T’es qui toi?
Le dicton (ou est-ce la bible?) dit qu’il faut avoir marché 100 miles (ou 90km, peu importe) dans les souliers de quelqu’un avant de pouvoir le juger.
Que ce quelqu’un soit votre mère, votre voisin ou Véronique Cloutier.
Dans le cadre du débat sur la madamisation, une certaine Dominique Charron s’attaquait récemment, par le biais d’une lettre ouverte au Devoir, à la société Radio-Canada. Dans un français propre et articulé, la dame à l’origine de la page Facebook «Entendu à la radio publique» dénonçait grosso modo la vacuité de la pertinence sur la première chaîne de notre société d’État.
À part être la fille derrière la page Facebook qui «témoigne de la dérive vers l'inculture et la paresse dans la programmation Radio-Canadienne», Dominique Charron est, comme n’importe qui, une simple auditrice. Avec un peu de recherche, on découvre qu’elle est «pâtissière et boulangère autodidacte, passionnée de cuisine, ex-libraire, danseuse et cinéphile», et qu’elle a déjà signé ce texte d’intérêt public : «Pringles multigrains: des céréales dans les patates?».
Le fait que Dominique Charron soit une simple auditrice lui confère entièrement le droit, je tiens à le préciser avant qu’on ne me taxe d’élitiste, de critiquer Radio-Canada, ce service payé ek’nozimpôts. Plusieurs personnes ont lu et applaudi la lettre ouverte de madame Charron, ont félicité la citoyenne ordinaire s’exprimant presque aussi bien que Marc Cassivi, et ont dénoncé à leur tour les égarements de Christiane, Dominique et Annie-Soleil, sans se questionner sur la gravité de ces accusations empreintes de jugements de valeurs et de généralisations. Et surtout, sans penser aux conséquences. Être l’une des victimes de madame Charron, j’aurais pleuré dans mon lit ce soir-là.
Parce que, comme ma nièce de deux ans qui dit «ça pue, ça», en parlant du repas que je lui ai préparé avec amour, madame Charron ne fait pas dans la dentelle. Dans son texte, Christiane Charrette «traite tout sujet avec une agitation et une superficialité franchement irritantes», Dominique Poirier «rivalise avec elle-même pour trouver les sujets les plus mièvres qui soient», et Annie-Soleil Proteau «fait chaque matin étal de son manque de formation artistique et intellectuelle». Notez la gravité des déterminants «tout» et «chaque». Lundi dernier, Annie-Soleil Proteau s’est réveillée en lisant de la plume d’une inconnue qu’à TOUS LES MATINS, elle avait l’air épaisse à la radio. Depuis toujours.
Le web (ou le concept des lettres ouvertes, je ne sais trop), semble donner aux anonymes de ce monde tous les droits. Et par anonymes, je n’entends pas ceux qui chiâlent sous le couvert d’un pseudonyme, mais ceux qui n’envisagent pas rencontrer un jour en pleine face Christiane Charrette, Dominique Poirier ou Annie-Soleil Proteau. Ceux-là se donnent tous les droits, tous les droits qu’ils ne s’accorderaient probablement pas s’ils avaient l’objet de leur chiâlage devant eux.
J’aimerais bien voir Dominique Charron dire ses quatre vérités à une Christiane Charrette enthousiaste. Mieux, j’aimerais qu’on lui offre une chronique, voir ce qu’elle en ferait. Peut-être se spécialiserait-elle dans les listes d’ingrédients de chips?
Mais lâchons un peu notre bonne Dominique. Parce que son geste, innocent, est symptomatique d’un phénomène beaucoup plus embêtant : ceux qui se donnent tous les droits, un phénomène qui prend de l’ampleur depuis l’arrivée des réseaux sociaux. Jadis, il était de bon ton de dire, depuis son La-Z-Boy, que «la chemise de Véro était ben laitte» et que la «teinture de Pénélope McQuade était don ben pas dans sa palette». Dans un salon, c’est tout à fait adéquat. Sur Twitter, Véronique Cloutier, qui n’est pas votre grande chum, on tient à le rappeler, vous lit. Et parfois, elle vous répond. Je me demande comment se sent @ginetonic (pseudo fictif) chez elle, lorsque Véro lui répond. Se dit-elle «wow! la vedette avec une chemise laitte m’a parlée!»?
