer notre démocratie.

    En passant, pas besoin d'avoir un Q.I de 140 pour trouver des arguments en faveur du dégel des frais de scolarité (juste le cerveau droit suffit).

    28 Sept 2011 | Marc-Antoine

  • Vive MBC!!! On veut plus de gens comme lui et Joseph Facal et Jean-François Lisée que des êtres insipides comme notre cher maire.

    28 Sept 2011 | Eric Grégoire

  • Bravo. Quel texte brillant et témoignant tout à fait de la réalité. Et comme le veut l'expression : a trop vouloir en dire, on dit rien ! Ce MBC est intelligent mais un peu trop théâtrale dans ses discours.

    Encore une fois, bravo, vous avez très bien cerné le personnage.

    28 Sept 2011 | jpquébec

  • Est-ce l'opinion que Urbania a de ses lecteurs? Qu'il faut utiliser des mots faciles et enfanter parce que le public n'est pas assez intelligent pour comprendre?

    28 Sept 2011 | Steve

  • Il n'est ici ni question de débit ni question d'abaisser un niveau de langage pour être compris. Il est question de stylistique, de simplification de la langue. MBC doit simplifier sa pensée, la circonscrire, la rendre compréhensible non seulement pour les «grossiers» personnages (Mpie) mais aussi pour tous les lecteurs du JdeM. Bien que j'aurais aimé lire Mathieu dans Le Devoir, reste que si on relit cinq fois, on arrive à tout comprendre. J'ai dit plusieurs fois à MBC qu'il était le nouveau Pierre Bourgault et comme j'apprécie sa jeunesse et sa fougue! Nous avons besoin d'un intellectuel comme MBC. Mais parfois j'aime bien lire un chroniqueur sans Tylenol extra-fort.

    28 Sept 2011 | Francine Allard

  • Ce billet pue la condescendance à plein nez.

    28 Sept 2011 | Judith

  • Hum...Cet article me laisse perplexe.

    Le Québec manque CRUELLEMENT d'intellos. Pourquoi suggérer à ceux-ci de s'abaisser au plus bas niveau? Car si Mathieu Bock-Côté peut énerver, voir donner un complexe d'infériorité d'une milliseconde à un grossier personnage, c'est tant mieux.

    Il y a des limites à prôner l'uniformisation.

    Ça, c'est un peu comme au Urbania, on ne se le cachera pas. Impossible de deviner qui écrit quoi sans lire le nom du chroniqueur. Le même ton, les même blagues, les mêmes ironies... UNIFORME.

    Ce qui est triste.

    Évidemment, j'ai compris votre intention, qui , à la base, était légère. Mais vous touchez là un point sensible chez certaines personnes.

    Par exemple, je ne peux m'empêcher de penser à Gilles Proulx - constamment désolé de notre médiocrité grandissante- grimper dans les rideaux à la lecture du texte ci-dessus.

    Tout de même, je vous aime bien Miss Lussier, vous me faites souvent rire, seulement, il me semble que cette chronique était un peu...dans le champ.

    Ça arrive.

    28 Sept 2011 | Mpie

  • Après la lecture de votre article, j'ai vraiment pitié. Pitié de vous, Mme Lussier, et pitié pour l'image que vous venez de donner à votre magazine. C'est effrayant. Vous reconnaissez une supériorité chez M. Bock-Côté, puis désirez l'annuler ipso facto. Votre argument: la moyenne des lecteurs ne sont pas capables de le comprendre. Il faut donc annuler toute intelligence du débat publique et tenir un discours semblable à celui qu'on entend au radios poubelles ou dans les discothèques? Il faut être imbécile parce que plusieurs le sont? Franchement, c'est un joli conseil pour uniformiser à la médiocrité.

    Et puis semble-t-il qu'Urbania a décrété qu'être à droite est un problème en soi. Je vois, que dans cette pensée d'égalitarisme envahissante, tout est égal, sauf la gauche et la droite. Bien évidemment! Comment aurais-je pu ne pas y penser? Tous sont égaux sauf ceux qui doutent qu'une égalité comme religion d'État constitue une bonne idée.

    Le comble: vous semblez fière que votre magazine pourfende l'intelligence... Vraiment, ça ne vole pas haut!

    Antoine,

    Un étudiant probablement moins intelligent que M. Bock-Côté mais qui le lit, le comprend et l'admire tout de même.

    28 Sept 2011 | Antoine Pageau St-Hilaire

  • David Pieropan

    Mettons qu'on met pas ce texte dans le top 10 de Judith.

    27 Sept 2011 | David Pieropan

  • Nicolas Francoeur

    Si je comprend bien, il devrait niveler par le bas pour être sûr que tout le monde le trouve parfaitement compréhensible ? Et misère... Un coup parti on pourrait lui suggérer de prendre le calibre linguistique d'Occupation Double pour être sûr de se faire comprendre de tous et chacun... On devrait se féliciter qu'un commentateur de la sphère publique puisse enligner 2 phrases complexes et avoir une pensée étayée.

    Et si je saisis bien la fin de l'article, être à droite serait nécessairement négatif et la gauche aurait le monopole de ce qui est bon et bien.

    Je veux bien qu'Urbania fasse dans la provoc et l'humeur, mais là c'est juste du gros n'importe quoi. Svp, critiquez qui vous voulez, on s'en fout, mais faites le avec intelligence...

    27 Sept 2011 | Nicolas Francoeur | Montreal

  • Bravo pour ce portrait! Vous avez réussi à avoir presque autant de verve que MBC. (Le « gel » des frais de scolarité.)

    27 Sept 2011 | moi

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