Les gens ordinaires

Les gens ordinaires
25 Mai 2011

Par Pascal Henrard  |  Publié dans : blogue

Monsieur Untel et Madame Toulemonde sa voisine ne font jamais la une des journaux, les titres des nouvelles télévisées ou les manchettes à la radio. À moins qu’une catastrophe ne vienne inonder leur sous-sol, qu’un incendie ne ravage leur maison ou qu’une tornade ne rase leur beau quartier, leur existence sans histoire n’intéresse personne.

Le bonheur des uns ne suscite pas l’intérêt des autres. Tout juste l’envie. Mais ça, ça ne se dit pas.

Ce qui déclenche les passions, allume les regards et tend les oreilles, c’est le mal, c’est la douleur, la déchéance, la mort, la violence, la descente aux enfers, le sang, l’horreur, les crimes abjects, l’accidentel, le désastreux.

Plus c’est sordide, plus ça attise le badaud qui sommeille en chacun de nous. Ne dites pas le contraire, je viens de vous voir cliquer sur le hashtag #DSK.

Chaque coup de couteau du docteur Turcotte dans le corps de ses enfants augmente le tirage des journaux à sensations. Chaque goutte de sperme de l’ex patron du Fonds Monétaire International trouvée sur l’uniforme d’une femme de chambre new yorkaise excite le taux de clic de la twittosphère. Chaque photo du Midwest dévasté par des vents de 300 km/h enflamme les visionautes en mal d’émotions fortes. Chaque millimètre supplémentaire d’eau qui déborde du Richelieu inonde les médias en bottes de caoutchouc de sinistrés à jeter en pâture aux consommateurs affamés à l’heure du Kraft Diner.

Ces derniers temps, les médias sont tellement gâtés en sinistres, tsunami, éruptions volcaniques et catastrophes de toutes sortes qu’on en oublie presque notre nouveau gouvernement ultra-conservateur majoritaire, la valse des candidats perdants au Sénat ou le prix faramineux de l’essence alors que celui du baril de pétrole, lui, chute.

Pour paraphraser un terme à la mode, nous sommes en pleine madramatisation des médias. Drapés de drames, nous supportons sans doute mieux notre petite existence banale. Mais ne sommes-nous pas capables de mieux ? Ne pouvons-nous plus nous émerveiller sur le parfum d’un lilas en fleur, un bourgeon qui s’ouvre, le babillement d’un merle en rut, un vol de bernache qui cancane ou le pschiit d’une bouteille de bière?
 
Heureusement, dans ce chaos de mauvaises nouvelles, il y a un site qui résiste à l’envahisseur : Newzitiv.com C’est sans doute très fleur bleu. Mais avec le printemps de cul qu’on a eu, ça change du jaunisme d’un Journal de M. et ça sent meilleur que les relents de radios poubelles.

Allez, la terrasse est ouverte, on ne va pas gâcher son plaisir en parlant du monde qui va mal tout de même.

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