Ceci dit, vous ne verrez jamais Véronique Cloutier écrire sur Twitter : «@PenelopeMcQuade : Hey, t’as vraiment raté ta première». Pourtant, s’il y a une personne qui peut porter un jugement éclairé sur le travail de Pénélope McQuade, c’est bien elle. Mais elle ne le fera pas. 1. Parce que Véronique Cloutier a de la classe; 2. Parce qu’elle sait mieux que @ginetonic combien il est difficile d’animer un talk-show en direct; 3. Parce que la première de Pénélope McQuade n’était pas facile, mais n’était pas ratée, et 4. Probablement parce que Véronique Cloutier sait aussi que c’est dur de se faire juger gratuitement comme ça avec des mots gros de même.
Ça, Dominique Charron semble l’ignorer.
Évidemment, la première chaîne n’est pas parfaite. Évidemment, pas besoin d’avoir un doctorat en radio publique pour pouvoir questionner le bienfondé d’une chronique intitulée «digère-t-on mieux si on dort du côté gauche?» Et oui, il y a place à la critique.
Moi aussi, je trouve les sujets de tribune «faciles», à Maisonneuve en direct. De toute façon, j’ai horreur du concept des lignes ouvertes, mais c’est une autre histoire. Laisser parler la plèbe? Quelle ineptie! Par contre, je n’ai jamais travaillé pour une ligne ouverte. Je ne suis ni dans les culottes de Lucie Benoît, ni dans celles de Pierre Maisonneuve, pour me prononcer sur la bonne façon de gérer une ligne ouverte. Je me dis qu’ils ont sûrement déjà tout essayé, et que si ça se trouve, lorsque l’on propose des sujets vraiment pertinents, les appels en provenance de Louis-H. Lafontaine fusent. Je ne sais pas, je dis ça de même. Je peux espérer mieux, mais je suis persuadée que l’homme qui maîtrise comme nul autre l’art d’interrompre une conversation fait son gros possible.
Chose certaine, je n’écrirai jamais que «tous les jours, Maisonneuve s’engouffre de plus en plus dans l’abîme de son incompétence». Même si ça fait beau.
Au pire, avant d’émettre une opinion, j’aurai appelé Maisonneuve pour en discuter avec lui, question de limiter le parlage à travers mon chapeau, l’action contraire à parler en connaissance de cause.
Comme lorsque, par exemple, je porte un jugement sur la façon d’élever une famille.
Chaque fois que je vais chez ma sœur, comme une vieille voisine chipie, je commente (dans ma tête, évidemment) le contenu de son frigo : beaucoup trop de plats surgelés et de sauces préparées, un excès d’aliments superflus, comme des biscuits Pillsbury aux brisures de chocolat, et un manque flagrant de bonnes choses, des épinards ou du rapini, par exemple. Cette semaine, je garde ses enfants. Deux, et quatre ans. Je n’ai pas eu besoin de marcher 100 miles dans les souliers de leur mère pour comprendre la raison d’être des gaufres Eggo. Ce soir, on mange de la pizza.
Dans le cadre du débat sur la madamisation, une certaine Dominique Charron s’attaquait récemment, par le biais d’une lettre ouverte au Devoir, à la société Radio-Canada. Dans un français propre et articulé, la dame à l’origine de la page Facebook «Entendu à la radio publique» dénonçait grosso modo la vacuité de la pertinence sur la première chaîne de notre société d’État.
À part être la fille derrière la page Facebook qui «témoigne de la dérive vers l'inculture et la paresse dans la programmation Radio-Canadienne», Dominique Charron est, comme n’importe qui, une simple auditrice. Avec un peu de recherche, on découvre qu’elle est «pâtissière et boulangère autodidacte, passionnée de cuisine, ex-libraire, danseuse et cinéphile», et qu’elle a déjà signé ce texte d’intérêt public : «Pringles multigrains: des céréales dans les patates?».
