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Dans sa présentation de l’infolettre de cette semaine, l’équipe d’Urbania écrivait ceci : ‘’Quelle semaine plate! Aucune célébrité n’est morte, rien ne s’est écroulé, le Canadien est toujours en vacances, et l’économie va mal comme d’habitude. (…)’’
Bon.
C’est fou comme il peut se passer des choses, en deux jours. Finalement, woah! La semaine a l’air de la semaine des quatre jeudis (je veux dire, quand elle finira par arriver et que tout le monde sera obligé de faire ce qu’ils ont dit qu’ils feraient cette semaine-là en étant sûrs qu’elle n’arriverait jamais.)
Prenons les choses dans l’ordre. ‘’Aucune célébrité n’est morte’’. Huguette Proulx, Miss Radio-Télé 1963, c’était une célébrité. Les femmes se poignardaient dans le dos pour obtenir ce titre à l’époque. En plus, Madame Proulx est l’une des rares vedettes à être morte deux fois. Souvenez-vous : le téléjournal de TVA l’a déjà fait mourir en 2006. Même Elvis n’a pas réussi un tel exploit.
Alors oui, une célébrité est malheureusement décédée cette semaine. Pour la deuxième fois dans son cas.
Poursuivons avec notre énumération : ‘’rien ne s’est écroulé’’. Hum. Il en a fallu de peu, c’est vrai. Mais je vais vous faire un aveu. Je le savais. Je savais qu’un morceau de béton allait tomber coin Papineau/St-Grégoire. Voulez-vous en savoir une bonne aussi? Il y en aura d’autres. Plein. Parce que Montréal est en train de nous lâcher. Comme quand le toit d’une maison commence à couler, même le plus cave des caves sait que ça ne sert à rien de refaire juste le p’tit carré qui suinte. Ça va couler ailleurs dans deux jours. Et ça va finir par lâcher et/ou par tuer quelqu’un.
Il y a un vieil adage qui dit : ‘’Les structures et les ponts qui ont été construits autour de la même année se mettront à tomber à peu près la même année, tout comme les humains qui sont nés la même année se mettront à crever à peu près la même année.’’ Ok, la phrase est de moi, mais avouez… La question n’est pas de savoir si on va mourir un jour, la question est de savoir quand. C’est la même chose pour les ponts qu’on regarde vieillir sans les réparer.
Personnellement, j’ai décidé que je ne finirais pas mes jours en-dessous d’un bloc de béton. Je vais donc cesser de bouger et rester prisonnière de l’Île de Montréal en attendant que des entités compétentes sécurisent pour moi les façons d’en sortir.
Pour les cas d’extrême nécessité, j’ai quand même pensé à mon affaire: cette semaine, c’était les Perséides. Vous savez, ce rush d’étoiles filantes qui a lieu à chaque année entre le 10 et le 14 août? (J’y pense, c’est probablement un météore qui est tombé sur le gars coin Papineau/St-Grégoire… Chut.) J’ai fait ma réserve de vœux pour les fois où je devrai passer sous (ou sur) un pont et que je sentirai que croiser mes doigts et mes orteils en retenant ma respiration, après avoir tué un lapin et lui avoir volé ses pattes pour me faire des porte-bonheur, ce ne sera pas suffisant.
J’ai fait des vœux pour vous aussi, bien sûr. Mais si j’étais vous, je ne prendrais pas de chance. Je me dis que tant qu’à lever les yeux au ciel pour s’assurer que rien ne nous tombe dessus, ni un pont ni un météore, aussi bien en profiter pour guetter les étoiles filantes et faire deux-trois vœux au passage pour assurer ses arrières. Les Perséides finissent le 14, ça vous laisse 2 nuits.
Le reste de l’énumération de l’infolettre d’Urbania concernait les longues vacances du Canadien et l’économie qui va mal. Dans un cas comme dans l’autre, ce sont des problèmes déjà installés auxquels il ne vaudra plus la peine de s’attarder si Montréal nous tombe dessus. Si vous le voulez bien, on règlera ça quand on aura une vraie semaine plate, quand on aura été forcés d’aller vivre dans le Montréal souterrain et qu’on sera tannés de jouer aux cartes.