Ceci n'est pas une chronique économique

Ceci n'est pas une chronique économique
1 Août 2011

Par Mélissa Verreault  |  Publié dans : blogue

Aujourd’hui, je vais vous faire un aveu : je ne comprends rien à l’économie.

Je ne dois pas être la seule, mais sincèrement, je suis complètement dépassée par la question économique. Pendant que tout le monde parle de l’impasse entre démocrates et républicains, qui n’arrivent pas à s’entendre au sujet du règlement de la dette américaine, moi je suis là à essayer de concevoir ce que ça peut bien représenter 15 trillions de dollars, soit le total que devrait atteindre en décembre 2011 la dette nationale américaine (les soldes sur les cartes de crédit). Quinze trillions, c’est vraiment beaucoup trop de zéros pour ma cervelle d’étudiante en lettres qui n’a pas fait de maths depuis ses 536 en 1999. Quinze millions de millions. Je n’ose même pas calculer combien de cennes noires ça fait. Heureusement qu’il y a des sites comme celui-ci pour m’aider à visualiser à quoi cela correspond.

Mon principal problème réside dans le fait que l’argent et l’économie sont des phénomènes totalement virtuels. J’ai beau avoir l’âme poète et apprécier l’abstraction lorsqu’elle prend des formes artistiques, lorsqu’il est question d’argent, si on ne me parle pas en termes concrets, je décroche. Quand il s’agit de troquer mon petit change contre des aliments, des vêtements et des meubles, tous des éléments tangibles, ça va, je saisis le concept. Mais quand on me parle de spéculation, de hausse des marchés, de conversion de devises, bref, de choses qui n’existent pas mais qui mettent des gens dans la rue, là, je bogue. Par exemple, je me trouve présentement en Europe et chaque fois que je retire de l’argent au guichet, je frissonne. Comment mon beau gros cent piastres a-t-il pu se transformer en soixante-douze euros et soixante-seize sous ? J’ai travaillé fort pour ce cent piastres-là moi, et voilà que je viens d’en perdre plus du quart juste parce que je me trouve de l’autre côté de l’océan.

Si j’ai de la difficulté à saisir comment fonctionne le monde de l’économie, j’en ai encore plus à accepter qu’on puisse vivre dans une société dont l’équilibre soit basé sur l’injustice. Il y a des riches parce qu’il y a des pauvres, ça a toujours été ainsi et cela doit le rester. Alors que la fortune de Carlos Slim Helu, ce Mexicain d’origine libanaise décrété l’homme le plus riche du monde dans le dernier palmarès de la revue Forbes, atteint les 74 milliards de dollars, les compatriotes du richissime ingénieur de formation gagnent à peine plus de 11 000 $ par année en moyenne. Et que dire du fait que pendant que la nouvellement divorcée J. Lo se fait offrir près d’un million de dollars pour chanter dans un mariage en Ukraine, les ouvriers chinois gagnent à peine 1 300 $ américains par année. On ne dit rien, justement. On laisse les choses comme elles sont parce qu’on est incapables d’imaginer d’autres modes de fonctionnement.

Aucune théorie économique n’a réussi à prouver sa viabilité et sa capacité à remplacer le capitalisme. Ni le communisme ni l’anarchisme ne semblent être des solutions, mais cela veut-il signifier qu’il n’y a pas de solution du tout ? Dans mon esprit de fille absolument naïve et idéaliste, la crise économique mondiale qui sévit depuis 2008 devrait être vue comme le moment idéal pour revoir nos façons de faire et de penser. Malheureusement, ça ne semble pas parti pour être le cas. La classe moyenne devra donc continuer de faire de son mieux pour joindre les deux bouts, à savoir l’inflation d’un côté et les salaires qui ne montent pas de l’autre.

En terminant, j’ai un bon tuyau pour ceux qui auraient justement besoin d’un peu d’argent de poche : pourquoi ne pas envisager de devenir un crack d’informatique et de passer vos temps libres à chercher des failles dans la sécurité de Facebook ? Je vous conseillerais par ailleurs de ne pas investir dans l’industrie de la canneberge. En même temps, vous êtes probablement mieux de ne pas vous fier à ce que je dis, puisque je ne comprends rien à l’économie, je vous le répète. La question est de savoir si les banquiers ainsi que ceux qui ont joué nos bas de laine à la bourse et qui ont fait fondre nos caisses de retraite y comprennent davantage quelque chose.
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