Le fait que Dominique Charron soit une simple auditrice lui confère entièrement le droit, je tiens à le préciser avant qu’on ne me taxe d’élitiste, de critiquer Radio-Canada, ce service payé ek’nozimpôts. Plusieurs personnes ont lu et applaudi la lettre ouverte de madame Charron, ont félicité la citoyenne ordinaire s’exprimant presque aussi bien que Marc Cassivi, et ont dénoncé à leur tour les égarements de Christiane, Dominique et Annie-Soleil, sans se questionner sur la gravité de ces accusations empreintes de jugements de valeurs et de généralisations. Et surtout, sans penser aux conséquences. Être l’une des victimes de madame Charron, j’aurais pleuré dans mon lit ce soir-là.
Parce que, comme ma nièce de deux ans qui dit «ça pue, ça», en parlant du repas que je lui ai préparé avec amour, madame Charron ne fait pas dans la dentelle. Dans son texte, Christiane Charrette «traite tout sujet avec une agitation et une superficialité franchement irritantes», Dominique Poirier «rivalise avec elle-même pour trouver les sujets les plus mièvres qui soient», et Annie-Soleil Proteau «fait chaque matin étal de son manque de formation artistique et intellectuelle». Notez la gravité des déterminants «tout» et «chaque». Lundi dernier, Annie-Soleil Proteau s’est réveillée en lisant de la plume d’une inconnue qu’à TOUS LES MATINS, elle avait l’air épaisse à la radio. Depuis toujours.
Le web (ou le concept des lettres ouvertes, je ne sais trop), semble donner aux anonymes de ce monde tous les droits. Et par anonymes, je n’entends pas ceux qui chiâlent sous le couvert d’un pseudonyme, mais ceux qui n’envisagent pas rencontrer un jour en pleine face Christiane Charrette, Dominique Poirier ou Annie-Soleil Proteau. Ceux-là se donnent tous les droits, tous les droits qu’ils ne s’accorderaient probablement pas s’ils avaient l’objet de leur chiâlage devant eux.
J’aimerais bien voir Dominique Charron dire ses quatre vérités à une Christiane Charrette enthousiaste. Mieux, j’aimerais qu’on lui offre une chronique, voir ce qu’elle en ferait. Peut-être se spécialiserait-elle dans les listes d’ingrédients de chips?
Mais lâchons un peu notre bonne Dominique. Parce que son geste, innocent, est symptomatique d’un phénomène beaucoup plus embêtant : ceux qui se donnent tous les droits, un phénomène qui prend de l’ampleur depuis l’arrivée des réseaux sociaux. Jadis, il était de bon ton de dire, depuis son La-Z-Boy, que «la chemise de Véro était ben laitte» et que la «teinture de Pénélope McQuade était don ben pas dans sa palette». Dans un salon, c’est tout à fait adéquat. Sur Twitter, Véronique Cloutier, qui n’est pas votre grande chum, on tient à le rappeler, vous lit. Et parfois, elle vous répond. Je me demande comment se sent @ginetonic (pseudo fictif) chez elle, lorsque Véro lui répond. Se dit-elle «wow! la vedette avec une chemise laitte m’a parlée!»?
Ceci dit, vous ne verrez jamais Véronique Cloutier écrire sur Twitter : «@PenelopeMcQuade : Hey, t’as vraiment raté ta première». Pourtant, s’il y a une personne qui peut porter un jugement éclairé sur le travail de Pénélope McQuade, c’est bien elle. Mais elle ne le fera pas. 1. Parce que Véronique Cloutier a de la classe; 2. Parce qu’elle sait mieux que @ginetonic combien il est difficile d’animer un talk-show en direct; 3. Parce que la première de Pénélope McQuade n’était pas facile, mais n’était pas ratée, et 4. Probablement parce que Véronique Cloutier sait aussi que c’est dur de se faire juger gratuitement comme ça avec des mots gros de même.
Ça, Dominique Charron semble l’ignorer.
Évidemment, la première chaîne n’est pas parfaite. Évidemment, pas besoin d’avoir un doctorat en radio publique pour pouvoir questionner le bienfondé d’une chronique intitulée «digère-t-on mieux si on dort du côté gauche?» Et oui, il y a place à la critique.
