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Rassurez-vous, il ne s’agit pas d’une faute d’orthographe. C’est plutôt un subtil jeu de mot pour égayer votre journée car je vais vous entretenir ici, non pas de couilles, quoi que certains en manquent, mais d’un sujet éminemment plus sérieux : l’indépendance du Québec. Si ça vous endort, autant aller vous coucher tout de suite, car on n’a pas fini d’en parler. Ou alors cliquez ici si vous pensez pouvoir raviver quelque flamme assoupie qui vous aidera à vous tenir debout.
Hier, un nouveau mouvement pour le Québec a donc vu le jour. Un autre me direz vous si vous suivez l’actualité avec acuité.
Alors que certains parlent d’immobilisme, de désengagement, de découragement, de désenchantement, il n’y a jamais eu autant de mouvements autour de la souveraineté.
Les uns déchirent leur chemise et leur carte du Parti Québécois. Ça fait du bruit et ça fait du vent mais ça ne fait pas de mal. Les autres se tâtent jusqu’à la prochaine érection (un autre jeu de mot amusant pour soutenir votre attention jusqu’au bout…). Ici, des souverainistes déçus y vont d’un solide manifeste pour secouer en plein été la fibre nationaliste, et là un ex-péquiste dont on a oublié le nom a déjà enregistré le nom de son parti mais n’a pas encore d’équipe pour le peupler.
Les arguments fusent : crise d’identité, crise de confiance, manque d’objectifs, déficit de sens commun, scandales, pertes de repères, gaz de schiste (là, vous charriez un peu), suspension de Jacques Languirand, royalisation de l’armée,…
Ce n’est pas les raisons de faire la souveraineté qui manquent.
Ce qui manque aux souverainistes, c’est la cohésion dans leurs mouvements pour la faire. Et tout ce désordre, ça fait évidemment l’affaire de Jean Charest qui était donné pour mort, et pas que dans les sondages.
Le Nouveau mouvement pour le Québec utilise dans son manifeste un langage de notre époque qui dénote avec celui des antiques partis. Il se dissocie d’emblée des joutes politiciennes poussiéreuses et des games de pouvoir révolues. Il n’y va pas par le dos de la main morte et ne ménage pas plus la chèvre que le chou. Son idée est claire, son discours est posé mais osé. À la peur de disparaître, il oppose le désir de naître et de construire. C’est rafraîchissant.
Le Nouveau mouvement pour le Québec ne veut pas de demi-mesures. Il veut l’indépendance du Québec. That’s it ! Pas contre les autres, mais avec eux. Et, il veut que le peuple reprenne son destin en main pour dessiner son avenir (ce serait évidemment plus facile de dessiner avec un crayon qu’avec un destin, mais, bon, c’est comme ça).
Le Nouveau mouvement désire ensuite faire adopter à l’Assemblée nationale le projet dessiné (avec son destin) par le peuple. Le gouvernement du Québec n’aurait plus qu’à adopter une loi constitutionnelle (et là je copie/colle le manifeste autant par paresse que parce que c’est bien dit) établissant la primauté de la Constitution du Québec librement décidée sur celle du Canada, arbitrairement imposée.
Pas de partis, mais un rêve dans la tête et du cœur dans le ventre. C’est sans doute ce qu’on appelle avoir des couilles.
Pour être tout à fait honnête, ne vous étonnez pas de voir mon nom dans la liste des signataires du Nouveau mouvement pour le Québec. Il ne s’agit ni d’un cousin éloigné ni d’un pirate informatique.
Crédit photo: Simon Beaudry