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L’avantage de bloguer le vendredi, c’est que je peux satisfaire mon envie maladive de faire des bilans. Et donner une pause à mon entourage qui n’est plus capable de m’entendre maladivement faire des bilans.
Semaine difficile pour les journalistes. Ils se sont cogné le nez à plusieurs simili-nouvelles, c’est-à-dire à de grosses nouvelles qui finalement n’ont aucune de chair autour de l’os. Par exemple, Jack Layton n’a même pas dit de quel cancer il souffrait. Misère. Comment faire 1000 mots avec : « Jack Layton souffre d’un nouveau cancer et il prend une pause pour s’en remettre »? Tout a été dit et encore 985 mots à faire. Même pas possible pour les journalistes de se débarrasser de 300 mots en donnant le pedigree du cancer qu’il a et la liste de tous ceux qui n’y ont pas survécu. Comble de malchance, tout le monde se fout éperdument de la madame qui le remplace. Re-misère.
Sur la scène artistique, les Pellan (pas les Pelland de Gatineau, les tableaux de Pellan qui ornaient le hall d’entrée de l’édifice du ministère à Ottawa) ont été remplacés par un portrait de la reine. En voilà une histoire sans chair. Là, les journalistes se frappent la tête sur les murs parce qu’on ne sait pas où ont été entreposés lesdits tableaux et qu’on ne peut pas l’écrire dans le journal. Personnellement, j’irais voir du côté du mur où était le portrait de la reine. S’ils n’y sont pas, ils sont sûrement à la même place où vous entreposez vos photos de famille quand vous décidez de les remplacer par d’autres : à une place qui n’intéresse vraiment pas tant que ça le public.
Autre simili-nouvelle : Impossible de connaître la destination de voyage de noces de Sébastien Diaz et Bianca Gervais, qui se sont mariés cette semaine. Ah non, je me trompe. Ça on le sait, c’est en Grèce qu’ils vont : c’est juste qu’on ne voulait pas le savoir et on se demande vraiment pourquoi on le sait.
La seule nouvelle complète identifiée cette semaine semble donc être celle de la tragédie à Oslo, qui donne du jus à n’en plus finir. Mais on oublie celle-ci, sensationnelle à souhait, à propos d’Émile Proulx-Cloutier : Après avoir tout raflé les prix à Petite-Vallée plus tôt cet été, on apprend qu’Émile Proulx-Cloutier (fils de Cornemuse et du pirate loustic dans Matusalem) interprétera Abdelkhani, un Trifluvien converti à l’islamisme radical, dans le film Opération Casablanca. Ça, c’est de la bonne grosse nouvelle complète. Moi, c’est ma préférée.
Sur la scène internationale, Amy Winehouse n’est plus. Ce n’est pas exactement une simili-nouvelle, mais l’autopsie s’est tout de même avérée « non concluante », ce qui fait tourner les journalistes en rond dans leurs articles depuis une semaine, en émettant des hypothèses de beaux-frères.
Tout ce qu’on sait, c’est qu’elle n’a pas traversé son retour de Saturne. Vous savez, cette période sombre, vers la fin vingtaine, qui coïncide avec le retour de la planète Saturne à la position exacte à laquelle elle était le jour de votre naissance, et que plusieurs ne traversent pas? Vous savez, cette théorie qui ressemble pas mal à du n’importe quoi mais qui aide beaucoup quand vient le temps de se faire accroire qu’il existe une explication logique, voire scientifique, au décès de gens qu’on aime et qui meurent à 27 ans, c’est à-dire beaucoup, beaucoup trop tôt?
Personnellement, je me roule allègrement dans cette théorie. J’ai déjà entendu Robert Lepage discuter « retour de Saturne » avec Pierre Lapointe à la télé. Quand je suis dévastée, c’est automatique, je m’en remets totalement à ceux qui maîtrisent l’art de projeter du beau sur des silos. Même quand ça implique de croire en des histoires d’alignement de planètes.
Pour ce qui est de la crise de la dette américaine, on est encore loin d’avoir une vraie nouvelle, mais je suis l’affaire de près. Oui oui. Je vous en ferai le bilan la semaine prochaine. À moins qu’il ne se passe quelque chose de marquant du côté d’EPC.