Moi aussi, je trouve les sujets de tribune «faciles», à Maisonneuve en direct. De toute façon, j’ai horreur du concept des lignes ouvertes, mais c’est une autre histoire. Laisser parler la plèbe? Quelle ineptie! Par contre, je n’ai jamais travaillé pour une ligne ouverte. Je ne suis ni dans les culottes de Lucie Benoît, ni dans celles de Pierre Maisonneuve, pour me prononcer sur la bonne façon de gérer une ligne ouverte. Je me dis qu’ils ont sûrement déjà tout essayé, et que si ça se trouve, lorsque l’on propose des sujets vraiment pertinents, les appels en provenance de Louis-H. Lafontaine fusent. Je ne sais pas, je dis ça de même. Je peux espérer mieux, mais je suis persuadée que l’homme qui maîtrise comme nul autre l’art d’interrompre une conversation fait son gros possible.
Chose certaine, je n’écrirai jamais que «tous les jours, Maisonneuve s’engouffre de plus en plus dans l’abîme de son incompétence». Même si ça fait beau.
Au pire, avant d’émettre une opinion, j’aurai appelé Maisonneuve pour en discuter avec lui, question de limiter le parlage à travers mon chapeau, l’action contraire à parler en connaissance de cause.
Comme lorsque, par exemple, je porte un jugement sur la façon d’élever une famille.
Chaque fois que je vais chez ma sœur, comme une vieille voisine chipie, je commente (dans ma tête, évidemment) le contenu de son frigo : beaucoup trop de plats surgelés et de sauces préparées, un excès d’aliments superflus, comme des biscuits Pillsbury aux brisures de chocolat, et un manque flagrant de bonnes choses, des épinards ou du rapini, par exemple. Cette semaine, je garde ses enfants. Deux, et quatre ans. Je n’ai pas eu besoin de marcher 100 miles dans les souliers de leur mère pour comprendre la raison d’être des gaufres Eggo. Ce soir, on mange de la pizza.





Té qui toé ?
Quelqu'un qui a lu 'Médias & Démocratie; le grand Malentendu' de Anne-Marie Gingras !
Quelqu'un qui réfléchit...
Les DIPLOMATES sont conscients que les médias sont les créateurs de l’opinion publique. Ils constituent l’environnement dont la pression déclenche la combativité, la soumission ou le silence.
Les DIPLOMATES soulignent que la mécanique médiatique représente un des principaux moteurs de l’industrie du consentement.
Les DIPLOMATES remarquent que le traitement journalistique fait mine de constater ce qu’il contribue largement à mettre en scène.
Les DIPLOMATES souhaitent que tous les faits soient disponibles afin que le citoyen se fasse une opinion éclairée sur la réalité qui le baigne.
Les DIPLOMATES, en cela, demeurent les défenseurs de la méthode scientifique appliquée aux sciences sociales.
Les DIPLOMATES se demandent si l’info divertissement, le mélange des genres, l’hyper commercialisation, le rabâchement en boucle du même contenu et la surenchère auto suffisante ne seraient-ils pas en train de distortionner notre vision du monde et discréditer les messagers?
Les DIPLOMATES se demandent si la presse et les médias électroniques ont perdu de vue leur mission d’être les chiens de garde des citoyens et de la démocratie contre les abus des trois pouvoirs traditionnels: législatif, exécutif et judiciaire. Sont-ils encore la voix des sans voix ?
Les DIPLOMATES observent qu’il devient de plus en plus difficile de justifier l’investissement de sommes importantes pour produire une information rigoureuse et voient s’établir une concurrence basée sur la frivolité ou, pire encore, sur l’insulte. Pouvons-nous accepter la marchandisation de la nouvelle sans brader les principes qui justifient l’existence de la profession journalistique.
Les DIPLOMATES soulignent la disparition d’une tradition rigoureuse du journalisme au dépend d’une information gouvernée par l’industrie du divertissement.
Les DIPLOMATES se demandent si les médias sous cette tendance lourde participent finalement à l’érosion du processus démocratique et au désintéressement des électeurs à la chose politique.
Les DIPLOMATES observent qu’une tranche importante de la population délaisse l’exigeant processus démocratique pour plutôt choisir de vivre par procuration, en aspirant aux modèles glamourisés qui nous sont imposés à grands coups de bâtons médiatiques.
Les DIPLOMATES soulignent que nous sommes noyés de divertissement clinquants alors qu’il faut trimer dur pour s’informer. Par contre, les dernières frasques de nos vedettes cartonnent et fascinent. Les citoyens demeurent vaguement conscient qu’on leur cache des choses. On oscille entre le droit de savoir et la fascination mordibe pour l’écrapou virtuel !
Quelqu'un qui s'exprime artistiquement sur le sujet dans une chanson et un clip...
L'Allégorie Médiatique :: Le Narratif des Médias en tant que Réalité par Procuration
CHOSE SAUVAGE XXX (oui c’est obscène ;)
La télé, plus on la regarde, moins on est regardant !
http://www.youtube.com/watch?v=Ec8qC_R4JuE
Puis s'active sur le web...
http://www.lesdiplomates1984.com
Pour partager ses réflexions...
http://www.lesdiplomates1984.com/nouvelles/
Who da f**k are you ?
Same difference ;)
27 Avr 2011 | Les DIPLOMATES
Merci Judith pour ton excellent texte et du débat que tu suscites.
Un des problèmes semble être le fait que nous vivons dans un société où toute forme de nuance a disparu. Tout est polarisé entre le noir ou le blanc, entre la critique élogieuse ou le nul à chier, entre la gauche et la droite. La moyenne, l'average, le juste correct est évacué de notre discours. La nuance est l'ennemi, la victime est donc notre intégrité.
27 Avr 2011 | Simon Painchaud
c'est fou comment un article ciblant un certain groupe de personnes est capable de faire sortir celui pour mieux prouver le bien fondé du dit article... télévision publique ou pas, il me semble que critiquer V ou TVA aurait un sens logique beaucoup plus approprié. un peu comme l'adage qui dit que "ce n'et pas la méthode qui compte mais le résultat", les dégâts causés dans la cervelle des gens issus d'imbécilité profonde et d'ignorance hippopotamesque diffusées sur les ondes de 2 grands postes privés devraient être le fer de lance des outrés de ce monde bien avant les mauvais placements intellectuels ou les quelques pauvretés issues de la télé publique.
ton voisin, y t'parlera pas comme si t'était une conasse ou une merde parce qu'il a écouté Charette ou Maisonneuve, mais bien parce que c'est un malotru qui pet, rot et mange des chips probablement devant le Banquier ou La poule aux oeufs d'or...
27 Avr 2011 | jeanseb Roux | montréal
Enfin. Enfin, enfin, enfin. Très belle réponse à tous ces "gérants d'estrade" qui - au nom de la sacro-sainte liberté d'expression et du fameux "payage de taxes" - écrivent des textes gratuits et profondément insultants sans penser plus loin... Comme on dit, l'important pour eux est de "faire des effets de manche" et attirer l'attention sur leur petite personne. (faire n'importe quoi pour ses 15 minutes de gloire, ça vous dit quelque chose?) Il ne faut jamais oublier de " tourner sept fois ses doigts au-dessus de son clavier avant de peser sur "send" ". Merci, merci, merci.
27 Avr 2011 | Evelina
Je suis déçu de ce texte. Ce que j'en comprend, c'est que pour critiquer, il faudrait provenir du milieu? Bonjour le parlé-pour rien dire: plus personne n'oserait critiquer son collègue, de peur de le froisser (ou de perdre sa job).
Ou bien alors, pour critiquer, il faudrait éviter les jugements trop forts? Mais c'est parfois ça, critiquer: il y a des choses que, parfois, on adore, d'autres fois, on déteste. Si toutes les critiques étaient "ni bons ni mauvais, juste dans le milieu", ce serait plate à mourir.
26 Avr 2011 | François Lacombe
Je suis tout à fait conscient de la problématique du texte (en soi passionnante). Le problème de ce texte est que l'exemple de la lettre de Mme. Charron est mal choisi car la critique générale de cette chère Madame dénonçait la tendance populiste des médias à des fins utilitaires : elle était donc loin d'être du n'importe quoi. Avec un brin de condescendance (il faut le souligner), l'auteure du texte ci-dessus a évacué le débat de fond de cette lettre (comme se sont empressés de le faire ses chiens de garde par rapport à mon commentaire ci-dessous...).
Mon exaspération (et je ne suis pas le seul à voir les autres commentaires) vient du fait que beaucoup trop de journalistes ont tendance à décontextualiser des propos (en en évacuant toute la complexité) afin de les utiliser comme informations facilement et rapidement utilisables à l'appui de leur argumentation (logique productiviste oblige... dont les journalistes sont les premières victimes). Et le problème ici est que le texte de Mme Charron soulève un enjeu particulièrement important qui touche à l'avenir même des médias au Québec. Lettre sérieuse dans laquelle beaucoup de citoyens ont reconnu l'expression de leur propre frustration légitime. Je pose donc la question à l'auteure : pourquoi avoir choisi cet exemple alors que des centaines d'autres plus pertinents sont disponibles sur Internet ? La lettre de Mme Charron était moins l'expression du « dire n'importe quoi » qu'une réflexion citoyenne féconde. Je ne suis pas certain qu'on puisse en dire autant pour ce texte...
Dernier mot pour conclure, je tiens à formuler mon respect envers l'auteure de ce texte. Il est vrai que mes propos précédents étaient particulièrement durs et que, malheureusement, ils ont focalisé l'attention sur eux plutôt que sur le contenu de mes commentaires (mais cela est de ma faute). Je tiens en haute estime le travail de journaliste d'une importance primordiale pour notre démocratie à laquelle il contribue de façon décisive, c'est pourquoi je pense qu'une rigueur toute particulière et une subtilité de la part des journalistes sont de mise. Rigueur et subtilité, j'en conviens, qui sont aussi valables pour les citoyens désirant s'exprimer sur la place publique : ce qu'a parfaitement fait Mme Charron. Un exemple à suivre !
26 Avr 2011 | Jean-Luc Monchien
Bug !
Lire : "liberté d'expression"
26 Avr 2011 | Jérôme Houard
Le commentaire de Jean-Luc illustre bien (sans doute malgré lui) la vraie question que soulève ce billet : la frontière ténue entre la liberté d'[removed]légitime) et le droit (auto-octroyé) de dire tout, n'importe quoi, et surtout n'importe comment !
Car au fond, tout est question de manière et de ton, que ce soit pour les journalistes ou les commentateurs anonymes.
Merci qui ? Merci Monchien !
26 Avr 2011 | Jérôme Houard
J'adore le pseudo «Jean-Luc Monchien». Ça l'excuse presque pour ses propos qui appuient ma foi mon argumentaire.
André: Ton commentaire commence comme une typique intervention de ligne ouverte. J'adore.
Catherine: C'est vrai que je prends des raccourcis. Bien vu.
26 Avr 2011 | Judith Lussier
J'applaudis Isabelle Guilbeault pour sa franchise et son témoignage qui remet les choses en perspective. Il vient étoffer ma réflexion sur le sujet.
Et j'applaudis aussi André Péloquin qui remet Jean-Luc Monchien à sa place. Je ne me permettrais cependant pas de demander à ce monsieur Monchien si c'est son vrai nom ou un pseudo derrière lequel il se cache. Je fais trop confiance aux gens.
26 Avr 2011 | Pascal Henrard | Montréal/Bruxelles
On assiste à la technocratisation de la société, où on cherche les experts sur tout pour nous expliquer le monde et nous dire quoi penser. L'économie aux économistes, la politique aux politiciens (à condition qu'ils cumulent des années d'expérience) et maintenant, la critique aux "gens du milieu". Avec un tel discours, on encourage les gens à se désintéresser de ce qui se passe autour d'eux puisqu'on leur répète sans cesse que ça les dépasse... Et après, on se demande pourquoi la société s'individualise, où se trouve la solidarité de jadis, pourquoi on se repli sur soi.
On peut critiquer la lettre de Dominique Charron, bien sûr. D'accord, elle utilise l'exagération comme forme rhétorique. Soit. Mais lui reprocher de s'intéresser à ce qui l'entoure? C'est fort. Très fort.
Pour ma part, je préfère une société avec plus de Dominique Charron, avec qui il est possible de discuter, débattre, trouver des solutions, que pleine de son contraire, qui a des goûts, mais pas d'opinion.
26 Avr 2011 | Eve-Lyne
Le ton de ma remarque était proportionnel à la violence (inconsciente) qu'une grande partie des médias font subir à la population.
En passant, je n'en ai pas « personnellement » contre l'auteure, mais contre ce qu'elle représente. J'aimerai qu'on s'attarde à la critique générale.
Et bien c'est bien de brasser la cage de temps en temps ;)
26 Avr 2011 | Jean-Luc Monchien
Jean-Luc Monchien, dis donc, viens-tu juste d'arrêter de fumer ?
26 Avr 2011 | Pas très fan de Christiane
Bonjour groupe,
Je serai bref, car je ne suis pas vraiment d'accord avec le billet de blogue de Judith. Je n'ai donc rien ajouté sauf qu'il demeure tout de même un billet fouillé et, surtout, foutrement bien écrit.
Mon message s'adresse plutôt à Jean-Luc. Pourquoi tant de hargne, man!?
Jean-Luc, Judith est loin d'être une « arriviste incompétente ». C'est une journaliste réputée et une auteure publiée. Tu n'es pas d'accord avec, parfait! Tu lui en passes un sapin, no problemo! Mais le ton! LE TON! Come on! On peut faire mieux!
Gens des médias, gens du « public ». Why Can't We Be Friends!? http://www.youtube.com/watch?v=liq_wYFkMoU
26 Avr 2011 | André Péloquin
Si vrai. Parce que la ta liberté finie où celle de l'autre commence, tout ne doit pas être dit. Un peu de respect.
26 Avr 2011 | JessPress
Bon.... pour commencer je ne dirai pas que cet article fait office d'élitisme (comme le suggère avec fausse modestie l'auteure), mais d'une franche inconscience des enjeux se jouant dans les grands médias québécois (et ailleurs) aujourd'hui. Cette fameuse lettre révèle un ras-le-bol généralisé des citoyens envers la logique médiatique (celle de l'audimat, du buzz, ... au détriment de la qualité) dont l'auteure (visiblement peu consciente de cela) se porte à la défense. Elle articule son argumentation en n'ayant peu conscience que celle-ci reproduit le mépris généralisée de la sphère médiatique de masse envers un service public ayant pour objectif la promotion de valeurs sociales non utilitaristes et économiques.
Bref, t'es qui toi ? pour donner ton avis franchement peu constructif. La sphère journalistique n'a pas besoin d'arriviste incompétent de ce genre. Avec un tel manque de perspective sur les enjeux de la société québécoise, je te conseille de maintenant penser deux fois avant d'offrir ta bouche et SURTOUT de profiter de l'espace d'écriture qui t'est offert pour partager autre chose que des banalités affligeantes et dangereuses pour un vrai débat démocratique.
26 Avr 2011 | Jean-Luc Monchien
Attention à ceux qui contredisent Mme Lussier, vous êtes des bien-pensants, sachez-le... http://bit.ly/hobOD8
26 Avr 2011 | Philippe Daigle
Avez-vous pensé appeler Dominique Charron pour lui en faire part ?
Elle est pas très dure à trouver. Elle est même sur Twitter : @DoCharron.
Allez-y. On vous regarde aller.
26 Avr 2011 | Mathieu C
Alors on fait quoi? On avale ce qu'on veut bien nous donner et on ferme notre gueule. Bravo à Dominique Charron d'avoir dit ce qu'elle pensait. Vous ne devriez pas lui reprocher mais essayer de démontrer que ce qu'elle dit est faux. Bonne chance...
26 Avr 2011 | benoit dumont
Wow! Que de condescendance...! C'est récurrent et à peine voilé dans tous les médias: quand la plèbe chiale, c'est toujours malicieux... Dommage.
26 Avr 2011 | Mia-Maude
vous faites la même chose! vous critiquez mme Charron sans avoir à la confronter en personne...
Les gens qui ne sont pas en mesure d'accepter la critique provenant des médias sociaux ont une solution très simple, fermer leur compte. Ah! Mais comme pour les médias "traditionnels", c'est ben pratique pour la promo d'avoir une tribune sur les Twitter et Fakebouette de ce monde... alors, live with it!
26 Avr 2011 | Etienne
J'ai été chroniqueuse culturelle à l'émission du matin à la radio de Radio-Canada à Québec pendant 7 ans. Je recevais parfois des courriels ou des appels très durs. C'était pas agréable, mais ça me poussait à m'améliorer, et surtout, ça me rappelait que les auditeurs et auditrices de Radio-Canada sont très exigeants. C'est plate pour ceux et celles qui recoivent les reproches, il faut être à la hauteur et c'est pas toujours évident.. Mais jamais je n'aurais songé à interdire aux gens de m'envoyer leurs commentaires.
26 Avr 2011 | Isabelle Guilbeault
Ah oui, et je veux juste dire que comparer la lettre de Dominique Charron aux gens qui disent (derrière un vrai anonymat!) "ta chemise est laitte" sur Twitter, c'est un peu facile.
Dans un cas il y a quelqu'un qui a réfléchi à une question d'intérêt public. Dans l'autre...
26 Avr 2011 | Catherine Voyer-Léger
Je vous rejoins sur l'utilisation d'adverbes qui laissent croire que tout est tout (tout le temps mauvais ou tout le temps extra ou tout le temps quoi que ce soit...).
Par contre, comme je l'expliquais sur mon blogue récemment (http://cvoyerleger.com), je ne pense pas qu'il faut "en être" pour avoir un esprit critique.Vu comme ça, plus personne n'a le droit de dire rien sur rien. J'imagine bien que ça doit être excessivement exigeant d'animer une quotidienne à la radio. Pourtant des gens y arrivent sans emprunter un ton niais. Et mon esprit me permet d'arriver à cette conclusion sans être une animatrice de radio.
Pour reprendre mon exemple sur mon blogue, il ne nous viendrait pas à l'esprit de dire de Vincent Marissal qu'il n'a plus rien à dire sur les politiciens puisqu'il n'en a jamais été un!
Je suis qui moi pour dire ça? Si je vous décline mon CV serez-vous vraiment plus convaincue?
26 Avr 2011 | Catherine Voyer-Léger
ouain, tout un article pour en venir à dire qu'un seul point de la lettre de mme Charron était critiquable... d'accord avec vous, Maisonneuve fait encore (et bien) son métier.
sauf que quand une critique est sensée (et dieu sait que le reste de cette lettre l'était) elle a lieu d'être lue. et diffusée. bordel, Anne-Soleil Proteau, c'est vrai qu'elle a SOUVENT l'air épaisse, et même si c'est pas nécessairement TOUJOURS, c'est bon qu'elle le sache. histoire de s'ajuster.
c'est certain que ça aurait pu être fait gentiment, doucement, sans brusquer personne. mais je pense que ça n'aurait rien donné, non ?
d'autant que, avouons-le, les chances pour que Véro ou mesdames Charrette et Proteau veuillent parler à une inconnue dont le seul métier fait tiquer une journaliste d'urbania sont minimes anyway...
26 Avr 2011 | Philippe Daigle
Ton texte me fait réfléchir. En même temps je pense qu'il faut laisser aux gens la possibilité, j'allais dire la liberté, de s'exprimer. Que ce soit intelligent ou non, gentil ou bêtement méchant, juste ou faux. Quand tu passes à la TV, tu t'exposes à des commentaires sur ta chemise. Quand tu écris dans un médias (surtout s'il est sur le web) tu t'exposes aux commentaires disgracieux tout comme aux réflexions profondes. Quand tu fais un film, tu risques les analyses dévastatrices des critiques payés à la ligne qui n'ont jamais fait de cinéma et les applaudissements du public qui n'y connaît rien. J'ai fait des bonnes mais surtout des mauvaises choses. J'ai eu plus de mauvais commentaires que de bons. J'essaye de séparer le bon mauvais commentaires du mauvais mauvais pour essayer de m'améliorer, si j'en suis capable. C'est peut-être ça la leçon. Parce que si tout le monde il est beau tout le monde il est gentil, on ne se fatiguera plus à essayer de faire mieux.
26 Avr 2011 | Pascal Henrard | Montréal/Bruxelles
wow! bravo
26 Avr 2011 | Anne G. Joly